Le président de l’Eurométropole de Strasbourg, Robert Herrmann (PS), va commander un audit sur les dépenses du Conseil départemental du Bas-Rhin sur le territoire de l’agglomération. Il les juge « inéquitables » par rapport au reste du département.
Les relations entre l’Eurométropole de Strasbourg et le Département du Bas-Rhin avaient bien débutées après l’élection en avril 2015 du président Frédéric Bierry (LR). Elles se sont progressivement tendues. Depuis plusieurs années, l’Eurométropole, c’est-à-dire Strasbourg et les 32 communes qui l’entourent (ex-CUS), a souvent estimé qu’elle était maltraitée dans les choix budgétaires du Conseil départemental.
L’exécutif de l’agglomération estime que, compte tenu de son poids démographique (43% du département), de sa fiscalité (environ 52%) et de ses « charges de centralité » (les équipements ou services qui bénéficient à des habitants de tout le département), le Département devrait dépenser plus d’argent sur son territoire.
Un audit publié sous 6 mois
Tout juste réélu président de l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS) a décidé de commander un audit « sur l’inéquité des dépenses entre l’Eurométropole et le reste du département », a-t-il annoncé vendredi lors d’un déjeuner du Club de la presse de Strasbourg. Ces chiffres doivent servir à rendre le débat, qui tourne en rond depuis plusieurs années, plus objectif selon lui :
« Cela n’a pas d’intérêt d’entendre Fréderic Bierry dire qu’il fait plein de cadeaux à l’Eurométropole et le président de l’agglomération râler. »
Le président de l’Eurométropole de Strasbourg Robert Herrmann, ici en conseil municipal (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Beaucoup de dépenses selon le Département
Cet audit sera publié après sa réalisation, prévu au cours du premier semestre 2017. Robert Herrmann a également ajouté que sa collectivité allait se tourner « vers un cabinet qui travaille régulièrement avec le Conseil départemental du Bas-Rhin, pour qu’il n’y ait pas de suspicion. »
De son côté, le Département a toujours fait valoir que Strasbourg concentrait la majorité des dépenses sociales (entre 70 et 80%), dont il a la charge, et qu’il soutenait d’autres équipements strasbourgeois (Le Vaisseau, l’aéroport…) pour 326 millions d’euros par an (sur 1,1 milliard de budget en 2016).
Frédéric Bierry s’était exprimé devant l’assemblée des élus communautaires fin 2016, puis Robert Herrmann avait fait de même devant les conseillers départementaux. Les deux exécutifs sont aussi tombés d’accord quant aux compétences transférées dans le cadre de la loi d’affirmation des métropoles. Mais visiblement, ces échanges n’ont pas permis de tout aplanir…
Une troisième « marche des cabanes », ainsi qu’un point d’information à hauteur du projet de viaduc entre Eckwersheim et Vendenheim se tiendront les samedi 14 et dimanche 15 janvier sur le tracé du grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
L’année 2017 est sensée voir le début des travaux de l’autoroute payante de 24 kilomètres autour de Strasbourg, le Grand contournement ouest (GCO, voir tous nos articles sur le sujet). À moins que le constructeur Vinci ne demande une prolongation d’autorisation pour modifier son projet et démarrer les coups de pelles après le 23 janvier 2018, comme le révélaient les Dernières Nouvelles d’Alsace au début du mois.
Troisième marche des cabanes
À l’aube de cette année décisive, les opposants au projet multiplient les rendez-vous sur le terrain. Ils contestent l’efficacité du GCO qui supprimera des espaces naturels et agricoles. Dimanche 15 janvier, une troisième « marche des cabanes » reliera Ittenheim à Stutzheim-Offenheim. Le départ est fixé à 10h sur la RN4 d’Ittenheim et le parcours devrait durer 1h30.
Le 1er janvier, 230 personnes sont allés se geler sur 7 kilomètres entre Kolbsheim et Ittenheim (photo collectif GCO Non-Merci)
Un point d’information le samedi à Vendenheim
Le samedi 14 janvier, l’association écologiste d’Eckwersheim Ligne verte renaît de ses cendres pour montrer l’emprise de l’ouvrage et répondre aux interrogations des riverains. Un point d’information se tiendra à 14h au niveau du château d’eau entre Vendenheim et Eckwersheim sur la D226, où un viaduc doit passer au-dessus de la ligne LGV et du canal.
L’actualité des « anti », qui vont s’efforcer à mettre davantage en avant leurs alternatives en 2017, ne faiblit pas en ce début d’année. Une bande dessinée de l’illustratrice Lili Sohn a parue au début du mois, tandis que l’inauguration d’une huitième cabane est prévue à Eckwersheim samedi 4 février à 10h30.
La brasserie artisanale La Mercière, implantée à Niederhausbergen, a trouvé une nouvelle maison pour s’agrandir. Mais elle est à Cosswiller, à 30 km de l’Eurométropole et beaucoup de travaux sont à prévoir. Aussi le couple de brasseurs fait appel à ses soutiens pour les aider à franchir cette étape délicate.
Franck Julich ne s’imaginait pas un jour quitter la maison qu’il a retapée, impasse Mercière à Niederhausbergen. Sa famille habite depuis cinq générations dans ce village au nord-ouest de l’Eurométropole de Strasbourg. Son plan pour la vie était simple : installer sa brasserie artisanale sur un terrain familial et vivre en circuit court avec sa femme Imène et ses trois enfants. Mais c’était sans compter les plans du maire du village, Jean-Luc Herzog, lequel ne veut pas d’une brasserie sur ce terrain, qu’il destine à de futures activités municipales.
Ils ont trouvé une ferme à Cosswiller, près de Wasselonne, qui leur permettrait d’héberger à la fois leur domicile et une brasserie suffisamment grande. Franck et Imène Julich prévoient également d’y créer une boutique dédiée aux circuits courts et un refuge de campagne pour accueillir des stammtischs sur les savoirs anciens et des soirées pour les habitants des environs. Le site permettrait même d’accueillir, plus tard, une micro-malterie biologique.
Les bâtiments attenant à la ferme sont suffisamment grands pour accueillir les projets de développement de La Mercière (doc remis)
Avec 130 000€, sauvez le brasseur
Pour acheter la ferme, le couple va revendre sa maison de Niederhausbergen et contracter un prêt-relais. Mais le déménagement, la rénovation et le raccordement de la brasserie aux réseaux d’assainissement sont hors de portée de l’entreprise artisanale. Le développement exponentiel de l’activité (de 100 à 700 hectolitres en quatre ans) permettait de financer une extension en douceur sur le terrain familial voisin, pas le déménagement dans une ferme relativement isolée.
En outre, les installations actuelles dans la cour de leur propriété à Niederhausbergen ont un caractère transitoire : l’autorisation municipale pour les chapiteaux qui abritent les cuves n’est valable que jusqu’en août et, compte-tenu de la dégradation de leurs relations avec le maire, Franck et Imène Julich craignent d’être contraints à tout démonter s’ils n’ont pas déménagé avant.
Du coup, Franck et Imène Julich font appel à tous leurs soutiens pour les aider dans ce projet. Ils ont mis en place un financement participatif avec deux paliers. Avec 70 000€, Franck et Imène Julich parviendront à déménager les cuves, à les installer à Cosswiller et à raccorder la grange aux réseaux d’assainissement et d’électricité. Le couple espère que les soutiens exprimés pendant l’été et ensuite se mobiliseront suffisamment pour atteindre 130 000€. Avec cette somme, La Mercière pourra installer une unité de brassage supplémentaire ainsi qu’une laveuse de fûts automatique.
La campagne de financement doit durer jusqu’à mi-mars. Elle est hébergée par le site Bulb in town, qui se spécialise sur les projets de d’économie solidaire et durables. Une soirée de lancement est prévue samedi au Local, un bar de la Krutenau alimenté en bières de la Mercière, à Strasbourg.
La Ville de Strasbourg vient de publier le cahier des charges du nouveau marché de la restauration scolaire. Après d’intenses débats sur le sort des barquettes en plastique, génératrices de déchets et d’éventuels risques pour la santé des enfants, l’objectif est de les remplacer en quatre ans par des matériaux réutilisables.
« Nous avons fait le choix de passer entièrement aux contenants inertes et réutilisables ». Tel est désormais l’engagement de l’adjointe au maire en charge de l’Éducation, Françoise Buffet (divers gauche), sur l’avenir de la restauration scolaire à Strasbourg.
François Buffet a fait cette déclaration jeudi lors d’une conférence de presse. La Ville a publié le cahier des charges du marché public de la restauration scolaire, les changements concernent les cantines des écoles strasbourgeoises à partir de la rentrée 2017. Le marché fixe les conditions de notation des entreprises candidates pour nourrir quelque 10 000 enfants.
