Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Deux drones pour surveiller le mariage de l’Ami Fritz à Marlenheim

Deux drones pour surveiller le mariage de l’Ami Fritz à Marlenheim
Le mariage de l’Ami Fritz en 2023.

Depuis 1973, la commune de Marlenheim, à l’ouest de Strasbourg, organise une fête traditionnelle célébrant le « mariage de l’Ami Fritz ». Mais pour la première fois jeudi 14 août, cette soirée sera surveillée par deux drones.

Depuis 1973, le village de Marlenheim, près de Wasselonne à l’ouest de Strasbourg, organise le « mariage de l’Ami Fritz », qui retrace une scène du roman du XIXe siècle d’Erckmann-Chatrian. Plusieurs milliers de personnes se retrouvent à cette occasion pour célébrer les traditions alsaciennes, manger des bretzels et des tartes flambées (voir notre reportage en 2018)… L’ambiance est familiale et n’a jamais été assombrie par des vols ni des bagarres. Mais pour la soirée du jeudi 14 août 2025, deux drones seront déployés sur les toits de Marlenheim pour surveiller l’évènement.

Surprise pour le maire

Contacté par téléphone lundi 11 août, le maire de ce village de 4300 habitants, Daniel Fischer, n’avait pas été informé que la préfecture avait autorisé cette mesure de surveillance, malgré une réunion de préparation entre ses services, ceux de la police municipale, de la gendarmerie et de la sous-préfecture plusieurs semaines en amont de l’évènement : « Si ça peut servir à éviter quelque chose, je ne suis pas opposé aux drones. Mais il faut que ce soit utile, je ne souhaite pas être fliqué. »

Selon l’arrêté préfectoral publié le 8 août, le groupement de gendarmerie du Bas-Rhin a demandé le 21 juillet l’autorisation de capter et transmettre des images grâce à deux drones pour « protéger et sécuriser » l’évènement. Pour cinq heures entre jeudi 14 août, 21h et vendredi 15 août, 2h du matin, le préfet du Bas-Rhin a accédé à sa requête.

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Une vélorution samedi 16 août pour dénoncer la famine à Gaza

Une vélorution samedi 16 août pour dénoncer la famine à Gaza
Manifestation en soutien à la Palestine en décembre 2023

Le collectif Palestine 67 appelle à manifester samedi 16 août lors d’une « vélorution » pour dénoncer le massacre de civils et la famine à Gaza. Des départs à pied et à vélo sont prévus en direction de la passerelle Mimram, où une chaîne humaine sera formée en signe de solidarité.

« Les Palestiniens n’ont qu’un choix aujourd’hui : mourir ou s’affamer », déplore Rachida, membre du collectif Palestine 67. Avec ses collègues, ils organisent le samedi 16 août une « vélorution » (une manifestation à vélo) en soutien à la Palestine, afin de dénoncer les exactions de l’armée israélienne contre les civils et la famine organisée sur le territoire.

Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies, près d’un habitant sur trois dans la bande de Gaza passe régulièrement plusieurs jours sans pouvoir se nourrir. « En juillet, plus de 320 000 enfants, soit l’ensemble de la population âgée de moins de cinq ans, sont exposés à un risque de malnutrition aiguë », alerte l’ONU. Parmi eux, des milliers souffrent déjà d’une forme sévère, la plus dangereuse, pouvant entraîner la mort en l’absence de soins rapides et adaptés.

Pas d’occupation du pont de l’Europe

Le collectif Palestine 67 donne rendez-vous à 14h30 place Kléber pour les cyclistes et à 17h au Jardin des Deux-Rives pour les piétons. Tous doivent se rejoindre sur la passerelle Mimram entre Strasbourg et Kehl à 17h30, un lieu choisi pour sa portée symbolique par les organisateurs :

« En Allemagne, il existe une très forte répression contre les manifestations pour la Palestine. Les habitants n’ont pas la même liberté pour dénoncer le génocide en cours dans la bande de Gaza. L’Europe, elle aussi, a sa part de responsabilité, notamment par l’envoi d’armes et par son manque d’entrain à imposer des sanctions à Israël. »

L’appel initial avait choisi le pont de l’Europe pour cette démonstration mais l’occupation de cette voie n’a pas été autorisée par la préfecture du Bas-Rhin.

