Star des cours de récré depuis le printemps, le hand spinner, présenté comme un moyen de réduire le stress des enfants, n’est pas aussi inoffensif qu’il en a l’air. La préfecture du Haut-Rhin met en garde contre le jouet.
Difficile de passer à côté du « phénomène » hand spinner. Ce jouet, créé il y a une vingtaine d’années et qui a désormais ses propres boutiques, s’apparente à une toupie à trois branches qu’il s’agit de faire tourner entre ses doigts. Depuis le printemps, il a colonisé les cours de récré en France et s’arrache à tous les prix (mais plus de 5€, c’est l’arnaque quand même). On lui prête de nombreuses vertus : il apaiserait les enfants, favoriserait leur concentration, voire occuperait les enfants hyperactifs.
Le hand spinner a fait de nombreux émules depuis son apparition en France. (Photo Robert Couse-Baker / Flickr / cc)
Un risque pour la santé
Non seulement ces vertus ne sont pas prouvées scientifiquement, mais il s’avère que la toupie peut devenir une source de danger pour les enfants. Aux États-Unis, une fillette de 10 ans s’est retrouvée aux urgences après avoir avalé une pièce qui s’était détachée de son hand spinner.
Il existe des hand spinner pour tous les goûts, mais il faut vérifier quelques détails avant d’en acheter un. (JoanDragonFly / Flickr / cc)
Pour faire face aux éventuels risques liés à l’utilisation du hand spinner, la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des personnes (DDCSPP) du Haut-Rhin a émis une liste de recommandations. Il faut par exemple s’assurer que la mention CE figure bien sur le jouet ou son emballage, gage de conformité avec la réglementation en vigueur. Ce dernier doit aussi comporter le nom du fabricant ou de l’importateur et un numéro pour permettre son identification.
Enfin, un avertissement d’âge doit être visible. En effet, le hand spinner est fortement déconseillé aux enfants de moins de 36 mois, en raison justement du risque de perte de petites pièces susceptibles d’être ingérés. S’il apaise les enfants, le hand spinner est loin d’en faire de même avec les parents.
Salah Koussa n’a obtenu que 1,52% des voix dans la première circonscription du Bas-Rhin aux élections législatives. Mais il a gagné le cœur des habitants de Hautepierre. Novice en politique et sans étiquette, l’enfant du quartier a occupé la seconde position dans presque tout le quartier populaire de l’ouest de Strasbourg. Portrait.
Après cinq semaines d’absence, Salah Koussa, 36 ans, a retrouvé son emploi de cadre commercial à Strasbourg. Il a posé des congés payés et sans solde pour se présenter, sans étiquette, aux élections législatives dans la première circonscription du Bas-Rhin. Pourquoi ? La chemise un peu ouverte mais pas trop, ce patron d’un magasin Darty s’assied devant son petit bureau, « c’était l’endroit le plus pratique pour se rencontrer, » explique t-il presque en s’excusant.
Peu habitué aux interviews et novice en politique, l’enfant du quartier de Hautepierre semble s’être vite rompu aux techniques de communication politique et sait déjà manier l’art de ne pas répondre aux questions qui l’embêtent. Cependant, il le fait avec un sourire gêné.
« Je voulais réussir »
Jeune, Salah Koussa se rêvait en star de l’athlétisme ou du foot. « Je voulais réussir, » explique t-il. Réussir est un terme que ce commercial utilise beaucoup. La réussite, ici, c’est changer de classe sociale, s’élever, casser les déterminismes. Aujourd’hui, bien que son activité sportive se cantonne à un rapide tour du parc de l’Orangerie le dimanche matin et à quelques matchs de foot la semaine, le Strasbourgeois semble fier de son parcours et explique avoir trouvé sa voie dans le commerce. Après avoir obtenu un BTS au lycée René Cassin à Strasbourg, être passé par l’alternance, Salah Koussa a gravi un à un les échelons des grandes enseignes commerciales : « j’ai commencé par être vendeur, maintenant je suis directeur, » dit-il comme si cela allait de soi.
Le trentenaire préfère ne pas se voir affublé de l’étiquette de « self made man. » Il explique ne pas être le seul à avoir réussi une carrière professionnelle tout en étant issu de Hautepierre, il s’inscrit dans un mouvement plus général qui met les déterminismes au pas. Un positionnement proche de celui d’En Marche ? Ça se discute :
« Je suis progressiste et je pense qu’avec de la volonté et un peu d’aide, chacun peut arriver là où il veut être. Il y a un immobilisme ambiant qui paralyse tout, ma candidature s’est inscrit contre cet espèce de défaitisme. Et vous savez, En Marche on les a découvert il y a à peine un an, moi ça fait un peu plus longtemps que je suis dedans. Mon travail personnel, celui d’accompagner les jeunes d’ici, je ne l’ai pas commencé il y a un an.
Si Salah a décidé de se présenter aux élections législatives c’est pour, dit-il, « essayer de faire vraiment bouger les choses. » Impliqué dans la formation et l’avenir professionnel des jeunes de son quartier, il estime que, malgré les nombreux discours qui ont été prononcés sur la jeunesse des quartiers, rien n’a réellement été fait pour elle. Avec sa candidature, il voulait représenter ceux qu’il appelle « les déçus de la politique » pour leur donner une autre voie que celle du vote protestataire ou de l’abstention :
« Il faut faire participer tout le monde, sinon ça ne marche pas. On travaille à faire tomber certaines barrières, il faut comprendre qu’en travaillant ensemble, tout est possible. La France a une superbe jeunesse qui n’attend que ça, d’être prise en considération. »
Pendant sa campagne le candidat a multiplié les apparitions aux côtés des associations locales, ici au repas des membres de l’association AMI, Animation Médiation Insertion (doc remis)
80% de ses voix sur les 6 bureaux du quartier
Un engagement qui ne date pas d’hier. Dans ce quartier populaire de l’ouest de Strasbourg, presque tout le monde connaît Salah. Résultat : sur les 6 bureaux de vote du quartier, qui se sont abstenus à plus de 70% des inscrits, Salah Koussa est arrivé deuxième 5 fois. Cette proximité, premier argument du candidat, s’est traduite jusque dans l’organisation de la campagne de ce néophyte de la politique : directeur de sa propre campagne, pas de bureau de campagne, pas d’intermédiaire.
Selon un éducateur de rue présent depuis plus de 10 ans sur ce terrain, des jeunes se sont retrouvés dans sa candidature parce qu’ils le connaissent et qu’ils s’y identifient :
« Ici tout le monde le connait, lui et sa famille, parce qu’il n’est pas le seul à être engagé. Son frère est à la tête de l’association Declic, ils interviennent dans le collège pour présenter différents métiers et échanger sur les questions d’orientation. Salah aide à faire émerger de nouvelles personnalités et je trouve ça intéressant. Son très beau score sur Hautepierre, ce n’est pas un hasard, il a ses connaissances, son réseau et des relais intéressants. Il devrait capitaliser là-dessus et continuer à travailler sur le reste du territoire. Il est jeune, il faut qu’il continue. »
La question de son avenir en politique se pose avec d’autant plus de vigueur que la méfiance envers les élus locaux se fait de plus en plus forte. Ici, un tel engouement pour une candidature politique est notable, selon un des responsables du Ricochet, l’antenne du centre socio-culturel du quartier à destination des jeunes :
« Sa candidature… Je me suis dis pourquoi pas. Ici, on ne se sent pas représentés, c’est rare qu’on nous sollicite. Les autres candidats, on ne les voit qu’en période électorale alors que Salah, il a joué au foot dans le quartier, il est impliqué ici, il a aidé, conseillé, et même salarié beaucoup de jeunes du quartier. »
Une campagne des législatives et puis s’en va ?
Le principal concerné, pour qui ces six semaines en tant que candidat aux législatives ont été une première expérience politique, n’exclut d’ailleurs pas de continuer l’aventure. Aux élections municipales de 2020 peut être ? Pour l’instant, Salah préfère laisser ces questions en suspens et explique se remettre tout juste d’une campagne « épuisante, » qui lui a beaucoup coûté.
Pour financer sa campagne, l’ancien candidat a directement puisé dans ses économies, à hauteur de plus de 10 000 euros. Une somme conséquente qui est principalement passée dans l’achat des bulletins et des tracts. Comme il n’a pas dépassé 5% des suffrages exprimés, il ne sera pas remboursé par l’État. L’ancien candidat reçoit de la part de certains habitants des dons pour l’aider à renflouer ses comptes. Un investissement important en temps et en argent que le commercial ne regrette absolument pas :
« C’était une belle expérience et j’ai pu voir, de l’intérieur, comment se passait une campagne politique. J’ai aussi pu découvrir différemment les élus, les humains derrière les étiquettes, leur parler et se rendre compte, qu’au delà des divergences idéologiques qu’on peut avoir, ils font un travail difficile. »
Les tracts et les bulletins de vote, le plus gros poste de dépense pour cette candidature auto-financée par le candidat (doc remis)
Il est cependant certain qu’un tel poids électoral sur un quartier si difficile à mobiliser ne pourra pas être négligé par les futures têtes de listes aux élections municipales de 2020. Salah avoue que certains « gros partis » l’ont déjà sollicité, mais pour l’instant, il explique ne pas se reconnaître dans leurs offres politiques. Le commercial assure s’être présenté à cette élection pour apporter « une nouvelle voix dans le débat public, » pas pour asseoir une quelconque légitimité lui permettant de se placer sur une liste pour les municipales.
