Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Rassemblement en soutien aux victimes d’homophobie jeudi 4 septembre

Rassemblement en soutien aux victimes d’homophobie jeudi 4 septembre
Une manifestation du collectifs SOS homophobie, le samedi 22 juin 2024, contre l’extrême-droite.

Le Front d’Action Gay Strasbourg (FAGs) appelle au rassemblement sur la place Gisèle Halimi pour dénoncer les crimes homophobes et soutenir les victimes jeudi 4 septembre à 18h.

En hommage à Sami, Frantz, Abdellah et Amir assassinés cet été à Choisy-le-Roi, le Front d’Action Gay Strasbourg (FAGs) appelle au rassemblement jeudi 4 septembre à 18h, sur la place Gisèle Halimi, devant le Tribunal judiciaire. Le collectif entend ainsi dénoncer les crimes homophobes et commémorer les victimes de ce quadruple homicide. Le 13 août 2025, c’est autour d’un local du Val-de-Marne, connu pour être un lieu de rencontres homosexuelles, que les corps ont été retrouvés. Il est parfaitement établi que l’assassinat de Frantz, âgé de 48 ans, est lié à son homosexualité. Et les enquêtes pour les trois autres victimes vont aussi dans cette direction.

Des revendications plus larges

« Arrêtez de nous tuer, de nous violer, de nous agresser », martèle Laurent, un membre du collectif FAGs. Il ne s’agira pas seulement d’une commémoration mais de la dénonciation d’une oppression systémique, l’homophobie, « qui nous tue toujours », insiste t-il. Le collectif met l’accent sur les guet-apens homophobes qui piègent un homosexuel par semaine en France, selon une enquête réalisée par Mediapart. Ces crimes sont perpétrés par des hommes hétérosexuels se prétendant homosexuels, qui donnent rendez-vous à leurs victimes pour ensuite les dépouiller et les frapper.

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, le FAGs détaille également les motivations de son rassemblement : « Nous exigeons de la part des pouvoirs publics et de la justice qu’ils agissent, et des hommes hétéro qu’ils nous laissent tranquilles. »

Municipales 2026 : cinq questions pour comprendre la réserve électorale

Municipales 2026 : cinq questions pour comprendre la réserve électorale
Affiches électorales de la campagne électorale de 2020.

La réserve électorale avant les élections municipales de 2026 commence le 1er septembre et va durer six mois. Mais qu’est-ce que cela implique concrètement ? Réponses en cinq questions.

Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2026 mais le rétroplanning débuté dès ce lundi 1er septembre. C’est le début de la réserve pré-électorale, un ensemble de règles qui encadrent la communication politique des candidat·es et des mairies jusqu’aux élections.

La « réserve électorale », c’est quoi ?

Le code électoral encadre la façon dont la communication politique doit se faire en période de campagne électorale. À partir du sixième mois avant les municipales, l’article L.52-1 précise que « l’utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite ».

Cela signifie que les collectivités sont tenues de ne pas faire de mise en valeur d’un·e candidat·e en particulier. Par exemple, la Ville de Strasbourg ne peut pas participer à la campagne de la maire sortante Jeanne Barseghian, ni d’un·e autre candidat·e de sa liste.

La loi fixe quatre grands principes à respecter. D’abord, la neutralité : toutes les communications des collectivités doivent être purement informatives, sans mentionner les élections à venir ni mettre en avant des élus sortants. Les autres principes sont l’antériorité, la régularité et l’identité, qui impliquent que les moyens de communication utilisés doivent être les mêmes qu’avant la période pré-électorale, en gardant le même rythme de publication et le même type de contenu.

Ces critères permettent de garantir que l’argent public dépensé par la collectivité ne servira pas à la campagne de la maire sortante, ce qui créerait un déséquilibre avec les autres candidat·es et pourrait influencer les électeurs et les électrices.

Qui est concerné par la réserve électorale ?

Les collectivités concernées par la réserve électorale avant les élections municipales sont évidemment les mairies, mais aussi les organisations intercommunales comme l’Eurométropole de Strasbourg, les communautés de communes, etc. Tous les agents territoriaux qui travaillent dans ces organismes sont aussi personnellement concernés.

Les médias financés par les collectivités – comme le journal de Strasbourg.eu – sont aussi soumis à ces règles. Par contre, celles-ci ne s’appliquent pas aux membres de l’opposition. Ces derniers conservent leur droit à y publier des tribunes politiques, contrairement au maire sortant et à son équipe.

Ces restrictions ne s’appliquent pas aux autres médias, que ce soit radio, télé ou presse écrite. Jeanne Barseghian et son équipe pourront donner autant d’interviews qu’ils le souhaitent pour sa campagne. Les médias audiovisuels doivent s’assurer de donner un temps de parole similaire à toutes les listes candidates, au nom de la garantie du pluralisme politique à l’antenne.

Quelles sont les règles à respecter pour les candidat·es ?

À mesure que l’on se rapproche de la date de l’élection, les règles se durcissent progressivement. Dans une note à l’attention des collectivités, l’Association des maires de France en résume les principales.

