Photo : Collectif Douze Mantes la Jolie / Flickr / cc
Le théâtre d’enfants se « monte » et se « joue » en fin d’année scolaire. Malgré la fébrilité parents et enfants l’aventure est riche en émotions partagées pour Maîtresse Charlotte, qui a initié sa classe. C’est aussi un type de projet efficace pour faire progresser des enfants dans le domaine des langages.
Cela commence paisiblement. La maîtresse ayant sélectionné un texte dialogué le fait lire, à plusieurs. Qui est qui ?
La classe recommence le jour d’après, et dans le groupe, on se répond d’un bout à l’autre de la classe , puis on cherche à faire les voix. L’humour trouve sa place, le comportement des personnages donne lieu à des commentaires. « Elle exagère », « quel menteur ! »
De la découverte d’un texte lu à plusieurs à la présentation face à un public
Peu à peu se dessinent des stratégies, s’asseoir à côté de celui à qui on donne la réplique, esquisser des gestes qui soutiennent le propos. Apporter quelques accessoires, un chapeau, un tablier, une valise ou une grosse loupe permet de relancer l’intérêt pour l’histoire qui se déroule.
Les enfants joueurs par définition, ont souvent leurs idées. « Et si on apportait un chat en peluche ? » Et c’est ainsi que la pièce se co-construit jour après jour.
L’exigence de la mémorisation et la nécessité de se projeter dans l’histoire
Mais voilà, après les premières lectures, vient le temps de monter sur les planches. Aie, aie, aie ! ¨Maîtresse, on va jouer sans la feuille? », « On ne peut plus lire ? » « Maîtresse, on va jouer devant LES PARENTS ! Oh la la ! »… Revoir son rôle fait régulièrement partie des devoirs. Le week-end, les parents donnent la réplique. C’est un travail de mémorisation réel mais motivant qui est demandé à l’élève.
Pendant la récréation, en surveillant la cour, il est amusant de voir, à l’écart, des groupes « qui s’entraînent ». Les fous rires sont fréquents. Comment se tient un détective ? Et la femme de chambre ? Et la vieille dame. La motivation est là, la dynamique de groupe est lancée. La confiance en soi, ça s’acquiert progressivement.
Maîtresse Charlotte aime organiser des représentations théâtrales interprétées par ses élèves (Photo Collectif Douze Mantes la Jolie / Flickr / cc)
Julie m’a avoué avoir observé attentivement sa grand-mère tout un dimanche afin d’ interpréter au mieux une dame âgée ! Patrick m’a raconté avoir répété la scène où il répond au téléphone dans un bureau, avec son père agent immobilier, . Il est devenu de plus en plus convaincant de répétition en répétition !
L’excitation monte lors de la répétition générale avec la découverte d’un « vrai public » et la nécessité de s’exposer. Eh oui, il faut articuler, parler assez fort, ne pas tourner le dos au public et apparaître au bon moment ! Tout un apprentissage fort utile par la suite.
Ce soir, on joue ! Le moment clé est cette demie-heure qui précède l’ouverture de la porte « AUX PARENTS ». Vérification de la place des accessoires, ordre d’apparition, dernières consignes, et enfin le cercle où l’on se donne la main pendant une minute pour partager l’énergie ! Comme chez les Grands !
Émotions garanties, émotions partagées
Les enfants que le trac paralyse ou ceux qui ont une folle envie de se lancer, sont traversés par l’émotion. Les parents, dont les yeux pétillent de fierté filment avec persévérance. Ils espèrent qu’il « saura son texte », qu’ils ont répété à la maison.
Pour le choix des pièces, je puise dans le répertoire contemporain du XXè siècle : L’inspecteur Toutou de Pierre Gripari, ou l’art de revisiter les contes traditionnels pour s’en amuser ou encore Une chaussure dans le beurrier, une enquête policière humoristique de Michel Piquemal. On ne joue que des extraits, des scènes mémorisables par des enfants de 9 ans.
Quant à la maîtresse, en embuscade dans les coulisses, il lui arrive de verser une petite larme quand le jeu est juste et la motivation palpable.
Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agisse du langage du corps ou du langage verbal, la préparation et la participation à du théâtre d’enfants est un formidable moyen de les faire progresser rapidement dans une société où la maîtrise de la communication est essentielle.
Rencontre avec trois jeunes catholiques pratiquants de Strasbourg, qui nous ont parlé de vivre ensemble, de laïcité et de barbecue.
L’ambiance est plutôt conviviale ce soir-là au Centre Bernanos, l’Aumônerie Catholique de l’Université de Strasbourg, située entre le campus et la résidence étudiante Paul Appell. Comme tous les dimanches soirs, les étudiants catholiques sortent de la messe donnée dans une grande pièce aménagée du centre.
Parfois, ils se retrouvent encore autour d’un repas, et c’est le cas ce soir, où une vingtaine de personnes d’origines diverses partage des tartes flambées, cuites au feu de bois par le père Thomas Wender, directeur du centre.
Étudiants et jeunes professionnels, Mathilde, Alexandre et Jenastan ont tous trois été élevés dans la foi catholique, comme l’explique Mathilde, la vingtaine, originaire de région parisienne :
“C’est vrai que ma religion, c’est un héritage de famille, mais par la suite, c’est devenu plus concret pour moi, je me suis réapproprié tout ça. Aujourd’hui je vais régulièrement à la messe avec ma colocataire”.
“Chrétien isolé = chrétien en danger”
Jenastan est étudiant en première année à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA). Ses parents sont catholiques, c’est donc aussi pour lui une histoire de famille. Lui, il vient de Troyes, et il blague en invoquant les raisons qui l’ont amené au Centre :
“Je venais d’arriver à Strasbourg et on m’a dit qu’il y du WiFi ici, alors je suis venu pour travailler. Et puis j’ai commencé à venir aux messes, surtout qu’on m’a dit qu’il y aurait un barbecue !”
Ce soir, c’est plutôt crêpes, cidre, bières et tartes flambées et bière, mais il n’hésite pas à aller se resservir, à l’aise parmi ceux qu’il a fini par apprendre à connaître à force de venir.
Il redevient sérieux et enthousiaste en expliquant qu’en fait, ce qui prime, c’est se retrouver, partager des moments à plusieurs :
“On dit parfois “chrétien isolé = chrétien en danger”. Enfin je rigole, je veux dire que tu as une foi intérieure, mais c’est aussi ta relation aux autres. C’est vrai pour toutes les religions, tu retrouves Dieu à travers les autres, que ce soit à la messe ou aux repas, finalement cela se rejoint, c’est la même chose”.
Multi-engagé, aussi en dehors de l’Église
Pour Alexandre, jeune trentenaire qui vient de terminer une formation pour être éco-conseiller, l’ouverture et le fait d’aller vers les autres est une évidence, tout comme l’engagement associatif, indissociable de sa pratique de la foi :
“J’étais engagé à Caritas, et maintenant à Alsace Nature et à la Tente des Glaneurs. C’est en lien avec ma foi, qui n’est pas uniquement intérieure. Il ne s’agit pas non plus de s’afficher en mode “Je suis catholique”. C’est juste qu’être catholique, c’est être ouvert.”
C’est aussi ce qui a l’air de porter Mathilde, également étudiante à l’INSA, en 3e année d’architecture. Elle est venue ce soir, comme souvent, pour être au cœur de ce qui est pour elle la foi chrétienne, le vivre-ensemble :
“J’aime bien venir ici car ce n’est pas dogmatique. Avant, à Paris, j’étais dans une paroisse un peu plus traditionnelle. Mais ce qui est dommage avec le dogme, c’est qu’on perd l’essentiel, la base, qui est d’être ensemble et de partager.”
Les trois jeunes ne tariront plus sur ce qui les anime, en parlant des messages de la Bible comme l’aide de son prochain ou le pardon, mais aussi en parlant d’être ensemble, et en balayant un peu les grands principes de l’Église catholique, qui ne semblent vraiment pas être le plus important pour eux.
Mathilde, Jenastan, Alexandre et les autres préfèrent les messes au Centre Bernanos, où l’ambiance est moins traditionnelle (Photo Aumônerie Universitaire Catholique)
Les dogmes, pas essentiels
Si le Pape François est vu comme plus progressiste que ses prédécesseurs, il a tout de même rappelé les positions traditionnelles de l’Eglise à plusieurs reprises, sur l’avortement, sur l’homosexualité, sur le mariage des prêtres ou l’ordination des femmes. Le phénomène de la Manif’ pour tous a aussi ravivé cette image des Catholiques très conservateurs.
Pour Jenastan, c’est surtout l’eucharistie (la fin de la messe, quand les fidèles se voient donner le “corps et le sang du Christ”, à travers l’hostie et le vin) qui reste la tradition essentielle quand il se rend à l’Église :
“La messe et l’eucharistie, c’est quand même vital, c’est littéralement quelque chose qui te nourrit. À mon arrivée à Strasbourg j’allais aux messes classiques où il n’y avait que des personnes âgées, ce n’était pas très fun. Mais du coup dans ce cas-là, comme ce n’est pas l’ambiance qui prime, tu te raccroches vraiment à la foi intérieure, à ce partage avec Dieu”.
Pour Alexandre aussi, on peut en rester à ces symboles élémentaires :
“Finalement le dogme de base, le plus important et symbolique, c’est le repas. Cela veut dire que nous, les Chrétiens, nous sommes en communion. Si on extrapole, il y a aussi un lien avec ceux qui ne sont pas croyants, le fait de vivre de manière générale en communion les uns avec les autres”.
Changer l’image de l’Eglise…
Comme Mathilde et Jenastan, il trouve que l’Église correspond de moins en moins à son image de rigidité, mais qu’elle peut encore faire mieux :
“Il faudrait continuer à s’ouvrir davantage. Moi par exemple je serais pour que les prêtres puissent se marier”.
Jenastan veut montrer que sa communauté s’ouvre sur les questions morales :
“On a souvent vu l’Église comme quelque chose de rigide, mais aujourd’hui il y a une position plus tolérante, plus ouverte, qui n’est plus dans la sanction, par exemple sur l’homosexualité. Dans la Bible, il n’y a aucun passage là-dessus, ce qui prouve bien qu’on s’en fout complètement.”
Il dit aborder tous les sujets de société avec la même attitude :
“La foi nous invite surtout à considérer les individus qui vivent derrière ces grands enjeux de société en les accueillant sans jugement.”
Il regrette que parfois les Chrétiens soient associés à une image radicale :
“La religion chrétienne c’est une religion ouverte. La Manif’ pour tous m’énerve, elle a un côté radical. Il y a du jugement sur les homosexuels notamment. Ma vision, c’est que ce n’est pas à nous de juger, mais c’est à nous de vivre dans la tolérance. Dire “Il est chrétien et donc va à la Manif pour tous”, c’est un raccourci énorme.”
Se rendre au Centre pour des moments conviviaux fait partie des différentes manières pour Jenastan et ses camarades de vivre leur foi au jour le jour (Photo Centre Bernanos)
… mais pas trop non plus
En même temps, ils portent un discours que certains apprécieront : sur le sujet de l’homosexualité, ils parlent à plusieurs reprises de “miséricorde” et insistent : les gens font ce qu’ils veulent… dans leur vie privée. Avec Mathilde, Jenastan regrette que les esprits se soient tant échauffés des deux côtés, lors du débat autour de la loi sur le mariage pour tous :
“En fait cela m’a étonné que le gouvernement fasse passer la loi du mariage pour tous, alors que je n’avais pas l’impression qu’il y avait un militantisme important de pro-mariage pour tous. Je ne sais pas si c’était vraiment utile. Cette loi a changé quelque chose : cela veut dire qu’on a accepté publiquement les homosexuels”.
