Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Le plan pour que le marché de Noël ne soit plus un enfer pour cyclistes

Le plan pour que le marché de Noël ne soit plus un enfer pour cyclistes

La Ville de Strasbourg est plus à l’aise avec les mesures de sécurité lors du Marché de Noël. Elle va prévoir quelques itinéraires pour les cyclistes et des arceaux supplémentaires.

Comment concilier les flots de touristes de la capitale de Noël et les déplacements du quotidien dans la capitale du vélo, le tout, dans une Grande-Île sans voiture ou presque ?

Alors que les deux premières éditions du Marché de Noël archi-sécurisé (2015 et 2016) consistaient surtout à s’adapter aux demandes de la Préfecture, la municipalité est désormais mieux rodée et arrive à adapter ses politiques habituelles pendant cette période.

Les nouvelles mesures pour mieux aiguiller les cyclistes viennent d’un retour sur les deux années précédentes, explique l’adjoint aux mobilités Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative) :

« Ce sont des chiffres qui peuvent surprendre, mais lors d’enquêtes aux checkpoints, 30% des automobilistes ont déclaré avoir eu des difficultés à se garer, contre 65% des cyclistes. »

Parking surveillé et abrité gratuit

Pour cela, le parking à vélos des Tanneurs, fermé et surveillé (similaire à celui à la gare), sera accessible gratuitement si un badge d’accès est demandé. Dans cet espace en plein centre, il reste 250 places sur 350. Un bon moyen en outre de ne pas retrouver une selle glacée au moment de repartir.

En plus de cela, 224 arceaux seront déployés dans la Grande-Île, notamment près des zones fréquentées à cette période (marchés de Noël, Carré d’or, marché Off, etc). Ces arceaux seront ensuite retirés, « sauf demande spécifique des commerçants ».

Des places supplémentaires seront prévues pour les cyclistes près du marché de Noël. Cliquez pour agrandir (document ville de Strasbourg)

Comment rouler ?

Mais l’autre galère, c’est de circuler. Première solution, contourner le centre-ville, ce qui peut aller plus vite que mettre pied à terre aux checkpoint, puis de zigzaguer dans la foule.

Avec des panneaux, il sera conseillé de faire le tour. Ces indications préciseront dans quel sens il est plus simple de contourner l’ellipse insulaire. Parfois la distance sera plus longue, mais les chemins plus praticables.

Pour ceux qui ont vraiment besoin de traverser le centre, notamment s’ils doivent s’arrêter dans la Grande-Île, quelques itinéraires seront alors conseillés avec des pointillés et des vélos peints au sol (voir le plan en tête de cet article).  Ils passeront à proximité des parkings à vélo. Le but est d’éviter le contact avec la foule. À certains croisements, il sera néanmoins indiqué de se mettre « au pas ».

Comment se mobiliser à Strasbourg pour aider les migrants

Comment se mobiliser à Strasbourg pour aider les migrants

En 2015, Strasbourg se mobilisait pour accueillir des réfugiés. Depuis, devant la frilosité de la France, le soufflet médiatique est retombé. Mais pas pour tout le monde. Tour d’horizon des initiatives locales actives pour soutenir les migrants.

En septembre 2015, la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage grecque a créé une vague d’émotion intense à Strasbourg comme ailleurs en Europe. La Ville s’était déclarée prête à accueillir des réfugiés et avait ouvert un numéro vert pour centraliser les propositions d’aide des Strasbourgeois. Mais face à la réserve de la France à accorder des visas aux candidats à l’exil, les migrants ne sont jamais arrivés.

« Il y avait une forte mobilisation potentielle des citoyens, mais il n’y avait pas les réfugiés », confirme Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire (EELV) en charge de l’action sociale. Le numéro dédié a fermé au bout de six mois. Depuis, la société civile strasbourgeoise s’est organisée sans l’aide de la mairie. Tout d’horizon des associations qui ont besoin de tous.

Portrait de réfugiés par le Mouvement de la paix. (Photo Giselle Samar El Raheb / Flickr /cc)

Accueillir un jeune chez soi

Le Foyer Notre-Dame. Le but du réseau d’accueil solidaire, lancé au printemps par le département du Bas-Rhin, est d’intégrer de jeunes mineurs étrangers isolés dans des familles alsaciennes. L’association le Foyer Notre-Dame coordonne le dispositif. Dans ses locaux du centre-ville, une équipe d’éducateurs s’occupe sur un étage dédié de six adolescents à la fois pour une période de quelques mois afin de les acclimater à la vie en France. Les jeunes sont progressivement confiés aux familles volontaires, après un travail « d’apparentement. »

Si les premiers adolescents ont déjà trouvé des familles, l’association en cherche de nouvelles pour ceux qui vont suivre. L’équipe du Foyer Notre-Dame accompagne ces volontaires tout au long de la prise en charge du jeune, qui peut durer entre un et trois ans. Le Département verse une somme mensuelle de 373 euros aux accueillants pour les frais du jeune, auxquels s’ajoute un peu d’argent de poche et un budget vêtements pour le mineur ainsi que la prise en charge d’un sport, d’une activité de loisirs et d’éventuelles colonies de vacances ou séjours en centre de loisirs.

Si tous les volontaires ne peuvent pas s’engager à long terme dans un tel accueil, les personnes ressources sont aussi les bienvenues pour accueillir un jeune le temps d’un week-end d’évasion, leur proposer des sorties, des sensibilisations à leurs passions ou proposer toutes sortes de compétences qui pourrait enrichir le jeune et l’insérer dans la société française.

Le Foyer Notre-Dame héberge aussi le Service d’accueil des mineurs isolés (Sami) qui accueille une quarantaine de jeunes nouveaux arrivants en France à la fois  pour évaluer leur situation avant de les orienter vers les dispositifs sociaux. L’équipe du Sami est aussi à la recherche de bénévoles prêts à proposer des activités ou du soutien scolaire aux jeunes.

    Contact : 07 69 98 54 25 – accueilsolidaire@foyernotredame.org

Oser une initiative citoyenne

Alsace Terre d’accueil. L’association Alsace Terre d’accueil se veut une interface apolitique entre les associations d’aide aux demandeurs d’asile et réfugiés, les pouvoirs publics et les citoyens. Elle organise des temps d’information du public en zones rurales et tisse des réseaux entre les acteurs de l’accueil en Alsace, pas encore toujours bien coordonnés. Elle encourage la prise de conscience des citoyens et leur constitution en collectifs d’action, inspirés des Burgerinitiative allemandes. Philippe Spitz, son fondateur et président, explique :

« Toute initiative citoyenne doit être entendue et développée. À Stuttgart, un collectif de 3 000 personnes s’est organisé et négocie avec la Ville pour s’occuper des migrants. On essaie de faire comprendre aux Français qu’ils ont la même possibilité. »

Tout citoyen avec une idée peut se tourner vers l’association pour développer une initiative. Un des projets qui a émergé à partir de l’association est par exemple le recueil de témoignages de migrants, bientôt diffusé par le média franco-allemand Eurojournalist.

Soutenir des Syriens en Syrie, en Turquie ou à Strasbourg

Alsace-Syrie. L’association Alsace-Syrie soutient les Syriens déplacés sur le terrain et ceux réfugiés à Strasbourg et dans ses environs. Elle organise des cours de français, des sorties pour faire découvrir l’Alsace aux familles, des ateliers de loisirs pour les enfants (céramiques, poterie…) et des repas pour que les réfugiés se rencontrent. L’association est à la recherche de bénévoles pour apprendre le français à des groupes d’adultes (niveau B1 –B2) et participer à des heures de conversation au sein des familles. Elle récupère des meubles et de l’équipement pour les réfugiés syriens qui s’installent dans la région.

Depuis 2012, Alsace-Syrie a acheminé 25 camions semi-remorques en Syrie, chargés de produits alimentaires et de matériel pour les populations qui subissent le conflit syrien sur place. La distribution se fait par le relais de la fédération des associations humanitaires en Syrie. Alsace-Syrie organise des collectes régulières de nourriture non périssable et d’affaires scolaires dans les magasins Pro Inter, Simply ou Cora dans l’agglomération de Strasbourg. Chaque collecte est annoncée sur la page Facebook de l’association. Elle collecte aussi auprès des acteurs de la santé du matériel médical et des ambulances.

Pour mener ses actions à Strasbourg et à destination de la Syrie, l’association a besoin de dons financiers. Alsace-Syrie réceptionne les dons matériels et alimentaires dans ses locaux, 217 route de Schirmeck à Strasbourg, les mardi, jeudi et samedi de 14h à 17h.

J’aide un Syrien. J’aide un syrien est une petite association strasbourgeoise née en 2015 autour de franco-syriens pour soutenir des familles syriennes réfugiées en Turquie. Elle parraine actuellement deux familles qui ne peuvent pas être accueillies dans des camps de réfugiés à hauteur de 200 et 100 euros par mois. Son objectif aujourd’hui est de trouver de nouveaux soutiens financiers pour sécuriser les deux premières familles et aider une troisième famille.

Ses aides permettent ici un complément au revenu du père pour soutenir la scolarisation des enfants, là de payer le chauffage du garage où vit une famille. L’argent est envoyé à un relais en Turquie qui le distribue et fait signer des reçus et qui remonte les besoins spécifiques. Les dons les plus efficaces sont les dons mensuels qui permettent à l’association d’avoir une visibilité sur son engagement auprès des familles. Elle compte une quinzaine de donateurs réguliers qui versent chaque mois entre 10 et 50 euros. Les dons ponctuels sont aussi les bienvenus.

À Strasbourg, J’aide un Syrien offre des coups de main ponctuels aux Syriens vivant ici, comme parfois des cours de français. Mais comme tous les membres de l’association travaillent, des personnes avec plus de temps disponible, comme des retraités, y seraient les bienvenus. L’association organise aussi de petits événements pour collecter de l’argent et partager du temps avec des réfugiés syriens : repas, marchés aux puces… Pour rompre l’isolement des Syriens installés à Strasbourg et leur faire vivre autre chose que l’entre soi communautaire, elle organise aussi des moments de convivialité et de rencontre avec des Strasbourgeois.

