Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Féminisme, science fiction ou littérature… La liste des clubs de lecture à Strasbourg

Féminisme, science fiction ou littérature… La liste des clubs de lecture à Strasbourg
La librairie Gutenberg accueille plusieurs événements dont deux clubs de lecture.

Quoi de plus plaisant que de partager les émotions ressenties à la lecture d’une œuvre ? C’est tout le propos des clubs de lecture : échanger autour d’un livre, partager ses coups de cœur ou ses coups de gueule. Mais où sont ces clubs à Strasbourg ? Voici une sélection.

La part des Français qui lisent régulièrement des livres baisse d’année en année. D’après le baromètre Ipsos « Les Français et la lecture » 2024, 63% des Français ont lu au moins cinq livres au cours des 12 derniers mois, soit 6% de moins par rapport à 2023. Mais il reste des irrésistibles gaulois pour lesquels « une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie », comme l’a écrit Montesquieu. Les participants aux clubs de lecture en font sans doute partie. Le principe de ces clubs est simple : se réunir pour parler d’un livre et partager le plaisir de la lecture. Science-fiction, lecture en langue étrangère, lectures engagées ou club pour jeunes lecteurs, il y en a pour tous es âges et pour tous les goûts.

Femmes et science fiction

Le Club SFF (science-fiction féministe) propose à ses membres d’échanger autour de romans de science-fiction exclusivement signés par des femmes. « On lit tous et toutes le même livre et on en discute », présente Agathe Freyburger, libraire à la librairie Gutenberg. Le dernier roman à avoir déchaîné les discussions en 2025 a été l’Aube d’Octavia E. Butler. Les lecteurs et lectrices se rassemblent une fois tous les deux mois à 19h, toujours les mardis soir, dans la librairie Gutenberg. Les dates sont décidées de manière collégiale d’une fois sur l’autre avec les membres présents. Tous les premiers mercredis du mois, c’est le cercle de lecture qui se réunit dans la librairie. Là les règles diffèrent : chacun choisit son livre et donne son avis.

Voici un aperçu des livres que le club SFF a déjà lus.Photo : © Jeanne-Esther Eichenlaub

Des livres et nous

L’histoire du club de lecture de la librairie Le fil rouge à Cronenbourg a commencé pendant le confinement en 2020. En visio d’abord, donc. Le club affiche la même ambition que la librairie, à savoir : « favoriser la diffusion du livre en milieu populaire et les échanges entre lecteurs ». Une fois par mois, à 19h30, « les bénévoles vous présentent leur coup de cœur et vous venez présenter les vôtres, résume le libraire Patrick Wendling. C’est assez libre. Chacun peut venir présenter les livres qu’il veut. » Science-fiction, essai, BD, roman graphique… Ici, pas de thèmes ou d’œuvres imposées. Une petite collation est servie lors des retrouvailles littéraires. Les dates sont instaurées lors de chaque réunion. Le club est gratuit mais il est conseillé de s’inscrire auprès de la librairie.

« Des livres et nous » : le club de lecture qui se réunit à la librairie le fil rouge, à Cronenbourg.Photo : © Marie-Rose Ferry / Document remis

Bookdorf

Créé en 2023, le Bookdorf revient se réunit une fois par mois, les mardis soir, de 18h30 à 19h30. La réunion se tient soit à la librairie L’Indépendante, soit à la médiathèque du Neudorf : « Le club mélange les publics et les âges », se réjouit Carole Benelhocine, la gérante de la librairie. Les thèmes sont décidés collectivement. Il y a déjà eu l’eau, la cuisine ou encore « en mai, fais ce qu’il te plaît » : « Chacun ramène un bouquin, une BD, un manga, un essai, un livre jeunesse ou roman… L’idée c’est d’être varié, ouvert », détaille-t-elle. Quand le temps le permet, le bookclub se tient en extérieur : des réunions se sont déjà tenues dans les jardins partagés du Neudorf et sur la place du marché.

Bookclub queer

Lancé à l’initiative de l’association Juin69, le bookclub queer réunit des lecteurs et lectrices autour de textes engagés comme ceux d’Alice Coffin, auteure du Génie Lesbien. Ce club de lecture est itinérant. Un temps hébergé à la librairie Quai des Brumes, le club a aussi eu lieu au Social bar.

La librairie Quai des Brumes propose plusieurs ouvrages sur les thématiques LGBTQIA+Photo : © Jeanne-Esther Eichenlaub

Des ados et des livres

La librairie spécialisée jeunesse La Bouquinette a lancé son club de lecture pour ado en 2024. Pour faire partie du club, il faut avoir entre 11 et 16 ans et s’inscrire auprès de La Bouquinette. Le tarif est de 50 euros par an. Une fois par mois, les ados empruntent un livre à la librairie et tous les premiers jeudis du mois, à 17h30, ils se retrouvent pour partager leurs avis. Il n’y a cependant que huit places.

In english please

La English-Speaking Community (ESC), une association pour les anglophones vivant à Strasbourg, organise un bookclub. Pour y participer, il faut adhérer à l’association. « Les membres du bookclub proposent un livre (en anglais) à tour de rôle qui servira de base de discussion », décrit Joëlle Glore, membre de l’association ESC. Le groupe de lecture rencontre un tel succès qu’un deuxième groupe est prévu. Les membres du club se réunissent tous les deuxièmes lundis du mois, dans des cafés ou dans des lieux privés. Pour adhérer à l’ESC et à son bookclub, la condition est de parler la langue de Shakespeare.

Olympes de Gouges : toujours engagée

La médiathèque municipale Olympe de Gouges organise avec l’association Osez le féminisme 67, un club de lecture trimestriel sur le féminisme. L’objectif est de parler des femmes mais aussi de faire découvrir les collections du fonds « égalité de genre » constitué d’un millier de livres et d’une centaine de DVD. Le club, qui existe depuis 2023, a déjà abordé les thématiques du corps de la femme et de la femme dans les médias. Les bibliothécaires et les membres de l’association présentent des livres. Les participants échangent ensuite autour de la thématique et d’un café.

ACro… des livres

Le club de lecture de la médiathèque de Cronenbourg a lieu tous les premiers jeudis du mois de 14h30 à 16h. Le club est ouvert à tous, sans inscription. Les bibliothécaires et lecteurs échangent autour de leurs coups de cœur. Après chaque réunion, un compte-rendu dresse la liste des ouvrages plébiscités par les participants.

Le café des lecteurs et des lectrices

« L’organisation n’est pas figée et il n’y a pas de lectures imposées. On peut parler d’un livre en 1 ou 5 minutes, parler de ses coups de cœur mais aussi de ses déceptions autour d’un café. C’est la partie conviviale du club de lecture », expose Christelle Schoenstein, bibliothécaire de la médiathèque de l’Elsau. Le club se tient une fois tous les deux mois, en général le premier samedi du mois à 14h. « On peut aussi venir même si on a rien lu et qu’on souhaite trouver l’inspiration », glisse Christelle Schoenstein. À la fin du rendez-vous, Christelle Schoenstein présente les dernières nouveautés acquises par la médiathèque.

