Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Après avoir fui Gaza, Dalia trouve enfin refuge à Strasbourg

Après avoir fui Gaza, Dalia trouve enfin refuge à Strasbourg

Palestinienne, Dalia et sa famille ont fui la bande de Gaza en décembre 2023. Après plus d’un an de démarches, elle a atterri à Strasbourg où elle entame une résidence à la Haute école des arts du Rhin.

« Tout ce que je veux, c’est me reposer enfin. » Dans le bureau du directeur de la Haute école des arts du Rhin (Hear), Dalia Rahma semble soulagée et intimidée à la fois. Arrivée du Caire avec sa famille dimanche 19 janvier 2025, elle entame à Strasbourg un an de résidence au sein de l’établissement. L’artiste palestinienne a été repérée par le Collège de France dans le cadre du Programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil (PAUSE). Elle peut désormais poursuivre son travail artistique en France.

Un exil entamé en décembre 2023

Son exil, celui de son mari Abdel et de leurs trois enfants a débuté en décembre 2023. Originaire de la bande de Gaza, la maison et l’atelier de Dalia ont été bombardés par l’armée israélienne. Elle a réussi à fuir en Egypte en payant 5 000 dollars par personne, avant la fermeture totale de la frontière. En avril 2024, elle racontait à Rue89 Strasbourg ses efforts pour avoir un visa européen.

En octobre 2024, dix mois après avoir entamé les démarches pour venir en France ou en Belgique, elle a appris qu’elle faisait partie des lauréates du programme PAUSE, qui permet aux scientifiques et artistes en exil d’intégrer un établissement d’enseignement ou de recherche français pendant une période déterminée. Après de longues semaines d’attente et de silence, elle a finalement obtenu un rendez-vous à l’ambassade de France au Caire et un visa dans la foulée. Entre ces échéances, l’artiste commençait à désespérer, consciente que beaucoup de Palestiniens et Palestiniennes n’arrivaient pas à être protégées et à obtenir un refuge en Europe. Ils étaient donc bloqués dans des pays qui ne leur laissaient aucune chance de construire un futur digne.

Priorité à l’école

Difficile pour Dalia de réaliser le chemin parcouru. Plongée dans un pays dont elle ne parle pas la langue, logée dans un village à 30 minutes de Strasbourg en attendant de trouver un appartement, Dalia s’inquiète d’abord pour ses enfants. « Depuis un an et demi, ils ne vont pas à l’école, c’est notre priorité de leur permettre de continuer à apprendre », explique-t-elle.

Sa fille aînée est partie à Milan dans une école privée internationale, qui l’a sélectionnée sur dossier. « Ce n’est pas naturel pour nous de la laisser partir seule si loin, mais nous n’avions pas d’autre choix que lui donner cette opportunité », sourit la mère de famille, qui précise que sa fille viendra les voir à Strasbourg pendant les vacances.

« Venir en France, je n’y croyais plus »

Dalia, artiste palestinienne réfugiée à Strasbourg

Face au directeur de la HEAR Stéphane Sauzedde, à Isabelle et Bruno de l’association Culture de Palestine, Dalia garde son bonnet sur la tête. Elle cherche auprès de l’interprète la signification des phrases en français qui arrivent à ses oreilles. « Y’a-t-il d’autres Palestiniens à l’école ? », demande-t-elle. Une professeure partie au Liban et quelques élèves ayant des liens avec la Palestine sont évoqués par Stéphane Sauzedde… C’est autre part que Dalia devra trouver des concitoyens.

Mais peu importe l’isolement qui risque d’être le sien, l’artiste se réjouit d’être à Strasbourg. « Honnêtement, venir en France, je n’y croyais plus », souffle-t-elle dans sa langue maternelle, traduit par Nazih Kussaibi, président de l’association Alsace Syrie :

« J’aimerais me détacher du stress qu’on a subi depuis octobe 2023. J’aimerais travailler enfin dans l’art. Ce n’était pas possible au Caire. Et j’aimerais voir les musées, connaître Strasbourg, sa culture. Et apprendre le français, bien sûr. Je suis avide de futur. »

À ses côtés, Abdel et ses deux plus jeunes enfants sourient et acquiescent. Dans le bureau, les mondes se rencontrent et peinent à se comprendre mais Stéphane Sauzedde le promet : « Nous savons qu’il faudra du temps pour que vous arriviez, que vous vous installiez. » Dès le 27 janvier, Dalia participera à une conférence sur la colonisation organisée par l’école.

« Je ne sais plus quelle sont mes couleurs »

Dalia demande si elle pourra rencontrer d’autres artistes, faire une exposition et pendant combien de temps elle sera accueillie à la Hear. Un projet de montrer ses oeuvres est déjà en cours, avec son amie Isabelle (lire notre premier article sur Dalia). En tout, elle passera au moins un an à la Hear. « Nous avons trois autres artistes du programme Pause, de Russie, Ukraine et Birmanie », explique le directeur. « Que des pays en guerre », souffle le mari. Silence dans la salle.