Héberger des réfugiés

La Fédération d’entraide protestante. La Fédération d’entraide protestante du Grand Est a coordonné l’accueil d’une centaine de réfugiés chez des particuliers depuis 2014. Suite à un conventionnement avec l’Etat pour des couloirs humanitaires entre les camps de réfugiés au Liban et la France, l’association a l’ambition d’accueillir 50 personnes en continu dans son réseau d’hébergeurs dans le Grand Est. Elle est à la recherche de nouveaux hébergements. Cécile Clément, chargée du suivi de l’accueil des réfugiés pour la FEP Grand Est précise :

« Nous avons besoin de logements où les personnes peuvent avoir accès à des cuisines et des salles de bain autonomes. Quand l’accueil dure, chacun a en effet besoin de son intimité. Dans l’idéal, nous avons aussi besoin de logements à partir desquels la préfecture et des écoles sont accessibles au moins en transports en commun pour les personnes accueillies. »

La FEP Grand Est encourage les volontaires à accueillir à travers des collectifs :

« Accueillir représente beaucoup de travail, surtout au début. Un collectif permet de mutualiser les expériences, de partager les compétences et de ne pas repartir de zéro à chaque fois. »

L’organisation protestante recherche des bénévoles pour participer à l’accueil des réfugiés : accompagnement administratif, soutien scolaire, apprentissage du français, socialisation… Ces volontaires peuvent être accompagnés et formés par une salariée de l’association partenaire l’Etage, ainsi que par les collectifs d’accueil sur le terrain.

La FEP collecte également des dons matériels pour répondre aux besoins ponctuels d’équipement des logements mis à disposition : vaisselle, meubles, équipement de cuisine… Elle a aussi besoin de dons financiers pour verser un peu d’argent aux hébergeurs pour leurs charges (chauffage et courses), pour payer les déplacements des familles accueillies (tickets de transport, trajets à Paris, vers la préfecture et les cours de français), pour payer les timbres fiscaux pour les titres de séjour, et pour acheter du matériel scolaire.

    Contact : refugies@fep-est.fr et secrétariat FEP Grand Est au 03 88 25 90 42.
Portrait de réfugiés par le Mouvement de la paix. (Photo : Giselle Samar El Raheb /Flickr)

Caritas. L’association catholique Caritas soutient les réfugiés et les demandeurs d’asile. Si les réfugiés du conflit irako-syrien n’arrivent aujourd’hui qu’au compte-goutte en France, Caritas reste en alerte pour trouver des hébergements aux détenteurs de visas non encore pris en charge par les centres d’hébergement. L’association peut payer un loyer et se porter garante auprès des propriétaires prêts à mettre des logements à disposition des réfugiés. Elle est aussi à la recherche de bénévoles pour apprendre le français à des groupes d’adultes.

    Caritas, 5 rue Saint Léon à Strasbourg. Contact : 03 89 61 19 25.

Sécuriser les chemins de l’exil et ne pas oublier les disparus

Alarme Phone. Le mouvement citoyen Alarme Phone s’est constitué après la tragédie du naufrage du 3 février 2013 au large de Lampedusa où les migrants n’avaient pas trouvé de réponse auprès des gardes côtes. Le numéro de l’Alarme Phone permet aux migrants en difficulté en mer de demander de l’aide 24h/24 et 7 jours/7. Les militants du mouvement savent les positionner et contacter les gardes côtes les plus proches pour leur venir en aide. Un volontaire explique :

« Quand on reçoit un appel, nous informons les gardes côtes qu’un bateau a besoin d’aide, dans quelle situation il se trouve et avec combien de personnes à bord. On rappelle ensuite les personnes toutes les 15 minutes pour avoir les informations exactes sur leur positionnement et pouvoir informer les ONG ou les navires à proximité pour aller les sauver. »

Le collectif travaille en continu avec deux personnes toujours joignables. Le binôme doit maîtriser le français et l’arabe, langues des migrants subsahariens et arabophones, et l’anglais pour communiquer avec les gardes côtes. Aujourd’hui, il compte 200 volontaires. Alors que l’Alarme Phone mobilise fortement en Allemagne, la France ne compte que deux antennes à Strasbourg et à Marseille. Le groupe de Strasbourg tient quatre permanences de 8 heures chaque semaine.

Proche de l’association des travailleurs Maghrébins de France (ATMF), il compte beaucoup d’arabophones. Mais il a besoin de volontaires anglophones, qui soient capables d’échanger en anglais avec les gardes côtes mais aussi de rédiger des rapports dans cette langue. Les nouveaux arrivants dans le collectif suivent une formation de quelques mois avant d’être en autonomie.

L’Alarme Phone tient une base de données sur les mouvements de migration mais aussi sur les disparus en mer. Le collectif recherche des bénévoles avec des compétences de graphisme, de rédaction de rapports et de photographie pour son projet « Missing at the borders » qui vise à donner de la visibilité aux migrants disparus en Méditerranée et à leurs familles.

Contact par e-mail : totalybrit67@hotmail.fr

Soutenir juridiquement les migrants avec les associations historiques

Casas. Le collectif pour l’accueil des solliciteurs d’asile de Strasbourg (Casas) soutient les demandeurs d’asile exclus des dispositifs des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Elle les accompagne dans la rédaction de leurs recours et leurs démarches pour le réexamen de leurs dossiers de demande d’asile. Elle s’engage aussi pour leur intégration à travers notamment des cours de français.

L’association Casas n’accueille pas de nouveaux bénévoles pour le moment. Les personnes qui peuvent proposer des hébergements temporaires peuvent par contre se faire connaître auprès de l’association pour les répondre aux situations d’urgence, qui doit parfois répondre à des situations d’urgence de familles à la rue.

Pour soutenir Casas, il est possible de procéder à des dons financiers. Ils servent à faire fonctionner l’association qui compte 4 salariés et à des aides directes aux personnes bénéficiaires pour l’achat de tickets de cantine ou de carte de transports par exemple.

Contact : 03 88 25 13 03 / casastrasbourg@wanadoo.fr

La Cimade. Déboutés de l’asile, regroupement familial, malades, étudiants, salariés… L’association Cimade apporte son soutien juridique aux étrangers, hors demandeurs d’asile. Elle recherche des bénévoles prêts à consacrer au moins 4 ou 5 heures d’affilée à l’association par semaine sur une année minimum. L’association organise des formations au droit des étrangers pour ses volontaires.

Pour les personnes qui disposent de moins de temps, la Cimade a aussi besoin de personnes prêtes à participer à ses événements ponctuels de sensibilisation et d’information sur les questions migratoires. Il peut s’agir d’intervenir en lycées et collèges, de tenir un stand sur des rendez-vous publics, ou encore de participer à l’organisation de soirées et de festivals. La Cimade vit des dons financiers. L’adhésion à l’association revient à 30 euros pour une année.

Contact via la page Facebook de la Cimade Strasbourg et au 03 88 36 94 56.

Intégrer les migrants par la rencontre et la culture

Makers for Change. L’association Makers for change est née en 2015 à Strasbourg et mène aujourd’hui des actions expérimentales à Strasbourg, Mulhouse, Maastricht, Berlin. Elle se donne pour mission de créer des liens entre les nouveaux arrivants étrangers (demandeurs d’asile, réfugiés) et les locaux à travers des projets culturels, artistiques et citoyens. Elle organise des évènements pour que les gens se rencontrent et fassent ensemble : cafés culturels réguliers, ateliers culturels, café-langue, tour des initiatives positives… L’association propose aussi des réunions informelles pour initier des groupes de motivation et d’intérêt communs et les accompagner dans la création d’un projet jusqu’à leur autonomie. Pour valoriser ces projets, l’association organise des ateliers lors d’évènements et des restitutions sous forme de tables rondes ou de conférences. Makers for Change travaille avec une vingtaine de structures (associations, foyers, CADA, centre socio-culturels…). Les étrangers bénéficiaires de ses initiatives deviennent des membres de l’association.

Au dernier comptage, l’association rassemblait 66 membres dont 26 actifs. Makers for Change cherche des membres actifs. Les missions confiées aux bénévoles varient selon le temps dont ils disposent. Une personne qui n’a pas beaucoup de temps peut juste venir participer aux évènements, où 20 et 30 étrangers participent, l’idée est qu’autant de locaux se joignent aux rendez-vous. Makers for Change recherche aussi des personnes avec des compétences en montage de projets. L’association organise des mini-formations de langues : les bénévoles transmettent le français apprennent aussi les langues des personnes. L’adhésion annuelle à l’association est de 10 euros.

Plus d’infos sur le site de l’association et sur sa page Facebook. Contact : contact@makersforchange.org

Un millier dans les rues de Strasbourg, contre un gouvernement jugé trop libéral

Un millier dans les rues de Strasbourg, contre un gouvernement jugé trop libéral

Il faisait frais mardi matin, voire froid. Mais gants et bonnets chaussés, prêts à en découdre, environ 1 000 personnes se sont rassemblées pour manifester contre la « politique libérale du gouvernement » et les ordonnances réformant le Code du travail. Il s’agissait de la quatrième manifestation depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Est-ce que la mobilisation contre la politique économique du gouvernement s’essouffle ou est-ce que la fraîche météo a découragé les militants ? Le 12 septembre, les opposants étaient entre 3 200 (selon la CGT) et 2 600 (selon la police) à manifester à Strasbourg. Après des manifestations les 21 septembre et le 19 octobre, une quatrième marche mardi matin a mobilisé 1 200 personnes selon les syndicats et 900 selon la police. L’appel de la CGT était pourtant rejoint par FO, FSU, Solidaires, l’Unef et la CNT.

Elle portait toujours le même message : contre les politiques économiques du gouvernement, jugées trop libérales et favorables au patronat. La hausse prévue de la CSG est sur toutes les lèvres ainsi que la réforme à venir de l’assurance chômage. À Strasbourg, Jacky Wagner, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin, est toujours là, à chaque manifestation. Pour lui c’est clair :

« Nous ne sommes toujours pas d’accord avec la loi Macron et la politique générale du gouvernement au niveau social. Ce qui nous scandalise le plus c’est la remise en cause de certains droits qui existent depuis 1968 voire même avant. De revenir à une époque qui est révolue où le patronat a le droit de licencier les gens sans justification. Notre revendication est de revenir sur les « ordonnances travail, » pour le bien des chômeurs, de la Sécurité sociale et de notre futur en général. C’est le Medef qui tire tous les bénéfices de cette politique. Les salariés sont laissés pour compte. »

En plus des représentants de la fonction publique, des salariés du privé, des retraités et de membres des partis politiques de gauche, des Allemands manifestaient parmi les Strasbourgeois. Des membres du syndicat Verdi, une poignée à avoir fait le déplacement. Verdi, est le deuxième syndicat en Allemagne, derrière IG Metall. Force ouvrière (FO) a également affirmé un soutien national pour cette manifestation, mais à Strasbourg, ils étaient beaucoup plus discrets que les membres de la CGT.