Le mardi du livre

Le mercredi, c’est cinéma et le mardi, c’est lecture à la médiathèque Simone Veil à Illkirch-Graffenstaden. « Je fonctionne un peu plus comme les clubs de lecture d’Outre-Manche », expose Anne Tappert, bibliothécaire. Elle choisit une thématique et sélectionne quatre livres. Les participants lisent les œuvres sélectionnées. « Ensuite on débat des ouvrages : si on a aimé la forme, le fond, le sujet », explique-t-elle. Le groupe de lecture se réunit les mardis, une fois tous les deux mois. D’où le nom du club : « Le mardi du livre ».

Anne Tappert présente les ouvrages et les auteurs en projetant des extraits d’interview ou d’émission littéraire. La séance dure en moyenne une bonne heure et demie. Le club est limité à une douzaine de personnes, indique la bibliothécaire. Il est toujours possible de s’inscrire sur une liste d’attente en cas de désistement.  

Trois clubs à médiathèque André Malraux

Le club de lecture « Pile à lire » a débuté en 2022. Il se tient un mercredi par mois de 17h à 19h au deuxième étage de la médiathèque André Malraux. « Pile à lire » est spécialisé en littérature de genre : fantasy, science-fiction ou encore fantastique. « Chacun parle du livre dont il a envie de parler. Il ne s’agit pas de faire des devoirs », assure Zelda Lienhart, la bibliothécaire et animatrice du club de lecture. Tous les formats sont les bienvenus : BD, manga, roman… Le club accepte une quinzaine de participants maximum. Aucune inscription n’est nécessaire et l’entrée est libre.

Un deuxième club de lecture, plus généraliste, se tient aussi à la médiathèque Malraux un samedi par mois de 11h à 13h.

Un troisième club intitulé « sujets de société » débute en 2025. « Récit de vie ou témoignage, essai ou reportage journalistique… Nous n’avons qu’une seule règle : les fictions ne sont pas admises », explique Émilie Dillenschneider. La bibliothécaire a ressenti le besoin de créer un lieu de rencontre et d’échange dans un contexte « où les opinions sont parfois polarisées ». Chaque session du club répond à un thème différent. Les premiers thèmes ont été choisis en fonction des livres qui sont les plus demandés. La toute première réunion du club « sujets de société » sera consacré aux faits-divers.

Dans la médiathèque André Malraux, deux clubs de lecture sont organisés : le club des lecteurs et « Pile à lire ».Photo : © Jeanne-Esther Eichenlaub

Marche et soirée pour l’Ukraine dimanche 24 août à Strasbourg

Marche et soirée pour l’Ukraine dimanche 24 août à Strasbourg
Lors d’une manifestation contre l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

L’association PromoUkraïna et le Mouvement européen Alsace se mobilisent dimanche 24 août à Strasbourg pour célébrer l’indépendance de l’Ukraine.

Alors que les discussions sur le futur de l’Ukraine se déroulent entre le président des États-Unis et celui de la Fédération de Russie, l’association PromoUkraïna et le Mouvement européen Alsace choisissent de célébrer l’indépendance du pays, dimanche 24 août à Strasbourg.

À 16h30, un rassemblement est prévu sur la terrasse du Palais Rohan. Une marche doit suivre en direction du Conseil de l’Europe à l’Orangerie, en passant par le quai des Bateliers, la place Brandt, le quai du Maire-Dietrich et l’allée de la Robertsau. L’objectif est de dénoncer l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

À 18h, changement d’ambiance. Les participants sont invités à Pourtalès – plage où un concert est prévu. L’entrée est payante (10€ par adulte, 3€ par enfant) afin de participer au financement de véhicules d’évacuation médicale pour l’Ukraine. Des dons peuvent également être adressées en ligne.

Des « lieux refuges » pour les victimes des violences sexistes et sexuelles à Strasbourg

Des « lieux refuges » pour les victimes des violences sexistes et sexuelles à Strasbourg
Manifestation à Strasbourg à l’occasion de la journée des droits des femmes le 8 mars 2024.

Toilettes publiques, médiathèques, mairies de quartier… Dès la rentrée 2025, la Ville de Strasbourg mettra en place des « lieux refuges » afin d’accueillir et d’accompagner les victimes de violences sexistes et sexuelles.

« À un moment donné, on doit pouvoir marcher dans la rue sans être sifflé comme un chien », lâche Nadia Zourgui. Vendredi 22 août, l’adjointe à la maire de Strasbourg en charge de la sécurité a annoncé la création de « lieux refuges » pour accueillir les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS). Dans certains bâtiments de la collectivité, des agents et agentes volontaires – personnels de mairie de quartier, des toilettes publiques, des piscines ou de la petite enfance par exemple – auront été formés par le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) pour accompagner les victimes qui viendraient demander de l’aide.

« On doit insuffler les premiers réflexes une fois l’aide demandée par une victime de VSS pour ensuite déléguer la prise en charge à des personnes compétentes, comme des associations spécialisées ou les forces de l’ordre », précise Nadia Zourgui. Les premiers « lieux refuges » pourraient exister, selon l’élue, à la fin de l’année 2025 et identifiables grâce à des visuels, encore en cours de création. L’ambition à terme est d’élargir ces refuges à « tous les équipements de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg ».

Sensibiliser et accompagner

Dix-huit agents issus de dix directions différentes de la Ville ont déjà suivi une première session de formation. « Tout le monde devrait être capable d’entendre et d’écouter une victime », détaille Anna Matteoli, directrice du CIDFF 67 :

« Jusqu’ici, nos formations ciblaient surtout les gendarmes, les policiers et les associations. Étendre ce savoir-faire aux agents de la collectivité est indispensable, mais montre bien que notre société n’est pas encore assez sensibilisée à ces questions de violences de genre. »

Céline, policière municipale est venue témoigner de sa formation lors de la conférence de presse

Pour Céline, policière municipale en unité cycliste et ayant participé à cette formation, cette formation a été essentielle :

« Dans notre travail, on connaît surtout le côté réglementaire. Mais on ne sait pas forcément comment s’adresser à une victime. Et du côté des auteurs présumés, beaucoup ne sont même pas conscients que leurs propos ou leurs gestes sont répréhensibles. Il faut aussi leur apprendre ce qu’est une violence sexiste ou sexuelle.  »

Ces formations ont en outre été proposées aux médiateurs de tranquillité publique, qui interviennent notamment dans les piscines municipales, les parcs et dans les transports publics.

Combler un vide dans les formations

Face au manque de formation à la prise en compte des VSS, la Ville a lancé un plan d’action pour former ses agents de police municipaux et a engagé la formation de ses élus. Ces derniers ont d’abord été formés sur la base du volontariat, avant que la formation ne devienne obligatoire pour tous les conseillers.

