Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Avec la géothermie, peut-être des bananes cultivées dans l’Eurométropole de Strasbourg

Avec la géothermie, peut-être des bananes cultivées dans l’Eurométropole de Strasbourg

Autour de Strasbourg, trois puits de géothermie profonde vont commencer à être creusés en 2017, à Illkirch-Graffenstaden, à Eckbolsheim et à Vendenheim. Les forages, qui puiseront de la chaleur des sous-sols jusqu’à 4 000 mètres de profondeur, doivent être mis en service environ deux ans plus tard. Les deux premiers alimenteront respectivement le parc d’innovation et le réseau de chaleur de Hautepierre.
Mais pour le troisième site, 

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Les orthophonistes se mobilisent samedi à Strasbourg

Les orthophonistes se mobilisent samedi à Strasbourg

Les étudiants et professionnels de l’orthophonie organisent une manifestation le samedi 25 mars, place Kléber à Strasbourg. Ils entendent obtenir une revalorisation des salaires à la hauteur de leur niveau d’études, afin de rendre le milieu hospitalier plus attractif.

Les orthophonistes vont donner de la voix samedi 25 mars, à Strasbourg. Une manifestation est organisée à 14 heures place Kléber, à Strasbourg. Les étudiants et professionnels du secteur réclament une revalorisation salariale, à la hauteur de leur niveau de compétence. Les orthophonistes traitent les troubles de la parole, en particulier du bégaiement. Le diplôme d’orthophoniste s’effectue en cinq ans, au grade Master, depuis 2013, contre quatre auparavant. Or, la grille salariale des hôpitaux correspond encore à un niveau bac+2 soit un peu plus du SMIC (1.466,62 euros bruts par mois). Les orthophonistes entendent protester plus particulièrement contre un nouveau décret du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Hospitalière. Il sera proposé lundi 27 mars de reclasser les orthophonistes de la fonction hospitalière à un niveau bac+3. Un reclassement jugé insuffisant par les représentants de la profession, qui lance un appel à la grève ce jour-là.
Une manifestation s’était déjà tenue à Paris le 7 mars (doc. remis)

Des draps blancs pour représenter « la disparition de l’orthophonie »

Cette situation a pour conséquence de rendre le milieu hospitalier peu attractif pour les nouveaux diplômés. Selon la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) environ 90% des praticiens travaillent dans le secteur privé contre 70% dans les années 1980. Selon les organisateurs, la formation des nouveaux orthophonistes s’en trouve affectée, comme la prise en charge des patients. Samedi 25 mars, place Kléber, un sit-in sera organisé sous des draps blancs. Il symbolisera « la disparition de l’orthophonie à l’hôpital », selon les termes des organisateurs. La mobilisation se poursuivra lundi 27 mars, avec une grève des enseignements.  

Central Vapeur 7, dix jours dédiés à l’illustration foisonnante

Central Vapeur 7, dix jours dédiés à l’illustration foisonnante

Et c’est parti pour la 7e édition du festival Central Vapeur, du 23 mars au 2 avril, dans le cadre des Rencontres de l’Illustration de Strasbourg : expositions, concerts, conférences, salon des éditeurs indépendants, ateliers ludiques… L’occasion de rafraîchir sa bibliothèque avec des créations atypiques et de s’éduquer le regard, en se confrontant aux émergences.

Depuis 2012, l’association Central Vapeur à Strasbourg cherche à partager autour de l’illustration les connections possibles avec les autres formes d’expression. Entre médiathèques, musées, écoles et salles d’expositions, la vapeur de l’illustration planera sur la ville durant cette édition riche en contenu. Diversité et convivialité seront cette année encore deux piliers du festival, qui s’installera autour du quartier gare entre féérie du conte, « battle » de dessin, musique et rencontres avec des professionnels.

Jochen Gerner – Dessin n° 2 du Dialogue

Cette année, Central Vapeur pourra compter sur la présence de Jochen Gerner, auteur de célèbres bandes dessinées mais aussi artiste contemporain et dessinateur. Il est notamment connu pour son travail de collaboration avec Le Monde ou encore le New York Times. L’exposition qui lui est consacrée ouvre dès le 31 mars à l’Espace K.

Commencez par faire vos jeux !

Les Rencontres de l’Illustration débutent avec un marathon de 48h autour du jeu vidéo, au Shadok dès vendredi. Il s’agit de « prototyper en équipe un jeu vidéo autour d’une thématique donnée. » Cet atelier, en lien direct avec Ludus Académie, rebondira lors de la Game Jam organisée avec le Shadok du 7 au 9 avril. Il sera suivi d’une performance du groupe strasbourgeois SLAAP qui mettra en scène un dialogue entre son et image, en collaboration avec le dessinateur Matthias Picard.

The Staches en concert le 1er avril

S’en suivront une série de vernissages et d’expositions tout au long du festival Central Vapeur, avec notamment le salon des éditeurs indépendants, du 31 mars au 2 avril, salle des Colonnes du Hall des Chars. Comme chaque année, l’équipe de Central Vapeur invite une série d’éditeurs de l’univers francophone, souvent de très petites structures mais aux choix très affirmés et qui n’ont pas eu peur de publier des projets décalés.

Mais Central Vapeur, c’est aussi l’occasion pour des élèves de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) d’exposer leur travail aux professionnels de l’édition ou de la presse. La professionnalisation est d’ailleurs un point capital dans l’ambition de l’association qui s’oriente, grâce à la popularité de son festival notamment, vers de nouveaux horizons autour des métiers de l’illustration. Une diversité et une richesse qui créent des passerelles et qui développent à chaque édition le contenu du festival.

Du conte à la bataille de dessins

Central Vapeur 7, c’est donc une programmation hétéroclite avec notamment la désormais fameuse « Battlestar de dessin », samedi 25 mars à 20h30 au cinéma Star Saint-Exupéry.

Le concept n’a pas varié. Face au public, huit illustrateurs « s’affronteront » sur la thématique du cinéma avec des contraintes telles que « dessinez la suite », « dessinez l’affiche », « devinez le titre du film », etc. en quelques minutes. Le juge Emmanuel Rémy et le public devront compter les points et déterminer le gagnant de cette lutte sans merci.

Illustration Marie Dorléans, auteure de L’Invité.

Le festival est aussi l’occasion de mettre en lumière des auteurs et illustrateurs strasbourgeois, comme Marie Dorléans, diplômée de la Haute École des Arts du Rhin. Elle propose une série de 6 sessions de 20 minutes autour de l’illustration jeunesse et du conte à destination des enfants, les 25 et 26 mars, et 1er et 2 avril dès 15h à Arachnima, 33 rue de la Course à Strasbourg.

De la sérigraphie au tatouage à 4 mains.

Le festival ambitionne de sortir l’illustration de ses supports habituels et d’aborder le dessin à travers les symboles ou les tatouages. Ainsi du 27 mars au 15 avril, Amina Bouajila et Point36 confronteront au Diamant d’Or leurs inspirations autour des Wuxing, les cinq éléments qui constituent la cosmologie chinoise, à savoir le métal, le bois, l’eau, la terre et le feu. L’opportunité de s’offrir ce tatouage à 4 mains dont vous rêvez, entre entre deux expositions et un tour à la buvette pour prendre des forces ! Prendre rendez-vous par e-mail via socopof@centralvapeur.org.

