Mais l’un d’entre eux, Johannes Rivoire, de la communauté des Oblats de Marie Immaculée, réside à Strasbourg dans une maison de retraite de l’ordre provençal, qui s’était donné comme mission d’évangéliser les Inuits du Grand Nord canadien à partir du XIXe siècle. L’ordre aura la responsabilité de plusieurs « pensionnats autochtones », où seront envoyés de force des milliers d’enfants. Le dernier de ses pensionnats a fermé en 1996.
Évêque de Strasbourg pour encore quelques jours, Mgr Jean-Pierre Grallet, a assuré à Médiapart ne « pas avoir été informé de la situation de ce prêtre installé sur son diocèse », qui de toutes façons, « relève uniquement de sa congrégation. » Quant à la communauté, elle assure n’avoir reçu aucune demande d’extradition et qu’aucun ministère public n’est confié à ce prêtre, assigné à résidence dans sa communauté.
Guillaume Meurice, l’humoriste qui aime s’inviter pour France Inter dans les manifestations politiques, souvent de droite, pour y dénicher les perles des militants, était à Strasbourg vendredi. Il voulait recueillir l’opinion d’Alsaciens sur le Concordat, ce texte napoléonien qui permet encore aujourd’hui au clergé d’Alsace et de Moselle d’être en partie financé par l’État.
L’histoire ne dit pas combien de temps il a passé en Alsace pour sa petite sélection, mais l’auditeur en tout cas, n’est pas déçu. Dans une chronique intitulée « Dieu est-il une fake news« , il présente le Concordat comme un canular à une Alsacienne « à moitié-catholique ». Le second Alsacien trouvé n’est pas franchement favorable à l’ouverture du Concordat à l’Islam, ni aux Raëliens d’ailleurs… même s’il a déjà vu s’opérer des miracles.
Une troisième Alsacienne en revanche est prête à rejoindre une nouvelle religion créée par Guillaume Meurice, celle de ceux qui « croient en l’innocence de François Fillon. » C’est le bingo !
Le festival Giboul’Off, fête grande ouverte avec de la marionnette mais pas que, plonge à 20 mille lieues sous les mers du jeudi 23 au samedi 25 mars. L’occasion de découvrir des spectacles surprenants dans un décor psychédélique, menés tambour battant par les membres d’un collectif hors norme.
Le Collectif Off sévit à Strasbourg depuis 2004, et le festival Giboul’Off en est à sa treizième édition en 2017. Visiter « les abysses de la création », voilà ce que les artistes et techniciens du spectacle qui organisent ensemble le festival proposent aux visiteurs.
Aller au Giboul’Off, c’est avant tout être accueilli dans un espace magique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Entre la kermesse foutraque et des choix artistiques pointus, le Giboul’Off casse les codes, ce qui lui permet d’être ouvert à tous les vents. Et qui promet à chacun de se sentir comme à la maison, avec une fabuleuse dose de fantaisie en plus. Tout le programme de cette édition est ici.
Le Molodoï en mode Giboul’Off (document remis)
Marionnette superstar
Il est loin le temps où le Giboul’Off s’était créé pour permettre aux marionnettistes locaux de présenter des spectacles qui n’avaient pas trouvé leur place dans la programmation du festival des Giboulées du TJP. Le Giboul’Off s’est émancipé, n’ayant plus grand-chose en commun avec la programmation du TJP, et accueillant des artistes d’ailleurs, comme cette année la Cie Les Rémouleurs ou le Teatro Matita de Slovénie.
Ce qui persiste cependant, c’est l’amour, non-exclusif, de la marionnette – comme en témoignent les mélanges hybrides de « voix, loop-station et muppet » de Jenny Corsaire pour L’Opérette de 4 cents. Et Kvüsz, de la Cie Astrotapir, est « un hommage au peuple fruzze, Kvüsz est un chant de douleur, l’hymne d’une nation perdue, un ramassis de plaintes gémissantes, et l’histoire d’une belle réussite sociale (toutes proportions gardées). C’est aussi une formidable (re)-découverte de la tradition du théâtre d’objet fruzze, le Tzvekiz Bakükz : marionnettes sur table, fil de fer et appareils électro-ménagers. »
La marionnette s’adresse tantôt aux enfants, tantôt aux adultes, au gré des spectacles. Ainsi elle est parfois exclusivement dédiée aux adultes, et s’essaye aux formes du concert ou du cabaret en soirée, jusque dans les bars… Les marionnettes nous parlent de nous.
Un programme compatible famille
En plus de tarifs super abordables pour tous les autres, les moins de 12 ans sont choyés. L’entrée est gratuite pour eux. L’après-midi du samedi 24 mars leur est entièrement dédiée, avec des spectacles à voir à partir de 3 ans comme celui de la Cie des Coquelicots Sous La Poussière, La forêt, le loup et la grand-mère. Les plus grands, à partir de 8 ans, pourront aussi assister aux Contes de chair et d’os, où voix et guitare se mêlent pour veiller sur des histoires. Ce spectacle tout public se jouera aussi en soirée.
Au Giboul’Off il y a aussi des jeux, des petites gourmandises et une déco d’enfer. Et pour parfaire l’ambiance, il y a la Bubble Boum de Vladimir Spoutnik, à partir de 4 ans avec tenue marine obligatoire. Pour se trémousser en famille sur tous les tubes pleins d’embruns, de L’amour à la plage à Mais qu’elle est bleue. Et comme le crieur public passera par-là, les enfants sont invités, tout comme les adultes, à lui déposer quelques mots doux.
Plongée dans les soirées
Le Giboul’Off se passe, comme chaque année, dans le Molodoï et devant. Cette fois les artistes sortent aussi du périmètre de la rue du Ban-de-la-Roche pour aller essaimer dans les bars de Strasbourg, du Graffalgar au Gobelet d’Or. Parce que la marionnette, ça se joue aussi dans les bars – et ça prend une toute autre tournure, en termes d’interactions, tout en proximité. Une sorte de veillée qui fait entrer dans nos espaces familiers des créatures qui nous ressemblent autant que des miroirs déformants.
Le théâtre est aussi présent au Giboul’Off, avec le retour – attendu – de l’improvisation mais aussi avec Koh-Mayorka de Eric Enderlin, une fable grotesque « qui par souci du bon goût est quand même moins grotesque que la réalité. »
Et à ne pas rater : une déambulation nocturne qui partira à 21h le samedi 24 mars du 21, quai de Turckheim, pour suivre de là jusqu’au Molodoï « sur les façades de Strasbourg une course poursuite entre le Nautilus et le Kraken, le calmar géant des profondeurs. »
Et la musique, parce que quand même c’est la fête
En plus des cabarets et autres concerts de marionnettes, on retrouvera au Giboul’Off des grands et des petits concerts. Comprenez : des concerts intimes et des machines à danser, des tubes et des inédits, des années 80 et des grooves balkaniques. Des formes tout en volupté comme le trio vocal Cartes sur table à Dj Blondin, techno glamour ++.
