Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

L’Eurométropole de Strasbourg s’agrandit, la gauche se dilue

L’Eurométropole de Strasbourg s’agrandit, la gauche se dilue

Jeudi, le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg doit entériner le passage de l’intercommunalité de 28 à 33 communes. Avec ce regroupement, tout l’exécutif de l’Eurométropole doit être réélu. Mais il y a juste un problème : la gauche n’a plus la majorité des sièges. Des votes à suivre en direct sur Rue89 Strasbourg.

Ne dites plus les 28 communes de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) mais les 33. Car depuis le 1er janvier, les riants bourgs d’Achenheim, Breuschwickersheim, Hangenbieten, Kolbsheim et Osthoffen ont rejoint l’intercommunalité, leur communauté de communes était devenue trop petite pour rester seule. Le nombre de conseillers communautaires a donc évolué, il est passé de 95 à 100. Leur répartition dépend de la population des communes concernées, avec un minimum d’un conseiller par commune, généralement le maire, et un maximum de la moitié des sièges disponibles.

En conséquence, la nouvelle répartition du conseil de l’Eurométropole est la suivante :

Comme il s’agit formellement d’une nouvelle assemblée, la loi exige que tous les mandats soient remis. Après l’accueil des nouvelles communes, le conseil de l’Eurométropole doit donc se voter jeudi à partir de 9h un président et une vingtaine de vice-présidents. Président sortant, Robert Herrmann (PS) se présente. Il aura face à lui un tout nouvel élu dans cette assemblée, Éric Senet (DVD).

Quelques soubresauts parmi les délégués de Strasbourg

Car en décembre, les conseils municipaux des communes dont le nombre de délégués a changé ont dû procéder à un nouveau vote pour désigner leurs élus communautaires. C’est ainsi qu’à Schiltigheim, Danielle Dambach (EELV) a dû céder son siège. Illkirch-Graffenstaden et Bischheim ont également dû rendre un siège.

La couleur de la nouvelle assemblée

En revanche, Strasbourg en a gagné trois. Lors du conseil municipal de décembre, Strasbourg a envoyé Michaël Schmidt et Annick Neff renforcer les rangs socialistes au conseil métropolitain. Mais à la surprise générale, le 3e siège a été pour le conseiller d’opposition Éric Senet, élu suite à l’abstention d’une partie de la gauche. Pour ce dernier, l’arithmétique au conseil de l’Eurométropole est désormais favorable à la droite. Il compte 51 élus de droite et indépendants, 48 affiliés à gauche et un élu d’extrême-droite.

Roland Ries, maire de Strasbourg, et Nicolas Matt, conseiller communautaire (Photo Pascal Bastien)
Roland Ries, maire de Strasbourg, et Nicolas Matt, conseiller communautaire (Photo Pascal Bastien)

Un vote serré et secret

Certes, mais les 29 élus du groupe des maires de droite et indépendants emmené par Yves Bur, maire (DVD) de Lingolsheim, ne devraient pas voter Éric Senet pour autant. Vice-président de l’Eurométropole, souvent qualifié « numéro 2 », et pilier de la coalition aux commandes de l’exécutif métropolitain, ce dernier n’a pas voulu tenter l’aventure contre Robert Herrmann avec lequel il travaille depuis mars 2014. Éric Senet, lui, est bien partant (lire notre article dédié) et il a appelé les maires de droite à se reporter vers lui, pour « respecter le vote des électeurs » de mars 2014.

Du coup jeudi matin, tous les élus devront voter pour Robert Herrmann (PS), Éric Senet ou s’abstenir et comme le vote est serré et secret, il se pourrait qu’il y ait des surprises… La gauche strasbourgeoise a montré qu’elle pouvait ne pas voter quand les candidats choisis ne leur plaisait pas. Une partie des élus écologistes pourraient aussi être tentés de s’abstenir, pour régler des différends internes relatifs à la présidence de leur groupe. Parmi les cinq maires nouvellement arrivés, quatre sont sans étiquette et un, Dany Karcher, est classé proche des écologistes.

Président de cette coalition hétéroclite, mais solide jusqu’à présent, Robert Herrmann ne prévoit par de grands changements. Il souhaite reconduire tous les vice-présidents, dont le nombre n’a pas varié, à leur poste. Mais là encore, le vote est secret et l’ambiance de janvier 2017 n’est plus celle de mars 2014. Certains maires ont appris à se connaître… ou à se détester. Pour leur accueil, les cinq nouveaux maires de l’Eurométropole ne devraient pas être déçus.

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Le plan d’hébergement « grand froid » activé dans le Bas-Rhin

Le plan d’hébergement « grand froid » activé dans le Bas-Rhin

Suite à des prévisions de températures nocturnes comprises entre -5°C et -10°C, la préfecture du Bas-Rhin ajoute 70 places d’hébergement dans le département et mobilise deux accueils de nuit à Strasbourg.

Dans un communiqué, la préfecture du Bas-Rhin annonce que le préfet a décidé d’activer le niveau 1 du plan « grand froid », suite à des prévisions de températures « susceptibles d’être comprises entre -5 et -10° sur plusieurs jours » :

« Le dispositif hivernal, activé depuis le 1er novembre 2016, a donné lieu à la mobilisation de 154 places d’hébergement supplémentaires. Le renforcement de ce dispositif se traduit par la mobilisation de 70 places supplémentaires pour les personnes isolées et pour les familles, l’ouverture temporaire de deux accueils de nuit susceptibles d’accueillir une trentaine de personnes, familles et isolés, à Strasbourg et une vigilance accrue des équipes de maraudes qui tournent tous les soirs de la semaine en hiver. »

Plusieurs centaines de personnes à la rue chaque nuit

Depuis plusieurs semaines, des associations et des particuliers alertent sur la situation des personnes sans-abri, dont plusieurs centaines ne peuvent trouver d’hébergement d’urgence la nuit, en raison d’un nombre de places disponibles insuffisant.

Le gymnase du Heyritz mobilisé. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Jeudi, la Ville de Strasbourg a ajouté au dispositif une quarantaine de lits, dans le gymnase du Heyritz. Ils sont disponibles pour faire face à l’urgence, jusqu’à ce que la météo se montre plus clémente et mobilisables à partir du 115.

Le maire de Strasbourg, Roland Ries, encourage d’ailleurs les Strasbourgeois à signaler les personnes en situation de précarité face au froid puisque pendant cette période très limitée, le Samu social est en mesure de répondre aux demandes. D’habitude, le 115 est régulièrement saturé, nombre de personnes isolées et sans domicile renoncent à y faire appel.

Selon les critères de l’État, qui règle la facture, pour que le niveau 2 du plan de vigilance soit activé, il faut que les températures ressenties, donc qui incluent l’humidité et le vent, soient négatives en journées et situées entre -5°C et -10°C la nuit pendant plusieurs jours. Il existe un niveau 3, appelé également « froid extrême », pour des températures négatives en journée et inférieures à -10°C la nuit.

Comment le PS du Bas-Rhin veut remobiliser ses troupes pour 2017

Comment le PS du Bas-Rhin veut remobiliser ses troupes pour 2017

Pas moins de six scrutins attendent le Parti socialiste en 2017, à un tournant depuis que François Hollande a annoncé ne pas se représenter pour l’élection présidentielle. Dans le Bas-Rhin, on espère que Manuel Valls saura faire oublier les 49-3 et la déchéance de nationalité et on compte beaucoup sur François Fillon pour ça.

Fin décembre, la première secrétaire fédérale du Parti socialiste (PS) bas-rhinois, Pernelle Richardot, était on ne peut plus claire :

« L’année 2017 est déterminante pas seulement pour le PS, mais aussi pour notre modèle démocratique. Mais je ne suis pas sûr que tout le monde l’ait bien compris. »

Car de nombreuses échéances attendent le PS cette année, et le Parti n’est pas très bien placé. La première échéance délicate arrive très vite, dès les 22 et 29 janvier avec l’élection présidentielle primaire, ouverte à tous les électeurs moyennant 1€ ou plus, pour désigner le candidat de l’alliance socialiste à l’élection présidentielle. La campagne sera donc très très courte.

Tant mieux pour l’organisation, qui peine à mobiliser des militants socialistes essorés après cinq années de gouvernement parfois loin de leurs convictions, mais tant pis pour la mobilisation des électeurs qui auront sans doute du mal à reprendre le chemin des urnes après des mois de campagne intense à droite. Néanmoins, les électeurs seront attendus dans 74 bureaux de votes dans le Bas-Rhin. Il y en avait 90 en 2011, mais à Strasbourg, ce nombre reste identique avec 33 bureaux de vote.

Premier enjeu, la mobilisation pour la primaire

Les cadres locaux comme nationaux du PS espèrent évidemment que cette élection primaire soit « une réussite », autrement dit, qu’elle affiche une « belle mobilisation ». C’est essentiel car la campagne pour l’élection présidentielle suit immédiatement et l’élan du candidat socialiste dépendra directement de l’impulsion de l’élection primaire. Rares sont les objectifs chiffrés, même si Manuel Valls a parlé de « succès entre 2 et 3 millions d’électeurs ».

Elle sera en tout cas comparée aux 2,7 millions de votants de la primaire socialiste de 2011 et aux 4,3 millions de votants qui se sont déplacés pour la primaire de la droite et du centre, fin novembre 2016. Secrétaire de la section Bourse – Esplanade – Krutenau, Thomas Risser est très inquiet :

« Tout était prévu depuis des mois pour soutenir une candidature unique de François Hollande… Maintenant évidemment, on se retrouve avec une pré-campagne éclair et de grosses interrogations sur la participation. En novembre 2011, nous avions 25 militants sur le dispositif. Sur ceux-là, 20 ont quitté le parti entre temps ! On est parvenus à trouver une dizaine d’assesseurs, mais ce sera tendu. Il ne faut pas qu’une grippe survienne ! »

Au moins, note Pernelle Richardot, laisser choisir les citoyens non-encartés est devenu « un principe incontournable » :

« C’est vrai pour les présidentielles et j’espère que ce sera le cas pour les prochaines élections municipales, notamment à Strasbourg. Je plaide en ce sens. Mais ce n’est pas un congrès avant l’heure. L’objectif, c’est de décider l’homme ou la femme la mieux à même de porter les couleurs socialistes pour le scrutin suprême. »

Sept candidats, pas toujours évidents à départager

Pour rappel, sept candidats sont en lice : l’ancien Premier ministre Manuel Valls, le député européen Jean-Luc Benhamias, le député François de Rugy, la présidente du Parti radical de gauche Sylvia Pinel, l’ancien ministre de l’Éducation nationale Benoît Hamon, l’ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et un autre ancien ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon.

Les candidats ont du mal à faire émerger des idées fortes, se concentrant surtout sur la mise en avant de leur personnalité. Néanmoins, Voxe.org essaie tout de même de comparer les programmes des candidats, thématique par thématique (voir le comparateur ici).

