Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Tombes profanées à Sarre-Union : les 5 jeunes condamnés à de la prison avec sursis

Tombes profanées à Sarre-Union : les 5 jeunes condamnés à de la prison avec sursis

Le tribunal pour enfants de Saverne a rendu son jugement dans la foulée du procès des 5 jeunes ayant profané 250 tombes du cimetière juif de Sarre-Union en février 2015. Les juges ont condamné les cinq protagonistes à des peines de prison assorties du sursis, avec en sus 140 heures de travaux d’intérêt général (TIG).

Un des jeunes est condamné à 18 mois de prison avec sursis, celui qui avait le profil de « meneur ». Pour trois autres, la peine est de 12 mois. Un cinquième, qui n’aurait pas participé à la totalité des dégradations, est condamné à 8 mois de prison avec sursis.

Les réquisitions entièrement suivies

La présidente du tribunal a ainsi suivi toutes les réquisitions du procureur de la République. Il avait notamment mis en avant la minorité des accusés au moment des faits. Ils avaient entre 15 et 17 ans et n’avaient pas d’antécédents judiciaires. Après la découverte, ils avaient été placés chez des tiers et éloignés de Sarre-Union.

Le mémorial de la Shoah . Il a été remis en état aux frais de l’Allemagne depuis (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons / cc)

L’indemnisation fixée en novembre

La décision concernant l’indemnisation des 48 parties civiles, notamment les 847 000 euros réclamés par le Consistoire israélite du Bas-Rhin pour remettre en état le lieux dont il est gestionnaire et propriétaire, sera prononcée le 24 novembre.

Pour Thierry Roos, porte-parole du Consistoire, la peine est un point d’équilibre :

« Il y a une peine de prison prononcée, ce qui est assez rare chez les mineurs. Il ne fallait pas une peine trop lourde, par exemple de prison ferme, qui aurait pu en faire des héros pour certains. J’espère que les travaux d’intérêts généraux seront orientés dans l’optique d’une prise de conscience. »

C’est aussi l’avis de Me Olivier Charles, qui défendait un des jeunes :

« C’est un verdict d’apaisement qui est cohérent par rapport à l’infraction et qui tient compte de la réinsertion des jeunes. La peine les obligera à travailler, c’est mieux qu’une peine d’emprisonnement simple. »

L’affaire a-t-elle fait évoluer les jeunes ?

Pour Me Simon Burkatzki, qui a présenté les conclusions de la Licra, estime :

« C’est un jugement clément mais pas une anomalie pour des mineurs qui n’avaient pas de casier judiciaire. Il reste un grave problème pour la réparation des 250 tombes, les assurances vont être réticentes. Je crains que les victimes ne voient pas leur préjudice réparé pendant des années. »

En revanche, Samuel Thomas, vice-président de la Maison des Potes, trouve que les peines de prison comme le nombre d’heures de TIG ne sont pas « à la hauteur de la gravité des faits », en soulignant le salut nazi effectué par les jeunes et l’ampleur des profanations. En outre, la Maison des Potes estime qu’une autre personnes est passée au travers des gouttes de l’enquête (voir notre article), et entend faire appel de la décision du tribunal de refuser un complément d’information.

Mais les jeunes ont-ils changé ? Me Simon Burkatzki ne l’exclut pas :

« Des regrets au tribunal peuvent paraître suspects, prononcés sur les conseils des avocats… Mais j’ai constaté qu’après le verdict, deux jeunes sont allés voir des familles pour tenter de présenter leurs excuses… »

Comme pour tout procès en première instance, les parties ont la possibilité de faire appel de ce jugement. Pour comprendre les enjeux et les dernières informations sur cette affaire, nous avons consacré un long avant-papier à ce procès.

#tribunal pour enfants

Profanation du cimetière juif de Sarre-Union : prison avec sursis requis par le procureur

Profanation du cimetière juif de Sarre-Union : prison avec sursis requis par le procureur

Le procureur de la République a requis des peines de prison avec sursis allant de 8 à 18 mois contre les cinq jeunes ayant participé aux dégradations de tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union dans le nord de l’Alsace.

Les juges, les cinq accusés, le procureur et les 48 parties civiles étaient de retour ce vendredi 15 septembre au Tribunal pour enfants de Saverne pour le deuxième jour du procès suite à la profanation de 250 tombes au cimetière juif de Sarre-Union en février 2015. L’audience se tient à huis clos car les cinq prévenus étaient mineurs au moment des faits. Ils avaient entre 15 et 17 ans et n’avaient pas d’antécédents judiciaires.

Sur le plan pénal, le procureur de la République Dennis Vannier a requis des peines de prison allant de 18 à 8 mois, assorties d’un sursis et l’obligation d’effectuer 140 heures de travail d’intérêt général. La peine requise de 18 mois concerne le présumé « meneur » du groupe. Pour trois autres jeunes, dont celui qui s’était dénoncé, elle est de 12 mois. Enfin, elle est raccourcie à 8 mois pour un cinquième adolescent, qui aurait participé seulement à la deuxième salve de destruction. Les autres étaient revenus sur les lieux après une interruption.

La majorité des tombes du cimetière juif sont dans le même état qu’en février 2015 (Photo Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons – cc-by-sa-3.0)

Un prévenu reconnait l’influence antisémite

La fin de l’audience ce vendredi 15 septembre est consacrée aux plaidoiries de la défense. Le délibéré peut-être donné ce soir ou être ajourné.

Lors du premier jour d’audience, seul le présumé « meneur » aurait reconnu être dans une mouvance néo-nazi (skinhead) au moment des faits, comme le laissaient entendre des discussions saisies sur son ordinateur. Selon nos informations, le tribunal n’aurait pas accédé à la demande de complément d’information comme l’espérait La Maison des Potes pour éclaircir le rôle d’une sixième personne, en contact étroit avec le « meneur ».

L’association estime que les réquisitions ne sont pas à la « suffisantes eu égard de la gravité des actes ». Elle espère une peine avec privation des droits civiques et ajoute que le nombre d’heures de TIG, « un mois », ne sont pas à la hauteur.

« Modèle à bout de souffle », le président de l’Unistra Michel Deneken se lance dans le débat national

« Modèle à bout de souffle », le président de l’Unistra Michel Deneken se lance dans le débat national

Président de l’Université de Strasbourg, l’une des plus importantes de France, Michel Deneken entend prendre position dans le débat sur la place et le financement des universités en France.

L’ancien président de l’Université de Strasbourg, Alain Beretz, avait l’habitude de prendre position dans le débat national sur l’université. Il avait initié le très solennel « appel de . . .

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Où travailler en coworking à Strasbourg ?

Où travailler en coworking à Strasbourg ?

Pour les travailleurs indépendants ou les petites sociétés, les espaces de coworking permettent de séparer vie personnelle et professionnelle sans trop se ruiner. Revue de différents lieux à Strasbourg.

Le coworking permet aux travailleurs et aux travailleuses indépendantes de rompre avec l’isolement, en louant un bureau dans un espace partagé, pour un prix comprenant l’ensemble des charges (électricité, internet, imprimante et parfois même le café), avec un accès à des espaces communs (salle de réunion, cuisine, etc.). Pour autant, le travail en « open space » (ou bureaux paysagers en français) ne convient pas à tout le monde. D’abord, cette forme d’organisation n’est pas compatibles avec les personnes ayant besoin de silence pour se concentrer mais elle est aussi connue pour dégrader la qualité de vie au travail.

À Strasbourg, le nombre d’espaces de coworking a rapidement progressé en quelques années. Voici une sélection des endroits où s’implanter, seul ou avec sa petite entreprise :

Le Lodge, grand espace équipé au Neuhof

Situé dans la Zone franche urbaine du Neuhof, ce qui peut permettre des exonérations fiscales, le Lodge propose près de 750 m² de services et de bureaux privatifs allant de 12 à 45 m². L’offre va de la simple domiciliation d’entreprise (à partir de 40 euros HT/mois), à la location, au mois ou à l’année, de bureaux privatifs équipés (de 590€ HT/ mois pour 12 m² et jusqu’à 1 180 euros HT / mois pour 18 m²) avec un engagement de deux années.

