Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Tram vers Koenigshoffen : tous les candidats aux législatives pour le tracé par la gare

Tram vers Koenigshoffen : tous les candidats aux législatives pour le tracé par la gare

Les candidats aux élections législatives ont profité de l’enquête publique sur l’extension du tramway de Strasbourg vers l’Ouest pour donner de la voix. Tous soutiennent le tracé par la gare, différent de celui porté par la municipalité de Strasbourg.

La question du tracé du tram est proche de son épilogue. Deux principaux tracés s’opposent : le premier est souhaité par la municipalité de Strasbourg, il part de l’actuelle ligne F à partir de la rue du Faubourg-National pour rejoindre les quartiers Ouest et en premier Koenigshoffen. Mais il existe un second tracé, porté par le « collectif pour le tram à Koenigshoffen. » Celui-ci prévoit de laisser la rue du Faubourg-National telle qu’elle est aujourd’hui pour passer devant la gare principale, en prolongeant la ligne C.

Du 20 mars au 28 avril, une enquête publique a permis aux citoyens de s’exprimer. Mais plutôt que de se prononcer pour ou contre l’extension, le débat a vite tourné sur quel tracé privilégier. Pour les futurs candidats aux élections législatives du mois de juin, hors de question de rester à l’écart de ce débat.

Tous en tout cas soutiennent… la solution alternative, du collectif pour le tram de Koenigshoffen, le tracé passant par la place de la Gare. Rue89 Strasbourg a récupéré les contributions de Guillaume d’Andlau (qui espère l’investiture « En Marche »), Laurence Vaton (qui espère aussi l’investiture « En Marche »), Elsa Schalck (LR-UDI), Éric Elkouby (PS) et Abdelkarim Ramdane (EELV).

Une consultation portant sur un seul tracé

Seul Andréa Didelot, secrétaire départemental adjoint du Front National (FN), n’a pas souhaité participer à l’enquête publique :

« Nous n’avons pas souhaité participer à cette mascarade de consultation, qui sera évidemment négligée par l’exécutif local. Nous sommes pour le tracé proposé par le collectif mais ça doit être aux Strasbourgeois de voter pour choisir entre les deux options. »

Le tramway F continuera-t-il sa route tout droit, sur le Faubourg national, pour aller vers Koenigshoffen (Photo Much Ramblings via Visual Hunt / CC BY-ND)

Tout d’abord, Elsa Schalck pour « Les Républicains » regrette que la consultation ne porte que sur le tracé prévu par l’Eurométropole, à savoir la déviation du tram F d’Elsau vers Koenigshoffen. Les autres tracés ne sont expliqués qu’à titre indicatif :

« L’Eurométropole nous demande de nous prononcer non pas sur plusieurs tracés mais sur un seul tracé. Le bon sens et la perpétuation de la tradition initiée lors des précédents prolongements auraient voulu que plusieurs tracés soient testés et mis au débat. »

L’arrêt Faubourg National, une station gare « low cost », selon Guillaume d’Andlau

Pour Guillaume d’Andlau, considérer l’arrêt prévu au Faubourg National comme un arrêt pour rejoindre la gare est une erreur :

« Prétendre que la station du Faubourg National serait une “station gare” n’est pas crédible : 350 mètres séparent la gare de cette station. Pour les personnes âgées ou à mobilité réduite, pour les voyageurs avec des bagages, c’est impraticable. Pire encore, pour les voyageurs qui débarquent du train, trouver cette station quand on n’est pas de la ville est une gageure. »

De plus, les trams circuleraient sur l’emplacement actuel du marché, lieu de vie du quartier. Guillaume d’Andlau, lui-même résident de la rue du Faubourg-National, est contre son déplacement :

« La partie centrale du faubourg accueille un marché deux fois par semaine, très fréquenté et lieu de vie et de lien entre les habitants du quartier et aussi ceux de l’Elsau qui ne disposent pas d’un marché. Le reste de la semaine, l’espace ouvert est utilisé pour toutes sortes d’événements de la vie du quartier. Le risque sur cet espace a fortement mobilisé les habitants. »

Tracé du tramway vers Koenigshoffen (doc Eurométropole)
Tracé du tramway vers Koenigshoffen (doc Eurométropole)

Alertes sur l’Elsau, quartier prioritaire qui perdrait 35% de sa fréquence de tram

Elsa Schalck, par ailleurs conseillère municipale d’opposition, regrette que la solution envisagée soit de dévier le réseau, et non de l’étendre :

« En déviant la ligne F, le quartier de l’Elsau, dont sa partie classée en Quartier Prioritaire de la Ville, serait fortement impacté par la diminution de près de 40% de son offre actuelle en tramway. »

Pour Abdelkarim Ramdane, conseiller municipal écologiste au sein de la majorité strasbourgeoise, l’Elsau doit « rester un quartier prioritaire » :

« Cette mesure consiste concrètement à réduire considérablement la desserte de quartier dont la population a cruellement besoin. Les populations des quartiers Ouest sont parmi les moins fortunées de l’agglomération : le recours aux transports en commun n’est pas un choix mais une nécessité pour pouvoir se déplacer. »

De même, le député depuis 2016 et ancien adjoint au maire de Strasbourg pour le quartier de Koenigshoffen, Éric Elkouby (PS), s’appuie en grande partie sur des décisions de justice et documents passés du dossier pour expliquer son raisonnement. Il condamne un projet « déshabillant » l’Elsau pour « habiller » Koenigshoffen.

