La France insoumise organise ce mercredi 12 juillet partout en France une « journée de mobilisation populaire » contre la réforme du Code du travail et les ordonnances que prévoit le gouvernement. Celle de Strasbourg se déroulera à 18h place Kléber.
Mercredi 12 juillet, l’Assemblée nationale votera le projet de loi d’habilitation, pour que le gouvernement réforme par ordonnances le Code du travail. Cette mesure permettrait à l’exécutif de se passer du Parlement sur cette réforme pour une durée déterminée, afin de faire voter le projet de loi en quelques mois.
Dénonçant une « dérive autoritaire et antiparlementaire », les représentants de la France insoumise appellent les citoyens opposés aux projets du gouvernement à se faire entendre dans la rue. À Strasbourg, le rendez-vous est donné place Kléber à partir de 18h.
La France insoumise lors d’un rassemblement le 27 juin. (Photo Jean-Claude Val / doc remis)
Une « lutte pour la défense du droit du travail »
Outre la forme des « macrordonnances » (comprenez les ordonnances voulues par le président Emmanuel Macron), le rassemblement s’élève également contre le contenu de la réforme du travail. Ce projet de loi, considéré comme une « casse du Code travail » par les députés du groupe de Jean-Luc Mélenchon, reprend notamment trois promesses phares du candidat Macron : la préférence pour les accords d’entreprise au détriment des accords de branches, la simplification du dialogue social et la création d’un barème encadrant les indemnités prud’homales.
En ce début d’été, la mobilisation contre ces ordonnances débute en front désuni. Le 27 juin, une première manifestation s’était déroulée à Strasbourg à l’appel de quatre formations syndicales (CGT ; FSU ; Solidaires et CNT). Le 12 septembre, la CGT appelle déjà à une journée d’action nationale.
Et si la neutralité du net était un nouveau droit de l’Homme ? Socle de nos usages numériques, le réseau répond aux règles de n’importe quel bien privé. Or pour Serge Abiteboul, chercheur en informatique à l’Inria, c’est un bien commun. Un point de vue auquel ne souscrit pas Jean-Marie Le Guen, directeur délégué de la Fédération des télécoms. Ils seront tous les deux présents à la soirée « Tous connectés et après », jeudi au Shadok.
Qu’est-ce que la neutralité du Net ? C’est le principe selon lequel les données qui transitent sur Internet ont toutes la même valeur, quel que soit leur émetteur, quel que soit l’opérateur du réseau. Autrement dit, une vidéo de YouTube voyage sur le réseau à la même vitesse qu’une vidéo de chats envoyée par un particulier. C’est ce principe qui permet aux fournisseurs de contenus et de services d’utiliser Internet pour atteindre leur audience, même balbutiante, à moindre coût.
Bien que ce soit un principe fondateur d’Internet, la neutralité du réseau n’est pas garantie. Aux États-Unis, l’administration Trump a nommé à la tête de la FCC, le régulateur américain, un ancien conseiller de l’opérateur Verizon pour qui, la « neutralité du net est une erreur qui empêche le développement des réseaux. » Pour les opérateurs, il peut sembler intéressant de faire payer l’utilisation de leurs infrastructures à des prix différents, selon qu’on est un gros consommateur ou non. En France en 2014, le président du CSA d’alors, Olivier Schrameck voulait « en finir avec la neutralité du net, » coupable selon lui de permettre à Netflix de concurrencer trop facilement Canal+ avec son offre de vidéo à la demande.
Le Shadok et Rue89 Strasbourg vous proposent d’en débattre jeudi 13 juillet à partir de 19h, lors d’une soirée de débat du cycle « Tous connectés et après ? » Serge Abiteboul, chercheur en informatique à l’Inria, ancien membre du conseil national du numérique, et Jean-Marie Le Guen, directeur délégué de la Fédération française des télécoms, seront présents pour détailler les enjeux et répondre à vos questions.
Serge Abiteboul : « la neutralité du net n’est que le premier élément de la liberté des internautes » (doc remis)
Rue89 Strasbourg : quel est l’enjeu derrière le principe de la neutralité du net ?
Serge Abiteboul : « L’enjeu principal, c’est le droit pour tout le monde de pouvoir être connecté. Car aujourd’hui, sans accès au réseau, la vie devient vite difficile que ce soit pour travailler, voyager ou sortir. Ce droit nécessite une série de conditions pour être effectif. Que le réseau physique soit neutre, que les services soient neutres et que les appareils soient neutres. Autrement dit, nos choix dans l’univers numérique ne doivent pas nous être imposés par les opérateurs, les plates-formes ou les fabricants. Aujourd’hui ces libertés, pourtant fondamentales, ne sont pas assurées. Donc oui, la neutralité du net devrait faire partie des droits de l’Homme universels.
« Quelle est la responsabilité de Facebook dans l’information des citoyens ?
Si on prend le cas de l’information par exemple. Auparavant, les gens s’informaient avec un ou plusieurs journaux, ils avaient le choix. Aujourd’hui, une vaste majorité d’internautes utilisent Facebook pour s’informer et ne voient l’actualité que par ce prisme. Or la popularité de ce réseau social est telle qu’on n’a plus vraiment le choix. Quelle est alors la responsabilité de Facebook dans l’information des citoyens ? »
Jean-Marie Le Guen : « Les opérateurs ne sont pas opposés au principe de la neutralité du net. Mais il y a des questions de qualité de service et de sécurité qu’il faut prendre en compte. Nous sommes attachés à la recherche de l’équilibre. On demande aux fournisseurs de contenus d’être respectueux et de ne pas imposer leurs conditions. Comme par exemple quand Netflix publie son comparatif des fournisseurs, on pourrait le prendre comme une forme de pression à destination des opérateurs pour qu’ils réalisent plus d’investissements dans leurs réseaux. »
Jean-Marie Le Guen : « Les opérateurs sont philosophiquement sur une notion d’un Internet ouvert » (doc remis)
Rue89 Strasbourg : on se souvient qu’en 2013, un conflit entre Free et Google avait ralentit la diffusion des vidéos YouTube…
Jean-Marie Le Guen : « Lors de chaque interconnexion entre un gros fournisseur de contenus et un opérateur, il y a des négociations (Free n’est pas membre de la FFT, NDLR). C’est normal et aucun fournisseur de contenu ne devrait utiliser ses utilisateurs pour faire pression sur les opérateurs. Aux États-Unis, on constate que les opérateurs ont été contraints de redimensionner leur réseau en dehors de leurs plans d’investissements suite ce genre de campagne. Or puisque les prix des abonnements ne peuvent pas être différenciés selon les services, ces investissements profitent essentiellement à Netflix. »
« Les opérateurs aimeraient avoir une part du gâteau de Google et Facebook »
Serge Abiteboul : « Ce qui se cache derrière cette bataille, c’est que les opérateurs aimeraient avoir une part du gâteau de Google et Facebook… Ils constatent que les plate-formes réalisent d’importants bénéfices via leurs réseaux et qu’ils n’en touchent pas un centime, puisque la bande passante est essentiellement payée par les abonnés. Et c’est vrai qu’il y a un problème de répartition des revenus. Dans l’affaire entre Free et Google, il était difficile de défendre le petit Google au nom de la neutralité du net… Mais il faut néanmoins réaffirmer ce principe parce que sans lui, le monopole de ces plate-formes n’en serait que renforcé. »
Connexions à l’université Whitewater (Photo Ken Fager / FlickR / cc)
Rue89 Strasbourg : faut-il réguler pour atteindre ce fameux point d’équilibre ?
Jean-Marie Le Guen : « Récemment, le bureau des autorités de régulation européennes (Berec) a publié des « guidelines » sur la neutralité du net, suivies par l’Arcep en France. On n’a pas bien compris à quels besoins ces règles étaient censées correspondre… Quelques années auparavant, le même Berec nous indiquait qu’il n’y avait pas lieu de réguler la neutralité du net… En Europe, les opérateurs ont bien conscience qu’un Internet ouvert est un gage de développement. »
Serge Abiteboul : « En fait, la neutralité du net est à défendre en permanence, parce qu’elle est sans cesse remise en question, ce qui montre bien qu’il n’y a rien d’évident ni d’installé définitivement dans ce dossier. À ce jour, il reste de nombreuses zones grises dans les règlements et de pratiques commerciales douteuses quant aux canons de la neutralité du net. Il faut être vigilant et former les citoyens, chacun doit être en mesure de comprendre que derrière la neutralité du net, ce sont des questions aussi importantes que la liberté d’expression qui se posent. »
Des habitants de Koenigshoffen, un quartier ouest de Strasbourg, ont ouvert un café associatif dans la tour du Schloessel, au cœur du Parc naturel urbain. Un projet bienvenu pour animer un quartier encore endormi.
Vendredi 23 juin, devant la tour du Schloessel, au cœur du Parc Naturel Urbain (PNU) de Strasbourg, une demi-douzaine de bénévoles inauguraient le premier café associatif de Koenigshoffen. Sous le soleil d’été, les habitants du quartier étaient ravis de pouvoir profiter de la beauté du lieu et de la chaleur à l’ombre des arbres. Les anciens du quartier ont occupé plusieurs tables, les familles qui revenaient de l’école se sont installées à côté, les ados s’étaient regroupés un peu à part, et les enfants gambadaient.
Un chouette tableau, à compléter avec des gâteaux faits maison, biscuits, jus de fruits et quelques courageux qui ont préparé des pommes de terre pour des frites en soirée. Au final, une trentaine de personnes ont participé à cette inauguration.
Soleil, sourire et goûter à l’inauguration du café associatif de la Tour du Schlœssel. (Photo : JM)
Créer un « lieu accueillant et convivial »
L’objectif des bénévoles de ce nouveau bar associatif est de créer un « lieu accueillant et convivial » à Koenigshoffen. Parce que ça manque dans ce quartier de l’ouest de Strasbourg, le plus ancien de la ville. Depuis quelques années, en raison de l’accessibilité de l’immobilier, de plus en plus de Strasbourgeois décident de s’y installer. Mais malgré cela, de nombreux habitants, rencontrés à l’occasion de l’inauguration du café, regrettent l’absence de lieux chaleureux où l’on peut s’installer « pour discuter et boire un verre. » Il y a bien quelques bistrots et restaurants, mais rares sont les familles ou les jeunes qui s’y installent en terrasse aux beaux jours.
