Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Rénovée à grands frais, voici les photos de la nouvelle résidence universitaire Gallia

Rénovée à grands frais, voici les photos de la nouvelle résidence universitaire Gallia

Les nouvelles chambres et studios étudiants dans le bâtiment de la Gallia ont été inaugurées vendredi. La rénovation de ce bâtiment emblématique de la Neustadt de Strasbourg a coûté 16 millions d’euros. À découvrir en images.

Des étudiants vont de nouveau pouvoir se loger dans la résidence universitaire du Centre régional des oeuvres universitaires (Crous) à la Gallia, tout juste rénovée. Les chambres sont toutes neuves, avec une vue imprenable sur le boulevard de la Victoire ou les quais du sud de l’île centrale de Strasbourg.

Le bâtiment compte 167 chambres et 40 studios. Pour les chambres, le loyer est de 258,19 euros (pour celles de moins 12 m²) ou 346 euros (pour celles de plus 12 m²). Pour les studios avec cuisine intégrée de 20 à 30 m², le loyer est de 450 euros et même 550 euros pour ceux de plus de 30 m². Les aides au logement de la Caisse d’allocation familiale peuvent venir en déduction de ces montants.

Inaugurées vendredi par les représentants de la Ville de Strasbourg, de la Région Grand Est, de l’Université, du Crous et de l’Afges, les chambres étaient encore toutes proprettes, loin du bazar ambiant qui peut régner parfois lors d’une semaine d’examens.

On voit que ce n’est pas l’appart d’un étudiant en période d’examen. (Photos JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Un appartement qui fait l’angle.
Dans les plus grands studios, de petites tables permettent de recevoir.
L’équipement des cuisines est minimal. Mais pour les pâtes, c’est suffisant. Comment ça y’en a marre des pâtes ?
Pour ceux qui logent en chambres, une cuisine collective est à disposition mais là aussi, avec un équipement minimaliste.

Des chambres pour les séjours de courte durée

Aux chambres dédiés aux étudiants s’ajoute une offre d’une vingtaine de chambres « court séjour », au même prix sauf pour les non-étudiants (de 16,12 à 34,34 euros la nuitée). Le Crous vise cette fois les étudiants ou les enseignants chercheurs de passage à Strasbourg, dans le cadre d’échanges. Ces chambres sont situées dans l’étage de couleur fuschia, à l’entresol.

La vue sur les quais depuis les chambres de courte durée (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Parquet et fuschia, ça se marrie pas si mal…
Les chambres pour les courts séjours sont entièrement aménagées.
Bon… Il vaut mieux aimer le fuschia.

16 millions d’euros

La rénovation a coûté environ 16 millions d’euros. Elle a été financée par le centre national des œuvres universitaires (Cnous) à la suite de l’accord intervenu entre le Crous et l’Afges au sujet de la Gallia. Les travaux ont été effectués par l’architecte Philippe Lainé, du cabinet alsacien Emergence.

Chaque étage a une couleur différente.

La Gallia, toute une histoire

Construit en 1885 par les Allemands, le bâtiment s’appelait la Germania, du nom de la banque qui l’a financé, jusqu’en 1918. Lorsque l’Alsace redevient française, le bâtiment est renommé la Gallia, c’est-à-dire la Gaulle en latin.

Des vues imprenables sur les quais et la Neustadt de Strasbourg.
Les finitions en fer forgé ont été conservées.
La vue à l’angle côté place Brandt.

À partir de 1927, l’Association fédérative des étudiants de Strasbourg (Afges) s’y installe et prend en charge le restaurant universitaire. La résidence universitaire est gérée par l’Université de Strasbourg jusqu’en 1948. Jusqu’à la rentrée 2015, l’Afges gérait encore le restaurant universitaire, désormais transféré au Crous, qui a repris les salariés de l’association.

Le restaurant en self-service a aussi bénéficié de la réfection.
Le restaurant de la Gallia a su conserver toute sa classe.
Même des bières à la pression !

L’Afges toujours présente

L’Afges reste néanmoins présente dans le bâtiment, puisqu’elle va gérer certaines salles : un espace de coworking pour les associations étudiantes, ses propres bureaux dans les étages, un projet d’épicerie solidaire, l’ancienne salle du minotaure (dont la fresque réalisée par des étudiants dans les toilettes) et la salle du caveau, connue pour ses mythiques soirées étudiantes, va devenir un espace culturel étudiant.

La fresque du minotaure réalisée par des étudiants, dans les toilettes de l’ancien restaurant du même nom (photo JFG)
L’ancienne salle du minotaure sera gérée par l’Afges. Son usage précis est encore à préciser (photo JFG)
L’ancien caveau deviendra un espace culturel à destination des étudiants, géré par l’Afges (photo JFG)
Un petit clin d’oeil à l’histoire du caveau, où l’on ramenait son plateau à la fin du repas (photo JFG)
Rénovation , rafraîchissement et mise aux normes ont été entrepris par le cabinet d’architectes Emergence.

Façade extérieure inchangée

La Gallia est l’un des bâtiments phares de la Neustadt de Strasbourg. Sa façade extérieure, en pierres de taille et briques rouges, n’a pas été modifiée par les travaux de rénovation.

(photos JFG / Rue89 Strasbourg)

Vous avez des souvenirs de la Gallia ? Postez les en commentaires !

#Gallia

#FillonGate : Philippe Richert et Fabienne Keller affichent leur distance

#FillonGate : Philippe Richert et Fabienne Keller affichent leur distance

Plusieurs figures majeures de la droite alsacienne n’ont pas signé la tribune des soutiens du candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon, enlisé dans des révélations qu’il peine à déminer.

Philippe Richert et Fabienne Keller ont parfois eux des désaccords, notamment quand il a fallu composer les listes « Les Républicains » aux élections régionales ou municipales. Mais le président du Grand Est et la sénatrice strasbourgeoise semblent s’accorder sur la nécessité de ne plus afficher une trop grande proximité avec François Fillon, le candidat de la droite à l’élection présidentielle, empêtré dans des affaires à rebondissement sur l’utilisation de fonds publics à destination de sa famille, sensée l’aider dans son travail de parlementaire.

« Le bûcher est dressé »

Plus d’une semaine après les premières révélations du Canard Enchaîné et d’autres médias concernant l’ancien Premier ministre, plus de 250 parlementaires et présidents de région de droite ont signé un court texte qui victimise leur champion, sans répondre aux accusations. Ils n’hésitent pas à écrire que « le bûcher est dressé ». À quand une plainte pour tentative de meurtre ?

Mais parmi les co-signataires, pas de Philippe Richert ni de Fabienne Keller donc. Pas de trace non plus de Laurent Furst, patron de « Les Républicains » du Bas-Rhin. Parmi les autres absents en Alsace on compte les sénateurs René Danesi, André Reichardt, Guy-Dominique Kennel, Jean-Marie Bockel, (UDI), Claude Kern (UDI) ou les députés haut-rhinois Jean-Louis Christ, Arlette Grosskost et Francis Hillmeyer (UDI). Les présidents des conseils départementaux, comme Frédéric Bierry dans le Bas-Rhin, n’ont pas été sollicités.

Cinq des sept présidents de régions de droite ont signé ce texte. Outre Philippe Richert, il manque à l’appel Christian Estrosi. Le président de Provence Alpes Côte d’Azur avait été éjecté de l’organigramme à rallonge du candidat à l’élection présidentielle mais Philippe Richert figure pourtant parmi la quarantaine d’élus du « conseil stratégique ».

L’entourage de Philippe Richert indique qu’il était en déplacement à Charlevilles-Mézières (Ardennes) et doit vérifier s’il a été saisi. Difficile d’imaginer qu’il ne l’a pas été. Un certain… François Fillon était en meeting dans la ville des Ardennes ce soir-là.

