Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

L’humour de Philippe Poutou, la combativité de Cem Yoldas

L’humour de Philippe Poutou, la combativité de Cem Yoldas
Cem Yoldas entouré de ses soutiens lundi 8 décembre.

Lundi 8 décembre, Philippe Poutou est venu à Strasbourg pour soutenir la liste menée par Cem Yoldas aux élections municipales. La gauche révolutionnaire a présenté ses priorités et critiqué tous azimuts les partis, dont LFI.

Plus d’une centaine de personnes se sont pressées dans la salle de la Maison des associations de Strasbourg, agrémentée des couleurs de la Palestine et de la Kanaky, lundi 8 décembre vers 19 h. Elles et ils sont venus écouter Philippe Poutou, ancien ouvrier syndicaliste de l’usine Ford de Blanquefort en Gironde et ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Désormais conseiller municipal à Bordeaux, il est venu soutenir Cem Yoldas, le candidat pour les élections municipales en tête de la liste « Strasbourg c’est nous ».

Lola Romieux, qui sera sur cette liste, a pris la parole la première pour évoquer quelques points du programme, comme les transports gratuits pour tous et toutes, de nouveaux espaces autogérés pour les jeunes sur le modèle du Molodoï ou une taxation renforcée contre les meublés de tourisme, au bénéfice des logements dont les loyers seraient bloqués.

La salle de la Maison des associations s’est avérée trop petite…Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

Charge contre la majorité

La soirée s’est poursuivie avec une charge de la conseillère municipale Soraya Ouldji contre la municipalité écologiste. Nommée adjointe à la maire en charge de la petite enfance, elle a quitté l’exécutif en juin 2024 :

« J’avais proposé que nous mettions en place des cuisines dans les établissements pour les cantines. On m’a dit que c’était trop radical, qu’on avait déjà demandé aux industriels d’inclure des produits biologiques… J’ai fait connaissance avec une culture de l’affichage. »

Soraya Ouldji estime avoir été victime de « violence politique », notamment après avoir dénoncé l’Affaire Polesi : « l’accès à mes courriels a été supprimé, mon micro a été coupé… Est-ce qu’on accepte que la politique soit pourrie comme ça ? Nous devons dire stop au fatalisme ! »

Philippe Poutou : « au NPA, on est des professionnels de la défaite »Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

« Les élections, c’est pas notre terrain »

Très attendu, Philippe Poutou s’est ensuite avancé sur le pupitre décoré du logo « Strasbourg c’est nous » sur un fond vert. Une affiche « qui aurait pu être un peu plus rouge », remarque-t-il. Sans notes, Philippe Poutou a improvisé un discours ponctué de petites blagues sur la place d’une liste de gauche révolutionnaire aux élections municipales :

« On est plutôt habitués à manifester, à faire des pancartes, à hisser des drapeaux… Les élections, c’est pas notre terrain. On n’a rien à faire là avec nos gueules qui sont pas toujours terribles… On pense plutôt que ce sont les mobilisations qui peuvent changer les choses. Mais voilà, on vient rappeler qu’on existe dans cet endroit où on n’est pas invités… On ne fait pas peur à grand monde, mais c’est déjà pas mal. »

Philippe Poutou a rappelé avec beaucoup d’humour son expérience à Bordeaux, où il a participé à une liste d’union avec la gauche radicale « Bordeaux en lutte » en 2020 qui a éclaté en 2022 :

« Au NPA, on est des professionnels de la défaite, on se présente à toutes les élections, on est battus et on recommence. Mais en 2020, portés par le mouvement social, on a été élus. Bon je vous préviens, c’est chiant, hein… On finit par discuter de budget comme n’importe quel droitard… pour s’apercevoir qu’il n’y a aucun mot de gauche dedans ! »

Pour autant, Philippe Poutou a plaidé pour une forme d’union avec les autres composantes de gauche :

« Il y a le danger de l’extrême droite tout de même, il faut être vigilant. C’est une menace qui va peser sur nous, les gauchistes, mais aussi sur toutes les personnes précaires, racisées, etc. Donc il faut être radical mais aussi garder le contact avec les autres forces de gauche. On n’a pas les mêmes choses à dire, pas de la même manière, mais il y a des enjeux beaucoup plus grands. Je rappelle que le ministre de l’Intérieur s’est attaqué à un jeu de société parce qu’il a un policier raciste comme personnage ! On peut en sourire mais ils en sont là ! »

Cem Yoldas n’est pas prêt à transiger, même avec LFI.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc

Pas de cadeaux à LFI

Cem Yoldas a terminé la soirée avec un discours moins drôle mais plus axé sur les enjeux strasbourgeois et notamment la crise du logement, « devenue insoutenable pour de nombreuses familles ». Rappelant à Philippe Poutou qu’à la Jeune garde antifasciste, dont il vient, « il y a la culture de la gagne », Cem Yoldas n’entend pas faire de cadeaux à la liste soutenue par La France insoumise. Il avait déjà critiqué sur les réseaux sociaux la proposition de Florian Kobryn de rendre payant l’accès au marché de Noël. À la fin de son discours, il l’a accusé d’être prêt à conclure un accord de second tour avec Jeanne Barseghian :

« Florian Kobryn, c’est un deuxième bulletin Barseghian ! Les 120 pages du programme des Insoumis, elles seront mises à la poubelle dès le 22 mars. Avec nous, pas d’union au second tour sans autocritique de la maire sur son boycott de Médine, sur l’affaire Polesi ou encore sur son inaction face à la situation des enfants à la rue ! »

Cem Yoldas a détaillé ses positions pour que Strasbourg soit une « ville refuge » en terme de sécurité : transformer la police municipale en police de proximité « qui n’hésitera pas à jouer au football avec les jeunes plutôt que les arrêter ». Il a proposé que la Ville de Strasbourg se porte « partie civile à chaque affaire de violences policières. » Quant à l’international, Cem Yoldas a promu la fin du jumelage de Strasbourg avec la ville israélienne de Ramat Gan.

À l’Unistra, 37 étudiants étrangers désinscrits faute d’avoir pu payer leur inscription

À l’Unistra, 37 étudiants étrangers désinscrits faute d’avoir pu payer leur inscription
Une action étudiante en décembre 2023 contre la loi dite asile et immigration.

L’Université de Strasbourg a annoncé à plusieurs étudiants étrangers leur désinscription pour ne pas avoir versé les quelques 4 000 euros de frais d’inscription. Certains ne savaient pas encore que leur demande d’exonération de ces frais différenciés leur avait été refusée. 

À l’évocation de la situation des étudiants étrangers de l’Université de Strasbourg, sa voix se noue. L’étudiante tunisienne, qui préfère garder l’anonymat, est parvenue à payer les 3 941 euros de droits d’inscription réclamés par l’université. Affectée par la situation de ses camarades, la jeune étudiante dénonce « le ton utilisé par les administrations » pour les inciter à payer, et des formulations qu’elle juge « sans considération » à l’égard des étudiants étrangers. « Ces courriers étaient robotisés, brutaux », rembobine-t-elle, au bord des larmes.

