Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

La police met fin au blocage de Sciences Po Strasbourg

La police met fin au blocage de Sciences Po Strasbourg

Un détachement de policiers a mis fin au blocage du bâtiment de Sciences Po Strasbourg ce jeudi 30 janvier.

Selon des informations transmises par les étudiants et les étudiantes, des policiers se sont déployés devant le bâtiment de Sciences Po Strasbourg vers 6h30 ce jeudi 30 janvier. Ils ont ensuite procédé à l’évacuation des étudiants présents et mis fin au blocage mis en place depuis lundi, pour protester contre le rétablissement d’une convention de partenariat avec l’université Reichman en Israël.

Les étudiants mobilisés contre ce partenariat depuis fin 2024 accusent la présidence de l’université et la direction de Sciences Po Strasbourg de « réprimer le mouvement étudiant ». Plusieurs dizaines d’entre eux maintenaient un blocage des entrées de l’établissement, situé dans le bâtiment du Cardo, au sein de l’hôpital civil de Strasbourg.

Un « aveu de faiblesse »

« Cette action de répression par la force est un aveu de faiblesse d’une direction qui a définitivement rompu tout dialogue, poursuit le communiqué des étudiants. Ce n’est pas son premier coup d’éclat, cherchant à délégitimer le mouvement avec des accusations d’antisémitisme honteuses, mensongères et absurdes ».

Le blocage a été levé immédiatement mais les étudiants mobilisés, soutenus par une partie de leurs professeurs, assurent qu’ils n’en resteront pas là. Ils restent déterminés à « mettre fin au partenariat avec l’université Reichman », et à instaurer un « comité éthique pour l’étude de tous les partenariats ». Dès ce jeudi matin, ils appellent à un rassemblement dans le hall du bâtiment « des étudiants, enseignants et personnels administratifs choqués par cette répression » et à participer à une assemblée générale à midi.

L’école Steiner de Strasbourg sous pression du Rectorat

L’école Steiner de Strasbourg sous pression du Rectorat

Inspectée deux fois en 2023 par l’inspection de l’Académie de Strasbourg, l’École Michaël a été mise en demeure de modifier ses enseignements par le Rectorat, selon les DNA.

Les Dernières Nouvelles d’Alsace révèlent que l’École Michaël, un établissement privé de Strasbourg appliquant la pédagogie Steiner-Waldorf, a été mis en demeure en novembre par l’Éducation nationale « d’améliorer la situation pour chaque manquement constaté » lors d’une inspection en octobre 2023.

« Aucun enseignement en sciences »

Le quotidien cite un courrier du recteur de l’Académie de Strasbourg, Olivier Klein, qui fait état de « non-respect du droit à l’éducation, de l’instruction obligatoire et des normes minimales de connaissances » :

Dans les « classes hors-contrat (7 sur 9 au total, NDLR) observées lors de la visite de contrôle », les « situations d’apprentissage ne permettent pas l’acquisition progressive des compétences et connaissances du socle commun », tance la missive. « L’équipe d’inspection relève que le temps consacré à l’apprentissage des mathématiques, notamment, est insuffisant. Les emplois du temps ne mentionnent aucun enseignement en sciences, ni en histoire-géographie, ni en éducation morale et civique », poursuit le document.

L’École Michaël accueille 167 élèves du CP à la classe de 3e, qui sont encadrés par une vingtaine de professeurs. Joint par Rue89 Strasbourg, le directeur pédagogique par intérim en 2023, Sébastien Wessler, déplore un courrier en « total décalage avec les observations faites par les inspecteurs lors de leur visite ». « Cette lettre arrive près d’un an après l’inspection, note-t-il, alors qu’à la suite des remarques positives des inspecteurs, nous pensions associer de nouveau nos classes à l’Éducation nationale. »

Subventions en suspens

Sylvie Meyer, directrice de l’école primaire, a répondu aux DNA que l’emploi du temps hebdomadaire avait été modifié afin de mettre les créneaux d’enseignement en cohérence avec les demandes de l’Éducation nationale. Le quotidien indique qu’une nouvelle inspection s’est déroulée en décembre 2024 afin de déterminer si ces modifications sont réellement appliquées. Ses conclusions ne sont pas encore connues.

En attendant les conclusions de cette nouvelle inspection, la Ville de Strasbourg a mis en suspens deux subventions prévues pour l’École Michaël, une pour des travaux de toiture qui devait être votée en décembre, et une pour le fonctionnement général qui devait être votée en mars.

Élections à l’Université : un candidat de la liste Refonder accusé de harcèlement moral

Élections à l’Université : un candidat de la liste Refonder accusé de harcèlement moral
La faculté des sciences historiques de l’Université de Strasbourg et de théologie se situe au sein du palais universitaire de Strasbourg.

