Si l’adjointe au maire de Strasbourg en charge de la démocratie locale Chantal Cutajar s’était rendue à l’hôtel Comfort de la Montagne verte ce lundi 4 septembre en début de soirée, elle aurait peut-être eu une nouvelle démonstration de son constat décrié du printemps : une démocratie participative strasbourgeoise « en panne ».
Seules deux élues ont répondu à l’invitation du collectif « Pour le tram à Kœnigshoffen »
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Le jury de sélection chapeauté par la municipalité de Strasbourg s’est penché sur les projets qui accompagneront l’Université et une auberge de jeunesse dans l’ancienne Manufacture de Tabacs, dans le quartier de la Krutenau.
Un peu plus de deux ans après l’acquisition de la Manufacture des Tabacs par la Ville de Strasbourg, les futurs occupants sont presque tous connus. À l’été 2015, on se souvient que la société semi-publique de la Ville, la Sers, était passée devant un promoteur immobilier pour l’acquisition de cette ancienne usine à Imperial Tobacco. Le cigarettier britannique avait racheté les marques de l’espagnol Altadis en 2008, mais fermé cette usine en 2010, mettant fin à 158 ans d’activité.
Ouvrir un espace que personne ne connaît
Désormais, l’avenir de l’immense quadrilatère au cœur de le Krutenau commence à se préciser. Dès le début, le maire et ses adjoints ont eu comme objectif d’ouvrir cette « citadelle » massive où peu de Strasbourgeois ont mis les pieds.
Lieu de vie, d’innovations, ouverture sur le quartier, besoins de l’Université… Plusieurs désirs se croisent. De plus, il faut jongler avec plusieurs règles des Bâtiments de France, car la friche industrielle, achevée en 1852, a obtenu un classement à l’inventaire des monuments historiques à la fin de l’année 2016. Sur certaines vitres, le plastique va par exemple être remplacé par des ossatures en bois. L’intérieur peut-être rénové, mais pas défiguré.
En raison des contraintes patrimoniales, les poteaux ne peuvent être démontés (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Une grande partie des surfaces a d’emblée été réservée à l’Université de Strasbourg et à du logement temporaire en auberge. Mais 5 000 m² ont été gardés pour accueillir d’autres projets. La Sers a ainsi reçu plus de 50 propositions d’occupation. Bref, « cette forteresse intéresse tout le monde » a souligné le maire Roland Ries (PS mais plus trop), « sauf le Département du Bas-Rhin », dans une petite pique de rentrée.
Plan du site
Pour se représenter les côtés est nord ouest et sud, il faut faire « tourner » le bâtiment de 90° dans le sens des aiguilles d’une montre. (document ville de Strasbourg)
Un lieu de restauration « vegan »
Parmi les vainqueurs, une coopérative sera fondée. Le Lieu agricole biologique (LAB) s’installera dans la partie centrale, de 1 100 m². Un marché bio, une épicerie en vrac, un espace sandwichs et salades et trois restaurants, un « vegan », une brasserie et une Winstub, avec des plats à partir de 8 à 10 euros, occuperont les lieux. À côté de cet espace, d’autres bâtiments sont réservés pour une utilisation événementielle.
L’espace central sera dévolu à l’alimentation et l’événementiel (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
L’autre vainqueur investira l’aile Est (1 900 m²), où l’on trouve les anciens bureaux et le gigantesque appartement des directeurs (300 m²). Il s’agit d’un projet commun de l’incubateur de la Région Grand Est, le Semia et de l’accélérateur d’entreprises ACCRO.
Les anciens bureaux abandonnés servent parfois à des tournages ou… des entraînements du GIGN qui simulent la prise d’un bâtiment par des terroristes (photo JFG / Rue89 Strasbourg)Au troisième étage, côté est, le directeur jouissait d’un luxueux appartement de 300 m² (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des espaces encore inconnus
Environ 1 000 m², dans la cour intérieure, sont réservés à « l’ouverture sur le quartier ». L’association des habitants de la Krutenau, l’Abhak, et le centre socio-culturel du Cardek sont demandeurs de ces espaces pour les utiliser ponctuellement mais pas pour les gérer au quotidien.
Enfin, un espace de taille similaire (côté nord), ouvert à la consultation, n’est pas encore attribué, dans l’attente de voir comment les autres occupants fonctionnent ensemble. Plusieurs appels du pied vers la salle d’exposition du Syndicat potentiel, en sursis rue des couples à la Krutenau, ont été notamment été lancés.
Des étudiants en 2020, France Hostels pour l’auberge
Les autres usages étaient connus, mais leurs contours s’affinent. Sur toute la longueur sud et un bout de l’ouest, la plus grande partie (10 000 m²) est attribuée comme convenu à l’Université. Il y aura un regroupement des cours de l’École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg (Engees) et de l’École et Observatoire des sciences et de la Terre (Eost). Un millier d’étudiants sont attendus sur le site et quelque 200 chercheurs et personnels, avec l’objectif d’y effectuer la rentrée en 2020.
(VURPAS architectes – AIA Ingénierie- EAI acoustique – Atelier des fantasques)(VURPAS architectes – AIA Ingénierie- EAI acoustique – Atelier des fantasques)
Côté nord-est, sur la rue commerçante, 2 700 m² sont attribués à France Hostels, une jeune entreprise française qui propose des auberges de jeunesses à l’anglo-saxonne. Avec 266 lits, les prix s’étaleront de 17 à 32€ euros la nuit, en dortoir ou en chambre. Les premiers clients sont espérés pour l’automne 2019.
Côté nord et nord ouest, les locaux sont confiés à la Haute école des Arts du Rhin (Hear), dont l’annexe à une rue de là sera déménagée. Les locaux historiques, rue de l’Académie, étant voisins, le croisement sera certainement réaménagé a annoncé le premier adjoint au maire Alain Fontanel (LREM), avec on l’imagine une petite place pour l’art, histoire de mettre l’école en valeur.
A l’intérieur, un peu de végétation sauvage s’est développée (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Créer des ouvertures sur la Krutenau
Dans les quatre côtés, les locaux comportent quatre niveaux, le rez-de-chaussée, deux étages et sous les combles. Une ouverture à l’avant et à l’arrière du bâtiment permettront de le traverser. Il n’est pas encore décidé si le portail se refermera le soir (ce qui obligera l’auberge d’avoir une entrée séparée) ou non. D’autres ouvertures sur les côtés sont envisagées, mais là encore, il faut tenir compte du classement patrimonial des bâtiments.
60 à 70 millions d’euros
L’opération est évaluée à la louche à 60 – 70 millions d’euros. À titre de comparaison, c’est deux fois le prix de l’Arena de la Sig, de la rénovation des bains municipaux ou une fois et demi les nouveaux arrêts de tram vers Kœnigshoffen ou autant que la rénovation envisagée du stade de la Meinau.
Dans cet ensemble, la partie universitaire consacrée aux sciences est estimée à 25 millions d’euros, financée par l’État via la Plan Campus (14 millions d’euros), ainsi que par la Région Grand Est et l’Eurométropole (7 millions d’euros chacun). Celle concernant les artistes en devenir de la Hear devrait être financée par la Ville et l’école (10 millions d’euros).
Sous les combles, il va y avoir du travail. L’auberge pourra aménager des mezzanines et ajouter des fenêtres hautes, similaires à celles existantes (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pour le reste, c’est la Sers qui portera le risque financier, en créant une société immobilière et en remboursant les sommes engagées via les loyers qu’elle va demander aux occupants. Même si ce lieu est bien accessible en transports en commun, quelques places de parking ont été achetées par la Sers sur la friche de l’ancien siège régional de France Telecom, rue Fritz-Kiener, juste derrière des Bains municipaux.
Il sera possible de visiter les bâtiments dans le cadre des journées du patrimoine les 16 et 17 septembre, sur réservation. Les premiers coups de pioche sont attendus pour l’été 2018.
Le président de la région Grand Est en a un peu marre de voir le parti auquel il adhère, « Les Républicains », s’éloigner de ses bases humanistes. Alors que Philippe Richert prédit la victoire de Laurent Wauquiez à la présidence du parti de droite, il prévient qu’une ligne populiste de droite provoquerait la rupture.
Lors d’une conférence de presse lundi soir durant laquelle il a défendu son bilan à la tête de la nouvelle région Grand Est, comprenant les anciennes Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine, Philippe Richert . . .
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On y pense souvent l’hiver, quand la température descend en-dessous de zéro. Mais les personnes sans-abri connaissent autant, si ce n’est plus, de difficultés en été, notamment en période de canicule. Et à Strasbourg, les structures sont loin d’être suffisantes pour répondre à une demande qui ne cesse d’augmenter.
Jeudi soir, à côté de la gare de Strasbourg, un attroupement se forme autour d’une camionnette blanche qui vient d’arriver. Quelques dizaines de personnes patientent en silence. Rapidement, une dizaine de bénévoles vêtus de gilets bleu frappés du logo de « Strasbourg Action Solidarité » descendent, sortent des cartons remplis de denrées alimentaires et installent en deux temps trois mouvements une rangée de tables.
Ils y déposent une série d’aliments destinés à former le repas des personnes qui attendent en file indienne : des pâtes, de la sauce tomate, du pain, du café et une viennoiserie. Puis le service commence et chacun vient chercher un repas. La distribution s’effectue dans le calme, malgré une brève altercation entre demandeurs. Une rangée de poussettes est disposée contre le mur, où certains enfants dorment. D’autres enfants jouent sur la place, près du Burger King.
Strasbourg Action Solidarité poursuit ses actions pendant l’été. (Photo Morgane Carlier/Rue89 Strasbourg)
« La situation est mauvaise »
Strasbourg Action Solidarité (SAS) fait partie des quelques associations qui poursuivent leurs actions auprès des personnes sans-abri pendant l’été. Chaque lundi et jeudi soir, à partir de 19h, elle organise une distribution de nourriture et enchaîne avec une maraude dans la ville. Tous les participants aux distributions de nourriture ne dorment pas dans la rue.
Le Collectif SDF Alsace maintient lui aussi son vestiaire mensuel le premier dimanche du mois. Cette distribution de produits d’hygiène et de vêtements attire 300 personnes en moyenne. Pour Monique Maitte, militante active dans ce domaine et qui dirige le Collectif, l’été est « une saison d’abandon » :
« Strasbourg est devenu une ville très difficile. Les associations ferment parce qu’elles prennent des congés, et si elles ne ferment pas elles tournent en effectif réduit pour la même raison. »
De nombreuses personnes comptent sur l’aide de ces associations pour s’en sortir. (MC/Rue89 Strasbourg)
Assis à côté de la camionnette de Strasbourg Action Solidarité (SAS) pendant la distribution, Patrick Schmidt, en situation de grande précarité, porte, lui, un regard plus optimiste sur la situation strasbourgeoise :
« A Strasbourg il y a beaucoup d’associations qui distribuent à manger, comme SAS ou La maraude du cœur, le samedi (une initiative citoyenne, ndlr). Trouver de quoi se nourrir n’est pas plus difficile. »
A ses yeux, c’est davantage la question du logement qui relève de l’urgence, mais ce n’est pas spécifique à l’été.
Des associations au ralenti
Si les Restos du Cœur du Bas-Rhin organisent toujours une maraude mobile le lundi soir, le bus qui sert des repas place de la Bourse les lundis et mercredis est arrêté en août « faute de bénévoles », explique à regret son président, Daniel Bennetier. Le restaurant La Fringale, rue du Rempart, reste en revanche ouvert tous les matins et pour le déjeuner les lundis, mercredis et vendredis. De son côté, l’association Abribus qui propose des repas les jeudis, samedis et dimanches, arrête totalement ses activités de mai à septembre. Un choix par manque de moyens, mais aussi pour laisser ses bénévoles se reposer.
Si pour Monique Maitte la situation est aussi critique cette année, c’est en raison de la hausse du nombre de personnes à la rue. Un constat que partage Daniel Benettier, des Restos du Cœur :
« Nous avons 23% de bénéficiaires de l’aide alimentaire Restos du Cœur en plus par rapport à l’été dernier dans le Bas-Rhin. C’est en partie dû au fait que nous avons relevé notre barème [le plafond de ressources à partir duquel les personnes peuvent bénéficier d’une aide] pour atteindre 70% de celui d’hiver. Les étés précédents, ce barème était relevé à hauteur de 50% mais on ne trouvait pas ça logique, car la vie est aussi chère en été qu’en hiver. Mais c’est aussi dû à la hausse de populations migrantes à Strasbourg. »
Monique Maitte estime à 400 le nombre de personnes actuellement à la rue à Strasbourg, dont 35 enfants en bas-âge, entre trois semaines et deux ans et demi. Un chiffre qui a tendance à évoluer à la hausse d’après elle, selon les flux. Elle déplore des « dysfonctionnements qui existent depuis des années » et qui s’aggravent du fait de cette augmentation des personnes sans-abri.