Le collectif espère être rejoint sur la passerelle par des manifestants allemands afin de former une chaîne humaine. « Nous ne voulons pas nous adresser uniquement aux convaincus. Cette manifestation doit rassembler et toucher un maximum de personnes », souligne Rachida. Avec les vélos, ils espèrent attirer davantage l’attention des curieux sur leur message.

La dernière « Vélorution » a eu lieu le samedi 22 juin 2024

« Une indifférence des responsables politiques »

Mobilisé une première fois en octobre 2023, le mouvement de soutien à la Palestine est présent dans les rues depuis près de deux ans. « Il y a une fatigue qui se fait sentir parmi les manifestants mais nous sommes surtout angoissés et en colère », confie Rachida, également membre du Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine. En l’espace de deux ans, le message reste en substance le même :

« Nous demandons la levée du blocus de Gaza pour permettre l’entrée de l’aide humanitaire, un cessez-le-feu et des sanctions contre le gouvernement israélien. »

Mais sur place, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui se maintient au pouvoir grâce à l’extrême droite, prévoit d’occuper totalement l’enclave palestinienne, provoquant des condamnations internationales et des doutes au sein même de l’armée israélienne. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, l’armée israélienne a déjà fait plus de 60 000 morts, dont près d’un tiers sont des enfants de moins de 18 ans.

Lors d’une des premières manifestations pour la Palestine.

À Strasbourg, l’une des dernières manifestations pour la Palestine avait été interdite de passage dans le quartier du Contades et autour de la grande synagogue. Pour la préfecture, le parcours aurait été susceptible de provoquer « des troubles à l’ordre public entre la mouvance pro-palestinienne et des membres de la communauté juive ».

« Ce n’est pas normal que, dans la République française, il existe des lieux interdits aux manifestations, surtout lorsqu’il est question de dénoncer un génocide », dénonce Rachida. Une décision d’autant plus contestée que, dans ce quartier, se trouve un immeuble où résident également des militants pro-palestiniens visé plusieurs fois par des actes de vandalisme.

Expulsés du camp du Heyritz : « En Afghanistan, il n’y a pas de futur pour ma fille »

Expulsés du camp du Heyritz : « En Afghanistan, il n’y a pas de futur pour ma fille »

Démantelé à l’aube du mardi 12 août, le campement du Heyritz à Strasbourg abritait de nombreuses femmes et enfants ayant fui l’Afghanistan ou la Syrie. La France a accordé l’asile à une partie d’entre elles, qui se retrouvent à la rue le soir même.

Mains dans les poches, Modasser, 10 ans, secoue la tête de droite à gauche quand on lui demande s’il a peur de devoir quitter le camp. Sa mère, assise sur le sol à côté de lui, sourit doucement en voyant la mine courageuse de son fils. « Il ne sait pas vraiment ce qui se passe. Tous les jours, en réalité, il pleure… Le départ d’Afghanistan a été dur pour lui. »

Il est 6 heures du matin, au parc du Heyritz au centre de Strasbourg. Le soleil se lève à peine mais déjà, parmi les quelques 200 personnes présentes, chacun s’affaire à plier ses bagages. Le campement, installé depuis des mois entre les arbres, doit être évacué. Les occupants n’ont appris que la veille au soir qu’ils devraient partir à l’aube, sans trop savoir à quoi s’attendre. « Est-ce que je peux prendre ma tente avec moi ? Je l’ai payée, je ne veux pas la laisser », demande une jeune femme au milieu de la foule. Les bénévoles des associations présentes lui font signe que ce n’est pas possible. Elle devra l’abandonner. Comme tous les effets laissés sur place, la tente sera détruite.