Les frais différenciés ont été mis en place pour les étudiants issus de pays non-membres de l’Union européenne à la rentrée 2019, dans le cadre de la circulaire « Bienvenue en France ». À l’instar d’autres universités, celle de Strasbourg a choisi de ne pas se plier à cette différence de traitement entre étudiants. Mais en 2024, « l’exonération de tous les étudiants n’était plus réglementairement possible », soutient l’Université de Strasbourg, en raison d’un seuil fixé à 10 % d’étudiants exonérés par établissement. Si une dispense des frais d’inscription est accordée aux étudiants de licence, ceux de master sont contraints de payer. 

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#précarité étudiante

L’Université de Strasbourg appelée à respecter sa promesse d’accueillir des étudiants palestiniens

L’Université de Strasbourg appelée à respecter sa promesse d’accueillir des étudiants palestiniens
Mobilisation en soutien à la Palestine, en octobre 2023.

30 organisations ont signé une lettre ouverte destinée à la présidence de l’Université de Strasbourg. Elles demandent la mise en place de mesures permettant d’accueillir des étudiants et des étudiantes réfugiées de Palestine.

« La présidence doit se placer à la hauteur de ses déclarations. » Dans une lettre ouverte (voir ci-dessous) envoyée lundi 8 décembre, 30 organisations, dont des syndicats étudiants, ainsi que des membres du personnel de l’Université de Strasbourg, rappellent l’engagement pris par la présidence de l’Unistra pour l’accueil « des étudiantes et étudiants gazaouis » en juin 2024. Les signataires demandent des mesures concrètes pour rendre cet accueil possible :

    « Des aménagements pédagogiques permettant l’inscription immédiate et la poursuite d’études sans condition, y compris avec l’accès au niveau A0 en français dans les licences et masters de l’ensemble de l’Université, L’exonération systématique des frais d’inscription, L’attribution de bourses et de logements, Un accompagnement matériel et humain dès leur arrivée sur le territoire. »

Les signataires dénoncent que la France demande aux Gazaouis, pour obtenir un visa, « de prouver leur “excellence” » ou « de trouver un financement par une collectivité ou une université, ainsi qu’un logement ». Le texte a été écrit par des étudiants et étudiantes du collectif Poing Levé, ainsi que les syndicats AES, FSE et Solidaires étudiant-e-s. Ces derniers dénoncent par ailleurs dans le texte « la répression des étudiants solidaires avec la Palestine », en mentionnant les interventions policières sur le campus, et l’interdiction des conférences de Rima Hassan ou de la projection du film Fedayin sur la lutte pour la Palestine.

La liste des organisations prenant part à la démarche devrait s’allonger au fil des jours.

Budget 2026, hébergement d’urgence : les principaux points votés lundi 8 décembre

Budget 2026, hébergement d’urgence : les principaux points votés lundi 8 décembre
Le dernier Conseil municipal de la Ville de Strasbourg s’est tenu lundi 8 décembre.

Le dernier conseil municipal de l’année, lundi 8 décembre 2025, a été dense. Point le plus important : le budget de la Ville de Strasbourg pour 2026, adopté malgré des échanges qui avaient des allures de débats entre candidats aux élections municipales.

Un conseil municipal un peu particulier, lundi 8 décembre 2025. Il s’agissait du dernier vote budgétaire du mandat de Jeanne Barseghian avant les élections municipales en mars 2026. L’ordre du jour a débouché sur l’adoption du budget 2026. Une motion a aussi été votée à l’unanimité pour le relogement de 30 personnes au foyer Jean-Jaurès.

Opposition contre le budget

À Strasbourg, le débat budgétaire a pris des allures de répétition générale avant les élections municipales. Dès l’ouverture, la majorité a resserré les rangs avec de nombreuses interventions d’adjoints pour défendre un budget que Jeanne Barseghian, la maire écologiste, présente comme un « cap assumé » malgré les « turbulences ». Elle revendique des investissements massifs dans les écoles, la petite enfance et la rénovation des équipements, au prix de travaux parfois impopulaires : « Personne n’aime les travaux, mais quand on aime sa ville on en prend soin. »

À ses côtés, Syamak Agha Babaei, premier adjoint aux finances a attaqué frontalement l’opposition, en dénonçant « la coalition de ceux qui veulent que rien ne bouge » et en rappelant la philosophie du budget de 2026 : « C’est un budget solide pour fabriquer une ville robuste (…) une ville qui regarde l’avenir sans détourner les yeux : réchauffement climatique, montée du fascisme. »

Face à cette défense, les oppositions, notamment celles candidates aux municipales entrent en campagne. Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) a livré un réquisitoire alarmiste, accusant la majorité d’avoir fait exploser la dette : « Tous les voyants basculent au rouge. (…). Plus de 100 000 euros de plus de dette par jour depuis 2020. Jamais une majorité n’a autant endetté la Ville en si peu de temps. » Pierre Jakubowicz (Horizons) a dénoncé un mandat « qui n’aura jamais trouvé son cap », évoquant « une flamme de la Ville éteinte » et « un dépôt de bilan » politique. Dans l’opposition également, la socialiste Caroline Barrière a accusé la majorité d’être « les fossoyeurs des finances », tandis que Catherine Trautmann (PS) a reproché l’absence de planification sur la transition climatique et l’habitat.

Après plus de trois heures d’échanges, le débat sur le budget 2026 est finalement resté très mince. Difficile dans cette atmosphère largement électorale de mesurer ce qui pose réellement problème sur le plan financier, tant les prises de parole ont glissé vers des déclarations de campagne. La maire a fustigé des prises de parole « démesurées et caricaturales », rappelant que l’opposition avait voté « 75 % des délibérations depuis cinq ans ». Tous les groupes d’opposition ont voté contre ce budget estimant « faire mieux » s’ils gagnaient l’accès à l’hôtel de ville en mars 2026. Le budget a été adopté par 46 voix contre les 18 des groupes d’opposition.

Possible réquisition de l’hôtel Mercure

Annoncée le 5 décembre, une délibération d’urgence prévoit de débloquer 65 000 euros pour accueillir 30 personnes au foyer Jean-Jaurès, confié à l’association Les Petites roues. La Ville précise que l’hébergement sera réservé à des familles dont les enfants sont scolarisés à Strasbourg, en priorité les plus vulnérables. La mesure a été votée à l’unanimité, sans éviter les critiques. Rebecca Breitman (Modem, centre-droit) et Jean-Philippe Vetter (LR, droite) ont rappelé qu’une mesure d’urgence ne peut se substituer à une politique publique solide sur l’hébergement des personnes à la rue. « On a le sentiment d’être constamment en train d’éteindre des incendies », tance Jean-Philippe Vetter.

