Laurent Jacobelli est condamné à 300 euros d’amende pour outrage et diffamation non-publique ainsi que 150 euros de dommages et intérêts.Photo : Capture d’écran Youtube / Franceinfo
Le député du Rassemblement national Laurent Jacobelli a été condamné à une amende de 300 euros avec sursis pour avoir insulté son collègue Belkhir Belhaddad. Le tribunal de Thionville a délibéré bien en deçà des réquisitions du parquet, qui y voyait une injure raciste.
Le tribunal de Thionville a condamné le député de la 8e circonscription de Moselle Laurent Jacobelli (Rassemblement national) à 300 euros d’amende avec sursis pour « outrage et diffamation non-publique », selon Ici Moselle qui cite l’AFP. Dans ce délibéré du mardi 2 septembre, les juges ont écarté le caractère raciste des propos tenus à l’encontre du député Belkhir Belhaddad, ex-Renaissance, lors d’une visite ministérielle. Laurent Jacobelli avait notamment traité son collègue, élu dans la première circonscription, de « racaille » avant de lui demander « il va bien le Hamas « .
Lors de l’audience en juin 2025, le ministère public avait requis 500 euros d’amende au total, dont 150 euros pour injure à caractère raciste. Dans un communiqué Belkhir Belhaddad déplore que « la main de la justice semble trembler lorsqu’il s’agit des élus du RN. » Laurent Jacobelli, qui préside le groupe des élus d’extrême-droite au Conseil régional du Grand Est, devrait cependant verser 150 euros de dommages et intérêts à son collègue mais Belkhir Belhaddad a indiqué qu’il ferait appel.
« Joue pas ta racaille »
Les faits ont eu lieu à Hayange, lors d’un déplacement de l’ancien porte-parole du gouvernement Olivier Véran, le vendredi 13 octobre 2023. L’échange houleux des deux députés a été filmé par Le Républicain Lorrain. « Joue pas ta racaille », a lancé Laurent Jacobelli à son homologue, qui a justifié devant le tribunal de Thionville que le terme « racaille » était « employé quotidiennement à l’Assemblée nationale ou par des journalistes politiques ». Belkhir Belhaddad avait lui souligné le rapport évident de cette insulte avec sa double nationalité franco-algérienne : « Il y a une intention de faire le lien avec mon nom ou ma couleur de peau. »
Affiches annonçant la mobilisation du 10 septembre à Strasbourg.Photo : Pierre France / Rue89 Strasbourg / cc
Entre blocages matinaux, manifestations en ville, cantines solidaires et bals improvisés, le mouvement « Bloquons tout » annonce une mobilisation d’ampleur en Alsace. Voici la liste des rendez-vous publics.
Les canaux Telegram et les assemblées générales du mouvement « Bloquons tout » en Alsace ont achevé de préparer la journée d’actions du mercredi 10 septembre. Les syndicats CGT 67, FSU 67, Solidaires Alsace, Alternative étudiante Strasbourg, une partie des syndicats Force ouvrière, et la Confédération paysanne d’Alsace ont appelé à rejoindre le mouvement citoyen dans la région.
Des blocages dès l’aube annoncés
Mercredi 10 septembre dès 7h, plusieurs rendez-vous sont prévus pour bloquer la circulation automobile. À Haguenau, le rond-point entre la route de Bitche et la D1063, où se situe le restaurant McDonald’s de la zone d’activité de Schweighouse-sur-Moder, devrait être occupé. Un dispositif similaire est prévu au rond-point de Wimmenau, qui donne accès à Meisenthal. A Strasbourg, des petits papiers ont circulé lors du pot de départ de François Bayrou pour donner rendez-vous à 7h à l’arrêt Montagne Verte (plus d’infos à retrouver dans notre reportage).
Ces actions ont été annoncées sur le canal Telegram « Indignons-nous Bas-Rhin », rejoint par plus de 1 200 personnes. Des messages indiquent que d’autres actions surprises sont à prévoir dans le département. À Strasbourg, des blocages sont susceptibles d’apparaître sur les campus universitaires ainsi que devant des lycées.
Des rassemblements dans les principales villes alsaciennes
À Strasbourg, le rendez-vous est donné à 14h place Kléber, avant qu’une manifestation ne traverse les rues du centre-ville.
Une cantine solidaire doit préparer dès le matin des repas pour les personnes qui se seront mobilisées, acheminés en vélo-cargos vers le cortège. La Confédération paysanne d’Alsace a également prévu de participer au ravitaillement des participants. En outre, une « garderie populaire » s’organise, avec l’ambition de prendre en charge les jeunes enfants des personnes engagées par des professionnels. Des covoiturages sont également proposés par des manifestants pour converger vers Strasbourg.
Les cheminots d’Alsace prévoient de tenir une assemblée générale à 11h, sur les quais de la gare de Strasbourg tandis que les étudiants prévoient une assemblée générale à midi, dans le bâtiment Le Patio sur le campus de l’Esplanade.
Dans le Bas-Rhin, un rassemblement est prévu à Haguenau, place Désiré-Brumbt, à 11h. À Saverne, place de la Gare à 11h. Place d’armes à Sélestat, un rassemblement a été déclaré de 6h à minuit, avec deux assemblées générales à 11h et à 18h, des « auditions citoyennes » ainsi que des boissons et collations à prix libre. Sur le canal Telegram « Sélestat et environs », des messages rappellent que les drapeaux et les signes partisans ne sont pas les bienvenus.
Dans le Haut-Rhin, la mobilisation s’est également organisée via un canal Telegram comptant 460 membres. Des rassemblements sont prévus à 11h, place Rapp à Colmar, ainsi qu’à 14h, square de la Bourse à Mulhouse.