Manuel Valls fraîchement accueilli à Strasbourg

Après Vincent Peillon, Manuel Valls est venu à Strasbourg le 22 décembre. L’ancien Premier ministre s’est promené dans les rues du Marché de Noël. Il a été accueilli par plusieurs élus locaux, dont le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS) et le député Éric Elkouby (PS), soutiens de la première heure, mais aussi le maire Roland Ries (PS), aperçu en juillet au premier meeting d’Emmanuel Macron avant de ne plus soutenir l’ancien ministre de l’Économie et affirmer sa loyauté au PS.

Si Manuel Valls a pris beaucoup de photos avec les passants, le moment retentissant a été son enfarinage devant le Café Broglie. Lors de ses imitations sur Europe 1, Nicolas Canteloup fait répéter à tue-tête « Je suis sympa » à Manuel Valls sur un ton martial. Les sketchs de l’humoriste illustraient bien sa réaction : « c’est de la farine sans gluten, un hommage à mon régime alimentaire », a plaisanté le candidat avec un second degré qu’on lui connaissait peu. Après tout, François Hollande avait bien subi le même sort en 2012 avant d’être élu président.

Reste que l’accueil strasbourgeois n’a pas été des plus chaleureux et ce n’était pas seulement dû aux températures. Lors de sa déambulation, beaucoup de passants sont restés indifférents, voire hostiles. Peu l’ont sincèrement encouragés. Certains ont été discrètement écartés par le service d’ordre. En fin de journée, un moment d’échange n’a réuni que quelques dizaines de militants et d’élus au café Rive gauche. Il n’y a pas eu de meeting ou d’annonce particulière.

Valls préfère ignorer les pronostics

Si le PS n’est pas présenté comme favori de cette élection présidentielle, il pourrait même être absent du second tour, Manuel Valls a tenu à rassurer les quelques militants présents :

« Il y a quelques mois tout le monde pensait qu’Alain Juppé non seulement gagnerait la primaire de la droite, mais qu »il serait président. Et nous aussi on faisait cette erreur, car on avait cette grille de lecture. Je suis convaincu que la candidature de François Fillon représente un danger pour la France. Je respecte l’homme, mais la mise en cause de notre modèle social est dangereuse. »

Autrement dit, les positions radicales de François Fillon, sur la Sécurité sociale ou les fonctionnaires notamment, pourraient peut-être réveiller une gauche anesthésiée par cinq années de politique plus sociale-libérale que socialiste. Pendant ses années comme Premier ministre, Manuel Valls a plusieurs fois brusqué la gauche de la gauche, et il a eu recours à l’article 49-3 de la Constitution six fois, notamment pour que la loi réformant le Code du travail soit avalisée sans vote.

Pour remobiliser les militants, merci la droite !

Au sein du PS, ces épisodes ont laissé des traces, un courant « frondeur » s’est solidement constitué et de nombreux électeurs de gauche ne veulent plus entendre parler de Manuel Valls, ni même du Parti socialiste. Le PS se réjouit donc que François Fillon porte les couleurs de la droite, ses déclarations et l’évocation de son programme ont au moins eu le mérite de rappeler les différences qui peuvent exister entre les deux grands partis de gouvernement.

Si les règles de l’élection primaires stipulent que les participants devront tous soutenir « le vainqueur, quel qu’il soit », on ne peut pas forcer les sympathisants à s’enthousiasmer pour un candidat qui a piétiné une partie de leur idéaux pendant cinq ans. Tous ont encore en tête l’épisode sur la déchéance de nationalité, que Manuel Valls a défendue. Or dans une campagne, surtout très courte comme celle-là, la mobilisation des militants de base est déterminante.

Manuel Valls, accompagné de sa femme et de nombreux soutiens socialistes strasbourgeois lors de son passage au marché de Noël (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Manuel Valls, accompagné de sa femme et de nombreux soutiens socialistes strasbourgeois lors de son passage au marché de Noël (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

À Strasbourg, beaucoup d’élus derrière Manuel Valls

Parmi les élus socialistes strasbourgeois en revanche, la plupart soutient Manuel Valls. Outre le maire de Strasbourg Roland Ries, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann et le député Éric Elkouby, on compte aussi l’ancienne maire Catherine Trautmann. Conseillère régionale et première secrétaire fédérale, Pernelle Richardot a aussi rejoint Manuel Valls, après avoir œuvré en vain à Bondy avec Martine Aubry pour pousser Christiane Taubira à une candidature.

Parmi les élus de la majorité strasbourgeoise, deux adjointes au maire non-encartées (Christel Kohler et Nawel Rafik Elmrini) soutiennent Emmanuel Macron. Les adjoints dits de « l’aile gauche du PS », Paul Meyer et Jean-Baptiste Gernet, soutiennent Benoît Hamon, Le député Philippe Bies et l’adjoint au maire et conseiller départemental Mathieu Cahn ont choisi de soutenir Vincent Peillon. D’autres ne se sont pas prononcés comme le sénateur Jacques Bigot ou le premier adjoint au maire de Strasbourg Alain Fontanel. Quant à Arnaud Montebourg, il a le soutien de militants locaux, mais beaucoup ont quitté le parti depuis 2012.

Le délicat problème des législatives

De plus, le PS doit déjà se préparer à une autre échéance délicate, celle des élections législatives, les 11 et 18 juin. Le nombre de députés socialistes élus dépendra fortement du résultat de l’élection présidentielle, et aussi de la capacité d’Emmanuel Macron de proposer des députés « En Marche ».

Dans le Bas-Rhin, les trois circonscriptions « gagnables » par le PS (les 1-2-3 qui concernent Strasbourg et ses environs) sont attribuées à des hommes : Philippe Bies et Éric Elkouby, les deux sortants et l’adjoint au maire et conseiller départemental Serge Oehler. Éric Elkouby a pris ses distances avec la municipalité et Serge Oehler sera plutôt outsider dans le nord. Il dispose déjà de deux autres mandats. Pour Philippe Bies qui a toujours gardé un œil très attentif sur les affaires locales, une défaite serait plus fâcheuse pour son positionnement. Il resterait néanmoins conseiller municipal et de l’Eurométropole.

Pour les six circonscriptions à la campagne, peu favorables à la gauche électoralement, les investitures sont repoussées après les primaires, explique Pernelle Richardot :

« L’enjeu n’est pas juste trouver un candidat pour trouver un candidat, mais de trouver quelqu’un de durable, qui puisse se projeter jusqu’aux municipales de 2020. Et je ne crois pas aux parachutages. »

Bonne chance.

Des Socialistes prêts à tendre la main ?

La première secrétaire fédérale a lancé des discussions avec le Parti radical de gauche, Europe Écologie – Les Verts (EELV) et le Parti communiste. Prenant exemple sur la « gouvernance » initiée par Robert Herrmann à l’Eurométropole (des maires de droite et indépendants ont rejoint une majorité socialiste), elle estime que « le bloc contre bloc n’a plus de sens » :

« À la Région Grand Est (où elle est élue conseillère, ndlr), sur des sujets comme les transports, l’Université ou les lycées, on peut avoir des différences mais ce sont des ajustements. On peut partir chacun sous ses couleurs aux élections et ensuite discuter. À Strasbourg, on a plus de discussions stratégiques au bureau de l’Eurométropole, avec les maires issus de différentes sensibilités politiques, qu’en réunion d’adjoints. »

Est-ce déjà envisager un PS minoritaire mais toujours présent dans les décisions, malgré une extrême droite forte ? Les succès ou les déboires électoraux mèneront au congrès du PS, à l’automne, lors duquel les militants voteront sur des motions, sensées définir les orientations du Parti.

Pour la première secrétaire, le PS aura surtout besoin de se réformer, en s’appliquant le principe de la décentralisation dans ses décisions et en laissant plus de place aux militants pour proposer un programme aux candidats des primaires, « car pour l’instant, on n’y est pas. » Mais un parti peut-il débattre sans imploser ? Ce sera une intéressante question que les militants qui resteront pourront se poser… en 2018.

Mon « top 10 » cinéma pour 2016

Mon « top 10 » cinéma pour 2016

En fin d’année, il est toujours plaisant de se prêter aux bilans et aux listes. Avec plus de trente salles ouvertes au public, des festivals et des rétrospectives en nombre, Strasbourg offre des conditions optimales pour vivre pleinement sa cinéphilie. Plus de 700 films ont ainsi jetés en pâture aux spectateurs. J’en ai retenu 10, je vous attends dans les commentaires.

10. Triple 9 (John Hillcoat)

Le cinéaste australien John Hillcoat fait un détour par le film de braquage et en renouvelle le decorum en posant sa caméra à Atlanta et en confiant à Kate Winslet le rôle d’une matrone de la mafia israélienne. Cinéaste discret, bourlingueur du film de genre, Hillcoat construit pourtant une oeuvre très solide.

9. Elle (Paul Verhoeven)

Avec Elle (lire la critique ici), Verhoeven revient, change de cadre, change de langue mais pas de discours. Il est toujours question de pouvoir et de comment il vient aux femmes. Il serait présomptueux de dire qu’Huppert y trouve un rôle définitif. Présomptueux, mais pas irréaliste.

8. La tortue rouge (Michael Dudok de Wit)

Le sillon du panthéisme était jusque-là creusé par Terrence Malick. Un réalisateur hollandais vient balayer les efforts récents du légendaire cinéaste texan. La tortue rouge dit tout du rapport à la nature, au temps, de l’acceptation face à un éternel recommencement. Et sans qu’un mot soit prononcé, s’il vous plait…

Un grand film panthéiste (Copyright Studio Ghibli - Wild Bunch - Why Not Productions - Arte France Cinéma - CN4 Productions - Belvision - Nippon Television Network - Dentsu - Hakuhodo DYMP - Walt Disney Japan - Mitsubishi – Toho)
Graphiquement mémorable

7. The Revenant (Alejandro Inarritu)

Le film The Revenant a beaucoup fait parler, avant même d’avoir été vu. Tous les débats sur ses conditions de tournage et la recherche frénétique de performance n’enlèvent rien à la qualité de l’oeuvre. L’odyssée de DiCaprio dans le grand Nord restera une gifle à la face des cinéphiles les plus blasés.

6. Comancheria (David Mackenzie)

Un cinéaste écossais redéfinit les frontières du Texas, entre marasme immobilier et crise identitaire. Et Jeff Bridges promène son humour et son phrasé de ville en ville, la légende de l’Ouest chevillée au corps.

5. Green Room (Jeremy Saulnier)

Aussi punk que ses personnages, Green Room (lire ici la critique) vient bousculer le survival et ses habituelles forêts peuplées de rednecks. Saulnier confronte ainsi la jeunesse nihiliste à une extrême-droite furieuse. Le résultat est sec, désespéré et éprouvant.

4. Swiss Army Man (Daniel Kwan / Daniel Scheinert)

On parle souvent de l’audace de ce duo de cinéastes. Il en faut pour faire du corps de Daniel Radcliffe un jet-ski propulsé par des pets. Mais l’émotion ne doit rien à l’audace et tout au talent. Swiss Army Man, privé de sortie dans les salles en France, n’en est pas moins un improbable événement, un futur film culte, drôle et déchirant.