Pour la majorité, l’action insuffisante de l’État y est pour beaucoup. Jeanne Barseghian détaille :

« L’État a supprimé des places d’hébergement. Et même si on en a créée, il y a un effet de vases communicants. Il faut réformer au niveau national. Vous n’imaginez pas le nombre de courriers que j’ai envoyés au préfet pour qu’on ait un comité avec l’État. Je demandais qu’on puisse anticiper ensemble les besoins, pour qu’avec la CeA, la Ville, la préfecture et les associations de solidarité, on se mette autour d’une même table. »

Ce comité s’est tenu pour la première fois « il y a quelques jours », en présence du nouveau préfet, une « petite avancée » selon la maire, mais qui laisse l’urgence prévaloir. Elle a également proposé la réquisition de l’hôtel Mercure, actuellement vacant, à l’ancien préfet Jacques Witkowski :

« Il est indispensable que l’État réquisitionne un bâtiment. Il faut intervenir avant que les températures retombent. Cette gestion au thermomètre est indigne, absurde. »

En effet, des places d’hébergement en hôtel ne sont financées que lorsque le plan grand froid est déclenché par le préfet, en cas de températures très basses pendant plusieurs nuits de suite, mettant en danger les personnes sans-abri.

Tension autour des animaux liminaires

Vers 16h45, la maire presse d’accélérer le rythme, le conseil n’en étant qu’au point 15 sur les quelques 80 prévus. Les élus doivent voter des subventions pour des projets de sensibilisation des habitant·es des logements sociaux aux animaux liminaires (rats, punaises de lit…). Le débat va finalement durer près d’une heure et provoquer une suspension de séance d’une minute.

Rebecca Breitman (Modem) s’est emportée, en dénonçant le manque d’action de la majorité et raille l’idée qu’il ne faudrait plus qualifier ces animaux de « nuisibles ». Selon elle, Strasbourg ne prend pas le problème des rats au sérieux. Anne-Pernelle Richardot, élue d’opposition du Parti socialiste renchérit : « Rien n’a été fait à la hauteur du problème. »

Au tour de Benjamin Soulet, adjoint de la majorité, de défendre les campagnes de dératisation de la majorité, soulignant la collecte des déchets et l’enterrement des points de collecte comme mesures concrètes. Et de juger ce sujet constamment instrumentalisé. La tension monte, et Jeanne Barseghian accuse Rebecca Breitman de tenir des propos diffamatoires. Ce point aura finalement suscité plus de véhémence que le vote du budget…. Mais aura été voté à l’unanimité.

Le photovoltaïque au vote

Le conseil municipal a mis au vote un autre dossier clé de la séance qui n’a pourtant suscité aucun débat : le contrat de concession confié à la nouvelle Société publique locale (SPL) Strasbourg Énergies Renouvelables Eurométropolitaines (Sere), chargée de produire de l’électricité photovoltaïque. Pour Joris Castiglione (Parti Communiste), « il faut accélérer l’énergie bas carbone », en privilégiant un mix énergétique équilibré. Selon lui, c’est le cas avec ce projet. Syamak Agha Babaei, premier adjoint, a soutenu l’« un des éléments qui nous permettra dans la durée de diminuer notre facture énergétique ».

Le contrat, d’une durée de 30 ans à compter du 1er janvier 2026, prévoit un programme d’investissement initial de 10 millions d’euros, financé par la SPL. Les premiers sites identifiés concernent des toitures d’écoles, des bâtiments sportifs, des dépôts techniques et des parkings équipés d’ombrières, avec la possibilité de développer des installations sur des friches et des zones d’activités, voire de développer des projets d’autoconsommation collective.

50 000 euros pour un centre de santé

Côté santé, la Ville de Strasbourg a adopté une délibération visant à « renforcer l’accès aux soins de premier recours dans les quartiers populaires » en soutenant le Centre de santé communautaire de Cronenbourg. Ce projet, porté par l’association L’Île Aux Santés, proposera des soins primaires accessibles sans dépassement d’honoraires, des actions de prévention et de promotion de la santé, ainsi que des espaces d’accueil pour les femmes et enfants victimes de violences. Situé au 11 rue Augustin-Fresnel, dans un quartier considéré comme « désert médical », le centre va bénéficier d’une première subvention de 50 000 euros pour son projet immobilier, sur un investissement total estimé à près de 500 000 euros.

Lourd silence dans l’hémicycle

À 21h, trois élus d’opposition – Anne-Pernelle Richardot (PS), Rebecca Breitman (Modem) et Nicolas Matt (ex-Renaissance désormais allié de Jean-Philippe Vetter (LR) en vue des municipales de 2026) – ont interrogé l’exécutif sur le rapport Égaé. Dévoilé par Rue89 Strasbourg le 22 novembre, ce document retrace plusieurs mois d’alertes minimisées autour d’Hervé Polesi, ancien adjoint à la maire en charge de la coordination des élus de quartier. Rebecca Breitman interroge la méthodologie de l’enquête, qui n’a fait appel qu’à 16 entretiens.

Ce rapport révèle aussi des propos discriminatoire – à caractère raciste, sexiste, grossophobe ou visant la religion – tenus par des élu·es ou agents de la collectivité. « Qui les a tenus ? », demande l’opposition. Nicolas Matt insiste à de nombreuses reprises. La maire, Jeanne Barseghian, répond qu’elle l’ignore : « J’aimerais le savoir aussi. Si quelqu’un a quelque chose sur la conscience… Je vous écoute », lance-t-elle, provoquant un long silence dans l’hémicycle. Elle rappelle que toutes les alertes visant des élu·es seront désormais traitées de manière spécifique.

Deux motions votées

La majorité a présenté une motion de soutien au Plant Based Treaty, un appel international qui encourage les collectivités à favoriser une alimentation plus végétale, à protéger les écosystèmes et à soutenir des modèles agricoles plus durables. Elle a été adoptée à l’unanimité. Tout comme une motion pour renforcer la présence humaine dans les gares et rouvrir des guichets à Strasbourg et dans le Grand Est.

En parallèle, Pierre Jakubowicz (Horizons), a demandé au conseil de voter une résolution pour approfondir l’étude d’un rapport publié le 1ᵉʳ décembre 2025 par le Comité science, santé et société (C4S). Ce document alerte sur les difficultés croissantes rencontrées par les soignants, les services d’urgence et les patients dans l’Eurométropole, notamment autour des établissements du centre-ville, en lien avec les évolutions du stationnement, des sens de circulation, les travaux ou encore les restrictions de la zone à faibles émissions. Sa proposition a été rejetée.

#budget 2026

À l’APEI Centre Alsace, de multiples défaillances médicales

À l’APEI Centre Alsace, de multiples défaillances médicales
Le rapport d’inspection de l’ARS et de la CeA relève 25 irrégularités sur les six foyers.