Les soutiens de la première heure, fidèles au poste

En revanche, beaucoup de députés alsaciens et soutiens de la première heure (Patrick Hetzel, Sophie Rohfritsch, Michel Sordi, Jean-Luc Reitzer, Fréderic Reiss, Claude Sturni) ou ralliés entre les deux tours de la primaire de la droite (les « Lemairistes » Éric Straumann, député et président du Haut-Rhin, Antoine Herth) y figurent. Ils ont tous été investis pour les élections législatives en juin.

Des mensonges ou des emplois fictifs

Après plus d’une semaine de polémiques, la seule certitude est que les époux Fillon ont au mieux menti à de multiples reprises sur leur situation ou au pire fait profiter de l’argent de l’Assemblée nationale et du Sénat à toute la famille, à des rémunérations bien plus élevées que d’usage (3 773 euros bruts par mois pour sa fille et 4 846 pour son fils).

Quant à son épouse, qui ne se défend pas par elle-même, elle a cumulé 831 000 euros en 15 ans. Une pratique légale en France, s’il s’agit d’un travail réellement effectué. Sinon, un emploi fictif est sévèrement puni par la loi. Employer sa famille est interdit dans d’autres pays ou au Parlement européen.

Or jusqu’ici, ce travail demeure difficile à documenter, bien que la loi ne définisse en rien le travail d’assistant parlementaire. De plus, l’activité de François Fillon lors de sa dernière année au Sénat est quasiment inexistante. Une enquête a été ouverte par le parquet national financier.

« Tenir 15 jours »

Le candidat, qui a notamment fais campagne sur les thèmes de l’assistanat, du gaspillage de l’argent public et de l’irréprochabilité, a demandé de « tenir 15 jours » à sa famille politique, mais tout le monde ne l’entend plus de cette oreille désormais.

« Les montants perçus sont choquants, mais ce n’est pas éliminatoire. Ce qui est éliminatoire, c’est le mensonge ! », a par exemple déclaré sous couvert d’anonymat un « poids lourd » du parti au Figaro.

Autre problème pour que la droite change de candidat, c’est que les fonds pour la campagne sont captés par le micro-parti de… François Fillon.

Inauguration de la huitième cabane anti-GCO samedi matin à Eckwersheim

Inauguration de la huitième cabane anti-GCO samedi matin à Eckwersheim

Alors que les travaux sur le tracé du GCO approchent, une huitième cabane contre le projet d’autoroute payante à l’ouest de Strasbourg sera inaugurée samedi matin au château d’eau d’Eckwersheim.

Pas un week-end ou presque ne passe sans un événement de protestation contre le grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles) de Strasbourg, ce projet d’autoroute payante de 24 kilomètres. Ce samedi 4 février, la huitième cabane sera inaugurée à 10h30 par le collectif « GCO Non Merci », qui rassemble élus, agriculteurs, associations et citoyens, avec le soutien des associations Ligne Verte et Les Fédinois contre le GCO et la municipalité d’Eckwersheim, au nord de Strasbourg.

Non-convaincus que ce projet réglera les problèmes d’accessibilité à Strasbourg aux heures de pointe, les opposants souhaiteraient que des alternatives propres (tram-trains, parkings relais, fluvial électrique, ferroutage des marchandises, pistes cyclables sécurisées, écotaxe poids lourds) soient mises en place, plutôt qu’un projet routier qui va remplacer plusieurs centaines d’hectares de terres naturelles et agricoles.

La cabane d’Ittenheim, point d’arrivé de la 2e marche des cabanes, le 1er janvier. (Photo les Fédinois contre le GCO)

Construites depuis juin 2014, ces cabanes matérialisent le tracé du GCO, dont la construction et la gestion ont été confiés à Vinci. Pour certains, elles préfigurent même d’une occupation pour s’opposer aux engins de chantiers lors des travaux. Selon le contrat signé en janvier 2016, ils doivent débuter fin 2017.

Le tracé du GCO (document Arcos)

Les opposants au projet organisent régulièrement des marches qui relient ces installations en bois. La quatrième s’est tenue le dimanche 29 janvier et a réuni 375 participants. Une cinquième est prévue le dimanche 12 février Griesheim sur Souffel à Pfettisheim.

 

Salle de shoot : 60 utilisateurs réguliers, 500 passages en deux mois

Salle de shoot : 60 utilisateurs réguliers, 500 passages en deux mois

Les deux salles de shoot ouvertes en France, à Paris et Strasbourg, ont présenté jeudi un premier bilan après respectivement 4 et 2 mois d’activité. Résultat : beaucoup de passages, des utilisateurs réguliers qui utilisent en majorité la voie intraveineuse pour s’injecter les produits stupéfiants. À Paris, c’est de la morphine et du crack, à Strasbourg de la cocaïne.

Une soixantaine de personnes toxicomanes ont trouvé le chemin de la salle de shoot de Strasbourg depuis son ouverture en novembre. Installé dans l’enceinte de l’Hôpital civil, cet espace, aussi appelé plus pudiquement « salle de consommation à moindres risques », vise à accueillir les toxicomanes pour leur permettre de s’administrer leurs substances dans un cadre sécurisé et sain. Plus de 500 passages ont été enregistrés en deux mois par les employés d’Argos, le nom de la salle strasbourgeoise.

Jeudi, la présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), Danièle Jourdain-Menninger, était à Strasbourg pour évoquer avec les professionnels le bilan des deux salles de shoot françaises. La première salle a ouvert en octobre à Paris, près de la Gare du Nord dans le Xe arrondissement et s’appelle l’espace Gaïa.

La devanture d’Argos, l’ancien pavillon de l’Hôpital civil dédié à la chirurgie thoracique (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Deux salles « expérimentales » en France

Ces lieux existent depuis des dizaines d’années en Allemagne et en Suisse mais en France, elles sont « expérimentales ». Un bilan définitif sera fait dans six ans, afin de déterminer s’il faut les généraliser en France ou non. L’Inserm est chargé de conduire une évaluation scientifique de ces espaces. La loi prévoit l’ouverture d’une troisième salle expérimentale mais pour l’instant, a précisé Danièle Jourdain-Menninger, aucune ville ne semble prête à l’accueillir… Et pourtant, le premier bilan de ces salles est très positif selon Rémi Féraux, maire (PS) du Xe arrondissement de Paris :

« Une fois le lieu créé, les riverains qui avaient exprimé des craintes avant l’ouverture nous disent qu’ils sont rassurés et qu’ils aimeraient même qu’elle soit ouverte plus souvent ! Il n’y a aucun problème de tranquillité publique tandis que le lien social créé avec les usagers permet de construire un travail considérable avec les usagers. »

À Paris, 175 voire 200 passages par jour

À Paris, où l’espace Gaïa a été installé près d’une « scène ouverte », c’est à dire une zone d’échange et de deal dans l’espace public. Depuis octobre, la salle parisienne a accueilli plus de 500 personnes différentes pour environ 16 000 passages. L’espace Gaïa reçoit en moyenne 175 passages par jour, avec des pointes à 200. Son équipe peut recevoir jusqu’à 250 passages par jour. De son côté, Argos prévoit 80 à 100 passages par jour à terme.

Selon Thomas Dusouchet, directeur-adjoint de Gaïa, la salle de shoot a permis de mieux connaître les pratiques addictives et surtout d’orienter une population très éloignée des soins vers des soins :

« On n’a pas été surpris par la prédominance des opiacés, des dérivés morphiniques dans les produits apportés par les usagers. En revanche, on a constaté une forte prévalence de l’hépatite C parmi les usagers, bien souvent pas vaccinés ou alors avec des rappels qui ne sont plus à jour, ni prise en charge. Surtout, l’espace a permis de retirer de l’espace public toutes ces personnes, qui auparavant s’injectaient leurs produits dans des recoins d’escaliers, des parkings alentours ou des toilettes… Elles sont dans un espace sécurisé et on peut les accompagner vers des soins adaptés à leurs situations. »

Skenan à Paris, cocaïne à Strasbourg

Les équipes d’Argos et de Gaïa ont pu comparer ce qui les différenciait et ce qui les unissait. Dans les deux salles, la vaste majorité des utilisateurs se shootent par voie intraveineuse. Les espaces de « sniff » sont nettement moins utilisés. À Paris, la majorité des produits sont des dérivés morphiniques, comme un médicament utilisé dans le traitement de la douleur, le Skenan et 13% des usagers sont des femmes. À Strasbourg en revanche, c’est la cocaïne qui est le produit le plus fréquemment injecté et 35% des usagers sont des femmes.

