Du rock’n’roll, du boogie woogie, des disquaires, un marché des créateurs et plein d’autres trucs cool, c’est le Rockin’Rumble, festival organisé par les Three Devils Production !
Ce festival placé sous le signe du rockabilly se tiendra le samedi 2 septembre. Et c’est à la salle des fêtes d’Illkirch-Graffenstaden que ça se passe. Pourquoi là-bas ? Parce que c’est grand, déjà, et puis il y a un super parquet fait pour danser le boogie woogie ! L’année dernière, pour sa première édition, il avait rassemblé plus de 450 personnes dans une ambiance survoltée !
Ambiance sur le parvis
J’y avais été faire un tour d’ailleurs en septembre 2016. À peine sortie du tram, j’étais déjà plongée dans l’ambiance. Sur le parvis de la salle il y avait une initiation au boogie woogie par l’association Boogie Spirit. Je suis restée une bonne dizaine de minutes à regarder Maud et ses acolytes danser avec un tel dynamisme, une telle grâce !
Barny and the Rythm All Stars sera en concert au Rockin’Rumble
Le boogie woogie, pour moi, c’est un synonyme de joie, tout simplement. Et après la démonstration, les membres de l’association t’invitaient à te joindre à eux pour t’apprendre quelques pas de charleston.
Une fois entrée dans la salle, j’ai reconnu pas mal de têtes que je connaissais. Il y avait un joli monde, avec pas mal de pin-up qui rivalisaient toutes de beauté et des mecs trop bien sapés, avec chemise repassée et cheveux gominés. Il y avait une ambiance décontractée, tout le monde parlait avec tout le monde. Mais ce qui a attiré mon attention, c’était le marché des créateurs.
Concert, nourriture, barbie, fringue
Cette année encore on retrouvera une quinzaine de stands comme Le Crochet du Gauche, mon gros coup de cœur
Kank the DJ qui mixera same
avec des vêtements uniques inspirés des années 30 aux années 60, mais aussi Sweet Candy Shop, une boutique de fringues rockabilly, des disquaires rock’n’roll et même un barbier. En plus de cela, un foodtruck sera présent, histoire de prendre des forces avant d’aller danser.
Car le summum de ce festival, c’est évidemment les concerts. Et les Three Devils Production, ça leur connaît, puisque cette jeune association se démène pour faire vibrer Strasbourg au son du rock’n’roll atout au long de l’année.C’est Justin Mast, un jeune strasbourgeois de 18 ans, qui fera l’ouverture avec ses reprises de rock’n’roll.
Trois groupes enchaîneront ensuite, Barny & the Rythm All Stars, des parisiens qui font du wild rockabilly, Dollar Bill, un one man band venu d’Angleterre et Ray Black & the Flying Carpets, de Stuttgart, qui font du pur rockabilly. Le reste de la soirée sera animée jusqu’à 3h du matin par trois dj’s internationaux.
Personnellement, j’étais tellement éreintée d’avoir dansé que je n’avais pas tenu jusqu’au bout. J’avais peut-être bu trop de bières aussi en fait … On verra si je fais mieux cette année !
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Paru aux Éditions du Bastberg, Passion mortelle est l’un de ces polars régionaux dans lequel le lecteur suit une enquête sur fond d’environnement local. En l’occurrence, on se retrouve ici expédié 60 ans en arrière, dans un contexte strasbourgeois où le Racing conquérait ses premiers titres nationaux. Gilbert Gress, futur entraîneur légendaire, foulait alors la pelouse de la Meinau en tant que jeune joueur. Rencontre avec l’auteur du roman, André Lang, pour évoquer une époque où tout était différent…
Assureur à la retraite, André Lang a bien connu le Racing des années 1950 et 1960, notamment car les joueurs Gilbert Gress et Gérard Hausser étaient ses voisins lorsqu’il était adolescent. Passion mortelle est son premier roman. Rencontre.
Paolo : L’action de Passion mortelle se déroule à cheval entre les années 50 et 60. Pourquoi cette période ?
André Lang : C’était ma jeunesse. J’y ai vécu des émotions comme tous les jeunes gens : les rencontres avec les filles et tout ce que la vie nous apporte de joie. Il y avait peu de moments de tristesse, surtout du bonheur. Quand on a eu la chance de grandir à Strasbourg en ce temps-là, on a connu le Midi-Bar et son Scopitone, ce jukebox associant l’image au son qui permettait de voir défiler Gene Vincent et ses Pénitenciers ou Elvis Presley en couleur. Pour l’époque, c’était magique ! Voilà pourquoi j’ai situé le début du roman dans ce contexte, avec des adolescents qui rêvaient de football ; en l’occurrence, on retrouve d’emblée les futures vedettes du Racing, Gilbert Gress et Gérard Hausser, ainsi que le futur inspecteur Richard Muller.
Si Gress et Hausser sont des personnages réels, ce n’est pas le cas de Muller. Mais en fait on devine assez rapidement que « Ricky » c’est vous quelque part…
Absolument. J’ai beaucoup puisé dans mes souvenirs et dans mon histoire personnelle pour construire le personnage de Richard Muller. Par exemple, l’épisode de la Vespa m’est vraiment arrivé. Un dimanche après-midi d’hiver, au début des années 60, alors que je longeais le stade de la Meinau, j’ai vu un enfant en train de se noyer dans le Krimmeri et je lui ai porté secours. Cet épisode de ma vie m’a marqué et c’est pourquoi j’ai tenu à l’attribuer à Richard Muller.
L’action du roman se passe essentiellement à Strasbourg, une ville dont vous êtes originaire ?
Pas exactement, je viens de Meistratzheim, près d’Obernai. J’y ai grandi jusqu’à l’âge de 10 ans, puis mes parents ont emménagé à Strasbourg. C’était en 1953, puis c’est à l’âge de 12-13 ans que j’ai commencé à aller au Racing. Gilbert et Gérard eux avaient deux ans de plus que moi.
On retrouve dans votre livre les lieux clé fréquentés par la jeunesse strasbourgeoise de l’époque. Par exemple, vous évoquez le bal des boulangers de la Saint-Sylvestre au Palais des Fêtes, le fameux Midi-Bar ou encore le restaurant Chez Marius…
On découvrait tout, c’était juste génial. Et d’ailleurs les pros du Racing fréquentaient eux aussi ces endroits : Raymond Stieber, Georges Peyroche, Ramon Muller… Nous, on les observait à une table un peu plus loin. On peut également citer le Pénalty, quai des bateliers, tenu par les frères Elkaïm. Puis il y a l’épisode où l’on déguste les premières merguez. À l’époque, personne ne connaissait la merguez ! Les tartes flambées, c’est pareil : tout le monde s’imagine qu’à Strasbourg on en mange depuis toujours. En fait, on y mangeait des pizzas avant les tartes flambées ! D’ailleurs, l’unique pizzeria à l’époque c’était justement Chez Marius.
Dans ce cadre-là, vous évoquez régulièrement les tribulations du RCS. Que reste-t-il du Racing de ces années-là ?
Déjà, il en reste le mot. À l’époque, sur les différentes radios du pays, on prononçait « Raicing » (à l’anglaise) pour parler du RC Paris ou du RC Lens, mais « Racing », (juste le « A ») pour le RC Strasbourg. Et c’est ce mot « Racing » qui s’est ancré dans le cœur des gens. Prononcé à l’alsacienne en quelque sorte.
André Lang pose avec « Passion mortelle », un roman où le Racing est omniprésent (Photo : Paolo / Rue89 Strasbourg)
Pour les épisodes glorieux, le Racing remporte deux Coupes de France en 1951 et 1966, ainsi qu’une Coupe de la Ligue en 1964. Quelle était l’ambiance à la Meinau à cette période ?
Quand j’en parle avec Gilbert Gress et Gérard Hausser, ils racontent que lorsque la tribune debout en bois (l’actuelle tribune sud) commençait à trépigner et lorsque les supporters commençaient à râler, les joueurs avaient les boules sur le terrain et se bougeaient en conséquence. Les supporters aujourd’hui et hier, c’est le jour et la nuit. Ils n’hésitaient pas à manifester leur mécontentement de manière ostensible. Mais c’est l’époque qui veut ça. On était seulement quelques années après-guerre et les gens avaient une autre image de la vie. Et à monnaie constante, le prix des places était beaucoup plus cher à l’époque. Peu de monde pouvait se payer un abonnement. En outre, il était possible de s’abonner uniquement en tribune d’honneur (la tribune nord aujourd’hui).
Revenons au livre. C’est Gilbert Gress lui-même qui en rédige la préface. D’où vient votre amitié avec GG ?
Étant jeunes, elle s’est construite naturellement. On fréquentait le même lycée, le même quartier, la piscine de Kehl… Et il nous arrivait de jouer au foot le dimanche après-midi. On évoluait dans les mêmes environnements. Mais c’est plus tard, lorsque j’ai construit ma carrière professionnelle, que nous nous sommes vraiment rapprochés.
De l’extérieur, certains ont l’image d’un Gilbert Gress rude et intransigeant. Est-ce vraiment conforme au personnage ?
Gilbert est un grand professionnel, il ne supporte pas la médiocrité. Mais au-delà de ça, c’est surtout quelqu’un de très humain. Il a tout le temps de nombreuses œuvres sociales en cours. C’est quelqu’un qui consacre beaucoup de temps aux autres, en particulier aux handicapés à travers des associations en Suisse. J’ai eu le plaisir de l’accompagner dans certaines journées caritatives, médiatisées en Suisse mais pas en Alsace, hélas.
