Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Jeune et créative, Radio Rhino doit tuer le père

Jeune et créative, Radio Rhino doit tuer le père

Nouvelle venue dans le paysage radiophonique strasbourgeois, Radio Rhino sera inaugurée sur le web le 1er octobre. Elle veut incarner une alternative de parole libre et créative, proche de l’esprit Radio Campus. Issue du milieu strasbourgeois de la création sonore, elle a indirectement bénéficié du soutien du directeur de Radio en Construction, Thierry Danet.

Jérémie Wojtowicz, s’apprête à lancer le 1er octobre une nouvelle radio sur le web à Strasbourg, Radio Rhino. Le jeune homme de 23 ans et une dizaine de ses amis veulent explorer « le potentiel de subjectivit . . .

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#Jérémie Wojtowicz

Mardi, quelques trams et bus de la CTS en moins

Mardi, quelques trams et bus de la CTS en moins

Dans le cadre du mouvement national de protestation contre les ordonnances réformant le Code du travail, un préavis de grève a été déposé à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) par la CGT. Selon la CTS, cette grève n’aura que de faibles conséquences sur le trafic des tramways et des bus à Strasbourg.

Selon un recensement des personnels grévistes, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) prévoit que le trafic des bus et trams sera perturbé mardi 12 septembre à Strasbourg, dans le cadre du mouvement social contre les ordonnances réformant le Code du travail (voir le trajet de la manifestation). Les horaires et les fréquences des tramways ne sont que peu modifiés mais certains bus ont été supprimés. Le trafic reprendre à la normale dès mercredi.

Les lignes de tram A, B, C et D aux fréquences et horaires habituels

    Les lignes de tram A, B, C et D circuleront selon l’amplitude, les horaires et fréquences habituels. La ligne E circulera sur son amplitude habituelle mais selon une fréquence réduite : 1 tram toutes les 16 minutes environ. La ligne F ne circulera pas (le terminus Place d’Islande ne sera pas desservi, les autres arrêts de la ligne F sont desservis par les lignes de tram B et/ou C).
La fréquence des bus, et notamment celle des bus de la ligne G, sera abaissée mardi (Photo Moovit App)
La fréquence des bus, et notamment celle des bus de la ligne G, sera abaissée mardi (Photo Moovit App)

Des fréquences de bus moins élevée

Les services bus seront assurés aux horaires normaux mais la fréquence des lignes suivantes est affectée :
    Ligne G : Un bus toutes les 8 à 10 minutes environ. Lignes L1 et 2 : Un bus toutes les 8 à 12 minutes environ. Ligne 4 : Un bus toutes les 8 à 12 minutes environ entre Capucins et Hoenheim Gare. Desserte de Wolfisheim Stade, Poteries et Reichstett Mairie toutes les 16 à 24 minutes environ. Ligne 6 : Un bus toutes les 10 à 15 minutes environ entre Pont Phario et Marc Seguin. Desserte de Hoenheim Cigognes, Niederhausbergen et ZAC des Maréchaux toutes les 40 à 50 minutes environ. Ligne 10 : Un bus toutes 20 minutes environ, uniquement dans le sens Gare – Place de Pierre – Gallia – Musée d’Art Moderne – Gare. Lignes 12 et 22 : Un bus toutes les 40 minutes environ. Ligne 13 : Un bus toutes les 20 minutes environ. Lignes 14 / 24 : Un bus toutes les 12 à 15 minutes environ entre Ancienne Douane et Kibitzenau. Desserte de La Rochelle et de Neuhof Stéphanie toutes les 25 à 30 minutes environ. Lignes 15a : Un bus toutes les 40 minutes environ. Lignes 17 et 19 : Un bus toutes les 20 minutes environ. Ligne 29 : Un bus toutes les 25 minutes environ. Ligne 30 : Un bus toutes les 15 à 20 minutes environ. Ligne 40 : Un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 50/50a : Un bus toutes les 20 minutes environ entre Montagne Verte et Maison Rouge. Desserte de Wacken et Schiltigheim Le Marais toutes les 40 minutes environ. Lignes 57 et 67 : Un bus toutes les 30 à 45 minutes environ. Ligne 70 : Un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 71 : Un bus toutes les 50 minutes environ entre 6h et 20h (circuit 4 communes). Ligne 72 : 4 départs assurés depuis La Wantzenau le Golf à 7h10, 8h50, 13h37, 18h20 et 4 départs depuis République à 7h59, 12h45, 17h23, 19h00. Service Flex’hop assuré sur les 8 départs habituels. Les lignes 27, 31, 62, 63 et les navettes Robertsau, Entzheim, Holtzheim, Illkirch- Lingolsheim, Kolbsheim/Hangenbieten circulent normalement selon les fréquences et horaires habituels. Les services taxibus seront assurés aux horaires habituels.
Les lignes de car de la CTBR (Compagnie des Transports du Bas-Rhin) circulent normalement.

Pourquoi Strasbourg est-elle la seule ville étudiante sans Radio Campus

Pourquoi Strasbourg est-elle la seule ville étudiante sans Radio Campus

Parmi les 10 plus grandes villes étudiantes en France, Strasbourg est la seule à ne pas avoir de radio universitaire. Radio en Construction qui occupait cette place a peu à peu délaissé la vie étudiante. Des alternatives ont vu le jour, bien qu’elles se confrontent au nombre limité de fréquences FM disponibles.

En 1995, Radio Campus Strasbourg devient Radio en Construction (REC) sur la fréquence 90.7 FM. Puis la ligne éditoriale de la évolue vers un propos plus général autour de la question de la ville. Depuis, Strasbourg, 9è ville étudiante de France en terme de nombre d’étudiants, est la seule à ne pas proposer de canal d’expression radiophonique réservé aux jeunes. Dans les 20 principales villes étudiantes, une antenne campus est présente (sauf à Nice mais la ville elle compte 15 000 étudiants de moins).

Une radio à part dans le réseau Radio Campus

Radio En Construction partage sa fréquence avec Arc-en-Ciel, une station chrétienne, et émet de 14h et 2h du matin. Avec sa programmation musicale pointue, ponctuée de quelques créations audio (interviews, reportages, fictions) de six minutes maximum, hors du temps et affranchies de tout propos journalistique, la radio associative est atypique dans le paysage radiophonique local. À sa tête, un homme bien connu du milieu culturel strasbourgeois puisqu’il dirige aussi la salle de concerts de la Laiterie et le festival de l’Ososphère : Thierry Danet.

Le directeur d’antenne participe à l’expérience Radio Campus Strasbourg depuis 1989. L’association, elle, existe depuis 1983, à l’initiative de quelques étudiants de l’IUT de communication d’Illkirch-Graffenstaden. Selon Thierry Danet, cette radio n’a jamais été l’équivalent d’autres Radios Campus car elle n’est pas passée par l’illégalité et n’a jamais eu à se battre pour exister.

Il explique le changement d’identité de 1995 par un intérêt pour « l’idée de construction de soi et du monde » :

« Il fallait passer d’émissions de niche à un programme général, avec une ligne éditoriale transversale ».

À la même époque, « Campus FM » est l’une des six radios à l’initiative de la création du réseau Radio Campus France. Aujourd’hui, 29 radios associatives s’y regroupent pour échanger leurs expériences, mais aussi développer des partenariats, créer certains programmes en commun et bénéficier de conseils sur les questions juridiques, économiques… Radio En Construction en fait toujours partie mais sa ligne anticonformiste l’éloigne de la « philosophie Campus ».

Une Radio Campus sans étudiants ?

Pour Nicolas Horber, délégué général de Radio Campus France, « l’impulsion étudiante » est normalement primordiale :

« Les programmes traitent entre autres de la vie étudiante, de la recherche, de l’enseignement. Mais ce n’est pas seulement des étudiants, c’est des jeunes et des plus vieux. »

Il ajoute qu’une Radio Campus doit « ouvrir aux jeunes la possibilité de parole » et qu’elle est « la possibilité d’une voix libre ». Ce qui est assez peu le cas sur Radio en Construction.

Radio Campus Strasbourg est devenu Radio en Construction en 1995.