L’installation de la salle de shoot à Paris a donné lieu à une intense polémique. À Strasbourg aussi elle a suscité des débat, mais visiblement dans une moindre mesure. Seule une partie des élus de droite du conseil municipal s’étaient abstenus sur la délibération qui associait le contrat local de santé (que tout le monde soutenait) et l’ouverture de cet établissement (que certains rejetaient). Pour le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé, ce climat apaisé est à mettre au crédit de l’humanisme rhénan et d’un emplacement éloigné d’un secteur résidentiel.

#Danièle Bader-Ledit

Le Département affirme n’avoir « rien à cacher » sur ce qu’il dépense à Strasbourg

Le Département affirme n’avoir « rien à cacher » sur ce qu’il dépense à Strasbourg

Accusé et bientôt inspecté sur ses dépenses par l’Eurométropole de Strasbourg, le Conseil départemental du Bas-Rhin ne compte pas se laisser faire. Les élus de la majorité de droite ont présenté l’ensemble des dépenses du Département à Strasbourg et ses environs.

À quoi sert encore un Conseil départemental, dont les marges de manœuvre financières sont réduites par l’État et dont la suppression est parfois proposée ? Quel est son impact concret pour les habitants d’une grande ville comme Strasbourg ?

32 pages de chiffres

C’est à cette question que les élus du Conseil départemental du Bas-Rhin, de la majorité « Les Républicains – UDI » et issus des cantons situés dans les 33 communes de l’Eurométropole, ont essayé de répondre mardi 31 janvier à l’occasion de la présentation du budget 2017.

Un document de 32 pages, à consulter sous cet article, fournit de nombreux chiffres pour l’année 2017, mais aussi pour les années passées et celles à venir. On retrouve évidemment les grands dossiers du Département à Strasbourg, comme le centre pédagogique Le Vaisseau, l’école européenne, la Bibliothèque nationale universitaire et le TGV…

Quelques chiffres sur la part de l’Eurométropole dans le Bas-Rhin

    42% des logements des deux bailleurs sociaux départementaux (Opus et Sibar) sont situés sur le territoire de l’Eurométropole, 35 collèges sur les 91 du Bas-Rhin, 2,18 millions d’euros des « gros travaux » sur 22,8 millions au total, Un taux de pauvreté de 22,1% à Strasbourg, 17,8% sur l’ensemble de l’Eurométropole, contre 11,6% dans le Bas-Rhin, 71,2% des bénéficiaires du RSA (19 312 sur 27 112) habitent l’Eurométropole et 66% des personnes accompagnés vers des retours à l’emploi, 2,419 millions d’euros sont consacrés à l’aménagement du plan d’eau d’Eschau-Plobsheim, 32 131 bénéficiaires de la maison départementale des personnes handicapées, 8 250 bénéficiaires de l’allocation personnelle d’autonomie (APA), en établissement ou à domicile.

Un audit commandé par l’Eurométropole

Cette présentation intervient alors que le président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS), a prévu de commander un « audit » sur les dépenses du Département. Robert Herrmann accuse le Conseil département du Bas-Rhin de privilégier les campagnes alors que l’Eurométropole lui apporte l’essentiel de ses ressources fiscales et concentre près de la moitié de ses habitants. Qu’un président d’une collectivité commande une étude sur les dépenses d’une autre est assez inédit.

La situation est d’autant plus cocasse que certains membres de la majorité au Département, font aussi partie de celle à l’Eurométropole, dans la coalition droite-gauche aux commandes de l’exécutif métropolitain. De quoi semer la zizanie.

Robert Herrmann s’était aussi accroché avec le Département autour de l’Adira, une agence de développement économique historique, créée par le Département du Bas-Rhin. Elle a été fusionnée l’année dernière avec l’agence économique du Haut-Rhin, mais les élus de la Région Grand Est aimeraient que l’Adira dépende de leur collectivité, titulaire de la compétence économique depuis la réforme territoriale.

Dans ce mini-combat institutionnel, Robert Herrmann avait demandé « plus de clarté », autrement dit, que les Départements cessent de financer une agence qui ne correspond plus à une compétence de leur collectivité. Ambiance.

Une question de point de vue

Mais pour le Département, si les élus strasbourgeois ont le sentiment d’être mal servis, c’est avant tout pour des raisons de présentation comptable, comme l’explique Sabine Gorkiewicz, déléguée à la direction générale du Conseil départemental pour le territoire de l’Eurométropole :

« Sur les lignes de budget en commun avec l’Eurométropole, il est vrai que certains crédits ont été supprimés, notamment car il y a eu un choix de se désengager de la culture. Nos financements pour l’Opéra du Rhin ou vers la Haute école des arts du Rhin (HEAR) ont diminué. C’était déjà le cas sous Guy-Dominique Kennel (président du CD 67 de 2008 à 2014), car il y a eu une forte hausse des dépenses sociales qu’il fallait assurer. Mais dans les comptes des projets à destination l’Eurométropole, de nombreuses actions du Département sur ce territoire n’apparaissent pas dans les comptes de l’Eurometropole : les collèges, le RSA, l’aide à des associations et à des événements que nous sommes les seuls à financer, etc. On n’a rien à cacher. »

Sur une présentation du compte administratif 2015, c’est-à-dire un document qui indique les dépenses réelles et non prévisionnelles comme dans les budgets et qui sépare les dépenses par lieu d’affectation, la répartition est ainsi notée : sur un budget total de 1,1 milliard d’euros, 326 311 815 euros très précisément ont été dépensés sur le territoire l’Eurométropole, un peu plus qu’en 2014 (321 921 744 euros).

À cela, il faudrait ajouter selon l’administration départementale une part des 46 millions d’euros des subventions d’investissements et de fonctionnement à destination de structures dont le siège est situé dans l’Eurométropole de Strasbourg, mais dont les projets ont lieu partout dans le Bas-Rhin.

L’audit ? « Une gabegie »

Lors de ses vœux à la presse plus tôt dans le mois de janvier, le président du Conseil départemental, Frédéric Bierry (LR), avait qualifié « d’acte belliqueux » l’audit commandé par l’Eurométropole et fustigé une « ingérence », parlant même de « gabegie d’argent public » à l’heure où l’Eurométropole augmente ses impôts et sa dette pour la troisième année de suite. Selon lui, les 326 millions dépensées correspondent à 54% des politiques publiques réelles, qui sont fléchées sur l’Eurométropole qui représente 43% de la population du département.

Pourquoi 54% alors que 326 millions correspondent à 29% du budget total ? Fréderic Bierry répond que les crédits imputables à l’administration générale ne peuvent rentrer dans le calcul.

Les factures d’électricité, frais postaux et surtout le travail d’agents administratifs bénéficie à l’ensemble du Bas-Rhin, Eurométropole comprise puisque c’est notamment là que se situe l’hôtel du Département, même s’il est quasi-impossible de quantifier quelle part revient à quel territoire…

L’hôtel du département du Bas-Rhin se situe à la petite France, face à la fac de médecine de Strasbourg (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Est-ce que cet exercice de transparence va convaincre Robert Herrmann d’annuler son audit ? « Les chiffres ont leur fait dire ce qu’on veut », craint Pascale Jurdant-Pfeiffer, élue UDI d’opposition à Strasbourg. En effet, les ratios ne seront pas identiques si les dépenses sont rapportées à la population, aux recettes fiscales, au nombre d’habitants, de personnes sous le seuil de pauvreté, etc. Et là, tout risque de dépendre de la commande…

Le budget du Bas-Rhin dans l’Eurométropole

Législatives : aucune circo « Les Républicains » laissée à l’UDI dans le Bas-Rhin

Législatives : aucune circo « Les Républicains » laissée à l’UDI dans le Bas-Rhin

Suite à un accord, le parti de droite « Les Républicains » va donner l’investiture à « 65 ou 66 » candidats du parti de centre-droit UDI (sur 577 possibles) pour les élections législatives. Ces élections désigneront les nouveaux députés en juin 2017, juste après l’élection présidentielle.

