Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Abdelhaq Nabaoui veut installer la Fondation des œuvres de l’islam de France à Strasbourg

Abdelhaq Nabaoui veut installer la Fondation des œuvres de l’islam de France à Strasbourg

Murat Ercan, du Ditib, a laissé jeudi la présidence du conseil régional du culte musulman à son allié Abdelhaq Nabaoui, de Musulmans de France. L’occasion de tirer le bilan de son mandat et d’affirmer les priorités de la jeune institution cultuelle pour la suite.

Murat Ercan, de l’organisation d’obédience turque Ditib, a laissé la présidence du conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Alsace jeudi 22 juin à Abdelhaq Nabaoui à l’occasion d’un dîner officiel de rupture du jeune du Ramadan. Aumônier national des hôpitaux et aumônier aux armées pour le Grand Est, le représentant des associations musulmanes alsaciennes affiliées à l’organisation Musulmans de France- ex-UOIF – prend la tête de l’institution représentative des musulmans d’Alsace pour deux ans.

En 2013, les élections du CRCM avaient porté une coalition entre le Ditib et le Millî Gorüs, toutes deux d’obédience turque, et l’ex-UOIF. Les représentants des trois mouvements avaient alors décidé de mener le CRCM collégialement et de s’en partager la présidence, deux ans chacun.

Plusieurs voix ont dénoncé lors de ces deux dernières années la confusion entretenue par Ditib, organisation représentante de l’islam officiel turc sous la houlette d’Ankara, entre la dite association et l’institution régionale alsacienne porte-parole de tous les Musulmans d’Alsace.

Murat Ercan le 22 juin 2017 dans les locaux de l'association Ditib. (crédit CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Murat Ercan le 22 juin 2017 dans les locaux de l’association Ditib. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Le « souci de l’union et du dialogue »

À l’occasion de la cérémonie de passation de pouvoir, Murat Ercan a rappelé que son mandat avait été guidé par le « souci de l’union et du dialogue ». Ces deux années ont notamment donné lieu à une nouvelle organisation de l’abattage rituel pour les fidèles alsaciens, d’abord par le CRCM puis par la mosquée Eyyub Sultan de la Meinau (Millî Gorüs).

Dans le cadre de l’instance de dialogue avec l’islam mise en place par la préfecture en réponse aux attentats, le CRCM a travaillé à la rédaction d’une charte de l’imam, reprise en de nombreux points dans les travaux qui ont suivi à Paris, au sein du Conseil français du culte musulman. Murat Ercan a aussi rappelé qu’au cours de son mandat le CRCM a pu débloquer l’octroi d’un poste d’aumônier à temps plein pour les hôpitaux publics de Strasbourg. Le CRCM a aussi amorcé la réflexion pour un projet de cimetière musulman à Colmar, dont l’ouverture serait prévue pour le printemps 2018.

L’enseignement interreligieux et interculturel en suspens

Le franco-turc a souhaité la réussite du projet d’un enseignement interreligieux et interculturel dans les établissements scolaires alsaciens. A l’heure actuelle, ce projet consisterait à créer de nouveaux cours interreligieux intégrant l’islam et le bouddhisme notamment dans le cadre des cours de religion que le Rectorat a l’obligation d’organiser en Alsace. Ces cours seraient présentés au Rectorat sous la houlette des cultes reconnus. Pour l’heure, pour ne pas passer en force, les porteurs du projet seraient dans l’attente d’une décision politique de soutien de la part de l’Éducation nationale.

Dans le même temps, un des nouveaux députés « En Marche » de Strasbourg, Bruno Studer, s’est dit favorable à une évolution du droit local pour intégrer pleinement la religion musulmane à l’école (voir notre article).

L’Alsace, région pilote pour la formation des cadres religieux

Pour l’avenir, Murat Ercan a appelé de ses vœux à un renforcement des CRCM et du CFCM, en leur donnant des moyens financiers qu’ils n’ont pas pour le moment, regrettant un manque de soutien politique sur cette question. « Tous nos interlocuteurs ne vont pas dans ce sens », a-t-il regretté. Il a aussi signifié que la stabilité du CRCM nécessite pour l’avenir des mandats de présidents plus longs. Pour lui, les grands chantiers à venir seront de trouver des solutions pour former les cadres religieux musulmans en France et de mettre en application la charte des imams finalisée par le conseil national du culte musulman. « L’Alsace est volontaire pour être une région pilote. »

Abdelhaq Nabaoui, le 22 juin 2017, dans les locaux de Ditib Strasbourg. (crédit : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Abdelhaq Nabaoui, le 22 juin 2017, dans les locaux de Ditib Strasbourg. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

De son côté, Abdelhaq Nabaoui – qui a déjà été président du CRCM à sa création en 2003 – a promis que sa présidence serait tournée vers la préparation de l’avenir de l’islam en France :

« L’islam n’est pas tourné vers un passé quelconque mais est d’abord une promesse d’avenir. Notre but n’est pas de passer notre temps à tendre la main pour recevoir des gratifications. Nous allons devenir force de proposition pour les fidèles et pour les pouvoirs publics. »

Le franco-marocain a pris trois engagements envers les fidèles musulmans :

« Aux fidèles, nous devons une représentativité qui va au-delà des appartenances associatives. Aux fidèles, nous devons des imams formés convenablement et parlant français. Aux fidèles, nous devons une pratique et une inscription vigoureuse dans le dialogue interreligieux. »

Le siège des la Fondation des œuvres de l’islam à Strasbourg ?

Aux pouvoirs publics, Abdelhaq Nabaoui a annoncé vouloir faire rapidement une proposition très concrète : fixer le siège de la fondation des œuvres de l’islam de France à Strasbourg. L’institution a été relancée en 2016 pour fédérer des moyens financiers pour l’organisation de l’islam en France. Pour le nouveau président du CRCM, son installation à Strasbourg permettrait de faciliter son financement grâce au droit local qui permet des subventions publiques aux associations cultuelles, impossibles dans le reste de la France. Elle permettrait aussi de renforcer le droit local.

Abdelhaq Nabaoui a aussi appelé de ses vœux l’instauration d’une instance musulmane commune à tout le territoire concordataire, c’est-à-dire en ajoutant la Moselle, pour optimiser les possibilités offertes par le droit local.