Pour Louis Schalk, le directeur du centre socio-culturel de Hautepierre, c’est surtout sa réussite personnelle qui a séduit les habitants du quartier :
« Il fait partie d’une génération de jeunes dont certains ont bien réussi. Maintenant qu’il a une position intéressante, il veut en faire profiter les gens du quartier. Je savais qu’il avait envie de s’investir dans des projets associatifs. Là c’était plutôt politique mais ça ne m’a que moyennement étonné. C’est quelqu’un qui avait envie de s’engager et c’est plutôt une bonne chose par ici. »
Après avoir été interrompu à plusieurs reprises par les sollicitations de ses employés pendant l’entretien, il est temps pour Salah Koussa de remettre sa casquette de directeur de magasin. Ce rôle qu’il a dû laisser de côté pendant cinq de ces six semaines de campagne, lui plaît. Il aime son domaine, son enseigne et son emploi. Il semblerait cependant que l’exercice d’un mandat politique ne soit pas non plus pour lui déplaire. « Oui, mais ce n’est pas un métier » finit-il par conclure.
Une dizaine de collégiens du Neuhof à Strasbourg sont partis en tournée à travers la France après seulement un an de pratique musicale. Accompagné par les professeurs de l’école de musique et des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg (OPS), le NHF Orchestra fait tomber les barrières.
Au centre socio-culturel du Neuhof au sud de Strasbourg, c’était l’heure des dernières répétitions pour le NHF Orchestra vendredi 7 juillet. Une dizaine d’élèves du collège Stockfeld peaufinent leur interprétation de Eye of the tiger puis de La marche Impériale, un morceau de la bande originale de Star Wars. Les flûtes à gauche, les cuivres à droite et au centre la batterie. Le tout sans partition. Le solfège n’est pas la priorité, les élèves apprennent à l’oreille.
L’ambiance est à la rigolade entre les collégiens, mais Gauthier, professeur de musique et chef d’orchestre pour l’occasion, sait rappeler sa petite troupe à l’ordre. Les musiciens n’ont qu’un an de pratique, pas question pour autant de faire n’importe quoi.
Les collégiens ont découvert la musique dans leur classe « parcours artistique » au collège du Stockfeld. (Photo MP/ Rue89 Strasbourg)
Un projet porté par les collégiens
L’orchestre est né en 2016 dans une classe de sixième. Les collégiens inscrits en parcours artistique, mais novices en musique, y découvrent, peu convaincus, la pratique de la flûte, du saxophone ou encore de la trompette. Après quelques mois, un petit groupe émerge avec l’envie de sortir leur musique du collège. Laetitia Quieti, directrice de l’école de musique du CSC Neuhof, se souvient :
« Ça fait 7 ou 8 ans que la classe parcours artistique existe. L’année dernière on a eu une classe qui, paradoxalement, était la plus difficile en termes de comportement. Ce sont pourtant les premiers à avoir émis le souhait de continuer la musique. Ils ont créé ce collectif et choisissent les morceaux qu’ils veulent faire. On les guide mais c’est leur projet. »
Musique trop lente, mauvaise note, rien n’échappe à la directrice. Laetitia Quieti est aussi là pour remettre en place les retardataires et les moins disciplinés quand un gros mot leur échappe. Il faut canaliser le groupe qui déborde d’énergie. A l’avant, Malik, le jeune saxophoniste décide de jouer avec des lunettes de soleil avant d’enchaîner quelques pas de danse. Entre deux morceaux, des rires s’échappent de la rangée des trompettes, les discussions divaguent.
Aux côtés de Laetitia Quieti, cinq autres professeurs ont contribué à la réalisation du projet. C’est bénévolement que quatre d’entre eux continuent d’accompagner le NHF Orchestra. Les instruments de musique appartiennent à l’école de musique qui accueille l’orchestre pour ses répétitions.
La musique dans l’orchestre se fait sans partition, les musiciens apprennent à l’oreille. (Photo MP/ Rue89 Strasbourg)
Revaloriser l’image du quartier
Aujourd’hui l’orchestre n’a plus le droit à l’erreur. Cette répétition est la dernière avant une tournée de neuf jours à travers la France, du 9 au 18 juillet. Au programme, des concerts presque tous les soirs notamment au festival Musikal’été à Privas en Ardèche mais aussi au Festival d’Avignon. L’occasion surtout de sortir du quartier et de découvrir d’autres lieux : Saint-Joseph-des-Bancs (Ardèche), Marseille ou Aix-en-Provence et rencontrer d’autres jeunes aux projets similaires. Laetitia Quieti explique:
« La tournée c’est avant tout pour valoriser leur travail. Mais ça permet également de revaloriser l’image du Neuhof, parce qu’il se passe des choses superbes dans nos quartiers… C’est l’occasion de les emmener dans des endroits différents que ceux qu’ils connaissent. On va par exemple loger dans un village de 200 habitants. De manière générale, l’orchestre permet de les emmener dans des lieux qui ont des codes différents. Maintenant, ils sont par exemple très à l’aise au conservatoire avec les musiciens de l’orchestre philharmonique. Ils ne pensent plus que ce n’est pas leur monde, que ce n’est pas pour eux. »
Comme les professionnels, les collégiens ont le droit à leur moment d’improvisation. (Photo MP/ Rue89 Strasbourg)
Pour que le projet voie le jour, le NHF Orchestra, accompagné par l’école de musique du CSC du Neuhof a dû trouver des financements, 14 000€ au total. Une somme récoltée grâce à des partenariats, des dons privés et une subvention de la ville de Strasbourg mais aussi via un financement participatif sur Internet. L’orchestre a également organisé des concerts pour compléter son budget, un avantage selon Dahlia, élève de cinquième et trompettiste :
« On a l’habitude de faire des concerts en public, donc on n’est pas trop stressés. Pourtant, même si dans ma famille il y a beaucoup de guitaristes, je ne pensais pas qu’un jour je ferai moi aussi de la musique. Ça me plait beaucoup. »
Des musiciens professionnels comme parrains
La fin de la répétition approche. Pierre Carette, musicien à l’orchestre philharmonique de Strasbourg (OPS), est venu les soutenir. Chaque collégien du groupe est parrainé par un musicien professionnel. Une façon de les accompagner, mais aussi de légitimer le projet.
Ce parrainage est né de la résidence de l’orchestre symphonique dans le quartier du Neuhof. Pendant deux ans et sur demande de la Ville de Strasbourg, les musiciens de l’OPS se rendent à la rencontre des habitants du Neuhof. Ils y organisent des concerts, des ateliers et interviennent dans les classes du quartier. Des résidences de ce type ont déjà eu lieu à la Meinau et à Koenigshoffen. Antony Ernst, délégué artistique de l’OPS, précise:
« Ces résidences sont un moyen de montrer aux gens que nous ne sommes pas élitistes. L’OPS est parfois accusé de ne pas s’adresser à tout le monde… C’est faux, la musique est universelle. Ces résidences nous permettent de sortir de nos murs, de faire découvrir l’OPS aux enfants et de toucher tout le monde. Par exemple, un violoncelliste est allé jouer dans les couloirs d’une école au moment où les élèves changent de classe. De petits concerts pour les habitants ont aussi été organisés. »
Les collégiens pratiquent désormais la musique au sein de l’école de musique du centre Social et Culturel du Neuhof. (Photo MP/ Rue89 Strasbourg)
Deux semaines aux côtés des stars de l’OPS
Les collégiens du NHF Orchestra ont passé deux semaines aux côtés des musiciens de l’OPS. Ils ont assisté à leurs répétitions, pris des cours de musique avec eux et partagé des moments plus informels comme leurs repas. Certains musiciens ont alors accepté de parrainer un collégien du groupe et le lien s’est maintenu. Les musiciens en herbe ont tous le numéro de leur parrain et peuvent l’appeler s’ils en ont besoin. Certains parrains, comme Pierre Carette ce jour là, viennent régulièrement leurs rendre visite.
Avant le départ en tournée dans deux jours, le parrain hautboïste souffle un dernier conseil :
« Tenez-vous droit, c’est très important. Ça se voit depuis le public et ça se ressent dans la musique. Mais c’est très bien, il y a du progrès. »
À la rentrée l’orchestre devrait continuer sa pratique et pourrait s’ouvrir à de nouvelles recrues. Laetitia Quieti précise toutefois : « c’est le projet des collégiens. »
Un rapport de la Cour des comptes européenne interroge l’utilisation des fonds de la politique agricole commune (PAC) dédiés aux jeunes agriculteurs. En Alsace, ces derniers sont loin d’être sereins : s’ils savent le rôle crucial qu’ils jouent dans la société, ils craignent malgré tout pour leur futur. Surtout quand les retards de paiement des aides supposées les maintenir à flot s’accumulent.
