La rénovation de rues du quartier Laiterie, derrière la gare de Strasbourg, coïncide avec les travaux pour le détournement de la ligne F de tram vers Kœnigshoffen. Comme souvent, la municipalité va profiter d’une nouvelle ligne pour refaire les espaces publics d’un quartier.
Ainsi, il a été acté début 2016 que les places Sainte-Aurélie et de la Porte-Blanche vont se refaire une beaut . . .
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À la manière des néofascistes italiens de Casapound, des militants identitaires ont annoncé l’ouverture d’un « bastion social » à Strasbourg dont l’objectif est de s’occuper « des nôtres avant les autres. » La localisation exacte de ce bar associatif, baptisé L’Arcadia, est encore tenue secrète. L’annonce a surpris les réseaux antifascistes strasbourgeois.
L’annonce est d’abord apparue sur Facebook et les réseaux sociaux : le samedi 9 décembre à 15h, inauguration du « bastion social » de Strasbourg, L’Arcadia, en présence de Steven Bissuel, le président de « bastion social. »
Ce mouvement lié à l’extrême-droite radicale et identitaire, ainsi qu’au GUD (groupe union défense), s’est fait connaître en occupant des locaux vides dans le centre de Lyon fin mai, avec l’ambition d’y héberger des personnes sans domicile (lire l’article de Rue89 Lyon), triées en fonction de leur origine ethnique ou leur nationalité.
L’éphémère « bastion social » de Lyon (capture d’écran)
Le squat avait finalement été expulsé mi-juin, soit deux semaines après son ouverture. Les militants identitaires lyonnais se sont inspirés des méthodes du mouvement Casapound. Les membres de ce groupe néofasciste italien « réquisitionnent » aussi des immeubles vides de Rome pour y loger des sans-abris depuis 2003. Des liens très serrés existent entre les néofascistes italiens et les identitaires lyonnais.
Affiche annonçant l’ouverture du bastion social de Strasbourg
À Strasbourg, la stratégie est légèrement différente puisque les nationalistes affirment disposer d’un bail de location en bonne et due forme. Dans le même temps, la section locale du GUD annonce sa dissolution dans le « bastion social. » Contactés par l’intermédiaire de leur page Facebook, un « porte-parole » de L’Arcadia précise :
« Nous disposons d’un local en centre-ville de plusieurs pièces et nous allons y installer une salle de projection et un bar associatif. Pour l’instant, nous ne prévoyons pas d’héberger des sans-abris bien que nous aurions la place pour le faire. On a réalisé les travaux et il ne nous reste qu’un peu de mobilier à installer. Le loyer est payé par notre association, dont les recettes sont composées des cotisations d’une vingtaine de membres et tout est en règle. »
Localisation gardée secrète
Les identitaires strasbourgeois refusent pour l’instant de dévoiler d’autres détails sur leur local, y compris sa localisation exacte ou l’identité des membres du bureau de leur association. Ils affirment ne pas être reliés au GUD mais revendiquent en revanche leur affiliation au « bastion social » :
« Le « bastion social » est un mouvement métapolitique, identitaire, social et fraternel de cohésion nationale. Nous encourageons l’autonomie, la simplicité volontaire, la formation, l’apprentissage, l’artisanat et tous les modes de vie qui permettent à l’homme de reconquérir sa dignité face à la macro-machine de la mondialisation. »
Du côté de la gauche strasbourgeoise, c’est la consternation. Les identitaires font peu parler d’eux à Strasbourg, la dernière fois c’était en mai à l’occasion d’une rixe contre des militants antifascistes dans le centre de Strasbourg. Conseiller municipal « La Coopérative », Éric Schultz a vivement réagi à l’annonce de l’ouverture de L’Arcadia :
« À Lyon, ces personnes ont organisé des soupes identitaires, avec du porc donc pour en exclure les Musulmans, ils s’en sont pris à des chantiers de construction de mosquées… Il y a une stratégie d’implantation de cette idéologie à Strasbourg et il ne faut pas laisser passer ça, ne pas faire comme si cette installation était normale. Ils indiquent vouloir créer un lieu recevant du public, qu’ils sachent qu’à partir de 20 personnes, ça demande des autorisations spéciales. On ne les laissera pas faire n’importe quoi. »
« La métapolitique, le social, c’est leur nouveau grand truc »
De son côté, un militant antifasciste historique tempère :
« Cette irruption d’un local de fafs a surpris tout le monde. C’est mauvais signe car jusqu’à présent, les fafs n’ont jamais réussi à s’implanter durablement à Strasbourg. Mais c’est aussi à mettre sur le compte de leurs nombreuses divisions. La métapolitique, le social, c’est leur nouveau grand truc mais ça demande des efforts et une certaine constance. Toutes leurs précédentes tentatives ont échoué en quelques semaines. »
Reste un autre sujet : l’inauguration de L’Arcadia est prévue en plein Marché de Noël ultra-sécurisé, avec des forces de sécurité déjà sollicitées. Pas sûr que les autorités soient d’humeur à tolérer un face à face musclé en tendu entre néofascistes et antifascistes pendant cette période…
Dans un communiqué diffusé mercredi matin, le groupe d’immobilier Hammerson indique avoir trouvé un acquéreur pour le centre commercial de la Place des Halles à Strasbourg. Le groupe américain LaSalle Investment Management a accepté de reprendre les 64,5% qu’Hammerson détenait dans le capital de la société gérant l’ensemble immobilier. La Place des Halles comprend 41 600 m² de surfaces de vente et 120 enseignes, dont le magasin le plus important de Zara dans la région Grand Est.
14,3 millions de loyers par an
Le centre génère 14,3 millions d’euros en loyers et attire 10 millions de visiteurs par an, grâce à un emplacement central et bien relié aux réseaux de transports en commun, toujours selon le communiqué.
Hammerson précise que le centre commercial a fait l’objet de plusieurs rénovations intérieures et extérieures importantes. C’est exact car le groupe espérait alors pouvoir étendre ses surfaces sur l’actuelle gare routière de la CTBR et proposer une série de commerces de plein pied dans une entrée de ville qui aurait été entièrement refaite par la collectivité. Las, ce beau projet (lire en détail ici) n’en finit pas d’être retardé… ce qui condamne le centre commercial à proposer une offre désuète, faite de boutiques toutes identiques et de néons criards, sans parler des abords franchement glauques et des accès condamnés…
Enserré dans ses blocs à l’apparence de bunker, le centre commercial ouvert en 1979 est sérieusement concurrencé par le centre-ville piétonnier depuis que le tramway a pacifié les rues. Ainsi, la rue du Noyer a accueilli les enseignes Uniqlo et H&M, laquelle était auparavant… la plus grande surface du centre commercial. En outre, la Place des Halles risque de très mal vivre la comparaison prochaine avec Primark, qui construit juste en face un centre commercial tout neuf.
Les dômes futuristes sont de retour place Grimmeissen près de la Petite-France pour le Off du Marché de Noël de Strasbourg. Ici, pas de boules, pas de bredele, pas de sapins mais de la récup’, des circuits courts et des conférences sur la réduction des déchets.