Entre auberge espagnole et bal
La mobilisation pourrait aussi prendre des airs festifs. À Haguenau, une « auberge espagnole » (chacun peut ramener ses plats pour contribuer à un grand pique-nique) est prévue dès midi sur la place Désiré-Brumbt. À Strasbourg, un « bal des indigné·es » est annoncé à 16h devant l’Hôtel de la Collectivité européenne d’Alsace, place du Quartier-Blanc à Strasbourg – Petite France. Sur la place centrale de Meisenthal en Moselle, une fête populaire débutera à 18h avec une cantine et des prises de parole.
Ces Alsaciens et Alsaciennes se sont engagés dans le mouvement Bloquons tout plusieurs semaines en amont de la journée du 10 septembre.
Dans toute l’Alsace, des groupes s’organisent dans le cadre du mouvement Bloquons tout prévu à partir du 10 septembre. Primo-militants, chômeurs, ouvriers, engagés à gauche… Les participants ont des profils divers et partagent la volonté de changer le système en profondeur.
« Je n’en peux plus de ces politiciens qui nous demandent de serrer la ceinture alors qu’on n’a déjà plus rien », commence Laura. Habitante d’un petit village d’Alsace Bossue, elle est au chômage depuis début 2025. Avec son compagnon, la jeune femme de 32 ans renonce aux sorties au cinéma ou à Strasbourg. Elle demande de l’aide à ses parents et restreint ses achats alimentaires : « On se limite à 75 euros de courses par semaine. On choisit entre les légumes ou les yaourts. On cherche toutes les promos possibles et imaginables. C’est lourd au quotidien. »
« On a juste envie que ça pète »
Heurtée par l’impression qu’elle n’allait « jamais s’en sortir », Laura a développé une anxiété quotidienne, puis une petite dépression. Des émotions qui se sont transformées en colère. « Beaucoup de choses me scandalisent autour de moi. Je vois les écoles qui ferment les unes après les autres. Les enfants qui habitent dans mon village doivent faire 20 minutes pour aller jusqu’à leur établissement maintenant. Au bout d’un moment, on a juste envie que ça pète », lance t-elle. C’est naturellement qu’elle s’est intéressée au mouvement Bloquons tout, dont la première journée de mobilisation aura lieu le 10 septembre. « Je suis allée à des réunions de comités locaux à Woerth et Meisenthal. Il y avait une vingtaine de personnes », expose t-elle :
« Bloquer la production, les routes… Ça peut nous permettre de bâtir un vrai rapport de force. Et ça nous aidera à nous retrouver, à créer des solidarités avec des cantines populaires et des garderies. J’ai vu naitre un sentiment d’espoir. »
Laura participera au mouvement Bloquons tout, avec l’intention de « changer le système ».Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Désir de justice fiscale
Diplômée en Histoire et originaire de Schweighouse, Laura ne parvient pas à trouver du travail dans son secteur géographique. « J’élargis de plus en plus mes recherches. Mais peut-être que je vais devoir aller très loin. Je ne sais pas comment je vais faire », regrette la trentenaire. Elle qui avait déjà manifesté contre la réforme des retraites en 2023 se dit fatiguée par les discours publics culpabilisants contre les salariés précaires ou les chômeurs « alors qu’il y a des centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises et aux milliardaires ». Comme beaucoup de participants au mouvement Bloquons tout, elle espère que la mobilisation fera tomber François Bayrou, Emmanuel Macron, et même que « le système changera fondamentalement » :
« Ça fait des années qu’on est sous pression et qu’on doit lutter contre des politiques antisociales. J’en ai marre de me battre contre des reculs de nos droits. Et je suis loin d’être la seule. On ne va pas se contenter de mesurettes. Je veux tout changer, demander la retraite à 60 ans, la semaine de 28 heures et de 4 jours, une sécurité sociale de l’alimentation, de l’argent pour l’école, les hôpitaux. Et il faut en finir avec la Vème République, qui est très verticale et donne trop de pouvoir à l’exécutif. »
Dans le nord de l’Alsace comme dans le reste de la région, des blocages de routes et des occupations de ronds points s’organisent pour le 10 septembre. Les comités vont tenter d’inscrire les actions de blocage dans la durée, avec également l’objectif d’attirer plus de monde dans le mouvement. « Les gens ne doivent pas céder à la résignation, anticipe Laura. Peut-être que ça peut fonctionner. Si on n’essaye pas, on est sûrs que ça ne changera pas. Moi je n’ai rien à perdre.. »
Des primo-militants
Laura se considère de gauche depuis qu’elle est au lycée. C’est loin d’être le cas de tous les participants aux comités locaux. Antoine est devenu dépanneur informatique indépendant au moment du covid après avoir eu divers emplois d’ouvrier. « Je n’ai jamais vu de changements réels après des élections. Je n’y crois plus. Ce n’est pas ça qui va améliorer les choses », estime l’homme de 63 ans, habitant d’Ingwiller. Il a toujours eu des salaires modestes mais suffisants pour la vie qu’il choisit de mener, « tranquille, à la campagne, avec peu de consommation ».
À 63 ans, Antoine s’engage pour la première fois dans une mobilisation.Photo : Document remis
En s’investissant au comité local de Meisenthal, c’est la première fois qu’il participe à une mobilisation sociale : « J’ai toujours eu assez peur d’aller en manif. Je n’ai pas du tout envie de me battre ou de me faire taper sur la gueule par des policiers. Je regardais tout ça de loin. » Mais à force de discuter avec l’un de ses fils, engagé sur l’écologie, ce père de cinq enfants « âgés de 3 à 31 ans » a de plus en plus ressenti la nécessité de s’engager :
« Quel est leur avenir ? Je suis particulièrement touché par la question climatique, la dégradation des hôpitaux et de l’Éducation nationale. J’ai un enfant en maternelle et un en primaire. Tout le monde sait que ça ne va pas, mais l’inaction politique continue. Aujourd’hui, je ne vois plus d’autre issue que de changer de système. »
D’abord tourné contre les mesures austéritaires du projet de budget du gouvernement Bayrou, le mouvement Bloquons tout porte de plus en plus de revendications révolutionnaires. Antoine rêve d’une « démocratie plus horizontale, avec davantage de pouvoir local, pour les maires peut-être, et un autre rapport au travail » : « Je pense qu’il faut privilégier la qualité de vie, les emplois de proximité… » Il se sent à l’aise à l’idée d’occuper des ronds points en tractant pour sensibiliser la population sur le mouvement et ses objectifs.