La pression des parents a payé
Depuis la rentrée, des parents d’élèves interpellent la municipalité sur les barquettes en plastique à usage unique, en usage actuellement notamment par l’Alsacienne de Restauration. En plus de la pollution qu’elles génèrent (et des surcoûts pour s’en débarrasser vu que Strasbourg n’a plus d’incinérateur pour 2 ans et demi), elles pourraient être nocives pour la santé, car le réchauffement du plastique pourrait libérer des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire des molécules qui se retrouvent au contact des aliments et peuvent provoquer la stérilité ou les cancers à long terme.
Il s’agit néanmoins d’appliquer un « principe de précaution » puisque les barquettes utilisées jusqu’à présent sont aux normes sanitaires européennes. Les parents d’élèves ont été soutenus dans leur démarche par l’association écologiste Zero Waste, qui prône la réduction des déchets.
À l’heure de la publication du cahier des charges, force est de constater que les positions de l’exécutif municipal ont évolué sur la question des barquettes, par rapport aux engagements de septembre ou novembre.
La nocivité du réchauffement des barquettes en plastique n’est pas prouvé mais… (photo Zero Waste France)
50% en 2 ans, 100% en quatre ans
Concrètement, le cahier des charges fixe des objectifs de remplacement progressifs. Le texte demande un remplacement « a minima » de 50% des barquettes par des contenants réutilisables (vraisemblablement de l’inox) en deux ans et 100% « ou être proche » en quatre ans. Donc en août 2021, toutes les cantines de Strasbourg devraient utiliser des contenants réutilisables.
Mais ce critère ne compte que pour 9 points sur 100 dans l’ensemble du marché public. Par comparaison, le prix de la prestation compte pour 40% de la note finale. Pour Nicole Dreyer (PS), adjointe au maire en charge de la petite enfance, cette répartition de la note permettra à la Ville « de ne pas choisir le moins disant, » (voir les critères de notation complets en bas de cet article).
Si cet objectif de remplacement est suivi par l’attributaire et tenu, Strasbourg serait la première grande ville de France à se débarrasser des barquettes plastiques. Pour assurer un suivi, la durée du marché a été abaissée de quatre à deux ans, reconductible une fois. Si en revanche l’objectif de 50% n’est pas rempli en deux ans, le prestataire pourrait être démis et un nouvel appel à candidatures lancé.
Pour veiller au respect de ces engagements, un groupe de travail qui associe les parents, les agents de la ville et les élus assurera un suivi. Il pourra se réunir « aussi souvent qu’il le souhaite » selon Françoise Buffet, après une première réunion dès la semaine prochaine. Des représentants du personnel en feront partie car ces modifications techniques demanderont aussi aux agents de s’adapter. Le ou les prestataires y seront ajoutés après avoir été sélectionné(s).
D’autres objectifs nouveaux, dans l’assiette
D’autres objectifs ont été ajoutés dans le marché public. Dans la continuité de ceux mis en place en 2009 et renforcés en 2013, le texte prévoit que la proportion de repas bio et locaux soit identique pour toutes les écoles, plus de repas « bons pour la planète » (1 toute les 4 semaines), plus d’efforts dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, la demande de viandes « label rouge », etc.
Pour permettre à des entreprises de taille moyenne de candidater, le marché a été séparé en 3 aires géographiques, de tailles à peu près équivalentes. Un quatrième marché a été publié pour les 14 restaurants scolaires de la petite enfance (dont 7 d’entre eux ont une cuisine sur place).
Aller plus vite pour les parents
À la lecture de ces conditions, Ludivine Quintallet du collectif « projet cantines » se dit « vigilante » sur l’application :
« On est globalement satisfaits par cette clause de remplacement et par la mise en place du groupe de travail. Il permettra un contrôle citoyen. Mais quatre ans pour une question de santé publique, c’est trop long. On attend du groupe de travail qu’il permette d’avancer plus vite sur cette question dans un travail collaboratif avec les élus. Lorsque le maire nous a reçu fin décembre, il a souligné sa volonté de mettre Strasbourg en pointe sur ce sujet pour fédérer dans d’autres villes, autour de médecins et de chercheurs. »
Réaction similaire pour Simon Baumert de la section strasbourgeoise de Zero Waste France :
« C’est un point de départ. Il y a un objectif et après le groupe de travail qui permettra d’aller plus loin dans la mise en œuvre. Pour l’instant, la dynamique est bonne. »
Choix du prestataire au printemps
Les entreprises de restauration collective ont désormais 54 jours pour candidater aux marchés de la Ville de Strasbourg. Une commission avec des élus de toutes les sensibilités politiques et les services noteront les offres avant de retenir un ou plusieurs prestataires (un par lot) fin mai ou début juin. Le marché de la restauration scolaire équivaut à environ 6,5 millions d’euros par an.
Rue89 Strasbourg ajoute aujourd’hui une nouvelle fonctionnalité : les réactions. Vous pouvez désormais indiquer quel sentiment provoque un article, ou un extrait.
Alors que de nombreux sites suppriment cette section, arguant qu’il n’y a dans les commentaires que des réactions épidermiques qui ne méritent pas d’être lues, encore moins d’être adressées, Rue89 Strasbourg fait justement le choix inverse.
Pour nous, les commentaires sont essentiels car il s’agit de la partie visible d’un ensemble plus vaste, extrêmement important à nos yeux : votre engagement. Rue89 Strasbourg est un média communautaire, la communauté des Strasbourgeois. Et si notre rôle est d’informer, nos objectifs sont également de permettre et de faciliter le débat local, de servir de thermomètre face aux actualités et aux événements qui nous concernent.
Rions à Cannes (Photo GeishaBoy500 / FlickR / cc)
Utile, marrant, énervant ou les trois ?
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Avec Antenna, vous allez pouvoir donner votre sentiment à la lecture d’un article en un clic. Il vous suffit de cliquer sur le bouton rouge « Réactions » et de choisir parmi huit réactions. Pour l’instant, nous proposons : J’adore, M’énerve, D’accord, Pas d’accord, Marrant, Triste, Utile, Inutile. Il se peut qu’on en supprime ou qu’on en ajoute d’autres avec le temps et selon vos remarques. Il est également possible d’ajouter votre sentiment personnalisé, qui apparaîtra après une validation de la rédaction.
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Des parties de l’article peuvent être ainsi commentées, le bouton d’Antenna apparaît à la sélection d’une partie du texte.
Il est possible de réagir sur une partie du texte seulement.
N’hésitez pas à tester ce nouvel outil et à nous dire, en commentaires, ce que vous pensez de cette nouvelle fonction. De notre côté, comme GraphComment, Antenna est en test et doit alimenter notre réflexion plus globale sur la manière dont un média local doit être à l’écoute et prendre en compte l’avis et les états de sa communauté de lecteurs. D’autres annonces et installations sont à venir sur Rue89 Strasbourg…
Le TJP ouvre l’année 2017, du 12 au 14 janvier, par un spectacle étonnant sur l’espace mental de l’architecte. Archivolte est le deuxième opus du comédien, metteur en scène et scénographe David Séchaud. Avec sa compagnie strasbourgeoise Placement Libre, il interroge avec humour et suspicion la façon de penser de ceux qui construisent les espaces dans lesquels nous habitons.
L’architecture a tout du domaine de l’expert et du spécialiste : sa complexité, son vocabulaire propre, son opacité pour tous les non-initiés. Elle est aussi au cœur du quotidien de chacun, conscient ou non, façonnant notre manière d’habiter l’espace. David Séchaud est scénographe : cela le rapproche de l’architecte, par la manière de considérer la prise en main de l’espace, sans pour autant lui donner les codes de la spécialisation. Juste assez pour qu’il se questionne avec Archivolte.
C’est donc à la manière, burlesque, de la préparation d’un casse dans un musée que David Séchaud va tenter d’apprivoiser la pensée de l’architecte. Et de la faire partager aux spectateurs, de découverte en irruption. À quelques jours de la première, Rue89 Strasbourg a rencontré David Séchaud pour entrer dans l’initiation.
David Séchaud dans « Archivolte » (DR / Compagnie Placement libre)
Rue89 Strasbourg : Quels sont pour vous les liens entre la scénographie et l’architecture ?
David Séchaud : Nous avons une question commune, celle de l’espace. Fabriquer des espaces, construire pour habiter un espace. Ce qui est drôle et dont je me suis rendu compte au fur et à mesure de ce projet, c’est qu’il y a parfois plus d’écart entre deux scénographes ou deux architectes qu’entre un scénographe et un architecte… La frontière est floue et la question de l’espace est large.
