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Place de Zürich, le bureau de Poste doit fermer fin novembre, sans que la date exacte soit connue. Des habitants, en particulier Martine Wojtowicz, ont appris la nouvelle mi-octobre, sans que rien ne soit affiché sur le bureau en question. La Poste arriverait en fin de bail, sans qu’un accord de renouvellement soit trouvé, mais la décision remonterait à il y a un an selon nos informations.
Pour cette adhérente « simple » de l’association de quartier Abhak, la décision ne passe pas. Avec des amis et d’autres personnes engagées, elle pétitionne tous les matins devant le bureau.
Pour « ceux que l’on entend jamais »
Mardi 24 octobre, avant le marché du mercredi où elle attend beaucoup de monde, cette néo-retraitée avait compté 1 300 signatures, avant de relever les feuilles déposées chez les commerçants des alentours :
« On voit des gens qu’on ne voit pas d’habitude, qui ne sont pas engagés, ou présents aux réunions publiques. Ceux que l’on n’entend jamais. Je ne pensais pas qu’il y aurait un tel essor. Moi je peux aller place de la Bourse ou avenue de la Marseillaise, mais pour certaines personnes âgées c’est difficile. On a même eu une dame en déambulateur qui a signé la pétition. »
Cette fermeture est la conséquence d’un plan de réorganisation « Conquérir l’avenir » qui vise notamment à fermer 20 bureaux de poste dans l’Eurométropole d’ici 2020. En contrepartie, des « Point Poste » seraient installés dans les commerces du quartier.
La Krutenau est un quartier avec des personnes engagées, qui arrivent à se mobiliser et atteindre médias ou réseaux politiques, mais dans d’autres quartiers également concernés, ces réflexes n’existent pas.
Et une signature de plus (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le rendez-vous « Protestants en fête » prend ses quartiers à Strasbourg du vendredi 27 au dimanche 29 octobre. L’événement est religieux mais une large part de son programme s’adresse au grand public à l’occasion des 500 ans de la Réforme, la naissance du protestantisme.
Ce week-end, la Fédération protestante de France (FPF) organise à Strasbourg son 3ème grand rassemblement national, sur le thème de la fraternité. Et cette année, le rendez-vous coïncide avec l’anniversaire des 500 ans de la Réforme. Les protestants de France fêtent rien de moins que la naissance de leur religion, quand Martin Luther a affiché ses 95 thèses sur les portes de l’église allemande de Wittemberg, remettant en question la primauté de l’Eglise catholique sur les dogmes.
Environ 10 000 protestants de toute la France et de tous horizons sont attendus pour l’occasion. La FPF fédère aussi bien les Églises luthéro-réformées de France « de l’intérieur » et d’Alsace-Moselle que des Églises évangéliques.
Le protestantisme, 3ème religion de France
Dans un récent sondage Ipsos, on apprend que 2 millions de personnes se déclarent protestantes, toutes sensibilités confondues, en France. En rassemblant près de 3% de la population, le protestantisme est ainsi la 3ème religion du pays, derrière le catholicisme et l’islam. Parmi eux, 50% se disent non-pratiquants et 24% pratiquants réguliers, une proportion qui double si l’on ne considère que les évangéliques. Le protestantisme attire, puisque 25 % des protestants interrogés dans ce sondage, le sont devenues sans ancrage familial.
Les protestants représentent plus de 7% de la population alsacienne, ce qui en fait la région la plus protestante de France, avec l’Ardèche, la Drôme et le Gard. L’Union des Eglises protestantes d’Alsace-Lorraine, qui regroupe les deux Eglises historiques d’Alsace-Moselle, luthérienne et réformée, reconnues par les lois concordataires, estime que l’Alsace et la Moselle compte 250 000 protestants luthero-réformés pour 300 paroisses. En parallèle, les Églises évangéliques progressent dans la région comme ailleurs en France. Les deux départements alsaciens comptent parmi ceux où elles sont le plus implantées avec une église pour moins de 16 400 habitants.
Gérard Collomb et Wolfang Schäuble attendus vendredi
L’événement sera lancé par une cérémonie officielle vendredi au Conseil de l’Europe suivi d’une réception avec le maire de Strasbourg au palais de l’Orangerie. Parmi les 500 invités, Gérard Collomb, le ministre (LREM) de l’Intérieur et donc des cultes, mais aussi le nouveau président du Bundestag allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que la luxembourgeoise Anne Brasseur, présidente de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Un village des fraternités
Dès vendredi, vous ne pourrez pas manquer Protestants en fête – « PEF »- si vous sortez dans le centre-ville de Strasbourg. De la Cimade aux « ministères des torrents qui purifient », 70 organisations protestantes installent leurs stands place Kléber pour le village des Fraternités. Au programme : rencontres avec les acteurs associatifs, mais aussi spectacles, concerts, jeux, tables rondes, conférences et œuvres artistiques collectives pour s’emparer de sujets de sociétés comme la précarité, l’interculturel ou les migrations.
La place Gutenberg accueillera quant à elle un village des médias, libraires et éditeurs. Le public y sera invité à découvrir le travail de rédactions protestantes, à rencontrer des auteurs et à assister à des émissions de radio.
Place Saint-Thomas, les acteurs protestants du développement durable proposeront des animations et sensibilisations pour petits et grands sur les enjeux de demain dans leurs dimensions économique, sociale et écologique. Des parcours ludiques sur les trois lieux sont proposés au public à travers deux formules de « passeport vers la fraternité » en 5 ou 10 étapes.
Pour retrouver le programme des animations du village, c’est par ici. Des conférences, spectacles et expositions se dérouleront tout le week-end à Strasbourg. Le programme complet est à retrouver ici sur le site de la manifestation.
Des caricatures sur la religion
Protestants en fête met à l’honneur les caricatures. L’exposition « Traits d’esprit, des images pour ne pas se prosterner » présente le regard de dessinateurs, parfois critiques des religions comme Piem, Plantu, Chappatte, Brunor ou Charb sur la religion et les grandes questions fondamentales, mais aussi celui de dessinateurs chrétiens comme Jean-Pierre Molina et Albert de Pury. À voir au Temple du Bouclier vendredi de 10h30 à 17h, entrée libre. Vernissage le vendredi 27 octobre à 19h.
« J’aime beaucoup ce que vous faîtes. » Dessin de Jean-Pierre Molina (CC)
L’exposition « Dieu est-il humour ? » propose une sélection de dessins satiriques et humoristiques de Jean-Pierre Molina, Etienne Jung et Didier Millotte. Elle se tiendra à la médiathèque protestante, 1 quai Saint-Thomas du vendredi 27 octobre à 18h au dimanche 29 octobre à 16h.
« -Où est ton frère ? » « -J’allais justement te le demander. » Dession de Jean-Pierre Molina, référence au livre de la Genèse dans la Bible.
Protestant en fête se penche aussi sur le transhumanisme, et les enjeux présents et à venir de l’alliance physiologique entre la science, les technologies et l’être humain. Le professeur Israël Nisand, gynécologue et président du Forum européen de bioéthique, tiendra une conférence-débat samedi 28 octobre à 13h au Temple Neuf.
Un opéra sur Martin Luther
Pour les 500 ans de la Réforme, l’association de l’Uepal pour la promotion de la musique d’Eglise a monté un opéra sur Martin Luther Le mendiant de la grâce, composée par Jean-Jacques Werner et écrit par Gabriel Schoettel. La pièce en onze tableaux rassemble à table tous les proches de Luther, Catherine Von Bora, son épouse, Philippe Mélanchton, le savant théologien, mais aussi des membres de la famille Luther et des étudiants.
Les discussions vont bon train et dessinent le portrait contrasté du réformateur, grand défenseur de l’amour inconditionnel de Dieu pour les Hommes. Les deux représentations du week-end à la cité de la musique et de la danse sont déjà complètes. Il reste des places pour celles de Metz, le 1er novembre et de Mulhouse, le 12 novembre. Tarifs et billetteries sur www.operaluther.com.
Trois projections suivies de rencontres
En partenariat avec Protestants en fête, le cinéma Vox propose trois films avec des débats sur des thèmes attenant à la fraternité. Vendredi 27 octobre, à 20h, Au revoir là-haut (également en salles), d’Albert Dupontel ouvrira un débat sur la fraternité et la guerre, avec l’intervention de Jacques Richard, aumônier protestant à la retraite et réserviste dans l’armée.
Samedi 28 octobre, à 17h, le documentaire Kombissiri, de René Letzgus, sera suivi d’un débat sur la fraternité et le handicap, en présence du réalisateur. Le même jour, à 20h, le documentaire Une suite qui dérange d’Al Gore, lancera lui une discussion sur la fraternité et l’écologie, avec l’intervention de Martin Kopp, chargé du plaidoyer pour la justice climatique pour la Fédération luthérienne mondiale. Tarif plein : 6,50 euros. Etudiants : 5,50 euros.
… et des débats théologiques
Samedi 28 octobre de 20h30 à 1h30, à l’Aubette, lors de la Nuit des thèses, 15 enseignants et doctorants des cinq facultés de théologie protestante françaises nourriront le débat théologique autour du thème de Protestants en fête, « Vivre la fraternité. »
Le rendez-vous s’adresse autant aux protestants mordus qu’au grand public. Parmi les points abordés : « frères et sœurs en Christ ou frères et sœurs en humanité ? ». Pendant toute la durée des discussions, le dessinateur Jean-Pierre Molina s’activera au crayon. Ses caricatures seront retransmises sur écran géant et sur les réseaux sociaux.
