Le groupe des maires de droite et indépendants de l’Eurométropole demande que les rémunérations des présidents des sociétés d’économie mixte soient plafonnées et alignées sur celles des vice-présidents.
L’Eurométropole de Strasbourg compte 9 sociétés d’économie mixte (SEM), des outils jugés plus souples que l’administration pour gérer une partie des politiques publiques. Elles sont présidées par des élus. Les rémunérations, qui n’ont pas été modifiées depuis 2001, pourraient évoluer à la demande du groupe des maires des communes autour de Strasbourg, membres de la coalition droite, gauche et écologistes reconduite aux commandes de l’Eurométropole (EMS).
Les présidences de ces SEM sont parfois très lucratives, jusqu’à 38 428 euros bruts par an soit 2 477,30 nets par mois mais certaines sont non-rémunérées. C’est par exemple le cas de la société en charge des cimetières ou de la CTS, traditionnellement présidée par le maire de Strasbourg et désormais par le premier adjoint, Alain Fontanel, dont les indemnités sont déjà majorées.
Rémunération publique
Ces indemnités s’ajoutent à celles d’élu (896,67 euros nets par mois, pour un conseiller communautaire de base). Elles comptent néanmoins dans le calcul des indemnités totales, plafonnées à 8 272 euros bruts par mois, contrairement aux rémunérations en provenance d’autres organismes comme les syndicats mixtes. Elles sont votées par le conseil de l’Eurométropole, en tant qu’actionnaire majoritaire. Ces rémunérations sont publiques, tout citoyen doit pouvoir les consulter, bien qu’elles soient difficiles à trouver.
En dehors du pôle funéraire, gérée par Eric Amiet (« Les Républicains »), elles sont toutes présidées par des élus du Parti socialiste ou apparentés au sein du groupe « Pour une Eurométropole de progrès » (voire le détail en fin d’article). Le temps de travail en tant que président est très variable d’une société à l’autre. Autre aspect moins avouable, ces présidences rémunérées sont parfois un lot de consolation pour élus, négocié en échange d’une investiture ou d’un retrait bien avisé.
Les présidences des sociétés d’économie mixte sont parfois bénévoles, parfois rémunérées (Photo via Skitterphoto via VisualHunt.com)
La rémunération non-votée début janvier
Le sujet est passé de manière assez inaperçue après la reconduction du président et de ses bras droit lors du conseil de l’Eurométropole du 5 janvier, mais Pierre Perrin, président du groupe des maires (soit 35 élus sur 100) avait prévenu lors du vote du texte sur les présidences des SEM, au point 5 : « En l’état, nous ne pourrions voter cette délibération. »
Il a été rejoint par le groupe « Les Républicains » d’élus restés dans l’opposition, soit 14 membres de l’assemblée. Autant dire, à une voix de la majorité pour bloquer le vote, facilement atteignable avec des abstentions, des absences ou d’autres voix parmi l’UDI, le PS ou les écologistes. Surtout, un clash avec les maires, piliers de la coalition reconduite ferait mauvais genre pour entamer trois ans de travaux à venir.
Résultat, la délibération a été scindée en deux. Les représentants dans les conseils d’administration ont tous été reconduits mais la rémunération des présidents a été remise à plus tard. Tous les présidents des SEM devront d’ailleurs être réélus au sein du conseil d’administration de leur entreprise. Le groupe des maires propose que la rémunération d’une présidence d’une SEM cumulée à celles des indemnités de conseiller eurométropolitain ne dépasse pas celle d’un vice-président, c’est à dire 25 470,96 annuels, soit 2 122,58 euros nets par mois.
Bonne gestion et équité
Pour Pierre Perrin, c’est une question de bonne gestion de l’argent public, à l’heure où des efforts ont été demandés aux services pour équilibrer les derniers budgets, et « d’équité »entre élus :
« Lorsque les élus siègent dans ces sociétés, ils représentent la collectivité pour laquelle ils sont déjà élus. Ces indemnités Eurométropole et SEM sont en plus cumulées avec celles d’adjoint ou de conseiller municipal dans les communes, ou mêmes d’autres mandats. »
Le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) a accédé à la demande et proposé un groupe de travail. Mais il devra avancer vite et pour le moment les élus n’ont pas encore travaillé dessus, forts occupés par les cérémonies de vœux.
Si la rémunération n’est pas votée lors du conseil de l’Eurométropole du 27 janvier, alors elle ne sera pas versée aux présidents pour le mois de janvier et de février, le conseil suivant étant programmé début mars.
Paul Meyer (PS) avait aussi soulevé qu’il fallait remettre à plat le système au nom « du cumul des mandats ». L’adjoint au maire de Strasbourg avait convoité en vain la présidence de Parcus (rémunérée au maximum) début 2015, lorsqu’il n’avait pas été investi candidat aux élections départementales, au profit de Mathieu Cahn, également adjoint au maire et président de la société.
Revoir les débats sur les présidences des SEM du 5 janvier (8 minutes)
Des soutiens bas-rhinois de Benoit Hamon et Arnaud Montebourg ne pas digèrent pas les propos du député Philippe Bies envers leur candidat qualifié de « socio-populiste ». Ils appellent à ce que la campagne reste « digne et respectueuse », tout en parlant de « candidat prétexte ».
Les soutiens bas-rhinois de Vincent Peillon à la primaire du PS et ses alliés ont tenu une conférence presse au Lounge caffè du Neuhof mercredi 18 janvier à laquelle nous avons assisté pour mettre à jour notre récapitulatif des soutiens alsaciens. Pendant environ 45 minutes, une douzaine d’élus et militants ont expliqué les raisons de leur soutien à l’ancien Ministre de l’Éducation, pour à peu près autant de raisons : engagement européen, loyauté à Hollande, position sur les réfugiés, capacité à rassembler, position pour la jeunesse, capacité d’écoute, droit de vote pour les étrangers etc…
« socio-populiste »
Mais voilà, dans un article, parmi tous les arguments, une des phrases retenue est celle du député de Strasbourg Philippe Bies :
« Cette candidature comble un vide, avec un vrai social-démocrate, entre les socio-libéraux et les socio-populistes. »
Sous entendu, entre Manuel Valls d’un côté et Benoit Hamon et Arnaud Montebourg de l’autre, à l’instar de François Hollande en 2011.
Normalement ça s’appelle primaire de la « Belle alliance populaire » (doc. organisateur)
« Insultant et choquant »
Il n’en a pas fallu davantage pour hérisser les soutiens bas-rhinois à Benoit Hamon et Arnaud Montebourg. Dans un communiqué commun, ils jugent ces propos « insultants et choquants » :
« Il aura fallu son entrée dans la campagne, pour que des débats jusqu’ici constructifs autour des projets des candidats se transforment en invectives nauséabondes. Ce comportement n’est pas à la hauteur de la gravité du temps politique que nous vivons. Nous invitons chacun à défendre le projet de son candidat, plutôt que de salir ses camarades qui débattent dans la concorde et sans polémique depuis des mois. »
La suite du communiqué rappelle que Philippe Bies a soutenu François Hollande et Manuel Valls sur la déchéance de nationalité et contre le droit de vote des étrangers, pointant qu’il est « libre de se réfugier derrière un candidat prétexte pour ne rien assumer de ses actes et espérer l’amnésie de ceux qu’il a blessés ».
Puis réaction des soutiens à Peillon
Quelques heures plus tard, les pro-Peillon ont réagi à leurs tour pour tenter de déminer la situation. Selon eux, les propos de Philippe Bies ne visaient pas les candidats à la primaires, mais ceux « à gauche de Mélenchon », puisque Vincent Peillon est amené à rassembler « de Macron à Mélenchon ».
Du coup, un communiqué en profite pour rétorquer sur les reproches adressés à Philippe Bies :
« Il a notamment signé l’appel des 75 députés PS publié le 15 novembre 2012, appelant le Gouvernement, auquel participaient alors Benoit Hamon et Arnaud Montebourg, à agir vite pour réaliser l’engagement du droit de vote des étrangers. Il a voté contre un amendement opportuniste à un projet de loi, déposé par Benoît Hamon, redevenu député suite à son départ du gouvernement deux ans plus tard. Ce dernier savait pertinemment que la question du droit de vote des étrangers relevait d’une réforme constitutionnelle et non d’un simple amendement à un projet de loi. »
Quant à la déchéance de nationalité pour les binationaux, il avait proposé « la déchéance de citoyenneté appliquée à tous les Français. » Nuance subtile donc. Le texte voté à l’Assemblée, avant que la mesure soit enterrée par le Sénat, indiquait précisément qu’une personne peut être « déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit ». Chacun se fera son avis.
Le règlement de la primaire prévoit que tous les candidats s’engagent à soutenir le vainqueur quel qu’il soit. À trois jours du premier tour, ça ne semble pas gagné.
Le Maillon propose aux lecteurs de Rue89 Strasbourg de venir découvrir le spectacle Moeder qui se déroulera le jeudi 2 Février à 20h30 suivi d’une rencontre entre l’équipe artistique et Pierre Ebtinger, psychanalyste.