« Les coûts d’exploitation de cette ligne sont minorés. La réduction des fréquences de la ligne F desservant l’Elsau compenserait le surcoût d’exploitation vers Koenigshoffen. Il semble difficilement imputable cette économie de desserte de l’Elsau. Celle ci, ce qui est inacceptable, aurait dût faire l’objet, dans le cadre d’une saine gestion du coût d’exploitation du niveau, d’une décision il y a un certain temps. Je ne peux pas accepter que l’on oppose un quartier à un autre. »

La municipalité prévoit également la construction d’un parking relais près du Parc du Glacis. Pour Abdelkarim Ramdane, cela supprimerait un espace vert pour une utilité contestable :

« Le projet prévoit en outre la création d’un parking relais supplémentaire à la liste de ceux existants à Strasbourg alors que bon nombre d’entre eux sont sous-utilisés. De plus, ce parking relais artificialise une partie du parc du Glacis sur le fossé au Rempart. Cet espace constitue la seule trame verte qui traverse l’agglomération Strasbourgeoise. »

Le tracé proposé par le collectif pour le tram à Koenigshoffen (doc remis)
Le tracé proposé par le collectif pour le tram à Koenigshoffen (doc remis)

Pour Laurence Vaton, conseillère municipale d’opposition (UDI) et qui sollicite une investiture « En Marche » pour les élections législatives, l’extension vers l’Ouest manque surtout de cohérence :

« Depuis 2011, les étapes de concertation se sont révélées en contradiction les unes avec les autres, leurs seules caractéristiques communes étant le refus de plus en plus marqué des responsables et services de l’Eurométropole et de la CTS de prêter la moindre attention aux craintes, aux préoccupations et aux propositions du public. Au fil des années, les conceptions de l’Eurométropole et de la CTS sont apparues de plus en plus éloignées des préoccupations exprimées par le public et relayées par les associations. »

La surcharge de la station homme de fer pointée

Éric Elkouby regrette qu’aucune vraie solution ne soit proposée afin de décongestionner l’arrêt de l’Homme de Fer :

« La station Homme de Fer est saturée. Il convient de constater qu’aucune étude technique n’est fournie pour prouver la « désaturation » de ce nœud par le projet soumis à l’enquête. Il est uniquement proposé de réduire les fréquences, au détriment du quartier de l’Elsau, de la ligne E (qui va d’Illkirch-Graffenstaden à la Robertsau, ndlr), en les affectant à cette nouvelle ligne F. »

Principale opposante dans la campagne à venir, Elsa Schalck partage ce point de vue :

« La ligne F est une des lignes du réseau existant avec les fréquences de passage de tram les plus basses. Par conséquent, les habitants des quartiers Ouest n’auraient pas une desserte régulière. En effet, il ne sera pas possible de faire circuler des rames supplémentaires à cause du nœud déjà saturé de l’Homme de Fer. »

Une analyse développée également par Laurence Vaton. Mais voilà, en dehors des prises de position publiques, les députés n’ont pas vraiment de pouvoir sur les transports en commun de leur ville. Mais au moins, ces déclarations permettent de répondre aux habitants et d’entrer en campagne.

Dans le quartier historique du Port-du-Rhin, le tram ne va pas tout régler

Dans le quartier historique du Port-du-Rhin, le tram ne va pas tout régler

Le quartier historique, excentré et populaire du Port-du-Rhin est désormais relié au reste de Strasbourg par un tramway. Les rails vers l’Allemagne forment l’épine dorsale d’un grand projet qui commence à encercler les habitations de 1931. Et si les questionnements sur les liens demeurent, certains habitants remarquent des améliorations et une meilleure intégration par rapport aux débuts.

Des dizaines de milliers de Strasbourgeois ont déboulé au Port-du-Rhin pour le week-end de l’inauguration du tram D vers Kehl, en Allemagne. Un changement majeur pour le quartier historique du Port-du-Rhin, petite enclave où les Strasbourgeois n’avaient guère l’habitude de flâner, habitée par 1 500 personnes, aux revenus souvent modestes.

Dans l’ancienne cité Loucheur, où 90% des appartements sont des logements aidés, on regarde ce défilement continu avec un mélange de fierté et de méfiance. Un habitant, qui à deux rues de là ne participe pas aux festivités, ne comprend pas cet engouement soudain :

« Je ne vois pas ce qu’un tram change. Avant il y avait un bus. La différence, c’est des rails, c’est ça ? »

Pour d’autres, le tram est surtout perçu comme un moyen de mieux se relier au reste de Strasbourg. Il était déjà facile d’aller à pied ou à vélo en Allemagne, bien que le nouveau pont soit plus agréable. Leïla Binci, habitante depuis 8 ans et impliquée au conseil de quartier et au conseil citoyen, se dit satisfaite que certains projets se concrétisent enfin :

« Il y avait des bus, mais le soir et le week-end, c’était problématique. Le tram va créer un lien avec Strasbourg, car la crainte d’être un sous-quartier est toujours présente. »

Dans les rues du Port-du-Rhin, les industries et leurs odeurs ne sont jamais loin (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Au milieu d’un énorme projet

Le Port-du-Rhin se retrouve au milieu du plus grand projet urbanistique de Strasbourg, les Deux-Rives. Environ 9 000 logements, pour 20 000 habitants, vont être construits. Avec les premiers immeubles ou la clinique Rhéna, l’extension du tramway D est l’une des premières réalisations qui fait suite »aux événements de 2009″.

« 2009 », comme disent les riverains, c’est le sommet de l’OTAN et de violentes manifestations où le quartier est pris en étau entre casseurs, les black-block venus de l’Europe entière, et les forces de l’ordre. Un hôtel, une pharmacie et un poste de douane sont incendiés. Une manifestation et quelques mois plus tard, une délibération est votée et acte que ce quartier sera relié au reste de Strasbourg, distant d’1,7 kilomètre, par un tramway.