L’inspection de six structures pour personnes handicapées de l’APEI Centre Alsace a révélé des manquements dans la prise en charge médicale liés à un manque de moyens et d’infirmières. Rue89 Strasbourg a eu accès au rapport confidentiel qui décrit ces dysfonctionnements.

L’APEI Centre Alsace gère des foyers pour les personnes en situation de handicap. Les 14 et 15 novembre 2024, l’Agence régionale de santé (ARS) et la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) ont inspecté six de ses structures. Implantées à Châtenois et Sélestat, elles accueillent autour de 200 usagers. Les conclusions de cette enquête se faisaient attendre. Elles ont été transmises fin novembre 2025, un an plus tard, à la direction de l’association. Rue89 Strasbourg a eu accès à ce rapport confidentiel. Il dévoile de nombreuses défaillances dans l’organisation de la prise en charge médicale, à cause d’un manque de personnel qualifié.

Au total, « 25 écarts à des obligations légales ou réglementaires » sont répertoriés par les 13 inspecteurs et inspectrices. L’APEI Centre Alsace a un mois pour répondre à ses financeurs sur sa manière de remédier à ces dysfonctionnements. Si elle ne le fait pas, elle s’expose à des sanctions administratives.

Médicaments périmés

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Vote du budget, soutien aux assos et rapport sur les violences sexistes au conseil municipal

Vote du budget, soutien aux assos et rapport sur les violences sexistes au conseil municipal
La séance, dense, risque de s’étirer tard dans la soirée.

Comme souvent en décembre, l’ordre du jour du conseil municipal de Strasbourg est particulièrement chargé : budget 2026, soutien aux associations, rapports annuels, soutien au photovoltaïque et nombreuses questions diverses, dont une sur l’affaire Polesi et le rapport Égae sur les violences sexistes.

Au cœur des débats du conseil municipal de Strasbourg du lundi 8 décembre, le budget primitif 2026 (point 1), qui fixe les priorités financières de la collectivité pour l’année à venir s’élève à 471,1 millions d’euros en fonctionnement et 216,7 millions en investissement. Près de la moitié des dépenses de fonctionnement est absorbée par les charges de personnel, à hauteur de 228,5 millions d’euros, tandis que les subventions représentent 52,2 millions. L’autofinancement prévisionnel atteint 27,8 millions d’euros. Côté recettes, la fiscalité locale reste le socle principal. Les investissements prévus, très dépendants d’un emprunt de 111,7 millions d’euros, doivent permettre la rénovation du patrimoine municipal et la poursuite des grands programmes urbains. Un point qui devrait largement alimenter les débats, puisque la dette a doublé en six ans et s’allonge assez densément sur cette dernière année 2026.

65 000 euros d’urgence pour loger des familles

Le soutien au tissu associatif constitue un autre volet important du conseil. Annoncée le 5 décembre, une délibération d’urgence sera votée pour débloquer 65 000 euros afin de loger 30 personnes au foyer Jean-Jaurès. Foyer dont la gestion sera confiée à l’association Les Petites Roues, pour assurer l’hébergement de familles dans ce bâtiment vacant de la collectivité. « Les personnes hébergées seront des familles dont les enfants sont scolarisés à Strasbourg, en priorisant les familles les plus vulnérables au regard de l’état de santé, de l’âge des enfants, de l’absence de relais et de la durée d’errance », précise la Ville de Strasbourg.

De nombreuses autres subventions seront votées (point 14, 15, 21, 32, 39, 41, 42, 43, 49, 52, 55 à 58 et 61). Ainsi qu’un certain nombre de conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens censées sécuriser les budgets et « clarifier la gestion des équipements mis à disposition ». Ce soutien représentait 8,17 millions en 2024, un niveau que la municipalité explique maintenir sur la fin du mandat.

Les associations concernées sont très diverses, allant de structures œuvrant contre l’habitat indigne et pour la santé environnementale — comme l’Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (3 100 euros) ou la Confédération nationale du logement (2 000 euros) — à celles qui interviennent sur la surpopulation de rongeurs ou les punaises de lit. La Ville apporte également chaque année un soutien aux associations cultuelles et aux projets cultuels dans le cadre du droit local d’Alsace-Moselle, aux associations s’occupant du bien-être environnemental, et surtout aux initiatives relevant de la solidarité, avec un budget de 1,3 million d’euros.

Eau, assainissement, stationnement

Les élus prendront acte du rapport annuel 2024 sur le prix et la qualité des services de l’eau et de l’assainissement dans l’agglomération (point 16). Le document souligne une conformité sanitaire de 99 % et plus de 34 millions de mètres cubes produits pour les 33 communes de l’Eurométropole.

Le conseil présentera également la synthèse de l’activité 2024 des délégations de service public de la ville (point 35). Strasbourg a confié la gestion de neuf services publics à des organismes privés, qu’il s’agisse d’associations ou de sociétés commerciales. Ces services concernent principalement le stationnement — sur voirie et dans les parkings municipaux, notamment aux Halles et aux Ateliers — ainsi que l’action sociale, via les maisons de la petite enfance (MPE) de Cronenbourg, Neuhof, Roberstau et la structure transfrontalière franco-allemande. La gestion du cinéma municipal Cosmos et des Bains municipaux de la Victoire complète le panorama des activités déléguées. Un rapport inclut également une synthèse sur le fonctionnement du port autonome de Strasbourg.

Enfin, comme chaque fin d’année, le conseil examinera les rapports d’activité des sociétés à capitaux mixtes (point 36). Strasbourg détient des parts dans huit entreprises publiques locales couvrant des secteurs allant du logement social à l’aménagement urbain, en passant par la gestion des parkings, avec des structures comme Habitation Moderne, Parcus, la SPL Deux Rives ou Réseau GDS. En 2024, sept de ces sociétés affichent des résultats bénéficiaires et regroupent 616 salariés, tandis que le niveau de participation de la Ville reste stable à 13,41 millions d’euros.

Contrat pour le photovoltaïque

L’un des dossiers importants concerne l’énergie (point 22). Les élus doivent valider le contrat de concession confié à la nouvelle Société publique locale (SPL) Strasbourg Énergies Renouvelables Eurométropolitaines (Sere), chargée de produire de l’électricité renouvelable. Le contrat, conclu pour 30 ans à partir du 1er janvier 2026, prévoit un premier programme d’investissement d’environ 10 millions d’euros, financés directement par la société publique. La collectivité s’engage à acheter l’électricité produite, dans un modèle en quasi-régie destiné à réduire les coûts, sécuriser les recettes et accélérer le déploiement des équipements.

Les premiers sites identifiés concernent principalement des toitures d’écoles, des bâtiments sportifs, des dépôts techniques et plusieurs parkings pouvant accueillir des ombrières. La SPL pourra également développer des installations sur les friches publiques ou les zones d’activités, avec la possibilité de monter en puissance sur des projets d’autoconsommation collective.

