Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Gratuit et expérimental, le festival How I Became famous in a Bar occupe les troquets de Strasbourg en avril

Gratuit et expérimental, le festival How I Became famous in a Bar occupe les troquets de Strasbourg en avril

How I Became Famous in a Bar, le festival qui propose des spectacles dans les bars de Strasbourg, reprend. Plus de 20 événements gratuits sont proposés du vendredi 7 au dimanche 23 avril, presque tous issus de la scène locale.

À partir de vendredi 7 avril, une vingtaine de bars de Strasbourg accueilleront la 5ème édition du festival How I Became Famous in a Bar jusqu’au dimanche 23 avril. Ce festival « do it yourself » vise à explorer l’expression artistique dans les bars, ces lieux de sociabilité qui accueillent à l’occasion des spectacles encastrés entre le théâtre de rue et celui sur scène. Cette année, 21 rendez-vous sont au programme du festival, tous gratuits (un chapeau recueille les participations du public).

Le festival met en scène presqu’autant de compagnies et d’artistes locaux, une vient de Bruxelles. C’est donc l’occasion de déguster une bière tout en découvrant les talents d’un artistes qui peut être votre voisin. Les spectacles ne dépassent pas 25 minutes, ce qui autorise des soirées à multiples facettes. Car si l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, dit-on, l’abus de culture en revanche, n’est pas encore interdit.

La marionnettiste Céline Bernhard et l'accordéoniste Yves Béraud lors de l'édition 2016 (Photo CN Photo)
La marionnettiste Céline Bernhard et l’accordéoniste Yves Béraud lors de l’édition 2016 (Photo CN Photo)

Des vers entre deux verres

Pour cette édition, l’association organisatrice, L’Interface Grand Est, propose « des formules courtes, parfois éphémères, expérimentales, ou rodées. » Une démarche qui s’inscrit dans le partage, la mise en réseau des talents locaux et la volonté de sortir le spectacle de ses scènes traditionnelles, mais aussi de promouvoir un art dans un espace de détente et familier.

L’affiche de How I Became Famous In A Bar

Les formes peuvent être très diverses : chansons, saynètes, prises de paroles, performances, cirque… Une vingtaine de lieux ont été mis à contribution, certains sont d’évidents réceptacles, d’autres moins. Citons Le grognon, le Kitsch’n bar, la Brasserie Parisienne, le Chariot, le Wawa, le Marché Bar mais aussi la Schlosserstub ou la Lanterne…

Programme complet de l’édition 2017

Taquiner la muse, chanter et frapper sur le comptoir

• Jenny et Nancy en goguette – sans queue ni tête (mais des organes).
• Quartett-surprise avec Sophie Bourdieu, Jérôme Simenon, Vincent Xenakis et Stéphanie Océan.
• Jean, Violaine-Marine et Sabine, une famille presque dans les clous.

Spectacles programmés vendredi 7 avril dès 20h au Grognon (2, avenue Léon Dacheux), samedi 8 avril dès 20h au Kitsch’n bar (8, quai Charles Altorffer), dimanche 9 avril dès 17h à la Brasserie Parisienne (8, rue du Faubourg de Pierre).

Qui l’eut Krut’ ?

• Bruno, les p’tits « tutos bars » de l’Homme le Plus Heureux du Monde.
• Mister W. & Miss Kill, Chaud de Night fait vibrer le dancefloor.

Spectacles programmés lundi 10 avril dès 20h au Chariot (18, rue de l’Abreuvoir), mardi 11 avril dès 19h au Wawa (4, place St-Nicolas-aux-ondes), vendredi 14 avril dès 20h au Marché Bar (62, rue de Zurich).

Soirées des intarissables : Vous prendrez bien une p’tite larme ?

• Pourquoi ne peut-on jamais passer un repas tranquille avec Marion, Lucas, Nicolas, Thomas et Jo ?
• Pénélope Enée de vous asseoir que Magalie vous Archonte Ulysse-Troie.
• Cécile, Virginie et Gilles prennent encore un rêve ensemble.

Spectacles programmés mercredi 12 avril dès 20h à la Schlosserstub (25, rue des Serruriers), jeudi 13 avril dès 20h à la Lanterne (5, rue de la Lanterne), vendredi 14 avril dès 20h au Kitsch’n Bar (8, quai Charles Altorffer).

Prises de paroles et altercations publiques

• Pépette monte sur la table.
• Robin, Emma, Geoffrey et Lina vous content des merveilles.
• Gilles t’explique le commerce.
• Quentin et Céline présentent (les) 303 – l’heure est grave.
• Jacques t’accomplit, l’oeuvre de sa vie.

Spectacles programmés lundi 17 mars à 19h au Troc’afé (8, Rue du Fg de Saverne), mardi 18 avril à 19h à la Ruche aux deux reines (34, Rue de la Course), mercredi 19 avril à 19h à la Perestroïka (2, Rue Thiergarten).

Histoires d’eux

• Macha (jeu) et Mathieu (installation) voient le monde comme des enfants.
• Hélène raconte des histoires de vieilles qui veillent…
• Maxime et Emeline :Guitare et chant content des histoires du dedans, du profond.
• Bruno, Sophie et Amandine vous convient à l’histoire de leur rencontre

Spectacles programmés mercredi 19 avril à 15h à l’Aedaen Place (4-6 rue des Aveugles), jeudi 20 avril à 20h00 aux Savons d’Hélène (6, rue Sainte-Hélène), dimanche 23 avril à 14h30 au Graffalgar (17, rue Déserte).

Ça va parler en chaussettes, autant dire dépareillé !

• Une intervention poétique de MarCel, créature fantastique qui chante en norvégien.
• Pascale qui raconte la fin du roman Ferdydurke de Gombrowicz : l’enlèvement de Sophie par Jojo.
• Trois lampadaires qui improvisent (un peu, beaucoup,…) avant que l’ampoule pète.
• Les Entourloupés, duo textu-musical, qui joue à saute-mouton entre les planètes.

Spectacles programmés mardi 18 avrill à 20h au Café Berlin (1, place d’Austerlitz), vendredi 21 avril à 20h au Savons d’Hélène (6, rue Sainte Hélène), samedi 22 avril à 20h au Chariot (18, rue de l’Abreuvoir)

La chance aux chansons

• « Due-Sicilie, chansons d’une terre en forme de volcan »
avec Élodie (contrebasse), Johanne (flûte), et Cristiano (guitare et voix).
• « Pat », chansons reparolées en solo tout seul, avec Jérôme Lang
• «Crépuscule de la déesse?», conférence accordéonnée avec Jacques, Jérôme, Fred et Gilles.

Spectacles programmés jeudi 20 avril dès 20h à la Schlosserstub (25, rue des Serruriers), vendredi 21 avril dès 19h au Gobelet d’Or (28, rue de La Broque), samedi 22 avril dès 17h à la Taverne Française (12, avenue de la Marseillaise).