Le roman évoque beaucoup le Racing en trame de fond. Est-il à conseiller à quelqu’un qui n’aime pas le foot ?
Passion mortelle est sorti depuis six semaines et les retours m’indiquent que ce sont surtout des femmes qui le lisent ! Bizarrement, il semblerait que les femmes l’apprécient plus que les hommes. Peut-être est-ce dû à la personnalité de l’inspecteur Richard Muller… Je suis très surpris car je pensais vraiment écrire pour un public masculin. Après, il faut dire qu’en règle générale les femmes lisent plus que les hommes !
Pouvez-vous nous présenter le personnage de Richard Muller ?
C’est un jeune inspecteur qui, après avoir joué dans les catégories de jeunes du Racing, entre dans la police. Comme il se distingue par son sérieux et sa compétence, on lui confie une première enquête qui le mène dans les forêts autour de Strasbourg. Alors qu’ils cherchaient des morilles, un couple de promeneurs découvre un cadavre : un évènement que j’ai réellement vécu en compagnie de mon épouse ! Bien sûr, l’enquête qui s’en suit n’est que le fruit de mon imagination.
Un des épisodes clé du livre nous mène sous les marronniers du stade de la Meinau…
J’ai toujours admiré ces marronniers ! Il me fallait forcément les introduire dans le récit. À chaque fois que je vais au stade, encore aujourd’hui, ils me fascinent. Ils sont encore debout 60 ans après mon premier match au Racing !
Passion mortelle est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a conduit à l’écriture ?
Je lis beaucoup et j’ai eu envie un jour de créer mon propre personnage. C’est ainsi que je suis parti de ma biographie pour inventer Richard Muller. Par ailleurs pour écrire, il faut être disponible d’esprit. Cela ne m’a été possible qu’après avoir conclu ma carrière de dirigeant dans le tennis.
On apprend dans la préface qu’une suite se prépare. Peut-on déjà en savoir plus ?
Le premier roman est situé entre 1957 et 1967, tandis que le deuxième ira de 1972 à 1975. Côté Racing, il ne passe pas grand-chose à cette époque, mais à Strasbourg eut lieu le casse de la poste de la Marseillaise : un hold-up d’un 11,68 millions de francs (13 millions actuels) ! Il en sera question dans ce deuxième opus. Dans le troisième, car ce sera une trilogie, on en arrivera au titre de 1979.
Le Racing vient de faire son grand retour en première division. Un petit pronostic pour la saison en cours ?
Treizièmes, dans le ventre mou.
Le mot de la fin ?
La Doris du roman, à savoir la compagne de l’inspecteur Muller, est ma femme encore aujourd’hui. Tout ce que j’ai vécu, « Doris » l’a vécu elle aussi. D’ailleurs, Béatrice et Suzie, les femmes de Gilbert et Gérard, le sont encore aujourd’hui. C’est typique d’une époque où l’on était peut-être moins exigeant par rapport à la vie. C’était aussi une époque (ce que Gilbert souligne dans sa préface) où lors d’un match contre Nice en D1, en 1963, le Racing gagne 7-0 avec 6 joueurs issus du seul quartier du Schluthfeld. Extraordinaire !
Fidèle supporter du Racing depuis l’âge de 8 ans, je suis également un grand amateur de football allemand et italien. Mon regard se veut avant tout critique : Strasbourg mérite un grand club et ses fans doivent être respectés. Le lundi de 20h à 22h, je suis à l’antenne sur RBS (91.9 FM) pour le Mojito Football Club, une émission consacrée au foot étranger.
Le gouvernement et le Sénat envisageraient de regrouper les trois élections locales au printemps 2021. Rue89 Strasbourg prend position contre cette idée, qui nuirait à l’information politique locale et au débat démocratique.
C’est avec une simple dépêche au milieu de l’été que l’on apprend que le gouvernement et le Sénat envisagent de regrouper les élections départementales, régionales et municipales au printemps 2021. Des raisons tr . . .
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
La Foire Européenne de Strasbourg se targue d’être l’événement économique et politique de la rentrée. Pourtant, depuis quelques années, son visitorat diminue. En 2016, la fréquentation avait même baissé de 10%. Pour sa 85e édition, du 1er au 11 septembre, les organisateurs misent sur les innovations pour renouveler le public.
Attirer à nouveau le public, surtout des jeunes, voilà l’objectif de la Foire Européenne qui se tiendra cette année du 1er au 11 septembre au Parc des Expositions du Wacken.
Alors que les salons spécialisés sont en essor, cette gigantesque foire commerciale a quelque peu perdu de son lustre d’antan. La baisse de fréquentation de 10% en 2016 (174 397 visiteurs) avait été un coup dur. Strasbourg Événements espérait pourtant profiter du savoir-faire de GL Events, un des leaders mondiaux dans le domaine, entré au capital. Plusieurs justifications hasardeuses avaient été avancées comme l’état d’urgence ou encore les travaux à proximité pour faire place au futur quartier d’affaires Archipel.
Les critiques avaient fait grincer des dents et la fuite d’un email interne à ce sujet avait créée une petite polémique (une de plus) au sein de la majorité du conseil municipal. Pour la présidente de la société d’économie mixte, l’adjointe au maire Nawel Rafik-Elmrini (LREM), « les leçons des années précédentes ont été tirées pour améliorer l’événement, pour les exposants et le grand public. » L’heure est donc aux nouveautés.
Tout d’abord d’organisateur a souhaité accentuer le côté « festif » de la foire. Pour cela, c’est Cuba et ses rythmes dansants qui a été choisi comme pays d’honneur. Histoire de « prolonger l’été tout en goûtant à la chaleur du pays », dixit Nawel Rafik-Elmrini présidente de Strasbourg Événements, la société organisatrice. « La foire est un lieu de commerce, mais le public vient aussi pour vivre une expérience, » rajoute Stéphane Hertzog, directeur de Strasbourg Événements depuis 2016.
En 2016, 174 397 visiteurs s’étaient rendus à la Foire Européenne. Les organisateurs espèrent faire mieux cette année, notamment auprès des jeunes. (Photo Foire Européenne / Facebook)
Et pour vivre cette fameuse « expérience immersive » tout a été pensé : signalétique aux couleurs du Cuba, initiations à la salsa, concerts de groupes cubains et même… boisson spécialement conçue pour l’événement, le « Pink Mojito ». Ce cocktail goût framboise « va devenir le produit emblématique de la Foire Européenne cette année » pour Stéphane Hertzog, qui semble beaucoup miser sur la boisson rose, comme s’il n’existait aucun établissement strasbourgeois qui ne propose de mojito aromatisé.
Pas d’inquiétudes pour ceux qui ne boivent pas d’alcool, le Pink Mojito sera disponible en version « Virgin », sans alcool. Surprise supplémentaire, « il se déclinera aussi en version sucette ! », ajoute Stéphane Hertzog, visiblement très content de ces innovations gustatives lors d’une conférence de presse de présentation qui a viré au grand barnum, avec danses et musique.
Horaires élargies
Plus sérieusement, la principale nouveauté est l’élargissement des horaires. Pour sa 85e édition, la foire sera ouverte tous les jours de 10h à 20h (contre 19h auparavant). Aux deux nocturnes du samedi s’ajoute celle du jeudi, jusqu’à 22h. Enfin, tous les jours à partir de 18h, l’entrée sera gratuite pour « inciter les gens à venir après le bureau mais qui ne voulaient pas payer pour le peu de temps qu’il leur restait », indique Nawel Rafik-Elmrini.
L’année dernière, la présidente de Strasbourg Événements annonçait vouloir « rajeunir l’événement » et envisageait de s’inspirer des « salons de passions » comme celui du Manga à Paris. C’est chose faite cette année, puisque la quasi totalité du Hall 9 sera dédiée à la « Pop Culture » et au JaGG, le Japan Gamer Week. Les visiteurs pourront notamment tester des jeux vidéos en accès libre et découvrir la culture japonaise avec une exposition de mangas et de cosplays, dont raffolent les jeunes générations.
Toujours dans cette optique de « rajeunir l’événement », les pré-castings de The Voice seront amplifiés. Les gagnants du télé-crochet de TF1 ont en moyenne 24 ans.
Une stratégie de communication recentrée sur les réseaux sociaux
La modernisation de la foire passe aussi par des changements de communication. Pour capter l’attention des jeunes générations Strasbourg Événements a énormément misé sur le digital cette année. Les pages Facebook et Twitter de la Foire Européenne sont plus régulièrement actualisées. Les blogueurs invités seront encore plus nombreux. Autre signe que la foire veut rajeunir son public, elle s’est dotée d’un compte Instagram, un réseau social très prisé par les jeunes utilisateurs.
Les classiques renouvelés
Mais que les habitués se rassurent, les nouveautés n’empêcheront aux grands classiques d’être reconduits. Les fidèles visiteurs pourront toujours découvrir les dernières innovations concourant pour le Prix Lépine, déguster des plats dans le Jardin des Délices, assister aux animations de la Chambre des métiers d’Alsace ou encore se balader dans l’espace agricole agrandi.
Côté pratique, une dépose minute en voiture a été ajoutée et les places de parking augmentées (1600 places). Les organisateurs promettent aussi d’améliorer les indication dans cette foire à nouveau déplacée vers les halls côté nord, en raison des travaux à la place des anciens halls centraux.
À noter que seules deux entrées sont accessibles cette année, situées à proximité des stations de tram Wacken (tram B et E) et Parlement européen (tram E).
