Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À Brumath, Huawei croit toujours en son usine européenne

À Brumath, Huawei croit toujours en son usine européenne
Mercredi 26 novembre, il y a du mouvement à l’usine. Et des travaux sont toujours en cours.

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Parcus prend le contrôle du stationnement en voirie

Parcus prend le contrôle du stationnement en voirie

La Ville de Strasbourg a confié la gestion du stationnement en voirie à une nouvelle société publique locale, Parcus+ voirie. À compter du 1er décembre, cette société sera chargée des contrôles et de percevoir les redevances.

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg ont créé la société publique locale Parcus+ voirie, afin de « mieux maîtriser la politique du stationnement » et « d’optimiser les moyens dédiés ». L’entreprise privée Streeteo était concessionnaire du recouvrement du stationnement en voirie depuis 2017, la municipalité écologiste a profité de l’échéance du contrat pour reprendre cette activité qui génère une quinzaine de millions d’euros chaque année. Parcus+ voirie prendra donc le relais de Streeteo à partir du 1er décembre. Tous les salariés qui souhaitent continuer seront embauchés par la nouvelle société publique, selon la Ville de Strasbourg.

Cette nouvelle société a un capital exclusivement public (95% Ville, 5% Eurométropole). Elle s’occupera donc notamment de la relation avec les usagers, visiteurs et professionnels, du contrôle du périmètre payant ou de l’entretien et de la gestion des horodateurs.

Les usagers bénéficieront désormais d’un guichet situé au niveau 0 du centre administratif, place de l’Étoile à Strasbourg. Ils pourront par exemple y demander des informations, ou enregistrer et payer les forfaits professionnels. Les personnes en situation de handicap auront en outre la possibilité de s’enregistrer là-bas, à l’aide de leur carte mobilité inclusion-stationnement.

Les applications mobiles de paiement du stationnement Easypark et Indigo Neo sont conservées. Parcus+ voirie prévoit de déployer sa propre application en 2026.

Parcus se réorganise

L’entreprise Parcus, qui était jusqu’alors chargée de la gestion des parkings publics de l’Eurométropole, se réorganise en trois entités :

    Parcus+ développement est le nouveau nom de la société mixte historique (créée en 1973). Elle gère les parkings des Halles (P1 Marais vert, P2 Sébastopol, P3 Wilson), Étoile, Petite France, Bateliers, Esplanade, Saint-Nicolas… Elle gérera aussi le stationnement sur voirie à Schiltigheim et Bischheim à partir du 1er janvier 2026. Parcus+ mobilités est une société publique (95% Eurométropole, 5% Ville de Strasbourg) qui gère les parkings Austerlitz, Gutenberg, Opéra Broglie, Gare routière Étoile… Parcus+ voirie est une société publique (95% Ville de Strasbourg, 5% Eurométropole) qui gère le stationnement en voirie à Strasbourg.

À la gare, 40 propriétaires rétifs au permis de louer

À la gare, 40 propriétaires rétifs au permis de louer
La réunion publique sur la mise en place du permis de louer dans le quartier Gare.

À partir du 1ᵉʳ mai 2026, les propriétaires du quartier Gare devront demander un permis à la Ville avant de louer leurs biens. Lors d’une réunion publique mardi 25 novembre, ils ont largement exprimé leurs inquiétudes face à ce dispositif.

Rendez-vous était donné mardi 25 novembre à la médiathèque Olympe de Gouges pour la présentation du permis de louer aux habitants du quartier Gare. Dix minutes avant le début de la réunion publique, la salle est déjà comble. Une quarantaine de propriétaires et une dizaine de locataires attendent les élus de pied ferme. « Marie-Dominique Dreyssé va avoir cinq minutes de retard, je vous propose qu’on l’attende pour commencer. » La réponse fuse dans l’assistance, « non, on commence maintenant », suivie d’une série d’approbations à voix haute. Aurélien Bonnarel, élu en charge de l’expérimentation du permis de louer, se lance dans son exposé. L’ambiance est électrique.