Dans sa ferme à Witternheim, au sud de Strasbourg, Kevin Goetz s’active. Mouvements vifs, mine concentrée, il ne relâche pas la pression. Il a commencé sa journée à l’aube et sait déjà qu’il ne sera pas rentré avant l’heure du JT. Pour lui, les 35 heures hebdomadaires ne sont que chimère ; il travaille plus du double. Il s’octroie une heure de pause à midi, jamais plus : 70 vaches, ça n’attend pas. Puis il doit aussi s’occuper des cochons et des poulets, faucher l’herbe, irriguer les champs, entretenir les cultures ou mettre le foin en rouleau…
A Witternheim, malgré des journées de travail titanesques, Kevin Goetz prend soin de sa biquette, un cadeau de mariage. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Kevin Goetz est, selon le droit communautaire, un « jeune agriculteur », c’est-à-dire une personne âgée de moins de 40 ans au moment de son installation. En 2013, ils étaient 2,3 millions en Europe – contre 3,3 millions en 2005. Ces jeunes agriculteurs font l’objet d’aides spécifiques de l’Union européenne (UE) car Bruxelles a bien conscience de la nécessité de stimuler la compétitivité des exploitations et de faciliter le renouvellement des générations dans l’agriculture.
Trouver des successeurs
Dans cette optique, l’UE a ainsi affecté, entre 2007 et 2020, quelque 9,6 milliards d’euros à des mesures d’aides visant spécifiquement les jeunes agriculteurs. Un coup de pouce bienvenu, mais largement insuffisant aux yeux d’Etienne Losser, vice-président des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin :
« Dans dix ans, 80% des exploitants auront plus de 50 ans. Il faut leur trouver des successeurs. Pour chaque personne qui part à la retraite, un jeune agriculteur devrait reprendre le flambeau, pour éviter les reventes de fermes, leur regroupement et l’émergence de vastes holdings. Mais racheter une exploitation coûte cher – rarement moins de 500 000 euros. S’il y a du bétail, ça chiffre encore plus. Or souvent, les aides à l’installation permettent à peine d’acheter un tracteur d’occasion. »
Entre 2007 et 2020, l’UE a déboursé 9,6 milliards d’euros d’aides visant spécifiquement les jeunes agriculteurs. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
L’utilisation de telles aides de l’UE a été passée au crible par la Cour des comptes européenne, basée à Luxembourg. Dans un rapport publié fin juin, l’institution chargée de veiller au bon usage des fonds communautaires expose ses conclusions :
« Le soutien de l’UE aux jeunes agriculteurs est fondé sur une logique d’intervention mal définie, qui ne comporte pas de description du résultat et de l’impact attendus. Il devrait être mieux ciblé pour favoriser un renouvellement efficace des générations. »
« La situation est délirante »
La politique agricole commune (PAC) repose sur deux piliers : le premier recouvre les « paiements directs », ces aides versées en fonction de la taille de l’exploitation et du type de culture réalisé. Les primes aux premiers hectares et autres aides à l’élevage ou à l’agriculture biologique en dépendent également. Certains pays de l’UE ont augmenté de 25% les paiements du premier pilier dédiés aux jeunes agriculteurs, mais la France n’en fait pas partie : elle a plutôt misé sur le second pilier.
Celui-ci permet notamment la distribution d’aides à l’installation. Ces « dotations jeunes agriculteurs » oscillent entre 8 000 euros (pour une exploitation en plaine) et 30 000 euros (pour un agriculteur qui s’installe dans une zone montagneuse). Mais leur octroi est conditionné à un acte de candidature fastidieux, que décrit Etienne Losser :
« Pour être éligible, le jeune agriculteur doit exposer ses antécédents : est-il issu d’une famille agricole ? Reprend-t-il une exploitation hors cadre familial ? Veut-il créer une exploitation de toute pièce ? Le jury détermine alors si le candidat a besoin ou non de formations, et cela pour éviter qu’un comptable qui n’a jamais touché la terre ne puisse devenir agriculteur, sans avoir les compétences nécessaires. C’est logique : on ne laisserait pas non plus quelqu’un sans permis devenir chauffeur ! Ensuite, il faut monter une sorte de “business plan”, dans lequel salaires et chiffre d’affaires potentiel sont estimés. »
En 2013, l’Europe comptait 2,3 millions de jeunes agriculteurs (moins de 40 ans), contre 3,3 millions en 2005. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Afin d’acquérir un quart de l’exploitation de ses beaux-parents à Witternheim (150 hectares au total), Kevin Goetz est passé par là. Il a bénéficié d’une aide de 14 000 euros. Pour lui, l’établissement d’un « business plan » sur cinq ans est une démarche saugrenue et peu adaptée aux réalités du monde agricole, où les prix varient et les aléas climatiques rendent difficile toute forme de planification. Le jeune agriculteur de 28 ans soupire en y repensant. Mais ses vrais griefs sont ailleurs :
« La ferme est passée au bio. Ce tournant correspond à nos valeurs et nous apprécions de voir la société évoluer dans cette direction. Les pouvoirs publics disent vouloir soutenir le bio, mais les aides qui nous ont été promises par l’UE ne nous sont pas versées, du fait, nous dit-on, de problèmes de logiciels informatiques ! Or pour nous, ces aides au bio représentent 30 000 euros par an. Elles font, malheureusement, partie de notre chiffre d’affaires. On en a à peine touché 30%. Les autorités repoussent sans cesse la date de paiement. En janvier, on nous dit d’attendre mars, en mars d’attendre juin, en juin d’attendre septembre… On essuie leurs conneries. Ils nous mettent en péril. La situation est délirante. Et au jour le jour, tout ça, ça gâche le moral. »
Respecter « le deal »
Paul Fritsch, le président de la section Grand Est du syndicat Coordination rurale (CR), se désole de cette situation, qui décourage et déstabilise le secteur dans son intégralité, et les jeunes agriculteurs en particulier :
« Quand un jeune s’installe, il est obligé d’investir. Des promesses d’aides lui sont faites, s’il se plie aux règles et aux contraintes de la Politique agricole commune (PAC). Or il faut que chacun respecte ses engagements. Face aux retards de paiement, nous avons décidé de ne plus accepter les contrôles des autorités. »
Kevin Goetz confirme : les prochains contrôleurs qui se présenteront sur sa ferme ne passeront pas le pas de la porte, puisque « les autorités ne respectent pas le deal ». En attendant, faute de voir les aides arriver, il a contracté un prêt de 26 000 euros. Quant à son salaire mensuel, il s’élève à 1 400 euros. Cuisinier avant de rejoindre la ferme, Kevin Goetz s’interdit tout regret. Au contraire, il apprécie, dit-il, ce travail où il ne connaît pas la routine.
Kevin Goetz a fait une croix sur une carrière de cuisinier pour devenir agriculteur. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Une subvention de 30 000€ sur 700 000… et amputée
Depuis 2016, sa ferme est dotée d’un nouveau hangar, pour les vaches. Elles produisent 500 000 litres de lait par an. Ce nouveau bâtiment a représenté un investissement de taille pour Kevin Goetz et ses proches : plus de 700 000 euros. Une aide à l’investissement de l’UE – à hauteur de 30 000 euros – leur a été attribuée. Mais celle-ci a été amputée de 20% – soit 6 000 euros – car la construction de l’édifice a été achevée avec six mois de retard par rapport à la date annoncée.
Pendant les travaux, une crise laitière a frappé de plein fouet l’exploitation ; difficile de tout mener de front. De plus, la famille Goetz a choisi de construire elle-même bonne partie du hangar pour diminuer les coûts, sans imaginer que les délais ainsi engendrés les pénaliseraient. Pour Michel Dantin, eurodéputé français du Parti populaire européen (le PPE, majoritaire dans l’hémicycle), c’est bien sur le pan des investissements que des efforts restent à fournir :
« La France applique rigoureusement le dispositif prévu pour les jeunes agriculteurs. Mais il est toujours possible de faire plus. Le premier problème des jeunes, quand ils s’installent et reprennent des exploitations vieillissantes, c’est d’investir. Les aides à l’investissement devraient donc être plus importantes. Et mieux adaptées. »
Une réforme de la PAC est prévue à l’horizon 2020. A charge pour Bruxelles de penser une meilleure formule, surtout pour les jeunes agriculteurs, et ce malgré un budget restreint car bientôt privé de la contribution des Britanniques, après le Brexit.
Dans un communiqué, l’Université de Strasbourg (Unistra) se félicite d’être parvenue à éviter les redoutés tirages au sort pour la rentrée 2017. Même dans les filières très demandées la licence de sciences du sport et activités physiques et sportives (Staps) ou bondées comme Psychologie, tous les premiers choix des bacheliers devraient être exaucés s’ils ont demandé Strasbourg et réussi leur examen d’entrée.
Étudiants à Strasbourg (Photo Quentin Verwaede / FlickR / cc)
Une performance quand même : en France, plus de 80 000 bacheliers attendent encore leur affectation en septembre. À Strasbourg, 170 candidats pour Staps et 66 pour psychologie « n’avaient pas encore reçu de place » jeudi, selon le communiqué de l’Unistra. Mais au final, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a rajouté les moyens financiers qui manquaient.