« Freaks » fait émerger les premiers monstres sublimes du Giboul’Off

« Freaks » fait émerger les premiers monstres sublimes du Giboul’Off

Le Giboul’Off est lancé à Strasbourg. C’était jeudi soir à la Graffeteria avec le très beau spectacle Freaks – marionnettes de bar – de la Compagnie Les Rémouleurs. Un spectacle hors les murs du Giboul’Off qui sera également accueilli au Gobelet d’Or et au Molodoï. Une perle de poésie – avec du brutal.

Dans le décor très hype de la Graffeteria de l’hôtel Graffalgar à Strasbourg, le spectacle est incongru mais le public au rendez-vous. Pour fort coquet qu’il soit le bar a, en soirée, quelque chose d’absent. Nous sommes loin du rade poisseux et tagué qui garde les traces fatiguées des buveurs. Le lieu a quelque chose de pour le moins aseptisé en regard du Molodoï et des décors habituels du Giboul’Off.

Pourtant Freaks fonctionne, là comme ailleurs, en installant une proximité. Un bar comme une scène miniature, des marionnettes comme des émanations de personnages que l’on croit reconnaître. Elles sont monstrueuses, bien sûr, les créatures de Freaks. Comme au cirque, comme dans les rêves, comme à certaines heures de la nuit où les fantômes font loi.

Souvent, lorsque l’on parle de monstres en art, l’objectif est d’éveiller des familiarités et une certaine forme de bienveillance. Les textes de Freaks, tout comme les personnages, sont travaillés avec subtilité et tendresse. Ils évitent les écueils des caricatures grossières pour toucher à une humanité drôle et puissante. Car, à l’image de la Complainte des filles de joie de Brassens, il faut se souvenir que nul n’est à l’abri d’être le monstre de l’autre. Et que ça mérite bien un petit câlin.

Anne Bitran de la Cie Les Rémouleurs à la sortie de "Freaks" (Photo SD / Rue89 Strasbourg)
Anne Bitran de la Cie Les Rémouleurs à la sortie de « Freaks » (Photo SD / Rue89 Strasbourg)

Pour le « non-public »

Lorsque l’on interroge Anne Bitran, metteure en scène, comédienne et marionnettiste de la Cie Les Rémouleurs, au sujet de la volonté de jouer ce spectacle dans les bars, la réponse sonne comme une évidence :

« C’est vraiment écrit pour être joué dans les cafés. Ici le contexte est un peu différent parce que ce n’est pas un café au sens propre du terme. Là où ça a le plus de sens, c’est dans les vrais bistros avec les habitués, le patron qui connaît tout le monde… Le petit rade du coin de la rue. Parce qu’en fait dans les cafés il y a plein de freaks. Plein de gens qui n’ont de place nulle part et qui se retrouvent là. Les cafés sont des lieux très importants où les gens se rencontrent, se confient les uns aux autres, se confient au patron.

Il y a une soif de ce public-là – qu’on appelle le « non-public » dans les institutions, les gens qui ne vont pas au théâtre – pour le sens, les textes. Une soif de thèmes sur lesquels débattre. Ce spectacle-là est vraiment fait pour ça. »

Détail de l'affiche du spectacle "Freaks", vendue à prix libre à la fin du spectacle (Image Cie Les Rémouleurs - Photo MB/Rue89 Strasbourg)
Détail de l’affiche du spectacle « Freaks », vendue à prix libre à la fin du spectacle (Image Cie Les Rémouleurs – Photo MB/Rue89 Strasbourg)

À taille humaine, comme le festival

On retrouve aussi, dans le spectacle Freaks, une communauté d’esprit et de façonnage avec le Giboul’Off. Un label « fait à la main » et « non-vu à la télé » qui créée de la magie à partir de matières brutes et faites maison. La curiosité, la façon de partir de idées avant de se poser la question de moyens.

« Je suis autodidacte. Je n’ai pas fait d’école, j’ai appris sur le tas. À chaque fois que je monte un spectacle je vais inventer les techniques pour faire parvenir ce que j’ai envie de dire. Je vais donc puiser ici et là. Là nous avons utilisé du latex, du stuc, différentes techniques qui correspondaient vraiment à l’univers qu’on avait envie de créer. On n’hésite pas à s’attaquer à des techniques qu’on ne connait pas. »

Il va sans dire que l’on attend avec impatience Les imagiers ambulants de la même compagnie, c’est à dire la déambulation qui commencera ce samedi à 21h Quai de Turckheim. La poésie sans complaisance générée par l’univers graphique des Rémouleurs devrait trouver un écho étonnant sur les façades de Strasbourg. Affaire à suivre !

Les filles de Marcel Marceau écartées de l’exposition « Le pouvoir du geste »

Les filles de Marcel Marceau écartées de l’exposition « Le pouvoir du geste »

Camille et Aurélia Marceau, les deux filles du célèbre mime Marcel Marceau, n’ont pas été associées à la création de l’exposition « Le pouvoir du geste », actuellement à l’Aubette à Strasbourg. Elles dénoncent une « appropriation » de l’héritage de leur père. La pose d’une plaque dans la rue de son enfance a été reportée.

Camille et Aurélia Marceau, les deux filles du mime Marcel Marceau, ont hérité d’un nom mondialement connu mais aussi d’un lourd fardeau judiciaire. Né à Strasbourg en 1923, celui qui a popularisé l’art du mime des États-Unis au Japon s’est éteint alors qu’il était criblé de dettes, en septembre 2007.

Son patrimoine artistique et ses biens ont été vendus aux enchères en 2008 et 2009. Une partie a été préemptée par l’État, d’autres biens ont été acquis par l’association « un musée pour le mime, » et constituent l’essentiel du fonds exposé à l’Aubette à Strasbourg jusqu’au 26 mars.

Les biens de Marcel Marceau vendus aux enchères

Le long combat des héritiers

Pour Camille et Aurélia Marceau, cette vente aux enchères a constitué le point d’orgue d’une guerre infinie entre les héritiers directs de l’artiste, ses créanciers et une partie de son entourage. À la fin de sa vie, Marcel Marceau était sous administration judiciaire, il aura fallu des années aux deux soeurs pour que la justice finisse par leur reconnaître la propriété intellectuelle de l’héritage du mime.