S’il souhaite faire du droit local un atout pour l’intégration de l’islam en Alsace, le nouveau président a tenu à rassurer son auditoire, composé d’élus, de fonctionnaires et de représentants des cultes reconnus :

« Je maintiens la position qui a toujours été la mienne. Rien ne sera fait qui puisse mettre en péril le droit local des cultes. »

Agents de l’Eurométropole : la chambre régionale des comptes à moitié satisfaite

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Strasbourg se dote d’un réseau expérimental pour l’Internet des objets

Strasbourg se dote d’un réseau expérimental pour l’Internet des objets
Strasbourg Europtimist, le site de l’Eurométropole de Strasbourg à destination des entreprises, annonce le lancement d’un réseau expérimental dédié à l’Internet des Objets (IoT pour Internet of things). Ce réseau est une infrastructure qui permet d’étendre Internet aux objets physiques, qui peuvent être très variés, des lampes, des conteneurs, des véhicules… Fonctionnant grâce à la technologie Lora, un système de relais, il permet de transmettre des informations sur de très longues distances tout en utilisant peu de relais et très peu d’énergie, contrairement au WiFi. Ce réseau est déployé par deux entités strasbourgeoises, la start-up Strataggem et le laboratoire de l’Université ICube, spécialisé dans l’IoT.
Carte de couverture du réseau expérimental IoT strasbourgeois (doc Strataggem)

Un réseau en phase de déploiement

Strataggem propose déjà des solutions liées à un réseau tel que celui-ci, par exemple en proposant des lampes et potences de vélo connectées qui permettent de lutter contre le vol. La start-up a déjà été lauréate d’un appel à projets Tango & Scan en 2015 et de la première édition du Kit Emergence du Shadok. Elle est également membre de la communauté French IoT du Groupe la Poste. Ce réseau permet de mettre en place des services connectés à Internet tels que décrits dans la documentation du réseau :
    sécurité : tracking pour retrouver les vélos volés, système anti-intrusion pour les logements, environnement : télé-relève des compteurs électriques, eau, gaz pour permettre de détecter les appareils sur-consommateurs, les fuites ou prendre conscience des comportements conduisant au gaspillage, vieillissement de la population : suivi des appareils de santé à domicile, piluliers permettant de distribuer les doses de médicaments prescrites par le médecins, systèmes d’alertes en cas de chute ou de situation de détresse, santé : réseaux de capteurs surveillant la pollution de l’air et de l’eau, confort et vivre ensemble : système d’éclairage urbain réactif et ornemental, réseau de capteur de niveau sonore pour prévenir les nuisances, transports intelligents : amélioration des systèmes de signalisations, véhicules autonomes communicant entre eux pour la sécurité et la fluidité du traffic.

Ouvert gratuitement pour des tests

L’Eurométropole de Strasbourg offre l’accès à ce réseau aux entreprises, pour qu’elles puissent tester ses possibilités. Mais le réseau est également ouvert aux citoyens bidouilleurs, à partir du moment où il n’y a pas d’utilisation commerciale. Il suffit d’accepter des conditions d’utilisation et de remplir un formulaire. L’expérience permet aussi de faire progresser l’expertise de Strataggem, qui espère développer prochainement un réseau similaire, sur le modèle économique du « crowd sourcing » qui consiste à faire installer par ses utilisateurs des relais qui seront ensuite utilisés par tous.

Les barquettes en plastique vont disparaître des cantines de Strasbourg

Les barquettes en plastique vont disparaître des cantines de Strasbourg

La Ville de Strasbourg a attribué le marché de la restauration collective dans ses écoles à L’Alsacienne de restauration, déjà titulaire du marché actuel. Le prestataire a notamment accepté de supprimer les barquettes en plastique au profit de contenants en inox avant août 2021.

En quatre ans, les cantines des écoles de Strasbourg ne devraient plus utiliser de barquettes en plastique pour réchauffer les plats. Cette demande, portée par des parents d’élèves et dont Rue89 Strasbourg a maintes fois parlé, a été suivie par le maire Roland Ries (PS), qui a ajouté une clause dans l’appel d’offres diffusé à l’occasion du renouvellement du marché de la restauration scolaire.

Les barquettes génèrent de nombreux déchets et leur réchauffement inquiétent les parents (Photo François Vannier / FlickR / cc)
Les barquettes génèrent de nombreux déchets et leur réchauffement inquiétent les parents (Photo François Vannier / FlickR / cc)

Moins de plastique, moins de molécules suspectes

Les parents s’inquiètent d’une possible libération de « perturbateurs endocriniens » dans la nourriture au moment de chauffer le plastique, des molécules mal connues mais pouvant provoquer stérilité et cancers à long terme. Mais ils faisaient valoir aussi un autre argument : la réduction des déchets, 1 à 1,5 million de barquettes utilisées une seule fois sont jetées chaque année. L’argument est imparable, surtout en cette période où l’usine d’incinération de Strasbourg est en panne et que ses déchets sont transportés puis incinérés ailleurs en France.

Simon Baumert, co-fondateur du collectif Zero Waste à Strasbourg, s’est montré satisfait des engagements pris par la Ville :

« Il y avait une incohérence à travailler sur  le contenu des repas, avec notamment des produits bio et produits par l’agriculture locale et continuer d’avoir un contenant qui pourrait provoquer des problèmes de santé… »

Après un épineux débat au sein de la majorité municipale, la Ville avait proposé de réduire de 50% l’utilisation de ces barquettes jetables en deux ans puis de 100% d’ici 4 ans. Des objectifs auxquels s’est engagée à répondre L’Alsacienne de restauration. L’entreprise a ainsi pu conserver le marché de la restauration collective des écoles de Strasbourg.

Dès la rentrée pour 18 établissements

À la rentrée 2017, les 18 établissements munis d’un self seront les premiers concernés par cette transition, leurs plats principaux et leurs garnitures étant déjà livrés dans des contenants en inox.

La transition des 36 autres restaurants se fera progressivement au cours des trois années suivantes. Si l’Alsacienne de restauration, société adossée au groupe Elior, a proposé un changement sur deux ans, la ville de Strasbourg maintient, pour l’instant, son objectif de 2021.

Le passage des barquettes plastiques aux contenants en inox nécessitera une réorganisation des services de restauration scolaire, comme l’a expliqué Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation :

« Nous passons de la manutention par les agents de quelques grammes à quelques kilos, d’où l’intervention d’une ergonome. Ce changement nécessite également un investissement matériel, avec par exemple l’achat de lave-vaisselles. »

Françoise Buffet précise toutefois que ces aménagements n’auront pas, « pour l’instant », d’effet sur le prix de la restauration scolaire. Le marché, d’un montant d’environ 26 millions sur 4 ans n’est pas plus cher que le marché actuel selon l’élue.

Le changement ne se fera toutefois pas uniquement dans les contenants mais aussi dans leur contenu. Dès la rentrée 2017, un minimum de 30% de produits issus de l’agriculture biologique sera proposé dans les cantines. De même, des produits labellisés seront introduits dans les menus et des « repas bons pour ta planète », c’est-à-dire sans viande ni poisson, seront servis une fois par mois.

« En Marche » débarque dès juillet au sein de la majorité municipale

« En Marche » débarque dès juillet au sein de la majorité municipale

Après son succès électoral national, « La République En Marche » va s’infiltrer dans les assemblées locales en s’appuyant sur les élus qui ont rejoint le parti du Président de la République. À Strasbourg, un groupe d’au moins six personnes se formera en juillet autour d’au moins quatre adjoints.

