Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

« S’il rentre sale tous les soirs, c’est très bien » : à Strasbourg, une crèche pour grandir en plein air

« S’il rentre sale tous les soirs, c’est très bien » : à Strasbourg, une crèche pour grandir en plein air
Avant de commencer les activités, Sébastien Fischer, accompagnant éducatif, rassemble les enfants de la crèche.

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,

Privée de subventions, Solidarités Femmes 68 bataille pour survivre

Privée de subventions, Solidarités Femmes 68 bataille pour survivre
Véronique Laouer, directrice de Solidarité Femmes 68.

Après le désengagement de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) en mars 2025, l’association Solidarité Femmes 68 a dû se battre pour maintenir sa cellule d’accompagnement psychologique des enfants victimes de violences conjugales. Le dispositif jusque-là financé par des fonds publics est désormais menacé.

L’association parviendra-t-elle à boucler le budget 2025 de sa cellule enfants, estimé à 66 000 euros ? À quelques jours de la fin de l’année, la réponse reste incertaine. Solidarité Femmes 68 attend toujours celle de la Fondation des femmes, auprès de laquelle elle espère obtenir 15 000 euros. En mai, Rue89 Strasbourg racontait comment la CeA s’était retirée, sans préavis, du financement de ce dispositif qu’elle avait pourtant elle-même initié un an plus tôt via un appel à projets.

Salle d’attente de Solidarité Femmes 68.Photo : Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strabourg

Du jour au lendemain, l’association a perdu l’intégralité du budget de la cellule. Pas question pour autant d’interrompre l’accompagnement des enfants. Depuis janvier 2025, 65 enfants ont déjà été suivis. D’autres restent sur liste d’attente. Dès le mois de mars, Solidarité Femmes 68 a commencé à oeuvrer pour maintenir ce service d’intérêt général, sans subsides publics.

Un unique soutien public

Sans la subvention de la CeA, il manquait 42 000 euros pour faire fonctionner la cellule. L’association a d’abord sollicité d’abord ses partenaires habituels : la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et l’Agence régionale de santé (ARS), à hauteur de 15 000 euros chacune. Mais la réponse de l’ARS est rapidement tombée : elle ne pouvait pas financer de nouveaux projets cette année. Il faudra attendre le mois d’août pour que la CPAM accorde 10 000 euros à l’association. Ce sera le seul soutien public obtenu pour maintenir la cellule enfants.

Solidarité Femmes 68 va aussi solliciter sa Fédération nationale, qui collecte du mécénat pour soutenir ses antennes locales de plus en plus en difficulté, ainsi que la Fondation des femmes, qui redistribue elle aussi des fonds issus du mécénat à des associations œuvrant pour les femmes victimes de violences. En juin, la Fédération nationale verse 7 000 euros. La Fondation des femmes, elle, renvoie l’association à sa campagne de septembre.

Trouver des donateurs

Ne reste alors qu’une option : solliciter directement des soutiens privés. Un défi pour Véronique Laouer, directrice de Solidarité Femmes 68.

« En général, les financeurs publiques soutiennent nos dispositifs à hauteur de 80 %. On a l’habitude de chercher des fonds privés pour compléter. Mais cette année, c’était bouchée double. Il nous fallait à la fois compenser les 20 % habituels pour l’ensemble de nos activités et renflouer entièrement la cellule. Entre trouver 6 000 euros et en trouver 42 000, il y a une grosse différence. On a essayé de flécher le plus de dons possibles vers la cellule, mais on avait aussi besoin de soutien pour nos autres actions, dans un contexte qui est défavorable de toutes parts. »

Peu à peu, les soutiens arrivent, de chèques en chèques. Des clubs services du Haut-Rhin reversent les recettes de leurs ventes de fleurs du 8 mars, pour un total de 6 800 euros. À l’été, le marché Talents au féminin de Colmar et des clubs Inner Wheel locaux apportent 3 500 euros supplémentaires. L’initiative du sculpteur Francis Maller, qui vend ses statuettes au profit de l’association lors d’une exposition à Thann, rapporte près de 10 000 euros. À la rentrée, l’association Fil à lier verse 2 000 euros issus d’une tombola.

Trouver une pérennité

Cette solidarité a un coût humain important pour l’équipe, souligne Véronique Laouer. Les salariés multiplient les interventions en soirée et les présences le week-end pour défendre le dispositif auprès des donateurs :

« Il nous faut redoubler d’énergie pour être visibles. C’est du temps de travail que les travailleurs sociaux et cheffes de services salariés doivent pouvoir récupérer ailleurs. »

Autant de temps qu’ils ne passent pas auprès des femmes bénéficiaires de l’association. À ce stade, Solidarité Femmes 68 a collecté 22 000 euros de dons pour les enfants. Véronique Laouer salue cet élan précieux, mais ne s’en satisfait pas :

« Nos financements doivent être plus pérennes, ne serait-ce que parce que nos donateurs sont libres de changer de cause à l’avenir et c’est bien normal. »

Une cagnotte qui fait un flop

En juillet 2025, après un an de contrats à durée déterminée, l’association a pris le risque, malgré les difficultés de la structure, d’embaucher la psychologue de la cellule en CDI. Une cagnotte citoyenne est lancée, relayée sur les réseaux sociaux et par mail. Elle ne récolte que 835 euros, auprès de 18 contributeurs.