Souvent destinés à servir de lieux de rencontres, ces cafés sont tenus par des bénévoles, avec l’appui d’associations. L’équipe du café de Koenigshoffen repose sur une poignée de membres d’associations de quartier mais pas suffisamment. Compte-tenu des bonnes volontés, le café n’occupera le rez-de-chaussée de la tour du Schloessel que trois vendredis par mois, dans le cadre d’une convention avec la Ville.
Le jardin de la tour du Schloessel. (Photo : Ville et eurométropole de Strasbourg)
La tour du Schloessel a été rénovée entre 2013 et 2016. Devenu la maison des associations du PNU, la Ville loue désormais les locaux aux associations mais aussi aux entreprises et aux services de la ville.
Olivier Joual, chargée de la programmation de la tour du Schloessel, précise :
« Le projet du café associatif correspondait à nos attentes : c’est un projet ouvert à tous, créé par des habitants et des associations du quartier et qui s’inscrit dans une politique de développement durable. Nous n’avons rien imposé au collectif ni refusé. On reste assez souple sur la gestion du lieu tant que les locaux sont peu utilisés. Mais idéalement, on aimerait que la tour soit occupée tous les jours. »
Les résidents de la maison de retraite Emmaüs étaient présents à l’inauguration. (Photo JM / Rue89 Strasbourg / cc)
Entre l’école Steiner et la maison de retraite d’Emmaüs
Situé à côté de l’école Steiner, mais aussi de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) Emmaüs-Diaconesses, les générations vont se croiser au café associatif. Matthias, l’animateur de la maison de retraite, se dit ravi :
« C’est une opportunité pour nos résidents ! Cela leur permet de rester en contact avec l’extérieur et de voir des jeunes. En plus ils connaissent bien les lieux, ils sont contents de revenir ici. »
Les familles du quartier elles aussi se réjouissent, comme Murielle, mère de deux enfants scolarisés à l’école Steiner :
« C’est vraiment sympa de pouvoir se retrouver ici à la sortie de l’école. Et puis le lieu est magnifique. »
Co-construit par 7 associations
Le projet de café a été « co-construit » avec sept associations dont certaines sont déjà bien implantées dans le quartier : PAR’enchantement, Koenigshoffen Demain, La Maison du compost, le conseil de quartier, le centre socio-culturel Camille-Clauss, l’école Steiner et la maison de retraite Emmaüs-Diaconesses.
Autre but mis en avant par les promoteurs du projet, telle Christine Hebting, directrice de l’association Koenigshoffen Demain, faire connaître le quartier à ses propres habitants. Elle explique :
« La plupart des habitants ignorent l’emplacement voire l’existence de la tour du Schloessel. C’est dommage que toute la vie du quartier se concentre route des Romains… Il est du ressort des associations de faire découvrir à ses habitants leur quartier. Koenigshoffen Demain cherche justement à revaloriser et à faire découvrir le patrimoine du faubourg. Les écoles ont elles aussi leur rôle à jouer dans la découverte de la ville. Des promenades peuvent amener les enfants à mieux connaitre leur quartier et le faire découvrir à leur tour à leurs parents… »
La route des romains, axe central de Koenigshoffen, sépare le quartier en deux. (Image : Capture d’écran Google Maps)
La route des Romains, seul axe de vie du quartier
La route des Romains, axe central de Koenigshoffen, est effectivement le lieu où tout se passe, sans être pour autant agréable ni propice à la promenade. Ce n’est pas Pierre Ozenne, habitant très impliqué dans le quartier, notamment sur le dossier du tram, qui va dire le contraire :
« Les gens emménagent ici car les prix de l’immobilier sont plus bas qu’ailleurs, mais ils s’installent avec l’idée de repartir rapidement. Tant que les gens ne viennent pas ici par choix, il sera difficile d’améliorer la vie du quartier. La plupart des habitants ne travaillent pas dans le quartier et quand ils sortent, ils vont au centre-ville. Les aménagements manquent car les financements manquent. Mais l’arrivée prochaine du tram est peut-être une chance. »
L’enjeu et la difficulté d’un quartier comme celui de Koenigshoffen, qui accueille des populations d’origines sociales diverses, c’est de faire en sorte que les différentes communautés se rencontrent et se côtoient. Or, les cafés déjà existants sont pour la grande majorité des cafés communautaires. Un schéma que le café associatif pourrait bien reproduire malgré lui, en n’accueillant que des familles aux revenus corrects par exemple.
Marie-Christine Carayol, directrice de l’association Par’Enchantement, déplore :
« Idéalement, il faudrait rencontrer de la mixité dans tous les lieux investis. Cette mixité naît dans les lieux de rencontres comme les cafés, mais aussi dans les marchés ou les bibliothèques. Mais ces lieux n’existent pas à Koenigshoffen… »
Jardin partagé, habitat participatif, bientôt un début de tram et maintenant un café associatif… Les forces vives du quartier sont prêtes pour que Koenigshoffen sorte de sa torpeur résidentielle. Pour le café de la tour du Schloessel, l’aventure commence seulement. Elee Déconseille, bénévole très engagée dans le projet, aimerait par la suite, ouvrir un bar permanent.
Pour l’architecte Liane Zoppas, co-fondatrice du collectif La Victoire Pour Tous, les Bains municipaux de Strasbourg sont insuffisamment protégés au titre des Monuments historiques. Pour Liane Zoppas, un classement minimal et fragmentaire vise à ne pas décourager un éventuel investisseur privé mais la rénovation se fera au détriment de l’ensemble.
Lundi, 26 juin, le conseil municipal était enfin appelé à se prononcer sur le classement au patrimoine historique des Bains municipaux. Délibération complexe et lourde de conséquences car devant en outre fixer les bases du projet de rénovation. Cinq ans d’attente pour cette décision du maire : la pleine reconnaissance de la valeur historique de ce patrimoine si cher aux Strasbourgeois ! Cette soudaine « envie de classement » intervient juste avant la décision de l’Unesco à propos de la Neustadt, ce dimanche, et dont les Bains constituent l’un des fleurons, édifice emblématique de la politique sociale et hygiéniste de Strasbourg au début du XXe siècle.
Or, si l’importance patrimoniale de cet ensemble remarquable ne fait guère de doute, la question de sa protection semble décidément poser problème à l’exécutif municipal. Et la confusion règne toujours…
Inscription… n’est pas classement !
En présentation au conseil, l’adjoint au maire chargé du dossier, Olivier Bitz, confond les termes et dit que les Bains sont déjà « classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques ». Non, les Bains y sont inscrits. Certes, si la différence entre inscription et classement n’est pas à la portée de tous, l’erreur est inadmissible pour l’édile qui revendique, dans le traitement du dossier, une étroite collaboration avec la Direction des affaires culturelles (Drac). Mais peut-être s’agit-il seulement d’afficher une « collaboration » avec la Drac… comme il en fut de cette fumeuse « concertation », qui n’a jamais été un véritable dialogue public.
Contrairement à ce que pense la majorité des Strasbourgeois, les Bains municipaux ne sont pas classés. La désinformation à ce propos est importante, l’établissement étant souvent cité comme « classé monument historique », y compris dans des brochures éditées par la Ville !
La demande de protection de l’édifice date des années 1990. Une première étude dans ce sens a été réalisée entre 1994 et 1997, avec un diagnostic patrimonial et des propositions pour sa restructuration. Démontrant les qualités patrimoniales remarquables de cet ensemble, ce dossier a justifié le dépôt par la municipalité d’une demande de protection auprès des services du ministère de la Culture. Cette démarche a abouti à « l’inscription » des Bains municipaux à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en octobre 2000. Il y a donc eu protection d’une partie des installations, mais pas du bâtiment en totalité.
La rénovation des Bains municipaux doit commencer à l’été 2018 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pourquoi Roland Ries a-t-il tant attendu pour donner l’accord au classement ?
Ensuite, au vu de l’importance de cet édifice, un dossier de classement très complet et bien détaillé a été instruit par la Drac. Un avis favorable au classement en totalité a été émis par la Commission nationale des monuments historiques (CNMH) réunie à Paris le 19 mars 2012. Mais l’arrêté de classement ne peut être soumis à la signature de la ministre qu’après le recueil de l’accord du propriétaire, c’est-à-dire la Ville de Strasbourg. Et le maire n’a toujours pas donné suite à cette demande.
Or, si pour le propriétaire l’opportunité de signer l’accord pour le classement d’un édifice peut dépendre, parfois, des travaux de rénovation prévus, dans le cas précis des Bains de Strasbourg, il est à craindre que le blocage du processus ne se trouve plutôt dans des desseins plus comptables.
Les Bains sont donc inscrits à l’inventaire, mais méritent d’être classés au titre des monuments historiques. Et, consultée en 2012 comme prévu dans la procédure, la commission nationale a suivi la proposition de la Drac, qui émettait alors un vœux de classement en totalité du bâtiment, justifié par la cohérence et l’intérêt d’ensemble. Depuis, la Drac aura sûrement relancé le maire, comme c’est habituel dans un processus de classement. Or il aura fallu cinq ans de tergiversations pour que Roland Ries en vienne à porter le sujet en délibération au conseil municipal. Mais, habile, le maire propose de restreindre le classement… aux seules parties déjà inscrites.
Pourquoi une telle résistance au classement en totalité ?
La réponse se trouve dans le projet qui prend forme de façon très claire. La première piscine de la ville, aujourd’hui plus que centenaire, sera finalement rénovée sur financements publics… par un opérateur privé. Qui, bien entendu, en assurera ensuite la gestion. Et compte bien évidemment en tirer profit, et vite ! Normal dans une logique privée. Moins normal dans un esprit de service public : les Strasbourgeois vont payer très cher cette rénovation, en ne gardant que l’accès aux deux bassins intérieurs et à quelques douches. Pour tout le reste, y compris le tant attendu bassin extérieur, aucune exigence de la Ville : le prix d’accès sera librement déterminé en accord avec l’opérateur choisi.
Cette question a provoqué de fortes réactions de la part de l’opposition – mais aussi le refus des élus écologistes de participer au vote.
