Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au conseil de l’Eurométropole : friche Heineken, tram Nord et rénovations derrière la gare

Au conseil de l’Eurométropole : friche Heineken, tram Nord et rénovations derrière la gare
L’Eurométropole entend instaurer sur la friche Heineken un périmètre de « prise en considération » pour éviter toute évolution contraire à un futur projet d’aménagement.

Les élus de l’Eurométropole de Strasbourg se retrouvent vendredi 7 novembre pour une séance marquée par le débat d’orientation budgétaire 2026 et plusieurs dossiers urbains, dont la reconversion de la friche Heineken à Schiltigheim, la rénovation patrimoniale près de la gare et une communication sur le tram Nord. À suivre en direct dès 9h.

Premier point majeur à l’ordre du jour : le débat d’orientation budgétaire 2026. Il doit occuper une large partie de la séance du 7 novembre et fixera les grandes lignes du budget qui sera voté en décembre. Comme à la Ville, ce débat se tiendra sans connaître encore les grandes orientations du projet de loi de finances. Premier constat, issu du rapport de l’Eurométropole : l’investissement local ne sera pas réduit en 2026. « Il n’est pas forcément possible de réduire l’investissement local en fin de cycle électoral », note le rapport.

Concernant le bilan de l’année écoulée, la dette est estimée à 776 millions d’euros fin 2024 et grimpera à 883 millions fin 2025. La capacité de désendettement de la collectivité s’établit toutefois à 8,3 ans, encore éloignée du seuil d’alerte de 12 ans fixé par la Cour des comptes. L’Eurométropole revendique une « dette structurellement saine », inférieure à la moyenne nationale, avec 1 485 euros par habitant contre 2 258€ à Bordeaux Métropole.

Le retour du tram Nord

Après une présentation du rapport de la convention citoyenne sur le « Tram Nord » le 9 octobre, cette nouvelle séance sera consacrée à la communication des conclusions et à un temps d’échange avec les élus de l’Eurométropole. Ce rapport, élaboré par 100 habitants de la collectivité tirés au sort, privilégie un tracé traversant le centre de Schiltigheim et la friche Heineken, plutôt qu’un itinéraire direct par la route du Général-de-Gaulle. Ces orientations serviront de base à une nouvelle concertation en 2026.

Le destin de la friche Heineken est d’ailleurs l’un des dossiers du jour. Le site brassicole de l’Espérance, propriété du groupe Heineken, fermera ses portes fin 2025, libérant 12,9 hectares en plein cœur de Schiltigheim, entre la route de Bischwiller et la route du Général-de-Gaulle. L’Eurométropole entend y instaurer un périmètre de « prise en considération » pour éviter toute évolution contraire à un futur projet d’aménagement. Concrètement, cela signifie qu’aucune transformation majeure ne pourra être entreprise avant que la collectivité ait défini un projet d’aménagement, qu’il s’agisse de logements, de bureaux ou d’équipements publics.

Le potentiel de la friche Heineken

Le site, aujourd’hui classé en zone d’activités économiques, présente un fort potentiel par sa localisation et sa superficie. « Il sera de moins en moins courant de disposer d’une telle surface à valoriser », souligne l’Eurométropole dans sa délibération, qui insiste sur sa proximité avec les services et le centre-ville. Le site concentre plusieurs enjeux : dépollution, création de logements, maintien d’activités économiques et amélioration de la desserte urbaine. Selon le rapport, la collectivité souhaite conserver une vocation économique. Elle envisage aussi de maintenir une activité brassicole sous forme de micro-brasserie et de tirer parti du potentiel de désimperméabilisation du site pour lutter contre les îlots de chaleur.

Plusieurs acteurs ont déjà manifesté leur intérêt. La Collectivité européenne d’Alsace, notamment, a exprimé son besoin de foncier pour la construction d’un nouveau collège dans le nord de l’Eurométropole, destiné à accueillir 600 collégiens et couvrant environ 5 000 m² de surface bâtie utile, apprend-on dans le rapport. « Au regard de sa situation centrale, le site de l’Espérance pourrait constituer une opportunité », reconnaît l’Eurométropole.

Rénovation patrimoniale près de la gare

Dans le cadre du projet « Gare à 360 », des travaux de rénovation du patrimoine fortifié, rue du Rempart, sont prévus et doivent être votés (lire notre article). La collectivité considère que le patrimoine constitué par les fortifications de la rue du Rempart et les anciens entrepôts militaires est une « aubaine pour le développement de fonctions diverses, atypiques, emblématiques« .

Aujourd’hui, « les ouvrages sont dans un état médiocre », reconnaît l’Eurométropole. « Les menuiseries et les façades sont dégradées. Divers aménagements ont été réalisés au fil des ans sans homogénéité et sans stratégie patrimoniale », poursuit-elle.

L’objectif est de stopper la dégradation des bâtiments, de rénover les façades et l’étanchéité, et de valoriser le patrimoine vacant pour y implanter des activités culturelles et économiques. « La restauration des ouvrages permet non seulement de les préserver mais aussi de participer à la mise en valeur du quartier », indique la collectivité. Le montant global de l’opération est estimé à 12,18 millions d’euros TTC. Les travaux doivent s’étendre entre 2026 et 2028.

Deux autres chantiers de restructuration seront aussi soumis au vote : la première tranche du nouveau bâtiment de la faculté de médecine (6 millions d’euros d’engagement) et la construction d’un bâtiment de recherche à la faculté de pharmacie (2 millions d’euros).

Le marché-gare sous pavillon métropolitain

Autre dossier économique : le Marché d’intérêt national (MIN) de Strasbourg, plus connu sous le nom de marché-gare, dont la propriété doit être entièrement transférée à l’Eurométropole pour régulariser sa situation juridique. Créé dans les années 1960 à Cronenbourg, le MIN réunit aujourd’hui une cinquantaine d’entreprises de gros – grossistes en fruits et légumes, poissonniers, fleuristes ou logisticiens – qui approvisionnent chaque jour restaurants, commerces et collectivités de la région.