Stéphanie Rosé, psychologue de la cellule de soutien aux enfants victimes de violences conjugales aide les enfants à reconnaître la violence qu'ils subissent pour se reconnecter à leurs émotions ici dans son bureau au siège de Solidarité femmes 68, comme dans des locaux mis à disposition dans tout le Haut-Rhin - Crédit : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg
Stéphanie Rosé, psychologue de la cellule de soutien aux enfants victimes de violences conjugales aide les enfants à reconnaître la violence qu’ils subissent pour se reconnecter à leurs émotions ici dans son bureau au siège de Solidarité femmes 68, comme dans des locaux mis à disposition dans tout le Haut-Rhin.Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strabourg

Véronique Laouer confie aussi s’être tournée vers l’actrice et vidéaste mulhousienne Laura Felpin pour relayer l’appel aux dons, sans succès. Un courrier adressé à Brigitte Macron n’aboutit pas davantage : la situation est simplement renvoyée vers la préfecture, déjà sollicitée en début d’année. « En plus, à partir de janvier 2026, il faudra tout recommencer pour trouver des financements. Et encore, je raisonne comme si j’étais certaine de l’aide de la Fondation des femmes pour 2025 », souffle-t-elle.

La directrice se surprend parfois à rêver d’un mécène providentiel, comme celui qui avait permis à des associations de solidarité dont Solidarité Femmes de Dijon de récolter 400 000 euros lors d’une vente aux enchères de vin.

Dans le Bas-Rhin, la cellule supprimée

Pour l’an prochain, l’association espère encore pouvoir compter sur les clubs services et sur l’ARS, « qui n’avait pas fermé la porte dans sa réponse du mois de mai ». Elle se dit aussi prête à se tourner vers le mécénat d’entreprises, au prix d’un investissement important en temps et en démarches administratives.

Dans le Bas-Rhin, Solidarité Femmes 67 n’a pas maintenu sa cellule pour enfants en 2025. Grâce à des fondations d’entreprises, elle est toutefois parvenue à lever 13 000 euros de dons. Une somme qui a permis d’augmenter les heures de travail de sa psychologue interne, afin qu’elle accompagne une partie des enfants qui continuaient d’être adressés à l’association. Pour 2026, Solidarité Femmes 67 s’est fixé comme objectif de dégager un mi-temps dédié à cette mission.

Pour deux tags, trois mois de prison avec sursis requis contre des militants écologistes

Pour deux tags, trois mois de prison avec sursis requis contre des militants écologistes
Une centaine de personnes sont venues soutenir les huit activites d’Extinction rébellion jugés au tribunal de Saverne lundi 22 décembre.

Lundi 22 décembre, huit militants écologistes étaient jugés pour deux tags, dont un alertant sur les déchets enfouis à Stocamine. Au cours d’une audience électrique, en présence d’une cinquantaine de soutiens, la procureure a requis trois mois de prison avec sursis pour les activistes.

« On nous accuse d’utiliser des moyens démesurés pour faire passer nos opinions… et nous garder en garde à vue pendant 46 heures, pour une suspicion de tag, ce n’est pas démesuré ? » Dans la cour du tribunal de Saverne, des militants du mouvement écologiste Extinction rébellion répondent aux micros des journalistes. Drapeaux et pancartes à la main, une centaine de personnes sont venues soutenir les huit activistes interpellés pour avoir tagué un pont afin de dénoncer l’enfouissement de 42 000 tonnes de déchets toxiques à Stocamine (lire nos enquêtes), l’ancienne mine de potasse située en dessous de la nappe phréatique d’Alsace à Wittelsheim (Haut-Rhin).

Une garde à vue dénoncée

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,

« Comment récupérer la mise ? » : ces patrons alsaciens inquiets après avoir misé sur ADMCS

« Comment récupérer la mise ? » : ces patrons alsaciens inquiets après avoir misé sur ADMCS
Début octobre 2024, Nicolas Sarrut présente les ambitions d’ADMCS aux investisseurs.

La levée de fonds d’ADMCS a séduit de nombreux chefs d’entreprise alsaciens. Sous couvert d’anonymat, ils racontent les promesses de bénéfices mirobolants et l’influence des conseillers financiers.

Le bouche à oreille peut rapporter gros. Il peut aussi finir par coûter un bras. Après avoir révélé le gouffre entre le discours marketing et la réalité d’ADMCS, Rue89 Strasbourg a poursuivi l’enquête du côté de ceux qui ont investi dans le projet de Nicolas Sarrut, président fondateur d’ADMCS. Avec deux questions simples : qui sont les principaux investisseurs ? Comment ont-ils été convaincus de faire un bon investissement ? Nous sommes parvenus à confirmer l’identité d’une vingtaine d’investisseurs. Certains d’entre eux ont accepté de témoigner. Autant d’informations qui nous ont permis de décrire les dynamiques à l’œuvre dans une levée de fonds comme celle d’ADMCS.

Des petits patrons alsaciens

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,

Après des violences, le président de la chambre de métiers d’Alsace privé d’apprentis pour cinq ans

Après des violences, le président de la chambre de métiers d’Alsace privé d’apprentis pour cinq ans
Jean-Luc Hoffmann, président de la Chambre de métiers d’Alsace.