6h30, des dizaines de policiers débarquent. Les journalistes et les associations sont expulsés du campement. Pas d’exception, même les travailleurs sociaux de la Ville de Strasbourg sont escortés à l’extérieur d’un périmètre mis en place pour cacher ce qu’il se passe à l’intérieur du camp. En l’espace de deux heures, les occupants sont dirigés vers cinq bus affrétés par la Ville. Direction les gymnases Branly dans le quartier des Contades, Jean-Fischart à la Meinau, et Jacques-Twinger à Koenigshoffen, où ils espèrent se voir proposer un hébergement.

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Le campement de sans-abris du Heyritz évacué

Le campement de sans-abris du Heyritz évacué
Des policiers CRS ont installé des barrières et expulsé les journalistes et les associations d’aide du camp pendant l’opération de démantèlement.

Après six mois d’existence, le campement du parc du Heyritz a été évacué par la police mardi 12 août. Environ 200 personnes ont été déplacées.

Les quelques 200 personnes sans-abri, dont une soixantaine d’enfants, ayant trouvé refuge dans des tentes, sous les arbres du parc du Heyritz, ont été délogées mardi 12 août au petit matin. Six mois après l’apparition des premières tentes dans cet espace coincé entre des jardins familiaux et un bras de l’Ill, les personnes sans-abri ont été orientées vers des bus. Elles devraient être transportées vers un gymnase où sera étudiée leur situation administrative. Dans le cas où elles n’auraient pas de titre de séjour, elles seront orientées vers un centre « d’aide au retour » situé à Bouxwiller. Et en cas de refus, elles se retrouveront à nouveau à la rue.

Le campement abrite autour de 200 personnes dont un tiers d’enfants.Photo : Lucie Dradem / Rue89 Strasbourg / cc

Un circuit administratif bien rôdé

Les policiers qui ont bouclé le périmètre dès 6h30 ont été mandatés par la préfecture du Bas-Rhin, elle-même sollicitée par la ville de Strasbourg, pour faire évacuer les lieux. Cette dernière a demandé au tribunal administratif l’autorisation de recourir à la force pour déloger les familles qui occupaient le parc sans droit ni titre. Pour ce faire, elle a notamment fait référence à la dangerosité des arbres et de la présence de l’eau, qui représenterait un risque pour les enfants. Le 25 juillet, le juge des référés a accédé à la demande de la Ville de Strasbourg.

Depuis sa formation en mars, le camp est composé de femmes, d’hommes et d’enfants originaires de pays divers, pour certains titulaires de titres de séjour, pour d’autres en attente d’une décision administrative, ou encore sans titre du tout. La Ville de Strasbourg y a installé des sanitaires et un point d’eau.

Présent ce mardi matin, Rasooli Ahmad Walid est un afghan passé par le Brésil puis la Guyane avant d’arriver à Strasbourg en 2022. « Ça fait 2 fois qu’on est sous les tentes, dit-il. La dernière fois, c’était au parc de la Montagne Verte et après le démantèlement, l’État ne nous a pas relogés. »

Président de l’association d’aide aux personnes sans logement Les Petites Roues, Sabine Carriou déplore une mécanique sans issue :

« C’est le septième démantèlement d’un campement que je suis à Strasbourg… Les personnes qui sont restées attendent un hébergement de l’État depuis six mois. Quant à celles qui n’ont pas ou plus le droit de séjourner en France, elles sont parties se cacher on ne sait où… Il sera complexe pour les travailleurs sociaux de les retrouver. »

Sabine Carriou s’étonne par ailleurs des méthodes de la police :

« On est toujours surpris. Les policiers arrivent en nombre et évacuent tous les travailleurs sociaux du camp. Ils mettent en place une sorte de barrière alors qu’il ne s’agit que de parents en détresse avec leurs enfants… Ils vivent une situation traumatisante et nous ne sommes pas autorisés à être à leurs côtés pour les soutenir. »

Un reportage complet autour de ce démantèlement est à suivre sur Rue89 Strasbourg.