Le Lodge (Photo : Le Lodge / doc remis)
Le Lodge

Le Lodge comprend aussi des espaces détente-loisir d’un total de 200 m², associés à une terrasse de 120 m², une petite et trois grandes salles de réunion (dont les utilisations sont facturées), un open space (10€ TTC/jour), une mezzanine… L’espace est desservi par l’arrêt de tramway Kibitzenau (ligne C), face aux locaux, et la piscine du même nom se situe à quelques dizaines de mètres.

    Le Lodge, 20 avenue du Neuhof à Strasbourg – Neuhof. Tél. 03 88 56 97 26

Le Quai n°10, en plein centre

Situé en plein centre, face à l’arrêt de tram Langstross – Grand’Rue, le Quai n°10 a ouvert en octobre 2015. L’espace est porté par l’association du même nom qui cherche à « favoriser l’économie locale et permettre aux professionnels de différents domaines de se connaître et de s’entraider. » Cet open-space de 50 m² peut accueillir une vingtaine d’utilisateurs.

Il existe trois formules : à la journée (11€), Flex (75€ par mois) et Fixe (un bureau personnel pour 220€ par mois). L’adhésion annuelle (10€) est obligatoire. Outre les bureaux, l’offre comprend un accès à une salle de réunion, la possibilité de recevoir des clients et d’organiser des événements en soirée et un espace détente.

    Le Quai n°10, 12 rue de la Division-Leclerc à Strasbourg. Tél. 03 69 82 90 46
Le Quai n°10 (Photo : Quai n°10 / doc remis)
Le Quai n°10 Photo : document remis

La Plage digitale

La plage digitale, gérée par l’association Alsace Digitale, est le tiers-lieu de l’association, situé entre la place de la Bourse et la place de Zurich.

La plage compte 600 m² de bureaux, une cuisine partagée et quatre salles de réunion (12, 16, 36 et 82 m²). Elles peuvent être louées (de 79 euros HT à 230 euros HT pour quatre heures), que l’on travaille dans l’un des espaces de travail ou non. Il existe quatre formules : Fixe (250 euros HT par mois pour la location mensuelle d’un bureau personnel), Fixe S (230 euros HT par mois pour la location d’un bureau personnel plus petit), Nomade (175 euros HT par mois pour un accès aux bureaux partagés 24h/24 et 7j/7) et Flex (location à la journée d’un espace de travail pour 12 euros HT). La plupart des bureaux sont situés dans un espace ouvert.

    La Plage digitale : 13 Rue Jacques-Peirotes à Strasbourg – Krutenau, Tel. 03 88 41 86 95
La Plage digitale Photo : document remis

Le centre de culture numérique à l’université

Le centre du culture numérique (CCN), créé par l’Université de Strasbourg, est « dédié à la découverte, à la sensibilisation et à la formation au numérique. » Cet espace peut accueillir une vingtaine de personnes, uniquement issues des composantes et des services de l’Université. Il ne propose pas de coworking mais plutôt des formations, des ateliers, des conférences…

Pour les personnes extérieures à l’Unistra, le CCN propose des formations sur le numérique (protection des données, le cloud,…) et organise également des conférences sur des sujets variés.

Le centre de culture numérique de l'Université de Strasbourg (Photo : flickr CCNUNISTRA)
Le centre de culture numérique de l’Université de Strasbourg Photo : CCN Unistra

Le Cro-Work-in

Le Cro-Work-In, créé en 2021, est un open space de 40 m². Il met à disposition 8 bureaux équipés (écran, clavier, souris) et des casiers pour les coworkers. Les travailleurs disposent d’une connexion filaire et Wifi à très haut débit ainsi qu’un accès illimité à des boissons et à la cuisine équipée. Le lieu compte aussi une terrasse et un patio pour les journées ensoleillées de l’été, mais est toutefois équipé d’une climatisation. De plus, cet espace est situé à côté de la place de la Rotonde, ce qui offre un beau cadre de travail, qu’on peut rejoindre par l’arrêt de tram Rotonde (lignes A et D)

Les tarifs peuvent être à la journée (25 euros HT), à la demi-journée (15 euros) ou au mois (290 euros HT par mois avec engagement d’un an). Les places à la journée ou à la demi-journée peuvent être achetées par 5, 10 ou 20, ce qui revient moins cher. Il n’y a pas de bureaux privés mais la location à la journée d’un salon privatif (8 m²), ou d’une salle de réunion de 40 m² restent possibles. Les travailleurs peuvent venir sur une plage horaire de 8h à 20h du lundi au samedi (avec une permanence du lundi au vendredi de 9h à 17h). Enfin, des activités sont proposées aux coworkers comme du yoga ou des cours d’anglais pour les adultes et les enfants.

    Le Cro-Work-In, 31 route de Mittelhausbergen à Strasbourg-Cronenbourg, Tel. 03 88 27 03 93

Le Grub, pour la création de contenu

Le Grub est un des seuls lieux de Strasbourg qui propose des espaces de coworking spécialisés dans l’audiovisuel et digital : dans ses 300 m², il abrite un grand studio avec fond vert, divisé en plusieurs plateaux. Les personnes qui souhaitent créer leur propre contenu auront la possibilité de louer, à l’heure, à la demi-journée ou à la journée, des plateaux TV, des plateaux pour des interviews, des studios radio et podcast… Les photographes pourront également bénéficier d’un studio photo bien équipé. Le Grub propose d’autres services, comme plusieurs salles de réunion ou de formation et de la domiciliation d’entreprise. Les tarifs vont de 190 euros par jour pour le studio de radio et de podcast, à 850 euros par jour pour la régie avec éclairage (il est aussi possible de louer ces espaces à la demi-journée ou à l’heure). Le Grub organise entre autres des ateliers, des animations et des rencontres professionnelles.

Les bureaux en open space, quand à eux, sont équipés d’un écran, mais il faudra que les travailleurs et travailleuses apportent leur propre ordinateur portable. Ils auront accès une connexion internet et à une machine à café. La location de bureaux en coworking peut se faire à la demi-journée (15 euros HT), à la journée (25 euros HT), à la semaine (85 euros HT), ou au mois (250 euros HT).

    Le Grub, 91 route des Romains à Strasbourg-Koenigshoffen, Tel. 03 55 40 51 26

Les compotes, pour les travailleurs gourmands

Les compotes, situées dans le quartier du Neudorf, est avant tout un café ouvert à tous. Mais il propose aussi un espace de coworking de 150 m², composé de 18 bureaux partagés. La location de ces bureaux se fait à la demi-journée (12,50 HT) ou à la journée (25 euros HT) et les coworkers auront droit à des « pauses gourmandes », c’est-à-dire des offres sur la carte du café. Cet espace de coworking est accessible 6 jours sur 7 de 8h à 18h du lundi au vendredi et de 9h à 13h le samedi.

Une formule résident permet de louer au mois un bureau attitré ou partagé (avec ou sans engagement) à partir de 90 euros HT et jusqu’à 300 euros HT. Plusieurs services et avantages sont alors proposés aux coworkers comme un casier, l’accès à Internet, des réductions sur la carte du café… Les travailleurs auront également accès sur réservation à une salle de réunion (25€ HT par heure, 95€ HT par demi-journée) et à un studio photo-vidéo-audio équipé (85 euros par heure et 220 euros par demi-journée). Des ateliers et des séances de sophrologie sont aussi proposés aux travailleurs.

    Les Compotes, 9 rue de Sélestat à Strasbourg – Neudorf. Tél. 09 70 16 27 74

Certaines structures proposent davantage que du simple coworking. Au-delà de louer un bureau sur le long terme, elles proposent d’accompagner, plus ou moins intensément, les jeunes entrepreneurs en leur prodiguant des conseils pour assurer la pérennité de leurs sociétés.

