Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Et si Strasbourg se dotait d’un RER performant ?

Et si Strasbourg se dotait d’un RER performant ?

L’Association des usagers des transports en commun publie une étude où elle propose de créer un système de transports en commun similaire à un RER pour relier des communes autour de Strasbourg, via la capitale régionale mais sans terminus.

« Aujourd’hui, quelqu’un qui vit à Brumath et travaille à la Vigie ne prend pas le train », regrette Patrice Paul, vice-président de l’Association des usagers des transports urbains de l’agglomération strasbourgeoise (Astus). La raison ? Tous les trains régionaux (TER) ou presque finissent leur trajet à Strasbourg. Et les correspondances ne sont pas toujours optimales.

Rue89 Strasbourg vous avait annoncé en mars que l’Astus allait s’intéresser à la possibilité de constituer « une étoile ferroviaire ». Les travaux sont désormais terminés. Un étudiant en Master d’aménagement, Ibiro Ahmed Ibiro a effectué un stage auprès de l’association pour en tirer une étude complète.

Concrètement, l’Astus imagine de pouvoir aller d’Haguenau à Offenbourg sans correspondance, ou de Mommenheim à Molsheim (voir le schéma ci-dessous). Ces trois nouvelles lignes s’ajouteraient aux dessertes actuelles et utiliseraient les même rails. « Il existe encore des marges de manœuvres, même aux heures de pointe », assure David Wendling, chargé de mission pour l’association.

Des nouveaux TER traversant à Strasbourg ?

Les nouvelles lignes en bleu tiennent compte des rails posés en gare de Strasbourg. Ainsi il est difficile d’aller directement de Lauterbourg à Molsheim, car cela revient à traverser une dizaine de voies. (document ASTUS)

 

Quelques gares en plus et électrifier le réseau

L’Astus propose de rajouter six « haltes » (des petites gares) sur le réseau, pour le rendre plus efficace et espacer les arrêts de 1 à 2 kilomètres. Parfois, il faudrait rajouter une troisième voie « d’évitement » pour que les trains ne soient pas percutés par d’autres TER des mêmes lignes.

Le coût du projet n’est pas chiffré, mais l’association la compare à l’extension de 8 lignes prévue pour 2020 du S-Bahn à Fribourg. L’Astus n’avait pourtant pas connaissance de ces travaux au moment de lancer son étude. Dans cette ville allemande deux fois plus petite que Strasbourg, l’investissement est de 290 millions d’euros, matériel roulant compris. Le principal ajustement autour de Strasbourg serait d’électrifier les lignes, en particulier Haguneau-Vendenheim et Strasboug-Molsheim ce qui permet aux trains d’accélérer et freiner plus vite, ainsi que de bien moins polluer moins que les rames diesel actuelles.

Le cadencement imaginé est d’ailleurs le même que chez nos voisins allemands : toutes les demi-heures en journée et toutes les heures en soirée. « Ce projet de TER traversant n’est pas une vue de l’esprit », insiste Patrice Paul.

Les embouteillages « ont aussi un coût »

Quant au fonctionnement quotidien, il serait en partie payé par l’usager (le « taux de couverture » du TER est d’environ 33% en Alsace et de 45% pour la CTS) avec ses tickets et abonnements, et en partie par la collectivité. « L’engorgement, la pollution ou l’entretien des routes ont aussi un coût », compare Patrice Paul.

Notons que les abonnés CTS qui résident dans l’Eurométropole peuvent déjà emprunter les TER dans les 13 gares de l’agglomération sans surcoût. Ces lignes viendraient constituer un maillon supplémentaire. Le projet vise les personnes qui prennent leur voiture car ils ne trouvent pas d’offre en transports correspondant à leurs besoins.

Même vision que le gouvernement ?

L’association estime que ses travaux font écho aux propos du nouveau gouvernement. Ce dernier estime que les dépenses ont été concentrées sur les grandes lignes TGV et que les trains du quotidien ne sont pas assez remplis, notamment faute d’entretien.

Une proposition bienvenue à l’heure où l’on cherche à délester l’A35 qui traverse Strasbourg de ses véhicules et que la solution GCO ne fait pas l’unanimité. L’Astus aurait reçu des retours favorables de la Région Grand Est et de l’Eurométropole de Strasbourg. Elle doit encore convaincre la SNCF.

L’étude complète de l’Astus

L’université en campagne contre les idées reçues avec Rue89 Strasbourg

L’université en campagne contre les idées reçues avec Rue89 Strasbourg

L’université de Strasbourg lance un cycle de conférences pour diffuser auprès du grand public une approche scientifique des problèmes de société. Appelé « l’université en campagne… contre les idées reçues », ces rencontres vont permettre de décrypter et d’expliquer des sujets de société, en partenariat avec Rue89 Strasbourg.

Pourquoi tant de « fake news », de rumeurs et d’approximations dans le débat public alors qu’il n’y a jamais eu autant de scientifiques ? C’est de ce constat qu’est née l’idée de Fleur Laronze, enseignante-chercheur en droit privé de l’université de Strasbourg, et de Philippe Gillig, enseignant-chercheur en économie : il était temps pour les universitaires de sortir de leurs murs pour aller à la rencontre des citoyens, et répondre à leurs questions.

Appelé « L’université en campagne contre les idées reçues, » ce cycle de 14 conférences en deux ans doit porter des thématiques telles que les ordonnances réformant le Code du travail ou les migrations, le logement, le revenu universel… auprès de publics aussi divers que les habitants des villes, ceux qui résident dans des zones plus rurales et les lycéens. Pour chaque conférence publique, un journaliste de Rue89 Strasbourg est chargé d’assurer l’animation de la rencontre et de recueillir les questions du public.

Fleur Laronze et Philippe Gillig (doc remis)
Fleur Laronze et Philippe Gillig (doc remis)

Comme pour le cycle « Tous connectés et après ? » au Shadok, qui explore et décrypte les changements liés au numérique, l’objectif des conférences de l’Université en campagne… est de permettre à chacun d’interroger des experts. Pour lancer la discussion, une série d’ »idées reçues » sont disséquées mais les intervenants ne viennent pas avec un cours ni un discours pré-établi. Ils sont simplement prêts à répondre aux questions, ce qui permet à la soirée d’être à la fois informative et interactive.

D’autres rendez-vous bientôt programmés

Deux conférences sur les ordonnances réformant le Code du travail ont déjà été tenues à Strasbourg et à Sélestat. D’autres sont à venir. Ne manquez pas nos prochaines rencontres ! Pour vous tenir au courant des conférences de l’Université en campagne contre les idées reçues, vous pouvez entrer votre adresse e-mail dans le formulaire ci-dessous ou vous abonner à la page sur Facebook.

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L’université en campagne contre les idées reçues est financé par des fonds Idex (initiative d’excellence) de l’Université de Strasbourg.

#Fleur Laronze

Face à face entre Vinci et opposants au GCO à Kolbsheim, les travaux préparatoires reportés

Face à face entre Vinci et opposants au GCO à Kolbsheim, les travaux préparatoires reportés

Mercredi matin, les opposants au Grand contournement ouest (GCO) sont parvenus à stopper des travaux préparatoires. Le gouvernement souhaite que Vinci améliore ses mesures de compensation environnementales avant d’engager les chantiers. Sur place, les opposants saluent une victoire, acquise grâce à leur organisation et leur détermination.

La date du mercredi 20 septembre marquera-t-elle un tournant majeur ou une simple péripétie dans le dossier du Grand Contournement ouest (GCO – voir tous nos articles) de Strasbourg ? La confrontation était annoncée et attendue, elle a bien eu lieu sur une petite route entre Kolbsheim et Ernolsheim-Bruche, au nord de Strasbourg.

La poursuite des sondages géotechniques et archéologiques était attendue, cette fois ci en forêt. Ces travaux préparatoires nécessitent des déboisements. Le concessionnaire Arcos (Vinci) avait reçu des autorisations en janvier. Les zones à sonder dans les champs ont été traitées durant l’hiver, en attendant cette deuxième phase.