Présidentielle : comparez les programmes des 11 candidats

Présidentielle : comparez les programmes des 11 candidats

Quelle différence entre les 11 candidats à l’élection présidentielle ? Vous êtes un citoyen attentif et vous aimeriez exprimer un choix sur des orientations politiques plutôt que sur des postures, des affaires ou des petites phrases ? Vous n’êtes pas seul. Le site Voxe.org a mis en ligne un outil juste pour vous.

Trop difficile de choisir parmi les onze candidats à l’élection présidentielle française ?

Le « site du citoyen connecté », Voxe.org, a mis en ligne un outil de comparaison (ci-dessus), pour permettre de se faire une idée sur les propositions de chacun des candidats, triées en 13 grands thèmes : Emploi ; Economie ; Europe ; Education et Recherche ; Numérique, Culture et Médias ; Justice, Sécurité et Défense ; Environnement, Agriculture, Énergie et Transport ; Immigration ; Société et famille ; Services publics et Territoires ; Solidarité, Santé et Logement ; Constitution et Institutions et enfin Relations internationales.

Les propositions ont été directement remplies par les équipes des candidats. Celles de Jean Lassalle doivent être publiées après l’annonce de son programme, soit le 20 avril.

Quel programme pour rejoindre l’Élysée en 2017 ? (Photo ActuaLitté / Flickr / cc)

Une fois que vous avez fait votre choix, vous pouvez voter pour votre candidat préféré, histoire de prendre la température du lectorat de Rue89 Strasbourg.

Exposition Marceau : droit de réponse de Valérie Bochenek

Exposition Marceau : droit de réponse de Valérie Bochenek

Contrairement à ce qui est affirmé, les organisateurs de l’exposition « Le pouvoir du geste, avec un hommage au mime Marceau », se sont mis en contact dès le 22 novembre 2016 avec les ayants-droits de Marcel Marceau, en vue de les associer à cet hommage, mais ceux-ci ont réclamé une importante contrepartie financière (30 000 euros, hors droits de diffusion des œuvres dues à l’INA).

L’entrée de l’exposition « Le pouvoir du geste » était gratuite et l’association Un Musée pour le Mime, organisatrice de cette exposition, est une association loi 1901, à but non lucratif. Compte tenu des exigences financières réclamées, nous n’avons pas pu les associer à cette manifestation.

En conséquence, les œuvres créées par Marcel Marceau qui auraient pu être présentées dans cette exposition sur le mime ont été retirées dès avant le vernissage.

Marcel Marceau en 1963 (Photo Erling Mandelmann / Wikimedia Commons / cc)
Marcel Marceau en 1963 (Photo Erling Mandelmann / Wikimedia Commons / cc)
#Camille Marceau#Valérie Bochenek

Stanislas Nordey : « le silence des candidats à la présidentielle sur la culture est frappant »

Stanislas Nordey : « le silence des candidats à la présidentielle sur la culture est frappant »

Le magazine Télérama est allé recueillir l’analyse de Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS), sur la campagne présidentielle. Il a beau éplucher les programmes, pour lui, c’est clair : la culture est absente du débat.

Dans son interview, Stanislas Nordey se félicite que la campagne n’ait pas dérivé sur les questions sécuritaires mais il pointe que lorsque le mot « culture » surgit, « cela ressemble à une blague ». Et pourtant, selon le dramaturge :

« La culture est un terrain où l’on peut résoudre beaucoup de choses. Ce n’est pas davantage de plan vigipirate qu’il faut porter dans les territoires abandonnés, mais plus de culture et d’éducation. Les deux sont indissociables : transmission des savoirs et ouverture d’esprit passent par ce carrefour-là. »

Pour Stanislas Nordey, il est urgent que le théâtre aille à la rencontre des publics (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Pour Stanislas Nordey, il est urgent que le théâtre aille à la rencontre des publics (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Pas d’ambition pour la culture

Stanislas Nordey regrette qu’aucun candidat n’ait d’ambition à la hauteur du « plan Lang-Tasca en décembre 2000 » et note que le rôle du ministre de la Culture n’a cessé de s’affaiblir ces dernières années. De gauche, Stanislas Nordey avoue à Télérama que pour lui, la meilleure ministre de la Culture serait Christiane Taubira, qui aurait la faculté de « truffer ses discours de citations de poètes. »

Au final, Stanislas Nordey ne sait toujours pas pour qui il ira voter le 23 avril. Pour autant, il reste confiant. Il y aura un profond « renouvellement de l’espace politique », dit-il. « Si cela n’arrive pas dans cette présidentielle, ça sera pour la prochaine… ou pour la suivante. »

Non, Strasbourg n’est pas « la ville la plus dangereuse de France »

Non, Strasbourg n’est pas « la ville la plus dangereuse de France »

Un article partagé plus de 4 500 fois sur Facebook présente Strasbourg comme la « ville la plus dangereuse de France » en 2016. L’information est fausse, elle a été fabriquée de toutes pièces via un site spécialisé dans ce processus.

Strasbourg, « ville la plus dangereuse de France » et « plaque tournante de la drogue » ? C’est en ces termes que le site www.toutelinfo.fr décrit l’Eurométropole en 2016, dans un article partagé plus de 4 500 fois sur Facebook.

On y apprend que « plus de 750 voitures » auraient été incendiées depuis 2008, ou encore que « 5 tonnes de drogue a été perquisitionné (sic) depuis 2010 ».

Avant tout, pensez à lire l’article. (Capture d’écran Facebook)

« Fais une blague »

Mais voilà, l’article est un faux. Il est précisé dans la section « À propos » du site :

« Ceci est un site de divertissement, des news sont créées par les utilisateurs. Ce sont des news humoristiques, de fantaisie, fictives, qui ne devraient pas être prises au sérieux ou servir de source d’information ! »

Il est possible à chacun de contribuer sur le site. Il suffit de cliquer sur le bouton « Fais une blague ». L’utilisateur est redirigé sur le site www.actualitesdujour.fr. Il y rencontre un formulaire, accompagné de conseils : « Les blagues sans fautes et bien rédigées vous permettront de piéger plus facilement vos amis », « Choisissez une image libre de droits »…

Le site www.actualitésdujour.fr permet de créer de fausses informations, à l’aide de conseils (Capture d’écran)

C’est donc au nom de « l’humour » que le site publie de fausses informations. On peut notamment y lire que « Les USA s’allient à Daesh pour vaincre la Russie en Syrie ». Problème : sur les réseaux sociaux, les internautes se contentent souvent du titre, comme en attestent de nombreux commentaires.

Le palmarès de l’insécurité

Concernant la sécurité, le magazine L’Express a dressé en novembre 2013 un palmarès des villes de France. Les quelques 37 000 communes du pays ont été classées selon plusieurs critères, à l’aide d’une base de données alimentée par les actes recensés par la police et la gendarmerie en 2012. À Strasbourg, les actes sont recensés dans la « zone police ». Elle comprend la ville de Strasbourg et les communes les plus proches.