L’affaire Polesi évoquée par l’opposition

Comme au conseil municipal de novembre, l’opposition annonce une question en lien avec l’affaire Polesi. Nicolas Matt, comme l’ensemble des élus, ont eu accès au rapport Égae, que Rue89 Strasbourg a dévoilé le 22 novembre. Rapport qui décrit plusieurs mois de défaillances institutionnelles et d’alertes minimisées mais l’élu d’opposition, qui a récemment rejoint Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) en vue des élections municipales de mars 2026, souhaite des précisions sur les propos discriminatoires évoqués et les obligations légales de signalement.

Jean-Philippe Vetter (LR) interpellera la maire sur la baisse de fréquentation du marché de Cronenbourg depuis son déplacement de la place de Haldenbourg vers la rue du Rieth et saisit la découverte d’une arme et de munitions cachés dans un buisson de la Petite France pour questionner la sécurité du Marché de Noël.

Pierre Jakubowicz, élu d’opposition macroniste (Horizons), souhaite attirer l’attention du conseil sur un rapport rendu le 1er décembre 2025 par le Comité science, santé et société (C4S), consacré aux effets des politiques de mobilité sur l’accès aux soins dans l’Eurométropole. Le document pointe les difficultés croissantes rencontrées par les soignants, les services d’urgence et les patients, notamment autour des établissements du centre-ville, en raison des évolutions du stationnement, des sens de circulation, des travaux ou encore des restrictions liées à la zone à faibles émissions.

#budget 2026

Benjamin Chevalier : « Le marché de Noël est un terreau propice pour l’extrême droite »

Benjamin Chevalier : « Le marché de Noël est un terreau propice pour l’extrême droite »
Benjamin Chevalier est enseignant en sociologie politique à Sciences Po Strasbourg.

En l’espace d’une semaine, Strasbourg a été visée par plusieurs actions de déstabilisation en provenance de l’extrême droite : une banderole xénophobe place Kléber et une vidéo contre la mosquée Eyyüb Sultan à la Meinau. Le politiste et enseignant à Sciences Po Strasbourg, Benjamin Chevalier, analyse ce soudain intérêt de l’extrême droite pour Strasbourg.

Benjamin Chevalier est enseignant en sociologie politique à Sciences Po Strasbourg et professeur agrégé de sciences sociales. Spécialisé dans l’étude des mouvements sociaux et du militantisme, il s’intéresse notamment aux formes de « militantisme atypique », que composent, par exemple, les enseignants se revendiquant d’extrême droite. Dans cet entretien, l’enseignant-chercheur revient sur les modes d’actions retenus par l’extrême droite, dans le double contexte du marché de Noël de Strasbourg et de la campagne des élections municipales.

Rue89 Strasbourg : Le déploiement d’une banderole xénophobe en plein marché de Noël fait écho à d’autres actions du collectif identitaire Némésis, dans des lieux fortement fréquentés, comme ce fut le cas à la braderie de Lille en 2023. Comment analysez-vous ces modes d’action ?

Benjamin Chevalier : C’est un moment important dans une année. On voit cette tendance qu’ont les mouvements identitaires qui font un peu de l’agit-prop d’aller chercher les événements et d’avoir quelque chose d’assez itinérant. Pour les mouvements identitaires et plus globalement pour l’extrême droite, l’objectif est de saturer l’espace médiatique : pas tellement par une fréquence délirante des actions mais par la régularité. C’est une rythmique qu’il s’agit d’imprimer dans l’espace médiatique.

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La rédaction de Rue89 Strasbourg enquête sur les extrêmes droites depuis de nombreuses années. Violences commises par un groupuscule de hooligans néo-nazis, combines des nationalistes pour récolter des subventions du Parlement européen, conférences d’une organisation antisémite dans des locaux d’églises catholiques ou protestantes… Grâce à notre travail d’investigation, ces informations ont été révélées au public alsacien.

Guillaume Krempp suit de près l’actualité des droites radicales à Strasbourg et en Alsace. Son travail dérange : en 2023, il a été menacé par les hooligans de Strasbourg Offender lors d’un rassemblement organisé par l’Action française.

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#Benjamin Chevalier

« Les Rencontres du Petit Prince », rêveries inspirées au Ciarus

« Les Rencontres du Petit Prince », rêveries inspirées au Ciarus
Auberge de jeunesse, le Ciarus accueille parfois des expositions.

Le Ciarus accueille l’exposition « Les Rencontres du Petit Prince », une série d’œuvres réalisées par 32 membres de l’association des Artistes Libres d’Alsace. Elles et ils ont imaginé des scènes inspirées de l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry.

« Que s’est-il passé entre le moment où le Petit Prince a quitté son astéroïde et celui où il a découvert Antoine de Saint-Exupéry dans le désert ? » Inspirés par cette thématique, 32 artistes ont produit des œuvres uniques et poétiques. Elles sont exposées au Ciarus, une auberge de jeunesse de luxe située dans le quartier Tribunal à Strasbourg.

Le Ciarus déploie l’exposition dans ses salles à manger et d’accueil.Photo : Manon Tribollet / Rue89 Strasbourg

L’exposition a été conçue par l’association d’artistes amateurs « Artistes Libres d’Alsace ». À chaque œuvre est associé le passage du roman qui a inspiré l’artiste, ou un texte original inspiré du Petit Prince. Les techniques artistiques vont de l’acrylique à la calligraphie en passant par le travail sur bois ou porcelaine, voire le récup’art… Certaines créations illustrent directement des passages du roman, d’autres sont plus abstraites. D’autres encore sont plus engagées sur des thèmes contemporains, comme l’environnement.

Monde d’hier et monde d’aujourd’hui

« Petit Prince, va croiser les regards du monde ! » Une première série de peintures à l’huile découlant de cette phrase est exposée dans un couloir de l’entrée du Ciarus. Y sont dépeints en couleurs vives des personnages de différentes cultures du monde en tenues traditionnelles. René Roth peint à l’huile en grands formats. Le lien avec le Petit Prince n’est pas évident, peut-être s’agit-il des rencontres du Petit Prince que les artistes ont imaginées.

Les œuvres abstraites qui poussent à la réflexion…

D’autres œuvres sont plus abstraites, comme celles de Gilbert Schlewer, qui utilise des éléments récupérés pour composer ses œuvres. « L’infini du point » représente l’univers à partir de formes et de matériaux disposés en arcs de cercles, qui semblent graviter autour d’un même point. La seconde création abstraite a pour phrase-inspiration « La terre est semée de civilisations… » C’est un cadre divisé en trois parties qui font penser à l’invention de l’écriture (caractères chinois, stylo plume…), mais aussi à celle de la musique, avec ce qui semble être une portée.

« Les Rencontres du Petit Prince » invite à réfléchir au sens de chaque œuvre, ce qui rejoint le thème d’un enfant qui se questionne beaucoup sur la Terre et l’Humanité.