C’est donc peu dire qu’elles ont mal vécu d’apprendre, en décembre 2016, qu’une exposition sur Marcel Marceau devait avoir lieu à Strasbourg sans qu’elles aient été consultées. Aujourd’hui installée à Toulouse, Camille Marceau, artiste plasticienne, se souvient :

« On a soulevé des montagnes pour sauver ce qui peut l’être parmi ce qu’a laissé mon père, parfois au péril de nous-mêmes. Les tribunaux, les avocats, ça n’en finissait pas et nous ne sommes pas les héritiers Picasso ! On se bat sans moyens. Alors quand on a appris, assez fortuitement d’ailleurs, qu’une exposition devait se tenir dans la ville qui l’a vu naître, nous avons été surprises. Et lorsqu’on a demandé à être associées à la création, ça c’est très mal passé. »

Camille Marceau (Photo Michel Besnard)
Camille Marceau (Photo Michel Besnard)

Pas de partage de la création de l’exposition

Commissaire de l’exposition, Valérie Bochenek n’a pas souhaité partager la direction artistique, ni inclure les deux soeurs dans l’équipe organisatrice. Toutes les trois se connaissent, Valérie Bochenek a travaillé avec Marcel Marceau sur ses deux derniers spectacles mais elles étaient en froid à la suite d’un conflit de droits d’auteurs. Quoi qu’il en soit, les vieilles querelles n’ont pas pu être dépassées, ce que regrette Camille Marceau :

« Nos grands-parents étaient des réfugiés russes et polonais. Notre père est parti de rien, il est resté un saltimbanque, il a dédié sa vie à son art. Nous souhaitons que les valeurs que portaient notre père soient partagées par ceux qui invoquent son nom. Quand je vois qu’un “Marceau Day” a été créé alors qu’il choyait la discrétion, qu’une flash mob est organisée en son nom, nous sommes effarées. On a aussi appris que la Ville devait poser une plaque en son honneur, dans la rue où il a vécu son enfance et nous n’étions même pas invitées ! C’est une véritable appropriation de sa mémoire, c’est très violent. Pour autant, on n’a pas voulu faire interdire l’exposition mais on a demandé à la Ville de nous associer à l’hommage qu’elle souhaite lui rendre. »

Une plaque dans sa rue d’enfance… attendra un peu

Une plaque devait effectivement être apposée petite rue des Magasins, près de la gare, mercredi. La Ville a préféré surseoir à l’opération, en attendant de trouver une date et un hommage qui conviennent à tout le monde. En revanche, la Ville n’a pas retiré son soutien à l’exposition en cours, un tiers des 300 000€ qu’elle a coûté, comme l’explique Alain Fontanel, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la culture :

« C’est une exposition de qualité, avec une scénographie bien pensée, inventive. Elle nous a été présentée dès le départ comme une exposition sur le mime, et non sur Marcel Marceau car les organisateurs n’avaient pas les droits. L’objectif est que cette exposition puisse circuler maintenant dans d’autres villes, et contribue à faire connaître le mime, Marcel Marceau et Strasbourg comme sa ville natale. »

Aurélia, Camille et Marcel Marceau (doc remis)
Aurélia, Camille et Marcel Marceau en août 2001 (doc remis)

Marcel Marceau soigneusement excentré de l’exposition

La commissaire de l’exposition, Valérie Bochenek, réfute toute « appropriation » de Marcel Marceau :

« Nous sommes une association, nous avons pu rassembler une partie de ses affaires après la vente aux enchères mais l’exposition n’est pas sur Marcel Marceau. Elle est consacrée à l’art du mime, c’est pour ça qu’elle s’appelle « Le pouvoir du geste ». Toutes ces histoires ne sont pas très intéressantes. Ce qui est important, c’est que l’exposition circule, qu’on parle du mime et de Marcel Marceau et que les jeunes générations découvrent quel artiste il a été. »

Et effectivement, alors que toute la presse parle d’une exposition sur Marcel Marceau à Strasbourg, les présentations officielles de l’exposition se concentrent plutôt sur l’art du mime, évoquant seulement un « hommage à Marcel Marceau ». Même le nom de l’association a changé, auparavant appelée « un musée pour Bip », le personnage de Marcel Marceau, elle s’appelle désormais « un musée pour le mime. »

Pour autant, selon Camille Marceau, Strasbourg ne doit pas manquer son rendez-vous mémoriel avec Marcel Marceau :

« Quand il a dû quitter Strasbourg après la guerre pour être évacué à Limoges, il en a été profondément marqué. On a retrouvé des écrits de lui où il parle de Strasbourg, quasiment des poèmes d’amour à la cathédrale qu’il chérissait. Il a profondément aimé cette ville. Marcel Marceau était un homme avec peu d’attaches mais très fortes et Strasbourg était l’une d’elles. »

La famille Marceau n’en a pas encore fini avec les tribunaux. Les deux soeurs sont parties-civiles dans le procès contre des agents de l’Hôtel Drouot, après qu’une partie des invendus des ventes aux enchères des affaires de Marcel Marceau ait mystérieusement disparue. Après des condamnations pour association de malfaiteurs et vols en bande organisée en avril 2016, une audience en appel doit être programmée dans l’année.

#Camille Marceau#Valérie Bochenek

La SNCF cherche ses futurs agents, qui ne seront pas communiquants

La SNCF cherche ses futurs agents, qui ne seront pas communiquants

Guillaume Pépy, président de la SNCF, était jeudi à Strasbourg pour promouvoir les postes disponibles chez le transporteur ferroviaire national alors que s’ouvre le forum de l’emploi. Mais il est resté discret sur les tarifs du TGV, qui ne cessent de grimper.

Le président du groupe SNCF était à Strasbourg jeudi 23 mars dans le cadre d’un tour de France des nouvelles régions. À la veille d’un forum pour l’emploi qui doit se tenir au Palais des congrès ce week-end, Guillaume Pépy a rappelé que 16 000 agents de la SNCF travaillent dans le Grand Est et que l’entreprise nationale en cherche 430 de plus.

La discussion, aux allures d’exposé, a permis au président et à ses collaborateurs d’aligner les chiffres du succès de la SNCF dans le Grand Est : la ligne Paris-Strasbourg, « premier TGV en termes de régularité » ; 370 millions d’euros d’investissement, etc.

Guillaume Pepy (2e en partant de la droite) était accompagné de 4 collaborateurs (Photo Rue89 Strasbourg)

Les conducteurs de cars tout aussi recherchés

Guillaume Pépy n’a lâché le fil de sa démonstration que pour permettre aux représentants des filiales de la SNCF de détailler les offres d’emploi. Ainsi Keolis, dopée par les lignes routières entre les villes, propose 66 emplois, dont 55 comme conducteur de car. « SNCF Mobilités » propose 150 emplois, dont « une cinquantaine de conducteurs de train », des contrôleurs, et des agents de maintenance. « SNCF réseau » offre 215 emplois, à des postes d’aiguilleurs ou d’agents de maintenance.

Le TGV Grand Est, « le plus cher de France » ?

Après l’exposé, ce fut malgré tout l’heure des questions. Guillaume Pépy a évacué la première, concernant le mécontentement des usagers des lignes reliant le Luxembourg d’un revers de la main :

« C’est très compliqué. Tout le trafic se concentre dans quatre ou cinq trains, toujours aux mêmes horaires. Nous aimerions dire aux entreprises que s’ils pouvaient faire commencer les gens à 9h30 au lieu de 9h, cela serait plus facile… »

De même, à la question de savoir si le TGV dans le Grand Est était bien « le plus cher de France », le président de la SNCF a opposé le prix de construction des lignes :

« La grande vitesse à un prix très élevé. Chaque kilomètre de la ligne Paris-Strasbourg a coûté 25 millions d’euros. »

Guillaume Pépy ne s’est éloigné de ses fiches que pour répondre à une question sur les conséquences de l’accident tragique du TGV d’essai à Eckwersheim. Il a d’abord rappelé qu’un rapport, commandé par la SNCF à des acteurs privés, est en ligne sur le site du groupe. Il a déclaré, visiblement irrité :

« La SNCF n’est pas encore mise en examen, nous n’avons donc pas accès au dossier. Nous ne violerons pas le secret de l’instruction, ni ne mènerons le procès à la place de la justice. Je pourrais même dire que les journalistes ont plus souvent accès au dossier que nous… »

La seule note discordante d’un exposé pourtant si bien mené.