Les violences aux personnes, qui recensent les délits du quotidien, constituent le premier critère. Dans la zone police de Strasbourg, L’Express a recensé en 2012 11,9 actes de violence pour 1 000 habitants. Ce chiffre place Strasbourg légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Celle-ci s’élevait à 11,2 actes de violences aux personnes.

Il est possible de consulter les chiffres pour Strasbourg. Cliquez sur l’image pour accéder à la base de données (Capture d’écran)

C’est cependant beaucoup moins que Saint-Denis (93), qui menait le classement en métropole avec près de 28 actes de violences pour 1 000 habitants. Le nombre de violences aux personnes atteignait même 35 pour 1 000 à Cayenne, en Guyane.

Les communes ont également été classées selon les « atteintes aux biens », les « violences crapuleuses » (majoritairement les vols avec violences) ou le nombre de vols de voiture. Dans la zone police de Strasbourg 0,77 vol de voiture pour 1000 habitants ont été recensés en 2012. À titre de comparaison, la zone police de Mitry-Mory (77) recensait la même année 7,35 vols de voiture pour 1 000 habitants.

Après le GCO, les compensations en faveur de la Nature devant le tribunal administratif

Après le GCO, les compensations en faveur de la Nature devant le tribunal administratif

Le Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) était de retour devant le tribunal administratif. Cette fois-ci, il était question des mesures mises en places pour compenser l’impact du projet sur l’environnement naturel et des dérogations provisoires accordées à Vinci, concessionnaire du GCO.

Quand on détruit, il faut réparer. C’est en tout cas la loi en France lorsque l’on bétonne des espaces naturels. On appelle cela des mesures compensatoires. Mais pour les travaux préparatoires (sondages géotechniques et archéologiques) du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, la société Arcos (Vinci) a obtenu… une dérogation de l’État.

Des compensation écologiques remises aux vrais travaux

Elle peut remettre à plus tard, au moment des travaux, la création de ces nouveaux espaces naturels. Les arrêtés dérogatoires, qui ont permis de forer dans les espaces de vie d’espèces en voie de disparition (grand hamster et crapaud vert) ou menacées, ont été obtenus en janvier. L’ensemble des travaux préparatoires se sont, eux, étalés de septembre, jusqu’à ce vendredi 31 mars a priori.

Alors que la plus grande partie de ces travaux est terminée (des diagnostics dans les forêts sont encore prévus à l’automne), l’association de défense de la nature Alsace Nature a attaqué ces arrêtés devant la justice administratif car, selon elle, les impacts des travaux préparatoires sur la nature et les écosystèmes ont été minimisés par Vinci. Lundi, le tribunal administratif de Strasbourg s’est donc à nouveau penché sur le cas GCO. En mars, il avait déjà rejeté un précédent recours d’Alsace Nature, concernant la légalité même du contrat de concession.

Pour Alsace Nature, qui demande que la justice intervienne en référé, la nature se réveille avant le 1er avril. Elle fait valoir par exemple que le mois de septembre représente 7% de l’activité du crapaud vert.

Même si les sondages ne représentent qu’une proportion minime des travaux par rapport à l’ensemble du GCO, ils restent risqués selon Alsace Nature, « compte tenu de l’état de conservation des espèces », en particulier du hamster, si aucune mesure spécifique n’est prise a priori ou au pire moment des travaux.

Contestation sur le terrain ou au tribunal, qu’est-ce qui le plus efficace ? Ici à Stutzheim-Offenheim (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

L’ancienne base militaire d’Entzheim pour compenser

Devant le tribunal, l’association a ajouté que les écologues, des spécialistes sensés veiller à ce que les travaux ne soient pas traumatisants pour les animaux, ne sont pas connus, qu’aucun compte-rendu de leurs observations n’a été rendu public et que les militants du collectif « GCO Non Merci » ne les ont pas toujours vus sur le terrain.

Enfin, Alsace Nature s’interroge sur la pertinence du site de l’ancienne base militaire de l’aéroport d’Entzheim, choisi pour recréer des espaces naturels. Sa proximité avec la piste de décollage de l’aéroport civil le rendrait dangereux, pour les oiseaux comme les avions.

« Procédé classique » répond la DREAL

Du côté de la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL), c’est-à-dire l’État, on défend la dérogation. Le procédé est « classique » et le coefficient « 1 pour 1 », c’est-à-dire recréer dans de mêmes proportions l’espace naturel perdu, avec le même nombre d’espèces, a été jugé suffisant. Elle ajoute que les lois actuelles imposent que nouveaux habitats soient améliorés par rapport à ceux détruits lors d’un aménagement.

Néanmoins, la DREAL, sensée arbitré entre les intérêts de la nature et ceux de l’aménageur (qui a signé un contrat avec… l’État, c’est-à-dire avec la tutelle de la DREAL), assure que si les obligations futures n’étaient pas respectées, elle sera « attentive. Mais que, pour autant, il n’y a pas d’urgence à statuer sur les travaux préparatoires. »

Quand Arcos contredit les archéologues

Pour la société Arcos, filiale de Vinci qui s’occupe de la construction et l’exploitation de l’autoroute payante pendant 54 ans, on ajoute que les travaux préparatoires ne concernent qu’entre 0,1% et 0,2% de l’habitat des deux espèces en voie de disparition. Surtout, « des conventions et des accords » ont déjà été passés sur des surfaces supérieures à celles impactées. Quant aux travaux sur l’ancienne base militaire d’Entzheim, il sont « bien avancés. » Un terme qui ne satisfait pas Alsace Nature, qui aimerait des garanties, étant donné qu’il y a déjà une dérogation.

En revanche, l’avocat d’Arcos a avancé un argument étonnant. Il a indiqué que les trous des forages archéologiques ont été rebouchés dans la journée. Une affirmation qui contredit le témoignages… des archéologues eux-mêmes, qui ont creusé des tranchées jusqu’à 12 mètres de profondeur. Lors d’une conférence de presse bien encadrée, en présence de la Direction des affaires culturelles (DRAC) et de Vinci, les archéologues avaient assuré avoir sécurisé les trous qui restaient ouverts les soirs ou les week-ends, à l’aide de fils oranges.

Sur le tracé du GCO, les sondages profonds étaient sécurisés par des fils oranges lorsqu’ils n’étaient pas rebouchés dans la journée a expliqué la Drac. La Dreal a dit qu’ils étaient rebouchés dans la journée (doc remis par la DRAC)

Réponse dans la semaine… ou dans plusieurs mois

Alsace Nature a souhaité que ce recours soit étudié en urgence par le tribunal. Le juge a indiqué qu’il donnera sa réponse « dans la semaine. » Un délai plus long qu’à l’accoutumée, vu l’ampleur du dossier et des explications fournies de part et d’autres. Les plaidoiries, inhabituellement longues pour la justice administrative où la procédure est essentiellement écrite, ont duré deux heures trente, contre une vingtaine de minutes lors de l’audience sur le contrat.

Si le juge ne devait pas retenir le critère d’urgence, le recours sera néanmoins étudié sur le fond, mais plus tard. Compte tenu des délais de la justice administrative, il y aurait néanmoins à craindre que l’audience ne soit programmée qu’après les sondages complémentaires, prévus dans les forêts à l’automne.