Quand le nom Port-du-Rhin disparaît

Néanmoins la question de la jonction et les nouveaux habitants de « Strassburg am Rhein » reste un point d’interrogation et fait naître des interrogations sur l’identité même du quartier. Des habitants ont par exemple été très surpris de voir des documents où le nom Port-du-Rhin, était remplacé par d’autres appellations, comme Rives-du-Rhin, comme si ce nom avait une mauvaise connotation. Il a fallu un courrier à l’adjointe de quartier, Anne-Pernelle Richardot, pour acter solennellement que le nom Port-du-Rhin continue de figurer sur les panneaux.

À l’est, le long du Rhin, sept « émergences » (« car il ne faut plus dire des tours », raille une habitante) vont border le quartier sur le terrain de la cour des douanes, qui appartient toujours à l’État. Selon les documents de la Société publique locale (SPL) des Deux-Rives des immeubles des 15 étages, à l’image des Black Swans au Danube, ou à côté du pont de la citadelle sont prévus. Avec le projet de la Coop au nord, de nouvelles constructions auront complètement encerclé l’ancienne enclave.

Les carrés sombres représentent les projets de futures tours le long du Rhin. Le nom Port-du-Rhin ne figure pas sur ce croquis (agence TER / doc remis)

Des habitants mieux associés qu’au début

Le député (PS) et conseiller municipal Philippe Bies, de passage au TramFest samedi, pense que le tram et d’autres événements festifs peuvent améliorer l’intégration :

« Le tram et d’autres événements comme le TramFest vont créer du passage, des gens qui ne connaissaient pas ce morceau de ville, qui sera relié au reste. On peut toujours trouver des gens qui disent que c’était plus tranquille avant, mais globalement les habitants sont contents de ces changements. »

Pour la TramFest, les associations du quartier ont été associées à la fête, contrairement à l’événement à la Coop en septembre où certains accès au quartier étaient bloqués. Les habitants ont aussi eu le droit à une première traversée inaugurale le jeudi, avant même les officiels allemands et strasbourgeois le vendredi.

Pour la TramFest, des stands, des animations et des décorations des forces vives du quartier étaient disponibles. Une différence notable avec l’événement festif de septembre (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Des milliers de Strasbourgeois ont lézardé près de l’ancienne cité Loucheur (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Les Strasbourgeois d’autres quartiers ont pu découvrir les commerces du Port-du-Rhin (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

René Muller, gérant du restaurant d’insertion l’Île aux épis, se dit par exemple « très satisfait »,  car son établissement, d’habitude fréquenté par des riverains et des travailleurs du port a été découvert par des personnes extérieures au quartier, dont des Allemands.

Rachid Laaroussi, gérant du restaurant Chez Zahra, pense désormais que les habitants se sentent un peu mieux intégrés à un projet, qui « à la base, n’est pas pour nous » :

« Avec le tram, on se sent davantage strasbourgeois. Il n’y a pas vraiment eu de boulot pour les gens ici sur les chantiers ou à la clinique, alors qu’il y avait le temps de former du monde. La mixité se fera quand des commerces ouvriront, quand on ira à la même poste, aux mêmes banques, etc. »

Chez Zahra, snack où l’on refait le monde entre jeunes et moins jeunes habitants (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Mais il s’interroge sur certains impacts et les priorités :

« Le tram passe très près des habitations et certains sentent les vibrations à chaque passage. Il passe aussi juste devant l’école, sans barrières autour des rails. J’espère ne jamais voir un enfant courir et passer sous un tram un jour. »

Il regrette qu’il n’y ait pas de club de foot, comme par le passé. « Si on l’avait maintenu, il y aurait peut-être eu moins de problème », estime-t-il. Il y a bien un terrain miniature en libre-service, appelé un Hattrick, mais « il n’est plus éclairé le soir », remarque un autre habitant, venu discuter sur la terrasse.

Un terrain de foot libre d’accès, le Hattrick, a été construit, mais ce n’est pas le vivre-ensemble et l’animation d’un vrai club, regrettent des habitants (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des habitants dans les nouveaux immeubles

Parmi les citoyens engagés dans les instances de démocratie locale, Anne-Véronique Auzet se dit davantage satisfaite par le conseil citoyen, qui ne concernent que les quartiers défavorisés (les quartiers prioritaires de la Ville – QPV), créés fin 2015, que le conseil de quartier classique. « L’échelle est mieux adaptée. Le rapport entre le temps passé et les réalisations est bien meilleur », estime-t-elle.

Une des principales améliorations ces dernières années est que des habitants des immeubles de 1931 ont pu déménager dans les constructions nouvelles :

« Les élus ont joué le jeu. Au début, on disait que ce ne serait pas accessible, car les loyers sont plus chers. C’est vrai, mais les charges sont plus basses et les APL sont calculées sur le loyer, pas les charges. »

Sur l’Ilot Jeanne d’Arc, on compte 60 logements sociaux d’Habitation moderne sur les 140 de l’opération. Architecturalement, les avis divergent entre ceux qui apprécient les formes modernes et la couleur noire et ceux qui voient un mur cache-misère.

Des habitants du quartier historique ont pu déménager vers de nouveaux ensembles tout neufs à quelques mètres (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Logements mal isolés

Pour autant, cela ne fait pas oublier que les logements historiques ont encore de nombreux défauts. Amine (le prénom a été changé), la trentaine, revient du week-end festif en famille. Pour lui, l’arrivée du projet Deux-Rives s’est résumé pour son logement « à un coup de peinture pour faire beau, mais toujours des factures délirantes », quand ce n’est pas la moisissure et les champignons.