La CGT plus mobilisée que FO à Strasbourg. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Selon les organisateurs, le parcours est un peu plus court que les précédentes manifestations. Au départ de la place Kléber, le cortège est allé place de l’Homme de fer jusqu’à la rue du Vieux-Marché-aux-vins, puis rue du Vingt-Deux Novembre, rue des Francs-Bourgeois puis et de la Division Leclerc. Ensuite le cortège s’est dirigé vers la place du Corbeau, après avoir passé le pont, ils ont emprunté la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons avant de revenir place Kléber par la rue des Grandes Arcades. Une boucle pour interpeler les Strasbourgeois.

« C’est pas les salariés, c’est pas les retraités, c’est les financiers qu’il faut taxer »

Les manifestants ont appelé à taxer les financiers plutôt que les retraités, et ont scandé « Ma-cron président-des patrons ». Jean-Paul a 73 ans est là pour manifester contre la réforme des retraites mais aussi pour soutenir les étudiants, largement touchés selon lui dans ces réformes :

« Je suis contre l’augmentation de la CSG également, dont le taux représentera 8,3% des retraites. Après, c’est soit disant parce qu’il faut faire des économies pour financer la Sécurité sociale. Qu’est ce que ça veut dire, qu’on va être moins bien remboursé ? »

En effet, le projet de loi de finances pour 2018 prévoit une hausse de 1,7 point du taux affectant les revenus d’activité et les pensions de retraite. Une mesure particulièrement controversée du budget 2018 de la Sécurité sociale. Cependant, mardi 14 novembre, le Sénat a supprimé la hausse de la CSG applicable aux retraites. Pour que ce retrait soit définitif, les députés doivent se prononcer en ce sens. Le gouvernement disposant d’une majorité confortable à l’Assemblée, un vote dans les même termes que le Sénat semble peu probable.

Monique a 69 ans. Adhérente à la CGT des retraités, elle est présente pour soutenir les chômeurs, comme son fils. Selon elle, ce sont les plus affaiblis, les étudiants et les chômeurs qui vont pâtir des réformes menées par le gouvernement. Elle est également contre la réforme des retraites :

« De mon temps, on travaillait pour payer les retraites de personnes qui n’avaient pas forcément beaucoup cotisé, qui ne pouvaient pas. Maintenant en temps que retraité, on nous dit que nous sommes un poids pour la société. On est traité comme des vaches à lait, c’est honteux. »

Pour Monique et Jean-Paul, les retraités ne doivent plus être les cibles du gouvernement. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Jean-Paul est présent pour défendre les intérêts des salariés des secteurs privé et public. Pour lui, on demande toujours plus aux salariés :

« Le changement, ça ne se fera pas en claquant des doigts ! Les avantages aujourd’hui de cette politique, ils vont aux plus fortunés avec la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) notamment. Les ordonnances, ça profite aux grosses entreprises. Elles pourront licencier et se payer des machines. Il y aura de plus en plus d’intelligence artificielle dans les entreprises, au détriment des employés. »

Un peu plus loin, Bernard a 42 ans, il est étudiant à Strasbourg. Pour lui c’est clair :

Ordonnances, réformes sociales, la politique du gouvernement est jugée trop libérale. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

« C’est vrai qu’aujourd’hui il fait un peu frais mais c’est important d’être là. Je viens contre les ordonnances. Aujourd’hui, est mis à mal tous ce qu’on avait. Je remets en cause la convention 66 qui charge le salarié de négocier avec le patronat. Mon autre message c’est de dire que l’Union européenne nous coûte bien trop cher, c’est 50 milliards qui manquent au budget de l’État parce qu’ils vont à l’UE. »

Un autre étudiant, Cem, 21 ans semble déçu par le cheminement que prend le gouvernement. En deuxième année d’Histoire, il participe à la manifestation avec plusieurs amis :

« Je suis contre la Loi travail, la précarisation du service public, la sélection dans les universités. Je ne suis pas juste étudiant, je suis parfois intérimaire. La politique de Macron st contre les droits des étudiants et des travailleurs. »

Kian est également de la partie. Il a 19 ans, étudiant en première année d’histoire de l’art à Strasbourg. Lui n’est pas là pour manifester forcément contre Macron et son gouvernement mais pour soutenir une unité mondiale :

« Pour beaucoup ça semble utopique. Finalement tous les syndicats, l’Unef, le NPA, la CGT les mouvements alternatifs ou LGBT, on a tous le même combat. On souhaite que le monde soit meilleur. »

Le sourire aux lèvres, il se satisfait de l’ambiance de cette manifestation, malgré le froid :

« Il y a une bonne ambiance, de la bonne musique, on fait de belles rencontres. Les gens de n’importe quel horizon se rassemblent. »

De nouvelles manifestations à venir

Pour Jacky Wagner, la mobilisation « ne va pas s’arrêter là » :

« Le but, c’est d’insuffler la lutte dans les entreprises. C’est là que ça peut bouger, ça peut plus paralyser qu’une manifestation interprofessionnelle. La difficulté, c’est de faire comprendre aux salariés et aux étudiants qu’il y a un problème. On veut dire aux gens pourquoi on est là et que pour lutter il faut nous rejoindre ! Ce qui est en train de se passer ça concerne tout le monde. »

La prochaine manifestation ne pourra cependant pas se tenir avant janvier, en raison des restrictions de sécurité liées au Marché de Noël. Avant cela, Jacky Wagner prévoit des actions qui pourraient se mettre en place à Hautepierre ou à Cronenbourg.

Le cortège de la manifestation du 16 novembre, rue du Vieux-Marché-aux-Vins. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Les ordonnances doivent encore être ratifiées par l’Assemblée nationale du 21 au 24 novembre avant un vote le 28, un rendez-vous qui mobilisera de nouveau les syndicats. La CFDT et la CGT ont déposé des recours devant le Conseil d’État, afin de contester certaines mesures.

Les Strasbourgeois invités à nettoyer les berges de l’Ill samedi

Les Strasbourgeois invités à nettoyer les berges de l’Ill samedi

Une grand nettoyage populaire d’une partie des berges de l’Ill au centre-ville, suivi le lendemain d’une présentation des objets trouvés et d’une conférence, sont prévus ce week-end à Strasbourg, les 18 et 19 novembre.

Appel à la mobilisation ! Les Strasbourgeois sont invités à donner de leur temps pour nettoyer une partie les berges de l’Ill (plus précisément, le canal des faux-remparts) ce samedi 18 novembre. L’opération s’étend sur 1 kilomètre entre le quai Saint-Étienne et le pont au bout de la rue de la Nuée Bleue, de 13h30 à 17h30.

Événement approprié par les pouvoirs

L’événement prévu de longue date par l’association Alsace Nature, a pris de l’ampleur grâce au soutien par plusieurs institutions dans le cadre de la semaine européenne de la réduction des déchets. Voilà qui explique la date et les fraîches températures (autour de 7°C, mais du soleil) qui devraient accompagner cet événement populaire.

Pas moins de 7 officiels sont attendus pour représenter la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, mais aussi Voies navigables de France, Batorama et l’équipe de plongeurs qui va inspecter les fonds de l’eau.

La police avec les environnementalistes

Alsace Nature est même en contact avec la police judiciaire, au cas-où des objets retrouvés (armes ? vélos ? véhicule ?) puissent permettre de faire avancer d’éventuelles enquêtes.

Alsace Nature et d’autres organisations invitent à nettoyer les bords de l’Ill (doc. organisateur)

Alsace Nature avait déjà effectué des nettoyages de lacs. Une initiative similaire avait aussi eu lieu au plan d’eau de Plobsheim. Cette fois, c’est une première pour un cours d’eau au milieu d’une ville. L’objectif est de réitérer ces événements à l’avenir pour « au moins faire le tour de la Grande-Île ». Et plus si affinités.

Présentations des trouvailles et conférence le dimanche

Ce grand nettoyage sera suivi d’une conférence, bien au chaud au Shadok, le dimanche à partir de 15h. Les chercheurs Serge Dumont, également réalisateur de films, et Baptiste Monsaingeon, auteur de l’ouvrage “Homo detritus, Critique de la société du déchet” interviendront sur le thème « Nos rivières et océans sous la menace plastique ».

Lors de cette deuxième journée, organisée par Zéro Déchets Strasbourg, les trésors trouvés par les plongeurs seront présentés au public, ainsi que ceux récoltés à la Ballastière le 3 novembre. Le tout sera suivi d’ateliers et d’un apéritif avec les associations Animalsace et Sea Sheperd.

Manifestation jeudi à Strasbourg « contre la politique libérale du gouvernement »

Manifestation jeudi à Strasbourg « contre la politique libérale du gouvernement »

Une manifestation est organisée jeudi 16 novembre à partir de 10h à Strasbourg pour manifester contre « la politique libérale du gouvernement, » à l’appel de la CGT, FO, Solidaires, l’Unef, la CNT et FSU.

Les syndicats opposés au gouvernement « en marche » ne désarment pas et appellent une nouvelle manifestation, jeudi 16 novembre un peu partout en France. À Strasbourg, le rendez-vous est donné place Kléber à partir de 10h.

Plusieurs organisations syndicales sont à la coordination du cortège : CGT, FO, Solidaires, UNEF, CNT et FSU. Dans le communiqué, ces organisations qui se sont réunies le 26 octobre, « un constat s’impose : celui d’une politique libérale visant à accroître les inégalités au profit d’une minorité. »

Quelques minutes avant le départ, avec Jacky Wagner

Grève dans les écoles

Pour ces organisations, cette mobilisation vise à dénoncer :

    « de nombreuses dispositions inacceptables des ordonnances, limitant des droits des salariés ; des risques qui pèsent sur les droits des salariés et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ou de formation professionnelle ; de mesures précarisant toujours un peu plus l’emploi et l’insertion des jeunes sur le marché du travail ; de la remise en cause des droits à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur ; de la modération salariale et de l’augmentation de la CSG ; des atteintes au service public et à la protection sociale. »

Cette manifestation est accompagnée de plusieurs appels à la grève, comme par exemple parmi les agents du service périscolaire de la Ville de Strasbourg.