À la tête d’une des listes du mouvement Refonder, candidat aux élections de l’Université de Strasbourg, se trouve un professeur visé par une procédure disciplinaire et une plainte pour harcèlement moral.

Le mouvement « Refonder » promet que si ses candidats sont élus aux élections universitaires, il compte œuvrer pour la transparence et la démocratie dans l’enseignement supérieur. « Refonder » fait partie des trois listes candidates aux élections pour diriger l’Université de Strasbourg (Unistra) – les scrutins auront lieu du 4 au 6 février. Pourtant, le candidat de Refonder en tête de liste pour la commission de la recherche dans le secteur 3, celui des sciences et technologies, est visé par une procédure disciplinaire et une plainte pour harcèlement moral.

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À Strasbourg et en Alsace, une eau contaminée aux polluants éternels

À Strasbourg et en Alsace, une eau contaminée aux polluants éternels
Les prélèvements d’eau potable analysés proviennent parfois de l’eau du robinet.

Une étude d’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin publiée jeudi 23 janvier 2025 confirme la contamination de l’eau de Strasbourg aux polluants éternels ou PFAS. Retour sur un problème sanitaire régional.

Dans un communiqué publié jeudi 23 janvier, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir et l’association écologiste Génération futures ont révélé les résultats de leurs analyses sur la qualité de l’eau à Strasbourg et à Mulhouse. Huit polluants éternels – des per- et polyfluoroalkylées plus connus sous le nom de PFAS – ont été retrouvés dans l’eau du robinet analysée. Les mesures ont été effectuées entre juin et novembre 2024 par un laboratoire indépendant. Ce dernier a détecté l’un de ces polluants éternels, le perfluorooctane sulfonate (PFOS), à hauteur de 1,9 nanogramme par litre (ng/l). Utilisés dans la fabrication de produits anti-adhésifs et de mousses anti-incendie, les PFOS sont toxiques. Ils sont interdits à la production et d’utilisation depuis 2019 en Europe.

Des normes qui ne rassurent pas

Cette étude fait écho à une enquête d'Ici Alsace (anciennement France Bleu Alsace). Des mesures avaient révélé que les eaux du robinet de Strasbourg et d’Ammerschwir près de Colmar sont contaminées aux polluants éternels. Au micro d'Ici Alsace, Thierry Schaal, vice-président de l’Eurométropole en charge de la gestion de l’eau potable, a assuré que les PFAS présents dans l’eau de l'agglomération ne contiennent que des concentrations inférieures aux valeurs limites. Selon la norme européenne appliquée en France à partir de 2026, la somme des 20 principaux PFAS ne doit pas excéder les 100 ng/l.

Mais l'UFC-Que Choisir estime que ces normes sont obsolètes et qu'elles ne permettent pas de garantir l'innocuité des eaux testées :

"Cette valeur de 100 ng/l ne se base sur aucune donnée toxicologique. C'est simplement le niveau de détection qu’atteignaient les méthodes d’analyse il y a quelques années. (...) Si l’on prenait la norme bien plus protectrice pour les consommateurs que le Danemark appliquera en 2026 (2 ng/l pour la somme de quatre PFAS), alors le prélèvement de Strasbourg serait non-conforme."

Une contamination régionale

En 2023, un consortium de médias intitulé le Forever Pollution Project avait révélé l'étendue de la pollution aux PFAS en Europe. En Alsace, les bords du Rhin sont particulièrement touchés. L'enquête, republiée par Rue89 Strasbourg, révélait la contamination de 200 sites en Alsace, avec un pic à 941 ng/l dans la commune du Vieux-Thann dans le Haut-Rhin.

Rue89 Strasbourg a aussi cartographié les résultats d’une étude de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) sur les prélèvements d’eaux rejetées par des entreprises alsaciennes pouvant "présenter des dangers (incendie, explosion, etc.) pour l’environnement, la santé et la sécurité publique" Cette étude a révélé la présence de PFAS dans 99 des 116 sites analysés en Alsace. Parmi eux, des entreprises de l’Eurométropole de Strasbourg comme la papeterie Blue Paper à Strasbourg, le complexe Alsachimie et Butachimie de Chalampé (Haut-Rhin) ou encore le cimentier Holcim à Altkirch.

Toute la nappe alsacienne polluée

Cette pollution de l’eau se retrouve aussi au niveau de la nappe phréatique d'Alsace. En 2024, Rue89 Strasbourg a détaillé les résultats d'une étude réalisée par l’Observatoire de la nappe d’Alsace (Aprona). Cette dernière a révélé que 97,5% des 200 points de mesure en Alsace sont contaminés par l'acide trifluoroacétique, appelé TFA. Cette molécule, de la famille des PFAS, est très peu connue. Aucune étude n’a encore été réalisée pour documenter sa toxicité. De ce fait, elle continue à être utilisée.