Des rendez-vous plus religieux
Ce week-end protestant se clôturera par un culte géant au Zénith de Strasbourg dimanche matin. François Clavairoly, le président de la Fédération protestante de France, en assurera la prédication. Une fanfare et plus de 600 choristes animeront l’office.
Mais pour entrer en résonance avec la foi, il faudra s’acquitter du Pass PEF pour la coquette somme de 16 euros et 20 euros sur place.
Protestants en fête à Bercy (capture d’écran / YouTube)
Environ 8 000 personnes sont attendues pour ce rendez-vous, dont plus de 1 000 jeunes. Ce culte sera retransmis en direct sur France 2 à partir de 11h, ainsi que dans plusieurs églises protestantes de la ville et place Kléber.
Pour l’occasion Strasbourg accueille également le festival Heaven’s Door : foi, entraide et rock’n’roll, à l’adresse de la jeunesse protestante. Des centaines de jeunes vont camper au Parc des expositions du Wacken et participer à des activités religieuses. Le temps fort de leur séjour sera le concert du groupe canadien de « pop louange » chrétien Impact au Zénith, samedi (20 euros, 25 euros sur place). Impact a aussi invité au Zénith le groupe catholique Glorious. 3 000 places sont déjà vendues pour cette soirée.
L’Institut d’études politiques de Strasbourg a accueilli lundi le président de la Commission européenne. Devant les étudiants, Jean-Claude Juncker a exposé sa vision du futur de l’Europe. Si le Luxembourgeois semble vouloir s’investir personnellement dans les tentatives de « réenchantement » de l’Union européenne, à Strasbourg, il s’est adressé à un public très majoritairement conquis d’avance. Erreur de stratégie ou communication parfaitement maîtrisée ?
Une rock star à Sciences Po Strasbourg ? Les tonnerres d’applaudissements qui s’échappent du plus grand amphithéâtre de l’Institut d’études politiques (IEP) ce lundi 23 octobre le laissaient penser. D’ailleurs, les places se sont arrachées en quelques minutes. Mais celui qui déchaîne les foules n’est ni chanteur, ni guitariste, mais président de la Commission européenne au deux tiers de son mandat.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s’est adressé aux étudiants de l’Institut d’études politiques de Strasbourg pendant une heure (CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Devant plus de 200 étudiants, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a évoqué le futur de l’Union européenne (UE). Après avoir exposé sa vision pendant 45 minutes, il a répondu aux questions des étudiants, un quart d’heure durant. Mais Jean-Claude Juncker ne se rendait pas en terrain neutre. Catherine Amy, chargée de communication de l’établissement, explique :
« Sciences Po Strasbourg est une formation tournée vers l’Europe et l’international. Une de nos filières de 4e année est consacrée aux études européennes et internationales. De nombreux cours et options portent sur ces thématiques, tout au long du cursus. Aussi l’institut et ses étudiants témoignent d’un vif intérêt pour tout ce qui a trait aux questions européennes. »
A l’IEP, Jean-Claude Juncker a détaillé ses priorités pour l’Union européenne (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Floriane, une étudiante en deuxième année à l’IEP, l’admet facilement :
« Ce genre de cours nous influence positivement sur l’idée de l’UE, sur son rôle, même s’ils nous font aussi prendre conscience de ses petits défauts. »
Ainsi, face à un parterre en majorité « euro-enthousiaste », Jean-Claude Juncker ne risquait pas d’être mis en trop grande difficulté. Ses mots, en guise d’ouverture de la conférence, donnent à penser qu’il en était bien conscient :
« Je vous aime non pas parce que pourriez être un instrument de propagande pour l’Europe, mais parce que vous réfléchissez aux sujets européens d’importance. »
« Grosse machine à la botte du capital »
Place de l’Europe dans le monde (« Nous sommes tout petits, et le resteront »), Europe sociale (« l’enfant pauvre de l’Europe »), emploi dans l’UE (« J’ai proposé la mise en place d’une autorité d’une autorité du travail, comme existe une autorité bancaire, car il ne faut pas s’adonner aux seules considérations économico-financières ») , politique commerciale de l’UE (« J’en ai marre de donner l’impression que nous négocions dans le noir, derrière des rideaux tirés »), Jean-Claude Juncker a détaillé ses priorités et les grandes lignes de son action, animé par la volonté de rappeler que l’Europe n’est pas « une grosse machine à la botte du grand capital » et d’apparaître sous son meilleur jour.
Pour lui, l’auditoire était parfait : silence religieux pendant ses tirades, rires marqués à chaque boutade, Jean-Claude Juncker était en confiance. L’homme sait que l’humour fonctionne, et ses blagues, qui n’amusent plus la bulle bruxelloise tant elles ont été entendues, ont convaincu à Strasbourg. Ainsi, évoquant le « plan d’investissement pour l’Europe » qui existe depuis 2015, il a insisté sur cette appellation technique qui n’est, selon lui, utilisée que depuis que le succès (relatif) du plan. Avant, ce dernier n’était que désigné par un surnom permettant de désigner un responsable : le « plan Juncker ». Une anecdote qu’il raconte très régulièrement. Marie, en deuxième année, sourit :
« Ce que je retiendrai de cette conférence ? C’est que Jean-Claude Juncker est drôle ! L’humour aide à faire passer les messages. »
Mais ses messages, le président de la Commission a tendance à les faire passer à ceux qui les connaissent déjà, ou qui ont envie de les entendre. En cours ou entre eux, les étudiants de l’IEP de Strasbourg discutent de ce futur de l’UE tellement remise en cause depuis sa gestion incertaine de la crise des réfugiés ou le vote en faveur du Brexit, outre-Manche. Yoann Jacquet, étudiant en 4e année, expose :
« Pour donner de la visibilité aux institutions européennes, Jean-Claude Juncker n’a pas forcément choisi le meilleur endroit. Les étudiants ici sont informés et vont voter aux élections nationales comme européennes. »
Yoann Jacquet (à droite) et William Garcia, étudiants en 4e année à l’IEP, regrettent le manque de visibilité des institutions européennes (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Pourtant, selon Alexis Vahlas, enseignant à l’IEP depuis 2000, qui déclare avoir vu en Jean-Claude Juncker « un animal politique », l’attachement à l’UE des étudiants s’effrite au fil des rentrées :
« J’ai l’impression que dans l’amphithéâtre, mes auditeurs ne sont pas aussi pro-UE maintenant qu’il y a quelques années. Avant, tous ou presque étaient des euro-béats, aujourd’hui les eurosceptiques font de plus en plus part de leurs idées. »
Parmi eux, Maxime, étudiant à l’IEP et adhérent au mouvement « Les Patriotes », emmené par Florian Philippot. Il a écouté le président de la Commission mais est loin d’être convaincu par son discours :
« Le problème de l’UE, c’est qu’il s’agit d’un instrument qui cherche à enlever leur souveraineté aux Etats, au profit de la Commission. Sur certains points, je rejoins les idées de Jean-Claude Juncker : je suis pour le principe d’une sécurité collective, je pense qu’il faut trouver des accords en matière de taxation des géants de l’Internet et je trouve qu’Erasmus, c’est très bien. Mais tout cela peut exister dans le cadre de la coopération entre États, pas sous la houlette de la Commission. »
Pour Alexis Vahlas, professeur à l’IEP depuis plus de quinze ans, les étudiants sont de plus en plus ouvertement eurosceptiques (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Côté Commission, on explique qu’en territoire acquis aux idées pro-européennes ou ailleurs, l’important est de s’adresser aux jeunes. Un porte-parole de l’institut explique :
« Le président saisit l’occasion de s’exprimer aux citoyens à chaque fois qu’il le peut – et notamment aux jeunes. Pour lui, les étudiants et les jeunes sont le public clef lorsqu’on parle du futur de l’Europe parce qu’il s’agit de l’Europe dans laquelle ils vont vivre et à laquelle ils donneront forme dans les décennies à venir. Le futur de l’UE ne peut pas se construire sans les jeunes et sans s’attaquer à leurs inquiétudes à propos de l’Europe. A elle de les écouter. C’est cela que le président Juncker essaie de faire en permanence. »
Questions inconnues mais réponses formatées
Dix jours avant sa conférence strasbourgeoise, Jean-Claude Juncker avait déjà rencontré des étudiants, à Esch-sur-Alzette au Luxembourg. En décembre 2016, il s’était essayé à l’exercice à l’Université de Maastricht, puis en février 2017 à l’Université Catholique de Louvain. Charles de Marcilly, directeur de la branche bruxelloise de la Fondation Robert-Schuman, traduit :
« Jean-Claude Juncker a besoin de pouvoir convaincre l’électorat d’aujourd’hui et de demain. Il a besoin d’expliquer son action et de se défendre, car l’UE – et particulièrement la Commission – est cible de beaucoup d’attaques. Mais le problème de ce genre d’exercices est que même si les questions ne sont pas connues à l’avance, les réponses, elles, sont formatées. »
Ainsi, interrogé à Strasbourg par un étudiant sur la signature du Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada, Jean-Claude Juncker en a profité pour dérouler l’agenda européen en matière de politique commerciale, sans s’attarder sur les craintes que de tels accords peuvent susciter.