He's alive (Copyright capelight pictures)
Daniel Radcliffe, génial cadavre

3. The Strangers (Na Hong-Jin)

Objet monstre, le dernier film de Na Hong-Jin confirme la tendance de son cinéma : libre, massif et imposant. The Strangers déboulonne les genres, passe du polar à l’épouvante en une poignée de scènes pour laisser son spectateur exsangue, presque épuisé de plaisir.

2. Juste la fin du monde (Xavier Dolan)

Xavier Dolan n’a pas l’intention de faire amende honorable pour les excès de son cinéma bruyant, outrancier, provocateur et exubérant. Si son dernier film est si bouleversant, c’est parce qu’il se clôt sur un non-dit, après un dernier quart d’heure d’une pudeur infinie. Et Juste la fin du monde s’incarne alors en superbe pied-de-nez à ses détracteurs.

le top cinéma, un cadeau de fin d'année (Copyright Wilson Webb / DCM)
le top cinéma, un cadeau de fin d’année (Copyright Wilson Webb / DCM)

1. Carol (Todd Haynes)

Girl meets girl. Souvent, les histoires d’amour au cinéma doivent tout à leur contexte. Mais si Carol est une telle réussite, c’est avant tout parce que l’œuvre de Todd Haynes est une incroyable conjonction de talents, la sublime conjugaison d’une mise en scène brillante, d’interprètes confondants de sincérité et d’une partition déchirante de Carter Burwell.

Et vous, quelle est votre sélection 2016 de cinéma ? Parlons en en commentaires.

Où et quand se débarrasser de son sapin de Noël

Où et quand se débarrasser de son sapin de Noël

Chaque année, c’est la même chose à Strasbourg. Il est beaucoup plus facile d’acheter un sapin que de s’en débarrasser. Quelques associations proposent néanmoins de collecter les sapins qui ont fait leur temps pour qu’ils soient recyclés au lieu d’être brûlés.

Au moins 12 marchands ont vendu des sapins pendant toute la période du Marché de Noël sur les places de Strasbourg, pour des loyers payés à la Ville entre 16 et 22 euros le mètre carré. C’est sympa, ça permet à tout le monde d’acheter son sapin à pieds, pour le mettre dans le salon et le décorer dans la foulée. En revanche, le dispositif pour récupérer les sapins est nettement moins développé.

Les Strasbourgeois doivent se débrouiller pour apporter leurs sapins dans les déchèteries de l’Eurométropole où ils seront  « broyés et transformés en compost après quelques mois de maturation », selon la collectivité. Il n’y a pas de période limite de dépôt. Point à noter : le sac à sapin proposé chaque année par Handicap International est accepté en déchèteries. Il a en effet la particularité de se décomposer en 4 à 8 semaines et peut donc être accueilli dans le bac des déchets verts.

150€ l’amende et pourtant partout sur les trottoirs

De nombreux Strasbourgeois sont tentés de laisser les sapins sur les trottoirs, et chaque année, on en retrouve un peu partout dans la ville à cette période. Sauf que c’est interdit, et si un agent de police passe dans le coin au même moment, c’est un délit réprimé par une amende de 150€.

La solution la plus simple consiste à mettre le sapin dans la poubelle collective de votre immeuble. Cette solution n’est valable que pour les sapins de moins de 1m50 et aux troncs « pas trop gros » indique-t-on au service propreté, sinon « ils endommagent les machines ». L’ennui, c’est que les sapins ainsi jetés iront dans le circuit classique de gestion des déchets de l’Eurométropole, et qu’ils seront brûlés avec les autres déchets…

« Le sapin, c’est du volume »

Le sapin peut être réutilisé dans le jardin

Le sapin, plutôt que d’être jeté, peut être réutilisé comme petit-bois de chauffage, ou pour fabriquer du mulch, ou paillis, afin de protéger la terre du gel. Attention cependant à l’acidité des aiguilles qui pourrait entraver la croissance des plantes.

À Cronenbourg, les habitants peuvent utiliser le résultat du broyage pour pailler leurs jardins (Photo Acrociation / doc remis)Photo : doc remis

Les collectes à Strasbourg

Heureusement, chaque année des associations de quartier se mobilisent pour assurer le relais entre les Strasbourgeois et la déchèteries, et permettre ainsi aux sapins de Noël de finir leur vie recyclés en compost pour nourrir d’autres plantes, dans une grande évocation du cycle perpétuel de la vie (que demander de plus à un sapin de Noël ?).

    Centre-ville : Collecte de l’association Stra.ce place Broglie, samedi 11 janvier de 13h30 à 17h. Centre-ville : Collecte de l’association de la rue du Jeu-des-Enfants, place du Vieux-Marché-aux-Vins, samedi 4 janvier de 9h à 13h. Conseil des XV : Collecte du CSC Rotterdam, place du Conseil des XV, samedi 11 janvier de 10h à 13h. Plus de détails ici. Cronenbourg : Broyage de sapins par l’aCROciation, au square Saint Florent, samedi 11 janvier 2025 de 10h à 12h Danube : Collecte rue de l’Elbe, mercredi 15 janvier de 7h à 14h Krutenau : Collecte organisée par l’association l’Étage (qui tient un lieu d’accueil et d’accompagnement de personnes précaires, notamment des jeunes sans-abris), place de Zurich mercredi 8 janvier de 14h à 17h30 Neudorf : Collecte place du Marché, samedi 4 janvier de 14h à 16h45 Neudorf sud : Collecte sur le parvis de l’école élémentaire Albert Le Grand, rue de Huningue, mercredi 8 janvier de 10h à 14h15 Neudorf – Malraux : Collecte de l’Arem, place Jeanne Helbling (devant le cinéma UGC), mercredi 8 janvier de 14h à 16h45 Neudorf – Musau : Collecte sur le parking du centre socio-culturel Antenne, rue de Wattwiller, mercredi 15 janvier de 10h à 14h15 Neuhof : Collecte de l’association La ferme éducative de la Ganzau au 207 rue de la Ganzau le samedi 11 janvier (horaire à définir, plus d’infos ici) Port du Rhin. Collecte place de l’Hippodrome, samedi 11 janvier de 13h à 16h45

Les autres communes

Des communes organisent elles-mêmes cette collecte.

    Bischheim : Trois ponts de collecte à église du Christ-Roi, à l’entrée du technicentre SNCF et sur le parking du supermarché Martch rue Bock, samedi 11 janvier de 9h à 12h Eckbolsheim : Rue des Fermes, samedi 11 janvier de 14h à 17h Eschau : Centre technique municipal, rue du Tramway, samedi 11 janvier de 8h à 16h Fegersheim : Centre sportif et culturel, rue du Général de Gaulle, samedi 11 janvier de 8h30 à 13h Geispolsheim : Parking de la salle ACL, rue Hector Berlioz, de 10h à 12h et parking de la place André Malraux, de 14h à 16h Illkirch-Graffenstaden : Parking Schweitzer samedi 4 janvier de 9h à 15h et rue du Lieutenant Homps samedi 11 janvier de 9h à 15h Mundolsheim : Ateliers municipaux, rue des Floralies, samedi 11 janvier de 9h à 12h

Les personnes incapables de se déplacer peuvent s’inscrire à la mairie avant le 8 janvier pour que les élus municipaux viennent chercher leur sapin à domicile.

    Niederhausbergen : À la déchèterie, place des Coteaux, samedi 11 janvier de 9h à 12h Plobsheim : Lieu à préciser (les infos viendront certainement sur la page Facebook de la commune) samedi 11 janvier de 8h à 17h Schiltigheim : Devant l’église Notre Dame, route du Général de Gaulle, samedi 11 janvier, de 9h à 12h, ou place Alfred Muller, à côté de la mairie, le même jour mais de 14h à 17h. Les sapins seront immédiatement broyés et leurs propriétaires pourront récupérer ce broyat s’ils ramènent un contenant adapté.

Vous connaissez d’autres collectes ? Signalez les en commentaires pour que nous puissions mettre à jour cet article.

En moyenne, vous avez suivi deux tiers de l’actu à Strasbourg

En moyenne, vous avez suivi deux tiers de l’actu à Strasbourg

C’est l’heure d’étudier les résultats de notre quiz sur l’actualité à Strasbourg en 2017, que près de 1 500 personnes ont terminé.

Près de 1 500 lecteurs sont arrivés au bout de notre quiz sur l’actualité à Strasbourg en 2016, publié le 29 décembre. Le temps moyen passé sur les 17 questions est de 8 minutes 23 secondes et le taux de réussite de 63%.

Néanmoins, une majorité de participants (347 à l’heure d’écrire ces lignes dimanche 1er janvier en soirée) se trouvent dans la tranche 70-79% de bonnes réponses. Assez peu (60) cumulent plus de 90% de bonnes réponses, ce qui ne laisse le droit qu’à une erreur. Et rares sont ceux avec moins de 40% de bons scores (environ 150 personnes).

La salle de shoot bien connue, d’autres dossiers moins

Quelques remarques, parmi les réponses les mieux répondues :

    Plus de 90% des participants savent ce qu’est l’Eurométropole, ce que l’on appelait la CUS (communauté urbaine de Strasbourg) il y a deux ans. Cette collectivité, dont l’administration est fusionnée avec celle de Ville de Strasbourg, réunit des élus des 33 communes (depuis le 1er janvier 2017) de Strasbourg et ses environs. Suite à l’intégration de cinq communes, des élections désigneront le président ce jeudi 5 janvier. Le socialiste strasbourgeois Robert Herrmann, mais aussi l’élu de droite mais non-encarté Eric Senet sont candidats. L’installation d’une salle de shoot dans l’enceinte de l’hôpital civil est l’une des questions les mieux répondues (87%). Cette actualité avait eu une couverture médiatique nationale. La fusion des trois cliniques confessionnelles est la troisième et dernière question répondue juste par plus de 80% des lecteurs.

Parmi, les questions les moins bien répondues :

    La question la moins bien répondue (22%) est celle sur le « bénévolat obligatoire » en échange du RSA. Peut-être il y a eu de la confusion, car la mesure est en effet illégale, si elle s’applique pour tous les Hauts-Rhinois. Mais le Département du Haut-Rhin va néanmoins le proposer à ses bénéficiaires dans le cadre des contrats qu’il passe avec eux. Si l’un d’eux l’accepte et n’effectue pas les heures auxquels il s’engage, son allocation pourrait être retirée. Beaucoup de lecteurs (47%) ont pensé que c’était le Département du Bas-Rhin qui avait pris cette décision en début d’année. Or, c’est dans le sud de l’Alsace, au Conseil départemental du Haut-Rhin, que l’idée a germé. Le président bas-rhinois Frédéric Bierry (LR) avait néanmoins déclenché une autre polémique au même moment en abandonnant le soutien à l’hébergement en urgence des SDF. Beaucoup de lecteurs ont pensé qu’il y aurait du changement pour les illuminations de Noël, mais les recommandations de la commission d’enquête de la Ville à l’association des Vitrines de Strasbourg sont facultatives. Le devenir exact de la Maison de l’Alsace à Paris, du cinéma l’Odyssée, du festival Ososphère ou des quais des bateliers semblent assez flous pour une partie des lecteurs. Pour les quais, là aussi la confusion était possible car la « zone de rencontre » sur une partie sera bien à sens unique, mais les vélos et piétons pourront emprunter l’ensemble de la chaussée.

