Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Rénovée, la salle alternative du Molodoï repart pour 20 piges

Rénovée, la salle alternative du Molodoï repart pour 20 piges

Photos – La salle atypique du Molodoï, rue du Ban de la Roche à Strasbourg, dans le quartier de la Laiterie fait peau neuve. Elle rouvre le 21 octobre avec une grosse fête et le même esprit alternatif, « antifasciste, antisexiste et anticapitaliste. »

Les grands travaux de la salle du Molodoï, voisine de la Laiterie dans le quartier gare de Strasbourg sont bientôt terminés. Du moins le gros œuvre, la toiture et le sol. Quelques finitions vont s’étaler jusqu’à mai 2018, autour du bar agrandi, la cuisine, des toilettes et de quelques autres mises au normes (accès personnes handicapées, compteur électrique).

Une verrière en demi-lune a aussi été ajoutée dans la loge au premier étage, qui permet d’être plus claire et de l’aérer. Enfin plus besoin de chauffer tout l’ancien hangar de 548 m² pour les petites réunions dans cette pièce.

Lieu atypique, le Molodoï (« jeunesse » en russe) est autogéré par une association. Le « Molo » qui se définit « antifasciste, antisexiste et anticapitaliste » n’a pas varié dans son fonctionnement, un conseil d’administration de 10 membres où personne n’a de statut particulier.

Travaux payés par la municipalité

Lieu de concert et de spectacles éclectiques de 800 places, à destination des associations locales et quelques noms plus connus, le Molodoï est aussi un lieu de l’alternative politique. Plusieurs événements de Nuit Debout ou de protestation contre la Loi Travail s’y étaient tenus en 2016. Pour les spectacles, deux règles font notamment foi : un prix d’entrée maximum à 8 euros (50 francs autrefois) et chaque projet doit être accepté par consensus au conseil d’administration.

Mais cette autonomie revendiquée a un prix, un sous-investissement chronique sur l’ensemble du bâtiment. Plus de 20 ans après l’installation en 1994, le toit était tellement endommagé qu’il n’était plus étanche. L’ensemble des travaux, soit 500 000 euros, a été pris en charge par la Ville de Strasbourg, étalé sur plusieurs années. Merci la Ville car aujourd’hui, le toit ne fuit plus, le sol est tout lisse, tout comme le bar.

« Pas une institution »

Jérémie Fallecker, l’un des 10 membres du conseil d’administration, fait le point :

« Nous avons des années de pic à 280 jours d’ouverture, mais nous sommes 10 bénévoles et nous ne sommes qu’humains, on ne peut pas toujours tout accepter si on veut accompagner correctement les associations. Le Molodoï est aussi une école de l’organisation. »

Et si le lieu n’a « pas vocation à devenir une institution », a par exemple souligné Alain Fontanel (LREM), premier adjoint au maire de Strasbourg en charge de la Culture, la municipalité apprécie aussi que le Molodoï s’insère dans la vie du quartier, notamment à l’occasion des fêtes de quartier, voire pour la présentation à venir des rénovations des rues adjacentes du Ban de la Roche, du Howald et de la Broque.

Un week-end festif de réouverture

La Ville de Strasbourg signe un nouveau bail de 20 ans pour un loyer modeste de 250 euros par mois, une forme de soutien indirect en plus de la subvention annuelle de 20 000 euros, sur un budget total d’environ 80 000 euros, alimenté par les dons et les associations utilisatrices. La Ville de Strasbourg est le seul soutien institutionnel, cette subvention n’avait pas été remise en cause par la droite entre 2001 et 2008.

Pour fêter ces belles relations et ce nouveau bail, une week-end festif « On en a repris pour 20 ans » est organisé par la structure du vendredi 27 octobre au dimanche 29 octobre. Le week-end d’avant, c’est la fête du quartier gare qui s’y tiendra le samedi 21 octobre.

L’histoire derrière le surprenant soutien des Vitrines de Strasbourg à la ZAC de Vendenheim

L’histoire derrière le surprenant soutien des Vitrines de Strasbourg à la ZAC de Vendenheim

Les Vitrines de Strasbourg ont elles donné leur soutien au projet d’extension de la zone commerciale de Vendenheim, comme l’affirme Robert Herrmann, président de l’Eurométropole ? Pierre Bardet, le directeur de l’association, dément. Rue89 Strasbourg fait le point.

Le 22 septembre en commision plénière, les élus de l’Eurométropole de Strasbourg ont évoqué la cession au promoteur Frey d’un terrain de quelques centaines d’ares à Vendenheim, prévue au vote la semaine suivante en conseil. Un point anecdotique au vue de l’étendue du projet d’extension de la zone d’activités commerciales (ZAC) de Vendenheim– 100 hectares -déjà ficelé en conseil eurométropolitain en septembre 2016. Mais Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg (la coopérative) en charge du commerce, a profité de l’occasion pour relancer le débat sur ce projet et notamment les 9,8 millions d’euros que l’Eurométropole prévoit d’y injecter.

Agacé, Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole, a alors souligné pour clore la discussion que le projet s’était fait en concertation avec la chambre de commerce et avait même été approuvé par Pierre Bardet, le président des Vitrines de Strasbourg, l’association des commerçants du centre-ville.

Surprise des commerçants

Surprise dans les milieux commerçants du centre-ville, plutôt inquiets par la concurrence exacerbée de cette zone commerciale géante. Comment ça, l’association censée les représenter et les défendre serait favorable à l’extension de leurs pires concurrents ?

« Tous mes interlocuteurs du monde du commerce strasbourgeois réfutent être favorables au projet », confie Paul Meyer à Rue89 Strasbourg. Même si la plupart des centres commerciaux existants dans l’agglomération sont adhérents aux Vitrines de Strasbourg, qui revendique plus de 400 membres, l’association a toujours affiché son hostilité à de nouvelles extensions de zones commerciales en périphérie de Strasbourg.

Une lettre de caution ?

En 2012, son avocat avait même fait annuler le projet Futura devant la commission nationale d’aménagement commerciale. Il devait comprendre un ensemble de grands magasins sur près de 6 000 m², dans la continuité de la zone commerciale existante de Vendenheim.

Après la révélation surprenante de Robert Herrmann, plusieurs témoins ont assuré à Rue89 Strasbourg avoir vu, dans des cercles très restreints, une lettre d’approbation du projet signée par Pierre Bardet et à en tête des Vitrines, en appui au dossier du promoteur Frey.