Les habits utilisés pour manifester risquent d’être différents cette fois-ci… (doc remis / CGT)

 

Mise à mort du cerf sacré : un drame saisissant et visionnaire

Mise à mort du cerf sacré : un drame saisissant et visionnaire

Avec Mise à mort du cerf sacré, le cinéaste grec Yorgos Lantimos signe un film qui fera date, autant qu’il exploite l’immense talent de Colin Farrell et Nicole Kidman.

Confrontation inversée (Copyright Alamode Film)

Yorgos Lanthimos aime les fables froides et distanciées. Dans The Lobster, son précédent film, Colin Farrell était plongé dans une institution où il devait trouver un compagnon de vie, pour ne pas finir transformé en bête. L’homme était donc contraint d’assumer sa dimension d’animal social, alors même que le cinéaste s’employait à dépeindre les affres d’une écrasante solitude. Mise à mort du cerf sacré marque un gigantesque pas en avant dans la carrière du cinéaste grec. Exit le cynisme désinvolte et le postulat sociétal, et place à l’implacabilité du récit mythologique.

Un brillant chirurgien s’attache à un adolescent dont le père a été l’un de ses patients. Il lui offre des cadeaux, l’introduit dans son cercle familial, s’inquiète de son avenir, de son bien-être. Mais le jeune homme vient avec une sentence et la promesse d’un sacrifice.

Lanthimos soigne son casting (Copyright Alamode Film)

Lanthimos, proche des maîtres mais maître de son art

Il y a ces phrases d’abord. Ces logorrhées inbouffables qui vous construisent un personnage en deux plans. Il y a cette raideur, cette distance, cette impression de voir de passifs pantins, attendant qu’on veuille bien venir tirer sur leurs ficelles. Comme peu d’autres auteurs, Lanthimos offre un cinéma à l’identité irréfutable.

On lui adjoindra volontiers des adjectifs : kubrickien, pasolinien. Le cinéaste grec partage avec le premier une sorte de géométrie mortifère. La scène la plus dramatique de cette Mise à mort du cerf sacré ne manquera pas d’évoquer le duel final de Barry Lyndon. Des personnages marchent au-devant d’un destin inéluctable. Ils sont déshumanisés mais provoquent pourtant l’empathie d’un spectateur qui retient perpétuellement son souffle. Et il y a la transgression, l’éclatement du cocon familial si cher à Pasolini.

Mise à mort du cerf sacré, c’est ainsi l’histoire du ver dans le fruit, mais un ver qui a toujours été là, dans un fruit promis à une pourriture certaine.

Farrell, omniprésent, écrasé mais écrasant (Copyright Alamode Film)

La sinistre maturité

Dans ses films précédents, Yorgos Lanthimos pouvait donner l’impression de gentiment sermonner l’audience, de s’amuser de ses valeurs, de la famille dans Canine ou du couple dans The Lobster.

Sa nouvelle œuvre obéit à une logique de déconstruction. Dans la lente déchéance qu’affronte le personnage de Colin Farrell (peut-être l’un des comédiens anglo-saxons les plus sous-estimés actuellement), il n’y a aucune leçon à retenir et aucune échappatoire possible. Film sensoriel par définition, cette Mise à mort du cerf sacré observe une logique de rétrécissement. C’est en cela qu’elle est une sublime tragédie. Il n’y a ni raisons, ni excuses ni motifs à la souffrance des personnages. La mise à mort, c’est un diaphragme qui se referme sur le destin de ses protagonistes.

La clé se trouve dans une vague idée de culpabilité, un fondement tragédien porté par le personnage veule et doucereux de Martin. L’interprétation surprenante, crispante et infiniment subtile du jeune Barry Keoghan sert totalement la démarche du cinéaste.

Cette Mise à mort… est un impressionnant bloc de cinéma, un film écrasant d’ambition, quelque part pédant et conscient de ses forces. Mais c’est surtout une oeuvre qui se vit. Mieux, ou pire, qui se subit.

Sortez vos pulls moches pour le concours de Noël

Sortez vos pulls moches pour le concours de Noël

Le froid est là et avec lui les premiers flocons de neige sur les sommets vosgiens. C’est le signal pour sortir les gros pulls mais aussi que Noël arrive ! C’est dans cet état d’esprit qu’un nouveau rendez-vous est lancé, celui du concours du pull moche de Noël et c’est à Strasbourg. Le 23 novembre au bar la Solidarité, la rencontre des amoureux de Noël et des amateurs de pulls moches est calée.

De nombreux médias en ont parlé : le premier championnat du monde du pull moche se fera à Albi. Sans vouloir lui voler la vedette, Strasbourg lance son propre concours de pulls moches de Noël, jeudi 23 novembre à La Solidarité. C’est Marie Parent qui, avec ses collègues de l’agence de relation presse Oxygen, a imaginé cette rencontre autour du pull de Noël. D’autant plus légitime que Strasbourg en est sa capitale (de Noël, pas du pull moche). Et ici, il faut le dire, on connaît un peu mieux le froid que les Albigeois. Marie Parent explique :

« Je n’allais pas me payer un billet pour aller à Albi, juste pour participer au concours ! Mais je trouvais ça dommage que dans notre région, on ne fasse pas la même chose. Ma première pensée était que ça avait déjà dû être fait à Strasbourg. Mais non ! »

Marie Parent et Chloé Meyer, l’une de ses collègues, lancent alors l’idée sur les réseaux sociaux après avoir mobilisé toute l’agence. Marie a 33 ans et Chloé 23, mais leur amour des pulls moches de Noël a été plus fort que leurs années d’écart. Pour Marie, l’objectif de cette soirée est de contribuer à l’hystérie de Noël, l’humour en plus. Elle l’avoue, elle adore Noël, elle adore l’anticiper, s’y préparer et tout ce qui va autour, alors pourquoi pas les pulls à motifs ?

Plus de 200 personnes prêtes à relever le défi

Le groupe Facebook a été créé le 27 octobre et compte déjà plus de 200 membres. Le but est de créer une rencontre chaque semaine jusqu’à Noël, après la première à La Solidarité.

« Quand on est un peu stressé, les gens disent, imagine la personne en face de toi aux toilettes. Et bien là c’est la même idée. Sauf que le but est de rencontrer ton client, ton voisin, une personne que tu côtoies affublées d’un pull fantaisiste. Nous voulions fêter Noël non seulement en avance mais aussi de manière décalée. C’est vraiment un événement qui peut rassembler, autour duquel on peut rigoler. C’est cool de pouvoir sortir de l’ordinaire, de pouvoir fêter Noël autrement de manière fun et pas prise de tête comme ce que tu pourrais avoir pendant les repas de famille. Je pense aussi qu’en ce moment il y a un besoin de ne pas trop se prendre au sérieux. »

En 2016, c’est la famille royale qui portent des pulls moches. Ou plutôt leurs statues de cire, au musée de madame Tussauds à Londres. (doc remis)

Un petit concours est même organisé :

« Sur Instagram, il y a un concours qu’on a lancé. Il faut poster des photos de ton pull moche avec le hashtag #pullmochenoëlstrasbourg. On reposte nos pulls moches préférés et, les cinq personnes les plus « appréciées » pourront gagner des coups à boire. C’est nous qui allons leur payer. L’agence a trouvé l’idée tellement sympa qu’elle nous débloque un petit budget. »

Et comme l’équipe fondatrice est issue d’une agence de com’, ils ont fait des heures supplémentaires pour produire un teaser vidéo, comme l’explique Marie Parent :

« On rebondi sur tout ce qui nous évoque Noël, il y a Bridget Jones, les Gremlins, Maman j’ai raté l’avion, les films de TF1, chacun a donné ses petites références et on a fait une vidéo teasing avec ces idées là. »

Toute l’équipe porteuse du projet soirée pull moche s’est inspirée de statues de cire de la famille royale. (doc remis)

Mais où trouver des pulls moches ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils ne sont pas si difficiles à dénicher à Strasbourg. C&A, H&M en ont en stock et ils se commandent en ligne chez Primark ou Amazon à partir de 7€. Le mieux reste quand même de récupérer celui qu’une grand-mère a amoureusement tricoté. Dans le groupe Facebook, les tuyaux fusent pour être au comble de la ringardise.

Très enthousiaste Marie conclut :

« On veut aussi faire parler de Strasbourg capitale de Noël d’une autre manière, moins “prout prout”. J’ai des amis qui sont hors Strasbourg et qui me disent “on est que début novembre qu’est ce que tu fais avec ton pull de Noël ?” Nous ça nous éclate. Par contre Le 26 décembre, on va être en dépression. Va falloir qu’on trouve autre chose ! »

C’est le problème avec Noël.

#Bar La Solidarité

Comment sont traitées les 1 000 requêtes par jour à la Cour européenne des droits de l’Homme

Comment sont traitées les 1 000 requêtes par jour à la Cour européenne des droits de l’Homme

Tous les jours, plus de mille lettres arrivent à la Cour européenne des droits de l’Homme, envoyées depuis les quatre coins du continent européen. Que deviennent ces lettres ? Voici leur parcours dans les couloirs de l’institution qui juge en dernier ressort pour tous les citoyens européens.

En près de 60 ans d’existence, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rendu plus de 10 000 arrêts. Mais tous les ans, ce sont plus de 50 000 nouvelles requêtes qui sont déposées dans les boites aux lettres de la Cour. Depuis 1990 et l’arrivée de nouveaux pays au sein du Conseil de l’Europe, l’institution européenne basée à Strasbourg se trouve dans une situation d’engorgement.

À la fin de l’année 2011, la CEDH dénombrait plus de 160 000 affaires pendantes. Depuis, elle a réussi à ramener ce chiffre à 80 000 à la fin de l’année 2016. Mais cela reste un nombre impressionnant, surtout que 95% de ces requêtes feront l’objet d’une décision d’irrecevabilité… Car la CEDH ne peut juger qu’en dernier ressort, il faut d’abord avoir épuisé toutes les voies de recours dans le pays d’origine.

Il est encore tôt dans la matinée et les piles de courriers sont déjà impressionnante au bureau central. (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

Du moment où une lettre passe les portes du Palais des droits de l’Homme à celui où un juge rend une décision la concernant, il s’écoule en moyenne 2 ans, mais ce délai peut varier en fonction de la complexité de l’affaire. La CEDH emploie 47 juges et 700 greffes afin de traiter ce flot ininterrompu de requêtes.