Réponse en 30 jours

À partir du 1ᵉʳ mai 2026, dans le quartier Gare, les propriétaires privés de logement construits avant 2006 devront solliciter un permis de louer auprès de la Ville de Strasbourg. La demande devra être réalisée à la mise en location du bien ou à l’occasion d’un changement de locataire. Différents diagnostics (bilan énergétique, plomb, amiante, gaz, électricité) devront accompagner la demande en ligne. Sur la fois de ces déclarations, dans un délai de 30 jours, les services municipaux pourront autoriser la mise en location pour deux ans ou réaliser une visite du logement. En cas de problème d’insalubrité constaté, la location pourra être autorisée avec obligation de réaliser des travaux ou tout simplement interdite.

Aurélien Bonnarel, élu en charge de la mise en place du permis de louer.

« Nous voulons agir en prévention, avant que des locataires ne s’installent dans le logement et nous signalent les problèmes d’insalubrité », explique Aurélien Bonnarel. Le quartier Gare compte 5 149 logements concernés par le dispositif selon une étude réalisée par la municipalité. 10% d’entre eux poseraient des problèmes de dignité. L’expérimentation du permis de louer durera trois ans.

Une démarche supplémentaire pour les propriétaires

Arrive le temps d’échange avec le public, de nombreuses mains se lèvent. Un propriétaire prend la parole : « Quels moyens sont mis en place pour les contrôles ? Comment va-t-on procéder s’il y a trente jours de délai pour avoir votre réponse ? En un mois, les clients, ils vont partir. » Pascale Rouillard-Neau, cheffe du service hygiène et santé environnementale, prend la parole pour répondre :

« Le service hygiène connait les immeubles qui posent problème. Si votre immeuble est défavorablement connu de nos services, nous procéderons à un contrôle, sinon on validera les demandes. »

Son adjoint, Simon Le Goavec complète : « Il ne faut pas rester bloqué sur le délai de trente jours, c’est un maximum. » Pascale Rouillard-Neau reprend, « croyez-moi, on va aller très vite ».

Un logement insalubre quartier Gare.Photo : TV / Rue89 Strasbourg

« Pourquoi ne pas vous concentrer sur les logements indignes plutôt que d’embêter 90% des gens, c’est une injustice », tempête un homme qui se présente comme propriétaire dans le quartier. Dominique, lui aussi propriétaire, détaille son sentiment à l’exposé du permis de louer :

« C’est une couche administrative supplémentaire, on fait un papier pour avoir un papier et ainsi de suite. Tout cela est purement administratif. »

La cheffe du service hygiène rappelle que les diagnostics demandés dans la procédure sont obligatoires. Un homme lui répond sans attendre son tour de parole : « C’est quand-même du travail en plus. » Aurélien Bonnarel, rappelle l’enjeu du dispositif :

« Je l’admets, c’est une contrainte, mais vous participez à faire reculer le logement indigne. »

Informer et rassurer

Marielle Sturm, propriétaire, a découvert l’existence de permis de louer par les affiches annonçant la réunion publique. Si elle concède que la démarche lui parait bonne, elle s’inquiète de ne pas être autorisée à louer ses appartements classés F par le diagnostic de performance énergétique. « S’ils se basent sur le DPE, j’ai peur de ne pas pouvoir louer. Mes logements ne sont pas indignes, je vis dans l’un d’eux. » Une autre personne interroge la pertinence des pièces demandées par la ville :

« C’est un non-sens de se baser sur ces diagnostics obligatoires, vous ne verrez pas les punaises, les moisissures ou les rats. »

Pour le service hygiène, c’est le contraire. L’utilisation de ces diagnostics permettra de diriger efficacement les contrôles.

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la réunion publique sur la mise en place du permis de louer dans le quartier Gare.