Jean-Luc Hoffmann est le président de la chambre de métiers d’Alsace, qui accompagne près de 6 000 apprentis. Il est aussi le gérant d’une boucherie à Haguenau, sanctionné par l’inspection du travail pour des violences commises contre ses apprentis. Une enquête pénale est en cours.

« Nos entreprises doivent embaucher des apprentis. Elles doivent croire en l’avenir. » C’est en ces mots que le président de la chambre de métiers d’Alsace (CMA), fraîchement nommé, s’exprimait sur l’apprentissage. En Alsace, l’établissement public assure la gestion des centres de formation des apprentis (CFA) de Mulhouse et d’Eschau. À l’occasion des vœux pour l’année 2024, il rappelait : « Une des plus belles victoires est l’apprentissage et ces jeunes talents qui s’installent dans nos entreprises. Les jeunes sont notre avenir, l’avenir de nos entreprises, et notre raison d’être pour les développer. »

Ce même Jean-Luc Hoffmann, gérant de deux boucheries à Haguenau, a été sanctionné par la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) pour des insultes et des violences physiques sur ses apprentis. Le 6 octobre 2025, les contrats de ses quatre apprentis, alors mineurs, ont été rompus.

19 jours d’interruption totale de travail

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Récits d’exploration et mondes fragiles au Garage Coop

Récits d’exploration et mondes fragiles au Garage Coop
Camille Fischer, Sans titre, 2025, installation dessins, peinture et collage in situ et Petra Keinhorst, Tüten (sacs), 23 pièces, 2016, installation in situ, paraffine

À l’occasion de la Regionale26, Accélérateur de particules présente jusqu’au 4 janvier une exposition collective au Garage Coop, réunissant onze artistes français, suisses et allemands. Préparée par Sophie Kauffenstein et Vincent Chevillon, l’exposition Zoodyssée rassemble des œuvres choisies pour leur regard sur l’exploration, les enjeux climatiques et les sciences. 

« Ô Muse, conte-moi l’aventure de l’Inventif » 

Chant I, L’Odyssée, Homère

Accélérateur de particules, association strasbourgeoise dédiée à l’art contemporain, participe à la Regionale 2025, un événement qui met en lumière la création contemporaine en France, Allemagne et Suisse à travers des expositions, des performances et des projets collectifs.

Une odyssée contemporaine

Après la guerre de Troie, Ulysse entreprend le long voyage de retour vers Ithaque. Entravé par la colère de Poséidon et soumis à une succession d’épreuves, il lui faudra dix années d’errance pour retrouver son chemin. Des siècles plus tard, Stanley Kubrick s’inspire de cette structure initiatique pour réaliser 2001, l’Odyssée de l’espace, un film de science-fiction qui explore l’évolution humaine et notre place dans l’univers au travers d’un voyage cosmique vers Jupiter.

Ces deux récits structurent le parcours de l’exposition et permettent d’interroger les relations entre humains, non-humains et environnements. À travers des installations empreintes de poésie, les artistes choisis abordent les impacts de la pollution, l’appropriation de la nature par l’Homme, la crise écologique, les avancées biologiques et l’exploration des territoires. Cette exposition s’inscrit dès lors dans un contexte de recherches artistiques nourries par les sciences et l’écologie, en faisant de l’odyssée un cadre pour réfléchir aux impacts des activités humaines sur l’écosystème.

Dès le seuil, l’univers de Stanley Kubrick imprègne la pièce, en particulier avec le mur de dessins de Camille Fischer, dont la présence évoque les monolithes noirs de 2001, l’Odyssée de l’espace. Cette forêt graphique, à la fois scintillante et sombre, mêle nature luxuriante et urgence climatique. À côté, l’installation de Petra Keinhorst crée un contraste. Faite de sacs en paraffine blanche, elle figure une mer artificielle saturée de déchets plastiques.

Le parcours recèle encore d’autres installations et vidéos qui explorent toutes ces thématiques. Il se prolonge notamment sur le toit du Garage Coop avec le drapeau d’Anne Immelé, imprimé d’un ciel diaphane, qui détourne la symbolique habituelle du drapeau et interroge la notion d’appropriation de la nature par l’Homme. Dans le bâtiment du Port autonome de Strasbourg (PAS) se trouve également une installation de Vincent Chevillon, commissaire associé de l’évènement. Pensée comme une odyssée, l’exposition remet en question la logique de conquête humaine et incite à envisager les territoires comme des milieux vulnérables à préserver collectivement.

À la place d’Angoulême, des Strasbourgeoises préparent leur festival de BD

À la place d’Angoulême, des Strasbourgeoises préparent leur festival de BD
Charlotte André à l’atelier « Rez-de-chaussée », le 17 décembre.

Face à l’annulation du célèbre festival de la bande dessinée d’Angoulême, des collectifs d’illustratrices s’organisent dans toute la France. À Strasbourg, une édition féministe et antiraciste des « Fêtes interconnectées de la bande dessinée » se tiendra fin janvier.

Accrochée aux murs de l’atelier d’illustratrices « Rez-de-chaussée », à Strasbourg, une affiche annonce les Fêtes interconnectées de la bande dessinée. Un évènement organisé dans l’urgence après l’annulation du festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Le programme de cette édition locale est en pleine construction. Elle se tiendra du 28 janvier au 1er février 2026 dans un lieu encore à préciser (cet article sera mis à jour).