#Guillaume Pépy

Des mammouths et des tas d’autres os détectés par les archéologues sur le GCO

Des mammouths et des tas d’autres os détectés par les archéologues sur le GCO

La première phase des sondages archéologiques sur le tracé de la future autoroute payante se terminent. Les archéologues ont découvert 47 « points d’intérêt », mais qui ne donneront pas tous lieu à des fouilles.

L’ampleur du chantier du Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles) de Strasbourg a poussé la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) à communiquer sur le diagnostic archéologique, qui précède les travaux. Une opération inhabituelle à ce stade d’avancement mais il fallait bien répondre aux questions du public, surtout après les témoignages énervés et les photos d’une partie des maires concernés.

Les visites des sondages archéologiques n’ont pas été autorisées ou ont donné lieu à des échanges tendus quand elles ont été faites à l’improviste. En réponse, la Drac a néanmoins fourni de belles photos, sous un ciel clair, qui ne ressemblent guère à celles avec des sols boueux prises par les opposants. En somme, c’est une bataille de communication qui se poursuit (après des épisodes dans les affiches publicitaires, des magazines ou dans des émissions télé).

Pour l’instant, il se s’agit que de repérer les endroits qui mériteraient des fouilles archéologiques d’ampleur. Le diagnostic sur les surfaces cultivées doit se terminer mardi 28 mars. Une seconde phase, de plus petite ampleur, est prévue à l’automne dans les forêts.

Mammouth, renne, os humains…

Les archéologues de l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap) et d’Alsace Archéologie, qui se partageaient les six tronçons à expertiser, ont découvert pas moins de 47 « points d’intérêt archéologique ». Parmi les trouvailles les plus intéressantes : des os de mammouth, des squelettes de rennes, des restes osseux humains, des clous de chaussures ou encore une voie romaine vers Strasbourg, enfin plutôt vers Argentoratum.

Les forages sont allés jusqu’à 12 mètres de profondeur, sur 3 des 6 tronçons (photo DRAC / doc remis)

Pas de fouilles systématiques

Dans le détail, quatre sites ont fourni des vestiges issus de la préhistoire ancienne (-110 000 à -70 000 av J.-C.), 17 du Néolithique (-6 000 à -2 200 av J.-C.), 19 de la protohistoire (âge du fer, du bronze et de l’acier de -2 200 à -50) , 6 de l’Antiquité (de -52 à 476 après J.-C.) et un du Haut Moyen-Âge (de 476 à 900 après J.-C. environ). Ces résultats ont été brièvement présentés à la presse jeudi matin mais les emplacements précis n’ont pas été rendus publics, pour ne pas susciter de convoitises ou de pillages.

Ces 47 points « ne donneront pas tous lieu à des fouilles étendues » prévient Frédéric Séara, conservateur régional de l’archéologie à la Drac, qui supervise les opérations de recherche. Ces nombreuses découvertes ne constituent « pas une surprise », mais la concentration de points intéressants est « plus élevée que pour la LGV Est », explique Éric Boes, directeur adjoint de l’Inrap du Grand Est.

Certains sondages se sont limités à la surface (photo Drac / doc remis)

« Opération hors norme »

Les prochaines étapes sont le rendu de rapports, puis la hiérarchisation et la préconisation de lieux à fouiller par la commission territoriale de recherche archéologique. Ensuite, la préfecture devra publier des arrêtés permettant des fouilles complètes.

Les archéologues sont intervenus sur les terrains mis à disposition (contre indemnisation) par les agriculteurs, mais pas sur ceux qui s’y sont opposés. Le diagnostic s’est étalé sur l’ensemble des 24 kilomètres, soit une emprise de 470 hectares selon la Drac. « Une opération hors norme », selon Éric Boes, qui convient que le calendrier était serré.

Un exemple de découverte (photo Drac / doc remis)

Le débat des 5%

Des maires ont critiqué que l’opération se limite à 5% des surfaces du tracé du GCO, là où la préconisation habituelle est de sonder entre « 5% à 10% » de l’emprise. Pour Frédéric Séara, avec les fouilles passées (ligne de TGV, découverte d’un massacre à Achenheim), il n’était pas nécessaire de sonder davantage les sols :

« Le contexte était documenté, donc il était pertinent de ne pas s’engager de manière excessive, avec les problèmes de remise en état et de conservation que cela entraîne. »

Ce protocole découle d’une décision de l’État, co-signataire du contrat, à travers la Drac et non de l’aménageur (Arcos/Vinci). Sur trois tronçons, les sondages sont allés jusqu’à 12 mètres de profondeur.

Selon les archéologues, le diagnostic sur 5% des surfaces permet d’assez quadriller le terrain. Elles permettent d’imaginer l’emprise du tracé (Photo F.Basoge/ Alsace Archéologie doc remis)

Onze mois de fouilles prévus

Dans le contrat de concession, une période de onze mois pour les fouilles archéologiques est prévue de février à décembre 2018. Les 47 découvertes n’entraînent pas de retard, si les fouilles restent d’une ampleur limitée.

Selon les intervenants, les moyens humains nécessaires aux fouilles qui seront décidées seront apportés. Alsace archéologie peut recruter temporairement et l’Inrap peut faire appel à des renforts en provenance de l’ensemble du Grand Est (qui comprend aussi la Bourgogne et la Franche-Comté dans son organisation), voire de la France entière.

Quatrième manifestation pour l’Europe à Strasbourg dimanche

Quatrième manifestation pour l’Europe à Strasbourg dimanche

Le mouvement « Pulse of Europe » appelle à un nouveau rassemblement place Kléber, à Strasbourg, ce dimanche 26 mars. Le collectif veut profiter des 60 ans du Traité de Rome pour rappeler son attachement à l’Union Européenne.

Le Traité de Rome, acte de naissance de la Communauté économique européenne (CEE), fête ce week-end ses 60 ans. À cette occasion, le collectif « Pulse of Europe » appelle ce dimanche 26 mars à une nouvelle manifestation pour la défense de l’Union européenne. Un rassemblement est organisé à 15 heures à Strasbourg, sur la place Kléber, où le collectif se réunit tous les dimanches depuis le 5 mars dernier.

Strasbourg, siège du Parlement européen, accueillera le 25 mars une nouvelle manifestation pro-européenne. (Atout France / Jean-François Tripelon-Jarry)

Le mouvement pro-européen « Pulse of Europe » (« Le pouls de l’Europe ») est né fin 2016 des suites du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Daniel Röder, avocat allemand, s’est décidé à créer ce mouvement citoyen, non politisé. « Pulse of Europe » cherche à mettre en avant les valeurs de l’Union européenne, mais milite également pour la réformer.

Né à Francfort, le mouvement s’est étendu en Europe, et des rassemblements s’organisent désormais tous les dimanches à Paris, Lyon, Amsterdam, Bruxelles ou encore Stockholm. Clémence Haacke, membre de l’équipe qui organise le mouvement à Strasbourg, détaille l’organisation très structurée de ce collectif pourtant jeune :

« Les rassemblements sont organisés localement. Il y a un référent dans chaque ville. Nous sommes en relation avec Paris, où se trouve le référent qui a lancé le mouvement en France, mais aussi avec Francfort et des villes proches de la frontière. »

À l’occasion des 60 ans du Traité de Rome, signé le 25 mars 1957, « Pulse of Europe » cherchera dimanche à « envoyer un signal positif pour la paix« , selon Clémence Haacke. Les participants pourront exprimer leurs souhaits vis-à-vis de l’Europe lors d’une activité de création de pancartes. Une grande photo de groupe sera ensuite prise.