« L’élargissement aux agents était une suite logique », souligne Nadia Zourgui qui déplore :

« Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) ne propose pas de modules sur les VSS. Résultat : nous formons les agents sur le budget de la direction de la sécurité mais à terme, j’espère que ces formations pourront être financées par le budget formation des ressources humaines de la Ville. »

Le Wagon Souk menacé de fermeture administrative

Le Wagon Souk menacé de fermeture administrative

En juillet et en août, plusieurs services de l’État ont mené des contrôles au Wagon Souk. La préfecture du Bas-Rhin envisage une fermeture administrative du tiers lieu strasbourgeois.

En début de soirée vendredi 18 juillet, la sous-préfète Cécile Rackette s’est rendue au Wagon Souk. Mais elle n’a pas fait le déplacement pour la soirée psy trans. Également directrice de cabinet du préfet du Bas-Rhin Jacques Witkowski, elle menait une opération de contrôle du tiers lieu par plusieurs services de l’État : la police nationale, les douanes, la protection des populations (DDPP), l’Urssaf… Au total, plus d’une vingtaine d’agents étaient présents, dont une majorité de policiers et un inspecteur du travail. Selon nos informations, plusieurs infractions ont été constatées et pourraient mener à une fermeture administrative de l’établissement.

Saisie d’alcool et soupçons de travail dissimulé

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Georges, juif et arabe, soigne les haines passées et à venir

Georges, juif et arabe, soigne les haines passées et à venir

Quelques heures dans la vie de Georges Yoram Federmann, révolté du sort fait aux plus vulnérables, exilés, toxicomanes et autres sans-abris. En traversant la ville, le psychiatre juif et arabe raconte Strasbourg et les innombrables combats qu’il y a menés.

Si vous ne connaissez pas son nom, vous connaissez peut-être son chapeau. Georges Yoram Federmann porte souvent le judenhut, une coiffe en laine surmontée d’une tige. Le psychiatre juif et arabe rend ainsi hommage aux juifs persécutés tout au long du Moyen-Âge à Strasbourg, contraints de porter ce couvre-chef. Il suffit de suivre cet infatigable militant à vélo pour saisir l’autre intérêt de ce choix vestimentaire : il suscite des réactions, des interrogations. Il n’en faut pas plus au plus grand commentateur d’articles de l’histoire de Rue89 Strasbourg pour informer le passant curieux à propos du Pogrom de Strasbourg, durant lequel 2 000 personnes juives ont été brulées vives le 14 février 1349.

« Nous tenons à vous montrer que vous n’êtes pas seuls face à cette situation honteuse. Good luck to everybody. Salam. »

Georges Yoram Federmann, face à la file d’attente devant la préfecture

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Jeanne Barseghian appelle les militants écolos à ne pas « intérioriser la défaite »

Jeanne Barseghian appelle les militants écolos à ne pas « intérioriser la défaite »
Jeanne Barseghian devant les militants écologistes de France.

En clôture d’une séance plénière des journées d’été des Ecologistes sur les élections municipales, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian a exhorté les militants et élus du mouvement à ne pas céder au « backlash réactionnaire. »

« Strasbourg est la ville où on prescrit du sport et des légumes bio« , a lancé jeudi 21 août Jeanne Barseghian, maire (Les Ecologistes) de Strasbourg. Applaudissements nourris dans l’amphithéâtre d’un bâtiment de l’Université de Strasbourg, rempli de militants et d’élus écologistes venus s’informer sur les élections municipales à l’occasion de leurs journées d’été.

Quelque peu secoués par les nombreux reculs dans les politiques environnementales des gouvernements macronistes, parfois désarçonnés par les virulentes critiques exprimées sur les réseaux sociaux, les militants écolos de France présents à Strasbourg jusqu’au samedi 23 août avaient bien besoin de quelques éléments motivants.

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Timides mesures face à la crise du logement étudiant à Strasbourg

Timides mesures face à la crise du logement étudiant à Strasbourg
L’Esplanade est un quartier populaire, avec des logements sociaux et étudiants. (Photo TV / Rue89 Strasbourg / cc)

À Strasbourg, des milliers d’étudiants peinent chaque année à se loger, concurrencés par l’industrie touristique. La municipalité cofinance des logements étudiants, tente de limiter la création de résidences secondaires et soutient quelques initiatives solidaires.

Entre un mur décrépit orange et des néons jaunes vacillants, Suzanne Brolly, adjointe à la maire de Strasbourg, a présenté mercredi 20 août lors d’une conférence de presse, un projet de résidence étudiante. Rue du Général-Picquart dans le quartier de l’Esplanade, ce bâtiment désaffecté doit être transformé d’ici 2028 en 148 logements.

La collectivité soutient en outre la création d’une nouvelle résidence étudiante de 500 places sur la place d’Islande à hauteur de 4 millions d’euros. Entre 2022 et 2024, 265 nouveaux logements étudiants ont été agréés.

Mais ces nouveaux équipements ne résoudront pas la crise qui se répète chaque année. Des milliers d’étudiants se retrouvent sans solution, coincés entre une offre de logements insuffisante et des loyers parmi les plus élevés du marché. Suzanne Brolly reconnaît que le logement étudiant reste l’un des « chantiers sociaux majeurs » de la municipalité.

Une hausse des étudiants modestes

À la rentrée 2023, près de 68 000 étudiants étaient inscrits à Strasbourg, un chiffre en progression constante, 12 % depuis 2015. Mais l’Observatoire territorial du logement étudiant (OTLE), créé par les agences d’urbanisme de Strasbourg (Adeus) et Mulhouse (Afut), rappelle que 24% de ces étudiants sont boursiers. S’ajoute à cela 20 %, d’étudiants internationaux, contre seulement 13 % en moyenne nationale, souvent plus exposés à la précarité et n’ayant pas accès aux bourses de l’État.

Face à cette demande croissante, Strasbourg ne dispose que de 11 600 places en résidences étudiantes. Le reste des étudiants doit se tourner vers le parc privé, où « il faut compter un loyer compris entre 600 et 800 euros par mois, voire davantage », détaille l’OTLE. En comparaison, un logement en résidence Crous commence autour de 400 euros pour les loyers les plus bas. À la rentrée 2023, 4 748 logements ont été libérés, demandés par plus de 10 200 étudiants…

Encadrer les « meublés touristiques »

À Strasbourg, la municipalité cherche à empêcher la prolifération des logements transformés en « meublés touristiques », type Airbnb, qui réduisent l’offre disponible pour les habitants et les étudiants. Pour y parvenir, la Ville a modifié le règlement municipal, pour notamment obliger les propriétaires à proposer un logement pour tout meublé de tourisme créé. Ensuite, l’application de la loi Le Meur, votée en 2024, permet d’empêcher la création de résidences secondaires dans certains secteurs.