À partir du 15 septembre, l’affichage en dehors des emplacements réservés aux affiches électorales est interdit. La publicité commerciale pour de la propagande électorale est également interdite dans tous les médias et notamment sur les réseaux sociaux.

Quelques jours avant le scrutin – généralement une ou deux semaines –, il est interdit de « porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale » à un moment où les adversaires politiques n’ont pas le temps ni les moyens d’y répondre.

Samedi 14 mars 2026, les communications s’arrêteront presque totalement. Il est interdit de diffuser tous types de documents (tract, bulletin d’information, circulaire du maire…). Mais il est possible de contourner cette règle en republiant des documents qui ont déjà été partagés les jours précédents. Il est interdit d’envoyer des messages de propagande électorale, d’organiser un meeting politique ou encore de publier ou commenter des sondages d’opinion.

Cette fois, les médias doivent respecter les mêmes règles que les équipes des candidats. Les chaînes de télévision ou de radio ne peuvent plus organiser de débat ou rapporter des nouveaux propos des candidats.

Le jour du scrutin, il est évidemment interdit de communiquer le résultat des élections avant la fermeture du dernier bureau de vote, soit 20h à Strasbourg. À la fin du processus, un juge électoral évalue si tous ces critères ont été respectés puis valide – ou non – le résultat des élections municipales.

Que risque-t-on si on ne respecte pas le code électoral ?

Dans certains cas, le juge peut décider d’annuler un scrutin et son résultat. C’est ce qu’il s’est passé à Waldighoffen après les élections municipales de 2020.

À ce type de sanctions électorales peuvent s’ajouter des sanctions pénales et/ou financières. Un candidat qui triche risque jusqu’à 75 000 euros d’amende et trois ans de prison, et peut ne pas recevoir de remboursement de l’État pour ses dépenses électorales. Le tribunal peut également prononcer des peines inéligibilité, ce qui enterre généralement la carrière des hommes et femmes politiques.

Qu’en est-il des réseaux sociaux ?

Les personnes qui passent (trop) de temps sur les réseaux sociaux ont peut-être remarqué un surcroît d’activité de certain·es élu·es locaux. L’enjeu était de fidéliser une communauté d’abonné·es directement à partir des comptes des élus, avant que le relais des comptes des collectivités sur des réalisations municipales ne soit coupé.

L’incinérateur de Strasbourg soupçonné de minimiser ses émissions cancérogènes

L’incinérateur de Strasbourg soupçonné de minimiser ses émissions cancérogènes
10 ans plus tard, l’inspection de l’environnement constate à nouveau une dissimulation d’émissions polluantes par la société exploitante de l’incinérateur de Strasbourg.

L’inspection de l’environnement a constaté que l’entreprise Sénerval éteint ses instruments de mesure tout en continuant de polluer. La société exploitante de l’incinérateur des déchets de Strasbourg dépasse régulièrement les valeurs réglementaires d’émissions de dioxines.

Lorsqu’il s’agit de mesurer ses émissions polluantes, l’entreprise Sénerval brûle parfois les étapes. Vendredi 11 juillet, un inspecteur de l’environnement a contrôlé la société exploitante de l’incinérateur des déchets de Strasbourg et ses rejets de dioxines et de furanes dans l’atmosphère. Sur place, l’agent de la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et du logement (Dreal) a fait le constat suivant :

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Quand l’armée s’invite à l’école, la montée discrète des « classes défense » en Alsace

Quand l’armée s’invite à l’école, la montée discrète des « classes défense » en Alsace
Animation « airsoft » par le 152e régiment d’infanterie à la kermesse de l’école Sainte-Marie à Ribeauvillé.

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Cirque, cinéma, mini festival électro : notre sélection culturelle de la rentrée

Cirque, cinéma, mini festival électro : notre sélection culturelle de la rentrée
Strasculture se tient tous les ans place du Château.

Les Bibliothèques idéales, le Festival européen du film fantastique et les Journées du patrimoine font leur grand retour mais ils ne sont pas les seuls. Entre mini festival électro, performances circassiennes et séances de cinéma à 5€, voici une sélection de sorties à ne pas rater en septembre.

T-shirts de la scène musicale locale à la médiathèque Olympe de Gouges

Fais péter les ouates est une exposition de t-shirts de concerts organisée par les médiathécaires Raphaël Pantella et Mathieu Le Digabel tous les ans depuis 2022. Ces deux grands amateurs de musique live en ont toute une collection. « Cette année, on a voulu faire jouer le territoire, valoriser la scène locale », expose Mathieu Le Digabel. Les t-shirts, cette fois, ne leur appartiennent pas, ce sont ceux du label strasbourgeois October Tone. Ce label produit des artistes locaux comme le groupe de rock pop psychédélique BBCC (Bang Bang Cock Cock), le groupe indie Hermetic Delight ou encore le DJ Rachid Bowie.

« Ça donne une opportunité au public de les découvrir », explique le médiathécaire d’Olympe de Gouges, ou de les redécouvrir pour les connaisseurs. Sous chaque t-shirt, un cartel donne des précisions sur le groupe, la date du concert et une anecdote. Des affiches, cassettes et CDs promos ainsi que des costumes de scène complètent l’exposition. L’exposition commencera dès le 2 septembre, mais l’inauguration aura lieu le samedi 5 septembre à 15h en présence de membres du label October Tone.