C’est plutôt dans les pratiques de l’espace que les distinctions s’opèrent. Certains vont concevoir l’espace en amont, tandis que d’autres vont plutôt laisser l’espace se construire par lui-même.
Archivolte pose donc la question de la façon dont les espaces sont habités ?
C’était mon point de départ. Mais à ce stade notre enjeu serait plutôt : comment faire exister un espace ? On fait tout le contraire à dessiner des jolis espaces au plateau. Au plateau il y a surtout des structures d’entrainement. Ce ne sont pas des châssis, des choses qui permettraient de recomposer des espaces architecturés. C’est l’inverse : ce sont des agrès de cirque.
On retourne tout le temps les propositions. Lorsqu’on parle d’espace, on se représente le vide qu’il y a entre les choses. On s’attaque à d’autres choses, comme les objets qui peuplent le vide, pour laisser advenir l’espace.
Complexité des systèmes dans l’espace d’ »Archivolte » ( Photo Isabelle Vali-Labo Vertigo)
Quelle est la place du spectateur dans Archivolte ?
Les spectateurs sont conviés à un espèce de « journée portes-ouvertes » [rires]. C’est une ouverture de chantier pour le casse que nous sommes en train de préparer. Un cambriolage dans un musée construit par un grand architecte.
Qu’est-ce qu’on peut faire sur une scène de théâtre qu’on ne peut pas faire ailleurs ?
Ce qui facilite la vie sur une scène de théâtre, c’est par exemple que nous avons beaucoup d’accroches au plafond. Dès qu’on est dans la rue, on perd ces avantages.
Il y a aussi la possibilité de dire des choses qu’on ne dirait pas ailleurs. De se positionner en jeu, sans être toujours clair. On peut y explorer un amusement. C’est un espace d’interaction avant tout ! On est ensemble, on peut essayer des choses et faire découvrir nos fantasmes.
Mais il y a beaucoup d’architectes très différents. Pourquoi avoir choisi Olivier Gahinet pour ce travail ?
Ce qui caractérise Olivier Gahinet, c’est qu’il est passionné d’architecture moderne. C’est une façon de concevoir l’architecture où les espaces sont toujours très définis. Olivier Gahinet était d’accord pour être comme « mon tuteur » dans le domaine de l’architecture. Ça m’a plu qu’il ait une vision théorique et très pointue. C’est une vision de l’espace qui est presque dogmatique, qui suit la pensée de Le Corbusier. Pour moi c’était l’opportunité de pouvoir vraiment m’approprier une pensée. Olivier Gahinet a une méthode : on n’est pas dans le cas par cas.
Comment avez-vous travaillé ensemble pour la création du spectacle ?
Il y a eu deux ans de préparation du spectacle, avant les répétitions proprement dites. On se voyait souvent à midi lorsqu’il avait fini ses cours, lors de ses passages à Strasbourg, puisqu’il vit à Paris. C’étaient des temps d’échange et de discussion pour me faire découvrir l’architecture. C’était un peu mon maître [rires]. Il n’a pas été présent sur les répétitions. En revanche, il a suivi l’avancée du projet, il est venu aux présentations. C’était marrant parce qu’il était très désarçonné par notre proposition. Ça nous a aidé dans notre travail : il a été l’un de nos premiers spectateurs.
Casse dans l’esprit d’un architecte ( DR / Compagnie Placement libre)
Vous avez été formé à la HEAR en scénographie : qu’est-ce que vous en retenez ?
Mon premier spectacle, qui s’appelle Monsieur Microcosmos, était l’histoire d’un scénographe qui présentait son décor. Le scénographe se mettait à incarner son personnage et le décor se transformait. C’était au départ mon projet de diplôme à la Haute école des arts du Rhin (HEAR). Pour moi le déclenchement s’est produit à ce moment-là : j’avais envie de ramener le scénographe au plateau. Un peu comme le marionnettiste ou le machiniste : j’aime regarder les gens manipuler des choses, de manière très fonctionnelle.
Changer un décor, il n’y a rien de plus beau [rires] ! Aux Arts Déco, j’ai pu expérimenter pour la première fois le fait de me mettre en scène, moi-même. J’ai eu l’espace pour faire ça.
Vous avez travaillé aussi avec le Bruit du Frigo et Agrafmobile pour des interventions dans la ville. Comment est-ce que cela a défini votre regard sur la façon dont les espaces sont habités ? Sur les habitants ?
Je me suis souvent senti dépossédé, en tant qu’habitant, de la possibilité des choses qu’on peut faire en ville. C’est un espace d’interdits avant d’être un espace de possibles. Ça m’a toujours frustré et donné envie d’aller voir les artistes qui ouvrent des brèches pour permettre aux habitants d’y faire quelque chose, d’y prendre la parole… De faire en sorte que la ville ne soit pas qu’un lieu de passage ou de commerce. Qu’on puisse faire en sorte que la rue soit aussi un lieu d’habitat. C’est ce qui m’a questionné sur l’architecture.
L’architecture moderne, celle dont parle Olivier Gahinet, on se demande parfois quel rapport elle a aux habitants. Quelle place elle leur laisse pour s’approprier les choses. La question de l’appropriation est essentielle pour moi. Pour se sentir bien j’ai l’impression qu’il n’y a que ça. On peut faire un bâtiment magnifique : si on ne s’y sent pas chez soi, ça ne sert à rien. C’est pour ça aussi que je trouve que c’est important d’être soi-même au plateau quand on fait un spectacle.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Pour son 5e anniversaire, Rue89 Strasbourg prévoit d’éditer un magazine collector. Mais comment choisir parmi plus de 5 000 articles ? On s’en remet à votre sagesse.
Bientôt 5 ans ! En février 2017, Rue89 Strasbourg soufflera sa cinquième bougie. Véritable ovni dans l’univers médiatique strasbourgeois à son arrivée en 2012, votre média préféré dégainait alors sa première salve, avec des articles sur la politique municipale, décryptée sur un ton qui en a fait alors tiquer plus d’un, mais aussi avec des enquêtes choc : souvenez-vous de la Coop ou du marchand de sommeil Joseph Benamran…
Vous avez beaucoup apprécié le magazine lancé à l’occasion de notre financement participatif et vous avez été nombreux à nous demander un second numéro. Alors pour offrir une seconde vie à ces 5 années d’actu et de dossiers, de scoops et d’humour (on l’espère !), l’équipe vous propose de publier un second magazine collector. La maquette est déjà prête, elle a été réalisée par l’excellent Cercle Studio de Strasbourg.
La maquette est déjà prête ! (Cercle Studio)
Qu’est-ce qu’on choisit ?
Notre site étant riche de plus de 5 200 articles (pfou !), abordant des sujets extrêmement variés, difficile d’être exhaustif ! Nous vous proposons donc de choisir en un clic le thème du magazine que vous voudriez voir aborder :
Les liens ci-dessus renvoient vers un formulaire Google. Il n’y a plus qu’à valider votre choix pour envoyer votre réponse.
Rue89 Strasbourg imprimé, c’est pas mal aussi finalement… (Cercle Studio)
Une fois que le thème du collector aura été choisi, nous lancerons une souscription pour commander le magazine, via la plate-forme Ulule. Vous pourrez ainsi prépayer vos exemplaires, un, deux, dix, pourquoi pas !
D’autres annonces sont à venir pour les 5 ans de Rue89 Strasbourg. On finalise encore un peu tout ça. Rappelons que Rue89 Strasbourg est édité par une entreprise locale, entièrement indépendante, et non une antenne de L’Obs ni une filiale du groupe Le Monde. Nos ressources proviennent exclusivement de nos annonceurs et de nos donateurs.
Les salariés des très petites entreprises (TPE) sont appelés à voter pour leurs représentants syndicaux jusqu’au vendredi 13 janvier. Ils ne peuvent les élire que depuis 2012. Mais concrètement, à quoi ça sert ?
Les salariés des entreprises de moins de 11 personnes et les employés à domicile peuvent voter jusqu’au vendredi 13 janvier pour élire leurs représentants syndicaux. Les élus ne seront pas présents dans leurs entreprises, comme pour les salariés des entreprises plus importantes, mais ils siégeront au sein d’un comité paritaire régional.
Le choix doit se porter sur les syndicats (par exemple la CGT, la CFDT, la CFTC, l’UNSA, FO…) et non pour des candidats physiques. Les salariés peuvent voter par correspondance ou en ligne, jusqu’au 13 janvier (voir encadré « Comment voter ? » plus bas).
Pour les salariés des très petites entreprises (TPE), cette représentation leur permet, depuis 2012 seulement, d’avoir quelqu’un vers qui se tourner en cas de problème professionnel, de pouvoir poser des questions sur certaines démarches professionnelles qui demandent de la discrétion, etc.