Cette décision répond aussi à une situation paradoxale : « Aujourd’hui, à Strasbourg, les plus petits logements coûtent parfois plus cher au mètre carré que les grands, car ils sont prisés par les propriétaires car plus rentables que les locations résidentielles », souligne Mathilde Huault, de l’Observatoire du logement étudiant.

Suzanne Brolly de son côté, attend des mesures de l’État :

« Il faut qu’il y ait un effort du côté du ministère de l’Économie et des Finances pour que la règlementation fiscale ne favorise plus les meublés de tourisme au détriment des logements. »

Des outils d’aides et subventions

Depuis 2021, plusieurs outils facilitent la recherche d’un logement étudiant à Strasbourg. Sur le site « Strasbourg aime ses étudiants », une page recense des offres et oriente vers les aides existantes. Une carte de l’OTLE permet de localiser l’ensemble des résidences étudiantes de l’Eurométropole. Le site de la Maison de l’habitat rassemble des informations pratiques et des conseils pour mieux s’orienter dans le parcours locatif.

La collectivité soutient des alternatives solidaires, 32 000€ pour les « colocs’ solidaires Kaps », permettant à des jeunes de vivre en colocation à moindre coût tout en s’impliquant auprès des habitants des quartiers populaires, et 15 000€ pour le dispositif d’hébergement d’urgence de l’Association des étudiants de Strasbourg (Afges).

En Alsace, deux fêtes populaires quittent le label financé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin

En Alsace, deux fêtes populaires quittent le label financé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin
Édouard Faller, organisateur de la Heimetfescht de Sélestat, dit ne pas se sentir concerné par la polémique autour du label « les plus belles fêtes de France »

Le marché de Noël d’Obernai et le carnaval de Mulhouse ont pris leur distance avec le label « les plus belles fêtes de France », financé en partie par le milliardaire d’extrême-droite Pierre-Édouard Stérin.

Des fêtes locales financées par un milliardaire qui rêve de voir le Rassemblement National arriver au pouvoir en 2027. Grâce à une enquête au long cours sur les investissements de Pierre-Edouard Stérin, le journal L’Humanité a révélé son financement d’événements locaux partout en France. L’homme derrière le projet Périclès (acronyme de « Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes ») est entré en juin 2025 au capital du prestataire Studio 496 (nom renvoyant au baptême de Clovis). Cette société coordonne l’action du label « les plus belles fêtes de France ». Par ailleurs, le label est aussi financé par le biais du « fond du Bien commun », créé par Pierre Edouard Stérin.

Un risque de récupération

De Lehengo Hazparne au Pays basque à la fête des boeufs gras en Gironde en passant par la fête des Islandais et des Terre-Neuvas en Bretagne… Suite aux révélations de l’Humanité, plusieurs événements locaux ont fait le choix de couper leurs liens avec le label. Le 13 août, la fédération des fêtes et festivals de culture bretonne appellait au boycott du label face au risque de récupération :

« Ce label offre certes un soutien financier et une visibilité non négligeable en cette période compliquée pour les fêtes, mais ce lien avec l’extrême droite est dangereux. Pour nos fêtes et pour toutes les valeurs qu’elles défendent. »

Retrait du calendrier

Sur le site des « plus belles fêtes de France » figurent trois fêtes alsaciennes : le marché de Noël d’Obernai, la Heimetfescht de Sélestat et le carnaval de Mulhouse. Jean-Marc Sprenger, président du comité d’organisation du carnaval de Mulhouse, nie tout lien avec le label :

« En septembre, nous allons envoyer un courrier demandant d’être retiré du calendrier de l’association. Nous ne faisons pas de politique. »

Les organisateurs du marché de Noël d’Obernai et de la Heimetfescht de Sélestat ont bien postulé au label au printemps 2025. Ces événements ont obtenu la labellisation en juin.

« La Heimetfescht est neutre »

Édouard Faller, président de l’association de commerçants « Les vitrines de Sélestat », organise la Heimetfescht depuis trois ans. Pour lui, le label « les plus belles fêtes de France » est avant tout un moyen de gagner en « visibilité ». Il lui permettra aussi de toucher 3 000 euros de subvention pour l’édition 2026 dont le budget total est de 20 000 euros, sans subvention municipale. Le 18 août, la mairie de Sélestat a d’ailleurs diffusé un communiqué de presse démentant tout lien avec le label.

Le restaurateur, qui se présente sans étiquette aux élections municipales de Sélestat, a été surpris en apprenant la polémique autour du label :

« L’association « Les plus belles fêtes de France » a un partenariat avec Michelin, plusieurs prix ont été remis par Stéphane Bern… Pour nous, c’était une occasion de promouvoir les traditions et la culture alsacienne. Mais s’il s’avère que le label a des motivations politiques, il est hors de question que l’on reste liés. La Heimetfescht est neutre. »

Les organisateurs temporisent

Édouard Faller, qui se dit « à moitié de gauche, à moitié de droite », ne se sent pas concerné par la polémique :

« Pour moi, les organisateurs de fêtes sont au bout de la chaîne, pas au cœur du sujet. C’est fatigant de devoir essuyer des critiques lorsqu’on organise un évènement bénévolement, dans un contexte de misère commerçante. On a battu le nombre de liquidations judiciaires en 2024. On devrait plutôt encourager les efforts des commerçants pour animer le centre-ville. »

L’organisateur de l’Heimetfescht ne se retire donc pas du label pour le moment. Pourtant, ses voisins d’Obernai ont suivi la vague de désistement du label, et ce dès le 8 août, selon une information des Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA). Jacques Breton, président de l’office de tourisme d’Obernai, explique aux DNA :

« On leur a expliqué qu’on ne marche pas dans les combines du RN, de Stérin et de Ciotti. Et que s’ils étaient honnêtes, il nous aurait présentés tout ça. […] Ça correspond au souhait de Stérin que le RN gagne des villes de 10 000 à 20 000 habitants. »

Un label « apolitique » ?

Dans un communiqué de presse diffusé le 7 août, le label « les plus belles fêtes de France » affirme son indépendance au milliardaire d’extrême-droite :

« M. Stérin n’est pas membre de l’association, et l’association ne lui rend aucun compte. Quant à l’entreprise Studio 496, il s’agit d’un prestataire de l’association parmi d’autres, qui ne possède pas de droit de vote dans l’association. Le simple fait de parler de M. Stérin et de ses idées politise ce qui ne l’était pas. Nous sommes donc victimes d’attaques mensongères et militantes. »

Des liens plus profonds existent pourtant entre le label et Studio 496. Le journal Le Monde a ainsi précisé la présence de plusieurs personnes à la fois du côté de l’association gestionnaire du label et du côté du prestaire Studio 496. Entre autres exemples, Thomas Meslin est cofondateur de l’association « Les plus belles fêtes de France » et directeur de développement de la société Studio 496.

