Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À l’université de Strasbourg, les ratés de la cellule d’écoute des victimes de violences sexistes et sexuelles

À l’université de Strasbourg, les ratés de la cellule d’écoute des victimes de violences sexistes et sexuelles

Plusieurs affaires ont mis en lumière des dysfonctionnements graves au sein de la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles de l’Unistra depuis 2020. Entre erreurs juridiques et choix de procédure douteux : plongée dans une structure décriée.

Pour dénoncer un harcèlement sexuel répété de la part d’un autre doctorant à l’université de Strasbourg, Alix (le prénom a été modifié) a porté plainte en juillet 2020. Quelques jours plus tôt, Martin (le prénom a été modifié) lui aurait touché la cuisse et aurait remonté la main sous sa jupe, malgré les protestations de la jeune femme. Elle a ensuite contacté la cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) de l’Unistra.

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Budget, foot amateur, lotissements… Les principaux points votés au conseil municipal

Budget, foot amateur, lotissements… Les principaux points votés au conseil municipal
Le conseil municipal s’est ouvert par un hommage à Cécile Kohler, chercheuse retenue en otage en Iran.

Pour le premier conseil municipal de l’année, lundi 3 février, les élus strasbourgeois ont examiné un ordre du jour plutôt léger. Plusieurs longs débats portant sur le budget, le foot amateur ou la construction de nouveaux logements, ont rythmé la journée.

Avant les prochaines élections municipales, la dernière année pleine du mandat de Jeanne Barseghian (Les Écologistes) s’ouvre avec un conseil municipal ramassé lundi 3 février, avec seulement cinquante points à l’ordre du jour. Après deux débats réglementaires sur l’orientation budgétaire de la Ville et sa politique en matière d’égalité femmes-hommes, une bonne partie de la séance a été consacrée à la présentation d’un rapport très attendu sur l’état du football amateur.

À travers plusieurs délibérations différentes, les élus strasbourgeois ont abordé un autre sujet brûlant : la construction de nouveaux logements en ville, ouvert par le départ de plusieurs entreprises.

Débat d’orientation budgétaire

Sur le papier, le débat paraît décalé. Alors que l’Assemblée nationale doit adopter le budget de l’État et de la Sécurité sociale dans l’après-midi, les élus strasbourgeois tenaient dans la matinée un débat d’orientation budgétaire. Il s’agit d’une étape obligatoire pour toutes les collectivités, avant l’adoption de son budget.

Cette année sera logiquement marquée par un haut degré d’incertitude budgétaire. Lors du précédent conseil municipal, les perspectives de coupes budgétaires par l’État étaient déjà sur toutes les lèvres, et justifient pour le président de la commission des finances, Jean-Philippe Maurer (Les Républicains), une austérité assumée :

« La prudence, que l’on qualifierait de bon père ou de bonne mère de famille, voudrait que vous ralentissiez les dépenses, en attendant de voir de quoi sera fait 2025. Or, dans votre prospective, vous prévoyez de poursuivre votre politique d’endettement pour monter à 418 millions d’euros en 2025. »

« Ce qui est important pour moi, c’est la constance », sourit Syamak Agha Babaei, le premier adjoint à la maire, en charge des finances :

« Et je constate que ça fait un certain nombre d’années que vous êtes contre l’augmentation des dépenses de fonctionnement, contre l’augmentation du nombre d’agents, pour un nombre d’agents en baisse… Et en même temps que vous voulez des services et de l’attractivité. »

Le débat s’achèvera sans vote, le conseil municipal ne se prononcera sur le budget qu’au cours du prochain conseil.

Projets urbains sur les sites Heppner et Stellantis

Lorsque les entreprises partent, les logements poussent. Deux délibérations portant sur des projets urbains ont été vivement débattues par l’opposition. L’équation est simple : avec le déménagement des entreprises Heppner (au nord du Neudorf) et le rachat par Bouygues immobilier d’un terrain (à la Meinau) auprès de Stellantis, de nouvelles zones se libèrent pour la construction de logements.

Mais l’arrivée de ces nouvelles habitations génère des questions et des inquiétudes, notamment sur la capacité des écoles à accueillir un flot de nouveaux arrivants, on craint aussi que les places de stationnement soient en nombre insuffisant. Aussi, le texte du bilan soulève que : « le public se mobilise principalement sur la question du nombre et de la typologie des logements qui seront réalisés dans le cadre du projet. Il souhaite un projet qui ne remette pas en question l’identité du quartier. »

L’adjointe à la maire en charge de l’Urbanisme, Suzanne Brolly.Photo : Amélie Schaeffer / Rue89 Strasbourg

Sur ce dernier point, le conseiller d’opposition Pierre Jakubowicz (Horizon) évoque comme mauvais exemple les immeubles Black Swans dans le quartier Malraux, « Dès le début avec la maire, on a dit qu’on assumait la hauteur », rétorque l’adjointe en charge de l’Urbanisme, Suzanne Brolly. « On a besoin de logements, et soit on consomme des terrains naturels, soit on profite de ces endroits pour construire en cœur de ville, dans des zones déjà desservies par des transports en commun. »

Concernant la délibération sur le site Heppner, elle a été adoptée avec 41 voix pour, 9 contre et 3 abstentions. Le résultat est identique pour la délibération sur le site Stellantis.

Rapport sur le foot amateur

Jadis, l’évocation du football amateur au sein de l’hémicycle pouvait facilement embraser les esprits. Mais à l’inverse des dernières motions animées sur le sujet, la présentation d’un rapport de la mission d’information et d’évaluation (MIE) sur le foot amateur s’est déroulée dans un calme surprenant.