La Ville reporte l’enquête publique sur la requalification du site Heppner

La Ville reporte l’enquête publique sur la requalification du site Heppner
Le report de l’enquête public devrait retarder le projet de quatre mois minimum.

Le site industriel Heppner, en friche, doit être requalifié pour accueillir un nouveau « quartier jardin ». Alors que le projet est accusé de manquer de transparence par l’opposition et certains habitants, la municipalité annonce le report de son enquête publique.

« Le dossier d’enquête publique n’est pas prêt », explique Suzanne Brolly, adjointe à la maire de Strasbourg en charge de l’urbanisme et des espaces verts :

« Nous avons besoin de plus de temps pour préciser le projet avec les constructeurs, pour qu’il intègre et les besoins du quartier et les éléments importants pour la mairie ».

L’enquête publique autour du projet de requalification du site Heppner, situé dans le quartier Schluthfeld, au sud du Neudorf, était initialement prévue courant septembre. Elle doit porter sur la modification du Plan local d’urbanisme (PLU), nécessaire pour la transformation de ce site industriel presque entièrement artificialisé en futur « quartier jardin ».

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Gaza : le député Charles Sitzenstuhl visé par une plainte devant la Cour pénale internationale

Gaza : le député Charles Sitzenstuhl visé par une plainte devant la Cour pénale internationale
Manifestation pro-palestinienne, le 28 octobre 2023.

Une plainte formulée par un collectif de 114 avocats contre plusieurs ministres et députés pour complicité de crimes internationaux en Palestine a été présenté au procureur de la Cour pénale internationale. Le député de la 5e circonscription du Bas-Rhin, Charles Sitzenstuhl, fait partie des personnes ciblées.

Le collectif Avocats pour la justice au Proche-Orient a transmis au bureau du procureur de la Cour pénale internationale une plainte pour que l’institution internationale enquête sur les actions de l’exécutif français en Israël et en Palestine. Pour ce collectif, qui revendique 114 membres, les membres du gouvernement français « pourraient être considérés, comme complices, au sens de l’article 25(3) du Statut de Rome des crimes relevant de la compétence de la CPI, commis par l’armée israélienne contre la population civile palestinienne dans le territoire palestinien occupé (Bande de Gaza et Cisjordanie) », indique un communiqué.

La plainte mentionne le président de la République Emmanuel Macron, le Premier ministre François Bayrou, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le ministre des Armées Sébastien Lecornu et 19 députés membres de la commission des Affaires européennes – dont fait partie le député de la 5e circonscription du Bas-Rhin, Charles Sitzenstuhl (Renaissance). Ce dernier s’est pourtant exprimé pour que la France garde ses distances avec le gouvernement israélien dès novembre 2023. En juin, le député a même été applaudi par la gauche à l’Assemblée nationale alors qu’il rappelait que la « légitime défense d’Israël [contre les terroristes du Hamas] n’est pas la vengeance sans fin [contre les civils gazaouis, hommes, femmes et enfants. »

La justice internationale impuissante

Dans sa plainte, le collectif estime que les personnes visées, y compris les députés cités, « ont joué un rôle de soutien diplomatique, politique et moral à l’État d’Israël, alors qu’ils ne pouvaient pas ignorer ni l’intention des dirigeants israéliens ni la nature des crimes commis dans le territoire palestinien. »

Avant d’être examinée par les juges de la CPI, le procureur de la CPI, Karim Khan, doit cependant déterminer s’il existe suffisamment d’éléments pour justifier l’ouverture d’une enquête. En novembre 2024, ce haut magistrat britannique avait demandé l’arrestation du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et du ministre de la défense, Yoav Galant, après avoir enquêté sur les actions de l’armée israélienne dans la bande de Gaza après l’attaque du 7 octobre 2023.