Entre deux salves d’information, la plus jeune enfant, âgée de quatre ans, dessine une maison sur un petit cahier Arte. La représentation fait sourire Bruno, qui accompagne la famille dans ses démarches administratives. Dalia insiste, elle est reconnaissante envers Isabelle, son amie strasbourgeoise, d’avoir tant suivi avec elle ses démarches. Ensemble, elles pourront préparer un évènement pour montrer leurs œuvres, lorsque peindre sera à nouveau possible pour Dalia :

« Avant le 7 octobre, je peignais avec des couleurs très vives, sur les toiles ou sur les bâtiments pour redonner de la vie à Gaza, à notre pays. Maintenant, je ne sais plus quelle sont mes couleurs. »

À Gaza, Dalia peignait avec et sur les femmes, dans des couleurs très vives.Photo : document remis

Recommencer à parler des femmes

Avant de décider de quitter Gaza, Dalia, Abdel et leurs trois enfants ont connu trois mois durant les transferts d’un coin à un autre de leur pays, au gré des consignes de l’armée Israélienne. « Mes enfants ont vécu et vu des choses difficiles », souffle-t-elle. En 2024, elle racontait déjà les bruits des bombes, la difficulté à promettre aux plus jeunes des jours meilleurs, la peur constante de mourir, le manque de nourriture, la perte de leur maison… Jusqu’au constat devenu implacable qu’il fallait abandonner la Palestine et une partie de leur famille pour pouvoir vivre, en allant en Egypte dans un premier temps :

« J’aimerais exprimer ces moments difficiles en peinture, les vestiges de cette mémoire perdue. Pas simplement pour raconter mon expérience, mais pour rendre compte de celle de tout notre peuple. Pour que ces souvenirs ne soient jamais effacés, qu’ils soient mis à jour. »

Une fois ce devoir de mémoire accompli à sa manière, Dalia veut recommencer à parler des femmes. A Gaza, son atelier leur était destiné. « La condition des femmes à Gaza, même avant les bombardements, est impactée par les sanctions israéliennes, car nous sommes encerclées tout le temps », explique-t-elle. En novembre 2024, l’ONU estimait que 70% des victimes de la « guerre » étaient des femmes. Par ailleurs, plusieurs organisations internationales qualifient la « guerre » de « génocide », eu égard aux actions de l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.

Trouver les couleurs pour la suite

Avoir le temps de chercher les couleurs d’après la guerre, s’installer et s’acclimater à Strasbourg… Ces perspectives réjouissent Dalia et Abdel. Peu à peu, leurs visages se détendent. Stéphane Sauzedde tente une nouvelle fois de les rassurer. Le directeur de la Hear a contribué à faire venir Dalia en France. Il assure que la famille aura tous les outils pour se sentir en sécurité. « Dès que ma femme commencera à voir et peindre quelque chose de nouveau, ça sera de bon augure pour la suite », sourit Abdel.

Lui aimerait travailler dans le design graphique. Anciennement responsable dans une compagnie gazaouie de télécommunications, il a utilisé le temps bloqué au Caire pour apprendre en ligne à se servir de nouveaux outils et commencer à se reconvertir. « C’est important de savoir ce que vous voulez faire, comme ça on pourra essayer de vous connecter aux bons endroits, aux bonnes personnes », souligne le directeur.

Après un peu moins d’une heure d’échanges et de traduction, il est temps de passer à l’organisation administrative. D’un côté, la Hear organise la résidence et de l’autre, Culture de Palestine et l’Atelier des artistes en exil se chargent d’aider avec le quotidien. Pour le moment, Strasbourg n’est pas la maison de Dalia et de sa famille. Mais après des mois bloqués en Egypte, après avoir tout tenté pour voir un avenir autre part que dans un pays qu’Israël a rendu inhabitable, après avoir envoyé leur fille seule en Italie, Dalia et sa famille peuvent enfin souffler et cesser d’avoir peur.

Les pompiers de Strasbourg mobilisés contre les sollicitations peu urgentes

Les pompiers de Strasbourg mobilisés contre les sollicitations peu urgentes

Les syndicats pompiers Force Ouvrière et Avenir secours ont organisé jeudi 23 janvier une manifestation devant les locaux du SAMU, à Hautepierre. Ils réclament une meilleure régulation des missions qui leur sont confiées.

Devant la base logistique du SAMU, dans le quartier de Hautepierre à Strasbourg, la fumée rouge se diffuse, jeudi 23 janvier. Entre deux fumigènes, une pancarte se révèle. « Nos véhicules ne sont pas des salles d’attente ». Devant elle, une soixantaine de pompiers en tenue, rassemblés autour d’un même objectif : une meilleure gestion de l’urgence des situations qui leur sont confiées par le SAMU.

Si les pompiers de Strasbourg manifestent, c’est pour réclamer des changements dans le système d’attribution de leurs missions. Lorsque le SAMU les sollicitent, ils sont en effet obligés de se rendre sur place, quelle que soit l’urgence, même relative. « Ce n’est pas normal de faire déplacer un camion de pompier pour une grippe », estime Cédric Hatzenberger secrétaire général Force Ouvrière des pompiers du Bas-Rhin. « On en a marre de servir de taxis« , peste-t-il.