Après son ralliement à Emmanuel Macron, un Socialiste demande qu’Olivier Bitz soit exclu du PS

Après son ralliement à Emmanuel Macron, un Socialiste demande qu’Olivier Bitz soit exclu du PS

Secrétaire d’une section du Parti Socialiste (PS) du Bas-Rhin, Thomas Risser estime qu’entrer en campagne en faveur d’Emmanuel Macron est incompatible avec une adhésion au PS. En conséquence, il demande à la secrétaire fédérale, Pernelle Richardot, qu’Olivier Bitz, adjoint au maire de Strasbourg, soit exclu du PS.

Mi-mars, Olivier Bitz, adjoint au maire de Strasbourg (PS), avait annoncé qu’il entrait en campagne en faveur d’Emmanuel Macron, devenant ainsi le premier élu socialiste d’importance à rejoindre les rangs d’ « En Marche », le mouvement du candidat à l . . .

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Gagnez des places pour « Retour à Forbach », mardi 11 avril au Star St-Ex

Gagnez des places pour « Retour à Forbach », mardi 11 avril au Star St-Ex

Les cinémas Star organisent mardi 11 avril une soirée spéciale autour du documentaire « Retour à Forbach », de Régis Sauder. En partenariat avec Rue89 Strasbourg, vous pouvez gagner des invitations pour cette soirée.

« Pourquoi la Lorraine, pourquoi la Moselle, pourquoi Forbach ? Parce que vous êtes ici une région industrielle qui a beaucoup souffert, il vous a été beaucoup promis et si peu tenu. » Ainsi s’exprimait François Hollande, alors en campagne. Le réalisateur Régis Sauder, né à Forbach, est retourné voir ce qu’il s’est passé dans sa ville natale, il en livre un documentaire poignant, filmé à la première personne. Régis Sauder vient présenter son film mercredi 11 avril à 20h15 au cinéma Star Saint-Exupéry à Strasbourg en avant-première.

Le pitch

Mort des centres villes, fin de l’espoir, montée des extrêmes… Il y a 30 ans, Régis Sauder a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l’extrémisme et déterminime social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l’avenir à l’heure où la peur semble plus forte que jamais.

Le concours

#Forbach

David, 26 ans : « avec mes parents, on ne peut pas débattre de l’Europe, il y a un aspect presque religieux »

David, 26 ans : « avec mes parents, on ne peut pas débattre de l’Europe, il y a un aspect presque religieux »

Parcours de vote. David va voter pour l’UPR, ce parti méconnu pour qui la sortie de l’Union européenne est le seul moyen de retrouver une politique française. L’étudiant regrette qu’il soit difficile de débattre du bien-fondé de l’Europe, de l’euro ou de l’OTAN sans passer pour un militant d’extrême-droite.

David (à sa demande, le prénom a été modifié), étudiant ingénieur dans le BTP de 26 ans, va voter pour un parti dont le meilleur score à ce jour s’élève à 3,22%, dans un canton lors des élections départementales de 2015 et qui a cumulé 0,87% des voix aux élections régionales : l’Union populaire républicaine (UPR).

Un ami d’enfance l’a sensibilisé aux thèses de ce parti qui se présente comme celui « qui monte malgré le silence des médias » :

« Il m’a envoyé un article de l’UPR sur comment les Américains ont dégagé le constructeur automobile français PSA (Peugeot-Citroën) d’Iran. Puis j’ai regardé les longues conférences sur Youtube de François Asselineau. J’y ai trouvé une grille de lecture nouvelle. »

François Asselineau est sûrement le candidat le moins connu de l’élection présidentielle. Son parti prône un retrait immédiat et unilatéral de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, qui selon lui brident toute politique nationale affirmée.

De Mélenchon à Asselineau

Pour David, ce sont clairement les positions sur l’indépendance diplomatique et militaire du parti qui guident son vote :

« On ne vote plus que pour un président, mais pour quelqu’un qui fera avec les contraintes qui lui sont données. »

D’ailleurs les questions nationales sociétales sont moins mises en avant par l’UPR. La plupart sont remisées à des référendum, par exemple sur l’accueil de réfugiés et de migrants. Si cette manière d’éluder le « dérange un peu », ce sont surtout les explications à cette crise, à savoir « la déstabilisation russo-américaine du Moyen-Orient » fournies par de l’UPR qui l’ont intéressé.

Quelques mois avant la découverte de l’UPR, David vote pour sa première élection présidentielle en 2012, pour Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche)  :

« J’ai toujours de la sympathie pour l’homme, notamment pour ses positions sur la question écologique qui est un grand thème d’aujourd’hui mais pas de l’élection. Parfois, ses propos se retrouvent avec ceux de l’UPR sur le dumping social et fiscal en Europe. Mais en même temps, il est flou. Il dit vouloir renégocier les traités ou en sortir, mais jamais dire “quitter de l’Union européenne”, comme si c’était un gros mot. »

Débats compliqués à la maison

Un premier vote qui ne s’explique pas par ses racines familiales. Ses parents s’apprêtent à voter pour Emmanuel Macron (En Marche) :

« Ils suivent de près la politique sans être encartés. Leur vote est flottant, parfois à gauche, parfois à droite, mais souvent contre quelqu’un, plutôt que pour un candidat. Cette année, ils vont voter pour Emmanuel Macron dont ils sont assez proches idéologiquement, même s’ils bloquent un peu sur le personnage. »

À la maison, les débats sur la question européenne ne se sont pas toujours bien passés. Des divergences profondes, qu’il associe à conflit générationnel :

« La construction européenne n’a pas offert ce qu’elle a promis pour les jeunes aujourd’hui. Mais pour mes parents, c’est tabou. Il y a un aspect presque religieux sur son bien-fondé qu’on ne discute pas. »

Lui-même le reconnait, il n’assume pas ses positions en public, « trop longues à développer » et souvent assimilées aux thèses de l’extrême-droite et du rejet des étrangers : « pour l’aborder, il faut que je sois sûr d’avoir le temps et que l’interlocuteur est à l’écoute. »

Avec la candidature d’Asselineau et un temps de parole garanti dans les médias, il espère désormais avoir un débat « serein » sur l’Union européenne :

« Le regard commence un peu à changer avec le vote au Royaume-Uni pour le sortie de l’UE. Il est temps d’avoir un débat en profondeur, d’en faire le bilan. La question est toujours ramenée à des arguments xénophobes alors que l’immigration est un non-sujet à l’UPR. Lors de la campagne britannique, j’avais été intéressé par un texte d’économistes libre-échangistes qui se placent pour le Brexit car l’Union européenne empêche de signer des traités ou au contraire fait passer des choses qu’on n’accepterait pas si la France négociait seule. »

Tout n’est pas à jeter

Mais son candidat favori a tout même bien peu de chance d’être au second tour. Se sent-il proche Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont-Aignan qui expriment aussi leurs vives critiques sur l’institution européenne ? Pas du tout. D’une part « ils disent tout et leur contraire » et surtout cela ne correspond pas à ses convictions premières. Comme ses parents, il pense voter au deuxième tour « contre » quelqu’un, à savoir Marine Le Pen ou François Fillon, et donc pour un candidat très éloigné des velléités de « Frexit » portées par l’UPR :

« J’aime autant un Emmanuel Macron qui au moins assume ses positions européennes que quelqu’un comme Marine Le Pen qui salit l’idée de souveraineté de la nation, qui historiquement est plutôt à gauche. »

Si l’UPR est un choix radicalement opposé des politiques des partis de gouvernement, David n’est pas en rupture totale, pas le genre à porter des thèses flirtant avec le complotisme ou à estimer que tout est à rejeter dans « le système » :

« Les plans industriels de Montebourg, et on l’a vu dans le monde du bâtiment que je connais un peu, cela reste quelque chose de positif et de concret du quinquennat. »

Mais pour autant, pas question de faire confiance au Parti Socialiste.