Mathilde abonde en son sens :
“En fait chacun fait ce qu’il veut, on s’en fout, mais certains homos à ce moment-là ont beaucoup été dans la revendication, je pense que ça n’a pas aidé.”
“La laïcité c’est respecter chacun”
Malgré tout, Mathilde considère qu’on politise trop les débats :
“Une religion, c’est d’abord des valeurs, et c’est ça qui doit être mis en avant. La foi, pour moi, c’est un truc en plus.”
C’est que Mathilde et ses comparses sont critiques sur la manière dont est par exemple traité le thème de la laïcité. Alexandre plaide pour plus d’ouverture vers l’extérieur de la communauté :
“Les politiciens instrumentalisent la laïcité. Alors que la laïcité, ce n’est pas les uns contre les autres. C’est juste avoir la liberté de croire et de ne pas croire. Respecter chacun”.
En fait, la loi de 1905 stipule que “la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte”, mais dit aussi qu’elle “assure la liberté de conscience” et “garantit le libre exercice des cultes”.
Jenastan voudrait une laïcité plus positive, qui n’oublie pas que la loi de 1905 garantit la pratique des religions, et qu’elle n’est pas qu’un mot brandi pour les effacer :
“La vraie laïcité c’est quand dans la vie publique tu ne différencies pas selon les religions. Dans la vie privée tu fais ce que tu veux. Tant que ça n’entache pas ta vie publique. Et la vraie laïcité, c’est aussi un dialogue entre les religions”.
Après le repas, les jeunes aident le directeur du centre à ranger les lieux, qui se veulent simples et sans fioritures (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Une pratique plus rare mais plus “vraie”?
Dans une période où la part de catholiques est en forte baisse en France (elle a chuté de 17 points entre 1978 et 2010), ils n’ont pas l’impression d’être les derniers des Mohicans dans une population d’athées. Au contraire, ils portent un regard philosophe sur l’évolution de la pratique chrétienne.
Alexandre en blague et glisse en clin d’œil :
“Il y a peut-être de moins en moins de chrétiens mais de meilleure qualité !”
Jenastan, l’air toujours impliqué, rebondit sur l’idée soulevée par son aîné. Il pense que l’évolution de la pratique n’est pas une mauvaise chose et qu’elle ne veut pas dire que la foi chrétienne est déclinante :
“C’est la foi qui change en fait. Et le fait que la société soit moins chrétienne nous pousse peut-être à nous définir plus par ça. Avant tout le monde allait à la messe par tradition, il y avait un côté rituel, formel. Alors qu’aujourd’hui, il y a plus de chances que quand tu te dis croyant, tu le sois vraiment.”
Et cela ne l’empêche pas d’être un étudiant “normal”, car pour lui tout se concilie :
“Pour moi, la foi me permet de porter une regard nouveau sur l’ensemble de ma vie. Ce n’est pas une activité particulière que l’on laisse de côté lorsqu’on passe à autre chose. Mes études, mes relations avec les gens, mes projets ou encore mes engagements passent par le prisme de la foi. Bien sûr, cela ne m’empêche pas de vivre une vie étudiante épanouie et sociale, au contraire !”
Mathilde pense que la situation est moins alarmante qu’il n’y paraît :
“La foi se définit moins par le fait d’aller à la messe. Il s’agit beaucoup de l’investissement dans la communauté. Et en fait, quand on va aux Journées Mondiales de la Jeunesse, le rassemblement annuel de jeunes, on voit qu’il y a encore beaucoup de jeunes croyants !”
Alexandre, qui a l’engagement polyvalent, salue aussi ces autres formes d’expression de la foi, et rappelle qu’il faut que ce soit une question d’envie, un vrai engagement :
“Moi je vais à la messe quand je peux, quand j’ai le temps. Quand je me donne vraiment pour le Christ. Mais à côté de la messe je fais d’autres choses, je vais aux prières Taizé, les petites séances qui reprennent les chants de la communauté, et je vis ma foi au jour le jour, dans la vie quotidienne, par les petits gestes qui correspondent aux idées de partage, d’aide de son prochain, de pardon…”
Pour proposer une alternative aux emballages jetables, l’association Zéro Déchet Strasbourg incite à utiliser des contenants réutilisables. Pour cela, elle distribue aux commerçants de Strasbourg et de ses environs un sticker rond indiquant qu’ils acceptent de vous servir directement dans vos boîtes et sacs personnels. L’association espère ainsi changer les habitudes des consommateurs.
Depuis quelques mois ces stickers ronds fleurissent sur les vitrines de Strasbourg et de ses alentours. Elles sont distribuées par une vingtaine de bénévoles de l’association Zéro . . .
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L’agence de sécurité sanitaire a révélé la contamination des aliments par l’huile minérale utilisée lors de l’impression de certains emballages alimentaires. Cette étude questionne non seulement les risques qu’encourent les consommateurs, mais aussi les imprimeurs eux-mêmes. Malgré de grandes avancées, ils restent exposés tous les jours à de nombreux produits chimiques.
“Quand on travaille avec des UV, on revient avec des maux de tête”
Christian, imprimeur alsacien depuis 38 ans, met en garde contre les procédés ultra-violets qui sont beaucoup utilisés pour leur praticité et leur rapidité de séchage mais nocifs :
“À la fin de la journée, quand on travaille avec des UV, on revient toujours à la maison avec des maux de tête.”
Des propos que confirment les collègues de ce conducteur d’imprimerie. Comme ce dernier supervise tout le processus d’impression, son poste est le plus directement impacté par les risques chimiques et visuels. Christian explique que les conducteurs de presse ont rarement une longévité exemplaire après la retraite.
Cependant, Christian assure avoir vécu de nombreuses améliorations dans ses conditions de travail. Il estime que si les UV sont encore autorisés c’est parce que les lobbys de l’imprimerie, comme les grands groupes vendeurs d’encres et de solvants, ont empêché des règlements protecteurs de voir le jour.
A la sortie de l’imprimante, le conducteur est celui qui est le plus touché par les possibles risques chimiques et visuels. (photo KZ/ Rue89 Strasbourg)
Rayons et volatilité des encres : les dangers des UV
D’abord, ce processus génère des particules d’encre, qui peuvent être inhalées par les imprimeurs. D’autre part, ces derniers ne sont pas toujours protégés contre les effets nocifs des rayons UV tels que la chaleur qui en émane, ou pire, le dégagement d’ozone qui en résulte.
Christian relève qu’on lui demande de mettre une plaque de verre entre l’imprimante et lui quand il travaille en UV, « si c’était vraiment inoffensif on aurait pas besoin de mettre une plaque. » Les ouvriers rencontrés expliquent qu’ils ont remarqué un assèchement de leurs muqueuses et des maux de têtes récurrents.
La composition des encres et vernis mis en cause
Dans un aide-mémoire technique écrit en 2010 par l’INRS, les composants des produits utilisés dans l’imprimerie sont d’abord mis en cause dans les risques chimiques :
« Bien que certaines substances puissent nuire fortement à la santé, même en faible quantité, comme dans le cas des toxiques cumulatifs (composés du plomb et du cadmium, par exemple), les risques toxicologiques liés à l’utilisation des encres et des vernis d’impression émanent, avant tout, des ingrédients majoritaires : les résines, les solvants et les pigments, employés en concentration élevée.”
Pour l’INRS, ces risques peuvent déboucher sur plusieurs pathologies, comme des légères irritations respiratoires, des formes asthmatiques graves, des perturbations du système nerveux jusqu’au syndrome psycho-organique, qui comporte des troubles de la mémoire et de l’humeur.
La volatilité des encres est perceptible sur les parois de la presse offset, normalement cette plaque devrait être grise. (photo KZ/ Rue89 Strasbourg)
Des fumées pouvant provoquer des pathologies pulmonaires
Les encres UV en sérigraphie sèchent grâce aux rayons ultra-violets, ce qui provoque un dégagement d’ozone qui est à l’origine d’irritations respiratoires. C’est ce processus de séchage qui irrite la peau les yeux et les muqueuses des imprimeurs. Selon la dose inhalée les risques vont des sécheresses buccales aux lésions pulmonaires prévient l’INRS :
« Une exposition répétée à l’ozone peut, suivant la dose, entraîner des pathologies pulmonaires chroniques ; même à de faibles concentrations d’ozone, une dyspnée asthmatiforme (difficulté à respirer, asthme) peut être développée. »
Dans cette imprimerie, quand on travaille en UV, le sécheur est toujours fermé, les imprimeurs ne peuvent l’ouvrir que quand la lampe est refroidie par mesure de sécurité (photo KZ/ Rue89 Strasbourg)
Les procédés d’imprimerie classés comme cancérogènes possibles
Dès 2004, Gérard Lasfargues, professeur en médecine du travail et actuel directeur général adjoint scientifique de l’ANSES publiait un article évoquant les risques cancérogènes des produits utilisés en imprimerie. Un dossier CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) d’Officiel Prévention, publié plus de huit ans plus tard, en 2012, mettait lui aussi en lumière les dangers de l’imprimerie, notamment les nombreux risques visuels et chimiques.
Ces deux documents scientifiques s’appuient sur le fait que le CIRC (Centre Internationale de Recherche sur le Cancer) ait classé les procédés d’imprimerie comme cancérogènes possibles :
“Les métiers des industries graphiques utilisent des encres, des produits de nettoyage des rouleaux et pinceaux et de mouillage qui contiennent des solvants, résines, colles, colorants, décapants qui sont allergisants, irritants, inflammables et toxiques […]. L’exposition aux solvants toxiques, aux produits caustiques et aux poussières de plomb en suspension dans l’air présentent des risques par contact ou par inhalation et certains composés chimiques sont des cancérogènes possibles. Compte tenu de données sur les excès de cancers de la vessie dus aux agents chimiques dangereux contenus dans les encres et solvants, les procédés d’imprimerie ont été classés par le CIRC comme cancérogènes possibles.”
Des évolutions perceptibles dans les conditions de travail
Cependant, depuis une vingtaine d’années, il y a eu une “très grosse évolution en termes de sécurité au travail” souligne Maël, imprimeur dans la région de Strasbourg depuis 15 ans:
“À l’époque, on travaillait avec n’importe quoi, on utilisait même de l’ammoniac pur jusqu’en 2002, c’était assez dangereux. Aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas, de nombreux produits toxiques ont été remplacés, par exemple nous n’utilisons plus de diluant mais de l’eau. À chaque fois que nous utilisons des produits toxiques, comme les décapants, qui n’ont pas encore été substitués nous sommes obligés de porter un équipement spécifique : masque à cartouche, gants et lunettes de protection.”
En termes d’information des imprimeurs, l’évolution est aussi perceptible dans l’instauration de fiches de données sécurité qui expliquent en détail quelles sont les composantes des produits utilisés. Aussi, des visites comportementales sont régulièrement organisées et permettent d’analyser comment chaque imprimeur travaille afin de lui fournir des conseils pour améliorer sa sécurité au travail.
Selon lui, ce sont en grande partie les obligations découlant du label Imprim’vert qui ont été à l’origine de ces avancées. Il souligne cependant que l’image de marque des imprimeries est aussi en jeu que c’est d’abord pour les clients, qui l’exigent pour avoir eux-mêmes une bonne image auprès du public, que ces normes sont mises en place.
