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L’association Entraide le Relais craint la suspension de subventions pour des dispositifs de logement de personnes atteintes de troubles psychiques. La Collectivité européenne d’Alsace assure de son côté que la décision n’est pas encore entérinée.
« On nous enlève une subvention qui est liée au travail qu’on fait sans être venu voir comment on le fait. On ne se sent pas considérés », témoigne Tiffanie Albert, une pointe de dépit dans la voix. Au mois de mars, la cheffe de service à l’association Entraide le Relais a appris que deux des résidences dont elle s’occupe risquaient de perdre leurs financements de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) en 2026.
Installées à Brumath, L’Élan et La Rose des vents accueillent respectivement 21 et 25 personnes atteintes de troubles psychiques ou en difficulté sociale. Dans un cadre de vie semi-collectif, les résidents disposent de leur propre appartement et bénéficient de l’accompagnement quotidien de travailleurs sociaux. Le dispositif vise à les accompagner dans leur projet de vie et vers l’autonomie. « La subvention qu’on va nous retirer finance l’accompagnement social, si on nous enlève ces moyens-là, comment va-t-on le maintenir ? », ajoute la cheffe de service.

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Comme chaque année, l’association Grains de sable organise une cérémonie d’hommage aux morts de la rue ce samedi 1er novembre, à l’Église Saint-Pierre-le-Vieux. Depuis le 1er novembre 2024, 32 personnes sans-domicile-fixe sont décédées, dont la quasi-totalité à Strasbourg.
En juin dernier, nous racontions le destin tragique de Spartaki, décédé dans sa tente à 52 ans. En l’absence de logement, son état s’était peu à peu dégradé. Son histoire se mêle à celle des dizaines de personnes sans-domicile-fixe qui meurent prématurément chaque année à Strasbourg. Ce samedi 1er novembre, pour la Toussaint, l’association Grains de sable et le collectif des morts de la rue Alsace organisent une cérémonie pour rendre hommage à ces sans-abris qui ont perdu la vie depuis le 1er novembre 2024.
« Il s’agit de 32 personnes, 7 femmes, 1 enfant et 24 hommes adultes », commente sobrement Guillaume Keller-Ruscher, secrétaire général de l’association Grains de sable. La commémoration débutera à 12h, dans la cour de l’Église Saint-Pierre-Le-Vieux. André, 70 ans, Mariami, 27 ans, Roxanne, 35 ans… Ce moment permettra de mettre des visages derrière ces tristes chiffres. « Nous parlerons de certaines de ces personnes, poursuit Guillaume Keller-Ruscher. La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian sera présente et fera un discours. Des prises de parole seront possibles. »