Le pH8

Sur le site de l’hôpital civil, le pH8 est la seule pépinière d’entreprises d’Alsace dédiée exclusivement aux entreprises des domaines de la santé et des nouvelles technologies. On y trouve également salles de réunion, des espaces de convivialité, une salle reprographie… Elle accueille plus d’une vingtaine d’entreprises.

Le pH8, 8 place de l’Hôpital à Strasbourg. Tél. 03 68 98 51 96

La Pépinière d’entreprises de Hautepierre

La Pépinière est un grand espace sur deux étages, comprenant 10 ateliers au rez-de-chassée et 18 bureaux à l’étage (voir également notre reportage). Comme pour les résidents du Lodge au Neuhof, la Pépinière permet de bénéficier des exonérations d’une zone franche urbaine.

Financée en partie par la collectivité, elle propose des loyers très modérés par rapport aux autres espaces strasbourgeois : 194€ par mois pour un petit bureau (13 m²) et maximum 619€ pour un grand atelier (76 m²).

Tous les bureaux sont fermés et les locaux ne correspondent pas à l’exercice d’une activité solitaire, mais plutôt à celle de petites entreprises qui cherchent à grandir. On peut s’y domicilier après un rapide examen de dossier. Elle propose un service d’accompagnement et de formations pour « apporter les meilleures conditions de réussite et de développement » aux entreprises. La résidence est limitée à 23 mois. On y trouve également deux salles de réunion (gratuites), un espace de convivialité et des terrasses accessibles à tous.

L’Hôtel des forges

Comme la Pépinière de Hautepierre avec laquelle il partage la même directrice adjointe, l’Hôtel des forges est un espace pour jeunes entreprises (moins de trois ans) qui propose un faible loyer pour celles qui sont sélectionnées. Celui-ci, créé en 2001, est situé au Port-du-Rhin.

Ses 54 bureaux, de 13 à 26 m² sont étalés sur 1 500 m² avec une salle de réunion de 100 m². Les tarifs débutent à 165 euros par mois pour le plus petit bureau et vont jusqu’à 800€ pour un « plateau » de 106 m². La salle de réunion est mise à disposition gratuitement.

L’incubateur Semia, pour un projet scientifique

Créé en 1999, l’incubateur Semia a pour objectif d« accompagner les projets issus de la recherche publique ». Il accueille des chercheurs, des entrepreneurs privés et des étudiants. Mais pour cela, un projet devra d’abord passer les trois étapes de sélection. Financé par des entreprises mécènes et la Région Grand Est, Semia « aide dans toutes les étapes de la création » d’une entreprise.

Semia (Photo Semia / doc remis)
Semia Photo : Semia / doc remis

Une fois une idée sélectionnée, le Semia propose aux porteurs des projets des formations, de la mise en réseau avec des partenaires, un soutien à l’élaboration du plan d’affaires, accompagnement à la recherche de financement, des conseils dans les domaines technologiques, la communication, le marketing, le management…

    Semia, 11 rue de l’Académie à Strasbourg – Krutenau. Tél. 01 12 53 32 34

Au procès de la profanation d’un cimetière juif à Sarre-Union, pour comprendre l’incompréhensible

Au procès de la profanation d’un cimetière juif à Sarre-Union, pour comprendre l’incompréhensible

Plus de deux ans après le saccage de 250 tombes au cimetière juif de Sarre-Union au nord de l’Alsace, le procès des cinq adolescents s’ouvre à huis clos au tribunal pour enfants de Saverne. L’enquête, dont nous avons pu consulter des extraits, a révélé des échanges haineux avant les faits pour au moins l’un des participants.

Que s’est-il passé dans la tête de ces cinq adolescents dans l’après-midi du jeudi 12 février 2015, pourquoi ont-ils subitement saccagé plus de 250 tombes du cimetière juif de Sarre-Union ? C’est à cette énigme que leur procès devant le tribunal pour enfants de Saverne jeudi 14 et vendredi 15 septembre tentera de répondre. Il se tiendra à huis clos car les prévenus étaient mineurs au moment des faits, il y a plus de deux ans et demi. Scolarisés à Sarre-Union et Sarrebourg, ils avaient entre 15 et 17 ans.

L’état du cimetière n’a guère changé

Trois jours après l’acte, un dimanche en fin d’après-midi, une habitante découvre la scène dans cette commune du nord de l’Alsace. Environ 250 tombes sur 400 sont brisées ou renversées. Sur les tombes, il n’y pas de graffiti. À ce jour, entre 20 et 30 tombes ont été restaurées, notamment par les descendants des personnes enterrées. Pour certaines tombes, le Consistoire israélite du Bas-Rhin, propriétaire et gestionnaire du lieu, est toujours à la recherche des descendants. Le reste est dans le même état qu’au moment de l’attaque.

À l’entrée, le Monument aux morts en souvenir de la Shoah a été réparé par l’État allemand, conformément à l’engagement de son ambassadrice le jour de la cérémonie d’hommage deux jours plus tard en présence de François Hollande.

Un retour à la vie normale

Plus de deux ans et demi après les faits, les cinq jeunes ont plus ou moins repris une place dans la société. Sauf l’un d’eux, qui se revendiquerait « marginal » et réside au centre éducatif fermé de Mulhouse. Les autres ont repris des études ou une formation, tous éloignés de Sarre-Union. Après un passage dans un centre à Laxou, à côté de Nancy, l’un d’eux est retourné chez ses parents à Lunéville et effectue un bac professionnel dans un établissement privé.

Après une reconversion, un troisième a effectué un stage chez un garagiste et réside chez sa tante en Moselle. Un quatrième était en terminale à Colmar et le dernier était en seconde générale à Bischheim l’année dernière. Il n’y aurait pas de signes alarmants dans leur comportement. Ils ont désormais le droit de revenir dans la commune de Sarre-Union, leur contrôle judiciaire a été levé.

L’état du cimetière a assez peu changé par rapport aux faits en 2015 (photo Claude Truong-Ngoc / Consistoire israélite)

Un saccage en deux temps

Concernant l’après-midi fatidique, on sait juste que les tombes ont été renversées en deux fois et qu’ils n’étaient a priori pas tous ensemble en même temps dans l’enceinte du cimetière. Entre les deux sessions, ils sont partis « boire » (on ne sait pas s’il s’agit d’alcool ou non). Tous les suspects avaient avoué et même pleuré lors des interrogatoires menés par les gendarmes quelques jours après la découverte.

Le parquet a retenu le caractère antisémite de l’acte. Les avocats de la défense vont se concerter pour savoir s’ils combattent cette qualification ou non. Les parties civiles estiment qu’il y a eu recours à des outils pour endommager autant de tombes, mais rien n’a été trouvé lors de l’enquête. Des interrogations sur le rôle d’autres personnes, mineures et majeures, vont même être soulevées en début d’audience, ce qui pourrait relancer l’enquête (voir notre article de l’édition abonnés).

Prison encourue

Selon le Code pénal, la violation ou la profanation de tombeaux, de sépultures, d’urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. La loi prévoit aussi une « excuse de minorité » qui atténue la peine maximale. En revanche, le caractère antisémite, s’il est avéré, est aggravant. Poursuivis pour « profanation de sépultures en raison de la religion des défunts et pour dégradation de biens publics », ils risqueraient jusqu’à 7 ans de prison.

Les cinq jeunes ont tous un avocat différent. Seul Me Olivier Charles a donné suite à nos sollicitations. Il défend le prévenu qui s’est dénoncé à la gendarmerie dès le lendemain de la découverte.