Il est depuis la cible de mesures de rétorsion de la part du gouvernement américain et d’une intense campagne de dénigrement. Accusé d’agression sexuelle sur une collaboratrice, il a choisi en mai de se mettre en retrait temporairement.

En mai 2024, il avait requis l’arrestation des responsables du Hamas, Yahya Sinwar, Mohammed Diab Ibrahim Al-Masri (Deif), Ismail Haniyeh, tous exécutés par Israël depuis. Contacté, Charles Sitzenstuhl a indiqué qu’il ne souhaitait pas répondre.

« Ça devient normal d’être scrutée » : des Strasbourgeoises face au sexisme de salles de fitness

« Ça devient normal d’être scrutée » : des Strasbourgeoises face au sexisme de salles de fitness
Une jeune femme s’entraîne dans une salle de fitness en non-mixité féminine le mardi 5 août

Regards insistants, drague lourde, commentaires graveleux… Être dans une salle de fitness en tant que femme signifie souvent faire face à toute une panoplie de comportements sexistes. Plusieurs Strasbourgeoises témoignent avoir dû changer de salle de sport pour se protéger.

Assise sur une des machines du Gym Fit, une salle de sport du quartier de l’Esplanade, Lara, 19 ans, fait une pause dans son entraînement mardi 5 août. Elle pratique le fitness depuis trois ans mais cela fait seulement sept mois qu’elle fréquente cette salle. Le club est plus proche de son université mais ce n’est pas seulement pour des raisons logistiques qu’elle en a changé :

« En novembre 2023, dans l’ancienne salle de sport où je m’entraînais, le One Fitness à la Meinau, j’étais en train de faire des squats et quelqu’un m’a indiqué que j’étais filmée. J’ai vu qu’une personne avait son téléphone tourné vers moi. Je suis allé la confronter et lui ai demandé d’effacer la vidéo. »

En se remémorant ce qu’elle évoque comme une simple anecdote, Lara hausse les épaules, résignée. « Il l’a effacée, ça s’est arrêté là. » Elle n’a pas pu prévenir les gérants de la salle, ils n’étaient pas sur place. « Mais ce n’est pas grave, la personne avait déjà honte », minimise la jeune fille. Elle n’a cependant plus jamais remis les pieds au One Fitness depuis, « en partie car je ne m’y sentais plus en sécurité ».

Lara n’est pas la seule strasbourgeoise à témoigner d’un changement de club après une agression sexuelle ou des comportements sexistes. Les salles de sport attirent de plus en plus d’adhérents : en 2024, elles comptaient 6,7 millions d’adhérents en France, soit un million de plus qu’en 2018. Les femmes représentent près de 60% des pratiquants de fitness en 2020, mais 64% des adeptes de musculation sont des hommes. Les salles de sport restent donc un univers très masculin, comme en témoignent les Strasbourgeoises interrogées.

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Deux courriers menaçants envoyés à la maire d’Orschwihr

Deux courriers menaçants envoyés à la maire d’Orschwihr
La maire d’Orschwihr Marie-Josée Staender, entourée de ses adjoints Marc Ackermann et Bénédicte Weber

La maire d’Orschwihr, un village près de Guebwiller, a reçu deux courriers menaçants et remettant en cause sa probité. Elle a porté plainte en n’entend pas « céder à la peur ».

Le quotidien L’Alsace révèle que la maire d’Orschwihr, Marie-Josée Staender, a reçu deux lettres de menaces déposées à la mairie. Ces courriers anonymes remettent en cause la probité de l’élue sur deux dossiers de cette commune viticole près de Guebwiller selon le quotidien. Les courriers visent « les travaux de rénovation énergétiques réalisés à la maison forestière de la commune ; et la création d’un nouveau lotissement au lieu-dit Le Sommerfeld » :

« Nous t’avions dit de ne pas toucher au Sommerfeld. Le village ne t’appartient pas. » Pour conclure sur un ton plus intimidant : « Nous faisons le serment de vous punir, toi et ton copain. »

Extrait de L’Alsace

Élue dans la commune depuis 34 ans et maire depuis 2020, Marie-Josée Staender déclare à L’Alsace qu’elle n’entend pas céder à la peur, en précisant que « sa porte est toujours ouverte ». Elle a porté plainte pour ces menaces à deux reprises et entend se représenter aux élections de mars 2026.