Yoam, habitant de la « zone à défendre » (ZAD) avait des soupçons sur le début de ces travaux, « vu le nombre de drones qui ont survolé l’endroit » la veille. Il s’est retrouvé nez-à-nez avec les engins au petit matin :

« Nous faisons des tours de garde dans la forêt la nuit et quand j’ai pris ma relève à 6h, j’ai vu les engins arriver. Je suis retourné à la ZAD pour lancer l’alerte. »

Prévenus grâce à une chaîne de messages téléphoniques, des dizaines d'opposants se sont mis entre les engins et la forêt (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Prévenus grâce à une chaîne de messages téléphoniques, des dizaines d’opposants se sont mis entre les engins et la forêt (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Tours de garde et système d’alerte en chaîne

Les opposants ont un système d’alerte en chaîne, des messages SMS sont envoyés à de nombreux sympathisants et journalistes très rapidement. Dès 6h50, la pasteur du village a sonné les cloches « en chemise de nuit ». D’autres occupants sont allés toquer aux portes. Une cinquantaine de personnes a afflué sur la D93, légèrement en surplomb de la zone à défendre dite « du Moulin », pour se cantonner face aux engins.

Nathalie Reibel, habitante de Duttlenheim, était l’une des premières sur place et s’est attachée à une tractopelle, encore présente sur un camion. « Les gendarmes m’ont demandé de descendre, mais ils n’ont pas insisté. Ils ont été très corrects ». Cette dame a pris 15 jours de congés et vient tous les jours à 6h. Les gendarmes ont observé la scène mais ne sont pas intervenus. Ce sont Vinci, présents avec l’équipe dirigeante en grand nombre sur place, et ses sous-traitants qui ont décidé de stopper les moteurs pour ne mettre personne en danger.

Du côté de Vinci et de ses sous-traitants, la matinée a surtout été composée d'une longue attente... (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Du côté de Vinci et de ses sous-traitants, la matinée a surtout été composée d’une longue attente… (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Le gouvernement alerté par Martine Wonner et Dany Karcher

Une fois la situation apaisée, les gendarmes, le concessionnaire et ses sous-traitants, et les opposants se sont regardés dans le blanc des yeux pendant de longues heures. Les forces de l’ordre expliquaient attendre des consignes pour agir. Entre les parties sur place, les échanges ont été limités mais cordiaux, parfois même sympathiques.

Dans le même temps, la nouvelle députée de la circonscription, Martine Wonner (LREM), alertée par le maire de Kolbsheim Dany Karcher, appelle le ministère des Transports, sous tutelle de celui de la transition énergétique de Nicolas Hulot. Elle revient sur ce coup de fil pour Rue89 Strasbourg :

« On était tombés d’accord avec le ministère des transports le 6 septembre sur le fait qu’aucun travaux ne devait être effectué avant que le Conseil national de protection de la nature (CNPN) ne rende un second avis (le premier était négatif ndlr). Je leur ai donc demandé s’ils étaient au courant que Vinci avait repris les travaux. Dans la demi-heure qui a suivi, le cabinet de la ministre m’a confirmé que le préfet du Bas-Rhin avait été contacté pour que les travaux soient stoppés. »

Une trentaine de gendarmes étaient présents mercredi matin. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Une trentaine de gendarmes étaient présents mercredi matin. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Dany Karcher a plus ou moins passé toute la matinée au téléphone (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Pendant sa campagne, Martine Wonner avait indiqué vouloir tenter une conciliation sur le GCO et proposer un moratoire sur ce projet d’autoroute. Vers 9h30 donc, Dany Karcher est prévenu que le cabinet de la ministre des transports a ordonné la fin des travaux. La nouvelle est immédiatement saluée par des cris de victoire des opposants mais, du côté de Vinci et des gendarmes, on attend les consignes officielles avant de se replier.

Round diplomatique à la préfecture

Entre chants et cent pas, la matinée se déroule et vers 11h30, le président et le directeur d’Alsace Nature sont reçus par le secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, à Strasbourg. L’association environnementaliste est membre du collectif « GCO-Non Merci. » Dans la lutte contre la construction de l’autoroute, elle s’occupe plutôt des aspects légaux du dossier.

Sur place, quelques gouttes se pointent et les rangs se dégarnissent. On annonce une brigade de gendarmes mobiles à quelques centaines de mètres de là. On craint une évacuation, mais il n’en sera rien. Sur la route, on essaie d’un peu relancer l’assemblée avec quelques chansons composées contre le GCO.

Peu avant 13h, la faim se fait sentir et la pluie est plus insistante. Une tonnelle est amenée de la ZAD tandis que d’autres opposants rapportent quelques salades, de la charcuterie et même des merguez. Les gendarmes tiquent un peu, c’est une entrave à la circulation. Vers 13h15, un semi-remorque repart avec une pelleteuse à son bord. Applaudissement sur la route par la foule intragénérationnelle.

Quelques minutes plus tard, l’officialisation de l’arrêt des travaux vient du maire Dany Karcher, mégaphone en main. Il indique aux opposants présents qu’il n’y aura pas de travaux préparatoires tant que Vinci ne présentera pas un dossier unique sur les compensations environnementales et conforme à la loi sur l’eau. Après avoir remercié les gendarmes, il prononce la fin de l’occupation des lieux.

Dany Karcher annonce qu’il n’y aura pas de travaux

Reçu à la préfecture, Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature, en ressort vigilant :

« Le préfet n’ordonne pas l’évacuation de la ZAD car il relève que tout s’est bien passé. Les travaux préparatoires en forêt exigent des coupes massives, elles sont en fait le premier effet irréversible du GCO. C’est la raison de notre opposition, surtout après l’avis défavorable du CNPN. On remarque aussi que dans les expressions, on parle de moins en moins d’un projet qui sert à désengorger Strasbourg, mais plus d’un maillon pour transformer l’A35 en boulevard. Les conditions pour un moratoire semblent réunies. »

Sur place, les opposants ont des doutes sur la légalité des travaux du jour. Le lierre autour des arbres devait être retiré deux mois avant pour protéger les chauve-souris, or, personne n’a vu d’agents effectuer ce travail, ni cet été ni les derniers jours alors qu’une vérification d’usage est prévue la veille ou l’avant-veille.

L’entreprise de déboisement a dû rattacher son tracto-pelle et s’en est allée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Les dirigeants alsaciens en colère

Cette non-intervention des forces de l’ordre a fortement déplu aux dirigeants alsaciens. Dans un courrier commun au premier ministre Édouard Philippe, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS mais plus trop), les présidents de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), du Grand Est, Philippe Richert (LR mais plus trop), du Bas-Rhin, Frédéric Bierry (LR), de la CCI Jean-Luc Heimburger et de la chambre des métiers Bernard Stalter (aussi élu à la Région Grand Est) se disent « particulièrement surpris, voire choqués, que les travaux aient été interrompus. » Ils souhaitent être rassurés et reçus pour évoquer leur reprise.

Derrière cet échange courroucé se dessine peut-être une autre perception du dossier entre l’auto-proclamé « nouveau monde » et des élus locaux aux nombreux mandats successifs. Le gouvernement ne s’est jamais prononcé sur ce projet, aux répercussions jusqu’ici locales. Pour les opposants, cette autoroute payante ne règle pas les problèmes d’accessibilité à Strasbourg aux heures de pointe. En toute fin de soirée, Alsace Nature produit un contre-communiqué où l’association dénonce un double-discours… et demande aussi à être reçue. Ambiance.

Réunion de crise et oppositions à venir

Une réunion de crise est prévue, a priori ce jeudi 21 septembre, entre des membres du ministère, de la préfecture du Bas-Rhin, des élus locaux et Vinci. Présents sur place, les dirigeants d’Arcos, la filiale de Vinci pour la construction du GCO et son exploitation, n’ont pas souhaité s’exprimer. Plusieurs responsables ont pris des photos de cet empêchement de travailler, qui pourrait alors éviter d’éventuelles pénalités de retard prévues dans le contrat.

Les opposants ont un autre motif d’espoir, la nomination de Stéphane Bern comme conseiller bénévole du président Macron pour la préservation du patrimoine. Un an plus tôt, il avait signé une tribune avec d’autres personnalités médiatiques dans laquelle il dénonçait « les dégâts irréversibles que générerait le GCO sur les jardins du château de Kolbsheim. » Le projet se ferait selon lui « au mépris d’un site culturel et patrimonial majeur. »

Avec Pierre France

À Kolbsheim, des opposants au GCO empêchent des travaux préparatoires

À Kolbsheim, des opposants au GCO empêchent des travaux préparatoires

Mis en place sur le périmètre prévu du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), le système d’alerte des opposants à la construction de cette autoroute a été activé vers 7h ce matin :

« ALERTE Vigie ZAD du Moulin : présence d’ouvriers accompagnés de gendarmes + camions… Besoin de monde. »

Immédiatement, plusieurs dizaines de personnes se sont rendues sur les lieux pour empêcher les engins et les ouvriers de Vinci, concessionnaire du GCO, de travailler. La « zone à défendre » (ZAD) du Moulin se situe entre Kolsheim et Ernolsheim, au nord de Strasbourg. Depuis l’alerte, ouvriers, gendarmes et opposants se font face. Les travaux sont effectivement arrêtés, ils ne concernent pour l’instant qu’une préparation du terrain en vue des fouilles archéologiques préventives.