Deux candidats investis à Strasbourg pour le moment

Mais dans le Bas-Rhin, cet accord ne se matérialise pas. « Les Républicains » ont six députés sortants qui se représentent. Ils avaient gagné sept circonscriptions sur neuf en 2012.
Selon le site de l’UDI, deux candidats sont investis pour le moment dans le Bas-Rhin, dont Pascale Jurdant-Pfeiffer sur la circonscription 2 (Strasbourg-sud). Une situation cocasse si elle se présente bel et bien, puisqu’elle serait en concurrence avec… Jean-Philippe Maurer (LR), sur un secteur où ils sont élus en binôme depuis 2015 lors des élections départementales.

Le candidat qui a arrêté la politique toujours investi

Plus étonnant, Laurent Py dispose toujours de l’investiture UDI sur la circonscription 1 (Strasbourg centre et ouest). Candidat en mai 2016 sur à l’occasion d’une législative partielle, il a depuis fait savoir en janvier 2017 qu’il ne serait plus candidat et qu’il mettait fin à ses engagements politiques. Il avait été aperçu au premier meeting d’Emmanuel Macron (En Marche) à Strasbourg, en octobre. Sur cette circonscription, la candidate de la droite est Elsa Schalk.
L’UDI est sujette à de fortes tensions internes. Les adhérents avaient voté pour ne pas présenter de candidat à la primaire de la droite en novembre 2016, mais une partie des élus avaient soutenu Alain Juppé. Depuis, les plus importants d’entre eux ont rejoint l’organigramme de François Fillon, alors que nombre d’adhérents ne se sentent pas en phase avec son programme. Certains se tournent vers Emmanuel Macron.

Un candidat dans le Haut-Rhin, trois en Meurthe-et-Moselle

Dans le Haut-Rhin, une circonscription sur six est réservée à l’UDI, celle de Francis Hillmeyer, député sortant. En revanche en Lorraine, trois des six circonscriptions de la Meurthe-et-Moselle, dont la capitale Nancy est dirigée par le maire UDI Laurent Hénart qui a rejoint François Fillon, leur sont réservés.

L’enjeu n’est pas tellement le nombre de circonscriptions laissées aux alliés, mais surtout lesquelles sont gagnables.

Les tickets numériques de la CTS, moins chers, mais moins pratiques que les imprimés

Les tickets numériques de la CTS, moins chers, mais moins pratiques que les imprimés

Face au succès limité des tickets dématérialisés sur l’application U’GO pour mobiles, la Compagnie des transports strasbourgeois propose la « Badgéo multi ». Cette carte peut être chargée de tickets numériques et prêtée. Mais pour voyager à plusieurs sur le même trajet, il faut autant de cartes… Une sécurité pour ne pas utiliser deux tickets par erreur. Dommage.

Alors que le ticket de bus acheté à bord passe de 1,70 à 2 euros, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) lance une carte sans nom ni prénom, sur laquelle on peut charger des tickets dématérialisés : la Badgéo Multi. Il est toujours possible de charger des tickets (ou un abonnement) sur la Badgéo solo, mais avec une photo, on ne peut la prêter.

La Badgeo multi peut servir un jour à un membre de la famille, un autre jour à un ou une ami(e) de passage dans la capitale du Grand Est. Jusqu’au 15 mars, elle est gratuite, à retirer en agence CTS. Un équipement pour la charger depuis son ordinateur est également donné (il coûte 5€ autrement). Ensuite cette carte coûtera 2€. Elle est valable six ans. La Badgéo solo est également gratuite pendant cette période (5€ le reste du temps).

Une carte pour partager les tickets moins chers. Elle est gratuite jusqu’au 15 mars (document remis par la CTS)

Impossible de voyager à plusieurs avec la même carte

Acheter un ticket sur une carte Badgéo coûte surtout 10 centimes de moins (1,60 contre 1,70 euro). Une réduction existe aussi quand les tickets dématérialisés sont achetés par 10 ou 30 (13,20 contre 14 euros et 38 contre 40,5 euros).  Mais voilà, la nouvelle carte Badgéo Multi ne permet pas de voyager à plusieurs sur le même trajet. Les tickets imprimés, eux, se prêtent toujours très bien.

La raison technique est une sécurité à la demande d’usagers qui empêche que la carte puisse être validée à 15 minutes d’intervalle, pour éviter qu’une mauvaise manipulation entraîne plusieurs paiements

Néanmoins, « la nouvelle carte perd de son intérêt », regrette François Giordani, président de l’ASTUS. À l’instar du ticket à 2€ à bord des bus, il est probable que ce soient les personnes de passage qui se retrouvent à payer plein pot.

Du neuf côté applis

Jusqu’ici la seule manière d’utiliser des tickets dématérialisés ponctuellement et sans surcoût était l’application U’Go. Mais l’application ne fonctionne que sur les téléphones sous Android, ce qui prive tous les Strasbourgeois qui possèdent un iPhone (environ 20% des smartphones en France) ou un Windows Phone (5 à 10% des appareils), comme ceux qui n’ont pas de smartphone, sans parler des imprévus de batterie… Les deux premières années, seuls 3 000 à 3 500 téléchargements de l’application avaient été effectués.

En 2015, l’application a été vendue au transporteur Keolis, intéressé par la technologie de paiement sans contact (NFC). Le nouveau propriétaire a depuis développé des applications similaires pour d’autres réseaux, et qui fonctionnent sur les iPhones. De « nouvelles annonces sur les applications de la CTS » sont attendues dans les prochains temps, indique Alain Fontanel, président de la CTS et premier adjoint (PS) au maire de Strasbourg. Elles pourront permettre de stocker les tickets et de voyager à plusieurs à partir d’une même application.

Dans les bus de la CTS, l’imprévu coûte 30 centimes de plus

Dans les bus de la CTS, l’imprévu coûte 30 centimes de plus

Depuis mercredi 1er février, acheter un ticket à bord d’un bus coûte 2€, contre 1,70€ à un guichet. Le « ticket de secours » doit permettre d’améliorer la ponctualité des bus et de pousser vers les tickets dématérialisés. Mais pour certains passagers, il sera difficile de ne pas se faire surprendre.

Depuis mercredi 1er février, il est toujours possible d’acheter un ticket à bord d’un bus de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Mais il en coûte désormais 2 euros et non plus 1,70 euro. Cette hausse du prix du ticket acheté à bord existe dans d’autres villes comme Lyon, Paris ou Marseille (1,80€ contre 1,50€).

Alain Fontanel (PS), premier adjoint au maire et président de la CTS, assume l’aspect « dissuasif » de cette mesure :

« L’enjeu, c’est de changer les comportements pour gagner du temps à bord des bus. Qui n’a jamais été bloqué dans sa voiture derrière un bus qui met du temps à redémarrer ? Une perte de vitesse d’un bus, c’est aussi un coût. Un kilomètre par heure de moins pour un tram, c’est un million d’euro par an. »

Le tarif a été choisi à 2 euros tous ronds pour réduire l’éventualité d’un rendu de monnaie. Chaque seconde compte à la CTS !

Toujours pas moyen de voyer à plusieurs avec une carte Badgéo

Pour accompagner le changement, la CTS dégaine une nouvelle carte : la Badgéo multi. Contrairement à la Badgéo solo, qui est nominative, la Badgéo multi peut être chargée avec des tickets dématérialisés et prêtée. Mais la CTS précise que pour voyager à plusieurs sur le même trajet, il faudra quand même plusieurs cartes Badgéo ! Pas de panique, si vous avez 3 tickets imprimés, vous pouvez quand même voyager à trois dans le même bus.