Il y a bien quelques étudiants dans la petite dizaine de bénévoles de Radio En Construction. Cela en fait-il une Radio Campus pour autant ? « Non » répond sans hésiter Nicolas Horber. Il connaît la situation puisqu’il vient de Mulhouse et a participé à la webradio WNE (ancêtre de MNE, Radio Campus de Mulhouse). Il a aussi collaboré avec Radio En Construction et Thierry Danet, avant qu’une trop grande divergence d’opinion ne s’installe entre eux.

Nicolas Horber ne voit pas « un projet suffisamment politique » chez Radio En Construction et pense que la station « a du mal à réaliser ses projets », alors que, dit-il « le super-entrepreneur de la culture strasbourgeois aurait largement le pouvoir d’en faire quelque chose d’exceptionnel. » Bien qu’il salue la qualité de la programmation musicale de la station, Nicolas Horber remarque que Radio En Construction sort du lot dans cette fédération.

Divergences au sein de la fédération

Les personnes interrogées peinent à justifier la place de Radio En Construction dans le réseau. Les représentants de la station ne se sont pas rendus aux assemblées générale de Radio Campus France ces dernières années. C’est aussi l’une des seules stations à ne pas diffuser Europhonica, une émission produite en commun par toutes les Radios Campus. Ce programme traite des problématiques européennes. Il est enregistré tous les mois à… Strasbourg.

Thierry Danet le reconnaît, diffuser cette émission « pèterait » son format particulier. Il « revendique presque » la différence de Radio En Construction. Selon lui, « chacun devrait sortir du lot et ne pas être le duplicata d’un modèle. » Sa vision s’inscrit dans une démarche plus artistique, à la recherche « d’une singularité qui soit d’ici », de la parole des autres et d’un rôle à occuper « dans la fabrique de la ville. » Cela n’empêche pas Strasbourg de proposer ses créations ou de diffuser les productions d’autres radios du réseau.

Bien que la radio bénéficie d’une faible notoriété chez les étudiants strasbourgeois, le directeur d’antenne revendique un lien avec l’université, citant par exemple la participation à l’événement Jardin d’Hiver. Cette installation temporaire sur le campus a eu lieu en novembre 2015 et était organisée par l’Ososphère, comme c’est le cas pour de nombreux événements couverts par Radio en Construction. Depuis, les deux salariés ont produit quelques contenus en partenariat avec le Jardin des sciences de l’université et le Service universitaire pour l’action culturelle.

Radio En Construction organise des plateaux en extérieur comme ici à l’Ososphère en 2012. A gauche, Thierry Danet (Manon Kaupp / REC)

Le directeur d’antenne admet sa frustration de ne pas réussir mettre en valeur les savoirs du campus et vouloir « creuser des liens de fixation avec l’université ». Thierry Danet se dit aussi prêt à plus souvent « casser le format », pour faire plus de place aux « .radio », des émissions diffusées en direct depuis des événements. C’est l’expérience qui avait été menée au dernier festival de l’Ososphère (dont il est le directeur) qui le laisse penser que c’est une bonne idée. Il aimerait enfin ouvrir d’avantage l’antenne à des gens qui ne font pas de radio.

L’alternative RBS

À Strasbourg, cinq radios associatives se faufilent entre les stations publiques, commerciales ou allemandes : Radio en Construction, RBS (radio « urbaine »), Accent 4 (musique classique), ainsi que Judaïca et Arc-en-Ciel (radios communautaires religieuses). Dans ce paysage, RBS semblait être la seule alternative pour une libre expression étudiante pendant une quinzaine d’années, au début des années 2000.

RBS est l’héritière d’une radio pirate née à la fin des années 1970. Ce repaire de militants de gauche, anti-nucléaires et pour le droit de vote des étrangers diffusait des cassettes depuis une camionnette en haut du Mont Sainte-Odile. Avec l’arrivée des radios libres en 1981, RBS se fonde en association et devient légale. Elle prend un tournant musical rap, r’n’b et electro dans les années 1990 et affirme son ancrage multiculturel en accueillant plusieurs émissions de résidents étrangers. Des jeunes font partie de l’équipe, mais aucune émission étudiante n’est créée.

L’actuel directeur d’antenne, Stéphane Bossler, explique :

« Le directeur d’antenne de l’époque considérait que les étudiants étaient des moutons et que ceux qui s’intéressaient vraiment à ce que RBS proposait viendraient par eux-mêmes. »

Lorsqu’il arrive sur la station, Stéphane Bossler fonde le premier programme fait par des étudiants pour les étudiants. C’est une émission quotidienne qui revient sur l’actualité, les résultats sportifs universitaires ou les soirées à ne pas manquer. Mais « ça ne prend pas. » L’émission est adaptée dans un format plus politique pendant deux ans, jusqu’à être arrêtée car les mêmes syndicats et mutuelles « trustent » toujours le programme, selon Stéphane Bossler.

RBS émet depuis le début des années 1980 mais n’a accueilli que très peu d’émissions étudiantes (Christophe Stempfer / Doc remis)

Ces dernières années, des étudiants de l’Ecole de journalisme (Cuej) ou de l’Institut d’études politiques (IEP) ont animé des émissions, mais les thématiques traitées n’étaient pas spécifiquement étudiantes ou ne concernait que certaines filières. « Les préoccupations ne sont pas les mêmes en IUT, à l’Université ou en école », explique Stéphane Bossler. RBS ne les a pas reconduites. Plusieurs chroniqueurs des émissions du matin ou du début de soirée sont en revanche des étudiants.

Un manque de conscience étudiante ?

Le problème principal selon Stéphane Bossler, c’est qu’il n’y a pas de « conscience étudiante » en France comme il peut y en avoir aux États-Unis :

« Moi j’avais ce modèle américain en tête. Mais ici ça ne marche pas comme ça. Ça fonctionne plutôt par fac ou par filière ».

Un avis que rejoint Thierry Danet :

« Il y avait ce fantasme des campus à l’américaine avec des radios très puissantes, mais ce n’est pas adapté à ce qu’est un campus ici. Notamment à Strasbourg ou le campus est comme un grand parc public en plein milieu de la ville. Et puis quand on est étudiant, on ne veut pas être ramené au fait d’être étudiant. »

Du côté du réseau des Radio Campus, Nicolas Horber ne semble pas convaincu par cet argument : « il suffit de voir ailleurs en France les nombreuses stations très dynamiques et animées par des étudiants ».

Pour Jérémie Wojtowicz, fondateur de Radio Rhino, une nouvelle radio en ligne issue de l’underground strasbourgeois et de l’imagination de jeunes créatifs, la raison est à chercher ailleurs. RBS n’avait pas forcément vocation à accueillir des émissions étudiantes vu sa grille des programmes « déjà bien remplie et relativement rigide ». À cause de la cotisation annuelle qu’elle demande aussi : 350€ pour une association.

Radio Rhino veut faire sa place sur le web

Le 1er octobre, cette alternative va tenter de rajeunir le genre, loin des querelles hertziennes. À 23 ans, Jérémie Wojtowicz est l’un des radiophiles les plus avertis de Strasbourg. Passé par Radio en Construction ou MNE, il reste attaché au réseau Radio Campus France. Cela fait plus d’un an qu’il travaille avec des amis sur un nouveau projet : Radio Rhino. Nicolas Horber s’enthousiasme pour le projet :

« Ca promet ! C’est un des dossiers les plus originaux que j’ai lu ces dernières années. Même si ça peut être un peu farfelu, c’est un projet qui interroge les propositions médiatiques classiques et propose de nouveaux formats. »

Cette webradio revendique une grande liberté. Jérémie Wojtowicz note que les « Radios libres » ont déserté la FM pour trouver un nouveau coin de paradis sur internet. Rhino sera innovante en son genre : pas de flux continu, mais des plages de direct, avec une offre de podcasts. Au niveau du contenu, l’équipe proposera notamment des mix de musiques plutôt alternatives et locales, des émissions d’actualité sociales et politiques, des documentaires, des fictions audio. On semble entrevoir l’influence Radio Campus. Jusqu’à remplacer Radio en Construction dans la fédération de radios étudiantes ? Rien n’est écrit (voir notre article édition abonnés).