Plusieurs dizaines de personnes se sont mis entre les engins de chantier pour les empêcher de progresser (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Un ordre de suspension du ministère de l’écologie ?

Vers 9h30, le maire de Kolbsheim, Dany Karcher, a annoncé que le ministère des transports avait ordonné la suspension de ces travaux, provoquant des cris de joie parmi les opposants :

« La députée de la circonscription, Martine Wonner (LREM) a joint le cabinet du ministre en charge des transports (Elisabeth Borne, ndlr) qui lui a confirmé que les travaux seraient arrêtés. On a fait écouter le message aux gendarmes et on attend qu’ils reçoivent l’ordre formel de la préfecture. »

Pour les opposants qui ne peuvent rejoindre la ZAD, un rassemblement est programmé ce mercredi à 11h devant la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg, place de la République. Une réunion est prévue jeudi à la préfecture pour décider de la suite à donner à ces travaux.

Une trentaine de gendarmes ont été déployés (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Les opposants au GCO organisent samedi 30 septembre à Strasbourg une importante manifestation contre ce projet d’autoroute, qu’ils estiment inutile, polluant et coûteux.

Au Shadok, les jeux vidéos indépendants s’exposent pour sortir de l’ombre

Au Shadok, les jeux vidéos indépendants s’exposent pour sortir de l’ombre

Le Shadok, sanctuaire strasbourgeois des cultures numériques, accueille l’extension vidéoludique du Festival Européen du Film Fantastique. Consacré à la création indépendante, ce mini-festival dans le festival finira-t-il par s’émanciper ?

Comme un festival dans le festival, les manifestations organisées au Shadok, docks Malraux à Strasbourg, paraissent se dérouler en marge, loin des maquillages du village fantastique et des midnight movies des cinémas star. Pourtant, les quais de la presqu’île Malraux sont,  eux aussi,  bien animés durant les 10 jours que dure le FEFFS. La célébration du cinéma de genre est l’occasion pour la culture geek et vidéoludique de s’offrir une visibilité, et, pourquoi pas, de se laisser découvrir par le grand public.

Une compétition qui célèbre le talent des créateurs de jeux vidéos

Le festival au Shadok, c’est d’abord l’occasion de récompenser les jeux indépendants sélectionnés dans le cadre de l’Indie Game Contest. Le jury, composé de commentateurs et de créateurs du monde du jeux vidéo, dispose de 10 jours pour tester les 8 jeux internationaux et les 8 jeux français en compétition afin de décerner le prix Octopix. Cette année, Arte récompense l’un des jeux en lice.

Pour Théo, organisateur de ces activités au Shadok, le choix de ne s’intéresser qu’à des jeux dits « indépendants » (qui ne sont pas financés par de grands éditeurs) n’est pas qu’une question de moyens :

« les jeux indé, ça permet de mettre en avant la créativité des concepteurs. Comme c’est le travail de très peu de personnes, on ressent tout de suite le talent. »

Parmi les oeuvres en compétition, un jeu strasbourgeois : cuttlefish rising, où le joueur incarne une seiche dont la principale mission est de survivre dans le monde marin. Benoît « ExServ » Reinier, journaliste indépendant, streamer et vidéaste, récemment installé à Strasbourg, est membre du jury. Il se dit enthousiasmé par la compétition :

« La sélection est assez éclectique, les jeux touchent pour certains à des questions de société intéressantes, ce qui est propre au jeu indé. Il y en a par exemple un où le joueur campe un personnage à qui l’on vient d’annoncer un cancer. »

ExServ dispose de 10 jours pour tester les jeux en compétition mais profite également des oeuvres de Tatiana Vilela dos Santos. (Photo Tanguy Cadi/ Rue89 Strasbourg)

Les jeux en compétition ne sont pas tous terminés et la plupart ne sont pas encore disponibles au public. C’est l’occasion pour les créateurs de confronter leurs oeuvres à une première audience, d’observer les comportements des joueur et, éventuellement, de corriger les créations avant leur commercialisation. Pour Théo, ce mini-festival est aussi un moment de rencontres rares :

« On a de grands développeurs qui ont prévu de passer pendant le festival. C’est aussi l’occasion de rencontres entre développeurs mais aussi avec les joueurs. »

Pour la première fois, le jury attribuera également un prix étudiant, récompensera la meilleure création issue d’écoles de jeux vidéo. Là encore, Benoît ne cache pas sa satisfaction.

« Les jeux viennent d’écoles françaises, ça permet de montrer qu’en France il se passe des choses. D’ailleurs, on sait que les jeux français s’exportent souvent plutôt bien. »

Bornes d’arcades et consoles, à seul où à plusieurs.

Les jeux sont tous présentés au premier étage du Shadok et les visiteurs sont invités à y jouer afin de se faire leur propre opinion. Au rez-de chaussée, des bornes d’arcades sont alignées, elles permettent au visiteur de découvrir ou de redécouvrir des grands classiques retro comme Streetfighter ou Windjammers. Contre la machine, ses amis ou de parfaits inconnus, chacun est libre de jouer sous le regard curieux et amusé de néophytes, de joueurs expérimentés, ou de membres du staff impatients de pouvoir à leur tour s’emparer du joystick.

Théo est lui même un joueur invétéré. (Photo Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg)

A l’étage, des fauteuils sont placés devant des téléviseurs, eux-mêmes branchés à des consoles en tout genre. NES, Playstation, Wii, les jeux que l’on a choisi de montrer sont en accord avec le thème annuel du festival : Humans 2.0. Toutes les oeuvres présentées (Metal Gear, Vanquish, Super Metroid) sont porteuses d’un discours sur l’intelligence artificielle et l’humanité augmentée. L’expérience complète du festivalier peut ainsi le mener, de manière tout à fait cohérente, d’une séance de Metropolis (réalisé en 1927 par Fritz Lang) à une partie de Megaman (sorti pour la première fois sur NES en 1987).

Le divertissement n’est toutefois pas oublié : Dragon Ball Z ou Super Smash Bros sont également laissés en libre service pour permettre au visiteur d’y défier ses amis.

« On a voulu éviter Mario et Sonic. Tout le monde connaît ces jeux mais ça ne représente que 5% de ce qu’est vraiment les jeux vidéo. »

Théo est un passionné. Il a personnellement sélectionné les jeux sur un critère simple : la qualité et la représentativité de ceux-ci. S’il est lui même un grand joueur, il n’oublie pas ceux qui n’ont qu’une culture modeste en termes de jeux vidéo. Le non-joueur peut donc sereinement se rendre au Shadok et y découvrir une vitrine du média vidéoludique qui a su esquiver la facilité et le cliché.

La réalité virtuelle à l’honneur

Des fauteuils, des écouteurs, et d’énormes appareils que l’on enfile autour de sa tête. C’est l’équipement proposé au visiteur désireux d’expérimenter, gratuitement, la réalité virtuelle via une sélection de 7 courts et moyens métrage et de quelques jeux vidéos. Accompagné par un bénévole, il est possible de s’essayer à la VR ou d’en apprendre plus sur son fonctionnement et son utilisation en assistant à la conférence organisée le dimanche 17 dans l’après-midi.

« La réalité virtuelle, c’est très attractif pour le public car très onéreux. Comme je le vois, c’est un moyen de faire un pont entre les jeux vidéo et le cinéma. »

Plusieurs casques de réalité virtuelle sont laissés à la disposition du public. (Photo Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg)

Aider à la démocratisation du medium

Les conférences, les jeux en libre accès et l’exposition de l’artiste numérique Tatiana Vilela dos Santos sont autant d’éléments qui contribuent à la démocratisation du jeux vidéo en tant qu’expression artistique. Les organisateurs ne cachent pas leur désir de voir des curieux s’aventurer au Shadok durant le festival et se laisser prendre au jeu. A ce titre, le FEFFS permet de donner une visibilité inhabituelle au jeux vidéo à Strasbourg.