Tous les partis de gauche et des citoyens non encartés débutent une grande campagne avant les municipales de 2026 à Sélestat. Ils estiment la victoire possible vu les résultats des élections législatives de 2024.
En dehors de Strasbourg, la gauche a traditionnellement du mal en Alsace. Sa victoire aux élections municipales de 2026 n’est pourtant pas impossible à Sélestat. Après un règne sans partage du maire Les Républicains Marcel Bauer depuis 2001, une telle issue serait un évènement. Encore faut il rappeler que le maire de droite avait succédé à un exécutif socialiste, élu en 1989 et 1995, ce qui faisait de Sélestat la troisième grande commune alsacienne de gauche à l’époque, avec Strasbourg et Mulhouse.
« Il y a eu une vraie dynamique aux dernières législatives », se souvient Caroline Reys (Les Écologistes), tête de liste de l’union de la gauche nommée Réinventer Sélestat ensemble. Au premier tour, le Nouveau front populaire avait recueilli 26,6% des suffrages, soit 2 289 voix. C’est encore loin d’être gagné puisque le macroniste Charles Sitzenstuhl et le candidat RN Thomas Esteve étaient devant avec respectivement 2 881 et 2 692 bulletins.
« Ça s’est joué à 600 voix, constate Caroline Reys. Ce résultat n’a pas quitté notre esprit depuis un an. » D’autant plus que l’extrême droite s’en sort globalement moins bien aux élections municipales. Face à une gauche unie, quatre autres candidats se sont déclarés, l’agriculteur Denis Digel, le commerçant et viticulteur Édouard Faller, l’entrepreneur Patrice Armusieaux, tous les trois sans étiquette, et Thomas Esteve pour le Rassemblement national.
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Mardi 28 octobre, Vanessa a entamé une grève de la faim devant le rectorat de Strasbourg. Elle dénonce le traitement des professeurs des écoles inscrits sur liste complémentaire du concours.
Sous un drapeau français en berne, une professeure des écoles entre en grève de la faim ce mardi 28 octobre. Il est 7h30 et Vanessa a pris place devant l’entrée du rectorat de Strasbourg. Avec son bonnet et écharpe noire, son gilet duveteux beige et son sac à dos, elle s’apprête à passer sa première journée devant le siège de l’académie de Strasbourg. Depuis la fin du mois de juillet, quand elle a appris qu’elle ne serait finalement pas recrutée en tant que professeure titulaire, Vanessa se bat (lire notre article) contre un traitement jugé « inhumain » de la part du rectorat :
« On sait qu’il y a des démissions de professeurs des écoles. La liste complémentaire a été créée pour ces postes vacants. Et finalement aujourd’hui, l’académie de Strasbourg refuse de nous prendre parce qu’on coûte trop cher à l’État. Après tous les efforts que j’ai faits, je ne peux pas me résoudre à exercer en tant que professeure contractuelle… »
Rue de la Toussaint, les fonctionnaires du rectorat passent devant Vanessa. Certains jettent un œil à la pancarte qui annonce le premier jour de sa grève de la faim et sa revendication : « Recrutez les listes complémentaires ». En une heure, une seule personne s’arrête et entame la conversation par plusieurs questions : « Vous avez écrit au recteur ? au ministère ? » La professeure des écoles acquiesce. Elle a multiplié les mails et les publications sur les réseaux sociaux. À force d’insister, elle a obtenu un rendez-vous avec la secrétaire générale du rectorat : « On m’a dit qu’on pouvait m’aider à trouver un travail dans l’alimentaire. Je l’ai très mal pris… » En face, l’interlocutrice est compatissante : « À l’Éducation nationale, on fait de la gestion de masse… »
Le vent porte la fraîcheur d’un automne bien entamé. Assise sur la pierre froide des escaliers du rectorat, Vanessa dit « ne plus sentir la réalité de la devise française » : « On veut juste faire ce métier dont on rêve depuis toujours. En face, le rectorat ne pense qu’aux économies, et plus aux valeurs de la République. » D’une voix tantôt teintée de colère, tantôt de tristesse, elle décrit le sentiment d’être « considérée comme un article dans un rayon. On préfère prendre le moins cher. »
Dans son combat, Vanessa a obtenu de nombreux témoignages de collègues. Beaucoup de soutien. Mais aussi de l’incompréhension : « Certains profs me disent qu’il ne faut pas se mettre aussi mal pour ce métier. Mais c’est de ma vocation qu’on parle. Je pourrais tout faire pour ce métier. » La professeure des écoles a déjà plus de deux années d’expérience dans le domaine. Une première en tant qu’alternante, lors de la deuxième année de son master en enseignement. Une seconde en tant que contractuelle, une situation qu’elle refuse de retrouver. D’abord « pour les enfants », parce que l’instabilité de l’emploi de contractuel nuit à la qualité de l’enseignement. Pour des raisons financières aussi. Vanessa évoque les 1600 euros mensuels qu’elle gagnait en tant que contractuelle. « Mais le salaire, ce n’est pas ce qu’on attend le plus, s’empresse-t-elle de préciser, pour moi, la plus grande fierté, c’est de voir mes élèves réussir. »
La gréviste de la faim compte revenir chaque jour devant le rectorat, dès le petit matin : « Mon objectif, c’est que le rectorat me voie. Apparemment, les mots ça ne fonctionne pas. » Vanessa affirme qu’elle ne s’arrêtera pas tant que les postes vacants ne seront pas donnés à des personnes inscrites sur la liste complémentaire du concours. La professeure des écoles en est sûre. L’académie de Strasbourg a fait un choix de privilégier les contractuels. « À Rennes ou à Besançon, l’académie a fini par prendre toutes les personnes sur la liste. Je trouve ça horrible qu’ici je doive me battre pour pouvoir faire le métier que je veux alors qu’il y a des places… »