« Cette solution résout la situation tendue de cette année 2017-2018 mais elle ne règle pas le fond de la question. La mise en place de la rentrée reste un défi pour l’université et les équipes des facultés concernées. »
Rendez-vous en 2018 donc. Pour les nouveaux étudiants, l’université recommande d’attendre les propositions du service « admissions post-bac » (APB), qui devraient leur parvenir entre le 15 et le 17 juillet, avant de confirmer leur choix.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Les Black Cat Crossin’, groupe de blues rock strasbourgeois, ont sorti leur nouvel album, Too Many Things To Light. Rencontre avec Stéphane, le chanteur.
J’ai déjà vu les Black Cat Crossin’ deux fois en concert, au Molodoï puis à l’Elastic. Et j’ai été charmée par la puissance brute, indomptable, qui émanait de ce groupe. Tout de noir vêtus, les musiciens dégagent une énergie impressionnante sur scène. Le chanteur séduit par la chaleur de sa voix et la sensualité de son charisme. Black Cat Crossin’, c’est un mélange harmonieux entre la grâce et l’élégance féline et le côté instinctif, des animaux sauvages.
Cela se retrouve parfaitement dans leur nouvel album, Too Many Things To Light Et celui qui nous en parle le mieux c’est justement le très élégant Stéphane qui évolue au chant.
Quelles sont vos différentes influences musicales ?
Stéphane : « Elles sont assez nombreuses ! On se décrit comme étant « à la recherche des racines de la musique actuelle. Déconstruisant le blues fondamental, le gospel noir et le rock garage brut, les cinq musiciens puisent leur inspiration dans une musique crue et bouillonnante où la recherche du groove reste la pièce maîtresse. » C’est un petit speech promotionnel mais tout ou presque est dit ici.
Chaque membre apporte sa pièce du puzzle, son angle et sa sensibilité dans les arrangements. Nous y passons beaucoup de temps, nous avons mis près d’un an pour l’écriture de l’album afin de soigner les ambiances et définir correctement la place de chacun !
« Structurer les morceaux comme chez Dylan ou Neil Young »
Dans le songwritting je vais chercher, avec un texte qui porte un thème musical, quelque chose qui structure le morceau comme dans le folk et le rock d’un Dylan ou d’un Neil Young, avec une vraie chanson comme architecture pour éviter le morceau-riff-qui-tourne avec un peu d’habillage. Puis, dans la progression d’accords et interprétation, on cherche à exprimer une atmosphère spécifique à chaque composition comme le fait Tom Waits.
Anthony, à la batterie, qui aime les beats lourds et puissants d’un bluesman actuel comme Bernard Allison par exemple va veiller à « ce qu’il se passe toujours quelque-chose. » Il cherche à ce que les morceaux groovent et travaille pour cela avec Théo.
Ce dernier, à la basse, a toujours quelque part en tête le son de groupes tels que Dead Weather ou le rock sale des années 70. Il est particulièrement attentif aux arrangements des compositions. La guitare de Jérémy est plus nuancée avec une propreté qu’on retrouve chez un Clapton par exemple, mais le blues rock d’un Rory Gallagher n’est jamais loin.
Enfin, les claviers d’Alexis viennent apporter la touche finale et lui va chercher dans des riffs de black-music qui font bouger des culs et des nappes gospel qui donnent la coloration finale aux compositions. »
Est-ce que l’esthétique du groupe est importante pour vous ? Je pense aussi à vos tenues sur scène. Là aussi, qu’est-ce qui vous inspire ?
Stéphane : « L’esthétique du groupe fait réellement partie de son identité. Cela nous permet d’être en personnage, de rentrer plus profondément dans l’interprétation. Nous sommes un groupe largement axé sur le live et cela participe à ce que nous voulons dégager sur scène. Tous les musiciens qui nous ont inspiré portaient physiquement la marque de leur musique sur scène. Je me vois mal chanter un de nos morceaux en t-shirt et claquettes ! Je trouverai cela presque irrespectueux vis à vis des musiciens qui nous ont formés et inspirés. Le style visuel du groupe est un hommage aux vieux bluesmens et jazzmens qui ont créé la base de tout ce que nous écoutons aujourd’hui.
« On n’imagine pas Howlin Wolf ou Sonny Boy Williamson en claquettes »
Vous ne trouverez pas d’image de Howlin Wolf ou de Sonny Boy Williamson en jeans claquettes. Cette esthétique est liée à leur histoire, à leur monde musical et culturel. C’était important pour eux de savoir véhiculer une image de marque, non seulement pour s’imposer en stature face au public blanc de l’époque, mais aussi pour imposer un univers sur scène.
Le contexte n’a rien à voir mais le principe est le même pour nous : c’est un marqueur de la lignée dans laquelle on se place. Peut-être un rejet du style plage californienne fluo ou d’une modernité un peu fadasse, je ne sais pas … On est un peu vieux-jeu de ce côté-là !
Mais c’est en constante évolution depuis le début, ce n’est pas quelque-chose de figé, on se cherche encore dans cet équilibre entre appartenance au passé et notre propre chemin. Cela étant on ne jouera probablement pas avec un costume de poney avec une guirlande au cou ! Il ne s’agit pas de se prendre trop au sérieux mais l’habit fait quand même le moine sur scène, cela participe à la magie de toute performance scénique. »
Photo : Victor Wilhelm
« On parle des aiguilles et des balais dans le cul »
Quel est le thème de votre premier album, qu’est-ce qu’il raconte ?
Stéphane : « L’album ne parle pas d’amour. Il ne parle pas de filles, ne parle pas de soirée et de fêtes au Copacabana. Il ne parle pas de hashtag-smile et de soirées arrosées de teenagers sur la plage.
Il parle de l’inverse de tout ça. Il parle de tout le reste. Des ratés, des gens cassés qui vivent dans l’ombre et les caniveaux, des milliardaires arrogants, des mafias légales mondialisées, des aiguilles dans le bras et des balais dans le cul. De ce grand et ridicule vaudeville dans lequel on patauge. De l’hypocrisie et des pauvres perdus qui ne croient plus en rien. Du stupre et de la fornication.
Ce n’est pas un joli album. Il n’est pas fait pour ça. Ce ne sont pas des protest-songs non plus, il n’y a pas de solutions proposées dans les brises et le vent mais plutôt des scènes de reportage gonzo.
Quels sont les concerts qui vous ont le plus marqué ?
Stéphane : « Tout le monde dans le groupe vit les concerts différemment, il est impossible d’en sortir une liste unanime pour tous les membres. Les grosses dates, comme au Dôme de Mutzig, au Molodoi, au Noumatrouff, ou à la Halle Verrière sont des expériences marquantes et nous avons adoré y jouer ! Nous avons joué dans des petites salles et des petits bars où l’ambiance, la réception, le rapport avec le public étaient de purs moments de bonheur, des moments réellement puissants qui resteront dans nos mémoires ! De l’humide caveau du Mudd Club, l’incroyable petite salle du Cœur de Bœuf à Lons ou un petit pub rock’n’roll à Nevers sont des dates tout aussi importantes que les « grosses » salles.
Bien évidemment, plus les dates s’éloignent de notre territoire de base, plus elles sont dures mais plus elles sont intéressantes. Il y a une notion de saut dans l’inconnu et de devoir réellement faire ses preuves dans un environnement plus vierge que lorsqu’on joue « à la maison ». C’est un peu comme démarrer une nouvelle relation, on se tâte, on se cherche, c’est compliqué mais excitant !
Et pour finir : pas trop dur d’être le patron du bar Le Local et en plus de trouver le temps pour un groupe ?
Il est clair que ça laisse très peu de temps libre pour suivre les Anges de la télé-réalité. Heureusement, il se trouve que je n’ai pas signé pour ça ! Ces deux activités sont certes chronophages mais me laissent une liberté totale en terme de créativité ainsi que pour l’organisation, ce qui n’a pas de prix ! De plus, les deux univers sont assez connexes ce n’est donc pas une montagne incohérente à surmonter. Donc pour répondre simplement, non, pas trop dur, j’adore ça !
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
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Insoumis, Coopérative, mouvement de Benoît Hamon, démocratie locale, « En Marche »… Les rencontres politiques directes ne vont pas manquer pour imaginer l’avenir à Strasbourg. Reste à savoir qui sera le plus convaincant.
Un peu lassé de la politique après sept mois d’élections primaires et générales ? La rentrée s’annonce pourtant foisonnante à Strasbourg. Avec souvent le but de « faire de la politique autrement » et davantage en lien avec les citoyens, de nombreux mouvements essaiment. Reste à savoir si la promesse sera tenue.
En toile de fond à Strasbourg, il y a aussi tout un électorat . . .
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Rencontre avec deux jeunes protestantes de l’Eglise réformée du Bouclier de Strasbourg. Elles n’ont même pas 40 ans à elles deux et parlent de deuxième famille, de regard critique sur les textes religieux, de camps de jeunes… et de leur entourage, sceptique sur leur foi affirmée.
Louise et Zélie sont engagées à l’Eglise du Bouclier, une paroisse « réformée » au cœur de la Petite France à Strasbourg. Fraîchement en vacances, elles se livrent avec enthousiasme sur ce que cela signifie pour elles.