Et des activistes aguerris
L’arrivée de ces nouvelles personnes dans la mobilisation sociale est facilitée par la présence d’activistes plus expérimentés. Dorian, par exemple, se définit comme un militant de gauche. Cet ingénieur de 39 ans a participé à de multiples mouvements, notamment celui pour le Nouveau front populaire en 2024. Habitant des Vosges du Nord, il se rend aux réunions des comités locaux de Bloquons tout à Woerth et Meisenthal. Il soutient les groupes de Saverne et Bischwiller sur les réseaux.
« J’essaye de participer à la structuration du mouvement. Je crée des visuels, des affiches, des tracts, pour que tout le monde puisse les coller ou les distribuer, explique t-il. Même si les gens ne se disent pas de gauche, ils sont d’accord avec les logiques de gauche. Ils sont contre le détricotage du modèle social, et veulent lutter contre ça. »
À l’été 2024, Dorian Faucon, avait milité pour le Nouveau front populaire en Alsace du Nord.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
À titre personnel, Dorian s’estime « bien loti » en tant que cadre. « Je vois, autour de moi, mes voisins, mes amis, ouvriers, infirmiers, artisans, qui n’en peuvent plus. Ils souffrent au travail et galèrent financièrement… », déplore t-il. Il est donc urgent pour lui de s’engager. Ce mouvement populaire, constitué de profils variés, qui existe aussi à la campagne, est l’occasion parfaite. L’ingénieur assure constater dans le mouvement Bloquons tout un « enthousiasme fort » chez les participants, et une impression que la mobilisation peut avoir un impact :
« C’est une flamme qui brille dans la nuit. Des personnes disent “je pensais être seul”. Il y a des liens qui se créent. C’est le plus important pour moi, un peu comme avec les Gilets jaunes, ces moments d’échanges culturels, où on se parle, on essaye de se comprendre, on fait peuple ensemble. On se réapproprie l’espace politique en discutant de comment faire changer les choses. »
L’édition 2025 aura lieu, comme les années précédentes, aux étangs demi-lune à Kolbsheim.Photo : Document remis – Vert le futur
Du mercredi 10 au samedi 20 septembre, le festival Vert le futur propose des rencontres artistiques et philosophiques pour réfléchir sur le rapport au vivant et à la nature. Une dernière édition qui ne sonne pas la fin de la lutte.
« On a envie de finir sur une belle édition, pour boucler la boucle », annonce la pasteure Caroline Ingrand-Hoffet, figure de la lutte contre l’autoroute du Grand Contournement Ouest (GCO). La sixième et dernière édition du festival Vert le futur se tiendra du mercredi 10 au samedi 20 septembre à Kolbsheim. Né en septembre 2019, le festival s’est construit autour du combat contre le GCO. Dans la commune, traversée par la A355, le collectif GCO Non merci a initié une lutte citoyenne« contre un projet routier d’un autre âge ». Depuis, Kolbsheim accueille, chaque année, un rassemblement festif et « engagé pour la préservation de la planète ».
Ne pouvant plus bénéficier d’une subvention de l’Eurométropole de Strasbourg, qui expire au bout de trois ans, le festival annonce qu’une page se tourne. Les organisateurs ont voulu « finir sur une note engagée et joyeuse ». Leur slogan « Ensauvageons-nous ! » sonne comme une volonté d’exporter l’engagement au-delà du festival. « Le combat continue contre tous ceux qui veulent bétonner, pesticider, polluer, diviser, rejeter, tout acheter, capitaliser… », clament les militants et militantes dans la programmation de l’édition 2025.
Une programmation symbolique
Le festival commence mercredi 10 septembre à 19h aux Étangs demi-lune, autour d’une conférence à deux voix, réunissant philosophie et contrebasse. Une variété de concerts, de spectacles ou d’ateliers créatifs se succéderont ensuite pendant dix jours. Le point d’orgue étant la soirée du 13 septembre. « On a souhaité faire revenir des artistes qui ont accompagné la lutte depuis le début et qui se sont déjà produits », explique Caroline Ingrand-Hoffet. L’accordéoniste Tartine Reverdy ou la compositrice Marie Cheyenne, habitués du festival, rejoindront de nombreux autres artistes pour le Cabaret ensauvagé. L’événement se terminera le samedi 20 septembre, à l’église de Kolbsheim avec un concert de Lionel Grob, l’un des organisateurs du festival. « C’était important pour nous de finir à l’église parce qu’elle a abrité beaucoup d’événements dans la lutte contre le GCO, explique la pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, c’est un beau clin d’œil. »
Les locaux de la police aux frontières (PAF) se situent à deux pas de l’aéroport d’Entzheim. Une partie des locaux a été transformée pour retenir des personnes en situation irrégulière.Photo : Olivia Kouassi
Près de l’aéroport d’Entzheim, la préfecture a fait construire un local de rétention administrative. La Cimade dénonce ces « lieux de non-droit » qui pourraient permettre d’expulser des familles.