Annie Stoeckel est l’une des rares locataires qui assistent à la réunion. Elle trouve la mesure positive. « Je ne comprends pas l’inquiétude des propriétaires, ça ne peut qu’améliorer leurs biens et rassurer leurs locataires. » Aurélien Bonnarel, lui, s’estime satisfait des échanges de la soirée : « C’est notre rôle d’élus d’écouter les craintes et les interrogations des habitants et d’essayer d’y apporter des réponses. C’est pour cela que l’on rentre dans une phase d’information qui durera six mois. » Il tempère les inquiétudes exprimées par les personnes présentes : « On sait que 90% des propriétaires auront les autorisations. » Au cours de la soirée, il a, à plusieurs reprises, rappelé la cible de la mesure : les marchands de sommeil.

L’État va obliger les usines les plus polluantes de Strasbourg à parler avec les riverains

L’État va obliger les usines les plus polluantes de Strasbourg à parler avec les riverains
L’incinérateur d’ordures ménagères de Strasbourg.

La préfecture du Bas-Rhin a décidé, mercredi 5 novembre, de la création d’une commission de suivi de quatre usines du Port du Rhin qui ont dépassé les limites d’émissions de polluants. Elles seront obligées de communiquer avec les riverains et les associations, sous le regard des autorités.

Blue Paper, ESKA, Sénerval et ÉS biomasse vont être surveillés de près. Dans un arrêté préfectoral du 5 novembre, l’ex-préfet du Bas-Rhin, Jacques Witkowski, a acté la création d’une « commission de suivi du site du Port du Rhin Sud », une zone industrielle à l’Est de Strasbourg. Selon l’arrêté, cette décision est liée à « des dépassements de valeurs limites » pour les rejets de polluants dans l’air.

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Humiliée par la police allemande lors d’un contrôle à Kehl, une réfugiée syrienne porte plainte

Humiliée par la police allemande lors d’un contrôle à Kehl, une réfugiée syrienne porte plainte
Sandra Alloush, journaliste de 37 ans, est arrivée en France en 2015.

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Procès d’éducateurs violents dans les Vosges : quand trois prévenus répondent pour tout un système

Procès d’éducateurs violents dans les Vosges : quand trois prévenus répondent pour tout un système
Le Centre éducatif renforcé du Climont est géré par l’Arsea. Il accueille huit mineurs, placés sous mandat judiciaire, pour des séjours « de rupture » de plusieurs mois

Plus de 5 ans après la révélation de violences sur mineurs en centres éducatifs renforcés, le procès se tenait mardi 25 novembre au tribunal correctionnel de Colmar. Mais au lieu d’une affaire retentissante, avec 17 éducateurs mis en cause au début de l’enquête, seuls trois ont finalement été poursuivis. Les enfants victimes, eux, sont absents.

« C’est un dossier qui m’a donné la nausée », lance au début de sa plaidoirie Me Sendegul Aras, avocate de l’un des prévenus. Un dossier où il a fallu, comme l’explique celle qui est également vice-bâtonnière de Strasbourg, « démêler le vrai du faux, savoir qui étaient les bonnes âmes, et qui instrumentalisait les enfants. »

Étrange procès que celui qui s’est tenu mardi 25 novembre à Colmar, où la parole des jeunes – censée être au cœur du dossier – était la plus difficile à entendre. Et où finalement, sur les 25 plaintes déposées à l’encontre de six éducateurs pour violences volontaires aggravées, seules deux ont été retenues, et trois éducateurs mis en cause par une dizaine de jeunes, pour des faits commis entre 2014 et 2020 au sein de deux centres éducatifs renforcés (CER) des Vosges.

124 mineurs interrogés

Après plus de cinq ans d’enquête judiciaire, et l’audition de 124 mineurs (âgés entre 13 et 17 ans au moment de faits), pas un seul n’a fait le déplacement pour venir assister à ce procès pourtant emblématique des défaillances de la protection de l’enfance. Seuls deux se sont constitués parties civiles, et un seul était représenté par une avocate.

À l’origine de cette enquête judiciaire, comme le rappelle d’emblée la présidente du tribunal Morgane Robitaillie, il y a une enquête journalistique, publiée en 2020 par le Nouvel Obs. Y sont dénoncés, pêle-mêle, par trois lanceurs d’alerte travaillant dans ces centres, des brimades, des insultes, des violences verbales à l’encontre de jeunes, mais aussi des violences physiques commises par plusieurs éducateurs.

