Guillaume d’Andlau était candidat à la législative partielle à Strasbourg en 2016. Pour l’élection générale en juin, il a sollicité l’investiture « d’En Marche », le mouvement d’Emmanuel Macron. Alors que les candidats n’ont pas été choisis, il commence déjà sa campagne. Et s’il devait ne pas être investi, il se présentera tout de même si « un professionnel de la politique » lui est préféré.
Candidat à l’investiture, mais déjà candidat tout court. Guillaume d’Andlau
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
Ancien militant FN, Antoine votera Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Mais si la candidate FN venait à le décevoir, il ne votera plus.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’Antoine quand Nicolas (prénoms modifiés), son colocataire à Strasbourg, squatte le canapé du salon avec une brochette d’amis résolument de gauche et qu’ils parlent politique à longueur de temps ?
Avec ses deux années passés à militer au FN de Seine-et-Marne et sa ferme intention de voter Marine Le Pen le 23 avril, ce jeune boulanger originaire de la région parisienne est souvent en minorité dans ces conversations. Aussi se contente-t-il souvent d’écouter :
« C’est assez tendu quand je parle de politique avec mes amis ou avec ma famille éloignée. Les gens ne comprennent pas, on me demande souvent pourquoi je ne vote pas Les Républicains, ou à gauche. »
Le jeune homme de 25 ans a découvert la politique en 2011, quand Marine Le Pen a pris la tête du Front National. Il est convaincu par la « dédiabolisation » du Front National. Il trouve Marine Le Pen « plus intéressante que son père, moins dans la provoc’ et plus apte à gouverner. »
Quand il militait, Antoine ne voulait jamais apparaître sur les photos de groupe. « Je connaissais tous les dossiers mais personne ne me connaissait. J’adorais bosser dans l’ombre. » (photo Piet / Rue89 Strasbourg)
L’exemple paternel
Cela dit, avec ses idées bien à droite, Antoine n’a rien d’un couvert qui a atterri par hasard du mauvais côté de l’assiette. Il a vu son père, boulanger lui aussi, se démener pour son entreprise. Les PME taxées au même niveau que les grosses entreprises du CAC 40 ? « Une folie ! » Il a grandi dans un coin tranquille de la Seine-et-Marne, mais la banlieue et ses faits- divers n’étaient pas loin. Il récite le discours d’un déçu de Nicolas Sarkozy, qui aurait rêvé que le « karcher » brandi par l’ex-président vienne à bout de la délinquance et des incivilités.
Mais a-t-il décidé de voter FN juste à cause d’une statistique sur les voitures brûlées au Nouvel an ? Il répond avoir surtout été guidé par sa curiosité. Aurait-il frappé à la porte du FN si son père ne votait pas déjà à l’extrême-droite ? Il jure s’être forgé son opinion seul. Mais le vote paternel aura peut-être brisé un tabou :
« Je pars du principe que toute personne qui est critiquée dit des vérités qui dérangent. Les accusations de fascisme, c’est juste une manière décrédibiliser l’autre. »
Sous l’aile d’un secrétaire départemental du Front
On est en 2012, Marine Le Pen est à la tête du Front National depuis un an. S’il se rappelle vaguement du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il n’a aucun souvenir du 21 avril 2002 et de la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la Présidentielle. Son père et son oncle lui ont raconté l’épisode plus tard :
« Quand on m’a dit qu’il n’y a pas eu de débat d’entre-deux tours entre Chirac et Le Pen, j’ai trouvé ça dommage. Quelqu’un qui reçoit autant de voix, il a peut-être des choses à dire. »
Pour être fixé sur ce parti que tout le monde lui présente comme un parti fasciste, il écrit un e-mail à la fédération du Front National de Seine-et Marne et rencontre très rapidement un secrétaire départemental fraîchement investi, Renaud Persson. Antoine hérite rapidement de menues responsabilités, au moment où le FN commence à se structurer. La figure de Renaud Persson l’inspire : ils sont presque voisins, Antoine passe plusieurs après-midi par semaine chez cet ancien directeur financier à la retraite, pour travailler ses dossiers.
Il croit deviner en son mentor un autre sarkozyste déçu :
« Il y avait bien une vieille garde ouvertement raciste qui datait de Jean-Marie Le Pen, mais ils étaient minoritaires et ont vite été écartés. J’ai surtout rencontré des gens qui étaient là pour proposer des solutions plutôt que mener des actions coup de poing. »
Deux ans plus tard, Antoine part travailler au Canada. Dans ce pays qui a porté Justin Trudeau comme Premier ministre, Antoine y voit un triomphe de la « préférence nationale » :
« Au Canada, je savais qu’à la moindre connerie, je pouvais dégager. Là bas, si tu veux rester au bout de deux ans, ton employeur doit prouver que tu ne piques pas la place d’un Canadien. Tu peux trouver ça injuste, mais c’est le deal de départ. On devrait avoir la même chose en France. »
Gare au GUD
À son retour en France, il s’installe à Strasbourg et prend contact avec la fédération bas-rhinoise du FN. Mais il bute sur une organisation déjà bien structurée, avec plusieurs élus. Il repart assez rapidement, déçu par une « ambiance costard-cravate » dans laquelle il ne reconnaît pas la « simplicité » qu’il avait connu en Seine-et-Marne. Et surtout, il découvre un brin consterné l’existence du Groupe Union Défense (GUD), un mouvement politique d’extrême droite réputé pour ses actions violentes :
« Le GUD, c’est un truc dont je n’avais jamais entendu parler dans mon ancienne fédé. Et là je tombe sur des jeunes qui en parlent comme s’ils en étaient proches. Ça ne m’intéresse pas. »
Antoine en reste là pour le militantisme, même s’il affirme être encore en contact avec son ancienne fédération parisienne.
“Marine Le Pen, je lui laisse une chance, pas deux”
Sur les banlieues ou l’Islam, ils se retrouve dans les propos de plusieurs responsables politiques français, de Marine Le Pen à Manuel Valls. Pourquoi alors ne pas voter pour quelqu’un d’autre ? Antoine déballe un nouvel argument : l’usure du pouvoir :
« Je peux être d’accord avec ce que disent d’autres personnes. Mais quand je les écoute parler, il y a une petite voix dans ma tête qui me dit “Ben ouais, mais ce qu’ils disent, ils ne l’ont pas fait.” D’ailleurs Marine Le Pen, je lui laisse une chance mais pas deux. On galère assez pour faire élire ce genre de personnes, si elle ne fait rien, autant revenir à l’alternance classique et ne plus aller voter. »
Il nous confie se sentir également proche de certaines figures de droite : Nicolas Dupont-Aignan « mériterait plus de visibilité », et Antoine a apprécié le dernier passage d’Henri Guaino (qui a reçu le parrainage de Marine Le Pen) dans Bourdin direct. Une émission dont il suit régulièrement les interviews et dont il apprécie « la variété des invités. »
Les affaires ? « J’ai assisté à une gestion de crise exemplaire »
Malgré les liens troubles qu’il a pu constater avec des groupes d’extrême droite violents, Antoine reste convaincu de la probité du FN. Interrogé sur les affaires de financement illégal qui concernent son parti, Antoine ne se prononce pas, mais cite son ancienne fédération de Seine-et-Marne comme un modèle de gestion de crise.