Elles ont des profils plutôt différents, mais s’expriment presque d’une seule voix quand il s’agit de parler de foi et de l’ambiance dans leur paroisse. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont très convaincues ! Louise, 21 ans, est un peu la seule croyante de sa famille. Zélie, 16 ans, a un père pasteur et une grand-mère professeure de religion. Depuis ses 12 ans, elle suit le catéchisme à la paroisse du Bouclier, malgré un héritage familial plutôt luthérien. Elle a été de tous les camps de jeunes qui rythment la vie paroissiale, et dont une de ses animatrices était… Louise. Cette jeune étudiante en droit a des parents peu pratiquants, qui l’avaient inscrite au catéchisme par tradition familiale à la paroisse du quartier. Depuis, elle « baigne dedans ».
Zélie a déjà l’assurance et l’éloquence d’une adulte en devenir. C’est elle qui prend la parole en première quand il s’agit d’expliquer la particularité de son église :
« C’est un peu un protestantisme de base revisité de manière plus moderne, avec un esprit critique et une volonté de contextualiser les textes. C’est plus sobre aussi. Chez nous, pas de dorures, la priorité est au culte en lui-même. »
Un culte qui d’après elle est plutôt animé, et rassemble encore les foules, de toutes générations. Zélie raconte que ce sont des moments de joie et d’animation :
« Il y a de l’ambiance. On peut facilement prendre la guitare, il y a des jeunes, des seniors et des nouveaux-nés. »
Croire en Dieu en croyant aux autres
C’est ce qu’elles vont chercher dans les lieux de culte, dans leur paroisse : un sentiment de communauté. C’est un mot qui reviendra régulièrement dans la conversation. Leur rapport à la foi passe essentiellement par les activités de groupe, les camps de jeunes, les animations… C’est ce qui nourrit leur croyance, d’après Louise :
« Je recherche vraiment un esprit de communauté, la volonté de se retrouver tous ensemble. C’est quand même fort les émotions dans ces moments-là. On va apprendre les uns des autres, mais aussi des prédications du pasteur. »
C’est surtout les camps de jeunes qui semblent être la spécialité de l’église du Bouclier. Zélie est un pur produit du catéchisme du Bouclier, elle a fait tous les camps, et elle a adoré :
« Chaque année il y a trois camps pour les jeunes qui suivent le catéchisme : un camp ski, une retraite caté, et un camp spécifique pour ceux qui vont faire leur confirmation, pour bien s’y préparer. C’est sobre, c’est sans électricité. »
Un peu rude peut-être ? Pas du tout, d’après Zélie, qui adhère totalement au concept :
« Ça permet de vraiment se concentrer sur la confirmation, ça apporte beaucoup. A la fin de ces camps, il y a un groupe soudé qui se forme. Il y a vraiment quelque chose qui nous porte. Mais ce qui est bien, c’est qu’on laisse le choix, on ne force personne. Parfois certains décident de ne pas aller au bout de la confirmation. »
Pour Louise, peu importe les activités tant qu’elles donnent foi en l’Homme :
« Ce qui est bien dans notre paroisse, c’est qu’on peut vivre la foi différemment du catéchisme. Je vis la foi à travers les chants, les treks de plusieurs jours. C’est là qu’on s’entraide. Avant d’avoir foi en Dieu, je dirais que j’ai d’abord foi en les hommes et femmes avec lesquels je suis ».
Les deux jeunes femmes sont unanimes, la communauté est encore bien vivante et bien active :
« On arrive à avoir 40 jeunes par an sur les trois années, c’est pas mal ! Et les anciens sont toujours là. Il y a vraiment une identité, on parle même des fois de deuxième famille ».
Louise est moins investie dans sa paroisse depuis un peu plus d’un an, mais elle compte bien revenir aux cultes bientôt (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
Partir des textes… pour mieux les adapter à la société actuelle
Pour autant, l’église n’est pas juste une excuse pour se retrouver entre amis. La religion en elle-même, les textes et la théologie ont une grande importance dans leur cheminement. Si le catéchisme chez eux se décline beaucoup en-dehors de l’église, ils n’oublient pas de se pencher sur les messages de la Bible, y compris pendant les camps.
C’est une particularité des réformés, d’après Zélie, qui ne tarit toujours pas d’éloges sur son courant religieux :
« Quand on part avec les groupes, on a des réflexions tous les jours sur des thèmes divers et on interprète les textes, qui peuvent s’appliquer à tous les sujets. C’est ça la force de notre religion. On a travaillé sur la mort, la place de la religion dans l’entreprise, le mariage, le fait de baptiser des enfants sans leur demander… »
Pour elle, cette manière de pratiquer rend les individus plus ouverts et les enrichit. La foi serait un plus dans la vie des gens :
« Nos réflexions nous offrent du recul sur la religion, et sur la vie en général. Grâce à tout cela, je me sens plus ouverte. Le Bouclier fait de nous des individus originaux, éclectiques, tolérants. J’appréhende les choses avec plus de maturité. Je ne vois pas du tout cela comme un handicap ou une corvée ».
A 16 ans, Zélie sait déjà ce qu’elle fera de sa vie : pasteure. (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Séparer vie de croyante et d’étudiante
En ce sens, les deux jeunes femmes regrettent qu’il y ait une image erronée des religions, et de moins en moins de croyants. Zélie est la seule croyante de son entourage, et voudrait que cela soit vu autrement :
« La religion est presque devenue un tabou, aussi à cause des guerres et des attentats. Les gens pensent que c’est la faiblesse de l’homme. Mais si on arrive, comme chez nous, à avoir cet esprit ouvert, d’entraide, si les gens voyaient tout cela, ce serait différent ».
Car leur entourage est très sceptique sur leur engagement. Elles passent beaucoup de temps à la paroisse et n’en disent que du bien. Alors les jeunes filles séparent un peu leurs activités. A la ville, elles sont des étudiantes qui sortent entre amis, et préparent le bac ou les examens, et ne mentionnent pas trop leur facette de croyantes. Car les réactions ne sont pas très encourageantes, comme le raconte Louise, seule croyante parmi ses amis :
« Bien sûr qu’il y a des athées tolérants. Mais c’est toujours difficile pour eux de comprendre, c’est plutôt inconcevable. Ils me demandaient pourquoi je passais autant de temps au Bouclier. »
« Plein la figure »
Zélie confirme que parfois, elle s’en prend « plein la figure », surtout depuis qu’elle a décidé d’étudier la théologie pour devenir pasteure :
« Quand une fille de 16 ans dit qu’elle veut faire de la théologie, ça fait un choc. Les gens cherchent une raison, ils veulent que tout serve à quelque chose. Ils n’arrivent pas à comprendre qu’il y ait des choses qui ne s’expliquent pas, ou qu’on ne veut pas expliquer. »
Elle insiste, il s’agit d’une vie moins monacale qu’on pourrait le croire, et pas incompatible avec une vie sociale :
« Les gens ont cette image du pastorat où on travaille le dimanche matin et pour les enterrements. Alors qu’en fait il faut être polyvalent, accompagner les gens dans les moments compliqués… ll faut avoir des capacités d’éloquence, et aimer le contact avec le public. »
Elle estime aussi que c’est la souplesse des règles de vie propre aux religieux protestants qui lui permet d’envisager un tel engagement :
« Je ne sais pas si je le ferais s’il y avait comme dans la religion catholique la règle du célibat et tout ça. Là on peut, d’une part, s’engager en étant une femme, et d’autre part, avoir une vraie vie à côté. Je trouve ça vraiment bien. »
C’est surtout dans les camps de jeunes que Louise et Zélie renforcent leur foi (Photo remise/Eglise du Bouclier)
Loin du groupe, une foi intérieure à trouver
En-dehors des groupes, elles prennent parfois le temps d’y réfléchir en leur fort intérieur, en-dehors des textes aussi, pour revenir à la pure relation à Dieu.
Louise explique qu’elle n’est pas trop « du genre à prier », mais qu’elle a eu un jour un déclic :
« Je me demandais ce qu’était finalement la relation qu’on avait avec Dieu. Et un jour quelqu’un m’a dit qu’il priait Dieu pour le remercier, pas pour lui demander quelque chose. Le remercier quand on voit des beaux paysages, quand on voit des jeunes réunis dans un but commun… C’est un conseil qui m’a beaucoup parlé. »
Zélie de son côté cultive depuis longtemps ce volet intérieur de la foi et abonde dans le sens de sa camarade :
« En fait c’est cela, on ne nous demande pas de prier spécifiquement, mais d’être conscient des choses et d’avoir de la gratitude. Pour ma part je prie à chaque repas et tous les soirs. »
Pour Louise, croire en Dieu, c’est avant tout croire en les autres, avec qui elle a partagé des moments particuliers, comme lors du camp de ski annuel (Photo remise / Eglise du Bouclier))
En grandissant, elles évoluent un peu plus vers cette foi plus intérieure. A l’âge adulte, les camps et activités de jeunes ne sont plus de mise, et Louise témoigne du fait qu’il faut redéfinir sa pratique. Elle a décidé récemment de prendre un peu de distance pour réfléchir :
« Depuis que j’ai 20 ans et que je n’anime plus de groupe, j’ai décidé de prendre du recul pour me pencher seule sur ma foi . Surtout, il faut laisser la place aux jeunes. L’an dernier on m’appelait déjà l’ancêtre ! Mais ça me manque quand même. Je vais peut-être bientôt revenir aux cultes. »
Pour Zélie, c’est pour l’instant tout réfléchi. Elle ne pense pas changer d’avis sur sa vocation :
« Je pense qu’il n’y a rien de plus beau que je pourrais faire de ma vie ».