Avec les « ubérisés » de l’économie – À côté de son emploi principal, cette jeune mère fait le ménage chez des particuliers via des plateformes internet pour compléter ses revenus. Sur ces sites, elle doit payer pour entrer en contact avec des clients.
Auxiliaire de vie depuis une dizaine d’années, Célia (à sa demande, le prénom a été modifié), résidente du quartier de la Montagne Verte, a décidé de compléter ses revenus avec une seconde activité. Elle propose des services de femme de ménage suite à la naissance de son premier enfant :
« J’ai moins de boulot en tant qu’auxiliaire depuis quelques années. Comme je suis maman depuis peu de temps, j’ai décidé d’arrêter de travailler le weekend et de faire quelques heures supplémentaires en tant qu’aide ménagère durant la semaine. »
Mais, au lieu de passer par les structures traditionnelles telles les agences d’intérim, elle s’est inscrite il y a huit mois sur des plateformes Internet, mettant en lien les prestataires de service avec les clients. Pour cela, il faut s’abonner à la plateforme ou de payer certains services.
« Sur un des sites sur lequel je me suis inscrite, Startofservice, on me prélève des “crédits” dès que j’envoie un devis à une personne qui a posté une annonce. »
Des devis parfois sans réponse
Le site mentionné par Célia fonctionne en effet de telle manière que pour s’y inscrire, les prestataires de service doivent eux-mêmes payer 20 « crédits », ce qui correspond à plus ou moins 5 euros à la plateforme Internet. Ainsi, ils acquièrent le droit d’envoyer leur devis aux usagers du site qui seraient à la recherche d’une aide ménagère.
L’intéressée ne retire pas un bilan positif de sa recherche de travail via ce site :
« Le problème c’est que les annonces ne sont pas toujours vérifiées et qu’il m’est arrivé plusieurs fois qu’on ne me réponde pas. Je me retrouve donc à gaspiller de l’argent en envoyant des devis qui restent sans réponse. »
500 à 600 euros par mois
C’est finalement sur le site aux prestations plus restreintes Yoopies qu’elle a réussi à trouver un complément financier. Sur ce site, elle paye 7 euros par mois pour obtenir le numéro des personnes qui postent des annonces. L’envoi d’un message simple est gratuit :
« Il y a aussi des fausses annonces sur Yoopies, mais on ne me prélève rien quand j’envoie un message. L’avantage, c’est que je choisis moi-même les heures qui vous conviennent. Pour l’instant, je fais trois ménages par semaine chez des privés qui m’ont contacté via ce site. Je ne dois pas apporter de matériel de nettoyage, mes employeurs me les fournissent directement. Je demande 10 euros l’heure, ce qui est un prix tout à fait abordable et je demande que ces heures soient déclarées car je refuse catégoriquement de travailler en noir. »
Ainsi, pour éviter de faire des heures non-déclarées, Célia demande à ses employeur de la payer via le Chèque emploi service universel (CESU). Son nouveau travail lui rapporte un complément de 500 à 600 euros par mois et d’avoir des contrats de travail en bonne et due forme et de cotiser pour sa retraite.
Un dispositif que le site Yoopies met également en avant pour inciter les particuliers à engager une femme de ménage par ce biais, au vu des avantages fiscaux qu’il peuvent en retirer.
Un site propose de mettre directement en contact femmes de ménage et particulier, mais avec des contrats (photo Thomas Morris / Flickr / cc)
L’entreprise fondée à Paris en 2012 et désormais présente dans 10 pays d’Europe de l’ouest, est devenu le leader sur Internet pour le service de garde d’enfants et d’aides ménagères. Le site fonctionne comme d’autres plateformes inspirées du modèle Uber. Il propose aux usagers de donner une évaluation, via des étoiles, sur le travail fournit par le prestataire.
Le statut d’auto-entrepreneur pour la garde d’enfant
Parmi les profils à Strasbourg, on retrouve beaucoup d’étudiantes qui tentent de financer leurs études ou de s’octroyer un peu d’argent de poche en tant qu’aide ménage ou baby-sitteur. L’inscription est gratuite et les parents payent de leur côté de 5,90 à 14,90 euros par mois, suivant la durée de l’abonnement. Il peut ainsi écrire directement aux intéressés sans passer par un autre intermédiaire.
Pour les consommateurs, le site promet notamment « jusqu’à 80% d’économie sur la garde d’enfants » de plus de trois ans. En supprimant le contrat de travail pour passer par le statut d’autoentrepreneur, l’heure facturée 12,90 euros peut être payée 0,97 euros grâce aux aides à la CAF (305 euros par mois minimum, « même pour les revenus les plus élevés ») et aux 50% de crédit d’impôt sur les heures effectuées.
Le site met en avant que, une fois la commission de 9% pour Yoopies prélevée, il reste 11,75€/heure brut, soit 11,05€ passées les cotisations sociales, baissées à 5,8% pour les moins de 26 ans. Selon les calculs de l’entreprise, ce statut permettrait de gagner 30% de plus que la moyenne du secteur.
Le site annonce vérifier le profil des baby-sitter et propose une rencontre préalable. Une démarche qui se fait également pour les aides ménagères, car si l’on clique sur le profil de Célia, on y voit bien un petit « V » de couleur verte, certifiant qu’elle est bien à la recherche d’heures supplémentaires en tant qu’aide ménagère.
Écologie, Impression 3D, Mölkky et autres joyeusetés sont au programme du premier Bidouille Camp, toute la journée de samedi 26 août au château de Rohan de Mutzig
Samedi, il y a « bidouille », l’appellation française du « Do it yourself » (DIY), c’est-à-dire le « faire soi-même » en anglais. La jeune association strasbourgeoise United People organise son premier événement en cette fin août, au château de Rohan à Mutzig.
La philosophie de l’association est basée sur « le partage de connaissances, d’expériences et de compétences, ainsi que sur l’apprentissage ». En clair, elle pense que la consommation à outrance devient un modèle quelque peu dépassé.
Jeux, conférences, ateliers
Pour la journée du samedi 26 août, elle propose plusieurs ateliers pour se faire connaitre et rassembler des associations alsaciennes dans cette mouvance. Le programme mêle divertissement et bons plans. Toutes les activités sont gratuites, certaines sont adaptées pour les enfants (atelier créatif autour de cartons recyclés notamment).
Partie sérieuse, moins sérieuse, puis fête
Au total, une vingtaine d’ateliers, de conférences et de tables rondes se tiendront dans les la cour et les salles du château, de 10h à 18h. Il sera possible de voir des imprimantes 3D, un incontournable de ce genre d’événements, s’initier à la robotique, ou redonner vie à des objets inutilisés.
Les visiteurs pourront aussi se divertir avec des parties de Mölkky (un jeu finlandais en bois en vogue) ou de la peinture sur corps… comme sur écran. La fin de journée, de 18h à 22h, sera plus festive avec musique et petite restauration sur place.
L’association a choisi le château de Mutzig, car il était difficile d’organiser un événement d’ampleur à cette date à Strasbourg (déjà occupé par le festival Start to Play). La Ville de Mutzig a mis à disposition gratuitement le lieu.
Du vendredi 25 au dimanche 27 août le festival du jeu vidéo « Start to Play » revient pour sa quatrième édition à Strasbourg. Au programme : zone de jeux en libre accès, rétrogaming, tournois et rencontres avec des personnalités du jeu vidéo.
Pour beaucoup de fans de jeux vidéos, le festival Start to Play est LE rendez-vous vidéoludique de la région. Organisé par Ludus Event, le pôle événementiel de la Ludus Académie (une école de programmation et le développement de jeux vidéos), le festival se tiendra à la salle de la Bourse du vendredi 25 au dimanche 27 août, pour la deuxième année consécutive.
L’objectif de Start to Play ? « Se recentrer sur le jeu vidéo », explique Mathieu Bernhardt l’organisateur du festival :
« Beaucoup d’événements font de la « culture geek », c’est-à-dire tout ce qui touche aux mangas, aux cosplay (costumes de personnages NDLR), au digital et numérique. Mais très peu sont entièrement dédiés aux jeux vidéos. On a voulu combler ce manque avec Start to Play. »
Dans la zone arcade, les bornes des années 1980 font un tabac au festival. Q*Bert, crée en 1982, est devenu un classique du genre. (Photo Bartosch Salmanski)
« Retrouver les grands classiques tout en testant les dernières sorties »
Comme les années précédentes, les visiteurs peuvent jouer gratuitement à toutes sortes de jeux vidéos : des vielles bornes d’arcades japonaises aux nouvelles générations de jeux, petits et grands devraient trouver leur bonheur.
Pour Mathieu Bernhardt, ce mélange de genres contribue au succès du festival:
« On peut retrouver les grands classiques tout en testant les dernières sorties. Beaucoup viennent en famille, chaque génération montre à l’autre ses consoles préférées, c’est génial. »
Les jeux indépendants sont également à l’honneur au festival. Dans une industrie dominée par de gros studios, pas toujours facile pour ces petits indépendants de se faire une place. « On souhaite donner de la visibilité à ces jeux qui ont du mal à se faire connaitre. Certains sont de vraies pépites ! », s’exclame le jeune organisateur de 32 ans. Par exemple, Achencraft, une reproduction de Strasbourg dans l’univers de Minecraft.
Par ailleurs, quatre personnalités du milieu sont conviées : Kayane, Dina, Fred of the dead aka Sparadrap (Noob) et FFVIMan. Il sera possible d’échanger avec eux et de les affronter.