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Toute la rédaction vous souhaite une joyeuse année 2017.

Entre liberté et galères, la vie des « slashers » qui cumulent les jobs

Entre liberté et galères, la vie des « slashers » qui cumulent les jobs

Les « slashers » sont les petites mains des start-ups de services, tels qu’Uber, Deliveroo ou Airbnb. Auto-entrepreneurs, ils doivent multiplier les activités pour surnager dans cette nouvelle économie où règne débrouille et facturation. Pour les plus jeunes, l’autonomie que permet ce système leur convient bien.

Strasbourgeois de 26 ans, Thibaut a enchaîné les petits boulots, mais maintenant, il gagne jusqu’à 2 000€ nets par mois avec son job de livreur à vélo, sans compter les petits bonus que lui apportent ses missions d’intermittent du spectacle. Comme Léo, Jannis et d’autres, il cumule des activités à emploi du temps et revenus variables. Ils sont « slashers », du mot anglais « slash », la barre oblique qu’on peut accoler à leurs différentes professions : livreur / hébergeur / artiste…

Ces petits jobs sont la résultante de l’ »uberisation » de l’économie, du nom d’Uber, le service qui siphonne le marché des taxis. Cette plate-forme lancée en 2010 en Californie ne possède aucun taxi et ne salarie aucun chauffeur, mais elle assure aujourd’hui le transport de millions de personnes dans 52 pays. Disponible depuis juin 2015 à Strasbourg, le service d’Uber est assuré par une cinquantaine de chauffeurs, des auto-entrepreneurs qui facturent la start-up américaine et doivent financer eux-mêmes leur voiture, leurs assurances, leurs charges sociales et leur activité…

Ce système a depuis été copié maintes fois, notamment par les services de livraison comme Deliveroo (voir notre article), disponible depuis 2016 à Strasbourg et qui fait appel aux services de plus de 150 livreurs-cyclistes. Les slashers ajoutent aussi d’autres revenus, comme ceux d’Airbnb, un service de location de meublés qui connaît une croissance exponentielle depuis un an.

Attirés par la liberté

Thibaut est l’un d’entre eux. À 26 ans, il travaillait dans la restauration mais après son dernier contrat, il a entendu parler de Deliveroo et s’est lancé comme livreur à vélo.

Depuis le mois de février, il travaille environ 40 heures par semaine, pour un revenu allant jusqu’à 2 000€ par mois. À côté, il fait quelques concerts mais pas assez pour décrocher le statut d’intermittent du spectacle. Il semble comblé par des jobs qui lui plaisent et qui lui offrent une liberté bien appréciée :

« Quand tu prends goût au fait d’être indépendant, tu ne pourrais plus faire autre chose. C’est un boulot qui est parfait pour moi. »

Pour lui, pas de routine, la possibilité de se lever quand il veut (il commence rarement avant 11h30 le matin), de sortir tard le soir, d’organiser chaque semaine différemment selon ses besoins et ses envies :

« Là par exemple je me suis pris mon après-midi. Si je vois qu’il y a un truc cool qui approche, un festival ou quelque chose comme ça, je me libère mon week-end. Ou si un job d’intermittent se présente, je peux décider de le prendre. Je suis payé à l’heure et à la course. Donc si en après-midi on n’a pas beaucoup de commandes, je peux attendre en terrasse avec des amis, et il n’y aura personne pour me dire “Allez il faut que tu y retournes là”. »

Pas de locaux, pas de bureaux… C’est via son application mobile qu’il se « staffe », c‘est-à-dire qu’il s’inscrit au planning des livreurs disponibles. Même son de cloche pour Jannis, qui monte sa propre entreprise de communication vidéo et fait le livreur pendant un quart de son temps :

« J’ai un bon équilibre entre les deux activités. Être flexible ça débloque pas mal de situations, si j’ai besoin de me libérer je peux le faire. »

S’arranger pour tirer son épingle du jeu

Léo, 21 ans, a quitté l’université et a décidé de se lancer dans la livraison de repas, en faisant aussi quelques heures en tant que serveur en restauration, tout en suivant des cours d’urbanisme en ligne :

« Chez Deliveroo tu choisis ton planning, c’est assez permissif, t’as une vraie liberté au niveau du temps. Pour le reste, tu peux t’arranger. Si tu agences bien tes différentes activités tu peux vraiment tirer ton épingle du jeu. »

Mathieu, lui, a sa propre agence de communication et met de temps en temps son appartement sur Airbnb, quand ça lui chante. Il est son propre patron, met à profit son appartement vide quand il est hors de la ville, et voit d’un œil positif ces possibilités :

« C’est un moyen d’être souple. On n’a pas qu’une seule trajectoire de vie, donc c’est aussi une forme de liberté. J’applique aussi ça dans mon travail à l’agence de communication, je cherche des experts indépendants selon les missions, et ceux que j’engage peuvent venir aux horaires qu’ils veulent, travailler de chez eux… »

Gilles a 45 ans et s’est lancé il y a un an comme chauffeur Uber, après avoir perdu son emploi :

« Uber ça me permet de me remettre le pied à l’étrier, de commencer une activité assez facilement. À côté, je fais des missions en intérim dans des chaînes de production, ou je fais des inventaires. Mais je choisis mes horaires et j’organise mes semaines en fonction. »

Rafik, 30 ans, fait la même chose, mais comme activité complémentaire :

« Je cherchais une activité pour arrondir les fins de mois. J’ai un job à plein temps déjà, je fais le chauffeur pour Uber les week-ends, là où ça marche le mieux sur Strasbourg. C’était assez facile de commencer, et je fais ça quand je veux du coup. »

Même en pause, Thibaut ne quitte pas son vélo (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Même en pause, Thibaut ne quitte pas son vélo (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

« C’est le kiff »

Mathieu, s’il accueille des gens les week-ends, c’est surtout parce qu’il aime ça et que ça le nourrit dans ses activités professionnelles :

« Airbnb pour moi, c’est une opportunité mais pas un but en soi. J’aime bien mettre la casquette d’hôte, ça diversifie mes activités. Et puis je suis presque hyperactif, j’ai un besoin intellectuel d’avoir des projets. Faire ça, ça me permet aussi de comprendre les besoins des gens, ça peut me servir dans mon travail de communicant, ça m’intéresse de comprendre la mécanique derrière ces nouvelles possibilités économiques. Ça me rapporte entre 7 et 8 000€ par an. »

Thibaut trouve que tout ce qu’il fait en ce moment lui apporte quelque chose, et lui fait découvrir des nouveaux endroits et des nouvelles personnes :

« Faire du sport et être payé pour ça, c’est quand même le kiff ! Tu ne fais qu’un avec le vélo, et rouler vite donne des sensations comme les sports extrêmes. Déambuler dans les rues de Strasbourg, c’est peut-être fatiguant, mais c’est la partie la plus intéressante. Je découvre plein de coins de la ville en plus ! Là ça fait plusieurs semaines que je ne prends pas de week-end, parce qu’il y a une forte demande au mois de décembre, donc je me fais un max. Dans les meilleures journées, quand tu travailles 10h, de 11h30 à 21h30, ça me rapporte entre 130 et 150€. »

C’est même ce job de livreur qui a donné à Léo l’idée de sa prochaine activité. Il va bientôt monter sa start-up de livraison de matériel cycliste, et il arrive à agencer tout ce qu’il fait autour de ce qui le passionne maintenant, le vélo :

« Deliveroo me donne une liberté de temps et d’argent, et ça me permet de mettre de côté pour investir plus facilement dans ma start-up. C’est très changeant selon les semaines que tu fais, ça peut être entre 30 et 60 heures par semaine. En moyenne, je me fais entre 1 200 et 1 500€ nets, et avec mes 4 heures hebdomadaires en restauration au smic horaire ça me rajoute 120€ par mois. »

Pour Jannis, les livraisons lui servent de fonds d’amorçage :

« Ma boîte de communication vidéo, c’est ça mon cœur de métier. Je fais tout, du concept à la production. Je dépasse facilement les 35h, mais honnêtement je m’éclate. Je fais de moins en moins de Deliveroo, même si ces derniers mois, c’était la majorité de mon revenu et ça me rapportait entre 1 000 et 1 500€. Avec l’activité de ma boîte, j’arrive à 2 000€ les bons mois. Pour moi c’est le combo ultime. »

Pour Jannis, compléter son travail pour son entreprise de communication vidéo par la livraison à vélo, c'est "le combo ultime". (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Pour Jannis, compléter son travail pour son entreprise de communication vidéo par la livraison à vélo, c’est « le combo ultime ». (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

Bosser 7 jours sur 7

De son côté, Gilles ne cache pas qu’il faut en vouloir pour continuer l’activité de chauffeur Uber à Strasbourg :

« En fait, je le fais de moins en moins, c’est très peu rentable ici… Je fais une course par heure pour maximum 10€, pour pas mal de bornes. La demande à Strasbourg est faible. Je travaille surtout de 7h à 9h et de 17h à 19h30 la semaine. Le vendredi et samedi soir je fais souvent du 23h-3h. Il y a juste un peu plus de travail les semaines parlementaires. Le prix de la course est fixé par Uber, c’était 1,40€ le km, et maintenant ils l’ont passé à 1,20€. »

Il déclare quand même tirer près de 2 000€ par mois de cette activité, une somme de laquelle il doit déduire ses charges sociales, étant auto-entrepreneur comme tous les chauffeurs Uber.