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À Strasbourg, des locataires de la résidence Twenty Campus dénoncent un quotidien fait de pannes, d’espaces communs fermés et de loyers élevés. Une réalité bien loin des promesses commerciales affichées.
Bordées par le parc du Heyritz, les façades colorées de la résidence étudiante Twenty Campus s’élèvent au milieu de la verdure. Le lieu semble idéal pour s’épanouir pendant ses années d’études dans la capitale alsacienne. « Située au cœur du premier éco-quartier de Strasbourg, la résidence offre un cadre de vie privilégié », indique le site internet de l’établissement. Un avis loin d’être partagé par certains locataires. Certains d’entre eux se sont même formés en collectif pour lancer une pétition dénonçant la mauvaise gestion de leur lieu de vie.
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Jazzdor qui souffle ses 40 bougies, des femmes qui s’aiment loin des regards, une trilogie choc sur les violences sexuelles, un salon de littérature jeunesse… Voici une sélection pour l’agenda culturel de novembre.
À partir du 7 novembre, le festival Jazzdor célèbre quatre décennies d’existence avec près de 120 artistes venus de 23 pays, répartis dans 9 salles de concert. Cette 40e édition met le jazz au féminin à l’honneur, avec une programmation qui frôle la parité sur le nombre de groupes dirigés par une femme. Au programme : la trompettiste et compositrice française Airelle Besson ou encore le trio de la canadienne Kris Davis. Le festival célèbre aussi les collaborations internationales, avec, en clôture, Omar Sosa et Souad Asla (Algérie/Cuba/Hongrie/France/Venezuela).
On a repéré Free Space, un spectacle qui interroge la notion d’espace dans la musique, avec le violoncelliste Vincent Courtois et le comédien Pierre Baux autour de l’œuvre de Georges Perec Espèces d’espaces. Et pour celles et ceux prêts à traverser le Rhin, rendez-vous à la Reithalle d’Offenburg avec Les égarés, qui réunit quatre solistes de haut vol : Émile Parisien, Ballaké Sissoko, Vincent Peirani et Vincent Segal. Virtuosité et poésie au programme.
Les photos du photographe animalier vosgien Vincent Munier – dont le talent dépasse largement nos frontières – dialoguent avec des œuvres issues de différents musées de Strasbourg (Musée des Beaux-Arts, Cabinet des Estampes et des Dessins, Musée d’Art moderne et contemporain, Musée Tomi Ungerer et Musée Zoologique) et allant du XVIe siècle au XXe siècle. Autour du thème « l’animal et la nature », cette exposition entend rappeler que l’art comme la nature méritent d’être observés, contemplés, et protégés. 81 photographies embarquent les spectateurs en forêt, avant de les perdre dans des paysages d’une blancheur immaculée.

À noter, le 9 novembre, de 14h30 à 17h30, les étudiants de l’Université de Strasbourg s’invitent dans les collections pour accompagner les visiteurs dans la découverte des œuvres.
Le TJP a décidé de transformer les pauses déjeuner en intermèdes culturels. De courtes représentations artistiques – danse, théâtre, performances culinaires – sont programmées plusieurs mardis midi tout au long de la saison. Le principe : venir avec sa gamelle ou commander sur place pour manger avant, pendant ou après le spectacle.

En novembre, rendez-vous le 4 du mois avec Arron Mata, artiste originaire de l’Elsau qui reviendra sur son parcours et partagera son amour de la langue et du jeu. Entre ces moments de théâtre sera projeté Elsautopie ou la montagne verte, un chemin vers l’utopie d’Anaïs Baseilhac, réalisé avec les élèves des classes théâtre du collège Hans Arp. Le mardi 18 novembre, c’est un parcours gustatif des plantes de Strasbourg avec le danseur, comédien et performeur Louis Gillard qui réjouira les curieux gourmands.
Une concierge et une femme de ménage vivent un amour secret à l’ombre d’une jungle foisonnante qu’arrose la première. Le texte de la féministe Marie Dilasser met en lumière la passion invisible de deux femmes sexagénaires. Mis en scène par les danseuses et chorégraphes Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth – habituées des plateaux de Pôle Sud –, Señora Tentación rend hommage à toutes celles et ceux qui, de génération en génération, ont dû taire et dissimuler leur homosexualité. Ces femmes touchantes, par leurs mots et leur gestuelle, défendent le droit de chacun à vivre ses désirs librement.
Le 14 novembre, un atelier autour de ce spectacle est proposé aux femmes de plus de 60 ans. Les deux chorégraphes animeront ce moment créatif entre danse et théâtre, autour du thème du secret, du non-dit.