Jouissant lui-même d’une petite notoriété dans le monde du jeux vidéo, Benoît se dit satisfait que le secteur puisse ainsi profiter de l’engouement pour le festival pour se laisser découvrir par le grand public :

« Ça permet de prendre au sérieux le jeu vidéo, mais il faut bien se souvenir que les deux n’ont rien à voir l’un avec l’autre, tout comme le théâtre n’a rien à voir avec la poésie. »

On peut en effet à juste titre s’interroger sur la pertinence d’intégrer les activités vidéoludiques du Shadok au Festival du Film fantastique. Malgré les efforts des organisateurs pour lier leurs manifestations aux thématiques du FEFFS, le jeu vidéo demeure un aspect périphérique du festival. Mais Benoît se dit confiant :

« Le jeu vidéo gagne en maturité et cesse petit à petit de complexer par rapport au cinéma. Il est tout à fait capable de voler de ses propres ailes et il le fera. »

À l’étranger, le jeu vidéo bénéficie déjà de ses grands rendez-vous comme l’E3, une convention où sont présentées par les plus grands éditeurs les sorties annuelles. Le jeu vidéo indépendant gagnerait lui aussi à bénéficier d’une visibilité accrue, peut-être un jour à Strasbourg ?

Le Crédit mutuel et la Caisse d’Épargne intéressés par la deuxième phase du quartier d’affaires Archipel

Le Crédit mutuel et la Caisse d’Épargne intéressés par la deuxième phase du quartier d’affaires Archipel

La Ville de Strasbourg lance les premières consultations pour la phase deux du quartier d’affaires du Wacken, renommé Archipel. Elle attribue aussi le futur hôtel place Adrien Zeller à l’équipe Adim – Demathieu & Bard, qui construira deux établissements 4 étoiles pour le groupe Mariott.

Le nouveau siège d’Adidas, au Wacken à Strasbourg, est terminé. Les ouvriers aménagent les parties intérieures en vue d’un déménagement cet hiver, en février 2018. Mais il sera bientôt toisé par un immense paquebot, les bureaux d’Euro-Information, la filiale informatique du Crédit mutuel. Dans ce dense ensemble, un autre immeuble, de logements, est aussi en construction, également programmé pour 2019.

Maquette de l’imposant bâtiment d’Euro Information, qui surplombera la bâtiment Adidas, au second plan sur la gauche (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

À quelques encablures, quatre autres tours, deux de logements et de deux de bureaux, dont on connait les promoteurs mais pas encore les occupants, attendent leurs premiers coups de pioche. Les constructions doivent aussi être achevées en 2019.

Deux hoteliers

Tout cette activité encourage la Ville de Strasbourg à poursuivre la réalisation du quartier d’affaires du Wacken, qui s’appelle maintenant Archipel. Le 25 septembre, le conseil municipal doit délibérer sur l’attribution du lot 5. Il s’agit d’une résidence hôtelière qui doit garder intacte la façade rose du parc des expositions, côté place Adrien Zeller, car ce fronton est classé.

Les deux hotels seront en lieu et place de l’actuel hall rose du théâtre du Maillon. Seule la façade de l’autre côtéde la place doit être gardée (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Deux établissement 4 étoiles, « AC » by Mariott et « Element » by Westin se répartiront 250 chambres. En sous-sol, un parking de 350 places sera construit. Les promoteurs Adim, (groupe Vinci) et de Duppigheim Demathieu et Bard s’occuperont de la réalisation. La municipalité n’a pas reçu de visuels, mais s’est fié au renom des architectes pour son choix, en plus de la comparaison des éléments objectifs parmi cinq offres.

Ces travaux ne devraient débuter que lorsque le théâtre du Maillon aura déménagé de l’autre côté de la place. Le Maillon est sensé rester dans sa salle actuelle jusqu’à début 2019.

Lancement d’une deuxième phase

À cette nouvelle, s’ajoute une autre décision concernant le quartier, à plus long terme. La municipalité lance la phase 2, initialement prévue pour 2020-2022. Cette seconde partie porte sur 9 hectares côté nord, c’est à dire entre les lignes de tramway et le canal de la Marne au Rhin (voir schéma ci-dessous).

Schéma du quartier d’affaires Archipel, la phase 2 étant au nord du tramway (document Ville de Strasbourg)

Selon le premier adjoint au maire Alain Fontanel (LREM), le Crédit mutuel aimerait y installer son siège national, tandis que la Caisse d’épargne y implanterait son siège Grand Est, suite à la fusion des caisses Alsace, Lorraine et Champagne Ardennes. Il y a quelques années, cette dernière avait pourtant investi d’autres bureaux neufs pour son siège, ceux au-dessus du centre commercial Rivétoile.

La deuxième phase se construira sur les actuels halls du parc des expositions à l’avenir incertain. Le Rhénus Sport, à droite, devrait être transformé. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Discussions privilégiées autour de l’Arena

Les deux banques sont en discussions privilégiées avec la Ville de Strasbourg pour construire des bâtiments sur-mesure. Si leur choix devait être définitif, ils ne prendraient pas tout l’espace, mais seulement 8 000 m² sur le potentiel de 100 000 à 120 000 m². Une décision qui ravirait Alain Fontanel car elle « conforterait Strasbourg comme place financière et comme capitale régionale du Grand Est. »

Le Crédit mutuel serait dans la tour (le lot 6) du côté de la piscine du Wacken et la Caisse d’Épargne de l’autre côté du Rhénus Sport, que la SIG aimerait agrandir en Arena. Des logements et un petit parc au bord de l’eau sont aussi prévus.

Une proposition de tour de bureaux à côté de la futur arena de la Sig, même si l’image n’engage personne (Visuel Nogha Consulting)

Avancer avant que le sort du parc des expositions ne soit réglé

Pour cette deuxième phase, la municipalité devra démolir les halls vétustes du parc des expositions (Pex) « vers 2019-2020 ». Or, la question du futur Parc expo n’est pas tranchée faute de moyens financiers. Il était question d’un parc d’exposition géant et flambant neuf (180 millions d’euros) autour du Palais de la Musique et des Congrès, ainsi que de l’hôtel Hilton.

Le lancement de la commercialisation serait-elle une manière d’un peu presser l’Eurométropole pour trouver une solution ? Non, selon Alain Fontanel (LREM), il s’agit surtout d’un « signal » à envoyer aux autres entreprises intéressées :

« Il ne faut pas attendre que tout soit résolu pour avancer. On ne voudrait pas arrêter la dynamique et ne pas répondre à une demande de tertiaire de haute qualité à Strasbourg. »

Dans l’opposition municipale de droite, ce report sine die du Pex ne passe pas. Éric Senet prévoit d’interpeller la majorité lors des conseils municipaux et de l’Eurométropole. Dans un communiqué, il rappelle que le sujet était un thème de campagne de 2014 et « devait être inauguré en 2017 » :

« Le plus grave, c’est que plus les retards s’accumulent moins le projet retenu sera en adéquation avec les nouveaux besoins des usagers. Cela signifie qu’il faudra procéder à nouveau à de coûteuses études après les précédentes déjà réalisées. »

Membre de la commission d’aménagement du quartier, Thierry Roos soutient son développement, mais à la marge, il imagine d’autres choix :

« Dans un tel quartier, il faudrait plutôt un grand hôtel avec une salle de convention pour accueillir des événements de 500 ou 1 000 personnes. L’entrée côté du boulevard ne sera guère majestueuse. On installe désormais un parking souterrain alors qu’avant on expliquait que ce n’était pas possible, car les promoteurs refusaient. Si on l’avait fait sur les autres bâtiments, on aurait évité le silo devant la piscine. L’arrivée de banques est une bonne nouvelle et la suite va se vendre. Avec le Brexit, Francfort va devenir une place financière majeure, la nouvelle City. Strasbourg peut capter des enseignes nationales qui souhaitent la proximité avec ce point névralgique. Quant à lancer la suite du quartier sans savoir ce que va devenir le Pex, c’est un manque de cohésion et de vision à l’échelle du quartier. »

Sujet de comparaison avec le reste de la France, le quartier d’affaires amène toujours de vastes débats au conseil municipal. Celui du lundi 25 septembre ne devrait pas faire exception.

Jeudi, nouvelle mobilisation contre la réforme du Code du travail

Jeudi, nouvelle mobilisation contre la réforme du Code du travail

Après la mobilisation du 12 septembre, les syndicats CGT, FSU, CNT et Solidaires lancent un nouvel appel ce jeudi 21 septembre. À Strasbourg, le cortège partira à 14h de la place Kléber, pour un parcours modifié mais toujours contre la réforme du Code du travail. La France Insoumise viendra à nouveau garnir les rangs, deux jours avant sa grande marche parisienne.