Rafik pense qu’il est difficile de tirer un revenu correct d’une activité de chauffeur :

« Je me fais un chiffre d’affaires mensuel entre 1 200 et 1 500€, dont il faut déduire 25% de commission Uber, 24% de charges pour le Régime Social des Indépendants, puis les charges liées au véhicule : tous les mois, 180€ d’assurance, 150€ d’essence, 30€ d’entretien et de nettoyage. Certains remboursent le crédit pour leur voiture, entre 300 et 400€ par mois. Donc ce n’est pas très rentable, heureusement le salaire de mon travail me rapporte 1 400€ nets. »

Certains slashers trouvent la liberté dans leur job de livreur (Photo Sam Saunders/Flickr/cc)
Certains slashers trouvent la liberté dans leur job de livreur (Photo Sam Saunders/Flickr/cc)

Libres mais très précaires

Flexibilité et autonomie ont quand même un coût. Tous doivent passer par le statut d’auto-entrepreneur, qui passe un peu à la trappe la protection sociale et demande un certain investissement de temps et de moyen, comme l’explique Thibaut :

« Le statut d’auto-entrepreneur ça peut en décourager certains. Il y a beaucoup de choses à remplir, surtout si on fait la demande d’Aide au Chômeur Créant ou Recréant une Entreprise ((Accre), qui permet une exonération de charges sociales pendant un an).On paye ses propres charges et ça augmente graduellement. Je paye environ 8% de charges, mais cela va bientôt augmenter, car cela fait 9 mois que j’ai ce statut. »

Et après il faut s’équiper et entretenir son matériel :

« J’ai changé trois fois de vélo. Pour avoir un vrai bon vélo il faut compter près de 1 000€. Et puis j’ai des frais quand je change le reste : une chambre à air par mois dans les sales périodes, le pédalier à une cinquantaine d’euros tous les six mois, et carrément le pneu arrière presque tous les deux mois. Ça revient à une quarantaine d’euros par mois. Mais bon, ça me sert aussi dans ma vie privée. »

Jannis a un peu de mal à gérer la paperasse et concède aussi des frais, « 80€ par mois de réparation, en comptant large », mais pour autant, il ne s’inquiète pas pour la précarité :

« J’ai souscrit à une mutuelle complémentaire que je paye 35€ par mois et qui m’assure un revenu mensuel d’environ 1 200€ dans le cas où je suis dans l’incapacité de travailler, donc ça va. »

Des emplois très accessibles mais sans perspective

Thibaut concède que cumuler différentes activités n’est parfois pas le plus pratique. Pour ses activités d’intermittent, il voudrait devenir cordiste, ces techniciens qui font des travaux en hauteur sur les lumières et les décors, mais pour cela, il faut se faire sa place dans le milieu. Pas facile quand on passe 40 heures par semaine à filer dans les rues de Strasbourg.

 

Léo, lui, garde la protection sociale liée à son travail de serveur à temps partiel. Pour Gilles, c’est un peu l’incertitude qui prédomine dans son job de chauffeur :

« Mêmes aux heures “de pointe”, on n’a pas forcément des courses. Et c’est très fluctuant selon les périodes. Il y a une baisse de l’activité pendant les vacances. C’est très difficile de prévoir et ce pas très gratifiant comme statut en fait. »

Les chauffeurs Uber strasbourgeois trouvent qu'il n'est pas rentable de n'avoir que cette activité (Photo Mark Warner/Flickr/cc)
Les chauffeurs Uber strasbourgeois trouvent qu’il n’est pas rentable de n’avoir que cette activité (Photo Mark Warner/Flickr/cc)

Pour le « lifestyle »

Mais pour les autres slashers, ces professions autonomes sont surtout un art de vivre et une question de mentalité. Thibaut est vraiment satisfait du milieu dans lequel il évolue :

« Maintenant on a une petite communauté de livreurs, une team de potes assez cool, on fait des soirées ensemble, nos pauses ensemble… Il y a toute une économie “souterraine” en fait, on crée aussi une nouvelle dynamique sociale avec les restaurateurs. En fait, je suis plus là-dedans pour le lifestyle, ce côté indépendant avec aussi la communauté des autres livreurs. »

Il cite le youtubeur Harry JMG, un livreur Deliveroo parisien qui dénonce une image trop catastrophiste de leur travail dans les médias, et qui rassemble une communauté de quelques milliers d’abonnés.

Thibaut est plutôt serein sur son avenir, et pense ajouter d’autres « slash » à son profil :

« On nous donne une opportunité, moi je saisis l’occasion, on le sait à l’avance que parfois ce sera dur. Et à côté je prends le temps de me placer dans le milieu culturel pour essayer de devenir cordiste, je me fais présent quand je peux, on verra! Et puis j’ai encore le temps d’avoir mes loisirs, de faire ma musique… Peut-être que plus tard, quand je serai plus vieux, je ferai Uber, on ne sait jamais ! Mais après tout ça, je ne me sens pas de remettre les pieds dans le salariat et la restauration. Peut-être que je monterai ma boîte. Mais pour l’instant, je ne me vois pas arrêter, je n’ai pas de souci avec ces jobs. »

De son côté, Gilles voit ses revenus de chauffeur Uber diminuer. Pour autant, il n’a pas l’intention de revenir à une activité salariée :

« En fait il faut se faire connaître, Uber n’est qu’une béquille pour le début de ton activité de chauffeur privé. Grâce à mes courses, je commence à me créer ma propre clientèle, qui me commande des courses régulières et plus rentables. Uber et les autres plates-formes, il faut comprendre que ça aide au début, mais qu’il faut s’en défaire le plus rapidement possible. »

Et ajouter un nouveau slash à sa carte de visite.

Éric Senet, candidat à la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg

Éric Senet, candidat à la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg

Dans un post publié sur Facebook, le tout nouveau conseiller communautaire Éric Senet déclare se présenter à la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg. Conseiller municipal élu sur la liste menée par la sénatrice Fabienne Keller (LR) en 2014 et directeur général des restaurants Flam’s, Éric Senet ne se résout pas à laisser la présidence à Robert Herrmann (PS). À l’occasion du renouvellement de l’exécutif communautaire en janvier, il pense que l’arithmétique est de son côté.

Entré en politique aux côtés de Fabienne Keller, sénatrice (LR), lors des élections municipales en mars 2014, le directeur général du groupe Flam’s, Éric Senet, 55 ans, a déclaré sur son profil Facebook qu’il était candidat à la présidence de l’Eurométropole de Strasbourg. L’exécutif communautaire de l’agglomération doit en effet être renouvelé le 5 janvier, à l’occasion de l’intégration de cinq nouvelles communes.

La métropole de Strasbourg est gouvernée depuis mars 2014 par une coalition gauche-droite menée par Robert Herrmann (PS) et Yves Bur, maire de Lingolsheim issu de la droite. Ce dernier, après avoir un temps hésité, a renoncé à se présenter malgré un arithmétique favorable, les élus communautaires issus de la droite, du centre et de la société civile sont plus nombreux (51) que les élus socialistes et écologistes (48) et il y a aussi un élu du Front national.

Éric Senet, DG de Flam's et engagé aux côtés de Fabienne Keller (UMP) s'engage contre la fusion Alsace-Lorraine (doc remis)
Éric Senet, DG de Flam’s et engagé aux côtés de Fabienne Keller (LR) n’a pas l’intention de laisser l’Eurométropole aux Socialistes  (doc remis)

Une question de principe

En décembre, Éric Senet avait été élu nouveau conseiller communautaire, à la faveur d’une abstention dans les rangs socialistes. Faisant l’état de ce nouveau rapport de forces sur Facebook, il avait appelé la droite communautaire à se rassembler. Finalement, le groupe auquel il appartient a choisi qu’il serait leur candidat face à Robert Herrmann jeudi.

Pour Éric Senet, c’est d’abord une question de principe :

« Si Yves Bur n’avait pas renoncé, évidemment que je ne me serai pas présenté. Mais il me semble important qu’en démocratie, une alternative existe. Il n’y aura donc pas qu’une seule candidature socialiste, tous les maires et les élus de cette agglomération vont devoir se poser la question de leur vote lors du conseil métropolitain du 5 janvier. Certains sont de droite, des gens de droite ont voté pour eux en mars 2014, on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. »

Des Socialistes partout !

Dans un e-mail envoyé la semaine dernière aux élus communautaires, Éric Senet remarque :

« Aujourd’hui, la gauche occupe la présidence de l’Eurométropole mais se partage également la délégation aux transports, les finances, les ressources humaines, l’environnement et les déchets, le sport. Des élus de gauche et principalement strasbourgeois occupent la présidence de la CTS, de CUS Habitat et d’Habitation moderne, la présidence de Strasbourg Evènements, la présidence de Parcus, la présidence du Port autonome, celle de Locusem ou la Sers. »

Pour Éric Senet, « l’alternative est possible » et ne remet pas en cause les possibilités de consensus au sein de l’agglomération. Dans sa déclaration de candidature, il précise :

« Une opposition doit faire entendre une voix différente quand il le faut (par exemple, sur la fiscalité, l’endettement, les déplacements, le logement…) et savoir se mobiliser quand une opportunité se présente. Elle n’empêche pas de voter ensemble sur des sujets consensuels ou des projets d’intérêt général, surtout s’ils ont été discutés en amont. Le consensus doit se construire sur une base de projets, mais il ne peut pas être un dogme ! »

Rendez-vous jeudi 5 janvier, premier point à l’ordre du jour du conseil de l’Eurométropole. Ce sera à suivre en direct sur Rue89 Strasbourg.

 

Jamila Haddoum et son équipe ont mobilisé 48 quartiers au Challenge citoyen

Jamila Haddoum et son équipe ont mobilisé 48 quartiers au Challenge citoyen

Le journal La Croix s’est intéressé à Jamila Haddoum, responsable du secteur jeunesse au centre socio-culturel du Neuhof à Strasbourg. Rue89 Strasbourg vous parlait de cet animatrice-rappeuse atypique en janvier. Et à nouveau en avril, à l’occasion du lancement du Challenge citoyen, où elle avait mobilisé les jeunes du quartier pour qu’ils mettent au défi d’autres jeunes des quartiers de France pour qu’ils… s’inscrivent sur les listes électorales.

Le journal salue une première performance : 48 quartiers se sont inscrits au Challenge citoyen, via les CSC et les associations. Un beau succès même s’il est impossible pour l’instant de savoir quel est l’impact sur les inscriptions et encore moins sur l’abstention. De toutes façons, pour Jamila Haddoum, l’essentiel est déjà atteint puisque pour elle, il faut « secouer le drapeau [français] fièrement ».

Jamila Haddoum
Jamila Haddoum au Neuhof (Photo Nina Moreno / Rue89 Strasbourg)

« On n’a rien sans rien »

Pour La Croix, la méthode de Jamila Haddoum semble porter ses fruits. Avec « ses » jeunes, elle leur apprend quel que soit le projet auquel ils participent « que l’on n’a rien sans rien, que tous les rêves peuvent être exaucés, que le regard des autres importe peu, que les filles sont les égales des garçons, que les écrans sont à considérer avec précaution, et la société n’est que ce qu’on en fait. » Des principes hérités, selon La Croix, des parents algériens de Jamila, qui ont acquis la nationalité française et jamais manqué un rendez-vous électoral.

Le journal note que « depuis peu, Jamila, elle, s’est mise à lire aussi les petites lignes des programmes » car « c’est le plus important, comme dans les conditions générales de vente, car c’est ce que l’on cache », assure l’animatrice. Nul doute qu’un nouveau projet se prépare après ce marathon des inscriptions…

Quiz : avez-vous bien suivi l’actu à Strasbourg en 2016 ?

Quiz : avez-vous bien suivi l’actu à Strasbourg en 2016 ?

Rien de l’actualité à Strasbourg et en Alsace ne vous échappe ? Ou au contraire vous avez besoin d’une petite session de rattrapage ? C’est le moment de se tester en moins de 10 minutes avec notre quiz de 17 questions.

N’hésitez pas à partager le résultat !

À Mulhouse, un « guide de la débrouille » pour mieux s’y retrouver

À Mulhouse, un « guide de la débrouille » pour mieux s’y retrouver

Le premier « Guide de la débrouille » a vu le jour à Mulhouse. Il rassemble des informations et adresses utiles pour savoir où se nourrir, se vêtir, mais aussi faire valoir ses droits et avoir accès à la culture. Il a été créé par des personnes en situation de précarité, en collaboration avec des associations.