En 2015, Adrien Desport, ex-numéro deux de cette fédération, avait incendié 13 voitures afin de « dénoncer la délinquance et l’insécurité » (il a été jugé coupable et purge actuellement une peine de 3 ans de prison). Antoine tombe des nues en découvrant, depuis Montréal, que l’ex-numéro 2 du FN avec qui il déjeunait régulièrement, a été pincé pour avoir brûlé des voitures. Mais il nous vante la réaction de sa fédération, qui aurait elle-même informé la police :
« C’est un des complices qui a balancé l’histoire au parti. Et plutôt que de cacher l’affaire, le FN a informé la police. Il ont été exemplaires sur ce coup-là. »
Au moment de réaliser cette interview, le directeur de cabinet de Marine Le Pen vient d’être mis en examen. Réaction d’Antoine devant la nouvelle sur Le Monde :
« Mais pourquoi ils écrivent “parti d’extrême droite” ?! »
Jacky, un SDF de Strasbourg, a été tué samedi sur l’autoroute qui traverse Strasbourg. En attente d’un accompagnement contre sa démence depuis plus d’un an, il sera enterré jeudi 30 mars. Ses proches souhaitent que son décès n’alimente pas que les statistiques.
À toutes les personnes concernées,
À tous ceux et toutes celles qui connaissaient Jacky, personne à/de la rue, un « ancien » atteint de démence,
À tous ceux et toutes celles qui ont eu connaissance de sa mort violente le samedi 18 mars, c’était lui, « un piéton percuté« ,
Nous vous informons de l’enterrement de Jacky, qui aura lieu ce jeudi 30 mars à 10 heures à la chapelle de la Robertsau à Strasbourg. Jacky est décédé samedi 18 mars à la suite d’un accident, l’impliquant lui, le simple « piéton », marchant au bord de l’autoroute, et une voiture.
Jacky était une personne sans domicile fixe, l’un de ceux que l’on appelle les « anciens », et qui a vécu à la rue durant de trop nombreuses années. Ces derniers temps, il était manifestement de plus en plus affecté par des troubles de la mémoire. Il déambulait en ville tous les jours et la nuit également. Il n’était pas conscient du danger qu’il courait parfois. Ces derniers temps, il était hébergé en structure médico-sociale ouverte, c’est-à-dire libre de sortir quand il le voulait. Jusqu’à ce que cela lui soit fatal.
Ainsi, chacun et chacune d’entre nous, simples personnes l’ayant rencontré dans différents contextes, tenons à témoigner d’un événement qui ne doit pas rester dans le silence, qui ne doit pas rester anonyme et qui ne doit surtout pas se reproduire.
Jacky (Photo David Kodat)
Le destin de Jacky était bien celui d’un homme
Jacky semblait appartenir à la rue, et son destin, bien qu’il nous apparaissait incompréhensible voire absurde, était bel et bien celui d’un homme, d’une personne. Nous ignorons tout du parcours de cet Alsacien, de ses drames, de ses contradictions, mais l’implacable fatalité de sa mort nous paraît aussi être le symptôme d’une société, d’un ensemble qui ne tient plus guère compte de l’humain, de l’individu.
Bien sûr, le fait qu’il soit atteint d’une maladie de la mémoire et de troubles du comportement soulève des questions : était-il plus juste et plus respectueux de l’enfermer ? Nous ne prétendons pas apporter de solution. Ici, dans ces quelques mots, chacun et chacune témoigne anonymement d’une expérience avec lui, de ce qu’il le fait et le rend de nouveau humain, lui, le simple SDF déshumanisé faisant partie du décor, le « piéton ». Ici, nous faisons le choix de l’appeler Jacky et non Monsieur Heller car il suffisait de l’avoir rencontré une fois pour tisser un lien avec lui. Un lien fait de tendresse et d’amitié et non de pitié, car Jacky montrait une fierté hors du commun, savait s’imposer, et, en même temps, regardait les autres avec des yeux d’enfant, attentif mais prêt à faire confiance.
Fier d’avoir refait le carrelage de la gare
Jacky était celui qui, à travers la fenêtre du camping-car et avec son âme d’enfant, me racontait Strasbourg. Il était celui qui s’affirmait fier d’avoir refait le carrelage de la gare de Strasbourg. Oui, ce sol supportant les gens, les rattrapant, les accueillant. Ces dalles battues du pied par la vie si fréquemment, mais qui résistent au temps.
Jacky portait les stigmates de sa longue vie d’errance. Derrière sa barbe grise, son visage était buriné et des dents lui manquaient, mais ses yeux reflétaient sa sympathie et sa gaieté, en même temps que sa fragilité. Il avait certes des problèmes de mémoire, mais les conversations avec lui, parfois en alsacien, se finissaient souvent en éclats de rire.
Jacky c’était celui que les copains et les copines de la rue avaient à l’oeil car souvent il fallait le ramener, l’accompagner. Celui qu’il fallait convaincre de prendre la bonne direction. Celui qui savait résister et qui préférait la marche en chaussons à travers la ville plutôt que le tram.
Jacky c’était l’incompréhension aussi, parfois la colère rentrée d’un abandon accompagné d’une blague « il est fugueur » et l’anecdote « on l’a retrouvé à Haguenau. »
Jacky c’est celui qui ne fuguera plus et qui pour la première fois nous rend profondément tristes, même si on se dit qu’il est parti pour une grande balade dont personne ne viendra le dérouter…
Jacky c’était pour commencer un ronchonnement, puis un sourire jusqu’aux oreilles. C’était le glouton, jusqu’à en finir la soupe. Il était celui qui était heureux du peu, mais qui partageait tant.
Avant d’être de l’imparfait, Jacky est un individu, une personne, un caractère. C’est aussi une expérience de vie, une histoire, abandonnées par la société parce que trop vieilles.
Transformé en chiffre par certains, il était aussi depuis juste un peu moins d’un an sur liste d’attente pour une prise en charge dans un établissement adapté à ses besoins : les besoins d’une personne avec un long parcours de vie à la rue et atteint d’une maladie mentale dégénérative.
Jacky, depuis un peu moins d’un an, était juste en attente de mourir à la rue.
Nous sommes diverses personnes l’ayant rencontré, il y a plus ou moins longtemps, nous sommes des bénévoles ou des professionnels du secteur caritatif, des amis, SDF ou non. Nous et tout le monde sommes tous un peu responsables de cette mort illégitime. Toutes les « bonnes raisons » qui nous rendent « innocents » deviennent irrecevables sur une autoroute, seul et inconscient du danger. Cela ne doit pas se reproduire, c’est notre devoir.
Le tribunal administratif de Strasbourg estime que l’association Alsace Nature n’a guère d’intérêt à attaquer le contrat de concession du Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg entre l’État et le constructeur Vinci, via sa société Arcos.
Rendez-vous pour les arrêtés administratifs
Pour les juges administratifs, le contrat « par lui‐même », n’implique pas « la réalisation de travaux susceptibles de produire des effets dommageables pour l’environnement ». En revanche, dans un communiqué, le tribunal administratif donne en quelque sorte rendez-vous à l’association sur les déclinaisons de ce contrat. En effet, avant les travaux, « des d’études environnementales doivent être effectuées et des autorisations administratives obtenues, susceptibles d’être contestées », fait savoir l’institution.
Piqûre de rappel
Le Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles) de Strasbourg est un projet d’autoroute payante de 24 kilomètres à l’ouest de la ville. Le contrat de concession a été signé en janvier 2016 entre l’État et la société Arcos, une filiale du groupe Vinci. Alors que des travaux préparatoires ont commencé, les chantiers doivent débuter fin 2017, pour une mise en service fin 2020.