Non, le Marché de Noël de Strasbourg, ce n’est pas que des litres de vin chaud, des décorations kitsch et des rennes à paillettes dans une grande foire consumériste. Un peu à l’écart de la Petite-France, place Grimmeissen, le Marché Off sera le lieu pour débattre de l’environnement monsieur, des circuits courts madame, ou de la réduction des déchets, mais oui, en pleine féerie de Noël, pourquoi pas ?! Ce sera peut-être un peu moins sucré qu’une pomme d’amour mais tellement plus nourrissant !
Les trois dômes géodésiques issus d’Osophère, chauffés, accueilleront des conférences, des rencontres et une exposition, tandis que 15 containers abriteront des producteurs locaux tous les jours à partir de vendredi 24 novembre de 11h à 20h, et jusqu’à 21h les vendredis et samedis, jusqu’au 24 décembre.
Le dôme central, au milieu de la place pour le marché OFF 2016. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Ce marché Off est organisé par la CRESS Grand Est (Chambre régionale de l’Économie Sociale et Solidaire) en partenariat avec la Chambre de consommation d’Alsace, via la plateforme ZIGetZAG.info, le Colecosol et les 24 exposants présents. Tous sont des acteurs locaux de l’économie solidaire, beaucoup sont des entreprises d’insertion comme par exemple Carijou, le magasin de jouets d’occasions ou Artisans du Monde.
Avec ce marché Off, Marc Brignon, directeur de la Cress Grand Est, espère sortir de l’ambiance consumériste du marché de Noël :
« Nous voulons replacer l’humain au cœur des préoccupations. Sur le champ de l’insertion du développement durable, du bio, dans une économie qui crée de l’emploi. C’est un lieu d’échanges et d’achats. Mais aussi de débats, sur l’économie sociale et solidaire et sur les nouvelles formes d’économie. »
Du coup, plusieurs rencontres sont proposées tout au long du mois de décembre, sur des thèmes politiques, économiques et d’environnement. Des ateliers, des débats, des projections, des conférences ou encore des rendez-vous culinaires, tous vont suivre une thématique par semaine : du 24 novembre au 3 décembre, la réduction des déchets, du 4 au 10 décembre, le commerce équitable, du 11 au 17 décembre il sera question de la lutte contre les discriminations puis du 18 au 24 décembre, de l’alimentation.
De multiples rendez-vous pour repenser la solidarité
Chaque mardi, Il y a des apéro-débat, dans une ambiance after-work. Les mercredis, des animations pour parents et enfants. Tous les dimanches de 11h à 13h, le brunch du Marché Off avec des produits bio et issus du commerce équitable et le même jour, des ciné-débats de 16h à 18h30. De nombreuses rencontres et conférences sont prévues, tout le programme est ici et d’autres informations sont sur la page Facebook du marché Off.
Outre la place Grimmeissen, le Off de Noël intègre aussi un parcours de street art, des artistes donnent vie à Strasbourg et plus spécifiquement au quartier gare. Sur l’application Strasmap il est possible de retrouver les emplacements des œuvres et d’obtenir plus d’informations sur les artistes. Le mobilier urbain postal a été mis à la disposition des artistes de rue, 46 points au total ont été créés pour les amoureux de street art.
Les trois facettes du Noël OFF de Strasbourg. (Photo CM / Rue89 Strasbourg / cc)
D’autres événements sont programmés hors de la place Grimmeissen, comme un calendrier de l’Avant street art au 18 rue Kuhn près de la Gare. Chaque jour à 17h30 jusqu’au 24 décembre, il y aura un accrochage d’une nouvelle œuvre à une nouvelle fenêtre. Un jeu de rôle grandeur nature est organisé au Graffalgar le dimanche 10 décembre à 17h. Un café hypnose de Noël se tiendra mardi 19 décembre au restaurant le Mandala (14 rue du Faubourg de Saverne) de 18h30 à 20h… Une quarantaine d’événements dans des magasins, restaurants, musée ou hôtels du quartier gare sont prévus. Toute la programmation sur le site dédié de la Ville de Strasbourg.
Pour l’Avent, une dizaine de personnes âgées d’une maison de retraite du centre-ville de Strasbourg vont assister le Père Noël pour répondre aux enfants.
En décembre, le Père Noël sera assisté à Strasbourg par des personnes âgées pour répondre aux courriers des enfants. C’est le nouveau pari de Pierre Bardet, le directeur des Vitrines de Strasbourg, pour animer la période de Noël.
L’association des commerçants de Strasbourg a commandé une boîte aux lettres géante au Père Noël qui se déplacera tous les dix jours dans trois lieux du centre-ville pendant l’Avent. Elle sera inaugurée samedi 25 novembre à 15h place Gutenberg en présence du Père-Noël lui-même, de ses lutins et d’une troupe de comédiens. Dix jours plus tard, elle sera installée rue Mercière, avant de terminer son séjour rue des Grandes Arcades.
La boîte aux lettres au Père Noël se déplacera dans le centre-ville. (Doc Remis)
Des lutins aux cheveux gris
Une dizaine de résidents de l’Ehpad Abrapa Saint-Arbogast, seule maison de retraite située en centre-ville, rue des Echasses, s’occuperont de répondre aux enfants dans le cadre d’un atelier. Le Père Noël leur apportera en personne une première cargaison de courrier le 30 novembre.
« L’idée de lier les générations ensemble me tenait à cœur », explique Pierre Bardet. Les résidents de la maison de retraite Saint-Arbogast sont âgés en moyenne de 87 ans et demi. Micheline Keling, directrice de l’établissement se félicite que les participants au projet se sentent « heureux, avec un grand sentiment d’utilité :
« Cela renoue avec le passé : dans le temps, les grands-parents répondaient aux enfants. On est toujours partant pour des partenariats. C’est une expérience à tenter. J’espère juste qu’il n’y aura pas 2 000 lettres. »
Il sera intéressant de voir comment les anciens vont répondre aux requêtes des enfants d’aujourd’hui, faites de cartes Pokémon et de figurines Yo-Kai Watch…
La recomposition politique infuse au niveau du conseil de l’Eurométropole. Un groupe « La coopérative » avec 6 élus, tous strasbourgeois, avait déjà vu le jour en septembre. C’est le tour d’un deuxième groupe, de 7 élus, de se constituer. Il s’appelle « Pour une Eurométropole équilibrée. »
Sept maires de deuxième couronne
Elle regroupe les maires de Breuschwickersheim, Holtzheim, Kolbsheim, Lampertheim, Mittelhausbergen, Oberhausbergen et La Wantzenau. Ces sept élus étaient non-inscrits et revendiquent un groupe sans étiquette . . .
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Que disent de nous nos identifiants numériques ? Rue89 Strasbourg et le Shadok invitent jeudi soir Maryline Laurent, chercheure à Télécom SudParis, école de l’Institut Mines-Télécom, à en débattre avec Arthur Bessaud de la Quadrature du Net.