Un monde incertain, un univers qui met en suspens les identités et topographies habituelles… Où sommes-nous précisément ? À une veillée funèbre, dans un studio d’enregistrement, un commissariat de police ? Parmi les personnages sur scène, qui est Moeder, la mère ? Cette mezzo-soprano qui entonne des arias ? Est-elle même là, tout simplement ?
Moeder, second opus d’une trilogie qui a débuté avec Vader présenté au Maillon en 2014, est un travail sur la mémoire et le deuil de cette mère. À la fois drôle et étrange, dérangeant et pourtant si familier, Moeder pose un regard amusé et tendre sur nos vaines tentatives de faire tenir le monde dans des schémas étriqués. Moeder est programmé du 2 au 4 février, au Maillon à Strasbourg.
A l’issue du spectacle vous pourrez assister à la rencontre entre l’équipe artistique et Pierre Ebtinger, psychanalyste, autour de la figure de la mère, présentée avec l’École de Théâtre Physique.
Pour participez il vous suffit de remplir le formulaire si dessous. Le tirage au sort aura lieu le 25 Janvier, les gagnants seront prévenus par mail.
Samedi 21 janvier, ce sera la « women’s march on Washington », un mouvement américain, non violent et inclusif, pour l’amélioration des droits des femmes et l’acceptation de toute leur diversité. Selon les prévisions, plus de 200 000 personnes doivent se presser sur l’avenue de l’Indépendance à Washington le lendemain de la prestation de serment de Donald Trump comme nouveau président des États-Unis. Une belle performance pour un mouvement qui s’est monté au lendemain de l’élection présidentielle américaine, en novembre.
Le logo de la Women’s March on Washington
Contre les propos sexistes et racistes
Le mouvement entend réaffirmer à cette occasion que « les propos racistes, xénophobes, sexistes, homophobes et transphobes ne seront jamais acceptés par nous, citoyens de cette ville, de ce pays, de ce monde ! » Le mouvement est également pacifiste, il entend dénoncer les bruits de bottes et les invectives guerrières qui semblent émailler la diplomatie internationale depuis quelques années…
Des manifestations similaires doivent avoir lieu dans plusieurs villes du globe. À Strasbourg, le rendez-vous est donné place Kléber à partir de 17h30.
Les associations du Collectif pour le tram à Koenigshoffen craignent que la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg ne les désignent comme responsables d’un éventuel abandon de l’extension ouest du tramway. En outre, elles lancent un financement participatif pour expertiser un tracé alternatif.
D’un côté, il y a les annonces de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) quant à l’urgence de l’arrivée d’un tram vers Koenighsoffen. D’un autre côté, la Ville et l’EMS ne s’y prendraient pas autrement si elles voulaient que ce projet soit sabordé à cause de leurs atermoiements et leurs revirements.
En effet la Ville et l’EMS semblent organiser des conditions défavorables autour de ce projet :
antérieurement à 2011, le tram à Koenigshoffen était conditionné à la réalisation du tram-train « Strasbourg / Bruche – Piémont », finalement abandonné faute de financement.
Juillet 2011 : l’EMS réceptionne les études commandées à TTK, relatives au tram sur fer de la gare centrale (via les boulevards) jusqu’à Wolfisheim. L’étape suivante était l’organisation d’une enquête publique puis le lancement des travaux, avec une mise en service annoncée au plus tard en 2016.
Novembre 2011 : l’EMS change de stratégie : l’option du tram sur pneus apparaît avec la mise à zéro de toutes les études antérieures.
Juillet 2013 : le tram sur fer est acté par l’EMS sur la base d’un avant-projet approuvé pour 87 millions d’euros (M€) entre la gare centrale et Wolfisheim (4,5 km). Le démarrage des travaux est fixé pour l’année 2014 avec une mise en service en 2017… sauf que rien n’a bougé depuis.
Décembre 2015 : l’EMS décide unilatéralement de réduire le projet à 1,7 km (jusqu’à l’allée des Comtes) et de modifier le point de jonction au reste du réseau, à savoir le tram F depuis le Faubourg National. Le projet, chiffré à 29 M€, est considéré comme le meilleur projet au « coût optimal ». S’ensuit une énième concertation. La proposition alternative de nos associations est balayée car « trop chère. »
Novembre 2016: l’EMS annonce que le coût des travaux dérape à 35 M€ (et 42M€ avec études + 45%). L’EMS a ainsi présenté les alternatives du tracé à la concertation préalable en sous-estimant le coût de son option favorite.
Le tram sous la pluie (Photo Margot Gabel / FlickR / cc)
Un tram cher avec un service au rabais
Désormais, le projet de tram vers Koenigshoffen se place parmi les projets les plus onéreux, malgré un service très en deçà des besoins du quartier et de l’ouest de l’agglomération !
Pour Koenigshoffen, les trams F circuleront toutes les 10 minutes en journée et toutes les 30 minutes en soirée au lieu de, respectivement, 6 et 15 minutes sur toutes les autres lignes. Pour l’Elsau, la Montagne-Verte, le secteur sud de la Gare, c’est moins 40% de desserte en tram, suite au détournement du tram F au profit de Koenigshoffen. Ainsi, le rapport entre le coût (42M€ d’investissement) et le service rendu aux usagers conclut à un projet très médiocre !
Dans ces conditions, il est évident que les quartiers lésés (Gare, Montagne-Verte, Elsau) ont toutes légitimité à contester un projet qui ne leur apporte que des inconvénients. La solution du tram sur pneus aurait été pire : même Clermont-Ferrand songe à remplacer son système au profit du tram sur fer, Nancy et Caen ont déjà acté le changement de mode.
Nous proposons une alternative, en plusieurs phases
Le projet du Collectif pour le tram propose une alternative, réalisable en plusieurs phases, qui crée les conditions favorables à l’arrivée du tram à Koenigshoffen, similaire au projet validé par l’EMS en 2013.
Une première phase correspond au simple prolongement de la ligne C, depuis la place de la gare vers Koenigshoffen. La seconde phase correspond à la création du maillon long de 400 mètres entre la Porte Blanche et la Laiterie, en lien avec l’extension du BHNS de la ligne G jusqu’à la place de l’Étoile.
La connexion à la gare centrale nous apparaît essentielle pour un développement de l’agglomération et pour faciliter les déplacements doux. Ainsi, les habitants de l’ouest strasbourgeois pourront eux-aussi bénéficier des avantages du nouvel abonnement unique (train-tram-bus), avec une rupture de charge limitée et acceptable en gare centrale.
Or, la Ville et l’EMS restent sourdes à toute alternative. Les collectivités vont parvenir à faire échouer l’extension vers l’ouest avec leurs propositions aussi inefficaces qu’incohérentes. Nul doute que les élus reporteront alors la responsabilité des retards, voire du non aboutissement du projet, sur les associations et les habitants.
Un financement participatif pour expertiser les tracés
Mais il est encore temps de réagir !
Soumettons à l’enquête publique (programmée début 2017), le dossier validé par l’EMS dans sa version 2013 ; c’est-à-dire le prolongement de la ligne C vers Koenigshoffen. Nous prévoyons de commander une expertise comparative de cette proposition avec l’actuelle variante soutenue par l’EMS. Cette expertise professionnelle sera rendue possible grâce à un financement participatif et citoyen auquel toutes et tous peuvent participer.
Cette option éviterait le surcoût du déplacement du marché de la gare, du réaménagement du Faubourg National, de la place Sainte Aurélie (rénovés en 2004 !) et de la Petite Rue de la Course… Autant de frais dont les montants pourront être investis dans la consolidation de la dalle de la place de la Gare, estimée à 3,2 M€ et assurer ainsi le passage du tram. Une option rapide, simple, efficace, qui satisfait toutes les parties et finalement moins chère !
Tous les Français inscrits sur les listes électorales ont le droit de voter les dimanches 22 et 29 janvier pour désigner le futur candidat du PS et de ses alliés à l’élection présidentielle de 2017. Voici le guide pratique pour s’y retrouver.
Après la droite en novembre, c’est au tour du PS et des partis alliés au sein de la « Belle alliance populaire » d’organiser son élection primaire pour choisir son candidat à l’élection présidentielle 2017. Une primaire est un concept américain qui vise à voter pour son candidat au sein d’un camp politique dans un premier temps, avant l’élection générale.
S’il y avait déjà eu quelques primaires réservées aux adhérents d’un parti, le Parti socialiste avait innové en 2011 en l’ouvrant à tous les électeurs et récidive cette année. En 2011, l’élection primaire avait abouti sur le choix de François Hollande. Pour cette élection, la droite l’a imité et a désigné François Fillon en novembre. Europe Écologie Les Verts a aussi ouvert sa primaire, qui a désigné Yannick Jadot, mais le vote était par correspondance. Enfin, une primaire citoyenne hors partis, celle de La Primaire.org, a débouché sur l’élection de Charlotte Marchandise fin décembre.