Le festival sera l’occasion pour ses organisatrices de mettre à l’honneur les artistes de Strasbourg. La capitale alsacienne est « l’un des grands viviers de l’illustration en France », affirme Sarah Ménard, illustratrice et autrice de BD. Elle fait partie des coorganisatrices du festival.

Ce dernier est porté par le collectif Girlxcott Strasbourg, déclinaison strasbourgeoise du collectif national « Girlxcott » (féminisation du mot « boycott »). Ce mouvement est né du boycott du festival d’Angoulême après la reconduction de la société 9e Art+, qui a licencié une salariée qui avait porté plainte pour viol en 2024. Suite à cette mobilisation, l’édition 2026 du festival international a été annulée. Girlxcott Strasbourg rassemble une vingtaine de personnes, en majorité autrices de bande dessinée. À Strasbourg, « il y avait l’envie de se mobiliser depuis longtemps chez les auteurs et les autrices. Avec la crise à Angoulême, on s’est réunies dans un bar, on a rassemblé nos envies, et le festival est né », explique Charlotte André, autrice de BD et scénariste.

Combattre le manque de diversité et les VSS

« C’est le moment de faire un festival qui nous ressemble, ajoute la coorganisatrice du festival strasbourgeois, de prendre le pouvoir sur la programmation. » L’organisation de Fêtes interconnectées de la bande dessinée, dans de nombreuses villes de France, prend le contre-pied de « l’énorme centralité qu’est Angoulême pour la bande dessinée », précise Charlotte André.

Charlotte André et Sarah Ménard coorganisent l’édition strasbourgeoise des Fêtes interconnectées de la BD.

Bien au-delà d’Angoulême, le mouvement de boycott a permis de mettre en avant les revendications de nombreuses artistes de la bande-dessinée, en grande majorité des jeunes illustratrices. Sarah Ménard et Charlotte André dénoncent un milieu de la bande dessinée qui « manque de diversité, ne protège pas des violences et du harcèlement sexiste et sexuel, et entretient des dynamiques de pouvoir qui renforcent la précarité des artistes ».

Au travers de sa programmation – encore en cours de construction – l’édition strasbourgeoise des Fêtes interconnectées de la BD entend « proposer des réponses » à ces revendications. Ainsi, les organisatrices prévoient par exemple des tables rondes sur le « male gaze » (regard masculin) dans la BD ou pour « combattre dans la fiction le regard colonial sur les corps racisés ». Elles planifient également un salon de la microédition locale ou encore une soirée de soutien à la revue féministe strasbourgeoise Comme des Garces – qui souhaite lever des fonds pour éditer son troisième numéro courant 2026.

« Aucune sécurité financière »

Ce festival auto-organisé est aussi l’occasion pour les illustratrices de court-circuiter « l’énorme pouvoir financier » qui sévit dans le milieu de la bande dessinée. En ligne de mire notamment : l’absence de droit au chômage, qui précarise des créatrices déjà « sous-payées ». « On cotise, mais sans aucune sécurité financière en retour. Les aides que l’on peut toucher ne sont pas du tout adaptées à notre pratique », souligne l’illustratrice Sarah Ménard.

Si cette grande fête de la bande dessinée est « une initiative éphémère pour inventer autre chose face à l’annulation d’Angoulême en 2026 », les deux illustratrices strasbourgeoises espèrent qu’elle permettra de « faire naître des alternatives dans la création et de tisser des liens qui perdurent entre les générations d’auteurs et d’autrices ».

Entre engagement et rentabilité, l’impossible équation des tiers-lieux strasbourgeois

Entre engagement et rentabilité, l’impossible équation des tiers-lieux strasbourgeois
Une soirée open mic du collectif Incisifves à l’Orée 85 en 2023.

Entre 2019 et 2022, plusieurs lieux alternatifs ont vu le jour à Strasbourg. Festifs, éphémères et tournés vers l’utilité sociale, ils ont rencontré un succès public. Pourtant, après plusieurs années, l’existence de ces espaces reste précaire.

Ouverts au tournant des années 2020, La Grenze, l’Orée 85, le Phare-Citadelle et le Wagon Souk se sont fait une place dans le paysage culturel et festif strasbourgeois. Installés sur des friches et construits sur le modèle de l’économie sociale et solidaire (ESS), ils développent un projet alternatif où les bénéfices de l’activité économique, bar, restauration et location d’espace, financent des actions d’utilité sociale.

Dès 2022, les créateurs de ces structures témoignaient faire face à des difficultés pour lancer leurs projets, avec des recours à des emprunts bancaires, des problèmes de rentabilité et des charges de travail écrasantes. Trois ans plus tard, l’existence de ces lieux reste précaire. Cela interroge sur la viabilité du modèle à la base de leur fonctionnement.

L’Orée 85 est installée au bord du canal du Rhône au Rhin.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

À Strasbourg, des sondages « sans aucune espèce de valeur » avant les municipales

À Strasbourg, des sondages « sans aucune espèce de valeur » avant les municipales
Nicolas Kaciaf, politiste et professeur de sciences politiques, spécialiste des sondages.

À Strasbourg, deux sondages municipaux publiés en septembre puis en décembre 2025 ont alimenté les discussions politiques. Pour Nicolas Kaciaf, politiste et spécialiste des sondages, ces résultats ne préjugent en rien du vote final.

