Le 9 octobre 2023 à Strasbourg, lors d’un hommage aux victimes de l’attaque du 7 octobre.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Le Conseil représentatif des institutions juives d’Alsace appelle à un rassemblement dimanche 5 octobre à Strasbourg, pour rendre hommage aux victimes des attaques du 7 octobre 2023 en Israël. Le rassemblement demandera également la libération des otages restants aux mains du Hamas à Gaza.
Près de 1 200 personnes ont été tuées lors de l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël et 251 personnes ont été enlevées. Deux ans après, 47 otages sont toujours retenus par le Hamas dans la bande de Gaza. Le Conseil représentatif des institutions juives (Crif) d’Alsace appelle à un rassemblement pour rendre hommage aux victimes de l’attaque du Hamas et demander la libération des otages encore détenus.
Le rendez-vous est donné dimanche 5 octobre à 17h30, place Broglie, devant l’Opéra national du Rhin. « Nous devons nous souvenir de cet horrible événement. Certains otages sont toujours aux mains du Hamas dans des conditions épouvantables », déclare Pierre Haas, président d’honneur du Crif Alsace.
« Une cérémonie non politique »
La cérémonie comprendra des lectures de témoignages de victimes, des interventions musicales et une prise de parole du Crif Alsace, « pour rappeler le contexte de cet attentat, demander la libération des otages et lutter contre l’antisémitisme ».
Les organisateurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’une « cérémonie non politique » et qu’aucune représentation extérieure n’est souhaitée. Ils espèrent toutefois la présence de nombreux responsables politiques. « Nous voulons une cérémonie digne pour cette douloureuse page qui ne s’est toujours pas refermée », ajoute Pierre Haas.
Marin sauveteur, Fiona Mischel a embarqué à bord du bateau Yulara à destination de Gaza, le 30 août 2025.Photo : Photo remise par la famille
Embarquée à bord d’un bateau de la flottille Global Sumud, la Strasbourgeoise Fiona Mischel a été arrêtée par l’armée israélienne dans la nuit du 1er au 2 octobre 2025. Depuis, sa famille n’a plus de nouvelles.
Forte d’une cinquantaine d’embarcations et de 500 personnes issues de 45 nationalités, la flottille Global Sumud qui naviguait en direction de Gaza a été interceptée par l’armée israélienne dans la nuit du 1er au 2 octobre. Comme tous les autres passagers, Fiona Mischel, de Strasbourg, est depuis détenue par l’État d’Israël.
Le 30 août, au départ de Barcelone, la jeune femme de 34 ans avait embarqué à bord d’un bateau nommé Yulara. Après des escales à Tunis et en Crète, Fiona Mischel s’était enregistrée à bord du bateau en expliquant vouloir « faire pression sur les médias et les gouvernements complices du génocide par leur inaction ». Elle ajoute : « J’ai l’impression que le monde a trahi et abandonné les Palestiniens. Nous voulons leur montrer que nous ne les oublions pas. » Déjà engagée auprès d’ONG en tant que marin sauveteuse, la jeune femme a saisi cette opportunité pour agir.
Une famille dans l’incertitude
Adèle Aïssi-Guyon a soutenu sa grande sœur Fiona quand celle-ci a pris la décision de partir pour Gaza :
« Avant son départ, on en avait beaucoup parlé toutes les deux. Étant moi-même militante pour la cause palestinienne, je l’ai plutôt poussée à partir. Évidemment, c’était inquiétant et on savait que l’arrestation était une issue probable. Mais ce génocide est tellement intenable que le risque en vaut la peine. »
Pendant toute la durée de la traversée, Adèle a pu suivre le parcours de sa sœur. « On recevait des informations directement de la flottille une ou deux fois par jour », explique-t-elle. Mais depuis l’intervention de l’armée israélienne, du mercredi 1er octobre, elle n’a plus aucune nouvelle. Le ministère des Affaires étrangères de l’État hébreu a confirmé que tous les passagers arrêtés étaient détenus et seraient prochainement renvoyés vers l’Europe. Quatre citoyens italiens ont déjà été rapatriés.
Inquiète pour sa sœur, Adèle se dit quand même rassurée de savoir qu’elle n’est pas seule face aux autorités israéliennes :
« Le mouvement de la Global Sumud Flotilla se veut pacifique, donc ils ont tous été formés avant de partir pour être capables de calmer tout acte de violence. Ce qui me rassure, c’est qu’ils sont tous ensemble et qu’ils étaient préparés à l’arrestation. Et même si on ne sait jamais trop à quoi s’attendre avec Israël, ils n’ont pas d’intérêt à être violents, ça leur donnerait une mauvaise image. »
Briser le blocus maritime
La flottille tentait d’acheminer vers Gaza un peu d’aide humanitaire, bloquée par Israël depuis mars 2025 provoquant une famine et des décès par manque de soins. Mais pour Adèle, « les quantités transportées par bateau restent bien moindres que celles envoyées par camion ou par avion ». L’objectif était donc de s’en prendre à « ce blocus maritime illégal » mis en place par Israël, dont la juridiction sur les eaux au large de Gaza est contestée.