Dans ce cas, l’intérêt à agir d’une association écologiste sera plus facile à démontrer. Un recours en référé est d’ailleurs prévu dès lundi 3 avril au sujet des « dérogations à l’interdiction de destruction des espèces protégées et de leur habitats. »
Les conclusions du rapporteur non-suivies
Comme en en 2010 (sur l’ancien projet, qui avait été abandonné en 2012), la justice administrative n’a pas suivi les conclusions du rapporteur public, partie indépendante sensée éclairer la décision des juges et souvent écoutée. Il estimait que l’association avait intérêt à agir, car le contrat prévoit de nombreuses dispositions en rapport avec la nature, comme le taux de matériaux réemployés (80%) sur les chantiers ou une contribution financière à la politique environnementale (500 000 euros).
Sur le fond en revanche, il avait proposé de rejeter la requête, car selon lui les arguments n’étaient pas assez détaillés ou les changements de taille minime par rapport à l’ampleur du projet.
Alsace Nature conteste les modificiations figurant dans le contrat (en particulier le déplacement de l’aire de service et de stockage poids-lourds ou la hauteur du viaduc à Vendenheim), mais aussi le plan de financement ou le prix des péages variables, par rapport au projet déclaré « utile » en 2008. (voir notre article sur l’audience)
Le projet de viaduc à Vendenheim, au nord du tracé (capture d’écran Alsace 20)
Deux mois pour un éventuel appel
L’association écologiste et la commune de Vendenheim ont deux mois pour faire appel. Une décision qu’Alsace Nature doit soumettre à son conseil d’administration, mais qui semble probable compte tenu de sa détermination et aussi de la tribune politique que procurent ces audiences publiques.
D’après plusieurs observateurs du monde de la Justice administrative, les conclusions du rapporteur public s’apparentaient a un appel du pied à formuler un appel, avec des arguments mieux détaillés. Encore faut-il que les juges administratifs à de la Cour administrative de Nancy soient convaincus de « l’intérêt à agir » d’Alsace Nature pour analyser la requête sur le fond.
Pour deux responsables d’Alsace Nature, installer des panneaux solaires sur les plans d’eau, comme souhaite le faire la municipalité d’Illkrich-Graffenstaden, viendrait déstabiliser l’écosystème aquatique. Quatre arguments à l’appui, Christian Ledunois et Arnaud Schwartz appellent à recouvrir les toits, plutôt que les plans d’eau.
L’idée peut paraître séduisante pour la transition énergétique, mais elle pose question en terme d’utilisation des espaces naturels et de respect de la biodiversité. Plusieurs membres d’Alsace Nature se sont étonnés de cette initiative et nous ne pouvons que leur donner raison.
Recouvrir une partie de ses plans d’eau de panneaux solaire. L’idée d’Illkrich-Graffenstaden (Photo Thomas Roche / Flickr /cc)
Des conséquences sur la vie naturelle des lacs
En effet, le projet nous semble contestable pour quatre raisons :
Les panneaux solaires sont statiques, ils vont provoquer sous leur surface une zone d’obscurité qui aura pour effet d’empêcher le développement du phytoplancton, perturbant ainsi la chaîne alimentaire de l’étang.
Les oiseaux aquatiques migrateurs risquent d’être désorientés à l’amerrissage par ces surfaces qu’ils peuvent confondre avec l’eau libre, surtout la nuit. Certains insectes aquatiques, comme les dytiques, volent à l’état adulte et sont attirés par les surfaces horizontales brillantes qu’ils confondent avec un plan d’eau, surfaces artificielles sur lesquelles ils peuvent s’écraser à l’atterrissage en piqué. Une atteinte de plus à la biodiversité.
Que se passera-t-il en cas de jets de pierres ou autres dégradations du matériel ? Les débris iraient polluer l’eau de l’étang et de la nappe phréatique en métaux lourds toxiques.
Enfin la dégradation à grands frais de surfaces de nature est inadmissible, alors qu’il existe des hectares de toits plats non exploités pouvant accueillir des panneaux solaires, tels que usines, grandes surfaces, parkings couverts, immeubles collectifs.
Respectons notre cadre de vie naturel et ne le transformons pas systématiquement et de façon irréfléchie en usine à énergie. Il existe de nombreux toits de zones industrielles, de zones artisanales ou de parkings à équiper en priorité, afin d’engager une transition énergétique écologique et efficace.
Le collectif Défi-écologique a mis au point un banc public, dont l’objectif est d’héberger des colonies d’insectes. Pourquoi ? Parce que les insectes sont utiles, surtout avec l’extension des espaces verts et la réduction des produits phytosanitaires. Mais pour développer ces hôtels à insectes, ses deux créateurs ont besoin de l’aide des citadins entomophiles.
À première vue, le secret de « banc refuge » est difficile à trouver. Le banc, lui, est visible : une assise en bois surmonte un socle en acier. Pour trouver le « refuge », il faut regarder sous cette assise. Un espace y est prévu pour accueillir… plusieurs espèces d’insectes. Le prototype a germé de l’esprit de deux membres du collectif « Défi-écologique », Julien Hoffmann et Philippe Riehling.
Le banc refuge doit héberger des insectes qui n’interagissent pas avec l’homme. (doc remis)
« Défi-écologique » est né en 2014, et regroupe des entrepreneurs-salariés. Julien Hoffmann, qui se décrit comme « naturaliste », en est le fondateur. Il décrit la volonté du collectif :
« Défi-écologique est un rassemblement dont l’objectif est de répondre aux problématiques du développement durable et de l’écologie en mariant beaucoup de compétences différentes : designers, scientifiques, développeurs web… »
Le projet « banc refuge » est né de l’association de Julien Hoffmann avec Philippe Riehling, « éco-designer ». Il vise à accompagner un retour de la végétation en ville, dans le cadre de la loi Éphyto, laquelle a limité l’usage des pesticides.
Les matériaux utilisés proviendront tous de circuits courts (Doc remis)
Des « phares » pour les insectes
Pour peupler cette nouvelle végétation, la ville a besoin de plus d’insectes, comme l’explique Julien Hoffmann :
« Il ne faut pas voir les insectes comme s’il ne s’agissait que des mouches ou des moustiques… Il y a plein d’espèces qu’on ne soupçonne même pas et dont la présence est essentielle à l’écosystème urbain. Ne serait-ce, par exemple, que pour servir de nourriture aux moineaux, qui disparaissent parce qu’ils mangent très mal. C’est pourquoi nos bancs sont conçus, avec des fentes percées au millimètres près, pour accueillir une quinzaine d’espèces qui ont peu d’interactions avec les humains : chrysopes, coccinelles, punaises prédatrices… »
Le collectif a recueilli une importante base de données sur les matériaux utilisés. Le choix de la couleur de l’acier, notamment, n’a pas été fait au hasard : il agit comme un « phare » pour plusieurs espèces d’insectes. Les motifs dessinés dans le socle doivent aussi trier les insectes accueillis. L’initiative s’accompagne également d’un volet pédagogique, que détaille Julien Hoffmann :
« Chaque assise sera accompagnée d’un panneau pédagogique en bois. Il y figurera un code à scanner avec un téléphone (QR Code), qui renverra à un site web. On y donnera plus de détails sur les insectes présents, leurs rôles et leurs effets sur l’environnement. »
Projet écolo cherche financements
Si le prototype est prêt, les deux créateurs recherchent encore des financements pour lancer la production de leur projet. « Banc refuge » a été soumis à un concours, organisé par les assurances Aviva. Julien Hoffmann explique :
« C’est un concours au vote, 1 400 projets sont en lice, pour une cagnotte totale d’un million d’euros. Le principe est simple : plus on a de votes, plus on gagne d’argent et on a vraiment besoin de fonds pour lancer la commercialisation et la production de nos bancs refuges. »
Le fondateur de Défi-écologique avoue cependant que « la transformation en votes est difficile », malgré le bon accueil reçu par le projet sur les réseaux sociaux. L’enjeu est pourtant central pour le collectif. Il s’agit, déjà, de convaincre la Ville de Strasbourg : Julien Hoffmann explique être « encore en discussions » avec la direction du développement économique. Défi-écologique est également en tractations avec des industriels locaux, afin d’assurer une production en circuits courts.