Le site est géré par un concessionnaire historique, la société d’économie mixte Samins, détenue majoritairement par les collectivités locales. Mais à l’heure du renouvellement du contrat, après 59 ans de concession, un audit révèle un problème foncier : la Ville de Strasbourg restait propriétaire d’une partie du terrain. Le transfert de ces parcelles à l’Eurométropole, soumis au vote, doit permettre de clarifier la situation et de préparer la suite.

Ce point, en apparence technique, revêt pourtant un enjeu stratégique. Le MIN, reconnu d’intérêt national depuis 1962, constitue un maillon important de l’approvisionnement alimentaire du territoire. Alors que la future délégation de service public (DSP) suscite de fortes attentes, les chambres consulaires – CCI, Chambre d’agriculture et Umih – ont demandé, en mai, des garanties sur l’avenir du lieu. Ils ont été éconduits par la présidente de l’Eurométropole, Pia Imbs, au motif que la procédure était en cours, et renvoyés vers le cahier des charges de la DSP. De nouvelles informations pourraient être glanées lors de cette séance.

Solidarités et mobilités

Les élus voteront aussi plusieurs aides sociales : 515 933 euros pour l’hébergement d’urgence, 274 840 euros pour les associations œuvrant auprès des gens du voyage, ainsi que diverses subventions à l’économie sociale et solidaire et à la culture (festival Augenblick, Équinoxe).

Enfin, comme chaque année, un avenant au contrat avec la CTS sera examiné pour actualiser l’offre et les moyens alloués à l’exploitation du réseau. Nouveauté 2026 : le déploiement généralisé du service d’ »open payment » pour 6 millions d’euros. Ce dispositif permettra de payer directement son titre de transport sur le valideur, sans autre support physique que la carte bancaire. Il sera d’abord testé sur les lignes G et C1 avant d’être étendu à l’ensemble du réseau.

Révélations sur le projet confidentiel d’Europa-Park en Alsace

Révélations sur le projet confidentiel d’Europa-Park en Alsace

Les ambitions de la famille Mack, propriétaire d’Europa-Park, se précisent. Lors d’une réunion confidentielle, la société Mack One, les services de l’État et les collectivités se sont mis d’accord pour favoriser le projet Europa Vallée.

Confidentiel. C’était le mot d’ordre de la réunion Europa Vallée du 7 juillet 2025. Le compte-rendu des échanges porte cette mention en lettres capitales, en arrière-plan. Le président de la communauté de communes du canton d’Erstein (3CE) Stéphane Schaal l’a aussi répété, en introduction de la rencontre à Benfeld. Cette dernière a commencé par un tour de table, permettant à la vingtaine de participants de se présenter : le sous-préfet de l’arrondissement Sélestat-Erstein Michel Robquin ainsi que d’autres agents de l’État (Dreal, DDT, ONF, DGFIP…), la maire de Diebolsheim Brigitte Neiter, des cadres de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), de l’Agence de développement d’Alsace (Adira) et de la Région Grand Est. Et bien sûr, des représentants du porteur de projet, la société Mack One. Ses actionnaires, la famille Mack, sont aussi aux commandes d’Europa-Park.

Tout ce beau monde accepte de garder le secret sur le projet Europa Vallée à six mois d’un scrutin crucial pour ce dernier. Comme l’a conclu Stéphane Schaal à la fin de la réunion, « ce dossier ne doit pas être un sujet pour les élections municipales à venir ». Surtout pas.

Un projet revu à la baisse

(suite…)
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Le dialogue reprend entre le Racing et les assos de supporters

Le dialogue reprend entre le Racing et les assos de supporters
Les associations de supporters les plus ferventes s’opposent au modèle de la multipropriété depuis le rachat du club par BlueCo, qui détient également le Chelsea FC.

Une réunion a eu lieu mardi 4 novembre entre la direction du Racing club de Strasbourg et des associations de supporters visées par des mesures de répression.

Le conflit avait pris une tournure brutale entre le Racing club de Strasbourg et quatre associations de supporters engagées contre la multipropriété des clubs de football : les UB90, le Kop Ciel et Blanc, la Pariser Section et la Fédération des supporters. Opposés au rachat du club par BlueCo, un consortium d’investisseurs américains aussi propriétaire du Chelsea FC, ces fans avaient demandé en septembre le départ de Marc Keller, président du Racing. Ce dernier avait répondu par sept mesures de répression comme le contrôle des banderoles ou une escorte systématique de la sécurité pour l’accès aux locaux associatifs dans le stade.

Depuis, le dialogue était rompu entre le Racing et ses plus fervents supporters, qui animent la célèbre tribune ouest du stade de la Meinau. Selon une information de L’Équipe et vérifiée par Rue89 Strasbourg, une réunion a eu lieu dans la soirée du mardi 4 novembre, dans les locaux du Racing. Contacté, un responsable associatif confirme ce premier échange : « Il y a des discussions mais nous avons décidé que nous n’allions pas commenter à ce stade, c’est trop prématuré, on risquerait d’être dans la spéculation. » Il s’agit du « début d’un processus » précise-t-il encore. Une prochaine réunion est déjà fixée entre les associations et le club.

Pour rappel, lors d’une conférence de presse fin septembre, les supporters avaient demandé la levée des mesures de restriction qui les visent ainsi que des garanties concernant l’indépendance du Racing club de Strasbourg par rapport au Chelsea FC.

Gratuité des transports, encadrement des loyers… L’Insoumis Florian Kobryn a dévoilé son programme

Gratuité des transports, encadrement des loyers… L’Insoumis Florian Kobryn a dévoilé son programme
Florian Kobryn, candidat aux municipales pour LFI à Strasbourg.

Florian Kobryn, candidat de La France insoumise à Strasbourg, a présenté jeudi son programme pour les élections municipales. Il promet une campagne participative avec un programme de 400 mesures et un ton déjà bien offensif.