Eh bien, dansez maintenant !

La claque party revient pour une deuxième édition, samedi 13 septembre au Phare Citadelle. « C’est un événement de lancement pour développer le spectacle vivant au Phare Citadelle et au quartier des Deux rives », explique Louis Gillard, danseur associé au TJP et organisateur de l’événement. Au programme : du cirque, de la danse et de la musique. « Une série de performances qui durent entre 10 et 20 minutes », explique-t-il. La soirée se divise en trois parties, de 19h à 20h30 les performances sont tout public, de 21h à 22h30 elles sont destinées à un public plus adulte et la soirée se termine avec un DJ-set. Parmi les spectacles : des numéros de funambule, du cirque contemporain avec ou sans agrès et une performance interactive où il faudra éviter 100 balles rebondissantes. La soirée est déambulatoire : « On bouge avec ses chaises et son canap’ », précise Louis Gillard.

Sorties ciné et avant-premières à 5€

Du 17 au 21 septembre, les cinémas du Grand Est proposent des sorties « ciné-cool ». Pendant ces cinq jours, toutes les places de cinéma sont à 5€. En plus des séances classiques, 40 films seront proposés en avant-première dans la région. Parmi elles, il y aura le film La petite dernière, tiré du livre éponyme de Fatima Daas. L’œuvre revient sur l’histoire de Fatima, 17 ans, qui s’émancipe de sa famille traditionnelle en s’installant à Paris pour ses études. La projection se fera en présence de la réalisatrice Hafsia Herzi et de l’actrice Nadia Melliti. Le film a été récompensé par deux prix à Cannes : le prix d’interprétation féminine pour Nadia Melliti et la « Queer palm » du meilleur film LGBTQIA+. Le film Météors d’Hubert Charruel, quant à lui, se penche sur l’histoire de trois amis, vivotant dans la diagonale du vide, à la lisière de l’ennui, de la délinquance et de la réussite. La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur.

Quelle saison choisir à la rentrée ?

Pour celles et ceux qui se posent la question, Strasculture a sans doute la réponse. Le samedi 6 septembre, place du château, 120 structures culturelles, postées sous des tonnelles, proposent des activités ou des sorties à venir pour l’année 2025-2026. Un coin lecture et un espace jeux de société seront installés pour faire de ce rendez-vous un moment convivial, et des spectacles se dérouleront toute la journée.

Place du château, le public pourra assister à des performances circassiennes, théâtrales et dansées. Cour du Palais Rohan, place à la musique avec des orchestres et des chorales de styles et répertoires variés. Entre Pélicanto et musique celtique, le spectre musical présenté sera large. Dans la cour du 5e lieu et sur la terrasse du Palais Rohan, il y aura d’autres spectacles de chant, danse ou cirque. Enfin, ce jour-là, l’entrée des quatre musées de la Ville situés aux abords du château (Musée de l’œuvre Notre-Dame, musée Archéologique, musée des Beaux-Arts et musée des Arts décoratifs) sera gratuite.

Les samedis, c’est mini festival électro

En septembre, Strasbourg vibre aussi au rythme de l’électro. Les samedis 6, 13, 20 et 27 septembre, de 13h à 22h, Park’N’Sound fera résonner de la house, de l’électro classic, de l’indie dance ou encore de l’Afro House au pied de la Cathédrale… Des activités, comme du basket, le molkky, du badminton ou du minigolf seront proposées. La restauration à base de tartes flambées et knacks frites privilégiera le bio et le fait maison. L’accès sera gratuit et ouvert à tous, et les enfants seront les bienvenus.

Les incontournables : BI, FEFFS, JEP

Difficile de faire une sélection culturelle en septembre sans évoquer trois événements incontournables de la rentrée strasbourgeoise : les Bibliothèques idéales, les Journées du patrimoine (JEP) et le Festival européen du film fantastique (FEFFS).

Les Bibliothèques idéales se dérouleront du 19 septembre au 5 octobre. Ce sont plus de 70 rencontres littéraires qui se tiendront dans les librairies, l’église Saint-Guillaume ou le Parlement européen. Pour ne citer que quelques noms, Fatou Diom, Kamel Daoud, Christophe Ono-dit-Biot et Laurent Gaudé participeront à cette édition 2025.

Les Journées européennes du patrimoine auront lieu le week-end du 19 au 21 septembre. Le thème cette année est l’architecture. Ce sera l’occasion de découvrir des édifices d’ordinaire fermés au public comme le Palais du Rhin, le palais du gouverneur ou le Palais épiscopal. Le matrimoine ne sera pas en reste puisque l’association Osez le féminisme 67 organise une visite guidée de la ville pour « découvrir l’héritage culturel des femmes alsaciennes ».

Le Festival européen du film de genre se tiendra du 26 septembre au 5 octobre. Des projections seront organisées dans tous les cinémas de la ville. Au programme, une rétrospective dédiée à la « FasciFiction » (dystopies imaginant des régimes autoritaires), avec la projection de Farenheit 451 de Truffaut et de La Ferme des animaux de John Halas et Joy Batchelor, adapté du livre de Georges Orwell. L’invité d’honneur sera Alexandre Aja, réalisateur de films d’horreur. Il a notamment réalisé un remake du film de Wes Craven La colline a des yeux.