La réussite du Pixel Museum de Schiltigheim, l’unique musée du jeu vidéo de France est une preuve que le jeu vidéo se porte bien en Alsace. (Photo : LG/ Rue 89 Strasbourg)
La réussite de l’industrie vidéo-ludique dans le monde… et en Alsace
Pour Mathieu Bernhardt, le jeu vidéo a un avenir brillant devant lui :
« Il n’y a qu’à voir la vitesse à laquelle la Nintendo Switch (la nouvelle console Nintendo sortie en mars cette année NDLR) était en rupture de stock en France. Le marché des jeux sur téléphones a explosé ces dernières années avec le smartphone. En plus d’être la deuxième industrie culturelle en France (derrière le livre NDLR), le jeu vidéo est depuis peu considéré comme le 10e art. Son influence dans le monde culturel est croissante. Des jeux sont même adaptés en films comme Warcraft et Assassin’s Creed ! »
Le jeu vidéo semble avoir trouvé son public en Alsace. La communauté de joueurs est importante et les événements se multiplient dans le Grand-Est. Avec plus de 15 000 visiteurs depuis son ouverture en février, le Pixel Museum de Schiltigheim (l’unique musée du jeu vidéo en France) montre également que le jeu vidéo s’implante dans la région. Les porteurs du projet de salle de jeu (et d’occupations plus sérieuses) en réalité virtuelle seront également présent à ce grand-messe des joueurs d’Alsace.
Pour l’édition 2017 de Start to Play, 1 500 personnes sont attendues chaque jour à la salle de Bourse, bientôt trop petite pour l’événement. « On commence à avoir une certaine notoriété. Certains joueurs viennent de loin pour le festival », raconte l’organisateur, ravi, lui-même resté « gamer dans l’âme ».
L’événement est à moitié financé par la Ville de Strasbourg et la Région Grand Est, mais le budget global ne nous a pas été communiqué. Le reste de l’apport vient de soutiens privés (Caisse d’Épargne, Orange et Ludus Acadmie). La salle de la Bourse est mise à disposition gratuitement.
À l’occasion de la quatrième édition du festival du jeu vidéo Start to Play, Rue89 Strasbourg s’est rendu à un tournoi organisé par Smash Unleashed. Tous les mardis soirs, ces passionnés se retrouvent autour du même jeu : Super Smash Bros.
Oblon et Hedgeon. Derrière ces deux pseudos, se cachent deux Strasbourgeois fans de jeux vidéo, Jérémy et Maxime, 27 et 23 ans. Début 2015, les deux amis se lancent dans l’organisation de tournois du jeu « Super Smash Bros », un jeu de baston avec les personnages Nintendo. Rapidement rejoints par d’autres adeptes du jeu, le groupe de garçons se donne un nom, « Smash Unleashed Strasbourg » (soit « smash déchaîné » en français, en référence à un autre jeu Nintendo, Sonic Unleashed).
Le rendez-vous est fixé un mardi soir au restaurant-bar « Le Bercail ». Pourquoi cet établissement ? De l’extérieur la question se pose. Il suffit de rentrer pour que tout s’explique : à gauche de l’entrée, un escalier. Au sous-sol, une salle de jeux.
« Beaucoup de personnes sont étonnées en arrivant ici, sourit Maxime, le « leader » de Smash Unleashed. Mais comme on fait pas mal de bruit, on est mieux ici, à l’écart. On ne gêne personne et on a un grand espace rien que pour nous ».
Les mardis, c’est tournoi Wii !
Il est 22h30 et une quinzaine de joueurs sont encore présents dans le sous-sol du bar. Certains regardent la partie en cours, d’autres discutent des techniques de combat. Entre deux gorgées de coca, les joueurs éliminés s’entraînent sur les cinq autres écrans de la salle, plus petits. Ils espèrent faire mieux la semaine suivante.
C’est dans cette salle que les membres de Smash Unleashed se retrouvent tous les mardis soirs de 19h à minuit, toujours pour le même jeu. Tous les mardis, vraiment ?
« À quelques rares exceptions, oui ! Ce soir (le 15 août), c’est un mardi férié par exemple et on est là, pendant les vacances on est là, à Noël on est là ! Bon c’est encore jamais arrivé depuis la création de Smash que le 24 décembre tombe un mardi, mais je suis sûr qu’on serait assez nombreux », rectifie Maxime.
Les Smashers, « une vraie bande de copains » qui partagent une passion pour le jeu Super Smash Bros. (Photo: LG / Rue89 Strasbourg)
« Créer une structure pour organiser des événements de qualité »
Le « on » auquel fait référence le jeune Strasbourgeois, ce sont les vingt habitués présents à chaque compétition, le « noyau dur de l’équipe, une vraie bande de potes » comme dit Jérémy, co-fondateur du groupe.
Une « bande de potes » que dirige Maxime depuis deux ans et demi. Comme beaucoup de fans de jeux vidéos à Strasbourg, il commence à jouer au Meltdown (un bar à jeux vidéos). Mais il est vite déçu de l’offre proposée et de la taille de l’établissement. Après quelques embrouilles avec des personnes du bar, il décide de prendre les choses en main avec Jérémy :
« On a voulu créer une structure pour organiser des événements de qualité. On a profité de la sortie de la quatrième version de Super Smash Bros (novembre 2014, NDLR) pour nous lancer. Les autres fans du jeu nous ont fait confiance, et de là, l’équipe s’est formée. »
Un groupe dont les membres s’affrontent exclusivement sur Super Smash Bros. Maxime a grandi avec ce jeu-là. En 2002, quand la deuxième édition du jeu sort, Maxime a huit ans. Quinze ans plus tard, il est passé de la Gamecube à la Wii U, mais son amour pour Super Smash Bros reste inchangé. Il adhère particulièrement au concept : contrairement aux autres jeux de combats, le but est n’est pas d’épuiser la jauge de vie de l’adversaire. Pour gagner il faut l’éjecter du ring en lui infligeant des pourcentages de dégâts.
Plus qu’une passion pour le jeu vidéo, Maxime veut en faire son métier. Tout juste diplômé de la Ludus Academie, une école de développement et de programmation de jeux vidéos à Strasbourg, où il a étudié pendant deux ans, il souhaite devenir développeur. Un jour peut-être, il créera lui aussi un jeu vidéo pour lequel des jeunes se passionneront.
Faire des visuels à l’issue de chaque tournoi demande un travail conséquent. (Document Smash Unleashed Strasbourg)
Organiser des tournois, un investissement chronophage
Ce soir-là, au Bercail, la bataille fait rage. Il ne reste que quelques gamers en lice vers 23h, dont Maxime. C’est Jérémy, co-fondateur de Smash Unleashed, qui se charge alors de répondre aux questions.
Le jeune gamer de 27 ans, porte fièrement le t-shirt de Smash Unleashed ce soir-là. S’il est ravi de la réussite de son groupe, il déplore le manque d’encadrement et d’associations dans la région :
« Le problème, c’est qu’on a la communauté de joueurs mais pas les structures autour. Beaucoup de gens veulent jouer, mais peu sont prêts à s’investir dans l’événementiel. Cela demande un gros investissement, on peut passer des heures à faire les visuels, à enregistrer matchs, à trouver des salles pour de plus gros événements. J’ai dû apprendre comment fonctionnent les logiciels d’organisation de tournois, ça m’a pris un temps fou ! Et tout ça, sur mon temps libre et bénévolement. »
Le bénévolat aura en tout cas « payé » pour lui. Le Strasbourgeois de 27 ans sait que son expérience avec Smash lui a permis de décrocher son emploi actuel d’animateur dans le centre socio-culturel de son quartier. Il faut dire qu’il est rôdé : avec près de 150 tournois organisés en deux ans et demi, la logistique et la gestion humaine n’ont plus de secrets pour lui. Il met aujourd’hui à profit les compétences développées avec le groupe dans sa vie professionnelle.
Une équipe qui accepte les novices, mais qui reviennent rarement
Les Smash Unleashed se disent ouverts à la venue de novices: pour participer aux tournois du mardi, pas de critères de niveau, seule une contribution de 5€ est demandée (qui donne droit à une boisson et permet de payer les « cashprices », les récompenses de des trois meilleurs du soir, de 3 à 12 euros). Dans les faits battre ces passionnés de Super Smash Bros, pour qui les commandes du jeu n’ont plus de secret, relève de l’impossible pour des joueurs inexpérimentés.
Les débutants qui se joignent au groupe ne viennent pas par hasard. La plupart du temps, des membres invitent quelques amis le temps d’une soirée, pour leur faire découvrir leur univers. C’est le cas de Célia ce soir-là, invitée par Nicolas, alias Dadrik. Lui-même a rejoint les Smashers en 2016 grâce à un ami de la fac, qui fréquentait l’équipe. « On s’étend surtout grâce au bouche à oreille. La majorité des nouveaux ne viennent qu’une fois, pour tester, mais quelque uns, comme moi, reviennent régulièrement et deviennent des membres à part entière », explique cet étudiant strasbourgeois.