L’autrice et metteuse en scène brésilienne Carolina Bianchi revient au Maillon avec la suite de son triptyque Cadela Força consacré aux violences sexuelles et à leur représentation dans les arts. Celles et ceux qui ont vu La Mariée et Bonne nuit Cendrillon la saison dernière se souviennent de la performeuse tombant inconsciente après avoir consommé la drogue du violeur, sur scène. Cette fois, elle se penche sur les fraternités masculines : leurs origines, leurs codes, leurs conséquences. Elle interroge la perpétuation du viol et des violences sexuelles comme faisant partie intégrante de leur vocabulaire.
Dans le premier acte de ce long spectacle (3h40 avec entracte), Carolina Bianchi interviewe Klaus Haas, metteur en scène imaginaire de renommée mondiale. Dans le deuxième acte, huit hommes occupent la scène tandis que Carolina Bianchi est reléguée en arrière-plan, illustrant l’annihilation des femmes par les hommes, y compris dans la culture. Ça dérange, ça questionne, c’est le but.
Le salon du livre jeunesse – dont on adore toujours autant le nom – est de retour ce mois-ci ! Il propose pour cette édition un focus sur six maisons d’édition indépendantes. On y découvrira des livres engagés, produits de manière écoresponsable, multiculturels ou encore bilingues. Comme chaque année, une douzaine d’illustrateurs et d’illustratrices seront présents pour dédicacer leurs ouvrages. Au menu : spectacles, lectures orales et lectures signées en langue des signes française (LSF), ateliers pour tout âge et coin restauration durant tout le week-end.


À Wattwiller, la fondation François Schneider inaugure le 1er novembre Métamorphose, exposition des sept lauréats du concours Talents Contemporains. Une treizième édition qui invite à sonder les mirages et réalités que peut générer l’eau, muse du lieu.
L’eau dans tous ses états. Depuis 2011, la fondation haut-rhinoise propose un concours destiné aux artistes plasticiens animés par le monde aquatique. La proximité avec l’histoire du centre d’art, ancienne usine d’embouteillage des eaux thermales Wattwiller, permet de construire une collection exclusivement centrée sur la thématique de l’eau. Elle compte aujourd’hui près d’une centaine d’œuvres.
Les sept lauréats du concours explorent le thème de la transformation : celle des corps, des idées et des récits. Les artistes sculptent, filtrent, figent ou dissolvent pour faire émerger la possibilité du changement. Traversée par une diversité de parcours et de sensibilités, l’exposition fait de l’eau un prisme au travers duquel notre regard, sur ce qui semblait familier, se renouvelle.

Pour la photographe lauréate Aurélie Scouarnec, la métamorphose est le soin apporté au vivant blessé. Pour Vardit Goldner, vidéaste et photographe, elle est politique et transforme l’injustice en résistance. La plasticienne Élise Grenois fait de la métamorphose un rituel, un lien entre destruction et préservation. Pascale Ettlin, qui privilégie la peinture, un paysage idyllique teinté de vertige. L’eau, bien sûr, est omniprésente. Elle coule dans les souvenirs brodés de la plasticienne Maryam Khosrovani, sur les fibres du papier du designer Suhail Shaikh et dans les viscères hybrides de Yosra Mojtahedi, sculptrice et plasticienne.
Logée dans un écrin champêtre, l’architecture contrastée de la fondation François Schneider détonne. À ses pieds s’étend un vaste jardin de sculptures où dialoguent les œuvres de Niki de Saint Phalle, Pol Bury ou celles d’anciens lauréats du concours.
Si elle marque la réouverture du lieu, l’exposition Métamorphose fait aussi écho aux convictions de la fondation : celles d’un engagement en faveur de la scène artistique contemporaine. En filigrane, le thème dessine aussi le portrait d’une institution qui se pense elle-même en mouvement. La métamorphose ne se joue pas seulement dans les œuvres, mais aussi dans la manière d’accompagner la création, d’en renouveler les formes de soutien et de mise en lumière.