Mais Maël explique que certaines mesures ont été prises uniquement pour des questions d’image. Ainsi, un de leurs clients, très à cheval sur l’hygiène, a obligé l’imprimerie à adopter la certification BCR, qui implique le port de la charlotte, l’absence de parfum ou de bijoux. Cependant, cette mesure a été jugée inefficace par les imprimeurs car ils ne sont jamais en contact avec des produits alimentaires. Combattue un moment par la FILPAC (Fédération des travailleurs des industries du livre du papier et de la communication, CGT) cette norme a finalement été acceptée par tous les ouvriers.
Pour être labellisé Imprim’vert, il faut trier et recycler tous ses déchets (photo KZ/ Rue89 Strasbourg)
Imprim’vert, des avancées, pas une révolution
Claudine Florange, secrétaire générale de l’UNIIC Alsace, syndicat patronal de l’imprimerie, explique que si la profession a beaucoup évolué c’est notamment grâce au label Imprim’vert:
“Imprim’vert a un cahier des charges que tous les labellisés doivent respecter et il nous permet aussi de sensibiliser nos équipes aux questions d’environnement.”
L’information faites aux salariés est aussi une des priorités des labellisés selon l’UNIIC (photo KZ/ Rue89 Strasbourg)
Cependant, ce label n’est pas une révolution et connaît encore de grosses déficiences. Tout d’abord il n’y a pas d’unification dans les produits chimiques utilisés dans les imprimeries Imprim’vert, la seule obligation est de ne pas utiliser de produits toxiques, signifiés par le pictogramme à la tête de mort.
Jean-Christophe Wallet, patron d’une imprimerie à Illkirch et membre de l’UNIIC, explique qu’une des avancées majeures est celle du remplacement progressif des produits toxiques, notamment au niveau des encres.
Cependant, comme le soulevait l’Institut National de Recherche Supérieur (INRS) en 2010, les pigments organiques jugés plus sains, n’ont pas encore fait l’objet d’assez d’études approfondies pour que l’on puisse déterminer leurs risques sur la santé.
Selon le patron alsacien, face aux risques qu’encourent les ouvriers, c’est aussi aux imprimeries de se montrer entreprenantes :
“On évolue avec les années, on est obligés de faire attention à tous les niveaux et au delà du label on doit aussi montrer que nous sommes dans une démarche positive. Par exemple, rien ne m’y oblige mais, tous les 3 ans je fais faire un diagnostic du bruit sur chaque poste pour créer des bouchons d’oreilles moulés spécifiquement pour chacun des 25 salariés. Dans l’imprimerie on n’est pas toujours exemplaires mais on fait tout pour que les salariés soient sujets à de moins en moins de risques.”
5 critères d’attribution pour être labellisé Imprim’vert (Infographie Imprim’vert)
Le collectif pour le tram à Kœnigshoffen n’abandonne pas son objectif de raccorder l’ouest de Strasbourg via la ligne C de tramway et la gare de Strasbourg. Il compte proposer aux élus strasbourgeois d’utiliser une subtilité de la loi Bouchardeau sur les enquêtes publiques, pour modifier les derniers mètres du tracé une fois les travaux côté Kœnigshoffen débutés.
Les premières minutes de la réunion post-enquête publique du collectif pour le tram à Kœnigshoffen n’ont pas été des plus joyeuses. La commission d’enquête . . .
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Plus de 7 000 Strasbourgeois ont déjà rejoint Sharing is Caring, un groupe Facebook supposé faciliter l’entraide entre les citadins. Le rôle de cette communauté tend cependant à dépasser le simple échange de matériel ou de services.
De nombreuses villes du monde et de France sont dotées de ces groupes Facebook, dont l’objectif est de permettre aux internautes de s’échanger des objets, des bons plans ou encore des coups de main. La page Wanted de Paris rassemble plus de 300 000 utilisateurs, celle de Bordeaux en compte 70 000.
À Strasbourg, le groupe Sharing is Caring propose également d’employer le réseau social à organiser la solidarité entre les habitants de la ville, le tout dans la gratuité la plus totale. On compte aujourd’hui plus de 7 000 « shareurs ».
« J’échange ces vêtements contre de la nourriture »
On trouve tout type de choses à échanger ou à récupérer sur Sharing is Caring. Qu’il s’agisse de denrées alimentaires, de vêtements, de livres, ou de vaisselle, des dizaines d’annonces sont postées chaque semaine et trouvent (presque) toujours preneurs. Pour Célia, 36 ans, le geste s’explique facilement :
« Plutôt que de jeter, on donne. »
Le type d’échanges qui ont cours sur Sharing is Caring.
Si des contreparties sont parfois demandées, elles sont le plus souvent dérisoires. L’objectif n’est pas d’opérer une transaction fructueuse mais, d’éviter le gaspillage, la surconsommation, ou simplement d’aider son prochain.
Les annonces concernant le don ou l’échange d’objets sont nombreuses et parfois redondantes, elles ne sont du reste pas la vocation première de Sharing is Caring. Le groupe se considère d’abord comme un réseau d’entraide et de solidarité. À ce titre, Célia, une utilisatrice se montre amère vis-à-vis de certains comportements auxquels elle a pu avoir affaire :
« Des gens sonnent chez vous à l’heure convenue, récupèrent l’objet proposé dans l’annonce, disent à peine merci et repartent tout de suite. »
De la même manière, Nicolas, le seul des trois fondateurs qui habite toujours Strasbourg, s’agace :
« Il y en a quand même qui viennent simplement pour ne pas avoir à dépenser d’argent. Sharing is Caring, ce n’est pas que ça, on n’est pas là pour dénigrer la rémunération ou faire la révolution. »
Si ce genre d’attitude déçoit, c’est bien parce que le groupe Facebook entend remplir des fonctions sociales que certains vont jusqu’à revendiquer. Cette dimension humaine, indispensable selon la plupart des usagers, est présente depuis la création de Sharing is Caring.
Un concept importé de Maastricht
Le tandem, emblème de Sharing is Caring. Dessin : Svetlana Bourmaud
Sharing is Caring a vu le jour en 2013, sous l’impulsion de Nicolas, Timothée et Max, tous les trois étudiants. Nicolas accueille alors un couchsurfeur espagnol, directement arrivé de Maastricht : Max.
« Je devais l’héberger deux jours, il est resté chez moi deux semaines. Je l’ai aidé à remplir des formulaires administratifs, on a passé du temps ensemble, on est devenus amis.«
Nicolas, un piano et une scie, tous deux dégotés sur Sharing is Caring. Photo : Tanguy Cadi/ Rue89 Strasbourg
Max s’étonne de ne pas trouver à Strasbourg de groupe dédié à l’entraide comme il en existe à Maastricht. Il explique le concept à Nicolas et Timothée. L’idée séduit les jeunes hommes qui retiennent surtout le côté convivial et social d’une telle plateforme. C’est ainsi que tous les trois décident d’importer l’idée dans la capitale européenne.
« On ne savait pas trop comment rassembler les gens sur Facebook alors on ajoutait nos amis au groupe sans vraiment leur laisser le choix (rire), puis ces gens ont eux-mêmes ajouté leurs amis. Bref, ça s’est auto-organisé et maintenant on est près de 7 000. »
D’abord essentiellement constituée d’étudiants, la communauté s’élargit bientôt aux jeunes actifs, puis aux trentenaires. Désormais, toutes les classes d’âge sont représentées. Les utilisateurs échangent quotidiennement dans la bienveillance et le respect mutuel. Une seule règle, cependant : la gratuité. Toute forme d’achat ou de vente est rigoureusement proscrite. Les contrevenants sont exclus du groupe par les administrateurs.
L’une des tâches principales des administrateurs consiste à modérer les annonces de ventes publiées sur le groupe.
Le groupe compte actuellement deux administrateurs. Leur tâche consiste à modérer les échanges s’il y a lieu, à traquer les tentatives de ventes ou de publicités et à congédier les faux comptes ou les « trolls », même si ceux-ci sont finalement assez rares en comparaison à d’autres groupes Facebook strasbourgeois.
« Comme un groupe de potes, en mieux. »
Béatrice, 27 ans, se considère comme une utilisatrice active du groupe :
« J’ai beaucoup donné sur le groupe et pas uniquement du matériel. »
Elle est par exemple parvenue à organiser des ateliers d’initiation à l’écriture inclusive. Émily, 23 ans, est entrée en contact avec une troupe de théâtre d’improvisation qui s’est depuis produite au Molodoï dans le cadre du quatrième « Prison Blues ». Justine, après avoir constaté la passion entraînée par une controverse dans les commentaires d’une publication, a l’intention d’organiser un atelier-débat en septembre sur le thème de l’appropriation culturelle.
Les aides apportées par les « shareurs » à de parfaits inconnus peuvent aller du simple coup à de pouce à des prestations que certains, comme Allovoisin ou Blablacar, n’hésiteraient pas à monnayer.
« Il y a un vrai esprit de communauté. On ne connaît pas les gens et pourtant on rend service. C’est comme un groupe de potes, en mieux. »
Comme dans un groupe de potes, on se conseille des magasins, des tatoueurs, on s’aide pour les déménagements…
Alex, 21 ans et étudiant en musicologie, a ainsi confié pendant plusieurs jours son matériel d’enregistrement sonore à une fille qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam.
“C’est le principe du groupe. On fait confiance à ceux qui sont dessus, je pars du principe qu’ils sont comme moi : prêts à donner sans forcément demander quelque chose en échange et inversement.”
Célia, quant à elle, souhaitait aménager sa terrasse mais les dalles nécessaires aux travaux étaient encombrantes. Son époux et elle en sont venus à la conclusion qu’une paire de bras supplémentaire ne serait pas de trop.
« Sans trop y croire, j’ai demandé de l’aide sur Sharing is Caring. Quatre personnes ont répondu, seul un jeune homme est venu mais son aide nous a été précieuse ! C’était un dimanche, il fêtait son anniversaire ce jour-là, et pourtant il a porté des dalles en béton toute la matinée. On lui a promis qu’une fois la terrasse finie, il viendrait y boire un verre. »
Des coups de main et plus si affinités
Au départ, l’essentiel des membres de Sharing is Caring ne se connaissent pas « dans la vraie vie ». Pourtant, en quelques occasions, des amitiés on pu naître. Béatrice et Stéphanie se sont rencontrées via Sharing is Caring.
« Elle m’a donné de la rhubarbe et plus tard je l’ai aidée à soigner son chien. Maintenant, on se voit souvent, on fait même des soirées karaoké ensemble. », raconte Béatrice.
Mieux encore, le témoignage de Nicolas, fondateur du groupe qui évoque sa rencontre avec Loïc :
« J’avais besoin d’une camionnette pour transporter des palettes. Loïc a répondu à mon post, il n’avait pas de véhicule mais s’est proposé de m’aider à les porter. Ça a duré toute la nuit, on a déplacé une quinzaine de palettes en tout. Plus tard, il m’a aidé à monter un piano dans mon appartement, cette fois-ci je ne l’ai même pas contacté par Facebook, je lui ai directement envoyé un message. »
Ce que Nicolas retient de ces escapades, c’est avant tout le moment partagé avec celui qui, au début, n’était qu’un nom sur Facebook accompagné d’une photo de profil.
« On a vécu des choses ensemble. Loïc est très actif sur le groupe, il le consulte quotidiennement. Je pense que pour lui, comme pour d’autres, c’est aussi un moyen de voir du monde et de vivre des aventures. Je garde un super souvenir de ces escapades, même si c’était vraiment galère (rire) »
Pourrait-on dire pour autant que Sharing is Caring constitue une communauté ? Alex ne voit pas les choses de cette manière :
« Je n’ai pas cette utilisation de Sharing is Caring. Mais c’est sans doute le cas pour d’autres. Des pique-niques ont par exemple été organisés. »
En mai dernier, un pique-nique a été organisé. Tous les membres de Sharing is Caring étaient conviés.
