Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

À Strasbourg, « les législatives ont créé des divisions que l’on retrouvera »

À Strasbourg, « les législatives ont créé des divisions que l’on retrouvera »

Le Parti socialiste perd ses deux députés à Strasbourg. La circonscription 1 était tenue depuis 20 ans. La place qu’aura « En Marche » dans la vie locale reste à définir. Au risque de provoquer des tensions dans l’exécutif municipal.

C’est un petit monde qui s’écroule. Des réseaux tissés depuis parfois des décennies vont se détendre. La circonscription 1 du Bas-Rhin était tenue depuis 1997 par le socialiste Armand Jung. Des poids lourds de la droite s’y sont essayés, toujours en vain.

En 2016, son « fils spirituel », Éric Elkouby l’avait emporté assez confortablement (avec 53,7% des voix) lors d’une élection partielle. Il en avait fait un argument de campagne, il a arpenté les coins et recoins de ce territoire depuis 20 ans, comme attaché parlementaire, comme conseiller parlementaire ou élu de quartier.

Éric Elkouby, élu d’opposition au département

Après son élection, Éric Elkouby, 43 ans, quittait alors la municipalité, fidèle à son credo « d’homme libre ». Le maire avait souhaité qu’il reste et il aurait pu conserver ses fonctions d’adjoint. Cette liberté lui a permis de critiquer vertement le tracé du tramway vers Koenigshoffen, mais pas d’être réélu un an plus tard, même affublé de la mention « majorité présidentielle ». À partir de ce 19 juin, il n’est plus que conseiller départemental d’opposition.

C’est finalement un inconnu en politique locale, mais porté par le mouvement du nouveau président, qui aura détrôné le PS dans son pré carré : Thierry Michels, 53 ans et chef de projet dans l’industrie pharmaceutique. Il l’emporte largement avec 59,95% des voix. Un écart inimaginable lorsque les partis lançaient des projections fin 2016.

Au sud, Philippe Bies battu n’oublie pas Strasbourg

À Strasbourg-sud, l’implantation du PS est plus récente. Philippe Bies s’était fait élire dans le contexte de la vague rose de 2012, mais il était adjoint de quartier de Neudorf depuis 2008. Il a été un député actif et a tâché de garder un ancrage local. Mais il a tout voté lors du quinquennat de François Hollande et la sanction est similaire. Sylvain Waserman, issu du MoDem et investi par LREM, l’emporte avec 58,52% des voix.

Très ému lors de son discours de défaite (voir ci-dessous), Philippe Bies n’a d’ailleurs pas oublié de faire une référence à Strasbourg et promet de « réfléchir au devenir de [sa] ville et de ses quartiers, pour proposer le moment venu le projet d’une ville solidaire, écologique et innovante. » Le rendez-vous est donné pour les élections municipales de 2020, même s’il prône un travail « collectif » pour se substituer « au choc des égos » actuel.

En tant qu’élu à la Ville de Strasbourg, président de deux grands bailleurs sociaux et chef de la majorité PS, il restera à n’en pas douter un acteur incontournable de la vie politique locale, notamment sur la question du logement.

Défaite aussi lourde pour la droite au nord

Au nord, bastion de droite, scénario similaire à front inversé. Marcheur de la première heure, représentant du mouvement dans le Bas-Rhin, Bruno Studer, 39 ans, professeur d’histoire-géographie à Cronenbourg, sera le député de la circonscription du Parlement européen. Il bat Georges Schuler (LR), maire de Reichstett, conseiller régional et secrétaire général de « Les Républicains » dans le Bas-Rhin. Il était suppléant du député sortant, élu quatre fois de suite, André Schneider.

Dans les trois circonscriptions, le scénario est le même. Le challenger a à peu près doublé son nombre de voix par rapport au premier tour, soit 4 000 à 6 000 voix de plus, alors que la participation baisse (et le vote blanc augmente). Le candidat « En marche » n’a gagné « que » 2 000 à 3 000 voix entre les deux tours. Pourtant, le rapport final est partout le même, tout juste en dessous des 60-40. Néanmoins, aucun des trois marcheurs ne réunit plus de 22% des inscrits.

Après des chamboulements électoraux, que veut l’électorat Strasbourgeois pour sa ville ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Difficiles conclusions

Il sera difficile de tirer de grandes conclusions électorales locales. Les écarts sont semblables partout et les dynamiques nationales l’ont emporté. D’autre part, il n’y a aucune élection passée pour comparer ces scores. Le second tour indique qu’En Marche bénéficie assez peu des reports de voix, de droite comme de gauche, mais les écarts étaient élevés. Après un quatrième dimanche électoral, voire plus avec les primaires, une certaine lassitude commence à poindre.

Enfin, lors des prochaines élections, « En Marche » aura gouverné trois ans et peut-être dilapidé une partie de sa popularité actuelle…

Derniers (re)positionnements avant 2020

La longue séquence électorale s’achève. Pour autant, les répercussions politiques ne s’arrêtent pas et des ajustements sont à prévoir pour la deuxième moitié des mandats à la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, et pour préparer les élections municipales de 2020. Avec en ligne de mire, le positionnement à adopter pour, à la fois, gérer les affaires, garder des alliés et coller aux attentes de l’électorat.

À la tête de la coalition droite-gauche à l’Eurométropole, Robert Herrmann (PS) estime qu’En Marche va désormais devoir se découvrir pour peser :

« Nous avons maintenant de nouveaux députés sans expérience et il faudra voir comment ils se positionnent sur les dossiers que nous avons à traiter en commun. Je vois par exemple la députée élue dans la circonscription du Grand contournement ouest (Martine Wonner, ndlr) dire que son positionnement a été « subtil ». Au bout d’un moment, il faut trancher et c’est pareil dans notre assemblée où il y a une coalition, mais qui ne gomme pas les différences comme chez Emmanuel Macron. »

Difficile de voir des dossiers locaux majeurs où « En Marche » serait en désaccord profond sur ce qui se fait à Strasbourg. Un des néo-députés, Sylvain Waserman, était d’ailleurs directeur d’une des plus grosses sociétés de la collectivité, Réseau GDS. Les dossiers y sont techniques mais tout est question d’équilibrage, par exemple sur le logement ou les transports.

Pourquoi mettre « des têtes en haut de lances » ?

Pour Robert Hermman, « la division de ces élections laissera des traces qu’on retrouvera » à l’avenir :

« Que des élus reconnaissent qu’ils se sont trompés et qu’ils changent d’avis c’est une chose, mais de là à mettre une telle application à faire battre des gens de son équipe, que ce soit Yves Bur face à Sophie Rohfritsch (LR) ou Alain Fontanel face à Philippe Bies et Éric Elkouby… Est-ce qu’il fallait vraiment venir avec des têtes en haut de lances ? »

Quant à la possibilité de réintégrer Philippe Bies comme vice-président, telle Catherine Trautmann après sa défaite aux élections européennes, il coupe court à cette possibilité : « nous sommes déjà au maximum et cela impliquerait de refaire une élection. » L’élection de janvier avait déjà créé des soubresauts. Pas sûr que le Parti socialiste ait désormais envie de remettre un siège en jeu. Il n’a pas la majorité absolue et a tout à y perdre.

S’il devait y avoir du mouvement, cela serait donc plutôt du côté de la municipalité de Strasbourg. Le nombre d’adjoints thématiques est également au maximum depuis septembre, mais il serait possible de bouger à la marge avec les adjoints en charge uniquement de quartiers (comme Luc Gillman pour Koenigshoffen). Mais il faudrait retirer une délégation à l’un des adjoints en place.

Pas de mouvement visible avant juillet

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a de son côté rappelé qu’il « reste socialiste » et renouvelé son souhait de faire cohabiter les élus passés chez « En Marche » au sein de son équipe. La majorité a toujours fait bloc, mais sur certaines délibérations, comme le cinéma Odyssée, un Grand Prix de formule E, la clinique Rhéna, plusieurs élus auraient été tentés de gérer les affaires différemment.