Jean-Philippe Vetter mobilise 19 spécialistes pour construire un programme « attractif »

Jean-Philippe Vetter mobilise 19 spécialistes pour construire un programme « attractif »
Jean-Philippe Vetter, entouré d’une partie de son « XV de Strasbourg » vendredi 29 août.

Candidat aux élections municipales, Jean-Philippe Vetter a doté son projet d’une équipe de 19 personnes, toutes expertes dans leurs domaines, afin d’affiner ses mesures avant le scrutin de mars 2026.

Au pied de la cathédrale, « symbole de la grandeur de Strasbourg », Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) a présenté vendredi 29 août son « XV de Strasbourg ». Une équipe de 19 personnes, chacune experte d’une thématique, qui doit aider le conseiller municipal d’opposition à produire un programme « réaliste et réalisable » pour les élections municipales de mars 2026.

Après un « printemps strasbourgeois » passé à « écouter les citoyens » lors d’une dizaine de réunions publiques dans les quartiers de Strasbourg, Jean-Philippe Vetter estime qu’il est temps de passer à la phase de construction du programme. Coordonnés par François Bouchard, ancien directeur général des services de la Région Grand Est, les experts du « XV de Strasbourg » doivent produire des notes et des mesures, en lien avec les remarques des Strasbourgeois qui se sont inscrits sur le site de campagne de Jean-Philippe Vetter et avec les propos qui seront tenus lors de futures réunions thématiques.

Mais tout ceci doit tenir dans un cadre général, une « vision pour Strasbourg en 2050 » de Jean-Philippe Vetter :

« Il ne s’agit pas de produire un inventaire à la Prévert de mesures éparses. Elles devront contribuer à rendre à Strasbourg sa grandeur, à permettre aux Strasbourgeois de retrouver leur fierté d’habiter dans une ville ouverte, éprise de libertés et capitale européenne. »

Membre de Les Républicains, Jean-Philippe a profité de l’occasion pour rappeler qu’il ne s’agissait pas de construire un programme de droite :

« Strasbourg, ce n’est pas l’Assemblée nationale. Les clivages partisans n’y ont pas leur place. Il s’agit de construire un programme rassembleur, de provoquer une large adhésion et de rebâtir l’attractivité strasbourgeoise. Et j’en appelle à Nicolas Matt (Renaissance, NDLR), Pierre Jakubowicz (Horizons) et Catherine Trautmann (Parti socialiste) : ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous divise ! Sachons dépasser les égos et construire l’union des propositions ! »

Les élus du centre ainsi cités se retrouvent certes dans leur opposition à la maire sortante, Jeanne Barseghian (Les Écologistes), mais ils sont déjà tous engagés dans leurs démarches respectives de mobilisation, dont aucune n’inclut à ce stade de fusion des propositions ou des candidats avec Aimer Strasbourg de Jean-Philippe Vetter.

Pour les Écologistes, une « révolution des mobilités » contrariée

Pour les Écologistes, une « révolution des mobilités » contrariée
Alain Jund, vice-président en charge des mobilités à l’Eurométropole.

Plus de trams, plus de pistes cyclables, moins de voitures… Les Écologistes ont réussi à pousser le développement des mobilités douces. Mais l’échec cinglant du projet de tram nord limite la portée de la « révolution des mobilités » promise par l’exécutif.

La « révolution des mobilités » n’a pas eu lieu à Strasbourg. Pour s’en rendre compte, il suffit de parcourir l’avenue des Vosges. Même en y fermant les yeux, le bruit régulier et agressif des voitures suffit à constater cet échec cinglant du mandat de la maire écologiste Jeanne Barseghian. Car cette grande artère du quartier de la Neustadt reste un boulevard où circulent 18 000 automobiles par jour, en moyenne, selon l’Eurométropole de Strasbourg (EMS). Autant de moteurs qui laissent derrière eux un parfum imperceptible de particules fines… et un sentiment d’échec à la fin de ce mandat des Écologistes strasbourgeois.

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L’interminable lutte de Stepan, de la répression en Russie à la lenteur administrative en France

L’interminable lutte de Stepan, de la répression en Russie à la lenteur administrative en France
Stepan, 25 ans, a dû fuir la Russie après avoir protesté contre la guerre en Ukraine

Stepan, 25 ans, a quitté la Russie en 2022 après avoir protesté contre l’invasion de l’Ukraine. Trois ans après son arrivée en France, il témoigne de sa fatigue administrative, en attente de son titre de voyage depuis janvier 2025.