« Entre ingénieurs, juristes, sociologues et philosophe, on commence tout juste à se comprendre en fait, » indique Maryline Laurent à propos de la chaire « Valeurs et politiques des informations personnelles » qu’elle a cofondée à l’institut Mines-Télécoms. Invitée dans le cadre de notre cycle de rencontres « Tous connectés et après » au Shadok jeudi 23 novembre, elle alerte sur les enjeux liées aux données personnelles, largement sous-estimés.
Rue89 Strasbourg : Vous avez travaillé sur les données personnelles, leur valeur et leur sécurisation, tant du point de vue technologique que du point de vue sociologique. Selon vous, est-ce que la complexité du sujet empêche le grand public de prendre conscience des enjeux ?
Maryline Laurent : La protection des données personnelles est complexe car il faut traiter sur le sujet à tous les niveaux… Techniquement déjà, on a du mal à protéger les informations qui transitent par Internet. Une adresse IP (qui est l’adresse d’un appareil connecté sur Internet, ndlr) est déjà une donnée à caractère personnel. Donc pour évaluer la sécurité d’une communication par exemple, il faut commencer par sérier les informations : est-ce qu’une donnée est utile au transport par exemple, est-elle utilise à l’application, etc. et à quel moment elle fuite, comment peut-elle être interceptée… J’avais réalisé une petite étude et on se rend compte que les applications utilisent généralement une adresse IP, même s’elles n’en ont pas vraiment besoin et qu’elles la stockent.
Peut-on naviguer sans être tracé ? (Photo Frédéric Poirot / FlickR / cc)Mais pour en faire quoi ?
En général, les données sont stockées pour être utilisées à des fins marketing. Soit il s’agit d’un « profilage » des utilisateurs, afin qu’ils soient suivis et que les applications modifient leur comportement si l’utilisateur est un habitué ou un nouvel arrivant par exemple, on peut faire de la discrimination tarifaire aussi, proposer un même service mais à des prix différents en fonction du profil des utilisateurs par exemple car en croisant les données, on sait à quelle catégorie sociales ils appartiennent par exemple…
Maryline Laurent (Photo IMT)Est-ce qu’il est illusoire d’être anonyme sur Internet ?
On peut très bien être anonyme sur Internet mais tout de même identifié… La question de l’identifiant ne se résume pas à l’identité… Un service n’a pas forcément besoin de connaître votre nom et votre prénom si, grâce à la configuration de votre navigateur, votre adresse IP, vos habitudes ou votre modèle de smartphone, il peut vous tracer sans vous demander votre prénom. Il y a les cookies aussi (des petits éléments d’informations stockés sur l’ordinateur, ndlr), un annonceur comme Criteo va déposer sur chaque ordinateur qui visite un site où ses annonces sont présentes un cookie qui est un identifiant.
Dans ces conditions, on est peut-être anonyme sur Internet mais pour autant, complètement tracé d’un service à l’autre. Entre autres conséquences, on perd notre capacité à utiliser des services de manière neutre. Il faut avoir conscience que lorsqu’on se connecte sur un site, on est relié en fait à une multitude de sites…
Que peut-on faire pour améliorer la situation de la vie privée ?
On peut limiter son exposition, par exemple en utilisant un navigateur crypté, comme Tor. On peut aussi utiliser des services qui ne collectent pas de données personnelles, comme le moteur de recherche Qwant par exemple. À la chaire, on a pas rédigé un guide pour se protéger sur Internet mais on communique des recommandations quand on nous en demande, à la CNIL par exemple ou au Conseil national du numérique (CNN). Mais face à ça, il y a le lobby des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon, nldr) qui plaident auprès de la Commission européenne et d’autres pour que la situation actuelle perdure.
On a l’impression que ces enjeux peinent à mobiliser, pourquoi ?
La situation est très déséquilibrée en faveur des entreprises qui proposent des services sur Internet. Dès qu’on veut accéder à une application un peu évoluée, très vite le service va exiger l’apport de cookies et demander des informations personnelles, parfois sans lien avec le service proposé. Il faut avoir le courage de lire des pages et des pages de conditions générales d’utilisation ! Et si on n’accepte pas ces conditions, qui peuvent par ailleurs changer sans préavis, on ne peut pas utiliser le service et ça peut être très pénalisant. Il y a des monopoles qui se sont constitués et qui écrasent toute alternative.
Dans ces conditions, il est normal que les gens se comportent passivement face à ce rapport de force déséquilibré. On a réalisé une étude au sein de la chaire et on s’est aperçu qu’au sein d’une population, 10% des individus refusent catégoriquement de divulguer des données personnelles pour accéder à un service, une bonne part est résignée et coche la case d’acceptation des conditions sans les lire.
Est-ce que dans la communauté scientifique, les enjeux en termes de droits de l’Homme des données sont-ils pris en compte ?
De plus en plus, les ingénieurs sont sensibilisés à ces questions, ils ont des cours sur ces questions. Dans mes cours, je les engage à prendre du recul et à réfléchir sur ce qu’ils contribuent à bâtir. On sort d’une mentalité un peu gentil-gentil où l’Internet des débuts c’était la liberté, tout était libre, etc. Aujourd’hui, c’est devenu un espace marchand et des acteurs économiques et gouvernementaux ont pris l’ascendant. Par conséquent, il faut être beaucoup plus vigilant.
Les commerçants de la grande rue piétonne de Strasbourg et du quartier de la Petite-France n’ont pas tous versé leur écot pour financer les illuminations de Noël. En conséquence, les lumières vont manquer dans la Grand’Rue, une artère pourtant très commerçante.
Durant le Marché de Noël, la Grand’Rue de Strasbourg ne sera éclairée qu’a minima par rapport aux années précédentes. Le Village, l’association des commerçants de cette artère et du quartier de la Petite-France, n’a pas pu rassembler auprès des 120 commerçants du quartier les 28 000 euros dont elle avait besoin pour faire installer les luminaires prévus.
Elle a dû abandonner le rideau lumineux qui devait s’étendre sur toute la longueur de la rue piétonne et les rosaces. Le grand lustre central, créé il y a deux ans par Pierre Bardet, directeur des Vitrines de Strasbourg, va pouvoir être maintenu grâce au financement exclusif par le supermarché U Express. Les éclairages des deux entrées de rue doivent quant à eux être financés par la subvention municipale, redistribuée par les Vitrines de Strasbourg.
L’association le Village a fait savoir la semaine dernière que les 38 commerçants qui avaient accepté de verser leur participation à l’opération 2017 allaient être remboursés. Le marché de la Place des Meuniers sera quant à lui illuminé comme prévu grâce à la participation des exposants.
