La déferlante de « La République en Marche » n’a pas épargné l’Alsace, région où la droite avait l’habitude de faire carton-plein ou presque. Les candidats dévoués au nouveau président de la République, souvent peu connus, sont en tête dans 11 circonscriptions sur 15. La droite peut tout même espérer limiter la casse. Le FN recule très nettement, tandis que les régionalistes d’Unser Land ou la France insoumise confirment.
Bastion intemporel de la droite, l’Alsace n’a pour une fois pas été fidèle aux candidats « Les Républicains » et à leurs alliés. Exemples de cette tornade de marcheurs ? Dans le Kochersberg (circonscription 4 du Bas-Rhin, dite Strasbourg-campagne), Martine Wonner (41,52%), inconnue en politique, devance largement Sophie Rohfritsch (23,75%). La députée sortante (LR) avait obtenu 44% des voix au premier tour en 2012.
La maire de Lampertheim paie peut-être un soutien jusqu’au bout à François Fillon ou un positionnement timide sur le dossier du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg dans ce périmètre très impacté par le projet d’autoroute payante.
Ténors de droite bousculés
Autre coup de tonnerre ? Dans le nord de l’Alsace, dans la circonscription de Haguenau (« la 9 »), le candidat « En Marche » Vincent Thibaut, autre novice, est aussi largement en tête (35,87%) face au maire « Les Républicains » de Brumath, Étienne Wolff (23,26%).
Même à Wissembourg (« la 8 »), où Frédéric Reiss avait été élu deux fois dès le premier tour, le maire de Wissembourg Christian Gliech le devance de près de trois points (32,98% contre 30,02%), même si l’issue est plus incertaine et que Christian Gliech n’est pas un inconnu en politique.
LREM reçue 5 sur 6 dans le Haut-Rhin
Dans le Haut-Rhin, où la droite était hégémonique, « La République En Marche » bascule en tête dans cinq cas sur six face à la droite. Néanmoins, la circonscription de Mulhouse (« la 5 ») s’avère serrée (32,94% contre 30,48% et des reports de voix incertains du FN, des régionalistes et des insoumis).
Au total, LREM et le Modem se retrouvent en ballottage favorable dans 11 circonscriptions sur 15, et qualifiés au second tour systématiquement. La seule fois où ils sont absents, c’est parce que la candidate s’est retirée pour des problèmes de santé, dans la 5ème circonscription du Bas-Rhin, autour de Sélestat. Le député sortant, Antoine Herth (LR), est en situation favorable. Avec 37,59% des voix, il sera opposé à un candidat du parti régionaliste Unser Land, Gérard Simler (16,85%).
Pour le récent parti régionaliste, cette qualification est historique, même si ses résultats généraux sont un peu plus faibles par rapport aux élections régionales de 2015. Il va déployer toutes ses forces dans ce second tour pour espérer un report quasi-parfait, mais possible, des voix du Front national, de la France insoumise et de différents candidats écologistes, qui constituent un bloc hétérogène de 38,7%.
La droite tout de même en passe de sauver quelques sièges
La droite alsacienne (13 députés sur 15 possibles en 2012) peut tout de même limiter la casse dimanche 18 juin. Dans « la 6 » du Bas-Rhin, le député sortant, maire de Molsheim, Laurent Furst est en tête (36,21%), face à un candidat Modem, Guy Salomon (29,48%), qui n’a guère de réserves sur sa gauche.
À Colmar, le député sortant et président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Éric Straumann, s’en sort aussi avec une confortable avance : 37,78% contre 26,24%. Il remporte même toutes les communes de ce territoire, fait unique.
Patrick Hetzel à Saverne (« la 7 ») dispose également d’une avance de plusieurs points (33,7% contre 26,7%). Notons tout de même qu’aucun candidat n’est élu dès le premier tour, une grande première dans la plaine d’Alsace.
Recul du FN, essor d’Unser Land et des insoumis
Autre enseignement majeur, le FN a largement reculé. Il n’est présent au second tour qu’à Mulhouse-campagne (17,31% contre 32,36% pour LREM) où Francis Hillmeyer (troisième avec 16,67%) est vraisemblablement victime du « dégagisme » après quatre mandats consécutifs.
Le FN était arrivé premier en Alsace et en tête de neuf circonscriptions au premier tour de l’élection présidentielle en avril. Après ce premier tour des législatives, il se retrouve troisième avec 13,09% des suffrages exprimés, loin des 30,9% des LREM/Modem et des 27% et quelques de la droite et de l’UDI.
Ce recul peut peut-être s’expliquer par l’abstention élevée, mais aussi par l’essor d’autres formations comme les régionalistes d’Unser Land (environ 6,77% des voix en Alsace), voire de la France insoumise.
La gauche en voie d’extinction en Alsace
Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est un peu en retrait par rapport à l’élection présidentielle, mais il réalise tout de même de meilleurs scores par rapport à ceux de la gauche radicale en Alsace. Avec des candidats partout, il rassemble 7,62% des voix, là où le Front de gauche faisait 3% en 2012.
Un signe que le mouvement ne doit pas son bon score d’avril uniquement à la personnalité de son leader et pourrait compter, plus que le PS (2,36% mais le Parti socialiste n’avait pas des candidats partout) à l’avenir. Des qualifications au deuxième tour étaient envisageables à Strasbourg si « la gauche de la gauche » avait été moins divisée. En revanche, Debout la France et ses 6,77% à l’élection présidentielle qui pouvaient intriguer a retrouvé l’anonymat (1,34%).
À Strasbourg, dernier ilôt rose, la gauche est en passe de disparaître au second tour. Le PS est en ballottage très défavorable à Strasbourg-sud (« la 2 ») et Strasbourg-centre (« la 1 »), et même cinquième à Strasbourg-nord (« la 3 ») (voir notre article sur les circonscriptions strasbourgeoises).
Les deux députés sortants du Parti socialiste (PS) se qualifient de justesse au second tour des élections législatives, mais accusent environ 22 points de retard. La France insoumise passe tout près de supplanter ces deux candidats. La droite ne profite guère de la situation. Elle enregistre le même écart à Strasbourg-nord, un ancien bastion.
Sauf grosse surprise, il n’y aura plus de député de gauche à Strasbourg le 18 juin. Le Parti socialiste (PS) avait deux représentants dans les trois circonscriptions strasbourgeoises et avait plutôt bien résisté dans les différentes élections depuis 2012.
PS et LR distancés dans les grandes largeurs
Mais « En Marche », qualifié de « vague », de « tsunami », d’ »ouragan » ou de « raz-de-marée » selon les goûts, est passé par là. Dans la très scrutée circonscription 2 (Strasbourg-sud), en raison des implications locales, le député sortant Philippe Bies (PS), est largement devancé avec 12,78% des voix contre 35,06% pour son concurrent Sylvain Waserman (Modem/LREM).
Même situation dans le centre pour Éric Elkouby, qui se qualifie de tout juste 123 voix au second tour, avec 13,90%, là où Thierry Michels (LREM) peut se targuer de 35,31% des voix. Elsa Schalck, élue de 29 ans à la Région Grand Est, qui devait incarner le renouvellement à droite à Strasbourg, termine quatrième (12,91%), une grosse déception pour elle. Jean-Marie Brom, de la France insoumise, s’intercale.
À Strasbourg-nord, circonscription historiquement de droite, c’est la France insoumise qui s’en est le mieux sortie à gauche (troisième avec 11,59%). Mais le deuxième tour opposera Bruno Studer (39,50%), le référent dans le Bas-Rhin du mouvement d’Emmanuel Macron, avec une confortable avance sur Georges Schuler (16,60%). Le maire de Reichstett s’est uniquement imposé dans sa commune.
En Marche avait environ 30% des voix à Strasbourg en avril. Le mouvement s’approche désormais des 40% (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La France insoumise rate le second tour à cause de la division
Dans les trois circonscriptions de Strasbourg et des environs, La France insoumise se classe troisième. Il s’en est parfois fallu de peu pour se qualifier au second tour : 123 voix à Strasbourg-centre, 169 voix à Strasbourg-sud et 1 500 voix à Strasbourg-nord.
Avec une partie des voix des écologistes (entre 4 et 7%), voire juste du Parti communiste (qui oscille autour de 1%), la qualification aurait été acquise.
En Marche en position de force
Dans les trois duels, le candidat « En Marche » pourra espérer un report au moins partiel des voix sur sa droite dans les circonscriptions 1 et 2, ou sur sa gauche dans « la 3 » au nord. Le PS comme la droite vont axer leur campagne de second tour sur le thème du risque du parti unique et la nécessité d’avoir plus de diversité à l’Assemblée nationale. Obtenir une majorité absolue ne leur avait pourtant pas déplu lors de la campagne des législatives en 2012 et 2007.
Préserver la majorité municipale à Strasbourg
Le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui risque de devenir le seul grand élu PS de la région, avec le sénateur Jacques Bigot ou le président de l’Eurométropole Robert Hermmann, a rappelé sur le plateau de France 3 Alsace qu’il s’efforcera de garder sa majorité intacte jusqu’à la fin du mandat, soit 2020.
La tâche s’annonce difficile. Il n’est pas sûr qu’au PS local, tout le monde souhaite travailler main dans la main avec le parti qui les supplante aujourd’hui. Les réactions ont d’ailleurs été assez rares et limitées dans la soirée, à droite comme à gauche.
Pour le premier adjoint au maire, Alain Fontanel, officiellement « En Marche » depuis une semaine, « ceux qui ont fait le choix du conservatisme sont battus ou en difficulté ».
Néanmoins, les écarts sont similaires partout et les candidats « En Marche » étaient peu connus. On peut supposer que c’est l’étiquette et la volonté de renouvellement (aussi appelé « dégagisme »), plus que les personnalités et les dynamiques locales, qui ont pesé sur ce premier tour.
Abstention supérieure à 50%
Plus à gauche, d’autres pourraient être tentés par une alternative commune autour des écologistes et des insoumis qui ont le potentiel électoral pour devenir la deuxième force politique à Strasbourg, devant la droite. Encore faut-il être unis.
Ce premier tour a été marqué par plus de 50% d’abstention dans les trois circonscriptions, un peu plus que la moyenne nationale. C’est peut-être à ce sujet que toutes les formations politiques devront s’atteler et pas seulement dans l’entre-deux tours.
Retrouvez tous les résultats du premier tour des élections législatives 2017 en Alsace, sur une carte affichant les circonscriptions et le détail des résultats par commune.
