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Pour le Racing, après la frustration, l’exigence de la montée

Pour le Racing, après la frustration, l’exigence de la montée
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Au stade de la Meinau, le Racing recevra des équipes de National pour la quatrième saison de son histoire. La dernière ? (Photo : Paolo)

Au Racing, la saison 2014-2015 s’était achevée par un sentiment général de frustration pour avoir manqué de peu la promotion. Au lieu de la Ligue 2, on aura donc encore droit au National en 2016 du côté de la Meinau. Quel bilan tirer du dernier exercice en date ? Sur quelles bases le Racing 2015-2016 s’apprête-t-il à redémarrer ? État des lieux.

BlogC’était il y a presque deux mois, le 22 mai très exactement. Après des semaines de suspense, sur les coups de 21h50, le verdict était tombé : le Racing était finalement privé de Ligue 2, échouant à la quatrième place de National.

Il régnait alors comme une impression de déjà-vu, en témoigne les mésaventures similaires de 2009 et 2011, alors que le club ambitionnait respectivement une promotion en D1 et en D2. Le coup de l’ultime match décisif, ce n’est décidément pas le bon plan, si on rajoute en prime la rétrogradation de 2010 entérinée – devinez-quoi ? – ben, oui, à la dernière journée.

Le Racing n’est pas maudit

Et pourtant, non, le Racing n’est pas maudit, puisqu’en 2012 la finale de la saison avait enfin souri au RCS (promotion en National, arrachée à Epinal), tandis que le maintien en D3 un an plus tard fut même obtenu… après la fin de saison, sur tapis vert, suite à l’affaire Luzenac.

Pour tordre le cou une fois pour toutes à l’hypothèse d’une supposée « malédiction Racing », souvenons-nous aussi de toutes les vraies finales, de Coupe, sur un match sec, remportées par Strasbourg face à Valenciennes (1951), Rouen (1964), Nantes (1966), Bordeaux (1997), Amiens (2001) et Caen (2005).

Ironie du sort, la seule finale de coupe perdue depuis le premier sacre de 1951 était peut-être celle qu’on méritait le plus de gagner, face au grand Paris de 1995 ; à une époque où le PSG n’était pas encore arrosé par les pétrodollars

Prestations souvent convaincantes

Revenons-en à 2014/2015. Comme il est de coutume sur ce blog après chaque saison (en l’occurrence avec un brin de recul), il s’agit de tirer un bref bilan. Il faut tout d’abord reconnaître que les Strasbourgeois ont eu le mérite de présenter un visage pleinement conquérant, à compter du 10 avril : une certaine abnégation, sept succès consécutifs et des prestations souvent convaincantes.

Si dans un dernier billet moi-même et JPdarky pensions que Jacky Duguépéroux avait quelque peu perdu la flamme, un léger mea culpa est nécessaire : à 67 ans, le « Shaq » est encore parfaitement vaillant et sans doute un des meilleurs choix possibles pour ce Racing englué dans les basses divisions.

L’aspect du public est également remarquable. Les chiffres bruts (quoiqu’un peu surestimés) sont impressionnants : 12 829 spectateurs en moyenne à la Meinau et ce dernier match contre Colomiers joué à guichets fermés.

Suite à la liquidation judiciaire de 2011, on craignait que le Racing ne tombe définitivement dans l’anonymat et ne finisse carrément par crever d’indifférence. Au lieu de cela, une génération de supporters s’est spontanément mobilisée pour conjurer la mort du club et croire en une résurrection qui toutefois, d’un point de vue sportif, vient cruellement à tarder.

Manque de régularité

Le Racing a-t-il fait une bonne saison ? Une réponse nette et tranchée est impossible. Sur un plan strictement comptable, le RCS a conquis en moyenne 1,91 point par match, ce qui en général suffit pour atteindre le podium. En comparaison, il y a deux ans en CFA, le club avait fini en tête avec l’équivalent de 1,82 point/match (base de trois points par victoire).

En fait, chaque championnat possède sa réalité propre au-delà de toutes prévisions comptables, si bien que même le Racing de 2010-2011 avait échoué au pied du podium de National avec 1,93 points/match, trois défaites seulement et une Meinau inexpugnable.

Hormis un ou deux points en plus, qu’a-t-il manqué à Strasbourg pour monter ? Assurément, de la régularité sur l’ensemble de la saison. Sur les matches retour, le bilan est pour le moins flatteur : 13 victoires, 2 nuls et 2 défaites. Un vrai rythme de champion, à l’instar du Racing de Laurent Fournier (2010-2011) qui sur la seconde phase avait accumulé 14 victoires et 6 nuls, dans un championnat marathon à 21 clubs.

Mais si le Racing a raté la promotion en 2011 comme dernièrement en 2015, c’est essentiellement pour avoir foiré la phase aller. Ainsi, rater ses débuts signifie toujours hypothéquer ses chances de remplir les objectifs, même avec une remontée spectaculaire.

Avec un tel budget, finir quatrième est un échec

Compte-tenu de son gros budget et de son fort potentiel, le Racing ne peut avoir qu’un objectif en National : monter. Monter et convaincre même, car sans philosophie tactique on se ramasse en général rapidement la tronche dès que la difficulté s’élève un peu. C’est ce qui était arrivé au Racing il y a à peine plus d’un an, relégué piteusement en bas de tableau malgré la promotion enregistrée quelques mois auparavant.

En 2014-2015, bien que les dernières prestations en date aient été intéressantes, finir quatrième est avant tout un échec, un échec d’autant plus rageant que la concurrence directe était loin d’être effrayante.

Quelques instants après RCS-Colomiers, j’ai beaucoup apprécié la dignité de Jacky Duguépéroux, lequel déclarait : « C’est un échec personnel car j’ai toujours pensé qu’il n’y avait aucune autre équipe de ce championnat qui nous était supérieure. »

Précisément, ce championnat était largement abordable, en dépit de bonnes surprises footballistiques comme Bourg-Péronnas (troisième) ou Luçon (cinquième). A contrario, le niveau du Paris FC (deuxième) m’a laissé perplexe bien plus d’une fois, en témoigne par exemple la facilité qu’avait eue le Racing à dominer les Parisiens, en dépit d’un score final étriqué (2-1, fin janvier). Quelques bons matches ne sauvent jamais une saison.

Vaincre et convaincre en 2015-2016

Quoi qu’il en soit, le Racing s’apprête à entamer dans quelques semaines une troisième saison consécutive en National. Mais visiblement, être contraint au surplace ne semble toujours pas pousser à l’autocritique une direction satisfaite d’elle-même, en dépit des échecs répétés et d’une stratégie de développement pour le moins discutable.

Excessivement indulgent jusqu’ici envers Marc Keller et ses amis, le public pourrait commencer à perdre sérieusement patience en cas de nouvelle désillusion. En clair, c’est désormais quitte ou double : la promotion en D2 et le droit de rêver ou l’acceptation d’un redimensionnement à échelle réduite d’un club pourtant mythique.

Pour guider l’équipe, Duguépéroux a finalement rempilé. Il était également important de conserver l’ossature de la deuxième partie de saison, et en particulier parvenir à retenir Ernest Seka et Jérémy Blayac. Avec le recrutement supplémentaire de joueurs comme Eric Marester ou Massiré Kanté, le RCS semble se donner les moyens de ne plus se trouver d’excuse.

Selon Racingstub.com, la première sortie amicale du Racing version 2015-2016 face à la réserve du Bayern de Munich (victoire 1-0) a été « convaincante et réussie ». Reste à présent à enchaîner de la sorte, en cultivant un haut niveau d’exigence. Pour (enfin) monter, il faudra bien vaincre et convaincre.

Pourquoi Strasbourg est toujours exclue des offres de la SNCF

Pourquoi Strasbourg est toujours exclue des offres de la SNCF
Les trains Ouigo, une espèce inconnue en gare de Strasbourg (photo Flickr / jean-louis Zimmermann/ cc )
Les trains Ouigo, une espèce inconnue en gare de Strasbourg (photo Flickr / jean-louis Zimmermann/ cc )

TGVpop, Ouigo, IDBus, IDTGVmax… Face à la concurrence du covoiturage, des bus et des avions low-cost, la SNCF multiplie les offres et concepts commerciaux. Mais pas à Strasbourg. Une histoire de gros sous.

À chaque nouvelle offre commerciale, le client SNCF a le droit à un email pour l’inviter à découvrir les nouvelles promotions. Mais à chaque email, le Strasbourgeois soupire en regardant la carte des destinations concernées. La capitale alsacienne est toujours exclue des dispositifs.

Dernier en date, le service TGVpop, qui fonctionne du 5 juillet au 30 août. Les réservations ne sont ouvertes que trois jours à l’avance et les prix entre 25 et 35 euros . Pour que la rame parte, il faut « voter », c’est-à-dire créer du buzz, de la publicité gratuite même de la part de ceux qui ne montent pas à bord. Le slogan, à destination des jeunes est d’ailleurs très clair : « le train qui part grâce à vos potes ».

Mais sur la carte deux grandes villes françaises sont exclues. Strasbourg et… Lille. La ligne Paris-Lille est connue pour être la ligne la plus chère au kilomètre et très utilisée par les hommes d’affaires. Voilà qui met la puce à l’oreille. La SNCF répond qu’il s’agit d’une expérimentation et que « si elle répond à une vraie demande » elle pourrait être étendue ailleurs.

Les destinations de TGV pop. (document SNCF)
Les destinations de TGV pop. (document SNCF)

TGV Est : deux fois plus de passagers que prévu

Lors du lancement de la ligne de TGV Strasbourg-Paris en 2007, les études d’impact tablaient sur 6 à 7 millions de passagers par an. Huit ans plus tard, la SNCF indique que 10,6 millions de voyageurs ont utilisé un TGV Est en 2014 (toutes origines et destinations confondues, y compris en Lorraine). D’autres sources évoquent 12 à 13 millions d’usagers. Une fréquentation dopée par les passagers allemands, plus habitués à voyager sur de longues durées.

Aucune association de consommateurs n’a tenu de comptabilité de la hausse des prix depuis 2007. La SNCF répond que sur la ligne vers Paris, les prix ont augmenté de 2% par an, et 2,6% le 31 décembre 2014 avec accord de l’État. La société propose d’ailleurs un décryptage sur ses prix. En revanche, le TGV Rhin-Rhône a plus de mal à se remplir.

De plus, Paris-Strasbourg est l’une des rares lignes sur laquelle le nombre de passagers est assez stable (-1,1% en 2014). Sur les autres lignes, les petits prix du covoiturage ont réussi à rogner des parts de marché à la rapidité et au confort du TGV. L’arrivée de lignes de car modernes, facilitée par la loi Macron devrait renforcer la concurrence. Les trajets Strasbourg Paris  (environ 33€ et même 15€ sans l’autoroute en 7h) et Strasbourg-Lyon (30€) sont respectivement en première et cinquième position des trajets les plus sollicités en covoiturage.

Plus d’iDTGV, Strasbourg exclue de ses déclinaisons

De 2007 à décembre 2012, il y avait iDTGV et ses allers-simples à 19€ pour les plus prévoyants, à raison d’un train par jour. Mais malgré un bénéfice de 6 millions d’euros, cette filiale de la SNCF a décidé se replier sur les trajets de plus de 3h. Aujourd’hui, 59 villes en France, dont 12 destinations de sports d’hiver profitent encore d’iDTGV.

Du coup, quand iDTGV a lancé iDTGVmax en janvier 2015, une formule pour voyager en illimité pour 59,90 euros par mois (10 000 abonnements mis en vente), Strasbourg reste de nouveau à quai. Peut-être une bonne chose tant cette offre est en fait très limitée, comme l’explique à Rue89, un “maxtrotter” qui n’a pas pu prendre un seul train en 3 mois. Entre les surréservations, le manque de train et les horaires peu arrangeants, les critiques sont vives. Et l’engagement est d’un an minimum.

Les destination ID TGV (document SNCF)
Les destinations ID TGV ressemblent à celles de TGV pop (document SNCF)

Les Ouigo vont vers le Sud

Autre offre avantageuse récente, les Ouigo, c’est-à-dire les trains low-cost et la promesse de parfois voyager à partir de 10 euros, 5 euros pour les enfants. Lancés en avril 2013, ils circulent seulement sur l’axe Paris – Sud. Comme les avions à bas prix, ils arrivent parfois dans des gares excentrées des villes. À Paris, il faut passer par Marne-La-Vallée, où se trouve Disneyland Paris.

Aux alentours de Strasbourg, aucune gare ne semble taillée pour accueillir des TGV Ouigo. L’entreprise évoque de nouvelles destinations à partir de 2016, mais il devrait s’agir d’une conquête… de l’ouest. L’objectif est de desservir Bordeaux en 2017.

Les destinations Ouigo en France.
Les destinations Ouigo en France.

Quand la SNCF est sur route, elle évite aussi l’Alsace

Avec la loi Macron, de nouvelles offres de voyages, lentes mais peu chères se développent en car au départ de Strasbourg. Mais la filiale de la SNCF destinée à partir à l’assaut de ce marché, ID Bus, a pour le moment soigneusement évité l’Alsace. Étonnant quand on voit que Paris, Londres, Bruxelles, Amsterdam côtoient des villes de province comme Lille, Cologne, Montpellier ou Nice.

Les villes desservies par IDBus, de la SNCF.
Les villes desservies par IDBus, de la SNCF.

Un représentant syndical justifie la position de la SNCF, en expliquant que « Strasbourg n’est pas une destination touristique. Il n’y a ni la mer, ni le soleil ». Sauf que les Strasbourgeois aimeraient peut-être de leur côté pouvoir partir en vacances en train pour pas trop cher.

Une déclaration qui, au passage, est un camouflet pour les opérations « Strasbourg mon amour » ou les illuminations de la cathédrale, qui tentent de changer cette image. Le marché de Noël ne dure que cinq semaines et ce n’est pas à ce moment là que les prix baissent.