#UPR

Déontologie : Roland Ries est-il suffisamment prudent ?

Déontologie : Roland Ries est-il suffisamment prudent ?

Dans son rapport, le déontologue de la Ville de Strasbourg a proposé quelques mesures pour prévenir tout conflit d’intérêt chez les élus. Mais, selon le maire Roland Ries, certaines sont « exagérées. » Est-ce bien prudent ?

 

Dessin de Piet
Dessin de Piet

 

Quand la déontologie a pour conséquence d’augmenter l’opacité des affaires publiques

Quand la déontologie a pour conséquence d’augmenter l’opacité des affaires publiques

Conseiller municipal de l’opposition à Strasbourg, Éric Senet s’est étonné que l’élu en charge d’un dossier impliquant une société satellite de la collectivité doive sortir au moment où le conseil municipal en débat. Ce ballet fait suite à une recommandation déontologique mais pour Éric Senet, elle n’est que cosmétique et en plus, elle prive le conseil municipal de l’élu le mieux informé d’un dossier.

Le déontologue de la ville de Strasbourg a récemment adressé à l’ensemble des élus du conseil municipal une note précisant l’attitude à avoir pour les élus membres et surtout présidents d’une société d’économie mixte (SEM) lorsque le conseil est amené à se prononcer sur une délibération portant sur la société au sein de laquelle ils siègent. Le déontologue préconise aux élus concernés de ne pas prendre part au débat ni au vote de la délibération.

Cela peut apparaître logique et même sain mais dans la pratique, cette recommandation est utopique.

D’abord, il me semble utile de préciser que les présidents des SEM sont tous issus de la majorité en place. Ils sont généralement adjoints au maire ou vice-présidents de l’Eurométropole comme cela est le cas pour la SERS, Parcus, la Samins, la CTS, le Port Autonome, Réseaux Gaz de Strasbourg et j’en passe.

Lorsqu’ils ne sont ni l’un ni l’autre, ils font cependant partie du premier cercle du maire comme cela est le cas pour Philippe Bies, président de CUS Habitat et d’Habitation Moderne.
Cela signifie donc que les décisions stratégiques de ces organismes para-publics sont arbitrées bien en amont au sein de la majorité en place.

Maintenir les élus de l'opposition dans le brouillard, est-ce l'objectif de la déontologie ? (Photo Harman Abiwardani / VisualHunt / cc)
Maintenir les élus de l’opposition dans le brouillard, est-ce l’objectif de la déontologie ? (Photo Harman Abiwardani / VisualHunt / cc)

« Je n’ai jamais vu une délibération rejetée »

Ensuite, avant qu’une délibération relative à ces sociétés ne soit présentée au conseil municipal, elle suit un long processus. Elle est préparée par l’administration municipale, souvent en lien avec les sociétés concernées. Elle est généralement abordée en réunion des adjoints et surtout lors de la conférence de municipalité qui prépare le passage au conseil municipal. Elle peut aussi être discutée lors de rencontres avec le maire, loin de tout organe officiel.

Dans les faits, lorsque cette délibération arrive devant l’ensemble des élus du conseil, les décisions sont déjà prises. Les arbitrages ont été réalisés. L’issue du vote ne fait plus l’ombre d’un doute. Aucune surprise n’est possible. Depuis que je siège au sein du conseil municipal, pas une seule délibération n’a été rejetée.

Tout au long de ce processus, le président de la SEM aura pourtant pu faire entendre son avis, peser sur les arbitrages, les susciter même sans que le moindre contrôle ne soit possible. La seule occasion qui permettrait de l’interroger sur les choix opérés, sur leurs motivations, sur leurs conséquences, c’est le débat public du conseil municipal où apparaissent enfin les élus de l’opposition.

Sauf qu’à présent, suite aux recommandations du déontologue, il n’est plus possible de questionner l’élu qui pilote le dossier puisqu’il n’assiste plus au débat et ne prend pas part au vote.

Quand l’élu le plus à même de répondre doit sortir…

Nous l’avons vécu lundi dernier lors du débat portant sur la stratégie des distributions de chaleur (revoir ce débat ci-dessus). C’est Olivier Bitz, adjoint en charge des finances mais aussi président de Réseau Gaz de Strasbourg qui a instruit depuis des mois ce dossier. Il en connait tous les tenants et les aboutissants. Il a pu peser sur les orientations stratégiques. Mais il a hélas été impossible de l’interroger. C’était pourtant notre seule est unique occasion de le faire.

« Nous avons perdu en transparence »

Par ses recommandations le déontologue, mais aussi le législateur, ont voulu que les élus gagnent en indépendance mais au lieu de cela nous avons perdu en transparence.

La théorie se heurte à la pratique du processus décisionnel. La théorie juridique ignore dans son approche le fonctionnement politique du fait majoritaire. Les quinze élus de l’opposition strasbourgeoise ne pourront jamais empêcher le vote d’une délibération par les 50 élus de la majorité.

Ces recommandations ont donc pour conséquence de priver les oppositions de la seule et unique possibilité qui lui est offerte d’interroger l’élu compétent et en charge du dossier, lors du conseil municipal.

Enfin, il est à noter que ces recommandations ne valent que pour le conseil municipal, mais pas pour le conseil de l’Eurométropole qui ne dispose pas d’un déontologue. Pourtant, cette collectivité aussi intervient dans de nombreuses sociétés mixtes.

Voilà pourquoi je trouve tout cela utopiste. Cela part d’un bon sentiment mais ne tient malheureusement pas compte des pratiques du pouvoir.

Éric Senet

À Strasbourg, non-campagne massive de la droite pour François Fillon

À Strasbourg, non-campagne massive de la droite pour François Fillon

Est-ce qu’il se trouve un élu, une personnalité de droite à Strasbourg pour soutenir François Fillon ? Pour activer la campagne, Les Républicains battent le rappel des élus bas-rhinois tandis que les Strasbourgeois visent l’élection d’après.