La Grand Rue n’aura pas le chemin de lumière cette année… (Photo Tomate Joyeuse / FlickR / cc)
Une polémique « qui dépasse l’entendement »
En octobre, l’association Le Village avait prévenu les commerçants du quartier qu’elle ne ferait pas installer les illuminations si elle ne rassemblait pas la somme nécessaire au 31 octobre. Son courrier avait circulé sur les réseaux sociaux et donné lieu à une critique du système de financement des Illuminations de Noël à Strasbourg et de sa transparence, notamment de la part du profil « Marc Valentin » sur les réseaux sociaux.
Yaël Cao, présidente de l’association Le Village, regrette la polémique :
« Je ne répondrai plus aux journalistes jusqu’après Noël. Je veux que la rue soit tranquille avant Noël. Cette année, ça a pris une ampleur qui dépasse un peu l’entendement pour quelque chose de tout à fait simple. On parle de 250 euros hors taxes par commerçant. On a tous besoin de travailler, on avait tous besoin d’avoir une rue éclairée. C’est navrant dans un moment où il faut tous que l’on se serre les coudes. »
« Une décision des commerçants de la Grand’rue »
L’association Le Village doit tenir une assemblée générale extraordinaire en janvier pour décider de sa suite. Pierre Bardet, président des Vitrines de Strasbourg, reste optimiste :
« L’association Le Village a fait le maximum. Après tout, c’est une décision des commerçants de la Grand Rue. Des gens réagissent maintenant alors qu’ils n’ont jamais payé. Il y a deux ans, le grand lustre avait mobilisé beaucoup de financement, ce qui avait donné une marge à l’association pour tout faire l’année dernière. Et maintenant, tout le monde se réveille en catastrophe. Ça va réveiller le quartier pour partir sur un nouveau concept l’année prochaine. »
Pour Michel Pirot, président de l’association Défis, la déconvenue de la Grand’Rue est un « dégât collatéral du manque de transparence de l’opération des Illuminations et de son modèle économique, » qu’il dénonce :
« C’est un exemple de ce qui se passe à l’échelle de la ville. Dans tous les quartiers, il y a de moins en moins de commerçants qui paient. Dans mon association de quartier le Triangle Kléber, j’ai récupéré au forceps le dernier chèque pour l’année dernière il y a seulement quelques jours ! »
La subvention 2017 pas votée en novembre
Les Illuminations de Noël de Strasbourg sont gérées par l’association les Vitrines de Strasbourg, chargée de répartir les 300 000 euros de subvention municipale annuelle entre les associations de commerçants et de rassembler auprès de celles-ci leur part de contribution à l’opération. En 2015, Rue89 Strasbourg avait révélé que le tiers de la subvention municipale servait en réalité à payer le fonctionnement de l’association des Vitrines et le salaire de son directeur.
Une commission de travail de la Ville a étudié la gestion de l’opération et maintenu sa confiance au Vitrines en novembre 2016 tout en rendant des préconisations. La subvention de la Ville est habituellement votée au conseil municipal de novembre pour l’opération du mois suivant, et versée en janvier. Mais cette année, son vote n’était pas à l’ordre du jour du conseil du 20 novembre. Pierre Bardet assure qu’elle fera l’objet d’un vote fin décembre.
Une page sur Facebook indique, vidéo à l’appui, que les élus du conseil municipal de Strasbourg se seraient augmentés leurs indemnités de 25%, ceci dans le contexte de baisse des crédits publics et des allocations d’aide au logement. L’information provoque nombre de commentaires outragés mais… elle est fausse.
Une page sur Facebook nommée « Actu Stras » annonce que les élus du conseil municipal de Strasbourg se sont augmentés leurs indemnités de 25% en septembre, et ceci, précise les auteurs qui restent anonymes, « alors que la baisse des APL (aides personnalisées au logement, ndlr) fait polémique. »
La page Actu Stras sur Facebook est pilotée de manière anonyme (capture d’écran)
Bon potentiel d’indignation
Des élus qui se sucrent pendant que tout le monde est contraint de se serrer la ceinture, voilà une information qui contient un bon potentiel d’indignation sur les réseaux sociaux. Et ça n’a pas manqué : à l’heure où nous publions ces lignes, la publication a été vue plus de 6 000 fois et partagée près de cent fois. De nombreux internautes ont commenté la publication originale pour indiquer leur réprobation et trouver injuste cette augmentation :
L’indignation, puissant moteur de viralité ! (capture d’écran)
Un chiffre faux, issu d’une confusion
Sauf que c’est faux. Les rémunérations des élus n’ont pas été augmentées en septembre. Le chiffre des 25% vient probablement d’une confusion dans la lecture de la délibération de septembre 2017, qui détaille comment les indemnités sont calculées, à partir d’un indice de référence fixé par décret au niveau national.
Le texte précise que « en vertu de l’article L. 2123-22, les indemnités calculées peuvent être majorées de 25%, Strasbourg étant chef-lieu de département. » La municipalité applique cette majoration depuis au moins 2014.
Le tableau ci-dessous détaille, à partir des délibérations de septembre 2017 et d’avril 2014, les indemnités perçues par les élus du conseil municipal de Strasbourg.
15,5% d’augmentation… globale
On remarque donc que les rémunérations des élus ont été légèrement augmentées sur cette période : 108€ pour le maire soit 1,82%, 76€ pour le premier adjoint soit 1,82%, les adjoints ont perdu 5€ (-0,22%) et les conseillers ont gagné 7,53€ (1,61%).
L’enveloppe globale des rémunérations des élus a en revanche nettement augmentée. Elle est passée de 74 862,82€ à 86 475,33€ par mois, soit une hausse de 15,51%. Cette augmentation s’explique par la volonté du conseil municipal de distinguer des « conseillers municipaux délégués », 12 élus indemnisés chaque mois 958,71€ pour être en charge d’une thématique spécifique.
L’enveloppe globale avait aussi évolué en juin 2014 à l’occasion du retour de Catherine Trautmann dans l’hémicycle eurométropolitain au détriment de Souad El-Maysour, devenue alors adjointe au maire, puis par le remplacement de trois adjoints par quatre en septembre 2016. Lorsque Philippe Bies, député sortant a été battu en juin 2017, sa réintégration comme adjoint au maire s’est faite sans modification de l’enveloppe globale, ce qui avait eu pour effet de baisser le montant des indemnités de tous les autres élus.
À noter : les élus peuvent cumuler des indemnités en provenance d’autres collectivités, comme l’Eurométropole par exemple ou nombre d’entre eux sont également conseillers ou vice-présidents. Leurs rémunérations sont parfois également abondées par des mandats au sein de satellites des collectivités. Les indemnités des élus de Strasbourg pourraient être plus importantes, la loi autorise la municipalité à aller jusqu’à 7 015€ pour le maire, 3 507€ pour un adjoint. Dans tous les cas, le revenu maximal d’un élu est plafonné à 8 399€ par mois.
Laurent Muller, sociologue de l’immigration et Philippe Gillig, économiste, tous deux à l’Université de Strasbourg passeront au crible les généralités, vraies ou fausses qui reviennent régulièrement sur le sujet. Résistent-elles aux chiffres et à l’analyse scientifique et universitaire ?