Dans les trois circonscriptions de Strasbourg et ses environs, « La République en Marche » écrase ses adversaires de plus de 20 points. Dans le détail, rares sont les communes ou les bureaux de vote où la droite, le FN ou le PS l’emportent.
La République en Marche réalise une première réussie en Alsace. Ses candidats arrivent souvent en tête ou au coude à coude avec « Les Républicains ». Certains députés LR sortants se trouvent en difficulté. Le FN enregistre un net recul. Suivez la soirée électorale sur Rue89 Strasbourg ci-dessous.
Relire le compte-rendu de la soirée électorale ci-dessous.
Réaction de Jean Rottner, maire (LR) de Mulhouse :
« C’est vrai notre pays a besoin d’aller dans un élan différent pour pouvoir s’en sortir. La stratégie d’Emmanuel Macron, depuis le début de sa campagne, c’est de dire « je travaillerai avec tout le monde ». On peut rester à droite tout en votant un certain nombre de mesures qui sont bonnes pour la France, on peut les accepter et les défendre, voir les amender et les améliorer. Il faut que le gouvernement dirigé par Edouard Philippe, qui est issu de nos rangs, et que le président acceptent d’entendre nos positions ou celles de forces politiques qui ne soient pas forcément issus des rangs d’En Marche pour que notre pays puisse aller de l’avant et que les lois qui seront voter dorénavant soient le plus profitable possible pour les Français. »
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12 juin 2017, 0h23
Réaction d’Andrea Didelot, candidat FN dans la première circonscription du Bas-Rhin (vidéo Khedidja Zerouali / Rue89 Strasbourg)
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12 juin 2017, 0h20
Réaction de Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, aux résultats du premier tour des élections législatives (vidéo Khedidja Zerouali / Rue89 Strasbourg)
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12 juin 2017, 0h17
Réaction d’Anne-Pernelle Richardot, première secrétaire fédérale du PS du Bas-Rhin. (vidéo Khedidja Zerouali / Rue89 Strasbourg)
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12 juin 2017, 0h05
Réaction de Philippe Richert, président (LR) de la région Grand Est :
« Dans le Grand Est, la droite et le centre sont présents au second tour dans de nombreuses circonscriptions, même si certains candidats auront besoin de mobiliser de manière importante leurs soutiens pour arriver à emporter la mise dimanche prochain. Dans un contexte difficile, quelques parlementaires sortants ont néanmoins assuré leur avance par une implantation forte dans leur territoire.
La Droite et le Centre constitueront la seconde force politique du pays, le Parti socialiste s’effondrant totalement et le Front National n’obtenant pas les scores qu’il annonçait. Aucun candidats FN ne semble véritablement en position de l’emporter au second tour dans le Grand Est. Les mouvements régionalistes n’ont pas plus effectué la percée qu’ils espéraient.
Ce premier tour des législatives porte en lui un bouleversement considérable de la représentation nationale. Il est manifeste que nos concitoyens ont souhaité donner au Président de la République les moyens de sa politique. Il importe cependant que nos institutions puissent également être des lieux de débats autour des grands enjeux et de la manière dont notre pays doit faire face aux défis qui se présentent à lui. Une assemblée monolithique ne permettra pas ces échanges. Nos concitoyens, en soutenant les candidats de la droite et du centre dimanche prochain, permettront une représentation d’une réelle diversité d’opinion. »
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11 juin 2017, 23h56
Réaction de Robert Herrmann, président (PS) de L’Eurometropole de Strasbourg :
« Les résultats de ce soir sont marqués par une abstention record sous la cinquième République. Ils confirment aussi le désir de renouvellement politique des Français, leur volonté de voir des réponses gagnantes aux problèmes du chômage, du pouvoir d’achat, des inégalités sociales. Je suis aussi convaincu de la richesse générée par le débat et la diversité des opinions politiques. Le débat favorise la démocratie et enrichit l’action publique. Je l’expérimente au quotidien à L’Eurometropole de Strasbourg.
Pour ce second tour je soutiens fidèlement Philippe Bies qui a fait la preuve de son expérience et de son travail au service de Strasbourg et de nos concitoyens.
Mon soutien va aussi à Eric Elkouby sur la première circonscription. Philippe Bies et Eric Elkouby se sont exprimés pour la réussite de ce quinquennat qui doit être utile à la France et aux Français. C’est une raison supplémentaire pour leur apporter votre soutien. »
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11 juin 2017, 23h19
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11 juin 2017, 23h14
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11 juin 2017, 23h11
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11 juin 2017, 23h08
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11 juin 2017, 23h04
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11 juin 2017, 23h00
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11 juin 2017, 22h51
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11 juin 2017, 22h49
Dans Strasbourg-nord, circonscription 3, le PS est cinquième. Son candidat Serge Oehler (6,40%) est devancé par le FN (8,95%), la France insoumise (11,59%), en plus des deux candidats qualifiés Bruno Studer (LREM) avec 39,5% et Georges Schuler (LR) avec 16,60%.
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11 juin 2017, 22h45
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11 juin 2017, 22h45
Dans Strasbourg 1, le FN est sixième avec 6,34% des voix. La France insoumise est troisième (13,49%) et Elsa Schalck (LR) est quatrième 12,91% et les écologistes cinquième avec 7,15% des voix.
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11 juin 2017, 22h42
Définitif : pour 123 voix, Eric Elkouby (PS) se qualifie au second tour dans la circonscription 1 du Bas-Rhin à Strasbourg. Il a néanmoins un retard considérable sur Thierry Michels (LREM), d’environ 6 000 voix. L’abstention est de 53,75%
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11 juin 2017, 22h42
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11 juin 2017, 22h38
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11 juin 2017, 22h33
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11 juin 2017, 22h28
Sur le plateau de France 3 Alsace, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS), répète qu’il souhaite garder la cohésion de son équipe municipale jusqu’au bout du mandat et que les élus En Marche peuvent rester dans son groupe au conseil municipal.
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11 juin 2017, 22h27
Il reste 11 bureaux de vote à dépouiller dans Strasbourg-centre (circonscription 1), et il y a 4 voix d’écart entre Elsa Schalck (LR) et Eric Elkouby (PS).
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11 juin 2017, 22h19
Philippe Bies (PS), sur France 3 Alsace, depuis son QG de campagne :
« Strasbourg n’a pas été épargné par le tsunami socialiste. Je pense possible d’inverser la tendance. Je sais que la bataille sera difficile. Une assemblée trop unicolore pourrait nuire au débat démocratique. »
Philippe Bies est distancé d’environ 20 points par Sylvain Waserman (Modem).
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11 juin 2017, 22h11
Réaction de Bruno Studer, référent d’En Marche dans le Bas-Rhin et candidat à Strasbourg-nord (circonscription 3) « Le rôle du député cristallise toute la défiance vis-à-vis de la politique. »
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11 juin 2017, 22h09
Selon des résultats encore partiels, voici la liste des duels du second tour en Alsace :
67-1 : Thierry Michels (LREM) face à Eric Elkouby (PS) ou Elsa Schalck (LR)
67-2 : Sylvain Waserman (LREM) face à Philippe Bies (PS)
67-3 : Bruno Studer (LREM) face à Georges Schuler (LR)
67-4 : Martine Wonner (LREM) face à Sophie Rorhfritsh (LR)
67-5 : Antoine Herth (LR) face à Gérard Simler (Unser Land)
67-6 : Laurent Furst (LR) face à Guy Salomon (Modem / LREM)
67-7 : Patrick Hetzel (LR) face à Antoinette De Santis (LREM)
67-8 : Christian Gliech (LREM) face à Frédéric Reiss (LR)
68-1 : Eric Straumann (LR) face à Stéphanie Villemin (LR)
68-2 : Hubert Ott (LREM) face à Jacques Cattin (LR)
68-3 : Jean-Luc Reitzer (LR) face à Patrick Striby (LREM)
68-4 : Aurélie Tacquard (LREM) face à Alain Favaletto (FN) ou Raphaël Schellenberger (LR)
68-5 : Cécile Lehr (LREM) face à Olivier Becht (LR)
68-6 : Bruno Fuchs (LREM) face à Francis Hillmeyer (LR) ou Sylvain Marcelli (FN)
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11 juin 2017, 21h56
Dans la circonscription 1 de Strasbourg : Eric Elkouby (PS) et Elsa Schalck (LR) au coude-à-coude pour la deuxième place, autour de 14%
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11 juin 2017, 21h50
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11 juin 2017, 21h46
À Schiltigheim, Bruno Studer (LREM) l’emporte largement. Derrière, la France insoumise est deuxième avec 14,82%, Les Républicains avec 13,25%, le FN avec 8,93%, EELV avec 8,19% et Andrée Munchenbach, présidente d’Unser Land suit avec 6,19%. Le PS arrive septième (5,40%).
L’abstention est de 58,86%.
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11 juin 2017, 21h46
Dans la 4e circonscription du Haut-Rhin, selon des résultats encore partiels (72% de la saisie), Aurélie Tacquard (LREM) est en ballotage favorable (32,66%) face à Alain Favaletto (FN) avec 17,13%. Le candidat LR, Raphaël Schellenberger n’obtient 16,79% des suffrages et pourrait être éliminé.
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11 juin 2017, 21h41
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11 juin 2017, 21h35
Sur France 3 Alsace, Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, passé du PS à « En Marche » la semaine dernière dit avoir un « pincement au cœur pour les militants », mais que les dirigeants du PS ont trahi ses valeurs ces dernières années.
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11 juin 2017, 21h30
Après 14 bureaux de vote dépouillés sur 65 de la circonscription 1 (Strasbourg-centre et ouest), le député PS sortant « majorité présidentielle » Eric Elkouby est distancé par Thierry Michel, le candidat « En Marche » : 30% contre 14%
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11 juin 2017, 21h25
Dans les trois circonscriptions de Strasbourg, la République en Marche est en tête selon les résultats des premiers bureaux de vote.
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11 juin 2017, 21h20
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11 juin 2017, 21h16
Dans la circonscription 3 Bruno Studer (En Marche) remporte la commune UDI d’Hoenheim (39,85%) devant Georges Schuler (LR) avec 20,56% des voix. Aucun autre candidat dépasse les 10%.