Les pompiers demandent à ne plus être considérés comme des taxis.Photo : Pierrot Destrez / Rue89 Strasbourg

Les manifestants dénoncent également des délais d’attente excessifs lorsqu’ils conduisent un patient dans les services hospitaliers. En France, le délai d’attente moyen est de 30 minutes, selon Cédric Hatzenberger. Dans le Bas-Rhin, il l’estime plutôt à une heure en moyenne. « Un jour, on a attendu 7h aux urgences », déclare-t-il, avant d’ajouter : « C’est l’équivalent d’un trajet jusqu’à Montpellier ! »

Un problème structurel

Pourtant, la situation n’est pas nouvelle. Nathanaël Winkelsass, président de la section bas-rhinoise du syndicat Avenir secours, explique s’être déjà adressé à plusieurs reprises à l’Agence Régionale de Santé pour réclamer des changements. Il évoque une lettre ouverte en 2024 également diffusée dans la presse, restée sans réponse.

Selon lui, l’incapacité de l’ARS à trouver des solutions reflète la crise de l’hopital public. Il identifie que le manque de médecins libéraux participe au recours systématique aux pompiers, pour amener les patients aux urgences. S’ajoute à cela un manque de places dans les hôpitaux, qui entraîne des délais d’attente aux urgences toujours plus élevés.

Résultat, les pompiers manquent de personnel et de matériel pour intervenir sur des situations de réelles urgences, telles que les incendies. Le temps d’attente excessif aux urgences est susceptible de créer « une tension avec les équipages, qui peuvent mener à des agressions physiques », souligne Nathanaël Winkelsass.

Le syndicaliste remarque une perte de sens du métier aux yeux de ceux qui l’exercent. « C’est une profession porteuse de valeurs, malheureusement aujourd’hui certains pompiers ne s’y retrouvent plus », explique-t-il. Ainsi, certains pompiers bénévoles ont déjà commencé à cesser d’exercer, le faisant crainde un futur problème d’effectifs.

La Ligue des droits de l’Homme conteste l’autorisation des drones par la préfecture

La Ligue des droits de l’Homme conteste l’autorisation des drones par la préfecture

Jeudi 23 janvier, la Ligue des droits de l’Homme a introduit un recours au tribunal administratif de Strasbourg. Elle conteste l’autorisation donnée à la police par la préfecture du Bas-Rhin d’utiliser des drones pendant dix jours de janvier.

À travers deux arrêtés, la préfecture du Bas-Rhin a autorisé la police à utiliser des drones pour surveiller Strasbourg pendant dix jours de janvier. Jeudi 23 janvier, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a annoncé avoir introduit un recours auprès du tribunal administratif. Cette initiative fait suite à la publication de notre article sur la banalisation du recours aux drones. Pour rappel, à la demande de la police nationale, la préfecture du Bas-Rhin a autorisé l’utilisation de drone sans justification précise quant à une éventuelle manifestation ou autres risques de troubles à l’ordre public aux dates concernées.

De nombreux recours

La procédure de référé-liberté engagée par la LDH vise l’arrêté du 17 janvier. Ce dernier a élargi l’autorisation du recours au drone à toute la grande Île, en plus des alentours de la gare, du centre israélite du Bas-Rhin et des institutions européennes. La Ligue des droits de l’Homme demande au juge administratif de décider si la mesure de la préfecture porte atteinte ou non à une liberté fondamentale.

L’utilisation de drones par les forces de police a déjà été jugée disproportionnée par des juges administratifs Leur autorisation a par exemple été annulée par le Conseil d’Etat en juillet 2023. La police aux frontières de Hendaye avait été autorisée à utiliser des drones pour surveiller une partie de la frontière espagnole du 26 juin au 26 juillet 2023 et de 9 heures à 18 heures.

En 2023, trois avocats avaient contesté la légitimité de l’utilisation des drones pour surveiller le marché de Noël. Si le Conseil d’État a décidé en référé qu’il n’y avait pas lieu de suspendre l’autorisation donnée par le préfet, le tribunal administratif n’a pas encore jugé le fond du dossier. Les avocats estiment notamment que l’atteinte à la vie privée que représente cette surveillance est disproportionnée par rapport aux bénéfices de l’utilisation des drones.

Élections à l’Université de Strasbourg : la possibilité d’une alternance de gauche

Élections à l’Université de Strasbourg : la possibilité d’une alternance de gauche
De gauche à droite : Mathieu Schneider, de la liste Au pluriel. Frédérique Berrod, de la liste Inspire ! et Pierre Gilliot, de la liste Refonder.

Lors d’un débat à l’approche des élections universitaires, la tête de liste de la présidence sortante Frédérique Berrod s’est trouvée en minorité sur plusieurs sujets phares de la campagne.

Frédérique Berrod et les membres de la liste Inspire ! auraient sans doute préféré un bon vieux duel dans l’amphithéâtre Cavaillès. Mais ce lundi 21 janvier, à l’occasion d’un débat à deux semaines des élections universitaires, le syndicat étudiant Afges a placé la vice-présidente en charge des finances au milieu de deux représentants de liste. Fini l’éternel scrutin entre la présidence sortante et la liste d’opposition aux rangs bien nourris de syndicats. Cette année, le scrutin prend des airs de triangulaire qui n’arrange pas l’équipe sortante et la candidate adoubée par Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg (Unistra) jusqu’au 18 mars 2025.