« Pas un procès emblématique de l’antisémitisme »

Sa défense n’a pas varié par rapport à celle d’il y a deux ans. L’avocat pénaliste évoque une « bande d’ados », qui n’étaient « pas venus pour ça » et se sont entraînés dans « un jeu de rôle d’extrême mauvais goût » :

« Ce n’est pas un procès emblématique de l’antisémitisme en France. Il n’y a pas de graffiti, pas de revendication. S’ils n’avaient pas avoué avoir fait le salut nazi et crié “Heil Hitler”, il n’y aurait aucun élément sur cette circonstance aggravante dans le dossier. L’un d’eux était même plutôt dans une mouvance antifasciste. Tout cela est arrivé dans un contexte émotionnel chargé, quelques semaines après l’attentat de l’hyper-casher. J’espère que l’on pourra juger cela avec plus de recul et de sérénité, maintenant qu’ils ont pris conscience de leurs actes. »

Il répète aussi que la plupart étaient bien notés à l’école, et qu’ils ne présentaient pas de signes inquiétants. Cette interprétation des faits diverge complètement avec celles des parties civiles. Me Raphaël Nisand, qui intervient au nom du Consistoire, estime que les jeunes étaient « sous une influence idéologique d’extrême-droite » :

« Ils ont sciemment pris le temps de tout dévaster. On ne détruit pas des tombes comme ça, à mains nues. Dans ce dossier, on n’est pas dans le cas du conflit du Moyen-Orient importé, mais bien porté par un sentiment néo-nazi endogène. »

Simon Burkatzki, avocat de la Ligue contre la racisme et l’antisémitisme (Licra), ne croit pas non plus à un simple jeu à « l’ambiance gothique » qui aurait mal tourné, mais à une influence idéologique, peut-être avec l’aide d’autres personnes :

« Il y a plusieurs éléments matériels mais on en sait assez peu sur leur milieu. Il aurait été bien d’approfondir l’enquête sur leurs accointances avec l’extrême-droite locale notamment. »

Des échanges très douteux

La fouille par les enquêteurs des ordinateurs, des réseaux sociaux et des SMS des prévenus établit des propos haineux clairs chez certains. L’un d’eux a par exemple téléchargé le 2 février la chanson « Je suis un bon nazi ».

Surtout, le plus jeune (15 ans et demi), échangeait régulièrement avec une sixième personne, non-incriminée, sur des thèses conspirationnistes. Ils parlaient notamment d’agir après les attentats de janvier 2015.

Echange en janvier 2015 entre l’un des jeunes accusés et une sixième personne après les attentats à Charlie Hebdo et l’hyper casher en janvier 2015 (extrait du rapport d’enquête / Doc Rue89 Strasbourg)

Dans l’un des échanges en janvier, il est question de « se rendre au stock » pour trouver des Juifs, ce qui laisse penser qu’au moins certains avaient l’intention de se rendre sur ces lieux selon certaines parties civiles.

Cet échange en janvier entre l’un des protagonistes et une sixième personne fait penser à certaines parties civiles que l’acte était prémédité. (extrait du rapport d’enquête / doc Rue89 Strasbourg)

Qu’il y ait eu un ou plusieurs leaders dans les événements ne décharge pas complètement les « suiveurs », car la profanation est caractérisée comme « un acte en réunion ».

Près de 900 000 euros de préjudice demandés

Parmi les parties civiles, le Consistoire établit le préjudice à 847 345 euros. Un montant qui s’appuie sur un devis effectué en juin 2015 pour estimer la restauration des tombes, que le tribunal peut contre-expertiser.

Une lourde somme qui devrait se reporter sur les parents des prévenus et leurs assurances en cas de condamnation. En février, la presse locale indiquait que seuls 66 000 euros avaient été versés par l’État à la commune. Le maire de Sarre-Union, Marc Sené, avait très vite réagi et assurait vouloir prendre en charge environ la moitié des frais.

Deux jours après la découverte du drame, le président de la République s’était rendu sur les lieux, ici aux côtés du maire Marc Sené (Photo Claude Truong Ngoc)

Parmi les autres parties civiles, SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) et la Licra qui demandent un préjudice moral à hauteur de 5 000 euros. Une somme symbolique « difficile à estimer » convient Me Butzanski, mais plus élevée que les 1 000 euros demandés habituellement par l’association qu’il défend (la Licra), compte tenu de l’ampleur de l’acte. D’autres avocats représentent également les descendants de personnes inhumées dans le cimetière.

Une audience sur intérêts civils peut déterminer les sommes dans un second temps.

Me Raphaël Nisand questionne aussi le cercle familial. Il se demande si le huis clos sera l’occasion d’une prise de conscience :

« Plus de deux ans après les faits, nous n’avons pas eu de contact ni de la part des jeunes, ni de la famille, pour proposer de réparer ou de payer pour les dégâts. »

Selon d’autres sources, une lettre d’excuse au grand rabbin aurait été écrite par l’un d’eux, ainsi qu’une proposition de remise en état. Me Olivier Charles ajoute même que tous sont allés dans un autre cimetière faire des réparations, même s’il ignore avec quelle autorité les jeunes ont eu affaire.

Une peine exemplaire attendue par les parties civiles

Pour Thierry Roos, vice-président de la Licra et en charge du dossier pour le consistoire israélite du Bas-Rhin, la question de la sanction n’est pas seulement matérielle :

« On attend une réparation du préjudice matériel, mais aussi une peine éducative exemplaire. S’il n’y a pas de travail de mémoire, l’antisémitisme qui a toujours été présent en particulier dans ce secteur de l’Alsace perdurera. Même s’il ne faut pas non plus stigmatiser une région : une grande partie des lycéens scolarisés dans l’établissement avaient protesté contre ces actes. »

Alors que tout semble accuser les jeunes, l’un des enjeux repose sur l’assortiment du sursis aux peines qui seront prononcées. Et idéalement comprendre quel a été le déclencheur, pour éviter que de tels actes ne se reproduisent. Il s’agissait déjà de la sixième profanation du cimetière et surtout l’une des plus importantes depuis environ 25 ans. L’intimité du huis clos laissera certains détails entre les quatre murs de la salle d’audience.

Procès des tombes profanées : une demande d’extension de l’enquête à d’autres personnes

Procès des tombes profanées : une demande d’extension de l’enquête à d’autres personnes

Un des jeunes mis en cause dans l’affaire de la profanation du cimetière juif de Sarre-Union en février 2015 n’a pas été poursuivi, alors qu’il apparaît dans l’enquête menée après les faits, notamment lors d’échanges avec les prévenus. Une partie civile va notamment demander au tribunal que l’enquête s’étende à cette personne.

Le procès des cinq jeunes ayant profané 250 tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union en février 2015 s . . .

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Gagnez des invitations pour le Festival européen du film fantastique

Gagnez des invitations pour le Festival européen du film fantastique

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) s’installe dans les salles du vendredi 15 au dimanche 24 septembre. En partenariat avec les Films du Spectre, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner des invitations à trois soirées. Bonne chance !

La Zombie Walk à nouveau annulée

La Zombie Walk à nouveau annulée

La Zombie Walk, qui était prévue samedi pour lancer le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), est annulée. Les organisateurs ont reçu un avis défavorable de la direction de la sécurité publique du Bas-Rhin. Dans un communiqué, les films du Spectre détaillent :

« Après l’annulation de l’an passé, nous avions l’espoir de pouvoir réorganiser cette année une Zombie Walk. Malgré un travail important, mené en lien avec les services de la Ville, pour en assurer la sécurité, nous avons reçu un avis défavorable des services de l’Etat. Nous respectons leur avis et sommes donc au regret d’annuler la Zombie Walk ainsi que l’Apéro Zombie. »

Pas d’apéro zombie

L’an dernier, la Zombie Walk avait été transformée en « apéro zombie » place de l’Université. Mais cette année, le festival n’a pas souhaité reproduire ce repli comme l’explique Daniel Cohen, directeur du FEFFS :

« On aurait pu je pense négocier un événement en mode « fan zone », avec barrières et entrées sécurisées… Mais bon, franchement, c’est pas l’idée de la Zombie Walk, qui est un événement festif et où l’idée est de populariser le festival en déambulant dans les rues. Si on ne peut pas fouler le pavé, ça ne sert à rien. »

En 2015, la Zombie Walk avait réuni 4 à 5000 personnes (Photo Christophe Kaiser / FlickR / cc)
En 2015, la Zombie Walk avait réuni 4 à 5000 personnes (Photo Christophe Kaiser / FlickR / cc)

La Direction de la sécurité publique n’a pas communiqué de raisons pour justifier son avis défavorable. Mais le contexte international, le terrorisme et l’état d’urgence sont régulièrement évoqués pour justifier des mesures de sécurité supplémentaires pour toutes les manifestations qui rassemblent des milliers de personnes. Le Marché de Noël est retranché depuis 2015 dans l’enceinte de la Grande Île, la Grande Braderie également…

En septembre 2015, donc avant les attentats à Paris, la Zombie Walk avait réuni 4 à 5 000 personnes dans les rues de Strasbourg, grimées en zombies, morts vivants et autres créatures fantastiques. D’autres participants se déguisaient en soldats en arborant des armes en plastique. Dans le contexte d’anxiété actuel, cette manifestation est difficile à accepter pour les pouvoirs publics.