Radio Rhino revendique sa liberté de parole (Aniramsky)

Le manque de fréquences FM et l’espoir numérique

La non-émergence d’une radio étudiante ces vingt dernières années s’explique peut-être par des arguments techniques : la rareté des fréquences disponibles dans la région. La situation géographique frontalière implique en effet un partage entre l’Allemagne et la France des fréquences disponibles. Or la bande FM est loin d’être extensible. « Dans les autres villes de l’envergure de Strasbourg, il y a bien plus de radios associatives » note Stéphane Bossler. Les responsables de Radio En Construction déplorent d’ailleurs le fait de n’avoir qu’une demi-fréquence. Nicolas Horber connaît la problème mais est persuadé que « le découpage hertzien pourrait être affiné ».

Radio Campus France produit Europhonica, une émission mensuelle enregistrée au Parlement européen de Strasbourg. (Doc remis)

A l’heure actuelle, ce n’est pas ce qui est envisagé puisque les émissions radio devraient à terme être numérisées. Cela pourrait être une petite révolution radiophonique et permettre à un nombre bien plus important de stations d’émettre. Nicolas Horber du réseau Radio Campus se bat pour la création de nouvelles radios et suit de près les avancements de la Radio Numérique Terrestre (RNT). Il regrette que les délais soient toujours repoussés, alors que cette technologie existe en Norvège, en Suisse ou au Royaume-Uni.

Stéphane Bossler confirme que cela fait une dizaine d’année qu’ils travaillent sur le sujet mais qu’il n’y a pas de volonté politique et que les grandes radios commerciales ralentissent le processus. Elles n’ont pas intérêt à s’ouvrir à la concurrence et misent sur les applications pour collecter plus d’informations sur leurs auditeurs. Face aux frais qu’elle devrait assumer seule, RBS ne se lancera finalement pas tout de suite sur la RNT.

En novembre 2016, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sélectionné une quarantaine de radios qu’il autorisera (peut-être…) à émettre sur la RNT à Strasbourg. C’est l’histoire de longues procédures qui devraient s’accélérer à la fin de cette année. Contacté, le CSA prévoit l’inauguration de la RNT à Strasbourg « au plus tôt début 2018 ». Cela permettrait à trois nouvelles radios associatives de faire leur entrée à Strasbourg : RCF Alsace (radio chrétienne), Euradio (radio européenne nantaise) et Azur FM (radio de proximité basée à Sélestat). Notons que Radio en Construction fait aussi partie de la sélection.

#Jérémie Wojtowicz#Radio en construction#Stéphane Bossler

Le Strasbourgeois Hervé Moritz élu à la tête des Jeunes européens de France

Le Strasbourgeois Hervé Moritz élu à la tête des Jeunes européens de France

Le Strasbourgeois Hervé Moritz est le nouveau président des Jeunes européens de France. Il a remporté l’élection de ce samedi 9 septembre à Rennes, qui l’opposait à Ingrid Bourgoin.
Cet enfant de Schiltigheim était déjà secrétaire général des Jeunes européens d’Alsace de 2012 à 2014, une des plus grandes et actives sections de France, notamment en raison des institutions européennes présentes à Strasbourg.
Les jeunes européens revendiquent 25 000 adhérents dans l’Europe entière. Cet étudiant est également président de l’Orchestre universitaire de Strasbourg.
Des engagements europ . . .
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#fédéralisme#Hervé Moritz#Jeunes Européens

« Saperlipopette », le restaurant vélo et DIY qui va sortir le Bar-Laiterie de l’abandon

« Saperlipopette », le restaurant vélo et DIY qui va sortir le Bar-Laiterie de l’abandon

En friche depuis 10 ans, le convoité Bar-Laiterie en face de la salle de concert du même nom va de nouveau être animé. La municipalité a retenu le projet de restaurant autour du vélo et du bricolage Saperlipopette. Six projet avaient candidaté.

Après 10 ans d’abandon, le bar en face de la laiterie va enfin revivre ! À l’été 2018, Saperlipopette ouvrira ses portes. « Un lieu de rencontre hybride, métissé de culture vélo » selon Alexis Amet, porteur du projet. L’endroit sera ouvert toute la journée. Matin, midi et soir, un café-cantine proposera des plats de saison. Le reste du temps un bar, un atelier réparation de vélos ainsi qu’une station de lavage seront proposés.

450 000 euros d’investissements pour remettre à neuf 400m²

Pour remettre en état les 400m² qu’offre le lieu, la ville va investir 450 000 euros. Les coûts liés à l’aménagement de l’activité de Saperlipopette reste cependant à sa charge. Les travaux commenceront en janvier prochain, pour une ouverture prévue à l’été 2018. Pour le moment, difficile de se représenter ce que l’endroit pourrait être. À cause notamment du trou béant qui se trouve au milieu de la pièce. Tout est à refaire, mais à terme la salle principale permettra d’accueillir entre 40 et 50 places assises. En été, le potentiel de la terrasse de 100m² sera également exploité.
Le bar de la laiterie est inoccupé depuis 10ans. Difficile de s’imaginer ce que sera l’endroit une fois remis à neuf. Photo: Manon Weibel/ Rue89 Strasbourg

Un endroit pour les adeptes du vélo… mais pas que

« On fait le pari de s’installer dans un quartier qui n’a pas forcément bonne presse » admet Alexis Amat. Sous-ensemble de la gare, le quartier Laiterie est ce qu’on appelle un Quartier prioritaire de la ville (QPV), en raison des difficultés sociales concentrées dans un petit périmètre. Le but du projet est de créer un lieu de rencontres entre plusieurs publics. Différents ateliers seront proposés, comme par exemple des cours de vélo pour adultes, de l’auto-réparation ou encore des ateliers bricolages et des jeux pour enfants. Le lieu sera tourné vers la culture du « faire soi-même » (do it yourself, DIY, en anglais). « Le vélo ne vous intéresse pas c’est pas grave, on vous accueillera à bras ouverts », promet Alexis Amet. Le Saperlipopette proposera notamment des plages d’occupation des lieux pour les associations qui en font la demande et surtout un café cantine et un bar.
Le bar-laiterie devrait ressembler à ça (visualisation par Julien Stiévenard)

Une restauration inspirée des bars lait polonais

Côté cuisine, la société Côté Cour apportera son soutien pour la gestion de la partie bar-restaurant. L’idée est de reprendre le concept des bars à lait polonais, bar mleczny, qui datent du XIXème siècle. Ces endroits accueillaient sans distinction de classe sociale, ni d’âges, les personnes souhaitant trouver un lieu convivial dans lequel déguster une nourriture saine à des prix abordables. Dans cette idée, la carte du Saperlipopette sera courte mais proposera des plats inspirés de la cuisine d’Europe centrale et orientale. Toujours avec des produits de saisons et issus de la production locale.
Alexis Amet, porteur du projet « Saperlipopette » au milieu de la futur « cantine à vélo »
Photo Manon Weibel/ Rue89 Strasbourg

L’association Strasbourg Curieux définitivement évincée…

Dès 2015, l’association Strasbourg Curieux insistait pour reprendre le bar de la laiterie. A l’époque, elle envisageait d’en faire une galerie associative ouverte le soir, avec une participation symbolique. Un sit-in avait été organisé à l’hiver par celle-ci pour plaider en faveur de la réouverture du lieu. En janvier 2016, elle avait également invité les Strasbourgeois à colorer des toiles devant le bar pour soutenir son projet de reprise. Malgré cette motivation ancienne, la Ville restait réticente à ce projet, pas convaincue par le modèle économique. Elle ne voulait pas verser de subvention d’exploitation ou devoir trouver quelqu’un d’autre si le concept ne prend pas, comme l’a rappelé le premier adjoint au maire Alain Fontanel (LREM) lors de l’annonce de la reprise des lieux par Saperlipopette. Si le projet a été retenu parmi 6 candidats, c’est parce que la mairie estime que c’est une structure pérenne qui va permettre de faire revivre le site sur le long terme.
#Bar de la laiterie

L’aéroport de Strasbourg investit dans le transport de produits pharmaceutiques

L’aéroport de Strasbourg investit dans le transport de produits pharmaceutiques

L’aéroport de Strasbourg cherche à diversifier ses sources de revenus. Soumis à une forte concurrence sur le trafic par ses homologues de Bâle-Mulhouse, Baden-Baden voire de Francfort, Zurich et Paris, il cherche à développer l’aviation d’affaires, l’immobilier d’affaires et le désormais le transport de marchandises.