Florian Kobryn, candidat de La France insoumise (LFI) pour les élections municipales de mars 2026, a présenté le programme de son mouvement jeudi 6 novembre. À ses côtés, Halima Meneceur, co-tête de liste et fondatrice du groupe d’action LFI à Hautepierre, Benjamin Kuntz, Lisa Farault, les anciens « chefs de file » et Victor L., coordinateur du programme, qui préfère taire son nom de famille pour préserver son employabilité.

Rendez-vous a été donné au café Romulus, à l’Esplanade. « C’est un quartier populaire et étudiant », souligne Florian Kobryn, également conseiller départemental d’opposition à la Collectivité européenne d’Alsace. Deux publics que le candidat juge « oubliés par la municipalité ».

Telle une dissertation bien ficelée, la conférence de presse s’est déroulée en trois temps. Chacun sa sous-partie, chacun son argumentaire, pour dérouler un programme de 400 mesures, imaginé par une cinquantaine de militants venus de « tous horizons » après les élections européennes et les élections législatives anticipées de juin 2024.

« On a lancé un appel pour construire un programme. Nous avons des personnes plus ou moins politiques et plus ou moins compétentes », raconte Victor, le coordinateur. Le tout sous une devise : « Convaincre… et se laisser convaincre. » Se laisser convaincre car « on a pu se tromper dans le programme, concède étonnement Victor. Par exemple, il y aura peut-être des compétences qu’on a attribuées à la Ville qui relèvent plutôt du Département. » Florian Kobryn l’assume : « Notre démarche est celle de l’éducation populaire. On s’est entouré de gens motivés, qui ont beaucoup à apprendre. » Si la liste présente déjà des mesures, elle explique que son programme va encore s’affiner pour devenir exclusivement de compétence municipale.

Eau, référendum et opéra au programme

Le programme est structuré en quinze livrets thématiques — culture, sport, politiques publiques… Certaines veulent marquer les esprits : gratuité des transports pour les moins de 25 ans, des 30 premiers mètres cubes d’eau pour tous les foyers, ou encore l’interdiction progressive des panneaux publicitaires. Et pour frapper un grand coup symbolique, l’équipe s’attaque à l’Opéra du Rhin. « La rénovation doit être l’occasion de repenser cet outil et de sortir de la course au gigantisme », assure Florian Kobryn, sans en dire davantage. Le candidat est d’ailleurs responsable des ateliers de construction des décors du Théâtre national de Strasbourg (TNS).

Sur le plan démocratique, LFI veut introduire de nouveaux outils : un référendum révocatoire pour démettre un élu si 20 % du corps électoral le demande, et un référendum d’initiative locale. Autre mesure phare annoncée : la délivrance d’un récépissé à chaque contrôle policier, qu’il soit national ou municipal, pour lutter contre les discriminations.

Stationnement, gare au SUV

Les propositions s’enchaînent : un mode de garde d’enfants assuré pour les parents, un encadrement des loyers, un contrôle accru des délégations de service public, une « maison des livreurs » pour accompagner les travailleurs ubérisés, ou encore le maintien de la « salle de consommation à moindre risque ». Un point commun avec la maire actuelle, Jeanne Barseghian (lire notre article).

« Strasbourg doit être une ville qui prend soin de tout le monde », martèle l’Insoumis. La liste s’aventure aussi sur le terrain international : elle réclame la suspension du jumelage entre Strasbourg et la ville israélienne de Ramat Gan, pour dénoncer « le génocide à Gaza ».

Et puis, il y a le stationnement, grand classique des campagnes municipales. Alors que Pierre Jakubowicz (Horizons) proposait, au conseil municipal du 3 novembre, un forfait universel de 15 euros pour les salariés et professionnels, Florian Kobryn contre-attaque avec un système par tranches de revenus : gratuité pour les ménages les plus précaires, tarif doublé pour les propriétaires de SUV. « On ne peut pas faire de transformation écologique sans justice sociale. Aujourd’hui, le stationnement n’est pas juste : il ne s’attaque pas aux gros pollueurs », défend le candidat.

L’équipe de campagne de Florian Kobryn (Victor L, Lisa Farault, Halima Meneceur, et Benjamin Kuntz).Photo : Eva Chibane / Rue89 Strasbourg / cc

« Nous sommes les seuls à présenter un programme de cette ampleur »

Florian Kobryn, candidat LFI aux élections municipales

Florian Kobryn sait toutefois que le terrain local n’a jamais souri à LFI. En 2024, le parti a décroché 21,28% des voix aux élections européennes à Strasbourg, mais aux municipales de 2020, la liste menée par Kevin Loquais avait plafonné à 3,24%, loin derrière l’alliance citoyenne et des Écologistes. « En 2020, on était encore des bébés, le parti était jeune. Là, nous sommes des adultes avec une force militante importante », sourit Halima Meneceur. La candidate veut croire que le vent tourne. L’élection d’Emmanuel Fernandes comme député LFI en 2022 et le mandat départemental de Florian Kobryn auraient renforcé l’ancrage local d’après le candidat :

« Avec les résultats nationaux, il était de notre responsabilité de proposer une offre politique à ce scrutin local. Nous sommes les seuls à présenter un programme politique de cette ampleur. Personne n’a un projet aussi complet à proposer aux habitants. »

Le tractage a déjà commencé et 45 actions de campagne sont prévues en novembre. Le 24, un « parlement populaire » est annoncé au centre socioculturel de Hautepierre avec sept thématiques et des temps d’échanges. Le programme, malgré ses 400 mesures, reste évolutif, assure le mouvement.

Une réforme pousse des jeunes à l’errance entre orthophonistes et centres médico-psychologiques

Une réforme pousse des jeunes à l’errance entre orthophonistes et centres médico-psychologiques
Un enfant est suivi par son orthophoniste à Sélestat, mais doit renoncer au reste de sa prise en charge au CMP.