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Après sa grève de la faim, Vanessa Koehler obtient son recrutement

Après sa grève de la faim, Vanessa Koehler obtient son recrutement
Vanessa Koehler a fini par obtenir un poste de professeur stagiaire au sein de l’académie de Strasbourg.

Vanessa Koehler avait observé une grève de la faim pendant près de trois semaines. Mardi 25 novembre, les services de l’inspection académique l’ont appelée pour lui annoncer son recrutement.

« Je suis vraiment contente. Je vais enfin pouvoir enseigner. » Le rêve de Vanessa Koehler s’est réalisé ce mardi 25 novembre. L’étudiante a reçu un appel de l’inspection académique. Elle a alors appris son recrutement en tant que fonctionnaire de l’Éducation nationale. Elle ne connaît pas encore le lieu ni la date de sa prise de fonction. Et les raisons de ce revirement de l’administration ne sont pas connues non plus : « Peut être que le rectorat a regardé à nouveau leurs besoins en professeurs ? Je sais juste que j’ai suspendu ma grève de la faim pour faire un pas vers eux. À ce moment, des représentants du rectorat m’ont dit qu’ils allaient chercher une solution. »

Inscrite à la onzième place sur la liste complémentaire du concours de recrutement des professeurs des écoles, Vanessa a été recrutée tout comme la personne inscrite à la dixième place de la liste. Vanessa n’avait pas obtenu de poste de professeure stagiaire à la rentrée 2025. Le rectorat lui avait alors conseillé de candidater en tant que contractuelle, un poste d’enseignement mais bien plus précaire et qui ne correspond pas à sa formation ni à ses résultats. Jugeant cette proposition indécente, la jeune étudiante de 25 ans avait entamé une grève de la faim le 28 octobre. En cause : le refus du rectorat de l’embaucher en tant que professeure stagiaire et fonctionnaire de l’Éducation nationale.

Interrogée sur son état de santé, Vanessa Koehler décrit son corps qui s’est réhabitué à manger : « Ça va mieux, j’ai repris cinq kilos sur les neuf que j’ai perdus. » La future professeure alsacienne a l’impression de ne pas avoir de séquelles de sa grève de la faim qui a duré près de trois semaines. Elle se réjouit donc de faire bientôt face à une classe. « Niveau motivation, j’ai fait mes preuves », glisse-t-elle d’une voix malicieuse.

Inauguré à la rentrée, le bus dédié aux cancers féminins reste au garage de l’hôpital de Saverne

Inauguré à la rentrée, le bus dédié aux cancers féminins reste au garage de l’hôpital de Saverne
Le « mammobus » a été inauguré en septembre 2025. Fin novembre, il reste au garage du centre hospitalier de Saverne.

Élus des collectivités et dirigeants des instances de santé locales ont inauguré à Saverne un bus de prévention santé en septembre 2025. Problème : le « mammobus » de la start-up Hocoia reste au garage depuis…

« Lors de l’inauguration, les élus, le sous-préfet, un représentant de l’Agence Régionale de Santé étaient là. Personne n’a parlé de problème technique. » Président de la ligue contre le cancer du Bas-Rhin, Robert Herrmann cherche à comprendre. Comment est-il possible qu’un bus dédié à la détection des cancers féminins reste au garage du centre hospitalier de Saverne fin novembre 2025 après avoir été inauguré le 11 septembre de la même année ? « Le retard paraît pour le moins anormal », continue l’ancien président socialiste de l’Eurométropole de Strasbourg. Robert Herrmann sent que l’origine du problème lui échappe : « On m’a d’abord parlé d’un manque d’accès aux personnes handicapées. Puis j’ai constaté sur place qu’il y en avait un. À chaque fois, il y a une autre explication… »

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Un musée numérique avec des milliers d’œuvres internationales bientôt à Strasbourg

Un musée numérique avec des milliers d’œuvres internationales bientôt à Strasbourg
Les œuvres des plus grands musées s’affichent sur les murs de la micro-folie.