Le site de l’Antenne, spécialisé dans le transport et la logistique nous apprend que l’aéroport va investir 1,5 millions d’euros dans des entrepôts de 500m² à température dirigée, pour le fret pharmaceutique. Si le service trouve un marché d’autres développements sont attendus. Huit hectares sont ainsi réservés dans le Plan local d’urbanisme de l’Eurométropole.

Il compte s’inspirer de l’aéroport de Bâle-Mulhouse dont le terminal cargo de 21 000m² à température dirigée tourne à plein régime depuis presque trois ans. Le service strasbourgeois doit être lancé en décembre. Plusieurs industries médicales sont localisées dans la vallée rhénane. Le transport aérien, en croissance et rapide, est l’un des modes les plus polluants.

Un nombre de passagers moins fort qu’imaginé

Cette nouvelle activité peut contrebalancer le trafic de passagers qui n’est pas à la hauteur des attentes d’il y a quelques années. L’année 2016 a vu 1 071 440 personnes passer les portiques de sécurité au départ ou à l’arrivée.

Au 31 juillet 2017, le nombre de passagers cumulés était de 649 528, soit 7% de plus que l’année précédente à la même date, mais loin des espoirs de 1,7 million de personnes à l’années annoncés en 2014 pour justifier les baisses des taxes financées par l’Eurométropole, La Région, le Département ainsi que la CCI du Bas-Rhin en place depuis 2012.

Lire l’article complet sur l’Antenne

« Le gel des contrats aidés, une attaque brutale contre les plus fragiles »

« Le gel des contrats aidés, une attaque brutale contre les plus fragiles »

Alors que le gouvernement annonce la non-reconduction de certains contrats aidés par l’État, les élus écologistes de Strasbourg estiment que cette la décision fragilise les associations, ainsi que les hommes et femmes qui en bénéficient.

Plusieurs élus et associations ont déposé un recours juridique contre le gel des emplois aidés décidé par le gouvernement. Élus écologistes Strasbourgeois, en responsabilité, nous soutenons ce recours contre le gel des contrats aidés, nous appelons nos collègues élus dans les collectivités, les députés strasbourgeois de toutes sensibilités à rejoindre ce mouvement, il en va de la cohésion sociale, de la survie du monde associatif et des personnes qui occupent ces emplois.

Décidé en plein mois d’août, le gel des contrats aidés est un coup dur porté d’une part aux collectivités territoriales et aux associations, d’autre part à l’insertion et à l’emploi. Ces contrats concernent tous les secteurs d’activités : sport, culture, petite enfance, handicap, éducation, santé, vieillissement, environnement… Leurs actions servent le bien commun au quotidien. Ces dispositifs visent la création d’emplois durables pour des activités porteuses de sens et d’avenir.

300 agents concernés à Strasbourg

À Strasbourg, la Ville et l’Eurométropole s’efforcent de maintenir un soutien important au secteur associatif, déjà déstabilisé par les baisses de subventions publiques, conséquence immédiate des baisses de dotations.

À Strasbourg et au sein de l’Eurométropole, des centaines d’emplois sont ainsi menacés, 300 agents bénéficient de ces contrats. 85 postes sont aujourd’hui en suspens dans la collectivité. Cela aura des conséquences sur le service public local, le fonctionnement des associations, et mettra à mal des publics déjà fragiles. C’est donc la cohésion sociale même de notre territoire qui est fragilisée.

Ils bénéficient aux plus fragiles

Ces contrats aidés sont destinés aux plus fragilisés par le chômage de masse : personnes éloignées de l’emploi depuis plusieurs années, sans qualification, jeunes des quartiers, personnes en situation de handicap… Contrairement à ce qu’affirme la Ministre du Travail, les emplois aidés sont plutôt efficaces en matière de retour à l’emploi pour les personnes qui en bénéficient.

Les contrats aidés sont pris en charge en partie par l’État, pour les associations et les collectivités locales (photo Public Domain / via Visual Hunt)

Avec un taux d’accès à l’emploi de 52 % dans le secteur non marchand pour les moins de 28 ans, ils dépassent de nombreux autres dispositifs d’insertion par le travail. C’est aussi le constat de la DARES (les statistiques du ministère du travail, ndlr), pour qui les emplois aidés ont donc un réel impact sur la dynamique de création d’emplois, notamment dans le secteur non marchand. Ces contrats aidés agissent comme un tremplin vers l’emploi pour des personnes qui en sont particulièrement éloignées.

L’autre argument avancé par le gouvernement est le coût supposé onéreux de ces contrats, de 7 000 à 10 000 euros par emploi, par an, mais qu’en est-il d’autres mesures telles que le CICE dont les impacts sur l’emploi ont été estimés à 100 000 créations de postes pour un budget de 17,2 milliards d’euros en 2014, soit 286 000 euros par emploi sans que ce dernier ne soit remis en question ?

Le sujet mérite une discussion de fond

Le gouvernement est en droit de revoir un dispositif largement perfectible, mais il ne peut pas agir seul et de façon aussi radicale. Combien de personnes vont être brutalement renvoyées au chômage du fait de cette décision dogmatique ?

Ce débat touche à la bonne gestion des deniers publics. Il mérite une discussion de fond sur l’emploi, les dispositifs d’insertion et l’avenir du service public. Les bénéficiaires et leurs employeurs ne doivent pas faire les frais de décisions brutales, qui mettent à mal les équilibres financiers et territoriaux, précipitant des publics déjà en difficulté dans le chômage, sans dispositions transitoires. Dans l’immédiat, nous l’espérons, ce référé-supension devra permettre de débloquer les renouvellements et embauches prévus pour la rentrée et l’automne, nous appelons les collectivités à se mobiliser contre ce projet.

Jeanne Barseghian, Jean Werlen, Abdelkarim Ramdane et Marie-Dominique Dreyssé
Co-présidents et présidentes des groupes d’élus écologistes à la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg

Mardi, syndicats et France Insoumise défilent contre la réforme du Code du travail

Mardi, syndicats et France Insoumise défilent contre la réforme du Code du travail

En réaction à la publication des ordonnances pour réformer le Code du travail, des manifestations sont organisées mardi 12 septembre dans toute la France à l’appel des syndicats CGT, FSU, CNT et Solidaires. La France Insoumise fera aussi partie du cortège. À Strasbourg, le cortège partira à 14h de la place Kléber.

La date était fixée depuis l’été, mais ce sera la première manifestation depuis la présentation par le gouvernement le 31 août des ordonnances visant à modifier le Code du travail. Quatre syndicats, la CGT, la FSU, la CNT et Solidaires, appellent à défiler partout en France contre cette réforme mardi 12 septembre. À Strasbourg, le rendez-vous est donné place Kléber à 14h.

Dans le viseur des syndicats il y a les ordonnances, mais pas seulement : les militants souhaitent que le Gouvernement revienne sur la loi El Khomri et sur le gel du point d’indice des fonctionnaires. Jacky Wagner, secrétaire départemental de la CGT dans le Bas-Rhin, est confiant sur la participation :

« Je pense que ça va bouger, on sent que les salariés se posent des questions sur ces réformes. Ils sont même inquiets. »

Les partisans de la France insoumise viendront grossir les rangs et tractent d’ores et déjà sur les marchés pour convaincre les Strasbourgeois de manifester. Ils organiseront cependant leur propre manifestation, à Paris le 23 septembre. Christine Kaïdi, ex-candidate de la France insoumise aux élections législatives à Strasbourg, remarque :

« Ce n’est pas parce que Jean-Luc Mélenchon n’en a pas parlé à Marseille que ce n’est pas clair depuis longtemps. Nous manifesterons le 12 septembre. Il y a un côté politique et un autre syndical, mais nous sommes unis dans les luttes qui concernent l’avenir de notre pays. »

En revanche, malgré des critiques, les syndicats CFDT et FO n’ont pas souhaité se joindre à l’appel à manifester. Mais pour Jacky Wagner, « ça n’empêchera pas la « base militante » des ces syndicats de prendre le dessus et d’être présente place Kléber le 12 septembre. » Quant au Parti Socialiste, il entretient une position ambigüe en soutenant « toutes les démarches de mobilisation » sans pour autant appeler à manifester. L’eurodéputé Emmanuel Maurel a en tous cas annoncé qu’il serait « dans la rue » à Strasbourg.