Des compositions engagées

Le Petit Prince découvre que la Terre souffre de maux importants, comme par exemple la pollution en général. Certains artistes ont utilisé cet aspect du récit original pour créer des ouvrages d’art engagés. L’œuvre « Terre sans conscience » de Delphine Kammerlocher, par exemple, en fait partie. Elle représente notre planète dotée d’un œil, une Terre qui se morcèle et dont émanent d’étranges éclairs jaunes et bleus… Il y a également « L’envers du décor » de Virginie Pflumio, création porteuse d’un message frappant où le Petit Prince nage dans les fonds-marins et y découvre de nombreux déchets.

L’association des Artistes Libres d’Alsace compte 60 membres et a été fondée en 1992 par des artistes amateurs d’Erstein afin de leur permettre d’exposer collectivement.

Un tiers-lieu ouvrira en mars 2026 dans l’ancien hôpital Lyautey au Neuhof

Un tiers-lieu ouvrira en mars 2026 dans l’ancien hôpital Lyautey au Neuhof
Le bâtiment d’honneur de l’ancien hôpital Lyautey accueillera le tiers-lieu Le Pixel dès mars 2026.

Comment faire rayonner un quartier populaire sans l’embourgeoiser ? C’est le défi que tentent de relever la Cybergrange et NHF Cité d’arts et de cultures avec l’ouverture en mars d’un tiers-lieu pensé avec les habitants.

L’ancien hôpital militaire Lyautey, situé à l’angle de l’avenue du Neuhof et de la rue des Canonniers, s’apprête à connaître une nouvelle vie. Désaffecté depuis 2008, ce site de 2,3 hectares, ancienne caserne d’artillerie construite en 1907, accueillera un collège, des logements, des espaces verts et un tiers-lieu.

C’est dans le « bâtiment d’honneur » que ce dernier, nommé Le Pixel, ouvrira ses portes le 2 mars 2026. La Ville de Strasbourg a désigné les lauréats de l’appel à projets pour la gestion de ce tiers-lieu de 400 mètres carrés : deux structures déjà bien implantées dans le quartier ont été retenues : la Cybergrange et NHF Cité d’arts et de cultures. Leur mission : animer ce nouveau tiers-lieu avec une programmation culturelle et des espaces ouverts pour apprendre, développer des projets et se rencontrer.

Côté budget, le fonctionnement du tiers-lieu est estimé à 100 000 € par an. La Ville de Strasbourg finance la majeure partie (60 000 €) via un marché public mis en place pour la gestion du lieu. Les porteurs du projet comptent également sur une subvention (demandée) de 30 000 € de la Région Grand Est et prévoient de générer 10 000 € grâce aux activités. Une équipe de neuf personnes, issues des deux structures, travailleront sur place en parallèle de leurs missions actuelles, et un poste de coordination a été créé.

Le Pixel sera hébergé dans l’ancien « bâtiment d’honneur », numéroté « 2 » sur l’affichage public du projet.Photo : Ville et Eurométropole de Strasbourg.

Musique et numérique au cœur du projet

L’école de musique du quartier était à l’étroit dans les locaux de l’Espace Django. « Nous avions une soixantaine d’élèves en 2007. En 2025, nous en accueillons 250, détaille Laetitia Quieti, directrice de l’école de musique du centre socio-culturel du Neuhof. Le quartier évolue, on aimerait proposer des choses qui répondent aux envies des habitants. » Les musiques traditionnelles et le jazz manouche vont se délocaliser dans ce nouveau lieu et se rapprocher ainsi du Polygone. Le lieu doit accueillir en outre des projets de danse et de théâtre.

« On procède beaucoup par expérimentations, en concertation avec les habitants », explique Jérôme Tricomi, directeur de la Cybergrange. Cette association a été créée en 2019 pour gérer un tiers-lieu à destination du Neuhof et de la Meinau. Avec le Pixel, elle en gère désormais quatre dont Le Shadok à la presqu-île Malraux, le Repaire et Secondes au Neuhof.

Le nouveau tiers-lieu proposera, entre autre, des ateliers de réparation et de fabrication (fablab).Photo : Lassad ESSADI

« Tu viens parce que tu veux apprendre quelque chose et tu ressors avec quelque chose que tu n’avais pas imaginé ! », ambitionne Jérôme Tricomi en fin connaisseur des tiers-lieux et défenseur du partage des savoirs.

Mais le défi de relier le Neuhof au reste de la ville reste de taille, malgré des dizaines d’années de politiques de la ville en ce sens. Situé en bordure d’un quartier populaire, le Pixel pourrait permettre de faire collaborer des acteurs du quartier avec des grandes écoles et des institutions culturelles. « Quand les jeunes d’ici vont au musée ou au théâtre, ils ont l’impression d’aller voir la culture des autres », constate Jérôme Tricomi. Au Pixel, l’objectif est d’allier l’ensemble des pratiques culturelles, y compris les mangas et les jeux vidéo. Il précise :

« L’idée n’est pas de ramener des choses dans le quartier, on n’y croit pas. Mais plutôt de faire rayonner le territoire à l’extérieur, créer des rencontres, être prêt à se modifier par la culture numérique, le design… Il doit y avoir des pas des deux côtés. »

La Cybergrange a déjà expérimenté les outils numériques et des tiers-lieux pour accompagner des jeunes de quartiers populaires.Photo : Lassad Essadi / La cybergrange

Un lieu évolutif

Concrètement, le tiers-lieu comprendra un grand espace convivial avec une cafétéria suffisamment grande pour accueillir une restauration à midi, en partenariat avec un restaurateur du quartier qui reste à confirmer, des espaces dédiés aux jeux vidéo, ainsi que des concerts et des spectacles.

« On laisse de l’espace pour que les habitants puissent aussi proposer leurs événements, que ce soit pour un cours de couture ou un temps de bien-être… » Une partie sera dédiée aux musiques traditionnelles et au jazz avec l’école de musique. Une dernière partie accueillera une salle de création musicale assistée par ordinateur, une salle de découverte du numérique et un « fablab » (un atelier pour fabriquer des trucs, NDLR). La programmation, trimestrielle et évolutive, mêlera l’offre du lieu, des ateliers et les propositions des habitants.

« J’aime montrer que l’on peut transformer le territoire grâce à des projets associatifs », s’enthousiasme Jérôme Tricomi. Puis il se demande : « Mais comment créer un lieu de vie qui soit beau et qui rayonne sans embourgeoiser ? » Une question pour l’instant sans réponse.

Le personnel du collège Pasteur appelé à la grève mardi 9 décembre

Le personnel du collège Pasteur appelé à la grève mardi 9 décembre
Collège Pasteur à Strasbourg

Les représentants du personnel du collège Pasteur à Strasbourg appellent à la grève mardi 9 décembre 2025. L’académie de Strasbourg a ajouté une classe mais sans moyens humains supplémentaires qui complique le suivi des élèves et la gestion de l’établissement.