En septembre 2025, le premier sondage strasbourgeois, commandé par Jean-Philippe Vetter (LR) à l’institut Ifop, montrait Catherine Trautmann (PS) en tête avec 25 % des intentions de vote, talonnée de près par le candidat de droite (24 %). La maire sortante Jeanne Barseghian (EELV-PCF) ne recueillait que 17 %. Deux mois plus tard, le deuxième sondage commandé à l’institut Elabe, publié le 10 décembre à la demande de Pierre Jakubowicz (Horizons), confirme la même dynamique pour Jeanne Barseghian (16 %) et propulse Catherine Trautmann (29 %), tandis que Jean-Philippe Vetter chute à 16 % et Pierre Jakubowicz progresse à 10 %.

Ces sondages locaux donnent l’impression de flatter le candidat qui les commande, mais pour Nicolas Kaciaf, professeur de sciences politiques, spécialiste des sondages, il n’y a rien de « truqué » derrière ces chiffres. L’expert explique néanmoins que ces sondages ne traduisent pas les réelles chances de gagner des candidats et candidates.

Rue89 Strasbourg : Que pensez-vous de la taille de l’échantillon des deux sondages, autour de 600 personnes interrogées ?

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Mobilisation lundi 22 décembre pour huit militants écologistes jugés pour un tag

Mobilisation lundi 22 décembre pour huit militants écologistes jugés pour un tag
Les auteurs du tag voulaient certainement écrire « Stocamine contamine ».

Huit activistes écologistes soupçonnés d’avoir tagué un pont en novembre seront devant le tribunal correctionnel de Saverne lundi 22 décembre. Extinction Rebellion appelle à un rassemblement pour les soutenir et dénoncer la répression du mouvement écologiste.

Du 2 au 4 novembre 2025, huit activistes écologistes ont passé une cinquantaine d’heures en garde à vue pour avoir écrit « Stocamine contamene » sur un pont à Dorlisheim. À l’issue de leur garde à vue, le parquet de Saverne a même demandé, sans l’obtenir, leur placement en détention provisoire en attendant leur comparution. Celle-ci est prévue lundi 22 décembre à partir de 9 h au tribunal judiciaire de Saverne

Dans un communiqué publié lundi 15 décembre, Extinction Rebellion appelle à un rassemblement de soutien à ces activistes, devant le tribunal dès 8 h, avec prises de parole et conférence de presse. Le mouvement écologiste dénonce une répression démesurée par rapport à la gravité des faits : « un tag est passible d’une amende et d’une peine de travaux d’intérêt général au maximum », selon le communiqué.

Les activistes voulaient dire « Stocamine contamine », en référence aux 42 000 tonnes de déchets toxiques que l’État veut confiner à Wittelsheim, sous la nappe phréatique, réserve d’eau potable de 5,6 millions de personnes.

« Rejet total du plan Trump » : rassemblement samedi 20 décembre pour la Palestine

« Rejet total du plan Trump » : rassemblement samedi 20 décembre pour la Palestine
Manifestation en soutien au peuple palestinien du 16 décembre 2023.

Le collectif Palestine 67 appelle à un rassemblement de soutien à la Palestine, samedi 20 décembre, pour dénoncer le plan de Donald Trump pour Gaza, jugé contraire au droit international.

Le collectif Palestine 67 organise un rassemblement de soutien à la Palestine et appelle au « rejet total du plan Trump » et à la « liberté et l’autodétermination » de la Palestine.

Dans un communiqué du 18 décembre, le collectif dénonce un « plan conçu sans aucune participation des premiers concernés — les Palestiniens ». Il fait référence au plan en vingt points que Donald Trump, président des États-Unis, a proposé au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Le président américain y évoque notamment l’idée de transformer la bande de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient ». Une perspective que le collectif qualifie de projet visant à créer un « territoire opérant en dehors de la loi nationale, et entièrement gouverné par des investisseurs privés ». Palestine 67 ajoute :

« Ce plan est un nouveau projet colonial. Il est contraire au droit international qui prévoit l’autodétermination des peuples colonisés ! »

Le communiqué dénonce également « le génocide » qui se poursuit à Gaza « malgré le prétendu « cessez-le-feu » du 10 octobre 2025″. En parallèle, le collectif met en cause « les puissances occidentales » qui « restent muettes et regardent ailleurs ».

La préfecture lève les restrictions d’usage de l’eau potable à Saint-Louis

La préfecture lève les restrictions d’usage de l’eau potable à Saint-Louis
En juillet 2025, l’agglomération de Saint-Louis a missionné l’entreprise Veolia pour traiter les zones de captage à Bartenheim et Hésingue.

La préfecture du Haut-Rhin a levé les restrictions d’usage de l’eau dans l’agglomération de Saint-Louis. Elle estime que les concentrations en polluants éternels sont à nouveau inférieures aux limites réglementaires.