L’association La Cybergrange aimerait ouvrir une « micro-folie » dans l’enceinte du Shadok à Strasbourg. Il s’agit d’un musée virtuel, permettant d’approcher les principales œuvres d’art de l’Humanité, en vidéo ou en 3D. L’association cherche 7 500 euros pour boucler le budget de fonctionnement.

Une micro-folie est un musée numérique permettant de découvrir en vidéo ou en 3D plus de 5 000 œuvres numérisées issues de 411 établissements culturels du monde. Ce projet est né au Parc de La Villette à Paris. 638 endroits de ce type existent déjà, dont une trentaine hors de France. La Cybergrange, association gestionnaire du Shadok, le lieu d’éducation au numérique de la Ville de Strasbourg, a décidé de lancer le projet à Strasbourg. Un financement participatif est en cours pour trouver 7 500 euros afin de participer aux frais d’emploi d’un ou d’une médiatrice. Il permettra aussi de savoir si le projet trouve de l’écho à Strasbourg.

Écrans et réalité virtuelle

Selon le dossier de la Cybergrange, la micro-folie de Strasbourg sera constituée de cinq espaces, tous situés au premier étage du Shadok : un lieu doté d’un immense écran permettant de voir des tableaux et d’autres œuvres avec une définition très importante, un lieu équipé de casques de réalité virtuelle pour voyager à l’intérieur de certains des plus beaux musées du monde, une « biblio/ludo/thèque », c’est à dire un endroit avec des livres et des jeux numériques à disposition, un espace dédié aux jeux vidéos et un atelier avec des imprimantes 3D pour expérimenter.

La Cybergrange espère embaucher des médiateurs afin d’encadrer les visites comme le détaille Jérôme Tricomi, son directeur :

« Le catalogue des œuvres disponibles est trop important pour qu’on puisse naviguer sans aide. Et avec un médiateur, on peut aussi s’adapter aux groupes. Par exemple, si des jeunes apprécient les mangas, on peut partir de là pour remonter jusqu’aux estampes japonaises… Puis après la découverte, il y a l’expérimentation dans l’atelier, partir des œuvres pour réaliser des objets en impression 3D, des impressions sur étoffe, etc. »

Le musée virtuel devrait cependant afficher des « expositions numériques », visitables en autonomie, en dehors des périodes réservées par le médiateur.

Un projet inclusif

La Cybergrange souhaite garder l’accès à ce musée virtuel gratuit. L’association évoque dans son dossier que l’accès à la culture internationale peut être complexe pour les habitants du Grand Est, dont 26% habitent loin d’un espace culturel. La ou le médiateur aura en outre pour charge de connecter des groupes de jeunes des quartiers populaires à des œuvres et des courants culturels du monde. Deux groupes pourraient être accueillis chaque mois si le financement participatif dépasse les 15 000 euros.

Coûts et objectifs

La Cybergrange estime à 30 000€ son besoin d’investissement, explique Jérôme Tricomi :

« Nous avons déjà une partie du matériel mais nous avons besoin d’un vidéo projecteur ultra-haute définition, de quelques casques de réalité virtuelle supplémentaires et de tablettes pour pouvoir accueillir les groupes. »

La Cybergrange a sollicité des actions de mécénat auprès de plusieurs entreprises privées pour financer ces équipements. Jérôme Tricomi espère ouvrir le cyber-musée en mars 2026. Mais si la campagne de financement participatif devait échouer, prévient-il, ce serait le signe que cet espace n’est pas attendu par le public du Shadok et tout serait alors annulé.

#La Cybergrange

General Electric Healthcare délocalise 30 emplois strasbourgeois en Inde

General Electric Healthcare délocalise 30 emplois strasbourgeois en Inde
L’entreprise fondée par Thomas Edison en 1889 s’est scindée en trois entités en 2021.

General Electric Heathcare va supprimer une trentaine d’emplois à Strasbourg pour transférer l’activité en Inde. Le groupe américain avait acheté cette entreprise spécialisée dans la mesure de l’exposition aux rayonnements en 2014.