Arrivée au bureau central : mission déchiffrement

C’est au bureau central que commence le périple d’une requête au sein de la Cour. Dans cette grande pièce qui donne directement sur l’Ill, des casiers ornés des drapeaux de chacun des 47 pays membres permettent de savoir de quel pays provient la lettre et à quelle section elle devra être affectée.

Une dizaine de personnes sont en charge de réceptionner et de lire les courriers qui arrivent chaque jour à la Cour. Pas moins de 1 000 lettres, fax ou e-mails, lui sont adressées quotidiennement. Avec des écritures plus ou moins lisibles et dans plus de 40 langues différentes, certaines d’entre elles sont plutôt atypiques, comme celle contenue dans une enveloppe sur laquelle est déjà écrit en minuscule une partie des revendications.

Au bureau central, la première étape est de trier le courrier en fonction du pays dont il provient. (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

Finlandais, français, turques, géorgiens et encore bien d’autres nationalités travaillent côte à côte. Ils sont une dizaine à lire environ 70 courriers par demi-journée, un chiffre qui varie en fonction du nombre de lettres reçues et de la langue dans laquelle elles arrivent… Brigitte Lotz, responsable du bureau central et des archives de la Cour, explique :

« Il faut être capable de déchiffrer ce qu’il y a écrit, comprendre sur quoi porte la lettre afin de savoir à quel service la transmettre. Parfois ce sont des alphabets différents, ça rend la translittération encore plus compliquée. Comme lorsque c’est écrit en cyrillique par exemple. Impossible de lire rien que le nom du requérant si on ne connait pas cet alphabet. »

La division juridique : le carrefour des requêtes

C’est au sein de la division juridique que la requête va passer le plus de temps. De quelques heures à plusieurs jours, entre les mains des juristes de la CEDH, elle va faire l’objet d’un examen approfondi. Il s’agit d’abord de déterminer si elle est recevable ou non, pour ensuite la diriger vers la formation de jugement compétente. La Cour statue avec un juge unique lorsque la requête est irrecevable, en comité (composé de 3 juges) ou en chambre (composée de 7 juges) en fonction de la teneur de cette dernière, lorsqu’elle est considérée recevable.

Les requêtes sont forcément attribuées à la division juridique du pays dont elles proviennent. Il y en a une par état membre avec plus ou moins de juristes en fonction du nombre de requêtes issues du pays d’orgine. Le Luxembourg ne compte par exemple qu’un seul juriste dans sa division, alors que l’Ukraine en compte 10. En 2016, le pays a fait l’objet de plus de 18 000 requêtes (contre 23 pour le Luxembourg ou 400 pour la France).

S’il y a bien une chose que la Cour a retenu de l’afflux massif de requêtes dont elle a été victime en 2011, c’est que son organisation devait constamment évoluer, en fonction de l’actualité européenne. Par exemple, la crise qui a abouti à la scission de l’Ukraine en 2015 a conduit à une hausse des requêtes à l’encontre du pays et donc à une augmentation du nombre de juristes de la division de ce pays.

Une fois la recevabilité de la requête déterminée, il revient au juriste de rassembler les informations nécessaires à une prise de décision par les juges. Lorsque l’affaire est jugée recevable et qu’une formation de jugement doit se prononcer sur une éventuelle violation, les juges et le juriste en charge de l’affaire vont travailler en étroite collaboration.

Chaque affaire ayant ses spécificités, il est difficile de faire une moyenne du nombre de requêtes que chaque juriste traite en une journée. Tout dépend de la teneur de cette dernière, du nombre d’entre elles affectées à cette division…

Destination finale : la requête face aux juges

Pour une décision d’irrecevabilité, un justiciable n’aura besoin d’attendre que quelques mois. En revanche lorsqu’elle est considérée comme recevable les délais d’attente se comptent généralement plus en années. La Cour donne comme « grosse moyenne » 2 ans. Mais tout dépend de la complexité de l’affaire et le délai peut se raccourcir si une problématique similaire a déjà fait l’objet d’une décision de la Cour… La CEDH a déjà rendu une décision… plus de 10 ans après l’introduction de la requête !

Lorsque l’affaire pose une question grave d’interprétation de la Convention elle sera renvoyée devant la Grande Chambre de 17 juges. Cela ne concerne qu’une vingtaine d’affaires par an. (Photo ECHR-CEDH / doc remis)

Pour pallier ces délais à rallonge, la Cour prévoit que les requêtes doivent être traitées suivant leur importance et surtout leur urgence. Lorsque la vie humaine est en danger, notamment, la demande est traitée en priorité. Dans l’affaire Vincent Lambert, opposant sa famille sur les suites à donner à une situation de paralysie cérébrale, par exemple, la requête déposée devant la Cour avait fait l’objet d’une priorisation dès son arrivée.

L’après-décision : les déboutés de la Cour qui ne peuvent se résigner

Une fois que la Cour a rendu une décision d’irrecevabilié, il n’y a plus moyen de faire appel. Mais pour certains déboutés, difficile d’imaginer rentrer bredouille dans leur pays. Alors dans un dernier espoir, ils tentent d’attirer l’attention du public.

Devant le Palais des droits de l’Homme, certains des numéros de requêtes deviennent des visages et des histoires. Près de l’arrêt de tram, des pancartes et des tentes illustrent la détresse de certains requérants dont l’affaire a été jugée irrecevable. Bien souvent, une décision de la Cour constituait leur dernier espoir. Ils sont parfois venus de l’autre bout de l’Europe, pensant que leur présence à Strasbourg augmenterait leurs chances de voir leur dossier examiné favorablement.

Un requérant anglais a accroché toutes les raisons pour lesquelles il a saisi la Cour a plusieurs reprises. (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

Certains sont là depuis des années et se sont installés sous des tentes le long de l’Ill (voir notre reportage en 2012). Aux heures d’arrivées et de sorties des fonctionnaires européens, certains en profitent pour les interpeller. Comme cet Anglais, qui est là depuis 3 ans et distribue des tracts expliquant sa situation.

À force, certains des fonctionnaires le connaissent, ils le saluent, lui font un brin de conversation, mais ne peuvent guère faire plus. La Cour ne prévoit pas d’accueil pour les requérants ni les déboutés. Ce qui a pour conséquence qu’une institution qui promeut le respect des droits fondamentaux pour les citoyens européens voit tous les jours une situation déplorable pour certains d’entre eux juste devant ses portes…

Suite à la pression médiatique, les demandeurs d’asile sur le trottoir au Neuhof mis à l’abri

Suite à la pression médiatique, les demandeurs d’asile sur le trottoir au Neuhof mis à l’abri

La Ville de Strasbourg met une nouvelle fois un gymnase à disposition pour mettre à l’abri la trentaine de demandeurs d’asile qui se trouvaient sur le trottoir dans le quartier du Neuhof, le temps de leur orientation par l’État.

Une trentaine de demandeurs d’asile, dont une moitié d’enfants, venus de Serbie et de Macédoine n’ont pas trouvé de place d’hébergement dans les structures dédiées de l’État. Ils se sont installés sur un trottoir dans le quartier du Neuhof, devant l’ancien hôpital militaire Lyautey qui dispose de quelques places pour les sans-abris.

Sur place, les habitants du quartier et des associations de solidarité ont tant bien que mal aidé avec des dons de tentes, d’habits, d’argent voire pour les premiers soins. Mais avec les températures négatives et un campement de fortune qui grandissait, la situation était difficilement tenable.

Les médias réagissent

Les premières personnes sont arrivées durant la première semaine de novembre. Puis d’autres les ont rejoint au fur et à mesure. Mais l’information a mis quelques jours à remonter jusqu’aux oreilles des médias locaux, notamment grâce aux appels aux dons relayés sur les réseaux sociaux.

Dimanche 12 novembre, une brève parait dans les DNA et lundi un premier reportage dans le journal l’Alsace. De notre côté, nous avions décidé lundi matin de nous rendre sur place le jour-même, après avoir aperçu ce campement la veille en passant devant. D’autres médias locaux se sont aussi emparés du sujet le même jour.

Pression citoyenne

La pression des habitants commençait aussi à se faire sentir. Une pétition pour un accueil digne récoltait des signatures lundi. L’emplacement le long d’une rue passante et sous les fenêtres d’habitants a déclenché une forte prise de conscience.

Les tentes devraient disparaître (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Mercredi 15 novembre en fin de matinée, la Ville de Strasbourg annonce dans un communiqué commun avec la Préfecture mettre une nouvelle fois un gymnase à disposition pour accueillir ces personnes.

Ce dispositif rappelle à plus petite échelle celui pour la centaine de demandeurs d’asile qui campaient rue du rempart derrière la gare jusqu’au début de l’automne. La situation durait depuis le printemps, avec un roulement des personnes sur place.

Réaction plus rapide

Cette fois, les autorités ont été plus rapides à réagir. L’avocate des familles Me Sophie Schweitzer avait indiqué à Rue89 Strasbourg son intention de déposer de nouveaux recours au Tribunal administratif, pour obliger l’État à fournir un hébergement. Il avait été condamné cet été pour des cas similaires.

Alors que le système d’accueil et d’instruction des demandes semble engorgé à Strasbourg, il est possible que ce type de situation se reproduise s’il n’y a pas de changement majeur.

Premières barquettes en inox dans les cantines de Strasbourg (ou presque)

Premières barquettes en inox dans les cantines de Strasbourg (ou presque)

Les élus de Strasbourg sont retourné brièvement à l’école élémentaire. Non pas pour un cours de français mais pour découvrir le nouveau restaurant de l’école Louvois. Outre la modernité de cette nouvelle cantine, c’est surtout le premier site à bénéficier d’une livraison de la nourriture en inox pour le service en self. Plus de barquettes en plastique (ou presque) dans cette école.

Le problème des barquettes à la cantine serait-il enfin résolu ? Après s’être attaqué aux contenus des restaurants scolaires avec plus de produits bio et locaux, les barquettes jetables en plastique sont dans le viseur suite à une importante mobilisation citoyenne (voir tous nos articles). Car leur utilisation est suspectée de relâcher des perturbateurs endocriniens auxquels les enfants sont particulièrement sensibles, surtout lorsque ces barquettes sont chauffées. Les perturbateurs endocriniens provoquent stérilité ou cancers à long terme, voire un affaiblissement des capacités cognitives.

À l’occasion du renouvellement du marché de la restauration scolaire, l’Alsacienne de Restauration a promis que ces barquettes en plastique allaient disparaître en quatre ans. Une première parmi les grandes villes françaises, après les Sables-d’Olonne. Autre avantage, passer aux barquettes en inox permet de réduire les déchets, un argument de poids alors que l’incinérateur de l’Eurométropole est fermé pour deux ans et demi.