Décision fin septembre sur l’installation d’un camp rue des Remparts

Décision fin septembre sur l’installation d’un camp rue des Remparts

Assignés par la Ville de Strasbourg pour s’être installés pendant l’été rue des Remparts, une centaine de demandeurs d’asile sauront le 21 septembre s’ils doivent démonter leur camp de tentes. L’audience en référé s’est tenue mardi au tribunal de grande instance. Mais même si l’évacuation est prononcée, il sera difficile de faire exécuter la décision.

Quand elle en arrive à « l’affaire des Remparts », la présidente du tribunal des référés de Strasbourg se saisit du dossier le plus épais de ce mardi après-midi. Plus d’une centaine de personnes, demandeurs d’asile, ont en effet été assignés par la Ville de Strasbourg. La municipalité ne veut pas de l’installation d’un « bidonville » sur le terre-plein de la rue des Remparts, derrière la gare. L’occupation de ce dernier se faisant « sans droit ni titre », l’avocat de la Ville, Me Jean-Marie Bourgun, invoque un trouble à l’ordre public qu’il est « urgent » de faire cesser.

Une vingtaine des personnes vivant sur ce camp depuis l’été ont fait le déplacement jusqu’au tribunal de grande instance, avec leurs enfants. Ils attendent dans les couloirs des nouvelles de leur avocate, Me Sophie Schweitzer.

« Mettre l’Etat face à ses responsabilités »

La position de la Ville a sensiblement évolué sur un point : elle veut mettre l’Etat face à ses responsabilités. L’avocat de Strasbourg, Me Bourgun, a en effet plaidé que « le propriétaire du terrain (la Ville, ndlr) n’a pas à se substituer à l’État. » Il oppose un « problème juridique simple » à un « problème social difficile », ce dernier relevant de la responsabilité étatique. Pour Me Bourgun cependant, « l’État fait ce qu’il peut » puisque « 49 personnes on été prises en charge depuis début août. » Il rappelle aussi les actions de la Ville, parmi lesquelles l’installation de trois toilettes sèches (soit une de moins qu’en août), l’accès à un point d’eau et le nettoyage du site.

Cette dernière remarque irrite Me Schweitzer, qui fait remarquer que les toilettes sont vidées par des associations, que le point d’eau n’est pas accessible en continu et que deux douches seulement, gérées par une association, sont disponibles.

Une vingtaine de demandeurs d’asile des Remparts sont venus à l’audience. A gauche, leur avocate, Me Schweitzer. (Photo QT / Rue89 Strasbourg)

Un « appel d’air » selon la Ville

L’avocate, qui a peu d’espoir sur la décision du tribunal, dénonce l’inutilité de cette procédure :

« Où voulez vous que ces personnes aillent avec leur tente sur le dos ? C’est une décision qu’on ne pourra pas faire exécuter. »

Le droit au logement oblige les collectivités à proposer des solutions à toute personne privée de son lieu de vie. Me Schweitzer remarque aussi l’absence d’utilisation de ce terrain par la collectivité et réfute qu’il y ait un « trouble manifestement illicite » sur le camp.

Quand Me Bourgun évoque le risque d’un « appel d’air » si ce camp perdure, l’avocate perd son calme et rappelle que ces personnes ne sont pas « venues ici en vacances ». L’échange est vif avec Me Bourgun, lequel conclut : « je trouve ça insultant pour la Ville de Strasbourg. », en arguant que la municipalité a pris ses responsabilités.

Le tribunal rendra sa décision le 21 septembre.

De nouveaux angles pour redécouvrir Strasbourg lors des journées du patrimoine

De nouveaux angles pour redécouvrir Strasbourg lors des journées du patrimoine

À pied, à vélo ou encore en prenant de la hauteur : samedi 16 et dimanche 17 septembre se déroulent la 34ème édition des Journées européennes du Patrimoine. Dans les différents quartiers de Strasbourg, de nombreuses activités sont organisées pour faire découvrir la ville et son patrimoine autrement. Voici une sélection.

Durant deux jours, les samedi 16 et dimanche 17 septembre, Strasbourg sera en ébullition. L’État, les collectivités locales et des opérateurs privés se mobilisent pour proposer de nombreuses activités permettant de promouvoir le patrimoine bâti. À Strasbourg, plus de 158 rendez-vous sont proposés : découverte de nouveaux lieux, mise en avant de monuments anciens qu’on ne remarque parfois plus, accès à des zones habituellement fermées au public, etc.

La Neustadt mise à l'honneur cette année (Photo Klovovi / FlickR / cc)
La Neustadt mise à l’honneur cette année (Photo Klovovi / FlickR / cc)

La BNU mise à l’honneur

Devenue partie intégrante non seulement du paysage strasbourgeois mais également de la vie des étudiants, la Bibliothèque nationale universitaire (BNU) est la 2ème bibliothèque de France en nombre d’entrées et la première de l’enseignement supérieur. À l’occasion des journées du patrimoine, une dizaine de rendez-vous sont proposés pour faire découvrir le résultat de quatre années de travaux de rénovation et de modernisation de cette bibliothèque.

Des visites guidées de l’exposition néogothique ou encore des trésors de la BNU sont proposées et pour la première fois, il sera également possible d’accéder au toit de la bibliothèque. La visite de la coupole et des toits dure une dizaine de minutes. Elle est possible uniquement sur inscriptions sur place le jour même (samedi de 14h30 à 18h ou de 20h45 à 22h et dimanche de 17h30 à 19h).

Zoom sur le Port du Rhin

Avec l’extension de la ligne D, qui dessert désormais Kehl et le quartier du Port du Rhin, ce dernier est en plein bouleversement. Une dizaine de rendez-vous doivent faire découvrir le nouveau visage cette partie de la ville, encore peu fréquentée. La Coop, où se déroulera également le Street Food Music Festival, sera le point de départ de plusieurs activités. Pour les plus curieux, il y aura le jeu de piste « à la découverte du quartier du Port du Rhin » (samedi de 15h à 17h, inscription en ligne gratuite).

Une visite guidée « street art au Port du Rhin » s’adressera aux amateurs du Graff et de son histoire (samedi et dimanche, départs à 11h30, 14h et 16h, durée d’une heure environ. Inscriptions en ligne gratuite). Il sera également possible de visiter le musée de la Coop, qui regroupe objets, enseignes, livres, affiches ou encore photos évoquant le passé de Coop Alsace, ce réseau de distribution solidaire et coopératif fondé en 1902.

À la découverte des Deux-Rives ou du Neudorf à vélo

Deux circuits adaptés à la pratique du vélo sont proposés. Samedi de 10h30 à midi, ce sont les membres de l’association des résidents et amis du Neudorf qui proposeront une visite du quartier (inscriptions au 06 21 11 64 47 ou par e-mail). De 17h30 à 19h, le samedi toujours, c’est au départ du Shadok qu’il sera possible découvrir le quartier des Deux-Rives avec son impressionnant projet urbain (inscriptions en ligne).

Dans un registre plus insolite, le musée d’art moderne et contemporain propose une visite à vélo d’un « musée à ciel ouvert. » En s’inscrivant à l’avance, il sera possible le dimanche de 17h à 18h de trouver dans l’espace public des œuvres d’art contemporain… à condition de savoir où regarder.