« Deux tiers des professeurs seront en grève mardi (9 décembre, NDLR)« , explique François Lecourt, représentant du personnel au collège Pasteur à Strasbourg, qui appelle à un rassemblement de toute la communauté éducative et des parents devant l’établissement.

« Nous n’avons plus rien pour aider les jeunes en difficulté, ce n’est pas gérable pour la communauté éducative », détaille François Lecourt. Depuis la rentrée scolaire, le personnel estime souffrir de nombreux manques de moyens humains. Le collège a fait sa rentrée sans assistante sociale, sans psychologue scolaire, « alors que les besoins d’accompagnement des élèves sont en forte hausse ». Il manque un poste de conseiller principal d’éducation sur les deux prévus pour 640 élèves, ainsi que trois assistants d’éducation et AESH, « laissant plusieurs élèves en situation de handicap sans accompagnement adapté ». Tout cela, dans un établissement qui accueille des élèves « en situation de précarité ». Deux tiers d’entre eux sont boursiers, selon le représentant du personnel.

Une journée « collège mort » envisagée

« Le personnel n’est pas habitué à faire grève mais il a décidé de se mobiliser car il y a eu une goutte d’eau, quelque chose qu’on a pris pour de la provocation », poursuit François Lecourt. Cette goutte d’eau, c’est la création, au mois de novembre 2025, d’une classe de 3e redoublants, avec seulement 12 heures de cours par semaine pour ces élèves au lieu de 24 :

« Au printemps 2025, nous avons alerté le rectorat de l’académie sur notre situation. Nous demandions en outre une classe de redoublants dès la rentrée scolaire. Nous n’avons pas été écoutés et voilà que débarque cette classe, au second trimestre ! »

Résultat : ce seront des professeurs contractuels qui accompagneront les élèves tandis que les jeunes n’auront que 12 heures de cours par semaine, au lieu de 24. « Ça ne suffira pas pour accompagner ces jeunes », soupire François Lecourt. L’académie de Strasbourg a débloqué en outre un demi-poste d’assistant d’éducation et la présence d’une assistante sociale un jour par semaine jusqu’en février. Mais « c’est très loin de couvrir les besoins identifiés et remontés par les équipes », poursuit le représentant du personnel.

La communauté éducative réclame à l’académie de Strasbourg un renforcement « immédiat et significatif des moyens humains ». « Nous savons que nous ne sommes pas les seuls dans cette situation mais nous voulons mettre l’Institution face à ses promesses. » Une journée « collège mort » est envisagée si la journée d’action de mardi 9 décembre ne suffit pas.

À Hatten, l’Alsace du nord s’arme pour accueillir l’industrie du lithium

À Hatten, l’Alsace du nord s’arme pour accueillir l’industrie du lithium
Une enquête publique sur le projet de « parc d’excellence industrielle » d’Hatten est en cours jusqu’au 12 décembre.

Les travaux du « parc d’excellence industrielle » d’Hatten, au nord de Haguenau, dédié à la géothermie et au lithium pourraient débuter en 2026. L’enquête publique se termine le 12 décembre.

Au nord, la zone industrielle de Rothsmatt. Au sud et à l’est, la forêt à perte de vue. À l’ouest, le village d’Hatten à quelques centaines de mètres. Au centre, 43 hectares de terres agricoles, qui pourraient bientôt laisser place à un « parc d’excellence industrielle » dédié à la géothermie et au lithium. C’est le projet porté par la communauté de communes de l’Outre-Forêt, une vingtaine de kilomètres au nord de Haguenau, pour lequel une enquête publique est en cours jusqu’au 12 décembre. Création d’emplois, amélioration des services publics, rajeunissement de la population… Les arguments classiques du développement économique se bousculent, au prix de l’artificialisation de 43,7 hectares de terres cultivées.

Ce futur parc industriel doit accueillir une raffinerie de lithium opérée par Lithium de France, Électricité de Strasbourg et Eramet sur une quinzaine d’hectares. Le reste de la superficie sera attribué à un ou deux acteurs industriels, qui pourront compter sur un réseau de chaleur géothermale pour décarboner leur production. Paul Heintz, président de la communauté de communes de l’Outre-Forêt, précise :

« À terme, nous aurons un réseau unique, auquel Électricité de Strasbourg et Lithium de France se connecteront pour injecter leurs calories. Dans un premier temps, il se peut que ce soit d’abord Lithium de France, puisque le forage est déjà en cours à Schwabwiller. »

2 000 emplois directs et indirects promis

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Des animaux et de la nature : les photographies de Vincent Munier au musée des Beaux-arts

Des animaux et de la nature : les photographies de Vincent Munier au musée des Beaux-arts
Loup arctique, Ellesmere Island, Nunavu, Credit : Vincent Muniert, Canada, 2013.

Les photographies animalières de Vincent Munier sont au musée des Beaux-Arts de Strasbourg pour l’exposition temporaire « Lumières sur le vivant ». Ces clichés contemporains sont affichés en lien avec des œuvres des collections des musées de Strasbourg.

L’exposition « Lumières sur le vivant » tisse un dialogue singulier entre peinture et photographie, naviguant dans la mémoire du paysage et de sa perception contemporaine. Le photographe vosgien Vincent Munier, connu pour son approche singulière et respectueuse de l’animal, confronte 81 clichés photographiques, dont une série de cyanotypes, à des œuvres issues des collections des musées strasbourgeois, de la Renaissance au XXe siècle.

Ce face-à-face invite à repenser la manière dont l’art traverse les siècles dans la quête de représenter et de comprendre le vivant et la nature. Les animaux et les paysages de Vincent Munier trouvent leurs alter ego dans les toiles anciennes. Ici, le photographe ne cherche pas à capter à tout prix la présence, mais à attendre sa manifestation dans l’attente et le calme.

Cette rencontre entre passé et présent témoigne d’une continuité du regard – avec toujours la même fascination – qui anime la création, celle d’un monde familier mais inaccessible. La nature n’est plus un simple décor pittoresque mais une présence sensible de la relation entre l’homme et l’environnement.

Lumière, espace, couleurs : un parcours sensoriel et réflexif

Pensés par l’atelier aile², la scénographie et le parcours incitent le visiteur à ralentir. Lumière tamisée, accrochage sobre aux couleurs douces, sons lointains d’animaux : tout est mis en œuvre pour transformer la visite en une expérience sensible de contemplation. Le musée devient une sorte de refuge où le temps semble se suspendre, et où chaque image impose sa propre temporalité dans un espace de méditation visuelle.

Avec les loups d’Ellesmere dans le Grand Nord canadien, 2013.Photo : Vincent Munier

Il ne s’agit pas de déambuler, mais plutôt d’entrer dans une relation personnelle avec chaque œuvre. Chaque dispositif d’exposition constitue autant d’indices, tels que les traces de pattes au sol, ou les bruits d’oiseaux entendus au loin, afin de suspendre le rythme effréné de la ville et de ses sons, qui s’imposent brutalement dès la sortie du musée.