Hébergement d’urgence et accueil de jour ouverts
Du côté de la Ville, le Centre communal d’action sociale (CCAS) maintient ses structures pendant l’été. L’accueil de jour reste ouvert et l’équipe médico-sociale de rue, familière de la situation et des personnes concernées, poursuit son action. En cas de canicule, l’action est renforcée, comme le souligne Nathalie Mouy-Lechenet, directrice adjointe du CCAS :
« On distribue de l’eau, des casquettes voire de la crème solaire aux personnes qui vivent dans la rue. On adopte une vigilance accrue pour les personnes dépendantes. Quand le dispositif canicule est déclenché au niveau national, on élargit les horaires d’ouverture de l’accueil de jour [qui est fermé le lundi et le jeudi après-midi en temps normal]. »
Les hébergements d’urgence de nuit situés rue du Rempart et rue Fritz Kiener sont toujours opérationnels, et proposent chacun une quarantaine de places. Si en hiver l’État ouvre des places supplémentaires à titre exceptionnel, en été, leur nombre a logiquement tendance à baisser puisque ces dernières ne sont pas maintenues.
Pour Nathalie Mouy-Lechenet, l’été est toujours une période difficile car aux risques qui pèsent sur la santé des sans-abri s’ajoute la diminution de l’offre alimentaire due à la baisse d’activité des associations, qui repose majoritairement sur l’action des bénévoles.
Avocat strasbourgeois, Antoine Matter commente la procédure juridique qui a émaillé l’affaire des silhouettes sexistes de la commune de Dannemarie. Et pour lui, la décision du Conseil d’État envoie un mauvais signal…
Récemment, la commune de Dannemarie a fait les feux de l’actualité. Pour ceux qui ne sont pas au courant, il s’agit d’une commune alsacienne du Haut-Rhin qui a décidé de faire de l’année 2017 celle de la femme. A ce titre, la mairie a installé dans les rues et les places du village plusieurs dizaines de panneaux tels que des accessoires vus comme typiquement féminins, des éléments du corps féminin et plusieurs dizaines de silhouettes de femmes, à différents âges de la vie et dans différentes attitudes.
Or, le parti pris par la mairie dénote une vision très particulière et stéréotypée de la femme. Notamment :
la plupart des accessoires sont des sacs, des chapeaux ou des chaussures, comme si être femme se limitait à faire du shopping et à se faire belle (il n’y apparemment pas d’accessoires de travail),
les éléments du corps féminin sont des grosses lèvres exagérément pulpeuses (avec à l’occasion la langue dehors),
certaines silhouettes représentent les femmes dans des fonctions reproductrices ou carrément dans des poses lascives (femmes enlevant leur soutien-gorge, femmes couchées dans des positions suggestives ou assises sur une chaise les jambes écartées…).
Plainte pour atteinte à l’égalité homme-femme
Bref, des représentations très connotées quant à la vision de la femme et à son rôle dans la société. Et les réactions n’ont pas tardé. Notamment, l’association « Les Effronté-e-s » a saisi le juge administratif de Strasbourg selon la procédure d’urgence du référé-liberté, en demandant l’enlèvement des silhouettes. L’association estime en effet que celles-ci portent une atteinte grave à deux principes fondamentaux :
l’égalité entre les femmes et les hommes,
la dignité de la personne humaine.
Et ce en confinant la femme à ses attributs sexuels ou à son rôle reproductif, et en la réduisant à des stéréotypes « inspirés du modèle archaïque dominant ». Le fondement de la saisine est l’article L521-2 du Code de justice administrative, qui permet au juge d’ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une administration aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.
Les silhouettes telles qu’initialement installées par la commune de Dannemarie… (Photo Les Effronté.e.s)
Le détail de la décision du juge strasbourgeois
Appelée à se défendre, la commune de Dannemarie a notamment soutenu qu’il n’existait aucune atteinte à une liberté fondamentale du fait des panneaux, et que la demande de retrait se heurtait à sa liberté d’expression, liberté qui doit être appréciée d’autant plus largement qu’il s’agit d’œuvres artistiques (si tant est que ce terme peut s’appliquer à ces panneaux).
Par une décision du 9 août 2017, le juge des référés de Strasbourg a donné raison à l’association et a condamné la commune de Dannemarie à retirer les panneaux dans les huit jours, sous peine d’une astreinte de 500 euros par jour de retard. Le juge a notamment estimé que :
le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 indique que la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme, de sorte que l’égalité hommes-femmes peut s’assimiler à une liberté fondamentale relevant du juge des référés,
la loi du 4 août 2014 demande aux collectivités territoriales de mettre en œuvre des actions de prévention et de protection permettant de lutter contre les violences faites aux femmes et les atteintes à leur dignité ainsi qu’à lutter contre les stéréotypes sexistes,
les panneaux représentant des éléments du corps féminins, notamment les bouches, sont « grossièrement déformés ».
les femmes sont représentées « d’une manière caricaturale, réduites à un rôle de reproductrice, ou parfois même de façon graveleuse, dans des positions dégradantes, ainsi, notamment, de deux femmes en maillot de bain enlevant leur soutien-gorge, d’une femme très peu vêtue dont l’attitude suggère une situation de racolage ou encore de deux femmes dans une pose lascive »,
les allégations de la commune selon lesquelles ces panneaux ne représenteraient qu’une petite partie non représentative de la totalité des « œuvres » ne sont pas prouvées,
ces représentations « promeuvent une représentation dévalorisante de la condition féminine de nature à encourager des attitudes irrespectueuses à l’égard des femmes », de sorte que la commune de Dannemarie n’a pas respecté les objectifs fixés par la loi de 2014, allant même à son encontre,
la liberté d’expression n’est pas absolue et doit être conciliée avec les autres libertés, y compris le principe d’égalité hommes-femmes, qui doit primer en l’espèce compte tenu du caractère stéréotypé des panneaux.
La commune se voit donc priée de retirer les « œuvres ». Au delà du point de vue personnel qu’on peut avoir sur la question, le raisonnement du juge m’apparaît particulièrement limpide et élaboré. La décision est franchement agréable à lire, et on sent que le juge a travaillé son dossier. Notamment, il vise systématiquement les pièces de la procédure lorsqu’il fait référence aux silhouettes, ce qui n’est pas si courant, surtout en procédure d’urgence, et doit être salué.
Il est également intéressant de relever que le juge estime que le principe d’égalité correspond bien à une liberté fondamentale, condition permettant de saisir le juge des référés. Bien sûr, on peut trouver un peu étrange d’assimiler ce principe à une liberté, je parlerais plutôt d’un droit à l’égalité, mais la jurisprudence considère depuis longtemps que certains principes qui ne sont pas à proprement parler des libertés relèvent tout de même de cette catégorie. Un exemple est justement celui de la dignité humaine, point également soulevé par l’association. Et c’est tout à fait normal : s’il est vrai que le texte instaurant le référé-liberté parle uniquement de liberté fondamentale et non de droit, il s’agit plus d’une maladresse rédactionnelle que d’une restriction des pouvoirs du juge. Il n’y a pas de raison de limiter sa compétence aux seules libertés au sens strict. Lorsqu’un droit ou un principe fondamental est en jeu, il doit pouvoir intervenir, la philosophie étant la même : empêcher l’administration d’attenter à nos droits et libertés les plus sacrés.
Bref, tout ça pour dire que la décision du juge strasbourgeois tient la route. Mais la commune de Dannemarie n’a pas entendu l’appliquer et a saisi le Conseil d’État, juge administratif suprême, pour faire annuler la condamnation.
Une décision du Conseil d’État insatisfaisante
Alors, que nous dit le Conseil d’État ? Eh bien, l’exacte inverse du juge strasbourgeois. Dans une décision du 1er septembre 2007, le Conseil annule en effet la condamnation prononcée contre la commune. Et ce au termes d’une motivation qui m’apparaît particulièrement alambiquée et très peu convaincante.
En effet, en premier lieu, le Conseil nous explique que contrairement à ce qu’a estimé le premier juge, le principe d’égalité ne constitue pas en lui-même une liberté fondamentale, même si « certaines discriminations peuvent, eu égard aux motifs qui les inspirent ou aux effets qu’elles produisent sur l’exercice d’une telle liberté, constituer des atteintes à une liberté fondamentale ». Or en l’espèce, le Conseil estime que la commune de Dannemarie n’a pas été inspirée par une volonté de discriminer les femmes, et qu’il n’y a donc pas eu d’atteinte effective à une liberté fondamentale.
Deux choses posent problème dans cette argumentation. En premier lieu, le Conseil ne dit pas pourquoi il estime qu’il n’y a pas eu de volonté délibérée de discriminer et pourquoi il n’y a pas eu d’effet sur une liberté fondamentale. Il se contente de dire que cela « résulte de l’instruction », sans autre précision, alors que le premier juge citait précisément les pièces fondant son raisonnement.
Pour ce qui est du fond, c’est encore plus problématique. En effet, le Conseil nous dit que porter atteinte au principe d’égalité ne viole pas en soi une liberté fondamentale, sauf quand il y a une volonté de discriminer. L’égalité ne serait donc une liberté fondamentale que quand on veut la violer consciemment…
Le problème, c’est que cela n’a rien à voir avec ce que dit la loi : ce qui importe est de vérifier si l’atteinte est suffisamment grave, et pas de savoir s’il y a eu une intention de discriminer. Le texte n’aborde pas la question de l’intention, seul le résultat doit compter. Le Conseil ajoute donc une condition que la loi ne prévoit pas.
La loi visait pourtant à favoriser l’égalité…
Un raisonnement logique et beaucoup plus simple aurait consisté à dire dans un premier temps que la liberté invoquée est bien une liberté fondamentale, et ensuite, dans un deuxième temps, d’examiner la gravité concrète de l’atteinte. La volonté de discriminer n’a pas à entrer en ligne de compte et ne fait qu’ajouter de la confusion à la décision. On a l’impression que le Conseil veut ménager la chèvre et le chou en refusant d’ériger l’égalité en liberté fondamentale, comme s’il avait peur d’aller trop loin, tout en ne l’excluant pas totalement de la catégorie pour laisser une porte de sortie aux plaideurs… Le résultat n’est pas un modèle de clarté…
Surtout, le raisonnement passe à côté de la question et de l’objectif fixé par la loi de 2014, qui vise à favoriser l’égalité en luttant contre les stéréotypes. Or, on peut très bien véhiculer des stéréotypes de manière involontaire et avec les meilleures intentions du monde. C’est parfois même pire que le cas où quelqu’un affiche ouvertement et sans se masquer sa volonté d’attaquer une catégorie de la population.
D’ailleurs, quelle commune admettra ouvertement qu’elle a voulu heurter des sensibilités ? Comment le prouver ? En exhumant un e-mail privé ou une conversation téléphonique enregistrée à l’insu du maire dans laquelle il avoue sa détestation des femmes ? On le voit, le critère du Conseil d’État est impossible à satisfaire en pratique.
Mais le Conseil ne s’arrête pas là. Une fois évacuée la question de l’égalité hommes-femmes, il examine le deuxième argument de l’association, à savoir l’atteinte à la dignité humaine. S’il estime dans un premier temps que la dignité, contrairement à l’égalité, est bien une liberté fondamentale susceptible de relever du juge des référés, il considère que dans cette affaire, la dignité n’est pas atteinte au point de justifier une condamnation. Pourquoi ? Parce que même si certaines des silhouettes peuvent être perçues comme véhiculant des « stéréotypes dévalorisants », ou témoignant d’un « goût douteux », et « inutilement provocateur », cela ne suffit pas à caractériser une atteinte grave relevant du juge des référés. Là encore, on ne saura pas pourquoi, le Conseil se gardant bien de nous expliquer où se trouve le curseur…
La dignité humaine évacuée
Vous l’aurez compris, la décision du Conseil d’État m’apparaît extrêmement critiquable, non seulement quant à son résultat, mais surtout quant au raisonnement appliqué. Non seulement le juge n’explique pas clairement si l’égalité est oui ou non une liberté fondamentale, mais en outre, il invente une condition qui n’est pas prévue par le texte et qui est impossible à prouver en pratique, à savoir la volonté délibérée de discriminer. Quant à la dignité humaine, s’il y détecte bien une atteinte, il n’explique pas pourquoi elle n’est pas assez grave pour qu’il intervienne.
Quel que soit le point de vue que l’on peut avoir sur les silhouettes, on peut difficilement être satisfait par cette argumentation. Il aurait été autrement plus intéressant d’avoir une vraie mise en balance entre la liberté d’expression invoquée par la commune et la dignité humaine invoquée par l’association, ce qui ne figure absolument pas dans la décision alors que le juge strasbourgeois avait effectué une telle analyse.