Question qui montre, surtout, combien la privatisation proposée impacte directement le choix du périmètre de classement. Car pour mener à bien son projet, l’heureux attributaire de ce « marché public global de performances » ne devrait supporter qu’un minimum de « contraintes ». Ainsi, un classement en totalité n’est pas du goût de ceux qui aiment construire vite et dans un objectif de rentabilité court-termiste ! Pourtant, la rénovation du Palais des Fêtes prend son temps, elle, car elle doit se faire dans « les règles de l’art ». Le rythme des nouveaux Bains semble suivre le tempo électoral. Faut-il que cette rénovation soit achevée avant la fin du mandat de Roland Ries ?
Erreur… remarquable !
Selon Olivier Bitz, si le « classement en totalité n’a pas été choisi », c’est parce que « tout n’est pas remarquable à la même valeur ». C’est donc l’adjoint aux finances qui se permet de juger ce qui doit ou non être préservé – et ce malgré l’avis étayé des membres de la Commission Nationale des Monuments Historiques !
Cette vision étriquée induit la solution de l’éclatement du projet. Seul le bâtiment principal sera, dans un premier temps, concerné par la rénovation confiée au privé. La reconversion de la chaufferie sera prise en charge par le service de la construction de la Ville. Mais le devenir de l’aile médicale reste dans le plus grand flou. Ce qui semble incompréhensible… sauf à penser que cette surface importante (environ 1 500 m², sur 4 étages, plus la partie de la cour attenante) pourra constituer la « carotte » transmise par la suite au même opérateur. Pour y implanter une activité fortement lucrative, type résidence hôtelière ou clinique de luxe ?
Tous ces détails historiques qui vont gêner la rénovation… ou pas
Et la municipalité ose nous dire que l’avenir de l’aile médicale « n’est pas encore décidé » ! Voyons, si tel est le cas, c’est vraiment grave : un programme incomplet qui intervient sur des espaces protégés (classés), d’autres non-protégés, avec toutes les embrouilles relatives aux différents régimes d’autorisations, dans un contexte de protection mixte…
En premier lieu, l’intervention de différents architectes – sans la perspective d’un projet d’ensemble – est un facteur de risque. Par exemple, pour les façades : un traitement différent dans le temps et par divers intervenants est à craindre (et forcément à éviter).
L’amateurisme peut se déchaîner à l’intérieur de la chaufferie, qui semble devoir être transformée assez rapidement. Et que dire du bâtiment des Bains médicaux, dont les intérieurs ne sont pas protégés (mis à part les bassins et la robinetterie d’origine de l’actuel sauna) ? Dans ce bâtiment, jamais mis en avant, l’architecte Fritz Beblo a conçu de magnifiques espaces qui risquent alors d’être dénaturés, selon des exigences d’un programme qui reste mystérieux.
Autre incohérence de cette délibération : le « programme de l’opération » prévoit « l’agrandissement des plages » autour des bassins. Mais le périmètre de classement inclut les cabines/vestiaires. Or nos Bains sont parmi les seuls en Europe ayant conservé leurs cabines d’époque en totalité. Comme il n’est certainement pas question de rétrécir les bassins, compte-t-on supprimer les cabines ?
Pourquoi ne pas en faire le bâtiment du sport-santé ?
Pourquoi ne pas concéder ce bâtiment à l’installation du dispositif « Sport-Santé » – et notamment, en enrichissant la vocation initiale de cette aile dite médicale, par d’autres activités liées à la santé (kinésithérapie et ostéopathie sont déjà présentes dans les lieux). Pourraient ainsi être adjointes des médecines alternatives de plus en plus recherchées, et ayant un rapport direct avec la prévention. Qu’en pense le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire en charge de la santé ?
Les locaux de la chaufferie ne seront sûrement pas suffisants à l’évolution de ce beau projet, qui participe pleinement au si cher « rayonnement de Strasbourg ». Prenez donc de l’espace dans ce bâtiment, historiquement concerné ! Une rénovation soigneuse pourrait même intégrer les actuelles installations du sauna (ancienne salle d’hydrothérapie) au dispositif « Sport-Santé ».
Pour conclure, nous n’avons aucune opposition de principe aux investissements privés. Si un nouvel équipement aquatique devait être construit dans l’Eurométropole, pourquoi ne pas compter sur les investisseurs privés ? Mais, de grâce, livrer nos Bains municipaux à ce commerce sournois en dépossédant les Strasbourgeois de la doyenne de leurs piscines… voilà qui caractérise un affreux délit de non-assistance à patrimoine en danger !
Rue des Franc-Bourgeois à Strasbourg, la façade du Vox parait éternelle, inoxydable. Ses trois lettres qui trônent plus haut et plus fièrement que n’importe quelle affiche viennent rappeler que ces salles de cinéma sont, depuis plusieurs décennies, indissociables de la cinéphilie strasbourgeoise.
Une facade bien connue des Strasbourgeois (photo Greg LAUERT)
L’exploitation cinématographique a connu, ces deux dernières décennies, de multiples bouleversements à Strasbourg. Des salles historiques ont disparu. L’UGC Ciné-Cité Etoile était promis à drainer les masses, à phagocyter le grand public. Les cinémas Star, temple de l’exigence cinéphile, conservent habilement le monopole réel du label Art et Essai. Et l’Odyssée, transparent et poussiéreux, parait immuable dans sa position de « cinéma de devoir » pour la municipalité.
Et parce que le goût du 7ème ne saurait être réduit à l’attrait du cinéma d’auteur, le Vox continue, pour exister, à se débattre avec un étrange paradoxe. Il est ainsi amené à proposer une programmation proche de celle d’un multiplexe alors que le chaland, étudiant et/ou actif citadin endurci, sera plus disposé à fréquenter les salles estampillées Art et Essai qui proposent systématiquement les grosses sorties en version originale.
René Letzgus, directeur du cinéma Vox, réussit pourtant son pari commercial en optant pour deux stratégies : une offre grand public véritablement diversifiée et des conditions techniques optimales.
projeté en 2016 dans une seule salle Strasbourgeoise (Copyright 2016 CTMG, Inc. All rights reserved.)
Le pari de l’horreur
René Letzgus n’en démords pas. Si le cinéma d’horreur tient l’affiche dans son complexe, ce n’est pas par manœuvre. L’exploitant expérimenté affirme priser le cinéma de genre depuis ses débuts où il chroniquait le festival d’Avoriaz sur Radio Nuée Bleue. Les films fantastiques, le cinéma d’épouvante font bonne figure dans ses salles par simple logique : il y a un public qui vient en masse pour se faire peur.
Pourtant, les concurrents directs, UGC en tête, ont refusé de projeter Annabelle, Conjuring 2 ou encore Don’t breathe, pour les titres les plus récents. Ces œuvres attirent un public massif, souvent adolescent et parfois difficile à gérer. Si ces titres ne sont pas franchement mémorables, il est appréciable d’avoir la possibilité de les découvrir en salle.
J’ajouterais, dans une parenthèse personnelle, que la possibilité est, en matière de cinéphilie, un maître-mot. Parce que la diversité de l’offre cinématographique est, en 2017 plus que jamais, une problématique à ne pas perdre de vue. William Letzgus, co-programmateur du Vox, est lui aussi conscient de cette nécessité et du risque qu’il y aurait à exclure certains genres cinématographiques de l’offre en salle. Délaisser une niche, c’est aujourd’hui prendre le risque de voir d’autres médiums de diffusion (Netflix et autres canaux SVOD) se l’approprier.
Et au-delà de cette diversité, le Vox s’appuie également sur les sorties majeures, les énormes franchises, les écrasants blockbusters. Et sur ces œuvres, l’argument principal revient à dire que, nulle part, vous ne les verrez dans de meilleures conditions.
Le nouveau Besson, attraction de l’été dans les salles. (Copyright EuropaCorp)
La plus-value d’une époustouflante technique
Les cinémas Art et Essai s’attachent, à juste titre, à l’argument de la dimension sociale du cinéma. Voir un film est une expérience partagée, et le processus de communion continue à séduire un public averti et joliment idéaliste (dont je serai toujours le porte-étendard passionné).
Dans un cinéma généraliste comme le Vox, on s’appuie sur un autre argument pour attirer le public en salle. Pour éviter que les fans de Star Wars n’attendent la sortie du dernier opus en Blu-ray pour le visionner sur leur écran 4K mille pouces, on s’attache à leur offrir une performance technique unique, qui surpasserait largement l’expérience domestique du film.
L’équipe du Vox a donc investi à la fois sur le son, avec la technologie Dolby Atmos, et sur l’image, en équipant deux salles de projecteurs lasers, pour se singulariser et damer le pion à la concurrence. L’argument touche une certaine audience, sur certains titres précis.
René Letzgus ne cache pas les espoirs qu’il fonde ainsi sur la nouvelle superproduction de science-fiction de Luc Besson, Valerian et la cité des mille planètes, qui sortira le 26 juillet. Un film au budget monstrueux, signé par un cinéaste familier du genre, qui pourrait bien inciter le public à se déplacer en masse malgré la chaleur de l’été (saison creuse de l’exploitation cinématographique, rappelons-le) et à légitimer ces investissements dans les nouvelles technologies.
Cette optique de surenchère, cette course à l’armement, pourrait aboutir à une impasse si la direction du Vox n’avait à l’esprit une mutation majeure de l’industrie.
L’offre est à ce jour embryonnaire, mais elle est existante. La VR (virtual reality), expérience narrative en réalité virtuelle, pourrait dans les prochaines années trouver sa place dans l’établissement. Le Vox compte actuellement cinq salles et son directeur ambitionne d’affecter l’un de ces salles à la VR. Proposer le cinéma supposera bientôt de se tourner vers ses formes les plus singulières.
Et les garants de l’offre généraliste au centre-ville de Strasbourg semblent prêts à évoluer en ce sens.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Il y aura-t-il à nouveau un marché couvert à Strasbourg ? La municipalité espère qu’un lieu et un projet privé émergent à l’occasion d’une consultation. Depuis quelques mois, un projet place Grimmeisen dans la Petite-France attend dans les cartons…
Strasbourg espère rouvrir un marché couvert au centre-ville ou à proximité. En juin, des discussions ont été annoncées. Le projet d’un urbaniste, débuté fin 2015, est en tout cas finalisé depuis le printemps 2017. Il serait place Grimmeisen, actuellement un mini-parking guère esthétique dans le quartier touristique de la Petite-France. Rue89 Strasbourg a eu l’occasion de le découvrir.