Le public est invité à partager ses perceptions, pour savoir si elles correspondent à une réalité ou non. L’événement se déroule dans la salle du centre socio-culturel de Hautepierre, 4 avenue Tolstoï dans le quartier de Hautepierre.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Une double détonation a été entendue à Strasbourg lundi matin vers 9h30. Selon les pompiers, une trentaine d’appels ont été enregistrés pour signaler ces déflagrations mais aucun n’était en mesure de préciser la source ou l’origine.
Explosion à #strasbourg pas d'infos particulières à ce stade selon les pompiers. Elle a été entendue depuis différents quartiers vus les tweets (Espace Européen, Wacken, Esplanade, Cronenbourg)
Des manoeuvres aériennes étaient effectivement prévues près de Strasbourg en ce lundi matin. Les militaires ont juste oublié de prévenir les autorités civiles qu’ils risquaient d’être remarqués. C’est ballot.
Des agents de la Caisse d’allocations familiales et de la Caisse de retraite d’Alsace-Moselle ont constaté l’absence de retraités maghrébins, des Chibanis, dans un foyer de Strasbourg. Plusieurs dizaines de ces retraités voient leurs allocations gelées et doivent prouver qu’ils résident en France… après avoir travaillé sur les chantiers et dans les usines françaises pendant plus de 40 ans. Une association dénonce un harcèlement de l’administration et veut mobiliser des parrains pour venir en aide à ces retraités.
Les Chibanis, ce sont ces travailleurs immigrés venus du Maghreb en France dans les années 60. Après avoir été de tous les chantiers, de toutes les chaînes d’usines, ils peuplent aujourd’hui les sinistres foyers Adoma (ex-Sonacotra). Usés, souvent malades, ils oscillent entre leur chambre en France et leur domicile, quelque part dans un village ensoleillé d’Algérie ou du Maroc. Ils vivent de retraites dérisoires, souvent moins de 500 euros par mois, renforcées par des allocations comme le minimum vieillesse et les aides au logement.
Et c’est là que ça pose un problème pour l’administration française. Car les allocations, pour en bénéficier, il faut résider entre 6 et 8 mois par an en France selon les caisses. En septembre, la Caisse régionale des retraites (Carsat), la Caisse d’allocations familiales (Caf) et la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ont été envoyées par le procureur de la République frapper aux portes des Chibanis, rue de Colmar à Strasbourg, afin de vérifier s’ils étaient bien présents.
Les Chibanis vivent dans des chambres au confort minimal, ils doivent y passer la majorité de leur temps Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Un enchaînement qui mène à la suspension des allocations
Évidemment, nombre d’entre eux n’étaient pas à leur domicile, soit parce qu’ils étaient partis se promener soit parce qu’ils étaient auprès de leur famille de l’autre côté de la Méditerranée. Les caisses leur envoient alors une lettre, dans laquelle elles leur indiquent qu’ils ont 10 jours pour contacter leur caisse, et prouver leur résidence effective en France. Faute de quoi, leurs allocations sont suspendues, voire le paiement de sommes « indues » leur sont réclamées.
Pour ces grands-pères des Trente Glorieuses, ces lettres stéréotypées sont incompréhensibles. Il y est question de droits, d’articles de loi et d’alinéas. Mais la majorité des Chibanis ne sait pas lire, ils viennent d’un monde où l’embauche se faisait chaque matin au bord du chantier et la paie chaque soir, en billets. Combien d’entreprises n’ont pas déclaré ces ouvriers, profitant de cette main d’oeuvre docile et bon marché ?
Le minimum vieillesse, c’est Byzance
Cinquante ans plus tard, ce sont les Chibanis qui paient ces arrangements, au moment de calculer leurs points pour la retraite. Ils sont nombreux à ne pas pouvoir justifier d’une activité entre avril 1962 et septembre 1963 sur un chantier du Languedoc ou dans cette usine du centre de la France entre janvier et mai 1968… Les entreprises ayant disparu, les déclarations d’emploi pas toujours faites, bonne chance pour valider les trimestres ! Mais ce n’est pas grave pour Mustapha, Walid ou Abdul. S’aidant d’une canne pour marcher, ils ne réclament rien, n’en veulent à personne et s’accommodent avec le minimum vieillesse (renommé allocation de solidarité aux personnes âgées, Aspa).
Après 40 années passées sur les chantiers de France, les Chibanis aimeraient pouvoir profiter de leur retraite au soleil Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Les voilà donc qui, après 40 années passées sur les chantiers, émargent à environ 900€ par mois. Le loyer de la chambre au foyer (env 360€) est partiellement pris en charge par l’aide au logement (250 à 280€). Ils dépensent entre 150 et 250€ pour leur vie en France et le reste, entre 400 et 500€, ils l’envoient en Algérie, en Tunisie ou au Maroc. Quelques centaines d’euros mensuels qui forment bien souvent la seule ressource d’une famille complète outre Méditerranée.
Sans les allocations, les Chibanis ne perçoivent qu’entre 300 et 600€ de pension de retraite selon les cas et doivent payer intégralement le loyer de leur chambre. Ils ne peuvent plus rien envoyer au Maghreb et se sentent piégés.
Le décompte d’une pension de retraite d’un Chibani Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Mustapha El Hamdani, responsable de l’association Calima ne décolère pas contre l’administration française :
« Voilà des gens qui ont donné toutes leurs forces à la France, qui ont construit le pays au moment où on avait besoin d’eux et aujourd’hui, on les traite comme des fraudeurs. Ils sont sonnés par les montants des sommes qui sont réclamées. Il n’y a pas plus légalistes que les Chibanis et on les traite comme des numéros. »
Un vicieux cercle perpétuel administratif…
L’association qui vient en aide aux Chibanis organisait une réunion d’information en octobre. Au rez-de-chaussé du foyer de la rue de Colmar, plusieurs dizaines de Chibanis étaient présents pour confier leurs lettres d’organismes à Mustapha El Hamdani, en lui demandant de bien vouloir « régler ce problème inch’Allah ». Mustapha empile donc les courriers et démarre pour chaque cas deux procédures : une contestation, indiquant que c’est aux caisses de prouver que la personne n’est pas présente en France suffisamment longtemps, et une nouvelle demande… d’allocations, puisque que les Chibanis répondent à chaque instant à toutes les conditions pour y prétendre.