À la Galerie East, la matière s’anime et raconte. Du 24 septembre au 15 novembre 2025, les dessins et sculptures de Nicolas Schneider dialoguent avec celles d’artistes américains d’après-guerre, transformant l’espace strasbourgeois en une scène où se rencontrent précision du geste et subtilité des textures.
En franchissant la cour donnant sur la rue du Faubourg-de-Pierre, le tumulte de la ville s’efface peu à peu. L’espace de la Galerie East s’ouvre, à la fois intime et vibrant, où deux expositions s’entrelacent. La première est celle de l’artiste strasbourgeois Nicolas Schneider, qui déploie ici sa seconde exposition monographique. Pratiquant la sculpture, l’aquarelle et le dessin, il conçoit la sculpture comme une manière de tracer le temps.
Pour l’occasion, l’artiste a conçu une suite de trente-cinq « dessins en bronze », de petites pièces à l’échelle d’un carnet de dessin, soigneusement accrochées dans des cadres en plâtres. Sous les yeux des visiteurs et des visiteuses, une métamorphose s’opère, le trait devient matière, le dessin se fait métal. Dans un monde pétrifié par le bronze, le temps semble se fondre, le passé et le futur s’y rejoignent dans une transparence suspendue. Rain Again sonde la tension entre l’eau et le feu, deux éléments contraires que le bronze unit dans une alchimie silencieuse.
Nicolas Schneider convie à l’exploration de passages secrets, à suivre les veines de métal comme on suit les méandres d’un souvenir. Chaque forme, chaque reflet porte la trace d’un monde naturel transfiguré : la matière respire, se souvient, murmure. Le rapport à l’eau, récurrent dans le travail de l’artiste et jusque dans les titres de ses œuvres, évoque une temporalité flottante, presque mystérieuse, celle d’une nature en perpétuelle métamorphose.

Au fond de la salle, un grand dessin à l’aquarelle attire le regard. Né dans les pages d’un petit carnet, il s’est vu agrandi et retravaillé à la main. Dans ce geste, quelque chose se joue, une pensée qui passe par le geste artisanal comme un prolongement de l’esprit. Ici, la main ne se contente pas de tracer, mais elle pense, elle se souvient, et dialogue avec la matière.
Sur un mur jaune moutarde, la galerie présente également une sélection de pièces historiques d’artistes majeurs de la scène américaine d’après-guerre entre les années 1960 à 1990. Richard Linder, Richard McLean, Claes Oldenburg, James Rosenquist et Franck Stella repoussent les limites des techniques et redéfinissent le geste artistique. Entre plâtre et peinture, gravure et collagraphie, gaufrage, sculpture ou tapis de laine noué à la main, les œuvres s’inscrivent dans un moment d’audace et d’expérimentation. Les matériaux s’y rencontrent, se superposent, se répondent dans un coexistence vibrante entre texture et surface. La rencontre de ces deux univers instaure un dialogue délicat entre continuité et rupture, tradition et expérimentation. Le spectateur se transforme alors en passeur, invité à explorer ce croisement et à réinventer son regard sur la matière, le temps et leurs résonances.