Après six mois de travaux, un groupe d’élus réunissant la majorité et l’opposition a présenté son bilan et ses préconisations sur l’état du football amateur. De part et d’autres de l’hémicycle, on s’accorde sur les problèmes de communication entre les clubs et la ville, les besoins en termes d’infrastructures et le retard en matière d’ouverture des terrains aux femmes. Le point a été adopté à l’unanimité.

Aide à Mayotte

Premier point à l’ordre du jour, l’attribution d’une aide aux populations sinistrées de Mayotte suite au cyclone Chido a également fait l’objet d’un consensus. Le soutien financier de la Ville se traduit par l’attribution d’une subvention de 10 000 euros à la Croix-Rouge française et 10 000 euros au Secours populaire.

Par amour des maisons à colombages

« Les poutres de travers ont plus d’histoires à raconter que les murs droits, de travers et bancales, mais debout depuis des siècles. » Avec cette vieille maxime, d’abord formulée en alsacien, le conseiller communiste Germain Mignot veut promouvoir l’adhésion de la Ville à l’Association de sauvegarde de la maison alsacienne. Cette dernière mêle des architectes, artisans, urbanistes ou simples amateurs du patrimoine autour de la préservation de l’architecture traditionnelle. La Ville entend solliciter l’expertise de l’association « pour valoriser ce savoir dans les documents d’urbanisme réglementaires et les outils de médiation à destination du grand public », selon le texte de la délibération. Le point est adopté à l’unanimité.

Réouverture d’un oratoire israélite

Parmi les points secondaires de l’ordre du jour, le point 9 acte la réouverture prochaine d’un lieu de culte. Située au sein même de la clinique Adassa (ancienne « Maison de santé israélite »), un petit oratoire israélite servant au culte avait été construit en 1935. Avec la clôture de la clinique en 2017, le lieu était resté fermé, jusqu’à son acquisition pour un euro symbolique par le Consistoire israélite du Bas-Rhin. La délibération présentée à l’ordre formule un avis favorable de la Ville sur le projet ; n’étant pas retenu lors de la lecture de l’ordre du jour, la délibération a été adoptée d’emblée.

80 ans de la Libération à Colmar : Frédérique interpellée pour une pancarte antifasciste

80 ans de la Libération à Colmar : Frédérique interpellée pour une pancarte antifasciste

Frédérique s’est rendue à la cérémonie de commémoration de la Libération de Colmar munie d’une pancarte antifasciste. Elle a fini au commissariat.

Afficher son antifascisme lors d’un déplacement présidentiel n’est pas toujours bienvenu, même lorsqu’il s’agit de commémorer la fin de l’occupation nazie. Frédérique l’a découvert dimanche 2 février lors du 80e anniversaire de la Libération de Colmar. Habitante de cette commune reprise définitivement par les troupes alliées au début de février 1945, Frédérique arrive avenue de la République vers 12h55. En main, sa pancarte avertit la foule : « À peine combattu, déjà revenu : le fascisme ». Frédérique explique sa démarche visant à « faire réfléchir les gens » :

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Sciences Po Strasbourg fermé après la répression des étudiants mobilisés pour Gaza

Sciences Po Strasbourg fermé après la répression des étudiants mobilisés pour Gaza
Un étudiant a été blessé lors d’une opération de police pour évacuer des étudiants qui bloquaient Sciences Po Strasbourg ce 31 janvier.

La direction de Sciences Po Strasbourg a décidé de la fermeture de son bâtiment principal jusqu’au lundi 10 février. Les forces de l’ordre sont intervenues devant et à l’intérieur les 30 et 31 janvier, pour évacuer des étudiants mobilisés contre un partenariat avec une université israélienne.

La tension ne cesse de monter à Sciences Po Strasbourg. La direction n’a pas trouvé d’autre solution que de fermer le site pour une semaine à partir du lundi 3 février. Des dizaines d’étudiants et de membres du personnel se mobilisent depuis le printemps 2024 pour que l’institut d’études politiques de l’Université de Strasbourg mette fin à un partenariat avec l’Université Reichman en Israël, suite aux massacres causés par les bombardements à Gaza depuis le 8 octobre 2023.

Des étudiants et étudiantes ont bloqué le Cardo, principal bâtiment de Sciences Po Strasbourg, jeudi 30 et vendredi 31 janvier au matin, avant d’être délogés par la police nationale à deux reprises, à la demande de la présidence de l’Université de Strasbourg. Vendredi vers 6h30, ils s’étaient assis dehors, devant les portes afin de bloquer l’entrée du Cardo, lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Valérie Lozac’h, professeure de Sciences politiques, était présente à ce moment :

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Le tribunal administratif ordonne l’évacuation des personnes sans-abri du parc Eugène Imbs

Le tribunal administratif ordonne l’évacuation des personnes sans-abri du parc Eugène Imbs
En plein hiver, des dizaines de tentes installées dans un parc de Strasbourg, dans le quartier Montagne Verte.

Le tribunal administratif a ordonné lundi l’évacuation du campement du parc Eugène Imbs à Strasbourg. La préfecture n’a pas réagi, ce qui laisse craindre l’absence de relogements pour la centaine de personnes présentes.

Dans une ordonnance publiée lundi 3 février, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a décidé que le campement situé parc Eugène Imbs dans le quartier de la Montagne Verte à Strasbourg devait être évacué. Saisi par la Ville de Strasbourg, le juge donne cinq jours à la centaine de personnes présentes pour partir avant que le concours de la force publique ne puisse être requis. Ces personnes sont constituées en majorité de demandeurs et de demandeuses d’asile (voir notre reportage).

Mais, contrairement aux procédures précédentes, la préfecture n’a pas répondu aux sollicitations de la Ville de Strasbourg pour se joindre à la procédure. Alors que le juge des référés, Xavier Foessel, par ailleurs président du tribunal administratif, avait donné une semaine à la préfecture pour se positionner, celle-ci n’en a rien fait. En conséquence, cette évacuation pourrait donc se dérouler sans dispositif de relogement de ces personnes dans les différents centres d’hébergement de l’État, comme à l’accoutumée.