Les gamers, concentrés, ne lâchent pas l’écran d’un oeil. (Photo: LG / Rue89 Strasbourg)
Un « zéro pointé » pour le jeu vidéo compétitif en France
Alors que l’industrie vidéo-ludique est en pleine expansion (elle représente la deuxième industrie culturelle en France derrière le livre) et que certains considèrent le jeu vidéo comme le « 10e art », Jérémy voit les choses différemment. Selon le jeune gamer, si les studios français sortent de bons jeux, le pays reste très en retard dans le jeu compétitif :
« Aux États-Unis, au Japon ou en Corée du Sud, les compétitions de jeux vidéos sont gigantesques et engrangent des millions de dollars. Chez nous par contre, c’est un zéro pointé. La France est frileuse à mêler argent et jeux vidéos. Les lois sont très peu permissives. On voit que cela fonctionne bien ailleurs, alors pourquoi pas chez nous ? »
Jérémy et Maxime seront présents pour la troisième année consécutive au festival du jeu vidéo Start to Play, du 25 au 27 août. À cette occasion Smash Unleashed va bousculer ses habitudes puisqu’elle organise un tournoi de… Super Smash Bros le vendredi.
Si la taille de l’événement ne leur fait pas peur (cet été, le groupe a organisé trois compétitions qui avaient attiré un peu plus de quarante participants à chaque fois), la différence avec le tournoi au festival, c’est la participation d’enfants. « L’âge moyen des Smashers c’est 23/24 ans, on voit rarement des petits jouer. À Start to Play, quand on a vu qu’une dizaine d’enfants s’étaient inscrits à notre tournoi, on était très surpris », se souvient Jérémy.
En selle et sur Twitter, dans les rues de Strasbourg avec une ancienne habitante et membre de l’association Paris en selle.
En vacances en Alsace, Julie Decourbe, bénévole de l’association Paris en selle en a profité pour effectuer dans un mini-voyage d’étude à Strasbourg. Munie de son smartphone et de son vélo, elle a tweeté son parcours avec des commentaires critiques sur les bons et les mauvais points.
Cette compilation servira entres autres pour les travaux de son association, habituée à négocier des aménagements cyclistes à Paris avec sa maire Anne . . .
Cet article fait partie de l’édition abonnés.
| Déjà abonné ?
Connectez-vous
Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture
Du 26 août au 2 septembre, le cinéma à 4€50 est de retour dans les salles obscure de Strasbourg, d’Alsace et au-delà avec la vingtième édition de Ciné Cool. Avec quelques suggestions de Greg, notre blogueur cinéma.
En Alsace, la fin de l’été rime une nouvelle fois avec ciné. Ciné Cool et ses films pas chers reviennent une 18è fois, du samedi 26 août au samedi 2 septembre. Le festival est plus long que les événements nationaux du printemps du cinéma et de la fête du cinéma, mais le principe est similaire. Toutes les séances sont à un tarif réduit unique. Il est fixé à 4,50 euros, soit environ la moitié du prix habituel. Le supplément 3D reste en vigueur.
Passé au format Grand Est depuis 2016, le festival concerne 69 salles de la nouvelle région, dont 25 en Alsace et les 5 cinémas strasbourgeois. En plus des films du moment (La Planète des Singes, Dunkerque, Valerian, Cars 3, etc.), un accent particulier est mis la projection d’avant-premières, avec parfois la présence de l’équipe du film. Avec 37 films présentés avant leur sortie, c’est autant qu’en 2016 (38 films très exactement).
Des films qui vous tentent ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
À Strasbourg, le Star St-Exupéry avance même le début festival au vendredi 25, avec l’avant-première de Gabriel et la Montagne, seule séance à ce tarif ce soir-là. Rue89 Strasbourg vous propose de gagner des places pour ce film brésilien, sur cette ascension du Mont Mulanje au Malawi. Un scénario inspiré d’une histoire vraie.
Grosse production ou cinéma d’auteur, il y en a donc pour tous les goûts. Voici nos coups de cœur.
Les proies – Sofia Coppola
Sofia Coppola, prêtresse des rêves, aspirations et frustrations des jeunes filles en fleur, revient au cinéma avec ce récit narrant le destin d’un soldat recueilli dans un pensionnat de jeunes filles pendant la guerre de Sécession.
Retour dans l’Amérique sécessionniste par Sofia Coppola (Crédit : Focus Features LLC)
La cinéaste a quelque peu perdue sa singularité, mais son film, gagnant du Prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, demeure un objet superbement maîtrisé, à l’interprétation sans faille.
Le film sera projeté au cinéma Star St-Exupéry et UGC Ciné Cité.La bande annonce
Le redoutable – Michel Hazanavicius
Dans le cadre d’une avant-première prestigieuse (mais partagée), le Star St-Exupéry et l’UGC vont accueillir le papa d’OSS 117, l’auteur de The Artist, pour une nouvelle œuvre centrée sur Jean-Luc Godard.
Philippe Aubry – Les Compagnons du cinéma
Hazanavicius évite les atermoiements biographiques pour se centrer sur le glissement de Jean-Luc le cinéaste vers Godard le personnage, au fil de sa relation avec Anna Karina, au coeur des 60’s.
Le 30 août au soir au Star St-Exupéry et à l’UGC Ciné CitéLa bande annonce
120 battements par minute – Robin Campillo
Monteur de formation, Robin Campillo livre, pour sa troisième réalisation, une oeuvre militante et habitée, sur le parcours de militants d’Act’up au cour de l’épidémie de sida dans les années 90.
Retour sur les années Act up (Photo Céline Nieszawer / Memento Films Distribution)
Cette fresque de 2h20 a longtemps été le grand favori de la presse et des observateurs pour la Palme d’or Cannoise. Avec son énergie et sa justesse, le film a tout pour séduire un vaste public en salle.
Le film sera projeté au cinéma Star St-Exupéry et UGC Ciné Cité.La bande annonce
Le veuf – Dino Risi
S’il n’a pas la réputation du magnifique Fanfaron, du même cinéaste, Le veuf, qui ressort là en copie neuve restaurée, reste une exemple intéressant de comédie italienne des années 50.
L’affiche est la même que l’an dernier.
Dino Risi, réalisateur quelque peu mésestimé en comparaison de ses confrères Monicelli ou Scola, met admirablement en scène les déboires d’un génial Alberto Sordi. L’occasion de répéter que les comédies italiennes devraient être comme les Aperol Spritz, des classiques incontournables de votre été.
Le film sera projeté au cinéma OdysséeLa bande annonce
Derniers jours pour la rétrospective Luis Bunuel au Star
Le Star diffuse plusieurs vieux films du réalisateur mexicain du XXè siècle Luis Buñuel (DR)
Ciné Cool débute donc le 26 août, ce qui laisse quatre jours pour un rapide rattrapage de cette exceptionnelle rétrospective de la période française de Luis Buñuel. Il faut revoir les errances fantasmées de Catherine Deneuve dans Belle de jour, la folie surréaliste du Fantôme de la liberté, les pulsions dévorantes de Fernando Rey dans Cet obscur objet du désir.
Chez Buñuel, il est affaire de frustration, de bourgeoisie brimée et de folie latente. De magnifiques arguments de cinéma, en soi.
La rétrospective se déroule au cinéma Star jusqu’au mardi 29 août 2017.
Au-revoir là-haut – Albert Dupontel
La sortie de l’adaptation du prix Goncourt 2013 de Pierre Lemaitre Au-Revoir Là-Haut est prévue le 25 octobre. Meurtrie par la Première Guerre mondiale, la France se dévoue pour ses morts. À Paris, deux « Gueules cassées » unies par les batailles sur le front tentent de retrouver leur place dans la société.
Isolées, elles entreprennent une arnaque d’envergure nationale. Comme pour Le redoutable, l’avant-première en présence de l’équipe du film sera partagée entre le Star Saint-Exupéry et l’UGC Ciné Cité
Le lundi 28 août à 19h30 au Star St-Exupéry et à 20h30 à l’UGC Ciné CitéLa bande annonce
Depuis le 27 juin, les savoir-faire de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame sont inscrits à l’inventaire français du patrimoine immatériel. Il s’agit de la première étape avant une potentielle inscription sur les listes de l’Unesco d’ici 4 ans.
Un mois après l’inscription du quartier de la Neustadt au Patrimoine mondial de l’Unesco, Strasbourg remet le couvert avec un autre projet : celui de faire reconnaître le savoir-faire de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame qui assure l’entretien, la conservation et la restauration de la Cathédrale de Strasbourg. Mais attention, il ne s’agit pas de la même liste que pour la nouvelle ville allemande et la Grande-Île. Cette fois-ci, il s’agit du patrimoine culturel immatériel. Cette autre liste de l’Unesco en vigueur depuis 2008 vise à sauvegarder les pratiques traditionnelles et expressions vivantes qui se transmettent à travers le temps.
Valoriser un savoir-faire vieux de 8 siècles
L’idée de la candidature strasbourgeoise n’est pas nouvelle. Elle a germé dès 2013 lors de l’élaboration du plan de gestion « Strasbourg Grand Île », puis le conseil municipal a affirmé sa volonté d’engager ce processus à deux reprises, en 2015 et 2017. Il s’en est suivi un travail de réflexion et d’enquête ethnologique sous la direction du professeur Roger Somé. La dimension immatérielle suppose en effet de savoir si les « communautés humaines » se reconnaissent dans ce patrimoine, en l’occurrence de savoir si les Strasbourgeois s’approprient cette connaissance de leur cathédrale. Le ministère de la Culture a validé l’inscription de ces savoirs sur la liste nationale de l’inventaire du Patrimoine culturel immatériel le 27 juin 2017. C’est à l’État maintenant de prendre le relais et de porter la candidature devant l’Unesco.