Le passage aux barquettes en inox a changé la manière de travailler des équipes de restauration à l’école Louvois. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Les prix du prestataire n’ont pas varié pour la municipalité ni donc pour les familles. Mais quant à des éventuels surcoûts dans ses installations, la municipalité n’a pas été en mesure de les préciser lors d’une présentation du nouveau restaurant scolaire de l’école Louvois, à l’Esplanade, mardi soir.

Pour Françoise Buffet, adjointe au maire (divers gauche) en charge de l’Éducation, il faut attendre le retour sur expérience :

« Il faut changer certaines infrastructures et cela signifie un travail différent pour le prestataire, qui a dû acquérir un nouveau matériel. Nous n’avons pas encore répercuté ce surcoût. En plus du prestataire, c’est un changement important pour le personnel. Ce passage à l’inox engendre du travail en plus. Mais, lorsque nous aurons un peu plus de recul et que nous aurons bien étudié ce qu’implique ces changements, nous ferons tout pour optimiser les gestes des salariés et les économiser. Nous verrons d’ici 3 ou 4 ans si nous arrivons à faire des économies avec ce système. Ce passage à l’inox est enthousiasmant, c’est une innovation, nous sommes regardés par de nombreuses collectivités. »

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS mais plus trop), poursuit:

« Pour le budget lié au passage aux barquettes en inox, il est de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est un investissement. On ne connaît pas encore bien le budget total qu’il faudra allouer à ces transformations. »

Pourquoi l’école de Louvois et pas une autre ?

La rénovation de l’école Louvois était déjà lancée lorsque la décision de passer aux contenants en inox a été prise début 2017. Il n’a suffit que d’un coup de téléphone aux architectes pour s’adapter raconte l’un d’eux, Nicolas Parent :

« Le chantier n’était pas terminé, nous avons donc pu changer nos plans pour inclure les nouveaux équipements propres au service avec des barquettes en inox. Les bacs en inox sont un peu plus volumineux et doivent être installés sur des structures pour le service et pour garantir une température adéquate. Dans la salle pour les maternelles, nous avons rajouté un îlot central en inox. L’école a été livrée à la rentrée et le restaurant à la Toussaint. »

À l’école Louvois, Slivani Lokman prépare les plats pour les maternelles. (Photo Cécile Mootz / Rue89 Strasbourg / cc)

La cantine a beaucoup changé. Pour les élèves en élémentaire, ils sont dorénavant plus autonomes avec un service en self. Du côté des maternelles, leurs assiettes sont servies par le personnel à table.

Qu’est ce que ça change finalement ?

Mardi midi, Slivani Lokman s’occupait de remplir les assiettes des maternelles :

« Dans cette école trois types de repas sont proposés. Un plat végétarien, un plat halal, un standard et un sans porc (pour les enfants qui ne mangent pas strictement halal, ndlr). En 30 minutes tous les enfants doivent être servis. Les bacs en inox font à peu près la même taille et le même poids que les barquettes plastiques. Avoir de l’inox, ça nous demande plus de travail. Il faut les laver, les récurer, ça nous prend plus de temps. Nous sommes trop peu nombreux, c’est souvent la course. »

Les élèves en classes élémentaires sont plus autonomes grâce au self. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Ce restaurant dispose de 72 places pour les élèves de maternelle et leurs accompagnateurs. Le service à table est organisé en deux fois. Trois agents s’occupent du repas de midi, dont Rachida, pour qui beaucoup de choses ont changé :

« Avant nous posions les barquettes en plastique sur les tables et les animateurs servaient les enfants. Dorénavant, c’est nous qui les servons. Le matin, nous sommes livrés en repas puis nous préparons tout. Ça nous demande plus de temps, le planning est plus serré. Aujourd’hui, on met la salade dans les coupelles tout comme les desserts, le fromage doit être assez bien présenté sur des petites assiettes. Et nous devons préparer ainsi environ 150 assiettes, le plus rapidement possible. En 45 minutes, les enfants sont sensés être servis et avoir fini leur repas. »

Pour Lidia, c’est l’équipement qui change :

« Les barquettes sont plus lourdes. Je mets des gants de protection parce que c’est très chaud. Je pose les barquettes sur un reposoir chauffé au bain-marie. Ensuite mes collègues dressent l’assiette. »

Avec le changement aux barquettes en inox, les gants sont de rigueur pour éviter les brûlures. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

Dans l’équipe, ils sont deux salariés à temps complet et deux à temps partiel. Pour les quatre personnes présentes mardi midi, l’effectif n’est pas suffisant. Avant, la vaisselle ne concernait que les assiettes, les couverts. Il faut désormais nettoyer les plats.

Lorsque les barquettes en inox sont vides, les barquettes sous plastiques ne sont jamais loin. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)

La difficile disparition du plastique

Pour Aurélien Perrot, le responsable périscolaire du site, ce changement de matériel donne plus de temps avec les enfants :

« Nous sommes sensibles au fait que cela réduit le déchets de l’école et à la façon de servir les enfants qui évolue. Avec le self, les enfants sont plus autonomes. Nous avons plus de temps pour des animations après le repas avec cette nouvelle formule. »

Mais des préparations restent encore sous plastique, comme certains plats végétariens et des plats de dépannage. Quand les repas prévus dans les plats en inox sont épuisés, ceux qui restent sont en dans des barquettes plastique.

Ravi de sa visite, le maire Roland Ries, désormais converti à l’inox, ne compte pas s’arrêter là :

« Nous envisageons d’étendre les barquettes en inox à d’autres lieux de restauration publics comme les hôpitaux. Si l’expérience s’avère fructueuse, pourquoi pas. »

D’autres municipalités semblent vouloir s’engager pour les cantines. Des villes comme Lyon et Bordeaux pourraient franchir le pas. Strasbourg espère en tout cas devenir capitale de la barquette inox et servir de modèle pour les autres agglomérations. Les restaurants municipaux existants devraient rapidement évoluer comme celui de l’école Louvois, dès le début de l’année 2018.

Des contrôleurs en civil et des amendes plus chères dans les bus et trams de la CTS

Des contrôleurs en civil et des amendes plus chères dans les bus et trams de la CTS

La Compagnie des transports de Strasbourg (CTS) s’attaque une nouvelle fois à la fraude. En plus d’augmenter les prix, la CTS va surtout disséminer des contrôleurs qui vont se fondre parmi les voyageurs, sans uniforme, pour plus de surprise.

Strasbourg est plutôt parmi les bons élèves en termes de fraudes dans les transports. La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) estime que son taux de titres non validés de 9,7% est en partie due à sa tarification solidaire, qui permet à la moitié de ses 120 000 abonnés de payer 13 euros ou moins par mois.

Mais compte tenu du manque à gagner, estimé à 4 millions d’euros, elle aimerait encore s’améliorer, explique le président de la CTS, Alain Fontanel (LREM) :

« Le niveau de fraude est plus faible que dans d’autres villes mais trois fois plus élevé que celui d’autres grandes villes européennes, en moyenne à 3,1%. C’est une question d’équité face au service public, car la somme finale pèse sur le contribuable et obère l’entretien du réseau. »

Surprise ! Le voisin est en fait un contrôleur

Et pour cela, des changements sont à prévoir dès le 1er décembre. Principale nouveauté, certains agents se fondront dans la masse des voyageurs, sans uniforme, pour contrôler au hasard les passagers. En revanche, ils devront impérativement présenter leur carte d’assermentation.

Une précision importante car certains Strasbourgeois ont parfois indiqué être faussement « contrôlés » par des personnes prétendant travailler pour le compte de la CTS, camouflée en tenue civile. Des témoignages difficiles à recouper.

Les contrôles peuvent aussi s’étendre sur les quais, à la descente des rames et des bus. La CTS va aussi installer des « caméras piétons » sur les habits des agents, à activer lorsque les contrôles dégénèrent. La CTS a dénombré 21 agressions sur ses agents pendant les 9 premiers mois de 2017, contre 16 en 2016.

Des techniques lyonnaises (pas toujours efficaces)

La CTS s’inspire notamment de Lyon, une ville exploitée par Kéolis, partenaire technique de la CTS. Mais la fraude est plus importante sur ce réseau (14,4%), même si elle a baissé en « partant de plus haut », selon le directeur général adjoint en charge des opérations de la CTS, Jean-Louis Metzger.

Le savoir-faire de la compagnie TCL peut dérouter. Cet automne, une mobilisation inédite des usagers a eu pour objet de laisser des tickets encore valables près des machines à composter. Elle faisait suite à une campagne de communication contre-productive. Ce geste de solidarité et de sobriété est possible car les titres de transport sont valables une heure (comme à Strasbourg, sauf pour les allers-retours).

Autre inspiration, annoncer dans les rames et aux quais que des opérations de contrôle sont en cours sur la ligne concernée, pour semer le doute chez les resquilleurs.

Plus que jamais, mieux vaut valider son ticket (Photo Steven & Courtney Johnson & Horwitz / Flickr /cc)

Des amendes plus chères

En parallèle, la CTS va augmenter le prix de ses amendes. La nouvelle loi Savary autoriserait à faire payer davantage, jusqu’à 72 euros.

La CTS est en revanche bien imprécise sur le surcoût que ces recrutements et redéploiements vont lui coûter (+33% d’effectifs au total, qui s’ajoute à l’augmentation de 57% depuis 2010). Elle répond que passer de 9,7% à 8,7% de fraude représenterait 500 000 euros de recettes supplémentaires par an.

D’un point de vue comptable, un contrôleur ne couvre que la moitié de son salaire avec les amendes qu’il récolte (1 million d’euros par an au total, quand même). Les effectifs supplémentaires vont notamment intervenir les samedis, dimanches et la nuit. La municipalité aurait pu mettre des policiers municipaux à disposition mais elle préfère faire supporter l’effort à sa société d’économie mixte.

Avec Shelter, les Lullabies ont prouvé leur maturité au Cam’

Avec Shelter, les Lullabies ont prouvé leur maturité au Cam’

Jeudi, je suis allée au Cam’ pour la release party de Lost Bastards, un groupe de Strasbourg qui produit du rock vraiment sympa. En plus, en première partie, il y avait les Lullabies, j’en ai profité pour les interviewer. Le mieux, ce serait que tu lises l’article en écoutant les musiques que je t’ai balancé dans le texte et en buvant une bière. Comme ça, on sera sur la même longueur d’onde, dans une espèce de communion, tu vois. C’est beau.