Une nouvelle tour à Strasbourg en 2018, sur l’axe des Deux-Rives

Une nouvelle tour à Strasbourg en 2018, sur l’axe des Deux-Rives

L’appel à projets pour urbaniser les deux premiers lots de la presqu’île Citadelle approche de sa conclusion. Situées sur l’axe Deux-Rives de Strasbourg, les surfaces se situent de l’autre côté de l’eau par rapport au parc du même nom à l’Esplanade et sont actuellement occupées par des entrepôts.
Pour les premières constructions sur ce site, la Ville attend des projets qui selon nos informations doivent contenir une tour, ainsi qu’une cité-jardin. Cette dernière, compos . . .

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Le jeu « Minuit, meurtre en mer » cherche ses premiers détectives pour se financer

Le jeu « Minuit, meurtre en mer » cherche ses premiers détectives pour se financer

Une jeune société strasbourgeoise, Multifaces Éditions, prépare un jeu de société, sorte de mix entre Cluedo et La croisière s’amuse. Appelé « Minuit, meurtre en mer », la maison d’édition alsacienne a choisi le financement participatif pour lancer sa création.

Multifaces Editions, une société d’édition de Strasbourg créée en 2014, s’apprête à publier en juillet un jeu de société, « Minuit, meurtre en mer » (MMM) dans lequel 2 à 6 joueurs devront résoudre des énigmes : « lors d’un congrès de détectives sur un navire de croisière, un décès suspect se produit… Meurtre, suicide ou accident ? Qui est le responsable parmi les suspects ? Pourquoi est-il passé à l’acte et comment s’y est-il pris ? » Le pitch rappelle Cluedo, ce jeu sorti en 1949 où c’est toujours le Colonel Moutarde avec le chandelier le coupable. Mais dans « Minuit, meurtre en mer », le processus de découverte se rapproche beaucoup plus des enquêtes policières, puisque les joueurs doivent parcourir le navire à la recherche d’indices et « parler » avec les protagonistes par l’intermédiaire d’un livret, rempli de déclarations des personnages, déclenchées par un système de codes. Dans la boite, Multifaces Éditions promet 16 enquêtes pour débuter, de différents niveaux : « Heureux gagnant », « Le bateau sans tête », « Vice de forme », etc. Le jeu est prévu pour des détectives à partir de 12 ans, qui devraient pouvoir venir à bout des assassins en une heure.

« Minuit, meutre en mer », l’explication des concepts du jeu

La boîte de jeu « Minuit, meurtre en mer » (Photo Cyrielle Renault)

Le pari serré de Kickstarter

Strasbourgeois passionné de jeux de société, Alain Luttringer, le créateur de MMM, fréquente plus souvent la boutique Philibert que les agences bancaires. Malgré le succès de son précédent jeu, Alsa Ludo, un quiz régional vendu à 2 600 exemplaires, Alain Luttringer a préféré ne pas faire appel aux banques pour financer la fabrication de son nouveau jeu. Depuis 2010, il a déjà investi 25 000€ pour la rédaction des enquêtes, les illustrations, la mise en page, etc. Deux illustrateurs strasbourgeois ont été mis à contribution pour réaliser ce jeu : Fabrice Weiss et Baptiste Reymann. Mais pour imprimer le jeu à 3 000 exemplaires, Multifaces Éditions a encore besoin de 38 000€, une somme hors de portée de la petite maison d’édition. Du coup, Alain Luttringer a choisi de faire appel aux contributions directes des joueurs pour financer la fabrication de MMM. Le jeu est proposé sur la plate-forme de « crowdfunding » Kickstarter, à l’achat pour 34€. La boite coûtera 44€ dans le commerce.
Le plateau de jeu de « Minuit, meurtre en mer » (Multifaces Editions)

Construire une communauté

Alain Luttringer détaille sa démarche :
« Les ventes d’Alsa Ludo ont permis de démarrer la conception de “Minuit, meurtre en mer” mais nous avons besoin d’aide pour boucler le budget de la fabrication. Nous avons choisi Kickstarter plutôt qu’Ulule car cette plate-forme est très utilisée par les passionnés de jeux de société. Notre premier palier a été fixé à 18 000 euros mais on espère vraiment atteindre d’autres paliers pour ne pas avoir à faire appel à d’autres solutions de financement. »
À l’heure d’écrire ses lignes, le premier palier est quasiment atteint et il reste une semaine pour dépasser les suivants. À 23 000 euros, Multifaces Éditions promet une 17e enquête et une boite améliorée. À 28 000 euros, une 18e enquête s’ajoute, ainsi que des jetons supplémentaires et une boite encore améliorée. Pour Alain Luttringer, financer un nouveau jeu via cette méthode offre plusieurs avantages :
« Les boutiques et les associations peuvent déjà réserver le jeu par lots de 6 ou 12 boites. L’accueil a été très bon puisqu’en 15 jours, on a atteint 82% de notre premier objectif. On est en train de créer une communauté autour de ce jeu et c’est fantastique, ça nous permettra de proposer directement à nos clients les futures extensions. »
Pions, dés, notes… Tout le matériel de « Minuit, meurtre en mer » (Photo CR / Rue89 Strasbourg / cc)

Des extensions, une version en anglais…

La campagne de financement s’achèvera le 31 mars. Multifaces Éditions enverra alors les maquettes à son imprimeur en Pologne et le jeu devrait être distribué en France courant juillet. Mais Alain Luttringer ne s’arrêtera pas là, une dizaine d’autres jeux doivent encore sortir de ses neurones ludiques. Le prochain s’appelle Medrival, un jeu de stratégie pour deux joueurs prévu pour 2018 et le suivant mettra ses protagonistes à la tête d’une maison de disques… Des extensions pour Alsa Ludo et MMM sont également au programme ainsi qu’une traduction des enquêtes en anglais.
#Alain Luttringer#Multifaces Editions

Illkirch veut recouvrir une partie de ses étangs de panneaux solaires

Illkirch veut recouvrir une partie de ses étangs de panneaux solaires

Face au défi de la transition énergétique, Illkirch-Graffenstaden compte intensifier le déploiement de panneaux solaires. Pour cela elle mise sur ses plans d’eau et la participation financière de ses habitants.

L’Eurométropole lance des projets de transition énergétique, c’est-à-dire se distancier du pétrole et du gaz importés avec leurs prix variables en faveur d’électricité et de chaleur produits localement (panneaux solaires, géothermie, utilisation des eaux usées, centrale biomasse). Et la commune d’Illkirch-Graffenstaden au sud de Strasbourg, première ville d’Alsace à avoir installé des panneaux solaires, compte continuer à rester à la pointe dans le domaine. Mais pour cela, elle propose un nouveau projet qui ne ressemble guère aux précédents.