À quelques pas de l’aéroport d’Entzheim, un panneau de chantier décrit des travaux « d’aménagement de locaux de service ». Derrière ces termes bien vagues, c’est un nouveau local de rétention administrative (LRA) qui est cours de construction dans les bureaux de la police aux frontières (PAF). Destiné à « retenir » des personnes en situation irrégulière moins de 48 heures avant leur expulsion, ce nouveau local est considéré par la Cimade comme un « lieu de non-droit ». « Les personnes retenues n’ont pas accès à un avocat, ni aux associations. Ils n’ont pas d’informations sur leurs droits comme c’est le cas en centre de rétention administrative (CRA) », détaille Morgane Macé, chargée de projet régional à la Cimade Grand-Est, association de soutien aux personnes exilées.
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Le Wagon Souk ferme ses portes pendant quatre mois suite à une décision préfectorale.Photo : Camille Balzinger / Rue89 Strasbourg
Un arrêté préfectoral prononce la fermeture administrative du Wagon Souk pendant quatre mois. Un contrôle mené par plusieurs services de l’Etat a permis de constater plusieurs infractions.
Le tiers-lieu festif se savait menacé. Par un arrêté daté du vendredi 29 août, la préfecture du Bas-Rhin a décidé d’une fermeture administrative de quatre mois pour le Wagon Souk. Cette sanction commence à compter du mardi 2 septembre et durera jusqu’au vendredi 2 janvier. Cette décision fait suite à un contrôle mené par plusieurs services de l’Etat (police nationale, douanes, protection des populations, Urssaf…).
Alcool fort et sécurité incendie
La fermeture administrative du Wagon Souk est tout d’abord fondée sur la vente d’alcool fort sans licence 4. Cette autorisation avait été refusée au tiers-lieu festif suite à un contrôle de la police du bâtiment ayant permis de constater l’absence totale de sécurité incendie. L’arrêté préfectoral mentionne aussi la vente de tabac à chicha sans autorisation et l’incapacité du gérant à prouver l’origine de plusieurs kilos de marchandise.
Mohamed Zahi est aussi mis en cause pour travail dissimulé. L’association gestionnaire du lieu, Sauver le monde, n’a pas déclaré son nouvel établissement situé rue du Rempart auprès du registre de commerce. Le contrôle mené par l’inspection du travail a aussi permis de constater l’emploi d’une personne en situation irrégulière sur le territoire français et sans autorisation de travail. De même pour l’emploi d’une personne étrangère qui n’avait pas d’autorisation de travail. Par ailleurs, lors de l’opération de contrôle du 18 juillet, les forces de l’ordre ont saisi du tabac à narguilé, autrement appelé chicha, alors que l’établissement ne dispose d’aucune autorisation de mise en vente du produit.
En juin 2025, la Ville de Strasbourg s’était engagée à investir plus d’1,5 million d’euros dans la rénovation du bâtiment occupé par le Wagon Souk. Pour la rentrée, elle a fini par prendre ses distances avec le gérant du lieu. Dans un communiqué du 1er septembre, la municipalité écologiste dit se tenir prête à « reprendre les travaux sur l’avenir du lieu dès que la gouvernance de l’association sera stabilisée et en mesure de porter le projet du Wagon Souk. »
La rentrée universitaire fait apparaitre une très forte tension locative à Strasbourg tous les ans.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg
Des milliers d’étudiants peinent à trouver un toit lors de chaque rentrée à Strasbourg. Petit guide des solutions, de la chambre universitaire aux hébergements d’urgence.
Chaque mois de septembre, c’est la même histoire à Strasbourg. Les amphithéâtres se remplissent et des milliers d’étudiants cherchent désespérément un toit dans une ville avec une très forte tension locative. Chambres du Crous prises d’assaut, studios hors de prix, colocs introuvables, foyers étudiants saturés… Pour celles et ceux qui n’ont pas de canapé de secours chez des amis, trouver un toit relève parfois du parcours du combattant.
Dans la capitale alsacienne, il y a en moyenne 8,68 demandes pour une offre de location (en comparaison, ce chiffre est de 10,5 à Paris), selon une étude de Loc Service. Les loyers ont augmenté de 2,4 % sur un an entre 2024 et 2025. Nous avons rassemblé ici des solutions pour vous guider si vous êtes en difficulté. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à les partager en commentant l’article.
Les chambres libérées par des désistements
Les résidences universitaires du Crous de Strasbourg, ce sont 4 926 chambres sur le territoire de l’Eurométropole pour environ 68 000 étudiants. Ceux qui y parviennent profitent de loyers imbattables : entre 175 et 473€, pour des surfaces allant de 9 à 25 m². Théoriquement, il fallait envoyer son dossier avant le mois de juillet.
Mais il y a tout de même un dernier espoir pour les retardataires. Les lundis et jeudis à 14h, les offres des logements encore disponibles sont publiées en fonction des désistements sur le site du Crous. « Des chambres se libèrent parfois au compte-gouttes, mais elles sont aussitôt réservées », a reconnu Sophie Roussel, directrice du Crous de Strasbourg, lors de la conférence de presse de rentrée. Connectez vous à 14h pile si vous espérez obtenir une chambre de cette manière.
En dehors des résidences du Crous, les bailleurs sociaux disposent également d’un nombre important de résidences étudiantes dans la ville. L’Observatoire territorial du logement étudiant propose une carte pour les localiser avec des liens pour se renseigner directement auprès des bailleurs sur la disponibilité des appartements.
Le parc privé, l’offre la plus large
Pour la majorité des étudiants, la solution reste le parc privé. Pour séduire les propriétaires, mieux vaut avoir un dossier solide (pièce d’identité, justificatifs de revenus, garant, etc.). Si vous n’avez personne pour se porter caution, la garantie Visale proposée gratuitement par Action Logement peut rassurer les propriétaires. Elle permet aussi de prendre en charge le paiement du loyer et les charges locatives en cas d’impayé.
Niveau prix, le loyer est forcément plus élevé dans le parc privé. Selon l’Afges, dans sa rubrique d’aide au logement, un studio de 20 à 30 m² se louait en moyenne 566 € en 2023. Pour réduire les coûts, il est important de faire sa demande d’Aide personnalisée au logement (APL) sur le site de la Caisse d’allocations familiales.