Certes, il ne s’agit que d’une décision de référé, rendue dans le cadre d’une procédure d’urgence dans laquelle les pouvoirs du juge sont limités. Il est donc toujours possible de saisir le Tribunal administratif dans le cadre d’une procédure au fond, procédure dans laquelle le juge peut constater une illégalité sans avoir à se demander si elle est grave ou non. Le seul problème, c’est qu’une telle procédure peut durer des mois, voire des années, et que d’ici là, la commune aura sans doute retiré les silhouettes d’elle-même puisqu’elles ne sont pas censées être permanentes. L’intérêt sera donc uniquement académique…
La réaction de la mairie de Dannemarie
Le Conseil d’État ayant la hauteur de vue nécessaire, a bien intégré que leur jugement dépassait très largement la Ville de Dannemarie, et posait donc un problème de société bien plus large.
Devions-nous, nous orienter vers la pensée unique y compris sociétale ou bien laisser l’initiative aux citoyens ! Le Conseil d’État a tranché : c’est la liberté envers et contre tout.
Plusieurs leçons à tirer de cette Saga :
La cause de la femme doit rester une priorité, mais sans extrémismes ni intolérances, sans cela nous aboutirons à l’effet inverse.
La société française peut encore se mobiliser pour de grandes causes, à condition de l’inviter à participer aux débats et lui demander d’être acteur en proximité. Et je suis très heureux de la position très majoritaire de la population qui a pris la dimension des enjeux, notamment en soutenant la position du Maire.
Nos juridictions tant par les délais de traitements que par la qualité de leurs décisions sont et restent des valeurs dont les citoyens peuvent compter.
D’autres défis se dessinent encore devant nous et qui ne seront pas simples car l’État se désengage de partout, tant dans les services de proximité que par les financements qui disparaissent alors qu’ils sont bien réellement prélevés chez nous !
La perspective de voir Sofia Coppola adapter le roman de Thomas Cullinan était particulièrement intrigante. Dans Les Proies, il est question d’un microcosme féminin, d’une école pour jeunes filles investie par un soldat blessé pendant la guerre de Sécession. Recueilli par charité, le bel homme immobilisé devient vite l’objet de tous les fantasmes.
Le roman avait déjà fait l’objet d’une adaptation par Don Siegel, dans les années 60, avec Clint Eastwood dans le rôle principal. Le film est resté dans les esprits comme l’un des rôles marquants de celui qui a si souvent su se soumettre à la figure féminine castratrice (souvenez-vous de sa première mise en scène, Un frisson dans la nuit).
un ton suranné dès l’affiche (Copyright 2017 Focus Features LLC)
Sofia Coppola prend donc la suite d’une œuvre estimée, avec l’intention de déplacer le point de vue. Siegel faisait un film centré sur l’homme, le soldat, le tentateur. La cinéaste, qui a su signer de grands portraits de femmes, des tableaux évanescents habiles comme Lost in translation, Marie-Antoinette ou Virgin Suicides, devait s’attacher à ses interprètes féminines.
L’œuvre offrait la promesse d’une étude de mœurs, au cœur d’une guerre civile, où viendraient s’opposer une directrice (f)rigide, une professeure sans avenir, des adolescentes titillées par leurs hormones. Il y avait matière à tisser une toile passionnante, à décrypter des caractères sublimes.
Si le qualificatif de sublime s’applique bien au film, il ne vise que sa photographie, sa direction artistique, cet environnement aux atours de jardin d’Eden au cœur du Sud profond. La fille de Francis Ford sait indéniablement filmer le parvis d’une demeure coloniale et le ruban qui viendra retenir les cheveux de ses écolières. A ce titre, le prix de la mise en scène du dernier festival de Cannes n’est pas usurpé.
un casting remarquable mais sous employé (Copyright 2017 Focus Features LLC)
Le désintérêt du drame
Il semble malheureusement qu’elle soit encore plus concernée par l’environnement et le détail que par les enjeux qui sous-tendent son histoire.
Colin Farrell est désarmant de roublardise, de sincérité et enfin de désespoir dans ce rôle de migrant mercenaire malchanceux. Sur le papier, la montée en puissance du récit est exemplaire. L’objet de toutes les attentions, la figure masculine, s’égare dans un conte qui vire au cauchemar sanglant. L’innocence de ses hôtes est mise à l’épreuve dans un récit qui réfute tout manichéisme. Mais la tension est, elle, proprement absente.
Les Proies, la bande annonce
A plusieurs reprises, Coppola a les cartes en main pour faire trembler son audience, pour faire exploser le drame qui se joue à l’écran. Le film est donc beau, séduisant, habile, mais tiède. La cinéaste élude la passion et les déchirements, et fait de ses personnages des poupées de chiffon sans âme.
Ses détracteurs ne manqueront pas de rappeler que ce reproche peut s’adresser à une grande partie de son œuvre. Force est d’avouer que l’auteur de Lost in Translation sera toujours plus à l’aise dans les infimes non-dits que dans les grandes effusions.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Samedi à la Maison Bleue c’est le Pirate Fest ! Lagerstein sera de la partie pour son unique date en France et il viendra accompagné de deux autres groupes de pirate métal. C’est le moment de te la jouer Jack Sparrow. Ahoy !
Si tu veux passer une soirée festive à danser comme un fou déguisé en pirate, direction la Maison bleue au sud du Neudorf ce samedi 2 septembre. Et je ne plaisante pas pour le costume, il y aura d’ailleurs un concours qui sera organisé, le plus beau pirate recevra plein de petits cadeaux. Si tu n’as rien à te mettre, pas de soucis, les Dystorsion Live, toute jeune association strasbourgeoise, te prêteront un cache-oeil !
Lagerstein est un groupe de pirate métal australien totalement déjanté. Ils se décrivent eux-même comme « jeunes, cons et bourrés » et il faut dire que le mot rhum se retrouve dans bon nombre de leurs chansons ! Ils sont surtout drôles et talentueux ! Nombreux sur scène, ils savent mettre l’ambiance.
Ils viendront accompagnés de pirates espagnols avec les Crusade of Bards et de loups de mer venus de Tours avec Toter Fisch.
Cette soirée est organisée par Dystorsion Live qui n’existe que depuis trois mois. Association strasbourgeoise certes mais aussi internationale puisqu’en sont membres une espagnole ainsi qu’une suisse.
Faire bouger le métal à Strasbourg
Tous les membres de Dystorsion Live sont des passionnés de musique et plus particulièrement de métal, aussi bien du black, du death que du doom. Comment les différents membres se sont-ils rencontrés ? A des concerts ! S’ils ne font qu’organiser leur premier événement, ils ont déjà des envies plein la tête ainsi que me l’expliquent Célie et Mery que j’ai rejoint sur une terrasse place d’Austerlitz :
« On a envie de faire bouger Strasbourg autour du métal ! Beaucoup de personnes nous ont dit qu’elles trouvent que ce style n’est pas assez représenté, que ce genre de soirées manque pas mal dans le coin. »
A l’abordage !
Les jeunes femmes souhaitent d’ailleurs faire bien plus qu’organiser des concerts :
« En fait, ce qu’on aimerait, c’est créer une communauté ! »
Célie m’explique :
« Quand j’ai commencé à écouter du métal je me sentais un peu seule parce que je ne connaissais pas d’autres personnes qui appréciaient ce style. Et c’est en me rendant à des concerts que je me suis mise à rencontrer plein de gens ! Et je trouve ça génial de se faire des potes comme ça ! »
« On aimerait non seulement organiser nos propres soirées mais aussi proposer aux gens d’aller ensemble à des concerts qu’on n’aurait pas organisés ou à des festivals un peu plus loin. On pourrait aussi se rencontrer pour écouter des albums qui viennent de sortir, ce genre de trucs. Et bien sûr on aimerait également faire des expos. »
Elles débordent toutes d’enthousiasme et d’ambition même si, comme Mery le rappelle, elles n’en sont qu’au tout début :
« On a plein d’idées mais évidemment on se concentre d’abord sur ce premier concert. On ne se met pas la pression pour autant. Le plus important pour nous, c’est que tout le monde s’amuse et passe un bon moment. On va faire ça bien, sans se stresser. On sait qu’on a plein de choses à apprendre, c’est la première association qu’on a créé, mais on apprend au fur et à mesure et notre motivation nous porte ! »
Une association pleine d’entrain qui nous réserve bien des surprises ! Mais pour commencer, moussaillon, rendez-vous à la La Maison Bleue. L’aftershow aura lieu au bar Barberousse histoire de rester dans l’ambiance !
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Pendant un an, notre famille de deux adultes et deux enfants de 7 et 9 ans va tenter l’expérience de vivre sans acheter de biens matériels, ni produire aucun déchet non-recyclable. Nous tiendrons un blog, Sans objet sans déchet, et organiserons régulièrement des apéros dans les différents quartiers de Strasbourg.
En 2011, deux Canadiens tournent un documentaire sur leur année sans achat matériel et sans déchet et gagnent des tas de prix de cinéma avec « The clean bin project ». En 2013, c’est au tour de la Franco-Américaine Béa Johnson de lancer la tendance zéro déchet chez les particuliers en France, avec la publication de son livre pratique, passant en revue toutes les pièces de la maison et offrant de multiples solutions ZD. Et puis en 2016, la Famille (presque) zéro déchet publie également le fruit de son expérience, avec aujourd’hui plus de 100 000 exemplaires vendus…
Magasins de vrac et blog ZD pullulent… et pourtant
Les magasins de vrac se multiplient à Strasbourg et ailleurs, avec notamment la création de la franchise française Day by Day (le magasin strasbourgeois est à Neudorf, route du Polygone), les blogs pullulent sur le sujet (on aime par exemple Fabriqué en Utopie) et même Rue89 Strasbourg en parle. Une association nationale est (re)créée en 2014, Zero waste France, et son antenne locale, Zéro déchet Strasbourg, vient de lancer un défi Familles zéro déchet…
Et pourtant. Pourtant, même nous qui sommes considérés par nos proches comme « très écolos », qui n’utilisons ni produits jetables (lingettes, essuie-tout, mouchoirs en papier, vaisselle plastique, couches, serviettes hygiéniques, papier toilettes…), mangeons bio et préférons quotidiennement le vélo aux divers moyens de transports motorisés… même nous, qui sommes plus que briefés sur les ravages de la sur-production au niveau mondial et sur les conséquences sanitaires et écologiques qu’entrainent la gestion défaillante de nos rebuts, même nous donc, sortons notre poubelle encore bien trop souvent !
Bannir tous les achats générateurs de déchets dans l’alimentation
Alors voilà : pour franchir un palier dans notre démarche et casser nos dernières habitudes consuméristes bien ancrées, pendant un an (minimum), nous allons bannir tous les achats générateurs de déchets dans l’alimentation et les produits d’hygiène, et supprimer tous les autres achats de biens matériels. Autrement dit : plus de nouveaux vêtements ou autres artefacts achetés pendant nos virées shopping, plus de dentifrice ou brosse à dents en plastique, plus de snacks suremballés, etc. Mais toujours : alimentation achetée au marché, chez les producteurs ou dans les magasins proposant du vrac, et fabrication (ou suppression) de certains produits d’hygiène. Les loisirs payants de type cinéma ou piscine et les transports (tickets CTS, essence, billets de train…) sont également autorisés.
Nos quatre poubelles individuelles (Photo MH / SOSD)
Deux exceptions possibles à la règle du non-achat (qui seront étudiées à la loupe) : le matériel scolaire et les vêtements pour les enfants, ainsi que les produits indispensables à nos activités professionnelles et estudiantine (je suis en cours de formation). A noter que toute cette année, de septembre 2017 à août 2018, chaque membre de la famille est désormais équipé de sa poubelle résiduelle individuelle, afin d’avoir une meilleure visibilité sur la provenance des déchets et stimuler la responsabilité de chacun (et un peu de compète entre mon mari et moi…).
Au plaisir de lire vos astuces et bonnes adresse en commentaires ici, ou sur notre blog Sans objet sans déchet, et de vous rencontrer aux apéros ! Belle rentrée à tous !
La ferme éducative de la Ganzau, au sud de Strasbourg, a reçu moins d’argent public en 2017. Un dialogue de sourds s’installe avec la municipalité. Cette dernière, comme d’autres financeurs, aimerait des changements dans la pédagogie, tandis que la ferme estime que la formule a fait ses preuves. Déçu, son président Michel Burgmann pense être dans le collimateur en raison de ses positions politiques.