Frédérique Berrod et les membres de la liste Inspire ! auraient sans doute préféré un bon vieux duel dans l’amphithéâtre Cavaillès. Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg

Les conséquences de la candidature dissidente

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Le psychiatre Henri Brunner fait appel de sa radiation de l’Ordre des médecins

Le psychiatre Henri Brunner fait appel de sa radiation de l’Ordre des médecins
Le docteur Henri Brunner à la sortie de son audience devant la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins du Grand Est.

L’expert psychiatre Henri Brunner a été radié de l’Ordre des médecins le 10 janvier par la chambre disciplinaire pour des « manquements répétés » au code de la santé publique. Lundi 20 janvier, il a annoncé vouloir faire appel de cette décision.

Radié de l’Ordre des médecins le 10 janvier, le docteur Henri Brunner a annoncé lundi 20 janvier au Monde qu’il ferait appel de cette décision. Contacté par Rue89 Strasbourg, l’expert psychiatre a refusé de le confirmer.

Depuis 2022, Henri Brunner, expert psychiatre à Strasbourg, était accusé d’avoir causé de graves souffrances à des personnes en situation de vulnérabilité, une affaire révélée par Rue89 Strasbourg. En 2023, le conseil du Bas-Rhin de l’ordre des médecins s’est joint à une plainte formulée par cinq médecins assistés de douze témoins. Après une audience devant la chambre disciplinaire de l’ordre le 19 décembre où témoins, médecins et avocats ont dénoncé les pratiques expéditives du psychiatre, il avait été radié pour « manquements répétés » au code de la santé publique.

Une association de victimes

Déjà expert honoraire, le Dr Brunner peut donc reprendre ses expertises psychiatriques à l’attention des tribunaux, de l’inspection du travail ou d’autres organismes jusqu’à ce que la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins ne se prononce. Une procédure qui pourrait durer une à deux années.

Suite à la décision de radiation en première instance, un Collectif des victimes du docteur Henri Brunner s’est créé, dans le but de collecter d’autres témoignages de personnes se déclarant victimes des expertises du psychiatre. L’objectif est également d’obtenir des indemnités en réparation aux préjudices subis par les conclusions de ces rapports, si la radiation du psychiatre strasbourgeois devait être confirmée.

Débordés par les sollicitations abusives, des pompiers manifestent jeudi 23 janvier

Débordés par les sollicitations abusives, des pompiers manifestent jeudi 23 janvier

Un rassemblement est organisé par le syndicat FO sapeurs-pompiers, ce jeudi 23 janvier. Il dénonce un dévoiement des missions de pompiers et un usage abusif de ces derniers pour des urgences très relatives.

« Ça fait 23 ans que je suis pompier, et à l’époque on ne nous mobilisait pas pour des grippes. » Au téléphone, Cédric Hatzenberger peste contre les recours excessifs aux pompiers pour des urgences relatives, évoquant en conséquence des attentes interminables dans les couloirs des hôpitaux.

En tant que secrétaire départemental du syndicat Force ouvrière Sapeurs pompiers, il lance un appel à manifester ce jeudi 23 janvier. Le syndicat Avenir secours s’est joint à l’appel. Le rassemblement se tiendra à 10 heures, devant la base logistique du SAMU, rue Hannah Arendt dans le quartier des Poteries, proche de l’hôpital d’Hautepierre.

Pansement face à la « carence de médecins »

« On est géré par une régulation du SAMU 67, qui gère tous les services d’urgence et nous réoriente vers des patients souffrant de problèmes légers », explique le syndicaliste. Il regrette que son service serve à compenser la surchauffe des urgences :

« On fait de plus en plus de missions qui ne nous concernent pas, pour pallier l’absence de médecins. On dépose des gens dans des maisons médicales. On passe plusieurs heures dans les urgences de Strasbourg pour les gens qui devraient être vus par des médecins. Parfois jusqu’à six heures d’attente… Quand on peut faire attendre six heures un patient, c’est que ce n’est pas tant une urgence que ça. »

Strasbourg au coeur de la diplomatie kurde et alévie pour défendre le Rojava et les Alaouites

Strasbourg au coeur de la diplomatie kurde et alévie pour défendre le Rojava et les Alaouites
Hélène Erin milite pour la cause kurde depuis les années 80.

En Alsace, les communautés kurdes et alévis suivent avec inquiétude l’évolution de la situation en Syrie. Depuis Strasbourg, ils tentent de mobiliser l’opinion publique et d’aider les populations, prises entre les pouvoirs turc et islamiste à Damas.