À Strasbourg, General Electric Healthcare conçoit et commercialise aux établissements de santé une solution de « dosimétrie » pour mesurer l’exposition aux rayons X des radiographies, DoseWatch. Le groupe américain avait racheté l’entreprise Serphydose en 2011. La société avait été créée par le radiophysicien strasbourgeois Luc Mertz un an plus tôt pour produire et commercialiser DoseWatch.

En 2026, General Electric Medical Systems (GEMS), la filiale française du groupe américain, prévoit de délocaliser l’activité de DoseWatch, installée dans le campus NextMed à Strasbourg, à Bangalore en Inde, où sont déjà hébergées les données. L’équipe strasbourgeoise, composée de 29 personnes, assurait jusqu’ici le suivi et le développement de cette solution de mesure individuelle des rayonnements reçus pour 1 600 clients, principalement des cabinets de radiologie ou des hôpitaux.

La trentaine de salariés strasbourgeois de GEMS déplore d’avoir été ainsi rayée de la carte mondiale du groupe américain. L’un d’eux, qui garde l’anonymat pour se protéger d’éventuelles représailles, détaille :

« En 2019, les équipes travaillant sur DoseWatch et les autres logiciels d’analyse de données étaient composées d’une cinquantaine de postes à temps plein. Puis GEMS a graduellement cessé de remplacer les départs alors que la solution est rentable. Elle génère entre 6 et 8 millions de chiffres d’affaires selon les éléments en notre possession. »

61 millions d’euros de bénéfices

Ces licenciements sont d’autant plus incompréhensibles pour les salariés strasbourgeois que GEMS a réalisé plus de 61 millions d’euros de bénéfice en 2024, sur un chiffre d’affaires de 1,71 milliard d’euros :

« General Electric Medical Systems emploie plus de 2 500 personnes en France. Alors, c’est quoi le plan stratégique derrière la suppression de nos postes ? Il ne s’agit que d’un mouvement purement comptable parce que nous ne sommes pas assez rentables selon les critères des actionnaires du groupe… »

Contacté, un porte-parole de General Electric Healthcare confirme que des discussions ont été entamées avec les représentants du personnel :

« Le projet pourrait conduire à la suppression de 32 postes dont 3 vacants sur le site de Strasbourg. Un accompagnement individuel sera apporté à chaque salarié concerné. »

Parmi les salariés bientôt licenciés se trouvent des développeurs, des ingénieurs support, des ingénieurs médicaux et des personnels administratif. La plupart ont entre 5 et 10 ans d’ancienneté et ont porté la solution depuis sa douzaine de premiers clients jusqu’à sa 2e position mondiale actuelle.

Député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin, Emmanuel Fernandes (La France insoumise) indique dans un communiqué qu’il « saisit dès lundi 24 novembre le ministre de l’Économie, Roland Lescure, par le biais d’une question écrite » pour qu’il réponde sur « cette perte majeure de savoir-faire pour la France et cet affaiblissement de notre souveraineté, en particulier sanitaire et technologique ».

Le diocèse de Strasbourg rate l’embauche de la première vice-chancelière de son histoire

Le diocèse de Strasbourg rate l’embauche de la première vice-chancelière de son histoire
Monseigneur Pascal Delannoy, lors d’un entretien accordé à Rue89 Strasbourg en novembre 2024.

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Devant le Parlement européen, des agriculteurs dénoncent un accord UE – Mercosur « criminel » 

Devant le Parlement européen, des agriculteurs dénoncent un accord UE – Mercosur « criminel » 
Une centaine de manifestants de la Confédération paysanne se sont rassemblés devant le Parlement européen lundi 24 novembre contre le traité UE-Mercosur.

Une centaine de manifestants se sont rassemblés lundi 24 novembre devant le Parlement européen pour exhorter les eurodéputés à poursuivre la contestation du traité de libre échange avec l’Amérique latine devant la Cour de justice de l’Union européenne. 