Tout au sud de Strasbourg, la petite ferme de la Ganzau reçoit petits et moins petits depuis 1999. Élèves, membres de centre sociaux culturels ou publics spécifiques (personnes handicapés) découvrent des vaches, des cochons, des moutons, une basse-cour et des plantes.
Cette activité pédagogique vient en complément du champ maraîcher. Les fruits et légumes cultivés sont vendus dans une épicerie du Neuhof, à un kilomètre de là, et sur le marché d’Illkirch-Graffenstaden.
20 000 euros en moins en 2017
Depuis 2017, la ferme est au cœur d’un conflit financier avec la municipalité et d’autres institutions. En 2017, ses subventions se sont vues amputées. Une dotation de l’Eurométropole est passée de 19 000 euros à 10 000 euros, une autre de 6 000 euros n’a pas été versée. Par ailleurs, son marché d’activités périscolaires, soit 7 154 euros, n’a pas été renouvelé. Concernant l’année 2017-2018, la question est en suspens. Un courrier vient d’être envoyé par la municipalité, qui demande à la ferme ses tarifs. Quant à la Région Grand Est, elle n’a pas renouvelé sa subvention de 6 000 euros.
Un espace avec une ruche permet a aussi été installé (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Avec un budget de 105 000 euros, c’est un déficit de 20 à 30 000 euros qui se profile pour l’association, passée de 5 à 2 salariés cette année. Une situation contraint la ferme à réduire ses activités, d’autant que ces derniers travaillent aussi dans l’exploitation maraîchère et que l’un des deux est en formation dans le cadre de son contrat d’avenir.
« Cible politique » clame le gérant
Comment en est-on arrivé-là ? L’exploitant et président de l’association, Michel Burgmann, est convaincu qu’il est la cible de la municipalité. Et en particulier du vice-président en charge de la sensibilisation du public à l’environnement, Alain Jund (EELV), en raison de ses engagements politiques.
Par le passé, il a été suppléant de Jean-Philippe Maurer, ancien député (LR) et actuel conseiller départemental de la circonscription. Son épouse Martine fut colistière de Fabienne Keller lors des élections municipales 2014. Aux dernières législatives, Michel Burgmann a soutenu le candidat Modem/En Marche Sylvain Waserman, mouvement auquel il a désormais adhéré.
Michel Burgman pense que ces prises de position se retournent contre lui :
« Je pourrais porter plainte pour ségrégation politique ! Monsieur Jund oublie qu’il est membre d’une coalition gauche-droite. On a appris notamment qu’il craint que l’on fasse de l’ombre à la ferme Bussière. Ici, on présente l’agriculture comme elle devrait l’être, sans produit chimique. L’éducation à l’environnement devrait pourtant être un sujet pour les écologistes… »
Sous la serre, un espace sous serre permet de produire des melons et des tomates (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des propos d’un ancien employé…
La tension est montée d’un cran au début de l’été quand il a apposé une banderole « Monsieur Jund, allez-vous laisser mourir la ferme de la Ganzau ? ». Il l’a finalement retirée.
Pour porter ces accusations, Michel Burgmann s’appuie sur des échanges dont un ancien salarié, Ugo H., aurait fait part aux actuels employés. Ces derniers ont même signé un engagement attestant de tels échanges.
…qui dément
Ugo H. avait été recruté sur les conseils de l’Eurométropole pour ses diplômes en éducation à l’environnement. Une première démarche et un signe d’ouverture pour obtenir un financement pérenne de la ferme, une convention sur plusieurs années.
Sauf que l’intéressé dément catégoriquement avoir tenu de tels propos :
« Je suis parti après cinq mois pour des raisons personnelles et des divergences sur la pédagogie. Il n’y avait rien de politique avec la ferme, je n’ai d’ailleurs jamais rencontré Alain Jund ».
Ugo H. est aujourd’hui guide de montagne dans une autre région et se rappelle « du potentiel énorme » de la ferme. Recontactée, une salariée maintient pourtant sa version :
« On n’a pas inventé ces échanges, avec un membre des services de l’époque ».
Des enfants de centres socio-culturels viennent parfois une semaine dans cette mini-exploitation pédagogique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Michel Burgmann concède s’être « quitté en mauvais terme » avec Ugo H. et qu’il y avait en effet des différences d’approches :
« Avant les visites, il faisait des vrai/faux. Il utilisait des termes trop techniques pour des enfants. IIs viennent pour voir des animaux, pas des évaluations. »
« La ferme ne s’en prend qu’à la municipalité »
Du côté de la municipalité, Alain Jund justifie les baisses de subventions par des demandes de changements qui n’ont pas été suivies :
« Nous finançons environ 30 structures, avec un budget de l’éducation à l’environnement qui est constant depuis 2012 (sous entendu, ce qui n’est pas le cas de tous les postes budgétaires, ndlr). Nous avons pourtant alerté la ferme sur le fait que nous ne pourrions pas nous substituer aux désengagements d’autres collectivités. Nous avons demandé à la ferme de la Ganzau un projet pédagogique plus fourni que la simple visite des animaux. De plus, nous avions des interrogations sur le turn-over des employés, de courriers de la part de M. Burgmann sans que l’ancien président soit au courant. L’État a arrêté son financement via le contrat de Ville, la Région Grand Est a aussi retiré sa subvention et le Département est dans l’incertitude pour 2018, tout comme elle n’avait pas demandé de contrats aidés pour l’année, mais la ferme ne s’en prend qu’à la municipalité strasbourgeoise. »
Des reproches que Michel Burgmann conteste en partie : « le contrat de ville, cela date d’il y a plusieurs années et les contrats aidés, je ne pouvais plus les payer. »
En 2016, la ferme avait accepté de réaliser un diagnostic auprès d’Alsace Active. Il avait conclu que les visiteurs étaient « globalement satisfaits », mais que le projet pédagogique « doit être ambitieux ». Il listait ensuite un cahier des charges avec 9 objectifs, dont notamment « un état des lieux des outils », « des supports pour faire dialoguer le projet pédagogique et les comptes financiers », « réaliser un plan d’action », etc.
Bref, on est bien loin du travail de la terre et du contact des animaux. Syndrome de ce quiproquo permanent, la ferme estime avoir fait les démarches qu’on lui demande et s’arrête à la conclusion, à savoir que les visiteurs sont satisfaits.
La ferme a crée quelques espaces pédagogiques (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pression financière pour professionnaliser la ferme
L’Eurométropole attendait de son côté qu’elle passe à la deuxième phase, l’accompagnement. Alain Jund poursuit :
« Le diagnostic était une opportunité d’ingénierie gratuite à saisir. Ce n’est pas qu’une question de taille, même des petites structures associatives comme le GEPMA (Groupe d’Etudes et de Protection des Mammiferes d’Alsace) ont su s’adapter et proposer de nouvelles prestations. Avoir une ferme ici est une chance. Nous avons versé une première partie, à savoir 10 000 euros et si l’association reprend contact Alsace Active et l’Ariena (Association Régionale pour l’Initiation à l’Environnement et à la Nature en Alsace, dont la ferme est membre), nous sommes prêts à verser la seconde partie. »
Quant à un rivalité avec le Centre initiation à la Nature et l’Environnement (CINE) Bussière à la Robertsau, les situations sont différentes. Il existe en effet 10 centres de ce type gérés en Alsace, qui font l’objet d’un label précis, et d’un contrat avec de nombreuses institutions, qui intègrent le conseil d’administration (où Alain Jund représente donc l’Eurométropole). Il n’y a pas d’animaux sur place. Mais le centre bénéficie d’une administration (l’association Strasbourg Initiation Nature Environnement) plus apte à s’adapter aux demandes et aux cahiers des charges des collectivités.
La ferme de la Ganzau accueille aussi des personnes en situation de handicap (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Quand les associations deviennent des prestataires
La ferme de la Ganzau fait face à un nouveau paradigme qui touche particulièrement les petites associations. Les collectivités attribuent de moins en moins de subventions de fonctionnement, mais elles financent des projets précis, des événements ou des actions. Les associations se trouvent dans la position de prestataires de services, parfois tiraillées entre leur propre projet associatif et les désirs des institutions.
Les difficultés de la ferme ont fait le tour d’une partie du monde politique strasbourgeois. L’ancien colistier, toujours élu au Département, Jean-Philippe Maurer (ex-LR) pense que les difficultés sont plutôt à chercher dans les relations avec les services de la Ville de Strasbourg :
« La ferme de la Ganzau et celle de Bussière sont à l’opposé de Strasbourg et apportent un équilibre territorial qu’il est important de maintenir. Certaines écoles du sud ne peuvent aller qu’à celle de la Ganzau quand on sait le temps et le coût de transport. Peut-être que les dossiers étaient un peu moins bien remplis par manque de personnel, mais c’est aux élus de pondérer cela. Compte tenu des sommes assez minimes par rapport au budget de l’Eurométropole, il devrait être possible de trouver une solution. Au Département, nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) où les deux structures qui ont candidaté ont été soutenues de manière égale, 6 000 euros chacune. Pour 2018, il est vrai qu’il y a un doute sur les capacités financières pour prendre en charge la compétence environnement, mais nous sommes satisfaits de la structure. «
Celui qui est également conseiller municipal et eurométropolitain d’opposition a alerté le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), sur la situation.
Jean-Philippe Maurer interpelle Robert Herrmann
Consensus autour de la ferme
Parmi les autres élus locaux informés, Édith Peirotes, vice-présidente du nouveau groupe La Coopérative, s’interroge :
« La question essentielle, c’est comment accompagne-t-on ces petites structures quand on demande des changements ? Il y a-t-il une vraie volonté ? »
A côté de l’espace pédagogique, une exploitation agricole sans produits chimiques (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Yves Bur (LREM), numéro deux de la coalition, issu de la droite, a aussi été interpellé. S’il reconnait ne pas connaître le fond du dossier, il « veut être sûr que c’est bien un problème pédagogique » :
« On est favorable à la promotion de l’environnement et si le projet doit évoluer, que l’on fasse une conciliation. »
En somme, tout le monde est favorable au maintien d’une ferme pédagogique à la Ganzau et souhaite que les choses se calment pour réétudier la question. « Qu’attendent-ils pour me contacter alors ? », s’interroge Michel Burgmann.
Parmi ses nouvelles pistes de financement, « un club nature », une activité que la Région Grand Est dit soutenir et des contacts avec l’adjointe au maire Christel Kohler pour un contrat éducatif local avec la Ville de Strasbourg, voire la réserve parlementaire du député Sylvain Waserman, mécanisme qui devrait survivre un an avant sa suppression…
Pour son 10e anniversaire, le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) prévoit d’être partout du 15 au 24 septembre : dans les salles mais aussi sur les places, dans l’eau et même sur les toits… L’invité d’honneur est William Friedkin, réalisateur de L’Exorciste. L’autre rétrospective a pour thème « Humans 2.0 ».
Qui se rappelle de cette petite fille défigurée sur son lit, au sourire figé et au regard fou lorsqu’elle tourne la tête sans discontinuer ? Cette scène incroyable de L’Exorciste, c’est William Friedkin qui l’a gravée dans les mémoires de toute une génération en 1973. Le réalisateur de 82 ans sera à Strasbourg du 21 au 24 septembre, en tant qu’invité d’honneur du Festival européen du film fantastique (FEFFS), prévu du 15 au 24 septembre.
Une compilation des scènes de L’Exorciste sur la bande originale de l’époque, signée Mike Oldfields. Ne cliquez pas sur cette vidéo si vous êtes sujet aux cauchemars.
L’Exorciste est donc à l’affiche, ainsi qu’une bonne partie de ses autres films, dont French Connection avec Gene Hackman, Le convoi de la peur qui retrouve les salles de cinéma après une longue absence en raison d’un combat juridique, le sulfureux Cruising, avec Al Pacino jeune dans le rôle principal…
William Friedkin (Photo Le Bleu du Miroir)
Des événements un peu partout
Voilà 10 ans que le Festival européen du film fantastique plonge Strasbourg dans l’univers des morts-vivants, des serial killers ou de la conquête spatiale en lycra. Pour son anniversaire, le FEFFS s’offre une programmation « hors les salles » étoffée. L’association avait déjà beaucoup surpris avec une projection des Dents de la mer aux Bains municipaux l’an dernier. Elle récidive avec les Dents de la mer 2, cette fois au Bassin Austerlitz dimanche 17 septembre, l’écran flottera tandis que le public entouré d’eau pourra jauger de la précarité de sa situation…
La Zombie Walk avait rassemblé plus de 5 000 personnes en 2015. (vidéo FEFFS / YouTube)
À budget constant
Le FEFFS prévoit d’atteindre un budget de 320 000€ cette année, en très faible augmentation par rapport à l’année dernière. En revanche, le FEFFS a reçu un soutien appuyé de la Ville de Strasbourg pour professionnaliser son équipe, mise à mal par de nouvelles dispositions concernant les emplois aidés. Outre le soutien logistique et le prêt de locaux, la Ville subventionne le FEFFS à hauteur de 225 000€. La Région Grand Est participe à hauteur de 25 000€ et l’État à 9 000€.