Comparez les programmes
Pour la version de gauche, sept candidats sont en lice : Benoit Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Sylvia Pinel, Jean-Luc Benhamias et François de Rugy. Les quatre premiers cités sont issus du Parti socialiste, tandis que Sylvia Pinel préside le Parti radical de gauche, Jean-Luc Benhamias président du Front démocrate et François de Rugy de l’Union des démocrates et écologistes (UDE). Les médias nationaux se sont fait l’écho de cette campagne. Si votre choix n’est pas fait, vous pouvez utiliser le comparateur de programme de Voxe.org.
Les bureaux de vote à Strasbourg et dans les environs
On ne choisit pas son bureau de vote
Les dimanches 22 et 29 janvier, 30 bureaux de vote seront ouverts à Strasbourg (voir ci-dessus), 104 en Alsace (voir ci-dessous). Le lieu de vote auquel chaque électeur dépend de son bureau de vote habituel. Si ce n’est pas le même bureau, il est situé dans le même quartier ou secteur. Les procurations ne sont pas admises.
Les horaires sont les mêmes partout en France, soit de 9h à 19h. Enfin, les bureaux de votes sont identiques pour les deux tours. Sur le site des organisateurs, un moteur de recherche permet aussi de taper son adresse afin de savoir où voter.
Les bureaux de vote en Alsace
Dans le Bas-Rhin, 61 bureaux ont été implantés contre 43 dans le Haut-Rhin. Les salles seront parfois divisées en deux « bureaux » distincts.
Les bureaux de vote à Mulhouse
1€ par tour minimum
Pour voter, il faut s’acquitter en espèces ou en chèque de la somme de 1 euro par tour, comme en 2011. Les pièces de 1, 2 et 5 centimes ne sont pas acceptées et avoir la somme juste est conseillé. Il est possible de donner plus, tout comme de voter uniquement au deuxième tour, le 29 janvier. Cet argent est sensé couvrir les frais d’organisation. L’utilisation de salles est parfois facturé par les municipalités.
Une charte, comme la droite
Comme pour l’élection de la droite, voter implique aussi de signer une charte. Cette fois-ci, le texte stipule :
» Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. »
Les listes de votants détruites
Comme pour la droite, les listes sont détruites après le scrutin. À moins de croiser des connaissances au bureau de vote ou de poster un selfie sur les réseaux sociaux, il ne sera pas possible de savoir qui a voté ou non à cette primaire. Il est néanmoins possible de laisser ses coordonnées pour se tenir informé de la suite de la campagne.
Quels impacts locaux ?
Une grande partie des élus avec des fonctions exécutives (le maire de Strasbourg Roland Ries et Catherine Trautmann qui lui avait précédé dans les années 1990, le député Éric Elkouby, le président de l’Eurométropole Robert Hermmann, d’autres maires et des vice-présidents de l’Eurométropole) ont rejoint la ligne sociale-libérale de l’ancien Premier ministre Manuel Valls.
Une autre frange du parti, les hollandais historiques se sont ralliés à Vincent Peillon, tandis qu’une plus petite partie à gauche mais assez diverse voit en Benoit Hamon l’homme qui peut gagner. En plus de quelques conseillers municipaux en dehors de Strasbourg, Arnaud Montebourg peut aussi compter sur des militants locaux. Tous les élus ne se sont pas prononcés.
Une vidéo publiée sur Facebook montre des policiers municipaux, en voiture dans un passage interdit aux véhicules, réveiller des personnes sans domicile, tôt le matin à Strasbourg. Les images choquent de nombreuses personnes, la Ville invoque les nécessités de l’entretien des rues.
La vidéo montre les policiers municipaux engagés dans un passage réservé aux piétons (document remis)
La vidéo ne dure que 35 secondes. Mais elle est embarrassante pour la Ville de Strasbourg. D’abord, parce qu’elle montre que des policiers municipaux s’affranchissent des règles du code de la route, en empruntant en voiture le passage de la Pomme de Pin, entre la place Kléber et la place des Étudiants.
Ensuite, elle révèle que les policiers municipaux sont employés à réveiller des personnes sans domicile fixe (SDF) tous les matins. En cette période de grand froid, le maire de Strasbourg Roland Ries a mobilisé certains gymnases pour accueillir les personnes SDF laissées dehors malgré les moyens supplémentaires dédiés à l’hébergement d’urgence. Mais certaines personnes, pour diverses raisons liées à leur historique, leur situation, leur propre regard sur eux-mêmes, ne se rendent pas dans les centres d’accueil ni dans les gymnases.
Un réveil tous les matins à 6 heures
Le réveil forcé de ces personnes, après une nuit éprouvante en raison des températures négatives, choque depuis quelques semaines des militants oeuvrant en faveur des personnes à la rue, comme le Collectif SDF Alsace ou le collectif Sans Dents Mais Pas Sans Droits. Un militant participant régulièrement à des maraudes, a choisi de prendre sa caméra pour aller constater ces réveils :
« On avait eu des échos de patrouilles de police qui dérangeaient les SDF au petit matin. Je voulais voir si c’était vrai et effectivement. Les policiers réveillent les SDF et leur demandent de quitter les lieux depuis leur voiture. »
Du côté de la Ville de Strasbourg, on reconnaît la situation, une vingtaine d’emplacements sont ainsi visités par la police municipale tous les matins. Pour la Ville, il s’agit d’une nécessité dû à l’entretien de la chaussée :
« Les policiers sont formés à gérer les situations que posent ces personnes particulières et ça se passe très bien, dans une ambiance cordiale. Les SDF ne sont pas chassés. Mais il faut aussi comprendre les commerçants, qui ouvrent leurs magasins dans l’heure qui suit, ils ne peuvent pas trouver tous les matins des gens encore endormis devant leur porte. Quant à la voiture dans un passage réservé aux piétons, on est en train de voir… »
Sur la vidéo, on voit les policiers reculer rapidement avec leur véhicule en direction du militant, qui avoue avoir eu un peu peur à ce moment là. Puis, les policiers lui demandent d’arrêter de filmer et d’effacer sa vidéo. Rappelons que filmer l’action de la police sur la voie publique est autorisé et que les policiers ne peuvent saisir un appareil que s’il y a eu un délit de commis. En l’espèce, le militant a accepté de supprimer sa vidéo… après l’avoir publiée en direct sur Facebook.
Le député européen EELV Yannick Jadot, seul candidat à la présidentielle clairement opposé au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg avec Jean-Luc Mélenchon n’a pour le moment qu’un seul parrainage en Alsace. Il sera chez un élu de Strasbourg pour sa deuxième réunion d’appartement ce jeudi 19 janvier.
Jeudi soir à Strasbourg
Le député européen, en ce moment à Strasbourg pour une session du Parlement, tiendra ce jeudi 19 janvier sa deuxième réunion d’appartement « les jeudis avec Jadot », chez le conseiller municipal Abdelkarim Ramdane, tout juste investi pour l’élection législative de juin. L’événement est à suivre en direct sur sa page Facebook de 19h30 à 20h15. Le candidat sera aussi en déplacement à Fessenheim et Ungersheim l’après-midi.
Vainqueur de la primaire d’Europe Écologie Les Verts à l’automne, Yannick Jadot a pris position contre le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, cette autoroute payante de 24 kilomètres prévue pour 2020. D’après nos informations, le candidat n’a réuni à ce jour qu’un seul parrainage pour l’élection présidentielle en Alsace (il en faut 500 en France).
Il s’agit de celle de Jean-Claude Mensch, ancien mineur de 70 ans et maire d’Ungersheim, une commune de 2 000 habitants du Haut-Rhin. Cette commune a rencontré l’intérêt de médias nationaux pour ses efforts dans la transition énergétique (on parle de ville sans carbone) et sa monnaie locale, le radis.
Le député européen d’Europe Ecologie les Verts est l’un des rares candidats de la présidentielle contre le GCO (photo Facebook)
Jean-Luc Mélenchon, autre candidat contre le GCO
Parmi les explications, peut-être un peu d’attentisme avant le résultat de la primaire de la gauche, mais aussi la nouvelle règle électorale qui prévoit de publier tous les parrainages reçus par les candidats. Ils étaient anonymes jusqu’alors, sauf 500 tirés au sort parmi tous les candidats. Les maires aux tendances écologistes des petites communes, notamment sur le tracé du GCO, se définissent avant tout comme « sans étiquette » et pourraient se voir reprocher de prendre une position politique nationalement. La date limite pour les parrainages est le 17 mars.
Un autre candidat a pris position contre le GCO : Jean-Luc Mélenchon. Il a repris les constats des « Insoumis » locaux. « Les études prévoient un report du trafic très faible, de l’ordre de 4%, alors que les terres agricoles du Kochersberg sont de bonnes terres, même si aujourd’hui il y a beaucoup de monoculture (notamment de maïs, NDLR) qui serviront à nourrir la population de demain », explique Sylvain Brousse, un membre de « Insoumis » et du Parti de gauche bas-rhinois.
Plus d’infos
Réunion en appartement « Les jeudis avec Jadot », jeudi 19 janvier de 19h30 à 20h15 chez Abdelkarim Ramdane, conseiller municipal à Strasbourg et candidat à l’élection législative en juin, en direct sur sa page Facebook.