« Lumière sur le vivant » ne se contente donc pas d’exposer la nature, mais cherche à la faire entrer au musée des Beaux-Arts comme un nouveau souffle et un rappel au visiteur du lien qui unit les hommes, l’art et la nature.

#musée des Beaux-Arts

La Ville va ouvrir un bâtiment vide pour loger des familles à la rue

La Ville va ouvrir un bâtiment vide pour loger des familles à la rue
Le bâtiment se situe avenue Jean Jaurès.

La municipalité écologiste va voter en urgence, lundi 8 décembre, une subvention de 65 000 euros à destination des Petites roues. L’association sera chargée d’organiser l’hébergement d’environ 30 personnes dans un bâtiment vacant dès ce mois de décembre.

Quelques familles à la rue, autour de 30 personnes, vont trouver un toit au courant du mois de décembre à Strasbourg. Le conseil municipal va voter une délibération lundi 8 décembre pour mettre à disposition un immeuble vide qui lui appartient, avec une subvention de 65 000 euros pour Les Petites roues. « L’association va s’assurer du suivi des familles, de leur bonne cohabitation et fera le relais en cas de problème, explique Floriane Varieras, adjointe à la maire en charge des solidarités. C’est une solution rapide et concrète face à l’urgence. » La prise en charge doit durer au moins jusqu’en mars 2027, avec de probables subventions supplémentaires.

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De 200 à 400 millions d’euros, pourquoi la dette de la Ville de Strasbourg a doublé en six ans

De 200 à 400 millions d’euros, pourquoi la dette de la Ville de Strasbourg a doublé en six ans
Novembre 2024. Soirée « Budget local, parlons-en ! » au palais des fêtes en présence de Mme Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg et de M. Syamak Agha Babaei, premier adjoint à la maire. // Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg

Le bilan financier du mandat de Jeanne Barseghian à la tête de la Ville de Strasbourg se dessine. Il s’est distingué par un recours massif à l’emprunt, au point de doubler la dette. Une réponse à « la dette écologique et sociale » selon la municipalité écologiste.

S’il y a un sujet qui revient à chaque conversation sur les finances locales, c’est la dette. Largement débattue lors des débats d’orientation budgétaire, elle vaut à la majorité d’accuser l’opposition d’être des « fétichistes de la dette ». Cette dette avait pourtant été annoncée dès 2020 via un « grand emprunt » de 350 millions d’euros, censé financer des projets de transition écologique et de rénovation du patrimoine scolaire.

En fin de mandat, la promesse du grand emprunt a été tenue et la dette a doublé. Entre 2019 et 2023, 49 % des investissements ont été financés à crédit. La dette est passée de 194 à 332 millions en 2024 (+72 %), avec une projection à 419 millions en 2026. Les chiffres montrent une accélération notable de l’endettement en fin de mandat, concentré sur la réalisation de nombreux chantiers. Syamak Agha Babaei, premier adjoint à la maire de Strasbourg en charge des finances, explique :

« Quand nous sommes arrivés, en 2020, il y a eu un temps de latence pour les projets, avec des retards sur les investissements. Cela explique aussi qu’en fin de mandat, il y ait beaucoup de travaux. »  

200 millions pour la petite enfance

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La centrale géothermique de Rittershoffen provoque un nouveau séisme

La centrale géothermique de Rittershoffen provoque un nouveau séisme
Site d’extraction d’eau géothermale de Rittershoffen.

La terre a tremblé à Rittershoffen, dans la nuit du 3 au 4 décembre. L’épicentre a été détecté sous la centrale géothermique d’Électricité de Strasbourg située dans la commune. L’installation est à l’arrêt, le temps de comprendre le phénomène.

Le site national d’information sur la sismicité (Renass) indique qu’un séisme de magnitude 2,5 sur l’échelle de Richter a eu lieu en Alsace, le 4 décembre à 1h45 du matin. Son épicentre se situe au niveau de la centrale géothermique de Rittershoffen, gérée par Électricité de Strasbourg (ÉS). Les scientifiques le considèrent donc induit par l’activité humaine. Les installations de géothermie profonde impliquent de faire circuler de l’eau dans des failles géologiques à plusieurs kilomètres de profondeur pour en exploiter la chaleur et peut-être bientôt le lithium.

Mais la centrale de Rittershoffen avait déjà provoqué deux séismes le 7 mai 2024, et un troisième le 24 juillet 2024. L’épicentre se trouve plus au nord que lors des épisodes précédent, ce qui rend une analyse approfondie de la situation encore plus nécessaire. À 2h45 du matin, l’équipe d’astreinte de l’usine a stoppé l’activité. Selon le géologue du CNRS Jean Schmittbuhl, interrogé par les DNA, il s’agit de déterminer si le phénomène est lié à une migration des fluides sous terre qui aurait activé une nouvelle faille.

La magnitude des derniers séismes liés à la centrale de Rittershoffen étaient de 2, 2,1 ou 2,2 sur l’échelle de Richter. Les scientifiques ont notamment l’objectif de comprendre l’augmentation de l’intensité de ces tremblements de terre induits. En octobre 2024, Rue89 Strasbourg mettait en évidence l’augmentation de la menace de séismes graves en cas de multiplication des forages en Alsace du nord pour exploiter le gisement de lithium.

#Rittershoffen

PFAS : dans les Vosges, le désarroi et la colère des habitants face à la pollution de leur eau 

PFAS : dans les Vosges, le désarroi et la colère des habitants face à la pollution de leur eau 
Une pollution invisible contamine l’environnement dans ce secteur des Vosges.

Dans deux villages des Vosges, les boues industrielles épandues depuis des années sont la cause probable de la contamination de l’eau potable. Des forêts, des prairies et des terres cultivées en agriculture biologique sont touchées.

Les deux captages d’eau contaminés sont situés le long d’une petite route de campagne, au milieu d’un champ en lisière de forêt. Un décor bucolique, loin des nuisances urbaines. Pourtant, les populations de Tendon et d’Arrentès-de-Corcieux, communes rurales des Vosges, ont été informées à la mi-octobre d’une pollution aux PFAS. L’annonce est tombée après une campagne d’analyses menée par l’agence régionale de santé (ARS), en préparation de l’application de la directive européenne sur la qualité de l’eau potable, le 1er janvier 2026. Celle-ci rend obligatoire la mesure de la teneur de 20 PFAS, avec une norme fixée à 0,1 microgramme par litre (µg/l).

Aux Arrentès-de-Corcieux, la concentration en PFAS dépassant plus de sept fois la norme, l’eau du robinet est interdite à la consommation pour l’ensemble de la population. À Tendon, où la concentration est plus faible (0,14 µg/l), la préfecture a limité l’interdiction aux publics vulnérables – enfants de moins de 2 ans, femmes enceintes, personnes âgées ou immunodéprimées. Dans les deux localités, des distributions d’eau en bouteille ont été mises en place.

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