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11 juin 2017, 21h16
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11 juin 2017, 21h11
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11 juin 2017, 21h06
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11 juin 2017, 20h51
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11 juin 2017, 20h51
A Lucelle, au sud du Haut-Rhin (32 inscrits et 34,38% d’abstention), la candidate de l’UPR, Brigitte Richart, remporte 84,21% des suffrages.
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11 juin 2017, 20h44
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11 juin 2017, 20h41
Sur France 3 Alsace, le sénateur André Reichardt (Les Républicains) trouve que le message de son parti a été « complètement inaudible » lors des élections législatives.
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11 juin 2017, 20h39
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11 juin 2017, 20h33
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11 juin 2017, 20h29
Net recul du Front national qui remporte très peu des communes en Alsace. La plupart des résultats des communes ici => http://www.rue89strasbourg.com/legislatives-alsace-t1-121459
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11 juin 2017, 20h24
A Souffelweyersheim, ville UDI de la circonscription 3 du Bas-Rhin (Strasbourg-nord), Bruno Studer (LREM) atteint 44,06% des voix, suivi par Georges Schuler (LR) et 19,9%.
Sur la 9e circonscription du Bas-Rhin, c’est le candidat de LA République En Marche, qui est arrivé en tête, selon des résultats encore partiels portant sur la moitié de la saisie. Vincent Thiebaut obtient 34,87% des suffrages exprimés. Il est suivi par Etienne Wolf (LR) avec 25,76% puis Laurent Gnaedig avec 13,38%.
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11 juin 2017, 20h07
Dans la 4e circonscription du Bas-Rhin, selon des résultats partiels (46% de la saisie), Martine Wonner (LREM) est en tête avec 41,08% des voix. Sophie Rorhfritsch (LR) est deuxième avec 24% des suffrages exprimés.
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11 juin 2017, 20h06
À Illkirch-Graffenstaden, seule ville hors de Strasbourg de la circonscription 2, Sylvain Waserman (Modem) est en tête avec 37,27% suivi par Philippe Bies (PS, député sortant) avec 13,24% des voix.
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11 juin 2017, 20h02
Selon les premières estimations nationales, La République En Marche serait en tête avec 32% des voix. Le parti d’Emmanuel Macron est suivi par Les Républicains, qui obtiendraient 21% et le Front National serait à 14%. Le Parti Socialiste n’obtiendrait que 10% des voix, derrière la France Insoumise entre 11 et 12% des voix.
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11 juin 2017, 19h33
La participation devrait être autour de 50% en France comme en Alsace. Cela rend assez improbable une triangulaire. Il faudrait que le troisième candidat s’approche des 25% des voix.
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11 juin 2017, 18h31
Selon Harris Interactive, la participation finale aux élections législatives en France pourrait atteindre un record d’abstention.
participation aux élections législatives
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11 juin 2017, 17h47
La participation à Strasbourg est plus faible qu’en Alsace, selon des chiffres communiqués par la Ville de Strasbourg, elle s’établit en moyenne à 35,96%
Législatives 2017
12h
17h
1er tour
Circonscription 1
15,20%
34,83%
Circonscription 2
18,40%
35,70%
Circonscription 3
16,36%
37,21%
Circonscription 1 – 2 – 3
16,71%
35,96%
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11 juin 2017, 17h14
Adjoint au maire de Strasbourg, Éric Schultz (ex-EELV) a profité de l’opération « alter-votants » pour permettre à un résident étranger de participer au vote.
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11 juin 2017, 17h08
En fin d’après-midi, le taux de participation dans le Bas-Rhin est de 42,10%, selon une estimation de la préfecture. En 2012, ce même pointage était à 43,89%. Lors de l’élection présidentielle, les Bas-Rhinois avaient été 73,44% à participer à cette heure.
Dans le Haut-Rhin, le taux de participation à 17h est de 39,82%. En 2012, ce même taux était de 47,29%.
Les estimations de participation à la mi-journée pour le premier tour des élections législatives ont été communiquées par les Préfectures du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Elle s’établit à 20,38% dans le Haut-Rhin et 20,89% dans le Bas-Rhin.
À titre de comparaison, elle était de 29,13% dans le Bas-Rhin pour l’élection présidentielle en avril. Au niveau national, les électeurs se sont pour le moment un peu moins mobilisés, puisqu’elle est de 19,24%
À partir de 19h, suivez notre soirée électorale en direct avec les résultats, des cartes et des réactions. En attendant, vous pouvez relire les quatre enjeux de ce premier tour et nos autres articles.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Christel Kohler, Alain Fontanel, Olivier Bitz… Ils sont adjoints au maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, lequel soutient les candidats socialistes. Et pourtant, pour ces élections législatives, ils sont « En marche ». La majorité municipale cache-t-elle d’autres surprises ?
Les électeurs français ont l’occasion de choisir leurs députés pour les 5 ans à venir ce dimanche 11 juin. En Alsace, 15 sièges sont en jeu. Plusieurs enjeux politiques alsaciens peuvent être tranchés dès ce dimanche.
1- L’Alsace va-t-elle rester un bastion de droite ?
L’Alsace a toujours été une région avec beaucoup de députés de droite, même lors des moments de gloire de la gauche. En 2012, trois de ses représentants ont même été élus dès le premier tour, malgré l’élection de François Hollande un mois plus tôt. Ces cinq dernières années, la droite et l’UDI ont cumulé 13 députés sur les 15 possibles. Seules deux circonscriptions strasbourgeoises avaient choisi le candidat du Parti socialiste (PS).
Mais depuis, il y a eu la montée d’autres formations, en particulier le Front national, mais aussi les régionalistes d’Unser Land, des percées inattendues de la France insoumise et de Debout La France au premier tour de l’élection présidentielle et bien sûr « La République en Marche » (LREM), le mouvement du président de la République.
Besoin d’un autre raison pour aller voter ?
Les élections législatives sont le seul scrutin français au suffrage universel direct à déterminer le financement public des partis politiques. Chaque voix au premier tour permet de rapporter environ 1,60 euros par an et par voix pendant 5 ans à une formation, à condition de réunir plus de 1% des voix dans 50 circonscriptions. Ainsi, même si votre candidat préféré a peu de chance d’accéder au second tour, le vote peut être vu comme une manière de donner des moyens financiers à un parti pour qu’il puisse défendre au mieux ses idées pendant cinq ans.
De son côté, la droite a déçu en maintenant un candidat, François Fillon, empêtré dans les affaires, puis les invectives. La plupart des candidats alsaciens l’avaient soutenu jusqu’au bout, mais pas tous. Après la désillusion d’avril, la défaite a été mise sur le passif du candidat et n’a pas généré de remise en question profonde. Contrairement à d’autres formations (Debout La France, l’Union populaire républicaine, La République en Marche, La France insoumise), les candidats se sont bien gardés de poser aux côtés de leur ancien chouchou sur les affiches électorales.
Après un quinquennat dans l’opposition, tout le monde n’a pas envie de réitérer l’expérience à droite. Pour cette raison, les candidats se sont dits prêts à voter des lois lors du quinquennat. Mais comme les députés se disent aussi « loyaux » à leur famille politique, difficile de savoir si à l’Assemblée nationale les stratégies et la discipline de parti ne prendront pas le dessus. Lors des débats sur les lois Macron ou loi El Khomri, « Les Républicains » s’étaient dits prêts à voter ces textes, avant de les critiquer.
La question sera de savoir si les candidats de « La République en Marche » et de son allié le Modem bousculent ceux de la droite, implantés depuis des années. En Alsace, la plupart des « mini Macron » sont peu connus. Ils incarnent le renouvellement souhaité par le mouvement, à l’exception de Sylvain Waserman, élu régional Modem et maire de Quatzenheim, candidat à Strasbourg-sud, et de Christian Gliech, maire de Wissembourg. Le positionnement d’Emmanuel Macron pourrait convaincre une partie de l’électorat centriste, historiquement fort en Alsace.
Les scores du premier tour donneront une indication sur les duels de second tour et si les ballottages sont favorables ou défavorables.
2 – Le Front national aura-t-il toujours autant de voix en Alsace ?
Avec une campagne discrète et des déchirements internes sur la question de l’euro, on en oublierait presque que le Front national était arrivé largement en tête Alsace (25,7% des voix) lors de l’élection présidentielle. Si l’on projette ses résultats aux 15 circonscriptions alsaciennes, il arrivait en tête dans 9 d’entre elles. Est-ce que cela sera de nouveau le cas dimanche ?
En revanche, c’est au second tour que la partie sera plus compliquée pour les candidats frontistes. Le parti de Marine Le Pen pourra plus difficilement compter sur des reports de voix que ses futurs adversaires. Son électorat est réparti de manière assez homogène en Alsace. Reste que le parti a continué de progresser au second tour de la présidentielle et donc peut espérer s’approcher des 50% des voix.
Difficile de faire rentrer toutes les affiches dans une photo (photo Pierre France / Rue89 Strasbourg)
À l’échelle de l’Alsace, notons qu’il sera difficile de comparer le nombre de voix « d’En Marche » au FN et aux autres formations présentes partout. Dans la sixième circonscription du Bas-Rhin (Sélestat), la candidate LREM s’est retirée pour problèmes de santé. Mécaniquement, la formation aura « un trou » dans ses scores.
Dans un registre similaire mais dans de plus petites proportions, il faudra garder un œil sur le score de Debout La France. En avril, Nicolas Dupont-Aignan était arrivée cinquième en Alsace avec 6,77% des voix, devant Benoît Hamon (PS).
Le vote de dimanche fera aussi figure de test, après le soutien du leader du parti souverainiste à Marine Le Pen lors du second tour, qui avait provoqué des démissions dans parmi les cadres de DLF. Les électeurs d’avril vont-ils valider ce choix ?
3 – La gauche va-t-elle se saborder ?
PS, Europe Écologie Les Verts (EELV), Parti communiste, France Insoumise… Il y a souvent quatre candidats à la gauche de « La République En Marche ». Quelle formation arrivera en tête dimanche ?
Les résultats des trois circonscriptions de Strasbourg et des environs seront particulièrement scrutés, car la gauche y est plus implantée. Les deux députés PS sortant à Strasbourg-centre (Éric Elkouby) et Strasbourg-sud (Philippe Bies) se représentent.
Le problème pour ces candidats est qu’en cas de duel face à un candidat en Marche, ce dernier pourrait profiter des reports de voix de la droite. Ainsi, un duel face à un candidat de droite, ou une triangulaire en cas de forte participation, serait peut-être plus favorable. Les résultats auront aussi des répercussions sur la majorité municipale de Strasbourg, notamment à Strasbourg-sud.