Ce que l'on sait, en revanche, c'est que le TFA est issue de la dégradation d’un pesticide fluoré, le flufénacet. Ce pesticide, utilisé dans les grandes cultures céréalières (blé et orge principalement), est vendu par les entreprises Bayer et BASF. La commercialisation de ce produit, officiellement reconnu comme perturbateur endocrinien l'année dernière, devait cesser en 2013. Mais le pesticide a fait l’objet de neuf dérogations émanant de la Commission Européenne, permettant à Bayer et BASF de continuer réaliser à vendre cette molécule toxique.

Une recherche de solutions en cours

Face à l’urgence de la situation, des chercheurs de l’Université de Strasbourg se sont fixé comme objectif de trouver une solution contre l’accumulation de cette pollution (lire notre article). Stéphane Vuilleumier et Michaël Ryckelynck cherchent ainsi le micro-organisme qui sera capable de dégrader les milliers de PFAS existants pour lutter contre leur accumulation dans les milieux naturels. Un projet audacieux et complexe, toujours en cours au moment de publier cet article.

D'autres solutions sont envisagées pour dépolluer les environnements. D’abord par une interconnexion des réseaux d’eau pour diluer les polluants. D'autres communes préfèrent installer des filtres au charbon actif (en projet à Mommenheim). Selon une enquête publiée par Le Monde, "la facture vertigineuse que les Européens devront payer pour éliminer les PFAS de leur environnement" se situe "entre 95 et 2 000 milliards d’euros sur vingt ans".

Mobilisation à l’école Albert Le Grand vendredi 31 janvier pour mettre à l’abri une petite fille et sa famille

Mobilisation à l’école Albert Le Grand vendredi 31 janvier pour mettre à l’abri une petite fille et sa famille
L'école maternelle Albert Le Grand

Des parents et des enseignants de l’école maternelle Albert Le Grand à Strasbourg se mobilisent vendredi 31 janvier pour mettre à l’abri une petite fille de 4 ans et sa famille, actuellement à la rue.

Malgré tous leurs efforts, aucune solution d’hébergement n’a été proposée au collectif de parents et d’enseignants de l’école maternelle Albert Le Grand au Neudorf. Depuis novembre, ils interpellent la Ville de Strasbourg et la préfecture du Bas-Rhin sur cette situation, sans succès. Déterminés et voyant les températures nocturnes hivernales baisser, ils ont décidé de manifester vendredi 31 janvier devant l’école, afin de rendre publique la détresse de cette famille.

Dans un communiqué, le groupe de parents d’élèves indique être « soutenu par le collectif Pas d’enfant à la rue » mais « sans résultat malheureusement pour l’instant, malgré de nombreuses demandes aux pouvoirs publics et un appel quotidien au 115, pris d’assaut à cette période ».

Nouvelle occupation ?

Dans leur texte, les parents d’élèves préviennent que « si aucune solution n’est proposée dans les prochains jours pour trouver un toit à cette famille, nous n’excluons pas de faire dormir la petite fille et ses parents dans l’école, en attendant une nouvelle positive des services de l’État ».

Les parents de l’école Albert Le Grand s’inspirent d’une opération menée par les parents de l’école Saint-Jean près des Halles. Une occupation nocturne de l’établissement avait permis de débloquer des hébergements temporaires pour quatre familles d’élèves sans-abri.

#école Albert Le Grand

Le collectif Cap tram nord espère un « front commun transpartisan » pour sauver l’extension

Le collectif Cap tram nord espère un « front commun transpartisan » pour sauver l’extension
Jacques Bresson, bénévole de MonTramJyTiens soutient le projet de tram nord

Conglomérat de 27 associations, le collectif Cap tram nord a réagi mardi 28 janvier à l’avis défavorable de la commission d’enquête au projet d’extension du tram vers le nord de l’agglomération. Il espère que les élus vont abandonner leurs querelles pour que l’extension se réalise rapidement.

Rassemblés mardi 28 janvier, les membres de 27 associations rangées sous la bannière du collectif Cap tram nord ont déploré « l’instrumentalisation politique en prévision des élections municipales de 2026 » du projet d’extension du tramway vers le nord de l’agglomération. Principal chantier d’aménagement du mandat écologiste à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg, le projet du tram nord a été vivement combattu par l’opposition. Il est bloqué depuis décembre suite à un avis défavorable de la commission indépendante d’enquête publique.

Réagissant un mois après cette annonce, le collectif dénonce des luttes politiciennes « indécentes » et appelle à un « front commun transpartisan […] pour résoudre de façon intelligente, constructive et programmatique les problèmes auxquels l’Eurométropole est et sera confrontée ».