A priori, les grandes manœuvres ne sont pas pour tout de suite. La question des groupes « En Marche » dans les villes, les départements et les régions sera actée lors d’un congrès fondateur à la mi-juillet, ou le « mouvement » deviendra un vrai parti politique. Mais en coulisses, il va falloir se compter, chez les « marcheurs », chez les socialistes, mais également plus à gauche, chez les « social-écologistes ». Petites tueries entre amis en perspective.

Législatives : au second tour, l’Alsace se rappelle qu’elle est de droite

Législatives : au second tour, l’Alsace se rappelle qu’elle est de droite

Le raz-de-marée annoncé s’est contenté d’être une grosse vague. Avec six députés, « La République en Marche » réalise une percée impressionnante en Alsace, une terre ancrée à droite. Mais « Les Républicains » limitent la casse et sauvent finalement 9 sièges parmi les 13 qu’ils détenaient depuis 2012.

Six sur quinze ! C’est le nombre de circonscriptions conquises par La République en Marche (LREM) en Alsace. Il y a quelques mois, cette percée aurait était considérée comme inespérée par les dirigeants du mouvement d’Emmanuel Macron. En dehors de Strasbourg, la région ne figurait pas dans ses petits calculs électoraux à l’origine, tant la droite y est ancrée.

Mais au vu des scores du premier tour, ces résultats peuvent paraître décevants. Dimanche 11 juin, les marcheurs étaient en tête dans 11 circonscriptions. L’effet de balancier entre les deux tours a joué à plein et l’Alsace s’est souvenue au second tour qu’elle est de droite. Avec neuf sièges, la droite reste majoritaire dans la région, un rapport de force contraire aux scores nationaux, où « En Marche » obtient une large majorité absolue.

Compte tenu de la forte abstention et des bulletins blancs, ces députés sont élus en ayant réuni entre 17 et 26% des suffrages des électeurs inscrits.

« En Marche » tout juste en tête dans le Bas-Rhin

Dans le Bas-Rhin, « La République en Marche » est majoritaire. Elle remporte 5 circonscriptions sur 9. À Strasbourg, elle réalise, comme attendu, un grand chelem et remporte les trois circonscriptions de la métropole. Une victoire qui fait disparaître le Parti socialiste de l’Alsace (voir notre article).

À Strasbourg-campagne, Martine Wonner bat assez nettement Sophie Rohfritsch (LR), la députée sortante, avec 55,86% des voix. Les révélations entre les deux tours d’un arrêt maladie jusqu’au premier jour de la campagne officielle (22 mai), n’auront pas inversé la tendance. Cette nouvelle figure en politique disposait d’une confortable avance, de 18 points, après le premier tour. Elle avait reçu le soutien d’Yves Bur (LR) suppléant en 2012… de son adversaire et surtout député-maire historique du secteur avant cela.

À Haguenau, alors qu’il avait une avance de 5 000 voix, Vincent Thiébaut (51,03%) devient député avec seulement 700 voix d’avance. Cet autre débutant bat le maire de Brumath, Étienne Wolff (LR), alors que le député sortant, le maire de Haguenau Claude Sturni, avait passé la main.

Au nord, le duel Frédéric Reiss (LR) et Christian Gliech (LREM) s’annonçait serré vu que ce dernier virait en tête avec 33% des voix contre 31%. Finalement, Frédéric Reiss aura un quatrième mandat et l’emporte même largement (58,88%). Même dans sa commune, le maire de Wissembourg est nettement battu (63,49% pour son adversaire).

Laurent Furst (62,6%), Patrick Hetzel (62,61%) tout comme Antoine Herth (54,14%) conservent aussi leur siège. Ce dernier avait été protégé par La République en Marche, car il est proche du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Après le désistement de la candidate « En Marche », les autres postulants avaient été ignorés. Il était opposé à un candidat du parti régionaliste Unser Land, Gérard Simler, qui résiste donc mieux à la droite que d’autres candidats « En Marche ».

La droite inverse la tendance dans le Haut-Rhin

Dans le Haut-Rhin en revanche, la droite à considérablement redressé la tendance. Alors qu’En Marche, était en tête dans 5 circonscriptions sur 6, le mouvement du Président de la République n’en remporte qu’une, à savoir son duel face au Front national. Avec 64,16% des voix, Bruno Fuchs remporte toutes les communes autour de Mulhouse.

Le Conseil départemental du Haut-Rhin, où la droite n’a qu’un seul opposant dans l’assemblée, va devoir se trouver un nouveau président. Éric Straumann, député sortant, est reconduit (66,41%). Il était le seul candidat de droite en tête au premier tour dans le Haut-Rhin. Et comme la semaine dernière, il a de nouveau remporté toutes les communes.

Dans les quatre autres circonscriptions, « Les Républicains » ont considérablement inversé la tendance par rapport à la semaine précédente. René Cattlin (51,39%) Olivier Becht (57,69%) et Raphaël Schellenberg (50,88%) découvriront l’Assemblée nationale. Quant à Jean-Luc Reitzer (55,15%) aura droit à un… septième mandat !

Reports quasi-nuls

Moralité, en cas de victoire comme de défaite, « La République En Marche » a très peu pu compter sur des reports de voix, de la gauche ou d’ailleurs, entre les deux tours. Sauf dans son duel avec le FN.

Ces résultats devraient un peu rassurer la droite alsacienne et éviter un big bang trop précipité. Néanmoins elle n’échappera pas aux recompositions et aux questionnements nationaux que va traverser la formation. Un député comme Antoine Herth devrait plus difficilement pouvoir s’opposer que d’autres à la politique économique du gouvernement.

Philippe Richert contre la droitisation de « Les Républicains »

Le président de la Région Grand Est, l’alsacien Philippe Richert (LR), a de son côté pointé que « la droitisation d’une partie du mouvement des Républicains n’a pas su répondre » aux attentes des Français. Il avait soutenu Nicolas Sarkozy lors de la primaire de son camp.

Il a félicité plusieurs collègues du conseil régional d’avoir maintenu la droite à flot dans cette élection (Jean-Luc Warsmann, Gérard Cherpion, Valérie Beauvais et Jacques Cattin), dans une liste où il n’a pas cité Sylvain Waserman, élu à la Région sur sa liste (Modem) et désormais député à Strasbourg-sud grâce à l’accord avec « En Marche ». D’autres membres de sa majorité ont en revanche été battus, comme Valérie Debord à Nancy.

En Marche face à la durée

La République en Marche va désormais passer du statut de « mouvement » à un parti avec des règles plus définies. Parmi un de ses chantiers internes, garder la mobilisation de plusieurs milliers d’adhérents en Alsace, à travers les nombreux « comités locaux » créés depuis l’automne. Passée l’euphorie, il va falloir affronter la réalité du pouvoir.

La prochaine élection est prévue pour 2019, avec les européennes. Comme il s’agit d’une élection de liste dans de grandes circonscriptions (l’Alsace est avec la Champagne-Ardenne, la Lorraine, la Franche Comté et la Bourgogne), il n’y aura qu’une poignée d’Alsaciens en position éligible.

Les réactions des candidats

Législatives : trois députés « En Marche » sur trois à Strasbourg

Législatives : trois députés « En Marche » sur trois à Strasbourg

Les trois circonscriptions de Strasbourg envoient trois députés de « La République En Marche. Retrouvez ci-dessous la carte des résultats détaillés par bureau de vote du second tour des élections législatives à Strasbourg.

Législatives : la droite résiste à En Marche en Alsace

Législatives : la droite résiste à En Marche en Alsace

La droite garde ses députés dans neuf circonscriptions sur quinze en Alsace. Retrouvez ci-dessous le détail des résultats du second tour des élections législatives par commune.

Législatives : en Alsace, la droite résiste et garde 9 circonscriptions

Législatives : en Alsace, la droite résiste et garde 9 circonscriptions

L’Alsace reste un bastion de la droite. « Les Républicains » gardent 9 circonscriptions sur 15, le reste allant à « En Marche ». Retrouvez ci-dessous le déroulé de la soirée électorale du second tour des élections législatives, avec les résultats et les réactions.