Kidan proposera un rock gnawa touareg tandis que Douna Orkestar revient avec « une musique festive et acoustique à l’ancienne, qui s’arrête quand les bouteilles sont vides, les jambes fatiguées et les poumons en panne sèche. »
Quant à Bonheurs inutiles ou le Karaobjet, ce sont des moments improbables et totalement loufoques dont le Giboul’Off seul a le secret. Il faut le vivre pour le croire. A vous de plonger.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
En juin 1940, le jeune François rejoint les Éclaireurs de France puis la résistance en 1942. Déporté en Allemagne, il se fonde une conscience politique de gauche. Mais pour la première fois depuis 40 ans, il ne votera pas socialiste.
Né en 1926 dans une famille bourgeoise de Savoie, dont les deux parents sont des fonctionnaires socialistes, « très IIIe République », François grandit auprès de deux sœurs qui deviendront des militantes communistes après avoir épousé des figures politiques de l’après-guerre.
Lui s’est toujours senti étranger à toutes les « chapelles », et trop épris de liberté pour suivre la ligne d’un parti. Mais violemment « antinazi » en juin 1940, il rejoint les Éclaireurs de France alors qu’il est encore au lycée de Clermont-Ferrand. Il suit son groupe lorsque ce dernier rejoint le maquis. En octobre 1943, son chef scout est arrêté après une attaque manquée contre le chef de la milice. François est alors étudiant en droit à l’université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand. Le 25 novembre, il est pris dans une rafle qui le conduira avec 130 personnes dans les camps nazis. Après un séjour en prison, il est envoyé à Buchenwald puis à Flossenbürg.
« Ma conscience politique a largement été formée à travers ma déportation et les discussions que j’ai pu avoir avec mes camarades. »
François, ancien résistant, déporté en Allemagne, ne votera pas pour Benoit Hamon (Photo Baptiste Cogitore / Rue89 Strasbourg / cc)
Avocat de gauche dans les années 50
Si François affirme n’avoir jamais manqué une élection, il ne se souvient pas pour autant de son premier bulletin de vote.
« En tant qu’homme de gauche, j’ai dû voter pour la SFIO, mais je ne m’en souviens pas. Je sortais des camps, j’ai eu une convalescence longue et difficile et en 1951, j’entrais comme jeune avocat au barreau de Strasbourg : ma carrière commençait en même temps que ma vie de famille. J’avais d’autres choses en tête que la politique. »
Dans les années 1960, séduit par François Mitterrand pour qui il éprouve une véritable « fascination », François rejoint la Convention des Institutions républicaines (CIR), un rassemblement des clubs de gauche qui portera la candidature de François Mitterrand à la présidentielle de 1965. « Le premier meeting de Mitterrand à Strasbourg a dû rassembler 200 personnes », se souvient François qui, à l’époque, accueille le candidat de gauche lors de ses passages en Alsace, rassemble des intellectuels strasbourgeois dans son salon.
En 1971, la CIR se dissout dans le nouveau Parti socialiste, créé deux ans plus tôt. Lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand est investi premier secrétaire général. Il doit rapprocher Socialistes et Communistes en vue des élections législatives de 1973, puis de la présidentielle de 1981. François, lui, adhère alors au PS.
« Pendant les campagnes, on collait des affiches, on militait vraiment avec ma femme. À ce moment-là, François Mitterrand incarnait pour moi l’intelligence et la pédagogie. Les idées qu’il exprimait correspondaient exactement avec ce que je ressentais. Et lorsqu’il est revenu en mars 1981 faire un meeting de campagne à Strasbourg au Wacken, il m’a demandé si on n’avait pas vu un peu grand pour la salle… En fait, il y avait 5 000 personnes : c’était bondé ! »
En 2017, toujours socialiste, mais inquiet
François ne milite plus, mais il est toujours socialiste et adhérent au PS.
« J’avoue que je ne me reconnais plus aujourd’hui dans le PS. Je suis extrêmement inquiet parce que ce parti part en morceaux, sans qu’il y ait une figure de la trempe de Mitterrand pour rassembler la gauche, alors que tout le monde s’attend à voir Marine Le Pen au second tour. »
Aux deux tours de la primaire de la gauche, François a voté pour Manuel Valls, « un homme de conviction et émouvant, qui n’est pas né français mais qui l’est devenu. » Il votera peut-être pour Emmanuel Macron mais certainement pas pour le candidat du Parti :
« Benoit Hamon est très intelligent, mais il porte des idées irréalisables. Je ne me vois pas voter pour quelqu’un qui n’a pas les pieds sur terre ! Malheureusement, aucun candidat de gauche ne me semble capable de diriger la France aujourd’hui. »
Réalisateur de films documentaires, journaliste rapporteur d’images. Éditeur à ses heures. (Cette photo a 10 ans, c’est dingue comme le temps passe vite)
Olivier Bitz, adjoint au maire de Strasbourg et en charge notamment de la politique budgétaire, a choisi de rallier Emmanuel Macron, en dépit de son appartenance au PS. Il rejoint la longue liste des élus socialistes qui rejoignent « En marche », nous vous proposons une brochure illustrée pour repérer les signes avant-coureurs d’une défection.
Un mini-festival du film documentaire, issu des pépites de la production nationale, est prévu pendant trois jours, du vendredi 24 au dimanche 26 mars, au cinéma Odyssée à Strasbourg. Une première hors de la capitale.
Du vendredi 24 mars au dimanche 26 mars, au cinéma Odyssée à Strasbourg, le Festival des Étoiles proposera en entrée libre, sept projections parfois suivies de rencontres avec leurs réalisateurs. Ces sept documentaires ont été sélectionnés par un jury de la Safire (Société des auteurs de films indépendants en région Est), parmi les 30 films « Étoiles » de la Scam (société civile des auteurs multimédia).
Chaque année, la Scam sélectionne et récompense à Paris trente œuvres audiovisuelles sur plus de 400 films produits en France et ayant été diffusés pour la première fois. Ces trente films lauréats sont appelés les Étoiles et cette année, pour la première fois, il a été demandé à deux associations régionales de la Boucle Documentaire (Rennes et Strasbourg) de proposer une sélection régionale sur les films lauréats de l’année précédente.
Les sept films documentaires de la Safire traitent indépendamment de sujets parfois attachants, d’autres fois scandaleux, tels que l’espoir et le désespoir suscités par le Printemps arabe, les conditions de détention dans la prison de Guantanamo, ou encore les expériences théâtrales d’anciens internés en psychiatrie. Tous ces films ont reçu de multiples distinctions.