Début sur un petit étang…

D’ici novembre, elle va recouvrir de panneaux photovoltaïques un bout du petit étang du Girlenhirsch, à côté du parc animalier du Friedel. L’ensemble portera sur une surface de 10 mètres sur 20, soit à vue d’œil environ un cinquième de la surface. D’une capacité de 40 kWc, les panneaux couvriraient environ 35% des besoins en chaleur et en énergie des installations sportives et associatives aux alentours.

L’étang du Girlenhirsch à Illkirch-Graffenstaden, près de la route de Lyon (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Selon les porteurs du projet, investir la surface de l’eau est un moyen de ne pas recouvrir les champs. Le vice-président de l’Eurométropole, Alain Jund (EELV) estime que les panneaux solaires ont aussi une vertu pédagogique :

« Ils donnent corps à la transition énergétique. Ils nous rappellent nos modes de vie, car ils sont visibles contrairement aux puits de géothermie ou même aux centrales biomasses (qui alimentent les réseaux de chaleur dont les tuyaux sont souterrains ndlr). »

… puis la Ballastière

Cette petite opération sert surtout à préparer les esprits. Par la suite, la municipalité compte déployer des panneaux sur une partie du lac de la Ballastière (environ 20 ha au total), au niveau du Fort Uhrich et du golf du Fort. Une plus grande surface de pose permet de meilleurs prix de rachat de l’électricité (24 euros par kWh). Par ailleurs, les panneaux étant petits, il est toujours possible d’augmenter la surface en rajoutant des éléments.

Les habitants comme investisseurs

Pour ces projets, pas question de laisser un opérateur récolter et revendre l’énergie. La municipalité espère créer une coopérative où les Illkirchois participeraient et en quelque sorte « achèteraient » leur propre panneau. La question est donc à partir de combien d’années l’achat devient rentable.

Pour le maire Claude Froehly (PS), ce sont surtout « les prix de rachat intéressants » qui doivent convaincre les habitants d’accepter de recouvrir une partie des espaces aquatiques.

Pour l’instant ce panneau solaire est seul, mais il va avoir des copains en novembre, sur un cinquième de la surface (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Les porteurs du projet prennent pour exemples plusieurs coopératives citoyennes qui se sont fondées, dans l’Ain, en Bretagne ou en Allemagne. Plus près d’ici, à Colmar, un projet de 800 000 euros a été entièrement financé par des citoyens. Mais il s’agissait de panneaux sur les toits d’une usine et non sur un plan d’eau.

Le sud de l’agglomération strasbourgeoise est bien doté en petits lacs. À Illkirch-Graffenstaden ou ses alentours, on compte le Baggersee, le lac Achar, l’étang Gerig… De quoi donner des idées de plans d’eau à recouvrir. Encore faudra-t-il convaincre la population.

Nicolas, 28 ans, féru de politique… et abstentionniste désabusé

Nicolas, 28 ans, féru de politique… et abstentionniste désabusé

Parcours de vote. – Nicolas, 28 ans, connaît tout de la politique et des rouages institutionnels, surtout après des études en politiques européennes à Strasbourg. Mais il ne vote pas.

Curieux et déconcertant paradoxe que Nicolas : à 28 ans, malgré son cursus en politiques européennes à l’IEP de Strasbourg, ce Dauphinois installé depuis deux ans à Strasbourg assure être incapable de se situer politiquement. Apolitique un jour, « anarchiste de droite » le lendemain, pourfendeur du grand capital l’avant-veille…

« Récemment, j’ai dit à ma copine qu’au fond de moi, j’étais d’extrême gauche. Elle a explosé de rire. »

En 2008, un vote pour faire plaisir à maman

Mais au fond qu’importe, Nicolas ne vote plus. Ses premiers bulletins dans l’urne, lors de l’élection présidentielle de 2007, il préfère en rire : François Bayrou au premier tour, Ségolène Royal au second. Il n’ira pas voter aux élections législatives qui ont suivi, et son vote PS, sans conviction, aux municipales de 2008, n’a tenu qu’à l’injonction maternelle à se lever un dimanche matin :

« Disons que le dimanche du premier tour, ma mère m’a sorti du lit pour qu’on aille au bureau de vote. Comment dire… Bon, tu squattes chez ta mère le week-end, donc si ça peut lui faire plaisir, tu vas voter. »

Étudiant en politiques européennes, Nicolas est favorable à l’UE, mais regrette sa construction libérale et son déficit démocratique. (Photo Pierre Pauma / Rue89 Strasbourg / cc)

« Sarkozy ? Une enculade ! »

Depuis, plus rien. Il s’est contenté de rester spectateur du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Un homme politique qu’il adore détester. En prenant bien soin d’articuler chaque mot, il définit les cinq années de sa présidence comme une « enculade ».

« Sarkozy c’est la vie politique réduite à un show de bas étage avec ses footings dégueulasses. C’est la démagogie et l’électoralisme puants, c’est la magouille de A à Z. Au delà du fait que ce mec a liquidé un dictateur [Mouammar Kadhafi, ndlr] par pur calcul après l’avoir accueilli en grande pompe à l’Elysée, c’est aussi celui qui a généralisé la politique du chiffre et de la rentabilité dans les services publics. »

Né sous Mitterrand, élevé sous Chirac, Nicolas a commencé ses études sous Sarkozy, à Lyon. Après une année d’école de commerce qu’il préfère oublier, il entame une licence de sociologie politique à Lyon II, une faculté où les mouvements étudiants de gauche sont très actifs et où les professeurs prennent rarement la peine de dissimuler leurs convictions. Les cours parfois « à sens unique » et le militantisme ambiant ne l’emballent guère plus que la « droite décomplexée » :

« Disons qu’entre les profs dont les idées politiques allaient de social-démocrate à libertaire, et les militants qui te récitaient le même catéchisme en moins éloquent et en plus borné, je me suis un peu braqué. Je ne comprends pas qu’on puisse être autant dans l’émotion et l’idéologie dans un domaine qui devrait appeler à l’intelligence et à la mesure. D’un côté, je trouve ça beau les militants avec les yeux qui brillent quand ils vont coller des affiches sur les murs, et en même temps c’est risible. »

« La politique c’est un marché. Moi je voudrais une arène »

Malgré un rejet des hommes politiques en bloc, Nicolas s’intéresse au sujet comme d’autres au cinéma ou à la musique, en spectateur éclairé plutôt qu’en acteur. Il en parle volontiers avec ses amis ou avec des inconnus en soirée. Parfois avec gravité, parfois avec légèreté :

« J’aime débattre et convaincre. Ça devrait être ça la politique : une arène où les idées sont confrontées les unes aux autres et où tout le monde peut lutter à armes égales. Actuellement, la politique est plutôt comme un marché où les partis fonctionnent comme des entreprises, et les électeurs comme des consommateurs. Et un consommateur, ça ne participe pas au processus de production. »

Curieusement, Nicolas parle très peu de politique avec sa famille. Issu d’un milieu de gauche et cosmopolite (son père, allemand, a gardé des amis de l’époque où il vivait dans un foyer de travailleurs immigrés en banlieue parisienne), il se souvient vaguement des oeillades gênées de sa mère aux réunions de famille, quand son grand-père pestait contre les Arabes devant le journal de TF1.