C’est la fin de ce direct. Quelques vidéos seront encore ajoutées. Demain retrouvez deux articles récapitulatifs sur l’Alsace et Strasbourg. Le principal enseignement est un rebond de la droite, qui finalement remporte 9 circonscriptions sur 15 Alsace. lA République en Marche remporte les 6 autres, dont les 3 à Strasbourg :
    67-1 : Thierry Michels (LREM) 67-2 : Sylvain Waserman (LREM) 67-3 : Bruno Studer (LREM) 67-4 : Martine Wonner (LREM) 67-5 : Antoine Herth (LR) 67-6 : Laurent Furst (LR) 67-7 : Patrick Hetzel (LR) 67-8 : Frédéric Reiss (LR) 68-1 : Eric Straumann (LR) 68-2 : Jacques Cattin (LR) 68-3 : Jean-Luc Reitzer (LR) 68-4 : Raphaël Schellenberger (LR) 68-5 : Olivier Becht (DVD) 68-6 : Bruno Fuchs (LREM)
Fin de notre compte-rendu en direct. Retrouvez tous nos résultats ci-dessous et sur nos cartes, et demain les analyses de ces résultats.
Réaction de Philippe Richert, président du Grand Est :
« […] Il ne fait pas de doute que la droitisation d’une partie du mouvement des Républicains n’a pas, à cet égard, su répondre à cette attente des Français et il nous faudra, là aussi, en tirer les leçons. […] Je veux adresser mes félicitations aux différents élus au sein de la Région Grand Est. Je veux saluer plus particulièrement l’élection de plusieurs collègues du Conseil régional et souligner le résultat de plusieurs parlementaires qui ont su garder à droite, dans ce contexte particulier, leur circonscription. Je pense bien évidemment à Jean-Luc Warsmann, Gérard Cherpion, Valérie Beauvais et Jacques Cattin. »
Notons qu’il ne cite pas Sylvain Waserman, élu régional élu à Strasbourg pour La République en Marche.
Tout juste élu, Sylvain Waserman (LREM/Modem) indique qu’il va quitter la direction de Réseau GDS, son mandat de maire à Quatzenheim dans le Kochersberg, et « la présidence de la commission de développement » à la Région Grand Est (mais pas son mandat visiblement).
Eric Elkouby (député PS battu) sur France 3 Alsace :
« Je regrette cette sentence. Je me suis engagé depuis 20 ans dans cette circonscription. Je constate que le résultats n’est pas à la hauteur de mes espérances. Pendant un an, je crois avoir rempli ma fonction dignement, disponible. J’ai bien peur des réveils douloureux. »
Officiel à Strasbourg-2, Sylvain Waserman (LREM/Modem) élu avec 58,52% des voix, mais 20,84% des inscrits (60,88% d’abstention). 1 771 bulletins blancs sur 24 760 exprimés.
A Strasbourg-1, Thierry Michels (LREM) élu avec 59,95% des voix mais 21,79% des inscrits (59,71% d’abstention).
La carte des bureaux de vote est déjà bien remplie :
Législatives : trois députés « En Marche » sur trois à Strasbourg
Définitif à Strasbourg-3 (nord) Bruno Studer (LREM) élu avec 59,77%, mais seulement 20,81% des inscrits. L’abstention est de 61,64%. (1 734 bulletins blancs contre 23 985 exprimés pour les deux candidats).
Georges Schuler, candidat LR dans la 3e circonscription du Bas-Rhin, concède sa défaite. Voici sa réaction complète :
La réaction complète de Philippe Bies (PS), député sortant battu face à Sylvain Waserman dans la 2e circonscription du Bas-Rhin :
Officiel : Thierry Michels (LREM) est le nouveau député à Strasbourg-centre (« la 1 du Bas-Rhin »). Il bat Eric Elkouby (PS), député sortant.
C’est quasiment plié à Strasbourg-centre 59% pour Thierry Michels (LREM) face à 41% pour Eric Elkouby (PS). Il reste dix bureaux de vote à dépouiller sur 65.
Même dans un bureau de vote à la Robertsau, la droite ne fait que 33% face à En Marche. Il n’y a plus de respect !
Sylvain Waserman (LREM) écoute son adversaire Philippe Bies (PS) concéder sa défaite (Photo Khedidja Zerouali)
Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole de Strasbourg :
« Pour l’avoir été, un premier adjoint au maire doit d’abord réunir plutôt que diviser. »
Un tacle tout droit adressé à Alain Fontanel qui a rejoint « En Marche » il y a deux semaines.
Philippe Bies réagi sur France 3 Alsace :
« Le résultat peut laisser un sentiment d’injustice, tant il repose sur un rejet du Parti socialiste. Si le PS doit changer, ses valeurs sont toujours celles de la gauche. Je prendrai toute ma part à sa refondation. »
 
On récapitule les scores dans les 15 circonscriptions d’Alsace. Trois circonscriptions à Strasbourg sont en cours de dépouillement :
    67-1 : Thierry Michels en légère avance sur Eric Elkouby (PS), résultats partiels 67-2 : Sylvain Waserman (LREM) en nette avance sur Philippe Bies (PS), résultats partiels 67-3 : Bruno Studer (LREM) en nette avance sur Georges Schuler (LR), résultats partiels 67-4 : Martine Wonner (LREM) bat Sophie Rorhfritsh (LR) 67-5 : Antoine Herth (LR) bat Gérard Simler (Unser Land) 67-6 : Laurent Furst (LR)  bat Guy Salomon (Modem / LREM) 67-7 : Patrick Hetzel (LR) bat Antoinette De Santis (LREM) 67-8 : Frédéric Reiss (LR) bat Christian Gliech (LREM) 68-1 : Eric Straumann (LR) bat Stéphanie Villemin (LR) 68-2 : Jacques Cattin (LR) bat Hubert Ott (LREM) 68-3 : Jean-Luc Reitzer (LR) bat Patrick Striby (LREM) 68-4 : Raphaël Schellenberger (LR) bat Aurélie Tacquard (LREM) 68-5 : Olivier Becht (DVD) bat Cécile Lehr (LREM) 68-6 : Bruno Fuchs (LREM) bat Sylvain Marcelli (FN)
Après 26 bureaux dépouillés sur 65 à Strasbourg-centre, le député sortant Éric Elkouby (PS) est en retard. Son adversaire, Thierry Michels est en tête avec 56,70% des voix. L’écart est de 950 voix.
A Strasbourg-sud, après une quinzaine de bureaux de vote dépouillés sur 54, gros avantage à Sylvain Waserman (LREM/Modem) avec 59,1% des voix contre 40,9% pour Philippe Bies, député PS sortant.
Les militants et soutiens de Thierry Michels, réunis au Douanier, se rassemblent devant la télévision à l’annonce des résultats, à 21h. (Photo Morgane Carlier)
Après 11 bureaux dépouillés sur 65 à Strasbourg-centre (circonscription 1) avantage à Thierry Michels (LREM) sur Eric Elkouby (PS). Environ 55% des voix pour le Thierry Michels.
Finalement, la droite l’emporte largement Sur l’Alsace la droite remporte 9 circonscriptions sur 15. Selon les premières estimations, La République en Marche remporte les 5 autres, dont les deux de Strasbourg-nord et sud. La République en Marche était en tête dans 11 des 15 circonscriptions après le 1er tour. On attend les premiers résultats pour Strasbourg-centre (circonscription 1)
Dans la circonscription 9 (Haguenau), c’est Vincent Thiébaut (LREM), nouveau en politique, qui l’emporte (51,3%). Il bat le maire de Brumath, Étienne Wolff. Le député sortant, Claude Sturni, ne se représentait pas.
Notre carte des résultats est quasiment complète, en dehors de Strasbourg : http://www.rue89strasbourg.com/legislatives-2017-resultats-t2-alsace-122027
Dans la circonscription 5, celle de Sélestat, Antoine Herth (LR) l’emporte avec 54,1% des voix face au candidat régionaliste d’Unser Land, Gérard Simler.
Dans le Kochersberg, Martine Wonner (LREM) remporte la circonscription « Strasbourg-campagne » avec 55% des voix. Des révélations sur son arrêt maladie qui courait pendant le début de sa campagne, mais pas la campagne « officielle » n’ont pas inversé la donne. Elle disposait d’une large avance après le premier tour face à Sophie Rohfritsch, la députée sortante et maire de Lampertheim.
Frédéric Reiss (LR) a 59% des voix dans la circonscription 8, au nord de l’Alsace. Il bat le maire de Wissembourg, Christian Gliech (LREM), qui était en tête au premier tour. Ce sera un quatrième mandat de suite.
Circonscription 3 (Strasbourg nord + Reichstett, Souffelweyersheim, Hoenheim, Bischheim et Schiltigheim) Du nord au sud
    À Reichstett, Georges Schuler (LR) l’emporte avec 54,94% des voix, dans cette commune où il est maire. L’abstention est de 49,71% À Souffelweyersheim, Bruno Studer (LREM) l’emporte avec 58,13%. L’abstention est de 57,19%. À Hoenheim, Bruno Studer (LREM) l’emporte avec 56,12%? L’abstention est de 58,98%. À Bischheim Bruno l’emporte avec 56,36. L’abstention est de 66,67%.
Avantage Bruno Studer Les résultats à Schiltigheim ne sont pas encore connus. Le dépouillement des bureaux de vote à Strasbourg débute.
Voici la réaction de Marie-Françoise Coelho, suppléante de Thierry Michels :
« Je suis très détendue. On attend de voir comment cette journée s’est passée, quelle suite on va donner au mouvement. Si Thierry Michels n’est pas élu, on va continuer à travailler sur différents sujets. Mais je suis confiante. On est contents de se retrouver et de pouvoir échanger et partager ce moment. Avec la fin de la campagne, c’est le repos du guerrier. On est contents que la page se tourne pour passer à une phase intellectuellement plus intense. »
Il y a maintenant environ une trentaine de militants, le candidat vient d’arriver, sous les applaudissements des gens présents.
Circonscription 2 (Strasbourg-sud + Illkirch-Graffenstaden) A Illkirch-Graffenstaden Sylvain Waserman (Modem/LREM) l’emporte avec 64,31% face à Philippe Bies (PS) 35,68%. L’abstention est de 62,37%. Une tendance très favorable donc pour le maire de Quatzenheim. Le dépouillement pour les quartiers sud débute à l’instant.
Très peu de militants en ce moment pour attendre les résultats au QG de Philippe Bies, député sortant et candidat à sa réélection, dans la 2e circonscription du Bas-Rhin.