Les films projetés
Vendredi 24 mars, 20h30 : À Mots Couverts
Dans l’enceinte de la Prison Centrale de Kigali, huit femmes incarcérées témoignent. Vingt ans après le génocide perpétré contre les Tutsi rwandais, Immaculée et ses codétenues racontent leur participation aux violences, retracent leur itinéraire meurtrier et se confient. La projection sera suivie d’un échange avec les réalisateurs.
Samedi 25 mars, 10h15 : Une leçon de musique
Voyage musical à Saint Pétersbourg, à l’Ecole Spéciale de Musique et conservatoire Rimsky-Korsakov. L’immersion dans ce monde bien particulier effleure le mystère de la rencontre entre la Russie et la musique.
14h : L’Académie de la folie
À Trieste, l’hôpital psychiatrique a fermé ses portes en 1978. Une troupe de comédiens très attachants monte une pièce de théâtre. Oeuvre sensible qui nous plonge dans un univers fellinien, un défilé de personnages pittoresques et bruyants, dont on suit avec tendresse leur quotidien plein d’humour.
15h40 : Un baptême du feu
Ce film suit les premières expériences de guerre d’un jeune photographe indépendant, Corentin Fohlen, filmé sur le terrain alors qu’il se rend en Egypte, en Libye ou à Haïti. La projection sera suivie d’une table ronde avec trois réalisateurs sur les difficultés pour filmer à l’étranger.
20h20 : Je suis le peuple
Alors que le peuple égyptien se soulève place Tahrir, les villageois des campagnes du sud suivent la révolution sur leurs écrans de télévision. Du renversement d’Hosni Moubarak à l’élection et la chute de Morsi, le film suit ces bouleversements du point de vue de Farraj, un paysan de la vallée de Louxor. Au fil du quotidien agricole, entre espoirs et déceptions, le changement se fait attendre. La projection sera suivie d’un échange avec Thomas Micoulet, producteur du film.
Dimanche 26 mars, 14h : I don’t belong anywhere, the cinema of Chantal Akerman
Véritable film testament, Chantal Akerman livre avec émotion et humour son parcours cinématographique. De Bruxelles à Tel Aviv , de Paris à New York , un voyage au cœur de ses films est proposé dans ce documentaire.
16h : Guantanamo limbo : dans l’enfer de l’oubli
Cette enquête permet de comprendre les dérives commises dans la prison de Guantanamo à Cuba au nom de la « guerre contre le terrorisme », et de suivre le destin de ces hommes, arrêtés par malchance, détenus par erreur, puis abandonnés. Ils témoignent de ces longues années confisquées, prisonniers de ce que les Américains appellent « Guantanamo Limbo », les limbes de Guantanamo.
Onze candidats participeront à l’élection présidentielle française. Le Conseil constitutionnel a rendu public tous les parrainages. En Alsace, gros avantage pour François Fillon.
Les affaires de François Fillon n’ont pas découragé les nombreux élus « Les Républicains » alsaciens à parrainer le candidat de leur famille politique. L’ancien Premier Ministre (2007-2012) est le candidat le plus soutenu en Alsace (121 parrainages), comme en France (3 635).
Au total, 11 candidats se présenteront à l’élection : Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France), François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Jean Lassalle (Mouvement démocrate), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En Marche), Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise), et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). Vous pouvez leur poser des questions tout le week-end grâce au formulaire en ligne en cliquant sur cette phrase.
Un élu peut parrainer un candidat parce qu’il estime que ce dernier doit être en mesure de défendre ses idées, sans pour autant y adhérer. Néanmoins, pour la première fois, tous les parrainages ont été rendus publics et non une poignée tirée au sort.
Cette transparence totale a découragé une partie de maires sans étiquette, qui ne veulent pas politiser la gestion de leur commune. En effet, difficile de ne pas associer un parrainage avec un soutien aux idées. Pour rappel, il faut 500 parrainages pour se présenter.
Si les élus « Les Républicains » ont dans l’ensemble plutôt répondu à l’appel, la liste des parrainages apporte quand même quelques surprises. Quinze parrainages sont arrivés pour Alain Juppé, notamment d’élus de centre-droit comme Fabienne Keller ou le maire de Lingolsheim Yves Bur, apparus au moment où la pression était la plus intense sur François Fillon, avant le rassemblement au Trocadéro.
Dans le Bas-Rhin, un élu a aussi soutenu François Baroin, Georges Schuler, maire de Reichstett, président de « Les Républicains » du Bas-Rhin et candidat à l’élection législative sur la troisième circonscription. Idem dans le Haut-Rhin.
Plus à droite, Marine Le Pen a pu compter sur les élus FN au conseil régional du Grand Est et quelques maires « sans étiquette ».
Différence principale avec le reste de la France, Emmanuel Macron compte plus de signatures (39) que Benoit Hamon (9).
Il faut dire que peu de socialistes sont en mesure de parrainer en Alsace. Quelques conseillers régionaux, départementaux et maires. Même au Département du Bas-Rhin, seul Mathieu Cahn et Serge Oehler ont fait l’effort sur les huit élus à gauche. Olivier Bitz a, lui, rejoint En Marche, tandis que sur les quatre femmes, seule Suzanne Kempf, a parrainé… François Hollande.
Néanmoins, deux absents interpellent, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann et le député Éric Elkouby, tous deux ardents soutiens de Manuel Valls l’ancien Premier ministre battu à la primaire et qui n’a pas apporté son parrainage à son ancien challenger. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il n’a même pas de parrainage dans le Bas-Rhin, pas plus que Philippe Poutou dans toute l’Alsace.
De manière plus insolite, Jacques Cheminade est le candidat le troisième plus parrainé (25, ex-æquo avec Nicolas Dupont-Aignan) en Alsace, alors qu’il est celui le plus proche de la limite en France (528).
Les régionaux, pas si forts
Dans le Haut-Rhin, le régionaliste Paul Mumbach (Unser Land) a pu compter sur un bataillon de maires (12), mais il n’ su convaincre personne dans le Bas-Rhin. Difficile d’avoir de l’impact ailleurs, sachant qu’il fallait des parrain et marraines et 30 départements différents. Idem pour l’autre candidat régional, l’écologiste Antoine Waechter (7 parrainages dont 6 dans son département).
L’aventure Charlotte Marchandise
Onze maires ont aussi tenté l’aventure Charlotte Marchandise, comme Jo Spiegel, haut-rhinois engagé pour la démocratie participative à Kingersheim (lire la critique de son dernier livre). Cette candidate a été désignée par une primaire en dehors de tout parti politique sur le site laprimaire.org. Malgré plus de 100 000 inscrits et 32 000 votants, cela n’a pas été suffisant pour cette expérience unique (135 parrainages), la seule du genre à être allé à son terme.