Si la campagne de financement est réussie, le projet pourrait rapidement s’étendre : la ville d’Apt serait elle aussi intéressée par « Banc refuge ». Si les insectes pouvaient voter…
Le déontologue propose aux adjoints et au maire de complètement se distancier de la direction des sociétés et des associations qui gravitent autour de la Ville de Strasbourg. Problème, le maire a indiqué lundi en conseil municipal que ces recommandations sont « excessives. »
Dans son deuxième rapport annuel, le déontologue missionné par la Ville de Strasbourg apporte deux préconisations aux élus du conseil municipal strasbourgeois. L’une d’elles, si elle était suivie, viendrait changer la répartition des . . .
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
La Région Grand Est lance une application mobile pour solliciter l’avis des habitants sur les politiques régionales et recueillir leurs suggestions. Appuyée sur la technologie de Gov, l’application a été adaptée aux thématiques du conseil régional et doit « éclairer » les élus et l’administration régionale.
Déconnectés. C’est la critique qu’entendent les élus à longueur de journées et depuis que les régions ont fusionné, les élus du conseil régional apparaissent encore plus éloignés, hors d’atteinte. Pour garder un ancrage territorial, le président du Grand Est, Philippe Richert (LR) a multiplié les « maisons de la Région » qui reçoivent le public et les partenaires de la collectivité. Las, le bon service ou la bonne personne est rarement à proximité, plus fréquemment à l’autre bout de cette très grande région qui va de l’Alsace à la Champagne, des Ardennes à la Bourgogne.
Les élus du nouveau conseil régional ont vite compris qu’ils seraient critiqués sur leur éloignement. Comme Valérie Debord, vice-présidente (LR) en charge de la démocratie locale, est un peu geek, elle a choisi de répondre à ce défi par une application pour mobiles. Le choix de la Région Grand Est s’est porté sur Gov, une application qui se présente comme « la météo de l’opinion », et qui revendique plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs, plusieurs millions d’avis exprimés.
Des questions et des débats en 140 caractères
Le principe est très simple : les utilisateurs se posent mutuellement des questions en 140 caractères, auxquelles ils peuvent répondre par « plus + » ou « moins -« , des signes génériques qu’il faut prendre pour « oui » ou « non », « favorable » ou « opposé » selon le contexte… Résultat : Gov s’enorgueillit d’avoir prédit l’ascension de François Fillon à l’élection primaire de droite. À ce jour, le candidat de la droite à l’élection présidentielle est toujours le chouchou des utilisateurs de l’application mais, pour Slate, le baromètre est peut-être cassé.
Les questions de la Région vers les citoyens sont posées sur fond bleu (capture d’écran Imagin’Est)
Entre 30 et 50 000€ pour adapter l’application Gov
Pour la Région Grand Est, Gov a adapté et vendu sa technologie entre « 30 et 50 000€ » par an pour une application similaire, appelée « Imagin’Est ». Les utilisateurs et la Région Grand Est peuvent proposer aux votes des débats ou des questions dans chacune des thématiques correspondantes aux compétences du conseil régional (Europe, transports, formation, environnement…). Les statistiques de chaque question sont accessibles à ceux qui ont « voté » (tranches d’âges, genre, départements d’origine)… Les débats ouverts par les citoyens sont d’abord modérés avant d’être publiés, puis proposés sur un fond blanc tandis que les questions issues de la Région sont sur fond bleu.
Bobby Demri, fondateur de Gov, était à Strasbourg mardi matin pour détailler le fonctionnement de l’application :
« Toutes les données sont hébergées chez Gov et anonymisées. Nous agissons comme tiers de confiance. Personne ne peut connaître les opinions d’un utilisateur en particulier. Il s’agit uniquement d’un instrument de mesure, nous ne produisons pour la Région Grand Est que des agrégations de données. »
Les citoyens peuvent interpeller la Région, les débats ne sont publiés qu’après une modération (capture d’écran Imagin’Est)
Profiter du savoir-faire de Gov
Contrairement à l’application d’origine, Imagin’Est ne demande pas l’orientation politique de ses utilisateurs, mais s’intéresse à son département. L’inscription à l’application n’est pas non plus validée par un e-mail de vérification. Valérie Debord évacue tout risque de piratage ou de manipulation :
« On aurait pu faire développer l’application directement mais tout l’intérêt de passer par Gov, justement, c’est de profiter de ce savoir-faire contre les détournements d’une part, mais aussi dans le rapport aux utilisateurs et avec l’administration. Chaque service de la Région dispose d’un référent Imagin’Est. Nous suivrons de près les suggestions qui nous seront envoyées et popularisées par l’application et nous nous engageons à répondre aux questions en moins de deux semaines. »
Philippe Richert, Valérie Debord, Bobby Demri et Elsa Schalck, mardi à la librairie Kléber à Strasbourg pour présenter Imagin’est (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Pas pour remplacer les élus
Concrètement, les services de l’administration régionale seront incités à poser des questions aux utilisateurs d’Imagin’Est avant de mettre en œuvre un projet tandis que le bureau exécutif du conseil régional, composé d’une partie des vice-présidents, promet d’intégrer à son planning les sujets les plus débattus dans l’application. Président du conseil régional, Philippe Richert (LR) a rappelé mardi matin qu’il était néanmoins attaché à la démocratie représentative :
« Ils ne s’agit pas de remplacer les élus, c’est à dire nous, par des votes dans l’application… Il s’agit pour tous ceux qui pilotent cette grande région d’avoir accès aux questionnements des citoyens et de pouvoir solliciter les habitants. Pour tous les élus, ce sera une aide à la décision mais les sondages ne provoqueront pas les décisions. »
C’est le plafond de verre de toutes les applications de « civic tech » (de citoyenneté à l’ère numérique). En raccourcissant les circuits de décisions, elles ont tendance à rapprocher le pouvoir des citoyens mais au détriment des élus et des administrations. Ce qui explique que malgré un intense développement de l’offre issue de ce secteur, ses mises en œuvre réelles restent très limitées…
Après avoir assisté à leur release party au Molodoï, je n’avais qu’une idée en tête : interviewer les Funkindustry ! Leur musique fun et totalement groovy m’avait entièrement séduite. Et leur premier album, Let’s do it again, est éclatant de joie, débordant de vie et musicalement excellent. Rencontre avec le groupe qui fait revivre le funk à Strasbourg !
Les Funkindustry déplacent la fête avec eux (doc remis)
J’ai découvert les Funkindustry au Molodoï, lors de la Sound lab, magnifique soirée organisée par Aymara. Bénévole dans les vestiaires lorsqu’ils étaient sur scène, je les entendais mais je ne voyais rien, un immense rideau masquant le concert. Une musique colorée, entraînante et très joyeuse, me parvenait. Je me dandinais en accrochant les vestes des gens, c’était cool, tout le monde était si souriant !
Et quand le rideau noir est tombé, ça a été une grosse claque. Il y avait une foule de malade au Molo, les gens étaient collés les uns contre les autres, ils dansaient comme des fous, sautaient, remuaient les fesses et criaient de joie. Sur scène, les Funkindustry se donnaient à fond, avec leurs perruques afro et les nanas qui faisaient les chœurs chantant dans leurs robes pailletées. C’était de la pure folie.
À ce moment-là je me suis dit : Lulu, ce n’est pas possible ça, tu dois interviewer ces gars !