Mieux doté en Prem’s

Autre explication, le droit de passage facturé par réseau ferré de France (RFF) est fixe. Il ne dépend pas du nombre de passagers comme dans d’autres pays européens. Résultat, la SNCF ne se lance pas dans des opérations à la rentabilité hasardeuse. Cela explique aussi le nombre grandissant de trains doubles, pour lesquels le prix de passage est facturée 1,5 fois le prix simple. Selon l’UFC-Que choisir dans une enquête du Nouvel Observateur en 2011, le prix du péage représente 30 à 40% du prix d’un billet de train, tandis que RFF rétorquait que la SNCF réalise une marge de 25% sur le TGV.

Maigre lot de consolation, Strasbourg serait en revanche mieux dotée en billet Prem’s vers Paris, c’est-à-dire des billets non échangeables et remboursables autour de 30€, qu’il faut réserver trois mois à l’avance. En 2014, 14% des passagers ont voyagé avec ces billets. Mais pour ceux qui ne peuvent planifier leurs trajets, il faut payer plein pot.

Le maire au conseil d’administration de la SNCF

Plus inexplicable dans cet oubli permanent, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS), siège au conseil d’administration de la SNCF depuis 2013. L’ancien sénateur est reconnu pour son expertise dans les transports. Le conseiller régional et conseiller municipal d’opposition Pascal Mangin (Rép.) estime que Roland Ries pourrait mieux défendre les voyageurs strasbourgeois :

« Le maire a une position privilégiée. Il pourrait faire remonter des infos pour que Strasbourg puisse préparer ses arguments et recevoir certaines de ces offres. Il ne s’est pas privé d’annoncer l’unification des abonnements TER et CTS alors que tout n’était pas finalisé à la Région. Mais pour la SNCF, il ne bronche pas. Si Strasbourg délivre une rentabilité pendant l’année à la SNCF, elle pourrait avoir quelques promotions en retour pendant l’été. Il faudrait que les offres de la SNCF vers Strasbourg soient plus diversifiées et pas seulement concentrées sur les Prem’s. L’offre crée la demande, ce qui pousserait certains français à visiter notre ville. »

Une nouvelle ligne lente et moins chère entre Strasbourg et Paris ?

Avec la nouvelle ligne Strasbourg-Paris, que le TGV empruntera à partir d’avril 2016 pour passer de 2h20 à 1h50 de trajet, Le Figaro évoque la renaissance d’une ligne multi-arrêts et « 100% éco« . Elle désservirait Saverne, Nancy, Bar-le-Duc et Châlons-en-Champagne. Plus lente, cette offre correspond à une demande des voyageurs peu pressés qui regrettent d’être contraints de payer les tarifs TGV depuis son arrivée en Alsace. La SNCF ne confirme pas l’existence de cette ligne, mais envisage en effet d’en ouvrir de nouvelles.

Quant à une augmentation redoutée des prix TGV après la mise en service de la nouvelle ligne Paris-Strasbourg, « l’’objectif de SNCF est de trouver le prix le plus juste, celui que les clients sont prêts à payer en regard du gain de temps obtenu (- 30 minutes), afin de pouvoir remplir ses TGV ». Résultat début 2016.

[Grand entretien] Stanislas Nordey : « l’argent public est là pour que tout le monde vienne au TNS »

[Grand entretien] Stanislas Nordey : « l’argent public est là pour que tout le monde vienne au TNS »
Stanislas Nordey, nouveau directeur du Théâtre National de Strasbourg (Photo Jean-Louis Fernandez)
Stanislas Nordey, nouveau directeur du Théâtre National de Strasbourg (Photo Jean-Louis Fernandez)

Stanislas Nordey est le nouveau directeur du Théâtre National de Strasbourg (TNS) depuis la saison dernière déjà. Mais c’est la saison 2015-2016, qu’il a pensée à la hauteur de l’institution qu’il dirige, exigeante et ouverte, qui signe véritablement son arrivée.

Stanislas Nordey, 48 ans, a été nommé en 2014 à la tête du théâtre national de Strasbourg (TNS) par le ministère de la Culture. Après une année d’observation et de préparations pendant la saison 2014-2015, -qui avait été entièrement élaborée par l’ancienne directrice Julie Brochen-, il  dévoile à présent son projet pour le TNS.

• Rue89 Strasbourg : Vous voulez « décloisonner » le TNS et l’ouvrir à tous les Strasbourgeois. C’est un rêve partagé par beaucoup de directeurs de théâtre, surtout ceux qui se revendiquent de la décentralisation, mais il est rarement atteint. Quelle est votre recette ? Allez-vous vous appuyer sur le tissu associatif local ?

Stanislas Nordey : J’ai commencé à faire du théâtre dans la banlieue parisienne, à Saint-Denis, à Nanterre. Ces théâtres-là étaient principalement fréquentés par des parisiens qui traversaient le périphérique. Quand j’y étais, j’ai travaillé comme un dingue pour faire venir les gens qui habitaient dans les quartiers autour des théâtres. Je me suis posé toutes les questions liées à « pourquoi ils ne viennent pas ? » Les réponses sont souvent simples : géographiques, parce qu’il n’y a pas de bus le soir pour les ramener, parce que c’est trop cher ou que le bâtiment impressionne. L’enjeu est donc de déjouer systématiquement tous les obstacles.

« L’argent public est là pour faire venir tout le monde »

Je ne peux donc pas dire que j’ai des recettes, mais j’ai une expérience assez forte, j’ai déjà fait ça. Mais on ne réussit ça que quand on en a vraiment envie. Une des malédictions des théâtres de centre ville, c’est qu’ils sont pleins, souvent, d’un public qui a l’habitude d’y venir. Donc si on n’a pas une volonté forte, quasi militante, de faire venir d’autres gens, on n’a pas besoin de s’y atteler. C’est une faute, car l’argent public est fait pour faire venir tout le monde.

"King Size" de Christoph Marthaler (Photo Simon Hallstrom)
« King Size » de Christoph Marthaler (Photo Simon Hallstrom)

Bien sûr l’un des premiers outils pour ça c’est le rapport aux associations. C’était la première chose qu’on avait faite en arrivant à Saint-Denis : tisser des liens. C’est aussi sortir du théâtre, et aller proposer des objets théâtraux qui se baladent dans la ville, dans la périphérie et en milieu rural. Au cours de l’année qui vient on va ré-inventer les réseaux, qui n’existent plus beaucoup car le TNS ne les a pas entretenus.

On va y travailler en profondeur cette année, ce sera la phase « secrète » d’une certaine façon, pour que l’année suivante puissent apparaître un certain nombre d’actes très concrets. On vient de recruter trois personnes aux relations publiques à qui on a demandé d’être principalement sur cette question.

Dédramatiser le rapport au plateau

On va aussi développer les ateliers de pratique artistique, car il y en avait très peu quand je suis arrivé au TNS. C’est tout bête, mais quand on pratique le théâtre, on a un rapport au plateau dédramatisé. On y vient plus facilement.

Tous ces chantiers-là, le secrétaire général que j’ai amené avec moi du Théâtre National de Bretagne, Briac Jumelet, va s’y atteler. Nous sommes tous deux convaincus et militants de ces questions. Je suis moi-même militant associatif, dans une autre vie [rires], mais je sais ce que c’est et je sais que c’est par là qu’on fait bouger les choses.

« Je veux simplement que nos salles soient mixtes »

Je commence vraiment maintenant, puisque la saison qui vient de s’écouler était celle de Julie [Brochen], et que je viens seulement d’atterrir. J’ai identifié 18 zones d’éducation prioritaire autour de Strasbourg : ces territoires là me passionnent. Évidemment, le public qui vient déjà, on veut toujours qu’il vienne ! Une dame à la présentation de saison m’a dit : « vous voulez nous chasser ! » [rires] Ce n’est pas du tout ça, je veux simplement que nos salles soient mixtes. C’est notre mission.

Et si plus de monde doit venir au TNS, on se démerdera pour faire plus de représentations. Le 11 septembre, on présente « l’autre saison » : c’est le premier geste qui raconte notre démarche. Ce sont 80 rendez-vous gratuits, pendant toute la saison à venir. Les gens ne pourront pas nous dire qu’ils ne viennent pas « parce que ça coûte trop cher ».

"Répétition" de Pascal Rambert (Photo Marc Domage)
« Répétition » de Pascal Rambert (Photo Marc Domage)

• À quoi vont ressembler ces rendez-vous de l’autre saison justement ?

Il va y avoir des événements de toutes sortes : des spectacles, des petites formes, des lectures publiques, des rencontres avec des philosophes, des choses faites par les élèves de l’école [du TNS]… On va travailler sur des terrains très différents pour proposer une offre multiple. L’autre saison n’aura pas forcément de lien direct avec la saison du TNS, pour que les choses puissent se tenir de façon indépendante. Par exemple, on va faire des rencontres avec des intellectuels autour d’un spectacle, mais on n’aura pas forcément besoin d’avoir vu le spectacle pour bénéficier pleinement de la rencontre.

• La parité et l’égalité femmes-hommes vous tiennent à cœur, et vous affirmez aussi que dans le monde du théâtre on en est souvent assez loin. Est-ce que le TNS a un rôle d’exemplarité dans ce cadre ?

Le premier chantier sur lequel j’ai travaillé, -parce qu’on ne peut pas tout faire en même temps-, c’est sur les plateaux. À une ou deux personnes près, il y aura cette saison autant d’actrices que d’acteurs sur les plateaux. C’est tout bête mais en fait c’est énorme : c’est une question d’accès au boulot. Il y a un énorme déséquilibre sur les plateaux de théâtre en France, où il y a beaucoup plus d’acteurs que d’actrices.

"Rendez-vous gare de l'Est" de Guillaume Vincent (Photo Elisabeth CARRECHIO)
« Rendez-vous gare de l’Est » de Guillaume Vincent (Photo Elisabeth Carrechio)

« La parité chez les acteurs, une question d’égalité dans l’accès à l’emploi »

Il y a aussi évidemment une parité exacte dans les artistes associés, et dans les enseignants à l’école. Dans les années qui viennent j’aimerais avancer plus sur la parité dans les auteurs et les metteurs en scène, parce qu’on n’y est pas encore. Je trouvais ça important de commencer par les acteurs plutôt que par les metteurs en scène, car ça concerne beaucoup plus de gens, donc plus d’emplois.

• La nouvelle communication du TNS, avec ces visages en grand format, tranche radicalement avec la précédente. Une façon de vous présenter au public strasbourgeois ?

J’essaie de venir avec ce que je suis. Au cœur du projet, il y a vraiment l’acteur, sa matière et sa chair. C’est par l’acteur que le public est touché. J’avais donc envie que ce premier signe donné de mon arrivée se fasse par le visage et la peau des acteurs. Les photos de Jean-Louis Fernandez accompagneront ces cinq années à venir. Il fait des photos sur « l’autour » du théâtre, des photos de coulisse et de sorties de scène… C’est rentrer dans le réel et la beauté du théâtre, dans l’œil de l’acteur.

• Décloisonner le TNS, c’est aussi l’ouvrir en grand aux écritures contemporaines ?

Si on veut s’adresser à d’autres publics, et faire que le théâtre soit vraiment vivant, il faut sortir d’une logique de patrimoine. Dans la tête des directeurs de théâtre aujourd’hui en France, souvent, la sécurité c’est les grands classiques pour fidéliser un public. Dès qu’on part vers les textes contemporains ça devient dangereux.

Moi j’ai envie de prôner l’inverse : la sécurité, ce sont les grands auteurs contemporains. Un Wajdi Mouawad, un Pascal Rambert, un Falk Richer sont des gens qui font des spectacles populaires, exigeants, joyeux, intelligents, qui embarquent les salles et les générations.

« Sortir d’une logique de patrimoine »

En France, on est un peu en retard par rapport à d’autres pays européens où les directeurs de théâtres ont compris que les écritures contemporaines sont aussi un facteur de renouvellement et de rajeunissement des publics. C’est marrant de constater que les plus grands succès publics de ces dernières années en France sont des mises en scène d’écritures contemporaines, comme Les Particules élémentaires par Julien Gosselin. C’était pourtant un spectacle de 4 heures.

"Small Town Boy" de Falk Richter (Photo Thomas AURIN)
« Small Town Boy » de Falk Richter (Photo Thomas AURIN)

Je vais essayer d’enfoncer le clou sur les écritures contemporaines comme un dingue ici. Ça ne veut pas dire que je dis à Molière et Racine : « cassez-vous on ne veut plus vous voir du tout, interdits de séjour », mais je leur dit « écoutez, pour venir ici, il va falloir faire des efforts. » Si un grand artiste a une envie folle de monter un classique, je ne dirai pas non, mais ce sera plus l’exception que la règle.

• Avez-vous déjà trouvé des synergies avec d’autres acteurs de la vie culturelle à Strasbourg ?

Pour le Maillon, on se voit bientôt avec Frédéric Simon. J’ai cru voir que c’était quelqu’un qui avait aussi un souci fort des publics et des territoires, donc on devrait se retrouver là-dessus. Pendant l’année qui vient de s’écouler, vu la nomination tardive et tout ce qu’on sait [rires], j’ai honoré beaucoup de contrats à l’extérieur et j’ai surtout veillé à construire une belle première saison ici.

Donc je suis un peu en retard et je commence seulement maintenant à rencontrer les acteurs culturels. Mais par définition j’ai envie qu’on puisse créer le plus de synergies possibles. Par exemple l’autre saison gagnerait sûrement à être inventée ensemble avec d’autres structures. Mais c’est un travail que je commence à peine.

« Des complémentarités à trouver »

Particulièrement pour le TNS, qui peut apparaître comme un lieu qui fait peur, refermé sur lui-même, c’est très important qu’on envoie des signaux forts sur la volonté de travailler avec d’autres partenaires. C’est une espèce de lapalissade, mais on est toujours plus forts à plusieurs. Il n’y a pas de concurrences, il y a juste des complémentarités à trouver. Je suis au début du chantier.