A la soirée d’En Marche pour la première circonscription du Bas-Rhin…

Paul Ettouati, 22 ans, militant depuis mi-mars : « En début de semaine, je pensais qu’on aurait un score plus élevé, mais maintenant je pense que le score va être plus serré, autour de 60-40 pour Thierry Michels. Demain, on va avoir une réunion sur la suite à donner au mouvement. On va discuter des résultats et de ce qu’on a récolté sur le terrain, pour voir les problèmes qui émergent. »

A Strasbourg, participation de 28,78% en moyenne

La participation à Strasbourg est particulièrement faible, 28,78% en moyenne, en retrait de 7 points par rapport au premier tour et de 10 points par rapport aux précédentes législatives.
Législatives 2017 12h 17h Final Abstentions
1er tour Circonscription 1 15,20% 34,83% 49,79% 50,21%
  Circonscription 2 18,40% 35,70% 47,89% 52,11%
  Circonscription 3 16,36% 37,21% 46,25% 53,75%
  Circonscription 1 – 2 – 3 16,71% 35,96% 47,90% 52,10%
           
Législatives 2017 12h 17h Final Abstentions
2nd tour Circonscription 1 12,95%  27,58%  
  Circonscription 2 14,10% 28,83%  
  Circonscription 3 14,04% 29,79%  
  Circonscription 1 – 2 – 3 13,73% 28,78%   
           
Au bureau de vote 210 Sainte-Aurélie ce matin (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Au bureau de vote 210 Sainte-Aurélie ce matin (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Un peu plus d’un électeur alsacien sur trois a voté à 17h

Selon un pointage effectué par les préfectures, le taux de participation en fin d’après-midi est de 35,53% dans le Bas-Rhin et de 36,51% dans le Haut-Rhin. Au premier tour, ce même taux de participation était de 42,10% dans le Bas-Rhin. Toujours dans le département, la participation au second tour de l’élection présidentielle est allée jusqu’à 66,01% à cette même heure. Dans le Haut-Rhin, la participation est nettement en baisse par rapport aux précédents seconds tours des législatives, la participation était de 41,91% en 2012 et de 42,49% en 2007. En France, la participation moyenne est de 35,33% à 17h.

À midi, moins d’un électeur sur cinq a voté au second tour des élections législatives

Selon des estimations communiquées par les préfectures, le taux de participation à la mi-journée au second tour des élections législatives est de 16,86 % dans le Bas-Rhin et de 18,57% dans le Haut-Rhin. En France, la participation moyenne s’établit à 17,75%. Autrement dit, moins d’un électeur sur cinq s’est déplacé ce matin pour aller voter. Au premier tour, cette barre était légèrement franchie dans le Bas-Rhin. Cependant, cette baisse de la participation s’inscrit dans une tendance globale. Mis à part les élections présidentielles (28,24% dans le Bas-Rhin), les seconds tours des élections régionales, départementales et municipales n’ont pas dépassé la barre de 20% des inscrits à cette heure dans le Bas-Rhin.

À Strasbourg, 13,73% de participation

La participation à Strasbourg est encore plus faible, 13,73% en moyenne.
Législatives 2017 12h 17h Final Abstentions
1er tour Circonscription 1 15,20% 34,83% 49,79% 50,21%
  Circonscription 2 18,40% 35,70% 47,89% 52,11%
  Circonscription 3 16,36% 37,21% 46,25% 53,75%
  Circonscription 1 – 2 – 3 16,71% 35,96% 47,90% 52,10%
           
Législatives 2017 12h 17h Final Abstentions
2nd tour Circonscription 1 12,95%  
  Circonscription 2 14,10%  
  Circonscription 3 14,04%  
  Circonscription 1 – 2 – 3 13,73%    
           

Les urnes attendent leurs bulletins (photo Eric Schultz / Twitter)
Les urnes attendent leurs bulletins (photo Eric Schultz / Twitter)

José Bové remonte le moral des opposants au GCO

José Bové remonte le moral des opposants au GCO

Le député européen écologiste est venu apporter son soutien aux opposants du Grand Contournement Ouest, mercredi 14 juin à Kolbsheim. Désormais un nouveau panneau va être installé le long du trajet de la future autoroute…

Dessin de Piet
Dessin de Piet

 

Second tour des législatives ce dimanche : encore 15 circonscriptions en Alsace

Second tour des législatives ce dimanche : encore 15 circonscriptions en Alsace

Comme dans toutes les circonscriptions françaises, sauf quatre, l’Alsace est appelée aux urnes ce dimanche pour choisir ses 15 députés à l’occasion du second tour des élections législatives.

C’est une première en Alsace pour des élections législatives, les 15 circonscriptions ont toutes un deuxième tour. Dans douze d’entres-elles, un candidat de « La République en Marche » (LREM) est opposé à un candidat « Les Républicains ».

Dans deux circonscriptions de Strasbourg, le second tour oppose un candidat du Parti socialiste à un candidat de « La République en Marche ». Et enfin, dans la circonscription de Sélestat, Antoine Herth est opposé à un candidat du parti régionaliste Unser Land, Gérard Simler. La République en Marche avait choisi de ne pas remplacer sa candidate après son retrait pour raisons de santé, à cause de la proximité du député sortant avec Bruno Le Maire, devenu ministre de l’Économie.

Peu de dynamique d’entre deux tours

Difficile de dégager une vraie dynamique de second tour. Après avoir montré une certaine volonté à travailler avec le gouvernement Macron-Philippe, les candidats PS et LR ont tenté de se démarquer un peu plus, que ce soit dans la personnalité ou les idées, de leurs opposants marcheurs (réécoutez par exemple notre débat entre Thierry Michels et Éric Elkouby ici).