La disparition totale de la gauche en Alsace est possible, dès dimanche. Et si les candidats PS ont pour la plupart affiché des proximités avec « En Marche », il faudra aussi regarder quelle formation plus à gauche peut prendre la tête de d’une opposition à gauche au futur gouvernement.
4 – Quelle place pour les régionalistes ?
Le nouveau parti régionaliste Unser Land, à tendance écolo-centriste avait déjà un candidat aux législatives de 2012. Mais il a surtout connu un essor à partir de 2014, avec la contestation de la réforme territoriale et la création du Grand Est. Lors des élections départementales en 2015, il avait réuni entre 10 et 15% des voix dans certains cantons. Un beau score pour une première, mais qui n’a pas permis de se maintenir au second tour.
Quelques mois plus tard, aux élections régionales, Unser Land s’était imposé comme la troisième force politique en Alsace (11,1%), avec des pointes au-delà de 30% dans certaines communes. Mais là encore, il n’avait pu se maintenir car plombé par des scores faibles en Lorraine et Champagne-Ardenne. Les électeurs qui n’ont pas pu exprimer leur rejet du redécoupage des régions en avril pourraient le faire ce dimanche 11 juin.
Les scores de dimanche permettront de voir si le parti rouge et blanc a surfé un temps sur un sujet spécifique ou s’il s’ancre vraiment dans le paysage politique alsacien, au point de bouleverser certains équilibres, notamment en zone rurale. Lors des précédentes élections, il a toujours appelé à voter blanc au second tour. Son prochain rendez-vous devrait être les municipales en 2020, les européennes de 2019 étant peu propices. Le score par commune méritera une attention particulière.
Les résultats sur Rue89 Strasbourg à partir de 20h
Comme pour chaque élection, la rédaction de Rue89 Strasbourg se mobilise. À 12h et 17h, des estimations de la participation seront données. À partir de 19h, retrouvez notre direct avec nos cartes, les estimations, les graphiques et les réactions tout au long de la soirée.
Strasbourg, auto-qualifiée pour l’occasion de « capitale de la mobilité innovante », accueillera du 19 au 22 juin le 12ème congrès européen des Systèmes de Transports Intelligents. L’ambition ? Faire se rencontrer les nouveaux acteurs du marché mais aussi ouvrir ces questionnements autour de la mobilité au grand public.
Après Lyon et Bordeaux, Strasbourg est la troisième ville française à accueillir le congrès européen des Systèmes de transport intelligents (ITS, en anglais) au Wacken du 19 au 22 juin. ERTICO-ITS Europe, le consortium européen des acteurs des nouveaux mode de transport, a décidé de placer son édition 2017 sous le thème « les ITS au-delà des frontières ». Jean-Baptiste Gernet (PS), adjoint au maire en charge des mobilités alternatives, précise que ce congrès ne sera pas qu’un rendez-vous entre professionnels mais que des temps seront aussi ouverts au grand public.
Au programme
Pour cette douzième édition, ERTICO-ITS Europe, en partenariat avec l’Eurométropole, a vu les choses en grand. Au Palais de la musique et des congrès de Strasbourg, 2 000 visiteurs et 1 500 congressistes de 50 pays sont attendus dans un espace qui accueillera 112 exposants, une centaine de tables rondes, de démonstrations et de visites techniques. Les thèmes du congrès, définis par le Comité du Programme Européen, sont les suivants :
Les services de Mobilité : Du transport à la mobilité
Nouvelle génération de mode de livraison de marchandises
Evolution des infrastructures de transport
Transports connectés et automatisés
technologies et services satellitaires appliqués aux ITS
ITS et Environnement
Une place d’importance sera faite aux Start-Up strasbourgeoises réunies dans le Boulevard des Start-Up (doc remis, 2014)
Un congrès pro ouvert aux citoyens
Cependant, Jean Baptiste Gernet espère que les Strasbourgeois vont en profiter pour se familiariser avec ces nouveaux modes de transport :
« Pour qu’un projet fonctionne il faut qu’il y ait une réelle démarche publique derrière, créer l’outil ne suffit pas, il faut aussi impliquer les gens. La richesse de ce congrès c’est que ce n’est pas qu’un congrès technique mais c’est aussi un moment d’échange ouvert avec une réelle implication locale et citoyenne. »
Pour le grand public l’accueil sera néanmoins limité à des plages horaires au milieu de la journée et de la semaine : le mercredi 21 de 14h à 18h et le jeudi 22 de 9h à 12h30. L’accès est gratuit mais il faut s’inscrire. Cet accès ne vaut que pour les expositions et les démonstrations et ne permet pas d’assister aux conférences (toutes en anglais), réservées aux professionnels.
Quelles répercussions sur la mobilité strasbourgeoise ?
Pour Benoit Augarde, directeur exposition et sponsoring de ERTICO, le choix de Strasbourg, fait il y a trois ans, reflète « le dynamisme de la ville » en ce qui concerne les nouveaux modes de transports. ERTICO-ITS Europe a notamment choisi la capitale du Grand Est parce qu’au delà de « sa permanence dans la volonté d’innover », elle permet d’imaginer comment les transports de demain pourront relier plusieurs pays. Un service transfontalier de voitures autonomes est déjà dans tous les esprits.
L’A35, le GCO, l’avenir de la CTS, les questionnements autour des nouveaux carburants, la mobilité transfrontalière ou la création de nouvelles voiries sont tout autant d’enjeux locaux qui, selon Robert Hermann, président de l’Eurométropole (PS), pourront être discutés lors de ce congrès :
« On profitera aussi du fait d’avoir tous ces acteurs des mobilités de demain pour faire un stop image sur tous les débats qui traversent l’Eurométropole et pouvoir tout mettre à plat en ce qui concerne les transports. Ce congrès n’est pas un one shot et il y aura un suivi sur tous ces dossiers selon les idées qui émergeront pendant ce temps de débat avec des professionnels du milieu. »
Le Syndicat Potentiel, galerie d’art strasbourgeoise, accueille Ross Heselton pour un concert dans le cadre de l’exposition « Rendre l’oreille ». Samedi 17 juin, viens écouter les chansons folk et habitées de ce jeune troubadour.
Ross Heselton fait partie de ces artistes qui jamais ne laissent indifférent. Armé de sa guitare et de sa voix, il enchante, passionne, étonne, détonne dans une époque qui perd trop souvent le sens de la musique. Tout en délicatesse, avec la grâce des meilleurs conteurs, et avec le sens du silence des poètes, il transforme chacun de ses concerts en évènement unique. Impossible de savoir à quoi s’attendre : des chansons, des lectures de poèmes, des purs moments de créations, des reprises de textes de ses grandes influences…
Un Orphée des temps modernes
La voix parfois d’outre-tombe de Ross Heselton secoue au plus profond. Tel Orphée descendu aux Enfers, le poète et musicien nous envoûte par son jeu hypnotique. Il invoque et ramène à la surface son père spirituel, Leonard Cohen, et tous les grands esprits de la musique dans son sillage, de Sam Cooke à Son House en passant par Leadbelly… Qu’on le veuille ou non, on est capté. On écoute. On rend les armes et on tend l’oreille.
Reprise de Bird On A Wire, de Leonard Cohen
Et c’est bien cela qu’il s’agira de faire ce samedi. Car le concert est inscrit dans le contexte de l’exposition collective « Rendre l’oreille ». Celle-ci, organisée au Syndicat Potentiel, est destinée à nous pousser à faire attention, à prêter l’oreille à ceux à qui l’on doit rendre la parole. Savons-nous écouter ? Sommes-nous prêts à porter l’attention nécessaire à comprendre ? C’est là le terreau de réflexion d’une exposition qui allie lectures, rencontres, conférences, et donc concerts. Celui de Ross Heselton clôturera l’exposition de la plus jolie des manières. Sois prêt à écouter.
Y aller
Concert de Ross Heselton pour l’exposition « Rendre l’oreille », samedi 17 juin à partir de 20h, Syndicat Potentiel, rue des Couples à Strasbourg.
Un an après avoir rejoint l’Assemblée nationale après une élection partielle, Éric Elkouby (PS) remet son mandat en jeu. Il doit cette fois-ci faire face à la nouveauté « En Marche », une droite unie et « la gauche de la gauche » qui se sent pousser des ambitions, bien qu’en ordre dispersé.
En mai 2016 se tenait dans la première circonscription du Bas-Rhin, Strasbourg-centre, la dernière élection législative partielle du quinquennat, suite à la démission d’Armand Jung (PS). Le gouvernement sortait de la crise de la déchéance de nationalité et se retrouvait contesté sur la « loi travail. »
L’élection partielle de 2016 explique 2017
Malgré ce contexte et une très forte abstention (77,2% au premier tour, encore plus au second), Éric Elkouby, ancien suppléant d’Armand Jung, dépassait les 30% au premier tour et s’imposait nettement au second (53,77%).
Il faut dire qu’en face, les 13 autres candidats n’avaient pas tout fait pour conquérir cette circonscription PS depuis 1997. La droite et l’UDI étaient séparés, la gauche aussi, tandis que des candidatures indépendantes (Guillaume d’Andlau, Pacha Mobasher) ou atypiques (Ma Voix) avaient essaimé, en plus de nouvelles formations (Unser Land, Parti Égalité et Justice).
Éric Elkouby avait joué carte de l’élu de proximité qui a arpenté la circonscription. Elle s’étend des quartiers cossus des Contades et de l’Orangerie, jusqu’aux quartiers populaires et peuplés de l’ouest, en passant par la gare et la grande-île.
Carte : Raphaël Da Silva
Éric Elkouby a notamment pu s’appuyer sur bons réseaux tissés depuis 1997 avec Armand Jung, dont il a été suppléant et attaché parlementaire. Il a aussi été élu au conseil départemental et adjoint de quartiers concernés. Il a depuis quitté la municipalité strasbourgeoise, car il ne pouvait garder trois mandats.
Un an plus tard, la partie s’annonce plus difficile. Il y a certes encore plus de candidats (18), mais la « gauche de la gauche » a réalisé de bons scores à la présidentielle, la droite et le centre sont unis autour d’une nouvelle candidate, et surtout au centre, le mouvement « En Marche » a fait une irruption fracassante (en tête avec 28,64% au premier tour sur ce secteur).