Connaître ses droits, même en petite équipe
Laurent Walter, secrétaire départemental de la CFTC du Bas-Rhin, explique les avantages :
« Dans les petites entreprises, il n’y a pas d’activité sociale et souvent les salariés n’ont pas d’infos sur les conventions collectives. Un lien avec ces salariés est important, car ils viennent nous poser beaucoup de questions. »
Ces élections vont envoyer pour la première fois des représentants dans les Commissions paritaires régionales interprofessionnelles (CPRI). Ces assemblées régionales doivent résoudre les conflits et proposer des activités sociales et culturelles à l’échelle de la région.
Le gouvernement encourage les salariés à voter sur internet (Capture d’écran/vote-election-tpe.travail.gouv.fr)
Pour Antoine Dugo, secrétaire départemental de la CFDT du Bas-Rhin, ces élections changent la vie professionnelle des salariés de TPE :
« C’est l’ouverture du vrai dialogue social pour les TPE, qui n’ont pas de comité d’entreprise. Il faut trouver les possibilités de communication dans la structure. Les CPRI fonctionneront à double sens : faire remonter les problèmes des salariés, mais aussi les interpeller sur des sujets, comme par exemple la formation professionnelle. On doit connaître leurs besoins. »
Pouvoir négocier branche par branche
Pour Marie Baggio, secrétaire générale adjointe du syndicat Education Populaire – UNSA, c’est une avancée pour des secteurs comme l’animation, où l’UNSA est devenue représentative en 2013 :
« Dans l’animation, 65% des structures sont des petites structures. Jusque-là, on ne leur demandait pas leur avis. Donc d’un point de vue démocratique, ne pas représenter 65% des salariés, ce n’était pas idéal. »
Au moins, maintenant, ils ont leur mot à dire et cela permet des avancées dans la négociation pour chaque branche, selon Marie Baggio :
« On a pu agir sur les accords de branche, sur des sujets comme la mutuelle, ou le temps partiel. On a été très proactifs dans la grève des animateurs en septembre. On va à la rencontre des associations, sur le terrain etc. Pour les petites structures, la représentation syndicale va être de plus en plus importante, car on va de plus en plus vers des négociations de branches, avec les représentants syndicaux locaux, etc. »
Pour Jean-Jacques Touchard, secrétaire-adjoint de l’union départementale Force Ouvrière du Bas-Rhin, cette nouvelle représentativité est concrète pour les salariés :
« Ce qui est vraiment bien, c’est que ça permet des négociations de branches et donc d’obtenir des minima sur le temps de travail, les salaires, les heures supplémentaires… Contrairement aux grandes entreprises où ça se décide de manière plus “dogmatique”. »
Des progrès au cas par cas
Pour Jacky Wagner, secrétaire général de l’union départementale de la CGT du Bas-Rhin, l’élection est l’occasion de faire plus le lien avec le salarié, pour pouvoir répondre à ses besoins :
« L’objectif c’est que le monde syndical s’implante dans les TPE, qu’il y ait du dialogue social. Grâce à ces élections, on se rend dans les petits commerces, on va se faire connaître dans des entreprises où les gens ne savent pas qu’on peut leur servir. »
Il explique que depuis 2012, ils ont pu aider concrètement des employés, surtout des jeunes :
« On a l’exemple des CPRI de l’artisanat, qui existent déjà. Grâce à notre travail en CPRIA, on a pu par exemple négocier que les jeunes salariés qui passent leur permis de conduire puissent prendre la camionnette de l’entreprise, et aussi que celle-ci prenne en charge une partie du coût du permis. »
Il cite aussi des victoires individuelles :
« On a eu le cas d’un jeune coiffeur en apprentissage, qui n’a pas pu rester dans le salon où il était, car c’était quatre femmes et elles ne voulaient pas embaucher un homme. On s’en est saisi à la CPRIA, et il a pu être engagé dans un autre salon et continuer son métier. Dans ces cas-là, on met aussi parfois la pression en disant qu’on ira jusqu’au tribunal. »
Un peu plus de démocratie
Même sans affaire concrète de ce type, l’Etat et les syndicats veulent convaincre de l’importance de telles élections, alors que le taux de participation est très faible (autour de 10%). Thomas Kapp est responsable de l’unité départementale 67 de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) d’Alsace. Il explique que pour les salariés, le bénéfice est peut-être indirect, mais fondamental. C’est celui d’améliorer la démocratie :
« Ce système clarifie qui négocie les conventions collectives, grâce à la représentativité des syndicats. L’élection permet d’asseoir leur légitimité. Il y a des visions différentes de l’action syndicale, les salariés ont du choix ! C’est bien qu’ils participent à la mesure du poids des syndicats, qu’ils participent au processus démocratique. »
Mais on est loin de la révolution
Au syndicat FO, on concède qu’il est difficile de savoir si ces élections changent les choses, comme le dit Jean-Jacques Touchard :
« En fait, on n’a quand même pas beaucoup de retours au niveau des négociations, du temps de travail, des salaires. Aussi, c’est un milieu difficile les TPE, car dans une petite structure, si le patron est sympa ça se passe bien, et sinon, c’est les prud’hommes. Le problème ça va être aussi la participation, la dernière fois elle était très faible, autour de 10%, et cette année ça a commencé pendant les fêtes… Le risque c’est que peu de gens votent, malgré nos campagnes de médiatisation et de porte-à-porte. »
Antoine Dugo regrette que la représentativité ne soit pas plus directe :
« Hélas, il n’y a pas de délégué du personnel dans les TPE. Mais nous mettons les visages de nos adhérents sur les listes électorales et ce seront eux qui siégeront. C’est important que les salariés eux-mêmes aillent siéger dans des endroits comme les CPRI. »
Thomas Kapp comprend que le flou démotive les salariés :
« Ce n’est évidemment pas la même chose qu’élire des délégués du personnel, et c’est peut-être aussi pour cela qu’on a du mal à mobiliser. Le salarié ne retire pas d’avantage immédiat. »
Depuis 2012 en tout cas, l’existence de délégués des TPE n’a pas eu d’impact notable sur les conflits :
« Il n’y a eu aucun impact sur le contentieux juridique, pas de hausse particulière du nombre d’affaires portées aux prud’hommes. »
Les résultats de l’élection seront connus vendredi 3 février.
Une trentaine d’associations laïques ont renouvelé mardi leur appel pour l’enseignement religieux devienne optionnel dans les établissements d’Alsace et de Moselle. Selon elles, le gouvernement doit modifier par décret le Droit local.
En vertu du droit local alsacien-mosellan, les élèves du primaire et du secondaire doivent se coltiner des cours de religion. Pour 27 associations laïques, dont la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme ou la FSU, il est temps que cette différence de traitement cesse entre les élèves des trois départements rendus à la France en 1918 et les autres. Lors d’une conférence de presse à Paris mardi, ils ont demandé au gouvernement de mettre en oeuvre les recommandations de l’observatoire de la laïcité.
Dans un avis sur le régime local des cultes en Alsace – Moselle, publié en mai 2015, l’organe gouvernemental recommande notamment que les élèves qui désirent suivre un enseignement religieux en fasse la demande en début d’année. Actuellement, les parents doivent demander une dispense pour retirer leurs enfants de ces cours, qui ont un caractère obligatoire. L’observatoire remarque en outre que l’insertion de ces cours de religion dans le corpus commun « prive » les enfants d’Alsace et de Moselle d’une heure d’enseignements généraux chaque semaine et constitue une inégalité de traitement.
Qui sont tous ces gens sur le fronton de la cathédrale de Strasbourg ? Actuellement, c’est à l’école publique que les enfants l’apprennent (Photo NewFormula / FlickR / cc)
Appel à agir vite
Pour les associations laïques, réunies en collectif, le gouvernement a tous les leviers pour agir dès maintenant, par la voie réglementaire. Claude Hollé, secrétaire général de l’association Laïcité d’accord, précise les objectifs :
« Il a fallu trouver une position commune, certains voulaient demander la suppression pure et simple de l’enseignement religieux à l’école. Mais on pense qu’on peut obtenir du gouvernement qu’il rende cet enseignement optionnel. Ce serait déjà une grande avancée car la demande de dispense est une atteinte à la liberté de conscience. »
Le collectif craint surtout que les prochaines élections n’envoient au gouvernement des élus qui seront encore moins réceptifs à leurs arguments.
Inscriptions en chute libre
Selon le collectif, l’enseignement religieux est de toutes façons en chute dans les établissements scolaires d’Alsace et de Moselle, avec des taux d’inscription qui passent de 53% des enfants à l’école élémentaire à 25% au collège puis 13% au lycée.
Le collectif a rencontré tous les parlementaires d’Alsace et de Moselle, ainsi qu’une partie des conseillers départementaux, et prévoit d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle.