Un noyau dur de 40 personnes
Il en va de même pour Nicolas qui, malgré son enthousiasme, trouve le terme de communauté un peu excessif :
« Je comprends cette impression : tu donnes, tu reçois… Mais ça dépend quand même de l’investissement de chacun. Tout le monde n’est pas actif sur ce groupe même si tous les utilisateurs s’en laissent la possibilité. »
Sur 7 000 membres, seuls une quarantaine d’entre eux sont réellement actifs au quotidien. L’expérience du groupe varie donc d’un utilisateur à l’autre, ce qui est important c’est d’abord que chacun soit libre de s’y investir comme il l’entend.
Pour la plupart, les « shareurs » n’ont d’ailleurs pas rejoint le groupe pour se faire des amis, lorsque ça arrive il s’agit d’abord d’un effet collatéral. En outre, la ville est déjà dotée en termes de site de rencontres amicales.
« On avait imaginé une application qui utiliserait la géolocalisation pour faciliter l’entraide entre personnes d’une même ville. Les annonces et les demandes seraient classées par catégories, mieux organisées que sur Facebook où elles sont jetées en vrac. »
Mais son avis n’est pas partagé par tous les utilisateurs. Célia, par exemple, est frileuse à l’idée de voir Sharing is Caring se délocaliser sur smartphone.
« Une appli, c’est tendance mais c’est restrictif. Il manquerait l’échange verbal (virtuel, NDLR) ce ne serait pas forcément très convivial. »
Des quartiers peu représentés
Si le créateur comprend ces réticences, il insiste néanmoins, convaincu qu’une application pourrait mettre fin à l’homogénéité sociale du groupe.
« C’est vrai que l’échange est important mais il n’est pas propre à Facebook. Une application peut aussi remplir les fonctions d’un réseau social. Il y a des quartiers qui sont totalement absents de Sharing is Caring. Il est très rare que des gars du Neuhof viennent poster des annonces par exemple. Ceux-là se rendraient plus facilement sur une application que sur un réseau social, où la différence de quartier, donc de mode de vie, est beaucoup plus visible. Le but ultime, ce serait que des gens venus de toute la ville utilisent Sharing is Caring. La ville ce n’est pas uniquement le centre ou le Neudorf. »
« Je suis convaincue que ça va se développer. »
Le nombre d’adhérents est en constante augmentation. Cette affluence en effraie quelques uns, qui s’interrogent sur la façon dont sera gérée cette densification de l’effectif. Cependant, Célia se dit confiante :
« Le groupe va se développer. Oui, il y aura de plus en plus de monde, il faudra s’organiser mais c’est jouable. Il faudra sans doute établir plus de règles ou augmenter le nombre d’administrateurs. »
Béatrice est aussi optimiste, mais reconnait l’importance du travail des administrateurs.
« La plupart du temps on se régule tout seul, il m’est arrivé, ponctuellement, d’aider les modérateurs à faire le boulot. Mais je n’ai pas le temps de devenir moi-même modératrice. »
Actuellement, les deux administrateurs sont en recherche d’un troisième bénévole, prêt à les aider dans le travail de modération qu’exige la bonne tenue du groupe.
Le Collectif pour le tram à Kœnigshoffen l’avait annoncé, il ne fera pas de recours contre la future déclaration d’enquête publique. Si vous avez raté les épisodes précédents (voir tous nos articles), cet ensemble d’associations de quartiers (Gare, Koenigshoffen, Elsau) et de protection de la nature, défend une prolongation de la ligne C via la gare. La Ville de Strasbourg prône un autre tracé, en détournant l’actuelle ligne F vers l’Elsau, sur la rue . . .
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Fin juillet, la Police nationale du Bas-Rhin a lancé un appel sur Twitter, dans le but d’enrôler des citoyens bénévoles pour un « projet journalistique ». À travers une publication imprimée tous les quatre mois, il s’agit de « créer une interaction citoyenne », en bref, de communiquer sur la Police et ses différents services. Bien loin du journalisme, cette opération de communication brouille les différences entre les deux genres.
C’est une initiative locale inédite en France. Ils sont déjà quelques uns, jeunes citoyens comme Yanis ou Cyril, à avoir répondu à l’appel de la Police nationale du Bas-Rhin et à avoir pu passer une demi-journée à l’Hôtel de Police de Strasbourg. Au programme : découverte du milieu policier ou d’un service en particulier. Les observateurs prennent des notes, posent des questions avant de retranscrire leurs impressions.
[Appel à volontaires] Rencontrer des policiers et rédiger des articles de presse vous tente? Rejoignez-nous! (Places limitées) pic.twitter.com/Epcu65qrVJ
Ce « projet journalistique » est ouvert à tous les citoyens bénévoles « de 15 à 99 ans », sauf… aux journalistes.
La police lance son « journal » participatif
Les comptes-rendus de ces rencontres seront publiées sous la forme d’un « journal », dont le premier numéro est en préparation. La publication devrait paraître sur le web et en format papier, trois fois par an. La première parution aura lieu en septembre, avec une distribution gratuite par la Police, accompagnée des participants.
Dans une interview pour France Bleu Alsace, le chargé de communication à la direction départementale de la sécurité publique Joël Irion déclarait vouloir réaliser des portraits de policiers « atypiques », ou bien discuter de thèmes qui lui « tien[nent] particulièrement à cœur », comme les incivilités. Le policier-communicant semble déborder d’idées de sujets mais chacun peut venir avec sa proposition.
Le but affiché est de faire découvrir le milieu policier aux Strasbourgeois, créer de l’interaction, du débat et rapprocher forces de l’ordre et citoyens à travers une publication légère et ludique. Mais lorsque nous avons demandé plus de précisions sur le projet, il n’était plus possible d’avoir une réponse officielle. Pas très communiquant tout ça…
Information ou communication : brouillage des genres
Quand on découvre les modalités de la parution, on se rend compte qu’il s’agit en fait des standards de la communication, et non du journalisme. Officiellement, les personnes en désaccord avec la Police et les débats sont « bienvenus », mais les articles seront co-écrits. Assez logiquement, il n’est pas question que la Police diffuse des informations qui nuisent à son image. Difficile dès lors de parler de « projet journalistique ». La charte d’éthique professionnelle des journalistes, stipule que le journalisme « ne peut se confondre avec la communication ».
Toujours selon cette charte, les journalistes répondent au « droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste ». Une institution qui élabore une stratégie pour se donner une image particulière ne correspond pas pleinement à ces critères.
Envie d’écrire du bien sur la police ? (photo FS / Flickr / cc)
« Je ne vais pas vous faire de concurrence »
La police n’est pas la première institution à jouer sur les mots et les quelques similitudes entre les deux métiers. Au début de l’été, « La République en Marche » a également annoncé sa volonté de constituer un « média », pour produire ses propres « reportages » sur les sujets de son choix. Une communication de parti qui n’a rien de nouveau, mais un vocabulaire utilisé qui brouille les repères et introduit de la confusion, à l’heure où tous types de contenus se mélangent sur Internet.
Davantage similaires à l’initiative de la Police, les journaux municipaux obéissent à la même logique. Les revenus dégagés en travaillant pour ces publications ne permettent pas, par exemple, de prétendre à une carte de presse.
Joël Irion semble d’ailleurs conscient de ce décalage entre les objectifs des médias traditionnels et institutionnels. Toujours sur France Bleu, il déclarait avec ironie : « Je vous rassure, je ne vais pas vous faire de concurrence ».
Plutôt que « journaliste d’un jour », peut-être aurait-on pu parler de « communiquant d’un jour ». Quelques personnes ont d’ailleurs interpellé la Police sur ce point sur Twitter. Là encore, elle reconnait la différence, mais l’intitulé n’a pas été modifié. Le terme « journaliste » serait plus compréhensible pour le citoyen lambda, un raccourci qui a pour effet de d’entretenir la confusion :
On pourrait en effet, mais pas sûr que cela parle à tout le monde.
À Niederbronn, le centre Albert Schweitzer organise des séjours franco-allemands autour du cimetière militaire. Ici, les chiffres et les dates ont laissé place à un parcours interactif sur le terrain. Dimanche 23 juillet, quatre Allemands et six jeunes migrants installés en France sont passés sur le site. Une manière de les familiariser avec l’histoire des deux pays.
Ils sont dix, ce dimanche matin, dans la salle polyvalente du centre international Albert Schweitzer. D’un côté, quatre jeunes allemands de bonne famille. De l’autre, six ados d’un foyer parisien, la plupart arrivés en France depuis plusieurs mois et en attente de régularisation. Pour leur première journée de vacances, ils vont braver le vent et la grisaille sur le cimetière militaire de Niederbronn-les-Bains. Une manière concrète d’apprendre l’histoire des deux anciens pays ennemis.
Petit récap’ du centre international Albert Schweitzer
Créé en 1994 par le service chargé de l’entretien des sépultures militaires allemandes, le centre Albert Schweitzer assure une mission de mémoire au cimetière de Niederbronn. L’équipe organise des séjours pour des classes françaises et allemandes tout au long de l’année. Elle collecte aussi des documents personnels des défunts auprès de leurs familles, pour alimenter son espace musée et ses archives.
Arrivés la veille de Thiais en région parisienne, Abdel, Yassine et les autres vont passer une semaine dans un cadre de carte postale. L’auberge du centre, coincée entre collines et forêts. Un séjour rendu possible grâce au partenariat scellé en octobre 2016 entre le centre et l’association Jean Cotxet. Un organisme d’Île-de-France en charge d’une quinzaine de foyers pour mineurs placés par la Protection de l’enfance.
Un accord fructueux. Il s’agit déjà du troisième groupe de passage à Niederbronn en moins d’un an. Moussa, un Malien qui a été de tous les voyages confirme, sourire amusé scotché au visage :
« J’aime bien le côté nature, c’est plus tranquille ici. L’histoire m’intéresse aussi, je connais le cimetière par cœur maintenant ! (Rires) »
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« On le fait par vocation humaniste »
Pour permettre à ces enfants de passer des vacances à la campagne, Bernard Klein, directeur du centre alsacien, a consenti de gros efforts :
« Un groupe de foyer demande plus d’implication qu’un séjour scolaire classique. D’abord, on mobilise plus d’animateurs et certains doivent rester la nuit en cas de problème. D’habitude ce sont les professeurs qui assurent cette veille. Ensuite, on pratique un prix réduit, on fonctionne à perte. Franchement, ces contraintes sont très dissuasives. Mais on le fait par vocation humaniste. »
Retour au rez-de-chaussée du centre.Élèves allemands et migrants en France s’habituent peu à peu l’un à l’autre. Aucun des deux groupes ne parle la langue de l’autre. Yassine, un grand gars de 17 ans, amorce un début de conversation avec Linus, son compagnon de chambrée. L’Ivoirien baragouine quelques mots de français prononcés “à l’allemande”. Une technique linguistique singulière qui porte ses fruits. Son interlocuteur, un petit Berlinois au visage poupon, lui répond avec des gestes et quelques mots de français. Loin d’être un handicap, cette situation est une aubaine, d’après le directeur :
« La langue française domine. Les jeunes migrants sont plus nombreux et plus âgés que les Allemands. Ils se retrouvent dans une situation où ils doivent intégrer l’autre. C’est très intéressant pour des gens qui cherchent eux-mêmes à se faire une place en France. »
« Faire parler le cimetière »
Face à ce petit monde, Michel Braesch, employé de l’association à Niederbronn et principal encadrant du séjour, donne le programme de la journée : visiter l’imposant voisin de la résidence le matin, des jeux collectifs en extérieur l’après-midi. Le cimetière militaire où reposent près de 16 000 soldats et civils allemands morts pendant les deux dernières guerres. Petite précision, le centre appartient au SESMA, l’organisme chargé d’entretenir les sépultures militaires allemandes. Et par ricochet, leur mémoire. L’animateur jongle entre son Français natal et un Allemand impeccable. Il s’empresse de calmer l’inquiétude qui se dessine sur certains visages :
« On ne va pas parler de grands chiffres, de théorie, on va s’intéresser à quelques histoires bien particulières. »
Michel Braesch travaille au centre Albert Schweitzer depuis 2014. Son leitmotiv, faire « parler » le cimetière. (Photo : Fabien Nouvène)
Car c’est là tout le credo de l’organisation. « Faire parler le cimetière, humaniser l’histoire », comme aime le rappeler Michel. Exit les visites incompréhensibles où l’on assomme le public de chiffres, dates, lieux et personnages plus ou moins célèbres. Les excursions se concentrent autour d’une dizaine de tombes caractéristiques. À elles seules, elles résument les destins des milliers de morts allongés là.