Ces mises en cause ont également été adressées à la préfecture du Haut-Rhin, laquelle a demandé des explications… à Marie-Josée Staender. La maire relate à L’Alsace qu’elle a dû se justifier sur ses choix et s’est sentie « mise en cause dans mes fonctions de maire ».

#Orschwihr

Celia, alias Keldéchet : « La révolte passera par les émotions »

Celia, alias Keldéchet : « La révolte passera par les émotions »
Celia, alias Keldechet sur Instagram, à Strasbourg le 8 juillet 2025.

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Roman graphique et militantisme queer : rétrospective Alison Bechdel à Bâle

Roman graphique et militantisme queer : rétrospective Alison Bechdel à Bâle
Alison Bechdel pose au milieu de sa propre rétrospective à Bâle.

Auteure de « Lesbiennes à suivre » et du fameux test de Bechdel, l’Américaine Alison Bechdel a écrit et dessiné des romans graphiques engagés, souvent autobiographiques et pleins d’humour. Le musée de la caricature et du dessin humoristique de Bâle lui consacre une grande rétrospective jusqu’à fin octobre.

Son test est presque plus connu qu’elle. L’auteure de BD Alison Bechdel est née en 1960 en Pennsylvanie. Elle débute sa carrière avec la série Dykes to watch out for (littéralement « Lesbiennes à suivre ») dont les planches sont publiées dans le magazine féministe WomaNews, à partir de 1983.

C’est dans cette BD, résolument queer et militante qu’est évoqué pour la première fois le « test » mettant en évidence la surreprésentation des protagonistes masculins dans les oeuvres de fiction. Dans cette série, un personnage explique que pour qu’un film ne soit pas sexiste, il faut qu’il réponde à trois critères : au moins deux personnages féminins, qui parlent entre elles d’autre chose que d’un homme. Le test de « Bechdel » était né.

L’oeuvre d’Alison Bechdel est loin de se résumer à ce test. Ses réalisations sont exposées au musée de la caricature de Bâle, à l’occasion de la plus grande rétrospective organisée à ce jour en Europe. 250 planches, films et objets tirés de l’univers de l’auteure américaine sont présentés dans l’exposition jusqu’à la fin du mois d’octobre.

Une scénographie originale et colorée

Le musée a fait le choix de présenter une oeuvre par pièce et chaque pièce a une couleur différente. L’exposition commence au rez-de-chaussée, dans une salle dont le mur du fond est couleur Lila. Sur ce même mur comme autant de portraits de familles sont présentées les protagonistes de « Lesbiennes à suivre ». Dans cette série, à laquelle Alison Bechdel a mis un coup de crayon final en 2008, elle raconte les aventures d’une bande de copines lesbiennes dans une ville moyenne des États-Unis.

Des planches originales sont suspendues sur les murs, entre les portraits des protagonistes. Tous les extraits d’œuvres présentés dans le musée sont des originaux, en anglais. Mieux vaut donc maîtriser un minimum la langue de Shakespeare. Les cartels explicatifs, eux, sont en anglais et en allemand.

Sexualité et dynamiques familiales : des thèmes majeurs de l’œuvre de Bechdel

À l’étage dans une pièce complètement rouge, ce sont des crayonnés, des planches originales mais aussi des aquarelles de « C’est toi ma maman ? » qui sont exposées. Dans ce roman graphique paru en 2012, elle questionne ses relations avec sa mère. Sur un mur, un miroir barré d’une citation de Donald Winicott : « Le précurseur du miroir est le visage d’une mère » pose les bases de la réflexion que l’auteure va développer tout au long de la BD.