« J’ai tout essayé », commence l’étudiant de 25 ans, qui débute bientôt sa troisième année d’étude à la Haute école des arts du Rhin (HEAR). « J’ai même demandé de l’aide au directeur de la HEAR, mais il n’a rien pu faire. » Fin juin 2025, Stepan, réfugié russe, attend depuis bientôt sept mois son titre de voyage pour avoir l’autorisation de sortir de France. Mais il est sans nouvelle de la préfecture du Bas-Rhin sur l’avancée de son dossier. À bout, il envoie un courriel à tous les étudiants de l’institution : « Le 4 juillet, je vais mener une action individuelle devant la préfecture du Bas-Rhin. »

À quatre reprises au mois de juillet, les jeudis, de 11h à 13h, Stepan répète alors un piquet de grève contre la lenteur administrative de la préfecture. Il ajoute dans son courriel à ses camarades :

« Si même cela ne donne aucun résultat, je serai contraint de passer à une forme de protestation plus radicale : m’attacher avec des menottes aux portes de la préfecture. Je suis désolé d’en arriver là mais mes droits ne sont pas une blague. »

Il n’en arrivera pas jusque là. Le 21 août, assis à une terrasse de café, le réfugié russe enchaîne les cigarettes. Il reconnaît que son piquet de grève n’a eu aucun effet. « Me voir avec mon panneau devant la préfecture faisait rire les agents. » Résigné, il témoigne de sa longue lutte administrative, qui dure depuis son arrivée en France, en décembre 2022.

Stepan en pleine action contre la préfecture du Bas-Rhin, le 4 juillet 2025.Photo : Document remis
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Manifestations, blocages… Comment rejoindre la mobilisation du 10 septembre en Alsace

Manifestations, blocages… Comment rejoindre la mobilisation du 10 septembre en Alsace
Devant le lycée Louis Pasteur à Strasbourg, en août 2025.

Manifestation, blocages, cantines solidaires… Mercredi 10 septembre, la mobilisation du mouvement « Bloquons tout » prendra des formes diverses. L’organisation, très horizontale, a surtout lieu sur des groupes de la messagerie Telegram.

L’assemblée générale du mouvement « Bloquons tout » à Strasbourg s’étoffe un peu plus chaque semaine. Mercredi 27 août, ils étaient plus d’une cinquantaine à se retrouver au parc de la Citadelle. Parmi les organisations représentées : les syndicats CGT, Solidaires et la Confédération paysanne. De retour de leur université d’été, les militants de La France insoumise ont bien suivi l’appel du parti à soutenir le mouvement de blocage mercredi 10 septembre.

En dehors de la manifestation déclarée par le syndicat CGT Educ’action le même jour à 14h place Kléber, les discussions des premiers participants n’ont pas encore abouti à un plan d’actions précis pour cette première journée de mobilisation. Mais les participants sont unanimes sur la nécessité de rassembler le plus largement possible. L’objectif est d’aboutir à une « mobilisation d’ampleur » qui s’inscrive dans la durée. Le premier objectif du mouvement est d’obtenir le départ du Premier ministre François Bayrou et le retrait des mesures d’austérité présentées au début de l’été.

Des canaux Telegram

Pour ce faire, un travail de tractage, de collage d’affiches et de communication sur les réseaux sociaux continue jusqu’au 10 septembre. Les participants à l’assemblée générale strasbourgeoise espèrent trouver de nouveaux volontaires pour participer aux différentes actions envisagées. Rue89 Strasbourg vous résume ici les canaux de communication du mouvement Bloquons tout au niveau local.

Dans le Bas-Rhin, plus de 500 personnes échangent sur le canal Telegram « Indignons nous Bas-Rhin ». La première étape est d’entrer dans ce canal pour ensuite avoir la possibilité de rejoindre les sous-groupes thématiques. Ainsi, les personnes qui organisent le tractage en amont de la journée de mobilisation échangent ici. Celles et ceux qui souhaitent s’engager dans les cantines solidaires à Strasbourg peuvent rejoindre ce canal de communication. Les échanges autour de la communication du mouvement au niveau local sont consultables ici.

En dehors de Strasbourg

Des canaux Telegram ont aussi été créés pour permettre de s’organiser dans d’autres villes bas-rhinoises : pour les habitants d’Alsace centrale, il existe un canal Sélestat et environs. Du côté de Saverne, on trouve le canal Alsace Nord. Un canal de communication existe aussi pour le Haut-Rhin.

Pour trouver les informations à propos de la mobilisation du 10 septembre sur d’autres réseaux, des pages Facebook ou Instagram du mouvement ont été mises en ligne.

Prochains rendez-vous

La prochaine assemblée générale de Bloquons tout à Strasbourg doit se tenir mercredi 3 septembre à 18h30 au parc de la Citadelle (sur une des placettes côté rue de Boston). Quelques militants et militantes devraient aussi être présentes à la Rentrée des luttes, l’université d’été citoyenne organisée par Rue89 Strasbourg samedi 6 septembre à partir de 13h au Phare Citadelle. Une liste des prochaines réunions d’organisation dans le Bas-Rhin est disponible ci-dessous.

Samedi 6 septembre, on se retrouve à la Rentrée des luttes au Phare citadelle

Samedi 6 septembre, on se retrouve à la Rentrée des luttes au Phare citadelle
Détail de l’affiche 2025

La Rentrée des luttes est une université d’été citoyenne organisée par Rue89 Strasbourg. Une journée pour se rencontrer, débattre et prendre de la hauteur sur les enjeux politiques, sociaux et environnementaux avec des personnes engagées en Alsace et à Strasbourg.