Le projet imaginé par Lionel Heiwy a été imaginé avec l’association des habitants de la Petite-France, des commerçants et des riverains ont également été contactés directement pour en définir les contours. Les Vitrines de Strasbourg, l’association des commerçants, et celle des habitants du centre ville (Strace) auraient aussi trouvé qu’il s’agit d’une bonne idée.
Le lieu serait ouvert sur la place, aujourd’hui peu usitée (document Lionel Heiwy)
« Mettre ce projet à disposition »
Lionel Heiwy veut maintenant susciter le débat grand public :
« L’idée est de mettre un projet à disposition de la Ville pour que tout le monde s’en saisisse. Il vient de citoyens, avec des retours positifs. S’il y a des personnes contre ou des remarques, on peut encore le modifier. On pourrait imaginer une grande présentation à la rentrée. C’est plus facile de le faire évoluer, qu’un projet privé qui arrive entièrement ficelé. »
Du côté de la municipalité, des Vitrines de Strasbourg et de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), on imagine plutôt un groupe de travail fermé, pour déboucher sur un projet avec des investisseurs privés.
Avec un seul étage, le bâtiment serait moins haut que la hauteur limite de la grande-île, fixée à quatre étages (document Lionel Heiwy)
900 m² pour les exposants
La structure serait en bois pour « réinventer la maison à colombages du XXIe siècle. » Elle prévoit un niveau rez-de chaussée et un étage supérieur lumineux. Au rez-de-chaussée, 900 m² de surface pour exposants permanents et occasionnels permettraient d’y faire ses courses. La halle serait un peu plus grande que celle qui ouvre à Schiltigheim en septembre (700 m²).
Le rez-de chaussée place les producteurs sur les côtés, avec un espace central et extérieur pour manger (document Lionel Heiwy)
Food court, street art, jardin associatif
Une « food court »centrale offre la possibilité de se restaurer sur place dans un espace commun, avec de la nourriture achetée auprès de différents stands.
Un patio (80 m²) permet de créer un lieu de vie occasionnel pour des événements. Lionel Heiwy imagine des expositions de street art et de la végétation grimpante. À l’arrière, un jardin associatif (400 m²) est prévu, pour remplacer les quelques lopins de terre partagés à la limite de la place, côté Grand’rue.
À l’arrière un jardin associatif serait à disposition des habitants (document Lionel Heiwy)
Toit-terrasse mixte et stationnement en sous-sol
Sur le toit-terrasse, une brasserie (150 m²), un café-bar (36 m²), une bibliothèque libre (25 m²), une serre (60 m²), un espace de co-working (280 m²) et bien sûr une grande terrasse (330 m²) sont imaginés. Tous ces espaces peuvent encore être revisités et évoluer si le projet devait trouver un investisseur ou être retenu par la Ville.
Le toit terrasse concentre plusieurs usages (document Lionel Heiwy)
Un parking en sous-sol
Pour compenser les places de parking perdues en surface, 80 places de stationnement sont prévues en sous-sol. Le nombre de places peut même dépasser l’existant en ajoutant un second niveau sous le sol mais ce serait évidemment plus cher.
Contacté, l’adjoint au maire en charge du commerce et du quartier, Paul Meyer (PS, qui a récemment fondé La Coopérative) connait le projet. Il le trouve « intéressant » et « ne veut surtout pas fermer la porte ». Mais son approche diffère :
« L’idée du marché couvert n’est pas de prendre un projet clé en main, mais de le co-construire en évaluant les besoins. C’est un risque, mais le sujet une arlésienne depuis trop longtemps. Si j’arrivais avec celui là, on pourrait m’accuser de favoritisme. On a reçu quatre ou cinq propositions et des investisseurs se sont dits intéressés depuis l’annonce de la consultation. Par le passé, on a refusé un projet de marché sur cette place, entièrement financé, mais contesté car il montait sur quatre étages avec des logements au dessus. Un autre projet près de la gare était ficelé il y a un an, mais il a capoté car la structure juridique ne satisfaisait pas la propriétaire du lieu. »
Le calendrier et la méthode doivent être dévoilés mi-juillet. Les acteurs économiques seront mobilisés avant la fin de l’été, des études comparatives avec d’autres villes réalisées à l’automne, avant un tour de table financier prévu au printemps. Lionel Heiwy espère maintenant pouvoir défendre son projet dans le cadre de « la consultation large », promise par Paul Meyer.
Des vacances scolaires tardives, des forces de sécurité exténuées, un préfet parti à Paris… Les nuages s’amoncellent sur l’organisation du Marché de Noël 2017, dont les dates de début et de fin ne sont toujours pas connues. Cependant, on s’approche d’un compromis.
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À partir du 1er janvier 2018, le non-paiement d’une place de stationnement ne sera plus une infraction pénale mais dépendra de la municipalité. La Ville de Strasbourg va choisir un prestataire pour contrôler le stationnement et récoltera désormais des « forfaits post-stationnement » qui viendront remplacer les traditionnelles amendes.
Doubler les revenus du stationnement en voirie, c’est l’objectif de la réforme dite de « dépénalisation du stationnement. » Définie par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) du 27 janvier 2014, elle transfert aux communes à partir de janvier 2018 les recettes des amendes liées au stationnement payant, qui passaient jusqu’à présent par l’État.
Concrètement, les communes peuvent fixer le montant de la « redevance d’occupation » (parler de paiement du stationnement est désormais vintage) et gérer son recouvrement. Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a présenté jeudi les modalités locales d’application de cette réforme.
Pas de panique cependant, garer son véhicule en ville sera toujours aussi cher (Photo Raphaël Labbé / FlickR / cc)Pas de changement du prix du stationnement
Premier changement, ce ne sont plus les 35 agents de surveillance de la voie publique (ASVP) qui contrôleront les 12 602 places de stationnement en voirie en 2018, mais une société privée. Celle-ci sera désignée lors du conseil municipal du 25 septembre, après audition des différents candidats qui ont répondu à l’appel d’offres. Plusieurs sociétés ont fait des offres de services aux communes pour gérer le stationnement à leur place, comme Indigo, Parkeon, Urbis Park… À Strasbourg, la recette brute du stationnement est de 7,5 millions d’euros, ce qui autorise quelques appétits.
C’est Parcus qui est titulaire de la délégation du stationnement sur la voirie strasbourgeoise jusqu’en 2018 mais en 2016, la Ville a fait rentrer dans la boucle le système de paiement Whoosh de Parkeon, histoire de pimenter le dossier probablement.
Le prix du stationnement, pardon, le coût de la redevance d’occupation, ne devrait pas changer dans l’immédiat. Même en cas de transfert à une société privée, ce sera toujours le maire qui sera compétent pour déterminer par arrêté les lieux, les jours et les heures où le stationnement est réglementé.
De deux à trois heures max en zone rouge
Seule nouveauté : il sera possible, à partir de janvier 2018, de stationner plus longtemps sur une même place. Il sera ainsi possible de rester 3 heures en zone rouge, 4 heures en zone orange (contre 2 aujourd’hui) et 5 heures en zone verte (au lieu de 3). Les heures supplémentaires seront toutefois plus chères.
Le nombre de personnes assignés à cette tâche n’est pas encore déterminé. Les ASVP seront affectés à d’autres tâches, telles que la surveillance des zones bleues ou le stationnement gênant. La municipalité n’a toutefois pas été en mesure d’indiquer si ce nouveau mode de fonctionnement aura un coût supplémentaire pour la ville ou non.
La carte des zones du stationnement payant à Strasbourg, pardon de la redevance d’occupation. (doc Ville de Strasbourg)
Plus que 3 jours pour payer l’amende
En cas de non paiement ou de paiement insuffisant, l’automobiliste ne sera plus soumis à une amende mais à un « forfait de post-stationnement, » un FPS dans le nouveau jargon. Cette somme sera désormais récoltée par la commune et non plus par le Trésor public. Il ne s’agira plus d’une infraction pénale. À Strasbourg, l’automobiliste pris sans ticket de stationnement devra s’acquitter de 35€, ou de 17€ s’il paie dans les 72 heures.
En cas de dépassement du temps de stationnement, l’automobiliste devra aussi payer 35€, auxquels sera soustrait le montant déjà payé au moment de son stationnement. De même, s’il paie dans les 72 heures, il ne devra que 17€ moins le montant déjà réglé.
À Strasbourg, les montants de ces FPS sont identiques à ceux de l’amende actuellement en vigueur, mais les automobilistes avaient 45 jours pour bénéficier du tarif minoré. En outre, un même véhicule peut faire l’objet de plusieurs FPS dans une même journée. Un automobiliste qui se gare toute une journée sans payer la redevance pourra être redevable de trois voire quatre FPS s’il est dans la zone rouge, où la durée maximale de stationnement sera de 3 heures.
Pour contester ces FPS, les automobilistes devront déposer un « recours administratif préalable obligatoire » (Rapo) dans un délais d’un mois auprès de la Ville. Ensuite, c’est l’État qui reprend la main en cas de contentieux, un centre de traitement idoine a été installé à Limoges. Quant aux recettes de FPS, la loi contraint les communes à les affecter aux politiques de développement durable.
Samedi 8 juillet, 40 camions-cuisines (food trucks) et une vingtaine de stands proposeront des spécialités culinaires du monde à l’occasion du Strasbourg Street Food Festival. Le festival a dû revoir son organisation après le succès inattendu de la première édition l’an dernier.
Samedi 8 juillet aura lieu la deuxième édition du Strasbourg Street Food Festival (SSFF). Pour l’occasion, quarante food trucks, des camionnettes qui emportent une cuisine, installés rue de la Course, Petite rue de la Course et rue Déserte dans le quartier gare proposeront des spécialités culinaires issues des quatre coins du monde. Les commerçants du quartier ne seront pas en reste et certains proposeront des plats exclusifs pour l’évènement. Au total, plus de 60 points de ventes seront présents sur le site ouvert au public de 10h à 22h30.