Amélie, forte d’une expérience en stage auprès d’un député au Parlement européen pendant l’été, avait pour sa part concocté une question relative au « Progressive caucus », une plateforme qui rassemble plusieurs députés qui ne partagent pas exactement les idées de Jean-Claude Juncker en matière de futur de l’Europe. L’étudiante ressort un peu déçue :
« J’ai apprécié le fait qu’il ne lise pas ses notes, que son discours ne semble pas trop préparé. Mais de là à dire qu’il a été totalement sincère, il y a de la marge. »
Amélie Redortier a interrogé le président de la Commission européenne à propos de ses cinq pistes pour le futur de l’Europe (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Et Sophie Martiné, qui dirige Sciences Po Forum, l’association étudiante qui a organisé la conférence, de conclure :
« Sur le fond, je n’ai pas été franchement marquée, mais sur la forme, Jean-Claude Juncker est un conférencier hors-pair. Je suis impressionnée par sa capacité à mener l’auditoire. »
Peut-être est-ce là, aussi et surtout, la qualité première d’un président de Commission en représentation auprès de jeunes citoyens.
Un peu mieux rôdée avec les années aux impressionnants dispositifs sécuritaires, la Ville de Strasbourg propose quelques nouveautés pour la 447è édition du Marché de Noël.
Le concept d’une Grande-Île fortifiée où les stands du Marché de Noël sont concentrés dans le centre-ville rentre dans la norme. Pour cette 447ème édition en 2017, ce sera déjà la troisième fois que le dispositif sera en place.
Un des enjeux pour le maire de Strasbourg Roland Ries (PS mais plus trop) est justement de « faire d’une contrainte, un atout » à savoir « une ville apaisée, sans voiture et sans bruit ».
Mais ce lundi matin d’octobre, il ne fallait pas parler des mesures de sécurité, qui seront détaillées plus tard. La grande conférence de presse faisait place aux animations et festivités.
Des nocturnes plus tardives
Première annonce, l’Islande est le pays invité et présentera ses traditions place Gutenberg. Autre info pratique, les ouvertures seront plus tardives. Les 300 chalets et quelque fermeront leurs volets à 21h le jeudi et même 22h le samedi, contre 20h les autres soirs.
Comme annoncé dès cet été, quatre places (Cathédrale, du Château, du Vieux Marché aux Poissons et la terrasse du palais des Rohan) resteront ouvertes jusqu’au 30 décembre.
L’entrée du marché de Noël (Photo Pierre Doyen / Visual Hunt / cc)
Trois ambiances pour trois zones inégales
Pour le reste, l’édition est déclinée autour de trois ambiances : un Noël « authentique, alternatif et chaleureux ».
Pour cette première atmosphère, la plus vaste en taille, il faudra se rendre du côté du grand sapin place Kléber, mais aussi sur places Broglie, Gutenberg, de la Cathédrale et à la Petite France.
Dans cet ensemble, en plus des habituels stands, on retrouvera aussi une crèche vivante dans la cour du Palais des Rohan avec cinq animaux. Un aspect qui fera peut-être réagir les défenseurs de la cause animale, assez actifs à Strasbourg.
Crèche vivante et jouets en nouveautés
Toujours au rayon des nouveautés, des jouets en bois du musée Tomi Ungerer seront disposés devant la Maison Rouge place Kléber.
Notons qu’il y aura de nouveau une arche au Christkindelmärik (marché de l’enfant Jésus), place Broglie. Son retrait pour des questions de sécurité avait suscité incompréhension, émoi et polémiques parfois moins bien intentionnées.
Cette nouvelle décoration est dessinée par l’emblématique directeur de l’association des commerçants, les Vitrines de Strasbourg, Pierre Bardet.
La nouvelle arche du Marché de Noël 2017 (doc Vitrines de Strasbourg)
Le « Off » de retour
L’aspect alternatif, plus restreint, se décline autour du deuxième marché de Noël « Off » et ses container, du côté de la place Griemeissen. Plus long de dix jours, l’événement organisé par le Chambre régionale de l’Économie sociale et solidiaire (CRESS) fera une large part au débat notamment autour de la consommation.
Il vise à promouvoir cette forme d’économie, où tous les bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise. Le village solidaire au profit d’associations garde quant à lui sa place au pied du grand sapin place Kléber.
La « chaleur » côté nord-est
Enfin, pour profiter l’ambiance « chaleureuse » pour il faudra aller du côté nord-est, un secteur qui se plaignait d’être un peu en marge des festivités, selon l’adjoint de quartier Robert Herrmann (PS). Ainsi, les chalets en bois vont désormais investir les places du marché Gayot, Mathias Merian et Saint-Étienne.
Sur cette dernière, on trouvera un calendrier de l’avent évolutif où se prendre en photo, des animations musicales, et des événements liés à des jours particuliers (Saint Nicolas, Sainte Lucie et solstice d’hiver). Les deux autres font aussi la place à des activités dédiées aux plus petits, avec par exemple un sapin à décorer. À l’instar du marché de Noël Off, ce nouvel espace vise aussi à davantage s’adresser aux habitants et pas seulement aux touristes.
Le Labo crée ses idées
Une partie de ces idées viennent des « Laboratoires de Noël » lancés dès le printemps par la municipalité avec des Strasbourgeois. Un aspect en particulier est ressorti, le besoin de « lieux de convivialité, où se retrouver entre les allées », selon Alain Fontanel (LREM), premier adjoint au maire et grand chef d’orchestre de l’opération, qui prendront la forme de « mange debout ».
Le retour de l’arche, la crèche vivante ou les animations musicales figuraient aussi dans les demandes. D’autres propositions ont été écartées car trop chères ou difficiles à mettre en place.
La nouvelle maquette accompagnant le Marché de Noël 2017 (Photo Ville de Strasbourg)
Les déplacements passés scrutés à la loupe
De manière générale, les rues seront aussi animées par des chants dans la rue et à l’Opéra. La municipalité s’est aussi appuyée sur les déplacements des visiteurs dans le détail, grâce aux relevés des positions par les opérateurs téléphoniques, en particulier Orange.
La magie de Noël va tout même tenter quelques incursions en dehors de la grande île. Une crèche en bois place d’Austerlitz et les déclinaisons du Marché Off dans le quartier gare (Refugees food festival, visites par des réfugiés, parcours street art, Paye ton Noël, etc) sont notamment prévus.
L’heure des (bons) comptes
Quant à l’édition délocalisée à l’étranger, elle prendra le chemin de Séoul en Corée du Sud. Pour Jean-Jacques Gsell, élu « En Marche » et à la tête de l’office du tourisme, l’édition à Dubaï a permis d’avoir « de plus en plus de visiteurs du Moyen-Orient à Strasbourg ».
L’ensemble de ces animations et décorations coûte un peu plus de 2,5 millions d’euros, et un peu plus de 3 millions en comptant les dépenses de sécurité prises en charge par la municipalité, en plus de la mobilisation de forces de l’ordre. Comme chaque année, cette dépense lourde est mise en perspective avec les retombées touristiques (2 millions des visiteurs revendiqués) et économiques (250 millions d’euros de chiffre d’affaire).
L’Opéra National du Rhin présente Le Nozze di Figaro, un opéra bouffe de Mozart particulièrement d’actualité puisqu’il aborde le système patriarcal, la domination des hommes et le harcèlement sexuel. Alors que l’affaire Weinstein libère la parole des femmes, cet opéra montre la revanche de certaines d’entre elles.
C’est l’un des plus grands classiques de Mozart. Si Le Nozze di Figaro, opéra bouffe créé à Vienne en 1786, peut nous paraître éloigné – du moins sur le plan chronologique, il aborde pourtant des thèmes tout à fait actuels comme la condition des femmes, la pression exercée par la hiérarchie sociale et professionnelle, ou encore l’ambivalence des sexes. Cette folle journée présente une palette de personnages : le libertin, l’amoureux, le passionné, la rusée… dans un opéra à la fois léger par le ton et violent par les aspects qu’il aborde.
Acte II: Susanne et Figaro (à gauche), et le comte et la comtesse d’Almaviva (à droite) se retrouvent dans la chambre de cette dernière (Photo: Klara Beck)
Et si les noces de Figaro et Susanne se préparaient en maison de couture ?
Pour sa mise en scène des Nozze, Ludovic Lagarde a pris le parti de placer l’intrigue dans l’univers de la mode, se servant ainsi de sa propre expérience des défilés de Christian Lacroix, avec lequel il avait également collaboré en 2008 pour les costumes de son Roméo et Juliette. Il explique notamment à ce sujet :
« J’ai la confirmation, depuis que nous sommes sur scène, que d’avoir placé Le Nozze di Figaro dans une maison de couture me permet de jouer avec les idées de tradition et de modernité. Les grandes maisons de couture parisiennes sont à la fois héritières de cette tradition française de la mode et de la couture, et le lieu de la création contemporaine, de toutes les audaces et de l’avant-garde. »
Le poids pris par la hiérarchie ainsi que l’importance des figures masculines en font par ailleurs un théâtre tout à fait adéquat pour traiter de la domination qu’exercent des hommes de pouvoir, comme le comte Almaviva (Davide Luciano), sur les femmes. Ces dernières sont réduites à être objets de désir et de fascination. Le comte, sous les traits d’un grand couturier tyrannique, installe ainsi Susanna (Lauryna Bendžiūnaité) dans un divan à la manière d’un mannequin dès l’ouverture. Au cours du troisième acte, il maltraite un modèle en déchirant sa robe avant de badigeonner, de force, ses lèvres de rouge.