Le collectif fait référence au changement climatique et à ses effets sur la santé des habitants de l’agglomération. Pour Jacques Bresson, de l’association MonTramJTiens, « le dérèglement climatique n’attend pas » alors que la commission d’enquête évoquait un « faux sentiment d’urgence ». Après les pics de pollution enregistrés en janvier, Jacques Bresson fustige l’absence d’alternatives proposées par la commission, bien que ce ne soit pas son rôle. « Il faut qu’ils se positionnent sur autre chose, on ne peut pas en rester là », déplore-t-il.

Un projet perfectible

Selon le collectif, le rapport de la commission d’enquête met en exergue les craintes des automobilistes, tout en minorant les effets de la circulation sur la qualité de vie et la santé des habitants de l’Eurométropole. Avec le tram nord et ses aménagements, notamment un grand parc entre Strasbourg et Schiltigheim, le collectif espérait une amélioration de la qualité de l’air, une diminution de la pollution sonore, un désengorgement de la station Homme-de-Fer et un meilleur partage de l’espace public entre les modes de transports. « On veut moins de voitures », résume Jacques Bresson alors que la commission d’enquête a rappelé à plusieurs reprises que les voitures étaient essentielles aux déplacements.

L’objectif du tram nord était aussi de relier les quartiers du nord de l’Eurométropole au centre de Strasbourg, au nom d’une « équité territoriale ». De vastes ensembles résidentiels ne peuvent se rendre à Strasbourg que par des bus très fréquentés et à la fiabilité dégradée. « Les habitants du nord de l’Eurométropole sont des citoyens punis, » assure de son côté Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature, une autre association membre de Cap tram nord. Il déplore un manque global d’infrastructures de transports, notamment cyclables, pour la cité des Écrivains, un quartier prioritaire de Schiltigheim et Bischheim.

Cap tram nord a adressé une lettre au préfet du Bas-Rhin pour qu’il prononce l’utilité publique du projet malgré l’avis défavorable de la commission d’enquête publique. Une possibilité qui est survenue en 2019, après les avis défavorables contre l’autoroute du Grand contournement ouest (GCO), et qui avait permis sa construction. Mais le GCO était alors porté par l’État, tandis que le tram nord est porté par l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg, souvent en opposition à la préfecture du Bas-Rhin. En attendant, le collectif prévoit d’organiser « plusieurs actions publiques » afin d’éviter que l’extension du tram vers le nord ne soit oubliée par les élus.

Censure et surveillance : l’emprise exigée par Total contre un don à l’Université

Censure et surveillance : l’emprise exigée par Total contre un don à l’Université

Total fait des dons à l’Université de Strasbourg, notamment pour l’école de chimie. Rue89 Strasbourg a pu consulter une convention de mécénat, document sensible dévoilant l’emprise que la multinationale souhaite établir dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Total et l’Université de Strasbourg (Unistra) auraient préféré garder ce document confidentiel. Quand il s’agit d’un partenariat entre une université et une multinationale pétrolière, l’opacité est la règle. Le collectif Scientifiques en rébellion en a fait les frais. En juin 2024, le groupe de doctorants et doctorantes a demandé à l’Unistra les termes d’une convention de mécénat avec Total. Sans réponse, le collectif a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). Elle a ainsi contraint la fondation Jean-Marie Lehn à transmettre des informations en janvier 2025. Cette fondation a été créée pour faire transiter l’argent entre des groupes privés et le pôle de recherche en chimie de l’Unistra. Révélations sur un document qui expose l’influence que peut avoir une entreprise comme Total sur le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche.

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Le P-DG du groupe Ebra (DNA, L’Alsace) démissionne

Le P-DG du groupe Ebra (DNA, L’Alsace) démissionne
Philippe Carli (à gauche), le président du groupe Ebra, propriétaire des DNA et de l'Alsace, lors d'une conférence au club de la presse de Strasbourg en janvier 2023.

Le P-DG du groupe Ebra a annoncé sa démission ce mardi 28 janvier. Philippe Carli se trouvait sous pression des rédactions du groupe après avoir affiché son soutien à l’extrême-droite sur LinkedIn.

« Les collègues sont heureux et soulagés de pouvoir continuer d’être un média crédible, non-militant et non-politisé. » Déléguée syndicale SNJ aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), Marie-Sophie Kormann savoure la nouvelle : le P-DG du groupe Ebra a annoncé sa démission mardi 28 janvier. Comme l’a révélé Mediapart, Philippe Carli exprimait son soutien à l’extrême-droite sur LinkedIn à travers des « j’aime » concernant des publications de la députée européenne Sarah Knafo (Reconquête) et d’autres personnalités d’extrême-droite.