40 food trucks seront présent au Strasbourg Street Food Festival
De la cuisine, de la musique et de la solidarité
Le festival revendique son identité « éthique et ethnique ». Vicky Djama, gérante du restaurant La Ruche aux deux Reines et organisatrice de l’événement explique :
« Quand on dit « food truck », on pense aux burgers. Mais nous ce n’est pas notre concept. Il y a bien quelques burgers mais ils sont bio, vegan et viennent d’un circuit court. Ce qu’on veut privilégier, c’est les différentes cuisines du monde avec des produits de qualité. »
L’exotisme ne se limitera toutefois pas aux assiettes. Tout au long de la journée, des groupes de musique se relaieront pour animer les rues avec au programme de la musique des Balkans, de Colombie ou encore du Sahara.
L’organisation a également tenu à placer la solidarité au cœur du festival avec des stands tenus par des associations humanitaires. A titre d’exemple, un point de vente sera tenu par des réfugiés syriens qui proposeront leurs spécialités. L’association La Cantine social club sera elle aussi présente sur le festival.
Les spécialités culinaires d’une vingtaine de pays seront proposées aux visiteurs.
Des mesures de sécurité renforcées
Après le succès mal anticipé de l’édition précédente (30 000 visiteurs), le festival a dû revoir son organisation comme le détaille Vicky Djama :
« L’année dernière, on ne s’attendait pas à une telle affluence, on n’était pas préparé. A la fin du festival, il y avait des déchets partout ! Cette fois on va être vigilant, le tri des déchets se fera directement sur le site. Une vingtaine de bénévoles auront pour seule mission d’assurer la propreté des lieux et on fera appel à une société privée pour le nettoyage, même si c’est plus coûteux. »
Un coût amorti par le prix des emplacements payés par les propriétaires de food trucks, soit 250€ chacun.
Comme toute manifestation d’envergure, la sécurité sera renforcée sur le site qui sera délimité par des barrières. Les points d’accès seront contrôlés et les sacs fouillés. Les forces de l’ordre effectueront également des rondes parmi les visiteurs.
Pour les amateurs de nourriture cuisinée dans la rue, Strasbourg accueillera un autre festival, le Street Bouche Festival les 16 et 17 septembre, à la Coop et également centré sur la street food privilégiant les produits de saison, locaux et responsables.
Photo : Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016
Zombies et infectés envahissent massivement petits et grands écrans depuis quelques années. Le thème de l’humain « déshumanisé » face aux derniers irréductibles, fusils à la main, semble éculé. The Last Girl – Celle qui a tous les dons se révèle toutefois comme une des variations du thème les plus pertinentes que le cinéma ait pu offrir récemment.
(Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016)
Des militaires accompagnent des enfants sanglés à des chaises roulantes jusqu’à une classe. Les adultes semblent terrifiés par ces gamins rivés à leurs fauteuils et traités en animaux. Ces derniers sont en effet infectés par un champignon qui les transforme en bêtes assoiffées de sang lorsqu’ils perçoivent un effluve humain. Parmi cette horde d’enfants particuliers, une petite fille tendre et avenante sort du lot. Elle s’appelle Mélanie et pourrait permettre de synthétiser un vaccin à même de sauver l’humanité. Voici le pitch de The Last Girl.
(Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016)
Un parti pris commun, porté par un casting exceptionnel
Dans le cinéma d’horreur, le mystère est toujours salutaire. Il faut donc préciser que la première partie du métrage est la meilleure. Dans les bunkers, on ne sait rien de la menace qui pèse sur ce monde. Très vite, la zone de sûreté cède à la menace et un groupe de survivants s’en va parcourir un Londres dévasté.
Les images sont impressionnantes, mais la première qualité du film demeure indéniablement son casting. La petite Sennia Nanua porte l’œuvre sur ses épaules, passe avec une aisance insoupçonnable de la candeur à l’autorité. Elle est pourtant encadrée (et soutenue) par des comédiens renommés. Au-delà des évidences Glenn Close et Gemma Arterton, on soulignera l’importance de Paddy Considine, l’un des acteurs anglais les plus mésestimés actuellement.
Le récit est ainsi porté par des figures solides, qui évacuent rapidement l’insupportable travers du machisme forcené si présent dans les films trustés par des personnages en treillis.
(Copyright Aimee Spinks – Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016)
Apocalypse et conséquences
Mais le meilleur casting ne saurait aujourd’hui renouveler l’intérêt pour des récits usés jusqu’à la corde. Et s’il y a un ressort pratiqué à outrance dans le cinéma contemporain, c’est indéniablement celui du zombie et/ou de l’infecté qui court le survivant pour s’en offrir une tranche et le rallier à son monde.
Pour les aficionados forcenés du genre, The Last Girl remplit parfaitement son office. Mais surtout, le long-métrage de Colm McCarthy se raccroche à l’idée qui fera progresser le film d’infectés : il pense l’après, la transition d’un monde perdu et sans espoir, vers un nouvel espace à construire. L’idée du passage de génération domine l’œuvre.
Mélanie est une figure passionnante en ceci qu’elle est appréhendée par deux regards distincts. Pour les humains, elle est un potentiel antidote. Celle qui pourrait restaurer le monde d’avant. Pour son espèce, pour les enfants d’un genre nouveau, doués d’un intellect et d’un instinct animal surdéveloppé, elle est la promesse du monde 2.0, le constat d’un avenir déjà présent. Elle devra se rallier à une cause ou une autre.
The Last Girl prend donc le risque d’être le premier film de simili-zombies à véritablement offrir le point de vue de ces créatures.
Le film est projeté aux cinémas Star St-Exupéry et Vox
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Dans la vie, elle médite, dans sa petite maison des Vosges du Nord. Avide de partage, elle est aussi professeure de chant à Strasbourg, auteure, blogueuse, conférencière, hypnothérapeute, et même palefrenière. Rencontre avec Isabelle Lorca, alias Kankyo Tannier, une personnalité discrète, qui prêche le silence et a pourtant tant de choses à dire.
La rencontre a eu lieu dans son univers, au centre zen de Strasbourg, près du quartier des Halles. C’est un immeuble discret de l’extérieur. Mais une fois passée la porte, l’énergie que dégagent les locaux est palpable : dans le « dojo », des coussins attendent les futurs candidats à la méditation. Il flotte dans les airs un parfum de papier d’Arménie.
Kankyo Tannier s’installe sur une des chaises en bois. Sur la table en face d’elle, son macbook et son téléphone portable témoignent de son caractère connecté. Mais son look rappelle qu’elle n’est pas n’importe quelle blogueuse. Crâne rasé, tenue monastique, elle arbore un large sourire.
Depuis une quinzaine d’années, Kankyo Tannier a trouvé sa voie, le bouddhisme zen (voir encadré ci-dessous) et la méditation. Fidèle à elle-même, elle affiche une grande sérénité, pour quelqu’un en pleine actualité médiatique.
Le bouddhisme zen
Le bouddhisme se décline en différentes branches. Le zen est pratiqué principalement au Japon et met l’accent sur la méditation assise (« zazen » en japonais). Une attention particulière est portée à la posture, la respiration, et à « l’apparition-disparition des pensées ». A Strasbourg, le Centre Zen existe depuis 1970. Le monastère Ryumon Ji (le « Temple de la Porte du Dragon de la Vieille Montagne ») se situe dans les Vosges du Nord à la sortie du village de Weiterswiller, et est ouvert aux visites.
Écrire, partager, et partager encore
Car Kankyo Tannier écrit : sur son blog d’abord, dailyzen, qui initie le lecteur à la spiritualité du quotidien, à travers textes, vidéos et podcasts. Mais aussi pour le Huffington Post : dans ses chroniques, elle distille avec humour ses avis et conseils sur l’actualité, toujours par le prisme du zen. Elle y parle de la rentrée, des fêtes de Noël… ou de sa « relation cachée avec le Dalaï-Lama. » Tout récemment, elle a publié un livre, Ma cure de silence, où elle propose de « dénicher quelques mélodies spirituelles pour enchanter le quotidien ».
Depuis, c’est l’effervescence. La tournée de promotion (plusieurs rencontres-dédicaces sont prévues avec le grand public), les médias nationaux qui se l’arrachent, sans compter les éditeurs étrangers déjà prêts à publier son ouvrage. Mais il en faut plus pour perturber la nonne :
« C’est vrai qu’il s’est passé beaucoup de choses d’un coup, j’ai été approchée par Le Parisien, et il y aura même quelque chose dans Biba, ou Marie-Claire… Sinon je suis en contact avec neuf maisons d’édition, en Allemagne, au Royaume-Uni… J’aimerais bien que cela sorte au Brésil aussi, ce serait sympa pour aller faire la promotion ! »
Peu importe la célébrité en soi, ce qui l’intéresse, elle, c’est de partager les bienfaits du bouddhisme au grand public, avec un ton bien à elle, qui permet d’apprivoiser très vite son message, comme ses chroniques sur les vacances ou la présidentielle. Cela l’amuse :
« J’essaye de rendre accessible le bouddhisme au grand public. Quand j’écris, je me mets à la place de quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de bouddhisme. »
Pourtant, Kankyo Tannier a mis un certain temps avant de partager sa spiritualité. Avant, il fallait qu’elle la construise, qu’elle la pratique.
Pratiquante depuis une quinzaine d’années, Kankyo Tannier enseigne maintenant la méditation (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
Quand l’étudiante en droit découvre le zen
Née à Clichy-sous-bois au début des années 70, celle qui s’appelle alors encore Isabelle Lorca grandit dans une famille catholique pratiquante. Sa famille déménage ensuite à Besançon, où elle vivra dix ans et y fera ses études en droit. C’est là qu’elle découvre les livres du Dalaï-Lama, « un choc ».
Mais c’est en expérimentant le méditation « zazen » au Centre de la Gendronnière, qu’elle a su qu’elle voulait faire cela de sa vie. Quelques mois après, elle allait au monastère de Weiterswiller, dans les Vosges. Elle y restera 15 ans. Sans l’avoir prévu. Ordonnée nonne en 2003, elle devient Kankyo, prénom bouddhiste signifiant « observation » et « miroir cosmique ».
De la connaissance de soi-même au partage constant
Loin d’elle l’idée de vivre recluse comme l’image des moines pourrait le laisser croire. Dans la tradition du bouddhisme zen, on travaille, on exerce des activités. Dans la lignée de ce qu’elle faisait dans sa jeunesse, quand elle travaillait dans la communication et dans la musique, elle s’est formée comme professeur de chant, et venait donc régulièrement à Strasbourg pour travailler.