Depuis avril 2025, dans l’agglomération de Saint-Louis, les « personnes fragiles » étaient interdites de consommer l’eau du robinet. Dans les supermarchés du territoire, situé au sud de l’Alsace, les enfants de moins de deux ans, les femmes enceintes ou en allaitement et les personnes immunodéprimées se rabattaient sur l’eau en bouteille. La préfecture du Haut-Rhin avait pris cette décision de restreindre l’usage de l’eau courante du fait d’une contamination excessive en polluants éternels (PFAS). Mais depuis le lundi 15 décembre, la consommation d’eau du robinet est à nouveau autorisée pour tous et toutes. Un communiqué conjoint de la préfecture du Haut-Rhin, de l’agglomération de Saint-Louis et de l’entreprise Véolia indique :

« À ce jour, la concentration totale du paramètre somme des 20 PFAS est inférieure à la limite réglementaire de 0,1 microgramme par litre dans l’eau distribuée aux 11 communes concernées par l’arrêté préfectoral du 25 avril dernier. »

Le passage par le rayon eau était devenu obligatoire pour les habitants de l’agglomération de Saint-Louis.Photo : Valentine Heitz / Rue89 Strasbourg / cc

Des unités mobiles de traitement

L’installation d’unités mobiles de traitement de l’eau a permis d’atteindre ces concentrations en PFAS inférieures aux seuils réglementaires. En juillet 2025, l’agglomération de Saint-Louis a missionné l’entreprise Veolia pour traiter les zones de captage à Bartenheim et Hésingue. Un mois plus tard, les campagnes de tests sur l’eau filtrée au moyen du charbon actif ont constaté que l’eau courante était à nouveau propre à la consommation dans les communes de Bartenheim, Hésingue, Kembs et Rosenau.

L’installation de six unités mobiles supplémentaires dans l’agglomération a permis d’aboutir à la levée globale des restrictions à Saint-Louis et dans les 11 communes de Saint-Louis Agglomération (Bartenheim, Blotzheim, Buschwiller, Hégenheim, Hésingue, Huningue, Kembs, Neuwiller, Rosenau, Saint-Louis et Village-Neuf).

Coûts totaux : 20 millions d’euros

La préfecture du Haut-Rhin, l’agglomération de Saint-Louis et l’entreprise Véolia estiment le coût des unités mobiles et stations de traitement à 20 millions d’euros au total. Ces frais seront notamment couverts par l’Etat via le fonds national d’aménagement des territoires (Fnad) et l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse qui prendra en charge deux millions d’euros. L’aéroport de Bâle-Mulhouse, dont l’utilisation de mousse anti-incendie a contribué à cette pollution aux PFAS, contribuera à 50% des coûts d’investissements, avec un plafond de 10 millions d’euros. La région Grand Est prendra aussi en charge 250 000 euros d’investissement. L’agglomération de Saint-Louis n’a pas encore précisé sa contribution à « l’équilibre financier de l’opération ». L’exploitation des stations de traitement coûtera 600 000 euros par an.

Le communiqué de la préfecture indique aussi que des investigations seront menées pour identifier la source de contamination et mettre en place « les mesures de maîtrise » :

« Elles incluent des campagnes de mesures sur les piézomètres existants, des prélèvements sur les bassins de stockage des eaux pluviales, l’analyse de l’historique d’usage de mousses anti-incendie sur la plateforme aéroportuaire et chez les industriels, ainsi que des actions complémentaires (piézomètres, carottages). »

Plainte et demande de suivi médical

Début août, 400 habitants de Saint-Louis avaient porté plainte pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ». Les plaignants avaient rappelé les conséquences potentielles de cette exposition aux PFAS (comme par exemple les risques de cancer ou de stérilité). Ils dénonçaient la lenteur de communication concernant la présence de ces polluants éternels.

Dans une lettre ouverte à l’Agence Régionale de Santé Grand Est (ARS), le président de l’Association Des Riverains de l’Aéroport Bâle-Mulhouse (ADRA) Bruno Wollenschneider demande un « suivi médical de Saint-Louis » et la mise en place d’une étude épidémiologique sur l’impact des PFAS dans la santé. L’ARS n’a pour le moment pas répondu à sa lettre du 8 décembre.

Au conseil de l’Eurométropole : bus de nuit vers Kehl, Reme et budget 2026

Au conseil de l’Eurométropole : bus de nuit vers Kehl, Reme et budget 2026
Pia Imbs, présidente de l’Eurométropole de Strasbourg

Budget 2026, transformation du Réseau express métropolitain, bus de nuit transfrontaliers, extension du tram F et avenir de l’Esplanade… Les élus de l’Eurométropole de Strasbourg se prononcent vendredi 19 décembre sur 86 délibérations. Tour d’horizon des principaux dossiers à l’ordre du jour.

C’est un conseil sans surprise majeure. À l’ordre du jour de l’Eurométropole de Strasbourg, ce vendredi 19 décembre, figurent l’adoption du budget primitif 2026, plusieurs délibérations liées aux transports — du réseau express métropolitain aux bus de nuit — et des décisions d’aménagement urbain, notamment à l’Esplanade. Mobilités et finances concentrent l’essentiel des points à l’ordre du jour.

Du Reme au Serm, la poursuite du réseau express

L’un des principaux dossiers de la séance (point 3 de l’ordre du jour) sera la transformation du Réseau express métropolitain européen (Reme). Ce dispositif de transports autour de Strasbourg pensé comme un RER à l’échelle de l’Eurométropole et alentours, s’appellera Service express régional métropolitain (Serm).