Le parcours de la manifestation

#Christine Kaïdi

À l’automne, des « assises citoyennes » pour rédiger des amendements Macron-compatibles

À l’automne, des « assises citoyennes » pour rédiger des amendements Macron-compatibles

C’était un engagement de campagne, le député Sylvain Waserman, sa suppléante Christel Kohler (LREM/Modem) et leur équipe vont organiser des « Assises citoyennes » à l’automne. Cet événement va notamment être financé par l’indemnité de représentation et frais de mandat (IRFM). Et oui,

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La fin des contrats aidés tétanise les petites associations

La fin des contrats aidés tétanise les petites associations

L’annonce subite du gel des contrats aidés paralyse les activités d’associations qui sont souvent déjà en difficulté, surtout dans les secteurs de l’éducation et médico-social. Elles dénoncent les dégâts humains d’une mesure prise trop vite. Plus de 8 500 personnes dépendent d’un contrat aidé en Alsace.

Il y a des rentrées plus difficiles que d’autres, mais pour certains, celle-ci démarre dans le chaos. Avec la baisse annoncée des contrats aidés (voir encadré) par le gouvernement à la fin de l’été, les structures qui y ont largement recours comme les collectivités locales, les écoles et les associations, sont montées au créneau. Alors quand on cumule les casquettes, c’est la double peine, comme en témoigne l’association ABCM qui gère dix écoles bilingues associatives réparties dans toute l’Alsace. Karine Sarbacher, présidente de l’association, raconte que sans ces contrats, cela va être très compliqué pour les postes périscolaires :
« C’est vraiment problématique pour les aides maternelles, qu’on embauchait par année scolaire. Sur notre site de Mulhouse, on a aussi deux agents d’entretien, et six animateurs et encadrants cantine et périscolaires. On ne sait pas si on va pouvoir les renouveler. Sur notre site de Lutterbach, on a dû mettre une animatrice sur un poste d’aide maternelle. Mais c’est vraiment provisoire, on ne peut pas continuer l’année comme ça. »
Elle redoute qu’il faille trouver des solutions drastiques :
« Peut-être qu’il nous faudra réunir tous les parents, augmenter considérablement les cotisations… »
De nombreux contrats aidés servent aux emplois d'accompagnement dans les écoles (Photo Heïdi Le Bourg / FlickR / cc)
De nombreux contrats aidés servent aux emplois d’accompagnement dans les écoles (Photo Heïdi Le Bourg / FlickR / cc)

8 500 contrats aidés en Alsace en 2017

C’est pendant l’été que le gouvernement a annoncé le gel de ces contrats, avant de parler d’une baisse l’année prochaine, mais en préservant certains secteurs : le sanitaire et social, l’outre-mer et l’accompagnement des enfants handicapés. Alors qu’en 2016, 459 000 contrats aidés ont été signés, 280 000 étaient prévus pour l’année 2017, dont un peu moins de la moitié dans les associations. Or les deux tiers de cette enveloppe ont déjà été engagés lors des deux premiers trimestres de 2017. En 2018, le nombre de ces emplois devraient chuter à moins de 200 000. D’après la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi), l’Alsace enregistrait environ 10 000 emplois aidés au printemps 2016. Au printemps 2017, ils n’étaient plus que 8 500. Dans le Grand Est, le Bas-Rhin est le deuxième département le plus concerné (près de 5 000 emplois en 2016) derrière la Moselle (plus de 6 000 emplois). À Strasbourg, entre 1500 et 1600 personnes seraient concernées.

Au moins 475 emplois menacés dans les associations

Dans un communiqué, Alsace Mouvement associatif a recensé « 106 emplois menacés dans les centres socio-culturels du Bas-Rhin, 25 pour les associations étudiantes regroupées au sein de l’AFGES – les étudiants d’Alsace, 119 emplois dans le secteur sportif au sein d’Archimène Profession Sports et loisirs Alsace, plus de 190 emplois parmi les associations de solidarité membres l’URIOPSS et 37 dans les structures d’insertion par l’activité économique. Soit un total de près de 500 personnes. Si les associations doivent « bricoler », c’est que tout se fait dans l’urgence. Karine Sarbacher déplore le flou et les délais très courts qui ont entouré la décision du gouvernement :
“Ce n’est pas correct, on n’a pas été informés. Fin juillet, Pôle Emploi nous dit que le nombre de contrats aidés est gelé, mais que les renouvellements seront assurés. Début août, on apprend que tout est bloqué. Sauf qu’à ce moment-là, les budgets sont déjà établis. Tous les deux jours, je suis au téléphone avec Pôle Emploi. On nous dit que certains renouvellements pourront être accordés, mais en durcissant les critères. Certaines choses seraient débloquées pour l’éducation, mais uniquement pour l’éducation nationale. Bref, c’est l’incertitude.”

À Strasbourg, qui va faire traverser les enfants ?

C’est aussi dans le domaine de l’éducation et de la petite enfance que les collectivités locales sont mises en difficulté par cette annonce. À la Ville de Strasbourg, qui accueillait 283 salariés en contrats aidés en 2016, la perspective est à la baisse, comme l’indique la direction des ressources humaines de la collectivité :
« La Ville a embauché 110 personnes en contrat unique d’insertion d’accompagnement à l’emploi (CUI-CAE), qui ne sont affectées qu’aux domaines de l’éducation et la petite enfance : agents de restauration et d’entretien, aides concierges, agents de surveillance notamment pour les sorties d’école… Fin juin, notre effectif était de 91. Cet effectif ne diminuera qu’assez peu pour la rentrée scolaire car les services avaient pu anticiper les fins de contrat du 3ème trimestre avec Pôle Emploi puis le Département, mais il chuterait à environ 70 postes en fin d’année dans la perspective actuelle. »
Pour certains postes, la Ville de Strasbourg a pu limiter les dégâts, mais l’incertitude demeure pour la suite :
« 70 personnes étaient embauchées dans le cadre des CUI-CAE modulables du Département (contrats à temps partiel de 6 à 12 mois renouvelables jusqu’à 24 mois pour les bénéficiaires du RSA). Une quarantaine de postes devant être renouvelés ou créés pour la rentrée ont pu l’être au dernier moment. Ce sont essentiellement des postes qui permettent d’accompagner les enfants durant le temps de restauration scolaire. Nous espérons que la deuxième vague de recrutements au cours du dernier trimestre sera également possible. »

« Une perte massive de compétences »

En Alsace, certains secteurs sont plus particulièrement concernés : à côté du périscolaire et de l’animation, le secteur médico-social va devoir encaisser le choc, comme l’explique Catherine Humbert, du réseau URIOPSS (Union Nationale Interfédérale des Oeuvres Privées Sanitaires et Sociales) :
« Il y a au moins une centaine de contrats aidés dans les établissements sociaux et médico-sociaux en Alsace. Dans notre réseau, certaines associations ont une quinzaine ou une cinquantaine de contrats aidés, et plein de structures fonctionnent sur le rythme scolaire. C’est une perte massive de compétences. On voit aussi l’impact concret sur celles qui allaient recruter, et qui ne vont simplement plus le faire. »
Pour elle, c’est un obstacle supplémentaire pour un secteur qui a déjà du mal à garder la tête hors de l’eau :
« Cette histoire soulève un problème de fond, c’est la triple peine pour ce secteur : les associations ont déjà peu de subventions, les budgets sont serrés et elle font déjà face à une ouverture croissante à la concurrence. »

Les structures inégales face aux nouvelles dépenses

Toutes les associations ne sont pas logées à la même enseigne, car les plus grandes structures dépendent moins des contrats aidés. Jean Caramazana est directeur général de l’Abrapa, une importante association d’aide et service à la personne. Il ne s’inquiète pas pour le fonctionnement de son association :
« Nous sommes des professionnels, nous ne vivons pas grâce aux contrats aidés. Sur 3 000 salariés, nous en avons 60. Or, certains abusent de ce système. Aujourd’hui, si j’avais une baguette magique, je garderai les 60 employés, qui travaillent quasiment tous en maisons de retraite médicalisées. Ils rendent un service certain, mais s’il le faut, je me débrouillerai. »
Si la majorité de l’activité de son association ne dépend pas de ce dispositif, il s’inquiéte plus pour les employés eux-mêmes :
« Cela pose toujours problème pour ceux qui ont un emploi. 15% de ces emplois chez nous sont en CDI, donc ce serait dommage pour ces gens, pour qui, on le voit bien, c’est un tremplin, et surtout, un outil d’utilité sociale. »