Depuis 2010, elle a multiplié les activités : blogueuse, écrivain, elle fait aussi des vidéos, des podcasts, des conférences… et assure des séances de méditation au centre zen de Strasbourg, le mardi soir, toutes les deux semaines. Depuis deux ans, elle s’est aussi formée comme hypnothérapeute. Elle explique qu’il lui a fallu du temps avant de s’engager dans toutes ces nouvelles formes de partage :
« Avant, il fallait que je pratique, que je comprenne ce que je faisais. Chez nous, le rythme est assez lent. Pour pouvoir donner des cours de méditation, il faut avoir pratiqué pendant 10-15 ans. »
« Se connecter à la nature »
Mais alors, n’est-ce pas un peu fatiguant, cette suractivité, cette effervescence ? Surtout pour quelqu’un qui a choisi la méditation ? A cette question, Kankyo Tannier explique que tout est lié :
« Écrire, c’est mon activité spirituelle. Dans notre tradition, quand on trouve du bonheur, on a envie de le partager. On ne sépare pas la méditation de l’activité quotidienne. Chaque moment est une pratique spirituelle. Mais dans toutes ces activités, ma priorité c’est la méditation et le contact avec la nature. »
La nature reviendra souvent dans la conversation, étant un véritable moyen de retour aux sources pour Kankyo Tannier. Celle qui habite maintenant dans sa propre petite maison un peu plus loin que le monastère ne pourrait y être plus heureuse :
« On a besoin de silence et de solitude pour vraiment se connecter à la nature. En ce moment, Je me lève à 4h du matin, avec le soleil. Il y a une sorte de pré-lumière, et une telle énergie… »
C’est d’ailleurs ce qu’elle trouve le plus beau en Alsace :
« Les Vosges du Nord, je trouve cela magique. Les vieilles forêts, les vieilles roches… »
L’alsacienne d’adoption ne voudrait plus bouger d’ici :
« Bien sûr il faut toujours un temps d’observation dans les rapports humains, mais au final j’ai toujours trouvé les Alsaciens très chaleureux. «
La nonne bouddhiste, alsacienne d’adoption, est dans son élément au centre zen de Strasbourg (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Un avenir à construire avec optimisme
Fidèle à elle-même et à sa philosophie, elle réfléchit beaucoup sur l’état du monde, sur l’actualité, sur les bienfaits de la spiritualité :
« C’est très important pour moi, cette question sur l’état du monde. L’avenir, je le rêve avec de la méditation qui se répand partout. On est beaucoup dans la distraction. Il faudrait remettre de la spiritualité, de la poésie dans le quotidien. Avec la société de consommation, on perd le sens de la vie. Si le sens d’une vie humaine c’est d’avoir une rolex, c’est triste ».
Pour elle, c’est à nous de changer ! Rendre le monde meilleur passe par un changement intérieur et individuel. Elle regrette que l’on manque de « cours » sur la méditation, de méthode pour y entrer. D’où son livre, où elle énonce clairement un des objectifs et des bienfaits du silence : « Contribuer à la paix dans le monde. Rien de moins ! »
Son credo ? Proposer une idée concrète vers laquelle tendre, plutôt que de rabâcher des mauvaises nouvelles :
« Je suis une révolutionnaire optimiste. Je suis pour la révolution intérieure. Chacun crée le monde. On a une énorme responsabilité intérieure. Mais il faut visualiser le projet, et une énergie nous amènera vers cela. Le changement viendra si chaque individu se connaît davantage. Si on connaît nos réactions, les raisons pour lesquelles la vie collective est compliquée, on pourra apprendre à s’apaiser ».
Difficile de résister à une entrecôte
En attendant, elle continue à alimenter sa soif d’apprendre, de comprendre, de se documenter. Dans sa bibliothèque, il y a surtout des livres sur l’éthologie et sur les états modifiés de conscience, mais aussi les romans de Christian Bobin. En ce moment, elle lit La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben. Et de très nombreux ouvrages sur les animaux.
Elle consacre d’ailleurs un chapitre de son dernier livre au végétarisme (« L’art de ne pas manger ses amis »). Car oui, cela ferait partie du « silence des actes » ! Elle qui est végétarienne depuis des dizaines d’années et vegan depuis trois ans est convaincue que le végétarisme est un acte de non-violence. En éternelle optimiste, elle pense que le changement viendra, notamment grâce aux vidéos des activistes qui dénoncent de plus en plus les conditions d’élevage et d’abattage.
Mais du coup, cela fait un mauvais point pour sa région d’adoption :
« En Alsace, j’aime moins l’aspect gastronomique, vu que les plats traditionnels sont à base de viande. Dans les restaurants de campagne, en général les gens ne comprennent pas. Du coup parfois je dis que c’est pour des raisons de santé, c’est plus simple ».
Mais comme toujours, c’est l’indulgence qui prime, car même le Dalaï-Lama, le « petit bonhomme rouge » qui a changé sa vie, a dit qu’il ne pouvait parfois résister à une entrecôte.
Kankyo Tannier prend cela avec humour, et guidée par les préceptes de sa philosophie de vie :
« Sur le moment, ça m’a un peu énervée d’entendre ça, et puis je me suis dit qu’il fallait être indulgent. Dans le bouddhisme, il y a une sorte de tendresse pour nos aspects non-accomplis ».
Une idée de liberté que la nonne multi-tâches semble vraiment avoir adopté.
La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) doit renouveler le réseau utilisé par les lignes A et D. La CTS le fait par tranches et cet été, c’est au tour de la portion du tunnel reliant la Rotonde aux Halles d’être rénovée. Du lundi 10 juillet au dimanche 27 août, la CTS va remplacer des aiguillages, des rails et les supports des lignes aériennes de contact. En outre, la CTS en profite pour rénover et mettre aux normes accessibilité la station Ancienne Synagogue Les Halles.
Plus de tramway sous la gare pendant la majeure partie des vacances scolaire (Photo Victor Brito / FlickR / cc)
En conséquence, le trafic des tramways entre Rotonde et les Halles sera entièrement interrompu pendant ces 7 semaines.
Des bus de remplacement sont néanmoins mis en place pour assurer une certaine continuité de service. Mais devant passer sous l’autoroute et par les boulevards, les liaisons seront forcément plus longues. Deux itinéraires sont proposés aux usages des lignes A et D :
De la station Rotonde à la Gare Centrale (arrêt de bus provisoire situé place de la Gare), toutes les 7 à 12 minutes du lundi au samedi et les dimanches et jours fériés toutes les 12 minutes.
De la station Rotonde au le centre-ville de Strasbourg (arrêt de bus Les Halles Sébastopol situé rue de Sébastopol) toutes les 4 à 8 minutes du lundi au samedi et les dimanches et jours fériés toutes les 8 minutes. Au départ de la station Homme de Fer, un cheminement piéton indiquera l’arrêt des bus de remplacement à destination de Rotonde, situé rue de Sébastopol.
La liaison par le tunnel de la gare est totalement interrmpue (doc CTS)
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Le Parlement européen débat à nouveau de l’opportunité de disposer d’un siège unique, à Strasbourg ou à Bruxelles. Mais cette fois, l’attaque vient d’un eurodéputé allemand, Peter Liese, or la délégation allemande est censée être plutôt favorable au siège de Strasbourg. La capitale alsacienne est-elle en train de perdre la bataille du siège ?
Pour que les eurodéputés puissent débattre de la localisation de leur siège, Strasbourg ou Bruxelles, il faut une excuse, comme par exemple un rapport qui dresse la liste des surcoûts engendrés par les navettes entre les capitales européennes. Ce mercredi, les eurodéputés évoquent cette fois des éléments présentés par un eurodéputé allemand, Peter Liese (PPE), lequel propose un siège permanent du Parlement européen à Bruxelles en transférant dans les locaux de Strasbourg l’Agence européenne des médicaments (EMA), actuellement à Londres.
A l’agenda de cette session, un débat s’annonce houleux : mercredi, les députés se pencheront sur l’opportunité de disposer d’un siège unique. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Née avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier (la CECA, ancêtre de l’Union européenne), l’ « Assemblée commune » ne s’appellera « Parlement européen » qu’à partir de 1962. Elle occupe d’abord des locaux du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Mais des activités parlementaires sont progressivement transférées à Bruxelles et Luxembourg. La déclaration d’Edimbourg, en 1992, tranche : les plénières à Strasbourg, les commissions (comprendre : groupes de travail) à Bruxelles et le secrétariat général à Luxembourg. Cette organisation est intégrée aux traités en 1997.
« Cirque ambulant »
Et voilà qu’arrive avec ses gros sabots rhénans le député Peter Liese. Depuis quelques temps, ses collègues se doutaient qu’il préparait un gros coup. Ils voyaient bien qu’il planchait sur le sujet, qu’il collectait des données, rassemblait des chiffres, des infos. Le suspense a été de courte durée ; rapidement, un « document de fond » – c’est son intitulé – a atterri dans leurs boîtes mail à tous, députés comme assistants. Extraits choisis :
« Pour de plus en plus de personnes, c’est une source d’irritation de voir le Parlement européen se rendre une fois par mois à Strasbourg pour une session de quatre jours. (…) Selon des estimations prudentes, les coûts de ce « cirque ambulant » s’élèvent à 114 millions d’euros par an, tandis que d’autres estimations vont évoquer jusqu’à 200 millions d’euros. L’entretien de deux bâtiments et les déplacements requis représentent une charge de CO2 de 11 000 à 19 000 tonnes par an. Cela correspond à peu près à l’émission de CO2 d’un ménage moyen pendant 1 462 années, ou à 4 014 tours du monde effectués par une voiture neuve de l’année 2016. »
Les députés européens se retrouvent à Strasbourg quatre jours par mois, le temps des sessions plénières. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
L’eurodéputé en est persuadé : d’un point de vue économique, héberger l’EMA serait plus rentable pour Strasbourg qu’accueillir les sessions plénières du Parlement européen. Il chiffre le nombre de familles supplémentaires qui viendraient s’installer dans l’agglomération autour de 900 – auxquelles s’ajouteraient quelque 40 000 visiteurs par an.