Silence de la préfecture

Me Sophie Schweitzer et Me Gabriella Carraud, avocates de quelques personnes présentes au parc Eugène Imbs craignent que cette évacuation par la force publique ne provoque qu’un traumatisme de plus pour les personnes présentes. Lors de l’audience, elles avaient demandé des garanties de prise en charge auprès de la préfecture, sans succès.

Dans son ordonnance, Xavier Foessel a précisé que « la présente ordonnance n’est pas de nature à préjudicier aux intérêts de l’État. Dès lors, il n’y a pas lieu d’appeler ce dernier à la cause ». La préfecture est donc fondée à ne pas intervenir dans cette expulsion, quand bien même l’hébergement d’urgence inconditionnel de toutes les personnes présentes sur le territoire est une compétence de l’État.

#parc Eugène Imbs

Sabit Hadzijaj, premier mort de la rue à Strasbourg en 2025

Sabit Hadzijaj, premier mort de la rue à Strasbourg en 2025

Un homme sans domicile fixe de 37 ans a été retrouvé mort dans un abri installé place Ferdinand-Braun, dans la matinée du samedi 1er février.

« C’est le premier mort dans la rue à Strasbourg pour cette année 2025 », souffle Guillaume Keller-Rusher, du collectif Grains de sable. Dans la matinée du samedi 1er février, la police a découvert le corps sans vie de Sabit Hadzijaj. D’origine kosovare, l’homme de 37 ans dormait dans un abri installé place Ferdinand-Braun, dans le quartier gare de Strasbourg. Une amie, qui a passé la nuit avec lui, a constaté que son corps était inanimé au petit matin. Les Dernières Nouvelles d’Alsace rapportent qu’une enquête est en cours pour déterminer les causes de sa mort.

Des demandes d’hébergement, en vain

Sabit Hadzijaj avait fait une demande d’hébergement d’urgence, le vendredi 24 janvier, auprès du Point accueil solidarité de la SNCF. Cette dernière était restée sans suite.

Sabit Hadzijaj était en situation régulière en France. L’homme est arrivé sur le territoire français alors qu’il était petit. Il a passé son enfance dans le quartier de l’Elsau. Une travailleuse sociale d’un accueil de jour s’exprime après avoir appris le décès de cet homme qu’elle a croisé à plusieurs reprises :

« J’éprouve une tristesse terrible en voyant ici les conséquences des manquements de l’État. Tous les jours on a une vingtaine de personnes qui nous demandent un hébergement. On ne peut répondre qu’à la demande de cinq personnes… »

« Combien de morts faut-il pour qu’enfin l’État réagisse ? »

« Combien de morts faut-il pour qu’enfin l’État réagisse ? », déclare Floriane Varieras, adjointe à la Ville de Strasbourg en charge des solidarités. « Pour moi, ce décès est aussi lié aux températures minimales qui sont négatives et au manque croissant de place d’hébergement d’urgence », continue l’élue de la municipalité écologiste pour dénoncer le silence du préfet Jacques Witkowski malgré les interpellations de nombreux collectifs et associations sur les enfants sans-abri à Strasbourg.

Selon le collectif Grains de sable, 23 personnes sans domicile fixe sont mortes dans l’agglomération de Strasbourg entre novembre 2023 et novembre 2024. Parmi elles, comme l’a révélé Rue89 Strasbourg, plusieurs personnes atteintes de pathologies lourdes comme des cancers. Même dans cet état de vulnérabilité extrême, certaines personnes sans-abri peinent à accéder à un hébergement d’urgence.

Tram nord : Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz torpillent la convention citoyenne

Tram nord : Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz torpillent la convention citoyenne
Catherine Trautmann (à gauche) et Pierre Jakubowicz (au centre) lors d’une réunion publique sur le tram nord.

Les conseillers municipaux d’opposition Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz ont organisé ensemble une conférence de presse portant sur le futur du tram nord. Les deux élus attaquent vivement le projet de convention citoyenne voulu par la municipalité écologiste.

Après l’avis défavorable de la commission d’enquête publique sur le projet de tram nord, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) propose une convention citoyenne sur le sujet. Concrètement, 100 citoyens vont être tirés au sort pour élaborer une nouvelle version du tram nord, susceptible d’obtenir un avis favorable.

Mais Catherine Trautmann (PS) et Pierre Jakubowicz (Horizons), très opposés à la première version du projet avec un tracé passant par l’avenue des Vosges, ne voient pas la démarche positivement. Ces élus municipaux d’opposition ont fustigé la qualité du dialogue qu’ils entretiennent avec l’exécutif lors d’une conférence de presse commune, ce lundi 3 février.

Pas une once de confiance

Les deux s’offusquent de ne pas avoir été consultés après la décision de la commission d’enquête publique. « On aurait pu enclencher une étude de faisabilité d’un autre tracé directement, pour ne pas perdre de temps », persifle Catherine Trautmann. L’opposition avait imaginé des pistes alternatives, notamment un passage par le site de l’ancienne usine Heineken à Schiltigheim.

Concernant la future convention citoyenne, Catherine Trautmann est catégorique : « Elle ne peut pas susciter la confiance. » Pour elle, « l’avis de 100 personnes ne peut pas supplanter celui des 7 000 qui ont participé à l’enquête publique ». Elle craint que la sélection soit biaisée et que les tirés au sort aillent dans le sens de la municipalité. L’ancienne maire socialiste n’est pas plus rassurée par le comité politique transpartisan, qui doit prendre forme pour surveiller la convention citoyenne, et s’inquiète qu’elle n’ait pas de cadre légal.