Oui, parfois, les FunkIndustry sont fatigués. (Photo Illies Hameur)
« Notre garde-fou : il faut que ce soit dansant ! »
Me voilà donc dans le salon des Funkindustry, en compagnie de Ludo, Nathan, JM, FX et Martin. Il n’y a que David, le batteur, qui n’était pas présent mais je le salue ! Formé il y a quatre ans, le groupe a déjà sorti un mini-album (EP), Step & Stains, avant de réaliser ce premier album, Let’s do it again.
Quand je leur demande pourquoi ils ont monté un groupe de funk, Nathan, au chant et à la guitare lead, me répond :
« Dans le groupe, on a des influences très différentes mais je pense qu’on est tous d’accord sur un point : on aime les musiques entraînantes. Sur scène, on est déchaîné, on veut que ça bouge, que le public danse ! »
FX, à la guitare et au saxo, ajoute :
« C’est sûr, c’est tellement mieux que quand tu fais face à un public qui ne bouge pas, qui reste assis à te regarder, te scruter même ! Ce qu’on veut avec Funkindustry c’est que le public soit chaud, que tout le monde danse, que ce soit transpirant comme peut l’être un concert de folie dans le caveau du Mudd ! »
Écouter Step & Stains, le précédent EP de Funkindustry
L’album, moi la rockeuse, je l’écoute en boucle
Et il n’y a rien de mieux que de la musique bien funky pour animer les foules. Moi-même ça m’a électrifié alors qu’il y a seulement six mois en arrière je t’aurais dit : « le funk, non mais ce n’est clairement pas pour moi ça ! » Tu parles, l’album des Funkindustry ? Je l’écoute en boucle, surtout quand je bosse, parce que ça me met de bonne humeur !
Ludo, au trombone, précise toutefois :
« C’est vrai qu’il y a le mot funk dans notre nom de groupe mais on ne fait pas que du funk pour autant. Et puis on a un côté cuivre qui fait aussi notre particularité, qui apporte un côté plus péchu. En tous cas on essaye de varier les styles. On part du funk et on peut virer vers des phases plus rock, disco, latino ou un peu pop. L’important, c’est que ce soit groovy ! Je crois que c’est d’ailleurs ça notre garde-fou : il faut que ce soit dansant ! »
(Photo Illies Hameur)
Un tout petit peu compliqué de déplacer tout ce petit monde
À l’origine de Funkindustry, on trouve deux frères qui ont toujours fait de la musique ensemble. Ils ont connu les autres membres du groupe au lycée, au conservatoire de Strasbourg ou lors des Jam sessions du Mudd Club. Il y a eu quelques petits changements en quatre ans, entre celui qui part faire des études à l’étranger ou celui qui revient, mais cela fait un an et demi que la formation actuelle existe.
Entre eux, il y a une super bonne ambiance et les interviewer revient en fait à passer un petit bout de soirée bien cool. Tu te sens tout de suite bien, t’as l’impression d’être avec des potes. En tous cas, c’est la première fois que j’interviewais un groupe avec six membres. Alors bien sûr, je ne peux pas m’empêcher de leur demander si c’est pas un peu compliqué à gérer tout ça ? Réponse de JM, bassiste :
« Il y a des avantages et des inconvénients à être nombreux. Déjà, on ne peut pas tous rentrer dans une bagnole ! Mais on peut se répartir les tâches en fonction des compétences de chacun, que ce soit le booking, la logistique, l’artwork … Et puis on se marre bien ! »
FX ajoute :
« Pour valider des dates de concerts, c’est sûr que c’est plus difficile, il faut attendre les réponses de chacun. Mais on s’entend vraiment super bien, amicalement comme musicalement. D’ailleurs on aura toujours plus tendance à ajouter des musiciens et des choristes pour des dates exceptionnelles qu’autre chose. C’est naturel pour nous d’être nombreux sur scène, ça correspond pleinement à la direction musicale qu’on prend. »
« Funkindustry, c’est une bande de potes, c’est notre histoire »
Pour leur album, les Funkindustry ont d’ailleurs invité d’autres musiciens comme un saxophoniste ou un trompettiste. Let’s do it again, c’est un album qui déchire, éclatant de bonheur, qui te donne une insatiable envie de faire la fête. Mais je ne pas oublier le sublime artwork réalisé par le très funky Martin, trompettiste. À l’image du groupe, c’est fun, délirant et super classe ! L’artwork a été très réfléchi par ce petit blond qui m’explique :
« L’artwork est un mélange de différentes illustrations. Je me suis inspiré des années 70 tout en étant plus contemporain que pour l’EP. J’ai souhaité reprendre l’idée du vaisseau qu’on avait eu. Il était d’abord dans l’espace, il faisait son chemin et là il arrive quelque part, dans un endroit mystérieux. Ça a un côté disco galactique ! J’ai souhaité quelque chose d’assez narratif parce que Funkindustry, c’est nous, une bande de potes, c’est notre histoire. »
(Martin a même dessiné son chien, Murphy, allongé dans le vaisseau, à côté du mini-bar. Eh oui ! Il est cool le vaisseau des Funkindustry !)
« Toujours plus de funk ! »
Pour Let’s do it again, les Funkindustry préparent un nouveau clip. Ils en avaient réalisé un premier sur une chanson uniquement dévoilée sur le net. On y suivait les aventures d’un singe qui fait plein de conneries. Là, c’est grâce au financement participatif que le groupe pourra produire leur vidéo :
« On a beaucoup d’idées et c’était impensable pour nous de faire un truc au rabais. Après avoir tout investi dans l’album, on n’avait plus de budget et grâce à toutes les personnes qui ont participé à notre projet sur Ulule, on va pouvoir produire rapidement un clip bien, un clip qui a vraiment de la gueule ! »
Feel Like I’m DK (vidéo FunkIndustry / YouTube)
Les Funkindustry ont également prévu de multiplier les concerts aussi bien à Strasbourg qu’à Metz, Besançon, Lille… Et bien sûr du 30 juin au 1er juillet 2017, ils organiseront la nouvelle édition de leur festival Kawati Groove, au Port-du-Rhin :
« On a créé le Kawati Groove avant que Ludo et Pierre ne partent pour leurs études, on voulait marquer le coup. On avait organisé une soirée gratuite, en plein air, avec les Fat Badgers et on s’est rendu compte que ça avait beaucoup plu ! On a décidé de le refaire l’an dernier mais cette fois-ci sur deux jours avec 12 formations. C’est un vrai kiff perso de pouvoir organiser notre propre event, c’est super chouette ! Ça nous permet d’être confronté à d’autres problématiques, de voir un peu l’autre côté des festivals. C’est aussi lié à notre volonté de défendre la scène locale car nous faisons participer des amis à nous ou des groupes que nous avons croisés. »
Les Funkindustry donneront également un concert gratuit à L’Iliade à Illkirch le mercredi 12 avril. Il marquera la fin de leur première résidence pendant laquelle ils vont travailler leur set et leur jeu de scène :
« Notre musique c’est vraiment une musique de concert, elle est faite pour ça ! De toutes façons, ce qu’on aime, c’est la scène. Quand le public est là, on s’éclate ! On a l’habitude d’être porté par un public qui nous répond bien. Et d’avoir des personnes à donf, c’est génial ! On cherche à dégager un truc, de l’énergie, échanger avec le public. En fait, Funkindustry, c’est une musique de partage. »
Ils seront aussi à l’affiche du Pelpass Festival, du 25 au 27 mai au jardin des Deux-Rives à Strasbourg. Et quand on les interroge sur leurs projets futurs ils répondent, unanimes :
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Samedi 29 et dimanche 30 avril, le quartier du Port du Rhin à Strasbourg sera en fête, à l’occasion de l’ouverture au public de l’extension du tramway vers Kehl. La ville allemande sera aussi en fête et le tramway sera gratuit et circulera toute la nuit.