Éric Elkouby, PS mais aussi « majorité présidentielle »
La nouvelle donne n’a pas échappé à Éric Elkouby, proche de la droite du parti et qui n’a pas fait campagne pour Benoît Hamon. Ses tracts sont devenus violets et surtout affublés de la mention « Majorité présidentielle », même s’il reste une place pour le logo du PS. S’il est réélu, il se présente comme un député « ni godillot, ni frondeur » :
« Je suis prêt à discuter dans le cadre de mes valeurs de gauche de tous les projets de lois pour les améliorer. Je ne suis par exemple pas convaincu que la hausse de la CSG soit une manière d’augmenter le pouvoir d’achat des retraités. »
« En Marche » s’est de son côté fendu d’un communiqué pour rappeler que seuls les vrais candidats « En Marche » peuvent se prévaloir du soutien du nouveau président de la République.
De manière générale bienveillant avec le projet du président, Éric Elkouby doit aussi se démarquer du candidat investi par « La République en Marche » (LREM). La formation a choisi un militant des débuts, Thierry Michels, qui n’a jamais adhéré à un parti par le passé.
Une situation qui fait dire à Éric Elkouby que « député, ça ne s’improvise pas » :
« Je dis aux Strasbourgeois que vous avez le choix entre quelqu’un que vous connaissez ou un illustre inconnu qui découvre certains endroits de la circonscription et n’a pas d’antériorité. Je suis le seul qui a donné des priorités concrètes à savoir le rayonnement de l’Université, le développement de l’économie locale. »
Un militant jamais engagé pour En Marche
L’implantation résistera-t-elle à l’attrait de la nouveauté ? Chef de projet au groupe pharmaceutique Lilly, Thierry Michels avait animé un « comité local » de « En Marche », celui de la Cathédrale où il habite. Thierry Michels veut incarner le renouvellement visé par le nouveau locataire de l’Élysée :
« On peut se réjouir que d’autres candidats trouvent le projet attrayant, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui ont porté le projet d’Emmanuel Macron depuis le début. Éric Elkouby et Elsa Schalck, malgré son jeune âge, incarnent des anciennes manières de faire de la politique : s’engager jeune, militer et se voir donner des investitures en récompense. Moi si je ne suis pas élu, ma vie continue. Je n’ai rien à gagner mais à apporter. Je ne suis pas là pour préserver un statut mais porter un projet. »
Au-delà des éléments classiques sur « la majorité claire au président » et l’importance pour Strasbourg d’avoir « des députés de la majorité, qui ont l’oreille du président, » Thierry Michels met en avant son intérêt pour la question la formation professionnelle :
« Le projet présidentiel prévoit 15 milliards d’euros sur le quinquennat pour aider un million de jeunes à obtenir une qualification adéquate et sortir du chômage. Je veillerai à son application à Strasbourg, à d’éventuelles améliorations et à du lien franco-allemand. Je m’engagerai aussi pour ce que j’appelle l’écologie concrète, à savoir l’isolation des bâtiments. La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas et les travaux font vivre l’emploi local et des artisans. »
Une seule candidate pour la droite et l’UDI
À droite, contrairement à 2016, on part en rangs unis, UDI et Les Républicains. La page Jean-Emmanuel Robert, délégué de circonscription qui avait participé à de nombreuses campagnes depuis 15 ans, est tournée. Déjà titulaire de deux mandats, vice-présidente à la Région Grand Est et conseillère municipale d’opposition à Strasbourg, Elsa Schalck, 29 ans, prend la relève. Elle s’est notamment entourée de jeunes militants du parti, qu’elle a côtoyé aux « jeunes pop » qu’elle a dirigé (lire notre article de l’édition abonnés).
Dans sa campagne, elle a mis en avant qu’elle s’appuierait sur un « conseil de circonscription » assez formel pour prendre ses décisions. Elle pourra compter sur les quartiers à l’est, qui n’ont pas délaissé François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle malgré ses affaires (jusqu’à 55% des voix). L’enjeu sera de convaincre dans les quartiers du centre-ville, de la gare et à l’ouest de Strasbourg où la droite avait plafonnée il y a un an.
Comme elle l’expliquait dans nos colonnes, elle se dit prête à voter certaines lois du gouvernement Macron-Philippe, notamment les réformes économiques. Bref avec divers nuances, la circonscription ne manquera pas de candidat « macron-compatible » selon la nouvelle formule consacrée.
La gauche divisée mais avec des figures connues
À gauche, l’équation est plus compliquée malgré un fort potentiel. Comme dans les autres circonscriptions strasbourgeoises, Jean-Luc Mélenchon était arrivé deuxième au premier tour en avril (24,82%). Contrairement à Strasbourg nord et sud, ce n’est pas une nouvelle figure locale qu’a choisi le mouvement de la France insoumise. Jean-Marie Brom a déjà été élu dans l’opposition au conseil municipal de Strasbourg avec Europe Écologie les Verts entre 2001 et 2008 et candidat à la mairie dès 1977.
Physicien au CNRS, il avait quitté le parti en 2013 suite à des désaccords, notamment le non-respect de l’accord avec le PS. Pour autant il ne veut pas être réduit aux enjeux :
« Nous avons surtout fait campagne sur le fait de ne pas donner tous les pouvoirs à Emmanuel Macron. L’élection est nationale et nous représentons une opposition, réelle mais constructive. C’est important pour la démocratie. Bien sûr, j’ai été interpellé sur l’écologie de par mes engagements passés, mais il y a aussi la Culture, l’Énergie ou la Santé qui ressortent. Nous portons aussi un engagement éthique, sans passer par une loi, d’avoir un mandat par personne, ce qui n’est pas le cas d’autres candidats de la circonscription qui prévoient de quitter des mandats avant d’aller au bout. Si nous sommes élus avec ma suppléante, nous ne serons pas candidats à la mairie en 2020. »
Pour la fin de campagne, le mouvement à Strasbourg s’est fait remarquer avec un phi (la lettre grecque, qui fait écho aux initiales de la France insoumise) géant, place de la Cathédrale.
La France Insoumise pas assez visible à Strasbourg (photo la France insoumise)
Mais voilà comme ailleurs dans le Bas-Rhin, la France insoumise n’est pas seule à gauche. Si Jean-Marie Brom « regrette » qu’il n’y ait pas d’accord avec Europe Écologie les Verts (EELV) en raison des proximités, il y voit aussi une certaine cohérence des deux côtés :
« Se mettre ensemble il y a un an ça avait du sens, mais à la dernière minute, ça aurait fait petite une combine. Jean-Luc Mélenchon est une référence, le mieux est de ne pas disperser les voix et soutenir les candidats qu’il soutient. Mais nos électeurs d’avril ne nous appartiennent pas. »
Europe Écologie Les Verts présente un candidat avec un ancrage local. Abdelkarim Ramdane est élu au conseil municipal de Strasbourg et issu des quartiers ouest. Le candidat EELV espère que les débats autour du retrait américain de l’accord sur le climat, les nouvelles promesses françaises et la nomination de Nicolas Hulot au ministère de la transition énergétique mobiliseront l’électorat. Le raisonnement est que l’écologie n’a jamais été l’axe prioritaire d’Emmanuel Macron et que des députés écologistes puissent apporter de nouvelles idées au projet présidentiel, toujours annoncé comme évolutif.
Au-delà des questions environnementales, Abdelkarim Ramdane se place à gauche du parti, hostile à des privatisations du service public ou à la plupart des propositions de réforme du code du travail qui fragiliseraient les salariés. Il a toujours indiqué que la transition écologique doit s’accompagner de « justice sociale » et parle plus de lutte contre l’évasion fiscale que d’autres candidats plus au centre.
Au Parti communiste, c’est la première secrétaire Hülliya Turan, qui a déjà conduit plusieurs campagnes locales qui se présente. Elle aussi espère capitaliser sur le score de Jean-Luc Mélenchon puisque ses tracts, parfois verdis, arborent la mention « j’ai voté Jean-Luc Mélenchon, je vote Hülliya Turan. », ce qui n’est guère du goût des Insoumis.
Le Parti communiste fait valoir qu’après avoir soutenu Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle, son mouvement ne proposait qu’un ralliement sec, sur les idées et financièrement, et non un accord. Un alignement aurait fait disparaître le parti historique.
Le FN ne change pas de candidat
Côté FN, on ne change pas puisqu’Andrea Didelot, jeune conseiller régional et déjà candidat il y a un an est de nouveau en lice. Troisième, il avait réalisé 10,44% des voix. Le parti fait campagne autour du thème de « la France des oubliés ». À Strasbourg, cela cible en particulier les quartiers populaires à l’ouest.
Les attentes ne sont pas très élevées, il s’agit d’une des circonscriptions les plus difficiles du Grand Est pour le FN. Marine Le Pen était arrivée cinquième avec 9,74% des voix en avril.
PEJ, Ma Voix, des intrigues propres à la circonscription
D’autres candidats se présentent en mettant en avant des enjeux très précis comme les antispécistes, les animalistes, la démocratie participative (Pacha Mobasher) faire place aux jeunes en politique (Allons enfants), sans oublier les régionalistes (Unser Land) ou écologistes ni de droite ni de gauche (mouvement écologiste indépendant).
Cette circonscription sera la seule alsacienne où il sera possible de voter pour le collectif « Ma Voix », avec ses affiches miroir et ses candidats tirés au sort qui appliqueront ce que les citoyens voteront sur un site participatif. Le mouvement avait fait 4,25% en 2016 et cette élection sera l’occasion de voir s’il est en mesure d’augmenter son score par rapport à son ballon d’essai. La candidate s’appelle Agnès Lopez.
Ce scrutin permettra de mieux savoir s’il avait profité de l’abstention massive, en particulier à l’ouest, ou s’il s’agit d’une vraie percée. Avec 52 candidats en France, son objectif est de dépasser les 1% dans 50 circonscriptions et accéder aux financements publics.
Les 18 candidats
Parti socialiste : Éric Elkouby Les Républicains : Elsa SchalckLa République en Marche : Thierry Michels Front national : Andrea Didelot France insoumise : Jean-Marie Brom Europe Ecologie Les Verts : Abdelkarim Ramdane Parti communiste : Hülliya Turan Lutte ouvrière : Salah Keltoumi Ma Voix : Agnès Lopez Union populaire républicaine : Pascale Hirn Unser Land : Sabine Hervault Parti égalité et justice : Saber Hajem PACTE : Christophe Lepretre Sans étiquette : Pacha MobasherSans étiquette : Salah Koussa Parti animaliste : Marie-France Hamard Allons enfants : Nina Hutt Mouvement écologiste indépendant : Salomé François-Wilser
Place Kléber à Strasbourg, la Maison Rouge détonne au milieu des bâtiments anciens par la vétusté de sa façade directement issue des années 70. Mais le propriétaire a enfin choisi de rénover ce bâtiment au cœur du centre-ville, les travaux débuteront dès l’obtention du permis de construire prévu pour mai 2018.