Une réforme de la sécurité sociale a remis en cause la prise en charge par des orthophonistes libéraux de milliers d’enfants suivis dans des centres médico-psychologiques. Exemple à Sélestat avec une famille qui doit choisir entre un accompagnement psychologique et une rééducation du langage.

Au mois de juin, Myriam Fonteneau, orthophoniste libérale à Sélestat, a demandé à ses patients suivis en centre médico-psychologique (CMP) de choisir : soit ils réussisent à trouver des séances d’orthophonie au CMP, soit ils viennent chez elle. Mais dans ce dernier cas, ils ne seront pas remboursés par la Sécurité sociale. Jusqu’à présent, Myriam Fonteneau accueillait des patients du centre ayant besoin de suivi en orthophonie, étant donné que le CMP est incapable d’en fournir. Mais la Sécurité sociale estime qu’il s’agit d’un dévoiement de l’enveloppe de fonctionnement du CMP et qu’elle paie deux fois pour la même prise en charge.

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L’édition 2025 du Marché de Noël mise sur l’inclusivité

L’édition 2025 du Marché de Noël mise sur l’inclusivité
Jeanne Barseghian, la maire de Strasbourg, a présenté devant les journalistes le programme de l’édition 2025 du Marché de Noël

Entourée de son adjoint aux animations et de deux représentants du « marché off », la maire de Strasbourg a présenté les évolutions du Marché de Noël pour 2025. Une version qui se veut plus inclusive et accessible.

Chaque année, le Marché de Noël de Strasbourg bat ses propres records de fréquentation. L’année 2024 a confirmé cette tendance avec 3,4 millions de visiteurs. Malgré le succès de l’événement, certaines personnes peinaient toujours à accéder aux festivités. Pour son édition 2025, qui se tiendra du 26 novembre au 24 décembre, la Ville espère y remédier.

Un parcours pour les personnes en fauteuil

Comme l’avait raconté Rue89 Strasbourg, plusieurs infrastructures se sont révélées inadaptées pour les personnes en situation de handicap, notamment pour les personnes en fauteuil roulant. Le futur marché leur proposera « des parcours recommandés », avec une « signalétique repensée », précise Guillaume Libsig, adjoint à la maire de Strasbourg en charge de la vie associative, des animations urbaines et de la jeunesse. Des coupe-file dédiés feront également leur apparition.

Les visiteurs et personnes en situation de handicap pourront bénéficier de zones de repos, équipées de casques anti-bruit, de couvertures ou encore de balles anti-stress. « Une petite respiration dans ce marathon de Noël », glisse Guillaume Libsig. Pour les parents, un espace parents-nourrissons sera ouvert au marché off, avec des tables à langer et des micro-ondes.

Plusieurs initiatives ont été menées en amont des réjouissances : les décorations du grand sapin de la place Kléber ont été réalisées « par l’association Hélène de cœur, qui œuvre en faveur de la recherche en cardiopédiatrie et par Inclusiv, qui favorise l’emploi des personnes en situation de handicap visuel », appuie la maire. La collecte de gobelets consignés se poursuivra comme en 2024. 13 000 euros avaient alors été récoltés et reversés au centre socio-culturel Au-delà des ponts et d’autres associations actives dans l’aide alimentaire. Les fonds ont notamment permis à Regards solidaires de fournir des paniers hebdomadaires aux étudiants les plus précaires de Strasbourg.

Un sapin solidaire pour 300 enfants

Si « la place de l’enfant a été un peu perdue de vue ces dernières années », la Ville veut aussi inclure à nouveau les enfants dans le marché de Noël. Les festivités commenceront donc un mercredi avec des animations pour les plus jeunes square Louise-Weiss. Ces animations se poursuivront tous les mercredis de décembre.

En 2024, les visiteurs avaient pu déposer un cadeau au pied d’un « sapin solidaire », installé devant la mairie de quartier de la place Broglie. Près de 80 enfants de deux foyers d’aide à l’enfance y avaient accroché leurs vœux. Reconduit cette année, le sapin solidaire durera du 6 au 16 décembre. De nouvelles associations, dont Solidarité femmes 67 et Les Petites roues, association d’aide aux personnes en situation de grande précarité, se sont associés à l’initiative.

L’électro pop festive de Louise XIV en démo à La Grenze samedi 8 novembre

L’électro pop festive de Louise XIV en démo à La Grenze samedi 8 novembre
Grégoire Theveny, Louise Wetterwald et Tristan Lepagney sur scène.

Après deux ans d’un parcours impeccable, marqué par une myriade de soutiens, le groupe strasbourgeois Louise XIV présente enfin son premier album samedi 8 novembre à La Grenze.

Cette fois, ça y est. Après deux années passées à roder leur projet sur les scènes de France, les strasbourgeois Louise Garance Wetterwald (ex-Zimmia), Tristan Lepagney (ex-Colt Silvers) et le Parisien Grégoire Theveny présentent le premier album de Louise XIV samedi 8 novembre à La Grenze.

L’album, un extended play (EP), ne contient que cinq titres mais le groupe en dispose de bien plus comme l’explique Louise Wetterwald :

« On s’est rencontré en 2023 à France 3 Alsace. Nous y étions intervenants et nous avions tous des disponibilités et des envies… Après quelques apéros, un processus créatif très fluide s’est mis en place et nous avons rapidement eu une dizaine de titres. »

Louise Wetterwald vient du jazz, Tristan Lepagney du rock et Grégoire Theveny plutôt de l’électro. Le résultat : une musique pop scintillante, plutôt douce, portée par la voix perchée de Louise Wetterwald. Sur scène, les trois musiciens n’oublient jamais de se couvrir de paillettes et l’ensemble vire parfois au disco. « C’est la fête », résume la chanteuse :

« Je n’ai pas encore trouvé un terme pour nous définir exactement, mais oui notre proposition est une musique populaire, au sens où elle est accessible. On n’a pas l’ambition de prouver quoique ce soit, même s’il n’y a rien de plus compliqué que de faire une musique simple finalement… »

La piscine de Louise XIV.