« Quand un groupe terroriste prend le pouvoir, ça ne peut être qu’une mauvaise nouvelle. » Le regard planté dans sa tasse de chocolat, Hélène Erin ne montre aucun signe de sympathie avec le nouveau pouvoir à Damas depuis le 8 décembre. L’éloignement d’avec Al-Qaïda, les promesses de tolérance, l’abandon des noms de guerre… La porte-parole du Centre démocratique du peuple kurde à Strasbourg, ne croit pas une seconde au narratif du groupe rebelle islamiste Hay’at Tahrir al-Sham (HTC).

Loin des champs de bataille, dans le coffee shop cossu où elle s’est installée lundi 20 janvier, le ton des discussions est autrement plus léger. L’ambiance guimauve du lieu se prête plutôt aux causeries sur la météo ou sur les pâtisseries proposées. Hélène, elle, préfère parler de drones, de missiles et d’appui aérien. « Au sol, personne ne peut battre les milices du Rojava ! », assure-t-elle. Mais elle craint pourtant que le Rojava – ou « Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie » – ne soit en sursis avec l’arrivée au pouvoir d’HTC. Dans cette zone contrôlée par les milices kurdes, de nombreuses communautés de Syrie ont trouvé refuge, dans un climat d’indépendance que les islamistes pourraient vouloir remettre en cause.

Comme Hélène, une large partie de la diaspora kurde et de la communauté alévi (une religion associée aux Alaouites de Syrie et très représentée en Alsace), scrutent avec attention toutes les alertes, brèves et reportages sur le sujet. Malgré la distance, chacun cherche à savoir si le Rojava à encore un avenir dans la nouvelle Syrie.

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Contre le traité Mercosur, un rassemblement prévu mercredi 22 janvier

Contre le traité Mercosur, un rassemblement prévu mercredi 22 janvier
La FNSEA et les JA devant le Parlement européen le 12 mars 2024.

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs appellent à la mobilisation, mercredi 22 janvier, devant le Parlement européen. Ils dénoncent le traité du Mercosur, prévu entre l’Union européenne et cinq pays d’Amérique latine.

À l’occasion de la session plénière des eurodéputés, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, ainsi que plusieurs associations partenaires se mobiliseront devant le Parlement européen, mercredi 22 janvier, pour affirmer une nouvelle fois leur opposition au traité du Mercosur. L’heure du rassemblement est fixé à 10h.

Si le président de la République Emmanuel Macron s’est opposé au traité, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, y reste en revanche favorable. Le projet d’accord de libre-échange est voué à assouplir les normes entourant les échanges commerciaux entre l’UE et le Mercosur, une organisation regroupant cinq pays d’Amérique latine : le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et la Bolivie. Pour une partie des agriculteurs français, l’entrée en vigueur du traité risque de créer une concurrence économique déloyale qui menacerait la souveraineté alimentaire européenne.

Le centre d’hébergement d’urgence de Montagne Verte devrait être livré début 2026

Le centre d’hébergement d’urgence de Montagne Verte devrait être livré début 2026
En juin 2024, réunion d’information sur le projet de centre d’hébergement de l’Etat et la Ville de Strasbourg dans le quartier Montagne Verte.

Dans un courrier adressé aux habitants du quartier Montagne Verte, la municipalité de Strasbourg a réaffirmé son projet de centre d’hébergement d’urgence, annonçant même qu’il devrait être opérationnel fin 2025 ou début 2026.

Le projet avait été dévoilé par Rue89 Strasbourg en mai 2024. La construction de ce centre d’hébergement d’urgence provisoire sur une friche de 2 000 mètres carrés à Montagne-Verte avait ensuite suscité les protestations des riverains. De son côté, au vu des besoins pour les sans-abris à Strasbourg, la municipalité reste déterminée. Elle a envoyé une lettre aux habitants que nos confrères des DNA ont pu consulter.

Cette dernière annonce que le centre sera opérationnel fin 2025 ou début 2026. La Ville avait d’abord prévu son ouverture fin 2024. L’espace accueillera un public « dont la situation administrative est stabilisée, dont les membres sont moyennement autonomes et souhaitent s’engager dans un parcours d’insertion. » Les personnes hébergées seront également accompagnées par des travailleurs sociaux pour leurs démarches administratives. Le courrier évoque enfin une réunion publique avec les riverains afin de leur présenter les dernières modalités du projet, mais la date de cet événement n’est pas encore connue.

À Strasbourg, la préfecture banalise la vidéosurveillance par drone

À Strasbourg, la préfecture banalise la vidéosurveillance par drone
L’État a autorisé l’utilisation de drones pour surveiller Strasbourg pendant dix jours en janvier.

La préfecture du Bas-Rhin autorise les services de police à utiliser des drones pour surveiller Strasbourg pendant dix jours de janvier alors qu’aucun événement particulier n’est prévu à ces dates.

C’est une évolution classique pour les dispositifs sécuritaires. À Strasbourg, au tout début, les drones ont été utilisés dans les quartiers populaires. Ensuite, ils ont discrètement surveillé des manifestations. Puis ils sont apparus sur des évènements comme le Marché de Noël. Mais désormais, la vie courante semble suffire. Pendant dix jours du mois de janvier, la police nationale est autorisée à surveiller avec trois drones une zone très étendue de la ville.