« La République En Marche » s’apprête à pimenter le conseil municipal de Strasbourg en créant un groupe dès juillet, tout en restant fidèle à la majorité, conduite par le maire Roland Ries (PS). Dans l’hémicycle strasbourgeois, ce groupe comptera au minimum six bébés-Macron. L’annonce a été faite jeudi soir, au Café Stern, place de la Bourse.

Issus du PS ou de sa liste victorieuse à Strasbourg en 2014, ce groupe compte : le premier adjoint au maire, Alain Fontanel, les adjointes aux relations internationales et aux espaces verts Nawel Rafik Elmrini et Christel Kohler, celui aux Finances, Olivier Bitz, et la conseillère municipale Michèle Seiler.

Autrement dit, même s’ils sont peu nombreux, on compte le numéro 1, la numéro 2 et celui qui tient les cordons de la bourse des adjoints municipaux. Ils avaient averti le référent départemental pour quelques semaines encore, Bruno Studer, qui voit l’initiative et ce nouveau relais d’un bon œil. Comme l’a d’ailleurs souligné Alain Fontanel, la création de ce groupe « n’est pas une surprise » et, a-t-il ajouté, « ni un drame ». On verra pour qui…

Avec une ancienne opposante

À ce quintet, on ajoute Laurence Vaton (MoDem), qui était sur la liste de Fabienne Keller (LR) en 2014 et avec elle dans l’opposition jusqu’à il y a quelques semaines. Thomas Rémond, autre élu Modem de cette ancienne liste de droite, n’a en revanche pas franchi le pas.

Ils démarrent la marche strasbourgeoise à six (Bruno Studer, tout à droite n’est pas élu à Strasbourg), à combien arriveront-ils ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En l’état actuel, le groupe du Parti socialiste (PS) passera donc de 39 à 34 membres et son allié EELV en compterait aussi 10. Numériquement, la majorité absolue (33 voix) n’est donc pas l’enjeu même s’il est fort possible qu’il y ait du mouvement et des ralliements ailleurs sur l’échiquier politique strasbourgeois dans les prochaines semaines.

Pas de désaccord avec le maire sauf…

De toute façon, ses membres ne sont pas là pour s’opposer à ce que fait le maire Roland Ries, qui reste socialiste. Ils n’ont « aucun désaccord » avec lui mais veulent « porter le projet du président de la République », ont expliqué ses futurs membres, là où le Parti socialiste « est dans l’opposition ». Laurence Vaton, toutefois, « continuer[a] à s’opposer aux projets auxquels [elle] s’opposait » au niveau local…

Ces aléas de positionnement, assez étonnants pour un groupe du conseil municipal, ces élus les expliquent par une volonté de « construire une autre manière de faire de la politique, au-delà des clivages traditionnels » avec moins de « jeux de posture ».

Utiliser les comités locaux

Les modalités exactes du groupe, ainsi que sa convoitée présidence dans l’optique de s’affirmer en vue des futures échéances électorales de 2020, seront tranchées après le 8 juillet. Ce jour-là, un congrès fondateur pour faire d’En Marche un parti classique est prévu. A priori, il faudra être membre de LREM ou du MoDem pour les élus tentés de rejoindre l’aventure.

Difficile donc de voir un impact direct sur des dossiers ou la vie des Strasbourgeois. Cette annonce arrive alors que Roland Ries (PS) participe à un salon des maires à Montréal au Québec. Le maire a pourtant rappelé lundi, au lendemain de la défaite des socialistes aux législatives, la nécessité de rester unis jusqu’aux prochaines échéances municipales… Mais il avait aussi invité En Marche à créer un groupe au sein de sa majorité et s’il « reste socialiste », il ne s’est jamais placé en opposant à Emmanuel Macron, en appelant même à demi-mot à voter pour lui.

Ces six élus comptent aussi s’appuyer sur et consulter les comités locaux d’En Marche qui s’étaient formés dans la ville lors de la campagne présidentielle. « En Marche » ne s’est pas prononcé sur la conduite des affaires locales jusqu’ici, si ce n’est la consensuelle défense de la vocation européenne de Strasbourg.

Côté socialiste, une « clarification nécessaire »

Côté Parti socialiste, l’adjoint au maire, Mathieu Cahn y voit « une clarification nécessaire » :

« Mais aussi c’est le choix d’importer des clivages nationaux au niveau local. Cela nécessitera de vérifier que nous partageons encore le même projet pour Strasbourg et de revoir nos modes de fonctionnement, notamment au niveau de la coordination du travail des adjoints qui relève du premier adjoint et pour assurer un fonctionnement loyal des uns envers les autres. »

Le prochain conseil municipal ce lundi 26 juin risque d’avoir une saveur particulière… Il sera à suivre en direct et avec nos commentaires, sur Rue89 Strasbourg.

Élu député, Bruno Studer quitte la direction d’En Marche dans le Bas-Rhin

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Au boulot à vélo, malgré le concours, c’est pas encore évident

Au boulot à vélo, malgré le concours, c’est pas encore évident

Le traditionnel challenge « Au boulot à vélo » du 19 juin au 2 juillet à Strasbourg et ses environs vise à faire pédaler les employés qui n’en ont guère l’habitude. Mais pour que la part modale du vélo progresse, il faudra un peu plus qu’un concours.