La mobilisation de citoyens occidentaux n’est pas anodine. Il s’agit d’une stratégie régulièrement utilisée par les mouvements de soutien à la Palestine. Si Adèle n’a pas traversé la mer pour apporter son aide à Gaza, elle n’en est pas moins engagée sur la question :
« Être citoyen européen offre une certaine protection face à la violence de l’État d’Israël. C’est aussi une façon de mettre les gouvernements devant leurs responsabilités : soit ils défendent leurs ressortissants, soit ils révèlent leur complicité. »
La jeune femme attend avec impatience que Fiona soit rapatriée, mais reste « effarée par l’absence de soutien diplomatique du gouvernement français ». Les gouvernements espagnol et italiens avaient envoyé des navires de guerre pour défendre la flottille après des attaques de drones au large de la Crête.
Lors d’une manifestation interdite pour la Palestien en octobre 2023.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Deux militantes ont été placées en garde à vue jeudi 2 octobre. Elles ont été interpellées en marge de la manifestation de soutien à la flottille pour Gaza. Un rassemblement de soutien est prévu dans la soirée devant l’hôtel de police.
« Elles ont passé la nuit en garde à vue », soupire Kévin, posté devant le commissariat de Strasbourg depuis 9h ce vendredi 3 octobre. La veille, deux militantes ont été interpellées par la police en marge de la manifestation de soutien à la flottille humanitaire pour Gaza, interceptée quelques heures plus tôt par l’armée israélienne. Suspectées d’être à l’initiative de la manifestation, non déclarée en préfecture, les deux jeunes militantes ont été placées en garde à vue dans la foulée. « La sommation était inaudible », se remémore un jeune manifestant du collectif Palestine 67, qui s’est « extirpé de la rue pour échapper aux gaz lacrymogènes ».
Un rassemblement de soutien
Suite au rassemblement du jeudi 2 octobre à 18h place Kléber, une centaine de personnes avaient décidé de poursuivre la manifestation sur les voies du tramway, bloquant partiellement la circulation. « Il y a eu gazage, charges et coups de matraques », rembobine de son côté Gabriel, lui aussi présent. « L’une d’elles a été suspectée d’être l’organisatrice de la manifestation sauvage car elle tenait le mégaphone », poursuit le manifestant. Il craint que les jeunes femmes « ne connaissent pas bien leurs droits ».
« Je suis fâchée et en colère qu’on puisse arrêter des jeunes qui se mobilisent contre le génocide à Gaza », réagit Perrine, membre du CJACP, le collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine. Un rassemblement de soutien « aux deux camarades interpellées » à l’initiative d’Urgence Palestine est prévu à 18h devant le commissariat.
Margaux Delanys est journaliste à Rue89 Strasbourg depuis octobre 2025. Originaire du Grand Ouest, elle est diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille et s’intéresse aux enjeux sociaux.
Fabrice Berna, professeur de psychiatrie à la fac de médecine.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
L’Université de Strasbourg a saisi la commission de déontologie sur les liens entre le professeur Fabrice Berna et la Libre Université du Samadeva, une organisation qui vend des thérapies fondées sur des médecines non conventionnelles.
Les révélations du journal Le Point concernant le professeur Fabrice Berna pointent-elles vers un conflit d’intérêts ? La commission de déontologie de l’Université de Strasbourg (Unistra) et le référent intégrité scientifique devront notamment répondre à cette question suite à une saisine par la faculté de médecine et de l’Unistra. La communication universitaire précise à Rue89 Strasbourg l’objectif de la procédure initiée : « examiner si ces éléments [contenus dans l’article du Point, NDLR] sont ou non en conformité avec les obligations qui s’imposent aux enseignants-chercheurs ; s’agissant ici d’un professeur d’université et praticien hospitalier. »
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Rédacteur en chef de Rue89 Strasbourg. Spécialisé depuis 2019 en enquêtes locales, à Strasbourg et en Alsace sur des sujets variés allant de l’extrême-droite à l’hôpital public en passant par la maison d’arrêt de Strasbourg, les mouvements sociaux, les discriminations et l’expertise-psychiatrique.
Les cheminots de la CGT plaident pour une grève ininterrompue, pour avoir un impact et mobiliser plus largement.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Les manifestants étaient bien moins nombreux ce jeudi 2 octobre, comparé aux journées de mobilisation des 10 et 18 septembre. Dans le cortège, beaucoup estimaient que le mouvement ne pourra se massifier que si une grève plus dure se met en place, pour que les employés sentent qu’elle peut avoir un impact.