Comme l’indique Pokaa dans son guide de survie de l’étudiant strasbourgeois, l’Esplanade, le quartier Gare, Cronenbourg, la Meinau, la Robertsau et Neudorf sont les secteurs à privilégier pour trouver des loyers moins chers. Il est aussi possible d’élargir vers Schiltigheim ou Illkirch-Graffenstaden, quitte à rallonger les trajets.
Parmi les sites d’annonces à surveiller chaque jour : SeLoger, Adele, Leboncoin, BienIci, HousingAnywhere, ou Lokaviz, une plateforme du Crous. Les annonces restent rarement plus de quelques heures en ligne.
Dans ce contexte stressant, faites attention aux arnaques et aux logements insalubres. Si vous pensez être victime d’une escroquerie, n’hésitez pas à contacter l’Adil67. L’association sera en mesure de vous informer sur vos droits.
La coloc : le choix économique
Partager son loyer et son frigo est devenu une évidence pour beaucoup d’étudiants. La colocation permet de trouver plus grand pour moins cher, mais aussi d’éviter l’isolement.
Quelques établissements religieux peuvent également être une alternative intéressante pour les étudiants en difficulté. Établis par des acteurs religieux, ces foyers restent cependant ouverts à tous et à toutes. Malheureusement, ils ne sont qu’une goutte d’eau dans l’offre locative et sont souvent déjà remplis dès la rentrée.
Bien que personne ne devrait avoir à dormir dehors pour sa rentrée universitaire, les syndicats étudiants reçoivent pourtant des signalements de situations critiques à chaque rentrée. Si toutes vos recherches échouent, il existe quelques filets de sécurité pour ne pas se retrouver à la rue.
L’ancienne maire de Strasbourg et probable candidate socialiste aux élections municipales de 2026 Catherine Trautmann organise une série de rencontres publiques jusqu’en octobre.
Pour les élections municipales des 15 et 22 mars, si tu n’as pas de démarche d’écoute des citoyens et des citoyennes, tu n’es pas candidat. Après Strasbourg on y croit de Pierre Jakubowicz, Aimer Strasbourg de Jean-Philippe Vetter, Strasbourg, parlons-en de Renaissance, voici que Catherine Trautmann, ancienne maire de Strasbourg, ancienne députée européenne mais surtout probable candidate du Parti socialiste, veut aussi sentir le pouls des électeurs et des électrices avec une série de réunions publiques en extérieur.
Programmées du 10 septembre au 8 octobre (voir ci-dessous), ces rencontres doivent permettre, selon un communiqué de Catherine Trautmann, de « rouvrir un dialogue direct, simple et sincère, avec celles et ceux qui font battre le cœur et la raison de la ville » :
« Depuis de longs mois, beaucoup disent avoir perdu confiance dans leur ville. On ne se sent plus écouté, on a du mal à se projeter, la fierté s’effrite. Strasbourg paraît s’éloigner de ses habitants. Ces rencontres sont là pour retisser le lien : remettre au centre la parole de chacun et retrouver ensemble ce souffle humain qui a toujours fait de Strasbourg une ville audacieuse, innovante, chaleureuse et pionnière. »
Sans doute contrainte par le calendrier et les dépenses de campagne, Catherine Trautmann n’a pas jugé utile de louer des salles pour ces rencontres. Elles sont donc ouvertes à toutes et à tous, sans inscription préalable, mais seront évidemment soumises aux aléas de la météo.
L’Établissement public de santé Alsace Nord – Epsan – fait travailler au total 1 700 agents en 2025 sur tout le département du Bas-Rhin. Sébastien S. y travaillait depuis 2011, lorsqu’il s’est suicidé en 2023.Photo : Mathilde Cybulski / Rue89 Strasbourg
Une enquête judiciaire avait été ouverte après le suicide d’un infirmier sur son lieu de travail en janvier 2023. Après plus de deux ans d’instruction, l’Établissement public de santé Alsace nord a finalement été mis en examen en tant que personne morale.
Diplômée à Lille en 2012. Après Paris et Marseille, je me suis installée à Strasbourg en 2020. Je suis aujourd’hui indépendante en radio et web, pour Rue89 Strasbourg, Mediapart, Louie Media et France Culture. J’aime les reportages et les enquêtes au long cours, sur les sujets de société et sur notamment sur les violences sexistes et sexuelles.
À l’Université de Strasbourg, près de 4100 étudiants extracommunautaires sont exonérés des droits différenciés. Ils sont 350 à payer plein pot soit 3941 euros.
La présidente de l’Université de Strasbourg maintient les droits d’inscriptions augmentés pour les étudiants non-européens lors de l’année scolaire 2025-2026. Un choix qui précipite de nombreux étudiants étrangers dans une grande précarité lors de leur séjour à Strasbourg.
350, c’est le nombre d’étudiants extracommunautaires, c’est à dire venus de pays situés hors de l’Union européenne, présents à Strasbourg et qui doivent s’affranchir de droits différenciés pour étudier à l’université. Ces frais d’inscription sont bien supérieurs à ceux des étudiants français et européens.
Instaurée par le gouvernement d’Édouard Philippe en 2019, la bien-nommée « stratégie d’attractivité » Bienvenue en France impose aux étudiants extracommunautaires de payer 3 941 euros pour s’inscrire en master à l’Université de Strasbourg quand les étudiants français et européens ne paient que 254 euros, grâce aux aides de l’État.