Pourquoi le vélo n’est que rarement utilisé pour se rendre à son travail ? Chaque année, le challenge « Au boulot à vélo » tente d’augmenter la « part modale » des trajets domicile-travail effectués à vélo dans l’Eurométropole. Cette année, ce concours entre entreprises a débuté lundi 19 juin pour se terminer le 2 juillet. À Strasbourg, 16% des trajets domicile-travail sont effectués à vélo, une proportion la plus élevée de France, mais qui stagne. Car se rendre à son travail à vélo est toujours compliqué, même à Strasbourg. La non-possession d’un vélo, les problèmes de santé, l’âge et le sentiment d’insécurité arrivent en tête des raisons qui poussent les Strasbourgeois à délaisser ce mode de transport, selon une enquête réalisée par l’Eurométropole fin 2015. Ainsi Julianne (le prénom a été modifié), employée au Maillon, a bien essayé mais l’expérience l’a refroidie :
« C’était l’hiver, je suis tombée malade et ma voix a changé pendant plusieurs semaines. Et j’avais parfois l’impression de sentir la transpiration. En plus, je mets 10 minutes pour aller au travail en voiture et deux fois plus en vélo. »
En outre, Julianne utilise un vélo en mauvais état mais ne veut pas le remplacer, par crainte de se faire voler son nouveau vélo, un autre problème récurrent à Strasbourg.
Le challenge Au Boulot à Vélo prendra fin le 2 juillet. (Photo François Schnell / Flickr / cc)
Autre exemple au centre d’initiative à la nature et à l’environnement (CINE) de Bussière, au nord de la Robertsau. Ici, la majorité des 8 salariés prennent quotidiennement le vélo mais la directrice, Elisabeth Kulus reconnaît que ce mode de transport n’est pas toujours adapté à la vie de famille :
« Quand il faut déposer les enfants chez la nounou ce n’est pas évident, surtout pour quelqu’un qui, en plus, vient de loin. »
De plus, certaines voies de l’Eurométropole ne sont pas adaptées à la circulation des vélos, comme le reconnaît l’adjoint au maire de Strasbourg en charge des mobilités alternatives, Jean-Baptiste Gernet (PS) :
« Sur le boulevard autour de la gare par exemple, les aménagements en faveur des cyclistes se font attendre. Or, quand les cyclistes ne se sentent pas en sécurité sur la voie, ils montent sur les trottoirs, ce qui crée des problèmes de cohabitation avec les piétons. »
Des incitations aux entreprises très faibles Du côté des employeurs, les entreprises peuvent inciter leurs salariés à pédaler, par exemple en proposant à leurs salariés l’indemnité kilométrique vélo (IKV). Une manne de… 0,25€ par kilomètre sur les trajets domicile-lieu de travail. Le dispositif a été mis en place en août 2015 mais les exonérations pour l’entreprise sont limitées à… 200€ par an. Et dans le secteur public, seuls certains fonctionnaires peuvent en bénéficier à ce jour. La société Clic et Site, située à Oberschaeffolsheim, a acheté quatre vélo électriques pour ses 8 salariés, pour un montant total de 8 000€. Régis Bacher, son fondateur, vante notamment le caractère anti-stress du vélo qui permet d’éviter les bouchons mais reconnaît qu’il n’est pas possible de l’utiliser systématiquement :
« Certains salariés doivent parfois aller en rendez-vous en voiture dans la journée, ils doivent alors venir avec dès le matin. De plus, nous sommes dans la campagne et il n’y a pas d’éclairage la nuit, il faut alors être particulièrement bien équipé en vélo : lumières, vestes réfléchissantes, etc. »
Elisabeth Kulus, elle aussi excentrée, compte sur le tramway pour résoudre ce problème :
« Nous sommes à 2,5 km du tram, le vélo peut être un complément pour parcourir le chemin jusqu’à celui-ci. »
Les héros du vélo 2017… mais quid des quidams alors ? (capture d’écran)

« La voiture, toujours plus pratique »

Mais dans ce cas, il faut gérer une complication de taille : l’interdiction des vélos dans le tram de 7 à 9h puis de 17 à 19h, juste aux horaires où la majorité des gens se rendent et rentrent de leur travail. Les plus motivés ont trouvé une parade : l’emport d’un vélo pliant est permis dans le tram, même aux heures de pointe, mais ces modèles sont souvent beaucoup plus chers. Des freins que reconnaît Fabien Masson, directeur de CADR67, organisateur du challenge, mais qui n’expliquent pas les limites de la pratique du vélo :
« Il faut être clair, la pratique du vélo, c’est une question de volonté. Les entreprises pourraient faire beaucoup plus pour faciliter l’usage du vélo à leurs salariés, mais elles ne sont pas sollicitées ou ne sont pas à l’écoute de ceux-ci. Et d’ailleurs, même nous au CADR67, nous ne sommes que rarement sollicités par les entreprises pour réfléchir à des solutions pour les cyclistes. « 
Cette année, CADR67 a eu l’idée d’inclure les vélos-cargos dans le challenge, les kilomètres parcourus à l’aide d’un de ces vélos comptent double. À la municipalité d’Illkirch-Graffenstaden, un vélo de ce type est testé par les agents, par exemple pour déplacer du petit matériel en remplacement d’un véhicule. Selon Richard Hamm, adjoint au maire à l’écologie, la Ville pourrait se porter acquéreur de vélos-cargo « si l’expérience est concluante ».

Pollution : le plan ozone reconduit à Strasbourg

Pollution : le plan ozone reconduit à Strasbourg

La qualité de l’air s’est nettement dégradée depuis mardi en Alsace et les prévisions ne sont pas optimistes. La procédure d’alerte a été déclenchée jeudi et le « plan ozone » de l’Eurométropole a été activé. Il a été reconduit vendredi, suspendu samedi.

ATMO Grand Est, l’agence chargée de mesurer la qualité de l’air dans le Grand Est, indique que le taux de concentration d’ozone dans l’air a dépassé le « seuil d’information et de recommandation » pour le troisième jour consécutif jeudi, soit 180 mg/m³. En conséquence, les pouvoirs publics passent en « procédure d’alerte » (niveau 2), une mesure reconduite vendredi 23 juin puis suspendue samedi 24 juin.

Indice de qualité de l’air, prévisions du 21/06/17. (Image : ATMO Grand Est)

Un ticket « pollution » valable pour la journée

Cette situation contraint les entreprises les plus polluantes à réduire leurs émissions et les conducteurs à réduire leur vitesse. Les vitesses maximales autorisées sont abaissées de 20 km/h sans descendre en dessous de 70 km/h, sauf sur les tronçons où elle est de 130 km/h.

De son côté, l’Eurométropole de Strasbourg a activé jeudi son « plan ozone ». En résumé, des tickets de bus et tram « pollution » à 1,7€ et valables toute la journée quelque soit le nombre de trajets seront proposés, afin d’inciter les gens à préférer les transports en commun à leur voiture. Avec le même espoir, la location d’un Vélhop ne coûtera que 3€ au lieu de 6 pour la journée entière. Sur le réseau des bus CTBR (Réseau 67), tous les trajets seront proposés au prix forfaitaire de 2,5€.

C’est la combinaison des « activités humaines » (émissions de l’industrie et des transports) et des températures élevées qui provoque comme chaque année à la même époque un pic de pollution à l’ozone (l’hiver, ce sont des pics de pollution aux particules). Lors de ces épisodes, les pouvoirs publics conseillent de « réduire » les activités physiques et sportives, surtout pour les personnes les plus sensibles comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou asthmatiques… et de se déplacer en transports en commun ou en vélo.

Un aperçu des véhicules du futur en démonstration à Strasbourg

Un aperçu des véhicules du futur en démonstration à Strasbourg

À l’occasion du congrès des mobilités innovantes, qui se déroule du 19 au 22 juin à Strasbourg, plusieurs modèles de véhicules autonomes ou guidés sont présentés et testés. Explications en images de ce que nous réserve le transport de demain.

Les véhicules autonomes commencent à se multiplier. (Morgane Carlier / Rue89Strasbourg / cc)
La Navya Arma est une navette autonome pouvant accueillir jusqu’à 15 personnes. (Photo Morgane Carlier / Rue89Strasbourg / cc)

Véhicule autonome, bi-modal, à conduite déléguée… Ce lundi s’ouvrait le congrès européen des mobilités innovantes, qui se tient cette année à Strasbourg. Ce rendez-vous est l’occasion, pour de nombreuses entreprises et acteurs du secteur, de faire la démonstration de leurs avancées technologiques. Parmi les plus en pointe, on trouve la Navya Arma, une navette autonome et électrique créée par l’entreprise Navya.