Mais selon Claude Hollé, il ne faut pas attendre grand chose des élus locaux :
« Les élus nous ont tous fait part de leurs convictions laïques. Mais pour porter un amendement dans les assemblées, il n’y a plus personne. Certains sont tétanisés par les lobbys religieux et régionalistes. C’est pourquoi on aimerait que le gouvernement prenne un décret pour supprimer deux articles du droit local, qui ne sont reliés à rien d’autre, et qui permettrait d’instaurer dans toute la France un enseignement laïque. »
Philippe Bies, député (PS) de la 2e circonscription du Bas-Rhin, avait néanmoins proposé un amendement à la loi de refondation de l’école pour rendre optionnels les cours de religion à l’école élémentaire, repoussé par le gouvernement, qui avait alors indiqué préférer la voie réglementaire.
Les associations notent que le Parlement a voté la suppression du délit de blasphème en janvier, ce qui prouve, selon elles, qu’on peut intervenir dans le Droit local sans que l’ensemble du corpus législatif ne s’effondre. L’argument est régulièrement évoqué par les partisans du statu quo.
StrasTV a consacré un reportage aux premiers essais techniques de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) pour le tramway vers Kehl. Malgré une neige abondante, le tram a correctement franchi mardi matin le nouveau pont de la Citadelle qui traverse le bassin Vauban. Les essais vont continuer jusqu’à la gare de Kehl en Allemagne. Le franchissement du pont de l’Europe sur le Rhin est prévu le 3 février. L’extension de la ligne D doit ouvrir au public fin avril, et sera célébrée par « un grand week-end festif. »
Alors que sa surface de vente est proche de 2 000 m², le supermarché Match de la Robertsau à Strasbourg a ouvert ses portes dimanche 8 janvier. Un arrêté de la Ville de Strasbourg limite pourtant les ouvertures dominicales aux commerces de moins de 1 000 m² depuis décembre.
Le supermarché Match de la Robertsau n’entend pas renoncer à son ouverture dominicale (Photo EJ / Blog Robertsau)
Dans ces conditions, le supermarché Match du quartier de la Robertsau, offrant une surface de 1 963 m², ne peut plus ouvrir les dimanches matins, comme il en avait pris l’habitude depuis septembre. Pourtant , le magasin a bel et bien ouvert dimanche 8 janvier de 9h à 12h.
Un magasin coupé en deux, ou presque…
La direction a eu une lecture très personnelle de la délibération de la Ville de Strasbourg. Le texte ne précisant passi la superficie considérée était la surface globale du magasin ou la surface de vente, la direction du magasin a choisi de « limiter » la superficie disponible pour les clients le dimanche matin à 960 m² (voir écriteau ci-dessous).
Dimanche, les clients ont donc eu la surprise de voir l’accès à la moitié du supermarché restreint par de petites chaînes. S’ils souhaitaient un produit dans la zone inaccessible, il fallait le commander à un « point de retrait », livré en « 20 minutes ». Tout le personnel a été mobilisé pour cette opération, même le directeur régional a pris des commandes… Sur les chaines des panneaux, les clients pouvaient lire : « limite d’accès au magasin le dimanche » et au milieu un écriteau « sortie de secours ».
L’accès aux rayons du supermarché limité par des chaînes (Photo EJ / Blog Robertsau)
Des questions sur la sécurité des flux
Un supermarché est un établissement recevant du public (ERP), il est donc soumis à des obligations strictes quant aux conditions d’accès et de sortie, qui sont visées par une commission de sécurité, laquelle délivre un avis sur l’ouverture du magasin. En cas d’avis défavorable, en général, le préfet refuse de signer l’autorisation d’exploitation.
Dans ce cas, le supermarché Match ayant modifié les conditions de circulation et d’évacuation, l’établissement aurait dû soumettre ces modifications à une nouvelle commission de sécurité, pour avis. Selon nos informations, il n’en a rien été. À l’entrée du magasin, le panneau d’évacuation et les consignes de sécurité ne concernent toujours que l’ensemble de la superficie. De plus, on peut douter de la pertinence de chaînes tirées à hauteur d’homme en cas de nécessité d’une évacuation rapide.
Secrétaire de la commission de sécurité, leSDIS du Bas-Rhin confirme n’avoir pas été saisi d’une demande modification de la surface du vente pour le supermarché Match de la Robertsau. Des agents de sécurité, plus nombreux qu’à l’accoutumée, ont été déployés dimanche matin, ce qui semble indiquer que la direction de Match est consciente de ce problème.
Le plan d’intervention et d’évacuation ne prend pas en compte les restrictions dominicales (Photo EJ / Blog Robertsau)
Bras de fer engagé entre Match et la Ville
La délibération prise par la Ville doit être complétée par un arrêté municipal. Pour Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg et rapporteur de la délibération sur le travail dominical, c’est à la justice de prendre le relais :
« Le conseil municipal de Strasbourg a posé un cadre plus équilibré pour le travail dominical, il est désormais autorisé pour les seuls magasins de moins de 1 000 m². La direction de Match doit assurer le respect de l’esprit et de la lettre de ce nouveau cadre que le supermarché de la Robertsau ne semble pas respecter. Le juge administratif tranchera in fine. »
Quant à la sécurité des clients, Alain Fontanel précise que les services de la Ville sont en train d’évaluer le risque que posent ces chaînes. Contactée, la direction du supermarché Match n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Marie-Lorraine Muller unique descendante de la famille propriétaire de la brasserie Schutzenberger est décédée à l’automne. L’avenir de la bière relancée en 2013 après une liquidation judiciaire, ainsi que de ses deux sites emblématiques restant est entre les mains de ses demi-frères et sœurs, mais aussi d’actionnaires et de collaborateurs.
« Le Schutz on se rappelle surtout des chiottes ! » Le restaurant rue des grandes arcades à Strasbourg n’a pas laissé de souvenirs gastronomiques impérissables à plusieurs Strasbourgeois qui ont gravité autour de la brasserie Schutzenberger. Réaménagé par le célèbre architecte parisien Jean Nouvel, l’établissement qui a remplacé le Palais de la bière devait être l’emblème de la brasserie alsacienne lors de son ouverture en 1999. Avec comme symbole de l’avant-gardisme du lieu, la terrasse qui donne sur la place Kléber.
Ce restaurant est en désuétude depuis 2006. Il appartient en majorité à la brasserie schilickoise Schutzenberger. Son ancienne propriétaire, Marie-Lorraine Muller, est décédée brutalement à 49 ans le 25 octobre 2016 à la suite d’une longue maladie. La fille de l’ancienne dirigeante, Rina Muller, décédée en 2004, tenait à relancer la marque fondée en 1740. Elle n’avait pas de conjoint et ses seuls héritiers familiaux sont ses quatre demis-frères et sœurs.
Le Schutz, lieu emblématique mais abandonné
Trop sombre, trop bruyant, une cuisine moyenne, trop « parisien » pour la clientèle strasbourgeoise, plusieurs explications sont avancées pour expliquer l’échec du restaurant de 300 places et 900 mètre-carré. D’autres sources évoquent aussi des souvenirs moins reluisants, un trafic d’alcool fort monté par quelques serveurs, de l’argent qui ne finissait pas dans les comptes de l’entreprise, des clients qui pouvaient partir facilement sans payer, un procès avec des actionnaires parisiens… Détail architectural marquant pour certains, les portes des toilettes sont composées d’un miroir vers l’extérieur et transparent pour ceux à l’intérieur des cabines.
Archive intérieure du « pub Schutzenberger (photo Jeannouvel.com)
Mais les déboires du restaurant n’ont pas été la principale raison de l’arrêt de l’entreprise Schutzenberger, placée en liquidation judiciaire en 2006. Le restaurant n’était que la « vitrine ». La faute incombe surtout à une usine vétuste, la brasserie de la Patrie au cœur de Schiltigheim, qui n’avait pas été entretenue.
Au total, 69 employés perdent leur travail. Mais cas rarissime si ce n’est unique en France, grâce à la vente de l’important patrimoine immobilier de la marque (jusqu’à une trentaine de restaurants), il reste de l’argent sur les comptes de l’entreprise après sa liquidation.
Le site de la brasserie Schutzenberger, rue de la Patrie à Schiltigheim (doc Google Maps)
L’unique héritière décédée
Depuis la moitié des années 2000, Marie-Lorraine Muller était interdite de gestion pour 15 ans. Mais sa demi-soeur Elisabeth Monin-Muller qui habite au Luxembourg devient liquidatrice « à l’amiable » en 2011. Elle signe la plupart des actes que Marie-Lorraine souhaite.