Contre BFM, les explications, par militantisme

Une conversation l’a tout de même marqué récemment : les remarques de son grand-oncle et de sa grande-tante sur l’arrivée des réfugiés syriens en Europe. Tous deux sont pourtant d’anciens réfugiés espagnols qui ont fui le franquisme :

« Ils étaient shootés à BFM, il a fallu leur expliquer que c’était un tout petit peu plus compliqué que ce que montraient les reportages. À force d’explications sur l’Union européenne et les réfugiés, ils ont fini par se radoucir. C’est ma manière à moi de faire de la politique. »

Pour sa part, Nicolas préfère la presse à BFM pour s’informer. Spontanément, il cite Le Monde pour la France et Die Zeit pour l’Allemagne. Il suit aussi les médias d’extrême-droite, fidèle à l’adage « connais ton ennemi ». Gros consommateur de vidéos sur Youtube, c’est un fan de « Bonjour Tristesse », une chaîne qui chronique l’actualité au vitriol. Il regarde aussi les vidéos d’Alain Soral, « un vieux mec putride » qui le laisse partagé entre l’amusement et la consternation :

« Il utilise toujours la même rhétorique : il part d’un problème, il s’arrange pour le rattacher aux Juifs et à Israël, et il termine en citant un ou deux auteurs et ses propres bouquins qu’il vend très cher sur son site. C’est drôle, tellement c’est grossier, mais quand je lis les commentaires en dessous qui encensent ses pseudo-analyses, je ris jaune. »

Le vote blanc ou rien

À la fois scandalisé et blasé par l’affaire Fillon, il voudrait concilier un rallongement des mandats pour éviter les politiques court-termistes à un mécanisme de contrôle des élus par les citoyens. Et par dessus tout, il veut la fin de l’immunité parlementaire :

« Je ne comprends pas qu’un truc pareil puisse exister. Quand je vois des députés se planquer derrière leur immunité, j’ai l’impression de voir une partie de chat perché. Il y a pas si longtemps, on présentait Alain Juppé comme un présidentiable. Un mec qui s’est barré au Canada pour faire oublier ses casseroles ! C’est juste aberrant. »

Enfin, il aimerait que le vote blanc soit pris en compte dans la part des suffrages exprimés. Rien d’autre ne le fera retourner aux urnes, pas même la présence de Marine Le Pen au second tour :

« Je ne partage pas une once de son programme. Mais je n’ai pas envie de voter “contre” quelque chose. C’est tout l’inverse de ce que devrait être le vote. On me ressort souvent la tarte à la crème de “ceux qui sont morts pour le droit de vote”. Je ne pense pas qu’ils soient morts pour qu’on ait le droit de choisir entre des politiques qui se foutent de nous et l’extrême-droite. »

#vote blanc

Soutiens de Hamon, les adjoints Paul Meyer et Jean-Baptiste Gernet, écartés de sa campagne locale

Soutiens de Hamon, les adjoints Paul Meyer et Jean-Baptiste Gernet, écartés de sa campagne locale

Soutiens déclarés de Benoît Hamon depuis plusieurs années, les adjoints au maire de Strasbourg Paul Meyer et Jean-Baptiste Gernet sont tenus à l’écart du comité organisant la campagne électorale du candidat socialiste dans le Bas-Rhin. C’est que la fédération est plutôt tenue par des réformistes…

C’est une drôle de campagne électorale qui se déroule dans le Bas-Rhin pour Benoît Hamon, le candidat du Parti socialiste (PS) à l’élection présidentielle. Assez logiquement, la fédération bas-rhinoise du PS doit s . . .

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Rue89 Strasbourg a cinq ans et vous invite à sa petite fête !

Rue89 Strasbourg a cinq ans et vous invite à sa petite fête !

Rue89 Strasbourg fête ses cinq années d’existence ! Mais nous ne sommes pas fatigués et pour vous le prouver, on vous invite vendredi 24 mars au Graffalgar d’abord avec Joy & Glory en concert, puis au Mudd Club pour faire résonner le « ghetto disco ».

En février 2012, les Strasbourgeois ont vu apparaître un nouveau média dans leur environnement. Cinq ans, trois maquettes, 5 460 articles et 21 millions de pages vues plus tard, Rue89 Strasbourg est toujours là ! Et ça, c’est une sacrée bonne raison de faire la fête parce que :
    on crée pas des médias d’enquêtes locales tous les jours, c’est pas tous les jours le retour du printemps non plus.
Donc on s’est dit qu’on allait investir le Graffalgar, cet hôtel du quartier Gare qui ne fait rien comme les autres. Allez savoir pourquoi, ça nous a plu ce positionnement. Rendez-vous à partir de 20h avec toute la rédaction, puis à partir de 23 heures au Mudd Club, on pourra parler de politique votre média favori, de pourquoi il aura fallu tout ce temps pour mettre en place un abonnement direct auprès des lecteurs (spoiler : on avait besoin de financement) ou de nos plans délirants pour l’avenir du journalisme local.
Joy & Glory (Photo Xavier Schneider)
Joy & Glory, en concert rien que pour nous à partir de 21 heures vendredi (Photo Xavier Schneider)

Fake news ou journalisme local ?

Car oui, et attention, c’est le scoop : on a bien l’intention de continuer ! À l’heure des « fake news » et de la « post vérité », moins chères à produire et qui se propagent mieux sur les réseaux sociaux, nous continuerons à vous proposer une information vérifiée, assumée, choisie. Grâce à la confiance de nos clients annonceurs, nous continuerons à la proposer gratuitement, pour qu’elle circule et que tous les Strasbourgeois puissent y avoir accès en quelques clics. Nous réaffirmons notre volonté de publier des informations qui nous touchent, qui nous interpellent, basées sur des reportages, des enquêtes ou des témoignages en provenance de Strasbourgeois qui ne sont pas journalistes. Plus que jamais, nous pensons que le débat local doit être vivant, permanent, éclairé par l’information. Et c’est pourquoi notre prochain développement concernera l’ensemble des outils qui permettront aux Strasbourgeois d’interagir avec la rédaction, de l’émotion à la tribune, en passant par les commentaires.

Entre 300 et 400 000 visites chaque mois

Question audience, Rue89 Strasbourg cartonne. Nos serveurs reçoivent la visite de 8 à 12 000 Strasbourgeois chaque jour, pour 300 à 400 000 visites chaque mois (soit, entre 400 et 600 000 pages vues). Pour un média hyperlocal, c’est une performance qui méritera quelques bières vendredi soir ! On chuchote que certains journalistes de la rédaction auteurs des meilleurs buzz ont promis des tournées… Quoiqu’il en soit, nous profitons de l’occasion pour tous vous remercier pour votre fidélité ! N’hésitez pas à partager, cinq ans, c’est encore jeune et, aussi choquant que cela puisse paraître, il existe des Strasbourgeois qui ne connaissent pas Rue89 Strasbourg !
Cinq années de Rue89 Strasbourg…

Équilibre et maturité, c’est nos mots-clés

Avec le lancement de notre édition abonnés, Rue89 Strasbourg a atteint une sorte de maturité de son modèle économique. En 2015 et 2016, l’entreprise a réussi à atteindre l’équilibre économique. Si l’édition abonnés est un succès nos finances devraient nous permettre d’embaucher en 2017 un journaliste supplémentaire, un enquêteur de plus qui plongera dans les dossiers qui vous concernent. En attendant, notre objectif est de garder une presse locale indépendante à Strasbourg, malgré une constante tension entre nos moyens et nos ambitions démesurées. Rappelons que Rue89 Strasbourg porte la marque nationale Rue89 mais n’est pas affilié au groupe L’Obs. Rue89 Strasbourg est édité par une entreprise strasbourgeoise, Médialab, détenue à 100% par ses trois actionnaires fondateurs. Des idées, des envies, des remarques sur Rue89 Strasbourg ? C’est le moment de tout nous dire en commentaires ou de vive voix vendredi ! S’gilt !