Dans la gypsothèque, des moulures de toutes les statues et ornements sont conservées (Photo Rue89/Quentin Tenaud)
Quelles spécificités dans l’entretien de la Cathédrale ont donc été retenues par les experts du ministère de la culture ? La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame créée au début du XIIIè siècle a assuré une permanence et continuité dans les pratiques de restauration et la connaissance du bâtiment. Aujourd’hui, les 32 salariés, dont 22 techniciens, assurent la rénovation qui se fait exclusivement à la main, une singularité en Europe.
Alain Fontanel (LREM), premier adjoint au maire, en charge de la Culture cite aussi les pratiques d’autofinancement à travers dons et legs, commune une « invention du crowdfunding avant l’heure ». Et l’attachement des Strasbourgeois à ce patrimoine dans tout ça ? Il se manifesterait à travers leur participation à des événements organisés par la Fondation, les dons qui lui sont faits et « l’attachement populaire à l’institution cathédrale ».
Le « patrimoine culturel immatériel » : un concept récent
Si la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame est inscrite sur la liste de l’Unesco « à l’horizon 2021 » comme l’envisage l’adjoint au maire, elle rejoindra donc « le repas gastronomique des Français », « l’équitation de tradition française » ou encore les danses traditionnelles bretonnes, 3 des 15 pratiques françaises inscrites au patrimoine immatériel.
Ce concept imaginé dans les années 1990 par des ethnologues s’inscrit en fait dans le tournant de la stratégie globale de l’Unesco. Il s’agissait de rééquilibrer la répartition géographique du patrimoine mondial en élargissant sa définition. Jusque là, l’Europe et les édifices religieux de la chrétienté étaient largement sur-représentés. Pas certain donc que cette inscription tende à diversifier l’origine du patrimoine mondial. Alain Fontanel n’y voit pas de problème puisqu’il s’agit d’une « fondation laïque » et que le but est de « valoriser un artisanat ».
Alain Fontanel, adjoint au maire, et Eric Fischer, président de la fondation présentait ce mardi 22 août le projet d’inscription de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame à l’Unesco (Photo Rue89/Quentin Tenaud)
L’autre objectif mis en avant par Éric Fischer, directeur de la fondation, est de « gagner en notoriété et de rester attractif pour les générations plus jeunes ». L’ingénieur de formation reconnait que cette candidature comporte un risque : celui des flux touristiques qu’elle pourrait engendrer.
Or l’atelier, situé dans la zone industrielle de la plaine des Bouchers à la Meinau, entre ateliers de carrosserie et diverses entreprises de fabrication, n’a pas vocation a accueillir beaucoup de visiteurs. « C’est un lieu de production avant tout », rappelle-t-il.
Penser une inscription internationale
D’ici l’officialisation d’un dépôt de candidature auprès de l’Unesco il reste une question sur laquelle la Fondation, la Ville et le Ministère de la Culture doivent travailler : cette candidature doit-elle être portée de manière individuelle ou envisagée de manière internationale ?
L’Unesco examine une seule candidature française tous les deux ans, avec un comité de « plus en plus exigeant », ce sera une « véritable bataille » selon Alain Fontanel. Cela pourrait donc mener à une candidature internationale, préférée par l’Unesco, avec le réseau européen des ateliers de cathédrale. Si elle n’empêche pas de faire reconnaître les spécificités des ateliers strasbourgeois, cette piste pourrait être discutée lors de la prochaine rencontre annuelle.
La SNCF a réinstallé quelques sièges fixes sous la verrière de la gare de Strasbourg. Au milieu de l’été, les sièges habituels avaient été démontés.
Ils ont été remplacés par une extension des terrasses de deux enseignes commerciales. Il était possible de s’y installer sans commander (voir notre article).
Le soir, ça devenait compliqué
Mais la situation avait suscité beaucoup d’incompréhensions. Il n’était pas rare de . . .
Accédez à nos enquêtes et révélations exclusivesSoutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistesMaintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux
Un camp de migrants, essentiellement des demandeurs d’asile originaires des Balkans et d’Europe de l’Est, s’est installé derrière la gare de Strasbourg depuis le mois de mai. Militants et avocats font face à la municipalité et à l’État qui veulent évacuer le site. Problème : aucune proposition d’hébergement n’est faite aux demandeurs d’asile.
Ce lundi 21 août, le Tribunal administratif de Strasbourg a rendu une décision marquant un tournant dans la situation rue du Rempart. Il a condamné l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), qui doit proposer un hébergement sous 48 heures à une famille de quatre demandeurs d’asile qui logeait jusqu’alors sous une tente. On peut dès lors supposer que des décisions similaires seront rendues pour d’autres familles « des Remparts » auxquelles aucun logement n’avait été proposé et qui ont saisi la Justice.
Trois jours plus tôt, dans la matinée, la salle d’audience accueille quelques avocats, militants et journalistes prêts à entendre la plaidoirie de Me Sophie Schweitzer. La famille de demandeurs d’asile qu’elle défend et pour laquelle elle a déposé un référé liberté n’est pas là : il leur était difficile de venir sans ticket de transports en commun et avec leur enfant en situation de handicap. L’OFII, en positon d’accusée, n’est pas non plus présente.
Me Schweitzer déroule ses arguments :
« Cette famille est entrée sur le territoire le 13 juillet 2017 et enregistrée comme demandeuse d’asile depuis le 2 août 2017. Aucune solution d’hébergement ne leur a été proposée, alors ils dorment dans des tentes sur le site des Remparts. C’est une situation d’urgence car les conditions sanitaires sont intolérables. (…) Aucun dispositif n’est prévu pour les personnes handicapées, or la petite fille est épileptique et en fauteuil roulant. (…) Il y a urgence, la situation est critique et ces personnes vulnérables. »
Me Sophie Schweitzer défend 33 familles depuis début août. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
L’avocate ajoute que ses client n’ont plus de revenus car L’OFII n’aurait plus les moyens de verser l’Allocation pour demandeur d’asile (ADA, estimée à 17 euro par jour pour l’ensemble de la famille) jusqu’au mois de septembre. Cela surprend l’assemblée, notamment la juge. Contactée par Rue89 Strasbourg sur ce point, la directrice territoriale par intérim de l’OFII Strasbourg n’a pas souhaité donner suite à notre demande.
Une centaine de personnes dont des enfants dans des conditions insalubres
La situation de cette famille n’est pas isolée à Strasbourg. Depuis le mois de mai 2017, la rue du Rempart accueille plusieurs familles étrangères. Sur place, nous compté environ 70 tentes déployées à la mi-août. Mais on ne sait pas combien de personnes dorment à l’intérieur de ces abris. Des militants estiment que le camp accueille à l’heure actuelle une centaine de personnes, presque toutes originaires des Balkans et d’Europe de l’Est.
Ce camp de fortune et d’infortune est à un kilomètre du centre-ville de Strasbourg, mais en est en même temps totalement séparé par les voies de chemin de fer. Situé derrière la gare, côté nord, il se trouve le long de la route, isolé entre une colline qui recouvre les anciennes fortifications et les grillages à barbelés de la gare.
Sur ces grillages sèchent des dizaines de vêtements qui trahissent la présence d’enfants. Dans le même temps, certains militants font le constat d’une dégradation de la salubrité du camp. Des guêpes volent en effet autour des détritus qui s’entassent ici ou là. Valérie Suzan, responsable de l’association Strasbourg Action Solidarité s’indigne qu’on puisse laisser vivre des personnes dans ces conditions, notamment des enfants.
Le camp fait face aux nombreuses voies de chemin de fer. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
Si les premières personnes s’étaient installées place de la Gare, la Ville a tenté de les faire se déplacer, jusqu’à ce que le camp se forme derrière, de part et d’autre d’ateliers de la SNCF. La proximité du restaurant social « La Fringale » explique l’installation des migrants à cet endroit. Ils peuvent prendre un petit-déjeuner ou un repas chaud quelques midis par semaine dans ce centre tenu par les Restaurants du Coeur.
À 10 minutes de marche le long de la piste cyclable vers le sud, il y a aussi l’ »Accueil Printemps » de l’association Horizon Amitié qui propose un accès aux douches. Quand on entre dans ce vieux bâtiment, on fait face à une vaste salle d’accueil où se côtoient canapés, chaises, tables, jeux et ordinateurs en libre-service.
Au fond, un comptoir où toute personne en situation de précarité peut s’inscrire pour accéder gratuitement à une douche. L’association met à disposition une douche homme et une douche femme/enfants mais ne peut satisfaire plus de 32 personnes par jour. Malgré l’installation d’un chauffe-eau plus performant en 2015, il reste difficile pour l’association de répondre à l’ensemble des demandes.
En suivant la piste cyclable pendant 10 minutes, on accède aux rares douches. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
La crainte d’un « camp de réfugiés » à Strasbourg
Face à cette situation précaire, la Ville de Strasbourg a d’abord réagi en indiquant ramasser les déchets et en installant deux toilettes sèches. Les militants se sont indignés : deux toilettes sèches, c’était très peu pour une centaine de personnes. Suite aux récriminations, deux toilettes de plus ont été ajoutées le 16 août.