Quels que soient les résultats, il sera difficile de tirer des conclusions locales de ce second tour. L’abstention et de l’irruption d’une formation politique qui n’avait jamais participé à une élection brouillent les cartes. Et augurent peut-être des recompositions futures.

Qui résiste, quel sens pour le vote ?

Seul début d’indication, à quel point chaque candidat arrive à augmenter, ou non, ses voix depuis le premier tour et donc si les reports de voix s’effectuent comme par le passé. En attendant les résultats, nous nous sommes interrogés sur l’ensemble des votes depuis la fin 2016.

Lundi, « Antoine » des #LuxLeaks, à voir et à rencontrer à l’Odyssée

Lundi, « Antoine » des #LuxLeaks, à voir et à rencontrer à l’Odyssée

En novembre 2014, Antoine Deltour a livré aux journalistes de Cash Investigation les preuves de l’évasion fiscale pratiquée par de grandes multinationales comme McDonald’s ou Starbucks en Europe, via le Luxembourg. Attaqué en justice par le cabinet de conseil qui l’employait, PricewaterhouseCoopers (PWC), le lanceur d’alerte s’est vu condamné en appel, en mars 2017, à 6 mois de prison avec sursis et à 1500 euros d’amende par la justice luxembourgeoise.

La réalisatrice alsacienne Julie Bruchert, amie d’Antoine Deltour, a suivi, caméra en main, le douloureux quotidien de ce jeune père de famille dans le procès qui l’a opposé, un an durant, à son ancien employeur. Il en est un sorti un documentaire diffusé sur Arte en septembre 2016 dont Rue89 Strasbourg a déjà parlé.

Le cinéma Odyssée propose lundi 19 juin à 20h15 une projection d’une version plus longue et plus intimiste de ce documentaire, en présence des réalisateurs Julie Bruchert et Gabriel Laurent, et d’Antoine Deltour.

#LuxLeaks

Nosfell comme on le voit rarement, en concert solo à Django Reinhardt jeudi

Nosfell comme on le voit rarement, en concert solo à Django Reinhardt jeudi

L’espace Django Reinhardt prolonge la fête de la musique avec un concert exceptionnel jeudi 22 juin. Nosfell sera seul sur scène, juste avant la sortie de son cinquième album. Un artiste à découvrir.

Nosfell est un personnage à part dans le paysage musical français. Lorsqu’il sort en 2004 son premier album, Pomaïe Klokochazia balek, le public découvre un étrange personnage, venu de Klokochazia, lointaine contrée imaginaire qui sert de décor à toutes les chansons. Celles-ci, entre poésie et performance, sont chantées en klokobetz, langue inventée de toute pièce par Nosfell lui-même.

Un monde fictif pour terrain de jeu, des danses étranges sur scène, des ombres chinoises, des pédales loop… Une curiosité qui sera peu à peu ancrée à la réalité avec les albums suivants, Kälin Bla Lemsnit Dünfel Labyanit en 2006 et Nosfell en 2009. De plus en plus de chansons en français et en anglais, une orientation de plus en plus rock, Nosfell clôt un cycle et dit au revoir à Klokochazia.

Un artiste multi-facette et totalement inclassable

De là, naîtront de nouveaux projets. Des collaborations avec Philippe Decouflé, danseur et chorégraphe, qui donneront lieu à la création de la musique de deux spectacles vivants, et la création d’une bande originale pour le film La Clé des Champs. Une percée dans des domaines plus visuels donc, mais qui, si l’on a déjà vu Nosfell sur scène, ne sont qu’un prolongement à l’univers riche et multi-teinte de l’artiste.

En 2014, il continue d’explorer de nouveaux horizons avec Amour massif, quatrième album. Titre français, et chansons-photographies qui chacune raconte une histoire indépendante… La construction même de l’album noue des liens avec un public plus large qui découvre là un artiste en apparence plus conventionnel.

En apparence seulement, car il suffit d’aller à sa rencontre pour tomber sous le charme complet de sa présence et de son originalité. Même si le Nosfell des débuts, sauvage et chamanique, semble avoir disparu au profit d’un Nosfell ouvert et séducteur, les bases restent là.

Par bases, il faut comprendre cette voix, qui sonne comme une multitude. De graves caverneux aux aigus renversant, Nosfell navigue avec une facilité déconcertante entre toute les nuances de sa voix. Il construit et déconstruit chaque chanson, enlace, apaise, fait frissonner, fait peur, et fait pleurer, parfois le tout en même temps. Une expérience totalement hors du temps, hors de l’espace et pleine de magie.

Concert solo pour émotions brutes

En ce mois de juin, il enchaîne quelques dates en solo. Lui qui d’habitude tournait accompagné (de Pierre LeBourgeois au violoncelle à ses débuts, ou d’un batteur et d’un clavier plus récemment), se présentera seul sur la scène de l’espace Django Reinhardt. Un moment rare qu’il ne faudra pas manquer.

En effet, la sortie prochaine (à l’automne) de son 5e album sera sans doute l’occasion de renouer très vite avec les concerts en groupe. Une raison supplémentaire de ne pas laisser échapper un rendez-vous unique avec ce troubadour aux origines berbères et aux talents d’ensorceleur…

Douzième vote depuis octobre, quel sens lui donner à l’avenir ?

Douzième vote depuis octobre, quel sens lui donner à l’avenir ?
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Une exposition pour soutenir la candidature de la Neustadt à l’Unesco

Une exposition pour soutenir la candidature de la Neustadt à l’Unesco

La place du Château à Strasbourg accueille jusqu’au 23 juin une exposition qui met en valeur les lieux emblématiques de la Neustadt, cette portion de ville construite pendant la période allemande. L’objectif est d’embarquer les Strasbourgeois dans la candidature de Strasbourg pour le patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco.

De nombreux panneaux colorés ont investi la place du Château à Strasbourg depuis jeudi. Ils retracent l’accession de la Grande-Île au patrimoine mondial de l’Humanité, un label décerné par l’Unesco et soulignent les atouts de la Neustadt, ce quartier construit par l’Empire allemand pendant qu’il administrait la ville de 1871 à 1918. Strasbourg a présenté la Neustadt au même label et une réponse est attendue en juillet.
L'exposition est visible sur la place du Château jusqu'au 23 juin. (Morgane Carlier / Rue89 Strasbourg / cc)
L’exposition est visible sur la place du Château jusqu’au 23 juin. (Photo Morgane Carlier / Rue89 Strasbourg / cc)
Des vues aériennes de l’avenue des Vosges, de la place de la République ou encore des photos de l’Université à l’époque impériale illustrent ces panneaux, accompagnées d’explications historiques et architecturales. Le mot-clé « #StrasUnesco », censé porter la mobilisation jusque sur les réseaux sociaux, apparaît en haut de chaque panneau.
Les panneaux mettent en avant les lieux emblématiques de la Neustadt. (MC / Rue89 Strasbourg / cc)
Les panneaux mettent en avant les lieux majeurs de la Neustadt. (Photo MC / Rue89 Strasbourg / cc)

Rendre les Strasbourgeois fiers

Le but de l’initiative est de rassembler la population autour de la candidature pour lui donner plus de poids, détaille Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg :
« L’objectif de cette exposition est d’associer au maximum les Strasbourgeois et les visiteurs à la candidature de la Neustadt. On veut susciter la fierté des habitants et l’admiration des touristes pour le patrimoine de Strasbourg, qui va être reconnu non seulement dans ses parties anciennes mais aussi les plus récentes. »
Le but est de rassembler les Strasbourgeois autour de la candidature de la Neustadt à l'UNESCO. (MC / Rue89 Strasbourg / cc)
Le but est de rassembler les Strasbourgeois autour de la candidature de la Neustadt à l’UNESCO. (MC / Rue89 Strasbourg / cc)
Confiant sur le verdict final, le maire estime que le classement au patrimoine mondial du quartier permettra également de rapprocher les Strasbourgeois de cette partie de leur ville. L’exposition sera visible place du Château jusqu’au 23 juin, avant d’être transférée place Kléber en juillet, où elle restera jusqu’au 5 septembre. Elle sera en partie dupliquée aux mêmes dates dans le hall d’accueil du centre administratif, place de l’Étoile.