Bonne nouvelle : la Zombie Walk est de retour cette année, à condition d’éviter les armes factices et les sacs à dos. Le départ sera donné samedi 16 septembre à partir de 15h, place de l’Université.
D’autres événements sont programmés, comme un Bal des Vampires au Palais universitaires et deux nuits spéciales au musée alsacien, la Grüselnacht, samedi 16 à 20h, sur l’horreur et le fantastique et la Häxenacht sur l’ésotérisme, mardi 19 à 21h (indice : cette soirée est interdite aux moins de 18 ans). Quant au festival du jeu indépendant, il reprend ses habitudes au Shadok, avec une exposition, des ateliers, des conférences et même un concert, Dan Terminus, samedi 16 à 21h.
53 longs métrages bizarres à l’affiche
Pendant les deux semaines du FEFFS, plus de 50 longs-métrages sont programmés dans les salles des cinémas Star, Star Saint-Exupéry, Vox et UGC Ciné-Cité. Citons le film d’ouverture, un remake de Ça, le roman de Stephen King qui rend suspects tous les clowns. La projection ne concerne que le « premier segment » de cette réadaptation, la suite sera diffusée plus tard, pour ceux qui auront vraiment les nerfs bien accrochés.
Bande-Annonce de Ça (2017) (vidéo FEFFS / YouTube)
En clôture, le FEFFS a programmé Tragedy Girls, qui met en scène deux lycéennes avides de gloire sur les réseaux sociaux et prêtes à tout pour y parvenir.
Dans les films en compétition, citons Thelma, de Joachim Trier, La mise à mort du cerf sacré, avec Colin Farell et Nicole Kidman, une histoire d’amitié qui tourne à la menace et Double Date, qui met en scène deux femmes comme créatures les plus terrifiantes existantes…
Big night. Coming soon. (vidéo Midnight Screenings / YouTube)
Humains, robots… ou les deux ?
Parmi les cycles présentés par le FEFFS cette année, notons « Humans 2.0 » qui permet de revoir des films traitant de la question de l’amélioration de l’être humain, réalisés à une époque où ce que nous connaissons aujourd’hui était alors de la science-fiction… Dans ce cycle, Metropolis (1927), Saturn 3 (1980, Robocop (1987), Terminator 2 (1991), Tetsuo : the iron man (1989), Ghost in the shell (1995), Multiplicity (1996) avec Michael Keaton, Bienvenue à Gattaca (1997), Existenz (1999) et The Clone Returns Home (2008).
Samedi 2 et dimanche 3 septembre, le Longevity Festival prend ses quartiers au jardins des Deux-Rives. Auparavant établi au coeur de l’été, le festival franco-allemand de musique électronique a choisi le tempo moins risqué de la rentrée.
Le côté français du jardin des Deux-Rives va vibrer ce week-end ! Samedi 2 et dimanche 3 septembre, le parc accueille la 5ème édition du Longevity Festival. Habituellement, les amateurs de rythmes électroniques se retrouvaient fin juillet dans l’ambiance décontractée du jardins des Deux-Rives. Mais cette année, les organisateurs misent sur la rentrée universitaire pour accueillir plus d’étudiants et étoffer leur public.
Sur la page Facebook de l’événement, plus de 3 600 personnes se sont déclarées « intéressées » contre 329 lors de sa première édition en 2013. Une belle progression ! Les concerts se déroulent sur deux jours complets, au prix de 10 euros la journée ou 18€ pour les deux. L’ambition du festival est de démocratiser la musique électro et d’accueillir les plus jeunes dans cet univers.
Des artistes venant des deux cotés de la frontière, mais pas que
Côté musique, le festival mise sur une programmation plus « house » pour se démarquer des années précédentes. Des noms de la scène électronique internationale sont annoncés, tel que le DJ Dave Aju, qui crée des lives en prenant le meilleur de ses influences musicales, du jazz au hip-hop underground.
Le Longevity Festival accueille aussi des DJs venant des deux côtés de la frontière. L’idée des organisateurs est de privilégier les live et de soutenir la scène locale. Cette année, DJ Deep « une légende de la French techno » selon les organisateurs, concoctera un set spécial house, le samedi de 21h30 à minuit.
Dimanche, ce sera au tour des DJs allemands, tel que Lowtech ou Even Tuell, de faire vibrer les Deux-Rives de 16h à 23h.
Deux nouveaux talents auront également l’opportunité de se produire aux côtés des neuf DJs de l’édition 2017. Ils ont été sélectionnés mi-août grâce au concours tremplin.
Habillage et structures lumineuses pour la 5e édition
Un budget en augmentation constante
La première édition avait accueilli 500 participants. L’an dernier, un peu plus de 2 000 personnes ont participé au Longevity Festival. Cette année, le festival compte conquérir un public plus large grâce à un budget de 150 000 euros, abondé par des subventions de la Ville de Strasbourg (à hauteur de 15 000 euros) et de la Région Grand Est (à hauteur de 3 000 euros).
Pour cette nouvelle édition, le festival a fait appel à deux studios strasbourgeois, Ateliers BAH et Newance, pour s’occuper de l’habillage du site et créer des structures lumineuses et aériennes. L’objectif est de plonger le public dans une atmosphère et une ambiance propre au festival. Pour les plus curieux, des ateliers sont proposés, depuis le 21 août, afin de participer à la mise en place du site aux côtés des bénévoles et des scénographes.
Pour se défouler entre deux sets, le Longevity Festival a pensé à tout ! Des activités de volley, ping-pong ou de slackline seront proposées. Pour les moins motivés, des chaises longues seront à disposition dans la « Chill Zone. » Côté restauration, la « Fresh Zone » propose un espace ombragé avec cocktails, bière allemande et produits locaux.
Le festival met également un point d’honneur à accueillir les familles avec leurs enfants. Pour les plus jeunes, en plus de la musique, des activités artistiques ainsi que des jeux, encadrés par des bénévoles, sont proposés. Des casques anti-bruits sont proposés pour protéger les oreilles des petits et le festival propose des tarifs spéciaux pour les familles.
Les antennes régionales de France 3 en Alsace, Champagne Ardenne et Lorraine ont été regroupées sous l’appellation France 3 Grand Est. Mais dans la programmation de la première saison, les anciennes régions et l’alsacien ont la part belle.
C’est la première rentrée pour France 3 « Grand Est ». Depuis le 1er janvier 2017, France Télévisions s’est alignée sur le redécoupage des 13 régions françaises en métropole.
Du côté de l’info, on reste néanmoins en formation « ancienne région » la . . .
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La sortie du film 120 Battements Par Minute rappelle le combat politique d’Act Up, aux débuts de l’épidémie du Sida. À Strasbourg, Act Up-Alsace a tenté de mobiliser contre l’indifférence et de dénoncer les pudibonderies ou les lâchetés. Retour sur ces années de luttes avec le président fondateur d’Act Up-Alsace, Daniel Fromm.
« Campillo raconte l’histoire de vrais héros, qui sauveront beaucoup de vies » : ce sont les mots émus du réalisateur Pedro Almodovar, après avoir remis le Grand Prix du jury à 120 Battements Par Minute au festival de Cannes en mai. Ces héros, ce sont les militants d’Act Up, qui menèrent un combat politique contre le Sida à New-York, Paris et même à Strasbourg. Daniel Fromm fait partie de ceux-là, il fut l’un des fondateurs et le président d’Act Up-Alsace entre 1994 et 1996, des années décisives à la veille de l’arrivée des premières trithérapies.
Nous sommes allés voir 120 Battements Par Minute le jour de sa sortie, mercredi 23 août, avec Daniel Fromm. Le mélange de vives émotions de rage, de joie et de tristesse dans les scènes imaginées par Robin Campillo remuent les spectateurs, qui sortent souvent pantois de la salle. Sauf Daniel Fromm. Non pas qu’il n’ait pas aimé le film. Au contraire, il le trouve représentatif et fidèle aux années Act Up, mais il fonctionne plus à l’indignation qu’à l’émotion.
De l’histoire personnelle à l’engagement militant
Plus tôt dans la journée, Daniel Fromm nous accueille chez lui, au nord de Strasbourg sur un fond de musique électronique. L’architecte d’intérieur de 52 ans est un homme occupé mais ravi de partager son expérience, si bien qu’il restera avec nous deux fois plus longtemps que prévu, quitte à rater un autre rendez-vous. Nous ne sommes même pas assis que Daniel Fromm embraye d’un ton enjoué sur l’histoire d’Act Up, celle du militantisme LGBTI et dispense déjà une leçon scientifique sur les anticorps T4, la charge virale et les trithérapies.
La sympathie du personnage tranche avec la virulence des actions qu’il a menées dans sa vie d’activiste. Il rappelle l’historique de l’association créée à New-York en 1987, débarquée à Paris en 1989 puis dans plusieurs villes européennes et françaises. Il faut attendre 1994 pour qu’Act Up s’installe à Strasbourg sous le nom d’Act Up-Alsace, « certainement le seul groupe au monde à porter le nom d’une région plutôt que d’une ville », note-t-il. S’il en est le premier président, ils sont 12 membres fondateurs. Au plus fort de leur activité, ils seront une quarantaine d’activistes, bien que tous ne prennent pas part aux manifestations : certains ne voulaient pas être vus dans les médias et d’autres devaient rester cachés car ils servaient de taupe dans les institutions locales, européennes ou dans les hôpitaux.
Le film 120 Battements Par Minute retrace quelques manifestations d’Act Up-Paris (Celine Nieszawer / Memento Films)
Comme souvent à Act Up, le militantisme se lie à une histoire personnelle. Daniel Fromm a grandi à Ingersheim, petite commune du Haut-Rhin et n’avait jamais entendu le mot « homosexuel » de toute son enfance. Pourtant, il se sent très vite « différent ».
À 18 ans il commence sa vie d’étudiant à l’école d’architecture de Strasbourg et décide d’affirmer son homosexualité à travers une lettre de quatre pages qu’il distribuera à ses proches, « en préalable à toute discussion ». C’est à peu près au même moment qu’il entend Christine Ockrent, présentatrice du journal télévisé d’Antenne 2, parler d’un « cancer gay » à la télévision. Sa mère « chiale ». Trois ans plus tard il apprend sa séropositivité mais se tait longtemps :
« Je n’en parlais à absolument personne, ça a mis des années à venir. À un moment, j’ai compris qu’il le fallait pour que la lutte soit plus efficace. Il n’y avait pas de temps à perdre. »
En même temps qu’il découvre les actions d’Act Up à New-York ou à Paris, Daniel Fromm est révolté par la manière dont il est traité dans les hôpitaux. « On était tout de suite stigmatisé, ça générait des peurs. Si on n’était pas soignés c’était parce qu’on était des gays et des toxicos ! » s’emporte-t-il. Dans les écoles, aucune information n’est donnée. Conscients de la menace qui pèse sur leurs vies, ses amis et lui se retrouvent autour d’un mot d’ordre : « on va bientôt mourir, mais on ne va pas se laisser faire. »
Daniel Fromm s’est aujourd’hui retiré de la vie militante (Photo Quentin Tenaud / Rue89 Strasbourg)
Un ruban rouge sur la Cathédrale
L’association alsacienne est créée en juin 1994 et ses membres participent à quelques manifestations durant les premiers mois de son existence : installation d’un ruban rouge de 25 mètres de long sur la façade de la cathédrale, distribution de tracts en raison de la révocation de l’évêque progressiste Mgr Gaillot… Leur première intervention remarquée se tient au Centre de dépistage de l’hôpital de Strasbourg en février 1995. Les militants dénoncent le manque de prévention et d’informations diffusées par les institutions. Ils ont recours au die-in : toutes les personnes présentes s’allongent et s’immobilisent comme des cadavres.
En 1996, Act Up-Alsace distribuait des flyers pour présenter son combat (doc remis)
Par la force de l’image qu’il véhicule, le die-in est l’un des mode d’action phare d’Act Up. Il permet aussi d’éviter les coups, pas ceux de la police, mais bien ceux d’autres citoyens. Daniel Fromm explique :
« Logiquement, on nous frappe moins si on est tous au sol. Et puis nous ça nous empêche de répondre, parce que c’est difficile de ne pas réagir quand tu te fais battre ».