Plutôt discrets dans la campagne, les Écologistes se sont mis en ordre de marche pour les élections municipales 2026. L’objectif est de valoriser le bilan de Jeanne Barseghian, tout en présentant la maire sortante comme la meilleure candidate de gauche.
Depuis que les Écologistes savent que Jeanne Barseghian est prête à solliciter un nouveau mandat, c’est le branle-bas de combat. Parmi les élus et les militants, « on sent une forte envie de partir en campagne », assure Floriane Varieras. Adjointe à la maire en charge de la solidarité, cette « pilier » du mandat a été nommée porte-parole de la campagne en septembre (voir newsletter municipale du 18 septembre). Mais tout ce petit monde doit se retenir car Jeanne Barseghian entend rester « pleinement investie » dans sa fonction de maire de Strasbourg le plus longtemps possible, au moins jusqu’en janvier.
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Virginie Joron a officialisé sa candidature aux élections municipales 2026 pour le Rassemblement national. Après avoir servi les intérêts russes en légitimant un référendum douteux, l’eurodéputée d’extrême droite veut « sauver Strasbourg ».
Strasbourg est à l’agonie, d’après Virginie Joron. C’est pourquoi l’eurodéputée d’extrême droite veut « sauver Strasbourg », du nom de sa liste. Dans un communiqué daté du jeudi 23 octobre, cette membre du Rassemblement national annonce sa candidature aux élections municipales 2026. « À Strasbourg, trop de décisions sont prises loin des réalités du quotidien, loin des habitants, loin du bon sens. Les écologistes à la tête de la municipalité ont ridiculisé cette ville historique », dénonce l’ancienne conseillère régionale RN. Elle assure ensuite : « Je veux une mairie qui écoute, qui protège et qui agit pour tous. »
Virginie Joron a donné une première idée de son sens de la protection de tous dans un post Facebook daté du vendredi 10 octobre. L’eurodéputée y fustige une ville prétendument sale en filmant des « immondices » dans le centre-ville. L’élue n’était sans doute pas au courant du fait qu’elle faisait face aux affaires d’une personne sans-abri. Dans un post Facebook en réponse, l’adjointe en charge de la tranquillité Nadia Zourgui a souligné le travail des services de propreté de la ville avant de rappeler :
« Si vous vous inquiétez de la personne qui a osé poser ses affaires au pied de cet arbre le temps d’un répit, elle est vivante et essaye de survivre en se raccrochant à tout ce qu’il lui reste et ce « tout » c’est exactement ce qu’il y a sur cette photo. »
Virginie Joron rentre de Damas en août 2019 après avoir rencontré le dictateur Bachar Al-Assad. Alors conseillère régionale, elle avait expliqué sur X ne s’être « jamais sentie en insécurité » la nuit dans la capitale syrienne. Le pays était alors en proie à une guerre civile…
Le sens critique de Virginie Joron semble aussi à géométrie variable, selon le pays où elle se trouve. En Europe, elle n’hésite pas à interroger l’existence d’une « dictature européenne ? » dans sa critique de l’action d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. En juillet 2020, elle se montre bien plus docile. Après avoir assisté à un référendum russe, elle souligne « un événement historique pour les Russes, avec une forte mobilisation ». Le scrutin en question a permis, entre autres, à Vladimir Poutine de rester au pouvoir pour deux mandats supplémentaires. Le voyage, luxueux, a eu lieu dans la capitale de la Crimée, annexée par la Russie en 2014. La présence d’eurodéputés français permettait aussi de normaliser cette annexion de la province ukrainienne.
Pour avoir participé à de « faux voyages d’observation électorale », l’élue RN a été placée sur une « liste noire » du Parlement européen. Elle a ainsi été écartée des missions officielles d’observation électorale au nom du Parlement de juin à décembre 2021, selon une précision apportée par le Parlement européen après la parution de l’article.
Au contraire du porte-parole de son parti Jordan Bardella, Virginie Joron ne peut pas être taxée d’absentéiste au Parlement européen. Elle est membre de la commission des « affaires juridiques » et du « marché intérieur et de la protection des consommateurs ». L’eurodéputée a ainsi travaillé sur le « Digital Market Act » visant à contraindre les géants du Net – comme Apple ou Amazon – à respecter de nouvelles obligations concurrentielles, sous risque d’importantes sanctions.
Mais ce qui a fait la popularité de Virginie Joron sur les réseaux sociaux, c’est surtout son engagement sur le Covid. Lorsque la pandémie éclate, l’élue se fait remarquer au sein des milieux antivaccins par son opposition vive à l’obligation vaccinale et ses remises en cause répétées de l’efficacité des vaccins. Sa stratégie passe notamment par une série de conférences données dans l’enceinte du Parlement européen à Strasbourg. Dans l’une des salles du bâtiment, elle a invité le professeur référent des complotistes Christian Péronne. En mars 2024, l’ancienne conseillère régionale souhaitait également organiser une exposition dédiée « aux victimes des vaccins du Covid ». Une idée rejetée par le questeur du Parlement.
Dans le rapport aux faits, c’est une candidature trumpiste que porte Virginie Joron. Cette dernière nie en bloc la sanction dont elle a fait l’objet au Parlement pour son déplacement en Crimée. Face au rejet de son projet d’exposition sur les « victimes des vaccins du Covid », elle n’hésite pas à créer une polémique sur une artiste exposée au Parlement en parlant d’une exposition « d’inspiration pédophile ». Mais la stratégie de communication n’a rien d’étonnant pour une élue dont le groupe fait sienne la rhétorique de Donald Trump, comme dans cette conférence organisée le 15 octobre 2025 au Parlement européen : « Make Europe Healthy Again ».
Dans son communiqué, Virginie Joron promet de construire un « projet pour Strasbourg (…) quartier par quartier » et de présenter une « équipe diversifiée ». Derrière les formules sybillines, le rêve tout-sécuritaire n’est pas bien loin. Lors de sa déclaration officielle de candidature, l’ancienne conseillère régionale RN a choisi la sécurité comme « première des libertés ». Son modèle : la ville de Nice et ses multiples caméras connectées. Autre promesse de Virginie Joron : la remise en place de l’arrêté anti-mendicité, abrogé en 2020 par Jeanne Barseghian.