Lors d’une conférence de presse mercredi 3 septembre, Frédérique Berrod, qui fait sa première rentrée en tant que présidente de l’Université de Strasbourg, a annoncé que le nombre d’étudiants extracommunautaires aidés pourrait baisser :
« Nous avons dépassé en 2023 le plafond d’étudiants étrangers exonérés, qui est de 10% des étudiants inscrits (soit environ 6 000 étudiants, NDLR). En outre, la Cour des comptes recommande de diminuer le nombre d’exonérations accordées et de les réserver à un public ciblé. »
Des étudiants en détresse financière
Ce système place les étudiants étrangers les moins fortunés en grande précarité comme l’ont dénoncé des syndicats étudiants en décembre 2024. Le syndicat Alternative étudiante avait notamment relayé ce témoignage :
« Je ne bénéficie pas de la CAF et je ne peux pas trouver un job étudiant, vu que mon visa indique un court séjour. J’essaie de minimiser mes dépenses le plus possible même, en réduisant la qualité de la nourriture et les loisirs. »
En 2024, France 3 Grand Est avait donné la parole à Boris Diallo Ibrahima, étudiant guinéen :
« Sur mon avis d’imposition, il y a marqué que je n’ai gagné que 6 000 et quelques euros, donc comment tu peux demander à un étudiant qui a gagné 6 000 euros de payer 4 000 euros ? Comment il va vivre ? Il y a le loyer, le transport, la nourriture et d’autres choses… »
Une gestion contestée
Mathieu Schneider, membre du conseil d’administration de l’Université de Strasbourg et ancien candidat à la présidence, regrette « la gestion chaotique et inégale » du système des droits différenciés par la présidence de l’Université de Strasbourg. « Les étudiants n’étaient pas au courant de l’existence de ces frais avant leur inscription », rappelle-t-il après avoir tenté de combattre cette décision au sein du conseil d’administration. Pour ce professeur de musicologie, « même si la loi s’impose à nous, l’Université peut mettre en place des mesures compensatoires ».
Pierre Jakubowicz s’est déclaré « prêt » sur le plateau de France 3 Alsace.Photo : capture d’écran
Conseiller municipal d’opposition, le centriste Pierre Jakubowicz a annoncé ce 4 septembre sur France 3 Alsace qu’il serait candidat aux élections municipales en mars 2026, plusieurs années après le début de sa campagne électorale.
Le conseiller municipal de Strasbourg, Pierre Jakubowicz (Horizons), s’est déclaré « prêt à être maire de Strasbourg demain »ce jeudi 4 septembre sur le plateau du journal de France 3 Alsace. En bon vétéran de la politique, Pierre Jakubowicz a réussi à placer à l’antenne son slogan : « Je veux être un maire capable de voir à 30 ans les transformations à mener, et à 30 mètres les problèmes à résoudre immédiatement. »
Engagé dans les faits dans cette démarche depuis juin 2020, le conseiller municipal de centre-droit a été le premier à se lancer, en septembre 2024, dans une campagne électorale active avec un mouvement taillé sur mesure, « Strasbourg on y croit ! » Cette association est elle-même une formalisation de la précédente initiative, appelée « Parlons de Strasbourg », lancée au début de l’année 2024.
Cette annonce n’est donc guère une surprise mais il s’est quand même confié en avant-première aux Dernières nouvelles d’Alsace, où il rappelle qu’il s’est préparé à cette candidature « politiquement, personnellement et physiquement » : « J’ai perdu 50 kg pour me prouver ma détermination et ma capacité à assumer la charge d’être maire. »
Programme et alliances pour plus tard
Pierre Jakubowicz n’a pas profité de l’occasion pour dévoiler une partie de ses propositions aux Strasbourgeois·es pour mars 2026, cinq ateliers de Strasbourg on y croit étant encore au travail pour élaborer le programme. Mais il en a tout de même profité pour se présenter comme le candidat le plus à même de réaliser l’union des oppositions à la maire sortante Jeanne Barseghian, un « mandat de la radicalité et de la brutalité » selon les mots qu’il a choisi pour qualifier les six années de la municipalité écologiste.
Le conseiller municipal a également évacué les questions sur de potentielles alliances électorales. Engagé au centre-droit au sein du parti Horizons, il espère prendre de vitesse l’autre mouvement du centre, Renaissance, qui dispose également de ses candidats : Nicolas Matt, Étienne Loos voire Bruno Studer ou Fabienne Keller. Dans un communiqué publié en soirée du mercredi 3 septembre, et probablement rédigé en prévention de l’annonce de Pierre Jakubowicz, le parti présidentiel a rappelé que les investitures ne seraient annoncées qu’après « le congrès national d’Arras (20 et 21 septembre 2025), en pleine cohérence avec les orientations nationales et la ligne politique présentées lors de ce rendez-vous ».
L’horizon n’est guère plus dégagé à sa droite, où Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) est lui aussi parti très tôt avec une intense démarche populaire, Aimer Strasbourg, et dont la vocation est aussi de rassembler… mais autour de sa personne. À la gauche de Pierre Jakubowicz, le Parti socialiste du Bas-Rhin annoncera sa tête de liste en novembre, mais elle sera socialiste comme l’ont décidé les militants strasbourgeois.
Extinction Rebellion Strasbourg appelle à rejoindre le mouvement du 10 septembre et à participer à un « apéro géant » le 8 septembre.Photo : Document remis / Extinction Rebellion Strasbourg
À l’occasion du vote de défiance à l’Assemblée nationale qui devrait aboutir à la démission du gouvernement de François Bayrou lundi 8 septembre, des participants au mouvement Bloquons tout appellent à se rendre place Kléber pour un rassemblement festif.
Comme dans de nombreuses autres villes en France, le comité Strasbourg du mouvement Bloquons tout appelle à se joindre à un rassemblement festif en début de soirée lundi 8 septembre, pour la probable chute du gouvernement de François Bayrou. Ce dernier ne devrait pas réussir à trouver une majorité de députés prêts à voter la confiance au gouvernement lors d’un vote à l’Assemblée nationale le même jour. Le rendez-vous est fixé à 20h place Kléber, pour « fêter la démission de Bayrou et préparer la démission de Macron ».