Dans le viseur de l’association « en guerre » : le haut-fonctionnaire strasbourgeois Jean Weber
Cette violence lui saute aux yeux en mai 1995, lors de l’une des actions les plus importantes à ses yeux. Strasbourg est en pleine période électorale à l’approche des élections municipales. Philippe Richert présente sa liste « Union pour Strasbourg » (centre-droit) et un certain Jean Weber, haut-fonctionnaire, est en deuxième position sur celle-ci. Problème : cet énarque était président des filiales industrielles de l’institut Pasteur au moment de l’affaire du sang contaminé en 1985. Act Up-Alsace l’accuse d’être coupable du « ralentissement du dépistage systématique des lots sanguins pour les transfusions », provoquant la contamination par le VIH de quelques centaines de personnes hémophiles.
Jean Weber se retrouve dans le viseur de l’association qui mène plusieurs actions contre lui : des affiches « Weber assassin » avec sa photo sont distribuées. Les militants scandent « Virez l’assassin ! » dans des réunions publiques, jettent du faux-sang sur la porte de son domicile, piratent son fax personnel (et se feront par conséquent confisquer le leur par le Procureur de la République). Mais c’est quand ils interrompent une réunion publique de la liste municipale que Daniel Fromm reçoit des coups :
« On s’est fait traîner par terre, frapper, jeter. Tu comprends que des gens veulent vraiment que tu crèves, parce que tu fais chier, parce que t’es en trop. C’était la première fois qu’on me disait ça et c’est un truc qui a résonné en moi pendant des semaines. »
Les militants d’Act Up-Alsace seront condamnés à des peines d’amende pour toutes ces actions. Quant à Jean Weber, il sera aussi mis en examen dans l’affaire du sang contaminé, mais il bénéficiera d’un non-lieu en 2002.
La colère qui les anime et la virulence de leur message attire des réponses violentes. Mais elle les différencie aussi des autres associations de lutte contre le SIDA. Act Up voit dans son combat une question politique, leurs actions sont une réponse à la faiblesse de l’État face à l’épidémie. Ils se disent d’ailleurs en guerre, « une guerre avec ses morts, ses soignants, ses collabos et ses résistants », selon Daniel Fromm. La radicalité de leur combat fait tout de même place à la joie et à l’humour, très importants à ses yeux :
« Il y avait cette force et cette joie de vivre générée par la menace de mort imminente. Il fallait réussir à rire tout le temps de ça. Par exemple, certains donnaient des prénoms aux quelques T4 (lymphocytes auxquelles s’attaque le VIH, ndlr) qui leur restait. »
Des capotes pour le lycée Jean Monnet
La « désobéissance civile » dont ils se réclament leur vaut quelques problèmes avec les forces de l’ordre et la justice. Le 6 avril 1995, Act Up-Alsace organise une manifestation devant le lycée Jean Monnet pour réclamer l’installation d’un distributeur de préservatifs, votée un an auparavant par le conseil d’administration, mais toujours pas appliquée. L’entrée est interdite aux élèves et ils collent des affiches : « Lycée Jean Monnet : Pas de capotes – danger de mort ». Ce jour là, les membres connaissent leur première rafle par la police.
Les militants connaissent ce risque et se savent surveillés. Daniel Fromm raconte :
« C’était le début des téléphones portables, mais il fallait déjà faire attention et les laisser loin de nous pendant nos réunions, parce qu’on pouvait être sur écoute. Comme j’étais président, la police me connaissait bien. Ils voulaient que je passe chez eux avant nos actions, pour les prévenir. Mais jamais je n’allais pas passer chez eux ! Quand je venais, c’était avec les menottes, j’allais pas y aller comme ça pour boire un café ! Nous on ne leur donnait aucune info. »
Les militants d’Act Up manifestent devant le lycée Jean Monnet. Daniel Fromm est l’homme au sifflet. (Archive DNA 1er avril 1995 / BNU)
Le plus embêtant aurait pu être l’effet de ces arrestations sur leur vie professionnelle. Plusieurs fois, Daniel Fromm est placé en garde-à-vue. Les collègues du jeune designer d’espace connaissent son engagement et le couvrent. Lorsqu’il a un rendez-vous professionnel, son patron fait croire aux clients qu’il est malade. Sauf qu’eux aussi avaient entendu son arrestation à la radio. C’est une des particularités d’Act Up : le choix d’une médiatisation importante, avec les risques que cela représente.
La pharmacie Kléber recouverte de faux-sang
Act Up militait aussi pour l’accès des personnes toxicomanes à des seringues stériles (des toxicomanes étant contaminés par le VIH à cause de seringues usagées). L’attitude des pharmacies est scrutée. Depuis 1987, un décret autorise à nouveau la vente à l’unité de seringues. Des pharmaciens s’y opposaient en les vendant « seulement par 12 voire même par carton » selon Daniel Fromm, ce qui est plus cher. D’autres stigmatisent les usagers.
C’était le cas à l’époque de la pharmacie Kléber, rue du 22-Novembre, selon Daniel Fromm qui précise que l’enseigne appliquait « des prix exorbitants pour les seringues » et refusait « de vendre des médicaments aux usagers de drogues ». Les militants d’Act Up-Alsace ayant appris ces pratiques, ils décident de s’y rendre de 5 avril 1995. Ils y apposent des affiches et jettent du faux-sang sur la vitrine.
Asperger un édifice de faux sang : un des mode d’action récurrent d’Act Up (Archive DNA 6 avril 1995 / BNU)
Cette solidarité avec les personnes toxicomanes s’inscrit dans la philosophie « actupienne » : il faut faire coalition et joindre les combats. Daniel Fromm confie :
« Quand j’ai démarré Act Up, je ne m’attendais pas à ce que ça ouvre sur autant de domaines : droit des femmes, des migrants, des prisonniers, rapports Nord-Sud… D’ailleurs, quand tu es chez Act Up, tu es ce que tu défends. Tu acceptes qu’on te perçoive tour à tour toxico, prostituée, homo ou séropo ».
Homophobie et polémique à la cathédrale
Mais avant tout, Act Up-Alsace s’inscrit dans la lignée des luttes LGBTI. Les militants d’Act Up étaient essentiellement issus de la communauté homosexuelle, frappée en première ligne par le SIDA. C’est ainsi que la communauté se réunit autour du triangle rose, symbole de la déportation des homosexuels par les nazis, retourné pointe vers le haut, « pour marquer la fierté ».
L’un des derniers coups d’éclat d’Act Up à Strasbourg, peut-être le plus médiatisé, est une réaction aux déclarations homophobes de Léon-Arthur Elchinger. L’ancien évêque de Strasbourg publie une tribune dans les DNA où il s’oppose à l’union civile et attaque frontalement les homosexuels. L’association Etudiants gays et lesbiennes de Strasbourg (Egales) demande une rencontre. Il répond que leur « seule demande prouve la déstructuration des esprits qui a gagné les jeunes en France ».
Act Up-Alsace et Egales s’associent alors pour protester et organiser une action dans la cathédrale de Strasbourg le 27 octobre 1996. Ils interrompent une messe et s’emparent du micro pour dénoncer les propos de l’évêque. Selon Daniel Fromm, les réactions des prêtres et des fidèles furent vives :
« Ils se sont déchaînés. Il y a une militante qui s’est faite porter du chœur de la cathédrale jusqu’à la sortie par des fidèles. Elle a été jetée sur des barrières et des gens criaient : “t’as qu’à crever salope !”. »
Irruption lors d’une messe à la Cathédrale de Strasbourg (Archive DNA 28 octobre 1996 / BNU / DR)
L‘AFP immortalise sur une photo un prêtre en train de frapper un militant d’Act Up-Alsace à coups de corbeille de quête. Le procès qui suit cette affaire sera d’autant plus médiatisé qu’on y invoque le droit local, hérité du code pénal allemand de 1871, et qui protège les atteintes aux libertés religieuses. Selon Daniel Fromm, l’audience est présidée par un juge « ultra-catho » qui cite la Bible en interrompant la plaidoirie de l’avocat d’Act Up :
« Alors que notre avocat expliquait les raisons de notre action, la juge prend la parole et dit “Maître, il y a une phrase de la Bible que je connais pas cœur, Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable. Ils seront punis, leur sang retombera sur eux”… »
Les cinq militants seront condamnés à une amende individuelle de 4 000 francs (env 610€).
Arrivée des trithérapies et déclin du militantisme
En avril 1996, on annonce enfin la mise sur le marché des premières trithérapies. Les antiprotéases suscitent un grand espoir depuis les premiers résultats en 1993. Cette victoire médicale signe la fin des « années Act Up ». Daniel Fromm se met en retrait, il est émotionnellement fatigué. Il quitte la présidence au début de l’année 1997 et l’association ne survivra pas beaucoup plus longtemps en Alsace. Ailleurs aussi, les actions se font plus rares. L’arrivée des trithérapies font « qu’il n’y a plus ce sentiment d’urgence », selon lui.
Daniel Fromm est dévasté par les effets secondaires de son traitement, très lourds lors des premières années de commercialisation. Il faut prendre 18 comprimés par jour à des heures précises. Il faut supporter des diarrhées constantes. Il faut gérer les tremblements tout en dessinant des esquisses… Face à cette difficulté, il revendique le droit d’arrêter le traitement quelques jours par mois :
« Je passais mes journées à me comporter en malade dans le but de ne pas être malade ! »
120 Battements Par Minute, en salle depuis le 23 août (Celine Nieszawer / Memento Films)
Les années suivantes, l’ancien président n’arrête pas tout de suite de militer. Il s’engage en faveur des personnes mal logées au sein d’Action Logement puis il rejoint No Border, un réseau transnational revendiquant la liberté de circulation à travers les frontières. Pendant longtemps, il perpétue aussi les cérémonies pour les « oubliés de l’Histoire ». Ces manifestations initiées pendant les années Act Up s’inscrivent en marge des cérémonies officielles d’hommage aux déportés de la Seconde guerre mondiale. Ils y déposent des gerbes de fleur en hommage aux déportés homosexuels, tziganes ou témoins de Jéhovah.
Des gens enragés mais plus engagés
Aujourd’hui, Daniel Fromm a arrêté toute forme d’engagement radical :
« Il y a cette peur de ne pas contrôler la colère, de devenir violent. Ce sont des réactions assez naturelles quand on te tire au sol ou qu’on te crache dessus ».
Daniel Fromm a apprécié l’exhaustivité du film 120 Battements par Minute (Photo Rue89 Strasbourg / Quentin Tenaud)
L’homme, redevenu simple citoyen, concède qu’il y aurait encore aujourd’hui beaucoup de raisons de s’engager. Par rapport à la lutte contre le SIDA, il remarquait récemment le personnel soignant d’une clinique dentaire inscrire « VIH » en gros et en rouge sur son dossier, comme un symbole stigmatisant. L’accès à l’information et à la prévention reste limité : « les capotes par exemple, c’est super cher ! Par ta condition sociale finalement tu te protèges ou pas. »
D’une manière générale, Daniel Fromm dénonce un puritanisme et une homophobie toujours diffus dans la société. Y a-t-il des organisations qui se battent contre tout ça ? Non, selon lui. « Il y a toujours des gens enragés, prêts à réagir » mais rien qui ne structure cette colère comme Act Up avait pu le faire. Il aimerait maintenant transmettre aux personnes qui voudraient « changer les choses » tout ce qu’il a appris durant ses années d’activisme.
Pour le moment il doit composer avec un syndrome un peu spécial, celui des HIV long time survivors. Ces personnes séropositives de longue date qui, très jeunes, ont vécu les premières années de la pandémie avec l’idée de mort imminente. Face aux conséquences psychologiques que cela engendre, Daniel Fromm, comme d’autres survivants, doit encore faire « le deuil du deuil ».
En 2017, un étudiant doit débourser entre 1 523 et 2 557 euros pour s’installer à Strasbourg. Ces chiffres sont issus d’une étude de l’Association fédérative des étudiants de Strasbourg (Afges) et ils sont en forte augmentation.
L’Union nationale des étudiants de France (Unef) avait déjà pointé l’augmentation du coût de la vie étudiante, spécialement à Strasbourg. Leurs calculs rejoignent ceux de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (Afges), qui note que le coût de la rentrée est en nette augmentation dans la capitale alsacienne. Selon l’Afges, le montant total des dépenses de la rentrée s’étend de 1 523 à 2 557€ selon la situation des étudiants et ces montants augmentent de 4,6% pour les boursiers et de 3.61% pour les non-boursiers.