Est-ce que la gauche parviendra à s’unir pour 2027 ? C’est la grande question que se posent les partis écologistes et socialistes lors de leurs universités d’été. Mais les citoyens, que se posent-ils comme questions ? En tant que média, nous publions chaque jour des articles pour éclairer la situation politique locale, au sens large. Des pistes cyclables ? C’est politique. Des aides pour la neige artificielle ? C’est politique. Nombre de sujets ne sont qu’effleurés mais jamais discutés. C’est pourquoi nous organisons une « université d’été citoyenne », la quatrième Rentrée des luttes, en partenariat avec le Phare citadelle, samedi 6 septembre à partir de 13h.

La Rentrée des luttes, c’est une journée pour se rencontrer, échanger et débattre autour des enjeux locaux avec des personnes, des associations et des collectifs engagés localement. Cette journée est structurée autour d’un grand forum, avec une trentaine de stands (voir la liste ci-dessous). Ces organisations sont régulièrement sollicitées par les journalistes de Rue89 Strasbourg, vous pourrez les retrouver et évoquer avec elles leur actualité ou leurs combats.

Des tables-rondes pour réfléchir

En outre, trois tables-rondes sont prévues au cours de l’après-midi :

    14h : Violences sexuelles et sexistes dans les festivals – quelles évolutions après les signalements ? Avec :
      Louise Battisti, formatrice, chargée de projet pour les assises de lutte contres les violences faites aux femmes, Céline Petrovic, formatrice et conférencière sur l’égalité femmes-hommes, festival Contre Temps, Pauline Schwartz, bénévole dans les festivals pour Dis bonjour sale pute.
    15h30 : Était-ce vraiment un mandat pour le climat ? Le bilan des associations et des scientifiques. Avec :
      Tom Baumert, ex d’Alternatiba et mouvement climat en 2020, Alain Clappier, professeur, laboratoire Ville et Climat (CNRS, Unistra), Zoé Mary, militante du mouvement climat en 2020.
    17h : Retour sur la mobilisation citoyenne pour héberger les familles à la rue scolarisées. Avec :
      Céline Balasse, enseignante, Marie-Claude Harrer, enseignante, Annabelle Rodrigues, enseignante Élphège Tignel, parente

Des ateliers pour se former

Les ateliers sont des moments de formation et de partage de savoir-faire. Ils durent entre 30 et 90 minutes selon les cas.

    14h – Comment accueillir des élèves victimes de sans-abrisme dans les établissements scolaires par le Collectif inter-établissements, 14h – Fresque de la migration par Kabubu, 14h – Comment communiquer et alerter des journalistes par Rue89 Strasbourg, 14h – Comment organiser un événement quand on est tout petit ? Par Association Mimir 15h – Évolution des règles RSA et France Travail par A.B.C.D.E. / MNCP, 15h – Loi anti-immigré·es, loi anti-sociales, même combat par D’ailleurs nous sommes d’ici 67, 15h – Dîner de famille : et si on parlait immigration ? par La Cimade, 15h – Parlons de la reconstruction du projet, par Association Mimir 16h – Les coulisses d’Abribus en chiffres par Abribus, 16h – Militant·es et journalistes, quels liens, quelles distances par Rue89 Strasbourg, 16h – Aider le peuple palestinien avec la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions, par le collectif BDS, 17h – Comment s’organiser en cas de discriminations ou de violence sexiste dans nos lieux de vie quotidiens par le Brif.

Et tout ceci dans la joie et la bonne humeur

Nous savons bien qu’il est toujours plus tentant de rester en terrasse que de venir s’informer et se former sur les enjeux politiques locaux. Grâce aux services de restauration du Phare citadelle, nous vous proposons de faire les deux ! Et même de vous cultiver, grâce à une sélection de livres militants proposés par la librairie La Tache Noire.

En outre, à partir de 20h, la Rentrée des luttes continue avec une programmation musicale concoctée par l’équipe du Phare Citadelle. C’est « Prêt·es pour la bagarre » ! Nous aurons la joie d’accueillir :

Rue89 Strasbourg remercie d’ailleurs chaleureusement toute l’équipe du Phare citadelle, qui se mobilise chaque année pour accueillir cet événement et l’organiser avec nous.

L’entrée à la Rentrée des luttes et la participation aux ateliers sont gratuits. Il sera possible de s’abonner à Rue89 Strasbourg sur place ou de soutenir le média. Toute la rédaction sera présente et nous espérons vous retrouver nombreux et nombreuses à cette occasion.

Lithium de France abandonne son projet de forage à Soufflenheim

Lithium de France abandonne son projet de forage à Soufflenheim
Frédéric Perrin était un membre actif de la lutte anti-lithium à Soufflenheim.

Une vive opposition locale avait provoqué en juin l’annulation d’une réunion publique sur un potentiel forage de l’entreprise Lithium de France à Soufflenheim. La préfecture a acté le retrait du projet le 21 août.

Lithium de France avait annoncé, en février 2025, son intention de forer un puits de trois kilomètres de profondeur à 150 mètres des habitations les plus proches à Soufflenheim. Le but : confirmer la présence d’eaux riches en lithium à cet endroit. Ce composé sert notamment à la fabrication des batteries électriques. Plusieurs sociétés planifient d’exploiter ce gisement alsacien, tout en produisant de l’énergie géothermale grâce à la chaleur de l’eau pompée.