Elle attend, comme son homologue Pierre Jakubowicz, qu’un bilan du projet avorté et que les raisons de son échec soient débattus en conseil municipal. Le co-président du groupe Centriste et progressiste, Pierre Jakubowicz, insiste sur la similitude entre les discours tenus par les deux groupes d’opposition, avec « deux propositions de tracé identiques ». En mettant ainsi en scène leur entente, le message envoyé est clair : le front anti-tram nord version écologiste est encore debout.

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Au conseil municipal, un rapport très attendu sur l’état du football amateur

Au conseil municipal, un rapport très attendu sur l’état du football amateur
Un stage de U9 en juillet 2024, au FCOSK06.

Suite à la fronde d’une partie des clubs de foot strasbourgeois, un groupe d’élus municipaux a tenu pendant six mois une série de rencontres pour apaiser les tensions. À l’occasion du conseil municipal du lundi 3 février, ils présentent un rapport très attendu, dressant l’état du foot amateur.

Juste un mois avant que l’Euro 2024 soit lancé, un tournoi d’un autre genre prenait place à Strasbourg. Loin des stades clinquants, une vingtaine de jeunes se donnaient pour terrain de jeu un large carré de béton, situé sous les fenêtres du Centre administratif. Lors du match, lundi 23 mai 2024, l’enjeu était moins la performance sportive que politique : les joueurs répondaient à l’appel de leurs clubs amateurs, qui cherchaient à interpeller les élus pendant la tenue du conseil municipal. Ils reprochaient notamment le manque d’investissements financiers de la ville, un dialogue complexe et des besoins en termes d’équipements.

Six mois plus tard, la municipalité écologiste joue le match retour. Lors du premier conseil municipal de l’année, lundi 3 février, elle présentera les conclusions d’un groupe de travail mêlant des élus de la majorité et de l’opposition, ayant mené une série d’entretiens sur l’état du foot amateur à Strasbourg. Objectif annoncé : clore la guerre ouverte avec le monde du foot amateur en mettant à plat tous les sujets.

Mission de paix

Pour tout mettre sur la table, l’exécutif a concédé aux clubs mobilisés et à son opposition municipale la tenue d’une « mission d’information et d’évaluation », lors du conseil du 24 juin 2024. Cette « MIE » regroupe un groupe d’élus, créé ad hoc pour plancher sur la question.

De septembre à novembre 2024, 15 élus municipaux (11 venant de la majorité, quatre de l’opposition) ont pu s’entretenir avec des représentants des 24 clubs de foot amateurs, représentant ensemble près de 7 000 licenciés foot, en organisant une série de visites. Les membres de la MIE se sont divisé le travail entre quatre commissions, dédiées à la situation économique des clubs, aux créneaux de terrains, aux bâtiments et à « l’environnement urbain ».

« Ils sont passés fin novembre au club, ils étaient sept ou huit. On a d’abord pris un café au clubhouse, puis on a fait un tour des installations ». Hamza Bensiali, président du club Inter Meinau, se rappelle d’une ambiance cordiale ; les conseillers sont principalement venus pour écouter la direction du club et la questionner sur ses difficultés. « Notre principal problème, ce sont nos finances », reprend Hamza Bensiali.

Il s’insurge contre des difficultés comptables perpétuelles :

« Au niveau financier, on n’est pas assez suivis par la municipalité. Une initiative positive, comme la bourse d’aide aux licences (qui exonère de 80€ le paiement de la licence pour les enfants de famille ayant un quotient familial inférieur à 720€, ndlr) peut devenir un gros problème pour nous, puisqu’on doit avancer la somme directement à la place des parents, sans attendre qu’ils fassent la demande de bourse. L’année dernière, on a perdu 5 000€ avec ça. »

Question finances

La question financière, qu’aborde Hamza Bensiali, est longuement évoquée dans le rapport. Dans son texte, la MIE Foot distingue « trois leviers principaux » pour le soutien économique aux clubs, la mise à disposition d’équipements et l’Office des sports (avec la formation de bénévoles ou encore l’aide à la recherche de financements).

Concernant le soutien économique, l’élément central reste la subvention de fonctionnement des clubs. Pour le foot, elle représente environ 300 000 euros en 2023, soit 20% de l’enveloppe globale d’1,5 millions d’euros pour le sport amateur. Ces subventions sont calculées selon six critères, dont le nombre de licenciés, les efforts des clubs en faveur du sport « citoyen », « solidaire », « durable » et « éducatif », et les contraintes liées aux déplacements pour les clubs jouant aux niveaux régional et national. Ils peuvent bénéficier en plus d’une subvention d’investissement, pour « effectuer de petits travaux ou acheter du matériel ».

Les bancs de l’AS Pierrots Vauban, club historique mis en liquidation judiciaire à la fin de l’été 2024.

Les subventions perçues dépendent donc de la taille des clubs. Pour les « petits » clubs, la somme annuelle est en moyenne de 5 600€. Pour les clubs moyens, cette somme monte à 34 350€, et pour ceux « de grandes tailles » d’environ 66 800€ par an.

Dans son rapport, la MIE n’est pas très rassurante sur l’état de santé financier des clubs :

« De manière globale, la majorité des clubs de football et les sections football des omnisports
étudiés lors de la MIE réalisent un résultat comptable négatif. Les cotisations et les subventions
constituent les principales recettes des clubs quelle que soit leur taille (…). »

Sur tous les terrains

Autre grand sujet de débat pour les clubs : les infrastructures. La Ville compte 24 stades de foot dispersés au quatre coins de la commune, pour un total de 57 terrains. 27 sont en « herbe », 27 sont en « gazon synthétique », et 3 terrains sont sur « sol stabilisé ».