Situation
montant du premier mois
augmentation
• étudiants boursiers logés en Cité U
1 523€
+4,6%
• étudiants boursiers logés en appartement
2 101€
–
• étudiants non boursiers logés chez leurs parents
1 691€
+3,5%
• étudiants non boursiers logés en appartement
2 557€
+2,6%
2 329€ en moyenne en France
Selon la Fage (Fédération des Associations Générales Etudiantes), pour un étudiant vivant en province la rentrée coûte en moyenne 2 329 euros. Aux dépenses courantes, telles que le loyer, les transports et l’alimentation, s’ajoutent les frais exceptionnels dont il faut s’exonérer à chaque début d’année scolaire, comme les droits d’inscription, l’achat de livres et de fournitures, la souscription à une assurance et à une mutuelle…
Le mois de la rentrée pour un étudiant à Strasbourg, de 1523 à 2 551€ selon l’Afges (Photo VisualHunt / cc)
Hausse conjuguée des abonnements CTS et Vélhop
Selon l’Afges, à Strasbourg, la hausse du coût de la rentrée est à imputer au montant des loyers, des abonnements aux transports en commun et des frais de santé, les trois principaux pôles de dépenses des étudiants en ce début d’année scolaire. L’Afges interpelle l’Eurométropole de Strasbourg sur l’augmentation de l’abonnement CTS, plus de 26 euros par mois pour les jeunes désormais. Les étudiants boursiers bénéficiaires de la tarification solidaire sont également impactés (+3,91%). L’organisation tique aussi sur la hausse des tarifs étudiants des vélos de location Vélhop. Mais bizarrement, elle chiffre l’abonnement 10 mois à 48 euros, ce qui est le prix la deuxième année mais pas la première (42 euros).
Mais le plus alarmant reste l’augmentation du prix des assurances complémentaires proposées par les mutuelles. De plus en plus d’étudiants renoncent à se faire soigner faute de moyens, selon l’Afges. Avec une augmentation de 11% du prix des complémentaires par rapport à l’année dernière, ce phénomène risque de s’accroître.
C’est l’Unef qui l’affirme, Strasbourg a connu une des plus fortes augmentations du coût de la vie étudiante en 2017. En cause, la hausse des tarifs de la CTS et la pression immobilière. Les étudiants peuvent tout de même s’appuyer sur un tissu associatif dynamique, mais fragilisé par la fin des contrats aidés.
Tout auréolé de son bachot qu’il est, l’étudiant peut payer très cher son autonomie. Justine, étudiante depuis deux ans, en sait quelque chose. Ses petits boulots dans une pizzeria puis une galerie d’art, ses APL et sa bourse lui laissaient jusque-là environ 800 euros par mois pour vivre. De quoi garder la tête hors de l’eau quand on compte ses sous et que l’on sait profiter des ristournes qu’offrent le pass campus et la carte culture. Mais après avoir perdu son job alimentaire, cette ex-étudiante en design a dû se résoudre à quitter son petit cocon (12m²) Place d’Austerlitz. Malgré la tuile, elle garde le sourire :
« Franchement, le studio était pas terrible. J’avais tout le temps peur de casser la porte en forçant… En cachant les murs pourris avec des cartes du monde, j’avais presque réussi à en faire un truc un peu joli… Mais après ça, je me dis que mon premier vrai appart payé avec un vrai salaire, je vais vraiment l’apprécier ! »
Sa mère ne pouvait pas l’aider à financer ses études. À 21 ans et malgré une licence arrêtée en cours de route, elle tient bon et prépare sa rentrée à l’école de jeux vidéo de Strasbourg. Mais une tuile peut en cacher une autre : son école n’est pas reconnue, elle ne lui permet pas de prétendre à la bourse du Crous. Un trou de 200 euros de son budget qu’un temps partiel ne pourra pas combler : Justine doit se résoudre à contracter un prêt étudiant. Pourtant, elle fait plus que garder le moral. Elle estime s’en être bien tiré jusque-là :
« Je suis pas morte de faim, j’ai toujours été habituée à faire attention avec l’argent… Il faut dire que je ne mange pas beaucoup à la base. Je dois faire entre 10 et 15 euros de courses par semaine ! »
Place d’Austerlitz ? Trop cher. Justine préfère s’excentrer. (Photo : Pierre Pauma)
Heureusement pour Justine, sa mère habite dans le centre de Strasbourg, ce qui lui offre une solution de logement temporaire. Mais pour les « décohabitants », comme les appelle l’Unef, ceux qui quittent le domicile parental pour étudier dans une autre ville, le studio ou la coloc ne sont pas un choix, mais une obligation. Dans l’agglomération strasbourgeoise, il leur faudra composer avec une des plus fortes hausses du coût des études. Selon leurs calculs, Strasbourg est la 13e ville étudiante la plus chère (855 euros par mois).
Mais surtout, elle enregistre la troisième plus forte augmentation de prix sur toute la France, avec 2,18% (contre 2,09% au niveau national, soit le triple de l’inflation). Certes, l’étude de l’Unef tient plus de l’esquisse à la brosse épaisse que du portrait au pinceau fin. Les chiffres obtenus sont une moyenne calculée à partir « profils types » d’étudiants. Comme pour les vagues grand froid, la température annoncée n’est pas forcément celle ressentie par l’étudiant qui habite chez ses parents avec le chauffage, ni par celui-ci qui gèle dans sa studette aménagée sous les combles !
Notons que de son côté l’association étudiante la FAGE a estimé « le coût de la rentrée » qui mêle les dépenses courantes (loyer, transports, alimentation) et exceptionnelles (droits d’inscriptions, achats de livres et de fournitures, assurance, mutuelle…). La somme pour « vivre correctement » est évaluée à 2 329 euros « en province ».
Strasbourg et les transports : un bon élève qui se laisse aller
Cet avertissement lancé à Strasbourg tient surtout à un chiffre : la hausse du coût des transports de 3,91%, la plus forte enregistrée cette année en France (et surtout la plus récurrente). Plutôt que la hausse moyenne des tarifs de 1,61% avancée par la CTS, l’Unef retient l’augmentation de l’abonnement annuel pour un jeune de moins de 25 ans non boursier (256 à 266 euros par an).
Cette augmentation régulière des tarifs jette une ombre sur un tableau plus reluisant : Strasbourg est une des 7 villes étudiantes en France avec Nancy, Metz, Brest, Amiens, Reims et Dijon (non mentionnée dans l’étude de l’Unef) à proposer un tarif solidaire. Les moins de 25 ans, étudiants ou non, paient un abonnement deux fois moins cher que les utilisateurs régulier. Mais en plus, ceux qui ont le moins de ressources bénéficient de tarifs solidaires, entre 3,40 à 13,30 euros par mois. D’après la CTS, 27 000 jeunes Strasbourgeois, étudiants ou non, bénéficient d’une ristourne, dont 12 000 des tarifs solidaires.
Pas si mal, reconnaît l’Unef Strasbourg, mais son président Colin Jude relativise :
« Seulement un quart des étudiants strasbourgeois peuvent bénéficier de ces tarifs solidaires. Même si Strasbourg reste pionnière sur les tarifs solidaires qui datent de 2010, ce sont les premiers à subir l’augmentation des prix. »
Pourtant en matière de Transport, Strasbourg semble remplir les revendications de l’Unef au niveau national, qui réclame dans son rapport « La mise en place de demi-tarifs étudiants dans toutes les villes universitaires afin de garantir aux étudiants des coûts de transports abordables, et le développement de tarif boursiers. »
Mais surtout, l’étude de l’Unef ne tient pas compte dans son étude de la star de Strasbourg : la petite reine. Dans la « capitale du vélo », de nombreux étudiants, à commencer par Justine, ne voient pas l’utilité d’un abonnement au tramway quand la plupart de leurs trajets se font très bien à pied ou en quelques coups de pédales. Les étudiants qui ne souhaitent pas investir dans une bécane peuvent investir dans une location de Vélhop, à partir de 42 euros les 10 mois. Selon la CTS, 570 contrats étudiants sont contractés.
Certains étudiants préfèrent le vélo au tram.
Au niveau régional, l’Unef fixe aussi des objectifs à la région Grand Est : l’accès à une meilleure couverture santé pour les étudiants, notamment via la création d’un pass’ santé comme en PACA ou d’un pass’ contraception en Nouvelle Aquitaine.
L’immobilier : le talon d’Achille
Venons en au principal poste de dépense : le logement. Le loyer moyen pour un étudiant s’établit à 459 euros selon l’Unef qui s’appuie sur les données de Loc Service. Malgré l’effet Air BnB, qui sort des logements du parc immobilier pour les transformer en locations saisonières, et ses CSP+ employées dans les institutions européennes, la « capitale européenne » est encore loin des 824 euros nécessaire à un étudiant parisien pour se loger.
Dans l’agglomération strasbourgeoise, classée en zone tendue, les propriétaires ne peuvent pas augmenter le loyer lors d’un nouveau bail si celui-ci a déjà été augmenté dans les douze mois précédents. Mais rien n’y fait, les loyers des studios ont augmenté de 2,69% en un an, et de 4,7% depuis 2014 (toujours selon les chiffres de l’Unef). En comparaison avec des agglomération de tailles équivalentes, l’augmentation en trois ans à Rennes est de 1,74% (401 euros) et à Nantes de 2,5% (408 euros).
Les studios à Strasbourg sont les plus chers dans le quart nord-Est de la France, excepté Lille. (Source Loc Service)
Et pour cause, selon l’Agence de développement et d’urbanisme strasbourgeoise, (Adeus), les étudiants cumulent les handicaps : Même en situation de zone tendue, son étude montre que le loyer au mètre carré est plus cher pour un emménagement récent. Pas anodin, quand on sait que les étudiants ne restent souvent que quelques années et qu’ils peuvent être amenés à changer de logement en cours de cursus. Ils préfèrent souvent s’installer dans le centre-ville, quitte à se rabattre sur les petites surfaces qui sont plus chères au mètre-carré. Ainsi, le loyer médian d’un 1 pièce dans le centre-ville de Strasbourg s’élève à 15 euros le mètre carré, contre 7,9 euros en périphérie. Pour Justine qui cumulait tous ces handicaps, la facture était salée. Son 12 mètres carrés défraîchi situé place d’Austerlitz lui coûtait 330 euros. Certes, c’est largement en dessous des prix avancés par l’Unef à Strasbourg, mais son loyer atteignait 27.5 euros au mètre carré, presque le double du loyer médian relevé par l’Adeus !
Pour son prochain logement, Justine compte franchir le pas de la coloc et s’excentrer. Elle cherche aussi un nouveau travail. C’est un passage obligé pour près d’un étudiant sur deux selon l’Unef. Elle espère concilier un emploi régulier avec son faible volume d’heures de cours. Autre cas, autre stratégie : Grégoire, étudiant en droit des affaires, préfère se limiter aux jobs d’été. Sur son temps libre, il est aussi président de l’Asef, une association strasbourgeoise qui distribue des colis alimentaires aux étudiants contre une somme symbolique. Il n’est pas contre l’idée de travailler, mais ce n’est pas une solution à long terme à ses yeux :
« Si vraiment tu es en galère, tu travailles pendant quelques mois, quitte à faire une pause dans les études, tu te prends un job à temps partiel, très bien. Mais ce n’est pas tenable de cumuler les études et un job. Quand tu fais ça, tu n’es jamais à 100% dans ton job, et jamais à 100% dans tes études. Au boulot tu penses à ce qu’il te reste à faire pour la fac, et quand tu es à la fac, tu penses à finir plus tôt parce qu’il faut enchaîner avec ton job. J’ai vu des connaissances rater leur master en essayer de tenir leur job. »
Des annonces gouvernementales qui inquiètent
Dans son local situé au Centre Bernanos, L’Asef distribue chaque mercredi entre 250 et 300 colis alimentaires par semaine aux étudiants, jusqu’à 350 durant les semaines de pointe. Aucune condition de ressource n’est demandée, les étudiants doivent simplement fournir un certificat de scolarité et une photo. Un service bienvenu, mais fragile. La banque alimentaire qui fournit l’association, a relevé ses frais de participation cette année. L’Asef a dû faire passer le prix du panier de 1 à 1,50 euro. Une décision difficile, mais nécessaire pour Grégoire :
« On a eu très chaud cette année. C’était ça ou mettre la clé sous la porte. On ne pouvait pas augmenter la cotisation de ceux qui viennent déjà bénévolement, ça n’aurait presque rien rapporté de toute façon. »
Plus fort que Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée Nationale, Grégoire chiffre à sa manière les 5 euros d’APL retirés chaque mois aux étudiants : trois paniers de course de l’Asef, qui permettent de tenir, grosso modo, jusqu’à la fin de la semaine à partir de mercredi (rajoutez un café à la machine avec les 50 centimes restant). « Donc non, ce n’est pas rien comme on a pu l’entendre ici et là. Pour certains, ça fait toute la différence. »
L’Asef n’est pas la seule association à connaitre des sueurs froides. En cette rentrée, l’association étudiante alsacienne Afges et ses partenaires ont appris, atterrés, la fin des contrats aidés décidée par le gouvernement. Rien que dans le réseau de l’Afges, 25 postes financés en partie avec de l’argent public, indispensables à de nombreuses associations, y compris des cafétérias étudiantes, sont supprimés. Une surprise aussi soudaine que désagréable pour le président de l’Afges Bastien Barberio :
« On a été prévenus du jour au lendemain qu’il n’y avait plus de budget pour les contrats aidés. On risque de devoir augmenter les tarifs ou de diminuer les horaires d’ouverture pour pouvoir survivre. Au final, ce sont les étudiants qui seront pénalisés. Sur le campus de médecine par exemple, il n’y a pas de restaurant universitaire à proximité, la cafétéria étudiante qui permet de se restaurer pour pas cher, c’est un vrai service qu’on peut rendre grâce aux emplois aidés. »
Les premières conséquences ne se font pas attendre : l’espace de coworking et l’épicerie que l’Afges devait ouvrir dans la salle du minotaure de la résidence universitaire de Gallia est reportée, faute de visibilité budgétaire pour l’association.