Les Chibanis viennent avec leurs courriers auxquels ils ne comprennent rien Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Derrière ses piles de dossiers, il précise :
« Les Chibanis cachent ces lettres quand ils les reçoivent, souvent ils me les donnent trop tard, les délais de conciliation sont dépassés. Ils ont peur ou honte parfois… Ce n’est pas évident d’avouer qu’on ne sait pas lire aujourd’hui. Ils n’ont aucun moyen de comprendre ce qui leur arrive. Ils le constatent au moment où la banque refuse le virement vers le pays d’origine. »
Des procédures normales et normées
Du côté des caisses, on affirme que tout a été fait « dans les règles. » Karine Auguy, directrice adjointe de la CAF du Bas-Rhin, et Isabelle Lustig, directrice de la Carsat Alsace-Moselle :
« Le directeur du centre Adoma a été prévenu du passage de nos agents et nous avons vérifié que les conditions d’obtention des allocations étaient bien communiquées aux résidents. Donc quand on passe, on pense que les résidents absents n’ont pas eu ces informations parce qu’ils ne vivent pas en France. Ils ont dix jours pour se signaler après notre passage. S’ils ne le font pas, nous suspendons les allocations. C’est la loi et elle est la même pour tout le monde. Ensuite, les vérifications de la durée de résidence en France sont faites à partir des mentions sur le passeport. »
Effectivement, dans un couloir, une affiche d’Adoma indique, en français, ces obligations de résidence. Mais la visite des contrôleurs des organismes prestataires a-t-elle été signalée aux résidents par le même biais ? Pour les locataires du foyer de la rue de Colmar, les relations avec leur bailleur sont complexes. Ils estiment là encore malmenés par Adoma, qui refuse les visites au-delà de 23 heures, supprime les espaces communs, réduit les équipements, etc. Rien que pour obtenir une salle pour la réunion d’octobre, les résidents ont dû forcer la main de leur responsable de site…
Adoma affiche les obligations de résidence dans l’entrée et estime suffisant son rôle d’information Photo : PF / Rue89 Strasbourg / cc
Pour l’association Calima, ce petit aller-retour administratif a assez duré. L’association, aux moyens limités, ne peut pas accompagner tous les Chibanis de Strasbourg ou d’Alsace. Elle propose que chaque Chibani soit parrainé par une personne en mesure de l’aider et de l’accompagner dans ses démarches administratives.
L’autre option des Chibanis, c’est l’aide au retour (ARFS), 550€ par mois à condition de retourner vivre au pays et… d’abandonner toute couverture santé. Pour ces grands-pères souvent déjà malades, usés par les chantiers à une époque où les normes sanitaires n’étaient pas la première préoccupation, la perspective n’est guère engageante. C’est pour ça que Mustapha El Hamdani ne le recommande… qu’aux « Chibanis en fin de vie. »
Au conseil municipal, les élus de Strasbourg vont se pencher sur les prémisses du budget, qui intègre une diminution de la taxe d’habitation de 30% pour 80% des Français. Une occasion de mieux saisir les convergences et surtout les différences des quatre groupes de la majorité, sans oublier les critiques de l’opposition. À suivre en direct et avec nos commentaires à partir de 15h.
Le débat d’orientations budgétaires (DOB) du conseil municipal de ce lundi 20 novembre devrait enfin permettre d’en savoir un peu plus sur la majorité strasbourgeoise, recomposée en quatre groupes depuis l’été.
Quelles nuances ?
Quelques expressions dissonantes, notamment sur la politique nationale, ont déjà été entendues mais quels effets concrets ont-elles pour les Strasbourgeois ? Obligatoire, le DOB, qui préfigure le vote sur le budget en décembre, laisse à tous les groupes le temps de longuement s’exprimer. C’est une tribune idéale pour détaillers ses convergences, mais aussi ses priorités et souhaits pour l’avenir.
On le rappelle, tout ce beau monde n’a officiellement qu’un seul et unique objectif : mettre en œuvre le programme du maire Roland Ries, désormais en lévitation « au-dessus de la mêlée » (et pas du tout de se positionner à prendre sa place en 2020 ou 2021 !).
Job difficile pour l’opposition
Le maire Roland Ries a toujours rappelé qu’un vote contre ou une abstention sur le budget en décembre reviendrait de facto à s’exclure de la majorité. Sur le reste, il accepte une certaine liberté de vote, comme avec les alliés écologistes par le passé.
Dans ce contexte, l’opposition de droite et du centre aura fort à faire pour faire entendre ses critiques sur la conduite des affaires locales. Une éventuelle prise de parole de Laurence Vaton, élue sur la liste d’opposition de Fabienne Keller (LR) en 2014 pour le compte du Modem, mais seule transfuge vers un groupe de la majorité (« Strasbourg en marche« ) et référente du mouvement dans le Bas-Rhin, méritera d’être observée.
La majorité strasbourgeoise recomposée va débattre du budget. Un premier vrai test. (Photo Pascal Bastien)
Pas de hausse d’impôts
Sur le fond, la municipalité ne prévoit plus « trois scénarios » (dont deux étaient de toute façon difficilement tenables) comme par le passé, mais plutôt des lignes directrices générales. La principale est qu’il n’y a pas de hausse des taux de la fiscalité locale pour la deuxième année de suite (après les +3% et +2,5% en début de mandat).
Les finances sont un peu soulagées car la baisse de la dotation de l’État de 4 millions d’euros prévue sous le gouvernement Valls est finalement annulée pour 2018 par le nouveau gouvernement. L’investissement remonte aussi à 100 millions d’euros, dans le but d’atteindre les 115 millions pour les années de fin de mandat. La dette diminue aussi, pour la deuxième année consécutive (218 millions d’euros en 2017, contre 237 en 2016). Le budget total doit s’établir autour de 500 millions d’euros.
La suppression de la taxe d’habitation en question
Un projet de loi nationale va néanmoins s’inviter dans l’hémicycle, celui de la suppression par tranches de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Pour faire partie des 80%, il faut avoir un revenu annuel inférieur à 30 000 euros pour un célibataire, 48 000 euros pour un couple et 54 000 euros pour un couple avec enfant(s).
Cette suppression doit s’étaler sur 3 ans, si bien qu’en 2018 la diminution sera de 30%. Ces dispositions doivent encore être votées à l’Assemblée nationale en décembre. En revanche, les villes peuvent toujours actionner les taux d’impôts, mais la différence sera à charge du contribuable et bien sûr toujours à payer pour les 20% non-concernés.
Cette promesse de campagne du président Macron émane du constat que les taxes d’habitation sont très inégales d’une commune à l’autre. Les ressources des villes dépendent de la densité de population ou des entreprises implantées, tandis que l’évaluation des biens immobiliers date de 1971. Ainsi, l’Esplanade a les bases d’impôts locaux les plus élevées car ses appartements étaient neufs à cette époque, alors qu’ils sont vieillissants aujourd’hui.
« Un formidable frein »
Sur cette question éminemment politique qui peut froisser sa majorité composite, Roland Ries voit « un formidable frein à ne pas augmenter les taux », mais « sera vigilant » à ce que la compensation « à l’euro près » soit toujours maintenue par l’État. Sinon cela viendrait compliquer les marges de manœuvres des villes.
Par la suite, l’État prévoit une nouvelle baisse des dépenses de 13 milliards vers les collectivités locales, soit un peu plus que pendant le quinquennat précédent. Néanmoins, ces diminutions d’argent seraient conditionnées. Le gouvernement voudrait récompenser les bons élèves en ne pénalisant pas ceux à la capacité de désendettement en-dessous de 11 à 13 ans (elle est de 6,5 ans à Strasbourg) et une hausse des dépenses de fonctionnement inférieure à 1,2% (hors inflation).