Le téléscope de l'Observatoire (Photo : Wikimedia Commons / cc)
Le téléscope de l’Observatoire (Photo : Wikimedia Commons / cc)

Les journées du patrimoine sont aussi l’occasion de découvrir des endroits insolites. L’Observatoire de Strasbourg propose notamment une visite de sa célèbre grande lunette. Construite en 1880 par le fabricant allemand Respold de Hambourg, elle est la 3ème lunette astronomique de France par sa taille. Les visites guidées de la coupole auront lieu samedi et dimanche, à 14h, 15h ou 16h.

C’est également en prenant de la hauteur, aux Galeries Lafayette cette fois, qu’il est possible de découvrir un endroit un peu particulier : la terrasse. Habituellement fermée au public, le grand magasin a décidé de faire découvrir aux strasbourgeois ce qu’elle abrite : des ruches. Les visites se font le samedi entre 10h et 13h ou entre 15h et 18h (sur inscription au 03 88 15 23 04 ou par e-mail).

À la Coop, foodtrucks du monde et artistes locaux

À la Coop, foodtrucks du monde et artistes locaux

Samedi 16 et dimanche 17 septembre, la Coop au Port-du-Rhin à Strasbourg accueille les journées du patrimoine, le Street Food Music Festival et des événements proposés par les futurs locataires du lieu… qui ouvrira en 2019.

Pour sa deuxième édition, le Street Food Music Festival revient les samedi 16 et dimanche 17 septembre à la Coop au Port-du-Rhin à Strasbourg, en même temps que les Journées européennes du patrimoine. De 11h à 2h le samedi et de 10h à 21h le dimanche, 30 foodtrucks seront présents sur l’espace en friche du siège historique de l’ancienne coopérative alsacienne de distribution.

L’objectif : faire découvrir de nouveaux horizons culinaires, sur fond de musique hip-hop. Une vingtaine de stands de producteurs et artisans locaux seront également installés. Fermiers, cultivateurs, créateurs de boissons, viticulteurs et d’autres feront découvrir leurs produits lors de ce week-end.

Des burgers aux pierogis polonais, en passant par des gaufres belges

Français, Allemands, Belges et Suisses proposeront des styles de cuisine allant des traditionnelles tartes flambées à des plats typiques sénégalais, en passant par des spécialités asiatiques. La street food, ce n’est pas uniquement des burgers insistent les organisateurs. Si certains en proposeront, ils ne seront pas les stars de l’événement. Ainsi le foodtruck Pan Kowalski proposera de découvrir les pierogis, un plat typique de la cuisine polonaise.

Le foodtruck berlinois Pankowalski propose des pierogis, une spécialité polonaise. (doc remis)

Chez Street Food et Terroir, ce sont des recettes aux saveurs d’Amérique latine qui se mixent à des produits du terroir d’Ile-de-France pour faire voyager les papilles.

Produit du terroir et saveurs d’Amérique latine c’est StreetFood et Terroir (doc remis)

Quand au foodtruck Poushe strudelhaus, il vient de Zurich pour proposer des Strüdel.

Les strudel suisses de Poushe… (doc remis)

Pour les plus amateurs de plats plus traditionnels, il y aura également un foodtruck proposant des tartes flambées, plusieurs autres des burgers… Pizz’arôme plaira aux végétariens et végétaliens, puisqu’ils proposeront des pizzas adaptés à ces régimes.

L’environnement pas complètement oublié

Les foodtrucks et exposants présents ont reçu comme consignes d’utiliser un maximum de produits issus d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement (biologique, raisonnée, intégrée ou équitable), locaux et de saison. Pour compenser l’accroissement de déchets que génère la street food, ils invitent également les participants à proposer des contenants alimentaires, couverts et serviettes biodégradables et compostables.

L’ambiance sonore sera assurée par des DJs français, allemands et suisses, issus de la culture hip-hop. Samedi de 14h à 15h30, il y aura notamment DJ Zamani et dimanche de 17h30 à 19h, c’est le strasbourgeois DJ Nyouz qui s’occupera de la bande son. Nouveauté de cette année, un concert en plein air, sur le site de « la virgule », aura lieu le samedi soir. De 22h à 3h, 3 DJs alliant hip-hop et musique électronique, IcanSee, DJ.P et Labat viendront clôturer la journée. (Entrée 10 euros en pré-vente/ 12 euros sur place).

Le festival se veut également un événement familial, avec un kiddos square, où trois associations proposeront des animations pour les enfants. Néanmoins, les parents doivent garder un œil sur leurs bambins pendant ces activités.

Les futurs locataires de la Coop seront également de la partie

L’évènement est le dernier avant que ne commencent les travaux de rénovation de la Coop, qui doivent durer jusqu’en 2019. À cette occasion, les futurs locataires ont décidé de se joindre au Street Food Music Festival et aux Journées du patrimoine pour se présenter au public strasbourgeois. Pour ça, ils proposent eux-aussi leurs rendez-vous, une trentaine d’ateliers, démonstrations et visites.

Les ateliers éclairés emménageront dans l’ancienne menuiserie de la Coop. Cet atelier collaboratif propose, sur abonnement, un accès non seulement à des outils et à des équipements, mais également à un savoir-faire et à une communauté pour permettre à chacun d’imaginer et de réaliser ce qu’il veut. Samedi et dimanche, ils organiseront un atelier « confection de pancakes, assistée par ordinateur » (de 11h à 13h). Une pancake bot, sorte d’imprimante 3D, permettra de fabriquer des pancakes aux formes improbables. Il suffit de chercher une image sur internet qui sera ensuite convertie par un logiciel pour réaliser cette crêpe d’un nouveau genre.

Certains artisans de la Semencerie proposeront, eux, un atelier de découverte du fer forgé, le samedi de 11h à 20h ou encore une démonstration de fonte d’argent le dimanche de 11h à 19h. Ce groupement d’une trentaine d’artistes et d’artisans installés au quartier Gare va également prendre ses quartiers à la Coop, pour proposer un espace de résidence et de création artistique.

Malgré la pluie, on a manifesté « contre la politique globale » d’Emmanuel Macron mardi à Strasbourg

Malgré la pluie, on a manifesté « contre la politique globale » d’Emmanuel Macron mardi à Strasbourg

Malgré la pluie, entre 2 600 et 3 200 personnes se sont mobilisées à Strasbourg pour manifester contre les ordonnances réformant le code du travail mardi après-midi. Dans le cortège, c’est la politique générale d’Emmanuel Macron qui était la cible.

« Macron t’es foutu, les fainéants sont dans la rue ». C’est l’un des slogans qui revenait le plus souvent mardi après-midi à Strasbourg, dans les rangs de la manifestation contre les ordonnances réformant le Code du travail. Au comptage : 2 600 personnes, selon la police, 3 200 selon la CGT, se sont mobilisées pour faire part de leur mécontentement, malgré une légère pluie qui s’est invitée au début de la manifestation.

« Je n’ai pas vu autant de monde à un rassemblement à Strasbourg, depuis celui qui s’est tenu après les attentats du Bataclan » confie Anaïs, enseignante qui a pourtant l’habitude de se rendre à des manifestations. Si elle a défilé mardi, c’est pour dénoncer un projet du gouvernement qui, selon elle, va davantage « précariser la majorité des actifs, mais également les non actifs. Tout le monde est concerné, que ça soit dans le privé ou dans le public, tout le monde en a déjà pris pour son grade. »

« Une attaque contre des droits chèrement acquis »

Chez les manifestants, on retrouve souvent les mêmes dénonciations et surtout un même sentiment d’insécurité face à ce qui est perçu comme une régression. « On est en train de faire marche arrière vers le XIXème siècle. C’est une attaque contre des droits chèrement acquis » dénonce Christiane, une enseignante qui s’inquiète également pour les futurs générations. « On a des enfants qui n’ont pas une vie facile. Je pense aussi à mes élèves qui vont devoir s’insérer dans un monde du travail de plus en plus précaire. »

Nombreux sont ceux qui ne sont pas là uniquement parce qu’ils sont directement concernés par un des pans de la réforme. « Le Code du travail touche toutes les professions, c’est vrai que je vais être moins touchée que la plupart mais c’est pas une raison pour laisser faire », témoigne Meryem, 31 ans, pharmacienne.