Sur une place de la République bien moins garnie que lors de la mobilisation du 18 septembre, les manifestants se comptent jeudi 2 octobre. L’intersyndicale annoncera tout de même 8 000 personnes, contre 1 500 pour la préfecture. « Les journées de grève en saute-mouton, ça fatigue tout le monde », estime Khalid, ouvrier chez Cuisine Schmidt à Sélestat et syndicaliste à SUD Industrie :
« Nous on était partisans d’une grève sans interruption dés le 10 septembre. Nos collègues nous disent que c’est ce qui les motiverait, pour qu’ils n’aient pas l’impression qu’ils vont perdre une journée de salaire pour rien. »
Des employés de Cuisine Schmidt sont présents dans le cortège.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Une dizaine d’employés de cette usine ont fait le déplacement jusqu’à Strasbourg. « On doit avoir un peu plus de 50 grévistes pour 1 680 salariés », indique Khalid. « Il y a une vraie colère, explique Joël, aussi employé de Cuisine Schmidt. On fait des mouvements répétitifs qui créent des douleurs, des problèmes d’articulation. Des collègues ont déjà mal aux genoux à 30 ans. Donc quand on nous dit qu’il faut faire des efforts, ça ne passe pas. »
Avoir un impact
Mais selon les deux militants, le mot d’ordre de la mobilisation est devenu moins compréhensible pour celles et ceux qui suivent de loin : « On se bat pour faire pression sur un ministre avant qu’il fasse des annonces, c’est très subtile. Quand on luttait contre la réforme des retraites, il y avait quelque chose de plus concret », remarque Joël.
Les personnes non encartées, les étudiants et les lycéens, sont moins nombreux que le 18 septembre. Les chars des différents syndicats se succèdent, entourés de militants aux gilets colorés. Le cortège a surtout attiré les adhérents les plus investis. La CGT et Force ouvrière ont tout de même rameuté des centaines de personnes chacune. Mais les discussions sur la manière de remobiliser sont fréquentes dans la foule.
La manifestation du 2 octobre a attiré 1 500 personnes selon la préfecture et 8 000 d’après la CGT.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
« En 2023, contre la réforme des retraites, les salariés qui ont fait les 13 jours de grève ont perdu énormément d’argent sans succès. Ça a pu créer une résignation », observe Catherine, éducatrice de rue pour l’Arsea et secrétaire départementale du syndicat de l’action sociale de Force ouvrière :
« Le constat qui traverse l’ensemble du secteur, c’est une précarisation de notre métier, des établissements sans moyens, de plus en plus de difficultés à accompagner les personnes. On voit un grand désir que ça bouge. Mais il faut qu’on ait l’impression que ça aura un impact, avec les dockers, l’énergie, les transports… Je pense qu’une grève générale mobiliserait davantage. »
Catherine Jaegle, secrétaire du syndicat départemental de l’Action Sociale FO 67.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Les conducteurs CTS hors délai pour se mettre en grève
Justement, les conducteurs de tram et de bus n’ont pas pu se mette en grève ce 2 octobre. « Comme tout le secteur des transports, on doit faire une notification à la direction quinze jours avant le début de la grève. On a appris la date de cette journée de mobilisation trop tard, relate Cédric Chapeau, de la CGT – CTS. C’est à cause d’une loi de 2007 sous Sarkozy, pour la continuité du service public dans les transports. » Du côté de la SNCF, « on s’organise pour avoir toujours un préavis qui court », indique Clément, de la CGT des cheminots.
S’il n’a pas de chiffre de participation, il constate néanmoins que le nombre de grévistes n’est pas suffisant pour arrêter le trafic. « Moi j’en étais à 56 jours de grève d’affilée en 2023. On est quelques collègues à avoir tenu, se souvient t-il. C’est ça qui peut fonctionner pour nous, contrairement aux grèves espacées qui nous coupent les pattes. Dans un mouvement social, il faut de l’élan. » Une dizaine de cheminots acquiescent autour de lui. Joséphine, enseignante à l’école Ampère de la Musau et secrétaire départementale de la FSU, remarque que les avis de ses collègues sont partagés sur la question :
« Évidemment, on se rend bien compte que la pression serait plus grande en cas de grève reconductible. Mais il y en a aussi beaucoup qui craignent que les élèves en pâtissent. Donc il faudrait les convaincre que la mobilisation aurait des impacts positifs à long terme sur les enfants, si on obtient des choses. »
Certains syndicats semblent d’ailleurs peu motivés à œuvrer pour une grève illimitée. « Ce n’est pas le seul moyen, considère Aurélien, assistant social de l’Éducation nationale syndiqué à l’UNSA. C’est sûr qu’avec le gouvernement, le dialogue social ne fonctionne plus, mais on peut obtenir des petites avancées à l’échelle locale, des postes supplémentaires par exemple. » Mais ces postes « restent souvent vacants, reconnaît-il. Il faut améliorer l’attractivité du métier, et c’est vrai que ça se décide à l’échelle nationale. »
Alors comment peser sur le gouvernement quand le dialogue semble totalement rompu ? Pour Clément, le cheminot de la CGT, les « victoires sociales du Front populaire ou de mai 68 ont eu lieu grâce à des grèves massives et ininterrompues ». On en revient toujours à ça : la création d’un rapport de force réel. « C’est assez difficile à prévoir, la manière dont un mouvement dur peut s’enclencher. Ça dépend de l’ambiance générale. Mais vu la colère sociale, cela pourrait arriver tôt ou tard », analyse t-il.