Des contrats pourtant efficaces pour l’emploi

Si le gouvernement avance que le dispositif est inefficace, les associations sur le terrain réfutent ces accusations, comme l’explique Catherine Humbert de l’URIOPSS :
« Dans notre secteur, un contrat aidé sur deux débouche sur un emploi plus durable ou sur une formation qualifiante. Nous ne sommes pas des profiteurs. Nous savons bien que ces emplois coûtent, mais ils rapportent aussi de l’argent au territoire. »
L’association ABCM justifie aussi l’utilité de ces emplois, qu’elle dit accompagner au mieux, comme l’avance Karine Sarbacher :
« Il y a des entreprises qui ne font pas d’efforts de formation, mais nous, on a toujours formé le personnel, que ce soit au niveau des cantines ou des animateurs, dont on finançait le BAFA (un dplôme d’animateur, ndlr). Ces contrats sont bénéfiques. Nous avions un agent d’entretien qui avait été quatre ans au chômage et qui a pu reprendre confiance en lui. Après nous avoir quitté, il nous a annoncé avoir trouvé un CDI. Nous avons aussi trois animatrices qui ont trouvé un CDI à la fin de l’année scolaire. »
Elle veut rappeler que ces mesures ont des conséquences directes sur la vie des personnes concernées :
« Baisser le nombre de ces contrats fera augmenter le chômage. Il y a des personnes derrière ces chiffres, des gens en détresse qui attendaient d’être renouvelées. Certaines ne comprennent pas et nous demandent si on ne “veut plus d’elles”. Elles n’ont même pas été informées par Pôle Emploi. »

« Un vide sans solution de rechange »

Selon elle, il ne faut pas non plus oublier le caractère spécifique de ces contrats qui s’adressaient en grande partie aux jeunes et aux seniors :
« Pour nous, c’était un moyen d’engager des personnes plus âgées, car elles seules parlaient allemand ou alsacien. Et pour les personnes elles-même c’est angoissant, elles viennent nous voir, et nous disent “Qu’est-ce que je vais faire ?”, car à plus de 50 ans, elles savent qu’elles retrouveront difficilement un emploi. »
En fait, pour Catherine Humbert de l’URIOPSS, c’est une réforme faite à la va-vite, qui crée un vide sans solution de rechange :
« S’il n’y a rien pour remplacer tout cela, comment insérer des gens sans diplôme, éloignés de l’emploi, etc ? Les associations dans notre secteur n’ont pas les moyens d’intégrer des gens en apprentissage. Si l’Etat veut changer quelque chose, il doit mettre des moyens supplémentaires. Il faudrait plus de passerelles entre associations et secteur privé pour garder les gens en situation d’emploi. »
Le gouvernement, lui, reste inflexible et renvoie la balle aux préfets pour gérer les situations les plus délicates, afin de « favoriser la continuité des actions engagées. »
#Catherine Humbert#Karine Sarbacher

Nouveau député « En Marche », Sylvain Waserman, satisfait des premiers échanges avec Roland Ries

Nouveau député « En Marche », Sylvain Waserman, satisfait des premiers échanges avec Roland Ries

Député depuis le mois de juin à Strasbourg-sud, le député Sylvain Waserman (Modem / En Marche) a proposé un classique point de rentrée sur les dossiers politiques du moment. Les premiers pas des députés « En Marche », tous novices dans le Bas-Rhin, sont particulièrement scrutés. Plus qu’une simple alternance gauche/droite, ces parlementaires ont aussi été élus sur la promesse de « nouvelles pratiques ».
Rentrée avec le maire
Trois mois après l’élection de Sylvain Waserman et de ses . . .

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Bientôt à Strasbourg, un immense congélateur contre les punaises de lits

Bientôt à Strasbourg, un immense congélateur contre les punaises de lits

Elles sont de retour ! Elles grimpent, elles grattent, elles se promènent, elles démangent, elles aspirent le sang… Les punaises de lit ont pris leurs quartiers dans l’Eurométropole, comme dans d’autres villes du monde. Et une fois qu’elles sont bien implantées, impossible de s’en débarrasser. Il existe bien des produits ou même

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Deux médiathèques de Strasbourg invitent aux échanges contre l’industrie semencière

Deux médiathèques de Strasbourg invitent aux échanges contre l’industrie semencière

Les médiathèques de Neudorf à Strasbourg et de Lingolsheim proposent une grainothèque depuis le mois de juin. Il s’agit d’un lieu où échanger des semences, non-issues de l’agriculture industrielle et souvent interdites à la vente. Un acte plus militant qu’il n’y paraît.

Un futur alternatif s’écrit peut-être dans les médiathèques de Strasbourg. Le 17 juin, 70 personnes sont venues inaugurer la « grainothèque » de la médiathèque de Neudorf à Strasbourg. À l’initiative du projet, Christine Schott présente ce qui se résume à une petite étagère en bois, installée en plein milieu des livres. La bibliothécaire se fond dans la thématique avec son t-shirt vert fleuri.

Contre les graines de l’industrie semencière

Le principe qui avait rarement été expérimenté à Strasbourg est le suivant : il s’agit de proposer un sachet avec une dizaine de graines que l’on a récoltées soi-même et/ou d’en reprendre un. Lors de notre passage, une petite dizaine de sachets disponibles, essentiellement des fleurs, mais Christine Schott pense que la rentrée devrait accélérer les échanges. Ce service gratuit et ouvert à tous devrait à terme et « dans l’idéal » accueillir des graines cultivées, sans engrais ni pesticides, légales et surtout reproductibles. Ce dernier point n’est pas des moindres puisque les graines industrielles, issues du commerce ou de fruits et légumes achetés en supermarché sont « hybrides F1 » : elles ne produisent pas des graines viables. Cette technique de l’industrie semencière permet de croiser les variétés pour en obtenir de nouvelles, mais aussi d’assurer la vente de nouvelles semences chaque année.
Dans les grainothèques au mois d’août : beaucoup de fleurs, peu de fruits et légumes. (Rue89 Strasbourg)
Du côté de la médiathèque de Lingolsheim, où on expérimente déjà le principe d’échange de livres, la grainothèque est faite « uniquement en récup ». Fabien Wild, bibliothécaire mais aussi apiculteur, y a peint une abeille : un insecte « très important » si ce n’est essentiel dans la reproduction des plantes. L’employé gère la grainothèque dont il a été décidé qu’elle serait installée à l’entrée, pour être visible de tous et attiser la curiosité. « On sait que l’idée intéresse, parce qu’on doit remettre de la documentation régulièrement, » remarque-t-il. Une soixantaine de sachets auraient déjà circulé. De prime abord, il ne paraît pas évident de faire pousser des plantes en pleine ville. Le bibliothécaire assure qu’on peut planter sur son balcon ou même en intérieur. Les deux médiathèques ont la particularité d’être implantées dans des quartiers résidentiels, avec des pavillons comportant leur propres jardins. Citons aussi les jardins partagés qui fleurissent ici ou là dans Strasbourg. C’est l’association Graines de Troc qui a initié le mouvement en France en 2013. Depuis, elle a accompagné la mise en place d’environ 500 grainothèques en France selon son directeur, Sébastien Wittevert. Le nom est même entré dans le dictionnaire Hachette en 2016.

« Les gens viennent de plus en plus mais empruntent de moins en moins »

Avec ces échanges botaniques, les médiathèques élargissent leur public. Après la culture littéraire, cinématographique ou musicale, l’art contemporain même à Neudorf, voilà qu’on peut y entreprendre une culture agricole. Comme l’explique Frédérique Gérard, directrice de la médiathèque de Lingolsheim, le comportement des usagers change :
« Environ un Français sur deux fréquente une bibliothèque dans l’année. C’est un chiffre en augmentation : les gens viennent de plus en plus. En revanche, ils empruntent de moins en moins. Ils viennent pour les animations, pour accéder à internet, pour travailler… »
Selon la directrice, c’est l’objectif des médiathèques que de suivre les évolutions et attentes des publics. En ce qui concerne les grainothèques, l’idée vient d’un groupe Facebook qui met en relation les bibliothécaires de France.
La médiathèque Ouest (Lingolsheim) s’adapte à l’évolution de la société en proposant des ateliers informatiques ou jeu vidéo. (Photo Quentin Tenaud / Rue89 Strasbourg)
Tous les bibliothécaires rencontrés évoquent la « bibliothèque troisième lieu« , qui s’insère entre le lieu de travail et le domicile. Selon Frédérique Gérard, il s’agit d’accentuer l’aspect « rencontre, convivialité et partage » des bibliothèques. Et dans un lieu de rencontre citadin en 2017, on parle forcément de développement durable.