Derrière un bar, on se retrouve automatiquement dans la position du confident. Parfois, c’est pénible mais parfois, on en sort transformé. Comme lorsque j’ai rencontré Pierre dans ce bar du quartier Gare de Strasbourg…
Étudiant en islamologie à Strasbourg, j’ai travaillé pendant quelques semaines dans un bar du quartier Gare pour financer mes études. Dans les films, il y a ce cliché du barman qui est continuellement à l’écoute des malheurs des gens. Il m’a fallu avoir ce travail pour m’en assurer : c’est tellement vrai, et quoi que cela soit plaisant à un moment, il s’avère bien difficile pour un barman de prendre ses distances des histoires d’hommes et de femmes qu’il a devant lui. Je ne suis pas cet observateur détaché, il m’est impossible de l’être. Peut-être que ma posture est celle de cet homme solitaire résidant dans un pays et une ville qu’il ne connaît pas et qui s’attache à ces êtres, souvent anonymes, qui font son quotidien.
Un Marocain à Strasbourg
Jeune journaliste marocain, Soufiane Sbiti fait une pause dans sa carrière pour étudier, à Strasbourg, l’Islam et le persan. Rue89 Strasbourg lui a proposé de partager son regard sur la capitale alsacienne et la France.
P.F.
Il y avait donc Pierre, appelons le ainsi. Habitué du comptoir, ne dépassant pas la cinquantaine. À première vue, le bonhomme n’avait rien de particulier : anodin et si vous étiez de passage au bar, il n’avait pas de quoi vous surprendre. Mais pourtant, travaillant dans ce bar du quartier de la Gare, j’allais être bouleversé pendant mes premières nuits de service, j’allais errer entre la déprime et la compassion à chaque fin de soirée, réfléchissant aux détails de la vie de ce Pierre que je ne connaissais pas. Il allait également m’inspirer, me pousser à écrire, à l’imaginer gesticulant dans un film et dépeint dans un livre.
Pierre cherchait ses mots… pour dire des choses intéressantes
Pierre était assez singulier, pas comme ces alcooliques qui venaient se poser au comptoir et qu’on pouvait aisément croiser à tout chemin. Son physique était imposant, tous ses cheveux étaient blancs, à lunettes qu’il est, et sous l’emprise de l’alcool, Pierre parlait difficilement, cherchant ses mots à chaque fois et peinant à les articuler convenablement, mais cela ne l’empêchait pas de dire des choses intéressantes sur l’actualité, la vie, l’art et la musique.
Chaque soir, lorsque vers 3 heures du matin je fermais le bar, Pierre me proposait de mettre une musique du répertoire classique. Il voulait l’écouter tout en vidant ses derniers pintes. D’habitude, je cède peu à la demande des clients lorsqu’il est question de musique. Et pourtant, pour Pierre, pour sa demande polie et pour ce « merci pour la musique » qu’il me lança une fois vers 5 heures du matin, tard la nuit, alors qu’il était le tout dernier client après la fermeture, pour ça, je ne pouvais pas dire non. Je voulais au moins lui servir de quelque chose.
D’un côté à l’autre du comptoir, qu’est-ce qui se transmet ? (Photo Visual Hunt / cc)
Pas de sources affirmées… mais une connaissance étonnante
De la musique il m’en parlait souvent, liant chaque symphonie avec un événement historique, parlant ensuite de ce même fait, s’y étalant comme l’aurait fait un professeur d’histoire. Pourtant Pierre n’avait pas fait de grandes études. Quelques petites années en marketing après son bac m’avoua-t-il un de ces jours, mais cela ne l’avait pas résigné à lire de lui-même, documentaire ou livre, il n’épargnait rien, tout ceci pour sa propre culture.
Je me rappelle aussi de nos premières discussions. Pour une personne qui disait ne pas accéder souvent à Internet, Pierre, par un soir plutôt calme, se mit à me poser des questions pointues sur l’actualité marocaine : « où en-est le blocage gouvernemental ? », « pourquoi la monarchie n’aime pas les islamistes ? », des questions que seul un observateur assidu de l’actualité marocaine pourrait poser, tant les médias français n’en parlent pas souvent.
Ce bistrot, c’est chez lui
Du temps, il en avait, même chose pour la solitude à laquelle il n’est pas étranger : né sous X, il n’a pas de parents ni de frères, et encore moins de femme à aimer ou d’enfants à chérir. En arrêt maladie, sa routine consiste à errer entre chez lui et ce bar de quartier. D’ailleurs, c’est à ce bistrot où Pierre peut vivre ses seuls moments de sociabilité, avais-je compris bien rapidement. À celui qui l’abordait, le bonhomme aux cheveux blancs n’hésite pas à se lier et à lui parler de tout et de rien.
Il connait d’ailleurs le moindre client habituel et s’étonne de l’irruption de nouveaux clients au bar. Comme si toute personne franchissant le palier entrait en réalité chez Pierre, dans sa propre maison dans laquelle le propriétaire aurait un droit de regard sur tous ceux qui venaient le visiter.
Sa solitude a également des relents de dépression certaines fois. Le bar où j’officiais est donc là pour l’aider. Autre chose étonnante chez lui, notamment pour une personne fortement alcoolisée, à aucun moment, Pierre ne dérangeait une cliente. Les fois où il parlait à une jeune femme, c’était pour lui poser une question quelconque ou répondre à une interrogation. Un vrai gentleman dans ses rapports, tout autant lorsqu’il s’agissait de défendre une cliente contre l’insistance d’un autre.
Entre 3 et 9 pintes, uniquement des Météor Pils
Sa consommation s’échelonne entre 3 et 9 pintes de bière, des Météor Pils. La quantité varie en fonction de la prise de ses médicaments ou non. Dans l’affirmative, mélangés avec de l’alcool, ce qui n’est pas très recommandé, Pierre ne se gêne pas pour piquer un petit somme sur le comptoir, en début de soirée ou à la toute fin, peu lui importe. Quant aux pourboires, il ne m’en a jamais donné et paie toujours ce qu’il a à payer. Pour ce qui est des bières que je pouvais lui offrir, il les acceptait chaleureusement à chaque fois, ne se gênant pas le moins du monde d’autant de sympathie que je pouvais manifester, chose assez rare durant mon service.
Et puis en regardant presque chaque soir de mon service ce Pierre, bonhomme dont mon chemin n’aurait techniquement pas pu croiser le sien, je me prêtais au jeu de l’imagination. Pierre aurait fait un bon personnage, assez intéressant, peut-être pas pour un roman, mais plutôt pour un film. Il aurait merveilleusement pu être joué par un Depardieu, à la carrure imposante, au verbe difficile une fois sous l’emprise de l’alcool. Sa routine, même aussi peu extraordinaire, peut être intéressante. Elle nous en apprendrait un peu sur la solitude.