De nombreux riverains, le conseil municipal de Soufflenheim et la communauté de communes du Pays Rhénan se sont rapidement prononcés contre le projet. Le 14 mars, 400 habitants ont montré leur opposition au forage lors d’une réunion publique, dépassant largement la capacité d’accueil de la salle où se tenait l’événement. Ils craignent principalement les nuisances sonores et le risque sismique engendrés par une telle installation.

Avis négatif de l’autorité environnementale

Pour rappel, la centrale géothermique de Fonroche, société du même groupe que Lithium de France, avait provoqué plusieurs tremblements de terre en 2019 et 2020 au nord de Strasbourg. Des centaines de maisons avaient alors été fissurées. L’entreprise n’avait pas respecté les réglementations fixées par l’État.

Le 1er avril, l’autorité environnementale avait publié un avis demandant le retrait immédiat de la demande de forage à Soufflenheim, à cause d’insuffisances sur l’information au public, du risque de sismicité et des nuisances sonores.

La friche de l'ancienne scierie Maechler de Soufflenheim, où souhaite forer Lithium de France, à moins 200 mètres des premières habitations.
La friche de l’ancienne scierie Maechler de Soufflenheim, où Lithium de France souhaitait forer.Photo : Paciane Rouchon / Rue89 Strasbourg

Le 2 juin, Lithium de France a déclaré à la commune de Soufflenheim que le projet était suspendu. L’entreprise affirmait alors que certains de ses collaborateurs avaient subi des menaces, et avait également annulé une réunion publique qui devait se tenir le lendemain. Les opposants n’étaient pas encore entièrement rassurés puisqu’ils considéraient que le retrait n’était pas définitif.

D’autres projets dans la zone

L’entreprise a finalement envoyé un courrier à la préfecture du Bas-Rhin le 20 août 2025, pour mettre un terme à cette démarche. Le préfet a pris acte de la décision le 21 août, officialisant ainsi la fin définitive de cette procédure. La commune de Soufflenheim a publié cet échange de courriers sur sa page Facebook le 25 août : « Cette décision fait suite à de nombreuses concertations, réflexions et contestations », a salué le maire Camille Scheydecker.

Contacté par Rue89 Strasbourg, le groupe Arverne, qui détient Lithium de France, n’a pas souhaité commenter cette décision. Mais il a tenu à rappeler que ses autres projets alsaciens se poursuivent, avec notamment, en juin, le début d’un forage exploratoire à Schwabwiller (commune de Betschdorf), à 10 kilomètres de Soufflenheim.

À l’Epsan, un psychologue pour enfants interpellé pour détention d’images pédopornographiques

À l’Epsan, un psychologue pour enfants interpellé pour détention d’images pédopornographiques
Visite de l’unité Barb1e à l’Epsan.

À l’Epsan, un psychologue qui travaillait en pédopsychiatrie a été interpellé pour détention d’images à caractère pédopornographique. En interne, le silence et la passivité de la direction interrogent.

« Comme toujours chez nous, c’est l’omerta… », souffle un salarié de l’Établissement public de santé Alsace nord (Epsan). Il vient d’alerter Rue89 Strasbourg à propos d’une intervention de la gendarmerie dans le service de pédopsychiatrie situé à Brumath jeudi 22 mai. Un psychologue a été interpellé pour détention d’images à caractère pédopornographique. Il intervenait depuis février 2025 au sein du pôle psychiatrie infanto-juvénile (I02) de l’Epsan. Le secteur d’activité de ce pôle se situe au nord ouest du Bas-Rhin. Il couvre les cantons de Sarre-Union à Brumath en passant par Saverne, Niederbronn-les-bains ou encore Bouxwiller.

Un intérêt pour les « troubles pédophiliques »

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Le chanoine Hubert Schmitt de nouveau vicaire général du diocèse de Strasbourg

Le chanoine Hubert Schmitt de nouveau vicaire général du diocèse de Strasbourg
Hubert Schmitt en mai 2025

L’archevêché de Strasbourg a réinstallé Hubert Schmitt en tant que vicaire général. Le chanoine avait été mis en cause dans une affaire d’agression sexuelle sur un mineur en 1993 dans le sud de l’Alsace.

En mai 2023, la procureur de la République de Mulhouse a confirmé à France 3 Alsace que les faits d’agression sexuelle imputés au chanoine Hubert Schmitt étaient prescrits. Mis en cause pour des gestes déplacés à l’égard d’un jeune paroissien de 13 ans en 1993, lequel avait raconté son histoire dans le documentaire La Déposition de Claudia Marschal, Hubert Schmitt avait été écarté du conseil épiscopal en avril 2023 par Monseigneur Luc Ravel.

(suite…)

La maison d’arrêt toujours aussi pleine à craquer de détenus désespérés

La maison d’arrêt toujours aussi pleine à craquer de détenus désespérés
Dans les couloirs de la prison.