Alors que l’Europe fête les 60 ans du traité de Rome, texte fondateur de l’Union européenne, Strasbourg va participer aux festivités à sa manière avec un week-end festif et transfrontalier à l’occasion de l’ouverture au public de la ligne de tramway vers Kehl, du samedi 29 au dimanche 30 avril. Lundi lors d’une conférence de presse à Kehl, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a voulu inscrire l’événement dans la grande Histoire :
« Il existait déjà un tramway entre Strasbourg et Kehl, cette ligne a été fermée en 1918, lorsque l’Alsace a été rendue à la France. Et aujourd’hui, près de 100 ans après, on rouvre cette ligne, le symbole est fort. Rappelons que dans d’autres endroits de la planète, et dans le débat public, certains veulent construire des murs. Nous, à l’inverse, nous bâtissons des ponts. »
C’est beau et c’est vrai que cette aventure transfrontalière, à contre-courant des replis identitaires, mériterait d’être saluée à un niveau national, international même. Malheureusement pour Strasbourg, aucun membre du gouvernement ne fera le déplacement, les ministres invoquent la « réserve électorale » qui limite les prises de parole en période d’élections, une interprétation pour le moins restrictive du code électoral…
Côté allemand, le tramway sera inauguré par Peter Altmaier, directeur de la chancellerie. Strasbourg aurait préféré Angela Merkel, l’idée était de réunir les deux chefs d’État sur le nouveau pont sur le Rhin, mais la chancelière a finalement décliné. Côté Europe en revanche, personne. Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a été invité, mais lui aussi a mieux à faire qu’inaugurer la première liaison intra-urbaine sur le Rhin.
Il reste encore quelques menus travaux côté Kehl… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Deux stations ouvertes exceptionnellement
Les tramways vont passer et repasser le nouveau pont sur le Rhin à des cadences de plus en plus élevées jusqu’au 29 avril, premier jour d’exploitation commerciale de ces 2,7 km d’extension de la ligne D. Pendant le week-end festif, deux stations seront ouvertes exceptionnellement, celles de Starcoop (môles Starlette et Coopérative) et Citadelle. Ces deux stations sont prévues dans le tracé mais comme elles traversent des zones occupées par des entreprises et des friches industrielles, elles ne seront pas desservies commercialement avant que des logements n’y soient construits.
Lundi, Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole, a rappelé les coûts de cette entreprise : 70 millions d’euros, côté français, 50 millions d’euros côté allemand. Les deux versants du chantier ont profité chacun de 3,7 millions d’euros en provenance de l’Union européenne. En outre, la CTS a acquis une dizaine de nouvelles rames Citadis, capables de voyager sur les rails allemands et français (qui sont différents), pour 28 millions d’euros.
Pendant le week-end d’inauguration, l’accès à la ligne D sera gratuit pour tous et le tramway continuera de faire l’aller-retour entre la France et l’Allemagne dans la nuit de samedi à dimanche.
La ligne D sera prolongée lors d’une phase ultérieure. Les stations Starcoop et Citadelle seront ouvertes dans un an ou deux (doc remis / CTS)
Le programme touffu de TramFest
La Ville de Strasbourg a prévu un programme touffu de réjouissances, en lien avec la ville de Kehl, pour célébrer cette réunion transfrontalière. Et ce programme appelé « TramFest » s’ajoute à l’Ososphère, le festival des cultures électroniques et urbaines, qui démarre la veille avec ses deux Nuits électroniques et se poursuit jusqu’au dimanche 7 mai par une série de rencontres et d’expositions à la Coop. Toutes les animations sont gratuites.
Près de Citadelle, Batorama va proposer des découvertes en bateau de 40 minutes du bassin Vauban, des jeux ou encore des ateliers participatifs. Les inscriptions seront à faire sur place.
À Starcoop, découverte de l’urbanisation des Deux-Rives, par des balades, de installations artistiques, des expositions, des maquettes sensibles et interactives, des espaces d’échanges, des conférences et même un jeu de piste… Il y aura également le début du parcours artistique de L’Ososphère, présenté ainsi par les organisateurs :
« Le parcours artistique de L’Ososphère explore les arts d’une époque signée par le numérique à l’aune des mutations de la ville autant que de ses persistances et de sa poétique. Sur les 4 étages de la Cave à Vin de la Coop, sur les façades et dans les interstices des architectures du site, ou encore au cœur d’un Pop Up District de conteneurs et de dômes, les visiteurs découvrent plus de 30 œuvres qui transcendent la technique pour offrir l’émotion et proposent une flânerie à la fois contemplative et interactive qui traverse le paysage, la brique et l’égrégore. »
Une fête foraine alternative est prévue près de la station Port du Rhin (Photo Fête à Toto / doc remis)
À la station Port du Rhin – Cour des Douanes, ce sera le principal endroit des animations du week-end. Il y aura d’abord une « kermesse alternative » où « dans une ambiance familiale festive et décalée, toutes les générations sont invitées à flâner au cœur d’un espace éclectique. » Des visites guidées du quartier historique du Port du Rhin et de la Coop sont également proposées par le centre socioculturel avec le soutien d’Au-Delà des Ponts. Le public pourra aussi voir des « déambulations circassiennes » par les élèves de Graine de cirque, dont les chapiteaux sont bien connus des habitants du quartier.
Le quartier abritera également la « Fête à toto » par Sweat Lodge et Totoblack, une sorte de fête foraine, mais rock’n roll, dans la cour des Douanes. Dans cette fête un brin particulière, il y aura trois stands : « katapulta », un stand de tir au lance-pierres, la « mailloche », la machine à orgueil, et le « roller dancing » pour les amateurs de rollers et de sensations fortes.
Animations pour comprendre la vi(ll)e
Un peu plus bas, sur le site de l’ancien siège de Coop Alsace, une association d’artistes et d’habitants appelée « La basse-cour des miracles » propose « Fenêtre sur la vi(ll)e », un ensemble de quatre animations. D’abord l’atelier Pistacolle par l’Imprimerie La Nasa, un « bricolage d’accoutrements à partir de tissus imprimés pour des souvenirs inlavables », l’atelier Calligraffiti par Le Studiographe, une « réconciliation avec l’écriture à coups de pinceaux et de bombes de peinture », le studio photo autoporté Stu’Dos par Le Collectif Salle de shoot et l’exposition des ateliers participatifs menés par Daniel Depoutot.
De nombreuses autres manifestations, ateliers, animations, jeux et autres sont prévus. Les horaires et le détails seront précisés sur le site de la Ville, Strasbourg.eu, et dans l’événement Facebook.
Roller Dancing anyone ? (Photo La Fête à Toto / doc remis)
À la station Kehl – Bahnhof, une exposition de photos et d’affiches des ponts rhénans fera revivre l’histoire du franchissement du Rhin, à la gare routière de Kehl et une locomotive vapeur de 1898, qui a déjà traversé le pont sur le Rhin à son époque, sera installée pendant le week-end sur le parvis de la gare. L’endroit accueillera en outre une exposition sur l’histoire de la ligne de tram entre Kehl et Strasbourg.
Sur une scène samedi 29 avril, il y aura dès 11h des concerts, une fanfare et des petites représentations théâtrales de « Theater des 2 Ufer ». À 18h30, c’est le duo franco-allemand de hip-hop Zweierpasch / Double Deux qui est programmé, un groupe engagé pour une Europe pacifiste dont Rue89 Strasbourg vous avait déjà parlé. À 20h, c’est l’accordéoniste Jean-Pierre Albrecht qui sera sur les planches, pour de la variété alsacienne et rhénane.