Journaliste, Philippe Vion-Dury a travaillé sur les algorithmes, ces programmes qui scrutent nos habitudes, nos achats, nos déplacements et en tirent des prédictions. Pour lui, il n’y a pas de « big brother » dans la société de l’information, plutôt une multitude de systèmes à l’écoute mais qui tous n’ont qu’un objectif : faire consommer plus.
Les algorithmes, ce sont des programmes qui filtrent, trient, mesurent ou quantifient nombre de données que nous envoyons à des services tels que Google ou Facebook, mais aussi aux banques, aux sociétés d’assurance, aux fabricants de téléviseurs, de voitures, etc. d’une manière plus ou moins consciente. Ils sont la cheville ouvrière, silencieuse et en constante amélioration, de tous les services que nous utilisons chaque jour.
Dans un livre paru aux éditions Fyp, La Nouvelle Servitude Volontaire, Philippe Vion-Dury décortique ces mécanismes et pose la question de leur objectif.
Philippe Vion-Dury : « personne ne s’intéresse aux algorithmes, ce qui arrange bien ceux qui les conçoivent ». (doc remis)
Rue89 Strasbourg : pourquoi avoir enquêté sur les algorithmes et pourquoi ce titre ?
Philippe Vion-Dury : En 2013 – 2014, j’étais en charge des sujets technologiques à Rue89. Au fil de mes sujets, je voyais ces processus apparaître régulièrement, par fragments, que je parle de la police prédictive aux Etats-Unis, des assurances qui cherchent à trier leurs clients, etc. J’ai profité d’une période de disponibilité professionnelle pour me documenter sur les algorithmes et j’en ai conclu qu’il était urgent de politiser le sujet.
« Critiquer la technologie, c’était être technophobe »
Car il y a deux ans, c’était très compliqué de critiquer les technologies, ça passait vite pour de la technophobie ou du conspirationisme. Et puis, tout le monde était obsédé par le rôle des États, on était en plein dans les révélations d’Edward Swowden… De mon côté, plus je cherchais et plus je me rendais compte que cette écoute systématique était diffuse, complexe… Elle ne s’adresse pas à une seule personne par exemple, Mark Zuckerberg (le patron de Facebook) et Peter Thiel (cofondateur de Paypal) sont des personnes très différentes, aux valeurs quasiment opposées. Et pourtant, ils préparent le même environnement.
Pour moi, il est donc clair que les algorithmes sont des processus hérités d’un système, ils participent à une domination, on cherche à nous exploiter, à nous influencer. D’où le mot « servitude » dans le titre. Et « volontaire » parce que nous donnons notre consentement, sans qu’on n’ait forcément le choix. On nous dit qu’on peut refuser mais ce n’est pas totalement vrai, si on refuse d’utiliser certains services, on se coupe d’une partie du monde. Et nouvelle parce que ces phénomènes s’accentuent depuis quelques années (et que le Discours de la servitude volontaire était déjà pris).
One World (Image Genista / FlickR / cc)
Rue89 Strasbourg : mais au fond, quel est le problème avec les algorithmes ?
Philippe Vion-Dury : Le problème, c’est justement leur apparente innocuité. Qui peut être contre un programme qui va vous proposer chaque semaine une liste de 20 morceaux de musique qui devraient vous plaire, comme la playlist Discover de Spotify par exemple ? Sauf qu’il faut se poser ces questions : quels sont les autres buts de cet algorithme ? Est-ce que les morceaux qui composent cette liste ont tous des chances égales d’y figurer ou bien des accords passés entre Spotify et des labels peuvent la modifier ?
Qui garantit la neutralité des algorithmes ?
Et si la musique proposée vous plait vraiment, qu’est-ce que ça produit comme conséquences ? D’une part, vous utilisez plus la plate-forme de musique et d’autre part, la plate-forme en tire des conclusions sur votre profil, vos goûts, vos habitudes, qui complètent son modèle économique.
L’autre problème est que les algorithmes agissent cachés. Bien souvent, les gens ignorent qu’une bonne partie de l’information qu’ils reçoivent, par Facebook par exemple, est due à un algorithme et que certains contenus sont volontairement retenus. Ces processus ne sont jamais expliqués, leurs règles de calculs ne sont jamais dévoilées. Il a fallu toute la mobilisation des syndicats de lycéens pour que le Gouvernement rende public le code de l’algorithme APB, qui décidait des inscriptions à l’université. Et il s’agissait d’un programme public français pour des données publiques ! Imaginez s’il fallait exiger la même chose de Facebook ou Google…
Des enjeux cruciaux, largement ignorés
Enfin, ces algorithmes finissent par nous enfermer. En prétendant nous apporter des contenus ou des services qui sont censés nous plaire, ils nous poussent à consommer toujours plus. En cela, ils sont les héritiers d’un système capitaliste, d’une mondialisation qui se décide en Californie mais dont les effets sont appliqués sur l’ensemble de la planète. Et pas seulement dans les services technologiques de nos téléphones portables, mais aussi dans les assurances, les élections, l’urbanisme, la police, la surveillance antiterroriste, etc.
Rue89 Strasbourg : comment expliquer la passivité de la société par rapport à ces enjeux cruciaux ?
Philippe Vion-Dury : Le mot algorithme n’est pas forcément compris par l’ensemble de la société. Cependant, quand on explique les mécanismes auxquels ils correspondent, tout le monde peut voir de quoi il s’agit concrètement. Mais il faut faire la démarche. Ensuite, on nous a longtemps expliqué que le progrès technologique était inéluctable, qu’il ne pouvait pas se réguler et qu’il fallait tout accepter sans attendre… Or il nous faut du temps, justement, pour comprendre, intégrer et questionner les progrès technologiques. Plus ça se complexifie, plus il nous faut du temps.
En ce sens, des initiatives comme celle du gouvernement visant à étudier une possible régulation des algorithmes va dans le bon sens. Mais si on ne veut pas faire comme avec l’écologie et le développement durable, il faudra être prêt à se fâcher avec des entreprises puissantes comme Google, Amazon, Facebook, etc., disposant de solides relais auprès de l’administration américaine. Est-ce que les volontés timidement affichées jusqu’ici tiendront le choc ? Je me permets d’en douter.
La technologie, absente du débat public
Je remarque qu’on est dans une année électorale et que dans le débat public, la technologie, c’est 1% du débat et encore… Les enjeux ont beau être colossaux pour nos sociétés ultra-connectées, ce n’est pas audible. Alors c’est vrai que je suis un peu pessimiste sur notre capacité, globale, à récupérer un peu de prise sur ces processus qui déterminent et calculent des parties de plus en plus essentielles de notre avenir. Surtout qu’à l’appui de ces systèmes, il y a d’importantes multinationales.
Mais on peut aussi regarder comment la société s’adapte, même inconsciemment. Ainsi la publicité ciblée repose sur des algorithmes depuis une dizaine d’années, elle est très précise mais c’est un échec complet. On ne peut pas vraiment prédire ce qui arrivera lorsqu’une ville aura entièrement dédiée sa gestion des patrouilles à un algorithme prédictif ni ce qui se passera lorsqu’une compagnie d’assurance aura décidé de confier les risques de ses clients à un programme.
Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) confirme que Strasbourg est la ville la plus cyclable de France. Dans ses travaux sur le recensement en 2015, relevés par Le Figaro, l’Insee indique que 16% des actifs se rendent au travail à vélo, soit environ un sur 6. Parmi les communes de plus de 100 000 habitants, Grenoble (15,2 %) et Bordeaux (11,8 %) suivent, loin devant les autres qui n’excèdent pas les 7,3 %.
La dernière enquête sur les déplacements à vélo, conduite par l’agence d’urbanisme (l’ADEUS) remontait à 2009. À l’époque, elle estimait que 8% des déplacements de l’agglomération Strasbourg se faisaient à vélo et même 15% dans le centre-ville élargi.
Certes, l’étude de l’Adeus concernait tous les déplacements, tandis que celle de l’Insee cible les trajets domicile-travail. Pour le conseiller communautaire en charge des mobilités, on ne peut donc pas affirmer que les trajets à vélo ont doublé en 6 ans :
« Ces chiffres confirment les éléments et la tendance que l’on a. Mais ils ne correspondent qu’à une forme de déplacements, alors que celle de 2009 s’intéressaient à tous les trajets. L’écart avec Grenoble serait sûrement plus élevé avec cet indicateur. Le pourcentage total des trajets dans Strasbourg peut être plus fort ou plus faible [que les 16%]. Par exemple, certaines personnes peuvent aller au travail en vélo, mais ne pas l’utiliser pour les autres déplacements. Mais sur une vingtaine de points de passage, on a aussi relevé une augmentation de 20% en un an. »
16% des trajets domicile-travail se font à vélo (Photo Claudiabrauer via Visual hunt / CC BY)
Le Bas-Rhin premier également
Le département du Bas-Rhin est aussi le plus cyclable de France avec 6,1% des déplacements, là où la moyenne nationale est de 2%. Dans le Haut-Rhin, 3,1% des trajets sont à bicyclette, soit le sixième département français.