Ce changement de nom, avant tout institutionnel, ne change rien pour les usagers mais vise à obtenir un label national pour obtenir des financements de l’État. Du moins « peut-être », nuance Alain Jund, vice-président en charge des mobilités à l’Eurométropole. Avant d’obtenir ces soutiens, dans un premier temps, l’Eurométropole et la Région Grand Est renouveleront leur cofinancement à parts égales.

Point important : cette transformation élargit le périmètre de l’ancien Reme et intègre de nouveaux acteurs. Le « Serm » concernera notamment les axes Strasbourg–Haguenau–Wissembourg, Strasbourg–Sélestat, Strasbourg–Sarreguemines, ainsi que la ligne de la Bruche, et les intercommunalités concernées, parmi lesquelles le Kochersberg, le pays de Sainte-Odile, la Mossig et la Basse-Zorn. L’objectif est le développement progressif de lignes de cars express destinées à relier plus efficacement les communes éloignées du rail aux pôles de transport de l’agglomération. « On veut aussi porter une attention à deux lignes orphelines, à Lauterbourg et Offenbourg », explique Alain Jund.

La délibération sera aussi l’occasion de faire un point sur le bilan du Reme. Lancé en décembre 2022, il a déjà permis « d’augmenter l’offre ferroviaire autour de Strasbourg, avec des trains toutes les trente minutes entre 5h et 22h sur les principales lignes périurbaines, une amplitude étendue jusqu’à 23h et des fréquences renforcées le week-end ». Et ce, malgré un « début chaotique » et une « rupture de confiance » pendant un temps, jusqu’au début de l’année 2024, selon Alain Jund. Aujourd’hui, il avance le chiffre de 22 % d’augmentation de fréquentation dans les gares de l’Eurométropole entre décembre 2022 et décembre 2025.

Un nouveau réseau de bus de nuit avec Kehl

Le conseil doit aussi acter une refonte complète du réseau de bus de nuit (point 32). À partir du 8 janvier 2026, le réseau Hibus, aujourd’hui organisé autour de trois lignes en étoile depuis la place du Corbeau, laissera place à trois lignes traversantes. Elles relieront la Robertsau au centre-ville, Hoenheim au campus d’Illkirch et Cronenbourg à Kehl Bahnhof, via le centre de Strasbourg. Il n’y avait jusqu’ici pas de bus de nuit entre Strasbourg et Kehl. Les bus circuleront toutes les heures, entre 00h30 et 5h30, les nuits de jeudi, vendredi et samedi.

La création de ce nouveau réseau représente un surcoût annuel estimé à 50 000 euros. Elle intègre également un volet sécurité, avec la présence de deux agents à bord du bus transfrontalier pour encadrer les déplacements nocturnes. Le rapport rappelle que la ligne de tram D a enregistré près de quatre millions de voyages en 2024.

Ligne 240 et tram F : une réorganisation du réseau en cours

Un des rapports concerne l’approbation d’une autre convention entre l’Eurométropole et la Région Grand Est pour le financement de la ligne de cars interurbains 240. Cette ligne s’inscrit dans la réorganisation du réseau de bus rendue nécessaire par l’extension de la ligne F du tramway vers Wolfisheim (point 31).

Dans le même temps, le conseil doit se prononcer sur la poursuite des acquisitions foncières nécessaires à l’extension ouest de cette même ligne (point 35). Le projet, déclaré d’utilité publique en juillet 2023, nécessite l’ajustement de certaines emprises. Des terrains situés à Strasbourg, Eckbolsheim et Wolfisheim sont concernés afin de sécuriser les emprises indispensables à la réalisation du prolongement du tram.

À l’Esplanade, un levier foncier pour redynamiser le quartier

Les élus doivent également se prononcer sur l’extension du périmètre de droit de préemption urbain renforcé à l’Esplanade, dans le cadre du projet de redynamisation du cœur de quartier (point 72). Ce dispositif permet à la collectivité de se substituer à un acheteur privé lors de la vente d’un bien immobilier ou d’un local commercial, afin d’en maîtriser la destination.

Le droit de préemption urbain renforcé élargit cette capacité d’intervention aux fonds de commerce et à certains droits au bail. À l’Esplanade, il est présenté comme un outil pour peser sur la nature des commerces, limiter la vacance et accompagner la requalification du secteur, en cohérence avec le projet urbain porté par la Ville et l’Eurométropole.

Vote du budget 2026

Comme pour la Ville de Strasbourg le 8 décembre, l’Eurométropole doit adopter son dernier budget primitif du mandat, celui de 2026 (points 1 et 2 de l’ordre du jour). Celui-ci s’équilibre à 875,4 millions d’euros en fonctionnement et à 454,3 millions d’euros en investissements. Les dépenses de fonctionnement atteignent 869,7 millions d’euros, avec un poids toujours très important des charges de personnel, qui s’élèvent à 387,5 millions d’euros, soit près de la moitié du total. Un élément assumé par la majorité, qui a expliqué lors d’une conférence de presse, jeudi 18 décembre, avoir augmenté de 16 % ses dépenses de personnel afin de recruter des agents au cours du mandat.

L’épargne brute est fixée à 77 millions d’euros. À titre de comparaison, elle s’élevait à 64 millions d’euros en 2019. Côté recettes, les impôts et taxes constituent la principale ressource, avec 284,9 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 73,5 millions d’euros issus de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et 128,1 millions d’euros de dotations et participations, dont la dotation globale de fonctionnement.