Le bâtiment Cardo de Sciences Po Strasbourg bloqué jeudi 2 octobre, une quarantaine d’étudiants viennent soutenir le mouvement.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg
Une quarantaine d’étudiants de Sciences Po Strasbourg ont bloqué leur établissement ce jeudi 2 octobre en soutien à la flottille pour Gaza interceptée par l’armée israélienne. La direction les menace de sanctions disciplinaires.
Des drapeaux palestiniens sont accrochés aux poubelles et aux grilles qui bloquent l’entrée de Sciences Po Strasbourg, depuis 6h du matin, ce jeudi 2 octobre. La quarantaine d’étudiants présents se mobilise en soutien à la flottille Global Sumud pour Gaza, dont une partie a été interceptée dans la nuit du 1er au 2 octobre par la marine israélienne. Partis d’Espagne en septembre, les bateaux de la flottille tentaient d’apporter de l’aide humanitaire à Gaza.
Une reconduction dénoncée par le comité Palestine, qui déplore également l’invitation d’Éric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël. Le diplomate est convié pour une conférence jeudi 9 octobre dans le cadre d’un Forum pour la paix organisé par l’établissement. « Eric Danon réfute publiquement le génocide qui a lieu à Gaza et n’a pas soutenu la reconnaissance d’un État palestinien. C’est censé être une conférence pour la paix et lui, il fait tache sur la programmation », dénonce Louise, étudiante en deuxième année.
Le 22 septembre 2025, Éric Danon, invité sur France 24, a estimé que la reconnaissance de l’État palestinien ne venait « pas au bon moment ». Et en juin 2025, lors d’un dîner du Diaspora Défense Force, un collectif soutenant « la cause d’Israël et des Juifs en diaspora », Eric Danon annonçait : « 50 000 ou 60 000 morts à Gaza, si c’est la destruction du Hamas en face, je peux assumer publiquement. C’est immoral mais c’est éthique s’il y a un résultat. » Très peu repris par la presse, ce discours a pourtant beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.
Martin et Louise, membres du comité Palestine de Sciences Po, dénoncent l’incohérence de la direction et affirment leur soutien à la Palestine.Photo : Line Baudriller / Rue89 Strasbourg
Dialogue compliqué avec la direction
Téléphone à la main, Martin, étudiant en deuxième année de master, réagit au mail qu’il a reçu de la direction à 9h30, en réaction au blocage :
« Ils nous rappellent la soi-disant illégalité de notre action puisqu’on entrave la liberté d’enseigner. Ils utilisent les mots ‘prise d’otage de l’établissement’. Ce parallèle nous dérange ; il est malvenu. Ce terme fait écho au conflit à Gaza, c’est disproportionné de l’utiliser pour désigner notre action. Encore une fois, on nous présente comme des gens extrémistes qui soutiennent le Hamas. »
Dans ce mail, la direction menace les étudiants mobilisés de « sanctions disciplinaires ». Élu en juin 2025, le nouveau directeur Emmanuel Droit s’inscrit, selon les étudiants interrogés, dans la continuité de son prédécesseur. « Il prône la politique du dialogue et de l’écoute, mais il esquive nos questions et il nous menace de sanctions. Je n’appelle pas ça du dialogue », regrette Louise.
Le comité Palestine appelle au rassemblement d’un comité d’accueil pour Éric Danon, jeudi 9 octobre à 15h devant le Cardo, le bâtiment principal de Sciences Po Strasbourg.
Thibaut Vinci va œuvrer lui aussi à un rassemblement au centre-gauche.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
Allié perpétuel du Parti socialiste, le Parti radical de gauche se voit mener une liste jusqu’au premier tour des élections municipales 2026 à Strasbourg. Son président dans le Bas-Rhin, Thibaut Vinci, estime qu’il a les moyens et le programme pour rallier le centre-gauche strasbourgeois.