Après vingt ans à l’Université de Strasbourg, le musicologue Mathieu Schneider prend la direction de l’École nationale supérieure Louis-Lumière à Paris.
Ancien vice-président de l’Université de Strasbourg (Unistra) en charge de la culture, Mathieu Schneider a été nommé pour un mandat de cinq ans à la direction de l’École nationale supérieure Louis-Lumière à Paris. Il prendra ses nouvelles fonctions le 3 novembre 2025. « Je suis ravi de rejoindre cette école qui forme aux métiers du cinéma. C’est un nouveau chapitre, un retour vers le monde des arts, là d’où je viens », confie le musicologue sur le départ.
Fondée en 1926, l’école fêtera son centenaire l’année prochaine. De quoi motiver Mathieu Schneider qui souhaite « défendre le cinéma français ». Son arrivée à Paris met fin à l’administration provisoire, installée après la démission de l’ancien directeur, Vincent Lowy, en mars 2025.
Nommé par un arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mathieu Schneider a de grands projets pour l’ENS Louis-Lumière :
« Je crois que le cinéma et le secteur de l’audiovisuel font face à de nombreux défis. Les formats d’image se multiplient. Le cinéma et la vidéo sur les réseaux sociaux ne demandent pas la même technicité. De même pour le son, quand l’intelligence artificielle crée des sons de synthèse. Les métiers du doublage ou de la conception d’effets sonores évoluent. Il faut former les jeunes professionnels à ces transformations. »
Déjà très mobilisé à l’Université de Strasbourg, en faveur de l’accueil des étudiants internationaux, Mathieu Schneider compte poursuivre cet engagement à Paris :
« À l’ENS Louis-Lumière, il n’y a que 3 % d’étudiants internationaux alors que dans les autres universités ils représentent entre 15 et 20 %. C’est dommage. Aujourd’hui, les équipes de cinéma sont internationales, donc on a besoin d’avoir des jeunes capables de travailler avec des techniques ou du matériel d’autres pays. J’espère créer des liens avec l’Allemagne, l’Angleterre, mais aussi avec l’Asie. »
Mathieu Schneider a mené plusieurs projets importants au sein de l’Unistra, comme la création de la salle de spectacle Pokop ou la réouverture du musée zoologique. Après avoir vu Frédéric Berrod adoubée par l’ancien président de l’Université Michel Deneken, il avait pris la tête de la liste d’opposition Au pluriel. Parmi ses promesses figurait notamment la suppression des droits d’inscription différenciés des étudiants extra-européens. Après avoir échoué à mettre en place une alternance à la présidence de l’Université de Strasbourg, Mathieu Schneider souhaitait prendre une autre direction :
« Je garderai d’excellents souvenirs de mes années sur ce campus et un certain intérêt pour ce qui s’y passe, mais une nouvelle séquence professionnelle s’ouvre à moi. Le groupe d’élus qui s’est constitué derrière ma candidature saura faire vivre notre projet sans moi, j’en suis convaincu. »
Le professeur en musicologie quitte l’Université de Strasbourg après 20 ans d’enseignement. Au conseil d’administration, Mathieu Schneider cède sa place au professeur de chirurgie orthopédique, Philippe Liverneaux. Son mandat à la tête de l’ENS Louis-Lumière est renouvelable une fois.


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