Egoïsmes nationaux
De l’autre côté de la ville, dans les bureaux de l’Eurométropole, Catherine Trautmann, jette un oeil agacé à cette note de cinq pages. Elle a surligné en jaune les passages qui la fâchent le plus. Ses placards débordent de cartons estampillés « Parlement européen Strasbourg ». Depuis juillet 2013, l’ancienne ministre et ex-eurodéputée (PS) a pris la tête d’une « Task Force » pour renforcer la position de Strasbourg dans cette guerre d’usure pour un siège unique. Elle réagit à la défection allemande :
« Pour beaucoup, la réconciliation de l’Europe, c’est du passé. Cette dimension-là est beaucoup moins prise en compte aujourd’hui qu’auparavant. Or les relations franco-allemandes n’appartiennent pas à l’Histoire ! Il n’y a qu’à penser au Brexit pour comprendre l’importance de l’unité européenne. »
Catherine Trautmann, à la tête de la « Task-Force » a siégé pendant dix ans au Parlement européen. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Pourquoi alors certains eurodéputés allemands – Norbert Lins en tête – défendent-ils corps et âme le siège strasbourgeois tandis que d’autres s’en détournent ? Catherine Trautmann se l’explique difficilement. Seule certitude : quand Peter Liese appelle « toutes les parties concernées [à mettre] entre parenthèses leurs égoïsmes nationaux et [à penser] d’abord au contribuable européen et à l’intérêt commun », le sang de Catherine Trautmann ne fait qu’un tour :
« Je défends le rôle d’innovation et de créativité de Strasbourg, pas uniquement les « 5C » – colombages, cathédrale, cigogne, costume et choucroute. Nous payons le prix de ces attaques permanentes contre Strasbourg. Les coûts engendrés par le siège strasbourgeois sont sans cesse mis en avant, mais pourquoi ne pas faire l’inverse ? Pourquoi ne pas se pencher sur l’option d’un siège unique à Strasbourg ? »
Dans cette hypothèse, toute l’activité parlementaire se déroulerait en Alsace. Strasbourg n’accueillerait pas seulement les sessions plénières, mais aussi les réunions en commissions, pendant lesquelles le travail préparatoire est effectué. Traditionnellement, les tenants d’un siège unique étaient plutôt considérés comme des « pro-Bruxelles », mais l’idée d’une implantation permanente à Strasbourg a fait son bout de chemin, notamment puisque l’avenir du bâtiment du Parlement à Bruxelles est remis en question à la suite de nombreux incidents techniques et de questions liées à la sécurité.
La déclaration d’Edimbourg, en 1992, fixe le fonctionnement du Parlement européen : les plénières à Strasbourg, les réunions en commission à Bruxelles et le secrétariat général à Luxembourg. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Les pro-Strasbourg « de plus en plus minoritaires »
Retour au Parlement européen. Edouard Martin, également membre de la « Task Force » de par son statut d’eurodéputé (S&D) élu dans la circonscription du Grand-Est, parle d’une « solution de rêve » d’un siège unique permanent à Strasbourg. Mais pour cela, il faudrait rouvrir les traités. L’ancien syndicaliste ajoute :
« Nous n’y sommes de toute façon pas encore… Nous, « pro-Strasbourg », sommes de plus en plus minoritaires. Cette note [de Peter Liese] le prouve. Mais que penser de ce document ? Est-ce vraiment une initiative personnelle ou a-t-elle été pilotée par Berlin ? Je m’interroge sérieusement… »
Edouard Martin, eurodéputé socialiste, pense que la meilleure option serait de rassembler toutes les activités parlementaires à Strasbourg. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Anne Sander, eurodéputée alsacienne, admet avoir accueilli très « froidement » la position de Peter Liese. Son sourire en dit long : « froidement » est un doux euphémisme. La semaine avait pourtant bien commencé, avec l’inauguration du Parlamentarium et celle, programmée, d’une nouvelle aile – baptisée « Václav Havel » – dans l’institution – deux nouveautés supposées renforcer l’ancrage européen de Strasbourg.
De même, la cérémonie d’hommage au « chancelier bâtisseur » Helmut Kohl, qui s’était tenue samedi dans l’hémicycle, participait à ce même élan. Alors, l’eurodéputée est circonspecte :
« Le rôle des Allemands dans cette bataille est paradoxal. Ce sont nos meilleurs amis sur ce dossier, et pourtant, la dernière attaque en date vient d’eux. Mais beaucoup d’Allemands continuent de penser que le siège doit rester à Strasbourg. Et ils ne sont pas les seuls : il y a aussi des Tchèques, des Italiens, des Espagnols… »
Anne Sander, eurodéputée alsacienne (PPE) est membre de la « Task Force » pensée pour défendre le siège strasbourgeois. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
« Le symbole est plus important, et il n’a pas de prix »
L’un d’entre eux, Francesc Gambús, n’a ainsi pas hésité à rallier la cause des « pro-Strasbourg ». Même s’il ne profite jamais d’un vol direct entre Barcelone, où il vit, et Strasbourg (alors que vers Bruxelles, « il y en a cinq par jour »), même s’il peine à comprendre pourquoi seul un guichet de contrôle des passeports sur huit est ouvert à l’aéroport lorsqu’il arrive d’en dehors de Schengen (« mais on ne peut pas demander à Strasbourg un aéroport comme JFK à New York ») et même s’il se sent un peu à l’étroit dans son bureau du siège de Strasbourg (« Franchement, pourquoi ont-ils construit des toilettes à l’intérieur de la pièce ?! »), Francesc Gambús ne pense pas qu’un siège bruxellois soit une meilleure option :
« Je me refuse à rentrer dans un débat comptable sur cette question. Bien sûr, tous les calculs inviteront à conclure en faveur d’un siège bruxellois, mais je ne veux pas m’y résigner. Strasbourg est le symbole de la réconciliation européenne. Dans l’UE dans laquelle nous vivons aujourd’hui, cela fait énormément de sens de tenir nos sessions plénières dans cette ville. Ceux qui défendent le siège de Bruxelles ne mettent en avant que des aspects budgétaires ou pratiques. Rien de l’ordre du symbole. Or le symbole n’a pas de prix. »
L’eurodéputé espagnol Francesc Gambús a beau vivre entre Bruxelles et Barcelone, il veut continuer à se rendre à Strasbourg tous les mois. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
N’en reste pas moins que malgré leurs avis bien trempés, les eurodéputés n’ont pas la main sur la fixation du siège. Celle-ci ne saurait être remise en question sans « rouvrir les traités ». Or pour ce faire, le feu vert de tous les Etats membres est nécessaire. Les gesticulations allemandes n’ont donc autre effet que celui d’attirer l’attention sur les tensions internes à l’institution. Et Anne Sander de soupirer : « C’est pas glorieux… »
Alsace Nature manifeste son inquiétude quant à la pollution des eaux alsaciennes. À l’occasion d’une consultation publique ouverte sur un projet de décret définissant les points d’eau à protéger, l’association écologiste appelle à la mobilisation des citoyens.
Depuis le 4 mai 2017, un nouvel arrêté ministériel réglemente l’utilisation des produits phytosanitaires, c’est-à-dire d’une partie des pesticides. Cet arrêté confie aux préfets de départements la responsabilité de désigner les points d’eau à protéger. Le projet d’arrêté préfectoral définissant les zones à protéger dans le Bas-Rhin est ouvert à la consultation publique jusqu’au 17 juillet. La consultation de l’arrêté pour le Haut-Rhin se termine elle le 11 juillet.
A cette occasion, l’association Alsace Nature s’inquiète de l’insuffisance des points d’eaux mentionnés comme « à protéger » dans le projet d’arrêté (similaire dans les deux départements alsaciens).
En effet, le projet d’arrêté départemental prévoit la protection des points d’eaux présents sur les cartes au 1/25 000 de l’Institut Géographique National et définis par l’article 215-7-1 du code de l’environnement. Selon l’association Alsace Nature, de nombreuses zones telles que des mares et surtout des fossés ne sont pas concernés par ce projet d’arrêté. Leur pollution par des pesticides serait donc possible et participerait à la pollution du reste des points d’eaux, par capillarité.
Un état des eaux inquiétant
Dans une lettre adressée aux préfets, Alsace Nature s’inquiète du niveau de pollution des eaux alsaciennes. Selon les chiffres de l’observatoire de la nappe phréatique en Alsace, les taux limites de produits phytosanitaires seraient dépassés dans 53% des points de contrôle, rendant l’eau non potable. Ce sont 43% de points de contrôle pollués de plus qu’en 2009. Daniel Reininger, président régional d’Alsace Nature, explique:
« Le problème c’est que l’eau des nappes phréatiques arrive ensuite au robinet du consommateur alors que sa qualité se dégrade. Pour la rendre potable, il faut multiplier les traitements, ce qui a un coût. Alors qu’on devrait pouvoir pomper l’eau des nappes sans avoir à la traiter. »
Afin de protéger ces eaux, l’arrêté ministériel prévoit l’interdiction d’utiliser des produits phytosanitaires à moins de 5 mètres des points d’eaux protégés. Cette mesure permet de limiter la présence de ces substances dans les nappes phréatiques. L’association insiste sur la nécessité d’appliquer cette mesure à un nombre bien plus important de zones.
Mobiliser pour la consultation publique
Alsace Nature appelle donc les citoyens à faire part de ces remarques à la préfecture en participant à la consultation publique. Daniel Reininger poursuit :
« Avec cette consultation publique, les gens peuvent s’exprimer, mais encore faut-il qu’ils sachent qu’ils ont cette possibilité. Sinon il n’y a que le monde agricole qui va être mobilisé. Donc nous, nous appelons les citoyens pour qu’ils viennent contrebalancer leur avis en disant que le projet ne va pas assez loin. »
Pour participer à la consultation, il suffit de se rendre sur le site des préfectures. Dans l’onglet « Actualités » pour le Haut-Rhin, « Publications » sur celui du Bas-Rhin. Les observations des citoyens peuvent être envoyées par e-mail ou par voie postale.
Blase et les Puritaines est un duo de chanson française qui se définit lui-même comme étant sordide mais drôle, vulgaire mais poétique. Ils se produiront de jeudi à samedi à l’Espace K à Strasbourg où ils présenteront leur premier spectacle : « L’ultime concert. »
Blase et les Puritaines, je les avais vu l’été dernier en concert à La cave du marché, et c’est là que je les retrouve, autour d’un petit verre de vin.