Qui veut la peau du Code du travail ?

Qui veut la peau du Code du travail ?

À peine élu, Emmanuel Macron a lancé dans le prolongement de la « loi Travail » une réforme de grande ampleur en droit du travail. De quoi s’agit-il ? Pourquoi tant de réactions se sont faites entendre dans la presse nationale comme parmi les syndicats ? Enseignante-chercheuse à l’Université de Strasbourg en droit du travail, Fleur Laronze fait le point.

D’abord, la forme et le timing de cette réforme du droit du travail peuvent surprendre : plusieurs documents ont révélé les objectifs du gouvernement, un document issu de la direction générale du travail (DGT) en date du 31 mai publié par Libération le 6 juin et un second, officiel, intitulé « Programme de travail pour rénover notre modèle social » et communiqué le 7 juin.

Également sujet à critiques, le gouvernement prévoit la tenue de 48 réunions du 9 juin au 21 juillet afin d’adopter plusieurs ordonnances en septembre. Ces réunions ne permettraient pas aux partenaires sociaux, comme la loi le prévoit, de négocier un accord collectif au niveau national et interprofessionnel (ANI). Le Gouvernement veut garder la main. L’objectif pour le gouvernement semble être double :

    maîtriser le calendrier (discussions pendant l’été, période courte et ralentie pour les entreprises et les salariés, qui n’est pas une temporalité choisie par hasard ; et dans l’urgence, en moins de 2 mois) orienter la discussion sur des thèmes forts : le programme envisage d’élargir le champ d’application de la négociation collective d’entreprise ; de consacrer la fusion des représentants du personnel (délégué du personnel, délégué syndical, comité d’entreprise, comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail) ; de prévoir la sécurisation des relations de travail à travers la barémisation (plafond) des dommages-intérêts versés lorsque l’employeur n’a pas respecté les règles en matière de licenciement.

Au ministère du Travail (Photo Paul and Jill / FlickR / cc)
Au ministère du Travail (Photo Paul and Jill / FlickR / cc)

Qui sortirait gagnant de cette réforme ?

La question qu’il est possible de se poser est celle des enjeux. Qui sortirait gagnant de cette réforme ? Pour le savoir, il est nécessaire de la mettre en perspective avec les lois antérieures qui ont déjà réformé le Code du travail.

D’abord, la négociation collective d’entreprise a toujours été promue dans le Code du travail. En revanche, elle était jusqu’en 2008 encadrée par la négociation de branche. Cela signifie qu’un accord de branche pouvait prévaloir sur l’accord d’entreprise moins favorable aux intérêts des salariés (le principe de faveur était un principe cardinal du droit du travail). La loi de 2008 a libéré la négociation d’entreprise puisque l’accord négocié à ce niveau peut être moins favorable que l’accord de branche sans que celui-ci ne puisse s’y opposer.

La « loi Travail » est, quant à elle, allée plus loin. Elle n’a pas procédé à l’inversion de la hiérarchie des normes, (contrairement à ce qui a pu être répété à l’envi) puisque c’est la loi elle-même qui délègue à l’entreprise la création de la norme sociale (dans le domaine de la durée du travail). Mais une telle réforme n’en constitue pas moins un bouleversement en droit du travail. Et avec le projet de réforme envisagé par le gouvernement Macron, il ne sera plus possible de connaître à l’avance la règle applicable qui sera propre à chaque entreprise !

Deuxième thématique, la fusion des représentants du personnel peut déjà être mise en place dans les entreprises de plus de 300 salariés depuis la loi Rebsamen du 17 août 2015 (il s’agit de l’instance de regroupement des institutions représentatives du personnel). Etait alors envisagée par cette loi, la simplification du droit en vue de répondre à la réalité de l’entreprise. Dans la grande majorité des situations, le délégué syndical, le délégué du personnel, le membre du comité d’entreprise se trouvent être la même personne.

Des représentants syndicaux multi-fonctions

Mais, le nombre d’heures dévolues pour exercer chaque mandat n’est plus proportionnel au nombre de mandats. Autrement dit, avec un nombre d’heures moins importants, le représentant devra réaliser sa mission, alors même que les différents mandats supposent des compétences particulières (le délégué syndical pour représenter les salariés en justice ; le délégué du personnel pour transmettre les réclamations des salariés ; le comité d’entreprise pour intervenir dans le cadre d’une procédure de licenciement économique). Il est possible de douter de l’efficacité de la représentation du personnel dans ces conditions.

Enfin, instaurer un barème (un plafond surtout) revient à s’immiscer dans le pouvoir du juge (le conseil de prud’hommes) qui est seul compétent pour fixer le montant des dommages-intérêts. Cette indemnité est versée pour réparer la violation de la loi par l’employeur. L’employeur connaîtrait donc à l’avance le montant de cette indemnité quand il ne respectera pas la loi.

Ces pistes de réforme qui paraissent en adéquation avec les attentes du patronat sont très éloignées de la réalité sociale. La majorité des entreprises françaises sont des PME et des TPE dépourvues de représentants du personnel. Par conséquent, alors que le Gouvernement réfléchit à la fusion des représentants du personnel et à l’élargissement de la négociation collective d’entreprise (qui suppose un représentant du personnel), aucune solution n’a été proposée pour pallier l’absence de représentants, alors indispensables à la mise en œuvre de ces réformes.

À l’origine du droit du travail, protéger le faible

Une proposition, pourtant simple et connue des juristes, existe. Il s’agit d’abaisser le seuil légal d’effectifs de l’entreprise qui déclenche la mise en place de représentants du personnel. Le seuil de 11 salariés est aujourd’hui nécessaire pour mettre en place un délégué du personnel. En Allemagne, le seuil de 5 salariés est requis.

Le droit du travail est en pleine recomposition. La vocation de ce droit est à l’origine de protéger les intérêts de la partie faible au contrat de travail (le salarié, comme le droit de la consommation protège les intérêts du consommateur partie faible au contrat qui le lie au professionnel). La représentation du personnel et la négociation collective sont indispensables pour rééquilibrer la relation entre l’employeur et les salariés.

Mais, un autre avenir semble se dessiner. Assistant à la transformation du droit du travail en un droit de l’entreprise, les règles qu’il prévoirait seraient adaptées au contexte économique d’une société ou d’un groupe de sociétés. Si cet avenir peut être souhaité par certains, on peut redouter que la majorité ne puisse s’en satisfaire. Des solutions existent en vue de combattre les inégalités sociales, le manque de courage du Gouvernement affidé aux intérêts économiques pourrait être dénoncé… si de telles ordonnances étaient adoptées…

#Fleur Laronze

L’arrêt maladie suspect de Martine Wonner, candidate « En Marche » dans le Kochersberg

L’arrêt maladie suspect de Martine Wonner, candidate « En Marche » dans le Kochersberg

Martine Wonner était en arrêt maladie avant le début de la campagne officielle des élections législatives, selon le magazine alsacien indépendant Heb’Di. Ce média affirme que la candidate de « La République en Marche » à Strasbourg-Campagne (la circonscription 4 du Bas-Rhin), Martine Wonner, a pu mener campagne aux élections législatives tout en étant indemnisée par la Sécurité sociale.

Révélations en deux temps

Les premières révélations datent du début de l’entre-deux tours. Selon le site de l’hebdomadaire, c’est un contrôle qui l’aurait obligée à reprendre son travail de directrice médicale dans un groupement de cliniques, et donc à poser des congés pour mener sa campagne.