"Clôture de l'amour" de Pascal Rambert ( Photo Marc Domage)
« Clôture de l’amour » de Pascal Rambert (Photo Marc Domage)

• On vous découvre comédien pour le premier spectacle de la saison, Clôture de l’amour. C’est rare, pour un directeur de théâtre, de se présenter comme comédien pour le premier spectacle d’une première saison…

Je trouvais que c’était joyeux, que c’était rigolo. C’est un spectacle où je mouille vraiment la chemise, à tout point de vue. Je trouvais que c’était assez juste, de me mettre en danger d’emblée, en disant : « voilà la bête, j’espère qu’elle va vous intéresser ». [rires] Je suis acteur et metteur en scène, c’était donc aussi une manière de raconter ça.

« Voilà la bête, j’espère qu’elle va vous intéresser »

Démarrer par Clôture de l’amour, c’était faire le geste de m’exposer sur le plateau. Mon premier geste en tant que metteur en scène va être une création, c’est un texte pas encore écrit, avec un auteur allemand. Je prend donc en charge complètement mon rapport au contemporain. Il faut revendiquer la part du risque dans les lieux de création.

• Il y a deux créations juste après Clôture de l’amour, Ne me touchez pas et le Méridien. Pouvez-vous nous en parler ?

Les deux créations sont faites par des artistes associés. Anne Théron monte Ne me touchez pas, un texte qu’elle a écrit à partir des Liaisons dangereuses. C’est aussi une manière alternative de programmer dans un théâtre, puisque plus tard dans l’année je programme Les Liaisons dangereuses par Christine Letailleur. C’est un cadeau au spectateur de leur dire : « venez voir, dans la même saison, deux angles et deux regards autour des Liaisons dangereuses« . Ne me touchez pas est porté par deux magnifiques acteurs que sont Marie-Laure Crochant et Laurent Sauvage.

« Défendre un théâtre de texte »

Le Méridien c’est une aventure particulière puisque Nicolas Bouchaud affirme depuis plusieurs années l’indépendance de l’acteur, c’est à dire qu’un acteur peut tout à fait initier et porter un projet, ce n’est pas réservé au metteur en scène. C’est aussi un des messages que je veux développer ici, face à la toute puissance des metteurs en scène. L’acteur a des choses à dire. Le Méridien c’est un texte magnifique autour de la force, de la fulgurance de la poésie. Je crois à ça aussi, à la force du texte. Beaucoup de théâtre aujourd’hui se fait sans texte : moi je vais défendre ici un théâtre de texte, où le poète a toute sa place.

"Le Kung Fu" de Dieudonné Niangouna (Photo Christophe RAYNAUD DE LAGE)
« Le Kung Fu » de Dieudonné Niangouna (Photo Christophe Raynaud de Lage)

• Le fait qu’il y ait beaucoup d’artistes associés, comme Emmanuelle Béart, Valérie Dréville, Lazare, Laurent Poitrenaux ou encore Marie Ndiaye [pour ne citer qu’eux, la liste complète est ici], qu’est ce que ça change dans le rapport aux spectateurs ?

Les 10 acteurs associés sont 10 des figures les plus importantes du théâtre aujourd’hui en France. Ces gens-là seront présents régulièrement à Strasbourg pendant les 5 ans à venir. On n’aurait pas pu se les payer en troupe permanente évidemment, parce qu’ils bougent tout le temps. Mais ça nous fait quand même une « troupe de luxe » [rires] qui revient souvent. C’est un peu la même chose avec les auteurs et les metteurs en scène.

« Une troupe de luxe »

J’ai eu envie d’amener avec moi ces gens à Strasbourg et de les ancrer un peu ici, de leur dire : « ce sera votre baraque ». J’ai inventé des dispositifs attractifs pour eux, en leur donnant une vraie place et une vraie liberté de création. J’ai su me montrer persuasif.

Pour les publics strasbourgeois cela revient à avoir des représentations de ce qui se fait de meilleur aujourd’hui en France, à demeure, sous des formes très différentes. Les petites formes dans la ville en feront aussi partie. L’autre saison permet aux artistes associés d’inventer des formes plus courtes.

• Il en va donc aussi de la responsabilité des artistes associés pour inventer l’autre saison ?

Oui, cela leur autorise des formes plus légères et impromptues, qui permettent facilement de passer la soirée avec le public. Par exemple, si Valérie Dréville a des textes en tête, qu’elle a envie de partager, ça peut s’organiser très facilement.

"Jan Karski" de Yannick Haenel et Arthur Nauzyciel (Photo Frederic NAUZYCIEL)
« Jan Karski » de Yannick Haenel et Arthur Nauzyciel (Photo Frederic Nauzyciel)

• Maintenant que vous avez pu passer un peu de temps « en observation » au TNS, pensez-vous que les moyens de celui-ci, humains, financiers et matériels, sont à la hauteur de vos ambitions et de votre projet ?

On ne peut pas, en dirigeant le TNS, dire « oh la la je suis malheureux il me faut plus d’argent et plus de moyens ! » Ce serait indécent pour des tas de gens qui rament. On a ce qu’il faut. Après, à l’intérieur de ce qu’on a, les choix se portent sur ce qu’on en fait. Pour créer un poste supplémentaire de relations publiques, -ce qu’on a fait parce que ça nous paraissait important-, on a dû prendre d’autres décisions ailleurs.

Par exemple aussi, l’autre saison dans son ensemble coûte le prix d’un gros spectacle dans l’année.

« Faire mieux et différemment avec ce qu’on a : c’est mon boulot »

Je n’ai évidemment pas demandé de moyens supplémentaires pour faire plus. Dans le contexte actuel, en étant une des plus grosses structures, on ne peut pas décemment se plaindre. Par contre avec ce qu’on a, on peut sans doute faire mieux et différemment : c’est mon boulot.

• Est-ce que vous avez changé quelque chose dans la politique des tarifs du TNS ?

Pas beaucoup, et c’est volontaire, je veux voir comment ça se passe sur cette première saison. Je verrai ensuite s’il y a des choses à changer à la marge.

• Le fait d’être le directeur du TNS vous offre-t-il un mégaphone pour intervenir avec plus d’écho sur des causes qui vous tiennent à cœur, comme celle des intermittents du spectacle par exemple ?

J’ai toujours affirmé tout ce que j’avais à affirmer. Et je continuerai bien sûr. Du point de vue du TNS, il s’agit plus de projet théâtral : c’est ce que j’ai envie d’exprimer quand je dis « faisons gaffe, la décentralisation s’est un peu arrêtée en route », ou sur la parité par exemple…Le fait d’avoir ce plus grand mégaphone permet de faire preuve d’exemplarité et de montrer que si on arrive à le faire ici, cela peut peut-être se faire ailleurs aussi.

À poil pour les intermittents

L’année dernière c’était à peu près au moment où j’étais nommé [au TNS] qu’il y a eut une nouvelle crise des intermittents, on m’a demandé de faire la couverture des Inrocks dépoilé, je l’ai fait sans me poser de questions par rapport au Ministère [de la Culture] et à ma nomination. Il faut faire gaffe à ne pas être l’éternel signataire de pétitions, mais sur les endroits importants, il faut savoir prendre la parole.

"En attendant Godot" de Jean-Pierre Vincent (Photo Raphael ARNAUD)
« En attendant Godot » de Jean-Pierre Vincent (Photo Raphael ARNAUD)

« Une putain de belle saison »

•Qu’est ce que vous avez envie de dire aux strasbourgeois par rapport à cette première saison ?

Le TNS est un lieu qui doit faire entendre les plus grands artistes du moment. On a travaillé à ça et le résultat est une programmation vraiment généreuse. J’ai envie de dire aux gens : « allez voir les textes contemporains d’abord ! » J’ai envie que le public prenne les risques avec nous. On s’est cassé la tête pour faire une putain de belle saison, je crois [rires]. Je parie aussi beaucoup sur le bouche à oreilles, c’est pour ça que les séries des spectacles s’installent dans la durée à chaque fois.

• Ce n’était pas la première fois que vous candidatiez pour obtenir la direction du TNS…

Et je n’ai candidaté nulle part ailleurs ! C’était cet endroit-là qui m’intéressait.

Stanislas Nordey est dans la place (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Stanislas Nordey est dans la place (Photo MB / Rue89 Strasbourg)

• C’était le TNS qui vous intéressait, ou sa situation dans la ville de Strasbourg ?

Le territoire m’intéressait particulièrement. Quand je suis allé à Saint-Denis, j’y suis allé parce que Saint-Denis. Là je viens parce que Strasbourg. L’histoire du TNS dans la ville, l’histoire de la décentralisation ici, le fait qu’on soit à une frontière, tout ça m’intéresse. La symbolique de Strasbourg « ville frontière » m’interpelle, avec sa porosité, parce que je me passionne aussi pour la question de ceux qu’on appelle les migrants.

• Est-ce que les strasbourgeois auront l’occasion de vous rencontrer régulièrement ?

Si on m’invite, oui ! Ça y est je suis vraiment là.

Fiasco du PAPS-PCPI : une piste sur l’origine des fissures

Fiasco du PAPS-PCPI : une piste sur l’origine des fissures
(Dessin Guillaume Decaux)
(Dessin Guillaume Decaux)

Le cabinet d’ingénierie RFR a contesté le choix du tribunal administratif de nommer cet expert, l’accusant d’être trop lié à l’Eurométropole, maître d’ouvrage du PAPS. L’Eurométropole indique « prendre acte de cette décision » et devra saisir à nouveau le tribunal administratif pour qu’il désigne un nouvel expert…

Le dessin du dimanche fait une petite pause estivale, rendez-vous mi-août.

Maison d’arrêt de Strasbourg : d’anciens détenus témoignent

Maison d’arrêt de Strasbourg : d’anciens détenus témoignent
La maison d'arrêt de Strasbourg a fait l'objet d'un rapport en urgence en mai dernier. (Photo: CGLPL)
La maison d’arrêt de Strasbourg a fait l’objet d’un rapport en urgence en mai dernier. (Photo: CGLPL)

Après un rapport très critique du contrôleur général des lieux de privation de libertés, remis en urgence, et un constat d’huissier en défense commandé par la direction de la prison, Rue89 Strasbourg a demandé à des anciens détenus de décrire la réalité de la maison d’arrêt de Strasbourg. Bien loin de celle qui est présentée aux visites officielles.

Un par un, ils s’avancent. Visages fermés et impatients, les proches des détenus guettent l’appel de leur nom. Ce matin-là, ils sont une dizaine, certains chargés de sacs de vêtements, à s’engouffrer derrière la porte jaune qui mène au parloir. Une heure plus tard, une dame en ressort. Elle est venue voir son mari, incarcéré depuis plus de huit mois. En s’allumant une cigarette, elle raconte que c’est déjà la deuxième fois qu’il se retrouve à la maison d’arrêt et que cette fois, pour lui, être enfermé c’est « pire » car les détenus sont « beaucoup trop ».

C’est ce matin de parloirs qu’a choisi la députée (Rép.) du Bas-Rhin Sophie Rohfritsch pour visiter la maison d’arrêt, accompagnée par quelques journalistes et photographes (depuis le 17 avril 2015 un nouvel article du code pénal permet aux députés et sénateurs de visiter de manière inopinée les prisons, accompagnés par la presse). Deux heures et demie de visite au cours desquelles, assistée d’Alain Reymond, le directeur de la prison, on lui présente les différents quartiers, les ateliers de travail, des cellules « types », l’animalerie, le quartier disciplinaire.

On lui présente même un détenu qui affirme « qu’ici il y a moyen de faire une vraie réinsertion ». Il a fréquenté 12 établissements pénitentiers. À la sortie, la députée assure n’avoir rien vu de choquant :

« Je suis loin de l’idée que je pouvais me faire de l’établissement à la lecture du rapport d’urgence. Les associations qui interviennent ici sont nombreuses. Je crois qu’au contraire le rapport d’urgence instaure un dialogue entre le Contrôleur et la prison. En revanche, il y a un manque d’évaluation des actions menées : il faudrait un système qui permette de suivre l’efficacité des dispositifs. »

Sophie Rohtfritsch en compagnie d'Alain Reymond, directeur de la maison d'arrêt. (Photo : CG/Rue89Strasbourg)
Sophie Rohfritsch en compagnie d’Alain Reymond, directeur de la maison d’arrêt. (Photo : CG/Rue89Strasbourg)

Elle explique ne pas être venue sur recommandation du Barreau de Strasbourg, qui s’était ému de la sortie du rapport et avait contacté les parlementaires alsaciens pour qu’ils voient de leurs yeux la réalité de la maison d’arrêt.

Depuis 2009 et la première visite de l’équipe du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), la situation s’est aggravée : surpopulation carcérale, dégradation prématurée du bâtiment, conditions de vie déplorables pour les détenus et le personnel pénitentiaire. La seconde visite effectuée en mars est sans appel pour le CGLPL qui publie en mai au Journal Officiel des recommandations en urgence pointant plusieurs dysfonctionnements de la maison d’arrêt de Strasbourg.

Les syndicats de surveillants ont dénoncé un rapport à charge contre le personnel pénitentiaire. La direction de la maison d’arrêt avait de son côté anticipé la publication du rapport en commandant un constat d’huissier pour minimiser la portée du rapport. Au cours de la visite, quand la question lui est posée, le directeur de la prison considère que malgré les recommandations, il n’y a « rien à faire très vite ».