Acte II: Dans une scène digne d’un vaudeville, la comtesse tente de dissuader son mari d’ouvrir son cabinet de toilettes dans lequel elle a caché Chérubin (Photo: Klara Beck)
Le déguisement pour faire tomber les masques
Chez Beaumarchais, comme chez Marivaux, l’apparence et le déguisement prennent une place de premier plan. Ainsi, la Haute-Couture trouve sa raison d’être dans le jeu de costumes, notamment au troisième acte où Chérubin, interprété par la mezzo-soprano Catherine Trottmann, est travesti en femme afin de se rendre à la célébration donnée en l’honneur de la comtesse.
L’interprète de ce personnage sait mettre en exergue les intérêts qu’il présente par son ambivalence sexuelle (adolescent, interprété par une femme, passant d’un sexe à l’autre), ainsi que par son rapport aux femmes chez qui il provoque le désir et au milieu desquelles il peut se fondre. Il est le personnage le plus subversif de la pièce, celui qui bouleverse les règles et est en même temps un révélateur des désirs cachés.
Le décor sait lui aussi mettre en valeur les jeux de dissimulation et d’espionnage qui font des Nozze un vaudeville avant l’heure ! Les grands rouleaux de feutrine qui évoluent tout au long du spectacle permettent aux différents protagonistes d’essayer de garder un coup d’avance dans leurs différents plans, ou de dévoiler ceux des autres.
Femme trompée, femmes trompeuses
Les véritables stratèges de l’oeuvre, ce sont les femmes : elles savent utiliser les déguisements à bon escient afin de démasquer les filouteries du comte. Le plan initial de Figaro (Andreas Wolf) ne sera pas exécuté, et à partir du troisième acte, ce sont elles qui prennent la main, en s’alliant par-delà les classes sociales. Le plan échafaudé par la comtesse et Suzanne pour permettre à cette dernière d’épouser Figaro est ignoré de tous les protagonistes masculins, y compris le futur mari.
Lorsque Figaro aperçoit la comtesse, déguisée sous les traits de Susanna, il se croit trompé avant de comprendre qu’il a simplement été roulé dans la farine avec audace et finesse, comme le comte ! Grâce à l’aide de ses camarades, la comtesse Almaviva (Vannina Santoni) transforme son statut de femme trompée par les agissements de son mari, à trompeuse. À la fin de la pièce, elle accorde finalement son pardon au comte, agenouillé à cette occasion. La solidarité dont font preuve les femmes leur permet de se défendre et de gagner une part de liberté.
Acte IV: La comtesse s’est déguisée en Susanna, portant ici sa robe de mariée, à sa droite Chérubin vient lui faire la cour (Photo: Klara Beck)
Une mise en scène rattrapée par l’actualité
Le hasard de l’actualité confère à l’oeuvre un écho tout à fait retentissant. Ludovic Lagarde met ici en parallèle les Nozze et les scandales liés au harcèlement qui éclatent au grand jour depuis quelques semaines. Le comte s’arroge un droit de cuissage, privilège absurde dû à son rang social et appartenant au vieux monde d’avant la Révolution. Aujourd’hui, ces abus renvoient à ceux qui ont toujours cours dans des milieux très hiérarchisés comme – entre autres ! – celui de la mode :
« En soulignant l’importance des femmes dans cet opéra, je crois que nous contribuons à en faire non pas une oeuvre moderne, mais je dirais plutôt présente. C’est une lecture à la fois fidèle à Mozart et Da Ponte et qui dit quelque chose d’essentiel de notre époque. C’est assez étrange d’ailleurs de préparer cette mise en scène au moment où surgit l’affaire Harvey Weinstein. (…) Ce que révèle cette affaire, c’est l’extraordinaire système mis en place, avec des complicités parmi certains collaborateurs, qui ont permis que ces pratiques de domination sexuelle se déploient pendant plusieurs décennies. »
Acte IV: Susanna apparait sous les traits de la comtesse dans un jeu de dupes que Figaro peinera à débusquer (Photo: Klara Beck)
Le Nozze di Figaro parvient à trouver un équilibre subtil entre distanciation et aspects plus contemporains, entre légèreté de ton et gravité des enjeux, le tout sous la direction musicale de Patrick Davin. Les costumes, signés Marie la Rocca, révisent notamment robes à panier, tenues de couturières et même haute-couture – l’arrivée d’un mannequin à la fin de la représentation vient accentuer l’atmosphère « défilé de mode ».
Les décors, minimalistes mais efficaces, d’Antoine Vasseur sont métamorphosés par le travail des lumières de Sébastien Michaud. Les Nozze se jouent encore à l’opéra de Strasbourg jusqu’au 31 octobre, et à la Filature de Mulhouse jusqu’au 12 novembre. On conseille d’y faire un tour !
L’ordre du jour du conseil municipal de Strasbourg du lundi 23 octobre est assez léger, avec des sujets plutôt consensuels. Mais c’est lors des interpellations de fin de conseil, qu’il devrait y avoir un peu plus d’action. À suivre en direct à partir de 15h avec nos commentaires.
Quel point va animer le conseil municipal de ce lundi 23 octobre ? Les nouvelles règles de livraisons en centre-ville (qui visent une sortie progressive des poids-lourds diesel), devraient engendrer quelques discussions, mais difficile de se placer frontalement contre.
Toilettage de règles d’accueil dans les crèches
Les règles d’attribution suivent la logique de celles votées en 2011, qui donnent la priorité dans les structures publiques (crèches collectives et parentales) aux plus fragiles (sous le seuil de pauvreté, enfants handicapés, malades ou vulnérables), puis aux familles nombreuses. Les parents en recherche d’emploi intègrent les publics prioritaires. Une nouvelle priorité, moins forte, concerne aussi les enfants dont les deux parents (ou le parent seul) sont en activité. Par ailleurs, les 663 places de 7 crèches familiales sont ajoutées dans la commission d’attribution si les parents le souhaite.
À Strasbourg, environ 10 000 enfants entre 0 et 3 ans ont l’âge d’être accueillis dans une crèche. La municipalité annonce un taux de couverture de 68%, soit plus que la moyenne nationale à 55%.
Autre vote, celui de la subvention de 65 000 euros le marché de Noël « Off », consacré à l’économie sociale et solidaire. La deuxième édition sera rallongée d’une semaine et fera une plus grande part aux débats. Le sujet peut amener des digressions, mais on imagine mal un clash d’ampleur.
Les chartes Ville Amie des aînés ou pour l’accueil dans les établissements d’accueil de la Petite Enfance (voir encadré) sont a priori consensuelles et pourraient même ne pas être retenues.
Peut-être le Front national soulèvera-t-il les rénovations et le nouveau bail de la salle du Molodoï (voir notre article et photos), lui qui estime que c’est un lieu politisé et repaire de dangereux gauchistes au cœur de la Laiterie.
En fin de conseil, viennent les interpellations
Mais après les 32 points de l’ordre du jour viennent cinq interpellations de l’opposition de droite… où les quatre sensibilités de la majorité recomposée pourraient s’engouffrer.
Jean-Philippe Vetter (LR) interroge la majorité sur la cohabitation vélos et piétons ce qui amène toujours des débats et des prises de position tranchées sur les incivilités des uns ou des autres.
Ensuite, Jean-Philippe de Maurer (DVD) aborde lui le débat du marché gare et de son accès devenu payant en décembre 2016 et janvier 2017, puis finalement enlevé. Il aimerait savoir ce qui est prévu cette année. Comme il s’agissait d’une tolérance assez populaire, il peut-être de bon ton de se placer sur ce sujet, qui ne fait pas l’unanimité.
Jean-Emmanuel Robert (LR) va de sa traditionnelle interpellation sur l’ancien supermarché Leclerc de l’Elsau, toujours vide malgré plusieurs annonces successives de repreneur imminent depuis… 2014.
Jean-Emmanuel Robert met les pieds dans le plat (photo Pascal Bastien)
APL et clash en perspective
Mais surtout, Jean-Emmanuel Robert dégaine aussi une interpellation sur… la baisse des Aides prioritaires au logement (APL). Comme sur les contrats aidés (Jean-Emmanuel Robert était déjà à l’origine de l’interpellation), on risque de voir les groupes PS (renommé Énergies positives) et écologistes critiquer le gouvernement face à « Strasbourg en Marche », chargé défendre son action.
Pour plusieurs élus de renom du PS et d’EELV sont montés au créneau contre cette politique. Ils voient un risque de la non-réalisation des objectifs de construction de logement (3 200 par an) voté à Strasbourg. Politiquement, ces prises de position vont avoir de l’impact sur la suite du quinquennat et du mandat municipal.
Ces débat interviendront pour la première fois après la mise en place d’un pacte de non-aggression d’une charte de bonne entente entre les quatre groupes. Le contenu exact n’est pas public mais la principale orientation est de ne plus faire voter de motion où les groupes sont en désaccord.