Pierre Bardet dément

Mais où est donc passée cette lettre ? Robert Herrmann souligne qu’il n’a jamais fait mention d’autre chose que du soutien des Vitrines dans le cadre des concertations engagées en amont du projet. Pierre Bardet quant à lui dément formellement avoir jamais écrit une telle lettre, ni même avoir jamais soutenu l’extension de la zone commerciale de Vendenheim :

« C’est n’importe quoi, je ne soutiens pas ce projet. Il n’y a pas de lettre. Je n’ai jamais fait de lettre. Depuis que je suis aux Vitrines, c’est mon combat d’empêcher les zones commerciales. L’équipe des Vitrines a assisté à plusieurs réunions à la CCI et avec Robert Herrmann il y a deux ans. On ne pouvait pas s’opposer à ce projet d’extension, alors on a demandé des compensations pour ne pas déstabiliser le commerce à Strasbourg. On a empêché l’ouverture d’un cinéma sur la zone de Vendenheim et on a imposé que le Primark s’installe en centre-ville et pas là-bas. Nous continuons désormais de réclamer l’ouverture de nouveaux parkings en centre-ville avant l’ouverture de la nouvelle zone commerciale de Vendenheim. Et éventuellement, si ça se passe bien, on aimerait l’installation d’un kiosque sur place pour parler des commerces de Strasbourg. »

Frey botte en touche

De son côté, le promoteur titulaire de l’aménagement, Frey, « ne veut ne veut pas polémiquer », selon Mathieu Mollière, son directeur de communication :

« Nous n’avons pas reçu de soutien officiel des commerçants du centre de Strasbourg et je ne suis pas au courant d’un courrier des Vitrines. Ce projet a été concerté sans rapport avec le centre-ville. On est loin d’éventuelles problématiques des élus par rapport au centre-ville qui n’est pas très concerné. On n’a pas besoin de ce soutien, il n’y a pas d’influence de ces commerçants. Le groupe Frey n’a jamais cherché le soutien de qui que ce soit ni par écrit ni autrement. »

Peut-être qu’à l’époque un soutien supplémentaire n’était pas nécessaire mais maintenant ?

Pourquoi des commerçants de la Grand’Rue hésitent à payer les Illuminations de Noël

Pourquoi des commerçants de la Grand’Rue hésitent à payer les Illuminations de Noël

S’ils ne jouent pas le jeu, l’association le Village menace les commerçants de la Grand’Rue et de la rue du Fossé des Tanneurs de ne pas faire installer les Illuminations de Noël en novembre. Un groupe de commerçants en profite pour ouvrir le débat, deux ans après les révélations sur les largesses des Vitrines de Strasbourg.

La Grand’Rue et la rue du Fossé des Tanneurs seront-elles illuminées pour le marché de Noël ? Le courrier adressé fin septembre aux commerçants des deux rues par . . .

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#Le Village#Yaël Cao

En cas de blocage sur l’Alsace, Frédéric Bierry prêt à recourir à la consultation publique

En cas de blocage sur l’Alsace, Frédéric Bierry prêt à recourir à la consultation publique

Le président du Département du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, se garde sous le coude le coup de la consultation publique pour faire pression sur le gouvernement pour l’existence administrative d’une région Alsace.

Le débat sur le retour à l’existence administrative de la région Alsace est pratique car il permet de faire diversion mais il faut reconnaître que la Région Grand Est n’a pas réussi à s’imposer complètement dans les esprits haut et bas-rhinois. Certains des élus alsaciens du conseil régional exprimant m . . .

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Claire Faravarjoo en concert au Mudd jeudi pour présenter son premier album

Claire Faravarjoo en concert au Mudd jeudi pour présenter son premier album

Claire Faravarjoo, groupe de pop-electro strasbourgeois, présente son premier CD, Minuit, jeudi soir au Mudd Club. Un concert tout doux, plein de poésie, comme un rêve éveillé.

Claire Faravarjoo, c’est une chanteuse à la voix angélique et au sourire débordant de bonheur. Avec son frère Romain et son ami Ben, ils forment un trio envoûtant qui délivre avec passion des mélodies chaudes et des paroles teintées de mélancolie. Claire, je t’en avais déjà parlé sur Rock This Town lorsque je l’avais interviewée il y a peu. C’est un peu mon gros coup de cœur depuis que je l’ai découvert en concert. Sa voix, sa personnalité, ses textes, tout m’avait plu chez elle. Dans son dernier clip, Minuit, elle y révèle son talent et la beauté de son univers. Ce clip se présente, à l’image de son album, comme une ode à la nuit qui enveloppe nos sentiments, entre amour et rancune, amitié et désespoir.

Minuit, c’est une évocation aussi calme que puissante de nos errances nocturnes, au sortir d’une fête trop arrosée, d’un dîner entre amis ou d’un moment d’amour. Un instant figé, peu avant l’aube, quand le ciel est encore noir et les rues rien qu’à nous.

Ce premier CD est une fierté pour Claire qui a beaucoup attendu ce moment. Elle qui baigne dans la musique depuis ses débuts, qui est passée par The Voice, s’épanouit pleinement désormais et donne tout d’elle dans ce petit bijou. Après avoir présenté son album à Paris, elle revient à la maison pour une release party au Mudd. Romain, Ben et elle y présenteront des chansons de Minuit qui sortira le 20 octobre sur le label #14 Records. Claire Faravarjoo sera accompagnée par Difracto.  Cette soirées’annonce pleine de douceur, y seras-tu ?

La clinique privée Rhéna finalement inaugurée, les critiques oubliées

La clinique privée Rhéna finalement inaugurée, les critiques oubliées

Plus de 400 personnes ont assisté à l’inauguration de la clinique Rhéna, dans le quartier du Port-du-Rhin à Strasbourg, lundi 16 octobre. Ouverte en février, l’établissement a accueilli 20 000 patients et provoqué quelques crispations, dans le monde politique et de la santé.

Il aura fallu 30 mois de chantier et quelques 101 millions d’euros, pour que la clinique Rhéna voit le jour dans le quartier du Port-du-Rhin à Strasbourg. Le nom vient de « Regroupement Hospitalier d’Excellence Né d’une Alliance », celle en mars 2014 de trois anciennes cliniques privées confessionnelles de Strasbourg, Adassa, Diaconat et Sainte-Odile. Lundi 16 octobre, sept mois après l’ouverture de la clinique aux patients, .

L’histoire des cliniques, la construction et le futur de Rhéna

Guillaume Lohr, directeur général de la clinique, Philippe Dolfi et Didier Ernst, co-présidents de l’établissement, Christophe Lannelongue, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Grand Est, Roland Ries, maire de Strasbourg, Robert Hermann, président de l’eurométroppole de Strasbourg et Jean-Luc Marx, préfet de la Région Grand Est, ont pris la parole pour dire tout le bien qu’ils pensent de ce nouvel établissement. Il n’a pas été question des polémiques que la clinique a généré en recevant beaucoup d’aides publiques pour une activité finalement privée, ni de ses plans d’extensions qui ont surpris jusqu’à l’exécutif strasbourgeois, ni même des guéguerres que son ouverture a créé au sein des chirurgiens de ville.

Roland Ries durant son discours à l’inauguration de Rhéna, le 16 octobre 2017 (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

Non, tous ont surtout souligné le moteur économique important, pour le quartier d’abord mais aussi pour l’agglomération strasbourgeoise voire la région tout entière ! Depuis son ouverture en février, la clinique a déjà accompli 23 000 interventions, accueilli 20 000 patients aux urgences et 25 000 en hospitalisations. À terme, elle envisage de soigner 150 000 patients chaque année, avec 80% de prise en charge ambulatoire.