Le message est bien remonté jusqu’à Philippe Bies, qui est par ailleurs président des bailleurs sociaux Habitation moderne et CUS Habitat :

« C’est vrai qu’un coche a été raté lors de la rénovation des années 2007 à 2009. Une étude thermographique est en cours. »

Des façades ont été refaites, mais l’intérieur laisse toujours passer le froid et l’humidité (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Espoirs atour de la maison de santé

Autre piste d’amélioration, très attendue, la construction d’une maison urbaine de santé. Non-prévue à la base, il semblerait que les débats au sein de la municipalité sur la clinique Rhéna aient eu raison de l’implantation d’un établissement où plusieurs médecins libéraux pourront se regrouper. Seul un médecin généraliste officie dans le quartier pour le moment.

Certains croient savoir que le terrain de l’hôtel Ibis, qui avait flambé en 2009, et fait office de parking est choisi. Mais ce n’est pas acté selon Philippe Bies :

« C’est l’un des terrains possible, mais il n’y a rien de confirmé. Idéalement, la maison de santé doit être tournée vers le quartier historique, qui en a besoin. Les attentes sont fortes et les rumeurs vont vite ici. »

Le terrain vide de l’hôtel Ibis qui avait brûlé en 2009 va-t-il accueillir la maison de santé ? (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Étude sur la santé

Autre signe de la prise en compte de leur situation selon des habitants, une étude impact santé (EIS) sur le projet Deux-Rives, qui doit prendre la pollution des travaux, le bruit ou la santé au travail. Ses conclusions sont sensées guider les réflexions des futurs aménagements du quartier.

Christine Kiefer, habitante depuis plus de 60 ans est l’une des mémoires vivante du quartier. Le tram est une étape vers de meilleurs lendemains, même si « les gens du Port-du-Rhin vont plus aller vers l’Allemagne que vers Strasbourg » selon la présidente de l’association des riverains du Port-du-Rhin (APOR) :

« Dans les années 1970, il y a avait la piscine de l’Océade, où tout Strasbourg venait dans l’actuel jardin des Deux-Rives. Il y avait une vingtaine de restaurants. Après, il n’y a rien eu jusqu’en 2009 et la municipalité de Roland Ries. J’ai vu les changements et il y a eu du bon. Mais maintenant, on veut des commerces. »

À l’école, on ne comprend toujours pas pourquoi le canon du char, symbole de la Libération, est pointé vers l’entrée (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

« La jonction n’est pas faîte »

De manière concrète, une supérette est attendue pour 2018. Pour autant, Christine Kiefer considère que « la jonction, n’est toujours pas faîte » entre nouveaux et anciens habitants, malgré la place de l’Hippodrome, inaugurée en 2014 et qui doit servir de trait d’union :

 « Beaucoup de nouveaux habitants ne mettent pas leurs enfants à l’école du quartier, où d’ailleurs le professeur bilingue est parti en novembre et n’a pas été remplacé. »

Sur la place de l’Hippodrome, le prêtre catholique René Fischer se trouve au milieu de ces bouleversements :

« On retrouve les même problématiques au conseil et dans la paroisse : comment permettre aux nouveaux et aux anciens habitants de se mélanger ? C’est un questionnement que j’essaie de promouvoir, à l’heure où certains se disent « après nous, il n’y aura plus rien ». La question de l’intégration doit se poser dans les deux sens. »

Tout le monde s’accorde sur un point, il reste du boulot.

Pour participer à l’inauguration, Frédéric Bierry a dû rappeler à Strasbourg que le Département cofinance le tram vers Kehl

Pour participer à l’inauguration, Frédéric Bierry a dû rappeler à Strasbourg que le Département cofinance le tram vers Kehl
Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€.

Contribuez à consolider un média indépendant à Strasbourg, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,

PAPS-PCPI : les réparations débutent en juin, financées par les collectivités

PAPS-PCPI : les réparations débutent en juin, financées par les collectivités
Dans un communiqué, l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) a confirmé que les travaux des futurs Pôle d’Administration Publique de Strasbourg (PAPS) et Pôle de Compétence en Propriété Intellectuelle (PCPI) allaient reprendre en juin. Les cofinanceurs de ce bâtiment situé dans l’enceinte de l’hôpital civil se sont mis d’accord pour rallonger de 16,5 millions d’euros l’enveloppe initiale de 52,1 millions d’euros.
Le bâtiment doit s'insérer dans l'enceinte de l'hôpital civil (document Lipsky-Rollet)
Le bâtiment doit s’insérer dans l’enceinte de l’hôpital civil (document Lipsky-Rollet)

Une expertise « toujours en cours »

Cette facture supplémentaire découle des travaux de réparations qu’il a fallu effectuer dans le bâtiment suite à des anomalies structurelles détectées en septembre 2014 (voir nos précédents articles). La perspective de récupérer cet argent après la liquidation judiciaire du bureau d’études mis en cause, RFR, ou des assureurs, s’éloigne même si l’expertise judiciaire poursuit son cours. Selon l’EMS, le projet, « actualisé par l’agence d’architecture lauréate Lipsky-Rollet en octobre 2016, en étroite collaboration avec le nouveau bureau d’études « structures », les bureaux d’études techniques et le contrôleur technique, correspond en tous points au projet retenu initialement, tout en apportant une réponse aux insuffisances structurelles identifiées lors de l’achèvement du gros œuvre. »
Le bâtiment est très attendu, notamment par l'IEP de Strasbourg à l'étroit dans ses locaux actuels (document Lipsky-Rollet)
Le bâtiment est très attendu, notamment par l’IEP de Strasbourg à l’étroit dans ses locaux actuels (document Lipsky-Rollet)
Si tout va bien, c’est à dire si aucune nouvelle surprise ne vient retarder le chantier, la mise en service du bâtiment est programmée dès septembre 2019.