Environ 3 000 personnes se sont mobilisées le 12 septembre dans les rues de Strasbourg contre les ordonnances réformant le Code du travail, mais également pour que le gouvernement revienne sur la loi El Khomri et sur le gel du point d’indice des fonctionnaires. Jeudi 21 septembre, les syndicats CGT, FSU et Solidaires invitent les Strasbourgeois à réitérer leur mobilisation.

Le parcours débutera à 14h, de la place Kléber. Il sera différent de celui de la semaine précédente mais parcouru avec la même détermination selon Laurent Feisthauer secrétaire de l’Union départementale CGT du Bas-Rhin :

« Il faut le faire maintenant, une fois que les décrets d’application seront passés, ça sera trop tard. »

Les ordonnances présentées aux ministres

La date choisie n’est pas anodine, le rassemblement a lieu le lendemain du passage en conseil des ministres des ordonnances. Ces cinq textes seront ensuite ratifiés par le Parlement, sans débat.

À deux jours seulement du rassemblement populaire de Paris, la France Insoumise sera également présente dans les rangs de la manifestation de jeudi. Christine Kaïdi, ex-candidate de la France Insoumise aux législatives, indique :

« Quelque soit l’endroit, la France Insoumise manifeste. Il y a un réel besoin de faire comprendre aux gens que ce qui se passe n’est pas acceptable. On va donc continuer à se mobiliser ».

Le trajet de la manifestation à Strasbourg

Concernant le rassemblement populaire de samedi à Paris, il avait été annoncé par Jean-Luc Mélenchon en juillet. Les syndicats se joindront également aux partisans de la France Insoumise pour protester, non seulement, contre la réforme du Code du travail par ordonnances, mais également contre la mise en application du traité de libre-échange avec le Canada, le CETA à partir du 20 septembre. Pour les militants de Strasbourg, des bus sont mis à disposition pour faire l’aller-retour à Paris samedi.

Au conseil municipal, une première motion pour tester « Strasbourg en Marche »

Au conseil municipal, une première motion pour tester « Strasbourg en Marche »

Les élus écologistes de Strasbourg vont proposer une motion au conseil municipal du lundi 24 septembre contre le gel des emplois aidés décidé par le gouvernement. Comme ils l’ont expliqué, dans une tribune à Rue89 Strasbourg, ils estiment que la mesure est brutale et met en difficulté les plus fragiles. Ces emplois payés en partie par l’État concernent environ 300 personnes employées par la Ville de Strasbourg et autour de 1 500 . . .

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Des idées et des légumes en papier, mais la démocratie locale ne mobilise pas les foules

Des idées et des légumes en papier, mais la démocratie locale ne mobilise pas les foules

Depuis le mois de mai, les Strasbourgeois sont invités à des ateliers pour refonder la « démocratie locale ». Cela aboutira en octobre à un « pacte » entre la Ville et les citoyens, pour associer ces derniers aux processus de décision. Malgré un nombre restreint de participants, les idées et les propositions ne manquent pas. Seront-elles suivies par les élus ?

Les derniers parents viennent chercher leurs enfants à l’école maternelle en cette fin d’après-midi, lundi 11 septembre, place Sainte-Madeleine à Strasbourg. Dans le petit square à côté de l’église, une petite dizaine de personnes sont réunies autour d’un tableau blanc. Ce n’est pas un atelier périscolaire, mais une réunion de citoyens qui veulent prendre part à la démocratie locale strasbourgeoise.

Lancé en mai dernier par la municipalité, le « sommet citoyen » de Strasbourg consiste en une phase de préparation autour de 13 thématiques comme le budget participatif », « la E-démocratie » ou « le vivre ensemble », travaillées lors d’ateliers qui se tiennent jusqu’à octobre. Les travaux de groupes seront restitués pendant la semaine du 9 au 14 octobre et aboutiront à l’adoption d’un « pacte » entre les élus et les Strasbourgeois. Le but affiché est de relancer la démocratie locale, qui « s’essoufflait » selon Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg.

Place Sainte-Madeleine, il s’agit du troisième rendez-vous de l’atelier « Gestion collaborative des espaces et équipements publics ». Deux animatrices, Anouk Brocard et Pauline, attendent avant de débuter la réunion, dans l’espoir que quelques personnes supplémentaires arrivent. « Nous étions une vingtaine pour le premier atelier, puis une dizaine au deuxième. C’est vrai que la période n’aide pas trop » confie Anouk Brocard, employée au service Démocratie locale de l’Eurométropole.

Une gestion non-institutionnelle et un mur de libre expression dans la ville

La première séance du 27 juin proposait un travail réflexif sur les notions de « gestion collaborative » et « d’espace public ». Les participants s’étaient accordés sur quelques définitions : pour collaborer, il faudrait « un groupe de travail où chacun trouve sa place », pour s’organiser « un espace de démocratie, d’association, de citoyens, de personnes ». Tout cela devrait fonctionner selon « un mode de gestion alternatif, non institutionnel par rapport à ce qui existe aujourd’hui ». Quant aux lieux que cela concerne, les personnes présentes étaient particulièrement enthousiastes pour les exemples de bacs de compostage ou de la rue du Jeu des Enfants, que des riverains ont transformée au début de l’été.

Au café associatif de la Tour du Schloessel début juillet, les citoyens participants s’étaient retrouvés une deuxième fois pour apprendre de cette initiative et se mettre d’accord sur un espace qu’ils aimeraient gérer de manière collaborative. Parmi les propositions faites : une salle de spectacle, un jardin, un mur d’expression, une bibliothèque (pour rendre les heures d’ouverture plus souples) ou une « machine extraordinaire » (sur le modèle de ce qui existe à Nantes). À l’issue d’un vote, c’est l’idée du mur qui a remporté le plus de voix.

Cette fois-ci, il s’agit de puiser l’inspiration dans les réussites et les échecs d’un autre projet : le jardin partagé de la place Sainte-Madeleine. Les animatrices de l’atelier ont invité Christiane Goetz, présidente de l’association des habitants Bourse Austerlitz Krutenau (Ahbak) et à l’initiative du jardin collaboratif. Le terrain de 285 m² a été mis à disposition de l’association en 2009 suite à la signature d’une convention avec la Ville. Depuis, les riverains cultivent des plantes sur un tiers du terrain et viennent composter leurs déchets biodégradables.

Christiane Goetz est la présidente de l’association Ahbak qui s’occupe du jardin partagé de la place Sainte Madeleine Photo : Quentin Tenaud / Rue89 Strasbourg

Les volontés des projets participatifs face aux réalités administrative

Christiane Goetz revient sur les difficultés que ce genre d’initiative peut rencontrer avec les institutions : ils sentent la convention « verrouillée » dans sa première version, elle ne leur laisse que très peu de liberté. Quand l’association propose de planter des variétés de blé anciennes (dans un autre endroit du quartier), la Ville ne valide pas. Il y a aussi le cas du grenier à grains adjacent au jardin : ce grand bâtiment en bois appartient à l’Eurométropole mais il est laissé à l’abandon. Malgré les propositions de l’Ahbak pour en faire une un espace d’exposition ou une zone « sans ondes électromagnétiques », les pouvoirs politiques n’ont jamais rien voulu en faire, selon Christiane Goetz.

Du côté de la participation, il faut aussi se rendre à l’évidence, « il y a les grands enthousiastes des débuts » puis les participants deviennent « toujours un peu les mêmes ». Ici ils ont tous plus de 50 ans selon Christiane Goetz. Elle assure en revanche que la proximité de l’Etage, un centre social qui accueille des jeunes en grande difficulté, permet une certain mélange. Un jeune est par exemple venu faire un film sur le jardin.

Des participants de tous âges, mais peu de mixité

Une dizaine de minutes après le début de l’atelier, deux jeunes de l’Etage arrivent dans le jardin et demandent : « Hey bonjour, vous faites quoi ici ? » On leur explique qu’il s’agit d’un atelier de citoyens pour échanger autour de l’espace public. Ils semblent intéressés, restent quelques minutes, puis repartent discrètement. Cette scène est assez significative de la toute relative mixité sociale dans ces ateliers de démocratie participative. Les animatrices le reconnaissent : « c’est difficile de mobiliser les gens ».