Au centre de l’hyper-centre de Strasbourg, la Maison Rouge trône place Kléber. Mais malgré de nombreuses restructurations, la façade du bâtiment n’avait guère évolué depuis 1978, date de sa construction. Cette fois, le propriétaire de la Maison Rouge, la société immobilière Jean-Louis Loeb-Picard, a fait appel à l’agence d’architectes DRLW pour repenser le bâtiment et moderniser sa façade.
« Plus séduisante »
Selon l’architecte responsable du projet, la Maison Rouge se rénove surtout pour devenir plus « séduisante » :
« D’abord, le bâtiment est vétuste et abîmé, le propriétaire l’a constaté et a souhaité le rénover. Deuxièmement, cette modernisation permettra de redonner une image attractive à la Maison Rouge dont le parvis était devenu triste et mal fréquenté. En fait, dans le nouveau projet le parvis est supprimé, tous les commerces auront une surface d’appel au rez-de-chaussée c’est à dire que le hall commun n’existera plus et que l’on rentrera directement dans chaque commerce, il faudra ensuite monter pour aller à la FNAC, rester au rez-de-chaussée pour Orange et descendre au sous-sol pour l’enseigne qui viendra remplacer Habitat. »
La demande de permis de construire sera déposée à l’automne et, si aucun refus ou recours ne lui est opposé, les travaux devraient débuter en mai 2018. Cette rénovation, qui augmentera les surfaces et les vitrines, devrait coûter entre 1 et 2 millions d’euros.
Actuellement la Maison Rouge organise une exposition au rez-de-chaussé sur l’histoire du lieu avant le début de la rénovation (doc remis / DRLW Architectes)
La FNAC et Orange restent, une nouvelle enseigne prend la place d’Habitat
Pour accroître la visibilité de ses locataires, la Maison Rouge opérera donc un ravalement de façade complet mais compte aussi accompagner cette rénovation d’une « réorganisation des enseignes. » Selon Sophie Hoerth, en charge du projet à l’agence DRLW, la Maison Rouge devrait accueillir un nouveau locataire après la rénovation :
« Cette rénovation permettra à Orange d’augmenter ses surfaces et d’améliorer sa visibilité étant donné qu’il y aura plus de vitrines qu’auparavant. La FNAC profitera aussi d’un agrandissement de ses surfaces et il y a pour l’instant des négociations pour savoir si l’enseigne souhaite ou non s’étendre au rez de chaussée. Enfin, il y aura un espace vacant laissé par Habitat au rez de chaussée et au sous-sol qui devrait accueillir un nouveau locataire après les travaux. »
Pas de restructuration profonde du bâtiment mais un agrandissement de ses surfaces et une modernisation de sa façade (doc remis)
Fin de l’espace publicitaire ?
Selon l’agence d’architectes, le projet aurait été présenté lors de deux réunions avec le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), en mars et aurait reçu son aval. Il reste à débattre de l’avenir de l’espace publicitaire présent sur la façade de la Maison Rouge. Pour l’instant rien n’a encore été décidé, il semblerait que la décision viendra de la FNAC qui occupe principalement cet espace.
Jeudi 8 juin, une vingtaine de salariés des services administratifs (comptabilité, finance et marketing) de Auchan et Simply Market ont manifesté devant l’entrepôt du magasin au Marché Gare à Strasbourg. En cause, la relocalisation des services à Villeneuve d’Ascq, 76 postes seront déplacés.
En janvier 2017, la direction d’Auchan et de Simply Market a annoncé la relocalisation des services d’appui, c’est à dire la comptabilité, les ressources humaines et le marketing des magasins en régions, à Villeneuve d’Ascq dans le Nord. À Strasbourg, cette concentration concerne 76 postes selon les syndicats, 45 selon la direction. Sur l’ensemble de la France, plus de 900 salariés sont concernés, mais seulement 475 postes seront créés à Villeneuve d’Ascq.
À Strasbourg, si du côté des employés d’Auchan, la mobilisation est peu importante, les employés concernés de Simply Market étaient en grève et manifestaient devant leur entrepôt à Marché Gare jeudi matin, à l’appel de l’intersyndicale formée par la CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC.
De comptable à vendeur en magasin, une proposition qui ne passe pas
Selon ces syndicats, la direction propose aux personnes dont les postes sont relocalisés plusieurs alternatives : le licenciement, deux ans de formation de remise à niveau et 65% du salaire, ou un replacement en magasin. François Cathalifaud, chargé de la communication chez Auchan, précise :
« Les conditions du plan de sauvegarde de l’emploi sont encore en cours de négociation, mais nous comptons proposer aux salariés un accompagnement personnalisé, et au moins une offre d’emploi. Nous privilégierons les offres internes, qui sont en effet dans le secteur commercial. Cette relocalisation est une partie d’une restructuration complète de l’entreprise, qui devrait créer 780 emplois en France au final, dont plusieurs dizaines à Strasbourg. »
Fatiha Chakik, déléguée syndicale FO, trouve honteuses les propositions de reclassements internes :
« Beaucoup d’employés de ce service ont commencé au magasin. Y retourner, ce serait faire marche arrière dans leur carrière. »
Francis Kuhn, représentant CFDT confirme :
« Ils ont fait des études et des formations pour devenir comptables. C’est leur métier. Ça n’a aucun sens d’avoir fait tout ça si c’est pour aller vendre du poisson en magasin. »
Jeudi matin, une vingtaine de salariés de Simply manifestaient devant leur entrepôt, au Marché Gare (doc remis / Photo Fatiha Chakik)
Des négociations toujours en cours
La proposition de la direction quant à l’accompagnement des salariés est toujours en discussion avec les syndicats. Fatiha Chakik se dit dégoûtée par le choix proposé pour le moment aux salariés :
« Seulement 65% du salaire brut pendant deux ans avec la formation, et dans le cas d’un licenciement, ce ne sera que les indemnités légales. Pour des gens qui ont travaillé dans cette entreprise pendant 30 ans, c’est une honte. »
Francis Kuhn est du même avis et « demande 100% du salaire. » Sur les 47 salariés du service comptabilité de Simply Market à Strasbourg, seulement une personne a postulé pour travailler à Villeneuve d’Ascq. Francis Kuhn reste sceptique sur son embauche :
« On va voir ce que ça va donner, si la personne est vraiment réintégrée aux services… Beaucoup ne veulent pas déménager, ils ont 30 ou 40 ans d’ancienneté… Certains cherchent un autre poste mais pour le moment, personne n’a trouvé encore. C’est pour ça qu’on doute de l’efficacité de la proposition de formation. »
Le service comptable est le premier concerné par la relocalisation (doc remis / Photo Fatiha Chakik)
Un déménagement perçu comme injustifié
Les syndicats regrettent que la direction n’ait pas détaillé les raisons qui ont conduit à cette relocalisation. Francis Kuhn explique :
« La direction nous a simplement prévenu en janvier qu’il y aurait une relocalisation et que c’était la seule solution, que les comptables allaient dorénavant travailler sur un logiciel commun, qu’ils allaient former tout le monde à Villeneuve d’Ascq. Leur réponse ne nous convainc pas. Beaucoup de grosses entreprises ont des services décentralisés sans que cela ne pose de problème. »
François Cathalifaud contextualise cette décision :
« L’entreprise Auchan propose plusieurs services : hypermarchés, supermarchés et magasins de proximité. Le groupe devait rassembler ces différentes activités. C’est ce qu’il fait et cela entraîne la restructuration des services d’appuis et leur centralisation. Les services seront aussi renommés, pour plus d’unité. »
Le bâtiment qui doit recevoir le nouveau service comptabilité à Villeneuve d’Ascq est en construction. Le déménagement devrait s’échelonner sur deux ans.
Élu député pour la première fois en 2012 et au conseil municipal de Strasbourg, Philippe Bies (PS) remet son mandat en jeu. L’élection a pris une tournure locale particulière puisque le candidat « Modem/La République en Marche », Sylvain Waserman, est soutenu par plusieurs membres de l’équipe municipale. Deux candidats de la droite et du centre, le FN et à gauche la France Insoumise peuvent aussi espérer un second tour.
La 2e circonscription du Bas-Rhin est la plus explosive à Strasbourg. Et ce n’est pas seulement parce que le candidat Modem, soutenu par En Marche, est directeur de Réseau GDS, émanation de Gaz de Strasbourg. Cette société étant détenue en majorité par la Ville de Strasbourg, présidée par l’adjoint nouvellement « En Marche » Olivier Bitz, il y avait dès l’origine de l’eau dans le gaz dans cette élection, où l’on retrouve le plus grand nombre de figures de la politique strasbourgeoise.
Sylvain Wasermann n’est pas nouveau en politique. Conseiller de la Région Grand Est, il est aussi maire de Quatzenheim depuis 2008, dans le Kochersberg. Il ne s’est pourtant pas présenté dans la 4e circonscription. Un « parachutage » a attaqué le PS sur sa gauche. L’intéressé répond qu’il travaille dans la circonscription, habite à 12 kilomètres et pensait être plus utile sur ce terrain, où il met en avant une expérience de 7 ans dans les quartiers difficiles avec Unis-Cité, une association qui promeut les services civiques pour retrouver l’emploi. « Je ne vais pas passer mon temps à m’excuser », conclut-il en rappelant qu’il n’est pas le seul candidat à ne pas habiter sa circonscription d’élection.
Montée en température
La circonscription 2 du Bas-Rhin, en rose, inclut le sud de Strasbourg (à partir de la Krutenau-Esplanade) et Illkirch-Graffenstaden.
La tension est montée d’un cran lorsque la présence de Christel Kohler comme suppléante de Sylvain Waserman a été confirmée. Adjointe au maire de Strasbourg, elle a été élue en 2014 sans étiquette sur la liste municipale PS et elle a rejoint « En Marche » en novembre 2016.