Une visite ludique
Avant de se rendre au cimetière, un jeu sert à aborder ces histoires : placer correctement des photos de monuments et drapeaux sur une carte de l’Europe. Les bonnes réponses rapportent des indices qui servent à identifier un défunt. Les réponses fusent, les débats s’engagent. À force de gestes et de mimes, on se met d’accord sur la localisation du Mont-Saint-Michel.
Les Parisiens excellent en géographie. Une connaissance qui trahit parfois un parcours mouvementé. Yassine, qui a quitté Abidjan en 2016, place la bannière italienne sur la botte. Le premier lieu transalpin qui lui vient en tête ? « Lampedusa ». Cette île où échouent des milliers de migrants partis des côtes libyennes, dont de nombreux Ivoiriens…
Mais le jeu reprend vite le dessus sur le passé. Indices en poche, la troupe part sur le cimetière, à un jet de pierre. Assis sur la pelouse taillée au millimètre près, Michel dresse les grandes lignes de l’histoire guerrière de la région. Sans trop de détails, juste de quoi se situer. L’ambiance est studieuse, les mines concentrées. Vient alors le moment de la visite.
Le mode opératoire ? Les jeunes retrouvent les différentes tombes qu’ils ont identifiées plus tôt. Là, au pied de chaque croix, un classeur rempli de documents raconte la vie de la personne décédée. Les jeunes le consultent et donnent un rapide résumé. On vous avait prévenu, ici on ne s’embarrasse pas de théorie superflue. L’important, c’est que le visiteur se sente concerné.
15 ans et déjà soldat
Et là-dessus, l’animateur a vu juste. La première pierre tombale recouvre le plus jeune soldat du cimetière. Karl Röhner, mort à 15 ans en 1945. Yassine et son compère Abdel, un Marocain qui a grandi près de la frontière algérienne, ont la mine grave. L’Ivoirien s’étonne :
« Il est super jeune ! À l’école on nous a dit que les enfants n’avaient pas combattu pendant la deuxième guerre mondiale. En Afrique, on ne nous donne pas de détails, juste quelques dates. C’est dommage parce que l’histoire de France, c’est un peu comme un film. Ils se sont battus pleins de fois avec les Allemands, et maintenant ils s’apprécient. »
Pendant la discussion, ils se sont déplacés sur la sépulture de Karin Goebel. Petite fille de 9 ans tuée à Sarreguemines par un bombardement allié. L’assemblée aborde la question des victimes civiles dans la guerre. Un thème d’actualité que les jeunes connaissent bien. Les noms de Syrie et de Libye reviennent souvent dans leur bouche. Seul l’écho d’une fanfare qui joue dans le village brise le silence presque religieux qui règne désormais. Passé ce moment d’émotion, il est difficile de se reconcentrer.
Karin Goebel, tuée par un bombardement à l’âge de 9 ans est enterrée sur le cimetière militaire à la demande de ses proches. (Photo : Fabien Nouvène)
Une tombe et un ministre
Tout au bout d’une rangée, une tombe scintille. Pas de phénomène surnaturel, mais des pièces de monnaie déposées sur le haut de la pierre. Ci-gît August Waigel. Une jeune allemande reconnait ce nom. Il s’agit du frère de Theodor Waigel, un ancien ministre des Finances, artisan de la création de l’euro. L’ex-membre du gouvernement a même inauguré le centre, en 1994. L’heure tourne, il faut clore la visite. Midi va sonner et l’appel du ventre commence à se faire sentir dans les rangs.
Mais avant de se mettre à table, petit arrêt par le musée du centre. Là, huit récits de personnages et des reliques sont exposés au public. Saturée, la majorité des adolescents ont la tête ailleurs et pensent entres autres au gratin dauphinois promis en début de journée. Sauf Abdel et Yassine, hypnotisés par les casques et autres effets personnels des soldats. Le premier, bientôt majeur (il va passer son permis le plus vite possible car conduire « c’est la liberté »), donne son sentiment. Les idées se bousculent dans la tête de ce jeune qui parle très bien Français après seulement une année dans l’Hexagone :
« On ne s’imagine pas ce que ça a pu être la guerre. Ça fait réfléchir de venir ici. Heureusement que maintenant, c’est fini. En France, on dit que musulmans et chrétiens ne s’entendent pas, mais au moins ici ils ne s’entretuent pas. Pas comme ailleurs… Espérons qu’il n’y ait plus de guerre. »
Michel, en retrait, profite de la scène. Mission accomplie pour ces deux-là.
Dans le cadre du festival Ciné-Cool, Rue89 Strasbourg et les cinémas Star vous invite à une séance spéciale de « Petit Paysan », un film sensible sur le métier d’agriculteur, mardi 22 août à 20h15, en présence du réalisateur Hubert Charuel.
Le pitch
Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver.
La bande annonce
Bande annonce de « Petit Paysan » (Pyramide Films)
Le concours
Y aller
Avant-première de Petit Paysan en présence du réalisateur, mardi 22 août à 20h15, cinéma Star Saint-Exupéry, rue du 22 Novembre à Strasbourg.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
La rentrée se profile à l’horizon. Celle-ci est d’importance. Que faire pour guider l’enfant vers le CP, année où il apprendra la lecture, la base de tous les apprentissages ? La chasse aux logos, symboles et autres graphismes peuvent vous aider à lui faire comprendre le sens derrière le signe. C’est plutôt amusant et cela lui sera utile.
Une fois les fournitures scolaires de la liste achetées, étiquetées et rangées dans le cartable neuf, la rentrée matérielle est préparée. Votre enfant a appris à l’école maternelle à reconnaître son prénom, puis à l’écrire en lettres capitales. Peut-être a-t-il découvert aussi quelques mots porteurs de sens : « Papa », « Maman » ou… « Chat » à l’occasion d’une histoire mettant en scène cet animal. À la rentrée, il franchira la porte de la classe du cours préparatoire, le fameux CP.
La première rentrée, mettre en projet l’apprentissage de la lecture
Lorsque j’ai enseigné en maternelle, en classe de grande section, j’ai constaté combien les parents aimaient transmettre « les lettres » à leur enfant, comme on transmet une caisse à outils. « Il connaît toutes ses lettres ! », me disaient-ils fréquemment. Un questionnement technique revenait souvent :
« Faut-il lui apprendre le nom de la lettre « L » (prononcé [el]) ou le son phonétique (ici [le]) produit par cette même lettre ? »
L’écriture « en miroir » du prénom, c’est-à-dire à l’envers, les inquiétait beaucoup. Les pédagogues qui mènent des recherches sur l’apprentissage de la lecture s’accordent souvent sur le fait que pour débuter avec intérêt l’apprentissage de la lecture, un enfant doit avoir compris le principe alphabétique. C’est-à-dire qu’il ait compris que pour un mot comme « Lapin » on utilise des lettres, qui une fois assemblées produisent des sons et que ce tracé n’a rien à voir avec la représentation ou la forme de l’animal.
Les cahiers de vacances sont-ils une idée judicieuse ?
Les cahiers de vacances fleurissent dès le mois de juin dans les supermarchés à proximité dans caisses ou sur les lieux de vacances du côté de la presse. Ils donnent bonne conscience aux parents qui voient leur enfant calmement attablé découvrant les premières pages.
D’un graphisme coloré et attrayant, ils enrichissent…surtout leurs éditeurs. Ils sont au final d’une utilité toute relative. Soit l’enfant sait déjà, connaît la notion présentée et ce n’est pas un apprentissage soit il ne sait pas et aura tendance à s’en désintéresser. Au fil des pages cela peut tourner à la « corvée » après de laborieuses négociations.
Chasseur de signes, une activité enrichissante
C’est l’été ! Et si on regardait autour de soi les signes, les logos et les graphismes que l’on va rencontrer aujourd’hui ? Tiens là, un oiseau de papier plié comme un origami ? C’est La Poste qui « fait voyager » des milliers de lettres chaque jour. Et là, sur l’autoroute, une pancarte avec une fourchette et un couteau ? Elle nous indique un lieu de restauration autoroutière. Le sapin, lui, nous informe de la proximité d’une aire de repos.
Il y a fort à parier que votre enfant retiendra que le grand « M » jaune en façade indique la présence d’une célèbre chaîne de fabricants de hamburgers. L’écureuil est un animal prudent qui fait des provisions en automne en prévision de l’hiver. C’est pourquoi, il est depuis plus de 100 ans le logo d’une banque française, même s’il est plus stylisé que par le passé. Le lion, lui, fièrement dressé sur ses pattes arrières est le logo d’une marque de voitures françaises. Le petit bonhomme se retrouve sur les feux destinés aux piétons ou pour… indiquer les chemin des toilettes.
Les pictogrammes ont un sens, les enfants peuvent se familiariser avec pour mieux apprendre à lire. (Photo Maciej Brencz / Flickr / cc)
Pourquoi cette chasse aux signes ? Parce qu’avant l’apprentissage formel de la lecture (5-6 ans) l’enfant passe par une procédure de reconnaissance globale que l’on appelle procédure logographique. Et plus on s’entraîne, et plus on reconnaît vite et plus on devient bon. Une collègue m’a raconté que cela faisait partie de leurs occupations pendant les longs trajets à travers la France lorsqu’elle ne conduisait pas. Combien de panneaux annonçant une station service ? Qui va gagner ?
Rassemblés autour d’un livre, le bon exemple en attendant l’école
Quoi qu’il en soit, continuez à lui lire une histoire ou un chapitre le soir, comme pendant les années passées à l’école maternelle. Outre le plaisir partagé, il est essentiel que l’enfant voit lire les adultes qui comptent pour lui . C’est le meilleur exemple pour lui donner envie d’apprendre à son tour malgré les difficultés qu’il peut y avoir sur ce long chemin.
Rencontre avec trois jeunes juifs orthodoxes de Strasbourg, qui préfèrent le terme de « pratiquants ». Pour eux, suivre les lois religieuses n’est pas une série de contraintes dans la vie de tous les jours, juste quelques adaptations et « pirouettes ».