Par petits groupes, les manifestants s’agglutinent sous les tonnelles pour échapper à la pluie glacée de ce lundi 24 novembre. L’un d’eux, harmonica aux lèvres, entonne L’Internationale, laissant échapper éclats de rires et fausses notes. Jean-Philippe Duhail est agriculteur dans une « ferme microscopique » à Aubure dans le Haut-Rhin. Avec ses quelques vaches laitières, cet adhérent de la Confédération paysanne est venu défendre son « système d’un autre temps »

Autour de lui, ils sont une petite centaine à s’être rassemblés devant le Parlement européen à l’initiative du syndicat agricole anti-productiviste pour réaffirmer leur opposition au traité commercial avec les pays du marché commun de l’Amérique du sud (Mercosur). « Avec ce traité, on va importer des choses qu’on peut produire chez nous pour leur envoyer des bagnoles, ça n’a pas de sens », brocarde Jean Bianchi, apiculteur du Haut-Rhin.

Jean-Philippe Duhail, membre de la Confédération paysanne est venu soutenir un autre modèle agricole.Photo : Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg
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La double vie d’Olivier Klein, recteur d’Alsace et maire d’une ville à 500 kilomètres

La double vie d’Olivier Klein, recteur d’Alsace et maire d’une ville à 500 kilomètres
Olivier Klein, recteur de l’Académie de Strasbourg.

Olivier Klein, recteur de l’Académie de Strasbourg, est aussi maire de Clichy-sous-Bois. Alors qu’il occupe ce poste de haut fonctionnaire en Alsace, il hésite encore à se lancer dans la campagne des municipales pour briguer un nouveau mandat dans cette ville située à côté de Paris.

Pourquoi le président de la République Emmanuel Macron a-t-il désigné Olivier Klein recteur de l’Académie de Strasbourg, le 26 juin 2024 ? Ni l’Élysée, ni le ministère de l’Éducation nationale n’ont répondu à notre question. Ce jour-là, Olivier Klein a accepté de s’occuper des 330 000 élèves et des 31 000 personnels de l’éducation en Alsace. La tâche est déjà ardue comme ça. Elle semble devenir impossible quand on sait que le même homme est également maire de Clichy-sous-Bois, une ville de 30 000 habitants en région parisienne, troisième commune la plus pauvre de France.

Pour son métier de recteur, il perçoit un salaire de plus de 9 200 euros nets par mois. « Je ne les vole pas, je travaille chaque jour de 8h30 à plus de 22h pour le rectorat. Ma priorité, c’est l’Académie de Strasbourg. Mon engagement ici est total, je le fais avec passion », assure Olivier Klein. Il racontait l’inverse à des journalistes du Parisien en mars, sa priorité c’était Clichy-sous-Bois.

Les recteurs ont l’une des fonctions publiques les mieux rémunérées en France, beaucoup gagnent plus que les préfets. En Alsace, comme presque partout, ils bénéficient en plus de privilèges comme un grand appartement de fonction à l’hôtel du rectorat, ou une voiture de service avec un chauffeur. « Je paye mes charges, je fais mes courses, mes lessives, on n’est plus au Moyen Âge », promet-il à Rue89 Strasbourg. Parallèlement, il perçoit environ 2 400 euros nets par mois pour son mandat de maire.

Olivier Klein fait des allers-retours entre Clichy-sous-Bois et Strasbourg.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

Inquiétude du personnel

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Éprouver l’existence des fantômes au Kunstmuseum de Bâle

Éprouver l’existence des fantômes au Kunstmuseum de Bâle
Vue de l’Installation Pepper’s Ghost, reprise d’une technique scénique du XIXe siècle.

Le Kunstmuseum de Bâle ouvre ses portes aux esprits avec une exposition temporaire appelée Fantômes, Sur les traces du surnaturel. Plongées dans une atmosphère sombre et mystérieuse, les 160 œuvres présentées immergent le public dans un passé qui n’a pas fini de hanter.

Point n’est besoin d’être une Chambre 

 – pour être Hanté –

Point n’est besoin d’être une Maison –

Le Cerveau a des Couloirs

– qui surpassent

L’Espace matériel

Emily Dickinson (1830–1886)

L’imaginaire est remplie de fantômes, ectoplasmes ou autres spectres. Le Kuntsmuseum de Bâle propose une rétrospective de 250 ans sur les productions artistiques qui cherchent à rendre compte de leur présence.