« L’échange de graines est un acte militant »

L’échange de graines s’inscrit dans le cadre du développement « raisonnable » (plutôt que « durable », reprend Fabien Wild). On retrouve ainsi sur le site de Graines de Troc quelques principes, proches d’un manifeste politique :
« Défendre ce que nos ancêtres nous ont transmis, défendre la biodiversité cultivée contre ceux qui confisquent le vivant et l’uniformisent à outrance. » « Les semences hybrides de l’industrie semencière constituent un véritable racket annuel des paysans et jardiniers. »
Fondateur de Graines de Troc, Sébastien Wittevert est convaincu de la nécessité de participer à l’entretien de la biodiversité, « contre les pratiques des entreprises semencières comme Monsanto ». C’est ainsi qu’il a quitté sa carrière d’informaticien dans la finance pour se consacrer à l’association. Il n’hésite pas à parler de l’échange de graines comme d’un acte militant. Il est vrai que la commercialisation des semences est extrêmement réglementée. Deux institutions, le Comité technique permanent de la Sélection et le Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés et des Semences (dont le ministère de l’agriculture fait partie), gèrent le « Catalogue officiel français des espèces et variétés potagères » depuis 1932. Toute variété doit y être inscrite pour être commercialisée. Ce catalogue a initialement été pensé pour « améliorer la productivité », « la compétitivité des filières » et « assurer la sécurité alimentaire ». Autant dire que cela revenait à sélectionner un nombre assez restreint de semences et n’allait pas forcément dans le sens d’une biodiversité plus large. Plusieurs organisations ont tenté de résister à l’Etat et à l’Union européenne en vendant des graines de variétés anciennes ou originales, jusqu’à être condamnées par la justice. A la médiathèque de Lingolsheim, l’inauguration de la grainothèque s’est faite dans le cadre d’un temps fort autour du développement durable et de la permaculture. Fabien Wild fait référence à un passé supposé plus en phase avec la nature : « il y a 100 ans, un trognon n’était pas jeté, c’était le futur substrat, c’était une valeur ! » Il voit dans l’échange de graines un moyen d’accéder à des semences qu’on ne trouve pas dans le commerce et un échappatoire au Catalogue et au « mouvement qui vise à privatiser le vivant. » Pour continuer dans cette dynamique, Frédérique Gérard et lui envisagent l’installation d’un bac à compost devant le bâtiment.

Risques de dépolitisation

Du côté de la médiathèque du Neudorf, la grainothèque est installée au milieu de la collection de livres « Vivre mieux ». Cette dernière est proposée aux publics depuis une dizaine d’années. On y trouve des livres sur l’habitation écologique, le développement durable mais aussi sur l’activité physique, le yoga, les médecines naturelles, ou la cuisine… Bref, toutes ces thématiques qui gravitent autour du « développement personnel ». Ce concept très en vogue depuis une vingtaine d’années vise plus à convaincre ses adeptes que leur réussite personnelle dépend d’eux-mêmes, qu’à promouvoir la vision globale d’une société écoresponsable.
Dans la médiathèque Neudorf, la grainothèque est installée au beau milieu des livres. Christine Schott en est à l’initiative. (Photo Quentin Tenaud / Rue89 Strasbourg)
Dépolitiserait-on les grainothèques en les diluant dans des thématiques génériques un peu « bobo » ? Sébastien Wittevert admet que ça peut être la conséquence de la « diversité des modes d’appréhension et d’utilisation de ce concept ». Mais quand bien même, certaines grainothèques se créent dans un esprit plus proche du Do it yourself, il est certain que cela permet de « gagner en autonomie et d’aller contre le système consumériste ». Les médiathèques veulent rester inscrites dans les villes et dans leur temps. Auparavant, on venait y emprunter Candide. Maintenant, on y vient pour appliquer ses conseils : « Il faut cultiver notre jardin ». Écologique, de préférence.
#Christine Schott#Fabien Wild#Frédérique Gérard#Médiathèque du Neudorf#médiathèque Ouest

Combattre le blues de la rentrée avec Thomas Schœffler Jr. à La Popartiserie

Combattre le blues de la rentrée avec Thomas Schœffler Jr. à La Popartiserie

C’est la rentrée et la première semaine de septembre est toujours difficile. Mais heureusement, la galerie strasbourgeoise La Popartiserie a programmé Thomas Schœffler Jr. ce samedi pour noyer le blues de la reprise.

Il a déjà présenté son dernier album, The Hunter, à Strasbourg en avril et c’était déjà à La Popartiserie, près de la Petite-France. Mais qui connaît Thomas Schœffler Jr. sait qu’aucun concert ne se ressemble, même enserrée dans le cadre contraignant de la galerie d’art. Par sa musique -un mélange inédit et inclassable de blues, country, rock, grunge et folk-, il ne lasse jamais.

Et même si les thèmes fétiches du musicien restent inchangés depuis ses débuts (« Jésus, les meufs qui m’ont quitté, et les prisonniers »), ses concerts varient au hasard des traits d’humour, des setlists, des réponses du public, mais sans jamais se départir de cette énergie contagieuse si caractéristique.

Thomas Schoeffler Jr en novembre 2016 (doc remis)

À l’Est, du nouveau

Ce concert, surtout, arrive à point nommé. Cette rentrée signe le retour de Thomas Schœffler Jr. à la maison, après un été passé sur les routes et pas n’importe lesquelles. Après quelques festivals en France, Thomas Schœffler Jr. s’est envolé pour la Chine au mois d’août. De Beijing à Schenzen, il a exporté son blues effréné en Asie et revient maintenant sa stomp box pleine de nouvelles expériences. Mais pourquoi la Chine ?

« Hé bien, quand une boite de prod’ qui s’occupe de faire tourner des artistes en Asie t’appelle, qu’elle te propose 15 jours à travers la Chine, tu réfléchis pas trop, tu dis oui ! C’est vrai que ça peut paraître décalé par rapport à ma musique mais dans des villes comme Pékin, Shanghai et plus encore dans le sud de la Chine, ils ont l’habitude de voir et d’écouter des artistes étrangers. Et puis même si beaucoup de gens qui venaient aux concerts ne s’y connaissaient pas en country-blues, ça a été l’occasion pour eux de découvrir un peu plus cette musique en live et, je l’espère, de l’apprécier. »

Nul doute que ce samedi sera ainsi l’occasion d’entendre quelques anecdotes de ce périple à l’Est, lui qui pourtant chante les grandes contrées de l’Ouest américain. L’occasion pour nous de voyager et peut-être prolonger par la pensée nos vacances d’été. Et oublier notre blues de la rentrée.

Après les pannes de l’hiver, des travaux sur le réseau de chaleur de l’Esplanade

Après les pannes de l’hiver, des travaux sur le réseau de chaleur de l’Esplanade

Trois pannes, dont une d’ampleur tout début janvier, 15 000 foyers privés de chauffage un après-midi ou plus par de températures négatives, une autre à l’Université le 25 janvier, puis boulevard d’Anvers le 26 janvier… Le réseau de chaleur de l’Esplanade, construit dans les années 60, a mal vécu l’hiver 2017.
Adjoint au maire de Strasbourg pour ce quartier, Olivier Bitz (PS à l’époque mais LREM depuis

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#RCUA#Réseau GDS

« Grâce aux ordonnances Macron, licencier n’aura jamais été aussi simple »

« Grâce aux ordonnances Macron, licencier n’aura jamais été aussi simple »

Avocat et enseignant en droit du travail, Antoine Bon analyse le projet d’ordonnance pour « la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail. » En rendant les licenciements plus simples et moins chers pour les entreprises, ce texte reporte sur les salariés les risques de l’exploitation de l’entreprise..

Le gouvernement vient de publier le projet de 5 ordonnances visant à réformer le dialogue social dans les entreprises. Au sein de ces ordonnances, l’une d’elle ne traite pas de ce sujet mais est consacrée à « la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail. » Sous ce titre trompeur, l’ordonnance prévoit de réformer substantiellement le régime du licenciement. Quel est donc ce nouveau régime qui va s’appliquer à l’ensemble des salariés du secteur privé sous contrats à durée indéterminée pour tous les licenciements notifiés à compter de son entrée en vigueur ?