Les autres statistiques régionales sont à l’échelle du Grand Est, ce qui dilue les résultats de l’Alsace ou de Strasbourg. L’Insee relève tout de même de grands écarts dans les publics. Parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures 4% sont des adeptes de la petite reine, tandis que qu’ils ne sont que 1% chez les artisans, commerçants et chefs d’entreprises. L’usage est aussi davantage masculin : 3,1 % des hommes l’utilisent pour aller travailler, contre 2,3 % des femmes, ce qui est plus que la moyenne nationale (respectivement 2,4 et 1,5%)
Où sont passées les autoroutes à vélo ?
Un des futurs grand axe pour le vélo à Strasbourg est la construction d’un grand réseau « d’autoroutes à vélo » (réseau express vélo, REVE) pour 2020. Mais ce projet n’est plus évoqué dans les présentations des investissements futurs de la Ville et l’Eurométropole. Mais selon Jean-Baptiste Gernet, une communication sur le sujet est en préparation.
Avant l’élection primaire de dimanche, votez en ligne pour soutenir et afficher votre candidat préféré à la primaire du Parti socialiste et de ses alliés.
Quelle est la tendance des lecteurs de Rue89 Strasbourg quant à la primaire du PS et de ses alliés ? Pour le savoir, la rédaction a commandé à grands frais un sondage auprès d’un institut ultra-réputé…
Quelle différence entre Manuel Valls et Sylvia Pinel ? Vous êtes un citoyen attentif et vous aimeriez exprimer un choix sur des orientations politiques plutôt que sur des postures ou des petites phrases ? Vous n’êtes pas seul. Le site Voxe.org a mis en ligne un outil juste pour vous.
Trop difficile de choisir parmi les sept candidats à l’élection primaire du Parti socialiste et de ses alliés, le Parti radical de gauche et l’Union des démocrate et écologistes ?
Le site du citoyen connecté, Voxe.org, a mis en ligne un outil de comparaison, pour permettre de se faire une idée sur les propositions de chacun des candidats, triées en 15 grands thèmes : Emploi ; Economie ; Finances ; Europe ; Education et Recherche ; Culture et Médias ; Numérique ; Justice, Sécurité et Défense ; Environnement, Agriculture et Énergie ; Immigration ; Société et famille ; Services publics et Territoires ; Solidarité, Santé et Logement ; Constitution et Institutions et enfin Relations internationales.
Les propositions ont été directement remplies par les équipes des candidats. Une fois que vous avez fait votre choix, vous pouvez voter pour votre candidat préféré, histoire de prendre la température du lectorat de Rue89 Strasbourg.
Dimanche, les électeurs ont la possibilité de voter pour choisir le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Revue des soutiens et de leur implication au sein du Parti socialiste en Alsace et de leurs alliés.
Le nombre ou la qualité des soutiens politiques d’un candidat ne fait et défait pas l’élection, comme l’a montré l’élection primaire de la droite en novembre. Mais elle permet de se faire une idée des composantes du PS en Alsace. Autant de chapelles qu’il faudra rassembler sitôt le scrutin passé et surtout, pour des élections municipales en 2020.
Une élection primaire, ouverte, pour désigner le futur candidat de la gauche à la mairie de Strasbourg est une idée évoquée par le maire lui-même, Roland Ries, ou la première secrétaire fédérale du PS, Pernelle Richardot. L’idée est apparue cependant trop prématurée au député Philippe Bies ainsi qu’au président de l’Eurométropole, Robert Herrmann.
Passez votre souris sur les points rouges pour connaître les soutiens alsaciens
Beaucoup d’élus aux responsabilités pour Manuel Valls
L’ancien Premier ministre (2014-2016) Manuel Valls a rassemblé beaucoup de soutiens parmi les élus socialistes, notamment ceux exerçant des responsabilités locales, comme le maire de Strasbourg Roland Ries, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, le député de la première circonscription du Bas-Rhin Éric Elkouby… .
Ses soutiens pensent que le bilan de François Hollande « est plus positif qu’il n’y paraît », dixit Catherine Trautmann lors d’une conférence de presse lundi et que Manuel Valls est le mieux à même pour battre le candidat de la droite, François Fillon, et celui de l’extrême-droite, Marine Le Pen.
Ils sont sur une ligne sociale-libérale, plutôt à droite au sein du PS. Le soutien du maire de Strasbourg, Roland Ries, a été plus lent à se dessiner. Un temps aperçu avec Emmanuel Macron, il a depuis affirmé qu’il désapprouvait sa candidature en dehors du PS. Il n’a pas donné de parrainage mais a déambulé avec Manuel Valls lors de sa venue mouvementée à Strasbourg et affirmé qu’il soutiendra le vainqueur de la primaire, quel qu’il ou elle soit.
Ils ont choisi Manuel Valls :
Éric Elkouby, député et conseiller départemental
Robert Herrmann, président de l’Eurométropole
Roland Ries, maire de Strasbourg
Pernelle Richardot, adjointe au maire, conseillère régionale et première secrétaire fédérale
Catherine Trautmann, vice-président de l’Eurométropole en charge de l’Économie, ancienne maire, ministre, eurodéputée
Olivier Bitz, adjoint au maire de Strasbourg en charge entre autres des Finances
Martine Jung, conseillère départementale et municipale
Jean-Marie Beutel, maire d’Ostwald
Caroline Barrière, vice-présidente de l’Eurométropole en charge des Finances
Claude Froehly, maire d’Illkirch-Graffenstaden et vice-président de l’Eurométropole en charge des Sports
Nicolas Matt, vice-président de l’Eurométropole en charge de l’Éducation
Emmanuel Bachmann, adjoint au maire d’Illkirch-Graffenstaden
Henri Dreyfus, conseiller municipal de Strasbourg
Anick Neff, conseillère municipale de Strasbourg
Jean-Jacques Gsell, conseiller municipal de Strasbourg
Elisabeth Ramel, conseillère municipale à Strasbourg
Raphaël Nisand, conseiller municipal et ancien maire de Schiltigheim
Manuel Valls, accompagné de sa femme et de nombreux soutiens socialistes strasbourgeois lors de son passage au marché de Noël fin décembre (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les Hollandais se consolent avec Vincent Peillon
Ancien ministre de l’Éducation, le député européen Vincent Peillon a surgi tout d’un coup dès que le président de la République, François Hollande, a annoncé ne pas se présenter pour un second mandat. Un chouïa plus au centre du PS, l’ancien ministre de l’Éducation nationale (2012-2014) se distancie pourtant davantage de l’action de l’exécutif socialiste que Manuel Valls.
Sa candidature a justement un écho auprès des « Hollandais » historiques, assez nombreux dans le PS bas-rhinois qui espéraient que le chef de l’État se représente, comme l’ancien premier secrétaire du PS du Bas-Rhin, Mathieu Cahn ou le député et candidat à sa réélection dans le sud de Strasbourg, Philippe Bies. Aux élus, s’ajoutent aussi quelques militants de terrain et associatifs.
Ils estiment que Vincent Peillon est le plus en mesure de rassembler, car contrairement à Manuel Valls il ne pense pas qu’il existe « deux gauches irréconciliables » et ils partagent ses critiques du quinquennat, qu’il faut néanmoins défendre selon eux. Enfin ils apprécient sa « loyauté », à savoir qu’il ne se serait pas présenté face à François Hollande. Sous-entendu, ce n’était pas le cas des autres.
Ils ont choisi Vincent Peillon :
Mathieu Cahn, vice-président de l’Eurométropole en charge de la rénovation urbain et conseiller départemental
Philippe Bies, député de Strasbourg-Sud et conseiller municipal
Thierry Sieffer, maire de Ranrupt
Camille Gangloff, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la lecture publique
Luc Gillmann, adjoint au maire de Strasbourg des quartiers de Koenigshoffen, Elsau et Montagne Verte
Suzanne Kempf, conseillère municipale de Strasbourg et conseillère départementale
Séverine Magdelaine, première adjointe au maire d’Illkirch-Graffenstaden
Jean-Baptiste Mathieu, conseiller municipal de Strasbourg
Rémi Barillon, conseiller municipal de Marlenheim
Jean-Luc Vigneron, conseiller municipal de Saâles
Une partie des soutiens bas-rhinois de Vincent Peillon réunis pour une conférence de presse dans un café du Neuhof (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des militants avec Arnaud Montebourg
Ministre de l’Économie démissionnaire en 2014, Arnaud Montebourg a toujours des militants acquis à l’idée d’une Sixième République. Ses relais bas-rhinois ont multiplié les événements et débats à l’échelle locale, à Strasbourg mais aussi en dehors.
Lancé depuis de nombreux mois dans l’aventure, le candidat situé à la gauche du parti et qui avait fait 17% en 2011 était venu en Alsace en juin. Deux militantes strasbourgeoises, Lilia Salmi et Alice Renault ont rejoint l’état major du « Projet France ».