4 toilettes sèches ont été installées par les services de la mairie. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
La question de l’eau a aussi été posée : comment pouvait-on laisser des personnes en plein été sans accès à l’eau potable ? Les Restos du Cœur fournissaient une bouteille d’eau par personne et par jour, jusqu’à ce que la Ville décide d’ouvrir un point d’eau. Depuis le 7 août, un robinet a été installé à l’extérieur du Centre d’accueil et d’hébergement des Remparts géré par la Ville. Il est accessible entre 6h et 23h tous les jours. Ou presque. Valérie Suzan relate :
« L’autre jour on est arrivé, des employés avaient du oublier d’ouvrir l’eau. C’était un jour où il faisait super chaud en plus. Les gens des Remparts étaient furieux et ils n’avaient pas tort. »
C’est-à-dire que la ville fait tout ce qui en son possible pour qu’un camp comme celui-ci ne s’installe pas durablement sur son sol. Selon Me Sophie Schweitzer, ce n’est pas tant l’exemple de Calais qui effraie, mais un exemple beaucoup plus proche, à 150 kilomètres de Strasbourg : le camp Blida de Metz. Ce dernier accueille plus de 400 personnes dans des conditions insalubres. L’Eurométropole est alors passée à la méthode forte comme le remarque l’avocate :
« Deux procédures ont été engagées par l’Eurométropole pour expulser ces personnes du territoire. Le choix a été fait de ne pas aménager et ni d’apporter une solution sanitaire. »
Début août, la Ville a en effet décidé de recourir à la Justice en assignant les migrants en référé, en raison de l’insalubrité et l’insécurité du campement. Cette procédure d’urgence devait assurer une évacuation rapide si les juges suivaient les arguments de la municipalité.
Pour Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire en charge de l’action sociale territoriale (EELV), il ne s’agit pas d’une décision si radicale :
« Nous n’avons jamais évacué de camp à Strasbourg. Un référé, c’est seulement poser un acte clair. Il s’agit de dire qu’une telle situation est intolérable, autant pour les personnes qui vivent sur le site que pour les citoyens strasbourgeois. Nous ne voulons pas de bidonville à Strasbourg. Pour autant, il ne s’agit pas d’évacuer par la force, mais d’accompagner et de proposer des solutions. »
Des avocats pour défendre les demandeurs d’asile face à la Ville et à la Préfécture
C’est à ce moment que Me Sophie Schweitzer, contactée par Valérie Suzan, a décidé de prendre la défense de ces personnes. Le 8 août, elle obtient un renvoi de l’audience au 12 septembre en invoquant des « assignations non-conformes ». Cela lui laisse un mois pour prendre en main les dossiers des familles dont elle s’occupe et de leur trouver un hébergement d’urgence.
Ce 17 août au matin, l’avocate est de retour sur le site des Remparts pour rencontrer ses clients et réunir les pièces nécessaires à l’introduction de la requête en référé. Elle est accompagnée de sa stagiaire et bientôt rejointe par un confrère, Me Julien Martin. Tous deux sont Présidente et Vice-Président de la Ligue des Droits de l’Homme de Strasbourg, bien qu’ils soulignent agir en leur seule qualité d’avocat. Elle prend en charge plus de trente personnes. Lui, vient l’épauler pour une dizaine de demandeurs d’asile supplémentaires.
Une centaine de personnes vivent sous les tentes des Remparts. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
Téléphone dans une main et dossiers dans l’autre, elle cherche ses clients à travers le camp. Certaines familles la reconnaissent et l’interpellent. Sur le chemin elle croise une famille qu’elle connaît. Les deux parents et trois enfants viennent d’obtenir leur attestation de demande d’asile. La mère ouvre son sac à main et sort le précieux sésame d’une pochette en plastique transparente dans laquelle elle semble conserver tous les documents administratifs importants. L’avocate laisse échapper un signe de satisfaction en serrant les poings. Elle veut leur annoncer qu’elle portera leur affaire au tribunal le lendemain, mais ils parlent seulement Albanais. C’est un enfant, au téléphone de l’avocate, qui s’occupe de traduire ses propos.
Mais il y a aussi deux autres personnes, grands-parents, qui ne répondent pas à l’appel ce matin là. Après un coup de fil, l’avocate obtient confirmation : ils ont été arrêtés la veille, placés en garde-à-vue avant de partir au centre de rétention de Metz.
Les avocats constatent les changements récents sur le camp, qu’ils trouvent de plus en plus insalubre. Ils prennent des photos pour les joindre à la juge. « Et donc ça c’est Strasbourg, ville européenne des Droits de l’Homme », ironisent-ils.
Des droits non respectés, les associations à la rescousse
Sans même parler de Droits de l’Homme, la situation entre en contradication avec la protection que l’État promet aux demandeurs d’asile. Si la Ville reconnaît que les occupants des Remparts sont « essentiellement des demandeurs d’asile », comment se fait-il qu’ils n’aient pas le droit à « un hébergement dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) ou autre structure similaire », ou, à défaut « dans une structure collective ou un hôtel » comme le prévoit la loi ? Il en va de même pour l’ADA, si les retards de paiement étaient avérés.
L’engorgement des structures d’accueil existantes est souvent avancé comme raison principale à cette défaillance : la Préfécture du Bas-Rhin n’aurait pas les moyens d’héberger tous les demandeurs d’asile. Me Sophie Schweitzer entend cet argument mais ne l’accepte pas pour autant :
« Si la situation est engorgée, alors il faut innover ! Deux CADA on été fermés. Il faut les rouvrir, il faut construire de nouvelles habitations, il faut héberger toutes ces familles ! »
Un avis que partage Valérie Suzan : il y a des places dans les lieux d’hébergement fermés l’été. Cela représente en effet 250 places, un « renforcement de l’hébergement qui a lieu en hiver, mais pas en été » admet Marie-Dominique Dreyssé.
En attendant, l’association de Valérie Suzan vient en aide aux demandeurs d’asile. Alors que Strasbourg Action Solidarité ne reçoit aucune subvention, elle avance que le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville lui envoie des migrants qui ont besoin de fournitures pour bébés.
Un père de famille vient avec une cinquantaine de bouteilles en plastique vides entassées dans un chariot de supermarché, pour les remplir une à une et faire des provisions pour sa famille. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
Jeudi 17 août, il est 19h à la gare de Strasbourg, à l’avant cette fois-ci. Une centaine de personnes attendent déjà la distribution bi-hebdomadaire de l’association. Quand deux fourgons arrivent avec les vivres, deux queues s’organisent : l’une pour les repas chauds et l’autre, effectivement, pour récupérer couches, vêtements et lait infantile.
Selon Valérie Suzan, les personnes qui viennent à la distribution son « essentiellement des personnes des Remparts ». Une quinzaine de bénévoles en gilets bleus, plutôt des femmes, s’activent pour la distribution. Du côté des repas, chacun repart avec une assiette de pâtes à la sauce tomate et au fromage râpé, une paquet de chips, et éventuellement du café. « Attention au service ! Il y a tellement de monde ce soir, ne faites pas des assiettes trop remplies », lance Valérie Suzan aux bénévoles.
L’association distribue chaque mardi et jeudi 250 repas. La distribution de fournitures pour bébés a lieu seulement le jeudi et concerne 49 familles. Malgré la cohue et les incompréhensions, les bénéficiaires restent calmes. Souvent, les enfants font office d’interprète ou d’intermédiaire entre bénévoles et parents.
La responsable en marinière fume beaucoup et semble un peu fatiguée par le rythme effréné de ces distributions. Après avoir tout préparé chez elle, elle passe la soirée à distribuer de la nourriture. À la gare d’abord, puis dans des maraudes à travers la ville. Ce soir là elle gère les crises : une femme qui n’a pas eu assez de couches pour son enfant, une autre qui ne peut faire la queue à cause de son enfant autiste, ou bien un jeune Irakien blessé qui vient lui demander de l’aide pour trouver un hébergement pour la nuit. Pour ce dernier, elle appelle le 115 (Samu social) qui ne peut rien faire. On lui répond que seule une dizaine de places sont disponibles pour un logement d’urgence pour les hommes pendant l’été.
Marie-Dominique Dreyssé affirme que les 3 000 places d’hébergement pour demandeurs d’asile sont prises à Strasbourg. Si l’État a aussi recours aux hôtels, c’est d’autant plus compliqué durant la saison touristique. L’adjointe parle d’une véritable « embolie » du système d’hébergement. Difficile d’en savoir plus sur ce sujet puisque la principale intéressée, l’OFII, ne répond pas.
De nouveaux centres d’accueil ?
Pour éviter l’installation d’un camp pérenne, un centre d’accueil pour demandeurs d’asile est en projet, dans la commune de Mertzwiller. L’objectif est de transformer un ensemble de petits immeubles pour accueillir 16 familles courant 2018. La ville se trouve à 35 kilomètres au nord de Strasbourg, il faut environ une heure pour faire le trajet en train. Or c’est bien à Strasbourg que sont concentrés tous les services de l’Etat où entreprendre les démarches administrative pour une demande d’asile. S’ils sont placés là-bas, les demandeurs d’asile ne peuvent refuser, sous peine de perdre leur allocation.
Le centre d’hébergement d’urgence des Remparts situé juste à côté du camp est rempli. (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
Marie-Dominique Dreyssé réagit de manière positive à la décision du tribunal administratif de ce lundi 21 août. Elle avait suivi cette famille dans ses démarches auprès des hôpitaux notamment :
« C’était une décisions attendue. Si des personnes sont en difficulté, elles doivent être prioritaires et l’État doit trouver les moyens nécessaire pour les héberger. »
Interrogée sur la responsabilité de l’État dans cette crise, dans laquelle la municipalité se trouve en première ligne, l’adjointe garde du recul et préfère mentionner que l’hébergement d’urgence est une compétence des municipalités. L’action strasbourgeoise s’effectue en coordination avec les services de la Préfecture.