Cette nouvelle carte Badgéo coûte 2 euros (gratuite jusqu’au 15 mars). On peut la trouver à l’agence de la CTS, rue du Vieux-Marché-Aux-Vins (arrêt Alt Winmärik), mais pas la commander sur Internet.

Les tickets chargés sur une carte Badgéo (ou sur un téléphone Android avec l’application U’Go) coûtent 10 centimes moins cher qu’imprimés (1€60 contre 1€70). Là encore, l’objectif est d’inciter les usagers à dématérialiser leurs titres de transport. Alain Fontanel rajoute même : « les tickets papiers nécessitent la coupe de 50 arbres par an. »

L’imprévu et l’usager de passage

Néanmoins, il arrive de devoir prendre le bus à cause d’un imprévu (panne de voiture, accident de vélo, changement de programme)… Sans parler des touristes ou des personnes extérieures à Strasbourg, pas forcément au fait de la réglementation et des subtilités tarifaires. Dans toutes ces situations, prendre les transports en commun coûte donc 15% plus cher. « Non, car on peut toujours prendre un carnet de tickets à 1,70 euros » justifie la CTS.

La nouvelle tronche des tickets achetés dans les bus, plus chers (document remis par la CTS)

Augmenter les recettes de la CTS ?

Le conseiller municipal d’opposition Jean-Emmanuel Robert (LR) n’est pas convaincu par ces arguments. Dans un communiqué, il estime que « pour justifier ces hausses (la septième en huit ans), la mauvaise foi est toujours d’usage » :

« D’abord, le nom du ticket est habilement changé. On l’intitule à présent tarif de “responsabilité” comme si emprunter les transports en commun n’était déjà pas un acte responsable. […] S’agissant de la ponctualité des lignes de bus, elles sont bien plus pénalisées par les nombreux bouchons ou des travaux que par les passagers qui achètent un ticket. »

Il poursuit :

« Je préférerais qu’Alain Fontanel pour la CTS et Robert Herrmann pour l’Eurométropole, fassent preuve d’honnêteté en reconnaissant tout simplement que les augmentations des tarifs de la CTS – et donc ses recettes – visent à réduire la subvention de fonctionnement versée par l’Eurométropole pour lui permettre ainsi de dégager des marges de manœuvre dans son budget principal. »

Faux, rétorque Alain Fontanel, qui assure qu’aucune recette supplémentaire n’a été prévue dans le budget 2017 de la CTS. Néanmoins, dans les documents du débat d’orientations budgétaires du vendredi 27 janvier à l’Eurométropole, la « contribution transports » en 2019 est projetée plus faible (21,30 millions d’euros, contre 23,61 et 23,70 en 2017 et 2018).

Quelques distributeurs de billets vont être ajoutés sur la ligne 15, quand elle va devenir une « ligne structurante » en mars. Certains arrêts ont déjà été réaménagés comme ici place du Maréchal de Lattre de Tassigny (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des communes sans point de vente

Pour François Giordani, président de l’association des usagers des transports, l’ASTUS, le problème est que cette nouveauté n’est pas assez accompagnée :

« Sur le principe nous sommes d’accord. Cela permet d’être plus rapide et d’inciter à l’abonnement. Mais le site de la CTS nous indique que cinq communes de l’Eurométropole n’ont aucun point de vente, malgré la convention passée avec les distributeurs du Crédit Mutuel. Sur les bouts des lignes, si on est loin du tram, c’est aussi plus compliqué pour les usagers. Et tout le monde ne maîtrise pas les achats sur internet. Il y a une rupture d’égalité entre les Strasbourgeois. »

Pour Alain Fontanel, la situation des communes « a été réglée », ce qui voudrait dire que le site de la CTS n’est pas à jour. Il ajoute qu’une réflexion sur la possibilité d’acheter les tickets dans certaines mairies est toujours en cours. Précisons que sur le long de la future « ligne structurante » L1, qui doit remplacer la ligne 15 au printemps avec des aménagements pour gagner un peu de temps et en ponctualité, quelques distributeurs de billets seront installés sur les quais.

La Nouvelle Coop d’Alsace, c’est fini

La Nouvelle Coop d’Alsace, c’est fini

Le dernier magasin de la Nouvelle Coop d’Alsace a définitivement fermé ses portes. La chambre de commerce du tribunal de Strasbourg vient de prononcer la liquidation de la société, qui avait repris l’enseigne centenaire de Coop Alsace.

Sur la porte du magasin Nouvelle Coop de la Robertsau… (Photo EJ / Blog Robertsau)

La société Coop Magasins de Proximité (CMP) qui gérait l’enseigne Nouvelle Coop a été placée en liquidation par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg lundi 30 janvier.

Trois repreneurs écartés

Trois repreneurs potentiels s’étaient pourtant signalés au tribunal pour reprendre le dernier magasin Coop, celui de la Robertsau à Strasbourg : un entrepreneur du secteur du bricolage, Biocoop et le groupe Moulin des Moines de Krautwiller. Mais le tribunal n’a pas retenu ces repreneurs, jugeant leurs dossiers pas assez aboutis.

Les Nouvelles Coop d’Alsace avaient repris quatre magasins délaissés par Carrefour lors de la cession du réseau de proximité de Coop Alsace. Mais les magasins de Lingolsheim, Ernolsheim-sur-Bruche et Benfeld ont tous fermés les uns après les autres, faute de rentabilité. Les Nouvelles Coop d’Alsace ont employé jusqu’à 30 personnes.

La façade du dernier magasin à porter l’enseigne Coop à la Robertsau (Photo EJ / Blog Robertsau)

La Tom’s fair house : hébergement solidaire, entraide et spätzles

La Tom’s fair house : hébergement solidaire, entraide et spätzles

Auberge alternative, organisme humanitaire ou communauté internationale ? L’association Tom’s fair house est un peu tout cela à la fois. L’objectif principal est d’accueillir ceux qui en ont besoin dans plusieurs appartements à Strasbourg. Mais chacun est mis à contribution pour faire vivre la « communauté ». Côté cuisines, des réfugiés s’organisent pour aider les personnes sans-abri.

Le ton est donné quand Thomas Fritz, fondateur de Tom’s fair house, ouvre la porte d’un appartement rue Gustave Doré, au centre-ville de Strasbourg :

« Il suffit d’appuyer sur la poignée, vous savez, c’est toujours ouvert. »

Dans la grande pièce de ce logement d’une centaine de mètres carrés offre une décoration éclectique, une carte du monde, un chapeau chinois et des ukulélés côtoient un petit canapé en osier et d’autres meubles parés de tissus colorés. L’ensemble chaleureux : trois chambres plus ou moins grandes avec des lits superposés, une cuisine équipée, neuve, aux couleurs chaudes.

On rencontre plusieurs locataires, surtout des hommes : Fahran, trentenaire venu d’Irak il y a trois semaines, vient de faire à manger pour tout le monde, et chacun déguste son repas, à table ou sur les canapés.

Il y a là Alain, la cinquantaine, qui boit son café en toute discrétion. Il est à Tom’s Fair House depuis quelques jours et se débat avec quelques problèmes de santé et d’alcool. Mathieu, jeune canadien dynamique, nous accueille chaleureusement. A côté, Adam, le seul adolescent, est beaucoup plus timide. Thomas nous explique qu’il est venu de Tchétchénie en France il y a un an et demi avec sa famille.

C'est au salon que les résidents de l'appartement rue Gustave Doré peuvent se retrouver et déjeuner (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)
C’est au salon que les résidents de l’appartement rue Gustave Doré peuvent se retrouver et déjeuner (Photo DL / Rue 89 Strasbourg / cc)

Un concept de cohabitation à besoins multiples

Comme les autres résidents, il donne un coup de main selon ce qu’il peut faire. Car s’il est difficile de réduire le projet de Thomas Fritz à un seul concept, il le résume tout de même sous le vocable d’ »auberge alternative. »

Plusieurs profils y cohabitent : les touristes payent pour de courts séjours via des plate-formes comme AirBnb, les « woofers » logent gratuitement en échange d’un travail pour la communauté et il reste des lits à disposition pour les personnes dans le besoin.