Quelques membres de la Coopérative ou des sympathisants étaient présents à la manifestation du mardi 14 novembre à Strasbourg, mais prendront-ils position face à « En Marche » sur un sujet avant tout national ? Le mois précédent au sujet des contrats aidés, le groupe était resté muet. Réponse en fin de conseil.
Avec la vague En marche, nombreux sont les députés à faire leurs premiers pas à l’Assemblée nationale. Comme Thierry Michels, nouvel élu de la première circonscription du Bas-Rhin, fraîchement sorti du secteur privé où il a suspendu ses fonctions. Discret et assidu, il suit fidèlement sa majorité et affiche un enthousiasme certain, tout en cherchant encore un peu ses marques.
« Intenses, passionnants, et un apprentissage de tous les jours » : c’est ainsi que Thierry Michels décrit ses premiers mois à l’Assemblée Nationale. Ce Strasbourgeois, cadre de l’entreprise pharmaceutique Lilly, est entré en politique il y a peu. Macroniste de la première heure, il fonde en novembre 2016 le comité « En Marche Strasbourg-Cathédrale », et au printemps 2017, il devient l’un des candidats issus de la société civile chers à Emmanuel Macron.
Le 18 juin, il est élu dans la première circonscription du Bas-Rhin avec 59,95% des voix face au député socialiste sortant Eric Elkouby, présent sur le terrain depuis 30 ans. Avec Sylvain Waserman, Bruno Studer, Martine Wonner, Vincent Thiébaut et Bruno Fuchs, il fait partie des six députés LREM-Modem d’Alsace.
L’archétype du néo-politique En marche
Mais c’est peut-être lui qui représente le plus l’archétype du militant En Marche. À 56 ans, il a mené l’ensemble de sa carrière dans le privé et souligne que la politique, pour lui, « ce n’est pas un métier mais un engagement. » Comme beaucoup de ses collègues élus et militants, il fait l’objet de reproches concernant son inexpérience.
Frédéric Muller est militant du comité cathédrale. Pour lui, c’est justement cette nouveauté qui fait la force du mouvement :
« Il y a une compétence particulière de ces députés qui ne sont pas dans le formatage. Et puis les modalités à l’Assemblée, ça s’apprend vite. L’expérience de la vie, ils l’ont ».
C’est ce que met en avant Thierry Michels, qui explique que les nouveaux députés sont accueillis et briefés dès leur arrivée à l’Assemblée Nationale, avant d’en apprendre rapidement les codes :
« Au début il y a une journée d’intégration et des explications sur les modalités administratives. Ensuite, ce n’est pas si différent d’une entreprise, où on passe notre temps entre des salles de réunions et des powerpoints. Là c’est juste qu’on est plus dans une culture d’examens des documents. »
Cette référence à l’entreprise revient souvent dans la bouche du nouveau député. À l’inauguration de sa permanence dans le quartier des Contades à Strasbourg, en septembre, il en plaisante dans son discours :
« Nous allons bien noter tout ce qu’on a dépensé pour les boissons et les petits fours, car c’est ça la transparence et la confiance dans les élus ! Certains nous demandent comment nous allons faire pour être en totale transparence, mais ce n’est pas bien compliqué, on faisait déjà cela dans nos entreprises ! »
Ambiance de joyeux nouveaux venus
Autour du député Michels, qui affiche un air affable et semble heureux d’être là, se pressent également de jeunes militants, comme le jeune « animateur » du comité Strasbourg Cathédrale Sébastien Lezeaud, mais aussi le référent des Jeunes avec Macron, Loïc Branchereau.
Dans un coin est assis le doyen du mouvement, Charles Kohler, 90 ans, président d’honneur du comité Strasbourg Cathédrale. Père du Secrétaire Général de l’Elysée, Alexis Kohler, il dit être là pour témoigner du passé et aider les plus jeunes dans cette « épreuve du feu ». Le député Vincent Thiébaut fera aussi une apparition, avec son collaborateur parlementaire.
L’ambiance y est plutôt familiale. Toute l’équipe du député est encore novice. L’un d’eux est même encore étudiant à Sciences Po Paris et « Normale Sup’ ». L’autre venait à Strasbourg pour la première fois de sa vie. L’épouse du député, Marie-Odile Michels s’amuse de voir son mari en action. Elle confie que parfois, il n’en revient toujours pas d’être député.
Ici avec son collaborateur parlementaire, le nouveau député s’appuie sur une jeune équipe pour l’aider dans son travail (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)
Dans la droite ligne du gouvernement
Thierry Michels a voulu faire preuve d’une intégration rapide et d’une présence active. Il se réjouit d’être parmi les membres de la Commission aux affaires sociales et de la Commission aux affaires européennes :
« C’est en cohérence avec mes convictions. Le travail de député se fait vraiment en commission. Aux affaires sociales, j’ai entamé mon travail au sujet de la formation professionnelle, dans le but de la rendre plus efficace, plus juste, moins complexe, et d’en faire un outil majeur de la lutte contre le chômage. »
La formation professionnelle, c’est le grand chantier qu’ouvre le gouvernement cet automne, dans l’intention de réformer le système en profondeur. Par ailleurs, Thierry Michels vient également d’être chargé d’un rapport sur la transition énergétique en Europe, et veut y faire ressortir l’orientation de son mouvement :
« Il faut aller vers une Europe de projets. Quinze milliards d’euros vont être investis dans la transition écologique et énergétique. Il faut investir dans le logement, améliorer la vie des gens. Et s’inspirer des initiatives locales. »
À Strasbourg, c’est notamment la société semi-publique Réseau GDS qui a piloté plusieurs projets, comme les centrales biomasse, dont le directeur était Sylvain Waserman (Modem), devenu lui aussi député depuis juin.
En bon député de la majorité, le travail de Thierry Michels depuis ses prises de fonction a surtout été de suivre et d’appuyer le calendrier du gouvernement : projet de loi pour la confiance dans la vie politique, loi du renforcement du dialogue social :
« D’emblée, j’ai orienté mon travail parlementaire de manière à pouvoir me concentrer sur les réformes majeures du quinquennat, avec pour objectif de contribuer à la transformation du pays et au développement et la réussite de Strasbourg et de son territoire. Je pense pouvoir apporter du travail en équipe, des outils pour aider à la prise de décision. »
Assidu mais discret
Thierry Michels fait partie des députés les plus assidus. Avec ses 16 présences en commissions et ses 6 interventions dans ce cadre, le site nosdéputés.fr le classe parmi les 150 plus actifs sur ces critères (sur 577 députés). Mais pour le moment, il n’a pas proposé d’amendement ni posé de questions au gouvernement.
À titre de comparaison, sa collègue LREM Caroline Abadie, elle aussi novice en politique, a à son actif 7 interventions en commission, 15 interventions longues en hémicycle, et 2 amendements proposés ; d’un autre côté, sa collègue LREM Aude Amadou a fait deux interventions en commission, aucune en hémicycle, pas d’amendements, pas de rapport et pas de question au gouvernement.
Thierry Michels est intervenu en commission des affaires sociales lors de la visite de la Ministre du travail, et sur le sujet du financement de la sécurité sociale. En commission des affaires européennes, il a proposé un règlement sur le câble et le satellite, et il est intervenu sur la concurrence dans le transport aérien. Il mène donc maintenant un rapport d’information sur la transition énergétique au niveau européen.
Le 11 juillet, il est intervenu en séance plénière dans le cadre d’une discussion d’article de la loi du renforcement du dialogue social. Dans l’hémicycle, il concède son peu d’expérience en politique mais s’appuie sur son expérience dans la vie d’entreprise pour défendre la fusion des instances de représentation des salariés dans les entreprises (CHSCT, comité d’entreprise, délégués syndicaux et délégués du personnel).
Thierry Michels explique que les débuts ont été très chargés et que la priorité allait l’agenda national :
« Nous avons eu très vite beaucoup d’informations de la part des cabinets ministériels sur le fond des sujets. Mais il n’y avait pas de surprise, c’était des thèmes qu’on avait travaillé pendant la campagne. Mais maintenant, on va pouvoir faire le lien avec le local, travailler sur des sujets locaux aussi. »
Au Palais Bourbon, Thierry Michels dit s’être fait rapidement aux rouages de la représentation nationale (Photo Equipe Thierry Michels / cc)
« S’appuyer sur le local »
Ses priorités locales justement, il les affiche brièvement sur son site internet : démocratie locale, emploi, organisation territoriale, écologie et Europe. Il souhaite pousser l’Assemblée Nationale à adopter un soutien clair à Strasbourg en tant que siège du Parlement Européen :
« C’est un enjeu politique essentiel pour la France comme pour le rayonnement de Strasbourg, capitale européenne. »
Le député a rejoint la « task force » qui plaide pour le renforcement du siège à Strasbourg et s’inscrit dans les négociations autour du renouvellement du contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne ». Il souhaite surtout trouver moyen de réorienter les crédits pour améliorer l’attractivité du parlement de Strasbourg. Il mène une consultation auprès d’actuels et anciens eurodéputés pour connaître les « doléances » des parlementaires et les voies d’amélioration, notamment en matière d’accessibilité.
D’après son équipe, il explore les différentes options en matière d’initiative parlementaire pour soutenir le siège strasbourgeois. Il devrait rencontrer dans un avenir proche la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau. À terme, le député plaide pour une relocalisation de la totalité des activités législatives à Strasbourg, voire une installation de nouvelles institutions dans la capitale alsacienne.