Vie fluviale et handicap en fin de conseil
Les 36 autres points sujets sont plus légers. La vie fluviale fera son retour avec une subvention à Voies navigables de France pour l’aménagement de deux haltes provisoires pour bateaux de plaisance, quai Finckwiller et quai Fustel-de-Coulanges. Des crédits de 165 000€ qui viennent de ceux prévus pour le tourisme.
Il sera aussi question de la labellisation d’écoquartiers, celui de l’Elsau et des Brasseries à Cronenbourg, ainsi que d’une subvention exceptionnelle pour les 80 ans de l’association Le Nid, qui lutte contre la prostitution.
Il n’y aura qu’une seule interpellation en fin de conseil, au sujet de la place du handicap à Strasbourg. À suivre dans la vidéo en tête de cet article dès 15h avec nos commentaires.
Les demandeurs d’asile qui vivaient sous tente au Neuhof à Strasbourg ont été « mis à l’abri » dans un gymnase. Une question demeure, cependant : « oui, mais après ? » Il y aurait bien une solution…
« Se soigner par les plantes », « les remèdes naturels », « l’alimentation santé » : des titres qui font vendre des tombereaux de magazines ces derniers mois ! Cet engouement pour l’hygiène de vie naturelle est hyper-positif, alliant santé, bien-être individuel et collectif, et protection de l’environnement. Je vous donne ici 5 bonnes raisons écolos d’adopter ces techniques, sans tomber dans les griffes du marketing.
En préambule, on ne parle pas ici de « médecine naturelle ou douce », mais de méthodes d’hygiène de vie, de règles simples qu’il convient d’adopter pour rester en bonne forme naturellement (c’est à dire sans ingurgiter de molécules chimiques), et des liens qui existent entre ces principes et les valeurs de l’écologie pratique et politique, de l’écologie tout court, donc.
1 – Manger bio et local = préserver les sols et le vivant
C’est peut-être enfoncer une porte ouverte, mais une bonne alimentation est la base de notre santé. Le carburant que nous mettons dans notre véhicule corporel est celui qui le nourrit, l’entretient et en garantit le bon fonctionnement sur le long terme. Manger des légumes de saison (au centre du repas !), avec une bonne proportion de cru, des protéines végétales (légumineuses, champignons, algues, soja…), éventuellement animales (œufs, laitages de chèvre ou de brebis, viande blanche…), des céréales complètes, etc., issus de l’agriculture biologique, permet d’éviter de nous intoxiquer aux pesticides et, en même temps, protège les sols et les eaux souterraines, largement stérilisés pour les uns, polluées pour les autres par l’usage des intrants chimiques en agriculture.
Manger ces produits bruts, cuisinés maison, permet de limiter également l’absorption d’additifs nocifs, de sucres et farines ultra-raffinés, difficiles à gérer par notre foie et nos intestins, qui s’accumulent dans nos liquides (sang et lymphe) et nos tissus, entraînant des dérèglements métaboliques (diabète, cholestérol, arthrite…), voire des maladies auto-immunes. Produits bruts, idéalement locaux, qui permettent d’éviter à des camions venus d’Espagne ou d’Europe de l’Est, des avions d’Asie ou d’Amérique latine d’acheminer ce qui terminera dans notre assiette, au prix d’une augmentation constante de la pollution atmosphérique.
Manger drastiquement moins de viande bien sûr (une ou deux fois par semaine suffisent !), parce que 1) notre corps n’en demande pas tant, au contraire, 2) l’élevage des « animaux de boucherie » est un fléau éthique et écologique maintes fois démontré : impact sur le climat, soja et maïs OGM produits à l’autre bout du monde pour nourrir les troupeaux, causant (entre autres…) la déforestation amazonienne, élevages concentrationnaires de poulets, de bœufs, de vaches laitières, de truies gestantes dans des conditions odieuses, entraînant des pollutions de tous ordres, un mal-être des éleveurs, des abatteurs et des consommateurs. Sans compter, 3), notre intoxication indirecte aux antibiotiques et hormones de synthèse, utilisés massivement pour que ces bêtes malades survivent assez longtemps pour être engraissées. Liste non-exhaustive.
Mes trucs de santé au naturel (Photo MH / SSV)
2 – Pratiquer une activité physique douce = alléger son empreinte sur la nature
Pour se maintenir en bonne santé, il faut bouger. L’air du temps est au grand écart entre sédentarité excessive (8 heures de bureau par jour et week-ends devant la télé…) et activités qui font grimper le cardio, endurance, efforts intenses, running et autres abonnements aux salles de sport. Objectif : compenser ses excès de table, se défouler, oublier ses frustrations professionnelles, son stress, ses déceptions amoureuses. Toucher ses limites, « se dépasser », battre l’autre. Or, ce type de pratique, contraire à la « voie du milieu » des cultures orientales, use prématurément le corps à chaque foulée, pompe son énergie, qui ne sera plus disponible pour maintenir son équilibre et assurer son auto-réparation.
Pour augmenter son énergie vitale sur le long terme, oxygéner ses cellules en profondeur et travailler à l’équilibre de ses temps de vie, une multitude de solutions existe. Elles passent par des activités physiques douces, praticables à l’intérieur, mais, plus bénéfique encore, à l’extérieur, au contact de la nature. Parmi ces activités, on peut citer le yoga, la natation, le pilate, le Qi Qong ou le Tai Chi, les arts martiaux, le vélo, la randonnée…, qui activent et améliorent les fonctions du corps sans l’épuiser. Tout est affaire de dosage !
Sans compter la dimension écologique de la comparaison. Qui dit activités douces, dit respect de son corps et de la nature dans laquelle on va marcher, respirer, grimper, se ressourcer. Environnement et paysages que l’on prend soin de ne pas confondre avec de simples supports pour nos loisirs, comme le ski de piste et autres activités nécessitant des aménagements lourds. En tout, choisir la mesure et l’épanouissement de soi, plutôt que la négation de la nature et sa manipulation au profit de performances ou de sensations fortes éphémères.
3 – Se soigner avec la phyto-aromathérapie = stopper l’empoisonnement des eaux
Evidemment, en cas de maladies graves, les médecines conventionnelles, la chirurgie, les médicaments chimiques sauvent des vies. Mais au quotidien, quand on respecte les lois de la santé, un bon sommeil (au moins 7 heures par nuit), une alimentation largement végétales et bio, une gestion du stress adaptée, un rythme de vie proche de ses aspirations, les petits bobos (coupures, piqûres, douleurs…) ou les manifestations de lutte de l’organisme pour retrouver l’équilibre (acné, fièvre, problèmes de transit…) peuvent être gérés avec le soutien de la phytothérapie (remèdes à base de plantes) ou de l’aromathérapie (huiles essentielles), ou à l’aide de techniques simples comme l’hygiène nasale, les bains chauds ou froids, le repos, les massages, les diètes…
Prendre soin de soi et de sa famille de cette façon, accompagné dans ses premiers pas par un naturopathe, un médecin généraliste ou un pédiatre sensible à ces questions, un homéopathe, ostéopathe ou acupuncteur, c’est également protéger la planète des atteintes chimiques dont elle est aujourd’hui massivement victime, et nous avec. Antibio-résistance chez les personnes souvent médiquées, maladies iatrogènes (du fait des médicaments ou des vaccins), mais aussi empoisonnement des eaux de surface (et du robinet) par la présence de médicaments aux molécules trop fines pour être filtrées par les usines de traitement des eaux usées…, cette conjonction d’effets nuisibles de la surmédication doit nous inciter à limiter au maximum le recours aux produits pharmaceutiques en première intention.