Thibaut Vinci était sur la liste de Catherine Trautmann aux élections municipales de 2020. L’année suivante, il était sur la liste de l’ex-socialiste Aurélie Filipetti aux élections régionales. Mais pour mars 2026, Thibaut Vinci prend ses distances avec les socialistes et pourrait présenter sa propre liste au nom du Parti radical de gauche (PRG).
« Catherine Trautmann n’a pas répondu à mes sollicitations », indique Thibaut Vinci, qui aurait aimé qu’une élection primaire départage les candidats de gauche. Une idée effectivement écartée par le Parti socialiste du Bas-Rhin, dont les sections strasbourgeoises ont voté en avril pour l’établissement d’une « liste autonome ».
Pas d’ennemis à gauche
« C’est l’opportunité de présenter aux Strasbourgeois une gauche plus moderne », réplique Thibaut Vinci :
« Contrairement aux élus socialistes, je n’ai pas trois ou quatre mandats voire plus derrière moi. À 38 ans, je suis encore neuf en politique et puis je ne me suis jamais compromis avec la droite. »
Thibaut Vinci se souvient que « lorsqu’Alain Fontanel (candidat macroniste, NDLR) s’est allié avec Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) au second tour des élections municipales de 2020, il a perdu tout le centre-gauche. Moi je ne proclame pas vouloir un rassemblement trop large mais j’invite toute la gauche. »
Toute la gauche, y compris La France insoumise ? « Je m’entends très bien avec Emmanuel Fernandes », assure Thibaut Vinci :
« Avec LFI, nous avons des divergences politiques importantes mais au niveau national. Au plan local, ça ne m’intéresse pas de clasher avec la gauche radicale chaque semaine. Comme avec les Écologistes, il faut discuter plutôt que de faire de l’écolo-bashing en permanence. C’est normal qu’il y ait des travaux dans une ville en fin de mandat et il faut leur reconnaître qu’ils ont su renouveler l’exécutif municipal. »
Une campagne sur la tranquillité publique
Pas d’ennemis à gauche donc, même si Thibaut Vinci avoue que les discussions n’ont pas vraiment débuté entre le PRG et les Écologistes et LFI. Ce sera compliqué dans la mesure où ces formations sont parties pour présenter des têtes de listes au premier tour. Mais Thibaut Vinci espère convaincre que ses thèmes de campagne et ses propositions seront plus fortes (voir ci-dessous) :
« Je suis policier et la question de la tranquillité publique est pour moi un thème de gauche. La sécurité, c’est pour tous, y compris dans les quartiers populaires qui sont les plus confrontés à la délinquance. La gauche doit s’emparer de ce thème d’autant que lorsque la droite en parle, c’est une escroquerie : de la répression sans moyens adéquats. »
Déficit de notoriété
Thibaut Vinci est déterminé mais il sait qu’il va devoir pallier un déficit de notoriété en quelques semaines de campagne et ce, avec une formation politique affaiblie. « On sort d’une scission après une fusion ratée, rappelle Thibaut Vinci. Mais nous avons une cinquantaine de sympathisants à Strasbourg, ce qui nous permettra de tracter sur les marchés deux fois par semaine. »
Thibaut Vinci donne rendez-vous pour un grand meeting de campagne samedi 22 novembre, jour de son anniversaire. Le lieu n’est pas encore arrêté. Mais comme pour tout le reste rappelle le candidat, « d’ici novembre, on devrait y voir plus clair ».
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Le sourire de Nacéra devait rappeler qu’il fait bon vivre à Strasbourg…Photo : Margaux Delanys / Rue89 Strasbourg / cc
Depuis samedi 27 septembre, la Ville de Strasbourg est la cible d’une nouvelle campagne de dénigrement en provenance de l’extrême droite parce qu’elle a osé afficher une femme voilée dans une campagne de communication.
Emmanuelle Brisson peut être fière d’elle. Jeune élue Les Républicains, engagée pour que la droite n’ait « plus honte d’elle-même », elle a publié dans ce cloaque qu’est devenu X une photo d’une femme voilée, Nacera, choisie par la Ville de Strasbourg pour lancer sa campagne « ville amie des aînés ». Bingo ! Le post étiqueté #Strasbourgistan où elle dénonce une atteinte à la laïcité a été vu plus de deux millions de fois après avoir été relayé par toute l’extrême droite. Emmanuelle Brisson sera même invitée plus tard sur BFM pour évoquer une nouvelle fois l’islamisme et ses dangers…
Pour Nacera en revanche, c’est l’effondrement. À 66 ans, elle se réjouissait d’être mise en valeur pour son engagement avec la Ville de Strasbourg. Mais elle se retrouve sur tous les médias d’extrême droite en quelques heures. Selon Nadia Zourgui, adjointe à la maire de Strasbourg, elle s’est recluse dans son appartement, après avoir été insultée et menacée.