Dans la salle mythique du Minotaure, l’Afges devait ouvrir une épicerie solidaire. Suite à la fin des contrats aidés, l’ouverture est reportée sine die. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La rentrée approche et vous n’avez pas suivi l’actu strasbourgeoise ? Si vous avez déconnecté de l’information locale pendant l’été 2017, voici les quelques infos essentielles des deux derniers mois, histoire de ne pas passer pour un touriste au bureau.
L’été a débuté avec une explosion de la majorité municipale strasbourgeoise en quatre groupe. S’il y a peu de changements à dénombrer sur les bancs du conseil municipal depuis (quoique…), l’actu estivale, et pas seulement politique, a connu quelques épisodes riches cet été en Alsace et à Strasbourg. Voici tout ce qu’il faut savoir pour se mettre à jour.
Le quartier de la Neustadt rejoint le patrimoine mondial de l’Humanité
Début juillet, la Neustadt est classée au patrimoine mondial de l’Humanité. Construit par les Allemands de 1870 à 1918, la « nouvelle ville » a été retenue par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Le périmètre strasbourgeois classé à l’Unesco, qui comprenait toute la Grande Île depuis 1988, se voit donc doublé.
Avec cette inscription au patrimoine mondial, devenu une référence internationale, Strasbourg espère des retombées économiques et surtout touristiques. Selon le premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel (LREM), la labellisation constitue une « incitation à rester plus longtemps ou à revenir ». Attention toutefois : il ne faudrait pas que le tourisme de masse se développe au détriment de la conservation du patrimoine classé.
La place de la République, l’ancienne Kaiserplatze, est un lieu symbolique de la Neustadt allemande à Strasbourg (Photo Edwin Lee / Flickr /cc)
Strasbourg entre dans le cercle restreint des villes bi-classées à l’Unesco. La municipalité ne compte pas s’arrêter là, puisqu’elle devrait présenter un nouveau dossier en 2021. Objectif: inscrire l’Œuvre Notre-Dame, c’est-à-dire l’entretien de la cathédrale avec les techniques d’époque, au patrimoine « immatériel » de l’humanité.
Avis favorable pour l’extension du tram vers Koenigshoffen
La commission d’enquête publique a rendu fin juillet un avis favorable à l’extension du tramway vers le quartier de Koenigshoffen, à l’ouest de Strasbourg. Ce dossier épineux oppose la municipalité au collectif « Pour le tram à Koenigshoffen », un groupe d’associations d’habitants des quartiers traversés. Les deux parties proposent différents tracés.
La Ville de Strasbourg souhaite détourner l’actuelle ligne F vers l’Elsau, via la rue du Faubourg national. Le Collectif défend quant à lui le prolongement de la ligne C via la gare. De peur de retarder les travaux, ce dernier ne fera pas de recours contre la déclaration d’utilité publique. Les membres du groupe sont cependant loin de baisser les bras.
Le Collectif compte proposer de commencer les travaux côté Koenigshoffen, où la partie du tracé fait consensus. En parallèle, il devrait demander aux élus strasbourgeois d’utiliser une subtilité de la loi Bouchardeau sur les enquêtes publiques. Le but : ouvrir une enquête publique complémentaire pour modifier les derniers mètres du tracé, et obtenir une connexion par la gare.
Affaire à suivre en septembre lors du conseil municipal du lundi 25 septembre. Le 29, ce sera au conseil de l’Eurométropole de se prononcer sur l’extension du tram.
Le feuilleton de l’été alsacien vient de Dannemarie. La commune haut-rhinoise de 2 500 habitants met chaque année un thème à l’honneur. En 2017, le maire Paul Mumbach décide d’organiser l’année de la femme. À cette occasion, la municipalité installe 65 silhouettes féminines en juin sur la voie publique.
Ces silhouettes représentent des femmes, certaines dans des positions lascives ou courtement vêtues, ainsi que des énormes « bouches pulpeuses » rouges. Ces œuvres d’art du meilleur goût font le tour des réseaux sociaux et provoquent l’indignation. Une association féministe, « Les Effronté-es », décide de porter l’affaire en justice. Elle saisit le Tribunal Administratif par référé-liberté pour obtenir le retrait immédiat des panneaux jugés sexistes. « Cela donne une très mauvaise image des femmes, ça les met dans un carcan qui ne devrait plus exister depuis des années », déclare Sarah Pyd, référente des Effronté-es à Strasbourg, à France 3 Alsace.
Ces silhouettes féminines, installées depuis juin sur la voie publique de Dannemarie, ne sont pas du goût de tout le monde. (Photo: Les Effronté-es)
Et la justice donne raison aux féministes. Le 10 août, le juge des référés ordonne le retrait des silhouettes. Il considère que ces panneaux sont une atteinte grave au principe d’égalité entre les hommes et les femmes, principe consacré comme une liberté fondamentale. Le tribunal retient que « ces représentations de silhouettes féminines ou d’éléments du corps féminin illustrent une conception de la femme, inspirée par des stéréotypes et la réduisant de façon caricaturale, et parfois graveleuse, à une fonction d’objet sexuel. »
Pour Paul Mumbach et sa première adjointe Dominque Stroh, qui a conçu elle-même ces panneaux en contreplaqué, c’est l’incompréhension : « Cette décision est très grave et fait un retour en arrière de plusieurs dizaines d’années », estime le maire de la ville. « Comment faire une exposition publique en sélectionnant les artistes et leurs œuvres sur ce critère (le principe d’égalité entre les hommes et les femmes NDLR) ? ».
Une pétition a été lancée par le « collectif de soutien à la ville de Dannemarie », regroupant pour l’heure plus de 3 300 signatures. La Municipalité a fait appel auprès du Conseil d’État.
Le 22 août, nouveau rebondissement : la commune est à nouveau attaquée par le tribunal administratif pour non-exécution de l’injonction à enlever les silhouettes. Si le maire a enlevé les panneaux de la voie publique, ils ont trouvé refuge sur les balcons et dans les jardins de certains Dannemariens. Les silhouettes bien qu’elles ne se situent plus sur le domaine public, restent visibles. Dans une publication Facebook, Paul Mumbach fait part de son indignation: « Cette fois c’est la liberté individuelle qui est attaquée ! Trop c’est trop. »
Premier match du Racing en Ligue 1, une fête gâchée par des hooligans à Lyon
L’année 2017 marque le retour du Racing Club de Strasbourg en Ligue 1. Après les quatre premières journées de la saison, les Strasbourgeois comptent 1 victoire 1 match nul et 2 défaites. Strasbourg pointe en quatorzième position.
Samedi 5 août marquait un grand jour pour les supporters du club strasbourgeois: neuf saisons s’étaient écoulées depuis le dernier match. Pour leur retour dans l’élite, après avoir connu les bas-fonds de la CFA2, le Racing avait rendez-vous à Lyon. Les 2 000 places visiteurs du stade lyonnais s’étaient arrachées en quelques heures, et un millier d’autres supporters s’étaient rendus par eux même au Groupama Stadium. La fête promettait d’être belle. La défaite 4-0 n’était qu’anecdotique.
Pour certains supporters strasbourgeois, en dehors du stade la soirée est un véritable calvaire: des dizaines sont roués de coups par des fans lyonnais, certains sont gravement blessés. Une lettre ouverte fait le tour des réseaux sociaux le lendemain du match et et les témoignages de victimes se multiplient. Une dizaine de plaintes ont été déposées contre X pour coups et blessures et une enquête est ouverte. L’un d’eux est en arrêt de travail pour 45 jours. Pour l’heure, selon le journal L’Équipe, trois agresseurs ont été identifiés.
GCO: des militants occupent le terrain, des experts réprimandent le projet
Cet été, les opposants au GCO (Grand Contournement Ouest) ont continué leur bataille contre le constructeur, Vinci via sa société Arcos. Pour rappel, le projet d’autoroute payante de 24 km doit relier en 2020 le nord de l’agglomération de Strasbourg au sud par l’ouest.
Deux mois plus tard, le 5 août, la mobilisation reprend de plus avec belle avec l’installation durable près du moulin de Kolbsheim de six militants opposés au projet de l’autoroute. Appelée « zone à défendre (ZAD) du Moulin »par ses nouveaux habitants, c’est la première occupation illimitée contre le projet de Vinci. Les six occupants estiment qu’une mobilisation plus marquée est nécessaire pour empêcher le début des travaux. Plusieurs événements s’y sont déroulés et la camp prend un peu d’ampleur.
« On n’a rien à cacher », déclare les occupants au moment de poser sur une photo (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Sur le plan administratif, l’été fut également mouvementé dans le dossier GCO, avec l’émission de deux avis défavorables Conseil national de protection de la nature (CNPN). Cette institution, rattachée au ministère de l’Écologie, se charge d’étudier et de donner un avis concernant la préservation des espèces sauvages et des espaces naturels sur les projets. Début juillet, le comité réunissant 30 scientifiques, estime que les impacts provoqués par les travaux autour du tracé sont « largement minorés » et les impacts permanents sur la faune et la flore « ne sont pas correctement évalués ».
L’avis du CNPN est consultatif, mais préalable à l’obtention de l’arrêté préfectoral autorisant le lancement des travaux. Celui-ci devait être signé fin septembre. Mais avec ces deux avis défavorables, l’État attend des constructeurs quelques mesures supplémentaires avant de délivrer son sésame. Initialement programmés à partir de l’hiver, les débuts des travaux risquent d’être repoussés.
Depuis le mois de mai une centaine de personnes sans domicile fixe, essentiellement des demandeurs d’asile originaires des Balkans et d’Europe de l’Est, se sont installés derrière la gare de Strasbourg. Depuis le printemps, ce camp de fortune grandit autour des ateliers de la SNCF.
La situation des occupants est précaire: quatre toilettes et un robinet sont mis à disposition courant août par la Municipalité. L’accès à deux douches situées à dix minutes à pied du camp est fourni par l’association Horizon Amitié.
Depuis l’installation du camp, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ne propose aucune solution aux demandeurs d’asile, qui disposent pourtant d’un droit à l’hébergement. L’avocate de plusieurs familles des « Remparts », Me Sophie Schweitzer, dépose des référés libertés pour qu’elles obtiennent des logements.
Le camp fait face aux nombreuses voies de chemin de fer. (Photo Rue89 Strasbourg / QT)
Le 21 août, première victoire pour une famille du camp. Le Tribunal administratif de Strasbourg condamne l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). L’institution doit héberger sous 48 heures une famille de quatre Albanais qui logeait jusqu’à cette date sous une tente. Cette décision pourrait être reproduite pour d’autres familles des Remparts.
La situation n’est pas résolue pour autant. Début août, la Ville de Strasbourg avait saisi la Justice pour faire reconnaître l’occupation illégale de son terrain. L’audience se tiendra au Tribunal de grande instance le 12 septembre prochain.
La Robertsau aura-t-elle un lieu de vie tant réclamé ? La paroisse catholique souhaite vendre son foyer Saint-Louis et ses nombreuses salles de différentes taille. Le collectif « Un cœur pour la Roberstau » souhaite que la municipalité se saisisse de l’occasion pour créer un endroit vivant, au centre de ce quartier résidentiel du nord de la ville.
Malgré des années de discussions vaines, cette demande n’a jamais été entendue. L’affaire était pliée et un ensemble d’appartements devrait être construit à la place du foyer. Mais au milieu de l’été, le promoteur immobilier Icade s’est retiré du projet. Les raisons n’ont pas été dévoilées. Le collectif avait initié quatre recours en Justice.
Le maire de Strasbourg Rolande Ries (PS) s’est engagé à rouvrir des discussions à l’automne. Plusieurs membres de sa majorité hétéroclite se sont félicités de cet abandon.