De son côté, Martine Wonner indique à Rue89 Strasbourg ce vendredi qu’elle a mis fin elle-même à son congé de maladie :

« J’ai sollicité un médecin pour sortir de l’arrêt maladie. J’ai alors pris un congé de campagne électoral, qui est sans solde. Mais comme j’ai trois enfants, j’ai demandé à ce qu’il soit payé sur les congés acquis. Il est faux de faire croire que j’ai fait une campagne financée par la Sécurité sociale et j’ai les documents qui le prouvent. »

La candidate, psychiatre de formation, indique « qu’une plainte sera déposée pour diffamation et divulgation de fausses nouvelles » samedi matin, après son dernier meeting de campagne vendredi soir. Une plainte pour rupture du secret professionnel de la CPAM serait également jointe.

Pas de campagne avant le 22 mai, son Facebook dit l’inverse

Cette réaction fait suite à la publication sur Heb’di d’un courrier, ce vendredi 16 juin. Adressé à à l’employeur par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), il est daté du 19 mai 2017. Il indique que les indemnités journalières de Martine Wonner « sont suspendues » à compter du lundi 22 mai. Il n’indique pas de motif : ni contrôle, ni rupture par un médecin.

Quelques jours après son investiture, le jeudi 11 mai, elle avait participé à un week-end de formation de tous les candidats à Paris les 13 et 14 mai. Martine Wonner nous indique qu’elle n’a pas mené campagne entre cet événement et le début de la campagne officielle. Sa page Facebook témoigne pourtant de d’événements de tractage et d’un meeting de lancement.

Martine Wonner annonce un événement de campagne pour le 19 mai sur sa page Facebook (capture d’écran)

Le premier communiqué fait tache

Après les premières révélations, Martine Wonner avait alors réagi via un communiqué :

« Sur la période fin 2016 – début 2017, j’ai été en arrêt de travail quelques semaines pour des raisons de santé. J’atteste donc être actuellement et ce depuis le premier jour de cette campagne législative, en congés de campagne, que je prends sur mes congés payés. »

Contrainte d’être plus précise, Martine Wonner a changé ce qu’elle avait appelé « début 2017 » et « quelques semaines » par « le début de la campagne officielle », à savoir le 22 mai.

Martine Wonner en ballottage favorable

Ces informations vont-elles peser sur le second tour ? Dans cette circonscription de droite depuis 1958, Martine Wonner l’avait largement emporté au premier tour avec 41,52% des voix. Qualifiée au second tour, la députée sortante Sophie Rohfritsch (LR), maire de Lampertheim, avait réuni 23,75% des voix. Son suppléant de 2012 et prédécesseur, le maire de Lingolsheim Yves Bur (LR) soutient Martine Wonner.

Entre une candidate valide et finalement retirée pour raisons de santé à Sélestat et une candidate en arrêt maladie investie avant d’être à nouveau apte à faire campagne, « En Marche » va peut-être devoir prévoir une visite médicale pour ses prochaines investitures dans le Bas-Rhin.

José Bové à Kolbsheim : « Tant que le GCO ne sera pas abandonné, je serai avec vous »

José Bové à Kolbsheim : « Tant que le GCO ne sera pas abandonné, je serai avec vous »

Mercredi 14 juin, le député européen José Bové est venu soutenir les opposants au Grand Contournement Ouest (GCO), un projet d’autoroute autour de Strasbourg. Autour d’un apéro puis d’un repas champêtre, le mouvement semble avoir trouvé un nouveau souffle.

« GCO payant = tous perdants. » La banderole surplombe la cabane en bois installée sur la D45 près de Kolbsheim par des militants opposés au Grand Contournement Ouest (GCO). Mercredi 14 juin, en début de soirée, ils sont une centaine à s’y être réunis, pour manifester une nouvelle fois contre ce projet d’autoroute de 24 km qui doit relier en 2020 le nord de l’agglomération de Strasbourg au sud par l’ouest.

Mercredi 14 juin les opposants au CGO se sont retrouvés autour de l’eurodéputé José Bové. Photos : Mathilde Piaud / Rue89 Strasbourg / cc
L’ambiance était plutôt festive lors de l’apéro organisé par les militants anti GCO.

Pour les opposants, mobilisés chaque week-end pour protester, cette nouvelle réunion a comme un goût d’espoir. Brin de paille dans les cheveux, pieds nus et verre de bière à la main, ils sont cette fois venus écouter le député européen José Bové, pour sa deuxième visite sur le site.

« Grâce à José, on sera entendus aussi fort que Notre-Dame-des-Landes »

Ce qu’attendent de lui les Kolbsheimois, c’est avant tout de la visibilité. Sarah, une habitante de la commune qui a rejoint la soirée aussitôt après son travail et assise au milieu des herbes hautes se réjouit de la présence de l’eurodéputé écologiste :

« José Bové c’est quelqu’un qui a médiatiquement déjà fait parler de lui. Qu’il soit ici, ça veut dire qu’on ne va peut-être pas rester anonyme dans notre petit coin d’Alsace mais qu’on va peut-être enfin parler de nous au niveau national. On pourra peut-être même être entendu aussi fort que Notre-Dame-des-Landes. »

Le conseil municipal de Kolbsheim doit statuer pour faire de José Bové un citoyen d’honneur de la commune.

Un sentiment d’isolement également ressenti par Michel, un quarantenaire de la commune qui a rejoint le groupe sur son vélo :

« Les gens n’ont pas conscience de ce qu’il se passe mais c’est normal, ceux qui habitent aux alentours, ils ne sont pas concernés. Ils se disent qu’une autoroute de plus ça profite à tout le monde. Mais non, le GCO ne servira pas à Strasbourg… »

Contre la routine de l’opposition

La venue de l’eurodéputé est un soulagement pour ces militants, qui voyaient depuis quelques semaines leur mouvement s’essouffler. Bruno Dalpra, militant actif du collectif « GCO Non Merci » l’a constaté : « on revoit ce soir des gens qu’on avait pas vus depuis longtemps. » Un affaiblissement de la mobilisation qu’il explique en partie par la communication entretenue autour du projet d’autoroute :

« Vinci ont diffusé une présentation en 3D du GCO. Dans leur simulation, c’est tout beau, il n’y a pas de bruit, pas de bouchons, pas de camions… De notre côté, avec nos faibles moyens, il faut qu’on continue à expliquer que le GCO ne réglera rien aux problèmes d’accès de Strasbourg, que les bouchons sur l’A35 seront toujours présents aux heures de pointe et qu’il faut continuer à se mobiliser si on veut éviter ce saccage écologique. »

Le mouvement anti GCO semblait avoir besoin d’un nouveau souffle.

Pour prendre la parole, José Bové s’est installé à l’entrée de la cabane en bois des militants. Aux murs, de vieilles coupures de la presse locale côtoient les banderoles à slogans tandis que sur le rebord de la fenêtre trônent les gobelets en plastiques déjà vides. L’eurodéputé annonce avoir échangé avec le nouveau ministre de l’écologie, Nicolas Hulot, sur le projet de GCO, lui demandant de « remettre à plat le dossier », ce à quoi il se serait engagé. Il fait alors savoir :

« Je suis un habitant de l’Alsace, et bientôt un citoyen d’honneur de Kolbsheim. Tant que ce projet de GCO ne sera pas abandonné, je serai avec vous pour tenir sur le terrain. »

Au milieu des tables, où il ne reste désormais que des paquets de gâteaux terminés et les coques des cacahuètes, les opposants, visiblement satisfaits, acclament l’écologiste: « José ! José ! José ! »

L’annonce d’une remise à plat sera toutefois démentie le lendemain matin par le ministère de l’environnement.

L’eurodéputé José Bové a annoncé son soutien à l’opposition contre le le GCO.

Requinqués par les mots de José Bové, les opposants au GCO se sont tournés vers la musique tandis que le soleil commence à descendre dans le ciel. La chanteuse Tartine Reverdy, bijoux indien collé sur le front et accordéon entre les mains se charge de l’animation. « J’ai pris un arbre dans mes bras » commence-t-elle à chanter avant de s’arrêter et d’inciter le groupe : « je veux que vous disiez tous avec moi « Un arbre ça respire ! » Et tout le monde reprend.