Après avoir sorti un premier album live enregistré au Shadok et enchaîné les concerts dont de jolies premières parties (Giédré, Oldelaf, Christophe Alêveque, les Fatals Picards …) Blase et les Puritaine, BelP pour faire court, ont décidé de changer un peu la donne. Ce n’est plus un concert qu’ils vont présenter, mais un spectacle très travaillé et savamment orchestré.
Une nouvelle approche de la chanson
Il y a du changement dans l’air donc, mais pas en ce qui concerne les personnages et heureusement ! J’étais tombée amoureuse de ce duo déjanté, entre Blase l’aigri, le râleur de base qu’on adore détester, et le gentil boucher des Carpates, petit nounours tout doux, incarnation parfaite de l’imbécile heureux. Sur scène, ils passent leur temps à se disputer avec un cynisme ravageur.
Photo : David Jost. Conception graphique : Océane Debote.
En vrai, Marc, le chanteur, et Nicolas, le musicien, sont des amours de garçons. Surtout Nicolas en fait. Et ils sont brillants d’intelligence et de talent. Cela faisait quelques temps déjà qu’ils souhaitaient développer les parties parlées de leur show, ainsi que me l’explique Nico, alias le boucher des Carpates :
« Il y aura beaucoup plus de passages parlés qu’avant, on aura une alternance plus équilibrée entre chansons et comédie. Avant on faisait plus un intermède, quelques vannes qu’on glissait entre chaque chanson. Désormais, on aura une réelle trame narrative. »
Les filles qui ont des chats (Vidéo Blase et les Puritaines / YouTube)
Entre concert et confidence
Le but reste le même : qu’ils se marrent et puis surtout qu’ils fassent rire les spectateurs ! Le thème de leur spectacle n’est pourtant pas spécialement drôle en soi :
« C’est censé être notre ultime concert donc ce n’est pas quelque chose de joyeux pour nous. Le public va un peu rire à nos dépens ! »
« On est là, face à eux, et on fait le bilan de tout ce qu’on a vécu en tant que groupe de chanson française. On va décrypter la scène locale, faire une sorte d’analyse sociologique, mais avec notre humour, tu t’en doutes ! »
Les concerts un peu galères, les premières parties vraiment classes, les plans qui tombent à l’eau, les articles pourris, les fans qui sont à fond… Ils parlent de tout ce qu’ils ont pu vivre ou observer sous forme de caricatures délirantes. Rire de tout, et surtout d’eux, c’est la base de leur humour décapant.
Et c’est à l’Espace K dans le quartier gare, où ils seront en résidence pendant quatre jours, qu’ils peaufineront leur spectacle :
« L’Espace K nous a proposé un passage au Kabaret Barré et une résidence. Ce n’est pas le rôle de leur salle de programmer des groupes de musique, alors ils avaient quand même un peu hésité. Mais comme on leur a dit qu’on souhaitait vraiment renforcer l’aspect sketch, notre projet les a séduit. »
Anatomie des mouches (les requêtes Google) (vidéo Blase et les Puritaines / YouTube)
D’ultimes concerts en ultimes concerts…
Après s’être mis d’accord sur le thème de départ, Marc a écrit une première trame pour ce spectacle. Et puis, au fur et à mesure des répétitions, ils ont supprimé des choses, ils en ont ajouté d’autres. Un travail de longue haleine pour L’Ultime Concert. Nicolas m’explique :
« Il y aura différents tableaux entre chaque chanson… On ne peut pas trop t’en dire pour le moment mais une chose est sûre : il peut se passer plein de choses pendant le spectacle ! »
Marc enchaîne :
« Oui d’ailleurs il y a une chanson que j’ai écrit qui a vraiment touché Nicolas. Il m’a dit que les paroles étaient magnifiques, il en avait les larmes aux yeux ! »
« Mais non, je n’ai pas dit ça ! », rétorque l’intéressé en rigolant.
Grâce à cette résidence à l’Espace K, ils vont bosser la mise en scène, les déplacements, les jeux de lumière, leur jeu d’acteur… Ils enchaîneront ensuite une autre résidence, en août au PréO, à Oberhausbergen.
De la méchanceté, de la mauvaise foi, mais surtout de la rigolade !
« On aime jouer avec les clichés, les exagérations. Il ne faut pas oublier qui sont nos personnages ! Ils sont un peu méchants et donnent dans la mauvaise foi. Par exemple, on va railler la scène locale alors qu’on a tout fait pour en faire partie ! On crache un peu dans la soupe quoi… »
« Mais on appréhende un peu la réaction de certaines personnes. On a été très étonné de constater que parfois les gens ne font pas la différence entre Blase et les Puritaines, nos personnages, et qui nous sommes dans la vraie vie. Ceux qui nous suivent depuis longtemps sont habitués aux conneries qu’on raconte ! En revanche, on se demande comment vont réagir les gens qui nous découvrent. »
Pas facile tous les jours de jouer le rôle d’un connard ! Peu importe, c’est si drôle qu’on en redemande ! Fan de leurs chansons, je leur demande justement si, parallèlement à leur spectacle, ils vont continuer les concerts habituels :
« On va freiner pas mal les concerts, sauf si on nous propose des premières parties intéressantes. On continuera aussi à en faire sur un mode plus détente, chez des amis comme ici à la Cave du marché. Ce sera l’occasion de faire nos reprises assez décalées qui plaisent toujours. Comme celle de Lorie avec “moi je préfère rester toute seule” ! Mais il est vrai que l’objectif va être de défendre notre spectacle sur les routes. »
A côté de cela, ils sont aussi très contents de leur nouveau clip, Les filles qui ont des chats, tourné chez Cat’s and cake (dans lequel, cher lecteur, tu peux m’apercevoir). Et pour la suite ? Nico se contente de me glisser :
« On ne s’interdit pas de faire plein d’autres choses où les gens ne nous attendent pas forcément ! »
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Plusieurs scrutins alternatifs ont été testés à Strasbourg, dans la salle de la Bourse, au premier tour de l’élection présidentielle. Dans ce bureau très marqué à gauche, Jean-Luc Mélenchon reste en tête 4 fois sur 5 mais Benoît Hamon lui ravit la première place une fois. La droite et l’extrême-droite dégringolent.
Le 23 avril, les électeurs de deux bureaux de vote tous situés dans la salle de la Bourse à Strasbourg avaient le droit de voter une deuxième fois. Dans le cadre d’une expérience menée par sept chercheurs universitaires, il étaient attendus à la sortie avec deux questionnaires.
Herrade Igersheim, chargée de recherche en économie à l’Unistra et au CNRS, a mené des travaux dont but était de tester d’autres modes de scrutin, où il était possible de donner un avis sur les 11 candidats. Sur les 1 874 électeurs des bureaux de la Bourse, 1 071 ont accepté de répondre (57% de « participation ») à ce test.
Approuver…
Dans un premier temps, il fallait dire à quel(s) candidat(s) on donne son approbation ou non, il était possible d’en choisir plusieurs… À ce petit jeu là, Jean-Luc Mélenchon reste en tête dans ces bureaux où il l’avait emporté (voir graphique ci-dessous), mais Benoît Hamon passe de la cinquième à la deuxième place. Emmanuel Macron, Philippe Poutou (!) et François Fillon suivent la marche. En moyenne, les participants ont donné un « avis favorable » à 2,41 candidats par « vote » alternatif.
… ou noter
Un troisième mode de scrutin demandait de noter les candidats : de 0 à 3 ; de 0 à 2 ; de -1 à + 1 ou de -1 à + 2. Différentes échelles de notations ont été testées aléatoirement (environ 230 réponse par échelle). Le classement final s’en est à chaque fois retrouvé chamboulé.
Là encore, Benoît Hamon remonte à chaque fois. Deux fois deuxième et une fois troisième, il arrive même en tête selon l’une des 4 échelle de notation. Sinon, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’emporte.
A contrario, Marine Le Pen et François Fillon régressent. La candidate du Front national se retrouve même deux fois bonne dernière lorsque la notation inclut des scores négatifs (-1 à 2 ou -1 à 1). Emmanuel Macron maintient son rang ou passe troisième.
La principale conclusion de cette étude permet de chiffrer un sentiment qui a émergé lors de la campagne : les électeurs de Jean-Luc Mélenchon appréciaient aussi Benoît Hamon, dont le programme était proche. Mais dans le scrutin uninominal classique, ils n’avaient qu’un bulletin de vote pour exprimer leur préférence. C’est aussi en partant de ce constat que plusieurs mouvements se forment à gauche.
Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon en tête au niveau national
Extrapolés à l’échelle nationale, ces résultats auraient propulsé comme duo de tête au soir du premier tour de l’élection présidentielle Emmanuel Macron (44,20% d’approbation) et Jean-Luc Mélenchon (43,25%). Le leader d’En Marche l’aurait emporté avec l’approbation et le vote entre 0 et 3. Celui de la France insoumise devance le nouveau président avec les trois autres notations
Président ou cinquième ? Tout est question de mode de scrutin (Photo Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg)
Parmi les 6 candidats arrivés plus loin à la Bourse comme au niveau national, on constate assez peu de changement, si ce n’est une remontée Philippe Poutou et à degré moindre de Nathalie Arthaud. C’est assez logique dans ce bureau de vote davantage marqué à gauche qu’ailleurs à Strasbourg et bien sûr en France.
Les électeurs de droite répondent moins
Les électeurs de ces deux candidats ont moins souvent répondu (ou davantage menti !) aux enquêteurs que ceux des autres candidats, mais ces résultats ont été dans la mesure du possible « redressés » compte tenu du score de chacun. Cette technique est néanmoins « imparfaite », nuance l’auteur.
Dans 4 autres villes françaises
Les mêmes travaux ont été mené dans 4 autres localités, à Hérouville Saint-Clair (Calvados), et trois communes d’Isère, Grenoble, Crolles et Allevard-les-Bains, avec parfois d’autres notations. Tous les scientifiques concluent que ces modes de scrutin sont accueillis favorablement et poussent vers le vote des personnes qui ont voté blanc. Enfin, ils évitent les affres du « vote utile ».
Les mêmes conclusions ressortent, à savoir des augmentations des scores de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon, ainsi qu’une baisse de ceux de François Fillon et de Marine le Pen.
Dans ces 5 bureaux alternatifs, le score de Marine Le Pen était plus faible que sa moyenne nationale. Les auteurs de l’étude ont attendu fin juin pour divulguer ces résultats, de peur d’influencer le second tour et les élections législatives.