C’est au Parc des Contades, en plein cœur du quartier juif de Strasbourg, juste derrière la synagogue, que trois jeunes hommes, Ronny, Yoël et Lior, ont accepté de prendre quelques minutes pour se livrer sur leur pratique religieuse. Ronny est de loin le plus bavard, et il annonce la couleur sur le « degré » de leur pratique :
« Certains diront que nous sommes orthodoxes ou ultra-orthodoxes, mais je trouve qu’il faut faire attention à ces mots-là. Entre nous, on s’appelle pratiquants. »
La kippa sur la tête, ils se fondent effectivement dans le voisinage, investi par la communauté israélite. Les orthodoxes font partie des croyants les plus fidèles aux textes et aux corpus de règles qui en découlent, les plus attachés aux traditions, et pour la plupart, qui tiennent à respecter les codes vestimentaires, notamment le port de la kippa, du talith (le tissu porté en-dessous des habits, qui laisse dépasser des ficelles à ses quatre coins), une tenue blanche et noire et un chapeau pour certains, et, pour les femmes, perruque et jupes longues.
Ces règles qui régissent le quotidien, les trois jeunes hommes vont en parler longuement. Leur foi passe par des rites, des engagements, mais aussi beaucoup par la prière et l’étude des textes. Tout cela, ils doivent l’articuler avec leur vie professionnelle et leur vie sociale.
Séfarades, ashkénazes, marocain, alsacien, marseillais… Le mélange des cultures
Ronny, 30 ans, en plein doctorat de physique, s’est vraiment rapproché de la religion au cours de son adolescence :
« Ma famille n’est pas très pratiquante. Mes parents sont marocains, donc juifs séfarades. On ne mangeait juste pas de porc, mais sinon on ne suivait pas trop ce que disent les textes. C’est à partir de ma communion, à 13 ans (la bar mitzvah NDLR), que je m’y suis plus intéressé. Et je suis devenu de plus en plus « religieux » : il y a eu un petit déclic avec mon frère qui a commencé à ramener sa propre vaisselle casher, et j’ai commencé à faire pareil. Maintenant voilà où j’en suis, je me suis marié à 23 ans avec ma femme, juive ashkénaze (les juifs d’Europe, notamment d’Europe de l’Est, NDLR), qui en avait 18, et nous avons deux enfants. »
Yoël, étudiant en informatique de 26 ans, a au contraire baigné dans la tradition juive depuis tout petit, depuis son enfance à Marseille :
« Mes parents tenaient surtout aux traditions, on faisait la prière du samedi et on mangeait relativement casher. Et puis j’ai peu à peu intégré les écoles religieuses et après le bac, je suis allé faire ma yeshiva en Israël. Il s’agit de la tradition de partir faire des études théologiques dans un Institut d’études talmudiques. »
Lior est le silencieux de la bande, mais évoque quand même son héritage familial, un tout petit peu différent de ses camarades :
« Je viens d’Alsace, d’une famille ashkénaze. Ma famille est pratiquante, j’ai fait ma scolarité en école juive. Deux ans après le bac, je suis aussi parti en école talmudique. J’ai fait un BTS et une licence d’informatique, et une licence de techniques de communication. Aujourd’hui, je suis infographiste auto-entrepreneur. »
Ronny (au centre) et ses amis ne trouvent pas cela contraignant de concilier religion et vie professionnelle (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/ cc)
Une foi faite de rites et d’étude approfondie des textes
Ronny se lance pour raconter comment ils vivent leur foi au jour le jour, tout en prenant ses précautions :
« Je précise qu’on ne représente pas l’ensemble de la communauté juive. Nous, on fait partie des plus engagés. On consacre un temps à l’étude des textes tous les jours, la prière est quelque chose de très important pour nous. Sinon, on mange casher et puis on fait bien sûr la prière du samedi, le shabbat. »
Mais pour lui, le vrai exercice spirituel est dans les textes et le partage :
« Moi, dans ma pratique, ce qui m’importe le plus, c’est l’éducation et la transmission. Car l’étude des textes, c’est l’acte spirituel par excellence, ce n’est pas juste pour le plaisir de savoir. Si je devais faire un ordre, je dirais que ce souci de transmission vient pour moi avant les règles de casher et de shabbat. J’ai d’ailleurs aussi fait ma yeshiva quelques années après le bac. »
Yoël explique quant à lui qu’il est important pour eux de mettre la relation hommes-femmes dans un cadre particulier :
« La religion nous impose d’éviter tout rapprochement physique homme-femme avant le mariage. C’est dans une perspective de respect de la femme, éviter de faire n’importe quoi tant qu’on n’est pas prêt à s’engager dans une seule relation. Ensuite, on est poussé à adopter ce mode de vie consistant à nous marier tôt, à tout faire pour faire durer le mariage. Ce n’est pas imposé mais cela nous semble plus équilibré ainsi. »
Entre les femmes et les hommes, des lois non-négociables
Un mode de vie qui implique donc de ne pas serrer la main aux femmes, y compris à la journaliste venant les interviewer. Tout cela fait partie du même continuum, explique Yoël :
« C’est aussi par respect envers la femme, c’est quelque chose qui n’est pas permis hors du cadre marital ».
Ronny complète sur l’intransigeance de ces règles :
« Peut-être que nos consœurs ont voulu mettre cette barrière pour que le lien de l’homme avec sa femme soit le plus fort. C’est comme ça, la religion est basée sur des lois non-négociables. C’est comme la circoncision, si elle était interdite dans ce pays, on ferait nos bagages et on irait ailleurs. »
Yoël explique que la symbolique de la circoncision remonte à Abraham, le premier hébreu à l’avoir fait :
« On peut le lire dans la Bible : Dieu demande à Abraham de se circoncire, de marquer son corps physique en signe de soumission et Dieu lui dit qu’il s’agit là d’une alliance entre eux deux, et avec sa descendance. La circoncision, c’est l’alliance entre le peuple et son créateur. »
Les trois amis dans le parc des Contades, près de la synagogue. Ronny a déménagé dans le quartier depuis qu’il est devenu plus pratiquant qu’avant. (Photo DL/Rue89 Strasbourg/cc)
La religion dès la naissance
Dans cette perspective de transmission, Ronny, le seul père du trio, raconte que ses enfants sont inscrits en école confessionnelle, ce qu’il justifie en expliquant qu’il n’y a selon lui que des avantages :
« Mes camarades et moi-même avons été dans une école juive tout petit. Cela nous a permis de maîtriser les fondements de notre religion, mais aussi de nous apprendre à réfléchir sur tout, de forger notre esprit critique et remettre tout en question pour ne pas être ignorant dans nos pratiques. Les valeurs essentielles telles que : se préserver pour n’avoir qu’une femme dans sa vie, tout faire pour réussir son couple, le travail sur soi, faire attention à son regard et maîtriser ses pensées, surtout du point de vue sexuel, l’étude des textes, la droiture et j’en passe… Tout ceci n’aura que des répercussions positives sur le devenir de ses enfants. »
Pour lui, il est cohérent que les parents juifs pratiquants choisissent pour leurs enfants une éducation religieuse, même sans leur demander leur avis :
« L’avis de l’enfant est très important pour nous, je dirais même incontournable pour personnaliser son éducation. Chaque enfant étant différent, il doit être élevé avec les outils adaptés. Par contre laisser libre choix à son enfant de vivre comme il le souhaite est totalement inconscient et criminel. C’est à la responsabilité des parents d’imposer le type de vie que l’on estime le plus judicieux. Les lois dans notre religion sont assez nombreuses et parfaitement cohérentes, évitant si respectées les dérives d’incitation à la violence, à la haine, à la mort… »
C’est pourquoi il maintiendrait sa position si un de ses enfants émettait le souhait d’aller en école publique :
« Si ça arrivait, je lui donnerais la même réponse que s’il voulait se marier avec une non juive ou changer de religion… Je concentrerai mes efforts pour lui expliquer notre place dans ce monde, justifier avec patience le choix que j’ai fait moi-même à son âge de perdurer et transmettre à mon tour les même valeurs. »
Kippa et talith pour se rappeler aux commandements
Yoël et Ronny s’attachent à expliquer quels sont les préceptes en matière de tenue, qui se doit d’être plutôt sobre, et avec quelques signes distinctifs. Le plus courant est la kippa. Il y a aussi le talith, ce vêtement à quatre coins auxquels sont rattachés des franges, et qui porte aussi une dimension symbolique, comme l’explique Lior :
« Chaque chose que l’on fait a une dimension spirituelle. Les nœuds dans le talith, c’est comme faire un nœud dans son mouchoir, c’est un rappel. »
Un rappel de tous les commandements de Dieu, d’après la Torah. L’un des plus importants étant la prière très régulière, dont Lior explique les étapes :
« Il y a trois prières par jour, matin, après-midi et soir. Pour nous, elles doivent se faire en groupe d’au moins 10 hommes, de préférence à la synagogue. »
« Ce ne sont pas des contraintes »
Mais dans ces conditions, comment être pratiquant jusqu’au bout des ongles et jeune professionnel « lambda » ? Lior est autoentrepreneur et gère ses horaires mais pour les autres, il faut s’adapter, comme le dit Ronny :
« On s’arrange comme on peut, on essaye de trouver des camarades et de s’organiser autour d’horaires qui arrangent tout le monde, et sinon, on le fait seul, c’est mieux que rien. »
Pour lui, toutes les règles qu’il suit ne l’empêchent pas de mener une vie normale :
« Toutes ces choses, manger casher, faire les prières, pour nous ce ne sont pas des contraintes, on s’adapte. Souvent les gens trouvent cela intéressant et nous posent des questions. Dans mon entreprise, avec laquelle je fais mon doctorat (un centre de transfert technologique dans l’industrie des lasers), je suis venu à l’entretien avec ma kippa, et comme ils aiment avoir une certaine diversité parmi le personnel, c’est une des raisons pour lesquelles ils m’ont pris ! »
Même sur le salut entre hommes et femmes, il insiste sur le fait que cela ne pose pas plus de problème que cela :
« Pour ce qui est de serrer la main des femmes au travail, je l’ai déjà fait, mais en général j’essaye de ne pas le faire et d’expliquer pourquoi. Elles ne sont pas plus gênées que cela, bien au contraire, nos relations n’ont pas et n’auront pas d’ambiguïtés, une amitié sincère sans arrières-pensées dans les deux sens peut se créer, et puis, vous savez, je ne suis pas le seul dans mon entreprise à ne pas serrer la main ou faire la bise aux filles. Nous avons dans notre équipe une jeune musulmane voilée qui a refusé à son arrivée autant de contacts physiques que moi. »
Entre vie communautaire et « anecdotes rigolotes » avec les non-juifs
Pour ce qui est de la vie sociale, les jeunes hommes expliquent que les commandements qu’ils suivent poussent à mener une vie plutôt communautaire, mais que cela ne les empêche pas d’être des jeunes « normaux », comme le raconte Yoël :
« C’est vrai qu’on dépend beaucoup de la présence d’autres juifs, pour les prières, pour manger casher, pour les écoles confessionnelles… Mais comme la plupart des religions, on garde une ouverture sur tous les sujets, on peut discuter. Beaucoup de juifs ont un cadre social avec de non-juifs et s’entendent très bien. Bien sûr, j’ai plusieurs amis non-juifs. »
Ronny s’amuse des différentes facettes de sa vie sociale :
« En fait on est des jeunes normaux… avec des côtés insolites ! Pour ce qui est des sorties, ça nous fait des anecdotes rigolotes ! Quand les gens de ma fac ont fait un repas, je suis allé avec eux au restaurant et j’ai pris… un café. Ça n’a pas posé de problème. Quand ma femme avait un dîner avec les gens de son entreprise, ils ont tout fait pour essayer de faire casher pour tout le monde. Finalement ça n’a pas abouti, car le cuisinier a trouvé cela trop compliqué de devoir utiliser une vaisselle et des ustensiles casher, mais l’intention est sympa. Franchement ça va, on s’adapte, on fait des pirouettes. Et puis on invite parfois ses amis au restaurant casher. »