Les paroles en revanche sont tout sauf simples. Louise Wetterwald, qui signe les textes, utilise la douceur des mélodies et de sa voix pour faire passer des messages féministes, subtils. Elle écrit en français pour la première fois, « une libération », précise-t-elle.

Myriade de soutiens

Eu égards aux expériences passées des musiciens, Louise XIV a bénéficié de la bienveillance de tout l’écosystème strasbourgeois de l’émergence musicale. À peine formé, le groupe a pu se produire au Pelpass festival et à la Laiterie, puis il a été en résidence à la plateforme Artefacts et aux Tanzmatten à Sélestat. Le réseau parisien de Grégoire Theveny a permis d’obtenir le soutien du label Roy Music, lequel a débloqué des sessions à la Boule noire à Paris et à la Mama music convention en octobre.

Après ces dates, pourquoi revenir à La Grenze derrière la gare de Strasbourg ? « C’est aussi une soirée pour remercier tout le monde, toutes celles et ceux qui nous ont accompagné depuis les débuts. Nous voulons leur montrer l’ampleur du travail accompli depuis deux ans », boucle Louise Wetterwald.

Louise XIV a également invité les Badass Pétales en première partie, ce groupe formé par trois filles de Strasbourg, déterminées à tout exploser grâce à des synthés boostés et à des paroles répétitives. Les concerts seront suivis d’un set de la DJ strasbourgeoise Schônagon.

Pour éviter « un drame local », la maire de Strasbourg écrit au Premier ministre

Pour éviter « un drame local », la maire de Strasbourg écrit au Premier ministre
La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) a alerté le Premier ministre sur le risque de fermeture imminente de la Halte Soins Addiction de Strasbourg.

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« On ne fait plus que gérer les urgences » : les assistants sociaux scolaires débordés

« On ne fait plus que gérer les urgences » : les assistants sociaux scolaires débordés
Avec 40 assistants sociaux dans le Bas-Rhin et une trentaine dans le Haut-Rhin, les professionnels sont largement en sous-effectifs face à la détresse des jeunes.
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Vanessa poursuit sa grève de la faim : « Le recteur peut trouver une solution »

Vanessa poursuit sa grève de la faim : « Le recteur peut trouver une solution »
Après huit jours de grève de la faim, Vanessa reste déterminée à poursuivre son combat.

Son corps l’enjoint à mettre fin à sa grève de la faim. Mais Vanessa poursuit le combat. Suite à une rencontre avec le recteur Olivier Klein, la professeure des écoles maintient la pression sur le rectorat.

« Je faisais 57 kilos. Maintenant j’en fais 52,5. » Huit jours après avoir entamé sa grève de la faim, Vanessa sent son corps qui proteste : « J’ai mal au ventre. Je ressens plus les battements de mon cœur. Je sens mon corps qui me dit de m’arrêter. » Mais la professeure des écoles reste déterminée, ce mardi 4 novembre. La veille au soir, le recteur de l’académie de Strasbourg Olivier Klein l’a reçue. Elle en est sortie « encore plus combative » : « Il m’a proposé la même chose : un poste en tant que contractuelle ou un travail dans l’administration. » Aucune solution pour la jeune femme de 25 ans. Après avoir obtenu une place en liste complémentaire au concours des professeurs des écoles, Vanessa ne peut se résoudre à prendre un autre poste que le métier de ses rêves. Pas question non plus d’accepter la précarité du statut de contractuelle.

« Le recteur peut trouver une solution »

« Heureusement, mon meilleur ami me soutient au quotidien », raconte la professeure, assise depuis le lundi 27 octobre devant l’entrée du rectorat de Strasbourg. Quand elle rentre chez elle, chaque soir, Vanessa n’a plus la force de rien. Cet ami était aussi présent lors de la réunion avec le recteur et un responsable du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC) : « La réunion a surtout tourné autour du pot, juge-t-elle, le recteur m’a répété trois fois qu’il est humain. Mais il n’a rien proposé de nouveau. Pour moi, il peut trouver une solution. »

Le visage de Vanessa est plus pâle que la semaine précédente. Difficile de ne pas s’inquiéter pour elle. La professeure n’est pas suivie par un médecin. Face à cette grève de la faim qui continue, quelle sera l’issue de cette mobilisation ? Vanessa répond, avec le même calme et une détermination intacte :

« Le rectorat peut décider d’embaucher les professeurs sur la liste complémentaire. Il peut même le faire et réduire le nombre de personnes sur liste complémentaire l’année prochaine. Il peut nous proposer de reporter notre stage à l’année scolaire prochaine. Il peut nous promettre de changer la gestion de la liste complémentaire l’année prochaine… »

Rejet par le juge administratif

Dans la matinée du mardi 4 novembre, Vanessa a reçu une mauvaise nouvelle du tribunal administratif de Strasbourg. Saisie en urgence, l’institution a rejeté la procédure initiée par le Syndicat national des agents publics de l’Éducation nationale (Snapen). Ce dernier voulait enjoindre le rectorat de Strasbourg à recruter les professeurs sur liste complémentaire. Comme l’indique un communiqué du tribunal administratif :

« Le juge des référés a notamment rappelé que le processus de recrutement des professeurs des écoles contractuels était toujours en cours et pouvait permettre à la requérante d’exercer un emploi en rapport avec ses qualifications, et que son choix personnel de débuter une grève de la faim ne justifiait pas, en lui-même, une intervention du juge des référés. »

Soutien du député Emmanuel Fernandes

Côté politique, le député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin, Emmanuel Fernandes (La France insoumise), a enjoint le recteur à titulariser les professeurs des écoles sur liste complémentaire :

« Comment, dans un contexte de crise du recrutement et de démissions croissantes dans la profession d’enseignant, est-il possible de se priver de professionnels formés, compétents, immédiatement disponibles et qui n’attendent que de commencer à transmettre le savoir ? Il apparaît irresponsable de se priver de ces professionnels pour privilégier le recours massif aux contractuels, avec une simple vision budgétaire de court-terme. »

Vanessa espère que le rectorat trouvera une solution « dans la semaine ». Si ce n’est pas le cas, elle attend impatiemment une mobilisation devant l’académie de Strasbourg. En préparation du côté du Snapen, la manifestation devrait avoir lieu dans la journée du mercredi 12 novembre. La professeure espère qu’elle tiendra sa grève de la faim jusque-là. « Certains ont tenu plus de 45 jours », croit savoir Vanessa.