C’est également ce qu’il veut faire au local, s’appuyer sur les demandes de ses administrés, pour nourrir le débat au national. Même si pour l’instant, il est peu sollicité, ce qu’il justifie par le renouvellement des élus :
« Il est vrai que nous n’étions pas dans le modèle ancien comme d’autres élus locaux, que les citoyens continuent à aller aborder spontanément. Les gens ne viennent pas naturellement à nous. Mais nous voulons faire de la politique autrement, et il faudra faire preuve de pédagogie. »
Les députés qui l’entourent ont déjà leurs initiatives propres : Sylvain Waserman propose des assises citoyennes dès le mois d’octobre, Bruno Studer prévoit de retourner sur ses lieux campagnes début 2018… Chez Thierry Michels, les modalités de ces rencontres sont encore à l’état de projet.
Groupe strasbourgeois, Haut&Court. est en concert mardi au Diamant d’Or. Grand retour public pour ce groupe de grindcore mêlée qui a dû recomposer son line-up et notamment trouver un nouveau son chanteur. Rencontre avec un groupe de musique délicatement violente.
Haut&Court. est un groupe de math/crust strasbourgeois. Tu ne sais pas ce que c’est ? Moi non plus. Mais, en gros, c’est du grind, ça hurle. Leur musique est simple, rapide, efficace. Un truc qui va droit au but et qui envoie sévère. Si le groupe existe depuis cinq ans, il a quand même connu pas mal de changements avec, depuis peu, l’arrivée d’un nouveau chanteur, Max.
Mardi soir, au Diamant d’Or, ils vont faire leur tout premier concert avec ce nouveau line-up, entourés de leurs amis, comme les strasbourgeois de LMDA, mais aussi de groupes réputés comme Feastem.
(Photo : Raysurection)
Alors, première question, comment définissez-vous le style musical de Haut&Court. ?
Ravind : C’est une question qui n’est pas très facile … En fait, on se la pose aussi nous-même ! À l’époque on avait inventé le terme de math/crust mais sans savoir pour autant si ça représentait vraiment notre musique. Pour ma part j’aurais tendance à résumer notre musique à du grind. Même si l’on ne répond pas vraiment aux codes esthétiques ou musicaux, j’aime l’approche sans concession qu’apporte ce style.
Josh : En gros, pour visualiser un peu le truc, tu prends un grand saladier, tu mets 200g de grindcore, 100g de crust, tu fais mijoter à feu doux et tu y rajoutes 50g de mathcore pour pimenter le tout, et voilà c’est prêt !
« Notre musique doit être radicale »
Qu’est-ce que vous recherchez dans votre musique ? Qu’est-ce qui vous plaît ?
Bernard : L’intensité, la violence. Cela doit être radical. Personnellement j’aimerai bien intensifier le côté mathcore.
Ravind : « Faut que ça chie ! » : voilà la ligne directrice de notre musique. Simple et efficace dans l’approche. À partir du moment où le mec qui écoute s’en prend plein les oreilles au point d’en rester stoïque ou de devenir complètement hystérique, j’estime que l’on a bien fait notre boulot ! Je pense que pour beaucoup d’entre nous, ce type de musique est un exutoire. Certains font du sport, moi je joue de la batterie. Je préfère traduire ma « violence intérieure » par de la musique plutôt qu’avec mes poings.
Quels sont vos goûts musicaux ? Est-ce que vous écoutez tous la même chose ou c’est plus varié ?
Ravind : J’aime la musique, je n’ai donc pas de frontière de style. Que ce soit de la pop, du jazz, du hip hop, du rock ou du métal extrême, il y a du bon à prendre partout. Je reste d’ailleurs persuadé que nourrir ses références et son jeu musical d’horizon varié apporte beaucoup.
Bernard : J’écoute très peu de métal si ce n’est Meshuggah ou The dillinger escape plan, sinon c’est du jazz ou du Frank Zappa.
Josh : Pour ma part, j’écoute bien entendu du grindcore, mais aussi d’autres styles allant du post rock au doom en passant par le black metal.
Fractures en studio (vidéo Haut&Court)
Vous avez déjà fait pas mal de concerts ! Quels sont ceux dont vous êtes le plus fiers ou ceux qui vous ont marqué ?
Ravind : On est bien souvent plus fier des rencontres, que ce soit les organisateurs ou les autres musiciens, que des concerts en eux-mêmes. Non pas que l’on ne s’en rappelle pas, mais cette énergie partagée est très éphémère. Les relations amicales qui en découlent sont beaucoup inscrites dans la durée. Si toutefois je devais me rappeler d’un concert, ce serait celui de Yellfest. Imagine toi, paumé dans la nature à plus de 1 000 m d’altitude. Rien autour de toi. Une ambiance de dingue. Un concert intense avec un public ultra réceptif. Des gens uniques. C’était vraiment quelque chose !
Bernard : Je me rappelle aussi d’un mini-tour où on a fait un concert musico-thérapeuthique en hôpital psychiatrique à Bourg-en-Bresse, c’était un moment vraiment intéressant.
Est-ce que vous pouvez me parler un peu de l’ambiance de vos concerts ?
Josh : Pour tout t’avouer, je pense que l’ambiance est amenée à changer, et ce notamment grâce aux changements de line-up. Notre ancien chanteur, Arnaud, qu’on apprécie beaucoup, avait une présence plus qu’atypique, allant jusqu’à confier le micro au public pour aller commander à boire ou à manger. Forcément, ça entrainaît un aspect assez comique dont on compte aujourd’hui se détacher.
Ravind : Josh l’a très justement énoncé. Le line up évolue, la musique et le rendu scénique évolueront également. On tient à rester nous-même mais également à monter une nouvelle facette de Haut&Court. Quelque chose qui nous correspond plus aujourd’hui.
(vidéo Haut&Court)
Il y a eu pas mal de changements dans Haut&Court. Vous m’avez parlé de l’ancien chanteur mais je sais que Josh ça fait à peine un an que tu fais partie de cette formation. Comment les as-tu rejoint ?
Josh : On s’est rencontrés avec Ravind en 2016. Il est venu faire batteur de session dans mon ancien groupe Kaliyuga pour un festival au Portugal. On a bien aimé jouer ensemble, et lorsque la place de bassiste s’est libérée dans Haut&Court, j’ai de suite été motivé.
« Quand un membre du groupe part, soit tu continues, soit tu arrêtes »
Ravind et Bernard, comment avez-vous vécu ces changements dans le line-up ? Est-ce que c’est difficile pour un groupe, est-ce que vous avez eu des moments de doute ?
Ravind : Eh bien, oui, c’est compliqué. Dans ces conditions, soit tu continues sois tu arrêtes. Et quand tu choisis la première option, tu sais que ça ne va pas être de tout repos. Jouer avec des gens de manière régulière amène des automatismes, des facilités de jeux et une certaine alchimie. Changer le line up demande de tout reconstruire ; patience et temps sont donc tes meilleurs amis. Les années 2016 et 2017 ont donc été très impactées dans notre production musicale : peu de concerts, un album retardé…
L’arrivée de Josh s’est fait assez simplement. En revanche la recherche d’un nouveau chanteur a été beaucoup plus compliquée. On a donc utilisé nos différents contacts et fait « un appel a candidatures » via Facebook. Max connaissait le groupe et a voulu essayer. Après quelques répétitions, l’option a été validée par tout le groupe. Haut&Court. était donc à nouveau complet en août.
Bernard : En fait ce n’est pas d’assurer ces changements qui est difficile, loin de là ; le plus dur c’est cette période de battement et le manque de motivation qui l’accompagne. Le line-up actuel nous remotive tous vraiment. L’arrivée de Josh nous permet de revenir vers des riffs plus death, plus techniques ce qu’on avait un peu perdu avec Troffea. Et Max s’est super bien adapté et niveau chant il y aura un travail plus important pour l’écriture, ce sera moins improvisé
Et si on parlait un peu du concert de mardi : êtes-vous contents de pouvoir faire un concert à la maison avec les copains ? Vous connaissez déjà tous les groupes qui vont passer ?
Josh : C’est toujours plaisant de jouer à Strasbourg, même si j’aimerais qu’on s’exporte d’avantage à l’avenir. Haut&Court à Strasbourg, ça n’est plus vraiment une exclusivité ! Pour cette fois-ci, je suis super content de partager l’affiche avec Feastem qui est vraiment un de mes groupes préférés dans ce style ! En plus ce sera un bon moyen pour nous de tester ce nouveau line-up et d’avoir les premiers retours.
Ravind : Jouer à la maison, avec des copains comme LMDA, c’est toujours un grand plaisir ! Maintenant il est vrai qu’on aspire tous à voir plus loin. 2018 devrait être un bon cru…
Haut&Court. a des projets pour l’année qui vient ?
Josh : Oui, on va passer en studio début 2018 pour enregistrer notre nouveau bébé. Et on compte bien tourner au maximum en Europe dès le printemps !
Et pour terminer : si vous deviez motiver mes petits lecteurs adorables à venir à votre prochain concert au Diamant d’Or, que leur diriez-vous ?
Josh : On a pas joué depuis février, on a un nouveau line-up, on est super motivés. What else ?