« Pour un salarié, ce serait une faute grave »

Depuis, plusieurs syndicats du groupe Ebra, propriétaire de neuf titres de presse régionale à l’Est de la France, ont appelé à sa démission : « On avait tous la même approche, explique Marie-Sophie Kormann, pour un salarié ce serait une faute grave, il en est de même pour un directeur général du groupe Ebra, on ne peut pas utiliser les réseaux sociaux comme ça. » Du côté des DNA et de l’Alsace, une lettre ouverte a aussi été adressée à la direction du groupe lundi 27 janvier. Mardi 28 janvier, elle avait récolté les signatures de 90 salariés des deux titres de presse quotidienne régionale. Voici un extrait du courrier :

« Fiers d’exercer au sein de titres historiquement porteurs des valeurs de l’humanisme rhénan et de la Résistance, nous exprimons notre consternation et notre colère à l’adresse d’un dirigeant décrédibilisé qui, par ses prises de position publiques, entache notre réputation et notre travail. Nous réaffirmons l’indépendance de notre travail journalistique. Nous demandons aux dirigeants du Crédit Mutuel de tirer toutes les conséquences du discrédit provoqué par l’expression publique de Philippe Carli. »

Selon Marie-Sophie Kormann, Philippe Carli ne manquera ni aux journalistes, ni aux responsables syndicaux des rédactions propriétés du groupe Ebra :

« Les salariés le voyaient une fois par an. En général, c’était pour nous parler de la manière dont il va couper dans les coûts de fabrication, la masse salariale. C’est un patron qui est venu en disant qu’il allait redresser les titres, en développant le chiffre d’affaires et les activités annexes, comme l’événementiel, et en faisant des économies. Le seul constat qu’on a pu faire, c’est qu’il sait faire des économies. »

Le Crédit Mutuel reconnaissant

Par communiqué, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale « salue cette décision responsable » de Philippe Carli. Le Crédit Mutuel, actionnaire unique du groupe Ebra, estime que cette démission « doit permettre aux rédactions du groupe Ebra de retrouver leur sérénité dans un contexte économique qui reste difficile pour le secteur. » Et le groupe bancaire de saluer l’action de l’ex-P-DG :

« Il a fait preuve d’un engagement sans faille pour profondément transformer et assurer la pérennité des neuf titres du groupe, confrontés à une crise sans précédent (crise démocratique, digital first, explosion des coûts du papier et de l’énergie, tension sur le portage, inflation, pression des gratuits, etc.). »

« Il y a eu ces dernières années trois suicides que nous n’oublions pas. »

Jean-Frédéric Tuefferd, représentant SNJ-CGT des DNA

Représentant SNJ-CGT des DNA, Jean-Frédéric Tuefferd dresse un bilan plus critique des sept années du P-DG à la tête du groupe Ebra :

« Avec pour mot d’ordre Digital first, Philippe Carli a engagé beaucoup de réformes et a laissé beaucoup de gens sur le bas côté. Il a voulu moderniser l’entreprise avec une certaine brutalité dans la méthode. Il y a eu ces dernières années trois suicides que nous n’oublions pas. »

Une suite pleine d’interrogations

Du côté des syndicats des DNA, on s’interroge aussi sur la suite au niveau social. Comme l’indique la représentante SNJ-CGT Marie-Sophie Kormann, « de nouvelles négociations pour encore rogner nos acquis sociaux allaient s’ouvrir, sur notre congé épargne-temps, sur la grille de rémunération et sur la création de deux catégories de journalistes et cadres administratifs. Les anciens garderaient leur temps de travail et leur salaire tandis que les nouveaux travailleraient au forfait-jour. »

Le groupe Ebra n’a pas annoncé de directeur par intérim à sa tête. Dans son communiqué, le Crédit Mutuel indique vouloir « poursuivre les travaux en vue du rétablissement économique du Groupe Ebra pour atteindre l’équilibre financier ».

Pour les sans-abris en fin de vie, aucun répit jusqu’à la mort

Pour les sans-abris en fin de vie, aucun répit jusqu’à la mort
La mission mobile de Médecins du monde sur un campement de fortune à Strasbourg en 2022.

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Des visages et des témoignages d'habitants et d'habitantes des campements. Des révélations sur le business de l'hébergement d'urgence, sur les expulsions de familles par l'État, sur la tension alimentaire à Strasbourg, ou sur la réalité du plan Grand froid, au-delà de la communication préfectorale. L'engagement de Rue89 Strasbourg sur le sans-abrisme, c'est de vous donner accès à toutes ces informations qui font rarement la Une des médias traditionnels.

Ces enquêtes et ces reportages ont un prix. C'est le temps de travail de Thibault Vetter et de Camille Balzinger, qui suivent de près, depuis plusieurs années, la problématique du manque d'hébergements d'urgence à Strasbourg et la précarité des personnes sans papier.