Une élue socialiste accuse de « prosélytisme »
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Lancement le 15 octobre 2025
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Un avocat strasbourgeois a fini par démissionner du conseil de l’ordre du barreau après avoir été écarté d’une commission pour avoir alerté sur Gaza.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Un avocat strasbourgeois du conseil de l’ordre avait proposé, en octobre 2023, une mention du risque de représailles inconsidérées à l’encontre des Palestiniens dans une motion condamnant le 7 octobre. Il a ensuite été écarté de la commission des droits de l’Homme.
En octobre 2023, quelques jours après l’attaque du Hamas, un projet de motion est sur le point d’être voté au barreau de Strasbourg, afin de condamner les crimes contre des civils israéliens. Romain (prénom modifié), co-président de la commission des droits de l’Homme, propose alors « une mention du risque de représailles inconsidérées à l’encontre des Palestiniens et susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité ». Une démarche qui a déclenché un processus de mise à l’écart de sa commission, comme le révèle Streetpress ce 30 septembre.
Saisie du défenseur des droits
La demande de l’avocat est rapidement rejetée, et il devient la cible de moqueries de certains de ses collègues sur la liste de mails du barreau de Strasbourg. Fin 2023, la bâtonnière annonce à Romain qu’il est limogé de son poste de président et écarté de la commission des droits de l’Homme. Il saisi alors le défenseur des droits, qui conclura que ces faits « laissent présumer une discrimination en raison des opinions politiques ».
Romain fera même l’objet de deux plaintes déontologiques en 2024, mais les affaires seront classées. Interviewé par Streetpress, il dénonce les différences dans les prises de position du barreau de Strasbourg, qui a adopté des motions pour le respect des droits de l’Homme après la prise de pouvoir des talibans ou pour dénoncer les violences du régime tunisien, mais rien pour Gaza. Dans ce contexte, l’avocat a finalement décidé de démissionner du conseil de l’ordre du barreau.
L’air de Strasbourg a des conséquences sur la santé des habitants et habitantes.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Mardi 30 septembre, ATMO Grand Est et l’Eurométropole ont présenté le bilan de la qualité de l’air à Strasbourg. Si les résultats s’améliorent, les concentrations restent au-dessus des seuils de l’Organisation mondiale de la santé.
« La pollution de l’air est un désastre sanitaire, elle est sur le podium des principales causes de mortalité en France », a rappelé Françoise Schaetzel, vice-présidente de l’Eurométropole chargée de la qualité de l’air. Mardi 30 septembre, aux côtés d’ATMO Grand Est, l’association en charge de la qualité de l’air dans la région, l’élue a présenté le bilan de la qualité de l’air à Strasbourg. Selon Santé publique France, 40 000 décès par an sont liés à la pollution de l’air dans le pays. Si les résultats récents montrent des améliorations au niveau local, « nous ne sommes pas au bout de nos efforts », a-t-elle reconnu.
Selon les données d’ATMO Grand Est, les émissions de polluants ont nettement diminué entre 2005 et 2023. Les émissions de dioxyde d’azote (NO2), issues majoritairement du trafic routier, ont baissé de 44%. Celles des particules fines PM10 et PM2.5 ont baissé respectivement de 43% et 51%. Seul l’ammoniac a vu ses émissions augmenter de 26%. Cela est lié à l’augmentation du recours à des engrais azotés de type urée, utilisés pour la fertilisation du maïs dans les communes les plus éloignées de Strasbourg.
Des concentrations supérieures aux seuils de l’OMS
Si les émissions baissent, les concentrations de polluants respirées demeurent toutefois bien supérieures aux valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la métropole. « Concrètement, au-dessus du seuil de l’OMS, les effets secondaires sur la santé sont importants », alerte Françoise Schaetzel. La métropole s’est ainsi fixée l’objectif d’atteindre ces valeurs guides d’ici 2035.
Pour le dioxyde d’azote, la totalité des stations de l’Eurométropole respectent la valeur réglementaire en France fixée à 40 microgramme par mètres cube (µg/m3). 2024 marque un record à la baisse avec 33 µg/m3 en moyenne. Ce résultat positif est lié à la baisse de la circulation et à l’amélioration du parc automobile, mais aussi à des conditions météorologiques favorables. Ce chiffre reste en revanche loin des 10 µg/m3 recommandés par l’OMS. La grande majorité des habitants de la métropole sont exposés à des valeurs supérieures à ce seuil.