Le véhicule fonctionne grâce à une modélisation en 3D implantée dans son système après un premier parcours de repérage avec un pilote. Le véhicule reproduit ensuite le trajet de manière autonome à une vitesse maximale de 45 km/h. Il est équipé de capteurs et de caméras afin de repérer les éventuels obstacles sur sa route, explique Diego Isaac, responsable marketing chez Navya. La navette est destinée à un usage collectif, en ville par exemple, ou privé, dans les aéroports ou les parcs d’attraction. Son prix de départ est de 260 000 euros l’unité, hors options supplémentaires.

En cas de danger, la reprise de contrôle manuel du véhicule est toujours possible. Lors du test de la navette, auquel nous avons pu assister, un journaliste de télévision a quitté la navette en cours de chemin pour filmer le véhicule en déplacement. En arrivant à proximité, la navette a freiné brusquement, car elle avait détecté sa présence dans son environnement proche et l’a identifié comme un obstacle.

La navette Navya fonctionne de manière autonome sur des trajets connus. (Morgane Carlier/Rue89 Strasbourg)
La navette Navya Arma fonctionne de manière autonome sur des trajets connus. (Photo MC/Rue89 Strasbourg)

La Ville de Strasbourg intéressée

La navette intéresse la Ville de Strasbourg, comme le reconnaît Alain Fontanel, premier adjoint au maire et président de la CTS :

« Le véhicule Navya pourrait être une solution pour les bouts de lignes. On est en train de réfléchir à une expérimentation à l’Espace européen de l’entreprise. Il faut regarder à la fois l’enjeu de sécurité mais aussi le modèle économique. Les discussions sont en cours avec Navya. »

Autre véhicule présenté au congrès, la voiture autonome de Vedecom (Institut du véhicule décarboné et communicant et de sa mobilité). Il s’agit d’une voiture semblable à la voiture électrique Zoe commercialisée par Renault, équipée de caméras, de capteurs Lidar (qui fonctionnent avec un laser) et d’un GPS. Pour le test, le véhicule a effectué un trajet transfrontalier, en empruntant le pont de l’Europe jusqu’à la gare de Kehl, avant de revenir.

Encore à l’état de prototype, il était escorté par deux autres véhicules et des caméras avaient été placées sur le trajet, pour suivre son avancée. Les images filmées par ces caméras étaient transmises à un centre de contrôle situé au Palais des Congrès, qui avait la main sur le véhicule, en cas de danger. La traversée d’un carrefour dangereux et à la visibilité réduite a notamment nécessité son intervention à deux reprises sur une petite dizaine d’essais. Jean-Laurent Franchineau, directeur du programme d’éco-mobilité de Vedecom, affirme qu’il faudra encore attendre quelques années avant que ce type de véhicule soit accessible aux particuliers, mais d’autres seront mis en place d’ici là :

« Les véhicules à conduite déléguée vont arriver prochainement, pour les particuliers. On est de plus en plus assisté dans sa conduite, on pourra les utiliser sur autoroute ou voie périurbaine à chaussée séparée. Il y a des phases où on pourra ne pas regarder la route mais regarder un écran au milieu, et avoir des périodes d’“eyes off”, les yeux en dehors de la route. Dans un bouchon par exemple, le véhicule pourra rester dans sa voie et suivre automatiquement celui qui le précède. »

Le mini-bus électrique Cristal peut former un attelage avec jusqu'à quatre véhicules. (Morgane Carlier / Rue89 Strasbourg /cc)
Le mini-bus électrique Cristal peut former un attelage avec jusqu’à quatre véhicules. (Photo MC / Rue89 Strasbourg /cc)

Un troisième véhicule, dont Rue89 Strasbourg a déjà parlé, était mis à l’honneur en cette journée d’inauguration du congrès : le Cristal. Il s’agit d’un mini-bus électrique et numérique, dont la capacité maximale est de 16 personnes. La spécificité de ce véhicule est sa bi-modalité : il peut être utilisé en tant que transport public, sous forme de mini-bus, notamment en bout de ligne, ou en accès libre-service pour les particuliers détenteurs du permis B. Il va bientôt être expérimenté à Strasbourg, à l’occasion du Marché de Noël, puis dans ses deux modes début 2018.

Le Cristal, qui bénéficie d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 150 kilomètres, devrait être présenté dans une version véhicule autonome au CES de Las Vegas au début de l’année 2018. Pour l’instant, il se trouve toutefois dans une zone réglementaire floue, d’après Marie-José Navarre, directrice générale adjointe de l’entreprise Lohr, à l’origine du véhicule :

« Cette expérimentation bénéficie d’une autorisation de circulation sur la voirie, on a déjà passé pas mal d’étapes réglementaires. C’est un véhicule qui se trouve dans une catégorie qui n’existe pas et qui est à créer. »

En effet, comme on vous l’expliquait il y a quelque temps, la réglementation ne suit pas encore le rythme de ces innovations et la circulation des véhicules autonomes est pour l’instant interdite sur les routes. Si la commission économique des Nations-Unies pour l’Europe a amendé la Convention de Vienne sur la circulation routière en mars 2016 dans un sens favorable à cette technologie, elle n’a pas touché à son article 8, qui impose la présence d’un conducteur dans le véhicule. C’est pourquoi il a fallu obtenir des autorisations au préalable avant d’effectuer les tests.

Technologiquement et juridiquement, les véhicules de demain posent donc encore beaucoup de questions et il faudra certainement patienter quelques années avant de les voir circuler dans nos villes pour de bon. En attendant, les plus curieux pourront tester le Cristal jusqu’à la fin du congrès européen des mobilités innovantes.

Le maire d’Oberschaeffolsheim porte plainte contre trois militants anti-GCO postés devant sa mairie

Le maire d’Oberschaeffolsheim porte plainte contre trois militants anti-GCO postés devant sa mairie

Eddie Erb, maire (LR) de la commune Oberschaeffolsheim, a déposé une plainte contre trois militants opposés au Grand Contournement Ouest (GCO) présents devant sa mairie pour « manifestation sans autorisation. »

Jeudi 15 juin au matin, l’entreprise Arcos, filiale de Vinci, était à la mairie d’Oberschaeffolsheim pour présenter aux habitants de la commune le Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg, une autoroute de 24 km devant relier le nord au sud de l’agglomération en passant par le Kochersberg. Mais comme à chaque présentation de ce type dans les communes proches du tracé, des opposants s’étaient postés devant le bâtiment pour présenter un contre-argumentaire.

Sauf que pour la première fois, la situation s’est envenimée. À tel point que le maire Eddie Erb (LR) a déposé plainte contre les trois militants présents devant le bâtiment.