Ils ont choisi Arnaud Montebourg :
Maxime Munschy, conseiller municipal de Molsheim
Baptiste Heintz Macias, conseiller municipal d’Illkirch-Graffenstaden
Bénédicte Vogel, conseillère municipale de Séléstat
Des soutiens à gauche et au-delà des étiquettes pour Benoît Hamon
Peut-être le plus à gauche des candidats, Benoit Hamon dispose de fidèles soutiens parmi ceux qui ont opté pour des positions les plus à gauche lors du dernier congrès du PS (la motion B). Le député frondeur a su séduire au-delà de l’étiquette « Parti socialiste », puisqu’Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé issu de la société civile, et Éric Schultz, autre adjoint au maire de Strasbourg mais issu des rangs écologistes, ont rejoint sa cause. Pour ce dernier, ce sont notamment les prises de position de Benoît Hamon sur le revenu universel qui l’ont convaincu.
Certains de ses soutiens locaux espèrent un bon score de Benoît Hamon à Strasbourg en rappelant qu’en 2011, Martine Aubry était arrivée en tête dans la capitale alsacienne.
Ils ont choisi Benoît Hamon :
Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg en charge du numérique et du commerce,
Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg en charge des mobilités innovantes,
Ada Reichhart, conseillère municipale de Strasbourg déléguée à la vie étudiante,
Éric Schultz (ex-EELV), adjoint au maire de Strasbourg en charge de la mission des temps et l’état civil,
Alexandre Feltz (non encarté), adjoint au maire de Strasbourg en charge de la Santé,
Philippe Willenbucher, conseiller municipal à Strasbourg,
Richard Sancho Andreo, conseiller municipal à Schiltigheim.
Les quelques radicaux avec Sylvia Pinel
Candidate à l’élection présidentielle en dehors de la primaire de gauche le temps d’une semaine, Sylvia Pinel y représente finalement le Parti radical, tel Jean-Michel Baylet en 2011, devenu ministre. Peu connu, ce petit allié traditionnel est très implanté dans le sud-ouest de la France, où il emporte nombre d’investitures (11 députés, 8 sénateurs et 3 ministres et présidents de départements en ce moment).
Il compte aussi quelques élus en Alsace. La primaire permet d’évaluer son rapport de force par rapport au PS. À noter que dans le Grand Est, le PRG avait fait bande à part lors des élections régionales fin 2015 en s’alliant à Europe Écologie les Verts.
Il a choisi Sylvia Pinel :
Christian Gliech, maire de Wissembourg.
L’écolo-socialisme de François de Rugy
Dans cette primaire, le député François Rugy représente l’Union des démocrates et écologistes (UDE), c’est-à-dire les anciens élus d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) qui ont préféré rester alliés au gouvernement PS. Parmi les soutiens alsaciens, on compte Andrée Buchmann, élue d’opposition à Schiltigheim qui avait déjà choisi de délaisser Europe Écologie Les Verts pour le PS lors des élections régionales fin 2015.
Elle a choisi François de Rugy :
Andrée Buchmann, conseillère municipale à Schiltigheim (ex-EELV)
L’énigme Jean-Luc Benhamias
Pas de soutien connu en Alsace pour Jean-Luc Benhamias, ancien centriste et député européen qui a fondé le Front démocrate.
Le cas d’Emmanuel Macron
Ancien ministre de l’Économie (2014-2016) du gouvernement PS, Emmanuel Macron a choisi de se présenter à l’élection présidentielle en dehors de la Primaire avec son mouvement « de droite et de gauche », En Marche (lire notre article sur les débuts du mouvement en Alsace).
Parmi ses soutiens de la première heure, on compte la sénatrice haut-rhinoise Patricia Schillinger. Deux adjointes au maire de Strasbourg, non-encartées, ont aussi rejoint son mouvement en novembre.
Elles ont choisi Emmanuel Macron :
Patricia Schillinger, sénatrice (PS) du Haut-Rhin,
Christel Kohler, adjointe au maire de Strasbourg en charge des espaces verts,
Nawel-Rafik Elmrini, adjointe au maire de Strasbourg en charge des relations internationales.
Beaucoup de soutiens encore inconnus
De nombreux grands élus alsaciens restent néanmoins encore prudents dans leurs soutiens ou leurs parrainage. Cette position est à double tranchant. Pour certains, elle est un signe de ne pas vouloir s’ingérer dans le vote des électeurs (tout Français inscrit sur les listes électorales peut voter). Pour d’autres, cela donne l’impression de ne pas avoir de convictions et de préférences affirmées, pour se rallier au vainqueur quel qu’il soit et sans vexer personne.
Parmi les élus les plus importants dont on ne connait la préférence, le sénateur Jacques Bigot et ancien maire d’Illkirch-Graffenstaden, le premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel, pressenti comme candidat en 2020, ou le candidat aux élections législatives pour Strasbourg-Nord, Serge Oehler.
Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg
Jacques Bigot, sénateur et ancien maire d’Illkirch-Graffenstaden
Serge Oehler, conseiller départemental, adjoint au maire et candidat aux législatives à Strasbourg-Nord
Françoise Bey, conseillère départementale et adjointe au maire de Strasbourg
Emmanuel Recht, conseiller régional
Antoine Homé, conseiller régional
Cléo Schweitzer, conseiller régional
Des nouveaux soutiens en Alsace qui nous ont échappé ? Laissez les en commentaire, cet article sera régulièrement mis à jour.
Un blog appelé « Paye Ta Fac » a publié des propos sexistes tenus dans les universités, avec plusieurs exemples choquants de l’université de Strasbourg et de l’Institut de sciences politiques en particulier. Cette médiatisation lancée par les étudiants a contraint l’administration à s’intéresser à un problème qui ne date pas d’hier.
Vous pensiez que l’université, haut lieu de la connaissance et de l’érudition, échappait au sexisme quotidien ? Revoyez votre jugement. Le blog Paye ta fac recense les propos misogynes tenus dans les amphis et a mis un coup de projecteur sur des propos misogynes voire racistes tenus par des professeurs. Le campus de Strasbourg s’y illustre notamment par cette citation d’un professeur d’histoire de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) :
« Vous les filles, à Sciences Po, vous n’êtes là que pour vous trouver un mari. Tout ce que vous avez à savoir c’est additionner et soustraire pour pouvoir acheter le poisson sur le marché. »
Le blog a été beaucoup partagé sur les réseaux sociaux. Ses propos ont même été repris dans un article du Monde. Le nom de l’enseignant n’est pas écrit, mais il ne fait aucun doute pour les élèves et même anciens étudiants habitués à ce genre de sorties. D’autres citations venant de Strasbourg y ont été publiées, comme ce propos d’un intervenant en cours d’économie :
« Il y a trois catégories de personnes inutiles : les femmes, les chômeurs et les retraités. »
“Vous n’aurez jamais de preuves”
Une association féministe de l’Université de Strasbourg, le Collectif Copines (né à l’IEP), s’est alors saisi de cette médiatisation pour alerter la direction de l’établissement, qui avait préféré jusque là ranger le problème sous le tapis. Charlotte (le prénom a été changé) est en 4e année et elle témoigne de la complicité de l’administration :
« Cela fait des années que des plaintes remontent, notamment sur les propos d’un professeur d’histoire, qui tient régulièrement des propos misogynes, parfois racistes et homophobes. Il y a quelques années, certains d’entre nous en avaient parlé à l’administration et on s’était vus rétorquer qu’on n’avait pas de preuve, qu’on n’en aurait jamais, car il était interdit d’enregistrer un professeur, et que, du coup, rien ne serait fait. »
À l’époque, aucune association ou collectif pour les soutenir. Les « Copines » en étaient à leurs balbutiements. Aujourd’hui, elles déplorent que la direction ait fermé les yeux sur un problème connu et relevé depuis longtemps par les étudiants. Dans le journal de l’IEP, une rubrique est dédiée aux citations « originales » des professeurs. On a pu lire par exemple dans cette rubrique cette phrase du même professeur d’histoire :
« Avec les majorettes, plus la jeune fille lève la jambe haute, plus ça attire les électeurs. Evidemment, il faut choisir la qualité de la jambe ! »
Or l’administration lit le journal de l’IEP, ces types de phrases ont été publiées régulièrement tous les ans sans que jamais personne ne réagisse.
Un problème ancien et récurrent
En décembre 2015, le bureau des élèves de l’IEP avait publié une vidéo pour la promotion du gala de l’école, que des étudiants avaient jugé limite, car comportant des suggestions sexuelles où hommes et femmes « n’étaient pas sur un pied d’égalité », voire selon certaines associations, « une scène d’agression sexuelle. » Ces organismes avaient alors écrit une lettre ouverte à la direction. Celle-ci avait alors regretté que le problème n’ait pas été traité « en interne. »
Quelques mois plus tôt, le Collectif Copines avait collé des affiches dans l’établissement, reprenant de nombreux propos sexistes tenus par des étudiants sur le groupe Facebook des élèves de l’école. Une ancienne membre du collectif se rappelle la réaction très négative de la direction, qui trouvait que cela donnait « une mauvaise image de l’IEP » et qu’il fallait « se concentrer sur les actions positives. »
Lola Romieux fait partie des élus de l’Union des Etudiants Communistes (UEC) de Strasbourg et selon elle, les conséquences de ces propos sont sérieuses :
« C’est grave que des professeurs tiennent ce genre de propos, qui parfois entretiennent la culture du viol. Avec la position de pouvoir qu’ils ont, ils entretiennent le patriarcat et cela dit aux hommes qu’ils ont le droit de parler aux femmes comme ça et de harceler. Car cela peut aller jusqu’au harcèlement sexuel. »
A Sciences-Po, un collectif se mobilise contre le sexisme (Photo wikimedia commons/cc)
« Il faut qu’on s’indigne ! »
Cette fois, la médiatisation des propos a délié les langues et relancé la mobilisation, comme l’expliquent les membres du Collectif Copines :
« Avant, on n’avait pas de moyens, de plateforme pour dénoncer de manière aussi large. Le blog a permis de dépasser le problème de l’inertie de l’administration et une prise de conscience. Mais le collectif ne peut pas agir seul, il faut qu’on s’indigne ! »
Il a alors été proposé aux étudiants de leur faire parvenir leurs témoignages, pour présenter l’étendue du problème à la direction actuelle.