Avant la chanson suivante, l’artiste précise : « il faut apprendre très tôt aux jeunes à utiliser les mégaphones, et à réagir aux  panneaux et aux slogans. » Lorsque le refrain approche, une deuxième femme accompagne la chanteuse à l’aide d’un mégaphone tandis qu’une troisième brandit sur une pancarte les paroles de la chanson. Rapidement, le groupe accompagne, aidé des paroles distribuées un peu plus tôt. C’est par une danse indienne, à laquelle José Bové est, comme le reste des opposants, invité à participer, que l’interlude musicale se termine.

La chanteuse Tartine Reverdy a interprété quelques chansons pour terminer l’apéro.
L’eurodéputé a participé à une chorégraphie indienne avec les militants.

Il est en effet temps de rejoindre le camping sauvage, improvisé un peu plus loin dans la réserve Bishnoï, du nom attribuée à cette zone par les opposants, en référence à une communauté indienne vivant au plus proche de la nature. Partout, les drapeaux floqués d’un moustachu à turban marquent le territoire.

Les militants ont renommé le site qu’ils défendent « Réserve du Bishnoï ».

Une nuit sur le tracé du GCO, un air de ZAD

Les opposants commencent à marcher en cortège désorganisé, suivi par des tracteurs. Certains, toiles de tente sur le dos s’apprêtent à passer la nuit sur place, en mode « occupation » façon « zone à défendre » (ZAD) comme à Notre-Dame-des-Landes. D’autres, moins impliqués, sont simplement venus apporter leur soutien quelques heures. C’est le cas de Geneviève, une strasbourgeoise qui avoue se sentir moins concernée que les habitants de Kolbsheim :

« J’espère que cette soirée va entretenir le moral des troupes. Que José Bové soit là, je pense que c’est une très bonne chose pour redonner un peu de tonus à tout le monde et les faire tenir jusqu’au bout. C’est un encouragement moral pour ceux qui luttent depuis des mois. »

Les militants se sont regroupés en cortège pour rejoindre le campement.
Le projet de GCO prévoit une nouvelle autoroute de 24 km à l’ouest de Strasbourg.

Ambiance de festival de rock

Le défilé arrive progressivement sur le campement. Le soleil a, maintenant, presque disparu. L’odeur des grillades et la vente de tee-shirt au profit du collectif « GCO Non Merci » donnent au lieu un esprit de festival de rock. Les musiciens, appartenant au collectif, qui se succèdent pour animer la soirée complètent le tableau. Les opposants forment une file pour pouvoir se servir à manger avant d’aller s’installer sur les grandes tables disposées pour l’occasion au milieu du champ.

Certains, arrivés plus tard, n’ont finalement plus qu’à s’asseoir à même le sol, sur l’herbe sauvage mal coupée. C’est le cas de Jean-François et Stéphanie, deux amis d’une vingtaine d’années, originaires de Kolbsheim. Une bouteille de rosé est posée entre leurs assiettes jetables, des rires s’échappent de leur conversation. L’idée qu’une autoroute remplace cet espace de verdure dans trois ans est pourtant dans tous les esprits. Si Stéphanie, qui réside toujours dans la commune, s’oppose à l’autoroute, l’avis de son ami est plus nuancé:

« Partout en France, quand on voyage on est content de prendre les autoroutes et ça doit aussi déranger des gens. Il faut bien que les gens circulent. Le problème ici, c’est la façon dont c’est fait. En quoi le péage inciterait à prendre cette route ? Il y a quelque chose de pas clair et ils ne savent pas nous répondre. »

Ambiance festival lors de la soirée anti GCO: musique, grillades et vente de tee-shirt.
Des musiciens du collectif « GCO Non Merci » se sont relayés pour animer la soirée de mobilisation.

Ils s’accordent pourtant avec les autres opposants de la soirée : il reste un espoir. Après l’intervention de José Bové, les troupes ne peuvent s’empêcher de comparer leur combat à celui de l’aéroport de Notre-Dame des Landes en Loire-Atlantique.

La soirée s’achève peu avant 1h du matin. Parmi les toiles de tentes, une roulotte aménagée par le collectif a, ce soir, été réservée pour José Bové.

« Le ballet des ombres heureuses », une immersion autour de la Cathédrale cet été

« Le ballet des ombres heureuses », une immersion autour de la Cathédrale cet été

Pour son traditionnel spectacle nocturne estival, la Ville de Strasbourg a fait appel pour la deuxième année consécutive à la société ACT Lighting Design. Cette dernière a mis au point une œuvre unique, appelée « Le ballet des ombres heureuses », projetée de juillet à septembre.

Une immersion à 360° au cœur d’un spectacle son et lumière, c’est ce qu’a voulu la société ACT Lighting Design pour enluminer la cathédrale de Strasbourg et la place du Château. Koert Vermeulen, directeur de la création de la société, à l’origine du spectacle, s’est inspiré du théâtre d’ombres pour réaliser ce « ballet des ombres heureuses », dont le nom s’inspire d’une musique d’opéra.

Concrètement, le spectacle consiste en un mélange de projections vidéo et lumière sur les façades est et sud de la cathédrale et sur les autres bâtiments qui encerclent la place du Château, accompagné d’une bande-son sur mesure. Le spectacle dure une quinzaine de minutes et propose d’emmener les spectateurs dans l’univers des ombres sous un angle positif, comme le raconte Koert Vermeulen :

« On propose de traverser le monde à travers le personnage de l’ombre sans que ce soit glauque. »

Le spectacle cherche à mettre en valeur les bâtiments qui lui servent de support. (ACTLD)
Le spectacle cherche à mettre en valeur les bâtiments qui lui servent de support. (ACTLD)

Le public en immersion

Ombre portée, ombre personnifiée, contrastes entre l’ombre et la lumière… Les jeux avec les ombres sont divers mais la narration reste floue, car Koert Vermeulen souhaite laisser la part belle à l’interprétation. Une autre caractéristique du spectacle est qu’il intègre le public dans l’œuvre à plusieurs moments, afin de créer un sentiment d’immersion d’après le créateur :

« L’expérience est plus forte quand on se trouve au milieu de ce théâtre d’ombre. »

C’est cet aspect immersif qui a notamment séduit le jury qui a départagé les sept projets proposés lors de l’appel d’offres. Mathieu Cahn, adjoint au maire (PS) en charge de la politique événementielle de Strasbourg, et membre de ce jury, détaille ce qui a fait pencher la balance en faveur d’ACT Lighting :

« C’est l’idée de mélanger le traitement des monuments par la vidéo et la lumière avec une approche qui les respecte. Ils ne sont pas juste une surface de projection, un écran. Il y a vraiment une mise en valeur de ces bâtiments et de cette richesse architecturale. »

Le jeu avec les ombres est au coeur du dispositif. (ACTLD)
Le jeu avec les ombres est au cœur du dispositif. (ACTLD)

Huit références à la culture locale

Avec 900 000 spectateurs l’été dernier, cet évènement estival touche un large public. Mais si le ballet s’adresse effectivement à tous, Strasbourgeois comme touristes, l’auteur a pris soin d’y disséminer huit références aux cultures alsacienne et strasbourgeoise pour séduire la population locale.

Le ballet est conçu pour permettre l'immersion des spectateurs. (ACTLD)
Le ballet est conçu pour permettre l’immersion des spectateurs. (ACTLD)

En ce qui concerne l’organisation, les conditions sont similaires à celles de l’an dernier. L’accès à la place du Château sera filtré. L’entrée se fera par la place de la Cathédrale et la sortie par la rue de la Râpe.

Pourquoi « En Marche » a choisi de laisser Antoine Herth tranquille à Sélestat

Pourquoi « En Marche » a choisi de laisser Antoine Herth tranquille à Sélestat

Dans la cinquième circonscription du Bas-Rhin, La République En Marche n’a présenté personne face à Antoine Herth, député « Les Républicain » sortant, et sollicitant un quatrième mandat. Voici pourquoi.

Les militants d’En Marche à Sélestat et dans les environs ont de quoi être amer. Au regard du succès des candidats du président de la République, même dans les bastions de la droite alsacienne, l’un d’eux avait la possibilité de se qualifier au . . .

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