En matière d’équipements sportifs pour le foot, la Ville y a alloué près de 30 millions d’euros entre 2020 et 2026, dont 18 millions versés pour financer les travaux d’extension du stade de la Meinau. En tout, cette somme représente 44% de l’ensemble des sommes dépensées pour les infrastructures des sports amateurs – 69 millions euros.

Gradins du stade Vauban, où l’équipe de l’AS Pierrots Vauban joue ses matchs.

Le rapport relève plusieurs investissements, dont la création d’un terrain en gazon synthétique au Centre sportif Ouest pour 1,7 millions d’euros, la réfection de deux terrains à la Ganzau (500 000€) et à la Rotonde (550 000€). Plus récemment, la Ville a engagé des travaux pour éclairer le stade Charles Frey, et a aussi voté pour l’attribution d’une subvention d’un million d’euros pour la construction d’un stade éclairé avec un gazon synthétique dans la même zone, ainsi qu’un vestiaire.

Le rapport relève plusieurs critiques récurrentes de la part des clubs, qui regrettent « des délais d’intervention trop longs », des « pannes régulières » pour la ventilation, les douches ou encore le chauffage, l’absence d’entretien préventif et un nettoyage souvent insuffisant. Certains clubs reprochent également à la mairie un « manque de communication sur ses interventions ».

Question de priorités

Politiquement, la MIE aura eu un mérite : apaiser la situation. « On a joué le jeu, en prenant notre part dans la remise en question », résume la co-présidente du groupe Strasbourg écologiste et citoyenne, Floriane Varieras, membre de la MIE. Si l’élu municipal d’opposition Pierre Jakubowicz (Horizons) reconnaît à son tour que la MIE s’est déroulée « dans un climat plutôt serein » et a permis de « sortir d’une ambiance de guerre de tranchées en renouant le dialogue », il regrette qu’elle n’en dise pas plus sur la politique sportive de la Ville :

« La question de la performance reste entière. Est-ce que la Ville veut aider les clubs à monter, ou juste à accompagner les enfants ? Dans le sport, quand tu fais de la compétition, le but reste de gagner. Mais on a le sentiment que c’est un aspect du sport que la municipalité a voulu laisser de côté, qu’elle ne voit pas forcément d’un bon œil que des clubs du territoires montent en national, à cause des conséquences budgétaires. »

En creux, la saillie de Pierre Jakubowicz rappelle la situation du FCOSK06, un club de Koenigshoffen ayant connu une épopée en coupe de France deux ans plus tôt et une montée en N3. Le club s’était fortement mobilisé contre la municipalité en septembre 2023 et pouvait s’appuyer sur plusieurs relais dans l’opposition. Dans les rangs de la majorité écologiste, on soupçonne d’ailleurs le club d’animer activement la fronde des clubs amateurs.

L’adjoint en charge des Sports, Owusu Tufuor.

« La performance est une nécessité bien sûr, mais le rôle social des clubs est très important », tempère Owusu Tufuor, l’adjoint en charge des Sports :

« Si un club a une bonne structure et une bonne gestion, il peut bien faire les deux. Il faut pousser pour la formation des jeunes du club. Combien de joueurs de l’équipe 1 du FCOSK06 ont été formé au club? »

Surtout, l’adjoint assume d’opérer une rééquilibrage entre le foot et les autres sports : « Jusqu’à présent, le foot a bénéficié d’un regard privilégié vis-à-vis des autres disciplines, mais ces dernières aussi ont besoin d’être accompagnées. »

Les conclusions et les préconisations du rapport de la MIE seront présentés lors du point 11 de l’ordre du jour, en milieu de conseil municipal.

« Le sans-abrisme peut altérer à long terme la construction psychique de l’enfant »

« Le sans-abrisme peut altérer à long terme la construction psychique de l’enfant »
Alain Touron, vice-président du comité alsacien de l’Unicef à Strasbourg.

Alain Touron est vice-président du comité alsacien de l’Unicef. Il observe le phénomène des enfants à la rue à Strasbourg, et les conséquences psychiques que cela entraîne sur eux.

Président de l’Unicef Alsace entre 2014 à 2023, Alain Touron a toujours vu des mineurs à la rue à Strasbourg. Son ONG est engagée pour faire respecter la Convention internationale des droits de l’enfant, qui défend pour eux la non-discrimination, le droit de vivre, et de se développer.

Depuis 2010 et son arrivée à Strasbourg, le bénévole, désormais vice-président de l’Unicef Alsace, participe à des actions d’éducation et de prise en charge de jeunes à la rue. Il a pu constater les conséquences psychiques du sans-abrisme sur les enfants, et leur évolution positive lorsqu’ils sont logés. Entretien.

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Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C’est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d’hébergements d’urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

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Alexis Vahlas: « Sciences Po Strasbourg doit demander des clarifications à l’université Reichman »

Alexis Vahlas: « Sciences Po Strasbourg doit demander des clarifications à l’université Reichman »
Alexis Valhas, maître de conférence en droit de l’Union Européenne à Sciences Po Strasbourg.

Maître de conférence à Sciences Po Strasbourg, Alexis Vahlas déplore la gestion du débat sur le partenariat avec l’université Reichman par la direction de l’établissement. Il esquisse une voie de sortie de ce conflit qui fracture la communauté étudiante et enseignante.

« Hybride ». Alexis Vahlas revendique le terme pour mieux souligner ses multiples casquettes. Le maître de conférence en droit public à Sciences Po Strasbourg a aussi officié en tant que conseiller politique de l’état-major de l’OTAN. Il a participé pour l’Union européenne à plusieurs missions internationales en Israël et dans les territoires palestiniens. Le responsable du master « Sécurité extérieure et sécurité intérieure de l’Union européenne » assume ne pas avoir d’idée définitive sur le partenariat de Sciences Po Strasbourg avec l’université Reichman, un établissement privé israélien. Ce partenariat a été suspendu en juin puis rétabli par une décision de la direction de l’Institut d’études politiques (IEP) plus tard dans l’année, suscitant le départ de plusieurs membres du conseil d’administration.