Budget, petite enfance… Les principaux points votés au conseil municipal 

Budget, petite enfance… Les principaux points votés au conseil municipal 
Conseil municipal de Strasbourg.

À cinq mois des élections, le conseil municipal de Strasbourg a tenu, lundi 3 novembre, son débat d’orientations budgétaires pour 2026. Et d’autres points ont été votés, sur la petite enfance ou la coopération avec Kharkiv pour la reconstruction de la ville.

Pour la majorité écologiste, le débat d’orientations budgétaires est l’occasion de défendre son bilan avant les municipales. Lors de ce conseil municipal du lundi 3 novembre, Jeanne Barseghian (Les Écologistes) met en avant un mandat marqué par de « multiples crises » : pandémie, guerre en Ukraine, explosion des coûts énergétiques. En préambule, la maire pose le cadre : le débat est avancé pour tenir compte de l’échéance électorale, alors même que la municipalité ne dispose pas encore de loi de finances. « C’est un contexte difficile », précise-t-elle, avant de détailler les priorités guidant le budget 2026 : répondre à l’urgence sociale et climatique, garantir le service public – notamment la petite enfance – et adapter les écoles aux épisodes de canicule.

Son premier adjoint, Syamak Agha Babaei, défend un budget qu’il qualifie de « soutenable », malgré un emprunt de 75 millions d’euros prévu en 2025, et souligne la nécessité d’investir pour transformer la ville. Face à lui, les oppositions ne retiennent pas leurs critiques. Jean-Philippe Maurer (Les Républicains) juge cette politique budgétaire irresponsable : « Maîtriser, pour vous, c’est amplifier les endettements. (…) Avec un désendettement de 12 années, vous flirtez avec les lignes rouges budgétaires. »

L’opposition dénonce des « gaspillages »

Pierre Jakubowicz (Horizons), candidat aux municipales, dénonce « des millions d’euros gâchés dans [les études pour le] tram Nord » et qualifie la dette de « brutalité » : « Strasbourg n’aura jamais autant manqué de cap, de vision et d’ambition. » Caroline Barrière (PS) évoque « un gaspillage de l’argent public » et « la disparition du bouclier écologique et social », tandis que Jean-Philippe Vetter (LR), lui aussi candidat aux prochaines élections, pointe une augmentation de 87 % de la dette strasbourgeoise, quand d’autres communes voient la leur diminuer.

Après près de quatre heures de débats, le conseil prend toutefois acte du débat d’orientations budgétaires. Les discussions se poursuivront le 8 décembre, lors du prochain conseil, où le budget final du mandat sera présenté et soumis au vote.

Renforcer la petite enfance

Au-delà du débat budgétaire, la petite enfance occupe une place importante dans la séance. La Ville et la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) déploient le nouveau contrat départemental 2025-2027, qui prévoit le financement de postes de sages-femmes et de puéricultrices, ainsi qu’une rallonge municipale de 183 000 euros par an pour créer un second poste d’éducateur à la parentalité.

Le conseil valide également la création d’une micro-crèche privée, la Maison Verte, à Strasbourg. Face aux interrogations de l’opposition sur la montée de l’offre privée, la maire rappelle que l’objectif premier reste de « renforcer le service public de la petite enfance ». Sur le mandat, 200 nouvelles places sont prévues dans le public, dont la moitié déjà opérationnelle, selon elle. Le vote se solde par 48 voix pour et 6 abstentions.

Dans la même veine, l’attribution de subventions supplémentaires pour la petite enfance, suscite, elle, un débat un peu plus animé. Céline Geissmann (PS) interroge : « Que faisons-nous au-delà du conjoncturel pour traiter durablement le problème ? » Marina Lafay défend l’action de la Ville : « Jamais un effort aussi conséquent n’a été réalisé sur ce mandat, notamment en termes financiers », et détaille les leviers mis en place, des discussions avec la Caf pour organiser au mieux le système, à l’audit du modèle économique, en passant par le diagnostic à l’échelle de l’Eurométropole et l’amélioration du remplissage des crèches.

Syamak Agha Babaei, premier adjoint, poursuit et rappelle que le système de la petite enfance a volé en éclat avec l’évolution des modes de vie et qu’il a fallu réévaluer les besoins, d’où les ajustements financiers en cours. Comme partout, les parents gardent de moins en moins leurs enfants. La demande a donc beaucoup augmenté. Jeanne Barseghian conclut : « Le système est à bout de souffle. Nous demandons à l’État d’ouvrir un grand débat national sur la petite enfance. » Le point est adopté à l’unanimité.

Projets urbains et partenariats

Plusieurs délibérations portent sur l’urbanisme et les politiques sociales. La reconversion de la Plaine Élan au Neuhof est par exemple validée, avec la création d’un parc urbain et l’ouverture d’un accès à la réserve naturelle, tandis que le partenariat avec « Réhabiter » pour l’habitat participatif est renouvelé.

Une convention de partenariat avec la ville ukrainienne de Kharkiv pour accompagner la reconstruction de la ville après la guerre est également votée. L’accord prévoit un soutien à l’éducation, à la culture et à l’économie locale, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux projets culturels. Le conseil approuve ensuite un projet de coopération féministe avec Vanadzor, en Arménie, pour promouvoir l’égalité femmes-hommes dans la diplomatie et la médiation.