D'avance, merci pour votre soutien.

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Contre un partenariat avec Israël, nouveau blocage à Sciences Po Strasbourg

Contre un partenariat avec Israël, nouveau blocage à Sciences Po Strasbourg
Le Comité Palestine Science Po Strasbourg a orchestré le blocage de l'école

Un blocage, orchestré par le comité Palestine Sciences Po Strasbourg, a eu lieu lundi 27 janvier dès 6h du matin. Les étudiants, soutenus par quelques professeurs, s’opposent au rétablissement du partenariat avec l’université Reichman et réclament l’ouverture de discussions avec l’administration.

« Israël génocide, Sciences Po complice ». Devant les locaux de Sciences Po Strasbourg, lundi 27 janvier, des banderoles tapissent l’entrée du bâtiment. Dès 6h du matin, une cinquantaine d’étudiants se sont réunis pour bloquer l’accès à leur école et réclamer la levée du partenariat avec l’université Reichman, en Israël.

Une collaboration d’abord annulée par le conseil d’administration de l’école à la fin juin, puis rétablie en décembre par la direction de l’Institut d’études politiques. Sitôt communiquée, cette dernière décision a été dénoncée par une partie des étudiants et des professeurs de l’école. Les étudiants réclament l’ouverture d’un débat public avec l’administration.

« Bataille d’information »

Sur un petit ordinateur, juché sur l’une des barricades, plusieurs professeurs apportent leur soutien en visio aux personnes mobilisées. « Ça fait chaud au cœur cette mobilisation, ça donne envie de rester prof ici ! », lance Valérie Lozach’h.

Les étudiants réclament la fin du partenariat avec l’Université ReichmannPhoto : Pierrot Destrez / Rue89 Strasbourg

Aux côtés d’autres enseignants démissionnaires du conseil d’administration, comme elle, la professeure évoque devant les étudiants une « bataille d’information » en cours entre les étudiants et la direction, où cette dernière rejetterait le débat. « Ce partenariat est devenu un combat personnel du directeur », ajoute Simon Levain, étudiant et membre du Comité Palestine Sciences Po Strasbourg.

Tant qu’il n’y aura pas de dialogue avec la direction d’autres rassemblements seront organisés, assure l’étudiant. À l’heure actuelle, la direction de l’IEP n’a pas réagi au blocage, si ce n’est en annulant tous les cours prévus dans le bâtiment de l’école. Elle n’a pas donné suite aux sollicitations de Rue89 Strasbourg à l’heure de la parution de cet article.

Avec Joseph Benamran, l’inarrêtable business du mal-logement

Avec Joseph Benamran, l’inarrêtable business du mal-logement
La pluie s'infiltre partout dans cette cuisine, au dernier étage d'un immeuble de Joseph Benamran.

La Ville de Strasbourg et l’État ont lancé plusieurs procédures à l’encontre du multipropriétaire Joseph Benamran. Malgré tout, beaucoup de locataires continuent de vivre dans des conditions indignes.

Des casseroles sont disposées sur le sol pour recueillir l’eau. Au-dessus, un chiffon humide est coincé dans une fenêtre rafistolée avec du plexiglas. Ce velux fait partie d’un mur fissuré et entièrement moisi. « Quand il pleut, ça s’infiltre partout », témoigne la locataire de l’appartement. Nous sommes en janvier 2025, au 1 rue de la Broque, quartier Gare.

Cet immeuble a pourtant déjà été déclaré insalubre en 2012 pour des fuites d’eau et des moisissures. Le propriétaire avait alors été obligé de réaliser des travaux. L’État a levé la déclaration d’insalubrité en avril 2013. Mais peu après, des habitants décrivaient des réparations très superficielles et le retour des moisissures.

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Après trente ans loin du drag show, Mathieu retrouve Crystal Clear

Après trente ans loin du drag show, Mathieu retrouve Crystal Clear
Mathieu a décidé de renouer avec Crystal Clear, son personnage de drag queen des années 90

En 2022 alors qu’il a bientôt 50 ans, Mathieu a une révélation : retrouver son personnage de Drag queen qu’il a délaissé il y a longtemps. Des retrouvailles avec lui-même qui sonnent comme une reconquête.

Le déclic, ç’a été une chanson de P!nk. “Never gonna not dance again”. Quand Mathieu a entendu ce morceau, il a su qu’il lui fallait « faire quelque chose ». Bien sûr, à presque 50 ans, il avait tout pour être pleinement heureux : un mari et un fils, une magnifique maison, un chat et un chien. Alors quoi ? 

Il a pensé à Crystal, elle n’avait jamais disparu, elle était là quelque part, pas loin, mais en retrait. Il suffirait d’aller la chercher, juste une fois, une dernière fois. 