Avec « Strasbourg ça pousse », la Ville veut voir plus de jardiniers en ville

Avec « Strasbourg ça pousse », la Ville veut voir plus de jardiniers en ville

La municipalité met en place dès mardi 21 mars une opération appelée « Strasbourg ça pousse », pour cartographier tous les recoins de la ville qui pourraient être cultivés. Le projet vise à permettre aux Strasbourgeois de proposer des projets à la municipalité, de façon individuelle ou collective.

Prêt à biner ? Une semaine après avoir été désignée troisième ville la plus verte de France, Strasbourg met en place, dès mardi 21 janvier, l’initiative « Strasbourg ça pousse ». Celle-ci vise à inciter les habitants à jardiner dans l’espace public, en s’informant via un site internet dédié (www.strasbourgcapousse.eu) sur les espaces exploitables dans la ville.

Sur cette carte en ligne, la Ville a publié les jardins partagés, les jardins d’écoles jusqu’aux trottoirs aménagés. Chaque espace disponible fera l’objet d’une fiche d’informations, qui contiendra entre autres le nom de la personne ou de l’association en charge de son entretien.

Le jardinage a été inclu dès le départ dans la résidence d’Eco-Logis (Photo LJ / Rue89 Strasbourg)

Une commission pour examiner « la faisabilité » des projets

Des formulaires seront également mis à disposition, afin de faciliter les demandes pour des jardins. Il sera possible de déposer des projets afin d’aménager des façades d’immeubles, des trottoirs, ou même des pieds d’arbres. Une commission « Strasbourg ça pousse » sera mise en place, présidée par Christel Kohler. L’adjointe au maire (sans étiquette) en charge de la ville en nature a, lundi, précisé le rôle de la commission lors d’une conférence de presse :

« La commission se réunira sous des délais extrêmement flexibles. Elle examinera la faisabilité des projets d’un point de vue technique et économique, et en fonction de leur intérêt environnemental. D’autres villes ont tenté de mettre en place des démarches similaires, mais elles ont croulé sous les demandes. Ici, la commission examinera d’abord les projets, puis offrira une méthode et une aide aux citoyens. »

L’aide se traduira notamment avec la mise en place de guides du jardinage et de l’entretien d’espaces verts sur le site.

« Strasbourg ça pousse » sera officiellement lancé samedi 25 mars, place Mathias Mérian. Lors de cette journée, des installations éphémères seront présentées, et des ateliers seront proposés aux Strasbourgeois, ainsi que des rencontres avec deux experts du jardinage en ville.

Roland Ries « hostile » à un nouveau meeting de Recep Tayyip Erdoğan au Zénith

Roland Ries « hostile » à un nouveau meeting de Recep Tayyip Erdoğan au Zénith

Alors que les relations entre les États européens et la Turquie se tendent, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) sort de sa réserve et s’oppose à la venue du président turc Recep Tayip Erdogan pour un meeting dans la salle du Zénith. Le dernier mot revient à l’État.

Le Président turc Recep Tayip Erdogan a pris contact avec la société Vega, qui gère la salle du Zénith, pour y tenir un nouveau meeting. Il souhaite venir début avril, à quelques jours de la tenue du référendum du 16 avril qui vise à réviser la Constitution pour étendre ses pouvoirs, notamment en ce qui concerne la nomination des juges et procureurs.

Si le « oui » l’emporte, le chef de l’État pourrait alors rester au pouvoir jusqu’en 2029. Son parti, les conservateurs de l’AKP, estime que « le système présidentiel mettra fin à l’ère des coalitions » et voit dans l’hyper présidence un gage de « stabilité ». Pour les opposants, c’est au contraire un marche-pied à un nouveau durcissement du régime autoritaire, qui a enchaîné les emprisonnements d’opposants depuis le coup d’État raté à l’été 2016.

Saisie du ministère de l’Intérieur

Le gouvernement mène une intense campagne à l’étranger, où les expatriés ont désormais le droit de vote. Une importante proportion soutient le régime lors des différents scrutins. La communauté turque en France compte environ 700.000 personnes, dont 160.000 dans le Grand Est.

Pour tenter d’empêcher la tenue d’un rassemblement des soutiens de Tayyip Erdogan, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a saisi le ministère de l’Intérieur :

« Je suis hostile à cette venue avec les risques d’atteintes à l’ordre public qu’elle comporte. Et cela, d’autant plus après les propos de dimanche envers la chancelière allemande Angela Merkel. »

Tensions avec l’Allemagne

Dimanche 19 mars, le chef de l’État turc a déclaré lors d’un discours à la télévision que « quand on les traite de Nazis, cela ne leur plaît pas. Ils manifestent leur solidarité. En particulier Merkel », en écho à l’interdiction de meetings en Allemagne. « Mais tu a recours en ce moment précis à des pratiques nazies ».

Cette envolée poursuit une série de provocations diplomatiques à l’encontre de l’Allemagne (Tayyip Erdogan avait déjà parlé de « pratiques nazies » début mars, sans nommer directement la chancelière), qui pensait avoir trouvé un allié pour accueillir une partie des réfugiés qui veulent venir sur son sol. Un des conflits porte sur le placement en détention provisoire en Turquie de Deniz Yücel, correspondant du quotidien allemand Die Welt, accusé de propagande « terroriste ».

Les provocation du président turc Recep Tayip Erdogan ne sont plus du goût du maire de Strasbourg (Photo World Humanitarian Summit 2016 via VisualHunt / CC BY-ND)

Trouble à l’ordre public ou position diplomatique

Pour une interdiction du meeting strasbourgeois, l’État français, par le bais de la Préfecture, doit estimer que l’événement risque de troubler l’ordre public. Il peut aussi avoir une position diplomatique générale, en interdisant tout meeting sur son territoire, à l’instar des Pays-Bas début mars.

Le ministre des affaires étrangères Mevüt Cavusoglu s’était alors replié sur Metz devant environ 800 spectateurs, où il avait qualifié les Pays-Bas de « capitale du fascisme ». Avant la tenue de la réunion publique, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault (PS), n’y avait pas vue de menace à l’ordre public et n’avait pas cédé aux demandes d’interdictions.

Un changement de doctrine strasbourgeoise

La municipalité appliquait jusqu’ici un principe, ne pas créer de « refus de vente » et faisait valoir que le Zénith se trouve sur la commune d’Eckbolsheim, à la limite du quartier de Hautepierre. C’est ainsi qu’un grand meeting s’était déjà tenu en octobre 2015 dans un silence général de la municipalité qui avait déjà généré questions et protestations à l’époque.

Depuis, l’escalade des tensions entre la Turquie et l’Union européenne n’ont jamais cessé, une des dernières en date étant de déclarer qu’il fallait s’attendre à un rétablissement de la peine de mort, ont semble-t-il convaincu le maire d’adopter un autre positionnement.