Une petite dizaine de personne ont fait le déplacement pour le troisième atelier consacré à la « gestion collaborative des espaces et équipements publics ». Au milieu, Pauline et Anouk Brocard animent la rencontre. Photo : Quentin Tenaud / Rue89 Strasbourg

Cet après-midi là, outre Christiane Goetz de l’Ahbak et Anouk Brocard de l’Eurométropole, ils sont 6 « citoyens » venus par curiosité ou envie de s’impliquer. C’est le cas de Pauline, la seconde animatrice de l’atelier. A 25 ans, elle vient de finir des études d’ingénieur à Paris et s’est installée à Strasbourg au début de l’année 2017. Elle veut devenir professeur des écoles. C’est en voyant des affiches pour le sommet citoyen qu’elle l’a découvert. Comme les organisateurs cherchaient des animateurs, elle s’est portée volontaire et a suivi une courte formation offerte par la Ville. Mais elle insiste : « je n’ai rien à voir avec l’Eurométropole ! ».

Parmi les autres participants, il y a Trung, un proche de Pauline qui l’aide à organiser et prend quelques photos. Un homme plus âgé arrive en retard et fait des remarques « contre les gens qui squattent les espaces publics ». Deux jeunes hommes, dont un étudiant en physique, posent des questions et proposent des pistes de réflexion. Enfin, Claudine, la quarantaine, est la seule à être venue aux deux rendez-vous précédents. La fonctionnaire participe en plus à d’autres ateliers. L’idée du mur participatif c’est elle, mais elle a le succès modeste : « on faisait un jeu, j’ai été surprise et j’ai juste proposé ça comme ça ». Elle se sent un peu « obligée de revenir » car elle a l’impression de s’être « engagée ». Après le sommet, elle ne sait pas si elle continuera. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est de mettre en place des dynamiques de ce genre dans son quartier, l’Elsau.

Quelle issue pour l’atelier ?

Vers 19h30, même Claudine commence à se décourager face au froid : « bon je vais vous abandonner si je veux pas être malade demain ». Pauline n’aura pas eu le temps de présenter ses origamis en forme de carottes et de tomates, censés générer une interaction entre les participants. Il est convenu de se retrouver d’ici quelques semaines pour un quatrième et dernier atelier de conclusion, pour finaliser le projet à proposer lors du sommet citoyen d’octobre.

Difficile pour le moment d’imaginer ce que sera l’aboutissement de cet atelier. Le mur de libre expression sera-t-il leur seule proposition ? L’étudiant remarque qu’il serait plus pertinent de proposer « un groupe de travail permanent chargé de proposer et de mener des projets de gestion collaborative des espaces publics. » Une belle idée, mais qui nécessitera que les élus laissent une place aux citoyens dans les processus de décision. Est-ce que le Sommet citoyen ira jusque là ? Réponse mi-octobre.

Gagnez des places pour « Les aventures de Pinocchio » à Musica

Gagnez des places pour « Les aventures de Pinocchio » à Musica

En partenariat avec le festival Musica, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner des invitations pour le conte musical « Les aventures de Pinocchio », mercredi 27 septembre.

C’est la première fois que l’Ensemble intercontemporain passe commande d’un conte musical à un compositeur – et la deuxième fois que Lucia Ronchetti adapte en musique le célèbre conte de Carlo Collodi : créées à Rouen en février 2017, Les aventures de Pinocchio s’appuient sur la longue expérience de la compositrice italienne en matière de théâtre musical et d’œuvres pour enfants. D’abord destiné au jeune public, ce conte musical met aux prises le personnage principal – incarné par la jeune Juliette Allen, soprano – avec cinq solistes de l’EIC, représentant ses différents interlocuteurs. Sans compter la participation active des enfants du public, prévue par la partition et la mise en espace de Matthieu Roy !

Toujours soucieuse d’enchaîner les scènes sans pause ni attente, l’adaptation du conte s’attache au voyage du héros du monde des pantins à celui des hommes : après avoir écrasé le Grillon d’un coup de maillet, tenté de cuire une omelette et s’être brûlé les pieds, Pinocchio revend son alphabet, rencontre Mangefeu au Théâtre des Marionnettes, croise le Chat, le Renard, les Assassins, suit Lumignon au Pays des jouets et est avalé par le Requin baleine dans le ventre duquel il retrouve Geppetto. Quand enfin Pinocchio accepte d’aller à l’école, il se réveille transformé en petit garçon.

Une mise en espace adaptée au jeune public

Juliette Allen n’a pas de long nez : mais elle a le grain de folie indispensable pour habiter le rôle du pantin polisson. Chacun des cinq instruments représente, quant à lui, plusieurs personnages du récit : ainsi le violon est-il tour à tour Le Renard, Le Dauphin, La Limace, Le Perroquet, Les Marionnettes et Les deux Assassins. Leur écriture doit par ailleurs beaucoup à la personnalité des solistes de l’EIC, choisis pour leur adhésion au projet. Attachée à parler à l’imaginaire du public, la partition n’hésite pas en outre à multiplier à cet effet clins d’œil et citations – de Nino Rota (pour évoquer le Pays des jouets) à Stravinsky (les courses de Pinocchio), de Lully (la marche de Mangefeu) à Pink Floyd (le Requin baleine).

La mise en espace de Matthieu Roy, familier de l’opéra et du spectacle jeune public, s’inspire de l’épure du théâtre de rue italien. Seul instrumentiste mobile, le percussionniste est invité à solliciter les réactions et la participation du public, par le chant ou le jeu sur des petits instruments. Pour s’assurer que tout le monde sera bien du voyage…

Les aventures de Pinocchio (Photo Luc Hossepied)

 

Le concours

Comment le Crédit Mutuel a tué le « fonds souverain » de la Région Grand Est

Comment le Crédit Mutuel a tué le « fonds souverain » de la Région Grand Est

Le Crédit Mutuel – CIC a sorti les dirigeants de Capital Grand Est au début de l’été, racheté leurs parts et pris de facto le contrôle de cette société de gestion. Problème : c’était le bras armé de la Région Grand Est pour accompagner les entreprises régionales dans leur développement. Dans le monde économique, on crie à la trahison.

En 2011, Philippe Richert n’était pas peu fier que l’Alsace, dont il était alors le président du conseil régional, soit la première région à lancer un « fonds souverain » : Alsace Croissance, doté de 50 millions d’euros. Face aux pudeurs des banques à investir dans des projets entrepreneuriaux, l’idée d’un fonds souverain régional était de détecter les belles aventures économiques locales et de les soutenir financièrement, en entrant au capital des PME et en accompagnant les dirigeants. Il s’agissait en quelque sorte d’assortir une capacité économique à une volonté politique.

Le fonds Alsace Croissance a été abondé par la filiale investissements en fonds propres du Crédit Mutuel-CIC. Le groupe bancaire a mis 25 millions d’euros, 18 autres millions sont venus de la Banque publique d’investissement (BPI) et 7 de la Région Alsace. Mais une collectivité publique ne peut pas être actionnaire d’une société de gestion. Le capital de la société gestionnaire d’Alsace Croissance, nommée Alsace Capital, se divise entre le CIC (34%), la BPI (26%) et les deux dirigeants, Jean-Lin Bergé et Valérie Geiger (20% chacun).

Lorsqu’en 2016, la Région Alsace a rejoint la Région Grand Est, la société est renommée Capital Grand Est et sa mission est inchangée, soutenir l’économie régionale par l’investissement. Entre temps, la société de gestion a intégré d’autres fonds : Alsace Création, Alsace Amorçage et Cap Innov’Est en 2014. Ce dernier fonds, à destination des start-ups, est important : 36 M€ apportés par le fonds national d’amorçage, la BNP, la Caisse d’Epargne et quelques collectivités locales dont évidemment la Région.

Les fonds gérés par la société Capital Grand Est (doc Rue89 Strasbourg)

Le Crédit Mutuel n’aime pas partager

Mais le Crédit Mutuel – CIC n’apprécie pas du tout cette dernière opération. Elle permet à Capital Grand Est d’atteindre le palier de 100 millions d’euros d’investissements mais les dirigeants de la banque fédéraliste ont l’impression d’avoir été « dilués », relégués au rang de partenaires dans une société qu’ils pensaient contrôler entièrement. Ils prennent leurs distances avec Jean-Lin Bergé et Valérie Geiger.

Ces derniers ne se laissent pas intimider, rassurés qu’ils sont par le soutien de la Région et par la qualité de leur politique d’engagement, saluée par bon nombre d’acteurs économiques, entrepreneurs et institutions. Une cinquantaine d’entreprises seront ainsi accompagnées lors d’étapes délicates (reprise, expansion, cession…). Pour les dirigeants, faire appel à Capital Grand Est leur permet d’accéder à des fonds moins gourmands et moins pressés que les habituels fonds d’investissements, souvent parisiens, et à une expertise dans le suivi de leurs affaires.