D’habitude, les personnalités politiques apprécient d’être appelées par les journalistes à quelques semaines d’une élection. Mais alors que François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle, est attendu jeudi 6 avril au hall Rhénus à Strasbourg pour un grand meeting, plusieurs élus ou cadres de Les Républicains . . .

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Étranger à Strasbourg, j’ai vu le racisme

Étranger à Strasbourg, j’ai vu le racisme

Le racisme, je le vois tous les jours. Les insultes directes sont peu nombreuses, mais il y a les remarques accidentelles, emplies de mépris et d’ignorance. Additionnées à la solitude de l’étranger, on ne peut en ressortir qu’amer avec le temps.

Entretien d’embauche, mon tout premier à Strasbourg. J’ambitionnais de prendre un petit boulot, histoire de faire un peu d’économie et de pouvoir voyager. L’employeur en face de moi, après avoir feuilleté mon CV puis passé les questions d’usage, jette un regard sur mes cheveux. « Ne serait-il pas possible que vous lissiez vos cheveux ? Ils sont trop frisés et ce n’est pas beau. » Pour la première fois de ma vie, j’allais être victime de discrimination eu égard à la texture de mes cheveux ou, osons le dire, de racisme pur et simple. Je l’avais pourtant déjà vu ailleurs ce racisme, il n’était déjà pas beau. Ses auteurs étaient des compatriotes marocains, les victimes étant des sub-sahariens venus au Maroc. Je l’avais trouvé nauséabond, insupportable et à dénoncer. Je m’en indignais quand il le fallait. Ici à Strasbourg, bien rapidement, je me rendais compte que ma relation avec ce racisme allait changer. Cette fois-ci, je suis la victime du racisme ordinaire, des remarques condescendantes et des mots qui blessent. Je ressentais la Hogra et la subissais occasionnellement, non sans en ressortir indemne. Je l’encaissais avec un sourire assez timide, avant de me lasser de ce rappel incessant des origines, comme s’il s’agissait d’un handicap.

Le racisme du regard

Le racisme en France, je le vois dans les yeux des personnes me regardant comme si ma personne n’était au final qu’un pauvre étranger sans repères. Du mépris se dégage des remarques et des questions des personnes avec lesquelles il m’arrive d’échanger, de l’ignorance aussi. La cible ? Des fois ma maîtrise de la langue. Un « comment se fait-il que tu parles anglais et français ? » que j’entends souvent, naïf probablement, comme si au Maroc on ne parlait qu’en arabe et en gestes. Certains jugent la question d’innocente, alors que je n’y vois avant tout que de la condescendance. Aussi, je me rappelle de cette jeune fille bien jolie au demeurant mais dont la désillusion n’allait pas tarder à sauter à mes yeux. « Mais il y a des facultés de droit au Maroc ? Et on vous enseigne tout ça ? », ai-je pu entendre de sa part, comme si mon Maroc, mon pays qui m’a tout donné, n’était qu’un vaste désert avec quelques loueurs de chameaux par-ci par là, bons à attendre le premier touriste étranger daignant déverser quelques euros aux pauvres nécessiteux que nous sommes.
Mysterious Man Waiting (Photo Katleen Vanacker / Visual Hunt / cc)
Mysterious Man Waiting (Photo Katleen Vanacker / Visual Hunt / cc)

Si je suis en France, c’est forcément pour quitter le Maroc…

Dans cette France que je découvre, je donne souvent l’impression d’être cet étranger venu « conquérir » la nationalité française et dont la finalité de toutes ses actions ne serait que de décrocher le précieux sésame du passeport rouge. C’est le cas lorsque cette fille, intéressante à première vue qui décida par un joli soir de novembre, sans trop le vouloir me semblait-il, de clore toute tentative de convivialité de ma part, avec une question qui lui paraissait toute fondée : « mais du coup, en France, tu comptes te marier ou travailler pour avoir la nationalité ? Tu la mérites, je le sais », lâcha-t-elle, étudiante qu’elle est, censée étudier les aspects juridiques de l’international, ce qui ne veut pas dire sombrer dans l’ignorance et la bêtise. À aucun moment, lorsqu’on me pose ces questions, on s’interroge sur mon lien avec le Maroc. Si j’aime mon pays ou pas, si je lui suis reconnaissant ou pas. J’ai l’impression que pour tout autre étranger, spécialement ceux venant du sud de la Méditerranée, il n’y a pour ces Français que je rencontre aucun intérêt à être fier d’un pays comme le mien, et qu’au final, il n’y a de bons, de justes et d’équitables que les pays du nord, que l’Occident. Pour eux, un maghrébin ne pourrait pas être fier de sa nationalité et ne souhaiterait à aucun moment ne pas la substituer par une autre.

Un sourire… puis le dégoût quotidien

Les anecdotes à raconter sont légion, surtout lorsqu’on en vient à croiser chaque jour plusieurs personnes. Les insultes, peu nombreuses pour l’heure, sont pourtant bien là. En tant que barman, à une personne que j’ai refusé de servir un soir, notamment eu égard à son état d’ivresse avancée, j’ai déjà eu comme réaction un sec « sale nègre ! ». Avec une autre, on a essayé de me rappeler mon statut fragile d’étranger. Pour elle, un étranger n’a pas à décider de ce que devrait faire un Français ou pas. Pour réagir, j’ai préféré un grand sourire, assez évident lorsqu’on sait que les personnes en question sont sous l’emprise de l’alcool, et moi en service, devant garder son sang-froid. Un grand sourire peut momentanément résoudre le problème, calmer les tensions et éviter la tempête. Mais tout juste après, une fois que tout se calme, la grimace du dégoût vient remplacer le sourire, pour le reste de la soirée. Autant de remarques, de critiques et de phrases qu’il ne serait pas évident de mentionner ici. On me conseille bien souvent de les oublier, les Français racistes ne représentent qu’une infime minorité parait-il. Mais il est bien difficile de ne pas garder son ressenti à l’écart et de ne pas se poser de questions. Ailleurs qu’en France, aurais-je été mieux accueilli ? Verrait-on en moi avant tout un étudiant déjà diplômé venu avec son argent et sa culture, avant de me voir comme un étranger fasciné par la France et admiratif d’une civilisation à laquelle je ne cherche qu’à adhérer ? Verra-t-on mon Maroc comme un pays assez complexe et plutôt loin des stéréotypes véhiculés par des médias qui n’y ont jamais mis les pieds ? Je ne sais pas si ailleurs qu’en France, cela aurait pu être possible. Je me le demande souvent, vu que pour l’heure il n’y aucun attachement sentimental à cette terre où je ne suis venu que pour faire mon temps.