4 – Privilégier produits ménagers et matières naturelles = préserver la qualité de l’air intérieur
Dans les produits ménagers du commerce, mais aussi dans les meubles en contreplaqué, les vêtements, le linge de maison, les jouets… des produits chimiques, colles, fibres synthétiques, nanomatériaux, concourent à polluer l’air de nos maisons, voire à empoisonner nos enfants à naître. C’est ce que révèle un documentaire d’Arte à visionner actuellement, intitulé « Demain, tous crétins ? ». De nombreux ouvrages ont été publiés sur le même thème ces dernières années, notamment sur les perturbateurs endocriniens, ces molécules qui ressemblent à nos hormones et que nos corps confondent avec elles, entraînant autisme, hyperactivité ou infertilité.
Comment s’en protéger (en partie) ? Une chance, de façon 100% écologique ! La solution est avant tout de supprimer de votre maison tous les produits ménagers industriels. Vous pouvez tout remplacer ou presque (le reste, on s’en passe très bien) par quelques produits naturels, dont je vous parlais il y a quelques mois : savon de Marseille et bicarbonate de soude pour la lessive ou la vaisselle, vinaigre blanc ou savon noir pour les surfaces et les sols, aloe vera (la plante grasse sur la photo ci-dessus) pour le corps, les piqûres, les cheveux…
Pour le mobilier ou le linge, adoptez la simplicité ! Des produits de qualité, idéalement français (un peu de patriotisme économique est écologique, qui allie proximité de la production et emploi industriel ou artisanal dans de bonnes conditions sociales), et surtout en quantité réduite. Pas besoin d’avoir 25 robes dans son placard, surtout si elles sont en synthétique et confectionnées par des femmes et des enfants pressurés à l’autre bout du monde !
5 – Pensée positive et méditation = sortir de la pulsion de mort du capitalisme
Et puis il y a l’hygiène de l’esprit, le nôtre et celui de nos enfants, celle qui nécessite de changer nos modes de pensée et de comportement, de couper avec notre intellect analytique aliénant, d’apprendre à faire le vide pour mieux accueillir la vie en soi (oui, oui). Ce sont toutes les techniques de développement personnel que j’évoquais ailleurs, les séances de méditation de pleine conscience guidées par un initié (par exemple Mindfulway à Strasbourg), la découverte de philosophies ou spiritualités faites d’introspection, d’amour de soi-même et des autres.
Pour moi, cette quête est écologique par sa sobriété, en ce qu’elle s’effectue en soi et non en dehors de soi. Dans notre société, la réponse à nos difficultés existentielles est souvent recherchée à l’extérieur de soi : marché de l’emploi, consommation de biens et de loisirs, écrasement de l’autre par la compétitivité, pillage des ressources naturelles pour plus de « croissance », véritable pulsion de mort inhérente au capitalisme. Ce n’est pas de moi, loin s’en faut, mais de Bernard Maris, brillant (anti-)économiste dont j’aimais tant lire les chroniques dans Charlie Hebdo.
Cette hygiène de l’esprit commence par des petits défis que l’on se lance dans notre quotidien. Pour mon époux et moi, ces dernières semaines, la gageure consiste à passer des journées sans critiquer, râler ni se plaindre… Chiche ?
Du 10 au 24 novembre a lieu à Strasbourg le festival Jazzdor. Parmi la quarantaine de concerts qui investissent divers lieux de la ville, notons la création du collectif OH! : Smoke And Mirrors par le Dream Weapon Orchestra. Lever de rideau jeudi 23 novembre au CSC du Fossé des Treize.
Le festival Jazzdor anime la grisaille strasbourgeoise tous les mois de novembre depuis sa création, en 1986. La ligne directrice ? Proposer une multitude de concerts de jazz, en privilégiant les musiciens qui osent, testent, et ne cèdent rien à l’exigence. Un mot-clé ? La création. Les artistes français et internationaux s’installent un peu partout en ville dans des formations étoffées ou très simples. Médiathèque, galerie d’art, salle de spectacles et même restaurant universitaire… Chacun est invité pour des rencontres souvent inattendues et toujours d’excellente qualité.
Collectif OH! : une multitude de projets
Cette année, au milieu d’une programmation riche, la pièce des musiciens strasbourgeois du Collectif OH! est très attendue. Ce collectif est né de la rencontre entre plusieurs musiciens strasbourgeois de talent et issus d’horizons divers. Citons par exemple Eli Finberg qui officie dans Freez, projet hybride de jazz et hip-hop, dans lequel il pose son flow américain, le pianiste Christophe Imbs et la chanteuse Christine Clément, membres de Polaroid3, qui oscille entre jazz et trip-pop (et dont Rue89 Strasbourg a déjà parlé).
Francesco Rees est aussi batteur dans une formation rock, Wunderklub, après des études de jazz. Tous sont des musiciens expérimentés, aux multiples projets et finalement trop rares à Strasbourg. Dream Weapon Orchestra, le grand ensemble qui résulte du mélange de toutes ces influences, porte bien son nom.
Dream Weapon Orchestra (Photo Adrien Berthet)
Et c’est ce Dream Weapon Orchestra qui, pendant une semaine le mois dernier, a élu domicile à l’Espace Django Reinhardt pour une résidence de création. Le résultat est un spectacle nommé Smoke And Mirrors, qui sera dévoilé au CSC Fossé des Treize jeudi 23 novembre, dès 20h30. Les teasers dévoilés dernièrement laissent entendre la description donnée par le festival : « une immersion dans un paysage singulier où les rêves se côtoient avec allégresse et fracas ».
Troisième teaser de Smoke And Mirrors, par The Dream Weapon Orchestra (vidéo Collectif OH! : Youtube)
Jazz & hip-hop & rock & …
L’ensemble nous fait penser aux meilleures heures d’un dEUS ou aux actuelles heures de TaxiWars, projets belges qui eux aussi sont construits sur la base de la rencontre entre le jazz et les autres musiques actuelles telles que le rock ou le hip-hop. Une manière de décloisonner et de faire découvrir peut-être un genre musical trop souvent considéré comme élitiste. Une manière aussi, par la façon et par le résultat, de montrer que Coltrane avait raison de dire que le jazz contenait de la fraternité. Ne reste plus qu’à rejoindre le collectif OH! dans ce grand élan.