Jeudi 9 novembre, quand je suis arrivée au Camionneur, il y avait déjà pas mal de monde. À l’entrée, j’ai demandé du feu à une maman venue avec sa fille de 11 ans environ. Et je trouve ça chouette, quand on emmène ses enfants à des concerts. J’ai hâte de pouvoir y aller avec les miens ! En tous cas, ça donne déjà une bonne idée de l’ambiance de la soirée : détendue et avec des gens souriants. D’ailleurs, à l’intérieur, tout le monde avait le smile, avec plus ou moins de barbe et plus ou moins de tatouages. J’ai repéré quelques jolies filles aussi. Faut bien s’occuper en attendant que le concert commence !

Lullabies
Lullabies en concert au Cam. (Photos 2 Grump / Ben Hincker)

D’ailleurs c’est parti, voilà Lullabies qui monte sur scène. Je suis pas mal leur actualité mais c’est la première fois que je les vois en live et j’étais vraiment contente à cette idée. J’aime bien l’univers de ce groupe rock, une atmosphère un peu sombre, avec des mélodies très travaillées empreintes de poésie.

Une belle énergie, entre pop et rock

J’ai été charmée par l’énergie que Lullabies développait sur scène. Ils ont libéré une belle puissance au fil du concert, alternant toujours les moments plus rock avec ceux plus doux et mélancoliques, sans oublier quelques passages plus pop. Quand les premières notes de Shelter, musique de leur premier clip, ont retenti, le public a poussé un cri de joie. C’était un bon petit concert et je tiens vraiment à applaudir ce quatuor pour son énergie passionnée.

Viens le moment de l’interview. Les membres de Lullabies m’ont retrouvé dans un petit coin de la salle pendant que Lost Bastards commençait à jouer. Pas très pratique en fait, parce qu’on ne s’entendait pas du tout alors les musiciens ont été forcés de se coller contre moi et de me crier les réponses dans les oreilles. C’était très intime et presque sexy comme moment.

Lullabies, c’est un groupe qui a vu le jour en 2011. En 2012, il ont fait une pause de plus d’un an puis, après quelques changements de line-up, ils se sont remis à répéter en 2014, plus motivés que jamais.

Des influences bien variées

Je les interroge sur leurs influences qui sont assez variées comme me l’explique Anthony le chanteur :

« Paul et moi avons pour premières influences Muse, Radiohead, Sigur Ros ou encore Queen of the Stone Age. Quentin est pour sa part plus fan de metal et de punk hardcore même s’il a des goûts très variés puisqu’il apprécie aussi le rap. Paul, en grand mélomane, écoute vraiment de tout. Mais on pourrait aussi te citer les Foo Fighters et Biffy Clyro. On vient d’horizons très variés en fait, et surtout nos goûts évoluent au fil des années. Ça se ressent d’ailleurs dans Lullabies puisqu’en fonction des musiques qui nous parlent notre façon de jouer ou de chanter va en être modifiée. C’est quelque chose qu’on aime, on ne souhaite pas être figé, faire tout le temps la même chose. »

Lullabies
Lullabies sur scène. (Photos : 2 Grump / Ben Hincker)

Qualifiée tantôt de pop rock, tantôt de rock alternatif, leur musique est en tous cas très riche, charmeuse et profonde. Leurs paroles, délicates et mélancoliques, évoquent le rêve et l’inconscient.

Quentin, le bassiste, précise :

« C’est Anthony qui écrit les paroles. Il évoque plusieurs situations auxquelles tout le monde peut s’identifier. On ne voulait pas d’un côté trop autobiographe mais vraiment que ses textes puisent parler à ceux qui nous écoutent. Le public doit pouvoir s’approprier nos morceaux. Mais ce qui compte surtout à nos yeux, ce sont les mélodies. »

Une grosse envie de jouer !

Je leur demande justement comment se passe l’écriture d’un morceau, Paul-François, le batteur, me répond :

« Anthony vient avec une idée et on en discute, on voit ce qu’on peut améliorer, ce qu’on a envie de changer. On modifie et on construit ensemble, chacun amène sa touche et c’est assez génial ! »

Après un premier EP, Lullabies, sorti en avril 2017, le groupe a enchaîné avec un premier clip, Shelter, encore tout frais et vraiment très beau. Je les questionne un peu à ce sujet car, dans la vidéo (voir ci-dessus), aucun membre du groupe n’apparaît :

« Alors déjà tu te trompes, on voit à un moment notre chanteur, mais il faut le trouver ! On ne t’en dira pas plus ! Et sinon c’est vrai qu’on ne voulait pas d’un clip où on nous voit en train de jouer, ça ne nous plaisait pas. En tous cas, on avait envie de quelque chose d’assez sombre et mélancolique, que ça corresponde à Lullabies. On avait l’idée d’une personne seule sur une route à qui il arrive plein de péripéties. »

Lullabies
Lullabies sur la scène du Camionneur. (Photo 2 Grump / Ben Hincker)

Afin de finir l’interview, je les questionne sur leurs projets et c’est Paul, guitariste, qui me répond :

« Pour l’instant on va déjà faire des dates. On a vraiment envie de jouer ! Mais bien sûr dès le début de l’année prochaine on va commencer à travailler sur notre deuxième EP… Et puis on repartira en tournée ! »

D’ailleurs, si le 18 novembre t’es dans le coin de Colmar, tu pourras les voir en concert à l’Entracte !

Lost Bastards envoie du lourd

Je fais une petite bise à chacun d’eux pour les remercier chaudement de m’avoir accordé un peu de leur temps et je me faufile dans le public pour apercevoir Lost Bastards sur scène.

J’avais déjà entendu parler de ce groupe en voyant l’annonce de la sortie de leur premier album, Face The Sun. J’ai été assez impressionnée par leur performance sur scène. Franchement, ils envoient du lourd. Les musiciens sont très doués, le chanteur à une voix puissante. C’est propre, maîtrisé, avec un côté quand même sauvage que j’ai trouvé très séduisant. En plus, ils se donnent à fond sur scène et ces beaux gosses ont un sacré charisme.

Leur son, c’est du bon rock qui fait bouger la tête et secouer les hanches, avec des petites notes mélancoliques parsemées ici et là qui amènent un charme fou à l’ensemble. Le public était bien motivé et toujours aussi souriant. Tu l’auras compris, je valide ce très bon groupe. D’ailleurs tu pourras les voir au Millénium à Haguenau le 16 décembre.

Nicolas Hulot s’explique sur la validation du GCO

Nicolas Hulot s’explique sur la validation du GCO

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a donné une longue interview au quotidien en ligne de l’écologie Reporterre. L’interview balaie un grand nombre de dossiers de son ministère (glyphosate, hydrocarbures, nucléaire, COP 23, traité CETA de libre-échange avec le Canada) et plus brièvement la politique générale du gouvernement.

On sent le ministre tiraillé entre reculs et quelques avancées. Parmi les sujets abordés, la validation du Grand contournement ouest (GCO ou A355) de Strasbourg. Cette future autoroute payante de 24 kilomètres (voir tous nos articles) a fait l’objet d’un arbitrage ministériel favorable début octobre après plusieurs semaines de doute, notamment suite à la suspension d’infrastructures similaires.

« Des indemnités ou des contentieux lourd »

Guère emballé par le projet, le ministre avance des raisons financières :

« Je mets fin aux projets qui ne constituent pas la meilleure réponse aux besoins de mobilité du quotidien de nos concitoyens et qui ne sont pas financés, lorsque cela m’est possible juridiquement. Mais je ne peux pas prendre des mesures rétroactives qui nous conduiraient à des indemnités ou à des contentieux très lourds. On a suspendu avec Élisabeth Borne tous les projets qui n’étaient pas pertinents et crantés juridiquement et financièrement. Mais sur le grand contournement ouest de Strasbourg, les procédures ont eu lieu et je ne peux pas revenir dessus… »

En ce sens, il distingue le cas du GCO et avec l’autoroute A45 entre Lyon et Saint-Étienne. Ce projet a été suspendu, alors que le contrat n’est pas signé. Le contrat de concession de 54 ans du GCO a de son côté été paraphé début 2016. Notons néanmoins que la société Arcos, filiale de Vinci, n’a pas encore les autorisations pour les travaux définitifs et que les travaux préparatoires, limités aux champs, n’ont à ce stade pas d’effets définitifs.

Nicolas Hulot dresse un premier bilan de son début de mandat pour Reporterre (Photo Olivier Tétard / Wikimedia Commons / cc)
Nicolas Hulot dresse un premier bilan de son début de mandat pour Reporterre (Photo Olivier Tétard / Wikimedia Commons / cc)

En octobre 2017, le gouvernement avait néanmoins demandé au concessionnaire de suspendre les travaux préparatoires en forêt et de revoir la copie sur les compensations pour la nature. Cette décision faisait suite à l’avis défavorable « surprise » (mais en théorie consultatif) des scientifiques du Conseil national de protection de la nature (CNPN). Un nouveau dossier doit repasser devant l’institution en décembre.

Au moins, il y a eu une interview

Notons que le ministre a accepté de répondre aux questions du site indépendant, ce que n’avait pas fait la ministre de l’Écologie Ségolène Royal lors du quinquennat précédent malgré des demandes répétées.

Lors d’une visite de travail à Strasbourg lundi 13 novembre, la ministre des Transports Élisabeth Borne a également confirmé que l’État irait au bout de l’engagement pris par le gouvernement précédent sur le GCO. Le président Emmanuel Macron aurait eu un discours similaire avec les élus locaux lors de son passage à Strasbourg le 31 octobre. Un message qui a rassuré les dirigeants strasbourgeois. La mise en service de l’autoroute est toujours prévue pour l’automne 2020.

Lire l’interview complète de Nicolas Hulot sur Reporterre

#Reporterre

Grève des agents du service périscolaire de Strasbourg jeudi

Grève des agents du service périscolaire de Strasbourg jeudi

Dans un communiqué publié lundi, la Ville de Strasbourg prévient qu’une partie de ses agents affectés aux écoles sera en grève jeudi 16 novembre, dans le cadre de la manifestation nationale contre la politique économique du gouvernement.