En 2012, une nouvelle société, d’abord sous un nom de code Gardibergo, puis Schutzenberger SAS est fondée, détenue en majorité par la brasserie. Cette mini-structure n’a connu qu’une poignée d’employés. Elle a acquis le droit d’utiliser les « marques » des bières (Patriator, Jubilator, etc) moyennant paiement, ainsi que Schutzenberger bien sûr. En 2013, une bière Schutzenberger est de nouveau produite.
Le tirage est modeste, avec un positionnement haut de gamme (2€ la bouteille de 33 cl), un packaging soigné et d’importantes campagnes de publicité. La société est présidée par l’ancien sommelier du restaurant Crocodile, Gilbert Mestrallet. En 2014, le chiffre d’affaires est inférieur à un million d’euros. D’autres propriétés, comme le restaurant l’ami Schutz à la petite France, continuent d’être vendus pour équilibrer les comptes.
Brassée à Saint-Louis
D’abord brassée par La Licorne à Saverne, la boisson est ensuite produite par la brasserie Saint-Louis dans le Haut-Rhin. Eric Wissler, fondateur de la brasserie Saint-Louis, est désormais dans l’attente :
« On brasse avec leurs recettes en se basant sur un cahier des charges. On a bien lancé la bière de Noël 2016, mais on ne sait pas si ça va continuer. Les bières Schutzenberger représentent à peu près 10% de notre production. »
Pour Alain Pesez, responsable du magasin le Village de la bière rue des Frères à Strasbourg, la saga Schutz a été compliquée ces dernières années, après la grande époque de la fin du siècle :
« Les gammes relancées sont de bonnes bières pour les bars, mais pas assez pour de la dégustation haut de gamme. J’en ai quelques unes en stock, mais c’est une toute petite vente et je ne suis pas sûr de continuer. C’est dommage, c’était l’une des meilleures bières dans les années 1990. C’était toujours compliqué avec Marie-Lorraine Muller. Elle était souvent entourée de beaucoup de monde étranger au monde de la bière et qu’on ne voyait pas le reste du temps. Ses commerciaux n’étaient jamais là. »
Beaucoup de protagonistes pour la succession
La succession qui s’ouvre s’annonce compliquée. D’une part, des actionnaires allemands, la famille Baubkus, détenaient environ 40% des parts que Marie-Lorraine Muller tentait de racheter selon les derniers témoignages de son entourage. Mais les relations s’étaient tendues.
Lors de l’assemblée générale à la brasserie en 2011, qui a placé Elisabeth Monin-Muller à la tête de la brasserie, Matthias Baubkus avait voté contre et refusé de signer le procès verbal. D’autre part, Marie Lorraine Muller a quatre demi-frères et sœurs. Et dans tout cela, les actuels collaborateurs, qui n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations, envisageraient de racheter les marques pour poursuivre l’aventure.
De plus, comme il s’agit de droits de succession entre frères et sœurs (il n’y a plus de distinction entre demi-frère et sœur ou frère et sœur pour l’héritage), les droits de succession devraient porter sur environ 50% des sommes transmises. La valeur est compliquée à estimer. Il s’agit pour la plupart de bâtiments délabrés, qui n’ont pas d’acheteurs immédiats ni de locataires, mais qui ont une valeur importante grâce à leur taille et à leurs emplacements. Le « Schutz » nécessiterait plusieurs millions d’euros de travaux. À cela s’ajoute un important patrimoine personnel, dont une villa à Strasbourg, mais qui relève davantage de la sphère privée.
Marie-Lorraine Muller était parvenue à relancer une bière titrée Schutzenberger (Photo MM)
Un repreneur hériterait aussi des nombreux procès intentés par ou envers les sociétés et Marie-Lorraine Muller. Certains anciens collaborateurs n’ayant jamais été payés. Enfin, il faut quelqu’un qui ait l’ambition de porter cette marque, ce qui jusqu’ici n’avait pas été l’objectif de sa famille éloignée. Pour ne pas s’acquitter de droits de succession, il est possible d’en faire une donation à l’État.
Malgré l’émotion encore forte suite à la rapidité du décès, ces questions doivent être tranchées dans les prochaines semaines. Le site de l’ordre des notaires parle d’un délai de six mois en moyenne pour régler une succession.
La brasserie, au cœur de Schiltigheim
Au début des années 2010, le site de la brasserie déménagée au cœur de Schiltigheim en 1866 reprend vie. Des concerts et des expositions s’y tiennent. Marie-Lorraine Muller a toujours voulu mettre en avant ses proximités avec les artistes, musiciens et le monde de la nuit. Les événements se passent à l’extérieur tant que Raphaël Nisand (PS) est maire « pour raisons de sécurité », puis à l’intérieur depuis le mandat de Jean-Marie Kutner.
En 2011, le maire Raphaël Nisand avait fait une proposition de rachat aux liquidatrices de la brasserie « au prix estimé par les domaines de France ». Une annexe du centre médico-chirurgical obstétrique (CMCO) est par exemple imaginée.
Raphaël Nisand garde un mauvais souvenir de ses discussions avec l’héritière. Il n’a jamais vu de business plan « qui tenait la route », malgré les nombreuses idées présentées :
« Elle aurait dû accepter notre offre vers 2010-2011 pour débloquer le site. 69 employés ont fait les frais d’erreurs de gestion et j’ai surtout une pensée pour eux. »
Un permis de construire en 2015
La brasserie était un sujet de désaccord avec son adjointe à l’urbanisme d’alors, l’écologiste Danielle Dambach, proche de Marie-Lorraine Muller. Le sujet s’était immiscé dans la campagne des élections municipales en 2014. L’héritière avait soutenu le candidat UDI Jean-Marie Kutner. Élu et sans autre projet pour ce site, il délivre en 2015 un permis de construire pour une petite production de bière sur place.
Non-attaqué, « il reste valable », souligne le maire, mais faut-il encore que quelqu’un souhaite porter le projet. Marie-Lorraine Muller voulait aussi lancer des activités de spa, bains à la bière ou un musée. Mais comme d’autres projets, il ne s’est pas concrétisé. La production de bière devait reprendre au printemps 2016, « dix ans après la liquidation », dixit Marie-Lorraine Muller. Or, cet automne, aucun travaux n’avait été entamé, faute de financement.
On retrouve aussi le logo Schutzenberger dans des enseignes parisiennes photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Que faire d’un tel ensemble, certes bien placé mais dont une partie des bâtiments est inscrite aux monuments historiques ? Le plan local d’urbanisme prévoit qu’une route traverse le site d’est en ouest, mais ce n’est pas imminent selon le maire Jean-Marie Kutner :
« C’est souvent la confusion avec le PLU, ce n’est pas parce qu’une route est inscrite qu’on va la faire de suite. Au niveau de ma mairie de Schiltigheim, nous n’avons l’intention d’exproprier personne, mais ça peut être une opportunité s’il y a une vente. On sera vigilant à ce que n’importe qui ne mette pas la main sur le site, mais cela risque de prendre plusieurs années à se régler. »
Toujours élue au conseil municipal mais désormais dans l’opposition, Danielle Dambach aimerait que le projet « sur lequel on ne peut plus trop en dire » de son amie soit réalisé :
« J’appréciais son projet. Jean-Marie Kutner a eu raison de délivrer un permis. J’aimerais que l’Eurométropole se porte acquéreur du terrain pour porter un projet qui poursuive son engagement, qui pourrait être en lien avec le quartier d’affaires du Wacken tout proche. En tout cas, il ne faudrait pas un nouveau projet immobilier comme partout à Schiltigheim. »
Sur la non-pertinence d’y construire des logements, Jean-Marie Kutner se dit d’accord avec elle.
Le restaurant
Autre lieu de grand intérêt donc, celui du restaurant au centre ville de Strasbourg, qui est une société à part, détenue par la brasserie mais aussi par des actionnaires parisiens et Marie-Lorraine Muller en personne. De nombreuses visites, notamment avec le prestigieux chef Jean-Georges Vongerichten, ont été organisées mais rien n’a jamais abouti, ce qui a eu le don d’user la patience de nombreux élus Strasbourgeois, qui se désespèrent de voir un emplacement si stratégique vide depuis plus de 10 ans.
Le Palais de la bière était loué par Schutzenberger, qui a ensuite voulu y installer son propre restaurant mondain, sans succès. Ici dans les années 1960 (auteur inconnu, via Alsace book)
Comme l’avait révélé l’Express, un compromis de vente avait été signé pour la somme de 11 millions d’euros avec le groupe espagnol Inditex, qui détient les marques Zara et devait y implanter un magasin Berschka, après d’important travaux à l’intérieur. Au dernier moment, Marie-Lorraine Müller s’était rétractée, ne voulant pas se séparer du patrimoine légué par sa mère.