Mais dans l’immédiat, il faut se préparer à l’un des derniers camps auxquels elle participera : le camp « Togo », une expérience d’un mois en Afrique en partenariat avec d’autres associations qui s’occupent d’enfants victimes de violences. Aussi, le voyage est censé être formateur pour les jeunes, comme l’explique Zélie :
« Ce genre d’expérience permet aussi de réaliser le confort qu’on a ici. Comme toujours, on est dans cet esprit de renouveau, de prise de conscience, commun à tous les camps ».
Fin juin, les élus strasbourgeois passés chez « En Marche » ont fondé un groupe au conseil municipal. La grande majorité venant de la liste PS, l’ambition n’est pas de se distancer de l’action du maire Roland Ries (PS), mais de « porter la voix de la majorité présidentielle » dans les débats locaux.
Les observateurs ont pu avoir un premier aperçu fin juin
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Pour fêter dignement la Fête Nationale, Strasbourg propose un traditionnel bal populaire place de la Bourse et un feu d’artifice place de l’Étoile. La circulation automobile et des tramways est perturbée autour de ces deux places à partir du 13 juillet et jusqu’au 15 juillet.
Dimanche 14 juillet, c’est la Fête Nationale ! Pour célébrer dignement la République française fondée en 1789, la prise de la Bastille et la Fête de la Fédération, Strasbourg organise comme partout en France un feu d’artifice, qu’on appelle désormais un « spectacle pyrotechnique » (c’est plus classe), tiré à partir de la place de l’Étoile. Mais avant et après, la Ville propose aussi un petit bal populaire place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny (place de la Bourse).
Le rendez-vous est donné dimanche à partir de 19h avec exactement les mêmes artistes que l’an dernier : l’ensemble Medley suivi de DJ Guinguett’A pour quelques pas de danse, jusqu’à 0h30. À cette heure là, tout le monde au lit comme d’habitude à Strasbourg, fête nationale ou pas.
Le feu d’artifice sera tiré à partir de 22h30. Il sera visible de la place de la Bourse, des quais Menachem Taffel ou du Général Koenig, des fronts du Neudorf ou encore devant le centre Rivétoile. Ces rues seront libérées de la circulation automobile et à partir de 18h, le tram ne circulera plus rue de la Première-Armée.
Passages de Rafales et d’un Eurofighter
En outre, samedi 13 juillet à 18h, place de la République, la prise d’armes mettra cette année à l’honneur le 501e régiment de chars de combat, unité historique de la 2ème division blindée du Général Leclerc. La place sera survolée par trois avions de l’armée de l’air allemande et de l’armée de l’air française: un Eurofighter allemand et deux Rafales français. Deux passages sont prévus, à partir de 17h30 puis en clôture, aux alentours de 18h30.
Des restrictions de stationnement
S’il est déjà difficile de se garer dans le centre de Strasbourg, les festivités du 14 juillet compliquent encore un peu plus la chose dès samedi matin. Les stationnements seront interdits du 13 juillet à 1h au 15 juillet à 12h sur la place du Maréchal de Lattre de Tassigny et dans de nombreuses rues près du lieu du feu d’artifice.
Les interdictions de stationnement pour les festivités du 14 juillet Photo : doc Ville de Strasbourg
Entrées, sorties et points Croix-Rouge pour le bal populaire et le feu d’artifice du 14 juillet Photo : doc Ville de Strasbourg
Des restrictions de circulation
Des perturbations de circulation des piétons, vélos et voitures sont également à prévoir dans cette zone du 13 juillet à midi au 15 juillet à midi à l’initiative des services de police.
La mise en place du feu d’artifice empêchera la circulation pour les piétons, cyclistes et automobilistes du 14 juillet à 5h au 15 juillet à midi sur :
la bretelle de sortie de la route du Rhin sur la route de Vienne (sens Allemagne-France)le quai du Général Koenig , entre le pont d’Austerlitz et le pont de la Bourse, trottoir et berge côté bassin Dusuzeaula route de Viennela promenade et la place Dauphinele parc de l’Etoile sauf le trottoir mixte de la voie Est pour les piétons et les cyclistesle rond-point Pierre Mendes-France
Les piétons, cyclistes et véhicules seront interdits lors du feu d’artifice du 14 juillet à 18h dans le périmètre de sécurité englobant les lieux suivants :
le parc de l’Etoile, dans sa totalité, sauf bus CTS jusqu’à 19hla rue de la Thumenau, entre le parc de l’Etoile et l’allée du Schluthfeldle pont de la Bourse et le pont d’Austerlitzla rue du Marksgarten , côté parc de l’Etoile
Perturbations des trams en début de soirée
Des perturbations des lignes A, D et E ainsi que sur plusieurs lignes de bus sont prévues dimanche soir (voir ici le détail).
De 18h00 à 21h00, les stations Etoile Bourse et Etoile Polygone ne sont pas desservies par les trams A, D et E.
À partir de 21h00 et jusqu’à la fin du feu d’artifice (23h15 environ) :
La circulation du tram A est interrompue entre les stations Lycée Couffignal et Langstross Grand’Rue.La circulation du tram E est interrompue entre les stations Lycée Couffignal et Landsberg.Quant au tram D, il ne circule pas entre les stations Landsberg et Langstross Grand’Rue.
Après 18h, les stations tram les plus proches sont Porte de l’hôpital (A, D), Schluthfleld (A, E), Landsberg (C, D, E) ou encore Winston Churchill (C, E).
Une navette bus est cependant mise en place au départ de la station Lycée Couffignal (lignes A et E) jusqu’au parc de l’Etoile, avec un départ toutes les 3 minutes entre 20h30 et 23h30.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Rue89 Strasbourg vous en parlait en mars, la flotte de voitures en libre service pour des trajets à sens unique (one way en anglais) Citiz va s’agrandir. Le doublement du nombre de Smart rouges et noires s’accompagne d’un agrandissement du périmètre où l’on peut laisser son véhicule en fin d’utilisation. Rappelons qu’il est possible d’en sortir pendant la réservation.
Comme le montre la carte ci-dessous, l’extension se fera vers l’ouest, à l’arrière de . . .
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Positionné à l’aile gauche de la majorité strasbourgeoise, Syamak Agha Babaei va lancer à son tour des réflexions sur l’avenir de la ville autour de la sociale-écologie, pour déboucher sur un collectif ou un mouvement politique.
Syamak Agha Babaei a l’habitude des grands travaux. Vice-président de l’Eurométropole en charge du logement, il visse son casque de chantier aux quatre coins de Strasbourg et des 32 communes environnantes. Mais à l’entame de la deuxième moitié du mandat municipal, il va tenter de mener une autre grande construction, de plusieurs années. Cette fois, moins de poussières et de coulées de béton, mais plus de rencontres en petit comité. Il s’agit d’un projet politique à long terme pour Strasbourg.
Lui n’a pas organisé de conférence de presse, ni annoncé la création d’un groupe, mais il commence à sonder qui est partant pour l’aventure. Certains membres du PS, où il a milité pendant 15 ans avant de rendre sa carte fin 2015 sur fond de désaccords sur la politique économique et la déchéance de nationalité, veulent l’aider. Dès la rentrée, il proposera des rencontres, publiques et fermées, pour repenser la ville à long terme.
Quelle ville dans 20 ans ?
Dans son bureau, le médecin urgentiste aborde l’avenir avec enthousiasme :
« Pour la fin du mandat je suis au clair. Je vais m’atteler à ma mission dans l’habitat que j’apprécie et continuer mon métier à 80% du temps. Pour le reste, je ne veux pas dépenser mon énergie dans des luttes internes mais questionner l’avenir de Strasbourg. À quoi voulons-nous que notre ville ressemble dans 20 ans ou 30 ans ? Catherine Trautmann (maire PS de 1989 à 1987 et 8 mois en 2000/2001, ndlr) avait cette capacité de projection. Le tramway ou le quartier de la Laiterie marquent encore la ville aujourd’hui. »
La forme est encore à définir : un mouvement, un collectif… mais elle se veut « souple ». Lui qui a adhéré au « Mouvement du 1er juillet » de Benoît Hamon, ne prétend pas en tout cas superposer cet engagement au niveau local. Cela semble être désormais l’ambition de La Coopérative, un mouvement strasbourgeois autour de 7 élus du conseil municipal.