Un personnel pénitentiaire pris en étau

Pourtant en 2013, à l’occasion des 25 ans de la maison d’arrêt de Strasbourg (MAS), un tract du syndicat UFAP-UNSA Justice dénonçait déjà « un véritable Titanic ». En cause : des détenus de plus en plus nombreux, une structure inadaptée et des surveillants qui se sentent abandonnés par leur hiérarchie. Au sein du personnel pénitentiaire, certains arrivent à saturation. Michèle, prénom changé elle aussi, fonctionnaire depuis plus de six ans à la MAS met en cause l’administration :

« La direction est coupée de la réalité et ne veut pas la montrer. Après la sortie du rapport, le préfet est venu visiter la maison d’arrêt. Deux jours avant qu’il ne vienne, des collègues ont eu pour consigne de ranger leurs bureaux et de procéder à un grand nettoyage. L’herbe était tondue, tout avait été ramassé. Dans un des miradors, le fameux fauteuil « en position sieste » a été changé, qui était en fait cassé. »

D'une capacité théorique de 444 places, la maison d'arrêt compte aujourd'hui plus de 700 détenus. (Photo : CGLPL)
D’une capacité théorique de 444 places, la maison d’arrêt compte aujourd’hui plus de 700 détenus. (Photo : CGLPL)

Calibré pour 444 personnes, l’établissement compte aujourd’hui plus de 700 détenus. Les personnes condamnées à des peines de moins de deux ans, croisent les prévenus. Petites et lourdes peines s’y mêlent. Une maison d’arrêt n’a pas le droit de refuser un détenu et la semaine dernière encore, une vingtaine de personnes y ont été incarcérées. Michèle explique que dès lors, les conditions de travail des agents est rendue plus difficile :

« On est pris entre le marteau et l’enclume. On fait remonter tous les problèmes que l’on peut rencontrer mais on nous oppose sans arrêt le budget. On vit dans les mêmes conditions que les détenus, d’ailleurs certains nous disent en rigolant qu’on a pris “perpèt”. Aujourd’hui le surveillant doit avoir plusieurs casquettes : on fait du social, on est infirmier, pompier, épicier… Il y a un manque d’effectifs : un surveillant gère 50 bonhommes ! On a plus le temps de faire de l’humain. »

Avec un budget d’environ trois millions d’euros, la maison d’arrêt consacre l’essentiel de ses dépenses à la nourriture et au chauffage. Pour le reste, les travaux et la rénovation des bâtiments, c’est la Direction interrégionale des services pénitentiaires de l’Est qui gère. Cette dernière n’a pas souhaité répondre aux questions de Rue89 Strasbourg.

Des douches froides

Outre le surpeuplement, le rapport du Contrôleur relevait l’eau froide dans les douches collectives. Le procès-verbal d’huissier commandé par la direction expliquait qu’il fallait attendre quelques secondes pour qu’elle deviennent chaudes. Un point que réfute Michèle :

« L’eau froide évoquée dans le rapport, c’est tout à fait vrai. Les mitigeurs sont cassés par les détenus et la maison d’arrêt n’a pas d’argent pour les réparer. Alors on bricole. En hiver, il faut faire des pieds et des mains pour que le chauffage soit allumé. »

William (tous les prénoms des détenus ont été changés), qui a passé un an à la MAS, évoque son expérience des douches :

« Pour l’eau chaude, il suffit de demander au surveillant, qu’il augmente la température dans son kiosque. Après, encore faut-il qu’il en ait envie… J’ai fait tous les quartiers de cette prison et à chaque fois les douches étaient dégueulasses. Le pire c’était au quartier des arrivants : il y avait des lames de rasoirs par terre, du sang. Et toi, t’es pieds nus là-dessus. De toute manière, niveau propreté, tant que les couloirs sont propres, ils ne s’occupent pas trop du reste. »

L'humidité s'installent sur les murs des cellules. Les détenus bouchent les VMC en hiver pour avoir moins froid. (Photo : doc.remis)
L’humidité s’installe sur les murs des cellules. Les détenus bouchent les VMC en hiver pour avoir moins froid. (Photo : doc.remis)

Des journaux et du dentifrice pour combler les trous

L’état des cellules est également pointé du doigt. S’ils sont seuls en cellule au quartier des mineurs, ils se partagent parfois à quatre ou six des cellules prévues pour accueillir deux fois moins de personnes. Le régime des portes fermées interdisant aux détenus les allers et venues dans les couloirs, ils « font de la cellule » en permanence. Benjamin, un autre ancien détenu, raconte son quotidien en cellule :

« Il y a eu des rats qui grimpaient même jusqu’au deuxième étage. Le frigo qu’on avait était tellement petit qu’on entassait la bouffe sur le rebord de la fenêtre et ça les attirait. Ce qui sert de chauffage, c’est un tuyau d’eau chaude, qui passe de cellules en cellules. On laissait aussi les plaques chauffantes allumées mais les nouvelles plaques ne s’allument que s’il y a quelque chose dessus, alors en pour se chauffer en hiver, c’est mort.

Pour cacher les trous dans les murs, on prend des journaux et on les colle avec du dentifrice. Forcément, ça abîme la peinture, et après tous les passages de détenus… »

"Pour cacher les trous dans les murs on colle des journaux avec du dentifrice" (Photo : doc. remis)
« Pour cacher les trous dans les murs on colle des journaux avec du dentifrice » (Photo : doc. remis)

Le ménage des cellules est réalisé par les détenus eux-mêmes mais tous pointent la difficulté d’obtenir le kit de nettoyage. William explique :

« Pour avoir les produits ménagers, c’est la misère. Ce kit, tu l’as une fois par semaine. Et si t’as la malchance d’être la dernière cellule, la serpillère que tu reçois est noire de saleté parce-qu’elle sera passée par toutes les précédentes. On n’avait pas le droit d’acheter une pelle et une balayette alors fallait faire avec ça. »

"J'avais demandé un kit pour frotter un des murs. Ça c'est le résultat après plusieurs minutes d'acharnement" (Photo: doc.remis)
« J’avais demandé un kit pour frotter un des murs. Ça c’est le résultat après plusieurs minutes d’acharnement » (Photo: doc.remis)

« Je suis en enfer ici »

Éric Lefebvre, avocat pénaliste, s’est souvent rendu à la maison d’arrêt pour rencontrer ses clients. Il décrit l’état de la prison tel qu’il a pu le percevoir :

« Quand on passe dans les couloirs, il y a des lucarnes sur les côtés. On voit l’état de la prison. Si la cour est jonchée de détritus, c’est parce-que les gens les jettent par les fenêtres. Ça, ça incombe aux détenus. Mais j’ai aussi le discours que me tiennent les détenus. Les primo délinquants me disent : je suis en enfer ici. Les vieux de la vieille, les vieux routards, ceux inscrits dans un schéma délictuel vous disent : je n’ai jamais vu ça. »

Les détritus attirent les rongeurs. Le directeur de la prison raconte qu'avant l'installation des grillages, des mouettes volaient au-dessus de la maison d'arrêt (Photo: doc.remis)
Les détritus attirent les rongeurs. Le directeur de la prison raconte qu’avant l’installation des grillages, des mouettes volaient au-dessus de la maison d’arrêt (Photo: doc.remis)
Les caillebotis installés en 2007, censés endiguer la pratique du "yo-yo", d'une fenêtre à l'autre.
Les caillebotis installés en 2007, censés endiguer la pratique du « yo-yo », d’une fenêtre à l’autre. (Photo: doc. remis)

« Si t’as une rage de dent, c’est fini pour toi »

La difficulté d’accéder aux soins est un autre point également évoqué par les trois anciens détenus. Pour ses caries, Jonathan a attendu entre six et sept mois avant de voir un dentiste : « si t’as une rage de dent, c’est fini pour toi. »

La distribution des médicaments (valium ,subutex), se fait « à la demande » d’après William :

« J’avais un co-détenu qui était toxicomane. Il me disait qu’il voulait arrêter la drogue mais s’il le faisait, il allait hurler toutes les nuits à cause du manque. Du coup, on lui donnait du subutex. Un soir où on m’avait emmené au mitard, il est mort. Il avait un souffle au coeur et il n’a plus supporté le médoc. On distribue ça comme ça, et plein de détenus en font le commerce contre du shit ou des clopes. »

Le rôle du personnel surveillant en question

Dans son rapport, Adeline Hazan s’attardait aussi sur le comportement des surveillants dont certains prendraient part à des « trafics illicites ». Une affirmation qu’avait dénoncée le syndicat FO qui souhaite porter plainte pour diffamation. De son côté, William affirme que les surveillants sont au courant de tout. C’est même l’un d’entre eux qui lui avait remis un iPhone.

Pour Éric Lefebvre, la réaction du syndicat est hypocrite :

« Les surveillants savent très bien que les téléphones portables permettent aux détenus de tenir, de déstresser. D’un côté ils vont dire que ça leur évite d’avoir à gérer des situations monstrueuses, et d’un autre, quand ils ont quelqu’un dans le collimateur, ils le font passer en commission de discipline pour détention de téléphone. »

Les situations d’humiliation et de provocation font aussi partie des points relevés par le Contrôleur. Embarrassée par cette question, Michèle, la surveillante, ne préfère pas évoquer les comportements de ses collègues. Jonathan décrit une situation qu’il a vécue :

« En sortant des douches, un surveillant vient vers moi et me dit “tourne-toi”. Il voulait me faire une fouille “complète”. J’étais à poil, c’était humiliant. J’ai refusé. »

Malgré ces récits, on pourrait s’attendre à de la rancoeur de la part des trois anciens détenus vis à vis du personnel pénitentiaire, mais tous reconnaissent que leur mission est très lourde notamment avec les détenus aux pathologies psychiatriques.

Éric Lefebvre conclut :

« L’administration pénitentiaire fait ce qu’elle peut avec les moyens qu’on lui donne et qui n’existent pas. On s’assoit délibérément sur le droit de gens, qui ont beau être condamnés, n’en sont pas moins des citoyens et ont des droits. »

Avec Claire Gandanger

Un constat d’huissier en défense de la prison : « du jamais vu »

Un constat d’huissier en défense de la prison : « du jamais vu »
Après la visite du Contrôleur des lieux de privation de liberté, la maison d'arrêt de Strasbourg a fait venir un huissier. (Photo : Philippe Sautier/SIPA)
Après la visite du Contrôleur des lieux de privation de liberté, la maison d’arrêt de Strasbourg a fait venir un huissier. (Photo : Philippe Sautier/SIPA)

Dans la foulée de la visite de l’équipe du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, la direction de la maison d’arrêt de Strasbourg avait commandé un constat d’huissier pour minimiser les recommandations en urgence sur les conditions de détention. La tentative de réaction d’une administration pénitentiaire bloquée par le devoir de réserve.

« Ici, c’est l’ordre qui doit régner, pas la vérité ». Lâchés par un ancien membre du personnel pénitentiaire de la maison d’arrêt de Strasbourg, ces mots tombent comme un couperet. Ils résument la difficulté d’évoquer ce qui ne va pas en prison. Aux voix qui s’élèvent, aux propos discordants, on montre la porte de sortie. Dans le milieu carcéral règne une règle absolue, celle de se taire. Outre le devoir de réserve auquel sont soumis les personnels pénitentiaires, s’ajoute la crainte d’être reconnu et, surtout, des conséquences.

Un état de tension amplifié depuis la publication au Journal Officiel le 13 mai des recommandations en urgence d’Adeline Hazan, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), qui pointe de nombreux dysfonctionnements à la maison d’arrêt. C’est la cinquième fois en sept années d’existence du contrôle qu’une telle mesure est enclenchée, une mesure « rare », « jamais prise à la légère », précise t-on au CGLPL.

Les syndicats de surveillants, UFAP-UNSA et FO avaient alors dénoncé un rapport « à charge » contre le personnel pénitentiaire. Christiane Taubira, ministre (PS) de la Justice et Marisol Touraine, ministre (PS) de la Santé avaient également réagi de manière contradictoire. Le climat tendu, apparu après la publication des recommandations en urgence était même allé jusqu’à susciter une passe d’armes entre la Garde des Sceaux et la contrôleur par médias interposés s’accusant mutuellement de fausses déclarations.

2 heures et 10 minutes pour un constat matériel

Du 9 au 13 mars, une mission de cinq personnes, dirigée par Cyrille Canetti a visité l’intérieur de la maison d’arrêt. Pendant cinq jours, ils y ont relevé plusieurs problèmes d’hygiène, de conditions de vie, et surtout, l’absence de mesures prises pour protéger une personne violentée par son codétenu, ainsi que la présence de caméras installées dans le service psychiatrique violant le secret médical.

Avertie que le rapport allait être négatif, la direction de la maison d’arrêt a fait venir, le 16 avril, un huissier de justice pour constater « de toute urgence l’état de certains lieux et matériels à l’intérieur de l’établissement ». Pendant deux heures et dix minutes, l’huissier a constaté l’état des douches, des cellules et des cours. De cette visite résulte un procès-verbal de onze pages, agrémenté d’une soixantaine de photos.

C’est la première fois, après une visite des contrôleurs, qu’un établissement pénitentiaire réagit de cette manière. Au contrôle, on estime que ce procès-verbal n’a qu’un intérêt très limité :

« Ce n’est pas normal d’agir de la sorte. Ils constatent, ils constatent… Qu’on décide de nous suivre ou pas dans nos recommandations, c’est une chose. Mais qu’on remette en cause notre manière de travailler, c’en est une autre. Espérons que ça soit quelque chose de ponctuel. »

La direction interrégionale des services pénitentiaires du Grand Est n’a pas donné suite à nos questions. Pour Fadila Doukhi, déléguée régionale FO-Pénitentiaire, le constat d’huissiers est une manière indirecte pour le directeur de la maison d’arrêt, Alain Reymond, de s’exprimer :

« Ça a été une manière pour lui de se couvrir, pour montrer que c’est {les recommandations en urgence, ndlr) faux. Il n’aurait jamais fait venir un huissier si les recommandations du contrôleur étaient vraies. Le rapport parle de cellules crades, de douches pas refaites, alors que rien n’est vérifié dans les informations qui sont avancées. »

Très remontée contres les accusations du rapport mettant en cause l’implication de certains agents dans des trafics illicites, elle espère une plainte du ministère de la Justice pour diffamation et n’exclut pas de porter plainte, à titre syndical, contre Adeline Hazan.