De son côté, Pierre-Édouard Stérin multiplie les investissements médiatiques et culturels qui promeuvent une vision nationaliste et conservatrice de la France : financement des médias en ligne Néo et Cerfia, organisation d’un « mini Puy-du-Fou » à Moulins, achat du « Canon français », une société qui organise de gigantesque banquets… Autant de financements d’un milliardaire qui exprime clairement ses objectifs racistes, comme en témoigne une intervention révélée par Mediapart au cours d’une conférence organisée par des catholiques intégristes mi-juin 2025 : Pierre-Édouard Stérin y a affirmé que « son action prioritaire en France » était de stimuler une politique nataliste chrétienne et « de souche européenne ».

Les Écologistes s’arment à Strasbourg pour les élections municipales

Les Écologistes s’arment à Strasbourg pour les élections municipales
Marine Tondelier, entourée par Jeanne Barseghian et Jacques Fernique, s’attend à une rentrée politique agitée.

Le parti Les Écologistes tient de jeudi 21 à samedi 23 août ses « journées d’été » dans l’enceinte du campus central de l’Université de Strasbourg. Plusieurs conférences, ateliers et séances plénières doivent préparer militants et élus à la bataille des élections municipales mais aussi à l’élection présidentielle.

Les divisions de la gauche, Marine Tondelier ne veut plus en entendre parler. La secrétaire nationale de Les Écologistes, appelle ça « la Comedia dell’Arte ». « Nous sommes face à un double péril mortel : la crise climatique et le fascisme aux portes du pouvoir », dit-elle devant quelques journalistes à Strasbourg, en amorce des journées d’été du parti écologiste. « On voit ce qu’il s’est passé aux États-Unis par exemple, continue l’élue écologiste, alors même si nous pouvons avoir des désaccords, nos pires ennemis ne sont pas parmi les forces progressistes. »

Les Écologistes invitent d’ailleurs jeudi à 13h l’historien Johann Chapoutot, qui a démontré dans son dernier ouvrage, Les Irresponsables, que le fascisme était arrivé au pouvoir en Allemagne dans les années 30 avec l’aide des élites de l’époque. « Nous les écologistes, nous ne tergiverserons jamais avec l’extrême droite », a martelé Marine Tondelier qui a rappelé que le mouvement qu’elle dirige participera à une candidature commune de la gauche à l’élection présidentielle de 2027. « Peu importent les modalités pratiques, nous n’avons pas de “lignes rouges” mais quand nous en serons à proposer des candidats, nous aurons quelqu’un et le programme qui ira avec », a-t-elle évoqué. Marine Tondelier précise que « toute la gauche » sera présente à ces journées d’été dont le Parti socialiste avec leur premier secrétaire Olivier Faure, La France insoumise avec la députée Alma Dufour…

En 2026, « protéger et résister »

Mais avant cela, les Écologistes doivent aussi préparer les élections municipales de mars 2026. Avec plusieurs grandes villes remportées à la surprise générale en 2020, l’enjeu pour le parti est désormais de les garder. « Nous organisons ces journées d’été dans une ville écologiste, a précisé Marine Tondelier, pour montrer aux militants que ça marche, que les écolos au pouvoir changent la ville et donc changent la vie ». Une séance plénière intitulée « Cap sur 2026, pour protéger et résister » avec la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, le chef de file des écolos à Paris, David Belliard et d’autres maires écologistes est programmée jeudi 21 août à 11h.

Marine Tondelier estime que les collectivités territoriales pourraient s’engager pour contrer le centralisme parisien et s’emparer de sujets comme la solitude. « La solitude touche un Français sur quatre et ses effets négatifs sur la santé sont équivalents à la consommation de 15 cigarettes par jour », a-t-elle assuré :

« C’est considérable et on n’en parle jamais ! Pourtant, c’est sur ce genre de sujets que nous pourrions reprendre du terrain à l’extrême droite. »

Et encore avant les élections municipales, les Écologistes s’attendent à une rentrée agitée. D’abord, Marine Tondelier assure que son parti soutiendra le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre ainsi que les mouvements sociaux annoncés par les syndicats. En outre, les députés écologistes voteront la censure du gouvernement Bayrou à la première occasion : « Il n’y a rien dans leur action qui pourraient nous dissuader de voter contre la censure », a-t-elle déploré.

#Marine Tondelier

Mis à l’écart en 2023, un professeur du conservatoire retrouve ses élèves

Mis à l’écart en 2023, un professeur du conservatoire retrouve ses élèves
La cité de la musique abrite l’école conservatoire de Strasbourg.

Après des alertes de parents sur des « comportements inappropriés » et un conseil de discipline, le professeur de trombone Thierry S. du conservatoire de Strasbourg avait été suspendu en 2023. À la rentrée 2025, il retrouvera sa classe vingt heures par semaine.

« C’est complètement hallucinant. » Fin juillet, la mère d’une élève du conservatoire de musique de Strasbourg a du mal à intégrer l’information qui lui a été transmise par le directeur de l’établissement. Ce dernier l’a prévenue qu’à la rentrée 2025, le professeur de trombone de sa fille, Thierry S., sera de nouveau chargé d’enseigner l’instrument à des mineurs de l’école de musique. Ce dernier dénonce un acharnement de la part de deux familles et de son employeur et assure être capable d’enseigner à nouveau aux enfants.

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Jeanne Barseghian estime avoir lancé 92% des 130 actions du plan climat de Strasbourg

Jeanne Barseghian estime avoir lancé 92% des 130 actions du plan climat de Strasbourg
Jeanne Barseghian estime avoir atteint ses objectifs de transition écologique.

La municipalité écologiste s’est félicitée lundi 18 août des premiers résultats de son « plan climat ». Mais nombre d’actions sont cofinancées par l’Etat et pourraient subir des réductions de budget.

C’est une litanie de chiffres comme la municipalité les apprécie : la part des Strasbourgeois surexposés au dioxyde d’azote est passée de 59% en 2019 à 1% en 2025, -38% d’émissions territoriales de gaz à effets de serre, un tiers de consommation d’énergie en moins par les services municipaux, plus de cinq milliers d’arbres plantés… Lundi 18 août, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Ecologistes) a présenté les « premiers résultats du plan climat » devant la presse, dans l’écrin du parc Schulmeister à la Meinau.

« Ce plan d’actions a été lancé dès le début de notre mandat, lorsque nous avons déclaré “l’état d’urgence climatique” », a rappelé Jeanne Barseghian, élue en juin 2020 et candidate à sa réélection en mars 2026. « Nous en voyons les premiers résultats mais d’autres sont à venir pour les années 2030 à 2050 », a-t-elle précisé.