Où dormir? Où refaire son CV, où trouver des objets utiles? Le « Guide de la débrouille Mulhouse 2017 » répond à ces questions, et à des dizaines d’autres. Publié à l’automne de cette année par le Collectif Citoyens Solidaires et l’association ATD Quart Monde, il doit permettre aux Mulhousiens les plus précaires de trouver facilement chaque ressource selon leurs besoins. Avec toutes les infos rassemblées dans un seul guide, il se targue d’être “facile à glisser dans une poche arrière de pantalon”.

Un extrait du guide de la débrouille (Document remis)
Un extrait du guide de la débrouille (Document remis)

Valéry Bohrer est co-animateur du groupe local d’ATD Quart Monde et explique que le guide ne concerne pas que les SDF :

« Il s’adresse à toute personne en difficulté sociale. »

Il peut servir aussi bien aux familles pauvres, aux chômeurs de longue durée, aux personnes sans domicile, aux prostituées, toxicomanes, personnes isolées ou rejetées de leur famille.

Neuf catégories, de l’urgence au long terme

Muni d’un plan de la ville, il est réparti en neuf catégories qui couvrent la plupart des besoins immédiats et sur le plus long terme :

    Se soigner Soutien pour la recherche d’emploi Se vêtir Se détendre/ Se cultiver/ Apprendre/ Connaître Trouver des objets utiles Faire reconnaître ses droits Trouver de quoi manger Où dormir et déposer une demande pour se loger Où se laver et laver son linge

Édité à 4 000 exemplaires, le guide est mis à disposition dans les lieux d’hébergement temporaires, et par les équipes mobiles de santé et les maraudes comme celles de la Croix Rouge, mais aussi dans d’autres lieux où se rendent les personnes concernées, comme les Restos du cœur.

On trouve par exemple les noms d’associations de soutien psychologique, l’adresse de l’unique « Magasin pour rien » de France ou celle des bains municipaux de Mulhouse.

Combler le manque d’informations

Valéry Bohrer explique la démarche, qui est le résultat de réflexions du Collectif Citoyens Solidaires créé en janvier 2015 à l’initiative d’ATD Quart Monde et d’associations comme Le Nid ou la Maison de la Citoyenneté Mondiale :

« L’idée est venue d’une personne en situation de pauvreté, qui venait de Grenoble où il y avait le “guide du précaire”. Nous, on a voulu donner des bons tuyaux, on l’a appelé le “guide de la débrouille”. En plus des adresses, on donne des informations, comme par exemple quand on indique si le centre d’hébergement accepte les animaux ou pas, ou quand on explique les domaines des “chantiers d’insertion” comme le bâtiment, le recyclage, la réparation… »

L’objectif est donc bien sûr de combler un vide et de répondre à un vrai besoin d’informations, comme l’indiquent les premières lignes du fascicule :

« Il existe des annuaires à destination de professionnels sociaux et de bénévoles associatifs. Mais il n’existe pas de guide à destination du public concerné. […] Une masse de personnes sont écartées de ces informations, pour partie. Ainsi, le besoin d’infos existe. »

Le guide donne des adresses pratiques comme les bains municipaux, pour accéder à une douche (Photo wikimedia commons/cc)
Le guide donne des adresses pratiques comme les bains municipaux, pour accéder à une douche (Photo wikimedia commons/cc)

« On ne vient pas jouer les missionnaires »

Surtout, le projet est révélateur d’une forme particulière de solidarité : c’est la première fois qu’un tel outil d’aide est élaboré avec les personnes concernées elles-même. Le groupe de travail s’est constitué de personnes en exclusion sociale, de personnes éloignées de la pauvreté, d’associatifs et de travailleurs sociaux.

Valéry Bohrer insiste, la démarche est militante et participative :

« On voulait faire des actions concrètes dans l’objectif d’agir pour la lutte contre la pauvreté. Ce guide, c’est une action militante. À la différence de Grenoble, il n’est pas édité par une institution. C’est un travail de collaboration avec les personnes en situation de pauvreté. On n’a pas joué les missionnaires. On s’est dit “le projet, on va le faire avec eux”. Les dessins présents sur le guide sont des situations réelles telles qu’elles ont été vécues ou ressenties par des personnes en situation précaire. »

On y voit par exemple une mère de famille rebaptisée “Professeur d’économies”, car elle peut vous apprendre à “tenir un budget pour six personnes avec deux euros par jour”.

Didier Litzler est membre de l’Association nationale des chômeurs, et raconte que la présence de profils différents a permis de faire un guide adapté, de récolter les bons plans que les institutions n’ont pas :

« Il y a de tout dans le collectif citoyen : des travailleurs précaires, des gens aux RSA, des SDF… On a aussi fait les maraudes, on est allé à la rencontre des gens, pour voir si on ne faisait pas fausse route, pour qu’ils nous donnent leurs tuyaux… »

Le changement par le bas

Pour Mickaël Habib, qui travaille à temps partiel à la radio MNE et a participé au groupe de travail, cela valorise les personnes concernées, et surtout, c’est la seule manière d’apporter du changement et des réponses vraiment adaptées :

« Dans cette manière de faire, j’ai plus l’impression de faire partie de la solution que du problème. Si on attend quelque chose des politiques, on peut attendre longtemps. Il y a plus de chances qu’il se passe quelque chose si on passe par les citoyens. L’idée c’est de faire un constat social et soulever les problèmes récurrents : se laver, se loger… Il y a une expertise de vie dans laquelle puiser, et puis ça permet aux gens d’apprendre à se connaître. Pourquoi pas faire tout ça ensemble plutôt que les uns contre les autres ? »

C’est pour cela que la publication du guide a été suivie d’une table ronde rassemblant plus de 45 structures et institutions, pour réfléchir aux suites à donner aux manques établis dans les domaines de l’offre alimentaire, la santé, le logement et l’emploi. Le guide se veut ainsi signal pour faire bouger les choses pour les plus pauvres.

L'Eglise Saint Fridolin à Mulhouse. Le guide indique aussi les lieux culturels et religieux. (Photo wikimedia commons/cc)
L’Eglise Saint Fridolin à Mulhouse. Le guide indique aussi les lieux culturels et religieux. (Photo wikimedia commons/cc)

Un premier coup de pouce

Si l’idée est de prolonger la réflexion, c’est que le guide a aussi ses limites. C’est écrit, il ne se veut pas exhaustif. Et le fait qu’il soit écrit exclusivement en français, parfois avec un vocabulaire un peu administratif et en petits caractères peut empêcher certains d’en bénéficier, même si Valéry Bohrer tempère :

« On a essayé de le rendre le plus universel possible. Et on a demandé à ce qu’il soit affiché dans les lieux d’accueil. Ainsi, si des personnes ont des difficultés de lecture, ils pourront se faire aider. Les gens pourront échanger autour du guide. Et pour les plus en difficulté, il leur donne les adresses, les arrêts de tram, et ils peuvent se rendre dans les lieux et y récupérer les explications. »

Surtout, cela devrait être une édition unique :

« Ce guide est une action ponctuelle. Mais nous demandons aux institutions de s’en saisir et de réitérer l’expérience. »

Il faut dire que le collectif n’a pas des moyens illimités. Il a d’ailleurs fait financer le guide via une cagnotte sur le site Helloasso. Si le guide 2017 restera peut-être la seule et unique brochure de débrouillardise, le Collectif Citoyens Solidaires ne compte donc pas s’arrêter là.

Valéry Bohrer s’est réjoui que le dialogue se soit ouvert avec les services publics à la table ronde :

« Il y avait 25 personnes par table thématique, et parmi les structures présentes, le Conseil Départemental du Haut-Rhin, la CAF 68, et la Ville de Mulhouse à travers plusieurs services dont l’Action Sociale et la Participation Citoyenne. »

#ATD Quart Monde

Douze choses à faire à Strasbourg entre Noël et nouvel an

Douze choses à faire à Strasbourg entre Noël et nouvel an

Spectacles en relâche, associations en pause, clubs de sports fermés… C’est quand les gens ont davantage le temps que la vie strasbourgeoise s’arrête. Petit guide pour ne pas passer la fin d’année à s’ennuyer.

Les fêtes de Noël sont digérées, dans tous les sens du terme, des amis ou de la famille sont de passage à Strasbourg, les jours de congés sont posés ou le travail est un peu moins soutenu entre Noël et nouvel an…

Mais voilà, les salles de spectacles prennent le temps de souffler, les infrastructures sportives sont pour la plupart fermées aux clubs, les animations de Noël sont terminées, si bien qu’on peut se demander quoi faire à Strasbourg en toute fin d’année.

Alors voici notre sélection d’activités à Strasbourg et les environs disponibles entre Noël et nouvel an. Cliquez sur les phrases soulignées pour plus d’informations.

1 – Encourager les basketteurs de la SIG

Après un début de saison catastrophique (1 victoire en 8 matches officiels), les basketteurs strasbourgeois de la SIG se sont ressaisis aussi bien en Coupe d’Europe, qu’en championnat de France. L’entraîneur de ces cinq dernières saisons Vincent Collet a été rappelé en urgence et le beau jeu est revenu.

Lundi 26 décembre, les rouges et blancs défieront Dijon sur leur parquet du Rhénus à 18h. Un match important dans l’optique de la qualification à la Leaders Cup à Disneyland Paris en février, un tournoi de trois jours qui rassemble les huit meilleures équipes à mi-parcours.

Strasbourg – Dijon, 15ème journée de proA de basketball, lundi 26 décembre à 18h au Rhénus Sport, boulevard de Dresde au Wacken. De 8 à 30€, gratuit pour les moins de 6 ans. Billetterie sur place ou sur sigstrasbourg.fr

2 – S’émerveiller au cirque Bouglione

Tout le monde n’apprécie pas les spectacles de cirque, les débats sur la condition des animaux étant vifs. Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) s’était même engagé à interdire les spectacles d’animaux à en 2008, ce qu’il n’a finalement pas fait contrairement à Illkirch-Graffenstaden.

Néanmoins, cela n’a pas découragé le cirque Bouglione de poser son chapiteau au parc des expositions au Wacken jusqu’au 1er janvier pour présenter son nouveau spectacle d’hiver. Ses chevaux, ses neuf fauves, ses acrobates et trapézistes se produisent tous les jours sans exception, et parfois à deux reprises, pendant plus de deux heures.

Cirque d’hiver Bouglione, tous les jours du 23 décembre au 1 janvier inclus. Parc des Expositions au Wacken. De 15 à 50 euros. L’événement et les infos pratiques sur le JDS

Beaucoup de choses à faire (photos SIG Basket / Doriant Brault - Château de l'Ill et JFG / Rue89 Strasbourg)
Beaucoup de choses à faire Photos : SIG Basket / Doriant Brault – Château de l’Ill et JFG / Rue89 Strasbourg

3 – Skier sur les pentes vosgiennes…

Encore faut-il qu’il y ait de la neige pour skier. À quelques jours de Noël, rares sont les flocons de neige ne caresse les monts vosgiens. Mais les épisodes neigeux peuvent être soudains, donc mieux vaut surveiller la météo. La plupart des stations sont à 1h ou 1h30 de Strasbourg.