Pour ce qui est des particules fines, liées en majeure partie au chauffage résidentiel et au trafic routier, Étienne Koszul, directeur général d’ATMO Grand Est, fait le point :
« La concentration reste en dessous des valeurs réglementaires. Mais il faut poursuivre les efforts. Les particules fines PM2.5 pénètrent profondément dans l’organisme et ont donc des effets sanitaires plus importants. L’ensemble de l’Eurométropole reste exposée à des concentrations supérieures aux recommandations de l’OMS. »
L’Eurométropole indique ainsi poursuivre ses aides pour accompagner les habitants vers des méthodes de chauffage plus propres, le chauffage au bois étant particulièrement émetteur de particules fines. Il est possible de demander une aide de maximum 2 500 euros pour remplacer son poêle à bois par un autre plus performant en termes de filtration.
L’Alsace, principale touchée dans le Grand Est
L’ozone est un gaz irritant pour les muqueuses respiratoires, pouvant causer des effets à court terme sur la santé (toux, crises d’asthmes, irritations). Ce polluant estival, très volatil, est le résultat de l’action du soleil et d’un cocktail de polluants précurseurs. En raison du réchauffement climatique, les teneurs en ozone sont en hausse dans tout le Grand Est depuis dix ans. Étienne Koszul indique que cela impacte principalement l’Alsace :
« Le fossé rhénan fait de l’Alsace une véritable cuvette. Elle est donc beaucoup plus exposée que le reste du Grand Est à l’ozone. Pour les villes alsaciennes, l’indice quotidien de la qualité de l’air s’en retrouve plus dégradé, l’ozone ayant un poids important dans celui-ci. »
ATMO Grand Est reste également vigilant sur un dernier type de polluant, les particules ultra fines. Leur impact sanitaire est peu connu, et il n’existe pas encore de seuil réglementaire :
« Ces polluants sont plutôt liés à l’activité agricole. Leur présence à Strasbourg est sensiblement similaire aux autres métropoles. Mais la ville de Reims, proche des zones viticoles, est particulièrement exposée. Il est nécessaire que la recherche et les pouvoirs publics avancent sur cette question. »
Hubert Schmitt en mai 2025Photo : Facebook / capture d’écran
Avant d’accepter la démission de son vicaire général Hubert Schmitt, le 10 septembre, le diocèse alsacien a tout fait pour le sauver, jusqu’à déclarer que l’enquête canonique qui le visait était close. D’après nos informations, c’est parfaitement faux. La procédure vient même de rebondir.
Début septembre, le diocèse de Strasbourg a tout fait, jusqu’au mensonge, pour conserver dans ses rangs, dans de prestigieuses fonctions, un prêtre accusé de violences sexuelles par un ancien enfant de chœur.
Si Hubert Schmitt a ensuite été contraint à la démission, le 10 septembre, c’est sous la pression d’une partie des fidèles alsaciens. Mais l’institution, elle, aura tenté à tout prix de le préserver.
Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatiquePlongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusivesParticipez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »
Les associations de supporters qui mènent les chants d’habitude sont restées silencieuses lors du match contre l’Olympique de Marseille le 26 septembre, suite aux mesures de répression décidées par le Racing.Photo : Document remis
Au conseil municipal du 29 septembre, la municipalité de Strasbourg a appelé à la réouverture d’un dialogue entre le Racing club de Strasbourg et les associations de supporters engagées contre le foot business. Mais elle refuse pour l’instant d’endosser le rôle de médiatrice.
Le Racing club de Strasbourg a annoncé des mesures de surveillance et de contrôle des banderoles de quatre associations de supporters le 18 septembre. Leur point commun : elles ont signé un communiqué dénonçant le foot business et l’actionnariat du club, qui fait désormais partie d’une multipropriété avec le Chelsea FC. Et elles suggéraient à Marc Keller, le président, « de s’en aller », comme « la défense du Racing n’est plus de son ressort ». Le surlendemain de l’annonce des mesures, le 20 septembre, ces associations ont envoyé un courriel à la direction pour demander un dialogue. Cette dernière n’a pas accepté le principe d’une réunion d’urgence. Dans une réponse adressée le 23 septembre, elle a demandé quels seraient les points de discussion et des garanties sur le fait que la conversation comporterait des éléments nouveaux.
C’est dans ce contexte que la conseillère municipale Soraya Ouldji (non inscrite) a interpellé la maire de Strasbourg lors du conseil municipal du 29 septembre. Elle demandait que la Ville permette qu’une discussion entre le club et ces associations ait lieu :
« La Ville de Strasbourg pourrait proposer la mise en place d’une instance de médiation tripartite réunissant la direction du club, les représentants des groupes de supporters et la municipalité. Cette instance aurait pour vocation de rétablir un dialogue serein et structuré, et de prévenir toute escalade conflictuelle. »
Les associations « très ouvertes au dialogue »
Refus de la municipalité exprimé par Owusu Tufuor, adjoint à la maire en charge des sports. Il a répondu à Soraya Ouldji que « les tensions actuelles ne laissent personne indifférent » mais il a estimé que la Ville n’avait pas à « s’insérer dans le fonctionnement interne d’un club privé ». « Nous restons attentifs à la situation et continuerons à dialoguer avec les dirigeants du club pour favoriser un climat constructif, a-t-il précisé. La sortie de crise ne pourra être que partagée. Nous faisons confiance aux dirigeants du club et aux supporters pour construire ensemble ce schéma. »
Soraya Ouldji a rétorqué qu’il n’était pas question de décider quel serait « le fonctionnement d’une entreprise privée mais de proposer un espace de médiation étant donné la rupture du dialogue ». Elle rappelle que les municipalités jouent régulièrement ce rôle, « avec des propriétaires privés et des locataires ou avec des entreprises et des riverains ». Et à Marseille, la Ville a précisément proposé une médiation entre le club et les supporters en 2021. Pour la conseillère municipale, « il s’agit d’un enjeu de participation citoyenne, d’écoute et de régulation pacifique des conflits, des piliers fondamentaux de la démocratie locale ».