« Vous pouvez avoir mon alcool, mon dinner, mon amusement,

Mon gâteau d’anniversaire, mon âme, mon chien, prenez tout ce que j’aime, »

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Pour réchauffer le mois de février, des fanfares, de la techno et du rock

Pour réchauffer le mois de février, des fanfares, de la techno et du rock
Le groupe Captain Stambolov, lors de l'édition 2020 du Fanfarodoï.

Deux mois qu’il fait si froid et si sombre… Pour sortir de cette léthargie hivernale, une tournée de concerts et de fêtes est prévue en février.

Grands moments de communion au Fanfarodoï

Comme chaque année en février, la team Pelpass propose de se secouer les puces au Molodoï, sur les musiques entraînantes des fanfares de France. Ce rendez-vous, unique en son genre, met sur scène des musiciens amateurs ou professionnels, mais tous et toutes attachées à la puissance des notes instrumentales pour de grands moments de communions musicales. Une partie de ces fanfares s’accompagne en outre de notes électros, comme Worship the Kick samedi ou House of Brass vendredi.

House of Brass, en concert à Strasbourg vendredi 7 février.

La puissance de Pales à la Grenze

Pales est de retour à Strasbourg. Si le groupe strasbourgeois ne manque pas de se produire régulièrement à domicile, ce concert à la Grenze reste très appréciable en ces temps froids et sombres. Comme nous l’écrivions pour la sortie de leur premier album, Pales produit un rock post-punk hypnotique dont le kérosène semble inépuisable. Pour commencer le mois, rien de mieux qu’une lévitation commune lors de longs morceaux débordants d’énergie. L’occasion aussi d’entendre le nouvel EP du groupe, « Crush », ainsi que le groupe Fishtalk, venu de Caen pour produire ses sonorités noise en première partie.

Une fête techno, nouvelle Scène

Pour celles et ceux qui n’auraient pas encore assez transpiré après le concert de PALES, l’after peut se trouver au Quai de Scène. Cet espace ouvert en janvier 2025 propose à la fois des spectacles de théâtre et d’improvisation, des concerts et du stand-up mais aussi des soirées plus tardives. Ce samedi 15 février sera l’occasion rêvée de découvrir le lieu, en se laissant entraîner par les boucles techno du duo Mehr is mehr. YOUN et GREMMLiNS.

Rendez-vous au Point d’eau

La tournée rock qui fait craquer les os engourdis continue. Si vous aimez les lignes de basse efficaces, les riffs qui déchirent les aigus et les rythmes constants calibrés pour entrer en transe, ne manquez pas Rendez-vous, le vendredi 20 février au Point d’Eau à Ostwald. Atmosphère coldwave à la Joy Division garantie par le groupe parisien et par les rouennais de Servo adepte des compositions psychédéliques à la limite du mystique.

À l’Espace Django, l’ingé son prend le pouvoir

Pour que février finisse avec une fièvre brûlante, la meilleure façon de finir le mois se trouve à l’Espace Django. Le jeudi 27 février, une révolution prendra place : l’ingé son Robin Plante prendra le pouvoir de la soirée, avec son synthétiseur modulaire, baptisé Nautilus. Autour de lui, les quatre membres du groupe de rock MNNQNS, originaire de Rouen, suivent le tempo infernal imposé par la machine. Esthétiquement, la mise en scène du spectacle se revendique comme rétrofuturiste, visuellement proche d’un film comme Phantom of the Paradise.

À Strasbourg, les Insoumis se préparent à bousculer les municipales

À Strasbourg, les Insoumis se préparent à bousculer les municipales
Le député insoumis Emmanuel Fernandes, en meeting en 2022.

Pour les prochaines élections municipales en 2026, la France insoumise souhaite peser dans plusieurs villes de France. À Strasbourg, où le mouvement est arrivé en tête aux européennes, les insoumis locaux s’organisent déjà en vue du scrutin.

Après moult précautions oratoires, une réponse tombe du bout des lèvres. « J’ai conscience que je peux susciter des attentes, que ce soit dans le mouvement ou à l’extérieur… Je ne fuirai pas cette responsabilité. » Même s’il en a déjà le phrasé, Emmanuel Fernandes (LFI), député de la 2ème circonscription du Bas-Rhin, ne se déclarera pas candidat à l’élection municipale de mars 2026 à ce stade, début 2025.

Pourtant, la possibilité d’une candidature insoumise échauffe l’esprit des candidats dans tous les camps, puisqu’elle changerait sensiblement l’équation politique à Strasbourg. Surtout à gauche. Arrivée en tête dans la ville aux élections européennes en juin 2024 avec 21,28% des voix, la France insoumise pourrait tenter de concurrencer la domination des Écologistes. Pour l’instant, elle laisse mijoter ses rivaux.