La navette des neiges du Conseil départemental du Bas-Rhin permet, sur réservation, de rallier le Champ du feu en autocar pour 5 euros aller-retour, sans même se soucier des pneus-neige ou de l’itinéraire.

Relire notre article « Les pistes à portée de Strasbourg »

4 – … Ou explorer ses lieux abandonnés

Pénurie de neige ? C’est le moment d’essayer « l’urbex », c’est-à-dire se promener dans les bâtiments abandonnés. En Alsace, plusieurs établissements sont localisés dans les Vosges comme à l’ancien Grand hôtel du Markstein, le centre de soins de Bennaville ou l’hôpital Docteur Petiot. Attention, la pratique comporte des risques et mieux vaut être prudent.

La page Alsace du site urbexsession.com

5 – Redécouvrir les balades natures en ville

Pour ceux qui veulent aller moins loin, nous vous avons proposé au printemps six balades à Strasbourg sur des chemins où la nature a plus ou moins gardé ses droits. Les (re)-découvrir en hiver a son charme. Un bon manteau, bonnet, gants, écharpes, bonnes chaussures et le plaisir de se rentrer au chaud n’en est que plus grand.

Relire nos six balades nature à Strasbourg et ses environs

Balade nature le long de l'Ill à Illkirch-Graffenstaden (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Balade nature le long de l’Ill à Illkirch-Graffenstaden. Photo : MM / Rue89 Strasbourg

6 – Se cultiver dans les musées

Les onze musées de la Ville Strasbourg gardent leurs horaires habituels, sauf les dimanches 25 et 1 janvier où ils sont fermés, et les samedis 24 et 31 où les visites s’arrêtent à 16h. Ceux ouverts le lundi sont accessibles le 26 décembre. De quoi choisir entre art moderne, histoire de la ville, archéologie, peinture ou zoologie.

Parmi les expositions en cours : « Brumath-Brocomagus. Capitale de la cité des Triboques », au musée archéologique, « Hétérotopies » au musée d’art moderne et à l’Aubette, « Forever Tomi Ungerer » au musée du même nom, « La vie en mini. Maisons de poupées et compagnie » au musée alsacien, etc. Rappel, pour les étudiants détenteurs de la Carte Culture ou les 11-25 ans détenteurs d’une carte Atout Voir, les musées sont gratuits.

Le site des musées de Strasbourg

Musée Historique
Le Musée Historique de Strasbourg Photo : DR

7 – Regarder le ciel étoilé à l’Observatoire

Tous les jours à 16h, le Jardin des sciences propose d’admirer le ciel au planétarium de l’Observatoire de Strasbourg, avec un médiateur. Entrée entre 4 et 6 euros.

Le ciel étoilé autour de Noël, sur réservation au 03 68 85 24 50 du dimanche 18 au vendredi 30 Décembre 2016, (sauf les week-end et le 26 décembre) à 16h. Entre 4 et 6 euros. Informations sur l’événement du JDS.

8 – Profiter des médiathèques et des piscines

Ces services publics restent ouverts pour les congés. Coté médiathèques, seul le cybercentre de la Meinau est fermé et le bibliobus ne circulera pas. Même si vous n’êtes pas abonné (26€ par an maximum), l’entrée des ces lieux de culture est libre. L’occasion de se plonger dans la presse nationale ou internationale, des BD, des romans, écouter de la musique, regarder un film voire jouer aux jeux vidéos sans compter le temps.

Le site des médiathèques de l’Eurométropole de Strasbourg

Côté piscines, en revanche, cinq établissements sur neuf sont fermés. Pour barboter, il ne restera que les piscines du Wacken, de Schiltigheim, de Lingolsheim et les Bains municipaux, boulevard de la Victoire. Ou l’Allemagne. Le 1er janvier, la grande et la petite piscines des Bains municipaux seront ouvertes et gratuites de 14h à 20h.

Le site des piscines de l’Eurométropole de Strasbourg

Médiathèque Malraux (Photo Yellowstar / FlickR / cc)
Médiathèque Malraux Photo : Yellowstar / FlickR / cc

9 – Se relaxer dans un spa

Le froid, la nuit et le temps libre sont propices aux bains chauds et autres vapeurs des hammams et saunas, parfois agrémentés de massage. Si les thermes de Caracalla à Baden-Baden est souvent vue comme la référence, d’autres spas en Alsace ou en Allemagne valent le détour.

Relisez notre sélection de spa en cliquant sur cette phrase.

10 – S’amuser à Europapark

Le parc d’attraction de Rust en Allemagne propose une saison hivernale. Le ticket est un peu moins cher que le reste de l’année (38€50 contre 47€ pour les adultes). Tous les grands huit ne sont pas ouverts, tout comme les attractions aquatiques, mais Europapark se rattrape niveau animations, spectacles et féerie de Noël, surtout pour les plus petits.

Les files d’attentes sont, elles, parfois moins longues qu’en été. Il est aussi possible de passer seulement les trois dernières heures de la journée pour moins cher (16€ pour les enfants, 20€50 pour les adultes).

Saison hivernale d’Europapark à Rust en Allemagne, tous les jours (sauf 24 et 25 décembre) de 11h à 19h. Informations sur Europapark.de

11 – Admirer des illuminations de Noël

La foule et les barrages policiers pour le Marché de Noël vous ont fait fuir la grande-île en décembre ? Repos des imposantes troupes oblige, le marché de Noël s’arrête désormais le 24 décembre, après quelques éditions jusqu’au 31 décembre.

Mais pour ceux qui apprécient les illuminations des rues du centre-ville ou du grand sapin, leurs ampoules continuent de briller en fin d’année, la foule et les chalets en moins, le calme en plus. L’office du tourisme propose des visites guidées à 18h. Si ce sont les cabanes, les petits objets et le vin chaud qui vous manquent, direction Colmar où le marché de Noël dure jusqu’au 30 décembre, comme dans d’autres villes d’Alsace et d’Allemagne (Thann, Riquewihr, Baden-Baden).

Visites guidées des illuminations, tous les jours à 18h (3,5 à 7€). Renseignements à l’office du tourisme de Strasbourg. Toutes les dates de tous les marchés en Alsace sur le site marché-de-noel-en-alsace.com

Le village des marques de Roppenheim, au nord de Strasbourg. (Photos MC)
Le village des marques de Roppenheim, au nord de Strasbourg. Photos : MC

12 – Aller aux magasins d’usine

En Alsace, il y a Roppenheim le village où les attractions sont les boutiques, à une trentaine de minutes au nord de Strasbourg (en voiture ou en navette gratuite sur réservation depuis Strasbourg). Les deux artères rassemblent des enseignes de vêtements chics ou de sport, mais aussi de chocolats, de valises ou de montres.

En Allemagne, les magasins « Outlet » de Metzingen près de Stuttgart ou Zweibrucken, près de Sarrebruck sont un peu plus loin mais proposent aussi un vaste choix d’habits de marque à prix réduits, car il s’agit des collections de l’année précédente.

À Roppenheim comme en Allemagne, on y fait parfois de meilleures affaires que pendant les soldes en janvier. Mais il faut accepter d’y consacrer au moins une demie-journée.

Les informations pratiques sur sites internet des « Style Outlet » de Roppenheim et Zweibrucken, ainsi que de l’outlet city de Metzingen . Le site magasins-usines.net répertorie aussi les magasins isolés en Alsace.

Bonus – Relire Rue89 Strasbourg

Les fêtes sont aussi l’occasion de ne rien faire et se reposer chez soi, en écoutant de la musique ou en lisant, par exemple, votre média local préféré. Toute l’année, nous vous informons avec parfois de longs sujets fouillés sur votre ville, que tout le monde n’a pas le temps de lire au quotidien.

Mais pourtant, beaucoup des dossiers restent d’actualité ou permettront de mieux comprendre l’actualité l’année prochaine. Déroulez la page d’accueil de notre nouveau site vers le bas. Elle permet de remonter toute l’année et même au-delà.

D’autres bons plans pendant les fêtes à faire partager ? Laissez un commentaire en bas de cet article

#fêtes de fin d'année

Du verre pilé dans une soupe servie à des sans-abri lors d’une maraude mardi soir

Du verre pilé dans une soupe servie à des sans-abri lors d’une maraude mardi soir

Un homme et une femme, avec sacs à dos et thermos, auraient servi de la soupe avec du verre pilé dedans à des personnes sans-abri mardi soir à Strasbourg.

Un homme et une femme, avec sacs à dos et thermos, auraient servi de la soupe avec du verre pilé dedans à des personnes sans-abri mardi 20 décembre à Strasbourg.

C’est le témoignage qu’ont rapporté Max et Christophe, deux trentenaires sans-abri à Christine, une strasbourgeoise qui organise des maraudes indépendantes en complément des actions officielles comme l’Abribus, les Restos du cœur ou Strasbourg Action Solidarité.

(document remis)
« C’était plus évident que sur la photo », raconte Christine (document remis)

Origine du verre inconnue

Jointe par Rue89 Strasbourg après son témoignage sur Facebook, Christine relate qu’elle a découvert cette situation avec deux amis qui l’accompagnaient mardi soir, vers 21h45 place Kléber :

« On voulait apporter à manger à Max et Christophe, que j’avais déjà rencontrés, quand ils nous ont montré un gobelet en plastique avec des bouts de verre au fond. Un couple inconnu a distribué de la soupe dans ce gobelet, qui a été donné aux sans-abris. L’un d’eux s’est rendu compte à temps qu’il y avait du verre dedans et a recraché la soupe. L’autre a bu la soupe et a mangé d’autres aliments solides pour limiter le risque de coupures dans son estomac. »

Les personnes sans-abri ne sont pas allées à l’hôpital. Christine ne reconnaît pas le couple qui a distribué cette soupe :

« À priori, le couple est parti environ une heure avant notre passage. D’habitude, on sait qui se balade à Strasbourg et agit en faveur des sans-abris, mais là c’est la première fois qu’ils les voyaient. Ils n’ont pas dû rester longtemps, car Max et Christophe ne pouvaient les décrire précisément. Je suis encore sonnée, il y avait déjà eu une agression d’un sans-abri il y a quelques jours… »

Même témoignage pour Valérie Suzan, présidente de Strasbourg Action Solidarité qui a aussi vu les deux hommes un peu plus tard dans la soirée, lorsque sa maraude est passée au même endroit :

« Ils nous ont aussi montré leur verre et n’oseront plus rien prendre de personnes qu’il ne connaissent pas »

L’origine du verre dans la soupe reste inexpliquée. Il était peut-être présent dans le thermos avant que le couple n’y ajoute la soupe. Mais il pourrait s’agir d’une malveillance. Pour le moment, aucune plainte n’a été déposée mais Christine dit qu’elle doit « en reparler » avec les personnes concernées.