Le 1er septembre, des membres d’Extinction Rebellion Strasbourg ont projeté des messages sur des murs du centre-ville de Strasbourg.Photo : Document remis / Extinction Rebellion Strasbourg
Extinction Rebellion Strasbourg avait d’abord relayé sur ses réseaux sociaux un rendez-vous pour cet « apéro géant » place de l’Étoile, mais c’était avant la réunion du comité strasbourgeois de Bloquons tout mercredi 3 septembre, où la décision a été prise de se rendre plutôt place Kléber. L’organisation écologiste a publié une correction et appelle par ailleurs à prendre part à la mobilisation qui doit commencer le 10 septembre. « Ce mouvement, apartisan mais pas apolitique, peut-être l’étincelle d’une révolution », écrit-elle.
« Rendez-vous avec l’Histoire »
Ces militants écologistes « agiront », « aux côtés de toutes les organisations et des personnes qui se sentent concernées par la crise politique et écologique actuelle ». XR Strasbourg a d’ailleurs projeté des messages sur des façades du centre-ville lundi 1er septembre. « Rendez-vous avec l’Histoire ce 10 septembre #BloquonsTout », pouvait-on lire par exemple.
L’événement festif prendra certainement la forme d’un rassemblement spontané puisqu’il n’a fait l’objet d’aucune déclaration auprès des services de la préfecture du Bas-Rhin pour l’instant, selon la sous-préfète Cécile Rackette. Il correspond au premier grand rendez-vous public du mouvement Bloquons tout, qui s’organise jusqu’à présent surtout dans des boucles de la messagerie Telegram et lors de réunions hebdomadaires. Il aura lieu deux jours avant la journée de blocage du mercredi 10 septembre.
Naïm, 10 ans, atteint de la myopathie de Duchêne, est transporté dans le véhicule que sa mère a acheté.Photo : Ophélie Gobinet / Rue89 Strasbourg
La Collectivité européenne d’Alsace a annoncé à des familles d’enfants handicapés qu’elles devraient assurer elles-mêmes les trajets vers l’école. Une situation intenable pour beaucoup de parents qui ont monté un collectif pour le maintien des taxis et transporteurs spécialisés.
Comme tous les matins, Nassera Souelmi embrasse le front de son fils pour le réveiller. Penchée sur Naïm qui ouvre doucement les yeux, la maman caresse les cheveux bouclés du jeune garçon puis baisse la barrière de sécurité du lit médicalisé dans lequel il dort toutes les nuits. « Allez, t’es prêt ? », lui lance t-elle, avant d’envelopper de ses bras le corps de son fils. Elle le soulève, le porte, et le dépose dans son fauteuil roulant électrique.
Nassera réveille Naïm, comme tous les matins.Photo : Ophélie Gobinet / Rue89 Strasbourg
À dix ans, Naïm ne peut plus marcher et n’a plus d’autonomie : il est atteint de la myopathie de Duchenne (une maladie dégénérative qui entraîne un affaiblissement progressif des muscles et une fatigue extrême) qui s’est déclenchée lorsqu’il avait 7 ans. « Normalement, là c’est le moment où je reçois le SMS du chauffeur de taxi pour me dire qu’il est arrivé », souffle Nassera Souelmi. Il est un peu plus de 8h du matin ce mardi 2 septembre, et aucun chauffeur ne lui enverra de message. Naïm n’a pas non plus d’auxiliaire scolaire pour sa rentrée, impossible de faire sa rentrée pour lui. C’est déjà le deuxième jour où il manque l’école : le 1er septembre, il devait faire son entrée en sixième.
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Journaliste indépendante et professeur d’éducation aux médias. Sujets société, inégalités, éducation, police-justice. J’aime aussi écrire sur le rap et la culture hip hop de Strasbourg et d’ailleurs.
Depuis le 20 août, le collectif poursuit la lecture de la longue liste d’enfants gazaouis décédés.Photo : Simon Thierry
Vendredi 5 septembre, un collectif strasbourgeois organise une lecture de noms d’enfants morts à Gaza devant le Parlement européen.
Kinda, 2 ans, Malik, 9 ans, Rim, 3 ans, Sumaya, 8 ans, ou encore Sannd, 70 jours. Comme le rapporte le Washington Post dans une longue enquête sur les enfants morts dans la bande de Gaza : « Certains ont été tués dans leur lit. D’autres pendant qu’ils jouaient. Beaucoup ont été enterrés avant d’avoir appris à marcher. » Pour rendre hommage à ces innocents tués par l’armée israélienne, un collectif créé à la fin de l’été 2025 organise un nouveau type de mobilisation à Strasbourg. L’objectif : faire pression sur les députés européens. Le collectif organise ainsi une septième lecture de noms de victimes gazaouies, vendredi 5 septembre, à 14h devant le Parlement européen. Cofondateur du groupe, Simon Thierry décrit l’objectif fixé avec ses camarades :
« Au Parlement européen, les députés dénoncent ce qu’il se passe à Gaza sans remettre en question les accords et les partenariats avec Israël. Nous souhaitons que le Parlement européen se positionne clairement concernant les relations de l’Union européenne avec Israël. »
Une première lecture a eu lieu le mercredi 20 août devant le Parlement européen. Les noms de 800 enfants palestiniens y ont été lus parmi les 18 500 tués depuis le 7 octobre 2023, selon les chiffres du ministère de la Santé palestinien.
Un nouveau collectif créé
Le collectif strasbourgeois s’est inspiré des lectures de la comédienne belge Christelle Delbrouck. Au courant de l’été 2025, l’actrice a lu à haute voix le nom des victimes palestiniennes devant les hôtels de ville de Gembloux et de Namur pour pousser les équipes municipales à interpeller leur parti : « C’est un mode d’action efficace et facile à mettre en place, explique Simon Thierry, des noms d’enfants morts récités pendant une heure, ça nous met devant l’horreur de la chose. Il n’y a pas de débat possible. »
Le groupe envisage de se réunir régulièrement devant d’autres lieux symboliques comme le consulat israélien, l’ambassade des États-Unis ou sur la place Kléber.