Le blog Paye Ta Fac rassemble les témoignages comme celui-ci provenant de l’IEP de Strasbourg (Photo Capture d’écran Paye Ta Fac)
« Si on ne peut plus être homophobe de nos jours »
En deux jours, une quarantaine de témoignages afflue, venant d’étudiants de toutes les promotions et d’anciens élèves. Mais même sans cela, les étudiants n’ont aucun mal à nous donner des exemples, d’un professeur en particulier :
« C’était pas mal [cet exposé], mais ça aurait été mieux traité par un homme. »
Ou encore, à une élève ramassant son ordinateur par terre :
« Mais non, restez penchée mademoiselle. »
Mais aussi :
« Simone Veil, cette cagole » ou « Si on ne peut plus être homophobe de nos jours… »
Plusieurs étudiants nous racontent aussi que le même professeur avait comparé l’avortement aux fours crématoires, et également dit que l’état catastrophique des finances publiques dans les années 80 était dû au remboursement de l’IVG.
Impunité : le début de la fin ?
Contrairement à l’administration précédente, la direction de l’IEP a pris en compte le rapport du collectif et réagi rapidement. Le directeur, Gabriel Eckert, s’est dit choqué par les propos rapportés et assure ne pas avoir eu connaissance de l’étendue du problème, qu’il condamne fermement dans un communiqué :
« Nous déplorons vivement que de tels propos aient pu être tenus dans une institution attachée à la défense des principes fondamentaux que sont l’égalité et le droit au respect de chacun. »
Surtout, il appelle les étudiants à témoigner pour pouvoir se tourner vers les professeurs concernés :
« Dans ce cadre, l’Institut garantit la confidentialité et la protection à tout étudiant ou personnel qui signalerait des attitudes ou des propos répréhensibles, tenus par des personnels ou d’autres étudiants. Il s’engage alors à intervenir auprès des personnes mises en cause, et à prendre les mesures appropriées. »
Quelles seront ces « mesures appropriées » ? Le communiqué ne le précise pas. Mais le Collectif Copines se réjouit de la réaction et ajoute que des mesures concrètes vont être prises :
« C’est positif, la réaction a été immédiate. Aussi, nous nous sommes mis d’accord pour mettre en place une charte antisexiste contraignante au niveau de l’IEP, et un référent discrimination va être désigné. »
Une université à secouer
La bataille est pourtant loin d’être gagnée. Le Collectif Copines veut s’attaquer au reste de l’Université de Strasbourg. Deux étudiants actifs à l’UNEF expliquent que le problème est partout :
« Parfois, les campagnes d’associations pour des soirées sont vraiment limites. Il n’y a aucun contrôle sur les affiches aussi. Ou encore, si une doctorante se fait harceler par son directeur de thèse, elle n’a aucun moyen d’y faire face. »
Ils regrettent que l’Université de Strasbourg ne prenne pas la situation à bras le corps :
« L’Université ne fait pas grand chose. On aimerait aussi que les associations qui ont une communication sexiste ne reçoivent plus de subventions, mais bon… L’Unistra ne met pas sa mission Égalité-Diversité en avant, allez voir sur le site internet, il faut vraiment chercher pour la trouver ! Et cela fait quelques années qu’on essaye de mettre en place une Charte antisexiste comme à Grenoble, mais on n’y arrive pas, notamment parce que la FAGE se refuse à la signer. »
Dans ses communiqués, ce syndicat étudiant estime qu’elle serait idéologique et d’un « féminisme punitif. »
Le Collectif Copines pointe que cette inertie est d’autant plus regrettable que des circulaires et guides ont été publiées par le Ministère de l’éducation nationale pour guider les établissements d’enseignement supérieur.
Il y a encore des progrès à faire pour la lutte anti sexiste sur le campus de Strasbourg (Photo wikimedia commons/cc)
Rendre le campus plus accueillant pour les femmes
Au-delà des propos sexistes, certains, comme Lola Romieux, considèrent que rien n’est fait pour faire du campus un espace accueillant et sécurisant pour les femmes :
« L’Unistra ne met pas grand-chose en place sur le sexisme, à part parfois un cycle de conférence. Pour les comportements sexistes, quelles sont les mesures ? Au mieux, le professeur est transféré et peut continuer auprès d’autres étudiants. »
L’UEC demande que l’Unistra prenne vraiment en charge les violences sexistes :
« Nous proposons de créer des cellules d’écoute pour les femmes victimes de harcèlement et de viol. Il manque également un pôle de santé publique, pour tout ce qui touche à la contraception et une structure pour accompagner les étudiantes qui attendent un enfant. Nous demandons aussi de vraies sanctions contre les propos sexistes et le harcèlement et une charte pour les affiches, à laquelle l’Unistra serait vraiment attentive. »
Position d’autorité et auto-censure
Si les militants et militantes strasbourgeoises semblent déterminés à agir sur le campus, le sexisme à l’université s’étend dans toute la France, encouragé par l’inertie des administrations, voire un “victim blaming”. Les membres du Collectif Copines relèvent le tabou que constituent encore les violences sexistes :
« Nous recevons de nombreux témoignages d’amis d’autres facs ou d’autres IEP, des propos et attitudes vraiment choquants de la part de professeurs ou d’élèves. Mais ils ne veulent pas qu’on les publie, ayant trop peur des représailles. Ici aussi, on nous accuse de chasse aux sorcières, il y a même des élèves qui soutiennent les professeurs concernés ! Mais c’est difficile d’aller voir le professeur pour dire que ses propos sont graves. Il nous note, il nous voit en oral. Il est évidemment en position d’autorité. »
Plusieurs étudiants ou anciens étudiants de l’IEP nous ont également confié qu’ils avaient abandonné des cours exclusivement à cause du comportement d’un professeur et de ses propos qu’ils jugeaient trop choquants.
L’affaire de l’examen blanc d’internat de médecine, qui comportait des propos sexistes, avait aussi fait grand bruit, et c’est surtout la lanceuse d’alerte, Pauline, qui en avait subi les conséquences. Elle nous raconte :
« Ça m’a un peu dépassée. J’ai été accusée de ne pas avoir d’humour, et on m’a dit que le doyen de l’université n’était pas content, car ça donnait une mauvaise image de sa fac, et qu’il voulait me rencontrer. J’ai refusé, je ne pense pas que c’était pour me féliciter. »
L’Unistra assure « prendre la question très au sérieux »…
Contacté, le nouveau président de l’Université Michel Deneken, professeur en théologie, ne souhaite pas réagir directement. Il renvoie vers Isabelle Kraus, chargée de mission Égalité Diversité de 2009 à 2016, qui affirme regretter la situation :
« Si de tels propos sont avérés, effectivement c’est grave. Cela ne correspond pas du tout à nos valeurs et ne peut pas être accepté dans le cadre de la fonction d’enseignant. »
Elle dit prendre très au sérieux cette question, pas anodine dans le parcours étudiant :
« Cela crée une division en groupes de filles et de garçons, avec en plus une notion de valeur. Subies de manière répétée, ces réflexions risquent de pousser les femmes à ne plus oser poser des questions ou s’investir. Il n’y a plus alors d’égalité entre jeunes hommes et femmes par rapport à l’acquisition du savoir. »
Les étudiants s’appuient sur plusieurs citations de ce genre pour alerter sur le sexisme en amphi (Photo Capture d’écran Paye Ta Fac)
… mais peut mieux faire
L’université dit ne pouvoir agir qu’en connaissance de cause :
« L’établissement ne peut examiner une situation que s’il est saisi, avec un témoignage écrit. Par ailleurs, j’ai une mission d’espace de parole, et j’ai toujours reçu les personnes qui souhaitaient me parler. »
Elle concède que l’Unistra a encore une marge de progression sur la question, mais insiste, c’est un axe de la politique de l’université depuis 2009 et la création de la mission :
« Nous organisons des soirées-débat, des actions de sensibilisation, de la formation continue sur la question du sexisme et des enseignements obligatoires dans certaines composantes. L’idée des cellules d’écoute est bonne et elle est étudiée depuis plusieurs mois. Il convient de réfléchir aux modalités d’une telle structure afin qu’elle réponde aux besoins. Cela met du temps. »
La Ville prête à suivre la mobilisation
Du côté de la Ville de Strasbourg, la conseillère municipale en charge de la vie étudiante, Ada Reichhart (PS), se dit très préoccupée par le sujet :
« Un rapport de 2013 sur la santé des étudiants montre que sur les questions de stress, de pression, de difficultés psychologiques, tous les chiffres sont plus élevés chez les femmes. Cela reflète quand même un certain mal-être. Le sexisme ordinaire est tristement démocratique et touche tous les milieux. Pour les étudiantes, c’est vraiment une situation humiliante car on a une double domination, avec les positions d’homme et de professeur. Mais les clichés sont aussi véhiculés par des associations étudiantes. »
Pour Ada Reichart, la prise de conscience va produire d’autres initiatives :
« Le blog est une très bonne initiative, cela libère la parole et c’est important. De son côté, la Ville de Strasbourg organise chaque année la semaine contre les discriminations, et est en lien avec l’Université, qui a fait du bon travail contre le bizutage par exemple. Nous allons travailler plus étroitement avec la fac, et je compte rencontrer le Collectif Copines également. La mission vie étudiante va aussi revoir son site internet pour intégrer des liens ressources. »
Les réseaux sociaux et la médiatisation ont permis une mise en lumière sans précédent de ces comportements sexistes, qui d’habitude suivent tranquillement leur cours, parfois avec l’aval amusé des étudiants. Maintenant que ces plateformes lèvent le voile sur l’impunité des propos tenus en amphi, y aura-t-il du changement à l’IEP et ailleurs ? On verra bien.