Ravind : Si tu viens pas pour nous, viens pour les autres, Feastem quand même ! Si tu connais rien au genre, soit curieux et viens voir. C’est 5 balles et au pire tu en rigolera avec tes collègues à la machine a café le lendemain.
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock’n’roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
Le maire de Niederhausbergen, Jean-Luc Herzog, a fait condamner Franck Julich, brasseur de La Mercière pour des injures publiées sur la page Facebook de la brasserie artisanale.
Jean-Luc Herzog, maire de Niederhausbergen, a réussi à faire condamner par la Cour d’appel de Colmar la brasserie Mercière. Pour des injures proférées à son encontre sur la page facebook de la brasserie, il a obtenu 1000 euros à titre de réparation de son préjudice moral, et 500 euros de participation aux frais d’avocat. Un joli coup de com’ pour l’élu qui est aussi vice-président de l’Eurométropole en charge de l’artisanat.
Voilà qui clôt le chapitre des déboires de la brasserie La Mercière, qui a depuis quitté Niederhausbergen pour Cosswiller.
Dimanche 12 novembre, Black Rebel Motorcycle Club, groupe mythique de la scène rock américaine, s’arrête à La Laiterie avant la sortie de son 8e album studio prévu pour 2018. L’occasion de prendre ses places avant de voir l’occasion filer à la vitesse d’une moto rugissante.
Cela fait presque vingt ans que le Black Rebel Motorcycle Club (BRMC) a vu le jour. Vingt ans que Peter Haynes et Robert Levon Been, tous deux chanteurs-guitaristes-bassistes, décident de nommer leur groupe d’après le gang de Marlon Brando dans L’Équipée Sauvage (The Wild One). Vingt années et sept albums studios, avec donc un 8e en préparation pour le début de l’année prochaine. Une traversée des époques sans prendre une ride, en faisant grincer les guitares électriques et en s’essayant à l’acoustique. Mais avec un point d’honneur à rester fidèles à leur musique originelle : le rock’n’roll.
Sombre, rugueux et abrasif
Avec une expérience dans le Brian Jonestown Massacre, et des influences comme The Jesus and Mary Chain ou Sonic Youth, le groupe est classé à ses débuts dans la vague du renouveau du rock. Ce mouvement du début des années 2000 est mené par les Strokes. Noel Gallagher lui-même conseille d’écouter BRMC.
Et pourtant, on ne saurait être plus loin de ces groupes sur le plan musical. Plus sombre, plus rugueuse, la musique de BRMC mélange sans vergogne les touches de blues, de garage, et de punk pour un résultat complètement abrasif. Quand ils se calment sur Howl, c’est Springstreen, Lou Reed et Bob Dylan qu’on perçoit en fond. Et bien qu’originaire de San Francisco, le groupe reste aujourd’hui complètement indépendant et assez loin de la scène rock garage qui s’y est développée plus récemment (Ty Segall, Thee Oh Sees). Probablement le secret de leur longévité. L’indépendance.
Let The Day Begin – clip officiel
L’indépendance et la confiance réciproque entre le groupe et ses fans. Toujours très honnêtes et partageant leurs problèmes personnels avec leur fanbase (crises internes, décès de proches…), le Black Rebel Motorcycle Club a su créer autour de lui un énorme engouement. Jusqu’en France, où ils enjoignent à une époque les fans à coller posters et affiches pour leur venue. Les bikers et les rockeurs répondront présents, comme tous les amoureux de musique qui se retrouvent dans les titres les plus énergiques comme dans les titres acoustiques.
Car là est toute la magie d’un concert de BRMC. C’est un peu comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. Mais ce qu’on sait, c’est qu’il ne faut pas les manquer.
La Ville de Strasbourg a publié une nouvelle vidéo pour mettre en avant les qualités de l’environnement dans le cadre de sa démarche « Europtimist ». Dans cette vidéo, montée avec énergie, un Strasbourg de rêve se dévoile au gré des images, vraiment de rêve.
Chaque automne est accompagné d’une nouvelle vidéo de « Strasbourg, the Europtimist », la démarche de rayonnement et d’attractivité de la municipalité. À l’heure de la compétition entre les territoires, plusieurs collectivit . . .
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C’est l’heure de l’élection du nouveau président Grand Est. L’ex-maire de Mulhouse Jean Rottner est le candidat pour la majorité de droite. Ensuite, il sera question de dossiers de fonds, budget, lycées, agriculture, économie et… gestion dispendieuse de la Chambre des Métiers d’Alsace. À suivre en direct et en vidéo toute la journée.
La séance plénière du conseil régional du Grand Est de ce vendredi 20 octobre était prévue dans le calendrier initial. Mais la démission de Philippe Richert, a quelque peu bousculé le début de le début de séance.
Comme prévu, l’alsacien Jean Rottner a été élu par la majorité de droite et du centre peu après 10h. Il a reçu 96 voix alors que son groupe compte 104 membres sur les 169 que compte l’hémicycle. Soit huit voix manquantes.
Virgine Joron a bien obtenu les 35 voix de tous les élus restant du groupe FN disloqué. Une voix est arrivée à au maire de Maxéville Christophe Choserot (ex-PS devenu LREM et toujours dans groupe de gauche) qui n’était pas candidat. Les groupes PS (19 membres) et Les Patriotes (11 membres) se sont abstenus. Tous les conseillers régionaux étaient bien présents pour le vote.
Ensuite d’autres dossiers de fond normalement prévus à l’ordre du jour. D’après nos échos, le code de déontologie en fin de séance sera l’occasion d’aborder le cas de Bernard Stalter et les largesses à la Chambre des Métiers d’Alsace qu’il a dirigé (voir notre article).
L’ordre du jour
Élection du Président
Détermination de la composition de la Commission Permanente et élection de ses membres
Ajustement dans la composition des commissions thématiques
Ajustement des représentations dans les organismes extérieurs
Délégations au Président du Conseil régional
Compétences déléguées à la Commission Permanente
Désignation des membres de la Commission d’Appel d’Offres, de la Commission de délégation de services publics et de contrat de partenariat et de la commission de concession d’aménagement du Conseil régional.
Après ces différentes opérations de vote, l’assemblée aura à se prononcer sur :
l’approbation des procès-verbaux des séances plénières des 28 avril et 28 juin 2017
les orientations budgétaires 2018
la modulation régionale de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques
la dotation de fonctionnement des lycées – exercice 2028
la dotation « jeunes Agriculteurs »
les contrats de filières fruits et légumes et horticultures 2017-2020
la création de la Société d’Économie Mixte OKTAVE
le rapport sur la situation en matière de développement durable 2017 de la Région Grand Est
l’appel à projets « Caves Touristiques »
l’approbation du code de déontologie des élus de la Région Grand Est.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
« Le temps où le centre agissait en toute impunité est bien révolu » se réjouissent les opposants au centre de primatologie de Niederhausbergen. Ils organisent une marche dimanche alors que le centre est sous le coup d’une enquête judiciaire quant à son montage financier et ses relations avec l’université de Strasbourg.
Dimanche 22 octobre à 14h à 16h, rue du Terminus à Niederhausbergen, les associations ProAnima, Fight For Monkeys et International Campaigns organisent une marche pour exiger la fermeture du centre de primatologie du fort Foch.
Créé en 1978, le centre a deux activités : l’une scientifique, l’étude du comportement des singes, et l’autre de quarantaine. Cette dernière consiste à héberger temporairement des singes vendus principalement par des Mauriciens et destinés à des laboratoires pharmaceutiques. Depuis plusieurs années déjà, l’existence du centre fait débat. En 2015 et en 2016, des marches pour dénoncer les expérimentations animales avaient déjà été organisées. Elles avaient réuni 200 personnes la première année et 400 la deuxième. Cette année, sur la page Facebook de l’évènement, 200 personnes ont déjà prévu de participer et quasiment 800 sont intéressées.
Manifestation sur fond d’enquête judiciaire
Cette année, la marche se déroule alors que Rue89 Strasbourg a révélé l’existence d’une information judiciaire sur les activités du centre de primatologie pour « abus de confiance et autres détournements » à l’encontre de l’université de Strasbourg et de l’association ADUEIS, gestionnaire du centre de primatologie. L’association ADEUIS (association pour le développement des liens université-entreprises dans les industries de santé) chargée de développer l’exploitation commerciale des singes sous la marque SILABE, n’aurait en réalité qu’une indépendance très artificielle vis-à-vis de l’université.
Le centre de primatologie de Niederhausbergen est une plateforme d’import-export de singes. (document pro-Anima)
En novembre dernier, l’association de défense des animaux Animalsace et le comité scientifique de ProAnima dénonçaient le montage financier entre l’université de Strasbourg et l’ADUEIS. Les deux associations ont reproché un manque de transparence, non seulement sur le montage de l’association, mais également sur ses activités et ses implications financières.
Toujours les mêmes dénonciations
C’est dans ce contexte tendu, que les associations de protection des animaux continuent de se mobiliser contre le centre, dont ils dénoncent le fonctionnement depuis plusieurs années déjà. Si la directrice de SILABE, Fanélie Wanert, continue de nier les accusations de geste biomédicaux sur le site de Niederhausbergen (en dehors des actes de prélèvements biologiques ou parfois sous cutané), les organisateurs dénoncent un appel à candidatures datant de novembre dernier dans lequel le centre indiquait être à la recherche d’un vétérinaire en expérimentation animale niveau 1.