Christophe Lannelongue, directeur général de l’ARS, ne tarit pas d’éloges :

« Le projet Rhéna est (selon moi) un exemple de ce qui doit être fait pour faire évoluer et transformer le système de santé. La clinique porte haut les couleurs de l’innovation. »

Un gateau à l’effigie de la clinique avait été préparée pour l’inauguration (Photo Manon Weibel / Rue89 Strasbourg)

31 000 m² sur huit niveaux , une capacité d’accueil de 368 lits et un personnel fort de quelque 1 100 professionnels dont 300 praticiens libéraux, la clinique a été armée pour résister à ces nouveaux impératifs de la médecine : rationaliser les moyens, éviter les hospitalisations, concentrer les médecins, multiplier les interventions… Est-ce qu’au final le patient y gagnera en qualité des soins, d’accueil, de prise en charge, en écoute ?

Réponse dans quelques années.

Comment Roland Ries et le ministre turc Bekir Bozdag se sont évités dimanche

Comment Roland Ries et le ministre turc Bekir Bozdag se sont évités dimanche

À la pose de la première pierre de la mosquée Eyyûb Sultan dimanche, le maire de Strasbourg et le préfet ne voulaient pas croiser le ministre turc. Le déroulé de la cérémonie a été modifié pour qu’ils ne se trouvent pas sur la même photo.

Dimanche 16 octobre, la Confédération islamique du Mîlli Görüs tenait à Strasbourg dans le quartier de la Meinau la cérémonie de pose de la première pierre de

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#Jean-François Lanneluc

Les élus de la Chambre de métiers d’Alsace étaient payés plus que le maximum légal

Les élus de la Chambre de métiers d’Alsace étaient payés plus que le maximum légal

La Chambre Régionale des comptes publie un rapport qui soulève des dépassements d’indemnités des élus de la chambre de métiers d’Alsace et une gestion des ressources humaines trop approximative. Le président Bernard Stalter préfère parler de spécificité locale.

Si la Chambre de métiers d’Alsace (CMA) est en bonne santé financière, ce que montre le rapport de la chambre régionale des comptes, elle s’est un peu fait taper sur les doigts pour avoir pris trop de libertés dans ses dépenses et dans sa gestion des ressources humaines. Dans un rapport portant sur la période 2010-2015 et publié en 2017, la chambre suggère à la CMA de revoir sa manière d’indemniser les élus qui y siègent (voir encadré pour comprendre le fonctionnement et les missions de la CMA).

Plus de 200 000€ de dépassement d’indemnités d’élus

Les élus qui siègent à la CMA sont indemnisés pour leurs fonctions. Ces indemnités sont référencées dans des arrêtés ministériels de 2011 et de 2015. Problème selon la Chambre régionale des comptes, ces élus ont reçu des indemnités systématiquement supérieures aux seuils légaux, avec une augmentation particulière en 2011. En 2010, avant le nouveau règlement de 2011, la CMA dépassait déjà les indices, comme l’expliquent les magistrats financiers :
« Les présidents de section ont bénéficié d’une majoration de 50 points non prévue par les textes, ce qui a entraîné un dépassement de 77 points d’indice par mois, soit un écart de 4 523€ par an […]. Au regard des indemnités versées selon les données communiquées par la CMA, le dépassement en 2010 se serait élevé à 10 448€. »
Après 2011, la CMA continue à verser des indemnités supérieures aux indices, même si ceux-ci ont évolué et que l’enveloppe prévue a augmenté :
« L’enveloppe annuelle disponible a augmenté, passant de 87 852€ à 104 150€, soit une majoration de 16 298€ par an. Or, la CMA a versé chaque année un montant supérieur à cette enveloppe, à hauteur de 57 339€, soit 286 695€ en cumulé sur cinq années (2011-2015). »
Au final, le dépassement sur ces cinq années est de plus de 200 000€ :
« Cet écart s’explique principalement par l’application d’indices supérieurs à ceux figurant dans l’arrêté du 21 mai 2011, ce qui a entraîné un dépassement à hauteur de 810 points d’indice mensuels correspondant à un écart de 47 581 € par an, soit 237 906€ sur cinq années. »
Mais pour le président de la CMA, Bernard Stalter, ces dépassements sont simplement dus au fait au statut particulier de la chambre alsacienne, en partie hérité du droit local :
« Nous avons des responsabilités différentes par rapport aux autres chambres. Nous avons des grandes entreprises qui nécessitent un investissement beaucoup plus important. Nous avons aussi des assemblées de section avant les assemblées plénières. Nous les élus, nous ne sommes pas là pour les indemnités, mais pour rendre des services. J’ai appliqué tout de suite les recommandations de la chambre régionale des comptes, mais ce n’est pas le sujet principal. »

7 200€ de repas et confusion dans les comptes

En plus des indemnités non réglementaires, les magistrats de la Chambre régionale des comptes ont remarqué que la gestion des comptes à la CMA ne faisait pas clairement apparaître les « frais de représentation », les déplacements, les repas, les invitations, etc. La réglementation prévoit que ces frais disposent d’une ligne analytique spécifique dans la comptabilité, ce que ne faisait pas la CMA. Elle n’a non plus ouvert de compte « Frais de représentation des présidents », empêchant par conséquent l’assemblée plénière de distinguer les dépenses des quatre présidents de celles des autres élus. Les frais de restauration aussi sont noyés dans un compte global « Indemnités versées aux représentants de la chambre » alors qu’ils devraient être imputés à un compte « déplacements, missions et réception ». Ces repas d’élus ne sont d’ailleurs pas encadrés : il y a bien un barème d’indemnités avec catégorie « Repas pris en commun » mais sans plafond ni enveloppe… Pourtant, cela pourrait être utile de mieux suivre des dépenses, comme ce repas d’élus à 7 200 € la soirée à l’hôtel Hilton en décembre 2015. Pour Bernard Stalter, ces frais sont « minimes », si l’on « compare avec d’autres institutions ».
L'ancienne Chambre des métiers à Strasbourg. Aujourd'hui située à Schiltigheim, la CMA manque de transparence (Photo wikimedia commons / cc)
L’ancienne Chambre des métiers à Strasbourg. Aujourd’hui située à Schiltigheim, la CMA est accusée de manquer de transparence (Photo Claude TRUONG-NGOC / Wikimedia commons / cc)

Quand le président paye ses autres déplacements professionnels aux frais de la CMA

Autres remarque des magistrats financiers, la CMA n’a pas à couvrir les frais de Bernard Stalter lorsqu’il se déplace au titre de ses autres fonctions, au nom de l’UNEC (Union Nationale des Entreprises de Coiffure) ou de la SIAGI (Société de caution mutuelle de l’artisanat et des activités de proximité) par exemple. Ça représente quand même plus de 11 600€ dépensé par la Chambre des métiers d’Alsace, « sans qu’aucune raison ne le justifie » relève la Chambre régionale des comptes. En matière de mélange des structures, la CMA n’en était pas à son coup d’essai : le CFA d’Eschau, géré par la CMA, héberge une association pour la formation des artisans, le CAPA-CMA (Centre d’apprentissage professionnel et artisanal), qui organise des formations de soudeur, dont la gestion se mélange dans les faits à celle de la CMA, son président étant le DRH de la CMA. La Chambre régionale des comptes considère qu’il vaudrait mieux séparer les structures, ou alors faire carrément disparaître la forme juridique du CAPA-CMA :
« Son autonomie réelle dans sa direction et sa gestion est très faible puisque le pouvoir de décision appartient à la CMA, les moyens dont bénéficie l’association avec la mise à disposition de locaux et de personnel proviennent en partie de la CMA, le domaine d’activité de l’association se confond avec les missions de formation relevant de la compétence de la CMA. »
Là encore, ces confusions sont de l’ordre du détail pour Bernard Stalter, qui affirme cependant que tout a été corrigé :
« Pour ce qui est de la comptabilité, nous avons tout remis en ordre. 90% des points relevés par la Chambre ont été appliqués. Je ne suis plus président de la SIAGI et la CMA ne couvre plus mes autres déplacements. En ce qui concerne la CAPA-CMA, nous avons régularisé par une convention, mais le DRH est toujours le même, car nous n’avons pas relevé cela comme un problème. »