Les indemnités encadrées même en cas de licenciements abusifs

Dans la législation actuelle, l’employeur ne peut mettre fin au contrat de travail de sa propre initiative sans pouvoir justifier d’un motif réel et suffisamment sérieux pour légitimer cette mesure. À défaut, le salarié peut saisir les prud’hommes afin de voir reconnaître le caractère abusif du licenciement et obtenir une indemnisation qui s’ajoutera à l’indemnisation légale ou conventionnelle due pour un licenciement légitime. La fixation de cette indemnisation obéit au principe de la réparation intégrale. Les juges doivent évaluer, en fonction des éléments apportés par le salariés, le préjudice réel causé par cette rupture sur sa situation personnelle. Le Code du travail ne limite ce pouvoir que par l’exigence que l’indemnisation soit au moins égal à 6 mois de salaire si le salarié présente une ancienneté d’au moins 2 ans dans son entreprise et que celle-ci comprenne plus de 10 salariés. La nouvelle ordonnance modifie radicalement ce système en instaurant un minimum et un maximum à l’indemnisation que pourra accorder le juge en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise (voir le tableau ci-dessous).
Ancienneté dans l’entreprise Indemnité minimum Indemnité minimum -11 salariés Indemnité maximale
0 Sans objet 0 1
1 1 0,5 2
2 3 0,5 3
3 3 1 4
4 3 1 5
5 3 1,5 6
6 3 1,5 7
7 3 2 8
8 3 2 8
9 3 2,5 9
10 3 2,5 10
11 3 3 10 ,5
12 3 3 11
13 3 3 11,5
14 3 3 12
15 3 3 13
16 3 3 13,5
17 3 3 14
18 3 3 14,5
19 3 3 15
20 3 3 15,5
21 3 3 16
22 3 3 16,5
23 3 3 17
24 3 3 17,5
25 3 3 18
26 3 3 18,5
27 3 3 19
28 3 3 19,5
29 3 3 20
30 et au-delà 3 3 20
Il convient de noter en premier lieu, que le minimum de 6 mois est réduit à 3 mois et qu’un minimum inférieur est instauré dans les petites entreprises. On notera ensuite que la proportionnalité des montants maximum n’est pas linéaire puisque celle-ci diminue à partir de 12 ans d’ancienneté et plafonne à 20 mois de salaire pour 29 ans d’ancienneté. En pratique on constatera que le salarié ne pourra espérer obtenir les 6 mois de salaires d’indemnisation qui lui étaient jusqu’ici garantis au bout de 2 années qu’à partir de la 6ème année d’ancienneté. Encore faut-il préciser qu’il ne s’agit plus d’un minimum mais d’un maximum. Ces 6 mois d’indemnisation ne deviennent la moyenne de ce que le salarié peut espérer obtenir qu’à compter de 12 ans d’ancienneté.

Les magistrats inquiets pour l’individualisation des préjudices

Les juges sont parallèlement encouragés à ne pas accorder les montants maximum prévus en tenant compte des montants déjà versés au salarié au titre de l’indemnité de licenciement proprement dite. Il n’est pas certain que les magistrats seront sensibles à cette suggestion, puisqu’un de leurs syndicats (l’USM) vient de publier une tribune pour se plaindre de ce qu’ils considèrent comme une atteinte au principe de réparation intégrale du préjudice et de son individualisation sous le contrôle du juge. Ce barème ne s’appliquera pas dans les cas où le salarié pourra prouver qu’en plus d’être dénuée de cause réelle et sérieuse, la mesure de licenciement est nulle car elle obéit à une volonté de harcèlement, d’atteinte à ses droits fondamentaux ou à l’exercice d’un mandat de représentation. Ces cas existaient déjà dans la législation actuelle, l’ordonnance prévoit cependant la réduction du minimum d’indemnisation qui leur était applicable qui passe de 12 mois à 6 mois de salaire. La sanction des licenciements abusifs est ainsi substantiellement adoucie pour les responsables d’entreprises. Il est donc probable que cette mesure aura pour effet d’encourager les licenciements abusifs et de décourager les salariés présentant une ancienneté inférieure à 10 ans de saisir les juridictions. Pour renforcer encore l’effet dissuasif de ces mesures contre le recours aux juridictions du travail, la prescription, qui avait déjà été réduite de 5 ans à 2 ans, est encore abaissée à 1 an.
Licenciements à Baerenthal en 2005 (Photo Do U Remember / FlickR / cc)
Licenciements à Baerenthal en 2005 (Photo Do U Remember / FlickR / cc)

Les licenciements légitimes plus difficiles à contester

La deuxième partie du texte vise à faciliter le licenciement légitime, c’est à dire celui qui repose sur une cause réelle et sérieuse. Il instaure une simplification du formalisme du licenciement. Un formulaire permettra une standardisation de l’acte notifiant le licenciement. Par ailleurs, les motifs du licenciements n’auront plus à figurer entièrement dans ce document qui pourra être complété par après si le salarié le sollicite. Le non-respect des procédures applicables ne sera en tout état de cause sanctionné que d’une indemnité plafonnée à un mois de salaire et ne sera plus considéré comme abusif (comme c’est notamment le cas en l’absence de consultation des représentants du personnel). Le motif du licenciement pour motif économique est élargi dans les groupes internationaux puisqu’il ne sera plus nécessaire que les difficultés économiques existent à l’échelle du groupe dans son ensemble mais uniquement sur le territoire français. Ainsi un groupe bénéficiaire sur le plan européen disposera d’un motif légitime pour rompre le contrat de ses salariés français si cette activité est déficitaire sur le territoire. De même pour les salariés inaptes, les groupes internationaux n’auront plus à chercher à reclasser les salariés dans leurs filiales à l’étranger. La seule mesure favorable aux salariés de cette réforme du licenciement est l’annonce de l’augmentation du montant de l’indemnité légale de licenciement. Elle ne figure cependant pas dans le texte même mais devrait faire l’objet d’un décret d’application à venir. Une fois adopté, ce nouveau régime du licenciement va faciliter les licenciements légitimes en les renchérissant légèrement et rendre substantiellement plus difficile leur contestation tout en diminuant drastiquement les indemnisations qui pourraient en résulter. Les employeurs ne manqueront pas de se féliciter de ces mesures, cependant que les salariés voient diminuer, à nouveau, les droits issus de leur contrat de travail.

La facilitation des licenciements, une mesure reconduite depuis 10 ans

Cette réforme parachève l’évolution observable depuis une dizaine d’année de la législation du licenciement. Initialement, la loi était considérée comme l’instrument de la défense du salarié, partie faible au contrat, contre l’employeur. Le Code du Travail était conçu comme un ensemble de règles visant à poser des gardes-fous à la volonté patronale et à protéger le salarié. La législation sur le licenciement devait garantir que seuls des motifs suffisamment graves autorisent l’employeur à priver le salarié de la source de ses revenus. Les sanctions encourues devaient être suffisamment dissuasives pour que l’employeur ne cède pas à la volonté de rompre le contrat de façon trop légère, mais qu’au contraire, le licenciement soit l’ultime mesure rendue nécessaire par la situation dans laquelle il se trouve. Il était admis que le salarié devait être le dernier à subir les risques de l’exploitation de l’entreprise et que seules ses propres fautes dans l’exécution du contrat de travail ou l’impossibilité économique pour l’entreprise de continuer à le rémunérer pouvaient justifier la rupture du contrat. Force est de constater que l’Etat agit désormais non pour protéger le salarié contre la rupture du contrat de travail mais pour protéger les entreprises contre les conséquences économiques que peuvent représenter les décisions de supprimer des emplois. Ces décisions sont désormais présumées légitimes et la législation entend protéger le droit des dirigeants à les mettre en oeuvre de façon simple et rapide tout en réduisant les possibilités pour les salariés de les contester. La question de la légitimité du motif de ces suppressions d’emploi s’estompe progressivement à mesure que croît la difficulté pour les salariés de soumettre cette question au juge et la limitation des conséquences de sa remise en cause. Antoine Bon Avocat, chargé d’enseignement en droit du licenciement