Elle se retrouve donc face à un de ses collègues de la municipalité, Philippe Bies, député depuis 2012, qui se représente. Le maire Roland Ries (PS) a dû expliquer et écrire très formellement qu’il soutient bel et bien le député sortant, ancien adjoint de quartier du Neudorf (2008 à 2014) et non sa nouvelle adjointe, arrivée en 2014. Comme s’il subsistait un doute…
À une semaine du vote, son premier adjoint, Alain Fontanel, guère proche de Philippe Bies, a lui aussi rejoint « En Marche » et quitté le PS. Là encore, nouvelle levée de boucliers de 24 élus socialistes de Strasbourg et le maire a dû encore intervenir et indiquer que chacun soutient qui il veut, mais que « l’équipe municipale doit aller au terme du projet pour laquelle elle a été élue en 2014. »
Pour autant, il n’est pas allé jusqu’au retrait des délégations de son adjointe, si vraiment il avait voulu sanctionner Christel Kohler pour s’être présentée contre Philippe Bies. Mais selon certains participants, les réunions d’adjoints en mai ont pris des tournures épiques.
Sylvain Waserman et sa colistière voulaient faire campagne sur des thèmes nationaux et le programme du président de la République. Mais ils doivent déminer une partie des attaques :
« Si je suis élu, je quitterai de toutes façons mes autres mandats et mes fonctions de directeur. Si ce n’est pas le cas, le maire m’a assuré qu’il ne fera pas de mélange des genres. Je ne vais pas couper le gaz à ceux qui ne votent pas pour moi. En face de moi, le candidat PS préside de son côté de grands bailleurs sociaux de la circonscription et je ne l’accuse pas d’utiliser ce levier. »
Campagne en binôme, et après ?
Plus que les candidats « en Marche », Sylvain Waserman fait clairement campagne sur le duo, « Waserman-Kohler », à l’instar du nom de leur page Facebook ou de leurs documents de campagne (d’où la mention Modem a disparu). Ils sont ensemble à tous leurs déplacements et événements. Le centre-droit pour lui, le centre-gauche pour elle. Les questions de développement économique, son domaine d’intervention à la Région Grand Est, ceux d’Environnement pour elle (sa délégation à Strasbourg).
Au-delà de la campagne, le duo promet d’agir en binôme par la suite. « Emmanuel Macron prévoit un vrai rôle pour le suppléant. Le député prend des décisions sur des lois nationales et le suppléant étant plus un relais sur le terrain local. », explique Christel Kohler. Tous deux, ils organiseraient des « Assises de la circonscription », une instance où il ne sera pas question de contester les projets du président, mais « d’y amener des idées, les porter et les faire adopter par tous », prévient Sylvain Waserman.
En campagne, Sylvain Waserman et Christel Kohler ne sont jamais bien loin. Ils assurent que cela va durer 5 ans. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
À l’Assemblée, le tandem veut promouvoir, « le modèle strasbourgeois de l’énergie » (à l’aide d’entreprise semi-publiques comme Réseau GDS), « du dialogue inter-religieux », la protection d’espaces verts et « l’accélération de la décision politique », thème développée dans le livre de Sylvain Waserman « Et si on uberisait la politique ? », paru fin 2016.
Le candidat insiste aussi sur le renouvellement :
« Regardez les candidats de 2007, Philippe Bies, Pascale Jurdant-Pfeiffer et Philippe Maurer étaient déjà là… Vu les intérêts à Strasbourg, comme celui du statut européen, la ville a besoin d’un député de la majorité présidentielle, comme Jean-Philippe Maurer l’a été en 2007 et Philippe Bies en 2012. Pas d’un député d’opposition. »
Au PS, un positionnement délicat
Fidèle hollandais, qui a tout voté, Philippe Bies adopte un positionnement subtil. Lui qui s’est beaucoup engagé sur les questions de logement, il fait campagne sur son bilan, des engagements, plus ou moins « Macron-compatibles », mais il entend aussi se démarquer face à « trois candidats de droite » et se voit davantage libre qu’un député de la majorité présidentielle :
« Qu’une majorité n’ait pas de contrepoids me semble risqué, y compris pour l’efficacité des politiques. Emmanuel Macron souhaite d’ailleurs une Assemblée variée puisqu’il est pour la proportionnelle. Je serai un député constructif mais exigeant. Je suis en phase avec les questions de moralisation de la vie politique, que je voterai pour poursuivre le travail du quinquennat et les questions sociétales. Sur les questions économiques et sociales, je n’ai pas d’opposition de principe, mais je serai plus exigeant. Les orientations du gouvernement sont plutôt à droite, à l’image du Premier ministre et de celui de l’Économie et je ne m’y retrouve pas complètement. »
Martine Castellon et Philippe Bies, député (PS) sortant et candidat à sa réélection (doc remis)
Il se dit par exemple contre la généralisation du référendum en entreprise, mais plutôt favorable à l’assurance chômage universelle. Alors que son opposant a fait campagne sur les enjeux économiques de la circonscription de la plaine des Bouchers et du port de Strasbourg, Philippe Bies a répliqué sur ce terrain :
« Je n’ai pas attendu le directeur de Gaz de Strasbourg. J’ai suivi des dossiers pour le maintien de Stracel devenu Blue Paper, General Motors devenu Punch où 1 000 emplois étaient en jeu, ou encore d’autres dossiers moins médiatiques tels que Clestra. Le rôle du député n’est pas de sauver ces entreprises mais de faire un travail de suivi et de coordination. J’ai aussi fait adopter deux amendements de la loi Macron pour autoriser le Port autonome à créer des filiales comme Batorama, qui se porte bien. Je n’ai rien changé à ma manière de faire campagne malgré les circonstances difficiles. »
Pourtant assez proche d’Emmanuel Macron, son équipe de campagne n’a pas économisé ses coups en direction du candidat qui s’en revendique. La saisine du déontologue (voir encadré) a en quelque sorte ouvert la campagne.
Le détontologue utilisé dans la campagne
Mathieu Cahn, directeur de campagne de Philippe Bies avait tiré le premier en saisissant le déontologue sur la candidature de Sylvain Waserman. Il a demandé si un directeur d’une société d’économie mixte, pouvait légalement et déontologiquement se présenter à une élection, s’appuyant sur le code électoral qui interdit aux chefs d’établissement publics (mais à pas à capitaux mixtes comme Réseau GDS) de concourir au suffrage universel. Christel Kohler a saisi dans la foulée le déontologue à son tour pour savoir si une telle démarche de Mathieu Cahn était déontologique…
Le déontologue a joué le jeu et répondu promptement. Dans sa double réponse, chaque camp peut y voir un satisfecit. Si le professeur de droit public Patrick Wachsman voit une interrogation « fondée » côté PS mais non-recevable, il n’a pour autant pas relevé de manquement déontologique, car une non-participation reviendrait à se priver « d’une liberté fondamentale », celle de participer à une élection. « On avait vérifié avant », fait savoir Sylvain Waserman.
Plus qu’ailleurs, les deux camps ont affiché leurs soutiens locaux. Côté Philippe Bies, on peut noter que certains élus qui ont critiqué ses votes lors du quinquennat (Syamak Agha Babaei ou Paul Meyer), ou soutenu Emmanuel Macron à la présidentielle (Patrick Roger, Michaël Schmidt) ont tout de même renouvelé leur confiance au seul candidat PS strasbourgeois qui a gardé la couleur rose sur ses tracts et ses affiches.
Côté Sylvain Waserman, certaines des élues telles Catherine Zuber (Modem) ou Lilla Merabet (UDI), alliés à la Région, le soutiennent mais souhaitent dans le même temps la victoire de la candidate de droite Elsa Schalck à Strasbourg centre (1ère circonscription). On relève aussi le soutien de Françoise Werckmann, écologiste et elle même candidate… contre un candidat En Marche à Haguenau (9è circonscription). Dur à suivre.
Preuve que même si les protagonistes s’en défendent, il y a bien des équations personnelles en jeu. « Ils ne sont pas forcément d’accord avec tout, mais ils nous soutiennent pour des aspects précis ou des manières de faire et on se retrouve sur des valeurs », assure le duo qui voit là une concrétisation du positionnement « En Marche ».
Ces tensions micro-municipales strasbourgeoises feraient presque oublier qu’il y a d’autres candidats qui tracent leur route et pourraient profiter de ces divisions pour les supplanter.
Le FN proche de son score de 2015 ou de 2017 ?
Aux élections départementales de 2015, le FN était passé à 92 voix d’un duel contre la droite au second tour (24% contre 24,8% pour le PS) sur le canton 6, aux contours assez similaire. Et encore, on peut suspecter que le candidat d’Alsace d’Abord (5,5%) avait capté une partie de son électorat. C’est d’ailleurs une membre du binôme de l’époque, Julia Abraham qui portera le programme du Front national.
Professeur d’allemand de 24 ans en Lorraine, elle est l’une deux élues FN à Strasbourg. Elle est très discrète au conseil municipal, contrairement à son homologue Jean-Luc Schaffhauser qui s’occupe de la quasi-totalité des prises de parole. Sur les questions locales, c’est Andrea Didelot, candidat à Strasbourg centre, qui signe les prises de position.
Comme à son habitude, le FN nationalise le rôle de député et fait campagne sur ses thématiques habituelles : l’insécurité, l’immigration, la souveraineté nationale. La question de l’euro est désormais en retrait. À la surprise générale, son suppléant a même déclaré lors d’un débat sur France 3 que le parti était prêt à voter certaines lois ! En revanche, le score du FN à la présidentielle sur la circonscription est moins encourageant : quatrième avec 15,69%.
La circonscription de Strasbourg-sud comprend le quartier de Neudorf (Photo Francis Photography / FlickR / cc)
Accord non-respecté à droite
À droite, l’opportunité des divisions au centre et à gauche n’a pas été saisie. Jean-Philippe Maurer élu historique et ancien député du secteur s’est présenté contre l’avis de « Les Républicains ». Son parti l’avait d’abord investi avant de signer un accord avec l’UDI pour cette circonscription. Vieux briscard de « Les Républicains », il se présente sous ses habits nouveaux « d’homme libre » qui ne devra rien à son parti. Il peut compter sur ses fidèles soutiens et son ancrage local, mais pas tout l’appareil pour sa campagne. Il a été exclu du parti pour 3 ans début mai, mais cela ne l’a pas dissuadé.