Est-il rongé par la monotonie ?
Pierre est assez vieux, malade et rongé par la monotonie d’un quotidien qui se résume à vider ses verres et à parler de tout et de rien avec n’importe qui. Je ne sais pas s’il s’était imaginé autre chose dans une vie. Il m’a dit qu’il souffrait d’une maladie psychologique, peut-être alors que le pire est derrière lui, et que le vide quotidien, même monotone et insouciant, est pour lui reposant, bien mieux que ce qu’il avait eu à vivre. Peut-être pensait-il à ça à chaque fois qu’il lui arrivait de finir sa bière. Ce sont là des questions que j’aurais bien aimé lui poser. J’étais barman, lui client. J’étais jeune, lui plutôt grand, la cinquantaine me semble-t-il.
Je disais que sa vie, celle de Pierre, je voudrais bien la scruter, comme une espèce de voyeur. Voir comment son visage se dessine lorsqu’il rentre seul chez lui à chaque fois après avoir été au bar, je voudrais bien voir ça. Je voudrais savoir comment il prend son temps pour mettre son pyjama, comment il se brosse les dents avant de prendre ses derniers médicaments. A-t-il quelque chose d’important le lendemain ? Je ne pense pas.
Boit-il chez lui ? C’est là aussi une bonne question, je pense que non, les seules fois où il doit boire c’est à ce bar du quartier de la Gare, c’était pour voir les gens qu’il voit souvent et leur parler de musique, c’est pour écouter la musique et pour parler des fois d’Histoire, voire même apprendre quelque chose de la vie, du monde et de ce qui s’y passe, ce monde qui est loin de lui, ce monde qu’il ne connaît pas et qu’il n’aura sans doute jamais la possibilité de visiter.
Comment ne pas trahir ?
Je me posais toutes ces questions à chaque fin de service et je me disais que cela aurait pu être un très bon film. Peut-être avant un livre, pourquoi pas. Il s’agirait de décrire les moindres petites choses de la demeure de ce Pierre que je ne connais pas, mais qui m’a profondément marqué durant ces quelques semaines de service. Le faire n’est pas une tâche facile. La description qu’on pourrait faire de Pierre n’est pas que physique, elle est avant tout sentimentale, il s’agirait de parler de compassion, de vie humaine.
Le quotidien de Pierre me frappe, échantillon d’une misère humaine quotidienne. À vrai dire, avec le temps, je ne sais toujours pas s’il est facile de faire ça : parler de quelqu’un, parler de ce qu’on ressent pour quelqu’un, face à quelqu’un… Il faudrait être précis, ne pas exagérer un aspect, ne pas en oublier un autre… Être fidèle. Aussi être courageux face à soi-même, dépasser ses peurs et parler d’une personne qu’on ne veut pas trahir. Je ne voudrais pas trahir Pierre, il ne mérite pas ça, il a déjà assez de soucis comme ça, assez de réflexions qui doivent le tuer à petit feu, des pensées sur sa vie et le sens qu’il lui accorde.
Ancien journaliste à Casablanca et Rabat, j’étudie l’islamologie à Strasbourg. Ici, il sera essentiellement question de chroniques de ma vie quotidienne dans un pays et une ville que je découvre petit à petit.
Après la crise de 2013 sur l’accueil des mineurs isolés étrangers, qui avait été stoppé net par le Département du Bas-Rhin, la collectivité soumet une motion pour tenter d’alerter à nouveau sur ce sujet.
En 2013, Guy-Dominique Kennel (LR), alors président du Conseil général du Bas-Rhin, avait suspendu l’accueil des mineurs isolés étrangers (MIE), une obligation du Département. Près de quatre ans plus tard, le sujet revient à l’agenda de la collectivité.
La situation est cependant moins critique qu’à l’époque. Pas de retrait du dispositif de prévu mais les nouveaux présidents haut-rhinois et bas-rhinois, Éric Straumann et Frédéric Bierry (LR tous deux), feront voter par leurs assemblées une motion élaborée en commun, sur les difficultés auxquels ils font face. Les textes appellent à « une mobilisation collective des acteurs » concernés.
Ce genre de combat institutionnel avec l’État (comme sur l’hébergement d’urgence début 2016) est difficile à appréhender sans connaitre les subtilités administratives des compétences entre les collectivités locales et l’État central, mais il aura de grandes répercussions sur les personnes accueillies.
Des mineurs de plus en plus jeunes
Le Bas-Rhin et plus précisément Strasbourg, est un espace frontalier, un carrefour de plusieurs routes d’immigration. Le Conseil départemental a toujours été en première ligne pour accueillir les mineurs qui arrivent en France sans leur famille. Une situation difficile, qui avait menée à la crise de 2013. Finalement, une circulaire de Christiane Taubira avait alors proposé une répartition de l’accueil des mineurs étrangers entre les 102 départements de France.
Mais certains Départements ont attaqué le texte, que Frédéric Bierry juge « équilibré », et malgré son application partielle, le nombre d’arrivées d’enfants repart fortement à la hausse dans le Bas-Rhin, qui doit accueillir 1,73% des personnes qui arrivent en France.
En 2016, le conseil départemental a pris en charge 213 personnes (le vocabulaire officiel a évolué, on parle désormais de mineurs non-accompagné, MNA), contre 90 en 2010 ou plus récemment, 199 en 2013, après la première application de la circulaire Taubira. Les six derniers mois de 2016, trois fois plus de MNA ont eu besoin d’aide que l’année précédente.
Depuis janvier 2017, 85 jeunes isolés se sont déjà présentées au service, tandis que le Bas-Rhin doit s’occuper de 19 personnes issues de la répartition. À ce rythme là, ce serait 228 nouveaux arrivants à accueillir et 400 au total en 2017 selon les projections du Département.
Pour le président du Bas-Rhin Frédéric Bierry (LR) les mineurs isolés ont envie de s’insérer, mais ils ne peuvent travailler (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des causes complexes
Cet afflux est difficile à expliquer selon le Département. Les pays d’origine des mineurs concernés sont les mêmes qu’il y a quelques années : dans l’ordre Guinée, Afghanistan, Pakistan, Algérie et Mali. Autrement dit, pas d’afflux de jeunes venus des conflits en Syrie ou d’Irak. Le démantèlement du camp de transit à Calais n’a pas eu d’impact, puisque les 15 jeunes filles qui avaient un temps transité par Strasbourg ont finalement été prises en charge par la Grande-Bretagne ou se sont avérées majeures.
En revanche, les nouveaux arrivants sont souvent plus jeunes, parfois de 15 ans ou moins pour 42% d’entre eux, là où la plupart avait entre 16 et 18 ans par le passé lorsqu’ils arrivaient.