La team des Boogie Spirit, une jeune association dynamique, organise fin janvier la nouvelle édition de leur festival dédié à la danse et au rock’n’roll. Petit aperçu du programme varié. J’y serai et voici pourquoi.
C’est l’année dernière qu’une petite bande de potes totalement fans de boogie woogie a décidé de monter une association pour vivre à fond leur passion pour le rock et la faire découvrir à d’autres ! Appelée Boogie Spirit, l’association propose des stages de danse de rock solo, rock swing ou de boogie woogie, à Strasbourg, Illkirch-Graffenstaden et même jusqu’à Dorlisheim.
Ambiance décontractée, musique endiablée et joie de vivre communicative, on ne peut rêver d’un meilleur cadre pour percer en toute grâce les mystères d’une danse classe et tonique. Et joie, l’équipe des Boogie Spirit a décidé d’organiser la deuxième édition de leur Boogie Spirit Festival !
Le Boogie Spirit Festival (doc remis / Miss Cicy Photographies)
Du 27 au 29 janvier, à Illkirch-Graffenstaden, à L’Illiade, qui regroupe 8 salles, le boogie woogie sera à l’honneur ! Évidemment, de nombreux ateliers de danse seront proposés par les profs de Boogie Spirit, mais ils vont aussi faire venir pour l’occasion de très grands danseurs de renommée internationale. On peut notamment citer Thorbjorn et Flora qui ont été sacrés champions du monde de Boogie Woogie, mais aussi François Beaumont, Solenn Mortreuil, Stéphane Olive, Lucille Auroux ou encore le colmarien Dimitri Boog pour des cours de hip hop swing.
Thorbjorn et Flora au Boogie Woogie showcase en 2015 (vidéo Rock That Swing / YouTube)
Ateliers vintage, mais vintage glorieux !
À côté de ces nombreux cours, qui promettent d’être riches en émotions, on retrouve la célèbre Luna Moka, des Pin-Up d’Alsace, qui animera un atelier burlesque. Et la talentueuse Julie Gless sera aussi de la partie pour un atelier coiffure et un autre sur le maquillage rétro.
Parce que le boogie woogie, c’est plus qu’une danse, c’est aussi une musique et tout un état d’esprit qui fait vivre le rétro à fond. Pas de place pour la nostalgie, c’est un vintage glorieux et électrisant qu’ils proposent, un appel à la fête !
Le vendredi soir, c’est d’ailleurs Ludovic Chanton et Stacy Aurel qui animeront un atelier, suivi par une soirée dansante animée par DJ Swing Lo.
Samedi soir, on commence dès l’apéro avec un groupe de 15 musiciens, le Big Band d’Illkirch, qui se promet de bien faire swinguer l’assemblée, suivi par un concert des Gunshot et de Tony Marlow’s Bop Pill. Du swing au rock’n’roll, en passant par le rythm’n’blues, une seule chose est certaine, on va pouvoir danser sur un rythme effréné !
Les Gunshot en concert, ça swingue !
Avec tout ça, il faudra tout de même trouver le temps de faire un tour au vintage market ! De nombreux exposants venus de toute l’Europe proposeront mobilier, disques ou vêtements rétro… Et bien sûr, les fans de belles cylindrées pourront se rincer l’œil devant des voitures de collection et des scooters anciens.
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Le tribunal administratif a jugé ce vendredi 13 janvier qu’il n’y a pas d’urgence à déterminer si l’ouverture exceptionnelle des commerces à Strasbourg ce dimanche 15 janvier est légale. Un recours sur le fond est maintenu, mais il sera examiné dans plusieurs mois.
Les commerces de Strasbourg pourront ouvrir leurs portes dimanche 15 janvier. Le tribunal administratif de Strasbourg estime qu’il n’a pas à se prononcer en urgence sur cette ouverture car elle « ne porte pas de préjudice » aux salariés. Néanmoins, la décision peut toujours être jugée « sur le fond », vraisemblablement d’ici un an.
Les syndicats de la CGT et CFTC ont attaqué en référé l’ouverture programmée des commerces ce dimanche 15 janvier de 10h à 18h30. Cette dérogation de la Préfecture uniquement valable pour la commune Strasbourg a été obtenue suite à une demande de l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg fin novembre.
Les deux syndicats avaient déjà fait valoir leur position via un communiqué :
« Concrètement, nous ne pensons pas qu’en ouvrant un dimanche de plus en janvier, cela compensera les pertes de chiffres d’affaires. Des efforts ont déjà été consentis, ainsi nous rappelons que lors de la consultation pour l’arrêté du Préfet autorisant l’ouverture des commerces les dimanches de l’avent, l’élargissement de la plage horaire le dimanche 18 décembre a été acceptée. »
Échanges d’arguments
Les avocats des deux syndicats, ainsi qu’un représentant de l’État et le directeur de l’association des Vitrines, Pierre Bardet, ont échangé environ une heure sur leurs positions respectives. Voici les principaux arguments.
Pour l’ouverture des commerces
Les commerçants ont subi des pertes de chiffres d’affaire avec l’hyper sécurisation de la grande-île pour le marché de Noël, selon les Vitrines de Strasbourg.
Une ouverture un des dimanches de janvier n’avait pas été contestée l’année passée.
Les Strasbourgeois « ont fui » leur ville pendant les cinq week-end du marché de Noël et ont besoin « de se la réapproprier » en allant consommer tout le dimanche, selon l’agent au pôle juridique et du contentieux du Bas-Rhin.
Les syndicats n’ont pas forcément intérêt à agir, car les salariés sont volontaires et bénéficient de compensations.
Pour l’interdiction de l’ouverture
La demande se base sur un besoin des commerçants. Or, selon le droit elle devrait se baser sur une demande des consommateurs et rien ne permet d’en juger.
La dérogation se base sur une perte de chiffre d’affaire, non-documentée et la demande est intervenue fin novembre, avant la tenue du marché de Noël. Or, la fréquentation a été en hausse de 22% selon l’Office du tourisme.
Un accord préfectoral n’a pas de base légale pour une rémunération double et un temps de repos compensateur. Les employeurs peuvent s’en affranchir.
Le périmètre, l’ensemble de Strasbourg, est mal choisi. Il permet à Auchan Hautepierre d’ouvrir, mais pas aux Leclerc de Schiltigheim ou de Geispolsheim. Or, seule la grande-île a été impactée par les mesures de sécurité.
Les heures d’ouvertures sont plus larges que le nouvel arrêté de la Ville de Strasbourg
Doute sur l’aspect réellement volontaire des salariés, qui ont déjà travaillé trois dimanches en décembre.
L’ouverture des magasins à Strasbdu 15 janvier(Photo Mathieu Nivelles / Flickr BY /cc)
Décision « décevante » et rassemblement dimanche
Pour maître Hervé Bertrand, avocat de la CFTC, la décision est surprenante est décevante :
« La motivation de l’arrêt n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Avec ce genre de décision, on revient petit à petit sur le droit local. »
A priori, le recours sur le fond sera maintenu. Le syndicat CGT a déposé un préavis de grève pour les salariés dont l’employeur « les forcerait à être volontaire ce jour » et appelle les salariés à une distribution de tracts à 10h puis un rassemblement à 11 heures place Kléber.
Les Strasbourgeois auront en tout cas une façon plus originale de consommer et de « se réapproprier leur ville » ce dimanche, avec la deuxième édition du festival Streetbouche, après celui à la Coop en septembre. Les foodtruck et animations musicales se tiendront place du marché à Neudorf de 11h à 23h.