Les opposants au GCO peuvent être parfois bruyants, comme ici lors d’une manifestation au Wacken à Strasbourg (Photo Rue89 Strasbourg)

« Comme à chaque fois, j’étais avec mes trois pancartes »

Les militants étaient dans un premier temps dans la cour de la mairie. Le maire leur a ensuite demandé de quitter les lieux. Parmi eux, Christine, explique :

« J’étais avec mes trois pancartes. Quand c’est comme ça, les gens s’arrêtent, viennent nous poser des questions ou nous encourager. On ne les force pas à venir. C’est la 17ème mairie où l’on va et c’est la première fois qu’on a un problème. »

Après une demande répétée de quitter les lieux, ignorée par les militants, la gendarmerie est intervenue et a relevé leurs identités. Le maire Eddie Erb leur a signifié qu’il allait porter plainte contre eux et c’est ce qu’il a fait, pour « manifestation sur le domaine public sans autorisation, » estimant qu’ils étaient venus « perturber l’ordre de la consultation. » Il se justifie :

« Il y a des règles en mairie. Il faut un arrêté pour manifester. Il s’agissait d’une manifestation illicite. »

Eddie Erb fait partie des maires ouvertement favorable au GCO. Il avait demandé que ce projet d’autoroute soit relancé en avril 2013, alors qu’il était proche d’être abandonné.

Allo l’Europe ? Les limites de « fin » des frais d’itinérance

Allo l’Europe ? Les limites de « fin » des frais d’itinérance

Après des négociations acharnées avec les opérateurs, l’Union européenne (UE) a imposé la fin des frais d’itinérance, qui s’ajoutaient à la facture lors de l’utilisation des téléphones portables à l’étranger. La mesure réjouit particulièrement les Alsaciens qui franchissent régulièrement la frontière allemande. Mais le marché commun de la téléphonie garde quelques zones d’ombre.

Le 15 juin 2017, voilà la date qui été entourée en rouge dans les calendriers des frontaliers, des voyageurs ou des étudiants à l’étranger. Chez tous ceux qui ont opté pour une application comme Whatsapp ou Messenger pour remplacer les bons vieux SMS, tous ceux qui postent des photos de leurs séjours à l’étranger sur Facebook et Instagram, et autres accros au portable qui consultent leurs e-mails à toute heure et en toute circonstance. Car à cette date, la fin des « frais d’itinérance » en Europe avait sonné.

Jusqu’alors, quelqu’un qui voyageait dans un pays de l’Union européenne (UE) autre que le sien payait ses communications – appels vocaux, SMS et utilisation des données – à un tarif bien plus élevé que dans son pays d’origine. Car des accords entre les opérateurs pour assurer une continuité de service ont abouti à la mise en place d’un système de facturation en cascade, les communications des utilisateurs en voyages sont portées par un opérateur local puis facturées à l’opérateur de l’utilisateur avec une confortable marge.

Ce système, appelé « l’itinérance » des communications mobiles, est devenu gratuit depuis le 15 juin pour tous les abonnés européens, pour leurs communications au sein des pays de l’Union européenne.

La Commission européenne à Bruxelles s'est parée d'une bannière annonçant la fin du roaming dans l'UE. (Photo Mauro Bottaro / EC Audiovisual Service / cc)
La Commission européenne à Bruxelles s’est parée d’une bannière annonçant la fin de l’itinérance dans l’UE. (Photo Mauro Bottaro / EC Audiovisual Service / cc)

Les Alsaciens, grands bénéficiaires de la fin de l’itinérance

Les Alsaciens sont de ceux qui se réjouissent tout particulièrement de cette mesure, comme le souligne Elphège Tignel, responsable de communication de la branche française du Centre européen des consommateurs :

« Les Alsaciens habitués à traverser la frontière tous les jours s’étaient équipés d’un forfait comprenant des communications à l’étranger ou ont pris l’habitude de couper la connexion automatique à un réseau étranger avant de passer la frontière. Il ne fait aucun doute que la suppression des frais d’itinérance a un impact plus important en région frontalière. »

Michèle Dutter, qui vit à Stotzheim, en Alsace, à une trentaine de kilomètres de Strasbourg et travaille à Offenburg, en Allemagne, a vu les tarifs de l’itinérance décroître petit à petit et est ravie de l’abolition des surcoûts :

« C’est une excellente nouvelle ! Je n’utilisais jamais internet en Allemagne. Je ne coupais pas mon téléphone complètement mais ne décrochais pas, quand j’étais à Offenburg et que l’on m’appelait. Il y a quelques années, je n’ouvrais même pas les SMS car cela m’était facturé. »

De même, les Alsaciens qui vivent non loin du Rhin et captent sans le vouloir le réseau allemand doivent être soulagés, comme cette consommatrice qui, sur un forum d’aide sur internet, se plaignait :

« J’ai changé de mobile et de forfait, et depuis j’ai des problèmes de réseau pour téléphoner et recevoir des appels, ainsi qu’avec ma messagerie. J’habite tout près de la frontière allemande et j’ai plusieurs fois par jour le réseau allemand qui est surtaxé. A chaque fois, je reçois un message du 914. Je vous prie de faire votre possible sinon je vais changer d’opérateur, je n’avais pas ce problème avec mon ancien mobile. »

Piqûres de rappel

La fin des frais d’itinérance est donc logiquement présentée comme une victoire pour tous les consommateurs par l’Union européenne, souvent accusée de n’être utile qu’aux grands groupes. Elle permet de montrer que la politique communautaire peut influencer – concrètement et positivement – la vie des Européens. L’exemple mérite d’être encadré au panthéon des avantages concrets, comme la fin des barrières douanières par exemple.

Anne Sander, eurodéputée alsacienne membre du Parti populaire européen (le PPE, majoritaire dans l’hémicycle) se réjouit de cette bataille remportée face à l’industrie des télécoms :

« De mon point de vue, l’UE se construit à deux niveaux : celui des grandes politiques – l’emploi, la sécurité, la fiscalité, etc. – et celui du quotidien. La fin des frais d’itinérance s’inscrit dans cette deuxième catégorie : elle simplifie la vie de nombreux Européens, qui n’auront plus besoin de penser à désactiver leur 4G à l’étranger. C’est une mesure très positive, notamment pour les jeunes : ce sont eux qui ont les plus petits budgets et utilisent le plus leur téléphone. Et ce sont eux qu’on a envie de voir les plus mobiles ! »

Anne Sander, eurodéputée alsacienne du groupe du PPE, se réjouit de la fin du roaming, notamment pour les jeunes et les transfrontaliers. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)
Anne Sander, eurodéputée alsacienne du groupe du PPE, se réjouit de la fin de l’itinérance, notamment pour les jeunes et les transfrontaliers. (Photo CS / Rue89 Strasbourg / cc)

L’eurodéputée, qui se décrit comme une « élue locale » avant tout, ne cache pas que le sujet de la fin de l’itinérance revient régulièrement dans les conversations, notamment quand elle sillonne sa circonscription. Elle s’en sert d’ailleurs comme argument pro-UE et rappelle toujours, à qui l’écoute, que l’abolition des frais d’itinérance n’est pas un cadeau des opérateurs, mais le fruit de négociations bruxelloises acharnées :