Il est aussi conscient que se mettre derrière le candidat des 6% (mais champion des scrutins alternatifs) peut servir de repoussoir. De son côté, il espère créer une force politique locale « transpartisane » :
« Il y a forcément un imbrication entre national et local, mais c’est au niveau des villes que s’invente l’avenir. Elles concentrent les richesses mais aussi la pauvreté. Les clivages droite/gauche ou celui peuple/élites de Jean-Luc Mélenchon ne vont pas disparaître, mais ils ont montré des limites. »
Contre « les phénomènes de cour »
Quant à la création de deux nouveaux groupes au conseil municipal, il y voit « une accentuation des phénomènes de cour », uniquement « dans l’optique de se placer sur une liste 2020 ». Pour cette raison, il n’a pas rejoint la Coopérative :
« L’avenir de Strasbourg ne se dessine pas au sein du conseil municipal, mais avec les gens de la ville, les personnes mobilisées dans des associations ou des ONG. Mes positions sont connues et j’ai déjà pu exprimer mes oppositions avec le maire, je n’ai pas besoin de groupe. Je me suis fait à l’idée que je n’ai aucune obligation d’être réélu. Si ce n’est pas le cas, je reprendrai mon travail à plein temps. »
Avec une certaine franchise, il s’accorde « un droit à échouer ». À droite (Éric Senet) et à gauche (Éric Schultz), des élus ont déjà tenté des rencontres en dehors de tout cadre partisan, mais ces initiatives se sont vite essoufflées. Les rencontres qu’il va mener vont s’intéresser en particulier à la transition démocratique, sociale et écologique.
Syamak Agha Babaei a pas mal d’idées pour Strasbourg à l’avenir mais veut en parler avec les habitants (Photo Pierre France / Rue89 Strasbourg)
À l’assaut de la transition démocratique…
Sur la démocratie locale, il fait le constat simple que le dialogue n’est pas suffisant :
« Il n’y a pas d’espace où les élus et les habitants débattent réellement de leur ville. Il n’y a que les réunions publiques où les rôles sont convenus. On a fait des choses, mais on n’a pas tout réussi. Une instance comme le conseil de développement va dans ce sens. On est souvent réduit à des luttes micro-locales, parfois à l’échelle d’une rue, comme si les citoyens n’étaient pas capable de réfléchir à l’échelle de l’agglomération. Dans mon domaine du logement, on entend ceux qui sont contre, mais jamais les 20 000 personnes sur liste d’attente dans le parc social. »
… sociale…
Sur le volet social, il en appelle à « l’humanisme rhénan » de Strasbourg, souvent invoqué à tire-larigot par les dirigeants alsaciens :
« Otto von Bismarck (chancelier allemand de à) avait comme politique que personne ne devait terminer dehors. Cela parait inimaginable aujourd’hui à l’heure où parfois 500 personnes dorment dans la rue à Strasbourg. Il faudrait qu’on soit en mesure d’au moins proposer une solution à chacun. On ne peut pas être dans des batailles institutionnelles entre les financements de l’État ou de la Ville. Et pour gérer certains espaces, on peut faire confiance à des usagers de la rue, en fixant un cadre. »
Enfin sur l’aspect écologique, il se trouve au premier rang d’un sujet polémique, qui devrait marquer la deuxième partie du mandat. À l’heure où certains quartiers s’achèvent et que d’autres chantiers débutent, il est souvent accusé de « bétonner » la ville, au rythme soutenu de 3 200 logements par an.
« Nous n’allons pas plus vite que les autres grandes villes », nuance-t-il en faisant valoir que « pour la première année, des familles sont revenues à Strasbourg. Les loyers sont stables et plus faibles que dans les autres métropoles (9,8€/m² + 0,1€ depuis 2014) », voyant ainsi les premiers fruits de cette politique.
Sur ce thème, il a dû faire preuve d’un certain art de la synthèse. En deux ans et demi, il a dû élaborer le plan local d’urbanisme avec les maires de droite des environs. Une gageure quand on vient de l’aile gauche de PS et que l’on est parfois perçu comme dogmatique.
Et s’il assume sa politique volontariste, « Monsieur Logement » n’est pas contre la nature en ville :
« Nous avons de grands parcs, pas toujours connus de tous les Strasbourgeois comme ceux de la Bergerie ou du Schulmeister. Mais ce qui manque, ce sont des petites respirations dans les interstices, comme il en existe même à New York, en plus du poumon vert de Central Park. L’Esplanade a beaucoup de surfaces d’espaces verts, mais ces espaces sont fermés, gérés par une association de copropriétaires. Il y a des usages à réinventer. »
Tout le monde veut faire de la sociale-écologie
À ce stade, comme pour les autres mouvements, il est trop tôt pour dire si ce processus peut déboucher sur une liste. La sociale écologie est en tout cas très prisée. Rien qu’à Strasbourg, la Coopérative, la France insoumise veulent plus ou moins se placer sur ce credo, sans oublier les partis traditionnels (PS et EELV). Il faudra bien à un moment que tout ce petit monde se parle, au risque de se retrouver atomisé, et donc inaudible.
« Ces débats peuvent déboucher sur un lobby citoyen, qui compare les programmes », avance comme autre possibilité Syamak Agha Babaei. L’élu est en tout cas imprégné d’une intuition : « La composition du conseil municipal en 2020 sera très différente de celle d’aujourd’hui ».
La Ville de Strasbourg lance un groupe de travail sur un futur marché couvert dans son centre-ville. Le projet place Grimmeisen dans la Petite-France coche certaines cases, mais pas toutes. Ces halles gourmandes pourraient voir le jour ailleurs…
En publiant des esquisses d’un marché couvert, l’urbaniste Lionel Heiwy a pris un risque. Celui de braquer la municipalité, souvent attachée à contrôler le timing de ses annonces. Mais en même temps, il a réussi à susciter l’intérêt
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Après la Grande-Île, la nouvelle ville allemande, la Neustadt construite à Strasbourg entre 1870 et 1918, se trouve dans le périmètre inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité. Plus qu’une protection légale ou des financements, ce sont surtout des retombées en terme d’image et de tourisme qui sont attendues. Les citoyens auront néanmoins l’occasion d’interpeller l’Unesco s’ils estiment que ce patrimoine est en danger.
Après la Grande-Île c’est au tour du quartier de la Neustadt de rejoindre le patrimoine mondial de l’humanité. Dès la première année, ce quartier construit par les Allemands de 1870 à 1918 est retenu par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).
Le palais de justice tout juste rénové, la place de la République avec palais du Rhin, le théâtre national de Strasbourg et la bibliothèque universitaire, les bains municipaux ou l’Observatoire et son jardin botanique sont quelques uns des sites emblématiques de la Neustadt de Strasbourg. Plus au sud, dans le périmètre non-classé, le secteur comporte aussi de petites villas art nouveau et arts décoratifs.
En rouge pâle, le périmètre de la Grande-Île déjà classé, en rouge foncé le nouveau périmètre (document ville de Strasbourg)
Peu de changements visibles dans l’immédiat
Mais concrètement, quels changements à venir pour ce quartier ? Dans un premier temps, la signalétique sera améliorée, ainsi qu’un panneau mentionnera l’existence de la Neustadt sur l’autoroute.
De son côté, l’Unesco explique que ce label est surtout un engagement de la part du pays qui présente un dossier :
« Le patrimoine mondial vise à attirer l’œil de la communauté internationale sur la « valeur universelle exceptionnelle ». Les États doivent présenter tous les six ans un rapport sur l’état de conservation du site inscrit, mais à part ceci, toute la juridiction et changements lui incombent. C’est un engagement des États à protéger ce qu’ils ont demandé à inscrire. Ce n’est pas une fin en soi, mais plutôt le début de l’histoire. »
Notons que même si c’est la Ville de Strasbourg qui a préparé le dossier et en assure la communication, le référent officiel pour l’Unesco est bien l’État français. La Région Alsace puis Grand Est a aussi participé, en dressant un inventaire dès 2010 et organisé des « Rendez-vous de la Neustadt » alors que tout était mal parti (Strasbourg avait retiré son financement la deuxième année). Les sept ans d’études feront aussi l’objet d’une exposition du 29 septembre au 10 décembre 2017 dans l’Église Saint-Paul et d’un livre.
Une exposition à la rentrée dans l’église Saint-Paul (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Pascal Mangin, président (LR) de la commission culture de la Région Grand Est revient sur ces années de collaboration étroite avec la Communauté urbaine de Strasbourg, devenu Eurométropole :
« Tout le travail scientifique, au-delà du périmètre présent, a été effectué par le service de l’inventaire patrimonial, ce qui n’avait jamais été fait sur ce territoire. Il y a en effet eu un accrochage en 2013 concernant la prise de parole d’une personne que nos services n’estimaient pas pertinente, mais en dehors de ça, tout s’est bien passé. C’est un enjeu qui dépasse le simple territoire et sur lequel il y a consensus. C’est désormais à Strasbourg de s’en saisir. Il y a un objectif d’apporter une dimension de redécouverte de cette partie de la ville. Le label Unesco est le plus reconnu et fiable, contrairement à d’autres qui parfois font payer de plus petites villes pour y figurer, avec des critères qui changent d’une année à l’autre. »
La résidence universitaire Gallia est l’un des bâtiments emblématique du quartier (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La protection des bâtiments mieux assurée par les lois nationales
L’inscription au patrimoine mondial n’empêche pas des constructions nouvelles, comme le montre le chantier Primark dans la Grande-île ou la possibilité d’implanter un marché couvert place Grimmeissen.
D’un point de vue légal, les protections liées à l’inscription à l’inventaire des monuments historiques sont bien plus contraignantes. Strasbourg avait aussi anticipé en étendant son PSMV (Plan de sauvegarde et de mise en valeur) sur un périmètre un peu plus large. Tout changement majeur devra néanmoins être apporté à la connaissance de l’Unesco.