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Colloque et expo Visual ecologies : études sur les images du monde vivant dans l’ère capitaliste

Colloque et expo Visual ecologies : études sur les images du monde vivant dans l’ère capitaliste
Élise Haselvander, Enquête matériaulogique (marbre rose et bordeaux) exposée du 22 et 24 janvier à la Misha, 2023.

Mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 janvier, l’Université de Strasbourg et la Haute école des arts du Rhin accueillent les travaux d’Ornella Baccarani, Sonia Verguet, Julie Patarin-Jossec et Alexandra David. Les artistes exposent après avoir travaillé sur les rapports des humains aux écosystèmes dans le cadre d’une résidence appelée Visual ecologies.

Alors que des incendies ravagent Los Angeles et que de nombreuses images de cette catastrophe inondent les médias et les réseaux sociaux, le programme de recherche Cultures Visuelles de l’Université de Strasbourg étudie depuis 2023 les images de « mégafeux ». 

Dans ce laboratoire, les chercheurs et les chercheuses tentent de comprendre les effets de ces images sur les imaginaires dans un contexte de crise écologique. En lien avec ces grandes thématiques, un colloque est organisé les 22, 23 et 24 janvier : « Écologies visuelles : Expérience et vie des images à l’heure du capitalocène » (ère du capitalisme, NDLR).

Ce colloque accueillera aussi la sortie d’une résidence coordonnée par Sophie Suma et Simon Zara, Visual Ecologies, quatre artistes présenteront leurs travaux : Ornella Baccarani ; Sonia Verguet (designeuse culinaire) ; Julie Patarin-Jossec (sociologue) et Alexandra David.

Explorer les fonds marins

Ainsi mercredi 22 janvier à partir de 18h à la Cryogénie, Julie Patarin-Jossec, sociologue, cinéaste et performeur·se, se sert de ses explorations maritimes pour expérimenter différentes techniques d’imagerie. Développant un lien particulier à la matérialité de la photographie, la technique argentique lui permet de penser, dans sa démarche artistique, l’impact écologique des techniques utilisées pour créer.

Dans des séries de photographies et films, l’artiste fait parler la faune et la flore sous-marines, en tentant ainsi de reconsidérer la marchandisation des espèces et l’exploitation du vivant.

Pendant l’évènement, Julie Patarin-Jossec présentera son film The Measurement réalisé en 2023. Sa diffusion sera accompagnée d’un corpus de documents qui restituera son processus de recherche et l’articulera à son processus créatif.

Composé de photographies en noir et blanc tirées d’une exploration aquatique de l’artiste, The measurement présente un dialogue entre deux huîtres, enfermées dans une ferme aquacole, discutant de la politique spéciste et de la domestication des mollusques. 

Présentées comme les personnages principales de l’intrigue, les huîtres permettent à Julie Patarin-Jossec de repenser les manières de considérer l’univers non-humain. Elle critique un rapport qu’iel définit comme « colonial » à l’environnement (proposant d’articuler les questionnements écologiques à des revendications queers et féministes). Dans son travail, il ne s’agit plus de considérer le vivant comme une simple ressource mais plutôt de l’envisager comme un élément dont l’existence ne consiste pas à servir la vie humaine.

Penser la présence et l’absence de l’eau

Jeudi 23 janvier à partir de 19h30 à La Chaufferie, Ornella Baccarani, Sonia Verguet et Alexandra David s’associent à Béatrice Josse (curatrice, autrice, enseignante) pour une performance dînatoire immersive intitulée Slow-Water.

Ornella Baccarani est plasticienne et travailleuse de l’art. Son travail prend des formes diverses mais s’attache toujours à témoigner d’un ressenti intime et subjectif. Le quotidien la traverse et l’inspire : elle pense ses œuvres à partir du territoire, de ses habitants et de ses habitantes, du collectif et du monde qui l’entoure :

« À l’heure de la sixième extinction de masse, au moment où les idées climatosceptiques fleurissent sur X, avec la réélection de Trump, avec tout ce qu’on connaît de destruction du vivant, notre organisation sociale et économique qui considère le vivant comme une ressource, je véhicule malgré moi dans mes productions quelque chose qui va parler de cet état du monde. »

Ornella Baccarini

Au sein de ses créations, l’intime et le collectif coexistent et s’influencent en un mouvement perpétuel. Souvent, elle imagine des collaborations ou œuvres collectives. Durant leur résidence d’ailleurs, Ornella Baccarani et Sonia Verguet ont réalisé ensemble une œuvre abordant le port de Strasbourg. 

Penser l’eau jusqu’à l’assiette

Sonia Verguet est designeuse culinaire. À travers ses buffets, elle tente de créer des liens, de susciter des échanges entre les participants et les participantes, notamment à travers les « occasions de bavardage » engendrées par les projets qu’elle conçoit.

Dans le cadre de la résidence Visual ecologies et pour parler de la thématique de l’eau, Sonia Verguet travaille à partir d’aliments qui nécessitent peu d’eau pour pousser (oignons, algues, vermicelles de Konjac…). Elle invite les participants et les participantes à s’interroger sur la quantité d’eau dans leur alimentation et sur la place de cet élément dans notre quotidien. Dans ce cadre, la nourriture n’est plus une simple ressource mais véhicule une possibilité de sensibiliser à l’écologie. 