Rue89 Strasbourg : Pour les « anti-partenariats », l’université Reichman défend des positions bellicistes, qui seraient dénuées de perspectives humanistes et critiques vis-à-vis du conflit à Gaza. Qu’en pensez-vous ?

Alexis Vahlas : Le mode opératoire des forces armées israéliennes est en violation du droit international. Il y a manifestement un non-respect des règles de ce qu’on appelle le droit des conflits armés, où il y a des principes de proportionnalité, de distinction de la cible civile… Pour autant, est-ce que ces violations du droit international sont imputables à cette université ? L’établissement n’a jamais empêché de débats en son sein. Elle n’a jamais expulsé d’étudiants arabes israéliens (des Palestiniens qui ont la nationalité israélienne, NDLR). L’université Reichman n’a jamais exprimé d’approbation sur la stratégie de guerre totale à Gaza.

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Le gynécologue strasbourgeois Frédéric Labouz voit sa suspension confirmée en appel

Le gynécologue strasbourgeois Frédéric Labouz voit sa suspension confirmée en appel
Portrait du gynécologue Frédéric Labouz à son cabinet, en 2022.
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Tram nord. Cent citoyens tirés au sort pour construire un nouveau projet

Tram nord. Cent citoyens tirés au sort pour construire un nouveau projet

Les écologistes relancent le projet du tram nord à travers la création d’une convention citoyenne. À partir du mois de mars, 100 citoyennes et citoyens tirés au sort vont être formés afin de rendre des propositions à l’exécutif de l’Eurométropole de Strasbourg en octobre 2025.

Après le rejet de leur projet initial, les écologistes semblaient avoir besoin de prendre de la hauteur pour relancer le projet du tram nord. Vendredi 31 janvier, c’est au dernier étage du centre administratif que des élus de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) ont annoncé la création d’une convention citoyenne pour le futur de l’extension du tramway vers le nord de l’EMS. « L’objectif est de placer les citoyens au coeur de la responsabilité du projet du tram nord. La question qui leur est posée est simple : Comment aller au nord en tram ? « , amorce la maire écologiste de Schiltigheim, Danielle Dambach.

Composée de 100 citoyennes et citoyens tirés au sort, cette future convention citoyenne doit être « un panel représentatif des citoyens de l’Eurométropole de Strasbourg » assure la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian :

« Il faut dézoomer du tracé seul. Le projet du tram nord n’appartient pas qu’aux habitants de l’avenue des Vosges ou à ceux de l’avenue du Général de Gaulle, même si la moitié des membres de la convention sera tout de même concernée directement par la desserte du tram. »

Pour sélectionner les participants, plus de 50 000 courriers seront envoyés à des habitants de l’EMS tirés au sort pendant les mois de février et de mars. Ces citoyens décideront de candidater ou non pour participer à la convention citoyenne. Une fois les candidatures envoyées, un second tirage au sort permettra d’établir le panel des 100 personnes qui travaillera sur le projet.

Un rapport attendu pour le mois d’octobre 2025

Le groupe devra ensuite être formé aux différents enjeux et problématiques du projet. Pour accompagner les citoyens, un comité de tiers garants composé de trois à cinq experts indépendants sera constitué pour assurer le bon déroulement du processus. La formation sera assurée par « six sessions de deux jours » indique Jeanne Barseghian.

« La convention citoyenne n’est pas qu’une simple concertation. Les citoyens doivent produire un rendu sur lequel les élus s’appuieront pour débattre du futur projet », complète Danielle Dambach. Les préconisations citoyennes sont attendues par les élus de l’Eurométropole pour le mois d’octobre 2025.

Alain Jund, Danielle Dambach, Pia Imbs et Jeanne Barseghian lors de la conférence de presse du 31 janvier 2025.Photo : Dorian Mao / Rue89 Strasbourg

Carte blanche pour les citoyens

Les enjeux de cette convention citoyenne restent les mêmes que ceux du projet initial des écologistes : assurer la connexion de Strasbourg avec les communes du nord de l’Eurométropole. « La question du futur tracé est complétement ouverte, comme la question du maillage. Les citoyens auront vraiment carte blanche à partir des postulats de base du projet », indique Alain Jund, vice-président de l’EMS en charge des mobilités.

Inclus dans le projet de tracé défendu par l’ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann (PS), l’ancien site de la brasserie Heineken « doit être pris en compte dans la réflexion » soutient Danielle Dambach. Une nouveauté par rapport au tracé du projet rejeté par le rapport d’enquête publique :

« On ne peut pas décider du futur du site tant qu’on ne sait pas où passera le tram. La collectivité européenne d’Alsace a candidaté pour implanter un collège sur le site de la brasserie de l’Espérance. Il faut intégrer tout ça aux réflexions sur le futur tracé du tram nord »

« Nous faisons confiance à l’intelligence collective afin de créer du consensus », conclut l’élue de Schiltigheim, l’absence de celui-ci ayant souvent été décriée par les opposants du feu-projet de tramway porté par la majorité écologiste.

Des délibérations pas avant le prochain mandat

En parallèle de la convention citoyenne, les représentantes écologistes de l’EMS ont annoncé la constitution d’un « Comité politique transpartisan ». Ce comité d’élus prévoit de regrouper l’ensemble des sensibilités politiques de l’EMS avec « les élus des communes directement concernées par le projet du tram nord » précise Pia Imbs. Ce comité suivra l’avancée des travaux de la convention et pourra interagir avec ses membres dans des temps définis.