Près de deux mois après la mort d’un détenu dans l’incendie de sa cellule, reportage à la maison d’arrêt de Strasbourg. Un lieu de détention vétuste où le taux d’occupation était de 179 % pour les hommes en 2024.

Il est 8 heures du matin, ce jeudi 21 août, lorsque la sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, se présente au pied du mur d’enceinte de la maison d’arrêt de Strasbourg, située dans le quartier de l’Elsau. C’est une visite surprise. En cette fin de mois d’août un peu poisseuse, sous le ciel gris et blanc alsacien, la voici à Strasbourg, avec un motif principal : comprendre le décès d’un détenu survenu le 29 juin derrière les épais murs de cette prison.

Ce dimanche-là, en milieu d’après-midi, des fumées et des flammes s’échappent d’une cellule. Celle de Serge Meckes, 57 ans. Incarcéré à Strasbourg depuis octobre 2024, le quinquagénaire – qui était aveugle – avait été condamné à quatre mois de prison pour violence avec usage ou menace d’une arme. Il était dans l’attente d’un jugement pour meurtre par personne en état d’ivresse manifeste.

Les gardiens vont mettre plusieurs minutes – l’enquête devra déterminer combien exactement – avant d’ouvrir la porte de la cellule en flammes, pour sortir le détenu et tenter – en vain – de le sauver.

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Faute de budget, des lycéens privés de langue et culture régionale à la rentrée

Faute de budget, des lycéens privés de langue et culture régionale à la rentrée
Le rectorat à Strasbourg, dans le quartier des Halles, en février 2022.
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Le photographe Fabrice Mercier publie un album de Strasbourg tout en coïncidences visuelles

Le photographe Fabrice Mercier publie un album de Strasbourg tout en coïncidences visuelles
Fabrice Mercier, photographe strasbourgeois

Le photographe strasbourgeois Fabrice Mercier publiera en octobre « SynchroniCité ». Fruit de quatre années à arpenter la capitale alsacienne, son premier recueil photos rassemble des instants où la rue accueille d’improbables coïncidences visuelles.

Un passant qui se fond dans les couleurs bariolées des chaises d’un café, une robe aux motifs géométriques qui rappelle les pots de fleurs voisins, un manteau qui se fond dans une fresque murale… Au bon endroit et au bon moment, le hasard compose des images furtives, que le regard affûté de Fabrice Mercier sait révéler. Hoenheimois depuis six ans mais Strasbourgeois de naissance, le photographe de 54 ans s’apprête à publier en octobre son premier album photographique « SynchroniCité », consacré à ces instants furtifs où la vie urbaine compose des tableaux improbables.

Créer le hasard

« Strasbourg, c’est sur mon chemin quand je rentre du travail. Je pose mon vélo et je marche pendant deux heures, sans réel but », décrit Fabrice Mercier. Éducateur dans un foyer d’accueil pour personnes en situation de handicap à Illkirch-Graffenstaden, il ne vit pas de la photographie. Et pourtant, ce rituel du soir, cette manière de prolonger la route, est peu à peu devenu une passion : « C’était mon quotidien du lundi au samedi ces dernières années. Une sorte de bouffée d’oxygène qui me permettait de voir autre chose. »

De par sa sensibilité et son engagement dans le social, Fabrice Mercier a naturellement porté son regard vers les êtres humains plutôt que vers des paysages figés. Peu à peu, il a appris à repérer ces moments où la ville offre des images qu’on croirait composées :

« J’ai trouvé une sorte de technique, qui n’est pas innée et qui n’est pas mienne, mais qui m’a permis de travailler à faire coïncider le sujet avec son environnement. Au début, je photographiais simplement des gens qui marchaient dans la rue, mais très vite, il fallait que quelque chose se passe, qu’il y ait une interaction entre la personne et son environnement. C’est là que la photo prenait vie. »

Redécouvrir Strasbourg

Au travers de son objectif, Fabrice Mercier témoigne aussi de l’évolution de Strasbourg. En quatre ans, il a immortalisé la ville en perpétuelle transformation. Ses archives donnent à voir le cinéma voisin de la librairie Kléber, encore appelé L’Odyssée, aujourd’hui rebaptisé Cosmos. Ailleurs, des fresques de street art qui ont aujourd’hui disparu.

Les images de Fabrice Mercier se concentrent en grande partie dans l’hypercentre de la ville. Un terrain qui concentre autant de scènes de vie pleine de légèreté que de réalités plus dures. « En quelques années, j’ai vu beaucoup plus de précarité dans la rue. Ce n’est pas forcément ce que je vais chercher à photographier de prime abord, mais c’est une réalité qui s’impose aussi à moi », constate-t-il.

Un premier livre en financement participatif

Ce style photographique a rapidement trouvé son public sur les réseaux sociaux. Après une première exposition intitulée « Comédie urbaine » en 2022 à la Cour des Boecklin à Strasbourg, et quelques publications dans des revues comme Or Norme, Fabrice Mercier a décidé de lancer son premier livre photographique. Rassemblant près de 500 clichés pris entre 2021 et 2025, le projet doit se financer grâce à une campagne participative ouverte le 20 août. Fabrice Mercier pourra imprimer le livre à partir de 150 précommandes.