Contacté par Rue89 Strasbourg, Alexandre, porte-parole de la Fédération des supporters affirme que les associations sont « toujours très ouvertes au dialogue ». Le Racing club de Strasbourg attend de son côté une nouvelle sollicitation des supporters avec des précisions sur leur démarche.
Le 18 septembre 2025, l’intersyndicale avait déjà appelé à manifester, réunissant près de 15 000 personnes dans les rues selon la CGT.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Estimant que le gouvernement reste sourd à leurs revendications, les syndicats appellent à une journée de mobilisation jeudi 2 octobre. À Strasbourg, une manifestation est prévue dans l’après-midi.
Une intersyndicale comprenant la CFDT, la CGT, Force ouvrière, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU et Solidaires annonce dans un communiqué une seconde journée de mobilisation« pour la justice sociale et fiscale » jeudi 2 octobre. À Strasbourg, l’intersyndicale rejointe par les syndicats étudiants AES et FSE appelle à manifester à partir de 14h, place de la République, point de départ du cortège. À Mulhouse, le rendez-vous est prévu à 14h30, place de la Bourse, et à Colmar, à 18h au Champ de Mars devant la préfecture.
Jeudi 18 septembre, entre 15 000 et 20 000 personnes selon une estimation de la CGT avaient déjà défilé dans les rues de Strasbourg. Une manifestation jugée « réussie » mais qui n’a pas suffi à infléchir la position du gouvernement. Les représentants syndicaux, reçus à Matignon mercredi 24 septembre, sont ressortis déçus. Sébastien Lecornu n’a apporté « aucune réponse concrète à la colère des travailleurs » dénonce l’intersyndicale dans son communiqué.
Un « changement de cap » attendu
« On nous a reçus, on nous a écoutés, mais ça ne suffit pas. Les demandes de l’intersyndicale pour plus de justice sociale et fiscale ont été récusées. Il est clair que le Premier ministre ne va pas dans notre sens », constate Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin.
Fraîchement nommé, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’inscrit, selon les syndicats, dans la continuité de son prédécesseur. « Ce qu’il faut, c’est un changement de cap, pas un changement de casting », regrette Laurent Feisthauer. Alors que la composition du nouveau gouvernement doit être annoncée d’ici mercredi 1er octobre, le secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin redoute une manœuvre qui consisterait à « placer les mêmes ministres mais à des postes différents ».
Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin, lors de la manifestation du 18 septembre.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Un appel à la grève générale
Renoncement à la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires et au dédoublement des franchises médicales ou taxation des plus hauts revenus, l’intersyndicale veut peser dans les choix budgétaires du gouvernement. Elle espère que davantage de salariés d’entreprises rejoindront la grève du 2 octobre. LaurentFeisthauer rappelle que la grève reste le mode d’action le plus efficace :
« La manifestation, ce n’est que le point d’orgue de la mobilisation pour montrer qu’on n’est pas seuls à se battre. Mais la grève générale peut vraiment faire plier le gouvernement, ça déstabilise le fonctionnement économique du pays. À la réforme des retraites, on n’a pas réussi à faire bouger le gouvernement parce que la grève n’était pas assez suivie dans les entreprises. Cette fois on espère faire mieux. »
Le préavis de grève a été relayé par la CGT des cheminots de Strasbourg et par les syndicats enseignants. Des perturbations sont à prévoir dans les transports en commun et dans les établissements scolaires. La Ville de Strasbourg a annoncé la fermeture des cantines scolaires dans les écoles, ce jeudi 2 octobre.
La CGT métallurgie appelle également à un rassemblement, à 12h devant la nouvelle usine Clestra-Mobidecor, pour soutenir les ex-salariés de Clestra, « toujours mobilisés contre leur licenciement et pour faire condamner leur actionnaire ».
Cet article sera mis à jour avec les conséquences des grèves effectives, dès lors qu’elles nous auront été communiquées.