En investissements, les dépenses opérationnelles atteignent 271,1 millions d’euros. Elles seront en baisse par rapport à 2025, mais de nombreux projets doivent encore être financés, notamment les pistes cyclables, pour un total de 53 millions d’euros, la poursuite du financement du tram Ouest, à hauteur de 28 millions d’euros, ou encore des travaux d’amélioration de la signalisation, pour 25 millions d’euros.

Pour équilibrer le budget, l’Eurométropole prévoit de recourir à l’emprunt à hauteur de 151,6 millions d’euros. Ce budget s’inscrit dans une trajectoire financière marquée par une capacité de désendettement de neuf ans, le seuil maximal étant fixé à douze ans. La dette devrait ainsi passer de 776 millions d’euros à 880 millions d’euros en 2026.

Acrobates et jongleurs de Noël samedi 20 décembre chez Graine de cirque

Acrobates et jongleurs de Noël samedi 20 décembre chez Graine de cirque
Florian Lestage parviendra-t-il à rester au niveau de sa réputation ?

Les chapiteaux de Graine de cirque accueillent samedi 20 décembre deux compagnies d’acrobates et de jongleurs en clôture du festival Noël en piste.

Les chapiteaux de Graine de cirque plantés depuis 2010 dans le quartier du Port du Rhin permettent à des armadas de bambins d’apprendre à tomber et à se monter dessus sans se faire mal, à pédaler sur des vélos qui n’ont qu’une roue, voire à envoyer en l’air des objets sans les casser… Et deux fois par an, l’école donne à voir ce que des années de ce régime peuvent produire. Ça rassure les parents et en plus, ça détonne.

Samedi 20 décembre à 15h, Graine de cirque accueille ainsi Florian Lestage pour son seul en scène, Entretien avec un jongleur. Un spectacle qui combine « le verbe de Stromae, la virilité de Schwarzy et la grâce de Dominique Mercy » assure le dossier du jongleur… à moins que ce ne soit que de la communication ?

Teaser d’Entretien avec un jongleur de Florent Lestage

À 17h, c’est la Compagnie du Fil à retordre qui s’avancera sur la piste avec T’emmêle pas, un spectacle « d’acrobatie burlesque ». Les deux artistes sur scène explorent depuis 2012 le théâtre, le cirque, les arts de la rue, forains, ludiques… pour des propositions innovantes, surprenantes et accessibles. À voir dès trois ans.

En meeting à la Meinau, Fahad Raja Muhammad prône un « Strasbourg sans frontière »

En meeting à la Meinau, Fahad Raja Muhammad prône un « Strasbourg sans frontière »
Meeting de Fahad Raja Muhammad, le 16 décembre.

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,
#Fahad Raja Muhammad

Réintroduit dans le parc des Ballons des Vosges, le Grand Tétras à nouveau proche de l’extinction

Réintroduit dans le parc des Ballons des Vosges, le Grand Tétras à nouveau proche de l’extinction
Un Grand Tétras observé lors d’un voyage ornithologique en Suède.

Tous les Grands Tétras suivis par une balise et réintroduits dans le parc des Ballons des Vosges sont morts. Le collectif SOS Massif des Vosges y voit la preuve d’un maintien impossible de l’espèce dans le massif vosgien.

La réintroduction du Grand Tétras dans le massif vosgien ressemble de plus en plus à un échec. En 2024 et en 2025, le parc des Ballons des Vosges a accueilli au total 16 coqs et poules capturés en Norvège. Mais mi-décembre, le bilan est peu flatteur pour les soutiens d’une réintroduction de l’espèce. Comme l’indique le site du parc, il ne resterait que « 1 à 2 coq(s) et 1 poule » parmi la population de Tétras transportés depuis la Norvège. Les individus sont d’autant plus difficiles à suivre que leurs balises GPS ont cessé d’émettre. Toujours selon le parc des Ballons des Vosges, il y aurait encore trois poules autochtones. Les autres Grands Tétras ont été victimes de prédateurs, « notamment la martre des pins qui représente 85% de la mortalité des oiseaux », peut-on lire sur le site du PNRBV.

Des associations opposées

Le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel Grand-Est (CSRPN) et le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sont opposés à cette réintroduction du Grand Tétras. Ces organismes arguent tout d’abord du manque de place. Il faudrait selon eux 20 000 hectares pour une réintroduction efficace de l’espèce, soit plus du double des quelques 7 000 hectares disponibles dans le parc des Ballons des Vosges. Le CSRPN et le CNPN invoquent aussi les touristes et les véhicules à moteur comme autant d’obstacles à la survie des Grands Tétras. Enfin, ces experts dénoncent l’« absence d’évaluation rigoureuse des causes du déclin (des Grands Tétras, NDLR) et l’absence de mesures dignes de ce nom visant à éliminer celles-ci ».

Un échec couteux

Le coût de cette tentative de réintroduction s’élève à 230 000 euros par an pour une durée de cinq ans. L’État, la Région Grand Est et l’association Rewilding Europe ont participé au financement du projet. Face à ce « gâchis manifeste de l’argent public », l’association SOS massif des Vosges appelle « à la suspension immédiate du programme » et « à une réorientation massive des moyens vers la restauration réelle des habitats ».

Contacté, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV) n’a pas souhaité répondre a nos questions.