Juin 2017 : le clash

Tout se passait ainsi jusqu’en juin 2017. Allié à la BPI, le CM-CIC annonce alors aux deux dirigeants qu’ils ne seront pas renouvelés à l’issue de leur mandat de cinq ans. Conformément au pacte d’actionnaires, le groupe bancaire préempte et rachète les parts des deux dirigeants, ce qui le positionne à 74% des voix au sein du conseil d’administration. L’équilibre est rompu et Capital Grand Est passe d’une société d’émanation régionale à une filiale du Crédit Mutuel – CIC !

Le changement peut paraître anecdotique, mais c’est un coup de tonnerre pour les 50 dirigeants qui ont bénéficié d’un fonds de Capital Grand Est. La vaste majorité s’étaient justement tournés vers la société de gestion régionale pour éviter… une banque dans leur capital. Matthieu Haller, dirigeant de Diatem à Schiltigheim, se dit déçu :

« Avec Capital Grand Est, je disposais d’un partenaire régional, de proximité, semi-public et mes interlocuteurs étaient bienveillants. Qu’en sera-t-il avec le CIC, je n’en sais rien, j’attends de rencontrer les nouveaux gestionnaires mais je suis méfiant. Je voulais justement éviter de faire appel aux banques dans nos projets de développement… »

Jean-Christophe Schaffo, dirigeant de TennisPro à Entzheim, craint que la dimension humaine de l’accompagnement ne disparaisse :

« Jean-Lin Bergé et Valérie Geiger nous ont accompagnés dans un dossier très délicat, très compliqué, très tendu en terme de timing. Deux ans et demi plus tard, nous sommes passés de 22 salariés à plus de 100, avons maintenu et créé de l’emploi et de la valeur en Alsace. Les dirigeants d’entreprises ont besoin de fonds gérés comme Capital Grand Est, car la finance est un monde de chiffres, d’analyses, de ratios, de retours sur investissements… Sans dimension humaine dans les discussions, certaines notions se perdent… »

Les entreprises s’estiment trahies

Plusieurs chefs d’entreprises interrogés avouent que leurs projets avaient trouvé portes closes auprès des banques alors qu’ils ont été suivis par Capital Grand Est. C’est le cas de Jean-Charles Robin, qui a racheté Sapronit à ses anciens actionnaires à Wishes :

« L’ironie de l’histoire, c’est que le CIC ne voulait pas de mon projet ! J’attends de pied ferme les nouveaux dirigeants de Capital Grand Est, mon objectif est de les faire sortir dès que possible ! Il y a tromperie sur la marchandise, on regarde avec les avocats ce qu’il est possible de faire… »

Le CIC n'a guère apprécié l'indépendance de Capital Grand Est (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Le CIC n’a guère apprécié l’indépendance de Capital Grand Est (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

La Région « vigilante au respect du projet politique »

Du côté de la Région Grand Est, on temporise. Directrice de la compétitivité des entreprises, Martine Mack rappelle que les 4 fonds existent toujours et que rien ne va changer, au moins à court terme, pour les participations :

« Notre souhait avec Capital Grand Est était de disposer d’une société agréée à la gestion de fonds, ancrée localement et capable d’intervenir dans les projets régionaux. Là dessus, le changement d’actionnaires n’a rien modifié. Alors évidemment, on sera attentifs à ce que le projet politique qui était le porté au lancement de Capital Grand Est soit toujours respecté par les nouveaux dirigeants, on surveillera aussi la qualité de service. »

Problème : la vaste majorité des fonds sont investis. Pour que Capital Grand Est se développe, la société doit trouver de nouveaux souscripteurs. Mais quelle banque abondera un fonds géré par son concurrent ? Contactées, la BNP et la Caisse d’Épargne, toutes les deux impliquées dans Cap Innov’Est, attendent de rencontrer la nouvelle équipe de Capital Grand Est pour se prononcer.

De l’avis de personnes proches du dossier, c’est la fin de Capital Grand Est. Après les sorties des participations, la société ne sera pas relancée. C’est probablement le but du Crédit Mutuel – CIC, dont les représentants ont été écartés à plusieurs reprises par ceux de Capital Grand Est lors d’opérations où la banque aurait aimé être présente. Pour la banque, Capital Grand Est était devenu une sorte de concurrent du CM-CIC, financé par le CM-CIC… La banque à qui parler a refusé de répondre à nos questions.

Des milliers d’enseignants à la retraite peuvent faire valoir leurs droits après l’arnaque du Cref

Des milliers d’enseignants à la retraite peuvent faire valoir leurs droits après l’arnaque du Cref

Le Comité d’information et de défense des sociétaires du Cref organise une réunion pour les épargnants dont la retraite complémentaire n’a pas été à la hauteur du contrat avec le Cref, devenu Corem.

Les faits remontent à 2000. Le 30 octobre, Le Complément de Retraite de l’Education nationale et de la Fonction publique (Cref) décide de baisser ses prestations pour combler un trou de 1,5 milliard d’euros. Cette complémentaire facultative (appelée Corem depuis 2002), principalement utilisée par des enseignants, promettait des rendements positifs, indexés sur le point d’indice des fonctionnaires.

Environ 450 000 épargnants avaient placé une partie de leur épargne dans cette complémentaire. Certains contrats ont bien été honorés mais pour 250 000 d’entre eux, des sommes inférieures de 15 à 17% « en moyenne » à celles dues ont été versées selon le Comité d’information et de défense des Sociétaires du Cref (CIDS) et son avocat.

Les petits épargnants de la fonction publique peuvent faire valoir leurs droits. (Photo Visual Hunt)

Condamnation successives

Après des années de procédures, le CIDS a remarqué que des milliers de cotisants ne savent toujours pas qu’ils ont le droit à une indemnisation partielle. Pour pallier ce défaut d’information, l’association organise une réunion publique à Strasbourg ce lundi 18 septembre; à 17h au Fec, place Saint-Étienne à Strasbourg.

Selon le comité, environ 2 000 personnes seraient concernés dans le Grand Est, notamment à Strasbourg. Des recours par vagues de plusieurs centaines de personnes sont intentés contre l’État au tribunal administratif de Paris, pour la défaillance de contrôle.

Préjudice de 1 500 à 30 000 euros

L’avocat en droit public au barreau de Paris Me Gaël Déchelette porte les recours collectifs pour l’association :

« Beaucoup de cotisants ne savent pas qu’ils peuvent obtenir une réparation, si leur préjudice est documenté. Aujourd’hui, la responsabilité de l’État est avérée, avec des décisions définitives pour les trois premières vagues. L’État ne fait d’ailleurs plus systématiquement appel, car les décisions vont dans le même sens. Le préjudice est très variable, de 1 500 à 30 000 euros selon les personnes. Pour les plus âgés, nous déposons des recours en référé, qui permet de récupérer les sommes en 10 à 12 mois. Nous préparons la septième vague de recours. »

Lors des audiences, les parties civiles récupèrent 20% des sommes perçues. Une enveloppe non-négligeable, à l’heure où les retraités avec plus de 1 200 euros de retraite vont payer plus de contribution sociale généralisée (CSG) de quelques centaines d’euros de plus par an, comme souhaité par le gouvernement pour baisser les cotisations salariales.

#FEC

Au Shadok, des oeuvres numériques ludiques à tester et à dompter

Au Shadok, des oeuvres numériques ludiques à tester et à dompter

Gamedesigneuse et artiste numérique, Tatiana Vilela dos Santos expose sa première monographie au Shadok, dans le cadre du dixième Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Ses oeuvres, des « jeux sous forme de supports tangibles », sont livrées à la curiosité du public, invité à leur donner vie en y jouant.

Artiste parisienne de 28 ans, Tatiana Vilela dos Santos crée depuis 2011 des oeuvres numériques expérimentales avec lesquelles le visiteur est invité à interagir. Ces jeux ne sont pas destinés à la commercialisation ou à une diffusion à grande échelle, il s’agit bien d’oeuvres d’art originales, que Tatiana réunit dans sa première monographie : IN.PLAY//OUT.PLAY, présentée au Shadok dans le cadre du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS).

« Je suis la seule à réussir à finir ce niveau ! » avertit Tatiana. Photo : Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg

« Je travaille sur le comportement du joueur »

C’est le rapport qu’entretient l’homme avec  la machine qui intéresse Tatiana. Si ses installations sont exposées et accompagnées de petits cartons descriptifs, elle insiste sur la jouabilité de celles-ci. Coordination des mouvements, sens du rythme et curiosité sont autant de qualités que les jeux de Tatiana entendent solliciter chez son public. Pour ce faire, l’artiste travaille sur l’interface (par exemple un joystick) qu’elle veut la plus minimale possible afin de « réduire la distance entre le jeu et le joueur ».