À Strasbourg, le collectif « Ma Voix » recherche activement son député

À Strasbourg, le collectif « Ma Voix » recherche activement son député

Le collectif « Ma Voix » prône la démocratie directe et tire au sort ses candidats aux élections législatives. À Strasbourg, le collectif présentera un candidat sur la première circonscription mais il peine encore à se faire une place dans le paysage politique malgré une présence remarquée lors de l’élection législative partielle de l’an dernier.

En juin 2016, l’élection législative partielle sur la première circonscription de Strasbourg a vu la première action publique du collectif « Ma Voix », avec la présentation devant les électeurs de la première circonscription du Bas-Rhin de son premier candidat : Daniel Gerber. Il avait obtenu 4,25% des suffrages, tout de même.

Initié il y a deux ans, le collectif garde le même objectif : « remettre de la démocratie dans la démocratie ». L’idée est d’envoyer des citoyens tirés au sort à l’Assemblée Nationale, des porte-voix au sens premier, qui voteront en fonction des débats menés sur la plate-forme de « Ma Voix » et les choix votés par les utilisateurs. À Strasbourg, c’est toujours sur la première circonscription que le collectif présentera un candidat. Le 18 avril, « Ma Voix » tenait une réunion publique au restaurant Villa Bianca, pour mobiliser ses adhérents et susciter des vocations. 

Des députés tirés au sort

Loic Blondiaux, vice-président de l’association Démocratie ouverte et politologue spécialisé dans l’étude de la démocratie participative, considère que ce qu’il y a de plus intéressant dans l’initiative de « Ma Voix », c’est le fait qu’elle se revendique comme expérimentale :

« Ce collectif remet en cause les formes classiques de démocratie participative et réhabilite l’idée de mandat impératif, c’est à dire que les représentants sont censés suivre les consignes de ceux qui les élisent… Ça remet complètement en cause le concept de programme, le seul engagement que peuvent avoir des députés Ma Voix est celui de suivre l’opinion des citoyens. De ce fait, la représentation devient un reflet des tendances de l’opinion publique. »

Le collectif est déjà présent sur les marchés strasbourgeois pour faire campagne (photo « Ma Voix » Strasbourg)

19 Alsaciens sur 500 candidats

Sur les quelques 500 citoyens s’étant présentés pour devenir député « Ma Voix », 19 habitent en Alsace. Le tirage au sort sera opéré le 6 mai à Paris et toutes les candidatures sont centralisées. Car le tirage au sort ne se fera pas à l’échelle locale mais nationale avec comme condition que le candidat… ne soit pas issu de la circonscription dans laquelle il se présente.

Bernard, chargé de mission pour une grande entreprise et militant du collectif depuis le début, explique que cela éviterait que des intérêts privés n’interfèrent, une alternative au clientélisme.

Cependant, il reste un détail à éclaircir pour les militants, leur candidat doit-il être uniquement étranger à la circonscription ou aussi au département voir à la région ? Selon Véronique, journaliste et militante du collectif, la logique voudrait que pour éviter toute sorte de pressions, le candidat ne soit même pas de la région où il se présente. « En Alsace tout le monde se connaît, c’est une petite région », explique t-elle.

Hélène, graphiste strasbourgeoise et nouvelle arrivée dans le collectif, renchérit en expliquant que ne pas être de la région permet surtout de rester anonyme, ce qui permet d’éviter au mieux la personnalisation de la politique.

Sur les sept personnes présentes à la réunion publique, seul une est en désaccord et estime qu’un député doit habiter sa circonscription. Bernard clôt le débat, il fera part de ces questionnements lors de la prochaine conférence téléphonique nationale.

« Un débat politique national »

Bien que cette démarche amoindrisse encore plus les chances du collectif de gagner des sièges à l’Assemblée Nationale, c’est un choix politique cohérent selon Loic Blondiaux:

« Ce besoin de détacher les candidats d’un territoire est conforme avec le projet politique de Ma Voix qui cherche à établir un débat politique national. Finalement, ça respecte ce qui est dit dans le droit français : les députés sont les représentants de la nation toute entière. »

Daniel Gerber, au premier plan, candidat du collectif pour la législative partielle promet ne pas se re-présenter au tirage au sort. (Photo KZ/ Rue89 Strasbourg)

Un collectif national et centralisé

Dans la vie du collectif national, une voix se fait cependant plus entendre que les autres : c’est celle de Quitterie de Villepin. Militante off et on-line, « Quitterie » comme l’appellent affectueusement les membres du collectif est connue de tous. Après s’être engagée au Modem en tant que directrice de la stratégie digitale de François Bayrou lors des élections de 2007, la jeune femme a quitté le parti du centre. Elle est aujourd’hui très impliquée dans « Ma voix » au point même de s’être mise en disponibilité professionnelle d’octobre 2014 à juin afin de s’impliquer totalement dans le collectif.

Sa grande présence, frôlant cette personnalisation que le collectif craint tant, s’explique selon Bernard seulement par le fait qu’elle est une des instigatrices du mouvement. Au delà du risque de personnalisation, le collectif est aussi très centralisé. Des réunions téléphoniques presque tous les jours, de nombreux événements nationaux, une communication unifiée sur tout le territoire : « Ma voix » n’est pas un ensemble d’initiatives locales mais une initiative nationale se déclinant sur le territoire de manière assez homogène. Un choix assumé par le collectif qui affirme n’être intéressé que par l’Assemblée Nationale « où se font et se défont les lois, le seul réel lieu de pouvoir. »

Et la présidentielle ?