L’idée remonte à 2013. Thomas Fritz est ingénieur en informatique, passé par Alcatel, EDF, mais aussi par le Conseil de l’Europe. Les Strasbourgeois l’ont aussi connu en tant que très éphémère propriétaire du Racing Club de Strasbourg. Thomas est un peu rêveur, et, décidé à rendre le monde meilleur, il lance un projet à destination du Burkina Faso, où il veut former des communautés à l’informatique « sobre au niveau énergétique », et aussi monter des projets d’éducation par le sport, notamment une école de football féminin.

Huit à dix personnes dans un appartement

Pour financer tout cela, il commence par louer un appartement situé quai Finkwiller sur Airbnb, pouvant loger jusqu’à neuf personnes avec des chambres partagées. Suivra un appartement rue Sainte-Madeleine exclusivement pour les femmes, avec cinq couchages.

L’association, dont les membres sont en fait Thomas Fritz et ses parents, est locataire de ces appartements, mais le propriétaire est d’accord avec son activité. Il est d’ailleurs en train de faire la démarche de changement d’usage auprès de la Ville.

Rue Gustave Doré, c’est Thomas Fritz le locataire, qui a passé un accord de sous-location avec le propriétaire. Huit à dix personnes peuvent cohabiter dans l’appartement. Il concède que parfois, cela fait un peu beaucoup :

« On tiendrait économiquement à huit, mais parfois j’ai du mal à dire non ».

Selon Thomas, les recettes d’hébergement touristiques suffisent à payer les loyers et les charges des appartements, ce qui permet de maintenir le modèle hybride propre à Tom’s Fair House :

« Par exemple, pour l’appartement Gustave Doré, nous devons rentrer entre 2 000 et 2 500€ par mois, donc environ 80€ par nuit. Si on loge quatre personnes à 20€ la nuit, c’est bon ! »

Le côté communautaire et solidaire de Tom’s Fair House est rappelé à tous les instants, par exemple sur les annonces des chambres sur Airbnb :

« Pourquoi nous choisir ? Parce que vos voyages changent le monde : l’argent de vos locations finance des projets solidaires en Alsace, en Équateur et au Burkina Faso ! »

Leur site avance qu’en deux mois en 2013, 4 000€ ont pu être récoltés pour participer au financement d’une école de sport et musique au Burkina Faso.

Les publics accueillis à Tom’s Fair House sont issus de parcours très différents (Photo TFH)

Une opportunité pour se relancer

Thomas raconte l’évolution du projet, qui peut paraître confus car toujours en évolution :

« A l’origine c’était ça : des jeunes un peu paumés viennent, et on leur dit « Take your passion and make it happen ». Ici, c’est une possibilité de laisser les gens libres pour trouver ce qu’ils vont naturellement faire, et qui soit utile pour le bien public. »

Il donne l’exemple de Davide, étudiant passé par la Tom’s Fair House il y a quelques années, qui s’est finalement tourné vers la musique et participe aujourd’hui au groupe Papyros’n. Rue Sainte-Madeleine, c’est une dame hollandaise qui occupe le « lit social », comme le décrit Thomas :

« Elle avait besoin d’un endroit où se poser, pour l’instant on ne lui a rien demandé, il faut qu’elle prenne le temps de se retourner. Mais elle a une formation de juriste. Peut-être qu’elle pourra nous aider là-dessus à l’avenir ! »

Beaucoup d’idées, quelques unes finissent pas se réaliser

Thomas bouillonne toujours d’idées, et s’enthousiasme vite pour des projets futurs, même sans savoir si ce sera faisable ou adapté :

« Peut-être qu’on fera un mini restaurant, ici dans l’appartement! On vit en colocation, on accueille des gens pour manger, ça paye le loyer… Pourquoi pas? »

Car les projets de l’association, des locataires et woofers, ne sont jamais fixes, mais tout le monde est encouragé à se rendre utile tout en rapportant un peu d’argent. Il y a quelques années, des woofers avaient organisé un concert, dont les bénéfices revenaient à l’association.

Publicité artisanale créée par les enfants résidant à Tom's fair house, pour leur vente de Spätzle (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Publicité artisanale créée par les enfants résidant à Tom’s fair house, pour leur vente de Spätzle (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

Quand les réfugiés veulent aider les sans-abris

Selon Thomas, ce sont les locataires qui ont eu l’idée des Refugee Spaetzle, opération dont l’objectif est de cuisiner des pâtes alsaciennes par dizaines de kilos, et de les vendre, par Facebook, pour financer l’association. A côté de cela, plusieurs réfugiés ont décidé de participer à des maraudes la nuit, pour apporter de quoi manger et boire aux personnes sans-abris.

Thomas raconte que l’idée était d’apporter de la chaleur, mais aussi quelques denrées originales, pour casser la routine :

« On avait de la soupe chaude bien sûr, mais on a aussi fait de la compote, et on a apporté un peu d’alcool fort en faible quantité. Il y en a qui étaient vraiment contents de pouvoir boire un bon schnaps ! »

Dans l’appartement, une carte de Strasbourg recense où se trouvent les sans-abris, pour faciliter les futures maraudes.

« Apprendre à se connaître »

Mais Thomas affirme que la solidarité est au fondement de sa démarche, qui est non seulement une manière de s’entraider, mais aussi une vraie vie en communauté et un enrichissement de tous les instants. Depuis quelques temps, ce sont surtout des personnes étrangères qui toquent à la porte de « Tom », orientées par des associations. Thomas préfère ça :

« Pourquoi mettre les réfugiés dans des campements ? On a un bon équilibre ici. Ça se mélange, et tout le monde se tire vers le haut. On a des « réfugiés » français ou étrangers, c’est pareil. Quand il y a des sessions au Parlement, on a des attachés parlementaires qui cohabitent avec eux. L’idée, c’est surtout d’apprendre à se connaître. »

Cette joyeuse cohabitation est mise en avant sur leur page Facebook : Kan est érythréen, Tarek est un jeune marocain arrivé il y a à peine deux semaines. Avec Mathieu, Fahran et les autres, ils s’organisent des sorties, immortalisées par Elvin (le prénom a été changé), azerbaïdjanais qui s’occupe de faire des petits reportages et du montage vidéo. Thomas raconte :

« Hier soir, on est tous allés dans un restaurant alsacien, pour que ceux qui viennent d’ailleurs découvrent les spécialités d’ici ».

 

On trouve dans les appartements des rappels sur l'origine et la mentalité du projet de Tom's fair house. (Photo DL/Rue 89 Strasburg/cc)
On trouve dans les appartements des rappels sur l’origine et la mentalité du projet de Tom’s fair house. (Photo DL/Rue 89 Strasburg/cc)

Débrouille, bricolage et mutualisation pour plus de lits

Depuis janvier, Thomas Fritz a même mis deux pièces de son propre appartement à disposition, de l’autre côté du palier, pour pouvoir loger des réfugiés en urgence. Il répète à l’envi qu’il n’y a pas de raison d’avoir des pièces vides quand des gens dorment dehors. Comme les parents d’Adam, qui sont sourds-muets, et qui sont ballottés d’hébergement en hébergements depuis presque deux ans.

Il raconte que le 115 avait rappelé la famille pour leur proposer un logement social, mais que c’était trop indécent et que, pour l’instant, elle resterait chez lui :

« Il n’y avait rien, c’était du camping : des lits de camp, pas de couverture. Un immeuble dégueulasse. Comment on peut proposer des trucs pareil aux gens ? On devrait d’abord leur laisser une chance. »

Thomas a aussi reconverti sa cuisine :

« On s’est dit qu’une seule cuisine pour tous, dans l’autre appartement ça suffisait ! Comme ça, Fahran a sa propre chambre. On a dû construire un lit d’ailleurs, à partir de morceaux d’étagères et d’un vieux sommier. Mais c’est comme ça que ça marche, à partir d’un besoin, on crée quelque chose ».