Le permis de construire délivré en 1999 prévoit d’ailleurs qu’en cas de vente, la terrasse soit démontée, mais rien en cas de non-activité. Jusqu’à cette année, il a été un point où des marginaux s’abritaient, jusqu’à que la municipalité appose des panneaux pour les repousser ailleurs cet automne.
Dans l’univers du cinéma américain, la saison des trophées (Golden Globes, Oscars) approche doucement et les candidats potentiels aux diverses récompenses se pressent donc en salle. Manchester by the sea, americana conformiste et appliquée, portée par un grand comédien, ferait presque figure de favori.
Dans Manchester by the sea, Casey Affleck interprète un concierge taiseux et taciturne, forcé de revenir sur les terres de sa jeunesse suite au décès de son frère ainé. Le testament de ce dernier le nomme tuteur légal de son neveu adolescent. Malgré son attachement au jeune homme, l’exilé, victime d’un drame familial plus ancien, ne rêve que de s’enfuir à nouveau.
Un drame (trop) affirmé
À défaut d’être un cinéaste confirmé, l’auteur du film, Kenneth Lonergan, est un scénariste reconnu et émérite. Il est également dramaturge, passionné des atermoiements silencieux de ses personnages et de la réalité du deuil qu’il met en scène. Le réalisateur s’attache à combler les ellipses, à remplir les temps morts que d’autres négligeraient. La grande prouesse du métrage, c’est ainsi sa gestion du temps ou plutôt la manière dont il le gomme. Le film dure 2h20. Il pourrait aussi bien durer 1h20 ou 4h40. Evidemment, admettre une forme d’affection pour les protagonistes, c’est admettre le rythme indolent du film, pour se laisser absorber et vivre cette douleur associée aux premières (longues) heures du deuil. L’écriture, soignée, et le casting irréprochable facilitent l’empathie pour des personnages quelque part difficiles à aimer.
Pour ce rythme lent, ses working class heroes, son front de mer venteux de la côté est, Manchester by the sea évoque les chansons et l’univers de Bruce Springsteen. Mais les mélodies et les récits du Boss ont le mérite de ne pas surjouer, de ne pas forcer l’émotion. À l’inverse, Lonergan ne mesure pas encore la distance qui sépare l’écrit de l’écran.
Au coeur du film, il y a une grande et très tragique séquence, qu’il vient habiller de l’Adagio d’Albinoni. La démarche est signifiante, maladroite, à peine digne d’un étudiant en cinéma. Le réalisateur sacrifie ainsi le naturalisme de son oeuvre à l’autel du mélodrame. Il tente de transformer une chronique ouvrière en tank émotionnel, et pêche par facilité, abîmant quelque peu un long-métrage prometteur.
Un beau duo de comédiens (Copyright Sierra/Affinity et WME)
La confirmation d’un très grand comédien
Mais au-delà de ces excès, Manchester by the sea demeure un bel écrin pour un acteur sous-estimé. Casey Affleck, frère de l’autre, navigue dans les eaux du grand cinéma indépendant depuis près d’une décennie.
Dans l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, il était saisissant de veulerie. Dans Gone, baby, gone, il incarnait parfaitement le privé de South Boston si cher à Dennis Lehane. Dans le film de Lonergan, il est un homme blessé, sans effusions, sans cris, sans larmes.
Son minimalisme, pour le coup totalement salutaire, pourrait lui valoir une statuette en mars prochain.
Auteur, journaliste, accessoirement enseignant en cinéma à l’Unistra et, last but not least, programmateur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.
À l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Fast and Dangerous, les Iron Bastards m’ont accueilli chez eux. C’est autour d’un verre et en écoutant de la chouette musique qu’ils m’ont parlé de leur petite merveille et de tous leurs projets.
Photo live au Panic! Fest Open Air (Photo Chart / Live photography)
Les Iron Bastards, ce sont trois petits mecs, des potes fans de Motörhead et de rock seventies, des gars super sympas, très drôles, mais, surtout, des musiciens incroyablement talentueux.
Leur musique ? Du rock’n’roll énergique, à la Motörhead donc, avec plein d’autres influences qui viennent se greffer. Du bon vieux rock comme de la dynamite mais au goût du jour. En bref, du rock’n’roll rapide et dangereux ! Ils appellent ça du fast rock n’roll et voici ce que ça donne :
Un nouvel album plus abouti, plus recherché
Leur nouvel album, Fast and Dangerous, enregistré en live, est plus recherché, plus technique que leur premier, qui était déjà une sacrée bombe. Toujours aussi sexy et explosif, il est également beaucoup plus riche, plus groovie. Un pur orgasme musical ! Pour un diamant brut de rock’n’roll, suavement mené, qui nous guide vers des bonheurs d’écoute, délicieux de vices. David Semler, le guitariste, qui réalise des solos des plus jouissifs, m’explique :
« On s’est vraiment trouvé sur cet album en fait. On a énormément travaillé notre style. Il sonne plus seventies. On sent nos différentes influences, de Black Sabbath à Van Halen, pour les solos notamment. »
Le charismatique David Bour, chanteur et bassiste, n’est pas peu fier non plus de leur nouvel album et surtout de leur nouveau set :
« Ça se voit clairement en live que notre album est plus travaillé. Avant, on en prenait directement plein la gueule et ça ne s’arrêtait pas. Là, c’est plus varié et les gens ressentent cette différence qu’ils apprécient énormément. On a vraiment eu des retours très positifs, c’est un grand plaisir pour nous. Le public s’est montré pleinement réceptif. Ils ont bien ressenti les changements, ils en ont été étonnés, mais d’une manière positive. Le set fonctionne super bien. En fait, c’est simple, on suit le déroulement de l’album tout en incorporant quelques anciennes chansons de temps à autre. »
David Semler, qui a travaillé toutes les compos, continue :
« Le set est beaucoup plus fluide et pertinent. On choppe les gens sur la durée, tu vois ce que je veux dire ? A chaque chanson, il y a un nouveau truc, et c’est ce qui suscite leur intérêt. »
L’effet de plusieurs tournées s’entend sur le disque
Cette maturité a clairement été acquise grâce aux très nombreux concerts que les Iron Bastards ont réalisé, aussi bien en France qu’en Allemagne ou lors de leur tournée en Pologne. Toto, leur batteur, précise :
« On s’est vachement construit. Et les compos se sont faites bien plus tranquillement cette fois-ci. C’est vrai, vous en rigolez les mecs, mais au début on s’engueulait à mort quand on composait, c’était tendu ! Alors que maintenant, ça se fait vraiment naturellement. On se connaît mieux, aussi bien musicalement que tout simplement en tant que personne. »
Les Iron Bastards se connaissent mieux, et ça s’entend (Photo Camera Obscura)
Les Iron Bastards se connaissent et s’entendent super bien, et cette amitié se ressent aussi à travers leur album, c’est une force. Ils ont aussi su s’appuyer sur un label allemand très bien implanté outre-rhin, le FDA Records. De plus, en février, ils sortiront chez Hell Prod, le vinyle de Fast and Dangerous.
Mais il sera possible de les écouter le 27 janvier lorsqu’ils joueront à la Laiterie. Les Iron Bastards ont aussi prévu de faire pas mal de dates en Hollande, en Belgique, de participer à de nombreux festivals et de partager quelques scènes avec leurs potes de LMDA (Le Mal Des Ardents, c’est plus violent mon chou, mais si t’es un vrai, tu vas aimer.)
En plus de multiplier les concerts, les Iron Bastards viennent juste de sortir un clip particulièrement fun pour Vintage Riders :
« On ressort pas indemnes des festivals »
D’ailleurs, à parler de tous ces concerts, une question me vient : quelle date les aura le plus marqué ?
« C’est vrai que ces derniers mois ont été jonchés de bons concerts et d’excellentes soirées ! Il y a eu par exemple le Panic Fest avec les Vintage Caravan. Mais aussi le Rock’n’Stein, au nord de l’Alsace. C’était notre premier concert en sortant de studio et il a été particulièrement réussi. C’était un bon concert, le son était au top, le public était nombreux et vraiment super…
Il y a aussi eu le Metal Frenzy Festival en Allemagne en juin. Personne ne nous connaissait au fest, alors quand on a commencé à jouer il n’y avait pas beaucoup de monde qui nous écoutait. On a fini devant un parterre plein ! Et à la fin, on est allé faire les kékés sur le camping, on se faisait harponné à tous les coins, tout le monde voulait nous payer des coups. On n’en est pas sorti indemnes…
Et puis bien sûr il y a eu la release au Molodoï. On était à la maison, le public nous était acquis. Et on a joué à fond. C’était énorme comme soirée. »
Pour terminer l’interview, je leur demande quelle est leur chanson préférée de tout l’album. David Bour et Toto répondent du tac au tac : pour le premier c’est Vintage Riders et pour le deuxième Snake In The Sky. David Semler est plus hésitant, mais il me répond finalement :
« En fait je suis incapable de t’en citer une, parce qu’elles me plaisent toutes ! J’aime vraiment toutes les jouer. Je les trouve trop classes ! »
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Certainement avez-vous été surpris fin décembre si vous êtes parent, grand-parent ou proche d’un enfant scolarisé dans l’Académie de Strasbourg de ne plus voir arriver de pochette verte ou bleue renfermant « le bulletin trimestriel » ? Elles ont été remplacées par le livret scolaire unique numérique. Pas de panique, les enseignants sont aussi perdus que vous.