« On lui montre ce qu’on veut à l’huissier »

Une personne qui travaille à la maison d’arrêt depuis une dizaine d’années raconte sa version et décrit l’ambiance qui régnait au sein du personnel pénitentiaire le jour de la visite de l’huissier :

« On se regardait tous en chiens de faïence. Faire un procès-verbal, c’est du jamais vu, ça montre à quel point la direction est aux abois. On briefe tout le monde, on promène l’huissier où on veut, on lui montre ce qu’on veut bien lui montrer. On lui présente des personnes qui savent se taire, qui présentent bien. Il répond à la commande d’un client. La veille de sa venue, on a demandé aux détenus auxiliaires du domaine (en charge des espaces verts et de l’entretien, nldr) de nettoyer la « mare aux canards », la cour intérieure. La direction savait qu’un rapport était sur le feu et qu’il n’allait pas être en leur faveur. »

Le rapport d’urgence n’est pas une surprise pour les avocats strasbourgeois, depuis longtemps en état d’alerte. Pascal Créhange, avocat et dauphin du bâtonnier de Strasbourg, explique :

« C’est une situation que les avocats connaissent depuis longtemps. On sait qu’il y a des endroits qui sont totalement indécents dans  cette maison d’arrêt. On sait qu’il y a des dysfonctionnements, des endroits extrêmement dangereux. Nous avons alerté les parlementaires alsaciens sur la situation, puisqu’ils peuvent faire des visites à tout moment. Les visites institutionnelles ne nous suffisent pas. Nous faisons remonter les informations que nous avons et qui nous viennent des détenus, et elles nous laissent penser que le rapport est juste. »

Adeline Hazan n’avait pas souhaité commenter la publication du procès-verbal, et préfère s’abstenir de tout nouveau commentaire sur la maison d’arrêt de Strasbourg. Au contrôle, on assure que Strasbourg n’est « pas oublié » et que le rapport définitif sur la maison d’arrêt sera publié d’ici six à huit mois. L’occasion de réouvrir le débat sur la gestion des prisons et peut-être libérer parole.

Comment voir le feu d’artifice à Strasbourg mardi 14 juillet

Comment voir le feu d’artifice à Strasbourg mardi 14 juillet
Le feu d'artifices du 14 juillet 2013 (Photo Victor Quiroz / FlickR / cc)
Le feu d’artifices du 14 juillet 2013 (Photo Victor Quiroz / FlickR / cc)

Pour la Fête Nationale, le traditionnel feu d’artifice sera tiré depuis le parc de l’Etoile à Strasbourg, mardi 14 juillet à 22h30, juste à côté du bal populaire.

Comme chaque année, on pourra danser en célébrant la République du côté de la place de l’Étoile à Strasbourg. Un bal populaire est organisé en partenariat avec la « Guinguette du Rhin » place du maréchal de Lattre de Tassigny (place de la Bourse) entre 20h et 0h30. À 22h30, les accordéons et les flonflons feront place aux belles bleues et aux belles rouges du feu d’artifice.

Des restrictions de circulation et de stationnement ont été prises les 14 et 15 juillet. Sur la carte ci-dessous, les principaux points de perturbations pour les voitures. Plusieurs rues sont interdites à la circulation et au stationnement près du lieu de tir du feu d’artifice, et la circulation pourrait également être interrompue le 14 juillet au soir sur certains axes routiers à l’initiative des services de police.

La mise en place du dispositif de tir nécessitera également l’interdiction de certaines voies aux piétons et aux cyclistes, du 14 juillet à partir de 5 heures au 15 juillet à 12 heures :

    la bretelle de sortie de la route du Rhin sur la route de Vienne (sens Allemagne-France) le quai du Général Koenig, entre le pont d’Austerlitz et le pont de la Bourse, trottoir et berge côté bassin Dusuzeau la route de Vienne; le parc de l’Etoile, sauf le trottoir mixte de la voie Est pour les piétons et les cyclistes; le rond-point Pierre Mendes-France.

À partir de 18h et pendant le feu d’artifice, les lieux suivants seront interdits à la circulation :

     le parc de l’Etoile, dans sa totalité; la rue de la Thumenau, entre le parc de l’Etoile et l’allée du Schluthfeld; le pont de la Bourse, le pont d’Austerlitz et la rue du Marksgarten, côté parc de l’Etoile.

Quelques perturbations pour les trams

Le 14 juillet, de 19 heures à 21 heures, les tramways ne desserviront pas la station Etoile Bourse. Durant ce créneau horaire, il est possible de monter ou descendre aux stations situées avant et après la station Etoile Bourse : Porte de l’Hôpital (tram A et D) et Etoile Polygone (tram D et E).

A partir de 21 heures et jusqu’à la mise en sécurité du site de tir, la ligne A du tramway circulera entre Parc des Sports et Langstross – Grand’Rue. En raison des travaux d’entretien du tram programmés tout l’été dans le sud de l’agglomération, un bus de remplacement des trams A et E assurera la liaison entre Illkirch Lixenbuhl et Schulthfeld. La ligne D sera interrompue entre Etoile Polygone et Langstross – Grand’Rue.

Suivre le 14 juillet sur Twitter, avec les mots-clés #14juillet et #Strasbourg


Le Strasbourg des anecdotes, au fil de l’eau par Batorama

Le Strasbourg des anecdotes, au fil de l’eau par Batorama
Batorama, 800 000 passagers par an, combien de coups de soleil ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Batorama, 800 000 passagers par an, combien de coups de soleil ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Comment se présente Strasbourg aux touristes – 1. Voir Strasbourg depuis le niveau de l’Ill, des Ponts Couverts au Parlement européen, c’est le choix de 800 000 touristes chaque année. Comment Batorama leur présente notre ville ? On s’est fondu dans la masse pour le savoir.

Eux voient Strasbourg d’en bas, nous les voyons plutôt d’en haut, depuis les ponts et les quais : ces armées de touristes, bobs et casquettes vissées sur la tête, qui remplissent les péniches de Batorama depuis le quai Rohan. Ils sont plus de 800 000 chaque année à choisir ce tour de Strasbourg d’une heure et quart, car l’affiche est prometteuse : départ de la cathédrale vers la Petite-France, puis la Neustadt et le Parlement européen comme clou du spectacle !

Un condensé de Strasbourg en somme, pour 12,50€ et accessible à tous, puisque les commentaires audio sont disponibles en 12 langues, dont le coréen, le chinois, l’esperanto… et même l’alsacien.

L’épreuve du billet

Ceux qui n’ont pas commandé leur place sur Internet s’alignent devant la minuscule boutique flottante amarrée au quai Rohan. En période d’affluence, la file d’attente est impressionnante et il faut compter jusqu’à une demi-heure pour atteindre le guichet, ce qui sous le soleil, peut s’avérer une épreuve. Une boutique devrait bientôt ouvrir place de la cathédrale.

Mais qu’importe, un petit tour en bateau mérite bien cet effort. Les équipes de Batorama recommandent de sortir les chapeaux, crèmes solaires de ne pas se séparer de sa bouteille d’eau. Mais une fois à bord, ceux qui ont choisi les bateaux fermés aux larges verrières sont sauvés pas la climatisation.

Après un message d’accueil répété douze fois, le tour de Strasbourg commence avec l’Ancienne Douane et son histoire reconstruite. En silence, tous les passagers tournent la tête à droite, avec une synchronisation qui ferait croire que le spectacle a été travaillé.

Le capitaine Pedro sent bien le bateau, ça passe à tous les coups. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Le capitaine Pedro sent bien le bateau, ça passe à tous les coups. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

La filière de reclassement du port

Issu d’une famille de marins, le capitaine Thierry Pedro, 48 ans, a près de trente années de navigation sur le Rhin derrière lui. Sa carrière se confond avec l’histoire de la navigation fluviale :

« Au départ, les capitaines de Batorama étaient les fatigués du port. Moi même, j’ai fait 10 ans sur un pousseur. Mais au bout d’un moment, on a eu moins besoin de marins au port et plus chez Batorama. Ça me va, je peux concilier le plaisir de naviguer et ma vie de famille. »

Batorama est opéré par le Port autonome de Strasbourg, Thierry Pedro transporte encore régulièrement du sable ou des conteneurs. Mais là, son principal souci est de faire passer ces bateaux de 130 places dans les minuscules écluses de la Petite France, des manoeuvres qui impressionnent toujours les badauds mais qui sont démystifiées par Thierry Pedro :

« Il n’y a pas de miracle. Un homme qui aime naviguer, il a ça dans le sang, il sent le bateau. C’est tout. »

On n’en saura donc pas plus sur cette capacité qu’ont les capitaines de Batorama à jeter leurs embarcations de 20 mètres de long pour 5 de large dans ces goulets de bois avec une vitesse qui peut paraître bien supérieure à celle que recommanderait la plus élémentaire prudence. Ceci dit, vu de la péniche, des traces laissées sur les pylônes montrent que les capitaines de Batorama ne sont peut-être pas si infaillibles que ça…

Dans les casques, la petite Histoire de Strasbourg

Et voilà le capitaine Pedro qui pousse vers l’avant les leviers ordonnant aux deux moteurs Volvo de mettre à contribution leurs 150 CV pour faire glisser les 25 tonnes de l’embarcation. Clac clac, quelques manipulations qui paraissent mécaniques sur les leviers et la barre et voilà le bateau qui tourne sur lui-même dans le bassin Vauban. On apprend dans les casques que les ponts ont été couverts par la République, non pour protéger les soldats, mais plutôt la poudre.

L’histoire de la commanderie Saint-Jean suit, avec un effort de concision à saluer pour résumer en 20 secondes cinq siècles d’histoire du bâtiment aujourd’hui occupé par l’ENA… Du coup, le commentaire ne s’attarde pas sur les faits historique mais préfère les anecdotes. À l’approche de l’écluse suivante, on apprend qu’un bourreau de Strasbourg a été « décollé » après avoir été convaincu de blasphème mais que ses relations lui ont permis de n’avoir sa langue arrachée qu’après… Charmant.

58 messages à envoyer en douze langues, en 1h15, à 15 km/h. Question : combien de message par kilomètre ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
58 messages à envoyer en douze langues, en 1h15, à 15 km/h. Question : combien de message par kilomètre ? (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Qui lance ces petits coups de projecteurs sonores sur Strasbourg ? C’est encore le capitaine Pedro, grâce à un petit boitier placé près des commandes. Impossible de les lancer automatiquement, en fonction de la position du bateau ou du temps écoulé, c’est donc à lui que revient la charge de lancer les 58 entrées sonores qui jalonnent le parcours.

C’est calme, trop calme

Aucun problème pour lui :

« Avant, les messages étaient plus courts et moins nombreux, parce qu’ils étaient retransmis par des haut-parleurs en trois langues. Avec les casques, tout a changé, c’est bien plus calme. »

Peut-être même un peu trop calme. Un coup d’oeil dans l’assistance révèle une foule qui semble suivre un cours de langue. Avec leurs casques sur les oreilles, les passagers ne peuvent pas se parler, ou pas longtemps. Leurs regards se perdent vers les berges, cherchent à imprimer des images de ce Strasbourg vu du niveau de l’Ill, à la fois rare et un peu frustrant. Le commentaire parle de la place de la République, du Palais du Rhin et du TNS, invisibles depuis la péniche.

Grâce aux casques, les passagers sont très calmes et le niveau sonore à l'intérieur est minimal (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Grâce aux casques, les passagers sont très calmes et le niveau sonore à l’intérieur est minimal (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Plus tard, il se focalisera sur les Magnolias du quai des Pêcheurs, après s’être servi du lycée des Pontonniers pour expliquer l’architecture des maisons à colombages en Alsace. On apprend aussi que les familles Mullenheim et Zorn se détestaient, c’était un peu les Montaigu et les Capulet strasbourgeois et que la ville a réglé le problème en attribuant à chaque famille son quai avec défense d’en bouger.

Enregistrés il y a dix ans par le Port autonome en faisant appel aux bonnes volontés, le commentaire audio a bien du mal à passionner. Il cherche les micro-faits sous chaque charpente et se fait même l’écho des accusations de plagiat de La Marseillaise… Batorama prévoit une nouvelle version des commentaires audio en septembre, cette fois-ci écrits par des professionnels de l’Histoire et récités par des acteurs.

À 10 ou 15 km/h, selon le courant, sachez qu’il faut à Batorama trente minutes pour relier la Petite France au Parlement européen. Une nouvelle bordée d’anecdotes sur les Strasbourgeois qui battent leurs charpentiers ou doutent de leurs alliés suisses et c’est le retour au Palais des Rohan et la fin de la croisière. Le matelot ne perd pas une minute, car la péniche repart dans quinze minutes !

Durant l’été, Batorama est au maximum de ses capacités d’accueil : le service envoie ses péniches tous les quarts d’heure de 9h à 22h en été, des bateaux construits sur mesure à Zaandam en Hollande et qui ne peuvent être ni plus longs, ni plus haut.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous les articles de la série d’été « Comment se présente Strasbourg aux touristes« 

Sur Batorama.fr : le site de la compagnie fluviale

Pas de suffrage universel direct pour les conseillers communautaires

Pas de suffrage universel direct pour les conseillers communautaires
Sénateurs et députés se sont mis d'accord pour ne pas changer le mode de désignation des élus communautaires (Photo Parti socialiste / Flickr / cc)
Sénateurs et députés se sont mis d’accord pour ne pas changer le mode de désignation des élus communautaires (Photo Parti socialiste / Flickr / cc)

Aura-t-on le droit de voter pour les élus de l’Eurométropole (ex-CUS) ou des intercommunalités ? Le Sénat et l’Assemblée nationale ont trouvé des points de convergence qui suppriment cette possibilité, pourtant longtemps prévue dans le cadre de la réforme territoriale (dit loi NOTRe). Le texte était étudié ce jeudi 9 juillet lors d’une commission mixte paritaire, c’est-à-dire une instance où l’on aplanit les différences entre les deux assemblées. Le Sénat dispose d’une majorité de droite et l’Assemblée nationale de gauche.

Candidats désignés par des astérisques

Actuellement ces élus sont simplement désignés par de petits astérisques sur les listes des élections municipales. Avec cette nouvelle loi, il était question de voter pour deux listes séparées lors des élections locales dès 2020.