Entre art et histoire : comprendre la nature des fantômes

Ce qui frappe dès la première salle, et pour l’ensemble du parcours de l’exposition, c’est le choix scénographique singulier ici : les œuvres sont exposées  avec une parcimonie de lumière qui en révèlent toute la dimension inquiétante, dérangeante. Parmi les photographies qui nous sont parvenues du XIXe siècle et qui présentent des scènes d’exorcisme et de possessions, il se trouve aussi divers objets comme un plateau de ouija. Invisible et insaisissable, le fantôme a longuement intrigué la science. De nombreuses expériences ont été menées pour prouver leur existence. Si le fantôme est un être impalpable, la présence de ces reliques le matérialise pleinement.

Vue de l’œuvre To Repel Ghosts Photo : Axelle LEHMANN / Rue89 Strasbourg

Des notes de médium, griffonnées frénétiquement sont ici présentées à côté de tableaux et d’objets spirites. Fantôme, sur les traces du surnaturel cumule 160 œuvres et objets qui représentent autant d’interprétations et expériences de l’invisible et de ses mystères. Chaque photographie, chaque toile et chaque sculpture représente alors un espoir de se rapprocher de la compréhension d’un monde hors de notre portée. Le public est emporté dans un cheminement d’exposition, à travers les clichés, objets divinatoires et représentations culturelles que les artistes, médiums et scientifiques ont attribué aux spectres. Il ne s’agit ni de remettre en question le caractère rationnel de l’existence, ni de fonder une croyance en l’existence des spectres. L’exposition donne plutôt à voir ici de nouvelles facettes du fantôme, et de son histoire.

Ressentir la hantise – parcourir l’exposition et frôler l’au-delà

Beaucoup d’éléments visuels ont été associés aux fantômes et au passage dans l’au-delà. L’obscurité des lieux rend bien plus alerte aux changements de température et autres souffles qui existent dans le dédale des couloirs. Des lumières clignotantes balisent le parcours. Les motifs du brouillard et du voile, que l’on retrouve dans de nombreux clichés et peintures, s’accompagnent d’une atmosphère sonore sombre, ou même lugubre, qui semble hanter le public depuis l’entrée. Si les fantômes ne s’étaient pas déjà invités dans le parcours, ils seraient fabulés dans le reflet d’une vitre ou dans le râle bourdonnant qui emboîte le pas des visiteurs. 

Le parcours se rythme aussi par un rapport singulier aux œuvres. Les murs des premières salles présentent une surcharge visuelle : toiles, projections vidéo, installations et photographies en tout genre… Puis, soudain, l’ambiance change : une pièce entièrement déserte. Il faut alors avancer prudemment dans un espace qui semble à présent hanté par le vide pour, peut-être, ressentir le souffle d’une « inquiétante étrangeté ». 

Vue de l’œuvre Desvestidos, dite « dévêtue »Photo : Axelle LEHMANN / Rue89 Strasbourg

Mais le fantôme n’est pas uniquement l’apparition inexpliquée qui terrifie les nuits, ces récits pleins de fantasmagories. Il peut également se matérialiser au travers de tous ceux qui sont absents, ou qui ont été effacés de l’histoire collective : dans la violence des actes  qui ont réduit des voix humaines  au silence. Il existe en effet des passés tenaces qui hantent le présent, des absences refoulées qui peuvent resurgir tout à coup, au détour d’un moment d’histoire, à l’image des promesses de hantises des victimes d’injustices structurelles que l’on retrouve griffonnées hâtivement sur le blanc d’une toile de Glenn Ligon : « Je me transforme sous tes yeux en fantôme et je viendrai te hanter. »  

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L’agence de prévention des violences sexistes et sexuelles Égaé pointe des insuffisances dans la prise en charge des alertes et des victimes de l’ancien adjoint à la maire Hervé Polesi. Une formation insuffisante sur les violences sexistes et l’absence de cadre précis pour dénoncer un élu sont en cause.

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