« Loi travail Macron en Marche arrière » la créativité ne manquait pas dans les slogans des manifestants. (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

Une mobilisation deux en un

Si, à l’origine, la manifestation concernait la réforme du Code du travail, nombreux sont ceux qui sont également là pour exprimer un ras le bol général contre la politique que mène le gouvernement et Emmanuel Macron depuis son élection. Manuela, 22ans, en 3e année de psychologie, participe pour la première fois à une manifestation :

« La personne qui a été élue, je ne la supporte pas. Tout ce qu’il fait est en train de détruire ce que la société a créé. C’est important de lui montrer qu’on n’est pas d’accord avec ça. »

Même constat du côté de Josiane, une retraitée de 70 ans, habituée à venir manifester lorsqu’elle l’estime nécessaire :

« Je ne suis absolument pas d’accord avec la politique que mène notre président. C’est une déstructuration totale des acquis sociaux pour lesquels les gens se sont battus pendant un siècle voire plus. Je trouve ça dramatique, d’autant plus que ça ne va pas résoudre la question du chômage. Le mot qui correspond le mieux à la politique actuelle, selon moi, c’est l’arrogance. Une arrogance des puissants. Ça va au delà de la loi travail. Ça concerne également la politique par rapport aux migrants, à la transposition de l’état d’urgence dans le droit commun, c’est une honte. »

Les propos d’Emmanuel Macron lors de son discours à Athènes ont alimenté l’inspiration des manifestants. (Photo Manon Weibel/ Rue89 Strasbourg)

Valérie, 54 ans, comptable bientôt au chômage, dénonce le système dans son intégralité :

« Ce qui est important, c’est qu’une majeure partie des gens prennent conscience qu’on ne peut plus vivre dans le système dans lequel on est, qui n’est plus une démocratie. Il faut casser la notion de leader unique et laisser la possibilité aux citoyens de se gouverner par eux-mêmes. »

Une mobilisation en demi-teinte

Si les Strasbourgeois ont été relativement nombreux à descendre dans la rue, ils ne se font que très peu d’illusions sur les conséquences du mouvement. « Je ne pense pas que la mobilisation aura un impact quelconque sur la politique de Macron, mais en tout cas, c’est pas mal parce que ça permet d’ouvrir la discussion avec plein de gens, » confie Daniel, étudiant en philosophie.

Pour autant, la plupart des manifestants ne comptent pas en rester là. Pour beaucoup, la mobilisation de mardi était un test, pour prendre la température et voir combien de personnes allaient se déplacer. Un test que certains estiment réussi en soulignant une mobilisation plus forte que qu’à l’habitude.

« Il faut montrer que l’on reste mobilisé. Ce qui se dessine, ce sont des dégradations des conditions de travail et de l’emploi. C’est qu’un mouvement qui débute, il y aura d’autres actions » conclut Jean-Claude Macabre, ancien secrétaire de l’Union locale de la CGT Strasbourg.

« En Marche » précise : il s’agit bien d’une direction par interim dans le Bas-Rhin

« En Marche » précise : il s’agit bien d’une direction par interim dans le Bas-Rhin

Suite à la parution de notre article ce mardi 12 septembre sur les interrogations de militants sur la désignation de leur futur(e) représentant, la direction nationale de « La République en Marche », le mouvement du président de la République Emmanuel Macron, nous a contacté. Elle a souhaité apporter une précision : la référente actuelle, Laurence Vaton, a bien été nommée par interim en juillet :

Ségolène Redon, directrice de la communication apporte les explications :

« Dans 35 départements, les référents locaux ont été élus députés. Tous leurs successeurs ont été nommés par intérim, sous réserve de validation des statuts (le vote était en cours jusqu’en août ndlr), selon les critères prévus pour le mouvements à savoir la parité et la diversité des profils. »

Une subtilité qui n’était pas indiquée dans le communiqué à ce sujet diffusé fin juillet dans le Bas-Rhin, donnant l’impression d’un choix définitif. Les cadres du mouvement ajoutent que l’évaluation est facultative.

« En Marche ! » est devenu « La République en Marche suite à la victoire à l’élection présidentielle.

La démarche est bien lancée

Les anciens référents (le député de Strasbourg-nord Bruno Studer dans le Bas-Rhin) sont bien associés à la décision finale prise par les instances nationales, afin que le processus de désignation allie perception du terrain et un avis expérimenté sur les compétences pour cette fonction exposée et non-rémunérée. « L’idée n’est pas d’enlever quelqu’un pour mettre quelqu’un d’autre à sa place », précise le mouvement.

Une fois le ou la référent(e) nommé(e) après ce processus qui prend fin début octobre, ce mandat vaut pour trois ans, soit après les élections de municipales 2020 (sauf si elles sont déplacées à 2021).

Autre précision, les comités doivent faire remonter au moins deux noms (ils peuvent en proposer davantage), pour assurer la parité, car d’expérience surtout des noms masculins sont soumis. Dans les autres départements de France, des suggestions sont déjà remontées. C’est désormais aux comités locaux du Bas-Rhin de se saisir de l’opportunité. Compris, les marcheurs qui traînent des pieds ?

Sans auxiliaire de vie scolaire, la rentrée galère du petit Léo

Sans auxiliaire de vie scolaire, la rentrée galère du petit Léo

Après avoir vaincu l’alimentation par sonde gastrique, Julie Klein, la maman du petit Léo, doit à présent ferrailler pour scolariser son fils dans de bonnes conditions. Aucune auxiliaire de vie scolaire n’est disponible…

Avoir un enfant et aborder l’étape de l’école, c’est un bonheur mais aussi l’inconnu. D’ailleurs on ne parle que de ça en juillet, août et septembre quand on est parent.

Cette année, j’ai tenté une aventure plus risquée : scolariser mon enfant handicapé. J’ai fait les choses comme il faut, en bonne maman abonnée aux montagnes russes du handicap : c’est en janvier que j’ai commencé à la préparer cette rentrée ! Ah oui, c’est du sérieux la scolarisation d’un enfant extraordinaire ! Il faut un dossier, un certificat médical, un exposé détaillé, une réunion, une école motivée…

Et il faut bien respecter les dates, parce que sinon l’AVS, tu peux rêver de l’avoir à la rentrée. L’AVS, c’est l’auxiliaire de vie scolaire, une personne qui va accompagner, soutenir et aider l’enfant pour que son handicap ne le freine pas trop. Mon Léo a besoin de lui ou d’elle, pour manger, se faire comprendre, se déplacer… Il en a besoin à la rentrée, toute l’ année, tous les jours… Et même tout le temps pendant qu’on y est.

Cette personne je l’ai demandée à l’État français, à l’inspection académique avec le sésame magique, la « notification MDPH » (lire notre reportage sur le parcours pour obtenir cette notification, NDLR).

Le petit Léo entre en maternelle... mais tout est plus compliqué pour lui (Photo Julie Klein / doc remis)
Dans les pas de sa grande soeur Emma, le petit Léo entre en maternelle… mais tout est plus compliqué pour lui Photo : Julie Klein / doc remis

« Les enfants ont surtout besoin d’aide au début »

J’aurais dû demander au Père Noël plutôt, j’aurais peut-être eu de meilleurs résultats. Parce que en France, nos enfants handicapés n’ont pas le droit de faire leur rentrée dans les meilleures conditions comme les camarades : l’AVS à la rentrée est une denrée rare, alors que les enfants ont tous besoin d’aide, surtout au début de l’année scolaire.

J’en ai entendu des excuses : pas de budget, pas de candidatures, pas le temps, un CDI c’est trop cher… Mais moi, leurs excuses m’importent peu, face au courage de mon enfant qui chaque jour se bat pour aller plus loin que son handicap, face au combat que nous menons avec lui depuis la naissance.