Le sénateur et maire d’Illkirch Jacques Bigot (PS) s’est félicité de cet accord des deux assemblées dans un communiqué, sans évoquer les élections des conseillers communautaires :

« Les sénateurs socialistes ont obtenu satisfaction sur plusieurs points majeurs :

    Des communes confortées, qui restent le seul échelon à conserver la clause de compétence générale. Des intercommunalités qui vont continuer à se développer avec un seuil de constitution fixé à 15 000 habitants (ce seuil faisait débat ndlr) Des départements qui se voient confirmés dans le rôle de garants des solidarités humaines et territoriales, et continueront à apporter leur soutien aux Des grandes régions, aux compétences stratégiques affirmées en matière d’économie, d’aménagement et de mobilité, tout en préservant les équilibres entre régions et métropoles. »

Philippe Bies déçu de l’accord trop favorable au Sénat

Aujourd’hui, le député de Strasbourg et d’Illkrich Philippe Bies (PS), également conseiller municipal de Strasbourg regrette ce compromis, qu’il juge trop favorable au Sénat :

« Un compromis est utile quand il fait avancer les choses. Personnellement, j’aurais préféré que l’on laisse le dernier mot à l’Assemblée nationale, car l’accord n’est pas équilibré. Cela fait plus d’un an que l’on travaille sur cette loi et le résultat global est en-deçà de nos attentes. Quand on fait des concessions aux sénateurs, on n’est pas toujours gagnant dans l’amélioration des processus démocratiques. Pour le suffrage universel direct au niveau des conseillers communautaires, je n’ose pas imaginer que les choses resteront en l’état, au moins au niveau des métropoles. Peut-être pas d’ici 2017, mais d’autres opportunités se présenteront. »

Le 26 juin, il justifiait son amendement déposé avec quatre autres députés socialistes, en faveur d’un suffrage universel direct :

« Les conservateurs de tous bords ont bloqué toute évolution depuis des décennies sous prétexte notamment que tout le territoire n’était pas couvert par des intercommunalités. C’est quasiment chose faite maintenant. Il est grand temps de passer à une nouvelle étape démocratique dans les métropoles et les intercommunalités. Les budgets et les compétences des intercommunalités sont devenus tellement forts qu’il n’est plus possible de se contenter d’un choix indirect des citoyens dans la désignation de leurs représentants métropolitains. »

Le Sénat, souvent jugé « plus conservateur » a eu gain de cause sur ce point. À titre de comparaison, le budget prévisionnel de la Ville de Strasbourg 2015 est de 510 millions d’euros, tandis que celui de l’Eurométropole (28 communes autour de Strasbourg) est de 1,068 milliard. Le texte d’accord sera de soumis au vote le 16 juillet à l’Assemblée nationale, puis le 22 juillet au Sénat.

Autres décisions sur le fond

Parmi les autres points de consensus, la suppression du Haut conseil des territoires, « qui entrait en concurrence avec le Sénat », a précisé le rapporteur du texte au Sénat, Philippe Bas (Les Républicains). Les dispositions sur le plan local d’urbanisme intercommunal ont aussi été supprimées. La compétence des ports, du tourisme, des routes et du collège resteront aux départements. Le transport scolaire est confié aux régions, qui sont renforcées sur la question économique et de l’emploi.

Pôle d’administration publique : l’expert définitivement récusé

Pôle d’administration publique : l’expert définitivement récusé
La cour administrative d'appel à Nancy (Photo Google Maps)
La cour administrative d’appel à Nancy (Photo Google Maps)

Dans un communiqué succinct, l’Eurométropole de Strasbourg annonce que la cour administrative d’appel de Nancy a confirmé le jugement du tribunal administratif de Strasbourg récusant l’expert chargé de l’évaluation du chantier du Pôle d’administration publique de Strasbourg (PAPS), qu’il avait lui-même nommé. Ce chantier, emblématique de la nouvelle vocation du site de l’hôpital civil, est à l’arrêt depuis juillet 2014 à la suite de l’apparition de fissures structurelles dans la structure en béton.

Le cabinet d’ingénierie RFR a contesté le choix du tribunal administratif de nommer cet expert en premier lieu, l’accusant d’être trop lié à l’Eurométropole, maître d’ouvrage du PAPS. Dans son communiqué, l’Eurométropole indique « prendre acte de cette décision » et ne peut que saisir à nouveau le tribunal administratif pour qu’il désigne un nouvel expert…

L’expert ayant été mandaté en septembre, ces déboires judiciaires ont fait perdre un an. Le nouvel architecte recommencera ses travaux de zéro. En attendant, les matériaux pourrissent sur le site du PAPS et des dégâts considérables sur certains éléments, dont l’isolation, font craindre une démolition de ce qui a déjà été construit.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : Le chantier du PAPS-PCPI, où comment perdre des millions.

Du gros son et de fines notes cette année à Décibulles

Du gros son et de fines notes cette année à Décibulles
Cypress Hill
Cypress Hill, en concert le 11 juillet (photo Cypress Hill)

C’est un grand cru qui s’annonce pour Décibulles 2015, du 10 au 12 juillet. Le festival du val de Villé propose une affiche musicale alléchante avec des poids lourds comme Cypress Hill, IAM et Thiéfaine. Autre attraction, une trentaine de millésimes de bières artisanales. La recette idoine pour attirer toujours plus de festivaliers.

23 500 spectateurs en 2014. Un record en 22 éditions de Décibulles ! Qu’en sera-t-il cette année, pour cette nouvelle grand-messe à Neuve-Eglise ? Là-haut, sur la colline du Chêna, on attend au moins autant de festivaliers que l’an dernier, tant l’éclectisme de la programmation donne envie de se prendre trois jours au vert et en musique. Notre sélection.

Vendredi 10 juillet  : Hubert-Félix Thiéfaine

Hubert-Félix Thiéfaine
Hubert-Félix Thiéfaine (photo Yann Orhan)

Voici LA tête d’affiche du jour, voire du festival. Un monument de la chanson à texte ciselée, d’une poésie belle et touchante, des messages anti-conformistes et contestataires à l’impact universel. Hubert-Félix Thiéfaine, c’est l’histoire d’amour d’une vie, faite de passion, de folie, de tendresse et d’imprévu.

Comme ses contemporains Bashung, Darc, Manset ou, plus jeune, Dominique A. Chez lui, on retrouve les influences de la beat generation mais aussi de Gainsbourg, Ferré, Boris Vian, Rimbaud, Baudelaire, Lautréamont qu’il cite allègrement dans ses textes.

Sans revenir sur plus de quarante ans de carrière et près de vingt albums depuis la fin des années 70, voici un florilège du Thiéfaine intemporel  : Les Dingues et les Paumés, Lorelei Sebasto Cha, Maison Borniol, Psychanalyse du singe et, bien sûr, l’inaltérable La Fille du Coupeur de joints  :

Au fil des ans, HFT se donne l’Autorisation de délirer (1979), il pose les Dernières Balises (avant mutation) (1981), chante ses Chroniques Bluesymentales (1990), dévoile quelques Fragments d’hébétude (1993) avant d’être touché par La Tentation du Bonheur (1996) et se délecter du Bonheur de la Tentation (1998).

Amicalement blues, en 2007 avec Paul Personne, lui remet le pied à l’étrier avant le retour en grâce et l’arrivée tardive dans la lumière de ce poète profondément rock qui, en 2011, nous avoue ses Suppléments de mensonge. On y côtoie Les Ombres du Soir, on se soulève dans le mouvement de la Fièvre résurrectionnelle et on retrouve le goût de la madeleine dans La Ruelle des Morts :

À bientôt 67 ans, HFT poursuit dans cette veine, à creuser son sillon tout en poésie profonde et sans compromis, avec sa Stratégie de l’inespoir, sorti en 2014.

Également à l’affiche de ce 10 juillet  : Biga Ranx, Le Peuple de l’Herbe, Salut C’est Cool, Jules et le Vilain Orchestra.

Samedi 11 juillet  : Cypress Hill

Au rayon des légendes fédératrices sans pour autant verser dans un show consensuel, voici Cypress Hill. Avec eux, concert best-of assuré mais avec tout le package des professionnels bêtes de scène qui assureront sans conteste le spectacle. Les Californiens, hérauts depuis plus d’un quart de siècle d’un rap West Coast étiqueté, au gré des vents, « gangsta », « dirty », « chicano » voire « fusion » achèvent dans quelques jours leur tournée européenne.

Et Décibulles a la chance de voir débouler Sen Dog, B-Real, DJ Muggs et Eric Bobo pour l’une de leurs très rares dates françaises et un concert d’ores et déjà gravé dans le marbre du Hall of Fame du festival. Car Cypress Hill, dont on attend un nouvel album pour cette année, c’est une multitude de bombes à fragmentation qui ont marqué la génération des années 90. Comme cet immense succès issu de l’album Black Sunday (1993)  :

Avec plus de 18 millions d’albums vendus, Cypress Hill est un poids lourd du rap et malgré les presque 50 ans de Sen Dog, les 45 ans de B-Real, les 47 ans de Muggs et de Bobo, le combo reste vif et à la page, toujours désireux de faire bouger les foules. En atteste, en 2012, un EP enregistré avec le producteur et DJ britannique en vogue, Rusko.

Une tuerie tout en beats et en dubstep énergique  :

Également à l’affiche de ce 11 juillet  : Moriarty, High Tone feat. Oddateee, Too Many Zooz, Talisco.

Dimanche 12 juillet  : IAM et Mountain Men

Après un samedi estampillé hip hop, place au rap à la française avec un monument hexagonal pour clore Décibulles 2015  : IAM. Akhenaton, Shurik’n, Kheops, Imhotep et Kephren créent toujours l’événement, eux les piliers du genre, contemporains de NTM mais à l’aura plus forte et étincelante. En 25 ans de présence scénique, les Marseillais n’ont publié « que » sept albums studio mais dans cette discographie, tout se garde, s’écoute, se conserve, s’ingère et se digère.

Écouter IAM, c’est se nourrir d’IAM. De Ombre est lumière à Arts Martiens en passant par Revoir un Printemps et, bien évidemment, L’Ecole du micro d’argent (1997), porté par une foultitude de compositions devenues des classiques du rap : Nés sous la même étoile, La Saga, L’empire du côté obscur, Demain c’est loin et l’emblématique Petit Frère.

Outre le rap d’IAM, il faudra absolument assister au concert enchanteur, enivrant et électrisant des Mountain Men. Ces deux bluesmen (l’Australien Ian Giddey alias Barefoot Iano à l’harmonica et le Français Mathieu Guillou à la guitare) savent tenir et enflammer une scène en showmen décapants doublés de musiciens ultra-talentueux. Un concert indispensable et incontournable  !

Également à l’affiche de ce 12 juillet  : Tiken Jah Fakoly, Flavia Coelho, Winston McAnuff & Fixi.

Les lauréats du Tremplin Décibulles

Comme tous les ans, le festival Décibulles programme également les vainqueurs de son tremplin régional. Cette année, place à trois formations et artistes alsaciens déjà connus mais que l’on retrouve toujours avec bonheur  : la folk rugueuse et poétique de The Wooden Wolf (vendredi 10 juillet), l’électro tout en bass music et trip hop du tandem War Deluxe (samedi 11 juillet) et la folk douce et intimiste du quartette Backyard Folk Club (dimanche 12 juillet).

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Manifestation samedi pour l’arrivée du tram à l’ouest de Strasbourg

Manifestation samedi pour l’arrivée du tram à l’ouest de Strasbourg
Les habitants de l'ouest de Strasbourg auront-ils la chance d'emprunter les futurs tram et leur nouveau nez ? (document CTS)
Les habitants de l’ouest de Strasbourg auront-ils la chance d’emprunter les futurs tram et leur nouveau nez ? (document CTS)

Le collectif pour le tram sur fer à Koenigshoffen organise samedi 11 juillet un rassemblement pour la réalisation rapide du tram à l’ouest de Strasbourg et au-delà. Ce groupe réunit des associations de riverains et de commerçants en faveur du tram à l’ouest de Strasbourg. Elle propose aux habitants de se retrouver à partir de 10h à l’angle de la routes des Romains et de l’allée des Comtes. Des prises de paroles s’effectueront de 11h30 à 12h30. Les organisateurs tiendront un village avec des jeux, informations et de la restauration jusqu’au milieu de l’après-midi.

Pierre Ozenne, président du collectif, détaille l’organisation :

« C’est un événement festif, décalé, informatif, mais déterminé pour faire le point sur le dossier. Depuis la délibération de juillet 2013, il y a eu quelques réunions de concertation, mais aucune avancée concrète. Alors que d’autres lignes sont prolongées, même si elles seront peu empruntées, ce sont ici 40 000 habitants qui attendent. »

Plus de nouvelles depuis 2013

Depuis les années 2000 il est question d’extension de tram vers l’ouest et vers le nord de Strasbourg. La ligne complète, un temps prévue pour 2017, irait jusqu’à Wolfisheim à l’ouest via Koenigshoffen et Eckbolsheim et jusqu’à Vendenheim au nord, en passant par Schiltigheim (voir l’une de proposition de tracé de 2012 ici).

En juillet 2013, la CUS a voté qu’il s’agirait d’un tram sur fer comme ailleurs à Strasbourg (et non sur pneus ce qui avait fait débat) et qu’il s’agirait de deux lignes séparées, passant par le centre et avec une séparation au niveau des Halles. Il n’est pas précisé de quelles lignes il s’agira. Le collectif propose que la ligne D circule vers le nord, tandis que la C soit prolongée de la gare vers Koenigshoffen.

Signaux inquiétants

Lors de notre interview participative avec Roland Ries, un lecteur avait demandé si le projet verrait le jour avant la fin de son mandat, en 2020. Le maire PS avait répondu que ce dossier fait partie des arbitrages, car certaines investissements doivent être repoussés en raison des difficultés budgétaires. Un signal plutôt négatif quand on sait que les élus aiment réaffirmer qu’un projet est prioritaire, comme le tram vers Kehl en 2017, quand c’est le cas. La réalisation de ce tronçon figurait pourtant dans le programme de Roland Ries, comme pour la majorité des candidats.

Le collectif met en avant qu’une fois les travaux payés, cet aménagement pourrait réduire de 15% en cinq ans les frais de fonctionement de la CTS, car certaines lignes de bus ne seraient plus utiles.