« L’élection présidentielle nous enferme dans une sorte de piège. La présidentialisation de la Vème République est une catastrophe pour la démocratie, elle infantilise les citoyens » explique le collectif sur son site. Une position partagée par les membres de « Ma Voix » à Strasbourg pour qui l’élection présidentielle n’est qu’un show télévisé pour une élection moins importante que les législatives.

Véronique, kinésithérapeute strasbourgeoise et membre du mouvement depuis l’an dernier, considère que la présidentielle est « une élection lointaine où on vote pour des personnes et non pour des idées. »

L’affiche de l’an dernier reflétant le quidam devrait rester la même pour les législatives de Juin. (photo JFG/ Rue89 Strasbourg)

Une mobilisation difficile

Vendredi 14 avril, il est 14h14 et seul une poignée de militants répondent présents à l’appel du collectif « Ma Voix » à se rendre sur la place de la République à Strasbourg pour un événement ludique appelé « Lapin scrutin », en somme une opération de communication plus qu’un réel rassemblement.

Quelques jours plus tard, le 18 avril, seulement 7 personnes sont autour de la table pour la réunion publique du collectif. Malgré le fait que, localement « Ma Voix » revendique une vingtaine de militants actifs et à peu près 200 sympathisants, l’agitation due à la nouveauté de l’initiative semble s’être vite calmée à Strasbourg.

Nationalement aussi, malgré des efforts considérables de communication et une structuration toujours plus poussée, le collectif ne présentera que 42 candidats lors des élections législatives en juin, sur les 577 circonscriptions que compte la France. On est encore loin de la vague jaune qu’ils imaginaient l’an dernier. Mais les membres du collectif l’assurent : ils sont toujours déterminés à « hacker l’Assemblée Nationale. »

Trois sponsors intéressés par l’Arena de la SIG au Wacken

Trois sponsors intéressés par l’Arena de la SIG au Wacken

Alors que la SIG, le club de basket de Strasbourg, consulte ses fans sur leurs désirs pour la tranformation du Rhénus en « Arena », en coulisses, les discussions se resserrent autour de trois « namers » potentiels.

Depuis la diffusion d’une image de synthèse en janvier 2017, les tractations avec les sponsors autour du projet « d’Arena » du club professionnel de basketball de Strasbourg, la SIG, se précisent. D’après nos informations, le club est en discussions avancées avec trois entreprises int . . .

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Accédez à nos enquêtes et révélations exclusives Soutenez une rédaction locale qui appartient à ses journalistes Maintenez une vigie citoyenne sur les pouvoirs locaux

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Course contre la montre des radiés des listes électorales pour voter au second tour dimanche

Course contre la montre des radiés des listes électorales pour voter au second tour dimanche

Regroupés au sein d’un collectif constitué après le premier tour de l’élection présidentielle, des Strasbourgeois radiés des listes électorales invoquent une erreur de la Ville ou des recherches insuffisantes alors qu’ils habitent toujours Strasbourg. Directement concernée, l’avocate Sandra Isly les accompagne dans leurs démarches juridiques. Selon elle, la quasi-totalité des quelque 2 000 personnes concernées peut encore espérer exercer son droit de vote au second tour.

Une course contre la montre se déroule cette semaine pour les quelque 2 000 Strasbourgeois radiés des listes électorales alors qu’ils habitent toujours à Strasbourg. Mardi 2 mai à 14 heures, un collectif, constitué par des personnes concernées, les invite à se retrouver au tribunal d’instance, 45 rue du Fossé-des-Treize à Strasbourg. L’objectif ? Accompagner chacun dans le dépôt d’un recours individuel auprès du tribunal afin de pouvoir faire entendre sa voix dès le second tour de l’élection présidentielle dimanche 7 mai. Constitué rapidement après le premier tour, ce collectif s’est organisé pour étudier les recours possibles afin de recouvrer leur droit de vote le plus rapidement possible. En effet, dimanche 23 avril, environ 2 000 Strasbourgeois ont appris en se rendant dans leur bureau de vote habituel qu’ils avaient été radiés des listes électorales, suite à la suppression de 16 000 personnes de ces listes par la Ville de Strasbourg. Car pour certains, leur adresse postale a bien changé suite à un déménagement mais ils sont restés dans la même ville, voire dans le même quartier. Et ils ont été nombreux à continuer à voter dans leur bureau habituel lors des précédents scrutins.

Une carte des « empêchés de vote »

Elle-même radiée des listes, Sandra Isly, avocate strasbourgeoise, a rejoint le collectif des radiés et a planché bénévolement sur les aspects juridiques. Dans d’autres villes, des juges d’instance ont pris des décisions de réinscription immédiates sur les listes. Rue89 Strasbourg : à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, les Strasbourgeois radiés des listes électorales après un déménagement au sein de la commune ont-ils encore une chance de pouvoir voter au second tour ? Sandra Isly : Les gens concernés peuvent saisir le tribunal d’instance à tout moment pour être réinscrit avant la fin du scrutin. En principe, il est obligé de statuer avant la fin du scrutin de dimanche 7 mai, comme le précise un arrêt de la Cour de cassation. Le collectif dispose maintenant d’outils pour les aider dans leur démarche. Nous avons élaboré un modèle de courrier qui peut être adapté à chaque cas très facilement, car il s’agit toujours de démarches individuelles. Nous avons également listé un ensemble de papiers nécessaires à présenter pour constituer un déposer un recours : une pièce d’identité et tout ce qui peut prouver que la commune connaissait votre nouvelle adresse. Pour les agents administratifs – il y en a quelques-uns – il peut s’agir d’un contrat de travail de la mairie, pour les autres, cela peut être une preuve d’une souscription au stationnement résident, d’inscription à la cantine scolaire ou au périscolaire d’un enfant,… Ceux qui ne pourraient pas venir au rendez-vous proposé par le collectif le 2 mai à 14 heures peuvent s’adresser directement à nous.
Sandra Isly, avocate, mobilisée au sein du collectif des radiés des listes électorales. (doc remis)
Certains se disent peut être qu’on ne peut rien faire, qu’il faut prendre un avocat et que c’est coûteux. Or, il n’en est rien. La démarche est gratuite. Il n’y a pas besoin d’avocat pour formuler un recours auprès du tribunal d’instance. Les radiés déjà déboutés par le tribunal d’instance ont-ils également une chance de voter au second tour ? Cela concerne une dizaine de personnes, qui ont dix jours pour saisir la Cour de cassation. Ces gens là ne pourront pas voter au second tour de l’élection présidentielle, car, même si la Cour de cassation revenait sur la décision du tribunal d’instance, elle n’est pas en mesure d’examiner ces dossiers dans un délai aussi court.