Être étranger, ce triste sentiment

Je n’ai jamais été « étranger » quelque part, du moins senti cette impression qu’on n’était pas à sa place. Ici à Strasbourg, très tôt je l’ai sentie. Et cela tombait profondément mal. Parce qu’avec ce sentiment de ne pas être à sa place, on ressent immédiatement une tristesse faite d’émotions plus ou moins confuses, on ne sait contre qui en vouloir ni qui critiquer, les uns rappelant que les anecdotes ne sont qu’exception et les autres préférant voir ailleurs. C’est avec ce sentiment de tristesse que bien tôt je compris que ce n’était pas un mythe : le mal du pays existe, il était là, avec moi à Strasbourg. J’étais en train de le ressentir à plus forte intensité dans ce pays où j’allais toujours être un étranger, même si je n’envisageais de n’y rester que quelques petites années, le temps d’obtenir mes diplômes. Je pense aussi à ceux qui ne sont pas comme moi : ils sont Français et d’origine maghrébine. Ils sont nés ici, à Strasbourg peut-être, et chaque jour il y a ce regard qui se pose sur eux : avant d’être Français, ils restent pour certains étrangers. Je ne sais pas ce qu’ils doivent ressentir et je ne suis pas en mesure de savoir, je ne le saurais peut-être jamais. Heureusement serais-je tenté de dire, je n’aimerai pas être ce Français rejeté par les siens ni grandir dans un pays au roman national qui ne me reconnaît pas, avec une histoire commune qui passe sous silence les souffrances de mes ancêtres. Il n’y aurait de pire sensation que celle-ci : celle de vivre à sa place, là où on est né, sans pour autant s’y sentir familier et qu’avec le temps, cette sensation vient à être substituée par l’angoisse, la perte de repères et la mélancolie, sources de tous les maux, à commencer par la violence. Au final, l’histoire de la violence ici est avant tout française, contrairement à ce qu’on pourrait penser.

Le forum de bioéthique se sépare de sa directrice et cofondatrice

Le forum de bioéthique se sépare de sa directrice et cofondatrice

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Les migrations forcées mises en lumière à Stimultania

Les migrations forcées mises en lumière à Stimultania
William Kentridge, «More Sweetly Play the Dance» © Alain kaiser
\ © Stimultania (doc. remis)

Jusqu’au 28 mai, une procession continue de marcheurs habite les murs de Stimultania à Strasbourg. Le pôle de photographie, qui fête cette année ses 30 ans, propose une exposition en deux parties alliant le documentaire à l’artistique autour du thème des migrations forcées. L’artiste star William Kentridge a accepté d’y montrer l’une de ses projections monumentales.

Le phénomène s’est amplifié ces dernières années, et c’est tant mieux : la préoccupation des migrations forcées dans le monde donne naissance à de nombreuses productions artistiques. Les plus engagés et les plus célèbres des artistes visuels ont créé des buzz – pour la bonne cause – en graffant à Calais (Banksy) ou en érigeant des gilets de sauvetage en mémorial (Ai Wei Wei). C’était également l’un des thèmes prédominants au dernier festival de photo documentaire Visa pour l’Image, qui a décerné son premier prix à un travail sur le sujet. S’il faut prendre garde à la banalisation et à la « spectacularisation » de l’image, le sujet des migrants est encore trop évoqué de manière superficielle dans le débat public. Des points de vue alternatifs nous permettent parfois nous rappeler que nous appartenons tous à la même planète.
Saut de la frontière Maroc-Espagne (enclave de Melilla) © José Palazón, 2014 (doc. remis)

Des photos choc, des cartes sensibles

En entrant à Stimultania – qui a dû littéralement pousser les meubles pour donner un maximum d’espace à l’exposition – la pénombre soudaine fait ressortir quelques images lumineuses. Sur la première, un golf verdoyant affiche en fond une clôture sinistre où sont perchés quelques hommes et bientôt un policier. Deux golfeurs parviennent à faire semblant d’ignorer la scène, qui se déroule dans l’enclave espagnole de Melilla au Maroc. La violence du contraste et de l’hypocrisie serre le cœur, tout comme, sur une autre image, la monumentale agressivité de la barrière anti-migrants du port de Calais vue depuis l’espace entre la double paroi barbelée. Une série de photos parcourt ainsi de nombreux pays, entre trajets, obstacles et attentes.  
Moving Beyond Borders / « Après la frontière, le désespoir d’une fin de non-recevoir », extrait cartographique © Lucie Bacon (doc. remis)
Elles correspondent avec une série de cartographies animées, où les données collectées par le réseau Migreurop sur les déplacements de populations entre l’Afrique et l’Europe sont la matière de modélisations édifiantes. Pendant 10 ans, ce réseau d’associations a rassemblé photos, chiffres et témoignages. Un travail de suivi exceptionnel, d’autant plus parlant qu’il parvient à rendre ses données sensibles : en suivant les points lumineux sur les cartes, on a assiste bien à une nuée de destinées humaines captives des remous de la géopolitique. On peut y retracer des parcours individuels invraisemblables, ou mesurer la réalité de la « forteresse Europe » que prédisait Asian Dub Foundation en 2003 pour… 2022. On y est déjà.
William Kentridge, « More Sweetly Play the Dance », installation © William Kentridge, 2015 (doc. remis)

Une procession universelle

Pour offrir un angle de vue plus artistique au sujet, l’équipe de Stimultania s’est souvenue d’une œuvre de William Kentridge découverte aux dernières Rencontres d’Arles. Camille Bonnet, chargée de la communication et du mécénat, explique ce pari un peu fou :
« C’est la première fois que William Kentridge expose dans un lieu aussi petit, et avec un budget modeste ! Il a accepté de prêter l’oeuvre gratuitement, et aussi de l’adapter aux dimensions de la salle. »
La projection s’étend tout de même sur 25 mètres et englobe le spectateur dans une procession de personnages filmés en contre-jour et de dessins animés au fusain. Burlesques, inquiétantes, un peu saccadées, ces images rappellent les premiers cartoons en noir et blanc mais renferment aussi toute l’histoire de la civilisation, à commencer par celle de l’Afrique. Les seuls personnages blancs sont un politicien guignolesque et ses deux dactylos dociles. La marche est menée au travers d’un paysage sans cesse effacé et redessiné, et chargée de symboles. L’un des marcheurs s’accroche à une perfusion de christianisme, l’autre emporte sa cage avec lui… Dans leurs costumes africains taillés dans des sacs plastiques comme une résistance de l’identité à la misère de l’exode, les personnages exécutent une danse macabre : tous dans le même bateau, tous humains, autant en rire !
William Kentridge, « More Sweetly Play the Dance », installation © William Kentridge, 2015 (doc. remis)
Ce lent défilé se joue sur une musique à la fois solennelle et joyeuse, mêlant l’Internationale à des airs traditionnels du Zimbabwe. Au-delà de l’apartheid, il renvoie à toutes les oppressions qui ont forgé les États et qui ont jeté des hommes sur les routes.

Motion Sequence, l’électro qui agite Strasbourg et les classements allemands

Motion Sequence, l’électro qui agite Strasbourg et les classements allemands

Le jour, David, Lucas et Hugo sont trois jeunes actifs de Strasbourg. Mais la nuit, on les retrouve derrière les platines sous le nom d’E-tronik, Voltery et Medicis. En 2016, les trois DJs producteurs ont monté leur label, appelé « Motion Sequence », un nom qui fait rayonner la musique électronique de Strasbourg. À tester ce vendredi soir au Mudd Club.