Une autre salle, intégralement bleue, est consacrée à « Fun home – une tragicomédie familiale », le best-seller qui lui a valu le prix Eisner en 2007 (la plus haute distinction américaine en BD) et lui assuré une visibilité internationale. Elle y dévoile son enfance, son père secrètement bisexuel, au un goût imparable en matière de décoration d’intérieur, à la fois professeur d’anglais et embaumeur. Sur les murs au trait noir fin est dessinée… la représentation de la maison d’Alison Bechdel.

Dans une toute petite salle, volontairement laissée blanche cette fois-ci, ce sont des planches de sa « Coming out story » que le visiteur peut lire. Le titre est écrit dans la même police que celle utilisée pour annoncer les films et livres d’horreur des années 70. Pleine d’humour, l’œuvre de Bechdel est à ses débuts intégralement en noir et blanc.

Au fur et à mesure de sa carrière, la couleur irrigue son oeuvre. Dans le roman sur sa mère, la seule couleur à apparaître est le rouge. Dans son dernier opus, « Spent », paru en 2025 et présenté dans la dernière salle, toutes les planches sont colorées par sa compagne.

Les visiteurs déambulent ainsi de pièces en pièces, changeant d’ambiance, de décor mais suivant le fil narratif de son œuvre, autofictionnel au départ, autobiographique par la suite. La rétrospective permet de se plonger ou de se replonger dans une œuvre dense, intime et pourtant universelle. Les planches exposées décortiquent le processus de création de ses romans graphiques et proposent d’en découvrir les bonnes pages, l’essentiel donc d’Alison Bechdel. L’exposition a débuté le 5 juillet et est visible jusqu’au 26 octobre.

Dimitri Qenegei, militant Kanak bloqué en France, continue sa lutte pour l’indépendance

Dimitri Qenegei, militant Kanak bloqué en France, continue sa lutte pour l’indépendance
Dimitri Qenegei.
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À 34 ans, Liza construit sa famille hors du couple

À 34 ans, Liza construit sa famille hors du couple

Après une rupture avec le père de son enfant en 2020, Liza Bigo, 34 ans, a décidé de construire sa famille hors du couple hétérosexuel. Vivant en colocation et mariée à ses ami·es, elle invente un modèle aligné à ses valeurs féministes et à sa critique du capitalisme.

Dans un appartement du quartier du Conseil des XV de Strasbourg, Liza Bigo prépare un café. Au milieu du salon, son enfant de sept ans regarde avec intérêt l’appareil du photographe venu capturer les expressions de sa maman. « Ce que j’ai aimé avec notre dernière coloc, c’est qu’elle parlait de Nour comme d’un humain à part entière, elle a toujours dit ‘mes colocs’, et pas ‘ma coloc et son fils’ », entame Liza Bigo. À 34 ans, presque 35, la conseillère principale d’éducation habite un trois pièces en colocation.

Heureux célibat

Le déclic a eu lieu après sa rupture avec le père de Nour. « Quand j’étais petite, je pensais que je passerais ma vie avec un homme, qu’on aurait quatre enfants et une maison, le tout pour la vie », sourit-elle. Alors âgée de 30 ans, son « mythe de la famille » s’effondre et elle « annule le plan ». Quelques lectures féministes plus tard, elle décide qu’elle ne veut plus avoir comme idéal d’habiter avec un amoureux :

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Éditrice du magazine Zut, Chic Medias placée en liquidation judiciaire

Éditrice du magazine Zut, Chic Medias placée en liquidation judiciaire
Les dernières couvertures du magasine Zut.

La société éditrice du magazine Zut, Chic Medias, est placée en liquidation judiciaire suite à une décision du 21 juillet 2025.