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Sur LinkedIn, le patron du groupe de presse Ebra (DNA, L’Alsace) aime beaucoup l’extrême droite

Sur LinkedIn, le patron du groupe de presse Ebra (DNA, L’Alsace) aime beaucoup l’extrême droite

Philippe Carli partage sur le réseau social de nombreuses publications de l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo, de personnalités du RN ou des vidéos de CNews. Confronté en interne, il a assuré que son compte était géré par une autre personne, dont il s’est dit « très mécontent », avant de changer de version.

Le patron d’Ebra, plus gros groupe de presse régionale de France, chérit l’extrême droite. Philippe Carli ne s’en cache pas : sur son compte LinkedIn, entre des contenus relatifs aux journaux d’Ebra, il partage régulièrement son admiration pour l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo, dont il « aime » de très nombreuses publications, ainsi que pour des responsables politiques du Rassemblement national (RN) ou des éditorialistes de la chaîne CNews.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) s’est ému de ces publications, jeudi 23 janvier, s’indignant que le patron d’un groupe qui possède neuf titres de presse régionale – dont le Le Dauphiné libéréLe ProgrèsL’Est républicain ou les Dernières Nouvelles d’Alsace – affiche ainsi son soutien à des personnalités d’extrême droite.

Une « trumpisation » du groupe Ebra

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« Pas d’enfant à la rue » demande au recteur une solution pour les élèves sans-abris

« Pas d’enfant à la rue » demande au recteur une solution pour les élèves sans-abris

À l’occasion de la journée internationale de l’éducation, le collectif strasbourgeois « Pas d’enfant à la rue » demande au recteur de l’académie de Strasbourg d’agir sur le sans-abrisme des enfants scolarisés.

Une centaine d’élèves scolarisés à Strasbourg seraient sans-abris, selon le collectif local « Pas d’enfant à la rue ». Une estimation a minima, étant donné que toutes les familles ne préviennent pas les enseignants de leur situation et que les militantes et militants sont essentiellement en lien avec les écoles maternelles et primaires. « Les enfants qui sont au parc Eugène Imbs ne sont pas tous scolarisés », souligne Yaël, une des porte-paroles du collectif, qui estime donc que le nombre de mineurs à la rue approche les 200.

Dans ce parc de la Montagne Verte, une cinquantaine de tentes abritent des familles et des personnes isolées. C’est la première fois à Strasbourg qu’un camp si grand existe et que les pouvoir publics ne proposent pas de solution alors que les températures sont passées sous les 0 degré en janvier 2025.

Au moins 25 écoles concernées

Depuis le 25 octobre, date du début du recensement lancé par le collectif, 25 écoles maternelles et élémentaires sont concernées par des élèves qui viennent en cours après avoir dormi dehors. « Nous pensons qu’il y a au moins autant de collèges et de lycées, étant donné que ces enfants ont des frères et des soeurs », précise Yaël.

Parmi les établissements identifiés, il y a l’école Camille Clauss, le Conseil des XV, la Canardière, Langevin, Schluthfeld ou encore Martin Schongauer. La lettre du collectif strasbourgeois au recteur de l’académie de Strasbourg Olivier Klein souligne l’aggravation récente du phénomène :

« Le sans-abrisme infantile s’est développé de manière exponentielle au cours de la décennie écoulée,
et a littéralement explosé depuis la fin de l’état d’urgence sanitaire. Ainsi, chaque jour, les salles de
classes accueillent en leur sein des enfants qui ont passé la nuit dehors et dont les besoins
fondamentaux en termes de santé et de sécurité ne sont pas satisfaits. Cette situation dramatique est
totalement incompatible avec le suivi d’une scolarité normale. »

« Les enseignants se retrouvent totalement démunis et seuls »

Composé de personnes au contact de ces enfants, le collectif invite le recteur de l’académie de Strasbourg à réfléchir pour trouver une solution d’urgence. Il cite également un rapport du Samu social de Paris et de l’Unicef de 2022 qui décrit les effets du sans-abrisme des plus jeunes, et le rapproche des expériences vécues à Strasbourg :

« Les enseignants se retrouvent totalement démunis et seuls, en première ligne face à des situations
de misère absolue qui les dépassent et qui engendrent une terrible souffrance au travail. Si celle-ci
est prise en considération par les organisations syndicales et les fédérations de parents d’élèves, elle
n’est pas reconnue par l’administration qui fait comme si ce phénomène n’avait aucun effet sur la
réussite des élèves ou sur la santé des personnels. »

Le collectif conclut en proposant une « audience » durant laquelle les participantes et participants pourraient identifier les moyens qu’a l’Éducation Nationale de « faire face » à la « problématique du sans-abrisme infantile ».