« Les agents auront du mal à digérer »

Du côté du personnel de la Chambre des métiers, les représentants syndicaux sont étonnés par les conclusions du rapport, qui ne leur avait été indiqué qu’au travers de sa présentation en assemblée plénière, par un e-mail. Ils déplorent ne pas avoir y avoir été invités. Christian Groh est à la CMA depuis 23 ans et délégué syndical FO depuis 2015. Il regrette ce fossé entre la direction et les salariés :
« Tout n’est pas mauvais à la CMA mais sur les indemnités des élus, les agents auront du mal à digérer ces informations car en ce qui les concerne, leur point d’indice à eux est bloqué depuis 2010. »
Stéphane (le prénom a été changé) est représentant du personnel sur une autre liste syndicale et se satisfait tout du moins que l’Etat reconnaisse qu’il y a eu des abus :
« C’est sûr que cela fait un peu désordre oui. C’est bien qu’il y ait eu un rappel sur les lignes à ne pas franchir. Mais je dirais que les dépassements d’indemnités, c’est un peu anecdotique. Ce qui m’intéresse dans ce rapport, c’est le fond, les problèmes soulevés au niveau de l’emploi. »
La CMA gère des établissements comme le CAPA à Eschau, qui forme les artisans à la soudure notamment (Photo pxhere / cc)
La CMA gère des établissements comme le CAPA à Eschau, qui forme les artisans à la soudure notamment (Photo pxhere / cc)

Emploi : la CMA fait encore ce qu’elle veut

Car le rapport pointe surtout une gestion des ressources humaines très personnelle, notamment du fait que la CMA dépende du droit local, ce qui lui permet de déroger aux règlements nationaux encadrant les ressources humaines en chambre des métiers. Cependant, la chambre régionale des comptes considère que la CMA « extrapole » un peu trop ce droit et le justifie pour ses manquements : elle ne dispose pas d’un cadre clair qui fixe le nombre et la nature des emplois. Il n’y a pas de fiches de postes, pas de grille des emplois actualisée, pas de grille indiciaire claire, etc. En clair, la CMA gère les statuts et les rémunérations à sa guise. Le président Bernard Stalter a d’ailleurs embauché en 2011 un collaborateur de cabinet, une nouveauté à la CMA, et surtout, un poste qui n’existe tout simplement pas dans la grille nationale des chambres de métier. Il est aussi relevé qu’elle manque de supports comme des notes de service et des bilans sociaux, et la Chambre pointe son management pas assez « fédérateur », révélé par le taux d’absentéisme élevé et de nombreux de litiges au sein du personnel. Entre 2012 et 2015, le taux d’absentéisme est passé de 1,8% à 9%, ce qui correspond à l’absence de 20,5 personnes toute l’année. La Chambre régionale des comptes regrette que la CMA n’ait pas mis en place de mesures pour limiter cet absentéisme.

« Beaucoup de stress, des burn-outs… »

Pour Stéphane, représentant du personnel, cette mauvaise gestion des ressources humaines a des effets délétères :
« Certains choix stratégiques ont eu un impact difficile à digérer pour les collègues. Par exemple, il y a eu le choix de travailler par pôle plutôt que par territoire. C’est intéressant mais ça ne se fait pas comme ça. Les mutations, les affectations, tout se fait dans l’urgence et ce n’est pas facile. Il y a beaucoup de troubles psycho-sociaux au sein du personnel, du stress, des burn-outs… Faire toujours plus, ça a ses limites. »
D’après lui, rien, ou presque, n’a été fait pour améliorer les choses, et il espère que le rapport puisse être un outil :
« On avait déjà parlé des problèmes au niveau de l’emploi avant, mais voir quelqu’un d’extérieur les pointer, ça aide. Maintenant, ce serait bien si on pouvait se mettre en branle sur le sujet. Je sais qu’il y a déjà dans les tuyaux des choses autour de la gestion du stress. Mais plutôt que de traiter les symptômes, il faudrait soigner la maladie. »
Bernard Stalter, lui, insiste simplement sur le droit local, la raison des dysfonctionnements selon lui :
« La chambre a découvert les spécificités du droit local. J’alignerai la grille des emplois sur le national, mais je serai vigilant sur le maintien du droit local pour que nos collaborateurs ne perdent rien en droits sociaux, par exemple en matière de ticket modérateur, etc. »

Une CMA qui prélève trop d’argent ?

Si de nombreux dysfonctionnements sont relevés, les magistrats financiers, le président comme les syndicats affirment que la santé financière de la CMA est bonne. Mais la Chambre des métiers est largement financée par les contribuables, à travers une taxe dont elle bénéficie grâce au cadre spécifique en Alsace-Moselle : la taxe pour frais de chambre, dont s’acquittent les entreprises de la nomenclature artisanale et dont la CMA détermine quasiment toute seule le taux. D’après la Chambre régionale des comptes, le produit issu de cette taxe représente 42% des produits de fonctionnement de la CMA de 2010 à 2015, qui dispose grâce à elle d’une « indépendance financière » nettement supérieure à celle qui pouvait être mesurée pour toutes les autres chambres des métiers en 2013. Rien d’illégal à cela, mais les magistrats notent que les ressources de la CMA sont supérieures à ses besoins :
« Dans cette optique, la Chambre invite la CMA à réexaminer l’évolution de ses produits fiscaux dont le niveau, au regard des réserves et de la trésorerie actuelles, n’apparaît pas en adéquation avec les besoins de l’exploitation et les projets de développement identifiés. »
Le président Bernard Stalter préfère parler d’une « bonne gestion alsacienne », et d’une manière de se prémunir de potentielles difficultés :
« Ma politique, c’est d’être économe et efficace. Nous avons cinq établissements, dont des CFA. Mon objectif, c’est d’avoir des économies pour les moments difficiles. Il faut que nos CFA aient des outils performants. Je pense qu’il vaut mieux être vertueux. »

Encore quelques flous autour des marchés publics et des aides aux entreprises

Le rapport pointe encore quelques dysfonctionnements concernant les marchés publics, car dans certains cas, aucune mise en concurrence n’est faite, ou certains critères ne sont pas pris en compte. Par exemple, les dépenses en formation professionnelle devraient être prises en compte dans les choix d’un fournisseur lors des procédures de commande publique, mais cela n’est pas le cas à la CMA. Pourtant cela représente des dépenses importantes : environ 230 000€ en 2014. De manière générale, la chambre régionale des comptes regrette le manque de transparence de la CMA, qui se retrouve aussi dans les aides qu’elle octroie. L’une des missions de la CMA est d’informer et conseiller le secteur de l’artisanat. Mais la forme et le montant des aides octroyées ne sont détaillées dans aucun règlement. Il est aussi relevé que la CMA ne fait pas d’analyse des coûts de son activité économique (formalités, accompagnement, promotion) ni de mesure de son impact. Pour Bernard Stalter, beaucoup de recommandations des magistrats financiers relèvent du détail :
« Le rapport est globalement positif sur la gestion financière. L’étude a duré longtemps, donc certaines choses ont déjà été changées en cours de route. Je l’ai pris comme un audit, qui permet de voir où s’améliorer. »
Les salariés, eux, attendent toujours qu’on « traite la maladie ».