Comme souvent en politique, il s’agit d’une question d’argent. En 2017, le Département du Bas-Rhin prévoit 5,5 millions d’euros pour l’accueil de MNA, soit 1,5 million de plus (+34%) qu’en 2016 pour faire face. Des dépenses qui grèvent les marges de manœuvres déjà étriquées du budget du Département (1,1 milliard d’euros), puisqu’il n’y a pas de compensation de l’État. Surtout, le défi des migrations politiques, mais bientôt climatique, ne fait que commencer de l’avis de son président.
L’État appelé à « prendre ses responsabilités »
Pour Frédéric Bierry, « l’État doit prendre ses responsabilités » :
« Le gouvernement décide de la politique migratoire, mais c’est nous qui devons assumer les situations personnelles. Beaucoup de personnes arrivent avec un statut de réfugié, mais lorsqu’il est refusé ils ne sont pas expulsés et arrivent chez les travailleurs sociaux avec aucun droit. »
De plus, il est difficile d’aider ces jeunes dans les conditions actuelles :
« La plupart n’ont qu’une envie, c’est de s’insérer et de bosser. Mais l’accès à un travail leur est interdit. Il faudrait un statut pour qu’ils puissent travailler. »
Marre d’une campagne présidentielle qui se concentre sur les questions de personne ou les affaires ? Rue89 Strasbourg, Rue89 Bordeaux et Rue89 Lyon, en partenariat avec la plateforme citoyenne « Questionnez vos candidats » vous proposent d’interpeller les prétendants à l’Élysée ce samedi 18 et dimanche 19 mars. Les plus pertinentes seront soumises aux candidats.
Improvisez-vous journaliste ! Le site de démocratie participative « Questionnez vos candidats » propose aux internautes d’interroger directement les candidats à l’élection présidentielle française. Un mécanisme que Rue89 Strasbourg avait déjà utilisé lors de précédentes élections locales ou avec le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) sur les questions relatives à la ville. Près de deux ans après l’opération, la municipalité continue de prendre le temps de répondre aux quelques interrogations.
Posez la question ultime !
Le formulaire ci-dessus est ouvert jusqu’au dimanche 19 mars à minuit. Une trentaine de questions, les plus pertinentes, seront sélectionnées par l’équipe de « Questionnez vos élus » et envoyées à tous les candidats, qui se sont engagés à répondre.
Les réponses seront publiées sur le site ou Rue89 Strasbourg entre le mercredi 22 mars et le samedi 25 mars, histoire d’éclairer le vote des internautes, à un mois du premier tour.
La justice luxembourgeoise a condamné en appel les lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet à des peines de prison avec sursis. L’ancien employé vosgien de PriceWaterhouseCoopers avait révélé le système d’évasion fiscale pour les multinationales via le Luxembourg.
Retourné à une vie loin des caméras et de la finance à Épinal, Antoine Deltour a de nouveau été condamné mercredi 15 mars pour avoir contribué à révéler le système d’évasion fiscale mis en place au Luxembourg. La justice du Grand-Duché a condamné Antoine Deltour à six mois de prison avec sursis et à 1 500 euros d’amende et son partenaire dans les révélations, Raphaël Halet, à 1 000 euros d’amende. Le journaliste Edouard Perrin a été acquitté, comme en première instance.
Tous les trois avaient mis en évidence comment la firme PriceWaterhouseCoopers (PwC) conseillait les multinationales pour domicilier en cascade leurs recettes au Luxembourg, où elles étaient très peu taxées, plutôt que dans les autres pays d’Europe. Considérant que ces révélations avaient un intérêt général, les avocats des lanceurs d’alerte avaient réclamé un acquittement pur et simple et s’étaient pourvus en appel après le jugement de première instance.
Raphaël Halet, Edouard Perrin, Antoine Deltour et leurs avocats devant la cour d’appel de Luxembourg le 15 mars (Photo RSF)
« Une décision inique et inquiétante » selon RSF
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporter sans frontières, a dénoncé le verdict :
« Cette décision est inique et inquiétante. Ce procès n’aurait pas dû avoir lieu, les informations révélées dans l’affaire LuxLeaks relevaient à l’évidence de l’intérêt public. Qui pourrait prétendre que les citoyens n’ont pas le droit d’être tenus informés des procédés d’optimisation fiscale des grandes multinationales et des passe-droits qui leur sont accordés par certains Etats ? La directive sur le secret des affaires, adoptée le 14 avril 2016 par le Parlement européen, prévoit une clause qui fait référence à l’article 11 de la charte des droits fondamentaux de l’UE et qui protège les journalistes, leurs sources et la “liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques”: la moindre des choses eut été que la justice luxembourgeoise suive cette ligne. »
RSF classe le Luxembourg 15e au classement 2016 sur la liberté de la presse, la France est 45e.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Le sigle QAI (quartier d’affaires international, voir tous nos articles) était quelque peu indigeste. Lors du Marché International des Professionnels de l’Immobilier (MIPIM) à Cannes, les élus de l’exécutif strasbourgeois ont dévoilé le nom du futur quartier d’affaires au Wacken. Il faudra dire « Archipel ».
Une consonance qui évoque les bords de l’eau, comme Confluences à Lyon, assez logique. Le quartier est entouré par l’Aar, le canal de la Marne au Rhin et encore l’Ill derrière le Parlement européen. Un cadre agréable mais aussi une contrainte pour l’espace et d’accès.
Ainsi, une passerelle piétonne doit relier le futur parking en étages à côté de la piscine du Wacken au Rhénus et au nouveau théâtre du Maillon, tandis qu’un pont pour automobiles pour accéder au Crédit mutuel par Schiltigheim soulève questions et protestations. Il viendrait empiéter sur le parc de l’Aar.
Comme un galet
Contacté, le publicitaire strasbourgeois Jean Dagré, directeur de l’agence éponyme, explique la réflexion qui a mené au choix du nom :
« Il fallait un nom plus ouvert que celui de quartier d’affaires, car il y a différentes activités : des bureaux, mais aussi des logements, le théâtre du Maillon, l’Arena de la Sig ou l’Île aux Sports. Il y avait une volonté d’un nom compréhensible à l’international, comme Strasbourg, The Europtimist, que nous avons testé dans 12 pays.
En alsacien, Wacken veut dire galet. Il nous semblait important de faire un lien aquatique entre ces lieux autonomes, mais tous sur un même espace et avec une cohérence d’ensemble. Ce nom permet d’avoir le préfixe « archi », qui évoque les réalisations architecturales prévues. Enfin, c’est un clin d’oeil à l’autre grand projet de l’Eurométropole, les Deux-Rives, qui a aussi une consonance aquatique. »
Le logo (agence Dagré / Eurométropole)
Quant au logo, c’est aussi une affaire de spécialiste :
« C’est une typographie contemporaine, douce, très arrondie. Le « c » est très ouvert et le « e » très fermé. L’ensemble est compact et équilibré, notamment car la barre du « h » et du « p » sont très courtes. Le « A » très grand, vient rappeler la hauteur des projets et apporte une dynamique. Le brun fait écho au le galet, à la terre, au sérieux et au pragmatisme. On n’a pas ajouté de dessin, car c’est un nom de lieu. Ce n’est pas une marque. »
L’ensemble de cette prestation (design, logo, nom…) a été facturée 6 000 euros.