« L’objectif est de redonner une vie au débat sur ce projet sans penser aux enjeux de 2026. Le tram nord n’est pas un moyen de tester sa popularité avant une élection, c’est un enjeu de service public. Les élus ne délibèreront pas sur le projet avant la fin du mandat », assène Jeanne Barseghian.

En effet, dans le calendrier présenté par les écologistes, la réalisation de l’enquête publique n’arrivera pas avant 2027, soit après les prochaines élections municipales. La livraison du tramway nord est projetée à l’horizon 2030 dans les communes du nord de l’Eurométropole.

Des paroisses protestantes vont loger des enfants à la rue à Strasbourg

Des paroisses protestantes vont loger des enfants à la rue à Strasbourg
En plein hiver, des dizaines de tentes installées dans un parc de Strasbourg, dans le quartier Montagne Verte.

L’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine mobilise son patrimoine pour héberger des familles sans-abris à Strasbourg. En plein hiver, de nombreuses personnes, y compris des enfants, dorment dehors.

Alors que l’État ne fournit pas de solution d’hébergement d’urgence à de nombreuses familles sans-abris à Strasbourg en plein hiver, l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) annonce sa mobilisation dans un communiqué ce 31 janvier :

« Isabelle Gerber, présidente de l’UEPAL, a été alertée par La Cimade (une association de solidarité, NDLR) sur l’urgence à rechercher des solutions pour les dizaines d’enfants qui dorment dans la rue ou dans des voitures pendant cette période de grand froid. »

Le 20 janvier, c’est la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) qui appelait à l’utilisation des biens privés vides pour loger les sans-abris. L’UEPAL est justement dotée d’un patrimoine immobilier important. « Nous avons immédiatement mobilisé les paroisses de l’agglomération strasbourgeoise et la Fédération de l’Entraide Protestante (FEP) Grand Est pour rechercher des lieux d’accueil [supplémentaires], au-delà de ceux déjà mobilisés par les associations protestantes et qui sont saturés », précise le communiqué.

Des familles dans un presbytère

Ainsi, un premier lieu d’accueil devrait apparaitre ces prochains jours. Avec le soutien financier de la Ville de Strasbourg, l’association Les Petites roues gérera un dispositif « pour au moins trois familles », selon Jean-Luc Sadorge, vice-président de l’UEPAL. « Elles devraient s’installer dans un presbytère, où deux chambres et une salle de réunion seront mises à disposition », ajoute t-il.

Le Chapitre de Saint-Thomas, qui administre plusieurs fondations, « a également répondu favorablement avec l’octroi d’un financement à hauteur de 9 000 euros pour permettre l’hébergement d’urgence des familles avec enfants en hôtel », complète l’UEPAL.

Un début de mobilisation de l’Église protestante, qui s’ajoute à d’autres démarches militantes portées par des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises pour loger des sans-abris. « De notre côté, on va pousser les murs au maximum, c’est le début d’une dynamique qui se lance », prévient Jean-Luc Sadorge.

Journaliste exilé, Ganimat Zahid dénonce la traque des opposants azerbaïdjanais jusqu’en Alsace

Journaliste exilé, Ganimat Zahid dénonce la traque des opposants azerbaïdjanais jusqu’en Alsace
Ganimat Zahid, journaliste azerbaïdjanais menacé par le régime du président d’Azerbaïdjan Ilham Aliyev.

Journaliste azerbaïdjanais, Ganimat Zahid a alerté la police quelques jours avant l’assassinat de son compatriote Vidadi Isgandarli à Mulhouse. Entretien avec le réfugié strasbourgeois, qui continue de dénoncer les crimes et la corruption du régime d’Ilham Alyiev depuis Strasbourg.

Le 29 septembre 2024, Vidadi Isgandarli, un opposant politique azerbaïdjanais exilé à Mulhouse, est attaqué à son domicile par des hommes aux visages masqués. Aux alentours de 6h du matin, les assaillants s’introduisent dans son appartement et lui assènent 16 coups de couteau, avant de prendre la fuite. Baignant dans son sang, l’ancien procureur de 62 ans a tout juste le temps de joindre son frère par téléphone avant de perdre connaissance. Il succombe à ses blessures deux jours plus tard à l’hôpital.

Quatre dissidents menacés par Bakou

Une dizaine de jours avant l’attaque, un autre opposant azerbaïdjanais avait alerté les autorités de la menace qui planait sur Vidadi Isgandarli. Journaliste exilé à Strasbourg, Ganimat Zahid a été averti par une source haut placée à Bakou d’un projet d’assassinat nourri par le régime contre quatre dissidents réfugiés en Alsace et en Suisse. Les informations transmises aux autorités françaises n’auront pas suffi à éviter la mort de Vidadi Isgandarli.

Quatre mois plus tard, Ganimat Zahid revient sur cet événement dans un entretien accordé à Rue89 Strasbourg. Accompagné de sa fille, qui servira d’interprète lors de l’entretien, le journaliste raconte la menace qui s’abat, jusqu’en Alsace, sur ceux qui dénoncent l’autoritarisme et les exactions du clan Aliyev.

Ganimat Zahid revient sur cet événement dans un entretien accordé à Rue89 Strasbourg. Accompagné de sa fille, qui servira d’interprète lors de l’entretienPhoto : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg

Rue 89 Strasbourg : Depuis quand êtes-vous exilé en France et pour quelle raison avez-vous dû quitter l’Azerbaïdjan ?

Ganimat Zahid: J’ai commencé ma carrière de journaliste en 1990. De 2007 à 2010, j’ai été emprisonné en Azerbaïdjan. D’abord, parce que j’étais journaliste et, surtout, parce que j’étais rédacteur en chef d’Azadliq, le seul journal indépendant d’Azerbaïdjan, dont le nom signifie d’ailleurs « liberté ». Officiellement, j’ai été arrêté pour hooliganisme, parce que j’aurais agressé quelqu’un dans la rue. C’était l’argument du régime. Quand je suis sorti, je ne voulais pas prendre le risque de retourner en prison. Alors, j’ai décidé de quitter le pays avec ma famille. Grâce à l’aide de Reporters sans frontières, nous sommes arrivés en France en 2011, puis à Strasbourg en 2016. C’est ici que nous vivons depuis.