Vers la fin du diesel après 2021 pour les livraisons au centre-ville de Strasbourg

Vers la fin du diesel après 2021 pour les livraisons au centre-ville de Strasbourg

La municipalité va revoir ses règles pour les livraisons de professionnels dans la Grande-Île de Strasbourg. Elle ajoute des contraintes, mais aussi des incitations pour les véhicules propres à partir de 2018. À moyen terme, c’est la sortie du diesel qui est en jeu.

« La logistique urbaine est le parent pauvre des mobilités. » C’est avec cette formule que le maire Roland Ries (PS mais plus trop) a commencé un point presse lundi matin Grand’ Rue sur les évolutions des livraisons en centre-ville, dans un ballet de… camions de livraison. Et encore, le lundi est un jour plus « calme », en raison de la fermeture de certaines enseignes.

Vers une sortie progressive du diesel

D’autres jours, près de 3 600 livraisons sont recensées à l’intérieur du périmètre de la Grande-Île. Le maire et deux adjoints sont venus présenter une délibération prévue pour le conseil municipal du lundi 23 octobre, qui vise à faire évoluer les règles à partir de septembre 2018.

À plus long terme, la municipalité espère surtout qu’aucun véhicule diesel de livraison ne circule encore dans l’enceinte protégée à « l’horizon 2021-2022 ». Mais ce sera un dossier… pour la prochaine équipe municipale.

Le matin, un axe comme la Grand’ Rue peut vite être bouchée par quelques poids lourds le matin aux heures de livraison (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

La municipalité d’aujourd’hui s’attaque au dossier des livraisons pour plusieurs raisons : santé, pollution, bruit, mais aussi cadre de vie et attractivité des commerces. « Des enseignes renoncent à proposer des petits déjeuners et déployer leur terrasse avant 11h », souligne Paul Meyer (La Coopérative), adjoint au maire en charge du commerce.

Pour parvenir à ses fins, la Ville de Strasbourg va mélanger incitations et contraintes, dans un nouveau règlement urbain. L’horaire maximal des livraisons sera abaissé de 11h à 10h30, sauf pour les véhicules électriques et au gaz naturel. Ces derniers auront au contraire le droit de livrer jusqu’à 11h30.

Vieux diesels dehors en septembre 2018

L’autre point concerne le type de véhicules en circulation. Dans un premier temps, les véhicules diesel d’avant 2006 et essence d’avant 2001 ne seront plus autorisés dans le périmètre de l’ellipse insulaire.

    Le 1er septembre 2018, les poids lourds sans vignette ou avec une vignette Crit’Air 5 (environ 10% des véhicules au niveau national) seront interdits. Le poids maximum des véhicules admis passera de 19 tonnes à 7,5 tonnes, sauf dérogation. Le 1er septembre 2019, l’interdiction sera étendue aux véhicules Crit’Air 4.

C’est règles ne concernent pas la livraison de colis chez les particuliers, un secteur en forte croissante et un autre chantier auquel la municipalité devra s’attaquer.

La classification Crit Air pour les poids lourds (document ministère écologie)

« Déjà des entreprises qui y arrivent »

Les dirigeants strasbourgeois font le constat que les camions de livraison sont loin d’être pleins. L’objectif est aussi que les commerçants trouvent des solutions qui leur paraissent appropriées, détaille l’adjoint à la logistique urbaine, Jean-Baptiste Gernet (La Coopérative) :

« La situation actuelle est peu satisfaisante et des règles théoriques pas toujours respectées, avec beaucoup de dérogations. C’est une incitation pour les commerçants à mieux s’organiser et s’intéresser au centre-ville. Il y a aujourd’hui déjà des entreprises qui arrivent à effectuer des livraisons propres, sans que ces mesures existent. »

Les camions vont, mais aussi repartent, de la grande-île où une grande proportion des livraisons est concentrée dans un petit espace. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En parallèle, les livraisons par voie d’eau se développent (marché flottant, travaux sur les quais, enlèvement d’encombrants) et pourraient par exemple devenir une alternative.

Selon des études menées au niveau national, les livraisons en ville représentent 20% du trafic, mais 30% de l’occupation de l’espace et 50% des émissions polluantes. Le centre-ville de Strasbourg au sens large concentre 25% des livraisons de l’Eurométropole (8% pour la Grande-Île seule) sur 3,4% de sa surface.

Devant le Parlement européen : l’espace pour manifester va disparaître

Devant le Parlement européen : l’espace pour manifester va disparaître

Parmi les travaux de sécurisation des abords du Parlement européen de Strasbourg, l’espace utilisé par des manifestants et des touristes à l’entrée de l’hémicycle va être remplacé par une avancée de l’enceinte du bâtiment Louise Weiss. La rue Lucien Fèbvre à double sens va aussi passer en sens unique.

Le Parlement européen de Strasbourg, sur conseil des autorités françaises, entreprend trois grands travaux autour de son enceinte. Le projet est présenté comme une vaste entreprise de sécurisation de l’édifice. La fermeture plus ou moins ponctuelle des berges cyclables et piétonnes sur le quai du bassin est l’installation qui suscite le plus d’opposition, mais le plus important en taille se trouve du côté du parvis.

Le Parlement va avancer sur un espace utilisé

En effet, l’enceinte du Parlement va considérablement avancer sur le trottoir et l’herbe, rue Lucien Fèbvre. Deux modules du « Parcours d’Europe » imaginé par la Ville de Strasbourg vont se retrouver remplacés par un pavillon, voire des murs. Sur place, des grillages provisoires sont déjà apposés. C’est aussi l’endroit où tous les cars de touristes déposent leurs clients pour de belles photos du bâtiment.

Et surtout, c’est un endroit où avaient l’habitude de se placer des manifestants. Lors de la manifestation contre le traité de libre échange avec le Canada (CETA), les opposants avaient déposé un cheval de Troie gonflable. En juillet 2017, des citoyens avaient utilisé cet espace, et le pont à côté qui restera accessible, pour interpeller les députés sur les faibles réglementations européennes contre l’exil fiscal.