Sur Twitter, victoire à Asnières

 Pour quelles raisons ont-ils été déboutés ? Malheureusement, les radiés qui ont rapidement saisi le tribunal d’instance n’avaient eu le temps ou le réflexe de réunir les justificatifs nécessaires et de s’appuyer sur les textes juridiques pour le faire. Ils ont été débouté aux motifs qu’ils avaient été informés de leur radiation par courrier et qu’il appartenait au citoyen de signaler sa nouvelle adresse. Sur quels éléments vous appuyez-vous pour que les recours à venir cette semaine ne soient pas rejetés pour les mêmes motifs ? Normalement, lorsque vous déménagez, vous signalez votre changement d’adresse, mais, si vous ne le faites pas, avant de vous radier, il faut vous rechercher. La circulaire du 25 juillet 2013 paragraphe 109 indique clairement qu’avant de procéder à des radiations d’office, la commission administrative électorale, un des services de la mairie, doit procéder à des recherches pour essayer d’identifier la bonne adresse et savoir si le citoyen a quitté la commune. La mairie n’a pas fait le job. Lorsqu’elle a procédé au grand toilettage de la liste électorale, la mairie aurait dû chercher sur les fichiers des contributions locales (taxes habitations,…) si les gens radiés étaient encore citoyens de la commune.
Des cartes électorales (Photo Olivier Panza / FlickR / cc)
Des cartes électorales (Photo Olivier Panza / FlickR / cc)

« La saisie d’une fausse adresse est une erreur matérielle »

La commission administrative électorale a envoyé tous les courriers aux personnes à leur ancienne adresse, tous revenus avec la mention NPAI, c’est-à-dire « n’habite pas à l’adresse indiquée ». Après un premier retour portant cette mention, l’adresse saisie sur les courriers suivants a été la même, sans qu’un minimum de recherches et de vérifications ne soient faites. Cette saisie d’une fausse adresse est une erreur matérielle. L’article L-34 du code électoral précise que « le juge du tribunal d’instance, directement saisi, a compétence pour statuer jusqu’au jour du scrutin sur les réclamations des personnes qui prétendent avoir été omises sur les listes électorales par suite d’une erreur purement matérielle ». Ceux qui n’ont pas encore saisi le juge d’instance veulent pouvoir voter au second tour de l’élection présidentielle. J’ai bon espoir que nous puissions récupérer pour dimanche prochain ce droit si chèrement acquis.

Pourquoi j’élève de jeunes saumons dans ma classe

Pourquoi j’élève de jeunes saumons dans ma classe

Susciter la motivation d’un groupe d’enfants et trouver des projets liés au développement durable est un challenge de début d’année pour la maîtresse d’école. Heureusement, certaines associations en Alsace proposent des partenariats intéressants.

Devenu adulte, qui ne se souvient des différentes « aventures animalières » rencontrées au fil de ses  années de classe ? La sortie de fin d’année au zoo menée par un enseignant motivé, la sortie en forêt en début d’année pour « observer les traces » laissées par quelque mammifère ou le Graal des années passées, la classe verte, souvent organisée dans les Vosges avec  ses sorties quotidiennes riches de collectes diverses ont fait la joie de bien des écoliers au cours de ces dernières décennies.

Aujourd’hui, l’école corsetée de réglementations de plus en plus contraignantes, aux première loges des évolutions de notre société, doit amener l’enfant à découvrir un rapport à la nature respectueux de l’environnement.  De surcroît, on doit composer avec des budgets plus restreints. Il n’est plus possible de passer autant de « commandes de car » que par le passé ni de solliciter trop lourdement la participation des familles.

Des animaux oui, mais lesquels ?

Au fil de mes années strasbourgeoises d’enseignement, j’ai tenté… les escargots, les phasmes, les têtards qui deviennent des grenouilles, les poissons… L’intérêt des enfants a toujours été immédiat. Le côté fédérateur du projet est réel, il y a comme une curiosité du matin qui donne envie d’aller « voir » ce que les animaux deviennent et de pousser la porte de la classe.

J’ai toujours évité les petits mammifères en cage, n’ayant pas envie de transformer un paisible animal de jardinerie en « otage pédagogique ». Lorsque j’avais des classes de petits, je préférais amener mon lapin nain personnel, nommé Chocolat, à la journée, la classe s’organisant ce jour-là autour de la cage. Le risque d’allergie aux poils d’animaux se trouvent ainsi limité pour les enfants sensibles qu’il peut y avoir dans le groupe.