« Dans cinq ans, ne pas payer de frais d’itinérance dans l’UE paraîtra tellement naturel qu’on ne s’imaginera plus revenir en arrière. Cela fera partie des moeurs. Or les petites piqûres de rappel ne font jamais de mal ! C’est agréable de ne plus avoir à se battre pour une cause, mais il faut toujours se souvenir d’où l’on vient. »

Pas la « fin » de l’itinérance

Car quand la Commission européenne avait annoncé, en janvier dernier, être parvenue à un accord avec les Etats membres pour aboutir à la création d’un marché commun de la téléphonie, elle ne semblait pas peu fière d’avoir réussi à faire primer les droits des consommateurs sur les intérêts des groupes télécoms. Pourtant, la bataille n’était pas gagnée d’avance et la Commission avait dû revoir trois fois sa copie avant de recueillir le soutien des Vingt-huit (Royaume-Uni y compris, car aussi longtemps que durent les négociations en vue du Brexit, l’île fait partie de l’UE).

En effet, la Commission avait dans un premier temps proposé de fixer un plafond de 90 jours de déplacement par an afin d’empêcher que les consommateurs ne se fournissent dans les États offrant les tarifs les plus bas. Cette ébauche de limites lui avait valu de vives critiques, si bien qu’elle avait fini par revenir sur cette idée.

Une seconde mouture proposait de remplacer le critère de durée par une attention accrue aux comportements suspects et aux situations pouvant mener à un déséquilibre du marché national. Finalement, les communications et données mobiles en itinérance pourront être facturées par un opérateur si ce dernier constate qu’un forfait est davantage utilisé à l’étranger que dans le pays d’origine, sur une période d’au moins quatre mois consécutifs. Il n’y a donc pas de « fin d’itinérance » totale.

« Roam like at home » ? Not quite

Toutefois, selon la Commission, l’application de ce principe « d’usage raisonnable » évitera une hausse du prix des tarifs domestiques. Reste à savoir comment les groupes de télécommunications dans l’UE chercheront à compenser les pertes liées à la disparition des recettes de l’itinérance. Et Monique Goyens, la directrice générale du Bureau européen de l’union des consommateurs (BEUC), à Bruxelles, de fustiger :

« Les opérateurs mobiles qui déclarent que ces nouvelles règles risquent de leur faire mettre la clef sous la porte et de les forcer à augmenter leurs tarifs domestiques ne sont pas sincères. »

Cette quasi-fin de l’itinérance ne signifie pas non plus que les appels du pays d’origine vers un pays étranger sont concernés par cette réglementation. Ainsi, pour téléphoner de Strasbourg vers Kehl, des frais supplémentaires peuvent toujours être appliqués, selon les conditions commerciales des abonnements, de même pour les appels entrants. L’idée de rendre illégaux ces surcoûts n’est pas sur la table à Bruxelles, mais plusieurs opérateurs ont déjà franchi le pas européen et proposent des forfaits qui bannissent les frais supplémentaires pour appeler certains pays.

Par ailleurs, la nouvelle législation pourrait continuer à s’appliquer au Royaume-Uni après le Brexit, puisqu’elle inclura à l’avenir (la date exacte est encore inconnue) des pays hors de l’UE – comme la Norvège, le Liechtenstein ou l’Islande. « Roam like at home » (« Surfez comme à la maison »), promet pour sa part la Commission européenne, pour qui ce serait bien que dans l’idée des Européens, cette maison, ce soit l’Europe.

#téléphone

Grève à la CTS mercredi : pas de trams ni bus pour la Fête de la Musique

Grève à la CTS mercredi : pas de trams ni bus pour la Fête de la Musique

Une intersyndicale CGT – FO – CFDT a déposé un préavis de grève pour mercredi 21 juin à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Les syndicats demandent « de vraies négociations salariales » et l’arrêt des externalisations de lignes. La direction a fait un pointage des effectifs présents mercredi et s’attend à une forte mobilisation.

Cette grève est reconduite uniquement par la CGT jeudi 22 juin. L’impact sera bien moindre (voir en fin d’article).

Circulation très réduite entre 6h et 14h

En conséquence, les services de tram et bus ne fonctionneront que de 6 heures du matin à 14 heures. Rappelons qu’en outre, la circulation des véhicules sera interdite dans le centre-ville à partir de 16h pour des questions de sécurité liées à la Fête de la musique. Jusqu’au début de l’après-midi, les lignes seront ainsi cadencées selon un communiqué de la CTS :

    Ligne A, ligne B, ligne C, ligne D : un tram toutes les 30 minutes environ. Ligne G : un bus toutes les 30 minutes environ. Les lignes E et F ne circulent pas. L1 : un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 2 : un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 4 : un bus toutes les 30 minutes environ entre Capucins et Hoenheim Gare. Desserte de Wolfisheim Stade, Poteries et Reichstett Mairie toutes les 60 minutes environ. Ligne 6 : un bus toutes les 30 minutes environ entre Pont Phario et Marc Seguin. Desserte de Souffelweyersheim et Niederhausbergen toutes les 60 minutes environ. Ligne 12 : un bus toutes les 45 minutes entre 6h et 9h et entre 11h30 et 14h. Ligne 13 : un bus toutes les 45 minutes environ. Ligne 24 (itinéraire via Stade Michel Walter) : un bus toutes les 40 minutes environ. Ligne 67 : un bus toutes les heures environ. Ligne 71 (circuit 4 communes) : un bus toutes les heures. Les arrêts Lampertheim Lorraine, Bourgogne et Lampertheim Mairie ne sont pas desservis. Ligne 72 : un bus toutes les 1h20 environ entre 7h et 9h et entre 12h et 14h.

Les horaires complètes sont disponibles sur le site de la CTS.

Les bus de la CTS vont se faire rares dans les rues mercredi 21 juin… (Photo Rue89 Strasbourg)

Aucune circulation

    Les lignes 10, 14, 15a, 17, 19, 22, 29, 30, 40, 50, 57, 62, 63, 70 et les services Taxibus ne circulent pas.

Circulation normale

    Les lignes 27, 31 et les navettes Robertsau, Entzheim, Holtzheim, Lingolsheim-Illkirch circulent selon les fréquences et horaires habituels.

En outre, la CTS indique que « ce mouvement est susceptible d’être reconduit jusqu’au dimanche 9 juillet, la CGT ayant déposé un préavis reconductible jusqu’à cette date. »

Les lignes de car de la CTBR (Compagnie des Transports du Bas-Rhin) et les lignes TER de la SNCF circulent normalement.