Les travaux ont débuté
Les travaux débutent au Wacken (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Dans les premières tours, les plus proches du Parlement européen dont la construction a débuté, Adidas et le Crédit mutuel ont prévu de s’implanter. D’autres tours de bureaux et de logements sont prévues au centre du quartier, ainsi qu’un hôtel à la place de l’actuel théâtre du Maillon, déplacé de l’autre côté de la place Adrien Zeller.
Plan du quartier
Schéma qui inclut le projet d’arena de la SIG (document Ville de Strasbourg)
Les journalistes d’Alsace 20 ont découvert que leur chaîne avait conclu un partenariat avec Vinci pour une série d’émissions sur le Grand contournement ouest (GCO). Pour la direction, il ne s’agit que d’un rapprochement avec le concessionnaire de la future autoroute.
C’est assez fortuitement que les journalistes d’Alsace 20 ont découvert une nouvelle émission dans la grille de la chaîne régionale. Appelé « En route pour le COS« , ce programme vise . . .
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Devant le tribunal administratif de Strasbourg mercredi, le rapporteur public a estimé qu’il n’y a pas lieu d’annuler le contrat de concession du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO). Mais il a confirmé l’intérêt à agir d’Alsace Nature, appuyée par la commune de Vendenheim, ce qui annonce d’autres combats juridiques. Les juges se prononceront à la fin du mois.
Mercredi matin, lorsque le rapporteur public a entamé son exposé devant le tribunal administratif de Strasbourg, une dose d’espoir a d’abord traversé le public, composé d’un bataillon d’opposants au Grand contournement ouest (GCO). Avant de faire part de ses conclusions, Henri Simon s’est plongé dans l’historique du dossier « contesté et contestable », dont les prémices sont datés de 1973.
Il a même invoqué Nicolas Sarkozy, qui en 2007 expliquait que les infrastructures de transports ne pouvaient pas ignorer le défi climatique (« La priorité ne sera plus au rattrapage routier, mais au rattrapage des autres modes de transports », déclarait alors celui qui était le chef de l’Etat), le rapport Duron de 2013, où le GCO devient un projet « de seconde priorité » (2030-2050) ou encore « les doutes » exprimés dans la décision du Conseil d’État en 2010, qui avait validé la déclaration d’utilité publique de 2008, en dépit des conclusions défavorables du rapporteur public à l’époque.
Un moment très attendu
Mais un rapporteur public n’est pas là pour faire de la politique ou pour juger de l’efficacité d’un projet routier. En l’espèce, il doit déterminer si le contrat en lui-même (et non la manière dont il est exécuté) est conforme au droit ou non, comme l’estiment l’association écologiste Alsace Nature et la commune de Vendenheim.
Le rapporteur public est indépendant. Il est sensé éclairer la décision des juges, à l’aide d’arguments juridiques. Ses conclusions sont souvent suivies par le tribunal. Sa prise de parole était donc très attendue, puisqu’il s’agit de la première audience de la justice administrative concernant le GCO nouvelle mouture.
Tout le monde n’a pas trouvé de place assise au tribunal administratif de Strasbourg quand il a été question du GCO (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Alsace Nature peut continuer de déposer des recours
Sur la forme, il a conclu qu’Alsace Nature avait bien un « intérêt à agir », puisque ses statuts visent la protection de l’Environnement et que pour Henri Simon, il parait évident que le contrat du GCO va avoir un impact écologique. Comme exemples, il indique que le contrat demande à Vinci de verser 500 000 euros à la politique 1% paysage et développement (sauf que cette somme représente plutôt 0,1% du montant total du projet) ou demande au concessionnaire de réutiliser au moins 80% des matériaux naturels qu’il va remplacer par du bitume. Vinci conteste cependant cet « intérêt à agir » d’Alsace Nature.
Si cette conclusion est suivie par les juges, ce sera un premier motif de satisfaction pour Alsace Nature qui a prévu plusieurs recours dans les mois à venir, notamment sur les compensations pour la nature que Vinci doit fournir. Comme il s’agira de mesures concrètes et non plus d’un contrat, cet intérêt à agir devrait être plus facile à justifier…
Des arguments pas assez forts pour demander l’annulation
Sur le fond en revanche, les conclusions du rapporteur public ont moins plu aux opposants du GCO. Henri Simon a plusieurs fois déclaré qu’Alsace Nature « se trompe de guerre ».
Il a estimé que les changements entre le projet soumis à enquête publique et celui qui est décrit dans le contrat (emplacement de l’aire de service, élargissement possible à 2×3 voies par l’extérieur et non par l’intérieur, hauteur du viaduc à Vendenheim passée à 16 mètres, l’ajout d’un pôle multi-modal et d’une aire de stockage de poids-lourds), sont « non-substantiels » par rapport à l’ampleur du projet. Et donc que les mesures compensatoires prévues sont tout aussi valables.
Visualisation aérienne du viaduc de Vendenheim, au nord du tracé (Capture d’Ecran Alsace 20 / En route pour le COS)
Financement et péage en débat
Les parties prenantes ont aussi parlé d’argent. D’une part, Alsace Nature conteste la capacité de Vinci à financer le projet, puisque dans le plan de financement, le prêteur est Vinci Finance international et que d’après des articles de presse, il n’a été bouclé quelques semaines avant la signature du contrat, alors que les autres concurrents ont été écartés, « une irrégularité » selon l’association.
Mais pour le rapporteur public, au contraire, « aucun élément ne permet d’en douter [de la capacité de financement]. Si Vinci n’en a pas les capacités, qui d’autre ? » Du côté de Vinci, Me Fleur Jourdan, du cabinet Gide Loyrette Nouel, estime que ses opposants font « une confusion entre la capacité et le plan de financement. »
Sur le terrain, l’opposition est matérialisée par des cabanes sur le tracé. (photo JFG)
Sur les péages (environ 3,50€ par passage pour une voiture et jusqu’à 10 euros pour un poids-lourd), le rapporteur public estime qu’Alsace Nature n’a pas démontré assez clairement en quoi l’augmentation des prix aux heures de pointes aurait un impact sur l’environnement. Pour Me Marion Badoc, de l’étude de Me François Zind, l’avocat d’Alsace Nature, c’est un problème de point de vue :
« La modulation des prix prend seulement compte la situation des usagers (à savoir leur type de véhicule et les horaires), pas la résorption de trafic. »
Ce qui n’est pas l’avis de son adversaire du jour Me Fleur Jourdane :
« Sur la tarification, l’article 25.6.3 du contrat fixe la possibilité de la modifier selon la quantité de polluants émis. »
Décision le 29 mars
À la sortie de l’audience, Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature, a estimé que les conclusions du rapporteur public peuvent être interprétées comme une sorte d’encouragement :
« Il estime que nos arguments ne sont pas assez détaillés, notamment car on n’a pas eu accès à toutes les informations (Alsace Nature avait reçu des annexes en partie noircies, ndlr). »
Le Ministère de l’Environnement n’a pas envoyé de représentant à l’audience. La décision du tribunal administratif est attendue pour le 29 mars.