Le plan climat de la municipalité se décline en 130 actions réparties sur trois axes, « ville engagée et solidaire », « ville résiliente au changement climatique » et « ville exemplaire ». « 92% de ces actions sont mises en œuvre en 2025 », assure Jeanne Barseghian qui rappelle qu’une bonne partie des actions font également partie du plan climat pour 2030 de l’Eurométropole, l’agglomération des 33 communes strasbourgeoises. Parmi ces actions, il y a par exemple l’installation de réseaux de chaleur urbaine ; la végétalisation des cours d’école et la renaturation de 132 000 mètres carrés, dont les 8 km de la route de la forêt du Neuhof ; des critères environnementaux pour les appels d’offres ; la collecte des biodéchets ; la création de réserves pour la biodiversité… La municipalité est restée évasive sur les 8% d’actions qui n’ont pas pu être lancées depuis 2020 mais elle a cité la baignade dans les eaux naturelles.

Révolution administrative

Plus de 157 millions d’euros ont été dépensés durant le mandat pour financer directement ces actions, ce qui porte la part du budget « favorable à l’environnement » de la Ville de Strasbourg à 27%, le double par rapport à 2021. D’une manière générale, la municipalité s’est attachée à embarquer toutes les directions des services administratifs dans la transition écologique, ce qui a nécessité la création d’une nouvelle direction dédiée. « Nous n’avions pas les moyens de mesurer nos consommations ni nos progrès », précise Marc Hoffsess, adjoint à la maire, en charge du pilotage du plan climat qui rappelle que les énergies fossiles fournissent 85% de la consommation municipale.

Ces orientations ont provoqué une nette augmentation de la masse salariale des services administratifs, vivement critiquée par l’opposition tout au long du mandat. « Je rappelle à ceux qui nous accusent de trop dépenser que si nous n’investissons pas maintenant, nous laisserons une dette écologique et sociale à nos enfants », a répété comme à chaque conseil municipal Syamak Agha-Babaei, premier adjoint à la maire, en charge des finances.

Une vue du parc Schulmeister. La municipalité revendique la création de trois nouveaux parcs urbains.

Des actions menacées

La municipalité s’enorgueillit d’avoir atteint en 2024 le niveau « 5 étoiles » de la certification des collectivités engagées pour la transition écologique de l’Ademe. Strasbourg n’avait que « 4 étoiles » en 2021 parce qu’il fallait notamment un… plan climat pour progresser. Mais Jeanne Barseghian rappelle que ce partenariat avec l’Etat est fragile :

« Les végétalisations des cours d’école étaient en partie financées par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et elle nous a avertis que les crédits ne seraient plus disponibles pour les écoles qui restent à transformer. Les rénovations thermiques des logements dépendent du dispositif de l’Etat Ma Prime Rénov et bien que l’Agence du climat ait enregistré quatre fois plus de demandes, les financements sont remis en cause… Nous sommes inquiets : alors que nous sommes en retard sur les investissements nécessaires, il est question de ralentir… »

Reste que ces efforts sont encore bien timides, surtout si l’objectif est de garder Strasbourg vivable en 2050, avec un scénario de réchauffement global de +4°C. La municipalité ne l’a pas évoqué lundi, mais l’annulation de la requalification de tout un pan de Strasbourg et de Schiltigheim à l’occasion de l’extension du tramway pèsera lourd sur les objectifs de réduction des émissions de gaz carbonique.

« On est traumatisés », un collectif d’habitants emmène le bailleur social Domial devant la justice

« On est traumatisés », un collectif d’habitants emmène le bailleur social Domial devant la justice
Une partie des dégâts constatés par les locataires de Domial.

Amiante exposée, interruptions quotidiennes d’ouvriers, dégâts dans les appartements… À Strasbourg, des locataires ont assigné en justice le bailleur social Domial après deux années de travaux catastrophiques. Ils réclament réparation pour les désagréments subis et le préjudice moral.

Au croisement des rues de Berne et de Genève à Strasbourg, un long bâtiment angulaire s’étale sur plusieurs dizaines de mètres. Derrière ses façades blanches fraîchement rénovées, le quotidien des habitants s’est brusquement détérioré en 2023. « Quand on regarde de loin, c’est tout beau, tout neuf… Mais les travaux ont été un véritable enfer pour nous », souffle Céline, locataire du numéro 6.

Elle s’interrompt, puis se lève pour ouvrir une armoire. Elle en sort un large dossier jaune, le pose sur la table. À l’intérieur, des dizaines de courriels et de lettres adressés au bailleur social Domial, propriétaire de l’immeuble : des photos, des comptes rendus de conciliations, un inventaire précis de malfaçons et de désagréments vécu pendant les travaux de réhabilitation du bâtiment. En tournant les pages, elle s’arrête parfois. Des mois de travaux, des mois de galères pour des travaux qui se sont prolongés jusqu’en 2025, selon Domial.

Le 12 septembre, ils seront une dizaine de locataires à se tenir face à Domial devant un juge des contentieux du tribunal de Strasbourg. Il ne s’agira plus de parler travaux mais de demander réparation pour ce qu’ils estiment avoir enduré pendant des mois. Des dégâts, des finitions laissées en plan, mais surtout un préjudice moral. Ils réclament 4 500 euros chacun en compensation.

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#Domial

Plus de 50 spectacles engagés et face au public au FARSe du 28 au 31 août

Plus de 50 spectacles engagés et face au public au FARSe du 28 au 31 août
La compagnie Les filles du renard pâle sera présente avec son spectacle « roue giratoire », le samedi 30 et dimanche 31 août à l’espace vert du Cardo à Strasbourg

Le Festival des arts de la rue de Strasbourg (FARSe) célèbre ses dix ans du jeudi 28 au dimanche 31 août à Strasbourg avec une édition festive et engagée. Spectacles de rue, cirque, danse et théâtre investissent l’espace public pour quatre jours de fête.

Le FARSe, festival des arts de la rue financé par la Ville de Strasbourg, est programmé du jeudi 28 au dimanche 31 août. Repoussé de quelques jours par rapport aux années précédentes, le festival célébrera en 2025 ses dix ans d’existence.

« Cet esprit de festivité, c’est aussi l’envie de faire revivre la joie de se rassembler, autour de spectacles dans l’espace public strasbourgeois », résume Axel Goepfer, directeur artistique de l’événement. Cirque, théâtre, danse, acrobaties… Plus de 50 représentations sont prévues sur quatre jours, portées par une vingtaine de compagnies régionales et nationales.

Le village du FARSe fait peau neuve

Le village du FARSe sera installé dans la cour de la Manufacture des tabacs pendant toute la durée du festival comme en 2024. Animé par l’association Pelpass, des DJ sets et des jeux prolongeront l’esprit festif, chaque jour, de midi à minuit.

Un espace d’exposition invitera à revivre une décennie de souvenirs. Trois photographes fidèles du FARSe ont sélectionné leurs plus beaux clichés pour retracer l’histoire et l’évolution de ce rendez-vous de l’été strasbourgeois.

Autre nouveauté, des rencontres publiques seront organisées, dont deux au sein même du village. « On voulait aller plus loin et créer un échange entre le public et les artistes. Ces rencontres permettront de questionner ce qu’on voit, mais aussi d’entendre les artistes raconter comment le spectacle est né », indique Axel Goepfer.