La Grande synagogue de la Paix, sur l’avenue du même nom, autour de laquelle s’organise une partie de la vie de la communauté juive orthodoxe de Strasbourg (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
Des jeunes connectés… et critiques des médias
Comme tous les jeunes, ils disent beaucoup utiliser les réseaux sociaux, d’autant plus que vu leurs domaines de prédilection, l’informatique, la communication et les sciences, ils sont plutôt « technophiles », comme le rappelle Ronny, qui se dit hyper connecté et intéressé par l’actualité :
« On avait un groupe sur Whatsapp avec nos potes croyants, on échangeait sur la politique. Moi je suis assez à fond sur les médias, la politique et la philosophie. Ça me prend un temps fou mais j’adore ça, je n’arrête pas de passer d’un réseau social à un autre. »
Ce qui les interpelle particulièrement, c’est le traitement d’incidents antisémites et des sujets concernant Israël dans l’actualité. Pour Yoël, les médias ne sont pas impartiaux :
« Je suis plutôt choqué par la prise de position des médias, notamment sur le conflit israélo-palestinien. Nous forcément on a un attachement à Israël et on a l’impression que l’information est orientée. Les titres vont être trompeurs, les articles ne vont pas raconter la totalité de l’histoire, ou ne pas nommer les terroristes tels qu’ils sont. Souvent le caractère antisémite de certains actes sont aussi passés sous silence, comme lors de l’affaire Sarah Halimi. »
Ronny préfère du coup se tourner vers des médias plus orientés :
« Il y a des titres qui font grincer des dents. Nous on est les premiers à critiquer le gouvernement israélien, mais il y a des antisémites qui utilisent ça pour faire passer leurs idées. On en prend pour notre grade avec le Hamas en Israël qui est décrit comme un mouvement politique, alors que des médias alternatifs, souvent du terrain, osent dire les exactions de ces tarés. En France, j’aime bien ce que dit Natacha Polony, qui affirme qu’on axe trop souvent l’information sur l’opinion majoritaire, sur la « bien-pensance généralisée ». J’aime beaucoup le reporter Jean-Paul Ney aussi. »
Être croyant dans un pays laïc et une société matérialiste
Car les trois jeunes hommes trouvent aussi que la communauté juive est dépeinte de manière erronée selon Yoël :
« J’ai l’impression que la vision des médias du juif religieux, c’est un milieu très fermé, voire obscurantiste. Nous on se sent ouverts, on s’intéresse à tout… Mais je pense que c’est dû à une opposition à la religion en général, tout ce qui est religieux est rejeté en ce moment. Il y a un certain tabou, aussi parce qu’on est dans un pays laïc. »
Ronny est un peu sceptique :
« On dit laïc mais il y a des choses très chrétiennes, comme tous les jours fériés par exemple. La laïcité, elle est de mise quand ça arrange. »
Il pense qu’il y a plusieurs raisons au rejet général de la religion :
« C’est peut-être parce que le monde change et que les technologies, la science progressent. Sauf que pour moi cela n’est pas incompatible. Je suis un scientifique et un croyant, et ça étonne les gens. Mais pour moi il n’y a jamais de contradiction, si je me pose une question, si je soulève quelque chose, il y aura toujours des réponses auprès des rabbins, toujours un truc auquel se raccrocher. »
Au final, il répète ce qui lui tient à cœur : la communication, et « le partage ». Il se dit toujours prêt à échanger, sur sa vie, sur sa foi, comme avec un de ses amis musulmans :
« Quand on s’est rencontré, on a discuté une journée entière, et depuis, on est les meilleurs amis du monde. »
Et il continuera à en parler à tous ceux que ça intéresse, car, dit-il, il « aime beaucoup les gens ».
Des supporters du Racing ont été agressés en marge du match contre l’Olympique lyonnais samedi 5 août. Plusieurs ont porté plainte contre X pour « coups et blessures ». Retour sur les incidents.
Le match du samedi 5 août contre Lyon devait être une fête pour les Strasbourgeois, qui retrouvaient la Ligue 1 après neuf saisons d’absence. Dans les tribunes, malgré la lourde défaite du Racing (4-0), l’ambiance était au beau fixe, pour plus de 2 000 supporters strasbourgeois, affrétés dans des bus de supporters.
Aux abords du stade cependant, des agressions ont gâché la fête d’une cinquantaine de supporters, venus par leurs propres moyens. Les faits ont été révélés lundi dans une lettre ouverte publiée par un supporter et très partagée sur Facebook. Intitulée « Vous n’aurez pas notre passion : une chasse aux supporters strasbourgeois organisée à Lyon », Gauthier y raconte les violences vécues par lui et quelques uns de ses amis au Groupama Stadium à l’issue du match OL-Racing.
À la fin de la rencontre, Gauthier et ses amis sont pris à partie physiquement par vingt-cinq « Bad Gones » (un groupe de supporters de l’OL), à quelques mètres de leur voiture. Le groupe d’amis raconte qu’il avait déjà été accueilli par des insultes et des menaces sur le parking P7 du stade, avant le coup d’envoi. L’auteur du billet Facebook affirme :
« Ce qui aurait dû être une grande fête s’est rapidement transformé en calvaire lié à des agressions verbales et surtout physiques. »
Un supporter finit à l’hôpital
Depuis, d’autres supporters ont témoigné, notamment dans la presse. Tous ont comme point commun d’être des fans « indépendants », c’est-à-dire venus indépendamment du déplacement officiel des supporters du club et qui ne bénéficiaient donc pas de mesures de sécurité particulières.
Ces violences ont même empêché à deux supporters de voir le match. Nicolas et son père, venus avec des proches depuis Strasbourg pour assister à cette rencontre, auraient dû se trouver dans le parcage visiteurs. Mais alors qu’ils se rendent aux toilettes, ils sont violemment agressés.
Thomas, qui accompagnait Nicolas raconte aux DNA :
« Il était 17h40 à peu près. Un supporteur lyonnais est venu nous parler, c’était bon enfant, mais ensuite deux Bad Gones éméchés sont arrivés et nous ont pris à partie ».
Un des supporter lyonnais tente de voler une écharpe « Ultra Boys » (le plus grand kop du Racing) aux Alsaciens. Une bagarre éclate. « On s’extirpe comme on peut et là, on voit vingt Lyonnais qui arrivent sur nous. On part en courant mais Nicolas voulait aider son père. Il s’est arrêté et les Lyonnais l’ont plaqué violemment au sol, sans cesser de lui donner des coups », poursuit Thomas. Victime d’une triple fracture de la clavicule, Nicolas a passé sa soirée à l’hôpital, sans avoir vu une minute du match.
Des dizaines de supporters du Racing ont été agressés aux abords du Groupama Stadium de Lyon samedi 5 août. (Photo Noixdecoco99 / Wikimedia commons /cc)
« À la base nous venions profiter d’une soirée en famille »
Une supportrice et sa famille ont également fait les frais de leur passion pour le Racing dans le bloc M. Installés à côté d’ultras lyonnais (réprimandés d’ailleurs par un stadier pour avoir des places à côté de supporters réputés pour leur comportement violent), ils subissent bousculades, tirages de maillots et insultes. Juliette (prénom modifié à sa demande) nous raconte :
« Un supporter de l’OL me tirait l’écharpe et nous disait qu’il fallait ôter tout signe distinctif du RCSA afin d’éviter, je cite, de « ne pas se faire casser la gueule ». Nous avons finalement été escortés par plusieurs agents de sécurité d’un endroit à un autre pendant environ 1h15 dans le stade comme des parias, après avoir été rejoints par d’autres Strasbourgeois. »
Si cette famille pro-Racing relocalisée dans le stade profite sereinement du match, elle préfère partir quelques minutes avant la fin (ratant d’ailleurs le quatrième but lyonnais) pour éviter la foule et les agressions. Pour la supportrice du club alsacien, c’est la déception :
« À la base nous venions profiter d’une soirée en famille, c’était l’occasion de se voir. Finalement la soirée a été gâchée en partie. »
Agressé à plusieurs reprises autour du stade lyonnais, un autre supporter du Racing, aussi sous couvert d’anonymat, raconte son « expérience regrettable ». Crachats, bousculades, insultes… qu’importe si un membre de sa famille l’accompagne avec un maillot de l’OL sur le dos, des « gestes violents » sont réalisés à son égard. Il dénonce par ailleurs le manque d’action « inadmissible » des stadiers :
« Lorsque j’ai voulu demander de l’aide aux agents de sécurité, ils m’ont clairement ri au nez en me disant que ce n’était absolument pas leur problème s’il m’arrivait cela. J’ai payé mon billet comme tout le monde ce qui me donne le droit à la sécurité. Je trouve cela dommage de faire de la communication sur la sécurité et sur le confort que leur nouveau stade propose, alors qu’en réalité il n’en est rien. »
« Aucun incident de ce type » relevé pour l’OL lundi…
La publication le lundi 7 août avait vite fait le tour des réseaux sociaux. Dans la journée, le club lyonnais répondait via un texte publié sur Facebook. Au départ, le staff de l’OL balaie donc d’un revers de main les accusations, reconnaissant des « accrochages » mais préférant insister sur « le comportement exemplaire des milliers de supporters ».
Le club lyonnais dément les accusations d’agressions dans son communiqué du 7 août. (Page Facebook de l’Olympique Lyonnais)
Néanmoins, le club condamne d’emblée « ces actes individuels » et promet de se porter partie civile aux côtés des Strasbourgeois si des plaintes sont déposées.
Un peu un côté de la plaque, il ajoute que tout s’est bien passé dans le loges, où le président du RCSA, Marc Keller et le premier adjoint au maire de Strasbourg Alain Fontanel (LREM) étaient conviés avec Jean-Michel Aulas, le président de l’OL. Ouf, il ne manquait plus qu’une baston entre dirigeants !
… « Des faits intolérables » déplorés par le club lyonnais mercredi
Cette réponse n’a pas suffit pour éteindre la polémique. Les jours passent et les témoignages de supporters strasbourgeois, similaires à ceux de cet article se multiplient. Des images circulent dans plusieurs médias : visage tuméfié, cheville foulée, clavicule cassée, les blessures sont importantes.
Le club diligente une enquête interne pour identifier les agresseurs. Mercredi 9 août, Xavier Pierrot, responsable de la sécurité du stade lyonnais, semblait prendre le sujet un peu plus au sérieux dans le journal l’Équipe. Il dénonce « des faits intolérables, inadmissibles, des faits que l’on veut éradiquer totalement » et parle d’une « tolérance zéro pour ces individus. »
Depuis lundi plusieurs plaintes contre X ont été déposées par des Strasbourgeois pour « coups et blessures ». La Fédération des supporters du Racing a par ailleurs recueilli des témoignages par mail pour les faire remonter au club strasbourgeois.
Comme un air de déjà-vu
Ces violences ne sont pas sans rappeler les incidents survenus la saison dernière à Lyon, lorsque le Groupama Stadium s’appelait encore au Parc OL. En marge du quart de finale aller de Ligue Europa entre Lyon et le Besiktas Istanbul, des incidents étaient survenus retardant le match de trois quart d’heure.
Suite à cette rencontre, le club lyonnais avait été condamnée avec sursis par l’UEFA pour son « organisation insuffisante ». Si de tels faits devaient se reproduire en compétition européenne lors des deux prochaines années, le club se verrait suspendu dans ces compétitions. Au match de samedi, 750 stadiers étaient présents en plus des forces de l’ordre.