Détail de l’affiche du Festival du film fantastique 2025.Photo : Illustration Mahon
Et si les robots tueurs, les manipulations de masse et la régression des libertés n’étaient plus de la science-fiction ? Le Festival européen du film fantastique, du 26 septembre au 5 octobre 2025, s’attache à rester fidèle aux avertissements des auteurs et des autrices de films de genres.
Les amateurs et les amatrices de science-fiction ont parfois l’impression que les univers dystopiques sont devenus la réalité. Lorsque Donald Trump expurge des pans entiers de l’Histoire des États-Unis, qu’il interdit des mots dans les recherches universitaires, « on se rapproche de la novlangue décrite par Georges Orwell dans 1984 », dénonce Daniel Cohen, directeur artistique du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS).
C’est pourquoi la 18e édition du FEFFS, prévue du vendredi 26 septembre au dimanche 5 octobre 2025, a choisi de consacrer sa rétrospective 2025 à des films qui ont prévenu, en leur temps, des dérives qui surviennent lorsque les sociétés acceptent un pouvoir autoritaire : censure des médias, interdiction de livres, offensives contre les minorités… Appelée Fascifiction, et brillamment illustrée par un policier déshumanisé guère éloigné des nôtres, cette sélection remet à l’affiche des films aussi essentiels que 1984 (réalisé en 1984) qui détaille comment un pouvoir peut contrôler jusqu’aux esprits des citoyens, La ferme des animaux (1954) qui met en évidence les affres de l’égalité parfaite, Alphaville (1965) qui place le genre humain sous le contrôle d’un ordinateur ou Fahrenheit 451 (1966) où les citoyens sont priés de ne jamais lire…
Les événements ont graduellement disparu
Le FEFFS se souvient qu’il y a encore quelques années, il pouvait organiser des zombies walks dans les rues du centre-ville et que les deux semaines du festival étaient parsemées de rendez-vous publics à l’extérieur. « Depuis le Covid (2020, NDLR), le festival s’est recentré sur les projections en salles, indique Greg Lauert, l’un des programmateurs du FEFFS. Les événements étaient devenus trop complexes à organiser, en raison des contraintes de sécurité… »
En 2025, le FEFFS prévoit tout de même un rendez-vous public hors des salles de cinéma ; une projection de La Monstrueuse Parade(Freaks, 1932), qui raconte comment une bande d’artistes de cirque se déchire par cupidité, sous un chapiteau de Graine de cirque au Port du Rhin.
122 films à voir
En dehors de ces rendez-vous, le FEFFS propose ses habituelles compétitions : 12 longs-métrages dans la sélection des films fantastiques et 10 dans la sélection des crossovers, ces films qui mêlent plusieurs genres ou qui se situent à la frontière d’un genre. Au total, le FEFFS programme 122 films, dont 74 longs-métrages, 45 nouvelles productions, 29 films de patrimoine, 48 courts-métrages dont 8 en réalité virtuelle dans tous les cinémas de Strasbourg.
Parmi ceux-ci, citons par exemple The Curse, de Kenechi Ugana, un film japonais de fantômes effrayants dans la plus pure tradition de ce genre de films, ou Que ma volonté soit faite de Julia Kowalski qui revisite le thème de la sorcière et explore « les vertiges du désir féminin » comme l’indiquent les programmateurs.
L’invité d’honneur, le réalisateur Alexandre Aja, a sélectionné pour sa carte blanche The Thing (1982), le chef d’œuvre ultra-flippant de John Carpenter ainsi qu’Onibaba : les tueuses, un film japonais de 1964, qui raconte comment une mère et sa fille survivent en dépeçant des samouraïs.
Jacky Wagner travaille une journée par semaine avec les ouvriers communaux.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
En 2020, des listes alternatives à la droite conservatrice ont gagné quelques élections municipales en Alsace. Ces maires ont en commun d’avoir lutté contre l’effet « village dortoir » en concrétisant des projets sociaux et en poussant à la participation des habitants à la vie locale.
Fêtes associatives, démocratie participative, création de zones naturelles… Le programme de Jacky Wagner, maire de Quatzenheim depuis 2020, est original pour la campagne alsacienne. « Je suis de gauche », assume l’élu et ancien secrétaire général de la CGT 67. « Mais ma liste n’a pas cette étiquette. Ça n’a pas de sens à l’échelle d’un village. Ce qui est important c’est ce qu’on fait concrètement, comment on œuvre pour le bien-être des gens », explique t-il.
Jacky Wagner, maire de Quatzenheim, ancien secrétaire départemental de la CGT.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg
Si une majorité des communes rurales alsaciennes sont toujours dirigées par des maires de droites diverses, les citoyens qui entendent prendre part à la vie locale avec une autre approche semblent de plus en plus nombreux. Ainsi, dans la plupart des villages du Kochersberg, à l’ouest de Strasbourg, il n’y avait bien souvent qu’une seule liste proposée aux électeurs et aux électrices lors des élections municipales. Elle comptait en général des agriculteurs affiliés à la FNSEA (syndicat d’exploitants productivistes). Mais lors du scrutin de 2014, six communes sur les 23 du Kochersberg ont présenté au moins deux listes. Aux élections municipales suivantes, neuf communes ont vu candidater une seconde liste. Et certaines affichaient clairement des préoccupations pour des enjeux sociaux et écologistes. À Quatzenheim, et ailleurs en Alsace, à Breuschwickersheim, Still ou encore Sainte-Marie-aux-Mines, ce sont ces candidats et candidates qui ont pris le pouvoir municipal.
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