Enfin, trois candidats aux élections municipales de 2026 posent des questions d’actualité. Pierre Jakubowicz (Horizons) défend son projet de résolution pour soutenir artisans et commerçants, Jean-Philippe Vetter (LR) s’inquiète de la sécurité dans les musées après le vol spectaculaire au Louvre et du sort des étudiants, tandis que Catherine Trautmann (PS) s’intéresse au projet immobilier de l’ancien hôtel Mercure, place de Bordeaux. Une manière, pour chacun, de marquer sa présence dans la course à la mairie.



Incinérateur de Strasbourg : les écologistes laissent un dossier toxique pour le prochain mandat

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Au conseil municipal, soutien aux assos, budget et projets énergétiques

Au conseil municipal, soutien aux assos, budget et projets énergétiques
La salle du conseil municipal.

Une grande partie du conseil municipal de novembre doit être consacrée à l’octroi de subventions aux associations. Faute de nouveaux projets à l’ordre du jour, le débat d’orientation budgétaire sera l’occasion pour les élus de revenir sur les investissements engagés par la municipalité.

À mesure que l’échéance électorale se rapproche, le nombre de délibération diminue. Le conseil municipal du lundi 3 novembre ne déroge pas à la règle, avec 47 points inscrits à l’ordre du jour. Il devrait pourtant retenir l’attention du tissu associatif strasbourgeois. Au programme, la poursuite de l’aide financière accordée par la collectivité à de nombreuses structures, tantôt du champ social, tantôt culturel ou sportif, et l’attribution de nouvelles aides.

Après avoir traité des affaires générales, les points 12 à 25 du conseil seront consacrés aux solidarités, à l’éducation, l’enfance et la santé. Une liste de subventions en faveur de la jeunesse et de l’éducation populaire sera mise au vote avec, pêle-mêle, le versement de 15 000 € à l’association Jeunesses et promesse pour financer le nouvel accueil collectif de mineurs, ou l’allocation de 10 000 € à l’association Cité Ungemach pour soutenir ses projets culturels et éducatifs. 

Soutien à une vingtaine de crèches

Agissant au nom du département et de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) dans les domaines de la protection maternelle et infantile (PMI) et l’action sociale, le conseil municipal doit voter le nouveau contrat 2025-2027. Cette convention prévoit le versement d’une enveloppe annuelle par la CeA pour financer des postes de sages-femmes ou de puéricultrices. Le conseil municipal aura aussi à se prononcer sur la rallonge de 183 000 € par an proposée par la Ville pour soutenir les effectifs et créer un second poste d’éducateur à la parentalité.

Également mises au vote le lundi 3 novembre : l’approbation du projet de micro-crèche à Montagne Verte, des délégations de service public en faveur de la petite enfance au Neuhof et dans le secteur du Port-du-Rhin. Des subventions complémentaires pour une vingtaine d’autres crèches en difficulté seront également soumises au conseil.

Baisse de la capacité d’autofinancement

Le conseil municipal doit également revenir sur les choix budgétaires opérés par la Ville en 2025. Un bilan qui devrait occuper une partie significative de la séance. Sera notamment évoquée la baisse d’environ 3 millions d’euros de capacité d’autofinancement de la Ville par rapport à 2024. Une chute qui s’explique principalement par la hausse progressive des cotisations patronales à la caisse de retraite des agents territoriaux, décidée par la loi de finances de février 2025.

Viendront ensuite les orientations pour 2026, soumises au vote du budget primitif en décembre. Point notable, malgré un contexte peu favorable aux finances locales, l’année 2026 ne devrait pas connaître de hausse d’impôts.

Transition énergétique

En fin de cycle électoral, difficile de faire machine arrière sur les investissements. La collectivité s’est ainsi engagée sur divers projets liés à la transition écologique, avec notamment la mobilisation de fonds de soutien aux énergies renouvelables. Une demande de permis de construire a ainsi été déposée pour le développement, par l’Eurométropole, de Sunn’Sett. À Reichstett, le projet de parc solaire prévoit la production de 7,3 gigawattheure (GWh) par an, soit l’équivalent de 15 % de la consommation électrique totale de cette commune bas-rhinoise. Des études sur le développement de la micro-hydroélectricité avec la remise en état d’anciens barrages sont également annoncées pour 2026.

Par une question orale, Catherine Trautmann invitera Jeanne Barseghian à revenir sur le projet immobilier de l’ancien hôtel Mercure, situé Place de Bordeaux. L’ancienne maire socialiste à nouveau candidate pour 2026 accuse « une densification inacceptable pour les habitants et pénalisante pour le quartier ». Elle juge le projet incompatible avec les engagements en faveur de l’environnement de la majorité municipale.

Le candidat Les Républicains aux élections municipales Jean-Philippe Vetter a quant à lui déposé deux questions. La première porte sur la sécurité des musées de Strasbourg, dans le contexte du cambriolage du Louvre qui a montré les défaillances en matière de sécurité des musées français. La seconde interroge la maire sur la précarité des étudiants strasbourgeois et réclame des « actions d’ampleur » pour les soutenir.


Au CEAAC, une exposition féministe par des militantes actuelles et des années 70

Au CEAAC, une exposition féministe par des militantes actuelles et des années 70
Exposition Hope for Change, au CEAAC à Strasbourg.

Entre octobre 2025 et mars 2026, le Centre européen d’actions artistiques contemporaines (CEAAC) accueille une exposition mêlant des créations datées des années 70, du collectif féministe Hackney Flashers, avec les œuvres de trois artistes-chercheuses contemporaines.

L’exposition Hope for Change (Espoir de changement) emmène dans les années 70, plus particulièrement à Londres, dans le quartier de Hackney. C’est ici qu’un groupe de neuf femmes s’est réuni pour former un collectif appelé Hackney Flashers (exhibitionnistes de Hackney). An Dekker, Sally Greenhill, Liz Heron, Gerda Jäger, Michael Ann Mullen, Maggie Murray, Christine Roche, Jo Spence et Julia Vellacott, sont des femmes issues de la classe populaire anglaise. Elles proposent des visuels (photos, montages, dessins…) percutants avec toujours un message militant sur la vie quotidienne des femmes à cette époque. 