Y aller
Manifestation « Justice pour les singes », dimanche 22 octobre à 14h, rue du Terminus à Niederhausbergen.
Une partie du monde politique strasbourgeois, en particulier celui en lien avec le logement social, hausse le ton face à la baisse des allocations, d’environ 63 euros par mois pour les bailleurs. Un sujet national où les élus locaux se positionnent aussi pour la suite.
Le monde du logement social (se) mobilise pour les allocations. Mardi 17 octobre, environ 600 personnes se sont rassemblées place Kléber à Strasbourg à l’appel de nombreuses organisations. Dans ce front hétéroclite au niveau national comme local, on retrouve aussi bien des bailleurs sociaux bas-rhinois et leurs présidents de droite ou de gauche (Philippe Bies, Etienne Wolff, Jean-Louis Hoerlé, Syamak Agha Babaei), la fédération du bâtiment, la confédération des PME, des associations de résidents, de mal-logés, de locataires, la CGT, la CFTC, des organisations étudiantes, des partis politiques, etc.
Il exigent le retrait de l’article 52 du projet de loi de finances 2018 qui vise à baisser les Aides prioritaires au logement (APL). En plus de la baisse uniforme de 5 euros par mois depuis le 1er octobre, elle prévoit une baisse plus forte dans le secteur des logements sociaux, où les APL sont directement versées au bailleur et non au locataire. Cette baisse serait de 63 euros par mois en moyenne, pour les 52% d’occupants qui en bénéficient. Et les bailleurs sociaux devraient baisser d’autant leur loyer.
Mardi, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées contre la suppression des APL (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Qui dit moins de loyer dit moins d’argent pour entretenir le parc social de 113 500 logements en Alsace. Le monde du logement social estime que ces mesures les pénalisent bien plus que le secteur privé, où les loyers sont peu voire non-encadrés.
Toute cette gronde a vraiment commencé à Strasbourg fin septembre lors du congrès de la profession. Au parc des expositions, le monde du logement social, très uni et soudé, a adressé sifflets, cartons rouges ou encore chaises vides au Secrétaire d’État à la Cohésion des territoires (sic!), Julien Denormandie.
Les élus strasbourgeois étaient très représentés. Ils ont été nombreux à être parmi les premiers signataires d’un courrier de protestation issu de ce congrès. Hôte de l’événement, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS mais non-inscrit à Strasbourg) en fait partie. « Le risque est grand de voir freinée, à Strasbourg comme ailleurs, la production de logements sociaux », avait-il déclaré face à cet auditoire conquis.
Du côté de son équipe municipale, l’ancien député PS Philippe Bies, nouvel adjoint au maire de Neudorf et président des grands bailleurs CUS Habitat et Habitation Moderne, est évidemment en pointe sur le sujet. En marge de la manifestation place Kléber où il a pris la parole, il fait part de ses critiques virulentes envers le chef de l’État :
« Tous les bailleurs sont concernés, même si les filiales de grands groupes ont davantage de moyens pour faire face, mais ces organismes sont plutôt en région parisienne. Cette baisse de 10% des loyers, notre principale ressource, qui sont encadrés pourrait avoir comme conséquence l’annulation de 75% des constructions prévues. Ceci a un effet domino car les promoteurs doivent prévoir une part de logement social dans leurs opérations. Nous sommes prêts à faire des efforts et à nous réformer, Habitation moderne a par exemple absorbé Perspective Habitat. Mais là, c’est une méthode inacceptable, sur un sujet qui n’a jamais figuré dans le programme d’Emmanuel Macron qui a réussi l’exploit de mettre en ensemble des organisations qui n’auraient jamais été côte à côte autrement. »
Renversant en effet de voir la CGT prêter sa sono à un élu qui défendait le gouvernement, par exemple lors des débats sur la Loi travail un an plus tôt.
Autre exemple de ce front de personnes habituées à batailler entre elles, la Confédération syndicale des Familles (CSF), à l’origine de la grande banderole « Ensemble, sauvons le logement sociale », déployée place Kléber pendant la manifestation.
Pour son secrétaire général dans le Bas-Rhin, Colin Riegger, l’association est venue « défendre la concept même du logement social » :
« De plus en plus de personnes ont été impactées par la crise et se sont tournées vers le logement social. Sans cela, il n’y a plus de mixité, mais des ghettos. Le gouvernement s’appuie sur des éléments de langage comme quoi les bailleurs sociaux sont assis sur des tas d’or, mais dans les faits ils sont minoritaire. Il y de nombreuses réhabilitations à Strasbourg, c’est plutôt sur leur qualité que l’on a des désaccords. »
« La politique nationale a des répercussions locales »
Présente à la manifestation, la secrétaire départementale du PS du Bas-Rhin Pernelle Richardot, estime que ces sujets vont forcément avoir un impact dans la majorité strasbourgeoise :
« Roland Ries ne veut pas d’importation du débat national au niveau local, mais toutes les politiques nationales ont des répercussions locales. La Ville de Strasbourg n’est pas extra-territoriale et on ne va pas renier nos convictions. »
Interrogé jeudi 19 octobre, il se montre plus distant du sujet, préférant insister sur la cohésion de sa majorité locale :
« Que le débat ait lieu, sur des politiques nationales qui impactent notre politique, c’est normal. Mais qu’il y ait des motions différentes, je ne le souhaite pas. Je préfère mettre l’accent sur ce qui nous réunit. »
De l’autre côté, ce front du logement social hausse le ton face au Président de la République Emmanuel Macron et de manière plus générale sur sa politique économique. Dans le son courrier signé entres autres par Roland Ries et de nombreux élus de droite, l’Areal (association des organismes HLM) met par exemple les 1,7 milliard d’économie attendus en comparaison avec la baisse de l’impôt sur la fortune (3,3 milliards d’euros).
Au niveau local, difficile de ne pas voir, en partie, des jeux d’influence et de positionnement pour la suite. Dans ce front, on retrouve aussi Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole à la tête d’une coalition gauche-droite. Proche d’Emmanuel Valls, Robert Herrmann s’est toujours montré critique du positionnement « et de droite et de gauche » d’En Marche qui « gomme les différences plutôt que les assumer. »
Comme Roland Ries, il a signé les différents courriers d’interpellation. Il a été un poil plus vocal en soulignant que les prêts des bailleurs sont garantis par l’Eurométropole à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Des difficultés pour les bailleurs pourraient se répercuter sur les finances de sa collectivité ou du moins sur ses taux et sa capacité d’emprunt.
Par la force des choses, il se retrouve un peu plus du côté de Philippe Bies ou des écologistes qu’il a plus d’une fois assaisonnés dans ses commentaires, malgré une bonne entente sur la transition énergétique.
Au niveau régional, cette réforme représenterait 43 millions d’euros de manque à gagner pour les organismes HLM, soit 1 870 logements sociaux qui ne seront plus produits et 10 000 logements qui ne seront pas rénovés. « Dans le même temps, l’État se désengage aussi du fonds d’aide à la pierre (baissé de 200 à 50 millions d’euros), alors que les APL ont été mise en place dans les années 1970 justement pour compenser un premier retrait », critique Colin Riegger de la CSF.
En Alsace, ces ensembles sont surtout concentrés dans les agglomérations de Strasbourg et Mulhouse. Selon la Confédération nationale des locataires, environ 38 000 personnes seraient en attente d’un logement social dans la région.
Parmi ses arguments, le front entame un début de chantage social : 150 millions de chiffre d’affaires en moins pour les sociétés du BTP et 2 500 emplois seraient menacés (5 000 à été annoncé à la manifestation). « Le monde du logement social est une réalité économique », martèle Philippe Bies.
Emmanuel Macron maintient ses critiques
Les deux co-présidents du groupe « Strasbourg en Marche », Olivier Bitz et Alain Fontanel, sont restés très discrets sur cette question alors que la raison d’être de ce nouveau groupe est officiellement la défense des politiques du gouvernement dans l’hémicycle strasbourgeois. Ils n’ont pas répondu à nos sollicitations. Il serait néanmoins surprenant qu’ils restent silencieux lors d’une interpellation sur le sujet prévue lundi en fin de conseil municipal, où le PS et les écologistes devraient s’engouffrer.
Selon lui, il existe trop d’organismes et la politique de logement « ne fonctionne pas. » Le Président distingue par ailleurs ceux qui « produisent beaucoup » et d’autres qui profiteraient de la baisse des taux d’intérêts sans trop agir (« les dodus dormants »).
Il existe 723 organismes de logements sociaux en France. À Strasbourg, 16 opérateurs interviennent dans les 33 communes de l’Eurométropole et 29 en Alsace. La mobilisation du collectif « Vive l’APL » doit au moins durer jusqu’au 9 décembre, jour du vote de la loi de finance, dans l’espoir de faire bouger les lignes.
Le prix des futurs tickets sans contact de la CTS n’est pas connu. S’il devait être aligné sur le prix de ceux en papier, ce serait une bonne affaire pour la compagnie, en quête d’économies pour s’épargner une remise en concurrence.
Le 1er juillet 2018, il n’y aura plus du tout de ticket papier pour voyager en règle dans les bus et tram de la Compagnie des transports de Strasbourg (CTS). Pour les voyageurs ponctuels . . .
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