Jeunes strasbourgeois, David et Lucas ont débuté derrière les platines du Rafiot. En 2015, ils décident, avec Hugo, de créer un label, appelé « Motion Sequence », pour distribuer leurs propres productions, sur des disques vinyle en plus ! Étonnés par le succès de leur premier disque, ils accueillent de nouveaux artistes et lancent des soirées électroniques courues à Strasbourg. Ce vendredi soir, ils mixeront au Mudd Club.

Le retour du vinyle, produit local

Les trois fondateurs de « Motion Séquence » ont fait le choix de n’être distribués que sur support vinyle, les bons vieux disques noirs qui ne sont lus que par des platines à diamants. Leur souci n’est pas seulement la diffusion, c’est aussi de faire vivre l’écosystème qui gravite autour du disque, qu’ils considèrent plus noble que la seule musique numérique. Et puis il faut reconnaître que les vinyles sont les médias à l’origine des DJs. Pour « Motion Sequence », produire un vinyle sauve un DJ.

David détaille :

« Il y a des jeunes qui n’ont jamais eu de leur vie un support musical physique entre les mains. Ils sont nés avec la musique numérique mp3, ils n’ont jamais eu d’objets pour matérialiser la musique. »

Le premier disque de Motion Sequence (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)
Le premier disque de Motion Sequence (Photo ES / Rue89 Strasbourg / cc)

Une musique dédiée au mix

La musique de Motion Sequence est destinée à être mixée. Ses promoteurs se décrivent comme « libres et ouverts », ils ne s’imposent pas de direction artistique. Et d’ailleurs, le label ne fonctionne qu’à la poignée de main et à l’huile de coude. Le design est réalisé par Lucas, graphiste, tandis que le mastering (ensemble des traitements audio, puis enregistrement du support ), et la distribution sont confiés à une structure détenue par leurs amis strasbourgeois installés à Paris : Yoyaku. Le pressage est réalisé par MPO, en région parisienne.

Pour David, travailler en vase clos présente des avantages certains :

« Travailler avec nos amis nous permet de maîtriser toutes les étapes de production car on réduit le délai entre la création artistique et l’écoute du public. Pour nous, c’est quasiment aussi souple que la diffusion digitale, mais on fait travailler une chaîne plus importante. »

Grâce à l’entraide, aux réductions entre amis, le prix de vente d’un vinyle de Motion Sequence oscille autour de 12 euros environ.

David ajoute :

« Grace à Yoyaku qui a vraiment percé, on a la chance d’être distribué sur les plus grosses plateformes en ligne qui vendent nos disques et dans pas mal de magasins en Europe aussi. On a une visibilité et un réseau de distribution assez vastes. »

E-Tronik, Medicis et Voltery dans le studio (doc remis)
E-Tronik, Medicis et Voltery dans le studio (doc remis)

La « Motion Mafia » privilégie les amis

Dans la même logique, la « Motion mafia » comme l’appelle affectueusement ses membres, attache une grande importance aux relations entretenues avec les artistes qu’ils accueillent. Motion Sequence propose deux formats pour ses disques, des compilations intitulées « Various artists » comprenant les productions originales de plusieurs compositeurs et où la notion de remix n’existe pas, ou des minis albums (EP) composés de productions originales d’un seul artiste, accompagnées du remix d’un titre de cet artiste par un DJ membre du label.

Le second vinyle de Motion Sequence, MS 0.2, est consacré à Ana Poiesis (aka Malin Génie), un célèbre DJ hollandais, boss du label Vigenère et membre du trio Mandar.

Un succès inattendu

Peu de temps après sa création, le label sort son premier disque (MS 0.1). L’album comprend les productions originales de quatre artistes strasbourgeois : ceux des trois membres du label, plus celui d’un artiste électronique local de renommée internationale, qui a décidé de signer sous un alias afin de ne pas mélanger ce projet indépendant à sa carrière. Rapidement, les 500 exemplaires de MS 0.1 s’écoulent, et le vinyle se retrouve pendant une semaine en deuxième place sur le site de classement des ventes d’un des plus gros disquaire allemand.

David analyse ce lancement :

« Pour nous, c’est génial. On est une bande de potes de Strasbourg et on se retrouve aux côtés d’artistes confirmés. À la base, c’était un projet entre copains, l’idée était de faire rayonner un peu la scène de Strasbourg, de permettre à des artistes locaux d’être visibles, de s’exporter. Puis là quand on a vu que ça fonctionnait, on a eu d’autres idées. »

MS. 0.1, premier disque du collectif, premier succès.

Les soirées courues de Motion Sequence

Suite à l’écho de son premier vinyle, Motion Sequence a lancé de nouveaux projets. C’est ainsi que la « Motion Family » a commencé à organiser des soirées, appelées « Motion Sequence meets… » afin de présenter leur influences musicales et d’autres jeunes labels européens aux Strasbourgeois.

Motion Sequence Meets… un label de qualité pas ouvert à plus de 150 personnes.

Ces soirées, limitées à 150 personnes, sont organisées dans des lieux privés et inattendus, dévoilés le jour même aux participants de l’événement et accessibles sur invitation. David précise :

« Si on le faisait dans un but lucratif on organiserait des soirées avec plus d’entrées, on ferait des vinyles avec de la musique plus commerciale. Mais notre but c’est d’écrire une page de la musique électronique, plus que de rentrer de l’argent. Le fait que l’on ait tous une vie professionnelle à côté nous permet de ne pas avoir à sortir absolument quelque chose dans un délai précis, on est libres, on a le temps d’être perfectionnistes. »

Des projets plein la tête

Deux disques sont déjà programmés : « MS 0.3 » créé à partir de productions originales d’E-tronik  dont un remix par un de ses collègue et « MS 0.4 », exclusivement consacré à un artiste français. Pour MS 0.5, le label envisage un « Various Artists ». D’autres DJs de renom ont été contactés, avec la possibilité de signer leur production, soit sous leur propre nom soit sous un alias.

Plusieurs soirées sont au programme de l’agenda de Motion Sequence. Vendredi 31 mars, le Mudd Club invite les fondateurs de Motion Sequence à mixer aux côtés de Malin Génie, avec lequel ils ont collaboré sur MS 0.2.

Le flyer de la soirée de vendredi 31 mars.

La prochaine « Motion Sequence meets… » aura lieu le 8 avril, via une invitation sur Facebook. Elle accueillera le label Aeternum Music, en l’occurrence Lowris. Celui-ci viendra accompagné de Cabanne, également DJ résident au Concrete à Paris, avec lequel ils forment le duo King of Delays.

Le flyer de la prochaine « Motion Sequence Meets… »

Interrogé sur le potentiel de la ville de Strasbourg pour la musique electro, Motion Sequence préfère esquiver les réponses. Mais le groupe explore la possibilité de mettre en place des soirées de façon plus régulière, avec un établissement de nuit strasbourgeois.