On a testé Kédé’kidz, la chambre d’enfant ultime à Strasbourg

On a testé Kédé’kidz, la chambre d’enfant ultime à Strasbourg

En plein centre-ville de Strasbourg, Kédé’kidz est un nouveau centre de loisirs pour enfants. L’objectif de son concepteur est de recréer la chambre d’enfant idéale pour y accueillir des anniversaires d’anthologie, grâce à la présence de jouets imposants, rares et précieux.

Et si au centre-ville de Strasbourg, on créait une chambre d’enfant ultime, remplie de jouets hors de prix, de tapis de jeux et d’un toboggan ? Croyez le ou non, quelqu’un a répondu « faisons le » à cette question. C’est Sébastien Marie-Boos, un ancien cadre d’Alcatel. Il vient d’ouvrir Kédé’kidz, un espace de loisirs pour enfants et parents, dans les anciens bureaux des assurances Esca, rue des Pontonniers.

Il lui aura fallu un an pour accoucher de son projet, trouver un partenaire bancaire et plusieurs mois de travaux délicats. Mais le résultat est là : dans des locaux sublimes en bordure des quais, 650 m² dédiés aux plus jeunes, des armées de Playmobil qui les attendent, des caisses de Lego, des voitures miniatures ou télécommandées, des dragons, des cabanes, des figurines… C’est un peu comme si un enfant avait emporté chez lui tout ce qui lui plaisait dans un magasin de jouets pour répartir le résultat dans une pièce immense.

Les plus grosses boites de Playmobil sont à la disposition des enfants (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Les plus grosses boites de Playmobil sont à la disposition des enfants (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Le fondateur est un grand enfant

Sébastien Marie-Boos reconnaît qu’il a un côté « grand enfant » :

« J’adore les jeux et les jouets c’est vrai. Avec Kédé’kidz, l’idée est de mutualiser la “chambre de mon meilleur ami”. On y trouve des jouets très coûteux, qu’il est délicat d’acheter pour des enfants qui pourraient d’ailleurs s’en lasser vite mais qui font leur bonheur pendant quelques heures. Il faut voir Kédé’kidz comme une extension, partagée, de l’appartement pour les enfants. »

Pas besoin d’expliquer longtemps le concept ceci dit. Une fois leurs chaussures enlevées, mon fils, 5 ans, et sa soeur de 3 ans se sont rués sur les centaines de jouets immédiatement disponibles. C’est le château tout rose Playmobil qui a attiré ma fille en premier, elle a pu se raconter une drôle d’histoire de princesses et de dragons. Son frère, lui, a repéré l’immense garage à petites voitures et son circuit, dont la taille prendrait la moitié de la surface de sa chambre. Quelques minutes plus tard, ils ont oublié leurs parents et se sont retrouvés au garage, où ils partagent des voitures miniatures avec d’autres enfants…

L'univers Star Wars est très présent à tous les étages... (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
L’univers Star Wars est très présent à tous les étages… (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

La motivation : le rire des enfants

Un rire fuse. Pour Sébastien Marie-Boos, c’est la raison d’être de Kédé’kidz :

« À chaque fois que j’entends un rire d’enfant, je me dis que j’ai eu raison de lancer ce projet. Parce qu’ici, les enfants sont heureux, ils jouent ensemble, ils se font des amis. Ils se développent parce qu’ils sont dans un environnement beau et calme, où des adultes sont disponibles pour les aider. »

Visés, les centres de loisirs intérieurs pour enfants comme Tubi-Tuba ou Plumy Park où, pour Sébastien Marie-Boos, le bruit qui y règne empêche les enfants de se rencontrer. Là, c’est tout l’inverse : dans un calme relatif compte tenu de l’excitation qui y règne, une équipe de cinq adultes passe son temps à ranger les jouets, à les remonter, changer les piles, etc. et à répondre aux sollicitations des enfants.

À l'étage des salles plus petites sont dédiées aux plus jeunes (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
À l’étage des salles plus petites sont dédiées aux plus jeunes (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Surveillez les mômes enfoncé dans un fauteuil massant…

Quant aux parents, ils sont invités à aller se poser dans la cafétéria, où sont servies des pâtisseries faites maison. Les plus usés peuvent même se cacher dans un petit salon privé, où ils pourront s’oublier quelques instants dans d’immenses fauteuils massants. Que demander de plus ? D’avoir un oeil sur votre bambin ? Kédé’kidz prévoit de mettre en place un système de vidéo interne, accessible depuis un smartphone…

À l’étage, quatre petites salles sont prévues pour accueillir des anniversaires, elles sont décorées par une artiste et Kédé’kidz peut même amener le gâteau. Puis trois salles suivent, une dédiée aux tous petits, une autre qui plaira beaucoup à ma fille avec de nombreux jouets d’éveil.

Dans une troisième salle, Kédé’kidz prévoit d’accueillir des groupes scolaires pour y mener des ateliers ludiques, comme par exemple le théorème de Pythagore expliqué avec des Legos. Le centre a engagé une psychologue et une spécialiste de la petite enfance pour proposer ces ateliers aux écoles. Le centre s’est aussi équipé d’un microscope ultra-puissant, qui servira également d’équipement de base pour des ateliers sur l’infiniment petit…

Des tarifs vite élevés

Évidemment, tout ce luxe n’est pas donné. Kédé’kidz coûte 8€ la première heure pour un enfant, puis 6€ les heures suivantes. Trois heures avec deux enfants, ça passe vite, et voilà 36€ qui s’envolent. Pour Sébastien Marie-Boos, ces tarifs sont calibrés pour le service rendu et visent à favoriser une rotation :

« Les centres de loisirs ont souvent des offres à durée illimitée… Mais laisser les enfants dans ces endroits pendant des heures n’est pas un service à leur rendre. De notre côté, on veut que les enfants viennent, s’amusent et passent à autre chose lorsqu’ils retrouvent leurs parents. Ainsi, les enfants ne sont pas fatigués ou surexcités, ce qui améliore les conditions de vie de tous les usagers du centre, enfants comme adultes. »

Un magasin de jouets de 150 m² complète l’ensemble. Sébastien Marie-Boos prévoit d’y assurer une sélection drastique sur les jouets qui seront en rayon, avec des critères de qualité et d’éthique dans leur fabrication. Si le concept de la chambre d’enfant idéale mutualisée de Kédé’kidz fonctionne, Sébastien Marie-Boos se verrait bien décliner le concept ailleurs en France, voire en Europe. Car dit-il, « il n’a jamais vu ça ailleurs ». Les enfants non plus.

#Sébastien Marie-Boos

Pour « Strasbourg mon amour », la Cathédrale déplacée… à la Krutenau !

Pour « Strasbourg mon amour », la Cathédrale déplacée… à la Krutenau !

Insolite. Sur l’affiche de la cinquième édition de « Strasbourg mon Amour », la Cathédrale de Strasbourg se retrouve en plein cœur du quartier étudiant de la Krutenau, entre la Bourse et l’Esplanade.

Le mois de février est l’un des plus creux pour l’hôtellerie et la restauration à Strasbourg. Alors depuis 2013, l’autoproclamée capitale de Noël s’est aussi mise en tête de devenir la « capitale de l’amour », autour des dates de la fête commerciale de la Saint Valentin, le 14 février.

Selon l’office du tourisme, les différentes manifestations avaient attiré 55 000 personnes en 2016, même si l’organisateur regrettait qu’il s’agisse beaucoup de locaux et peu de touristes qui viennent à l’hôtel.

La cathédrale visible depuis le pont Saint-Martin

L’affiche de la 5e édition, qui se déroulera du 10 au 19 février 2017, a été dévoilée mi-décembre. Elle met en scène deux jeunes amoureux. Malgré les températures frisquettes de février, un costume et une robe courte suffit à les habiller. Portés par leur amour, ils s’envolent même dans la nuit claire strasbourgeoise. Autour d’eux, pas un passant ne vient perturber ce regard intense et romantique.

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Une vue idyllique, un peu trop belle pour être vraie. (Photo Strasbourg Mon Amour / Agence VO)

Dans le fond, une magnifique vue depuis le pont Saint-Martin à la Petite-France. L’Ill coule paisiblement sous leurs pieds. L’école rouge style art déco Saint-Thomas, construite par l’architecte Fritz Beblo, comme les Bains municipaux, se tient fièrement sur la gauche. Trop beau pour être vrai ? Un peu. Dans le fond, la Cathédrale qui identifie Strasbourg se dresse mais elle est placée… en plein cœur du quartier de la Krutenau. Une nouvelle attraction cette année ?

Un collage

Pas tout à fait explique Benjamin Voituriez, co-directeur de l’agence de communication Vo, qui a réalisé l’affiche :

« C’est un collage avec plusieurs éléments de Strasbourg. On l’avait déjà fait par le passé. La partie droite est le quai de la petite France, près des ponts couverts. Et puis la Cathédrale est un incontournable chaque année. Ce ne sont que des vraies photos, les deux mannequins ont posé en studio. »

On est allé vérifier sur place un jour sans brouillard, pas de cathédrale à l’horizon. Au premier plan, un lampadaire occupe le milieu du pont.

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Pas de cathédrale dans le fond, mais la vue du pont Saint Martin avec les lumières d’hiver est quand même sympa (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Le programme complet sera connu début janvier. Et si le montage devait susciter des réactions moqueuses ou amusées, c’est qu’il aura au moins réussi à faire parler de lui, ce qui est souvent un bon point dans le monde de la pub.

Attentat de Berlin : pas de modification au Marché de Noël de Strasbourg

Attentat de Berlin : pas de modification au Marché de Noël de Strasbourg

Après l’attentat lundi contre la foule profitant d’un marché de Noël à Berlin, qui a fait 12 morts et 48 blessés, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux nommé après la nomination de Bernard Cazeneuve comme Premier ministre, est venu en avion faire un rapide tour à Strasbourg, pour inspecter les mesures de sécurité du Marché de Noël.

Lundi soir, le ministre avait déclaré qu’un « renforcement des mesures de sécurité » serait appliqué aux marchés de Noël en France. Étant donné que celui de Strasbourg est déjà « l’endroit le plus sécurisé de France », c’est difficile mais qu’importe. Arrivé place Broglie vers 10h30, le ministre, en bon expert de la sécurité, a déclaré qu’il fallait « faire bien attention, respecter les contrôles et s’amuser ».

Pas de changement

Après de telles consignes, le maire de Strasbourg a finalement décidé de poursuivre le Marché de Noël de Strasbourg, jusqu’au 24 décembre au soir comme initialement prévu.

Le ministre est reparti vers 12h30 sans qu’aucun changement ne soit perceptible dans les mesures de sécurité, contrôles, barrages et autres dispositifs mis en place depuis fin novembre pour protéger le Marché de Noël de Strasbourg.

La Ville de Strasbourg a décidé de mettre en berne jusqu’à mercredi inclus les drapeaux français des édifices public municipaux, en hommage aux victimes de l’attentat de Berlin. La Ville avait procédé de même suite à l’attentat de Kayseri en Turquie, quelques jours plus tôt. Un registre de condoléances est également disponible au centre administratif, place de l’Étoile.

#Bruno Le Roux