La cuisine est rapidement devenu le lieu de sociabilisation le plus utilisé (Photo TFH)

Développer le modèle du « social privé » ?

L’activité de Thomas et ses compères laisse un peu sceptiques les acteurs traditionnels de l’aide aux personnes sans-abri ou demandeurs d’asile. Pour certains, l’initiative de Thomas Fritz se rapproche d’une solidarité à la carte :

« Ces gens qui soudain veulent sauver les SDF sans concertation avec l’existant font parfois plus de mal que de bien. Par exemple, pour la vidéo sur les policiers qui réveillent les SDF, ils ont filmé en douce sans les prévenir, c’est un manque de respect. Il faut être clair, il s’agit d’un projet commercial d’auberge. Ils se présentent comme un logement pour les SDF mais ils n’acceptent les personnes doivent être non-toxicos, sans alcool, sans animaux, et “gentils”. »

Un positionnement assumé de la part de Thomas Fritz, qui précise que sa politique est d’accueillir les personnes avec « de bonnes intentions ». Il raconte avoir « pris entre quatre yeux » un résident qui était rentré ivre deux soirs de suite, pour lui dire qu’il était impossible de continuer ainsi à Tom’s Fair House…

Thomas n’a pas l’intention de rendre des comptes sur ses activités. Après des années de tutelle publique sur l’aide sociale, le modèle économique de Tom’s Fair House réinvente la charité privée :

« On veut se développer, trouver de nouveaux locaux. Parfois la Ville nous indique des endroits vacants, mais c’est vraiment beaucoup de démarches administratives, et on n’a pas forcément les compétences ni le temps pour le faire. On ne veut pas prendre de l’argent public, on préfère rendre de l’argent à l’Etat. Notre objectif est de devenir une société coopérative, où les gens investiraient, dans des appartements par exemple. Je pense que pour chaque problème public, il existe un modèle économique. »

Pour les SDF alcooliques en revanche, il faudra néanmoins toujours compter sur l’aide sociale publique.

#Thomas Fritz

La SIG lâche une image de sa future arena pour motiver les sponsors

La SIG lâche une image de sa future arena pour motiver les sponsors

La SIG, le club de basket de Strasbourg, dévoile une image de son projet d’extension de salle, au Wacken. Histoire de rappeler à tous les sponsors possibles que le projet est prêt et qu’ils n’ont plus qu’à mettre leur nom dessus…

Les journalistes sont venus nombreux lundi matin, à la conférence de presse de la SIG, le club de basket de Strasbourg et d’Illkirch-Graffenstaden. Il faut dire que la SIG avait promis de dévoiler son projet de nouvelle salle. Certains espéraient que le futur sponsor principal du club, ce qu’on appelle dans le jargon un namer, soit dévoilé. Mais il faudra se contenter d’une image de synthèse.

À ce stade, « des contacts ont été noués » avec trois entreprises de l’Eurométropole, une française et une européenne a fait savoir Martial Bellon, président de la SIG.

Rappelons que le projet de la SIG est d’agrandir sa salle actuelle du Rhénus Sport au Wacken, pour passer la jauge de 6 200 à 8 000 spectateurs. L’objectif du club est aussi d’augmenter ses surfaces commerciales pour générer des revenus supplémentaires en publicité, le club évoque les secteurs du bio, du bien-être et du sport. La nouvelle salle permettrait également d’améliorer ses équipements (bureaux, salles d’entrainement, espace médias et surfaces d’accueil avant les matches).

Un financement privé de 30 millions d’euros… à trouver

L’investissement est désormais évalué à 30 millions d’euros hors taxes, voire 34 millions pour passer à 10 100 places vraisemblablement dans un second temps. L’objectif est que le projet soit financé par le club (20%), un sponsor privé (20% soit 6 millions d’euros étalés sur plusieurs années) et un emprunt (60%) en partie garanti par la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, qui serait remboursé grâce à la location des 4 000 m² d’espaces commerciaux.

L’arena de la SIG en 2020 ? (Visuel Nogha Consulting)

Le visuel d’un projet de salle, réalisé par l’architecte Samuel Nogha, actionnaire de la SIG, donne une idée de l’allure du bâtiment. Si tout se passe bien, les dirigeants espèrent le début des travaux vers 2018 pour y débuter la saison 2020. La salle pourrait accueillir d’autres événements, plutôt sportifs comme du handball, car ils ne doivent pas faire concurrence au Zénith.

Plan détaillé de l’extension envisagée (plan Nogha Consulting)

Vitale pour les ambitions du club

Pour le président du club, Martial Bellon, cette salle est en tout cas une condition indispensable pour garder les ambitions sportives :

« En l’état, nous n’avons pas le budget pour être en capacité de jouer l’Euroligue (qui réunit les 16 meilleurs clubs européens, ndlr). Ce projet doit nous donner les moyens supplémentaires qui nous permettront d’y arriver. »

Actuellement la SIG joue en Ligue des Champions de basket, comme tous les clubs français. Cette compétition est née suite à un bras de fer entre les instances du basket européen, mais la majorité des grands clubs européens ont préféré la compétition privée de l’Euroligue ou même l’Eurocup, où Strasbourg est allée en finale en 2016. Un recours est en cours d’instruction à la commission européenne.

Le sixième lot du quartier d’affaires lancé à côté

Sur le visuel, une tour apparaît au premier plan. Son apparence est fictive, puisqu’il s’agit d’un terrain de la municipalité qui sera vendu à un promoteur ou un investisseur. Il s’agit du sixième lot du quartier d’affaires international (QAI) du Wacken dont la municipalité a choisi de lancer la commercialisation. À l’extrême gauche, au premier plan, on devine la tour où Adidas va s’installer.

Schéma du quartier d’affaires du Wacken, en prenant compte de l’arena Sig. Les lots A ; B ; C ; D ; G ; H ne sont pas encore commercialisés. Il s’agir de l’emplacement du parc des expositions  (document Ville de Strasbourg)

Il s’agit du premier lot de la phase 2 du projet, qui devait se trouver de l’autre côté du Rhénus, mais où se situe toujours le parc des expositions. Le déménagement de ces halls vers l’actuel stade du SUC, entre le Hilton, le lycée Kléber et la chaufferie biomasse du Wacken, est reporté pour cause de difficultés budgétaires, mais aussi d’interrogations sur la pertinence économique de grands halls peu utilisés, alors que le Palais de la Musique et des Congrès vient d’être agrandi.

Suivez en direct le Forum européen de bioéthique de Strasbourg

Suivez en direct le Forum européen de bioéthique de Strasbourg

Si vous ne pouvez pas vous rendre aux conférences et aux rencontres organisées par le Forum européen de bioéthique, ou si vous êtes agoraphobe, Rue89 Strasbourg a la solution : regardez les conférences ici même, retransmises en direct.

Tous les débats se déroulant à l’Aubette sont retransmis en direct ci-dessus.

Et pendant ce temps sur Twitter


Primaire du PS : Benoit Hamon l’emporte, encore plus largement à Strasbourg et Mulhouse

Primaire du PS : Benoit Hamon l’emporte, encore plus largement à Strasbourg et Mulhouse

Benoit Hamon remporte largement la primaire du Parti socialiste et de ses alliés, qui visait à désigner le candidat du PS pour l’élection présidentielle française. En Alsace, l’écart est similaire au reste de la France mais à Strasbourg et Mulhouse, il est plus prononcé.

Benoit Hamon sera le candidat du Parti socialiste (PS) à l’élection présidentielle de mai 2017. Les résultats lui donnent 58,71% des voix, contre 41,29% des suffrages pour son adversaire, Manuel Valls, après le dépouillement de plus de 99% des bureaux de vote.