Les fans strasbourgeois tiennent toutefois à souligner que les agresseurs ne sont pas représentatifs du club de Lyon. « 99 % des supporteurs lyonnais se sont bien comportés. C’est une toute petite minorité qui devrait être interdite de stade », déclare une des victimes de samedi aux DNA.
Même constat pour Juliette, venue en famille ce soir-là :
« Ces ultras fans, ce ne sont pas de vrais supporters. Ils donnent une mauvaise image du football. D’autres Lyonnais étaient choqués de leur comportement. Heureusement, tous ne sont pas pareils. »
La Grande braderie de Strasbourg s’est tenue le samedi 29 juillet à Strasbourg. Dans un centre-ville bouclé et sans voiture, des milliers de personnes sont venues arpenter la Grande-Île strasbourgeoise à la recherche de bonnes affaires ou pour écouter les chanteurs invités. Malgré les checkpoints, il reste difficile d’estimer la participation, les comptages étant approximatifs.
Mais tous les commerçants du centre ne goûtent pas au débarquement de stands éphémères dans les rues strasbourgeoises. Histoire de prendre le pouls, l’association Défis, fondée par Michel Pirot l’ancien président des Vitrines de Strasbourg a envoyé un questionnaire à 400 personnes. Il le publie désormais sur sa page Facebook, pour toucher plus de monde.
Pas une remise en cause
Pour Michel Pirot, il n’est pas question de remettre en cause l’événement, mais de mieux impliquer les commerçants :
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Ce jeudi 10 août à 6h , l’eau a envahi la gare de Strasbourg. La rupture d’une canalisation au niveau du Boulevard de Metz est à l’origine de cette inondation. Les accès ont été partiellement fermés, pendant que l’eau était évacuée. Cet incident n’a pas perturbé la circulation des trains. Un retour à la normale est espéré à la mi-journée.
La gare de Strasbourg est sous les eaux depuis 6 heures ce jeudi 10 août, suite à la rupture d’une canalisation publique sur le Boulevard de Metz, à une cinquantaine de mètres au sud de la gare. Les raisons de cet incident ne sont pas connues à l’heure actuelle.
L’accès côté sud est fermé pour permettre aux différents services d’évacuer l’eau. Les passagers peuvent rejoindre les quais par les halls nord et centre depuis 8h45. Dans un premier temps, l’accès à la gare ne pouvait se faire que par le quai numéro 1, via la parking Wodli.
Une vingtaine de pompiers, des employés de l’Eurométropole, d’autres d’une société de nettoyage et quelques gendarmes étaient présents sur les lieux pour contenir l’inondation et évacuer l’eau présente dans le hall sud et à l’étage inférieur de la gare. Une fois l’origine de l’inondation détectée, les pompiers ont coupé l’eau, ce qui a limité le niveau de l’eau.
Aucune perturbation de la circualtion
La SNCF a aussi mobilisé du personnel en plus pour orienter les passagers. L’incident n’a cependant pas eu d’impact sur les horaires de départs et d’arrivée des trains. En revanche, tous les commerces n’étaient pas accessibles.
Les équipes des services de l’eau et de l’assainissement de la ville travaillent actuellement à trouver les raisons de l’incident et à réparer la canalisation. Au niveau de la gare, un retour à la normal est prévu pour la mi-journée.
Le Festival des Arts dans la Rue de Strasbourg (FARSe) revient pour une 18è édition. Du vendredi 11 au dimanche 13 août, théâtre, cirque et danse se rencontrent dans les rues pour des instants d’humour et de poésie. Le concept reste identique, mais le nombre de représentations a quasi-doublé.
Les rues du centre-ville et de la Krutenau s’animent ce week-end, du 11 au 13 août, au rythme des déambulations poétiques et facétieuses d’artistes de rue. Mais en fait, le Festival des Arts dans la Rue de Strasbourg-Eurométropole (FARSe) a en quelque sorte déjà commencé.
La construction participative d’un phare en carton géant
Depuis ce mercredi 9 août, tout le monde est invité place Dauphine, à participer à la construction d’un grand phare en boites de carton. L’artisteplasticien Olivier Grossetête propose durant quatre jours de participer à son œuvre Des bâtisses seules aux villes éphémères.
Dimanche 13 août, rendez-vous au bassin d’Austerlitz pour l’édification et surtout le grand final à 22h en clôture du festival. Le phare sera mis en lumière et escaladé par le danseur Antoine Le Ménestrel, accompagné en musique par la chanteuse lyrique Coline Dutilleul et la guitariste Violaine Savanes.
Le FARSe, organisé par la Ville de Strasbourg, invite cette année 33 compagnies d’Espagne, de Belgique, de Suisse et de France pour 70 représentations, contre 42 l’année dernière.
Le festival commence ce vendredi 11 août dès 15h et se termine dans la nuit de dimanche à lundi. Une vingtaine de places et de rues sont investies le temps de ces 72 heures, pour des spectacles très différents en genre et en envergure : théâtre, cirque, danse, escalade ou musique, parfois fixes et intimistes, parfois déambulatoires et « monumentaux ». Toutes les représentations sont gratuites.
Le cour d’école de l’école Pasteur, rue des Veaux, fait toujours office de « camp de base ». Nuit et jour, tout le monde est invité à venir boire, manger, rencontrer des artistes dans cet espace décoré spécialement pour l’occasion. La compagnie Mamaille y assure une programmation musicale décalée avec son Juke Box vivant. Elle sera relayée par la compagnie Progéniture et son chanteur vintage non moins ahurissant.
Voici quelques moments forts du week-end, à retrouver sur la carte en tête d’article :
Tambours de la mort en ouverture
Le spectacle d’ouverture le vendredi soir, Les Tambours de la Muerte consiste en une déambulation d’une heure entre le Musée historique et la place Kléber. Comme son nom l’indique, tout est histoire de mort et de tambours dans ce spectacle. Cette procession joyeuse vise à inviter le public à danser dans les rues. Une mort festive, débarrassée de la tristesse, sorte d’hommage au Día de los Muertos mexicain. Mortel. La compagnie Transe Express donne rendez-vous vendredi 11 août devant le Musée historique à partir de 22h30.
La compagnie Begat Theater présente Histoires Cachées, une balade sonore dans les rues de Strasbourg. Partant du constat que l’on peut se sentir bien seul dans des villes si grandes, l’expérience propose aux spectateurs de s’immiscer le temps d’une heure dans la tête des passants. Muni d’un casque audio, on suit les péripéties d’un objet qui passe de de personne en personne et on s’immisce dans l’intimité des personnages. Pour cette plongée auditive citadine, rendez-vous vendredi et samedi à 15h et 17h30. Le lieu de rencontre est tenu secret, réservation au 06 37 28 42 49.
Cinéma vivant en plein air, escalade place d’Austerlitz
Le cinéma est aussi au rendez-vous avec Le Film du Dimanche Soir. La compagnie Annibal et ses éléphants inventent un cinéma vivant et interactif avec la projection du « premier film western français », The Wild Witness. Dans cette performance pleine d’humour, les dialogues, la musique et les bruitages sont réalisés en direct, quand les spectateurs sont pris à parti tout au long de la projection. Ce cinéma hors-genre et hors-salle est à retrouver samedi et dimanche à 23h, place de Zurich.
Samedi soir, les bruitages de The Wild Witness ne seront pas ceux de la bande annonce.
Le danseur escaladeur Antoine Le Menestrel propose L’Aimant, une danse sur les façades de la place d’Austerlitz. Dans ce spectacle qui se joue avec les habitants de la place, Antoine Le Menestrel escalade les immeubles, passe de balcon en balcon, toque à la fenêtre des gens, leur offre des fleurs et interagit avec eux. Un spectacle tout en poésie à retrouver vendredi et samedi à 16h30.
L’un des temps forts du festival c’est …Sodade…, un spectacle de cirque funambule. Quatre acrobates évoluent sur un câble tendu entre deux immenses roues, place Kléber. La compagnie Rouages propose un spectacle qui interroge les allers-retours entre passé et présent. Rendez-vous samedi à 22h et dimanche à 21h.
Esquerdes signifie « fêlures » en Catalan et c’est ce qu’explore Hotel Locandi. La troupe catalane propose un cirque musical touchant, loin des codes traditionnels du genre. Il suffit d’une échelle, de musique et de corps en mouvements pour que les trois artistes expriment tout un jeu entre désir et fuite. C’est à retrouver samedi et dimanche à 17h au square Louise Weiss.
Revenons en au son avec Les Kaléidophones, une installation sonore interactive proposée par Décor Sonore. Dans le parc du Heyritz, impossible de passer à côté de ce grand méli-mélo de tubes. Chacun est invité à poser son oreille contre un écouteur pour entendre une parcelle du paysage sonore. Ces « jumelles sonores » sont à essayer du vendredi à dimanche entre 15h et 19h.
Pour les plus sportifs et matinaux, le Centre international de rencontres artistiques (CIRA) Danses propose En plein air, un training corporel matinal. Sur le parvis de l’opéra place Broglie, le chorégraphe et danseur Abdoulaye Trésor Konaté invite à un échauffement ludique. Il n’y a plus de spectateurs, seulement des acteurs, la danse investit la rue et devient dès lors un art de rue. Rendez-vous dimanche entre 10h et 13h.
La dernière du directeur
La Françoise des Jeux organise sa grande loterie. Avec son boulier à manivelle vintage, son bric à brac un peu fou et son DJ Tourniquette, la Françoise tente de changer la vie des gens. Les spectateurs sont impliqués et interpellés tout au long de la représentation. C’est une proposition drôle de son humour absurde, mais aussi touchante dans ce qu’elle dit du hasard, des attentes, de la réussite et de la déception. À retrouver samedi et dimanche à 17h30, rue Martin Luther.
À qui le tour ?
En toute fin de festival, après le spectacle de clôture, la pièce vidéo-chorégraphique Waterfloor sera projetée sur la passerelle Camille Claudel, le dimanche soir à 23h30. Il s’agit d’une proposition de la compagnie Osmosis, fondée par le chorégraphe Ali Salmi, directeur artistique du FARSe pour la troisième année de suite. La représentation est un clin d’œil à l’artiste puisque cette édition marque la fin de sa collaboration avec la Ville de Strasbourg. Il continuera à « accompagner la relève pour 2018 », précise Mathieu Cahn (PS), adjoint au Maire en charge de la politique événementielle.
Une nouvelle scène Grand Est
Nouveauté de l’édition 2017, le FARSe aspire aussi à rassembler les acteurs régionaux des arts de rue. Pour ce faire, la Cour du FAR EST (Fédération des Arts de la Rue du Grand Est) s’installera dans le gymnase Jean Sturm pendant les trois jours du festival. On y assistera à des représentations de compagnies originaires du Grand-Est.
L’autre objectif selon les organisateurs est de « fédérer le secteur professionnel des Arts de la rue sur le territoire », mais aussi de « faire circuler des idées, de promouvoir et de défendre une éthique et des intérêts communs ». Cette initiative sera d’ailleurs suivie d’un rendez-vous entre professionnels pour penser l’avenir des événements « art de rue » dans les grandes villes.
Pour accompagner cette montée en puissance de la programmation (et les contraintes de sécurité), le budget de la manifestation a été augmenté, pour atteindre 250 000 euros, contre 200 000 en 2016. Il est compris dans l’enveloppe des animations d’été gratuites à Strasbourg, qui, elle, est stable à 1,6 millions d’euros.