« Officiellement, j’ai été arrêté pour hooliganisme, parce que j’aurais agressé quelqu’un dans la rue. C’était l’argument du régime. »

Ganimat Zahid

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Accident de tram : le parquet ouvre une information judiciaire contre X

Accident de tram : le parquet ouvre une information judiciaire contre X
A l’entrée de la gare de Strasbourg, après l’accident du samedi 11 janvier.

Samedi 11 janvier, deux tramways entraient en collision dans le tunnel sous la gare de Strasbourg, provoquant 68 blessés. Deux semaines après, des investigations sont en cours et le réseau de transports en commun est toujours impacté.

Deux tramways sont entrés en collision le 11 janvier, suite au recul d’une rame dans le tunnel sous la gare de Strasbourg. Conséquences de cet accident : 68 blessés et une paralysie du réseau.

« Le parquet de Strasbourg a ouvert une information judiciaire contre X des chefs de blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », a annoncé Alexandre Chevrier, procureur par intérim ce 24 janvier. Avant d’ajouter que le but de cette enquête est de « déterminer d’éventuelles responsabilités sur le plan pénal ».

Pour rappel, le procureur avait affirmé le 11 janvier que les premières investigations ont permis d’écarter l’hypothèse d’un acte volontaire. L’enquête permettra de déterminer s’il s’agit d’une erreur humaine, d’une défaillance technique, ou des deux, et si quelqu’un est responsable de cet événement.

La CTS enquête

Parallèlement à l’information judiciaire, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a ouvert une enquête interne pour comprendre les raisons de l’accident. Ces investigations interviennent après le dépôt d’une alerte par le syndicat UNSA CTS pour « danger grave et imminent ». Dans une lettre adressée à la direction, le syndicat a réclamé l’accès à l’enquête et aux mêmes informations que la direction générale de la CTS.

Dans les colonnes des DNA, Stéphane Daveluy, délégué syndical UNSA-CTS, a précisé cette demande : « Pour nous, il est hors de question de rouvrir le tunnel de la gare et de reprendre l’exploitation sans savoir pourquoi un tram est parti en marche arrière. On ne veut pas prendre le risque, la prochaine fois, d’avoir des morts. » Le syndicaliste s’interroge sur la consigne visant à stationner des trams dans la pente, comme c’était le cas pour la rame impliquée dans l’accident avant qu’elle ne parte en marche arrière.

L’accident de tramways a permis à l’UNSA de pointer du doigt plusieurs autres problèmes. Dans cet article d’Actu Strasbourg, Stéphane Daveluy déplore un mauvais enseignement du démarrage en côte, à l’origine de l’accident du 11 janvier. Le syndicaliste critique aussi des journées de rappel des fondamentaux trop espacées et pas assez longues, et réclame d’améliorer les conditions de travail pour prévenir l’arrivée d’accidents.

Un réseau bloqué jusqu’à fin février

Après avoir annoncé un retour à la normale fin janvier, la CTS est revenue sur ses déclarations, la remise en état des infrastructures prenant plus de temps que prévu. Elle a annoncé une reprise de la circulation à la fin des vacances scolaires, soit le 24 février. En attendant, des bus de remplacement sont toujours disponibles entre les arrêts Rotonde et Gare centrale.

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Drones : le tribunal administratif rejette la demande de la Ligue des droits de l’Homme

Drones : le tribunal administratif rejette la demande de la Ligue des droits de l’Homme
Après les drones dans les quartiers populaires, les drones au dessus du Marché de Noël ou des manifestations… les drones pour traquer les migrants !

Vendredi 24 janvier, le tribunal administratif de Strasbourg a considéré que le recours judiciaire déposé par la Ligue des droits de l’Homme contre l’arrêté autorisant l’utilisation de drones avait été déposé trop tard.

Au tribunal administratif de Strasbourg, le juge des référés s’est prononcé, vendredi 24 janvier. La procédure de référé-liberté déposée la veille par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a été rejetée. Elle visait un arrêté de la préfecture du Bas-Rhin, publié le 17 janvier et autorisant la police à surveiller Strasbourg grâce à des drones, pendant dix jours de janvier.

Alertée par l’article de Rue89 Strasbourg, la LDH a saisi le tribunal administratif en arguant que cette autorisation, certains jours de janvier où aucun évènement particulier ne se déroulait, porte atteinte aux libertés fondamentales des Strasbourgeois et Strasbourgeoises.

Faute d’urgence

Mais faute d’urgence, le tribunal administratif a jugé la demande irrecevable. La procédure de référé-liberté est en effet réservée à des situations urgentes, où le juge a peu de temps pour décider étant donné la potentielle atteinte à une liberté fondamentale. Le recours intervenant plus de huit jours après la publication de l’arrêté, le magistrat l’a jugé tardif.

« Le tribunal ne s’est pas prononcé sur le fond, il n’a pas nié l’atteinte à nos libertés fondamentales », expose Ingrid Boury, présidente de la section Strasbourgeoise de la LDH.

L’association pourrait néanmoins poursuivre la décision de la préfecture via un recours pour excès de pouvoir. Celui-ci est plus long a être jugé, jusqu’à un an après son dépôt, selon la présidente.

En outre, Ingrid Boury précise que si un arrêté similaire venait à être publié par la préfecture dans le futur, la LDH saisirait à nouveau le juge administratif dans une procédure de référé-liberté.