Y aller

Manifestation en faveur de l’arrivée rapide du tramway à l’Ouest et au Nord, samedi 11 juillet de 10h jusqu’au milieu de l’après midi, à l’angle de la Routes des Romains et de l’allée des Comtes, à Strasbourg

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur (l’ancien) tram sur pneus

Économie du partage à Strasbourg : comment se débrouiller grâce à Internet

Économie du partage à Strasbourg : comment se débrouiller grâce à Internet
Strasbourg est riche de possibilités pour le partage de services ou de biens. (Photo Sharon & Nikki McCutcheon / Flickr / cc)
Strasbourg est riche de possibilités pour le partage de services ou de biens. (Photo Sharon & Nikki McCutcheon / Flickr / cc)

La consommation collaborative est utile, conviviale et en plus elle permet quelques économies. On ne va pas se mentir, entre aller laver son linge chez son voisin et aller poireauter à la laverie du coin, ce n’est pas le même tarif. Dans le Bas-Rhin, l’économie du partage se développe. Rue89 Strasbourg vous livre les bonnes adresses.

Et si au lieu d’acheter une perceuse, on empruntait celle du voisin ? Internet n’a pas inventé la consommation collaborative, mais l’ère des réseaux sociaux se marie bien avec cette économie du partage et des échanges. À Strasbourg, plusieurs réseaux encore hésitants se structurent, certains sont fonctionnels et proposent des alternatives crédibles à la consommation classique.

Des services et des savoirs, échange de bons procédés

Tout se troque, même le temps. C’est d’ailleurs la seule monnaie utilisée par les « accorderies ». Dans ce réseau né au Québec en 2002, une heure de service peut s’échanger contre une heure d’autre chose. Le concept a été importé en France en 2011, à la suite d’un partenariat avec la Fondation Macif. Il y a un an et demi, Céline Sin, qui a réalisé un voyage d’études au Québec, et Julie Mulot ont décidé de lancer l’Accorderie de Strasbourg porté par l’association Zamma d’acc (« zamma » signifie « ensemble » en alsacien).

Vincent Thomas, chargé de la communication à l’Accorderie, précise que son objectif est de lutter contre la précarité :

« Sans forcément parler de revenus, sur les 100 membres qu’on appelle « accordeurs », on a 55% de familles monoparentales, de personnes qui vivent seules, ou en colocation, mais qui, dans tous les cas, ne sont pas en couple. En ce qui concerne les revenus, un quart des membres ont moins de 10 000€ par foyer et par an, 20% se situent entre 10 000€ et 20 000€ et 19% gagnent de 20 000€ à 30 000€ à l’année. »

L’Accorderie doit encore progresser. L’association tente de cibler les Strasbourgeois en difficulté, avec 55% d’accordeurs qui sont non-salariés, non-rémunérés ou étudiants. Pour soutenir ce projet, la Ville s’est engagée à verser une subvention à l’organisme pendant trois ans, qui s’ajoute au soutien de la Fondation Macif et d’Emmaüs. Après une année d’existence, l’Accorderie de Strasbourg totalise 30 000€ d’aides qui servent essentiellement à financer le poste de la coordinatrice locale.

Voici quelques exemples parmi les 50 talents proposés à l’échange :

    Fabrication de bijoux Tricot, crochet, broderie Initiation aux langues (chinois, arabe, espagnol, italien, français) Jardinage Balade de chiens Initiation photo Apprentissage des rollers Conseil sur le look Initiation yoga Initiation harmonica ou accordéon Visite de Strasbourg, etc.

Encore à ses débuts, l’Accorderie de Strasbourg est aussi à la recherche d’une vingtaine de talents, dont les ballades en forêt et… la garde d’enfants.

Accorderie de Strasbourg, 13A Rue du Hohwald 67000 Strasbourg, site web, 07 50 90 70 07.

Il y a une vingtaine d’années, le SEL (système d’échange local) de Strasbourg est arrivé en ville avec le même principe : inviter les Strasbourgeois à l’échange. La nouveauté, c’est sa numérisation. Qu’il s’agisse de cours, d’ateliers ou d’objets à emprunter, il suffit de s’inscrire sur le site pour accéder au catalogue des services. Là aussi, la monnaie c’est le temps selon Marie-Paule Schwartz, responsable du SEL de Strasbourg :

« L’argent n’entre pas en compte puisque nous avons des unités appelés grains de sel qui sont attribués en fonction du temps estimé nécessaire. Ainsi, une heure de service équivaut à 60 grains de sel que l’on peut ensuite utiliser pour demander un service à quelqu’un d’autre. »

SEL de Strasbourg, Maison des associations – 1a place des Orphelins à Strasbourg, site web, 06 06 49 95 12.

Le Réseau d’échanges réciproques de savoirs dispose d’une antenne à Strasbourg depuis plus de six ans. Troc savoirs, c’est de l’échange, de l’échange, ah, et encore de l’échange. Mais ses membres se concentrent sur le partage de savoirs. Mireille Desplats, présidente de l’organisme, espère favoriser les échanges entre les générations :

« Un enfant peut très bien enseigner une autre langue à quelqu’un de plus âgé. En retour, la personne lui apprendra un autre savoir, écrire ou lire par exemple. On reste toujours dans cette philosophie du savoir où tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice. »

Troc Savoirs, 32 rue du Docteur Schaffner à Strasbourg, site web, 03 67 07 00 65 ou 06 23 69 33 19.

Mon p’ti voisinage profite d’un système de géolocalisation de ses utilisateurs pour qu’ils trouvent les personnes les plus proches de chez eux. Le site se rapproche plus d’un « réseau social » avec une trentaine de membres localisés à Strasbourg. On peut donc demander les services de la voisine qui adore les chiens et qui gardera volontiers les vôtres pendant votre journée de farniente au bord de l’eau.

La choucroute du voisin

S’inviter à la table du voisin, c’est tout à fait possible. Moyennant un peu d’argent, il suffit d’aller se balader le ventre vide sur les sites Cookening ou VoulezVousDîner pour trouver un petit plat qui bouleverse un peu les habitudes. Ainsi pour 22 € par personne, Julien propose un « 12h-14h » léger à base de gaspacho vert pour l’apéro suivi par des échalotes confites, un réduit périgourdin, des galettes de pomme de terre et une « folle salade ». En guise de dessert, un granité melon et menthe glacial. Le tout servi sur sa terrasse, chez lui. Autre exemple, André propose une choucroute traditionnelle, 15 € l’assiette. D’autres plats sont disponibles sur Strasbourg, dont deux sur Cookening et neuf sur VoulezVousDîner.

Rappelons aussi l’existence de la Ruche qui dit oui ! qui favorise les circuits courts à Strasbourg. Le principe consiste à rejoindre une ruche via le site et commander ses produits avant le jour de la distribution. On y trouve des produits frais tels que des fruits, des légumes, des confitures, des pâtés, des cakes ou de la viande. Du sucré comme du salé, du bio ou pas, mais toujours sans passer par les grandes chaînes de production et de distribution habituelles.

• À ce jour, trois Ruches qui disent oui sont installées dans la ville. Rendez-vous 10 rue d’Ankara, sur le parvis de l’ARES, pour profiter des fruits et légumes bio des Jardins du Giessen ou des produits du dernier maraîcher de la Robertsau. La distribution se fait entre 18h et 19h30. Depuis deux ans, une autre ruche a élu domicile au centre-ville, au foyer de l’église Saint Guillaume, 1 rue Munch. La plage horaire pour récupérer ses produits s’étend de 18h à 19h. Une troisième ruche se situe à l’EHPAD Emmaüs-Diaconesses, au 33 rue de la Tour à Koenigshoffen, où il est possible de remplir son panier entre 17h et 18h30.

L’auto-partage, très utilisé pour les voyages, moins pour les déplacements

Avec Blablacar, les internautes peuvent partager la route et les frais du déplacement. Doublant son nombre d’utilisateurs chaque année, le site affiche plus de 20 millions de membres au compteur. Au départ de Strasbourg, plus de 1 400 trajets sont disponibles sans entrer de date ni de destination sont proposés. En revanche, seuls 34 voyages proposent comme destination la capitale alsacienne.

Laure Wagner, porte-parole de Blablacar, ajoute que le co-voiturage concerne toutes les générations :

« En fait l’auto-partage ça concerne tous les âges. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas que les étudiants qui font du co-voiturage, même si les jeunes aident à démocratiser le concept en encourageant leurs parents par exemple. L’âge moyen est de 34 ans. »

Outre le car, le covoiturage est souvent la solution la moins chère pour voyager. Par exemple, pour un aller simple Strasbourg-Paris, les prix varient entre 20 et 30€. Par comparaison, en entrant la même date de voyage, le site de la SNCF vend son billet TGV à une soixantaine d’euros, atteignant même les 96 € sur certains trajets.

Drivy permet aux particuliers de louer leur véhicule parmi les 360 proposés à Strasbourg. Les usagers peuvent laisser un commentaire agrémenté de petites étoiles pour indiquer leur degré de satisfaction, ou d’insatisfaction, face à la voiture qu’on leur a prêté. Pratique pour se repérer et choisir le tacot d’emprunt qui convient. Sur le même principe, OuiCar compte plus de 300 véhicules disponibles à la location entre Strasbourgeois.

Citons également le service précurseur, Citiz Alsace, dont l’ambition est de réduire le nombre de voitures utilisées par les Strasbourgeois en leur permettant de se les prêter. Citiz Alsace propose plus de 90 véhicules dans l’agglomération de Strasbourg, répartis sur plus de 40 stations. Plus de 2 500 Strasbourgeois utilisent ce service.

Dormir au sec pour pas un rond

Concept élaboré en 2004, le Couchsurfing consiste à héberger son prochain à titre gratuit. Plutôt apprécié par les globe-trotters, le site offre un service de personnalisation assez complet avec des questions ciblées sur la description de soi, les goûts et ce qu’on attend du couchsurfing en général. Les utilisateurs peuvent aussi laisser un avis sur leurs hôtes et leurs invités.

Les expériences positives ne manquent pas dans le Bas-Rhin, avec un peu plus de 2 500 hôtes disponibles à Strasbourg. Il se fait appeler Gobgis_Khan sur Couchsurfing, et pour lui, l’avantage qui en ressort c’est le contact humain :

« Étant plutôt misanthrope et ermite artistique, cela me semblait la parfaite idée que d’ouvrir ma porte à des étrangers souhaitant partager. Si tu ne peux aller vers le monde, fais venir le monde à toi, c’est un peu mon mantra. »

Matthieu, lui, revient sur la gratuité du service qui s’apparente surtout à un échange de bons procédés :

« C’est gratuit, mais il y a une sorte de compromis. Les voyageurs compensent leur hébergement. Ils cuisinent, invitent l’hôte à sortir, amènent un cadeau etc… Il s’agit pas de rembourser, plutôt de faire un geste sympa pour dire merci. »

Dans un registre plus commercial, AirBnB propose plus de 1 000 logements à louer à Strasbourg, même si certains sont bien loin du bon plan entre particuliers.

Moins cher que les soldes, la seconde vie des vêtements

Dans le même style que Videdressing mais en bien plus ciblé, il y a Vinted, le rendez-vous des fashionistas. Sur ce site, on peut choisir sa ville et faire un échange en mains propres. Les prix sont très attractifs, comme par exemple une robe à imprimé animal à 12€ ou des escarpins bleus à 15€. Cela dit, pas de chance pour les hommes, le site concerne exclusivement les vêtements pour femmes.

Et pour laver ces vêtements, là encore, inutile d’acheter une machine, ni même compter les minutes passer à la laverie du coin : Internet propose La Machine du Voisin. Pas moins d’une trentaine de Strasbourgeois y proposent un accès à leur machine à laver, leur sèche linge, voire leur fer à repasser ou leur machine à café. Les prix vont de 3€ à 10€ l’usage.

Tout se loue…

Costockage répertorie les garages, box et entrepôts qui n’ont pas d’utilité pour leur propriétaire. On peut y voir la surface en mètre cube ainsi que le prix demandé à la semaine. Il ne reste plus qu’à choisir parmi les 14 boxes libres à Strasbourg.

Il existe également des sites de consommation collaborative comme E-loue, mais qui ne compte que 45 membres à Strasbourg. Le site de la Grande Débrouille comptabilise quant à lui 137 annonces dans l’agglomération. Ces deux sites proposent aux particuliers de vendre, louer voire troquer leurs affaires. On y trouve un peu de tout : de la voiture aux appareils photo en passant par une horloge vintage.

#économie du partage

Ososphère annulé à la Coop, replié à la Laiterie

Ososphère annulé à la Coop, replié à la Laiterie
L'ancien siège social de Coop Alsace héberge le festival Ososphère au Port du Rhin depuis 2012. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
L’ancien siège social de Coop Alsace héberge le festival Ososphère au Port du Rhin depuis 2012. (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Coup de tonnerre pour Ososphère ! La commission de sécurité refuse de valider comme tous les ans le site de la Coop au Port du Rhin à Strasbourg. Du coup, le festival de septembre est replié en urgence à la Laiterie, ce qui divise par cinq l’affluence maximale. Presque tous les artistes restent, sauf Club Cheval et Maceo Plex. The Shoes est avancé d’une journée.

Il n’y aura pas d’Ososphère à la Coop cette année ! La commission de sécurité, pilotée par le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), estime qu’elle n’a plus à valider les conditions de sécurité pour recevoir temporairement du public dans un site industriel désaffecté. L’ancien siège de Coop Alsace au Port du Rhin a en effet été cédé la semaine dernière à la SPL Deux-Rives, pour le compte de la Ville de Strasbourg.

Mais sans l’avis de cette commission de sécurité, la Ville ne peut autoriser l’association Quatre 4.0 à organiser l’Ososphère à la Coop les vendredi 25 et samedi 26 septembre comme prévu. Du coup, Quatre 4.0 a replié l’ensemble du festival, aux mêmes dates, à la Laiterie dans le quartier Gare. L’ensemble du budget du festival a été revue pour qu’une édition 2015 se tienne quand même. Les billets prévendus pour la Coop ne sont plus valables et seront remboursés.