Pour se repérer dans la foisonnante programmation, les organisateurs ont imaginé des parcours « clefs en main ». Des itinéraires adaptés aux publics « festif » et « familial » visent à limiter les déplacements tout en permettant de découvrir un maximum de spectacles.

Le retour des coups de cœur

Pour ouvrir cette édition anniversaire, le FARSe remet à l’affiche Sodade créé par la compagnie Minuit, coup de cœur de 2017. Ce spectacle qui mêle funambulisme et musique interprétée, a été sélectionné par un comité proche de l’événement. « Ce qui avait marqué, c’était l’émotion collective, le fait de vivre une œuvre tous ensemble, dans une foule », souligne Axel Goepfer, directeur artistique. Sodade sera présenté jeudi 28 août à 21h, puis à nouveau le vendredi 29 au même horaire, place Grimmeissen à la Petite France.

Bande annonce de Sodade, du cirque Rouages.

Une « déambulation festive » doit marquer le lancement du FARSe jeudi soir, juste avant la première représentation. La fanfare Hurluberlus, portée par la compagnie La Chose Publique, emmènera le public depuis le centre-ville jusqu’au lieu du spectacle.

Autre moment fort du week-end : la grande soirée anniversaire, samedi 30 août, sur la place Kléber. La compagnie Gratte-Ciel, déjà marquante en 2022 avec Place des Anges, revient avec une nouvelle création aérienne en grand format. Le spectacle sera suivi d’un concert du groupe LGMX, qui se définit comme un « brass band électro-pop ».

La rue devient féministe

Le FARSe donne aussi de la voix aux artistes engagés, et notamment à celles et ceux qui interrogent la place des femmes dans nos sociétés. La compagnie Détachement international Muerto Coco présentera Pour en finir avec l’origine du monde, un spectacle autour de la parentalité. Un moment à découvrir les vendredi 29 et samedi 30 août à 17h, à l’espace vert du Cardo durant lequel les autrices Raphaëlle Bouvier et Charlotte Perrin de Boussac y rassemblent des témoignages de femmes et d’hommes pour questionner le choix, ou non, d’avoir des enfants.

« L’espace public est un lieu d’origine, accessible et populaire. C’est là qu’on se rassemble pour faire entendre une parole. C’est important que le festival y propose des spectacles engagés, c’est une des forces des arts de la rue depuis toujours », explique Axel Goepfel

Bande annonce de Pour en finir avec l’origine du monde.

Parmi les propositions les plus engagées de cette édition, la compagnie Notre Insouciance arrive avec Jouir, un spectacle qui met en lumière un sujet encore trop souvent passé sous silence : le plaisir féminin. Entre stand-up et cabaret musical, la mise en scène mêle humour, poésie et délicatesse de ton pour créer un espace de parole sans tabou autour de la sexualité.

« C’est un sujet peu traité dans les spectacles que j’ai pu voir, dans mon expérience de femme. La jouissance c’est souvent abordé de manière précieuse et sensible, on ne n’y reconnait pas toujours », explique Juliette Hecquet, metteuse en scène de la pièce. Un spectacle né d’un manque mais également possible grâce au fait que la rue soit un espace ouvert au public selon elle :

« Dans la foule, il y a cet aspect de non pudeur, et on veut aussi jouer dessus en incluant le public. L’art de rue est forcément engagé. Quand on parle de jouissance, il y a des femmes et des hommes en plateau. L’idée est de pouvoir se reconnaître dans les parcours et de se dire qu’il y a plein de manière d’être la norme en sexualité. »

Le spectacle sera présenté samedi 30 août à 18h30 et dimanche 31 août à 16h, place Saint-Pierre-le-Jeune.

Pour pouvoir polluer autant que le reste de l’Europe, la FDSEA prête à « vider les rayons » des commerces

Pour pouvoir polluer autant que le reste de l’Europe, la FDSEA prête à « vider les rayons » des commerces
Un champ en Alsace.

La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont annoncé se mobiliser contre la censure de la loi Duplomb à partir du 20 août dans les supermarchés (la liste a été ajoutée en fin d’article). Ils estiment avoir le droit d’utiliser les mêmes pesticides que leurs voisins européens.

Jeudi 14 août, les représentants de la FDSEA 67, Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Bas-Rhin, ainsi que les Jeunes Agriculteurs (JA), ont dénoncé devant des journalistes à la Chambre d’agriculture à Schiltigheim ce qu’ils qualifient « d’hypocrisie » de la part du gouvernement et des citoyens français. Ils prévoient une série d’actions dans des supermarchés à partir du 20 août.

Objet de l’ire des représentants des agriculteurs productivistes, la censure par le conseil constitutionnel de l’article 2 de la loi Duplomb qui réautorisait l’usage de trois molécules dans les cultures : l’acétamipride, le sulfoxaflor et le flupyradifurone. Les sages ont jugé l’article contraire à la Charte de l’environnement adoptée en 2004 et ayant valeur constitutionnelle. L’acétamipride, une forme de néonicotinoïde, est notamment soupçonnée de freiner le développement du cerveau.

Promulguée le 12 août par le président de la République Emmanuel Macron malgré une pétition de deux millions de signatures demandant son retrait, la loi Duplomb promet de « lever les contraintes » pesant sur le métier d’agriculteur. Mais sans l’article 2, la FDSEA et les JA crient à l’injustice : les molécules interdites en France sont autorisées dans d’autres pays de l’Union européenne et selon eux, la pétition et son traitement médiatique ont alimenté une forme de « désinformation ».

Pas interdit, pas dangereux ?

Interpelés sur les dangers que représentent les insecticides et notamment l’acétamipride, les syndicats ont une réponse toute faite : « Si ce n’est pas interdit, c’est que ce n’est pas dangereux. »

Car si la France a bien interdit la substance en 2018, 26 pays de l’Union Européenne continuent d’autoriser leurs agriculteurs à utiliser de l’acétamipride. Et les produits issus de cette agriculture continuent d’être importés en France. « Pourquoi l’Union européenne et l’État, via l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, NDLR), auraient validé l’acétamipride jusqu’en 2033 si c’était nocif ? », interroge Franck Sander, président de la confédération générale des planteurs de betteraves et ex-président de la FDSEA 67.

À l’évocation des études pointant les effets de l’acétamipride sur la santé humaine ou l’environnement, tels que des problèmes du système nerveux, un risque cancérogène ou encore de fertilité, les représentants majoritaires des agriculteurs semblent peu préoccupés : « Ce n’est pas la question du jour », « je ne suis pas médecin ou scientifique. »

Dans un rapport de mai 2024, l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a reconnu « des incertitudes majeures dans l’éventail des preuves de toxicité neurodéveloppementale de l’acétamipride » (toxicité pour la construction du cerveau) et indiqué attendre des données supplémentaires pour mieux évaluer ses risques. L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) alerte également sur sa toxicité pour les pollinisateurs, essentiels pour les cultures par ailleurs.