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À Schiltigheim, l’idée d’un débat public entre Jean-Marie Kutner et Danielle Dambach fait pschitt

À Schiltigheim, l’idée d’un débat public entre Jean-Marie Kutner et Danielle Dambach fait pschitt

Danielle Dambach, conseillère municipale écologiste d’opposition à Schiltigheim, accepte le défi lancé par le maire Jean-Marie Kutner d’un débat public sur les aménagements autour d’un parc. Mais elle l’assortit de quelques conditions…

Le maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner (UDI), avait invité dans une lettre publique son opposante écologiste Danielle Dambach à débattre sur l’avenir du parc de l’Aar, à l’entrée de la commune. Les aménagements prévus par la municipalité de Schiltigheim autour de ce parc arboré suscite depuis plusieurs mois la controverse, avec même des apparitions de moustaches.

Pour Danielle Dambach et l’opposition écologiste de Schiltigheim, l’agrandissement du parking suite au changement d’enseigne du restaurant Francesca pour KFC et la construction d’une passerelle routière pour rejoindre le siège du Crédit Mutuel se feraient au détriment des espaces verts du parc. Le maire a démenti sa volonté de construire un pont. Il relativise aussi l’importance de l’agrandissement du parking (voir sa position détaillée ici). C’est pour mettre au clair ces différends qu’il avait proposé ce débat inédit.

Une semaine plus tard, la conseillère municipale a répondu au maire. Elle accepte son défi, tout en posant une série de conditions.

La réponse de Danielle Dambach à Jean-Marie Kutner (doc remis)
La réponse de Danielle Dambach à Jean-Marie Kutner (doc remis)

Dans sa lettre, Danielle Dambach rappelle qu’une enquête publique doit débuter le 26 juin, concernant plusieurs aménagements importants à Schiltigheim. Inutile donc pour la conseillère de participer à une réunion publique puisque le débat municipal aura largement lieu grâce à ces rendez-vous et sous le patronage, qui plus est, du commissaire enquêteur.

« Bétonnisation » contre zone naturelle

Mais Danielle Dambach explique surtout qu’elle ne débattra « qu’après le reclassement du parc de l’Aar en zone naturelle, » ce qui risque de reporter la discussion à l’année prochaine. Le maire décrit la réponse de la conseillère comme « honteuse et lâche » :

« Madame Danielle Dambach ne reporte pas le débat, elle le fuit. Elle est mal à l’aise et je la comprends. Elle a lancé une polémique sur des éléments infondés et ne veut pas l’admettre. Faute d’arguments, elle évoque le Plan local d’urbanisme intercommunautaire (PLUi) qui n’a rien avoir avec les aménagements dont il est question. Elle mélange tout. »

Quant aux conditions évoquées par la conseillère écologiste pour la mise en place de ce débat, Jean-Marie Kutner avoue ne pas y avoir prêté attention. Le maire prévoit de tenir une nouvelle conférence de presse, tout seul, pour réitérer ses arguments sur ce dossier devenu épidermique.

Suite au prochain épisode.

Pour leur bal du 13 juillet, les pompiers sortent l’artillerie lourde

Pour leur bal du 13 juillet, les pompiers sortent l’artillerie lourde

Les pompiers de Strasbourg ont mis en ligne une vidéo « teaser » pour annoncer leur bal annuel, le jeudi 13 juillet à la caserne ouest. Dans cette production réalisée par CatSeven Film, on voit les pompiers enfiler différents équipements et se préparer pour une intervention… musclée. Le choix des pompiers figurants ne semble pas avoir été totalement le fruit du hasard… En tout cas, il y a un message…

Aux législatives, l’Alsace passe de deux femmes députées à une seule

Aux législatives, l’Alsace passe de deux femmes députées à une seule

Alors que le nombre de femmes augmente à l’Assemblée nationale, il n’y aura qu’une seule femme députée en Alsace. Une situation assez prévisible compte tenu des investitures donnée par la droite et la République en Marche.

Coup de tonnerre, le nombre de femmes députées est divisé par deux en Alsace ! Élue dans le Kochersberg, Martine Wonner (LREM) sera la seule députée alsacienne. L’électorat local est-il devenu deux fois plus machiste en cinq ans ? On se rassure, il faut plutôt regarder du côté des grands partis.

Amendes peu dissuasives

Martine Wonner, de La République en Marche, seule députée alsacienne pour 5 ans (photo Khedidja Zerouali)

En 2012, le nombre de femmes était déjà faible puisqu’il n’y avait que deux représentantes, ce qui constituait déjà un progrès à l’époque. Investir plus d’hommes que de femmes (ou réciproquent mais c’est plus rare) génère pourtant des amendes, mais elles sont peu dissuasives par rapport à une victoire.

À droite, les députés sortants ont été reconduits s’ils le souhaitaient, soit 13 places gelées. À Mulhouse-Habsheim, l’une des deux femmes, Arlette Grosskoskt a arrêté après trois mandats. Son suppléant Olivier Becht prend sa suite en étant élu nettement (57,69%) dimanche.

Trois autres députés qui ont arrêté leur carrière ont été remplacé par des hommes. Dans le Haut-Rhin, il y avait donc six hommes pour six sièges. À Haguenau, c’est aussi un homme qui avait été choisi, le maire de Brumath Étienne Wolff, pour tenter de garder le siège de Claude Sturni, aussi retiré.

Outre la seule « sortante », Sophie Rohfritsch (à Strasbourg-campagne, battue par Martine Wonner), il n’y avait que deux nouvelles candidates : Elsa Schalck à Strasbourg-centre et Pascale Jurdant-Pfeiffer, au nom de l’accord avec l’UDI, à Strasbourg-sud. Ces deux terrains étaient difficiles.

Des candidates en Marche dans les circonscriptions difficiles

Côté « En Marche », le mouvement avait la promesse d’investir autant de femmes que d’hommes, ce qui a été tenu nationalement. En Alsace, le nombre de femmes n’était que 5 pour 15 circonscriptions (14 candidats au total). Les territoires les plus favorables, les trois à Strasbourg et à degré moindre Mulhouse-Habsheim ont été attribués à des hommes. C’est donc finalement du Kochersberg qu’est venue la seule surprise féminine.

À Sélestat, le mouvement n’avait pas tenté de remplacer Éliane Tomaszewski, retirée pour raisons de santé, pour ne pas faire d’ombre à Antoine Herth (LR), un proche du ministre de l’Économie Bruno Le Maire. D’autres femmes avaient pourtant postulé. L’autre député alsacien « lemairiste », Éric Straumann (à Colmar) avait aussi face à lui une femme. De là à voir qu’En Marche estime que les femmes sont de moins valeureuses candidates…

Des progrès au niveau national

Heureusement? il y a toujours la suppléante, dont le rôle politique est nul sauf pour les ministres et quelques personalités, mais qui permet de donner un semblant de parité à des candidatures masculines.

Au niveau national, 223 femmes rejoignent l’hémicycle, soit 38,65%. Elles étaient 26,9% en 2012. En Marche (47%), le Modem (46%) et la France insoumise (41%) tirent cette moyenne vers le haut.