Et encore, j’ai de la chance : une école exemplaire qui s’arrange pour accompagner Léo au mieux au quotidien, mais qui a trop peu d’AVS par rapport aux besoins. Une situation floue, confuse, avec à la rentrée, l’impossibilité de préparer Léo à la personne qui l’accompagnera. Une personnes est présente mais elle n’est pas affectée à ce poste, ce qui provoque une incertitude par rapport à la durée de l’accompagnement de Léo…

Léo a besoin d’une présence pérenne pour l’aider pendant les repas, s’assurer qu’il mange suffisamment sinon sa santé peut en pâtir, il a besoin d’être surveillé et accompagné lors de ses déplacements. Et puis il ne parle pas, il a besoin d’une AVS qui pourra prendre le temps d’apprendre son langage par signes…

Bien sûr, Léo peut s’adapter à sa classe pour le moment, mais quelle fatigue pour lui, et aussi pour la maîtresse qui doit s’adapter à ces particularités en plus des autres élèves. Bref, comment peut-on dire d’un côté que le handicap a sa place à l’école, sans en même temps des moyens suffisants: un enfant handicapé, une AVS dédiée, et ce dès la rentrée !

Julie Klein

Rentrée à l’Unistra : amphis bondés et gym dans la rue

Rentrée à l’Unistra : amphis bondés et gym dans la rue

Pour la rentrée universitaire, Franceinfo a choisi l’Université de Strasbourg et ses amphis surbookés. Son président, Michel Deneken, avait fait savoir en juillet qu’il refusait les tirages au sort, qu’il a qualifié de « bêtise intellectuelle » par la suite, malgré l’afflux de demandes et que « tous les bacheliers ayant demandé Staps ou Psycho en premier vœu pourraient faire leur rentrée à l’Université de Strasbourg (Unistra) ».

Mercredi 5 septembre, il a donc fallu composer avec une « très forte affluence » et « pousser les murs ». Du côté de la filière des sciences du sport 650 étudiants ont fait leur rentrée, un record quand la capacité d’accueil maximale est de 450 élèves.

Pour les emplois du temps, l’administration a trouvé des créneaux supplémentaires : les étudiants devront venir en cours le soir et le samedi matin, ce qui est parfois compliqué pour les élèves licenciés dans des clubs de haut niveau.

Les étudiants de première année doivent se serrer dans les amphis de l’université de Strasbourg (Quentin Verwaerde / Visualhunt / cc)

Assis par terre et gym dans la rue

Plus surprenant encore, l’ouverture à de nouvelles pratiques sportives pour contourner le manque d’infrastructures. Les étudiants suivront par exemple le parcours « une pratique gymnique et acrobatique en milieu urbain », a expliqué le doyen de la faculté. De la gym dans la rue, résument des étudiants.

Quant aux étudiants de première année en psychologie, certains ont dû passer leurs premiers cours magistraux assis sur les marches de l’amphi, par manque de place. Ils auront aussi un nombre réduit d’heures de travaux pratiques et travaux dirigés, surbookés eux-aussi « dans l’attente des désistements. »

Les militants bas-rhinois « En Marche » courts-circuités dans la désignation de leur patronne ?

Les militants bas-rhinois « En Marche » courts-circuités dans la désignation de leur patronne ?

Les militants bas-rhinois d’ »En Marche » auront-ils leur mot à dire sur leur prochain(e) représentant(e) ? Partout en France, une consultation est ouverte, mais une nouvelle référente, Laurence Vaton, a déjà été nommée à l’été, ce qui sème le doute dans la base de soutiens au Président de la République.

Un e-mail à tous les adhérents de La République en Marche (LREM) adressé le jeudi 7 septembre annonce que les candidatures pour le poste de « référent départemental » sont ouvertes.

Cet e-mail, que nous avons pu consulter, explique que du 6 au 20 septembre, les comités locaux peuvent évaluer leur référent actuel à l’aide de quelques questions. De taille variable, les comités locaux ont été créés et animés à partir de l’automne 2016 par les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, pour rassembler les militants et les faire débattre autour du projet présidentiel. On en compte près de 25 dans le Bas-Rhin et une dizaine rien qu’à Strasbourg.

La possibilité de faire remonter deux noms

Le message précise que l’animateur de chaque comité, en accord avec ses membres, peut faire remonter au moins deux noms (ou plus), dont le référent actuel. Dans un second temps, du 20 septembre au 6 octobre, les instances nationales de « La République en Marche » se penchent sur les candidats proposés et désignent le nouveau référent pour trois ans.

Une méthode que « La République en Marche » a justifié lors du vote de ses statuts à l’été 2017 dans le but éviter la création de « baronnies », à savoir des élus locaux influents qui contrôlent des pans entiers de l’appareil lors des votes. Une critique implicites aux autres partis. Ce choix avait fait débat, mais les statuts ont été approuvés par 90% des votants.

Une nouvelle référente annoncée fin juillet

Sauf que dans le Bas-Rhin, dès l’été, il a été annoncé en grande pompe que Laurence Vaton serait la nouvelle référente. L’étape de la proposition des militants est tout simplement oubliée. Dans les autres canaux de discussions (notamment les réseaux sociaux), le débat et les propositions de noms n’ont pas lieu en ce début septembre, alors que la procédure est ouverte. Ce lundi 11 septembre, Laurence Vaton a chapeauté un point presse avec les quatre députés bas-rhinois LREM, pour passer en revue le début du quinquennat.

Très "en marche", Bruno Studer passe la main à Laurence Vaton comme référent pour le Bas-Rhin (doc remis)
Des militants s’interrogent sur la passation à la tête d’ »En Marche » dans le Bas-Rhin, au milieu de l’été. (doc remis)

Le référent départemental ne peut-être parlementaire, ce qui poussait de facto Bruno Studer, élu triomphalement en juin, à passer la main. Mais la première semaine de septembre, Bruno Studer était toujours le référent officiel sur le site du mouvement présidentiel… Contactée, Laurence Vaton promet de discuter de la situation avec les militants :

« Le processus d’évaluation est une proposition qui vient du national. Je ne reviens pas sur la nomination, plutôt que l’élection qui a été décidée dans les statuts. L’évaluation a plus de sens quand le référent est encore celui qui a été nommé à l’automne dernier, ici nous commençons à peine à mettre les choses en place. Mais nous avons une réunion jeudi avec les comités pour en parler. »

Un peu de flottement

Bruno Studer reconnait « un léger flottement » sur le sujet, notamment car beaucoup de référents locaux ont été élus députés en juin (dont lui-même), mais il indique que cette évaluation militante est « un ajustement par rapports aux statuts », qui montre que « la base a été entendue » sur certaines critiques :

« J’ai toujours été transparent lorsque l’on m’a questionné sur la nomination de Laurence Vaton. On m’a demandé mon avis. Qu’il ait compté, forcément, mais c’est n’est pas moi qui décide des nominations. »

Selon lui, il faut comprendre que l’évaluation actuelle porte bien sur Laurence Vaton, même si elle est en fonction depuis à peine un mois d’été, et pas sur lui-même. Concernant les remous militants, il ajoute :

« Je comprends que la position aiguise les intérêts mais je préférerais qu’on me questionne sur ce qui est dans les petits papiers de la Commission Éducation et Culture (dont il a été élu président à l’Assemblée nationale, ndlr). »

Laurence Vaton a rejoint En Marche en février 2017. Élue Modem sur la liste d’opposition de Fabienne Keller (LR) en 2014, elle a rejoint le groupe « Strasbourg en Marche » fondé en juillet aux côtés de 9 élus, tous issus de l’ancienne liste PS/société civile, majoritaire au conseil municipal strasbourgeois.

Parmi les marcheurs, tout le monde n’est pas sûr que Laurence Vaton aurait les faveurs des comités locaux strasbourgeois et bas-rhinois. Les militants ont garni ces comités car ils ont eu le sentiment d’être consultés sur le programme présidentiel, en adhérent à des valeurs de dialogue et de démocratie directe. Certains craignent dans cette nomination une décision prise par quelques cadres, auquel ils n’auraient pas du tout été associés. La réunion de jeudi s’annonce animée.