Toujours pas de solution pour la betterave

Selon Franck Sander, dans le cas de la betterave, l’acétamipride reste « la seule solution réellement efficace contre la jaunisse ». L’insecticide interdit en 2018 avait bénéficié d’une dérogation entre 2020 et 2023 pour lutter contre une épidémie de cette maladie qui menaçait les rendements des betteraviers français et alsaciens. En 2025, le problème de la jaunisse persiste : « Cette année, il n’y a pas une région de France où il n’y a pas la jaunisse », affirme-t-il, déplorant « 30% de rendement en moins » pour les betteraviers.

L’Inrae a pourtant proposé aux agriculteurs des alternatives pour se passer de ce pesticide. Mais selon l’ex-président de la FDSEA du Bas-Rhin, les expérimentations sur le terrain n’ont montré « aucun effet concluant » et les solutions testées se sont révélées non viables :

« En 2020, dans le cadre du programme national de recherche et d’innovation, on nous a conseillé de planter des haies autour de parcelles de moins de cinq hectares pour favoriser la présence de coccinelles, censées réguler les pucerons. Mais cela ne fonctionnait qu’à moitié. »

En 2021, l’Anses a identifié quatre alternatives immédiatement mobilisables : deux insecticides, le flonicamide et le spirotétramate, ainsi que deux pratiques agricoles, le paillage et la fertilisation organique. « Le spirotétramate ne sera plus autorisé dès 2026 et le flonicamide ne peut être appliqué qu’une seule fois dans l’année », souligne Franck Sander. Quant au paillage, il le juge irréaliste :

« Techniquement, il faudrait des millions de tonnes de paille pour couvrir nos champs. Même si c’était faisable, le coût serait équivalent à la valeur totale de notre production de betteraves. »

« Vider les rayons »

Dans une lettre envoyée jeudi 14 août aux différentes enseignes de grande distribution du département, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs demandent le retrait des rayons d’une liste de produits pouvant contenir des traces des insecticides que la loi Duplomb voulait initialement réintroduire. Dès mercredi 20 août, ils se rendront dans les commerces et magasins de bricolage pour vérifier la mise en œuvre de cette demande. À défaut, ils indiquent être prêts à aller « jusqu’à vider les rayons » eux-même si nécessaire.

Parmi les produits visés : noisettes, kiwis, poires, certaines préparations alimentaires, ainsi que des insecticides et anti-tiques. L’objectif de leur mobilisation est de provoquer « une prise de conscience » sur la présence de ces trois substances dans de nombreux aliments vendus en France malgré leur interdiction aux agriculteurs français.

Philippe parle alsacien à ses enfants, pour « sauvegarder toute une culture »

Philippe parle alsacien à ses enfants, pour « sauvegarder toute une culture »

Philippe Gillig a choisi d’apprendre la langue alsacienne puis de la transmettre à ses enfants. Un combat qu’il ne lâchera pas contre le recul de l’alsacien qu’il qualifie « d’ethnocide ».

Dans une maison d’Eckbolsheim, Philippe Gillig, 43 ans, est en pleine discussion avec ses enfants, mercredi 13 août. Alice, « 10 ans et demi » et Marius, « 7 ans et demi », demandent s’ils peuvent aller jouer dehors : « In zehn Minüte kennen ‘r drüsse spiele. » Depuis qu’ils sont nés, Philippe leur parle en alsacien, afin qu’ils comprennent la langue de leurs grands-parents et de leurs ancêtres.

Car malgré deux parents locuteurs, Philippe a bien failli ne jamais parler l’alsacien. « Mes parents passaient au français dès que j’étais dans la pièce », se souvient-il. « Je les entendais rire à gorge déployée en alsacien et quand je leur demandais de me traduire, ils me répondaient que ça n’aurait aucun sens. C’était très frustrant alors à 18 ans, j’ai décidé que je parlerai l’alsacien. »

Malgré des études préparatoires déjà exigeantes, Philippe Gillig s’envoie des manuels d’alsacien, lit des alsatiques, se rend à la Revue de la Choucrouterie et s’attache à participer aux réunions de l’association d’Junge fèr’s elsassiche (AJFE) qui met en relation les jeunes locuteurs. Il exige aussi de ses parents qu’ils lui parlent désormais en alsacien.

Une requête qui plonge ses parents dans « l’incompréhension », indique-t-il :

« Pour eux, l’alsacien était un truc du passé. Il y avait une nette fracture générationnelle, qu’ils entretenaient sciemment. Ils sont nés après la guerre, ont grandi avec l’interdiction de parler alsacien à l’école, on leur a dit toute leur jeunesse que l’alsacien était la langue des ploucs, une sorte d’allemand abâtardi, ce qui est faux. Il y avait des affiches “C’est chic de parler français”… C’était un ethnocide, on a cherché à faire disparaître une culture. Et puis l’alsacien étant une langue germanique, elle était associée aux horreurs du régime nazi. »

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Le président du Souvenir français de Woerth écarté après un discours contre l’extrême-droite

Le président du Souvenir français de Woerth écarté après un discours contre l’extrême-droite
Morsbronn-les-Bains, commémoration du 6 août 1870, un député RN du Bas-Rhin s’est senti visé par le discours antifasciste du président du Souvenir français de Woerth.

Après un discours dénonçant les idées d’extrême-droite, le comité du Souvenir français de Woerth a été « mis en veille » par la direction régionale. Benoît Sigrist, qui a prononcé le discours, est visé par une plainte du député RN Théo Bernhardt auquel l’association est allée jusqu’à présenter des excuses.

« Alors que le XXe siècle semblait avoir touché le fond de l’horreur, […] notre siècle est malheureusement le théâtre d’une nouvelle et inquiétante réapparition d’idées extrémistes. » Ainsi se conclut mercredi 6 août le discours de commémoration de la bataille bataille de Froeschwiller-Woerth en 1870 de Benoît Sigrist, président du comité du Souvenir français de Woerth.

Sur une estrade montée pour l’occasion à Morsbronn-les-Bains, au nord de l’Alsace, Benoît Sigrist se lance dans une tirade contre les « idéologies brunes et nauséabondes (…) d’extrême-droite », en « recherche incessante de boucs émissaires » et qui créent un contexte favorable aux guerres.

Dans le public, le député du Rassemblement national (RN) de la 8e circonscription du Bas-Rhin, Théo Bernhardt, n’apprécie pas. Pour lui, ce discours est une « insulte envers les 13 millions d’électeurs du Rassemblement national ». Il attend la fin de la cérémonie pour confronter Benoît Sigrist en personne. Le lendemain, l’élu de 25 ans annonce dans une vidéo sur les réseaux sociaux qu’il porte plainte pour « diffamation publique ».

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#Souvenir français#Woerth