Elle concède tout de même qu’il faut s’interroger sur l’évolution du droit d’asile et le devenir des personnes déboutées. Il ne s’agit pas de fermer les portes mais de réfléchir à des nouveaux systèmes d’accueil pour garantir la protection des personnes et leur dignité. Elle conclut : « les migrations continueront et c’est notre richesse ».
Il pleut moins et les cours d’eau se déssèchent. Il ne s’agit pas d’un habituel « coup de chaud » estival mais d’une tendance de presque un an. Depuis septembre 2016, les rivières du département sont en-dessous de la moyenne normale. Les seules remontées s’expliquent par des orages de courte durée.
Ces constats viennent de la Préfecture du Bas-Rhin qui se base sur le cumul des précipitations entre septembre 2016 à mai 2017. Suite à ces données inquiétantes et une réunion au sommet du « comité sécheresse » mi-août, un communiqué appelle « à rester vigilant ».
Pas de mesures obligatoires
Si à ce stade aucune mesure coercitive n’est mise en place, ce simple message d’alerte est un témoin d’une dégradation de la situation. Il n’y avait pas eu de recommandations similaires ces dernières années.
Les services de l’État relèvent en particulier « des situations plus préoccupantes » sur la Selztbach, au nord de l’Alsace et la Mossig, cet affluent de la Bruche à hauteur de Molsheim. »
La Préfecture appelle à une utilisation économe de l’eau (Photo François Schnell / Flickr / cc)
Particuliers comme professionnels, soyez économes
Le Préfet du Bas-Rhin appelle l’ensemble des habitants à « une utilisation économe de l’eau en limitant les arrosages des pelouses et jardins, en lavant les véhicules de préférence dans des stations professionnelles, en limitant le remplissage des piscines et le lavage des voiries… »
Il enjoint aussi les industries à « surveiller la qualité de leurs rejets » dans les cours d’eau, bien qu’ils puissent poursuivre. Quant aux agriculteurs, il conseille de « maintenir les bonnes pratiques », qui semblent néanmoins insuffisantes désormais, telles les tours d’eau.
Le comité sécheresse se réunira à nouveau le 7 septembre et ordonnera éventuellement des mesures si la situation ne s’améliore pas.
Pour ouvrir la semaine Ciné Cool, les cinémas Star et Rue89 Strasbourg vous proposent de gagner 20 invitations pour 2 personnes pour voir « Gabriel et la Montagne ». Cette avant-première se déroulera en présence du réalisateur Fellipe Barbosa, vendredi 25 août à 20h15.
Le pitch
Gabriel est venu en Afrique étudier la pauvreté. Après un an sur place, cet étudiant brésilien en Économie se fonde dans la population locale. Mais il souhaite se faire accepter comme un vrai Maasaï. Il décide alors de gravir le mont Mulanje, au Malawi. Seul et en sandales.
Le concours
Y aller
Avant-première de Gabriel et la Montagne, en présence du réalisateur, vendredi 25 août à 20h15, au Star St-Exupéry, 18 rue du 22 Novembre à Strasbourg.
Depuis le 3 juillet, le Crédit Mutuel au Wacken a restreint son accès pour les cyclistes et coupé la circulation à vélo à l’intérieur du site. Une situation inconfortable pour les salariés adeptes de la petite reine.
Au début de l’été, un nouveau plan de circulation peu avantageux pour les cyclistes a été mis en place sur le site du Crédit Mutuel, dans le quartier du Wacken. Avant le 3 juillet, les « vélo-tafeurs », c’est-à-dire les employés venant travailler à vélo, avaient trois possibilités pour se rendre à leur lieu de travail : emprunter une passerelle à vélo via le parc de l’Aar, au nord du site, ou entrer rue du Wacken, par deux entrées proches de l’arrêt de tram Rives de l’Aar. Désormais, seule l’accès le plus proche de la station de tram est accessible à vélo, comme en voiture.
Un tourniquet a été installé à l’entrée proche du parc de l’Aar, rendant impossible l’arrivée en vélo sur le site. (Photo: LG/ Rue89Strasbourg)
Une seule entrée pour un seul parking à vélo, souterrain et fermé. Auparavant, des arceaux étaient disséminés aux pieds de la dizaine de bâtiments. Mais désormais, ils ont été détruits et les emplacements à vélos ont été démontés. Pour les remplacer, un nouveau et unique parking à vélos a été construit. Il est situé au sud-ouest du site, proche de l’entrée maintenue.
Certains se voient donc obligés de traverser les parkings et chemins à pied une fois leur bicyclette attachée au seul emplacement autorisé. Embêtant étant donné la taille du site: le siège de la Fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe s’étend sur plus de 400 mètres de long. Des salariés dont les bureaux se situent à l’opposé du parking à vélos peuvent perdre près de dix minutes pour rejoindre leur bâtiment. Presque autant que le trajet domicile-travail pour les habitants de Schiltigheim, du Wacken ou l’entrée de la Robertsau.
Les vélos sont tous rangés dans un parking souterrain fermé. (doc. remis)
Une question de « sécurité »
De fait, les cyclistes ne pédalent plus à l’intérieur du site. Ce n’est pas le cas des voitures dont l’accès n’a pas été réduit. La raison invoquée pour ce réaménagement ? « Une question de sécurité d’accès et de circulation », aurait répondu la direction, selon un employé qui s’est interrogé en interne. Des arguments qui ne tiennent pas pour ce vélotafeur :
« Les coffres ne sont pas fouillés. On peut plus facilement y cacher des choses que sur un porte-bagage de vélo. Quant à la circulation à vélo, elle est moins dangereuse que celle en voiture. Un vélo ne peut renverser personne. »
Un groupe qui promeut pourtant l’utilisation des transports doux
Une position paradoxale pour la grande banque de l’Est de la France, dont la politique d’entreprise encourage officiellement l’utilisation de transports doux, c’est-à-dire l’ensemble des modes de transports sans moteur. Des communiqués internes font la promotion du vélo comme moyen de transport pour venir travailler et des recharges sont même mises à disposition pour les vélos à assistance électrique. Le Crédit Mutuel de Strasbourg a participé à la dernière édition du challenge Au Boulot à Vélo, pour lequel il a atteint la troisième marche du podium dans la catégorie « entreprise privée de plus de 500 employés ».
D’autres agences du groupe sont allées plus loin. En 2008 le Crédit Mutuel du Centre d’Orléans s’était intéressé aux modes de déplacements de ses employés. Un PDE (Plan de déplacements entreprise, qui regroupe un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles), a été créé en avril 2008 avec pour objectif de réduire l’utilisation de la voiture individuelle. Pour cela, l’entreprise a installé de nouveaux espaces vélo plus fonctionnels et acheté cinq vélos à assistance électrique en mai 2009. Les 250 salariés du siège et des agences de l’agglomération orléanaise ont quant à eux été conviés à utiliser un mode de transport doux au moins une fois par semaine.
Les emplacements pour vélos ne peuvent plus être utilisés depuis début juillet. (photo transmise)
Un changement « vécu comme une perte de confort »
Confiner les petites reines à un endroit est considéré comme un « recul » de la part de certains employés cyclistes. Un employé précise :
« La construction du parking à vélos ne part pas d’une mauvaise intention, mais elle a été mal pensée. Le plan de réaménagement est vécu comme une perte de confort par la plupart des salariés venant à vélo. Ils déplorent de ne plus pouvoir circuler à l’intérieur du site. »
Ce salarié ne peut plus prendre son vélo pour traverser les bâtiments et se rendre à la cantine à midi. Il perd près de dix minutes chaque jour sur son temps de pause depuis les changements de circulation. Un temps non négligeable sur une pause repas d’environ une heure.
Des effets secondaires de ce nouveau plan de circulation sont visibles : les piquets, grillages et les arbres proches des anciennes entrées cyclistes du site sont pris d’assaut par les vélos de salariés, pour qui le nouveau parking vélos est situé à l’opposé de leur bureau.
Depuis la construction d’un unique parking à vélo sur le site, des salariés accrochent leur vélo à proximité des entrées les plus proches de leur bureau. (photo LG / Rue89 Strasbourg)
Les automobilistes avant les cyclistes?
Ce plan de réaménagement aurait-il été conçu pour favoriser les déplacements des automobilistes dans un quartier souvent embouteillé ? C’est en tout cas ce que pense un salarié interrogé. « Le parking voitures est saturé tôt le matin, les emplacements vélos détruits pourraient permettre à plus d’automobilistes de se garer. »
Ce nouveau plan de circulation est par ailleurs en décalage avec la politique de la Ville de Strasbourg, qui multiplient les initiatives pour inciter les habitants à pédaler : parcs à vélos, service de location longue durée très utilisé, création d’une vélorue (la première du pays) ou encore Velostras, un projet d’autoroute pour vélos.
Plus d’embouteillages à venir ?
Déjà difficile d’accès aux heures de pointes, l’accès à ce secteur est un enjeu de mobilité important dans les années à venir. En effet, à quelques centaines de mètres de là se construit le futur quartier d’affaires international du Wacken, renommé Archipel, où le groupe bancaire installera les équipes de sa filiale informatique courant 2018.
D’une surface de 34 000 m² de bureaux, ce complexe entraîne un profond remodelage du quartier. Et va exiger que plus de personnes y accèdent. L’idée d’une « passerelle automobiles », un pont qui raccorderait les bureaux du Crédit Mutuel par Schiltigheim, est par exemple envisagée à l’entrée du parc de l’Aar.
Sollicité sur ce plan de réaménagement, le Crédit Mutuel n’a pas souhaité répondre à nos questions.