En conséquence, les accueils périscolaires maternels du matin avant l’école (de 7h45 à 8h30) et du soir après l’école (de 15h45 à 18h15) risquent d’être perturbés. Selon la municipalité, ils seront assurés dans la mesure du possible, chaque école devrait rapidement préciser quels services sont maintenus ou non.

En revanche, le service de restauration va être remplacé par un menu froid, unique et identique pour tous les enfants :

    œufs durs à la russe, macédoine de légumes (Les parents d’enfants allergiques aux oeufs doivent prévoir un panier repas pour eux), fromage emballé, clémentines.
Une école vide (Photo Visual Hunt / cc)
Une école vide (Photo Visual Hunt / cc)

Un nouveau bidonville de demandeurs d’asile, cette fois au Neuhof

Un nouveau bidonville de demandeurs d’asile, cette fois au Neuhof

Un peu plus de 30 demandeurs d’asile se retrouvent sous tentes sur un trottoir de Strasbourg, dans le quartier du Neuhof. La situation ressemble en tous points au campement qui s’était installé derrière la gare durant l’été.

L’image est cruelle. Une dizaine de tentes sur le trottoir rue des Canonniers, à l’entrée du Neuhof à Strasbourg. Sur la grille, un cadenas. Derrière la grille l’ancien hôpital militaire, puis universitaire Lyautey, devenu un centre d’hébergement en urgence, du moins en partie.

Environ 70 personnes sont hébergées dans une aile de ces anciens bâtiments, propriété de l’armée et donc de l’État. Une autre partie devrait ouvrir pour le plan hivernal. L’hébergement d’urgence des sans-abris, dont les demandeurs d’asile, relève de la Préfecture.

Le message est clair (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Sur place, plusieurs personnes s’affairent. Des habitants ou des membres d’associations de solidarité apportent des dons de vêtements ou de nourriture. D’autres commencent à faire tourner une pétition à l’adresse de la Préfecture et du maire, pour que ces familles aient un logement digne. Présent avec un petit camping car, Médecins du Monde procède à un profilage médical des personnes.

36 personnes sur place

Vers 16h ce lundi 13 novembre, le décompte de l’ONG est de 17 adultes, 17 enfants entre 2 et 10 ans, une personne de 15 ans enceinte de 4 mois et un bébé de six semaines. Ils viennent de Serbie ou de Macédoine. Pour certains, la demande d’asile est enregistrée, mais pas pour tous.

Sur place, Médecins du monde assure un premier suivi médical (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Ces familles, arrivées au compte-goutte depuis le début du mois de novembre n’ont pas accès à des toilettes, ni à des douches, alors qu’il y en a dans le centre Lyautey. Une situation qui inquiète et agace Nicolas Fuchs, coordinateur régional de la délégation Alsace – France Comté de Médecins du Monde :

« Ce sont des personnes avec un risque de dégradation de leur état sanitaire, avec un besoin de suivi. On est confronté à un problème d’accueil digne récurrent, mais ce n’est pas la population qui y est hostile. »

Habituée à intervenir sur ce type de situation, Médecins du Monde a néanmoins encore du mal à évaluer quel événement personnel déclenche l’exil et la demande d’asile pour ces nouveaux arrivants. Certains demandeurs seraient Roms, une minorité ethnique parfois non-acceptée dans leurs pays de résidence.

Le camp se structure (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Très similaire avec le camp du Rempart

La situation est très semblable à celle de l’ancien camp rue du Rempart, derrière la gare (voir tous nos articles). Les demandeurs d’asile sans hébergement ne peuvent désormais plus camper sur ce terrain de l’Eurométropole, car celui-ci a été labouré et il est devenu un splendide et bucolique espace vert, prisé par tous les Strasbourgeois.

Lors de la tardive mise à l’abri dans un gymnase des personnes qui y campaient, le centre Lyautey avait alors servi… pour l’hébergement temporaire et d’orientation des demandeurs d’asile.

C’est dans un exigu camping car que se déroule la visite médicale (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des dons d’habitants

Des appels à la générosité des habitants ont été diffusés sur les réseaux sociaux. Les familles ont ainsi reçu plusieurs dons, mais avec la pluie, des habits ont été trempés. Sur place, ils essaient de construire des tentes plus robustes.

Rosine Lette, bénévole et co-responsable de la mission mobile de santé à Médecins du Monde, note néanmoins une différence liée à l’emplacement :

« Ici on remarque plus de solidarité de la part des habitants, car les demandeurs d’asile sont visibles de tous ».

Bruit, danger, pollution…
Les tentes sont très près de la route. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

C’est aussi la même avocate qui va suivre ces personnes, Me Sophie Schweitzer, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme :

« J’ai fais les e-mails d’usage à la Préfecture et à l’OFII (Office Français de l’immigration et de l’intégration) et je dépose les référés demain (ce mardi 14 novembre). La situation est similaire au camp des remparts, mais symboliquement c’est plus lourd. »

Pas de recours en justice cette fois

Sur le fond, le tribunal administratif de Strasbourg avait ordonné à l’État de trouver une solution d’hébergement pour les familles. Les recours doivent être individuels, ou du moins familiaux. Néanmoins un autre recours, devant le tribunal de grande instance, initié par la Ville de Strasbourg et l’Eurométropole avaient exigé fin septembre l’évacuation du camp du Rempart sous deux mois . Cette fois-ci, un recours pour un bout de trottoir n’est pas à l’ordre du jour.

Et c’est toujours Marie-Dominique Dreyssé (EELV), adjointe au maire en charge des solidarités, qui se trouve en première ligne pour répondre aux questions. Elle s’était rendue sur place jeudi 9 novembre :

« Ces personnes veulent passer un message et espèrent être entendues. Vendredi, une place avait cependant été proposée à la famille avec un bébé qui l’avait refusée. La situation nous oblige à dialoguer une nouvelle fois avec l’État. On le pousse à trouver des solutions et ça va bouger car la situation ne peut pas rester comme ça. La consigne du maire est toujours la même : vigilance et action. »

Lors de la mise à l’abri de trois jours dans un gymnase et l’orientation, le secrétaire général de la Préfecture Yves Séguy avait prévenu que les pays des Balkans sont considérés comme « sûrs », et donc qu’environ 80% des demandeurs d’asile sont déboutés. La plupart venaient alors d’Albanie.

Dans un bilan de l’opération, la Préfecture et la Ville de Strasbourg avaient compté que plus des trois quarts des 126 personnes étaient des demandeurs d’asile et avaient été réparties dans des hébergements dédiés dans la France entière en attendant l’instruction de leur dossier. Pour les autres, les autorités avaient pudiquement constaté « un caractère plus complexe qui a suscité des accompagnements divers », vraisemblablement, une expulsion.

Dimanche, une violente foudre a touché Strasbourg deux fois

Dimanche, une violente foudre a touché Strasbourg deux fois

À Strasbourg dimanche 12 novembre, une décharge électrique d’une forte puissante a frappé la ville à 13 heures 25 minutes et 21 secondes précisément selon ATMO-RISK. Dommages électrique et frayeur au rendez-vous.

Un vif éclair s’est invité dans tous les foyers strasbourgeois dimanche à l’heure du café, immédiatement suivi d’une détonation impressionnante. C’était juste la foudre. Elle a frappé Strasbourg à 13 heures 25 minutes et 21 secondes, selon le cabinet Atmo-Risk, un bureau d’études en météorologie basé à Colmar qui analyse, entre autres, les données de Siemens Blids, un réseau allemand de détection des impacts de foudre.

Christophe Mertz, météorologue d’Atmo-Risk précise que cet épisode n’a rien d’exceptionnel en hiver :

« Ce qui était remarquable c’était les éclairs. Une décharge très puissante et deux impacts de foudre simultanés. Nous mesurons la puissance de la foudre en kilo ampères. En général un éclair normal mesure entre 5 et 50 kilo-ampères (kA). Le premier impact hier a été mesuré à 149 kilo-ampères et le deuxième à 99. Bien au dessus de la moyenne donc. Environ 3 kilomètres séparaient les deux impacts. Le premier était à la sortie de la ville le long de la N4, à proximité du quartier de Hautepierre, et le second au niveau du stade de la Meinau au Neudorf. »

La foudre de la Meinau a affiché 99 kA au compteur, selon les données de Siemens blids. (doc remis)
L’impact de Hautepierre a présenté une intensité de 149 kA ce qui est remarquable, selon les relevés de Simens blids. (doc remis)

Conséquence de ces éclairs : des surtensions et des dommages électriques sur plus de 500 mètres à la ronde. Les feux de signalisation environnant étaient à l’arrêt. De plus, 566 appels aux pompiers ont été relevés et 84 interventions dans le Bas-Rhin liées aux intempéries.

Le tonnerre a semblé durer plusieurs secondes. Est appelé tonnerre, la détonation de la foudre, l’onde de choc que produit la décharge au contact de l’air. Les provenances du tonnerre étaient différentes puisque deux impacts ont été mesurés et pourtant, les ondes se sont propagées sur Strasbourg et son agglomération au même moment. D’où la durée importante de ce coup de tonnerre.

Cet épisode orageux était prévu

Les conditions pour générer une activité orageuse étaient réunies en raison d’un important conflit de masse d’air. En début d’après-midi, il neigeait à 400 m d’altitude dans les Ardennes et sur le Palatinat allemand. Dans le Haut-Rhin, il faisait 10 à 12 degrés. Un front froid s’est constitué, donnant de l’orage ainsi que de violentes bourrasques de vent sur le Bas-Rhin :

« Les causes d’un tel orage ne sont pas forcément connues. La composition du nuage était de particules de glace, leur friction importante a créé un champ électrique. Mais l’électricité conçu par cet orage n’était pas aussi importante que celle créée en été par exemple. »

L’orage n’a pas seulement touché Strasbourg. Il a traversé tôt dans la journée du 12 novembre l’Alsace du Sud vers 12h30, puis il est arrivé à Strasbourg entre 12h50 et 13h30 et enfin il a rapidement avancé vers Allemagne.

Christophe Mertz l’affirme :

« Nous étions au courant d’un tel épisode orageux. Nous avions insisté sur les passages pluvieux et orageux auxquels la région de Strasbourg allait devoir faire face. Nous avons eu de fortes pluies, de fortes rafales qui allaient jusqu’à 130 km/h sur le Bas-Rhin. Cet épisode violent était prévisible depuis vendredi. »

Bien que cela ait surpris plus d’un Strasbourgeois, cet épisode n’avait rien d’anormal si ce n’est la violence du tonnerre et sa durée.