Quelques lignes au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales annoncent que suite à un jugement du 21 juillet, la société Chic Medias, dirigée par Bruno Chibane, a été placée en liquidation judiciaire. Elle est notamment éditrice du magazine Zut, un trimestriel diffusé gratuitement dans plus de 400 lieux à Strasbourg, selon son site web. Il traite de sujets « culture, mode, beauté, déco, design, architecture, business, sport, gastronomie ».

Créée en 2008, Chic Medias est une SARL repertoriée comme une entreprise ayant une activité d’agence de publicité ou de « prestations publicitaire ». Elle co-édite également le magazine Novo avec les éditions Médiapop, un bimestriel gratuit dédié à la culture dans le Grand Est.

Chic Medias a en outre une activité d’édition et de communication. Elle est en cessation de paiement depuis le 2 juin 2025. En principe, l’ouverture de la liquidation judiciaire signifie l’arrêt de l’activité de l’entreprise.

Entre bibelots et peluches, des objets nazis en vente à la braderie de Schiltigheim

Entre bibelots et peluches, des objets nazis en vente à la braderie de Schiltigheim
Photos de différents articles mis en vente.

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L’Autorité environnementale critique trois projets géothermiques en Alsace

L’Autorité environnementale critique trois projets géothermiques en Alsace
L’échec du projet de Fonroche à Vendenheim suscite de nombreuses critiques au sein de la filière géothermie (2020).

Deux entreprises cherchent à renouveler leurs permis de recherche pour des projets de géothermie en Alsace, qu’elles souhaitent coupler à terme avec de l’extraction de lithium. L’Autorité environnementale est revenue sur les risques, notamment sismiques, de trois demandes d’exploration.

En octobre 2020, une série de séismes atteignant une magnitude de 3,6 ont secoué le nord de Strasbourg. Liées aux premiers forages géothermiques de l’entreprise Fonroche à Vendenheim, ces secousses ont provoqué la fermeture administrative de l’exploitation par la préfecture du Bas-Rhin et la suspension du permis de recherche du groupe.

Cinq ans plus tard, Fonroche, renommé 2gré en 2023, cherche à renouveler son permis de recherche et à continuer les explorations dans la zone autour de l’Eurométropole. Et elle est loin d’être la seule à vouloir développer la géothermie en Alsace : avec Lithium de France, l’entreprise fait partie du groupe Arverne, en concurrence dans la zone avec Électricité de Strasbourg (ES) et l’australien Vulcan Energy. La géothermie a un double avantage pour ces groupes. Elle permet de créer de nouvelles sources d’énergies renouvelables en prélevant l’eau chaude des sous-sols, mais aussi d’en extraire du lithium, un matériau rare, utilisé pour produire des batteries électriques.

En juillet 2025, l’Autorité environnementale (AE) donne son avis sur trois permis exclusifs de recherche (PER) demandés par 2gré et par Électricité de Strasbourg. Un au nord de l’Alsace, un entre Illkirch-Graffenstaden et Erstein et un tout autour de Strasbourg. Et pour l’Autorité, les deux groupes doivent revoir leurs demandes car ils ne portent pas assez d’attention aux risques, notamment sismiques, des forages sur l’environnement.

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Engagée contre les atteintes à l’environnement, la rédaction suit de près les enjeux écologiques et travaille sur les alertes qui lui sont transmises. Sans Rue89 Strasbourg, la pollution de l’eau potable par les pesticides et des projets comme un stade de biathlon dans les Vosges, ou une route sur la colline de Lorentzen seraient bien moins connus des Alsaciens.

Thibault Vetter suit les collectifs militants et les associations qui se mobilisent partout dans la région face aux projets écocides, comme de nouvelles zones d’activités sur des terres cultivables. Il enquête sur diverses sources de pollution, les pesticides, les usines, et leurs impacts sur la santé publique. Un travail de l’ombre, qui nécessite beaucoup de contacts et le décorticage de nombreuses alertes.

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Charles à gauche et Noé à droite, 22 et 23 ans, membres du Front d’action gay de Strasbourg (Fags), dimanche 20 juillet à Strasbourg.

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