Les manifestants étaient parfois tenus à disance mais l’espace devant le Parlement servait à interpeller élus et médias (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En contradiction avec l’image européenne de Strasbourg

La Ville de Strasbourg a d’ailleurs plus ou moins encouragé cette vocation du Parlement européen à Strasbourg, comme ultime lieu du débat démocratique, en riposte à Bruxelles. Son slogan est même « Bruxelles rime avec technocratie. Strasbourg avec démocratie » (sic !). En février, la municipalité avait mis à disposition deux gymnases pour des manifestants anti-CETA venus de l’Europe entière.

Peut-être les élus strasbourgeois ont même vu une incarnation de ce rôle début octobre. Contre tout attente, les eurodéputés ont rejeté la définition de la Commission de la définition des perturbateurs endocriniens (rendue possible grâce à un revirement de la France suite à l’arrivée de Nicolas Hulot au gouvernement). Ce texte était jugé trop laxiste et pas assez protecteur pour les citoyens. Les élus strasbourgeois ont cependant peu relayé ce geste politique d’opposition aussi rare que fort.

Rares éléments lors d’une réunion de quartier

Dans une présentation par la municipalité le 12 septembre au conseil de quartier de la Robertsau, une partie des aménagements ont été dévoilés. Les services expliquent très simplement que l’enquête publique diligentée à l’été parlait juste d’un « déclassement du domaine public » de la parcelle, sans indiquer ce qui était prévu à la place. Dans ces conditions plus que floues, pas étonnant que la consultation ait peu mobilisée, surtout à cette date.

D’un double sens à un sens unique

Les riverains ont néanmoins eu le droit de choisir dans quel sens la circulation sera réduite. « À l’unanimité les habitants de la cité Ungemach, qui étaient nombreux, ont retenu la solution 2, à savoir l’accès à sens unique de la Robertsau vers la cité Ungemach », se rappelle l’adjointe au maire de Strasbourg pour le quartier de la Robertsau, Nicole Dreyer (PS).

Comme le souligne la présentation, cela obligera parfois les habitants à faire des détours lorsqu’ils iront vers la Robertsau et l’Orangerie. Alors que la question des déplacements vers et dans le futur quartier d’affaires Wacken/Archipel a plusieurs fois fait débat, cette contrainte non-prévue à l’origine s’ajoute. Néanmoins, un parking payant en étages est en cours de construction sur le parking de la piscine du Wacken.

Une rue à double sens va passer à sens unique (doc Ville de Strasbourg)

D’autres objectifs que la sécurité

Au-delà des aspects sécuritaires, on comprend dans la présentation de la Ville que l’objectif est aussi de faciliter la vie au Parlement, en différenciant les accès poids-lourds (livraisons, etc.) et employés, en rognant sur l’espace public donc. Les poids lourds passeront par l’entrée actuelle et les véhicules légers par une nouvelle entrée, en descendant sur une future route côté du canal de la Marne au Rhin.

Les objectifs ne sont pas seulement sécuritaires (doc. Ville de Strasbourg)

On sait aussi qu’un pavillon d’accueil sera installé, avec portiques de sécurité. Ils sont aujourd’hui dans le cœur du bâtiment Louise Weiss. Les cyclistes et piétons devront eux faire un léger détour, mais évitent tout de même de croiser les rails de tramway.

Une présentation pour le moins sommaire (doc. Ville de Strasbourg)

Peu d’espace restant pour manifester

Pour manifester, il ne restera plus que le haut du pont du Wacken. Cet endroit est plus loin et bien sûr beaucoup plus petit que l’espace actuel. Selon la configuration du pavillon d’accueil, les députés passeront devant ou plus loin. Les manifestations ont pourtant pour but d’interpeller, au moins visuellement, ces élus, par exemple avant un vote.

Pour avoir accès à leurs représentants, les citoyens devront se mettre sur la route. Mais pour des organisateurs de manifestation, tout blocage de la circulation nécessite des négociations avec la police, dans le but de limiter leur impact. Le Parlement européen est justement l’un des endroits où il est très difficile de passer, ce qui faisait que le carré d’herbe à côté était utilisé.

Avec la nouvelle enceinte, les manifestants devront s’éloigner un peu plus de leurs représentants et du Parlement européen

Deux ans de travaux

« Si on restreint de plus en plus les manifestations encadrées, on risque de favoriser celles qui ne le sont pas, potentiellement plus dangereuses. 99% des événements sont déclarés », s’inquiète un habitué de l’organisation de manifestations contacté.

Les travaux doivent durer 20 mois. Après la vente des terrains par l’Eurométropole, ils sont sensés débuter en janvier 2018 et se terminer fin août 2019.

Au sommet citoyen, 300 engagés prêts à s’engager encore plus dans la démocratie locale

Au sommet citoyen, 300 engagés prêts à s’engager encore plus dans la démocratie locale

La nouvelle démocratie locale est en marche à Strasbourg. Du moins, c’est ce que voulait montrer la municipalité en organisant un sommet citoyen, samedi 14 octobre au Conseil de l’Europe. Cet événement vient couronner cinq mois de réflexion avec les habitants, pour permettre aux citoyens de participer à la vie publique. Mais ça prendra un peu plus de temps…

« Ici ce sont des citoyens qui parlent aux citoyens, » lance l’animateur de la journée au micro. Dès l’arrivée dans le hall du Conseil de l’Europe, le ton est donné. Le Sommet citoyen qui s’est tenu samedi 14 octobre doit marquer le renouveau de la démocratie locale à Strasbourg. Rien que ça ! Avec comme bouquet final, l’adoption d’une trentaine de propositions, base du fameux « pacte de la démocratie locale » que les promoteurs du projet répètent à l’envi.

Depuis le printemps, des volontaires, organisés en ateliers chapeautés par la municipalité, planchent sur quelques grands thèmes. Leur but ? Trouver des solutions pour que les habitants aient leur mot à dire dans la prise de décision de la municipalité et plus largement, qu’ils s’engagent dans la vie publique de leur ville. Pétition à l’initiative des habitants, meilleure mise à disposition de lieux de réunion pour les associations, ou encore participation des Strasbourgeois à l’ouverture des données publiques, trente motions ont été présentées et votées par les participants.

Mais cinq mois, est-ce suffisant pour refonder la démocratie locale ? Pour l’un de ces volontaires, « il faut que les choses se fassent vite, sinon le mouvement s’essouffle. » Un avis partagé par Jean-Marcel Brulé, membre d’un atelier qui s’est réuni à quatre reprises et membre du conseil de quartier du Neudorf-Port du Rhin :

« Au premier atelier nous étions nombreux, mais au fil du temps le groupe s’est rétréci. On a fini à dix. Cette démarche a le mérite de proposer de nouvelles choses, et puis on reçoit pas mal de contributions via internet. Certaines personnes ne peuvent pas se libérer mais apportent quand même leur contribution. »

De la difficulté à pousser les gens à s’engager

L’événement, ouvert à tous, attire surtout un public averti. Et de fait, dans les travées de l’amphithéâtre du Conseil de l’Europe, on retrouve surtout des personnes engagées sur d’autres fronts. Présidents d’associations, de conseils de quartiers, membres du Conseil de développement (organe participatif de l’Eurométropole), adhérents de fondations culturelles… Si certains découvrent le contenu des ateliers, tous sont familiers de la démocratie participative. Ici, les citoyens engagés parlent aux citoyens engagés.