Camille Richert, la commissaire, a choisi de mettre face à face des productions de ce collectif avec les œuvres contemporaines d’artistes féministes actuelles : Claude Dugit-Gros, Julie Luzoir et Pascaline Morincôme. Elles sont également artistes associées de cette exposition, à découvrir au Centre européen d’actions artistiques contemporaines (CEAAC) de octobre 2025 à janvier 2026.

Vue générale de l’exposition Hope for Change au CEAAC – Premier étage.Photo : Emma Mathieu

Pensée comme un dialogue entre générations de matrones et non une rétrospective historique, l’exposition se déploie sur les deux étages du CEAAC, qui invitent à une double immersion. La première, au rez-de-chaussé, renvoie aux activités effectuées en dehors du foyer par les femmes. La deuxième, à l’étage, convoque les activités et tâches domestiques réservées aux mères de famille dans la sphère privée.

Double-journée

Des slogans noirs sur les murs, tels que « Changer les couches, moucher les nez », viennent sillonner le parcours du visiteur. Entre 1974 et 1980, le collectif d’artistes a accompli trois séries nommées : Women and Work (Les femmes et le travail,1975), Who’s Holding the Baby? (Qui tient le bébé?, 1978) et Domestic Labour and Visual Representation (Travail domestique et représentation visuelle, 1980). Le parti pris était de croiser les techniques et les médiums pour constituer une création pluridisciplinaire capable de toucher un large public, en particulier celui de la classe moyenne londonienne.

Les thèmes abordés sont divers, cependant il est souvent question de la double-journée des femmes. En plus de leurs heures de travail à l’extérieur, les femmes, contrairement aux hommes, continuent de travailler à la maison. Deux activités exigeantes qui limitent les femmes à un espace restreint entre leurs responsabilités familiales et professionnelles, sans leur laisser de temps pour des activités de loisir. En passant de la question des gardes d’enfants, des salaires, des droits sociaux, du patriarcat et de ses stéréotypes, les thèmes évoqués par les œuvres sont toujours d’actualité.

Agitprop féministe

Les luttes féministes passent par des hauts et des bas, que l’on ressent par les ruptures générationnelles.  Les seuils se font ressentir, marqués par les ruptures générationnelles. On peut définir quatre grandes vagues féministes au fil de l’histoire et depuis les années 1930. L’exposition montre la deuxième vague, celle des années 70, mais entend aussi montrer le début d’une cinquième vague, contemporaine, dédiée aux luttes pour une meilleure inclusion de toutes les communautés. Les œuvres des trois artistes actuelles exposées reflètent ces questionnements, tout en faisant des liens avec les luttes passées. 

Slogans inscrits sur des banderoles textiles, bandes dessinées à l’encre noir sur les murs, dessins grand format réalisés aux crayons de couleur au sol… Ce que ces artistes ont en commun d’utiliser des supports accessibles et économiques. Aucune de leurs œuvres n’est signée. Les Hackney Flashers avaient bien conscience, de porter des messages subversifs. Elles ne considéraient pas non plus leur travail comme des œuvres d’art destinées à être exposées dans des musées. Elles considéraient leur travail comme de l’agitprop, une pratique qui peut parfois se situer à la frontière entre propagande et art.

L’exposition cherche d’ailleurs directement à mobiliser le public. Des ateliers collaboratifs permettent de se mettre soi même à la création, avant de les afficher dans la rue. Pour participer vraiment à la nouvelle vague des revendications féministes.

Des étudiantes accrochent leur création à la fin d’un atelier, sur les murs de la Manufacture des tabacs.Photo : HEAR / Atelier de communication graphique / Master Graphic Languages, 2025

Visés par la haine contre les personnes LGBT, Mass, Marcelo et Enzo ont trouvé le Refuge

Visés par la haine contre les personnes LGBT, Mass, Marcelo et Enzo ont trouvé le Refuge
De gauche à droite : Enzo, Marcello et Mass, trois résidents du Refuge à Strasbourg.

Depuis 2003, Le Refuge héberge et accompagne des jeunes victimes de rejet familial ou de discrimination en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. À Strasbourg, l’antenne régionale dispose d’une vingtaine de places d’hébergement et accueille un public de plus en plus précaire.

La douceur d’un salon ordinaire. Ce mardi soir d’octobre, ils sont une dizaine de jeunes à discuter tranquillement dans le coin cosy de l’accueil de jour du Refuge, situé quai de Paris. Installés sur les canapés ou autour de la grande table, certains pianotent distraitement sur leurs smartphones ou scrutent la pile de jeux vidéos posés à côté de la console et de l’immense télé. Bénévole au sein de l’association, Néphéline Nehlig tente de distinguer les retardataires des absents avant de lancer les festivités. « Ce soir, c’est atelier pizza ! », explique-t-elle.

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Candidat à la mairie de Sélestat, Édouard Faller louait des appartements insalubres

Candidat à la mairie de Sélestat, Édouard Faller louait des appartements insalubres
Édouard Faller, candidat aux élections municipales de 2026 à Sélestat.

L’entrepreneur Édouard Faller se présente aux élections municipales à Sélestat en 2026. Fin 2024, l’État a ordonné que ses locataires quittent l’une de ses propriétés après avoir constaté de multiples troubles présentant un danger imminent.

Dans une rue pavée et parsemée de bacs à fleurs, des maisons anciennes forment un décor propret. La partie historique de Barr, petite ville de la route des vins, c’est un peu l’image d’Épinal de l’Alsace. Soudain, un immeuble dénote malgré ses colombages traditionnels. « Zone dangereuse, stop, accès interdit », peut-on lire sur la porte d’entrée cadenassée. Une barrière bloque le passage, et des étais métalliques maintiennent une partie du premier étage.

Une maison détonne au cœur de Barr.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg

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