Club Cheval et Maceo Plex annulent

Presque tous les artistes restent, sauf Club Cheval et Maceo Plex qui ont annulé. The Shoes est reprogrammé lors d’une soirée dédiée, le jeudi 24 septembre.

Vendredi, la Laiterie accueillera donc Acid Arab , Barnt , Boris Brejcha, Brodinski Presents Brava, Infected Mushroom, Siriusmodeselekotor Live et Vandal. Quant à Apollonia, Chris Liebing, Jacques, Max Cooper, Tale of Us, Torb et The Mekanism, ils sont au programme du samedi 26 septembre.

Les deux salles de la Laiterie seront mobilisées, mais elles ne peuvent accueillir qu’un millier de personnes, contre 5 000 pour le Sub et le Rev à la Coop. Le festival, qui occupait avant son déménagement au Port du Rhin tout le quartier de la Laiterie, s’apprête donc à vivre une édition 2015 avec une envergure cinq fois moindre.

Les festivaliers qui souhaitent néanmoins participer à l’Ososphère à la Laiterie devront acheter de nouveaux billets, la tarification et la programmation ont été modifiées et seront précisées prochainement. Il n’y a aucun changement en revanche pour la soirée du 19 septembre, déjà prévue à La Laiterie avec Efix, Joachim Pastor, N’to, Worakls. Les billets pris pour cette soirée restent valables.

Les bâtiments doivent être certifiés

C’est un changement de doctrine au sein du SDIS qui explique ce revirement. Désormais, tous les bâtiments qui sont appelés à recevoir du public doivent disposer d’un statut permanent « ERP » (établissement recevant du public). Le SDIS a notifié la Ville et Quatre 4.0 de ce changement il y a un mois.

Mais les études, notamment de tenue aux changements de températures, pour acquérir ce statut ERP prennent plus de six mois. Il était donc impossible de garder l’Ososphère à la Coop cette année, selon Alain Fontanel, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la culture (PS) :

« Ce n’est pas lié à la Coop ou à l’Ososphère. C’est un changement qui affecte toutes les manifestations publiques. Contretemps a eu le même problème pour une soirée dans les anciennes usines Junckers. Dès que le SDIS nous a informé de ces nouvelles dispositions, et dès que la Coop a été acquise par la SPL Deux-Rives, nous avons lancé les études nécessaires. Mais elles ne pourront servir que pour Ososphère 2016. Durant cette année de transition, il faudra se contenter de la Laiterie. »

Une autorisation déjà accordée trois fois

Directeur de la Laiterie et organisateur d’Ososphère, Thierry Danet, avoue son impuissance :

« La commission de sécurité a validé la sécurité du festival aux entrepôts Seegmuller en 2011, et à la Coop en 2012, 2013 et 2014. Avec d’ailleurs les félicitations du jury sur nos efforts pour que tout se passe bien. Et tout s’est d’ailleurs bien passé depuis que le festival est délocalisé sur ces sites depuis toutes ces années… C’est vraiment dommage d’en arriver là, mais on n’a pas le choix. On doit malheureusement s’adapter à cette décision. On est déjà heureux d’avoir pu replier le festival à la Laiterie, et d’avoir conservé presque tous les artistes. »

Ososphère en 2014, c’était ça

Le festival Ososphère existe depuis Depuis 2013, la rédaction de Rue89 Strasbourg était délocalisée à la Coop. Voici les vidéos de l’édition 2014 :

 

Aller plus loin

Sur le site de l’Ososphère.

Tale of Tales, le conte est bon mais pas vraiment fantastique

Tale of Tales, le conte est bon mais pas vraiment fantastique
Les rois et les reines comme archétypes de toutes les dérives de l'humanités
Les rois et les reines comme archétypes de toutes les distorsions psychiques des hommes  (Photo Le Pacte)

Dans ce film à grand spectacle, trois histoires mettent en scène des souverains dévoyés, rongés par leurs préoccupations subjectives, bien davantage que par le bien-être de leur royaume. Point de bonnes fées pour sauver les hommes, mais des monstres et des sortilèges générés par des désirs exorbitants, la bassesse ou la débauche.

BlogCes trois contes parlent du désir à l’heure où il se transforme en obsession au point de conduire à des gestes irréversibles. Rester souverain devient une mission impossible et vire le plus souvent au tragique quand il s’agit de régner sur ses pulsions. Ce film fantastique fait le récit d’une reine en mal d’enfant, d’un roi libidineux et pervers et d’un autre roi complètement infantile, amoureux d’un arthropode hideux et dégoûtant.

Les différents récits ne sont pas liés si ce n’est par les thèmes universels qui les traversent. Volonté de puissance et soumission à la reconnaissance, fantasme de l’éternelle jeunesse, objectivation des enfants, besoin d’émancipation relativement aux parents ; les leçons très anciennes des contes de Giambattista Basile n’ont pas pris une ride et témoignent d’une actualité brûlante. En jouant sur les archétypes et les sentiments humains exacerbés par des situations extrêmes, ils restent le miroir de notre société comme ils l’ont été depuis le XVIe siècle.

Quand la luxure et la cupidité gouvernent le monde
Quand la luxure et les apparences gouvernent le monde (Photo Le pacte)

Des sorcières, des sortilèges, des entrailles et du sang

Ces contes sont très différents de ceux que l’on connaît : pas de prince charmant ni de belle-mère cruelle, mais surtout pas de mariage heureux avec beaucoup d’enfants en guise de happy-end. On est très loin du monde de Disney et même de celui des « anti-contes » dans lequel la Dreamworks nous plonge depuis quelques années. Tale of Tales est trash, gore et souvent effrayant. Il mélange la beauté avec la laideur, tout en entraînant l’horreur et la misère de la déchéance humaine dans une valse endiablée qui semble ne plus jamais pourvoir s’achever.

Giambattista Basile dont Le Conte des contes (rebaptisé plus tard Le Pentamerone) est écrit en italien, a inspiré les plus grands : de Perrault aux frères Grimm jusqu’à Tolkien. C’est dans ce monument de la littérature transalpine que Matteo Garrone puise une énergie créatrice de plus en plus rare sur nos grands écrans. Aux personnages glauques dont il s’inspire, Garrone ajoute son penchant déjà connu pour la violence et pour les conséquences extrêmes des décisions excessives (comme dans l’excellent Gomorra).

La Bande-Annonce

Un univers de symboles mais jamais de Happy-End

Ici, les femmes les plus belles sont fécondées par des monstres, les époux sont des ogres qui parviennent à leurs fins cannibales, et les rois nourrissent quotidiennement des pulsions honteuses et dégoûtantes. Si la mère consomme de la chair fraîche avec ses doigts c’est qu’elle est insensible et sans cœur ; quant à son fils, il se dédouble entre celui qui obéit et celui qui échappe à la castration jusqu’à tuer sa génitrice.

La mère sans cœur, est dévorante et castratrice
La mère sans cœur, est dévorante et castratrice (Photo Le Pacte)

Grandeur et décadence, noblesse et trivialité, vices et libido sont mis à nu, parés des plus beaux costumes d’époque, dans des décors à couper le souffle. La violence du désir -soulignée par un personnage de mage noir- se joue des hommes et leur fait payer leurs rêves de « toute jouissance » au prix fort.

Cette vieille teinturière prête à se faire écorcher par un barbier pour rajeunir, semble être tout droit sortie du règne de la chirurgie esthétique et du royaume très tyrannique des apparences. Seul l’amour peut nous rajeunir, mais ses effets sont éphémères, et la réalité de ce que nous sommes finit toujours par faire écrouler les constructions de notre imaginaire.

L'amour peut-il réparer les marques du temps, ou sommes nous définitivement des monstres?
L’amour peut-il réparer les marques du temps, ou sommes nous définitivement des monstres? (Photo le Pacte)

L’horreur peut-elle remplacer l’émotion ?

Ce film très riche en images à haute teneur en sensations fortes, a en définitive le pouvoir de nous transformer en gorgones et nous laisse le plus souvent de marbre. Le rythme est inégal et le propos qui aurait pu être passionnant finit par perdre en intensité. Malgré la grande virtuosité de ce cinéma foisonnant, on a davantage le sentiment d’être dans un jeu de rôles que d’être immergé dans un monde fantastique.

La beauté d'une reine peut cacher la cruauté d'une mère castratrice
La magnificence d’une reine peut cacher la cruauté d’une mère castratrice (Photo Le Pacte)

Il y a du conte dans les moindres détails, mais l’ensemble manque de magie, de ce quelque chose qui opère malgré nous. On aurait tant souhaité réveiller cet autre nous-même depuis trop longtemps anesthésié par tous les démons qui se sont incrustés dans notre vie ! On aurait bien voulu aussi que l’adulte laborieux mis à l’épreuve de ses désirs inconscients puisse renaître des cendres de son enfance.

À voir à Strasbourg dans les cinémas Star et UGC Ciné-Cité.

Vieilles habitudes, pop psyché et turntablism tout l’été au Mudd Club

Vieilles habitudes, pop psyché et turntablism tout l’été au Mudd Club
Cosmonauts
Cosmonauts, en concert au Mudd Club le 20 juillet (Doc. remis)

Jusqu’à la fin de l’été, le Mudd propose une trentaine de concerts. De quoi garder ses bonnes vieilles habitudes et continuer de glâner sonorités et saveurs au fil d’une programmation toujours bien étoffée. Rue89 Strasbourg vous suggère quelques idées bien senties.

Du funk, de la disco, du jazz, mais surtout du bon son qui fait danser  : les DJ’s nantais Moar & Pharoah sont les hommes de la situation. Le samedi 18 juillet, à partir de 23h, ils vont enflammer le caveau du Mudd à l’occasion d’une soirée célébrant les dix ans du label Trad Vibe Records. Mise en bouche ici  :

Le lundi 20 juillet, place aux Cosmonauts, combo californien à l’ADN rock psychédélique. Leur chef d’oeuvre Persona Non Grata imbibe encore tous les esprits barrés qui se sont injectés ces 50 minutes en intra-veineuse il y a déjà deux ans. Leur son planant et mélodiquement efficace oscille entre pop un peu cradingue et un rock à l’ADN garage prononcé.

Vague pop italienne

Entre le 21 et le 25 juillet, le Mudd célèbre l’Italie sans ses clichés. À commencer par le surf rock de Lorenzo Surfer Joe (le 21 juillet) dont les riffs de guitare, les claviers surannés et le look vintage font bondir un demi-siècle en arrière. Totalement jouissif  ! Le lendemain, mercredi 22 juillet, changement complet de style avec Julie’s Haircut, qui, au passage et sans raison particulière, ne porte pas Kate Moss dans son cœur  :

Un post-rock aérien et planant, presque expérimental, avec des nappes de synthétiseurs d’un autre monde. Voilà plus de vingt ans, une multitude d’EPs et six albums longs que Julie’s Haircut construit son univers, sur la base d’une référence absolue  : son premier disque, Fever in the Funk House, publié en 1999 et quasi-panthéonisé dans le Top 50 des meilleurs albums italiens des années 90 par une presse spécialisée unanime sur le sujet.

Les Beatles se reforment, ils ont un peu changé

Enfin, le samedi 25 juillet, place à The Vickers, un hommage aux Beatles sous acide et petites pilules euphorisantes (ils ont notamment repris le trop peu connu She said She said). A quatre, eux aussi, comme leurs aïeux, ces Florentins proposent une pop rock hypnotisante qu’incarne à merveille ce single extrait de Ghosts, dernier album en date du groupe, sorti au printemps 2014  :

En août, turntablism, oui c’est ça

Au mois d’août, le Mudd allège quelque peu son agenda, creux de la vague estivale oblige. Une quinzaine de soirées figure tout de même au programme et, outre une partie des traditionnels rendez-vous de la saison que l’on retrouvera durant l’été (Radio Mudd le 7 août, Sucre Lent le 8 août, Black Octopus Party le 27 août, Chill in Da House le 29 août, Freestyle Mondays le 31 août), on retiendra une thématique  : le turntablism.

En clair  : du scratch à la manière des locomotives françaises que sont Birdy Nam Nam et C2C. Le jeudi 13 août, DJ Topic enflammera la nuit avec son adresse «  vinylistique  » qui lui valut tout de même d’être champion de France 2011, 2012 et 2013 ainsi que vice-champion du monde en 2012. DJ Topic assurera l’after du samedi 22 août, dans la foulée du concert de The Hussy. Et puis le vendredi 28 août, place à Madpressure, scratcheur et beatmaker du collectif strasbourgeois The 13 Looters avec ses mixes entre hip hop, jazz, soul, funk et électro pour faire monter la température jusqu’au bout de la nuit.

Un rendez-vous en septembre : The Pandoras

C’est LE gros événement de la rentrée, une date à marquer d’une croix dans son agenda. Le lundi 7 septembre, ce sera la soirée des Pandoras. Qui ? The Pandoras, un girls band majeur des années 80, dans la même veine punk-rock garage et sexy que les Runaways de Joan Jett et Cherie Currie (souvenez-vous, Cherry Bomb). À l’époque, voilà ce que donnaient les quatre California Girls des Pandoras :

Aujourd’hui, la blonde chanteuse, Paula Pierce, n’est plus, passée à la postérité depuis 1991 à la suite d’une rupture d’anévrisme. Mais les Pandoras ont survécu et elles retrouvent désormais leur fougue adolescente, leur folie débridée, leur rock crâneur et leurs compositions fières et provocatrices.

Voici, d’ailleurs, en intégralité, un concert donné fin juin, chez elles, en leurs terres californiennes :

Ambiance assurée, le 7 septembre prochain, puisque les Pandoras auront pu se roder tout un été de dates et de festivals (dont le prestigieux rendez-vous californien du Burger Boogaloo) ! Et cela le Mudd l’a bien compris, lui qui ouvrira en grand sa boîte aux Pandoras.

Aller plus loin

La programmation du Mudd Club tout l’été sur l’agenda des sorties culturelles.