Colistière de Jean-Philippe Maurer il y a deux ans aux élections départementales, Pascale Jurdant-Pfeiffer est la candidate officielle UDI-Les Républicains même si c’est avant tout l’UDI qui s’engage à ses côtés. Après être restée fidèle aux accords UDI-LR pendant la présidentielle, elle devient d’un coup de baguette magique « complètement Macron-compatible » comme elle l’a déclaré dans un débat sur France 3 Alsace.
Les deux élus locaux (à la Ville dans l’opposition et au Département dans la majorité) ayant déjà été candidats en 2007, un échec pourrait amorcer un renouvellement de la droite et du centre sur un secteur que le duo a arpenté depuis des années.
Deuxième à la présidentielle, la France insoumise peut-elle confirmer ?
Quant à la gauche davantage opposée aux politiques d’Emmanuel Macron, l’élection fait figure de test. Comme dans les autres circonscriptions strasbourgeoises, Jean-Luc Mélenchon était arrivé deuxième à l’élection présidentielle (22,84%). La candidate de la France insoumise, Christine Kaïdi, 53 ans, est une nouvelle tête dans la politique strasbourgeoise. Fonctionnaire, un temps entrepreneuse, elle est notamment engagée au centre socio-culturel de l’Esplanade, où elle donne des cours de Français à destination des étrangers.
Mais elle devra surmonter la division de la gauche avec les candidatures communistes (Marie-Pierre Ponpon, membre d’Ensemble), écologistes (Leïla Binci, habitante engagée au conseil de quartier du Port-du-Rhin) pour rééditer la performance d’avril.
Selon les résultats, plus ou moins de dégâts à Strasbourg
Une chose est sûre, l’élection « laissera des traces » avant tout localement, dixit un élu strasbourgeois. Dans la majorité municipale municipale bien sûr, mais aussi entre dans les relations entre « Les Républicains » et l’UDI, ainsi que dans la gauche qui cherche à fonder une alternative, locale ou nationale, au positionnement centriste « d’En Marche ».
La situation pourrait devenir cocasse en cas de triangulaire voire de quadrangulaire (il faudrait une forte participation pour que les candidats arrivés 3ème et 4ème récoltent plus de 12,5% des voix des inscrits).
Les 15 candidats
Philippe Bies (PS)
Jean-Philippe Maurer (ex-LR)
Sylvain Waserman (EM)
Julia Abraham (FN)
Christine Kaidi (FI)
Leïla Binci (EELV)
Marie-Pierre Ponpon (Ensemble / PC)
Yann Lucas (LO)
Pascale Jurdant-Pfeiffer (UDI)
Alain Carnesecca (UPR)
Alexandre Spinner (UL)
Mehmet Caglar (PEJ)
Saad Brahimi (sans étiquette)
Selen Ayyildiz (Parti animaliste)
Fabienne Schnitzler (MEI)
Face à la montée de l’extrême droite, à la veille des élections législatives en France et au traitement réservé aux personnes homosexuelles en Tchétchénie, la Marche des Visibilités qui aura lieu samedi 10 juin à Strasbourg prend encore plus de sens.
Samedi 10 juin la 16ème édition de la Marche des Visibilités se tiendra à Strasbourg. Avec son slogan « Liberté, respect, droits, égalité… Tous aux urnes », la parade organisée par Festigays prend un tournant encore plus politique, avec la volonté de faire évoluer la place des personnes LGBTI (lesbiens, gays, bis, transexuels, intersexes) dans la société. Bien que le Mariage pour tous aient fait progresser les droits des minorités sexuelles en France, des discriminations continuent d’exister tandis qu’en Tchétchénie, le gouvernement local pourchasse les personnes qu’il juge homosexuelles.
Cette année, la Marche des Visibilité revient en force à la veille des législatives (doc remis)
Rendez-vous samedi à 14h place de l’Université
La Marche commencera à 14h, place de l’Université avant de se diriger vers le centre-ville puis de revenir, selon le même parcours que l’an dernier. La parade devrait cependant être plus importante, avec 16 chars musicaux et 22 associations représentées. Plus de 15 000 personnes sont attendues pour assister à la parade.
De 11h à 18h, un Village des associations sera ouvert place de l’Université, avec la possibilité de se restaurer et de discuter avec les salariés et bénévoles de La Station, du Refuge, Aides, les Effrontés, le planning familial, SOS Homophobie, la Nouvelle Lune et Amnesty International, entre autres.
Trajet de la Marche des visibilités 2017
Une soirée de clôture est ensuite prévue au Studio Saglio, à la Meinau, à partir de 22h30. L’entrée coûte 12 euros en prévente au Village des associations et 15 euros sur place. Les bénéfices serviront à financer l’organisation du Mois des Visibilités 2018. Des navettes sont prévues pour conduire les participants au Studio Saglio et la place de l’Université.
Comme l’an passé, une soirée de clôture est aussi prévue au studio Saglio (doc remis)
D’autres événements organisés jusqu’à la clôture du Mois des Visibilités
Le Mois des Visibilités se termine le 18 juin, d’autres événements sont donc encore prévus. Par exemple deux débats sont organisés : jeudi 15 juin à la salle Blanche de la Librairie Kléber sur le féminisme, organisé par la Nouvelle Lune et vendredi 16 juin à la médiathèque Olympe de Gouges, rue Kuhn, sur les alliances paradoxales entre antisémitisme, antiféminisme et homophobie dans le mouvement d’opposition au mariage pour tous.
Le dimanche 11 juin, une randonnée urbaine des places de Strasbourg est proposée, départ à 15h place Kléber. À noter également, un spectacle organisé par Pelicanto, un choeur de lesbiennes, gays, bi et leurs amis d’Alsace, du 16 au 18 juin à la salle des fêtes de Schiltigheim. Le ticket coûte 12 euros en prévente et 15 euros sur place.
Route du Rhin à Strasbourg, deux mamans sont montées en haut d’une grue pour réclamer le maintien de l’auxiliaire de vie scolaire de leurs deux enfants handicapés, Zachary, 8 ans et Émilien, 9 ans.
Dès 4h30 ce matin, les mamans de Zachary, 8 ans atteint de troubles de l’attention, et d’Émilien, 9 ans, autiste, sont montées au sommet d’une grue de 40 mètres, avenue du Rhin à Strasbourg. Elles ont déployé des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « En marche pour l’école », « École MDPH (Maison départementale des personnes handicapées, ndlr) : stop au sabotage. »
Deux mamans sont montées en haut d’une grue et y ont placé des banderoles affichant les messages « En Marche pour l’école » et » école MDPH stop au sabotage » (photo RG / Rue89 Strasbourg)
Une grue choisie pour sa hauteur et sa proximité avec le Parlement européen
Elles résident toutes les deux dans la commune de Sand, près de Benfeld, et réclament le maintien de l’auxiliaire de vie scolaire qui accompagnait Émilien et qui a été formée aux frais des parents, ainsi que l’embauche d’une autre auxiliaire pour Zachary. Selon le père d’Émilien, Aurélien Quintalet, au sol pour négocier avec les forces de l’ordre :
« L’année prochaine, Émilien aura une nouvelle AVS non formée, une nouvelle maîtresse… Et qui plus est dans une classe surchargée, puisque l’Éducation nationale ne veut pas la réduire. »
L’action a été pensée depuis une dizaine de jours. Les deux mères ont choisi cette grue au croisement de l’avenue du Rhin et de l’avenue Aristide Briand pour sa hauteur et sa proximité avec le Parlement européen. Aurélien Quintalet avait déjà organisé une opération similaire il y a deux ans, déjà pour demander une AVS pour Émilien.
Après 10 heures de négociations, les mamans sont redescendues
Après 10 heures de négociations, les deux mères sont redescendues vers 13h. Les parents d’Émilien, Marie Lettler et Aurélien Quintalet ont obtenu que la nouvelle auxiliaire de vie scolaire soit formée et que le jeune garçon puisse donc rester à l’école où il a fait d’énormes progrès, selon sa mère :
« À 9 ans, il a commencé à parler grâce à l’école et à l’institutrice. Il a passé une année scolaire formidable, il faut qu’il puisse continuer à bénéficier de cet encadrement. Nous avons obtenu aussi que l’effectif de la classe reste réduit, à 22 élèves au lieu de 28. Les négociations ont été compliquées, mais il fallait tenir. On était déterminées. »
Marie Lettler (à gauche), Estelle Hoffer et leur compagnon sont exaspérés d’avoir à monter en haut d’une grue pour se faire entendre (Photo RG / Rue89 Strasbourg)
Pour Zachary, les choses restent compliquées. Le Rectorat a proposé à la mère, Estelle Hoffer, une place en école spécialisée avec une prise en charge pour les transports, l’établissement étant situé loin de chez eux :
« Il faut encore qu’on réfléchisse et qu’on en parle avec Zachary. C’est beaucoup pour un petit garçon de 8 ans. On envisageait de le placer en école spécialisée, mais beaucoup plus tard, quand il serait au collège au moins. J’ai aussi obtenu le droit d’assister à la commission plénière pour défendre notre dossier et avoir accès à une auxiliaire de vie scolaire. Je ne suis pas moins inquiète que je ne l’étais là-haut. Mais il y a de l’espoir. »
Monter en haut d’une grue pour être entendues
Les deux mamans regrettent d’avoir eu à monter en haut d’une grue pour être entendues par l’administration :
« On a réfléchi à plusieurs manières de faire, mais la grue c’est le plus efficace. On ne peut pas nous déloger, c’est trop dangereux. La technique a fonctionné plusieurs fois auparavant. Mais c’est grave de devoir en arriver là… On avait tout tenté auparavant, de manière plus traditionnelle : les lettres, les appels téléphoniques… Mais nos demandes sont toutes restées sans réponse. »
À leur retour, les deux mères ont été laissées libres. Selon le Parquet, aucune infraction pénale ne peut être retenues contre elles. Si la prise en charge de leurs enfants ne devait pas évoluer, elles se déclarent prêtes à recommencer.
Après la fermeture de l’antenne strasbourgeoise de l’école d’ingénieurs Ensiie, les collectivités locales se retrouvent contraintes de remettre de l’argent pour relancer une filière de formation d’ingénieurs en informatique dans la région. Près d’un million d’euros vont être débloqués par la Région Grand Est, l’Eurométropole de Strasbourg et l’Université.
Les collectivités locales alsaciennes ont le sentiment de s’être fait avoir par l’Ensiie, l’école nationale supérieure d’informatique pour l’industrie et l’entreprise . . .
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