« Les designers enlèvent, c’est le but de notre travail d’épurer, dit-elle. Je trouve que les designers, de fait, ont un regard presque écologique sur les choses parce qu’ils vont à l’essentiel. » Dans ses projets, comme dans ceux d’Ornella Baccarani, chaque geste, chaque élément est pensé – au mieux – en fonction de son coût, dans une logique éthique et écologique.

Au sein de l’espace de la Chaufferie, ce moment de restitution propose une rencontre entre les des deux artistes. Les travaux d’Ornella Baccarani (textuels, sonores…), ainsi que l’atmosphère visuelle et sonore immersive ici pensées (luminosité tamisée, jeux de reflets, bruits d’eau…) amplifient l’expérience gustative imaginée par Sonia Verguet. Quant à Alexandra David, elle invitera le public à essayer de devenir une grenouille.

Une restitution en ligne

Fruit d’un partenariat entre le programme de recherche Cultures visuelles et la Cryogénie, ce projet a été pensé dans une volonté de mettre en lumière l’articulation entre recherches scientifiques et recherches artistiques. En plus de ces propositions pensées dans des lieux d’exposition strasbourgeois, il est possible d’accéder à une restitution en ligne de ces résidences (composée d’entretiens, de schémas, de textes… qui permettent de mieux comprendre le travail de recherche et de création des artistes).

Manifestation pour la Palestine devant le Parlement européen mardi 21 janvier

Manifestation pour la Palestine devant le Parlement européen mardi 21 janvier
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, le 22 octobre 2024, pour dénoncer l’attribution d’un label européen à une ville Israélienne.

Le collectif Palestine 67 appelle à une mobilisation mardi 21 janvier devant le Parlement européen, en présence de quelques eurodéputés de gauche. L’objectif est d’interpeller les parlementaires européens afin d’obtenir la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Le collectif Palestine 67 organise mardi 21 janvier entre midi et 14h un rassemblement devant le Parlement Européen, en présence d’eurodéputés de La Gauche européenne tels que Manon Aubry, Mounir Satouri ou encore Marc Botenga. Avec cet événement, le collectif souhaite appuyer une campagne internationale visant à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne (UE) et Israël.

Cet accord, entré en vigueur en 2000, élève Israël au rang d’État associé de l’UE, lui permettant ainsi de bénéficier de financements européens. Ce partenariat n’a pas été révoqué après les bombardements systématiques de l’État hébreu sur la bande de Gaza au lendemain de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Les organisateurs du rassemblement réclament en outre un cessez-le-feu définitif et une réponse à la question de la Cisjordanie, dont l’occupation a été dénoncée par un rapport de la Cour Internationale de Justice en juillet.

Un week-end dédié à la cause palestinienne

Ce rassemblement se déroule dans le cadre d’un week-end européen de mobilisations en faveur du peuple palestinien. Une initiative portée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, qui prévoit des manifestations dans plusieurs grandes villes ce week-end.

Jeanne Barseghian appelle les propriétaires de biens vides à loger les enfants à la rue

Jeanne Barseghian appelle les propriétaires de biens vides à loger les enfants à la rue
La maire de Strasbourg demande aux propriétaires de logements vacants de se mobiliser pour mettre à l’abri les familles à la rue cet hiver.

La maire de Strasbourg appelle les propriétaires publics et privés de logements vacants à la solidarité. En plein hiver, des centaines de personnes dont de nombreux enfants dorment dehors.

« Face à l’urgence dramatique d’enfants qui, le soir venu, sont contraints de dormir à la rue ou dans des voitures, je lance un appel à la solidarité à tous les propriétaires, publics comme privés, de logements vacants, déclare Jeanne Barseghian (Les Écologistes), maire de Strasbourg. Vous pouvez agir, vous pouvez permettre à des enfants d’avoir un toit. »

Dans un communiqué publié ce 20 janvier, la municipalité rappelle qu’en plein hiver, « des centaines de personnes dont de nombreux enfants dorment dehors. Chaque semaine, la Ville de Strasbourg réceptionne de nouveaux signalements d’enfants à la rue scolarisés dans ses établissements ». D’après la Ville, chaque nuit, elle met « près de mille personnes à l’abri », notamment grâce à la création de nouvelles places d’hébergement.

Un accompagnement de la Ville pour les propriétaires

En partenariat avec l’association Les Petites Roues, la municipalité héberge 30 familles dans ses logements vacants, mais son patrimoine disponible est « en voie d’épuisement ». Elle appelle donc à « un sursaut général de solidarité ». Sur le territoire de l’Eurométropole, environ 3 800 appartements privés sont vacants depuis au moins deux ans.