Dans le Bas-Rhin, les résultats définitifs (21 458 votants) donnent 58,99% de voix pour le député des Yvelines, contre 41,01% pour l’ancien Premier ministre. À Strasbourg (9 202 votants), cet écart monte à 63% contre 37%.

Dans le Haut-Rhin, les résultats définitifs attribuent 43,53% des voix à Manuel Valls et 56,47% pour son adversaire. En revanche à Mulhouse, Benoit Hamon empoche 63% des bulletins de vote, comme à Strasbourg.

Le détails des votes en Alsace

Objectif, rassembler

Le vainqueur aura pour responsabilité de rassembler, à commencer par son camp, les deux candidats PS ayant montré d’importantes divergences dans leurs programmes, par exemple sur la laïcité ou le travail. C’est assez mal parti. Dimanche soir, Benoit Hamon n’a pas attendu la fin du discours de Manuel Valls pour débuter le sien. L’ancien Premier ministre en avait profité pour justifier le bilan du quinquennat qui s’achève.

Ensuite Benoit Hamon doit trouver une voie à gauche, car sa présence au second tour de l’élection présidentielle n’est pas assurée. Dès dimanche soir, il a indiqué qu’il proposera à Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) et à Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) « de construire une majorité gouvernementale sociale, économique et démocratique. » Sur sa droite, Benoît Hamon devra compter avec Emmanuel Macron (En Marche), que les sondages créditent parfois de suffrages plus nombreux que ceux du candidat socialiste.

Soutien de Roland Ries

Le maire de Strasbourg, Roland Ries, un temps aperçu aux débuts de « En Marche », le mouvement du candidat Emmanuel Macron, puis soutien de Manuel Valls, a rapidement indiqué soutenir le vainqueur de la primaire du PS.

Plus de votants selon les organisateurs

Les organisateurs annoncent une participation de « 2 millions d’électeurs ». Au premier tour, ils ont été finalement 1,6 million, après des interrogations sur la participation réelle.

Le bureau de vote à l’école Saint Thomas, à Strasbourg (photo Pierre France/Rue89 Strasbourg)

Le chantier de la pagode vietnamienne entre dans sa dernière ligne droite

Le chantier de la pagode vietnamienne entre dans sa dernière ligne droite

Route de la Wantzenau dans le quartier de la Robertsau à Strasbourg se termine la pagode bouddhiste Vietnamienne. Le Blog de la Robertsau l’a visitée à quelques mois de la fin du chantier.

Au 311 route de la Wantzenau la nouvelle pagode / Photo EJ – Blog de la Robertsau

Alors que se fête samedi la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, le chantier de la pagode bouddhiste vietnamienne de Strasbourg, au 311 rue de la Wantzenau à la Robertsau, progresse.

Un projet depuis 2002

Le projet de construction d’une grande pagode bouddhiste vietnamienne est en gestation depuis 2002. Depuis plusieurs dizaines d’années, les bouddhistes vietnamiens de Strasbourg se retrouvent dans une petite pagode à Neudorf. La future pagode de la route de la Wantzenau, qui aura une superficie de 937 mètres-carrés sur deux niveaux, est très attendue.

La nouvelle pagode de la Robertsau (doc remis)

Elle sera dotée d’une grande salle de prière de 200 mètres-carrés, d’une salle culturelle et d’une bibliothèque, d’un réfectoire, de chambres pour les bonzes au premier étage… Le budget de construction approche les deux millions d’euros, dont 10 % sont financés par la Ville de Strasbourg comme pour chaque lieu de culte.

Inauguration le 20 mai 2017

Le chantier est piloté par Noël Kirtz. Comment imaginer un bâtiment bouddhiste avec une culture occidentale ? C’est le défi qu’il a tenté de relever et qu’il explique devant la caméra.

Vous n’avez jamais visité de pagode bouddhiste ? Suivez le guide et la caméra du Blog de la Robertsau pour une petite visite commentée par Noël Kirtz, qui avec passion nous en explique la symbolique.

l’intérieur de la nouvelle pagode / photo EJ / Blog de la Robertsau
photo EJ / Blog de la Robertsau
#pagode

Plan grand froid : les gymnases ferment, des accueils de nuit prennent le relais

Plan grand froid : les gymnases ferment, des accueils de nuit prennent le relais

Face à la baisse des températures, et le péril pour la vie des personnes sans domicile, la Ville avait mobilisé des gymnases pour mettre à l’abri ceux qui étaient laissés dehors par le dispositif d’hébergement d’urgence. Vendredi, l’État a annoncé qu’il prenait le relais, avec une extension du plan hivernal vers des accueils de nuit et des appartements.

Début janvier, la Ville de Strasbourg avait mobilisé un gymnase pour ajouter 80 places au dispositif d’hébergement d’urgence. Face à la baisse des températures, la demande de mise à l’abri avait alors augmenté et le dispositif d’hébergement d’urgence hivernal de 214 places, mis en place par l’État, s’est retrouvé saturé.

Vendredi, la préfecture du Bas-Rhin a annoncé lors d’une conférence de presse que le dispositif de l’État avait été augmenté, pour atteindre 388 places d’hébergement d’urgence. La Ville contribue à ce dispositif, notamment en louant à l’État une cinquantaine d’appartements destinés aux organismes de logements sociaux. Le reste des renforts provient d’immeubles réquisitionnés, transformés en dortoirs sommaires, jusqu’à la fin du plan hivernal en mars.

Les mardis soirs, Strasbourg Action Solidarité se place près de la gare (Photo Jacques Gross)

Le 115 répond toujours « oui », assure l’État

Toutes ces places sont gérées par les associations spécialisées dans l’hébergement, comme Entraide – Le Relais, Horizon Amitié ou l’AAHJ. Elles sont réparties par le service intégré d’aide et d’orientation, autrement dit le « Samu social », le 115. Secrétaire générale adjointe de la préfecture du Bas-Rhin, Milada Pantic l’assure :

« Toutes les demandes d’hébergement sont pourvues. Personne ne reste à la rue. »

Personne ? Ce n’est pas l’avis de ceux qui vont à la rencontre des personnes sans-abri chaque soir (lire le témoignage de Monique Maitte), comme le Collectif Action Solidarité, ou le Collectif SDF Alsace. Leurs membres appellent régulièrement le 115 pour leur signaler des gens qui ont besoin d’être mis à l’abri, sans trouver de solution parfois. Pour Milada Pantic, il y a une distorsion entre le nombre de places et l’accueil effectif :

« Nos capacités d’accueil renforcées sont suffisantes pour héberger tout le monde. Mais il arrive que des personnes appellent, puis ne viennent pas, ou pas à l’heure où ils étaient attendus, ce qui fait que leur place a été réattribuée. »

Entre 300 et 350 personnes à la rue à Strasbourg

Les services de l’État évaluent de 300 à 350 personnes sans hébergement chaque jour, soit à cause d’une grande précarité, soit parce qu’il s’agit de personnes déboutées du droit d’asile mais qui sont restées en France. Les associations d’hébergement mobilisées ne demandent de justifier d’aucune situation pour proposer un lit pour la nuit. Grâce aux appartements, ces associations peuvent héberger des familles et débuter un travail d’accompagnement social avec elles.

Outre le dispositif d’hébergement d’urgence, l’État a augmenté les capacités de l’hébergement temporaire, qui compte 4 600 places dans le Bas-Rhin et celui à destination des demandeurs d’asile à 3 300 places. Chaque jour, l’État mobilise entre 1 500 et 1 600 chambres d’hôtel pour répondre à la demande.

Gagnez des places pour l’avant-première du film Chez Nous

Gagnez des places pour l’avant-première du film Chez Nous

Rue89 Strasbourg, en partenariat avec le cinéma Star Saint-Exupéry vous propose de gagner 20 invitations pour deux places pour l’avant-première du film Chez Nous vendredi 10 février à 20h30, en présence du réalisateur Lucas Belvaux.

Le pitch

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle.
Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

La bande annonce

Pour participer il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous, le tirage au sort aura lieu le vendredi 3 Février 2017.