Blackbox, un jeu de rythmique développé par ses soins, se joue par exemple au moyen d’une sorte de tamtam, volontairement rendu encombrant afin de forcer le joueur à effectuer des mouvements plus amples :

« Sur une ancienne version, j’avais remarqué que les gens avaient tendance à faire l’économie des mouvements alors que c’est tout l’inverse que je recherche. Là, le joueur est forcé de bouger en rythme avec la musique. »

Blackbox un jeu de rythmique pour le moins addictif. (Photo : Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg)

ExServ, membre du jury de l’Indie Game Contest, s’est lui-même prêté au jeu. (Photo : Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg)

Contre-ciel, une installation inédite exposée pour la première fois au Shadok

Un piano relié à un écran suspendu et des lignes de code. Ce sont les ingrédients de Contre-ciel, l’oeuvre phare de cette monographie, exposée pour la première fois au Shadok. Cette fois, c’est la créativité du joueur qui est sollicitée : les notes jouées sur le clavier influent  directement sur le climat du ciel que l’on peut observer sur l’écran. Il incombe au visiteur d’expérimenter des combinaisons ou des hauteurs de notes, lesquelles n’ont pas besoin d’être harmoniques pour produire un effet, l’installation se voulant accessible à tous.

Les notes influent sur la météo, donnant au joueur une impression de toute puissance. Photo : Tanguy Cadi / Rue89 Strasbourg

« Mon art tend vers la performance, j’ai d’ailleurs récemment travaillé avec des danseurs. C’est l’aspect performatif du jeu que je veux travailler dans mon expo. »

Aussitôt qu’un visiteur s’approche de l’une des installations, il se retrouve rapidement entouré et observé par les autres visiteurs, les membres du staff et parfois l’artiste elle-même. S’il est facile de perdre son assurance devant tant de regards, Tatiana se régale de ce phénomène :

« Il y a un côté très scénographique à mes installations. J’ai envie que le joueur se sente libre de jouer, à l’aise, malgré le regard des autres. »

Pas toujours facile d’être tout à fait à l’aise cependant, surtout s’agissant du « twister corporel » développé par l’artiste et jouable sous sa supervision. Tatiana est en effet très présente dans l’exposition. Fière de présenter ses oeuvres, elle encourage les visiteurs à les essayer, les photographie, et, pourquoi pas, les y défie en mode multijoueurs :

« Il y a un côté forain qui me plaît beaucoup. »

Mercredi au Mudd, souffle des bougies avec Peace Me Off et Allan Ros

Mercredi au Mudd, souffle des bougies avec Peace Me Off et Allan Ros

2015. Allan Ros décide de fonder son propre label indépendant, Aros Productions. Son fondateur et Peace Me Off se partagent l’affiche du concert anniversaire mercredi 20 septembre. L’occasion pour nous d’aider à souffler les bougies au Mudd.

En deux ans, Aros Productions est devenu un maillon très actif de la scène locale. Avec trois artistes à son catalogue et une expérience grandissante en matière de booking, le label, membre de la Fédélab (Fédération des labels & producteurs phonographiques alsaciens), organise des concerts un peu partout à Strasbourg et alentours. Mercredi 20 septembre, c’est au tour du Mudd Club d’accueillir deux des trois artistes du label, Allan Ros et Peace Me Off, pour une soirée d’anniversaire toute particulière.

Deux bougies et de l’inédit

En effet, un bon nombre de nouveautés sont à prévoir ! Allan Ros, d’abord, qui nous a habitué à des sets en solo guitare-voix, élargira son spectre avec l’utilisation toute fraîche d’une pédale loop. Cette pédale qui répète en boucle des séquences musicales enregistrées devrait influencer le jeu du garçon et on attend avec impatience de voir le résultat. Car d’ordinaire, il chante un folk-rock sombre et rugueux. Voire parfois nerveux, quand il n’est pas traversé de quelques éclairs d’apaisement aussi soudains qu’éphémères.

Alors transformera-t-il complètement sa musique à coup de loop ? Le rythme du set va-t-il changer ? Les chansons elles-mêmes vont-elles être transfigurées ? Ou tout cela ne fera-t-il que renforcer les intentions originelles des chansons ? Réponse en début de soirée mercredi…

Allan Ros
Allan Ros ©Adrien Berthet

Peace Me Off prendra ensuite le relai pour, eux aussi, présenter un tout nouveau set. Après un travail de fond cet été et un nouveau line-up, on peut donc s’attendre à redécouvrir les titres du premier EP éponyme du groupe, sorti l’an passé, mais aussi vraisemblablement de nouvelles compositions. Le quatuor, formé autour de Jof et de sa guitare folk, s’aventure de plus en plus sur le terrain du post-rock et dévoilera cette nouvelle dynamique sur la scène du Mudd. L’occasion de voir (ou revoir) ses artistes avant une année 2018 pleine de projets pour eux.

#Allan Ros

Du 22 au 24 septembre, inauguration festive de la nouvelle brasserie La Mercière à Cosswiller

Du 22 au 24 septembre, inauguration festive de la nouvelle brasserie La Mercière à Cosswiller

A l’occasion de son déménagement à Cosswiller, la brasserie La Mercière organise un week-end d’inauguration du vendredi 22 au dimanche 24 septembre. Au programme « bière, musique et étoiles » pour fêter ce nouveau départ.

La relation très conflictuelle du maire de Niederhausbergen avec les gérants de la brasserie artisanale de la Mercière les ont contraints à déménager 30 km à l’ouest, dans le petit village de Cosswiller près de Wasselonne. « On est en plein travaux, tout n’est pas fini, mais on va ranger pour accueillir tout le monde et se présenter aux habitants » explique Imène Julich, enthousiaste.

Du vendredi 22 à partir de 19h jusqu’au dimanche 24 septembre 18h, tout le monde est convié à la pendaison de crémaillère, qui s’annonce festive. Il s’agit notamment de remercier toutes les personnes qui ont pris part à « l’énorme élan de solidarité », un financement participatif, pour aider la brasserie à déménager dans ce corps de ferme de 500 m² que le couple rénove depuis mi-août.

De la musique, de la bière et des conférences militantes

Ces journées et soirées seront avant tout musicales avec une « programmation de folie et plein de copains qui se sont mobilisés » promet la gérante des lieux. Le vendredi soir, les concerts seront festifs, faits de cuivres, d’accordéons et de balades irlandaises.

Le samedi aura une tonalité plus rock, quand le dimanche fera place à un concert de l’école de musique de Wasselonne, commune voisine. À la brasserie La Mercière, la musique ne peut aller sans bière, même si les organisateurs ont « un peu stressé » :

« Avec les travaux, nous n’avons pas pu brasser depuis qu’on a déménagé. Finalement, on a utilisé les cuves de la brasserie Perle et faire fermenter la bière chez nous. »

La brasserie implantée dans les réseaux de circuit courts et de consommation alternative proposera des conférences sur le boycott alimentaire, les monnaies locales complémentaires comme le Stück, les circuits-courts, l’open-source… Ce week-end sera aussi l’occasion de découvrir le village « étoilé » de Cosswiller avec des observations astronomiques et des balades naturalistes dans les environs. Franck et Imène Julich ont été « très chaleureusement accueillis » par les habitants, « ravis qu’il y ait de la vie ».

Franck et Imène Julich (Photo La Mercière / doc remis)
Franck et Imène Julich (Photo La Mercière / doc remis)

« Trinquer à notre victoire, ou pour oublier »

Du côté des repas, les participants auront le choix entre plusieurs food trucks proposant tartes flambées et cuisine du monde. Pour satisfaire tous les budgets, une cuisine autogérée sera disponible avec un frigo, un barbecue et de la vaisselle en gestion libre. Il est d’ailleurs possible de camper sur le site vendredi et samedi soir. Un espace jeu est aussi prévu pour les enfants.

En plus d’inaugurer leur nouvelle brasserie, le couple apprendra le vendredi 22 septembre s’ils sont condamnés à payer une amende de 800€ dans l’affaire qui les oppose à Jean-Luc Herzog, maire de Niederhausbergen pour injures d’internautes sur leur page Facebook. De quoi influer sur la fête ? Oui et non, selon Imène Julich : « on saura si on doit trinquer à notre victoire, ou pour oublier. »

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