Retombées touristiques et symboles espérés
Mais ces réglementations ne sont guère connues. Le label Unesco est en revanche devenu une référence mondiale, ce qui n’était guère le cas en 1988 pour la Grande-île, la première fois qu’un « périmètre » se voyait labellisé et non juste un bâtiment. Dans un article des DNA, plusieurs acteurs reconnaissent qu’à l’époque ce label était moins connu, et que peu d’actions avaient été menées.
D’ailleurs, personne ne se cache de l’objectif des retombées touristiques, à l’instar du premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel (LREM) :
« Le périmètre est doublé ce qui est rare dans un cœur de ville. Cette labellisation est un chapitre de plus dans les guides touristiques et donc une incitation à rester plus longtemps ou à revenir. »
La quarantaine de sites français labellisés ont souvent connu un « effet Unesco », au moins quelques années. Pour le premier adjoint, cette distinction est aussi un marqueur de l’histoire européenne de Strasbourg :
« La candidature fut un lent processus entre les municipalités successives et les habitats. Après-guerre, il y a eu des projets de destructions pour effacer le traumatisme. Les premières tentatives de classement du Palais du Rhin ont démarré en 1973 pour aboutir seulement en 1993. Au-delà du caractère architectural exceptionnel des bâtiments, c’est aussi deux composantes de la ville désormais classés en cohérence. Cette nouvelle ville a été construite sur les débris du siège de Strasbourg de 46 jours en 1870. L’électricité et l’eau courante dans les appartements, le tout à l’egout, la CTS ou encore les espaces verts sont apparus à cette époque, qui marque le début de l’aspect innovant de Strasbourg. Jusque là elle était enserrée dans ses fortifications. La population dans la capitale du Reichsland d’Alsace-Lorraine passe alors de 80 000 à 180 000 habitants en moins de cinquante ans. »
Une instance de saisie
Quant aux effets plus perceptibles, la principale nouveauté avec cette inscription est plutôt à regarder du côté d’une instance de saisine pour les citoyens, explique l’Unesco, par la voix d’une porte-parole :
« Si des ONG ou des citoyens perçoivent des menaces sur un site, ils peuvent directement saisir l’Unesco. Si le secrétariat intergouvernemental et indépendant constate des manquements, il propose un travail d’accompagnement aux États. Si la situation persiste, il peut demander des changements voire retirer l’inscription, même si cela n’est arrivé que deux fois depuis la création, sur plus de 1 000 sites. »
Sur un sujet comme la rénovation des Bains municipaux ou le projet de parking souterrain avenue de la Liberté, on peut imaginer que la question sera abordée par des Strasbourgeois.
Au début, le campus de l’Université construit par les Allemands était assez vide (Photo : Südwestdeutsches Archiv für Architektur und Ingenieurbau (saai) Karlsruhe)
Les paradoxes du label
La labellisation n’est pas exempte de de critiques. Dans un article sur le site The Conversation, Chloé Maurel, chercheuse associée à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS/Ecole NormaleSupérieure/Université Paris 1) pointe « les effets pervers du label Unesco« .
« Bien souvent, la notion de patrimoine culturel mondial a été détournée de son but officiel et a été utilisée comme un outil touristique, ou à des fins politiques et économiques. »
Résultat : plutôt que de protéger un site, c’est un tourisme de masse qui s’y développe… au détriment de la conservation du patrimoine classé. L’universitaire remarque aussi parfois une « mise en scène de traditions idéalisées et qui ne correspondent pas toujours à la réalité historique ».
Autre point noir, le classement peut avoir comme effet la relégation de populations modestes dans d’autres quartiers. La Neustadt étant déjà un secteur cossu de Strasbourg, ce risque est plus faible, en dehors peut-être de quelques colocations étudiantes. Dans l’hôtel des Postes, les facteurs seront prochainement remplacés par des logements, dont une partie du parc social d’Habitation moderne. Ces critiques visent davantage les pays moins développés.
Enfin les labellisations Unesco relèvent aussi d’enjeux politiques. Après la classification de lettres d’adieu de kamikazes japonais, la Chine avait demandé, et obtenu en retour, l’inscription sur le registre Mémoire du monde de documents sur le massacre de Nankin, perpétré en 1937 par les forces japonaises.
Illustration locale, les dirigeants strasbourgeois ont bien doublé leurs discours d’éléments de langage sur la réconciliation franco-allemande et européenne, à l’heure où l’Union européenne est parfois critiquée dans ses fondements.
L’Hôtel des Postes dans le quartier de la Neustadt va connaitre des changements avec l’installation de logements (Photo Flickr / Poste Immo / CC)
Pas de financement en vue
Quant aux financement, il ne faut pas en attendre de l’Unesco. Ils ne sont pas automatiques et « quasi exclusivement » réservés aux pays en guerre (Syrie, Iraq, Yemen, RdC) et peu développés. L’inscription à l’Unesco n’a d’ailleurs pas pu empêcher les destructions des buddhas en Afghanistan pour Lens Talibans en 2001 ou de Palmyre en Syrie en 2015.
Un revanche, ce prestigieux label peut peut-être séduire l’un ou l’autre mécène dans un argumentaire. L’Unesco précise par ailleurs qu’elle peut « mobiliser des compétences extérieures » pour qu’un nouveau projet urbanistique ne défigure par un site inscrit.
Un troisième dossier strasbourgeois pour l’Unesco
Déjà entrée dans le cercle restreint des villes bi-classées, Strasbourg a un autre dossier en préparation pour les experts de l’Unesco : l’inscription de l’Œuvre Notre-Dame, à savoir l’entretien de la cathédrale avec les techniques d’époque. Il s’agirait là du patrimoine « immatériel » de l’humanité. Instaurée en 1995, cette classification vise à rééquilibrer les sites entre hémisphères nord et sud. Le dossier strasbourgeois serait présenté après 2020.
Le coût de la candidature de la Neustadt n’a pas été budgété, assure-t-on à l’Eurométropole. En plus des événements, il s’agit surtout d’innombrables heures de travail par les agents de la collectivité, de la Région Grand Est et de l’État français. Les sites présentés l’année prochaine par la France seront le centre romain de Nîmes et les volcans d’Auvergne. Metz présente également un projet assez similaire à la Neustadt sur son centre « impérial et royal ».
Cet été, les enfants sont invités à se rendre au théâtre à Strasbourg. Le TAPS a préparé un programme estival spécial pour les familles, où rêve et poésie s’entremêlent. Voici le programme complet.
C’est avec le désir de sensibiliser les (très) jeunes au spectacle vivant que le théâtre municipal de Strasbourg (TAPS) a conçu sa programmation estivale. Les deux scènes ont été réparties et transformées pour l’occasion : au TAPS Laiterie les spectacles destinés aux plus petits (à partir de 18 mois jusqu’à 7 ans) et au TAPS Scala ceux destinés aux plus grands (à partir de 8 ans). Huit pièces sont présentées entre juillet et août, aux tarifs de 3 à 5€.
Le petit cirque (Photo : MN / TAPS)
Le « Petit cirque » est une adaptation libre de la bande dessinée du même nom de Fred. Le spectacle raconte l’aventure d’une famille de saltimbanques. Imaginaire, humour et cirque se rencontrent dans cette pièce mise en scène par Marion Grandjean. À partir de 6 ans.
« Blanche » est une adaptation de Blanche-Neige. Seulement, dans la pièce de Céline Schnepf, le point de vue est donné au chasseur qui, seul sur scène, nous raconte l’histoire de la jeune fille. Adversité, manipulation et menace sont les thèmes centraux de la pièce. À partir de 9 ans.
Une lune entre deux maison (Photo : Arnaud Hembert)
Une « Lune entre deux maisons » raconte la rencontre entre Plume, garçon joyeux et extraverti et Taciturne, fillette timide et renfermée. Plume, qui cherche un ami, va tenter de se rapprocher de la jeune fille. À partir de 3 ans.
« Fratrie » est née de plusieurs témoignages. Entre souvenirs collectifs et moments singuliers, les quatre femmes jouent sur scène un quotidien qui nous est familier. À partir de 3 ans.
Une foret en bois… construire. (Photo : Mathieu Rousseau)
La pièce « Une forêt en bois… construire » est un hommage à la forêt. Tout en étant poétique et surréaliste, la pièce mise en scène par Estelle Charles cherche à sensibiliser sur la récupération d’objets. À partir de 4 ans.
La « Femme oiseau » est librement inspirée de la légende japonaise « La Femme grue ». La pièce d’Alain Batis laisse place au suspense et à l’imaginaire tout en invitant le spectateur à réfléchir sur le monde matérialiste. À partir de 8 ans.
« Pluie » est une expérience sensitive et auditive sur le thème de l’eau. Entre étonnement et émerveillement, c’est l’occasion d’emmener les tout-petits au théâtre. Dès 18 mois.
Non mais t’as vu ma tête!(Photo : Vincent Frossard)
« Non mais t’as vu ma tête ! » mélange sur scène peinture et vidéo. Luc Amoros, auteur de la pièce propose une réflexion sur le portrait, l’image de soi et de l’autre, tout en faisant participer les enfants. Dès 8 ans.