Alors Raymonde dénote un peu devant son livret récapitulatif. Elle le parcourt, perplexe, sur un canapé douillet à l’extérieur de l’hémicycle. Cette jeune retraitée aurait aimé prendre part aux ateliers, mais elle vient d’Illkirch-Graffenstaden et le programme ne s’applique qu’à Strasbourg :

« J’avoue que je découvre les propositions, je suis un peu perdue. J’aime bien l’initiative mais certaines choses m’énervent. Par exemple, le préambule est bourré de langue de bois. “Pacte de démocratie locale”, “processus d’humanisation”, “prise de conscience de notre capacité d’agir”, ça veut dire quoi tout ça ? En revanche, j’aimerais importer quelques idées que j’ai entendues chez moi. Surtout sur les associations. »

Avant les discours et le vote, les participants s'informent sur les différents ateliers. (Photo Fabien Nouvène)
Avant les discours et le vote, les participants s’informent sur les différents ateliers. (Photo Fabien Nouvène / Rue89 Strasbourg / cc)

« Nous partîmes 500 et nous nous vîmes 3 000 à l’arrivée… » Non.

Dans le même temps, de petits groupes se forment autour des stands de chaque atelier. Là, les bénévoles accompagnés d’agents de la Ville tentent de convaincre les badauds de voter pour leurs propositions. Le concept du vote ? Hiérarchiser les idées par ordre de priorité. Les participants peuvent donner un, deux ou trois points à chaque motion. Ainsi celle qui fait le plus gros score devrait être mise en place rapidement. En théorie.

Car la journée de samedi n’est qu’une première étape, comme l’explique Luc Scheeck, directeur adjoint à l’urbanisme de Strasbourg et membre du groupe de travail sur la démocratie participative :

« Après le vote d’aujourd’hui, des groupes d’études de faisabilité vont se réunir. Composés à parts égales de techniciens, de citoyens et d’élus, ils devront évaluer les propositions (le coût, les changements qu’elles impliquent…) et les adapter pour qu’elles se réalisent. Les ajustements pourront modifier la forme, mais jamais l’esprit du texte. Enfin, pour que le pacte devienne effectif, il devra être approuvé en conseil municipal, en mars 2018. »

Environ 300 personnes ont participé au Sommet citoyen, samedi 14 octobre. (Photo : Fabien Nouvène)
Environ 300 personnes ont participé au Sommet citoyen, samedi 14 octobre. (Photo FN / Rue89 Strasbourg / cc)

Vient l’heure de prendre place dans l’amphithéâtre. À la tribune, le maire Roland Ries (PS), loue l’engouement autour de cette initiative et paraphrase même Corneille. « Nous partîmes 500 et nous nous vîmes 3 000 à l’arrivée au port. » Manque de bol, c’est l’inverse qui s’est produit. Sur les 600 inscrits, environ 300 personnes ont fait le déplacement jusqu’à l’Orangerie.

Un budget participatif dès 2019 ?

Après un court descriptif des trente propositions, l’animateur lance un débat sous forme de questions-réponses. Qui sera le déontologue chargé de veiller au respect de l’esprit du pacte ? Roland Ries évoque Patrick Wachsmann, professeur de droit qui officie également comme déontologue pour la Ville. Comment financer ces projets ? Les études de faisabilité devront les adapter aux contraintes économiques de la ville. Autrement dit, il ne faudra pas que ça coûte trop cher…

Puis, le moment fatidique du vote. Et là, la mise en place d’un budget participatif caracole en tête. Ce serait un peu de changement dans le fonctionnement de la municipalité. En clair, la collectivité pourrait dédier progressivement 5% de ses deniers à des projets issus et choisis par les habitants. Une méthode calquée sur le modèle parisien lancé en 2014. Ce budget devrait devenir réalité au plus tôt en 2019, puisqu’il ne sera délibéré par le conseil municipal qu’en mars.

Cette première place pourrait tout de même évoluer puisque les Strasbourgeois sont invités à voter sur internet durant les deux prochaines semaines.

Jeudi, Yan Wagner fait danser la Laiterie, après sa mue en crooner électronique

Jeudi, Yan Wagner fait danser la Laiterie, après sa mue en crooner électronique

Avec This Never Happened, Yan Wagner a montré qu’il n’était pas qu’une voix blanche sur fond de froide musique électronique. Ce jeudi soir à Strasbourg, en co-plateau avec DBFC, il y a fort à parier que son deuxième album va faire danser la Laiterie.

La France a beaucoup entendu parler de Yan Wagner en 2012, avec la sortie de Forty Eight Hours. Alors entouré d’Arnaud Rebotini, le roi de la production électronique analogique, et d’Étienne Daho, le Français était comparé à Depeche Mode, New Order et Kraftwerk. La faute à cette techno sombre et détachée qui faisait onduler, les yeux dans le vague, sur le rythme de beats qui se multipliaient.

This Never Happened - Yan Wagner
This Never Happened – Yan Wagner (Her Majesty’s Ship / PIAS)

De l’obscurité à la lumière, des profondeurs au dancefloor

Cinq ans plus tard, on le retrouve avec This Never Happened. L’analogique des synthés et les boîtes à rythmes comme gages d’identité conservée, Yan Wagner a pourtant décidé d’ajouter un instrument de choix au premier plan : sa voix. Plus sombre que jamais, il en joue enfin comme il se doit. Sa reprise de « It Was A Very Good Year » de Frank Sinatra le montre, c’est désormais comme crooner qu’il faudra le considérer.

Mais attention : un crooner revisité, actuel, très pop et terriblement dansant. Le dernier single, « Slam Dunk Cha-Cha », ressuscite l’esprit Bowie. Le reste est la bande-son parfaite à nos soirées. Ce qu’il faut de nostalgie, ce qu’il faut de mélancolie, et le tout mixé à coups de mélodies jouissives. Fini l’obscurité, Yan Wagner renoue avec les lumières, colorées et stroboscopiques de préférence. Un album qui appelle au dancefloor, pour remuer sur la vie, la vérité, l’amour, et la nuit.

This Never Happened : ce n’est jamais arrivé. Espérons que si, jeudi, à la Laiterie.

La suite de la soirée sera assurée par DBFC. Quatuor électro-rock formé par un Mancunien et un Bordelais, le groupe fait partie de la sélection du Fair 2018. Un gage de qualité que d’être repéré par le meilleur dispositif de soutien au démarrage de carrière de France. Mais leur réputation de faire danser les foules l’est encore plus.

Les berges du Parlement européen bientôt fermées, un signe ?

Les berges du Parlement européen bientôt fermées, un signe ?

Environ 250 personnes ont manifesté jeudi contre la clôture de l’accès aux berges du Parlement européen. Une décision que personne ne semble comprendre à Strasbourg, pas même les voisins du Conseil de l’Europe. Des négociations devraient être engagées avec la ville, afin que Strasbourg reste « une ville de ponts, et pas de murs », pour reprendre le bon mot prononcé lors de l’inauguration de la ligne de tram Strasbourg-Kehl.