Les bulletins de notes, c’est du passé dans l’Académie de Strasbourg. Désormais, le livret scolaire unique numérique rassemble toute la communication entre une famille et un établissement scolaire, de l’école au collège : notes, appréciations, bilans de fin de cycles ainsi que les attestations obtenues (PSC1, ASSR 1 et 2, AER, attestation scolaire « savoir-nager » (ASSN), etc.). Il remplace les bulletins « papier » et il entre en vigueur en 2016 ou 2017. C’est un outil national relié à une base de données centralisée, recensant les informations relatives aux élèves scolarisés dans les établissements français.
Le Livret Scolaire Unique ça fonctionne comment ?
Pour cette première version éditée en décembre, une « version papier » des trois pages de résultats de chaque élève a été préparée par les enseignants de l’école après… quelques galères d’accès à la plate-forme de saisie, évidemment saturée lors des derniers jours du trimestre.
Pour la deuxième édition de ce bulletin d’un nouveau genre, en avril, les parents recevront un identifiant et un mot de passe, modifiable nous assure-t-on, pour accéder à leur espace et donc, aux notes et appréciations de leurs enfants. Imprimer le bulletin de leurs enfants, pour par exemple en discuter avec eux lors d’une de ses séances parents-enfants qu’on aime tant, sera à la charge des familles.
L’avantage, selon les concepteurs du système, c’est l’archivage et la facilité de réédition lorsqu’une famille veut par exemple changer d’école ou constituer un dossier pour entrer dans un établissement secondaire.
Un nouvel outil à apprivoiser… vite !
Surprise et étonnement ont été partagés par mes collègues et moi-même pour cet outil qui nous a été imposé en novembre, en plein milieu du premier trimestre. Une rapide réunion d’information organisée à l’école, entre midi et deux heures, par le directeur lui-même informé quelques jours auparavant, et… on tâtonne et on expérimente l’outil chez soi, le temps d’un week-end.
La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, présente le livret unique numérique (Photo Min. Education nationale)
Cela s’appelle le tâtonnement expérimental !
Je découvre l’interface, que je trouve plutôt réussie, pour une application académique, ça change. Fond bleu et drapeau français donnent un aspect officiel au document à construire. Tiens, on peut par exemple accéder aux dossiers d’une classe voisine et même y changer des notes ! Mais on ne peut pas changer la notation dans un domaine particulier. Plus de lettre A, B, C, D comme auparavant mais des objectifs : « non atteint », « partiellement atteint », « atteint » ou « dépassé. »
Je reconnais qu’il y a eu quelques moments de stress et quelques maux de tête chez Maîtresse Charlotte pour faire rentrer certains états dans ces définitions !
C’est surtout un manque de lisibilité de l’ensemble du système qui me donne l’impression d’avancer à l’aveugle. Comment sont stockées les données de Paul, élève dyslexique et qui ont un caractère privé ? Qui peut y accéder ? Qui lira la remarque sur la petite Julie dans trois ans ? Comment s’organise ce droit à l’oubli promis un an après la sortie du collège ? Là dessus, on n’a eu aucune réponse ni aucune information. Nous sommes priés d’accepter l’outil sans poser de questions.
Et on n’aurait pas pu l’annoncer aux parents en septembre ?
À chaque rentrée, la réunion avec les parents est un temps fort et un « exercice délicat » pour la maîtresse que je suis. Je la prépare toujours avec soin car il n’y a guère plus d’une heure pour établir une relation confiante avec un groupe d’une vingtaine de parents. Projets, objectifs, méthodes se déclinent avant de répondre aux questions. Cette année, les familles qui sont venues nous rencontrer n’ont pas été informées de ce changement d’importance, puisque même l’équipe pédagogique en ignorait tout. Je le regrette.
Il est étonnant qu’un changement aussi important des gestes fondamentaux de notre culture professionnelle, l’évaluation, ait été traité avec tant de précipitation créant un grand stress et une inquiétude diffuse chez bien de mes collègues. Le projet est pourtant dans les tuyaux de l’Éducation nationale depuis 2013.
Avec un peu de temps laissé au temps, cette mutation aurait pu se faire dans la sérénité et il aurait été possible aux « maîtresses » d’expliquer tout cela aux familles qui nous confient leur enfant.
Le socialiste Robert Herrmann a été réélu président de l’Eurométropole de Strasbourg jeudi matin. Renouvelée à l’occasion de l’agrandissement de la collectivité, la coalition mise en place avec une partie des maires de droite à l’issue des élections municipales de 2014 a tenu bon. Mais quelques dissidences se sont fait entendre.
Tout se déroulait donc à merveille et Robert Herrmann ayant décidé de reconduire à l’identique son équipe, les vice-présidents ont été réélus, seuls candidats à leur succession… jusqu’à la 10e vice-présidence. Là, il y eu comme un couac : alors qu’il était prévu que Mathieu Cahn (PS) soit le seul candidat, le maire de La Wantzenau, Patrick Depyl et pourtant membre de la coalition, s’est présenté contre lui. Devant la fronde, Robert Herrmann a suspendu la séance quelques instants.
Patrick Depyl, maire (DVD) de La Wantzenau, a brisé le consensus de la coalition (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Attendez, attendez…
Au retour des élus dans l’hémicycle, Patrick Depyl a expliqué son geste :
« Il est dommage que l’occasion n’ait pas été saisie de rééquilibrer la gouvernance en faveur des communes périphériques. Si je prends les transports par exemple, tous les élus aux commandes sont strasbourgeois et je ne les ai jamais vus à la La Wantzenau. »
Patrick Depyl a obtenu 33 voix, pas suffisant pour déstabiliser la majorité mais quand même, la brèche dans l’unité affichée a été perceptible. Elle dispose normalement de 78 voix sur 100. Robert Herrmann a répondu que le consensus obtenu jusqu’à présent n’était « pas parfait » mais qu’il était néanmoins « gage de progrès » et qu’il entendait le conserver. Il a également averti que toute expression dissidente en provenance de la majorité serait « inacceptable ».
Un avertissement qui n’a pas découragé Pia Imbs, maire d’Holtzheim. Elle aussi issue du groupe des maires membre de la coalition, elle s’est présentée contre Nicolas Matt pour la 20e vice-présidence, afin de réclamer, elle aussi, un rééquilibrage en faveur des communes périphériques. Elle n’a obtenu que 25 voix mais pour leur premier conseil d’Eurométropole, les cinq nouveaux élus, maires d’Achenheim, Breuchwickersheim, Hangenbieten, Kolbsheim et Osthoffen, désormais villes périphériques, ont aussi reçu le message…
Vers un nouveau groupe ?
Ces positions dissidentes vaudront sûrement à Patrick Depyl et Pia Imbs d’être écartés du groupe des maires de la coalition, mené par Pierre Perrin, maire (DVD) de Souffelweyersheim. Patrick Depyl avait déjà rendu sa délégation à l’économie numérique. Ils pourraient vouloir constituer un nouveau groupe, entre la droite d’opposition, mené par Georges Schuler et celle alliée aux Socialistes. Il faut cependant au moins cinq élus pour constituer un groupe.
Ils pourront peut-être chercher du côté des deux élus UDI (François Loos et Pascale Jurdant-Pfeiffer), un peu seuls dans l’assemblée. Le groupe des élus écologistes aussi pourrait connaître quelques soubresauts. Édith Peirotes, Éric Schultz et Abdelkarim Ramdane ont menacé de le quitter si la présidence du groupe n’était pas partagée avec l’un d’entre eux.
Les coalitions d’agglomération sont délicates à maintenir : à la communauté d’agglomération de Mulhouse sud Alsace, les maires des communes périphériques ont sorti de l’exécutif les élus de Mulhouse… ce qui promet des débats compliqués pour les aménagements à venir. Pour son élargissement, l’Eurométropole de Strasbourg aura au moins échappé à ça. Conscient du danger, Robert Herrmann a annoncé qu’il allait constituer un comité stratégique et intégrer tous les élus dans la commission permanente.