« Je crois en la solidarité strasbourgeoise qui s’est largement manifestée lors de la crise des réfugiés ukrainiens, assure Jeanne Barseghian. La Ville continuera résolument son engagement et se tient à disposition pour accompagner tout propriétaire souhaitant rejoindre cette dynamique dans la mobilisation de logements. »

Par ailleurs, la municipalité affirme avoir organisé une réunion ce 20 janvier pour réunir l’ensemble des partenaires du territoire pouvant agir dans le champ de l’hébergement d’urgence. « La Collectivité européenne d’Alsace, l’Eurométropole de Strasbourg, les bailleurs sociaux Habitation Moderne et Ophéa et l’association les Petites Roues ont répondu présent », détaille-t-elle. Avant de regretter l’absence des services de l’État, pourtant en charge, théoriquement, de loger inconditionnellement toutes les personnes qui le demandent.

Manifestation jeudi 23 janvier pour que la Collectivité d’Alsace loge des familles à la rue

Manifestation jeudi 23 janvier pour que la Collectivité d’Alsace loge des familles à la rue
En plein hiver, en 2025, des enfants dorment dehors à Strasbourg.

Des personnels éducatifs appellent à un rassemblement jeudi 23 janvier pour demander un plan de lutte contre le sans-abrisme. Le rendez-vous est fixé devant le Palais de la musique et des congrès, où la Collectivité européenne d’Alsace organise ses Assises de la protection de l’enfance.

« Monsieur le Président de la Collectivité européenne d’Alsace, il y a urgence. » C’est ainsi que commence la lettre ouverte destinée à Frédéric Bierry (LR), signée par les personnels mobilisés de 41 établissements scolaires alsaciens, 11 collectifs et associations de parents d’élèves, 19 associations et syndicats, 28 élus et élues, ainsi que trois militants et militantes.

Les signataires affirment dans leur lettre que « 80 à 100 enfants dorment dehors » à Strasbourg, alors que « l’hébergement d’urgence est un droit inconditionnel » en France, théoriquement. Face à ce constat, un rassemblement est organisé devant le Palais de la musique et des congrès, jeudi 23 janvier à 17h45, à l’occasion des Assises européennes de la protection de l’enfance. Ces dernières sont organisées par la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), qui est en charge de l’aide sociale à l’enfance.

Pour un plan d’action global

Les personnels éducatifs mobilisés estiment que l’État et les collectivités territoriales doivent cesser de se renvoyer les responsabilités mais plutôt mettre en place « un plan d’action global » ensemble. Ils demandent également « la communication et la mise à jour régulière du nombre et de l’état des logements vacants dont l’État et les collectivités sont propriétaires, qui pourraient être mis à disposition pour temporairement loger des familles ».

Pour rappel, la CeA se disait d’accord sur le principe d’héberger des personnes sans-abri dans ses logements de fonction vides en novembre, lorsque le personnel du collège Lezay Marnésia occupait l’établissement pour y mettre à l’abri des familles d’élèves. Mais la Collectivité avait finalement prétexté que ce n’était pas possible puisqu’elle souhaitait déjà y héberger des jeunes majeurs isolés.

Pour les signataires de la lettre, les Assises de la protection de l’enfance devraient être le moment d’initier une réflexion sur le logement des sans-abris, vu le « danger imminent » que représente le manque d’hébergements d’urgence pour les familles et les enfants à la rue.

En Alsace, des polluants éternels dans les rejets d’une centaine d’usines

En Alsace, des polluants éternels dans les rejets d’une centaine d’usines
L’entreprise Blue Paper à Strasbourg fait partie de ces usines alsaciennes dont les rejets contiennent des polluants éternels.

L’État a réalisé des analyses dans les eaux rejetées par 116 entreprises alsaciennes. Elles révèlent la présence d’un ou plusieurs polluants éternels dans la grande majorité des cas.

100 milliards d’euros par an pendant 20 ans. C’est le prix à payer pour les européens pour pouvoir débarrasser leur environnement des « polluants éternels », ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées (PFAS), selon une enquête publiée par Le Monde ce 14 janvier. Les responsables derrière cette pollution massive : les industriels qui utilisent des PFAS depuis les années 1950.

L’Alsace ne fait pas exception. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) a publié fin novembre le résultat de prélèvements réalisés dans les eaux rejetées par 116 entreprises alsaciennes appartenant aux Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

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Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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À Hoenheim, des familles se relayent pour loger des enfants à la rue

À Hoenheim, des familles se relayent pour loger des enfants à la rue
Ramon Pacheco et Esther Pinillos, sociologue et professeure d’espagnol, accueillent depuis le 2 janvier une famille de cinq personnes.

Depuis le 20 décembre, trois foyers se sont relayés à Hoenheim pour loger cinq personnes dont deux enfants d’origine géorgienne, qui sinon dorment dans une voiture. Ces parents d’élèves se disent sidérés par l’inaction de l’État, qui ne met pas la famille à l’abri.

Dans une maison mitoyenne de Hoenheim, Ramon et Esther, 43 ans, accueillent depuis le 2 janvier la famille de deux fillettes qui vont à l’école avec leurs trois enfants. « Avant Noël, nous avons appris qu’ils dormaient dans leur voiture, les températures étaient négatives, on ne pouvait pas les laisser dehors », retrace Ramon. C’est la troisième famille qui se relaye pour loger ces cinq personnes, le grand-père, les parents et deux enfants, depuis le 20 décembre.

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