 

En décembre, laissez-vous hypnotiser par Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker

En décembre, laissez-vous hypnotiser par Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker

Pour sa première venue à Strasbourg depuis 2008, Anne Teresa de Keersmaeker et sa compagnie Rosas présentent Rain, créée en 2001 et reconnue comme l’une de ses plus brillantes chorégraphies.

« I hope it’s not going to rain tomorrow », ainsi se clôturait In real time (2000) d’Anne Teresa de Keersmaeker annonçant par là la création de Rain l’année suivante. La réponse de Rain ne s’effectue pas par le texte, bien qu’il s’inspire du roman du même nom de l’auteure néo-zélandaise Kirsty Gunn, mais par un spectacle magistral intégralement chorégraphié.

Pendant 1h10, les dix interprètes – sept femmes et trois hommes – dansent jusqu’à l’épuisement. Rain, 2016 (Photo Anne Van Aerschot)

Dans cette chorégraphie hypnotique et électrisante, dix danseurs s’animent au rythme de la composition minimaliste aux motifs obsédants de Music for 18 Musicians de Steve Reich, avec lequel l’artiste flamande avait déjà collaboré sur quatre autres spectacles. La musique, tout comme les principes géométriques sont au coeur de son travail imprimant l’écriture gestuelle de la danse dans celle de la partition du compositeur.

Une seule solution : laisser aller, laisser partir

La scénographie épurée, signée Jan Versweyveld, est inondée de violet, tandis que le sol laisse entrevoir des bandes adhésives colorées qui indiquent aux danseurs les trajectoires. Au fond, un rideau de fines cordes suspendues rappelle les filets de pluie. Rain, c’est aussi la rencontre entre la chorégraphe et le roman de Kirsty Gunn. Dans ses Carnets, elle explique que ce texte « se conclut par une seule solution : laisser aller, laisser partir… » en ajoutant que dans son travail, « Le groupe sera cette vague qui vient et se retire. Sur l’écume de cette vague se dessineront les lignes individuelles solitaires, duelles ou plurielles. »

Anne Teresa de Keersmaeker est l’une des figures les plus emblématiques de la danse contemporaine, avec à son actif plus de trente-cinq créations, dont les très fameuses Fase (1982) et Rosas danst Rosas (1983) qui célébrait magnifiquement la féminité. Aujourd’hui, les spectacles de l’artiste flamande sont joués devant des salles combles et connaissent une réception enthousiaste de la part d’un public souvent subjugué par ces mouvements parfois faussement désordonnés et rigoureusement orchestrés.

L’asymétrie, source de métamorphose permanente

Outre le lien étroit filé dès ses premières productions entre la musique et la danse, le travail d’Anne Teresa de Keersmaeker est caractérisé par la conciliation entre ligne diagonale classique et mouvements circulaires, l’asymétrie – source de métamorphose permanente – et surtout par l’harmonie instaurée entre structure et émotion. Les émotions des spectateurs jaillissent de structures mathématiques, elles émanent d’une danse abstraite.

Un autre trait saillant de son travail est la répétition qui laisse entrevoir d’infimes modifications, à l’image des nuances apportées aux tenues, signées Dries Van Noten, des interprètes de Rain. Ainsi, l’homogénéité n’est pas recherchée en tant que telle et la perfection du mouvement collectif cède la place aux déclinaisons individuelles.

« The art of falling and rising », le travail de la chorégraphe entre sol et redressement. Rain, 2016 (Photo: Anne Van Aerschot)

Dans ce spectacle, les principaux axes de travail de la chorégraphe belge – formes mathématisées, répétitions, occupation géométrique de l’espace, variations – y sont amplifiées, non dans un but purement formel, mais afin d’entraîner le public dans ce flux. Car, comme elle l’expliquait dans un entretien avec Michaël Bellon, Rain « c’est avant tout une fête ! »

Depuis sa création il y a seize ans, ses représentations sont reçues sous une pluie d’applaudissements. Ce succès ne sera certainement pas démenti au Maillon, réservez vite.

La brasserie Mercière condamnée pour injure contre le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog

La brasserie Mercière condamnée pour injure contre le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog

Le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog (La République en Marche), peut être fier de lui. Après près d’une année de procédure, il vient d’obtenir de la Cour d’appel de Colmar la condamnation de Franck Julich pour injure publique. L’artisan brasseur doit verser à Jean-Luc Herzog 1 000€ au titre des réparations pour son préjudice moral et 500€ de participation aux frais d’avocats. Franck Julich a également été condamné à 1 500€ d’amende, avec sursis.

Les faits remontent à l’été 2016. À la suite de la parution de notre article sur l’incapacité de Jean-Luc Herzog à dialoguer avec ses administrés, des commentaires très critiques contre le maire sont publiés sur la page Facebook de la brasserie Mercière. Très remonté, Jean-Luc Herzog les fait constater par huissier puis porte plainte auprès du procureur de la République pour injures et diffamations publiques. Il demande au couple d’artisans brasseurs, auquel il refusait le droit de s’installer sur un ancien terrain familial, 5 000€ de réparation de son préjudice et 1 500€ de participation à ses frais d’avocats, des frais qui sont par ailleurs pris en charge par la commune.

Le charmant village de Niederhausbergen (Photo Wikimedia Commons / cc)
Le charmant village de Niederhausbergen (Photo Wikimedia Commons / cc)

« Ce maire est vraiment débile »

Parmi des centaines de commentaires peu amènes, la justice a retenu quatre publications litigieuses :

    « ce maire est vraiment débile » « ce maire est une honte » « ils sont de plus en plus cons nos maires » « ça sent la corruption ce truc »

En mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait rejeté les accusations de diffamation et déclaré Franck Julich non coupable d’injure. Mais Jean-Luc Herzog a fait appel de l’action civile du jugement de première instance. Et la Cour a retenu que les commentaires publiés par les internautes sur la page Facebook avaient bien été lus par les brasseurs sans qu’ils les suppriment immédiatement.

Franck Julich, qui a déménagé sa brasserie à Cosswiller, est amer :

« On ne comprend pas bien… C’est nous qui avons subi un préjudice dans cette affaire, notre agrandissement était nécessaire, il a tout fait pour nous empêcher d’avancer et sans la générosité de milliers de soutiens, nous n’aurions jamais pu rebondir à Cosswiller. Mais bon, maintenant c’est fait. On a justement quitté Niederhausbergen pour en finir avec cette personne donc on va payer et tourner la page. Nous sommes déjà passés à la suite d’ailleurs. Le premier brassin de bière de Noël La Mercière arrivera à temps ! »

Les habitants de l’agglomération de Strasbourg ont donc perdu une brasserie artisanale et un projet de développement local autour des circuits courts et des savoirs-faire anciens mais au moins, l’honneur du maire est sauf.

Pour l’Alsace, Klinkert et Bierry jouent les rôles du bon et du mauvais flic

Pour l’Alsace, Klinkert et Bierry jouent les rôles du bon et du mauvais flic

Les présidents des départements du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, et du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, se sont accordés pour jouer un numéro à deux afin de restaurer une existence administrative à l’Alsace. Mais cette tactique répond aussi à des contextes locaux différents.

Fin 2015, la revue satirique de la Choucrouterie avait grimé les présidents des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en Laurel et Hardy. Deux ans plus tard, Éric Straumann

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