Jean-Pierre Albrecht interprète Trois Garçons (vidéo Dany Fischer / YouTube)
Illuminations sur le pont samedi à partir de 21h30 (Photo Joachim Mell / doc remis)
À 21h30, le pont s’illuminera lors d’un spectacle alliant « feu, eau, et lumière », promet la Ville.
Le lendemain, rebelote dès 10h30 avec des danses folkloriques, de la musique traditionnelle, à nouveau « Theater der 2 Ufer » à 17h30 et Trinkmanns à 20h, avec leurs reprises des Red Hot Chili Peppers, David Bowie, ACDC et autres…
La Maison des associations de Strasbourg lance une enquête afin de mieux connaître les quelque 12 000 structures enregistrées au tribunal. Celles-ci sont encouragées à remplir un questionnaire en ligne, pour se faire connaître et constituer un « observatoire de la vie associative ».
Il y aurait plus de 12 000 associations recensées à Strasbourg, mais combien sont encore en activité ? Mystère. C’est pour répondre à cette question que la Maison des associations s’est associée à la Ville pour débuter une grande enquête auprès de toutes les associations. Celles-ci ont jusqu’au 31 mars pour remplir un questionnaire en ligne.
Les données recueillies alimenteront un observatoire de la vie associative (Crédit photo : Photo Claude Truong-Ngoc / VisualHunt / cc)
Les données du tribunal inaccessibles
La MDAS cherche à actualiser les chiffres du tribunal d’instance, où chaque association est tenue de s’enregistrer et de publier ses comptes rendus d’assemblées générales. Afin d’établir une « réalité concrète » de la vie associative à Strasbourg, les associations sont donc encouragées à déclarer leur nombre de membres, leur secteur d’activité, leur budget, le nombre et le type d’employés, etc.
L’enquête permettra à la MDAS de débuter un « observatoire de la vie associative », qui regroupera toutes les données recueillies. La MDAS ne sait pas, à ce jour, si ces données seront publiées en open-data par la Ville de Strasbourg.
Les participants doivent répondre à quarante questions… avant le 31 mars. Après avoir répondu, chaque association se verra invitée à une soirée de présentation des résultats de l’enquête, à la Maison des associations de Strasbourg.
Habitué des films d’époque, James Gray délaisse pour la première fois New York afin de s’aventurer dans les méandres du récit épique, entre Irlande et Amazonie. Il filme ainsi l’obsession d’un officier qui tente de réhabiliter le nom familial en partant à la recherche d’une cité perdue au cœur de la jungle amazonienne.
Le récit s’étend sur une période de vingt ans. Dans The Lost City of Z, Percival Fawcett, brillant soldat, se voit confier la tâche de cartographier la frontière de deux pays d’Amérique latine sur le point d’entrer en guerre. Il reviendra en nourrissant une obsession pour une cité légendaire ; une cité dont la découverte lui permettrait d’entrer dans l’Histoire. Au détriment de sa famille, il enchaînera les expéditions hasardeuses.
Charlie Hunnam, confronté à l’inconnu (Photo StudioCanal)
La famille, maillon indissociable de la logique Gray
James Gray incarne, depuis ses débuts, une forme de paradoxe, celui du cinéaste jeune mais classique. Réalisateur surdoué, coqueluche de la critique depuis son premier film Little Odessa, il s’attache d’emblée à des problématiques autrefois prisées de monuments tels que Visconti ou Coppola.
L’affiche du film
Chez Gray, la famille est au centre de toutes les problématiques. Elle est un obstacle à l’ambition dans La nuit nous appartient, un obstacle à l’amour dans Two Lovers, un cadre sacrificiel dans The Yards. Le personnage principal de The Lost City of Z se définit encore dans son rapport au cercle familial. Le père, la femme, les enfants, sont à l’origine de toute décision. Le fils qui incrimine le major pour ses absences deviendra l’outil servant l’accomplissement de toute ambition.
Gray quitte son terrain de jeu habituel. Il délaisse Brighton Beach et ses immigrés d’ascendance ukrainienne. New York laisse ainsi place à la forêt amazonienne. Mais les personnages ont pourtant les mêmes frontières, les mêmes enjeux. Ils se montrent dignes, fiers, obstinés et luttent contre le courant de l’héritage familial.
Un personnage malheureusement en retrait (Photo StudioCanal)
La jungle et ses ambitions
Urbain, sauvage ou panthéiste ? Au cinéma, le cadre et l’environnement conditionnent le récit. On ne saurait s’aventurer dans la jungle sans s’absoudre des aînés, des maîtres du 7e art venus filmer un univers dans lequel l’homme se trouve perdu face à la solitude, face à sa douleur et sa folie. The Lost City of Z a, quelque part, les défauts de ses grandes qualités. Gray voudrait narrer les tourments d’un homme dans un monde perdu, mais ce monde se doit d’être un personnage à part entière.
Parfois, le cinéma ennuie. Et là, il frustre. L’histoire est monumentale, et le cinéaste s’emploie à ne pas délaisser son héros. Alors il opte pour des ellipses dommageables, sacrifie l’un ou l’autre personnage prometteur. Gray est ainsi raisonnable. Son film est maîtrisé, solide.
Bande annonce de The Lost City of Z (vidéo YouTube)
Mais peut-on narrer la démesure et la folie sans y toucher quelque peu ? Herzog (dans Aguirre) et Coppola (Apocalypse now) se sont perdus avec leurs personnages. Ils n’ont pas permis que leurs protagonistes soient plus forts que la jungle, conscients sans doute qu’ils amenuiseraient alors la portée de cet univers.
Et si Aguirre est une œuvre traumatisante, c’est parce que l’on y ressent, justement, l’absence de contrôle, la perte de repères. Tout peut surgir au détour d’une branche ou d’une liane. The Lost City of Z, passionnant mais timide, ne parvient jamais à recréer ce type de sensation. C’est un film démesurément ambitieux et outrageusement sage.
Le film d’un grand cinéaste qui se refuse à abdiquer le contrôle. Le film qui arrive trop tôt, ou trop tard, dans la carrière d’un cinéaste équilibré et épanoui dans son art.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
Pour ce dernier conseil municipal de Strasbourg avant l’élection présidentielle, suivez la séance agrémentée des commentaires de Rue89 Strasbourg. Il y sera notamment question du zoo de l’Orangerie et du Wacken. À suivre en direct à partir de 15 heures.
Posez vos questions à notre journaliste sur le tchat.
Suivez le conseil municipal avec nos commentaires en direct
Grande première sur Rue89 Strasbourg avec ce conseil municipal ! Nous vous proposons de suivre les échanges, sûrement animés, du conseil municipal avec nos commentaires en direct. À la manière d’Accropolis, qui commente les séances des questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale. Vous pouvez en outre poser vos questions et vos remarques sur le tchat YouTube ci-dessus. Nos commentaires visent à expliquer le fonctionnement de la séance et décrypter les sous-entendus des élus. N’hésitez pas à nous questionner là-dessus.
La subvention annuelle à l’association « Les amis du zoo » est de retour sur les bancs de l’hémicycle strasbourgeois ce lundi 27 mars. Il est question de voter 270 000 euros pour le fonction de leurs activités autour des petites cages à l’Orangerie. En 2016, le président du groupe majoritaire des élus socialistes à Strasbourg, Philippe Bies, mettait en garde les adjoints :
« Il n’est pas envisageable, de notre point de vue, que nous nous retrouvions dans un an à redélibérer pour soutenir un modèle qui est totalement dépassé, qu’on ne rencontre dans quasiment plus aucune ville en France. »
Les assos reviennent à la table de discussions
Depuis ? Les participants aux discussions sont revenus autour de la table. D’un côté les Amis du zoo, de l’autre des associations de défense de la condition animale. Au milieu, les élus strasbourgeois, en particulier l’adjointe à la nature en ville, Christel Kohler (sans étiquette, membre de « En Marche »).