Alors que les travaux préparatoires pour le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg ont débuté, une nouvelle « Marche des cabanes » est organisée dimanche 19 mars par le collectif « GCO Non Merci ».
Le collectif « GCO Non Merci » reste mobilisé contre le projet d’autoroute de contournement de Strasbourg. Ce dimanche 19 mars, une nouvelle « Marche des cabanes » est organisée. Le rendez-vous est fixé à 9h30, les marcheurs partiront de la cabane d’Eckwersheim, et rejoindront la forêt de Grittwald, à proximité de Vendenheim.
8 cabanes ont déjà été inaugurées par le « Collectif GCO Non Merci » (Photo Rue89 Strasbourg)
Le Collectif regroupe des élus, des agriculteurs, des associations environnementales ou écologistes et des citoyens. Il a déjà inauguré 8 cabanes sur le futur trajet du GCO. Elles sont censées permettre aux passants de visualiser l’autoroute, en représentant les futurs péages qui parsèmeront le contournement. Plusieurs marches ont déjà été organisées pour protester contre la construction du GCO, qui doit s’étaler entre 2018 et 2020.
D’autres solutions aux bouchons
Les opposants souhaitent mettre en place d’autres solutions, plus économiques et écologiques, pour remédier au problème de la congestion du trafic autoroutier à Strasbourg. Le collectif « CGO Non Merci » a publié un manifeste, 10 solutions contre les bouchons, et propose des « pistes cyclables sécurisées », un « transport fluvial électrique » ou bien la mise en place de trams et de trains régionaux supplémentaires.
Les travaux préparatoires ont cependant débuté le mois dernier, avec les premiers sondages archéologiques. Les escarmouches sur le terrain judiciaires ont également débuté mercredi. Les travaux de l’autoroute sont censés commencer fin 2017.
Un collectif militant pour le développement de « l’agriculture urbaine » propose une série d’ateliers et d’événements samedi 18 et dimanche 19 mars dans plusieurs quartiers de Strasbourg.
Qui sera super-jardinier, avec sa cape et son arrosoir ? On le saura samedi 18 mars au soir, lors d’une « soirée printanière » au restaurant Le Botaniste à Strasbourg, avec plats du jardin, cocktails aux légumes et DJs. C’est l’un des 36 événements prévus par les « 48 heures de l’agriculture urbaine » à Strasbourg pour le week-end du 18 et 19 mars.
C’est le collectif strasbourgeois Permis de planter qui a repris le concept parisien de cette manifestation, à la fois festive, branchée et écologiste. L’objectif des « 48 heures de l’agriculture urbaine » est de créer des petits jardiniers parmi les habitants des villes, à coups d’ateliers « do it yourself » et de clichés Instagram. Comment ça il n’y a pas de jardins dans les villes ? Mais si, aux 48 heures, les participants vont apprendre à végétaliser les balcons, les toits, les rues et à faire pousser des légumes dans le moindre carré d’herbe (ils appellent ça des « potagentils« ).
Martin, membre du collectif Permis de planter, attend environ 2 000 personnes dans la quarantaine d’événements prévus, s’il fait beau :
« Depuis plus de trois ans, la ville de Strasbourg n’a plus accueilli de manifestation jardinière. Je pense que la motivation et l’engouement autour de ce projet vient de cette absence. Pendant deux jours, les Strasbourgeois pourront rencontrer une quarantaine d’associations partenaires et visiter plus de 20 sites. »
Martin a la passion du végétal, même ses tableaux sont des jardins (Photo Cyrielle Renault)
Depuis deux mois, le collectif Permis de planter a mobilisé une bonne part des associations écologistes, urbaines et engagées de Strasbourg (comme Horizome, AMAP du Ruisseau Bleu, Montagnards Verts, Sains & Saufs, Vélostation…) et une centaine de bénévoles pour proposer un programme plutôt touffu, composé d’ateliers comme la fabrication d’un lombricomposteur et d’animations comme la course d’escargots pour petits et grands, le déjeuner partagé de produits lacto-fermentés ou une exposition photo sur le chemin du Marais Saint-Gall, un troc de graines… Tous les ateliers sont gratuits et ouverts à tous.
Sortir du centre-ville
Pour Martin, l’objectif des « 48 heures » est aussi de faire sortir les gens du centre-ville de Strasbourg :
« En 48 heures, on dévoile les différentes facettes de l’agriculture urbaine : on apprend aux gens ce qu’ils peuvent faire et les bénéfices qu’ils peuvent en tirer, avec de nouvelles compétences, de nouvelles relations sociales, etc. On va expliquer les premières notions de préservation de l’environnement aux plus petits, découvrir les maraîchers proches de nous, à Strasbourg et s’initier à l’art dans les jardins partagés… Et puis nos événements sont disséminés un peu partout autour du centre-ville, dans des quartiers comme la Montagne-Verte, la Meinau, la Roberstau… »
Une manifestation à petit budget
Les 48 heures de l’agriculture urbaine ont vu le jour à Paris en 2016, organisées par l’association La Sauge. Cette année, le concept a essaimé dans plusieurs villes de France, dont Nantes, Toulouse, Lille, Montpellier et Strasbourg.
L’association nationale apporte aux collectifs locaux une petite somme d’argent (600€) pour imprimer quelques affiches et acheter quelques graines, le site web au design branché qui centralise tous les événements et un référencement des actions dans le service de « consommation locale » Yes We Green. Les 48 heures sont soutenues à l’échelon national par plusieurs partenaires, dont Bouygues Immobilier. À Strasbourg, la Ville se contente d’un soutien logistique et de quelques bacs à potagers supplémentaires.
Y aller
Les 48 heures de l’agriculture urbaine, samedi 18 et dimanche 19 mars dans quarante lieux à Strasbourg. Voir le programme complet sur le site web dédié.
Une grande partie de mes journées est passée derrière un ordinateur ou derrière un appareil photo. J’adore capter les émotions, les moments de vie. Fan de magnesium sous la forme tablette de chocolat , de PS4 le week-end et de cuisine pour combler les heures le dimanche matin.