Comme le lynx ou les bouquetins, les singes vivent sur du macadam (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
À ce stade, les certitudes sont que le zoo de l’orangerie restera un parc animalier, mais davantage à visée pédagogique, avec des espèces européennes, plutôt qu’exotiques. En clair, le lynx Sibérie, les loups ou les singes n’ont plus leur place dans les cages étriquées, encore plus sur des sols en béton, bien loin de leur habitat naturel.
Le cabinet d’Expertise zoologique et zootechnique Fox Consulting a produit 29 fiches sur les espèces que l’on pourrait retrouver dans un zoo requinqué. Les tortues de Floride, désormais bien acclimatées à Strasbourg pourraient être de la partie, tout comme des grands hamsters d’Alsace, des chats forestier, des visons, amphibiens ou porc-épic.
Les animaux appartiennent à l’association des amis du Zoo et les cages à la Ville (JFG / Rue89 Strasbourg)
Consultation publique ?
Les associations doivent maintenant encore s’entendre sur différents scénarios de développement. Ensuite la consultation sera publique, éventuellement sur Internet comme pour la rénovation des quais, lors de la deuxième partie de l’année. Est-ce que ce sera suffisant pour le groupe socialiste ? Leur vote au conseil municipal de lundi est attendu car pour 2017, il s’agit néanmoins de reconduire le même modèle.
Les élus écologistes ont souvent été critiques de leurs alliés socialistes sur ce point. L’an dernier, ils étaient redescendus d’un ton, histoire de permettre la transition. Mais il n’est pas certain que les lentes évolutions proposées leur conviennent aujourd’hui.
Combien de temps encore dans les cages étroites pour les animaux du zoo de l’Orangerie ? (Dessin Guillaume Decaux)
Petit tour de chauffe avant les présidentielles
Parmi les 35 points à l’ordre du jour de ce conseil municipal, un concerne le quartier d’affaires du Wacken, enfin sur l’Archipel (son nouveau nom), devrait soulever des débats entre les différents groupes politiques. D’autres points plus consensuels, sur les Maisons de Santé ou le classement de l’œuvre Notre-Dame au patrimoine immatériel de l’Unesco peuvent aussi susciter des débats de fond.
Ce dernier conseil municipal avant l’élection présidentielle devrait générer des échanges très politiques, un peu hors-sujets mais savoureux, afin de profiter de cette tribune pour mettre en avant les candidats en lice.
Mais des deux côtés, les candidatures François Fillon (LR) et de Benoît Hamon (PS) n’ont pas suscité un enthousiasme délirant de la plupart des élus strasbourgeois, parfois situés « en retrait » des campagnes. Une apathie qui pourrait permettre au Front national de s’insérer dans les débats, pour mettre en avant sa candidate.
Néanmoins, tous les candidats strasbourgeois aux élections législatives qui suivront, en juin, ont leur voix au chapitre parmi les interpellations en fin de conseil, sur divers sujets locaux (bornes biométriques pour la carte d’identité, vente de l’hôtel des Postes, une future prison, les espaces verts).
Songwriter et guitariste parisien, Miles Oliver viendra présenter son rock lo-fi à La Popartiserie à Strasbourg samedi 1er avril. La strasbourgeoise Oscar on the lawn ouvrira le bal avec son folk intimiste.
Après un deuxième album en 2016, intitulé I Miss Boredom, Miles Oliver sillonne les routes de France pour faire découvrir sa musique en clair-obscur. Chez lui, tout est une question de dualité. Seul, il jongle entre guitare sèche et guitare électrique, entre énergie rock brute et folk sombre et doux.
Clip de « Call Me » – Miles Oliver (Eric Heim & Christian C. / Youtube)
Un Léonard Cohen énervé
Après un passé punk et une dizaine d’année d’expériences scéniques, il manie à présent les émotions de sa voix rugueuse, non sans rappeler un Leonard Cohen énervé ou un Nick Drake obscur. C’est essentiellement dans son phrasé qu’on retrouve les traces de son passé, phrasé qu’on imagine mieux dans un groupe de rock énervé que chez un artiste folk. Mais il faut se laisser surprendre par ce mélange des genres inédit et bienvenu, pour finir totalement séduit par des textes ciselés.
Après un passage au Local en novembre 2016, il est donc temps de retrouver Miles Oliver dans un espace un peu plus grand. Celui qui a sillonné les routes d’Europe et a déjà partagé la scène avec des artistes tels que Troy Von Balthazar ou King Dude, revient dans le merveilleux cocon qu’est La Popartiserie. L’occasion pour tous ceux qui l’auraient manqué à l’automne de découvrir l’album I Miss Boredom en live. Et peut-être d’espérer entendre de nouvelles compositions.
Clip de « Blue dress with bun » – Oscar on the lawn (Marie Furlan / Youtube)
L’entrée en matière elle-même saura donner le ton de cette soirée. La Strasbourgeoise Oscar on the lawn est une artiste délicate, lumineuse, qui officie seule en guitare sèche. Celle qui se fait appeler Liz Smith chante en anglais d’une voix légère et est aussi solaire que Miles Oliver est lunaire. Ses quelques pépites poétiques, présentes sur l’EP Ashes and Lawn sorti en juin 2015, envoûteront par leur simplicité et leur intimité. Mais le concert de ce samedi 1er avril sera sûrement l’occasion, là encore, de découvrir des nouveautés, puisqu’un nouvel album est prévu pour 2017. À ne pas manquer.
Après s’être heurté à l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan aurait envisagé de tenir un meeting au Zénith de Strasbourg. Le maire Roland Ries s’est déclaré opposé à sa venue et a saisi Matignon. De son côté, le consulat turc à Strasbourg a affirmé qu’aucun meeting n’avait été planifié.
Aline Rollin a contribué, par ses illustrations, à cette grande folie humaine qu’est la préparation du Giboul’Off. Ses dessins fins et expressifs permettent de toucher du doigt l’esprit de ce festival qui construit du commun.
Le Giboul’Off est un peu une machine à se constituer des rêves et des souvenirs. D’images folles en rencontres – parfois stratosphériques-, c’est un espace-temps à part. Le voilà, vu par les yeux d’Aline Rollin. Ses illustrations ont contribué, à leur façon, à faire exister le Giboul’Off, en permettant de montrer ce qui donne au festival ses qualités uniques : les gens qui le produisent. Ils sont nombreux, plutôt jeunes, des gars et des filles, bricolos et motivés.
Aujourd’hui donc, histoire en images – en attendant les souvenirs en train de se constituer de l’édition 2017. Pour y participer, le programme se trouve ici.
Carole et Agnès font la banderole pour le bar / Live sketching (Illustration Aline Rollin)
Philou termine l’auvent / Live sketching (Illustration Aline Rollin)
Marie s’occupe de la scénographie / Live sketching (Illustration Aline Rollin)
Anne et Nina font les pass des artistes et des bénévoles / Live sketching (Illustration Aline Rollin)
Et alors quand c’est prêt, c’est parti. En 2016, le spectacle « Les 3 petits cochons » (Illustration Aline Rollin)
Et ça marche. (Illustration Aline Rollin)
ça marche vraiment. Bon spectacle! (Illustration Aline Rollin)
Aline Rollin est graphiste et illustratrice indépendante. Sur son blog, elle explique que son objectif est de « fabriquer des images qui produisent du sens ».
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.