Les alevins, une évolution à suivre jour après jour en classe. (photo Pop H / Flickr /cc)

Des nouvelles pistes, des associations intéressantes

Cette année j’ai opté une nouvelle fois pour un partenariat scientifique avec l’association Saumon Rhin, basée à Oberschaeffolsheim. Elle propose des interventions dans les écoles par une personne ayant une formation scientifique et aux enfants de découvrir en classe le cycle de vie du saumon de l’Atlantique. Sur plusieurs mois, se succèdent plusieurs actions : d’abord un  diaporama permettant de découvrir les caractéristiques de cette espèce de salmonidé suivie de la remise d’un carnet individuel à compléter, riche de croquis.

Puis vient l’installation d’un aquarium et de ses systèmes de régulation dans lequel on place les œufs sur un lit de gravier. Au fil des semaines, les enfants observent l’évolution des alevins, les photographient, les nourrissent et participent à l’entretien de l’aquarium. L’association fournit la nourriture et assure une assistance téléphonique en cas de problème. La maîtresse organise bien évidemment le « qui fait quoi ? » aujourd’hui afin d’éviter conflits et bousculades.

Donner du sens à ce que l’on fait à l’école

La dernière étape de ce projet, au début de printemps, consiste à organiser une sortie au bord d’une rivière affluent du Rhin, afin d’y lâcher ces jeunes alevins. Un lieu sans danger pour les enfants ayant été repéré par l’association, c’est dans la Bruche que nos alevins ont regagné le milieu  naturel. L’accompagnement de l’enfant est bien fait, à l’issue de cette matinée, chacun se voit remettre un diplôme certifiant qu’il a participé à une action favorable à l’environnement.

Parions que certaines chambres d’enfants s’en trouveront décorées. Quelques jour plus tard, à l’occasion d’une discussion en classe portant sur le bonheur, une élève nous expliqua qu’il y a du bonheur à « faire des choses bien » ensemble. Cette affirmation lui valu l’assentiment du groupe, un moment d’émotion pour Maîtresse Charlotte.

En deux ans, Start Up de Territoire veut accompagner 20 projets et créer 200 emplois en Alsace

En deux ans, Start Up de Territoire veut accompagner 20 projets et créer 200 emplois en Alsace

Jeudi 4 mai, l’association Start Up de Territoire organise des ateliers et rassemble à Strasbourg plus de mille personnes afin de trouver des solutions à des problèmes locaux. Au bout de la journée, 20 projets seront sélectionnés pour être accompagnés pendant deux ans. L’expérience doit permettre de créer 200 emplois en Alsace.

Développer les sports chez les personnes âgées, la permaculture, les véhicules non-polluants et créer 200 emplois en Alsace en deux ans, voilà l’ambition de Start Up de Territoire.

Pour cela, l’association, soutenue par Alsace Active et le Labo, réunit jeudi 4 mai à partir de 15h30 au Rhénus à Strasbourg environ mille personnes d’origines et d’âges divers : volontaires, entreprises ou tout simplement citoyens. Il est d’ailleurs toujours possible de rejoindre l’expérience.

Les participants sont ensuite répartis selon leur choix, dans une centaine d’ateliers abordant des thèmes très divers : l’agriculture, les personnes âgées, le tourisme, ou encore l’éducation, entre autres. En tout, onze problématiques différentes.

Pendant une journée, les animateurs ont testé les techniques qu'ils mettront en place dans leurs ateliers le jeudi 4 mai.
Pendant une journée, les animateurs ont testé les techniques qu’ils mettront en place dans leurs ateliers le jeudi 4 mai (Photo Start Up de Territoire)

Une vingtaine de projets accompagnés pendant deux ans

L’événement doit faire émerger plusieurs dizaines de projets, qui seront défendus par leurs créateurs sous forme de pitch à la fin de la journée. Une sélection d’une vingtaine de projets seront accompagnés pendant deux ans.

Pour se distinguer, les projets devront respecter plusieurs conditions : avoir un fort potentiel de développement, un modèle économique viable et permettre une mobilisation citoyenne. Cependant, l’association espère que l’événement va donner l’impulsion nécessaire à d’autres projets pour qu’ils sortent de terre et se développent de leur côté.

Allier techniques et bienveillance pour alimenter la créativité

Pour favoriser la créativité, les animateurs ont profité d’une journée de formation, pendant laquelle ils ont pu tester eux-mêmes les méthodes qu’ils vont utiliser le jeudi 4 mai. Pour Cécile Dupré-Latour, à l’initiative de l’association, la technique d’encadrement des ateliers est importante, mais pas seulement :

« On essaie d’allier des techniques de management comme le brainstorming avec un état d’esprit optimiste, bienveillant et dynamique. Ça fait un peu Bisounours comme ça, mais on y croit. »

L’expérience a déjà été menée dans d’autres endroits : Marseille, Bordeaux et prochainement Lille, et est née à Romans, dans la Drôme, par le groupe Archer créé il y a 27 ans par Christophe Chevalier. La volonté était alors de réindustrialiser la ville, en créant une entreprise de fabrication de chaussures 100% recyclées ou une machine à laver inépuisable.

Chanson romantique sur beat électronique, The Pirouettes vendredi à La Laiterie

Chanson romantique sur beat électronique, The Pirouettes vendredi à La Laiterie

Vendredi 5 mai, The Pirouettes, duo français qui a le vent en poupe, vient faire danser le Club de la Laiterie sur les titres de « Carrément, carrément », leur premier album. Un arrêt à Strasbourg avant de retrouver la capitale, où leur concert à la Cigale annonce déjà complet.

Vicky Chérie et Leo Bear Creek sont en couple. Ils se sont rencontrés à Annecy, vivent à Paris, y jouent ensemble depuis plus de quatre années, ont écumé là-bas des dizaines de scènes qu’ils remplissent et ont enfin sorti un premier album, Carrément Carrément. C’était en septembre de l’année dernière, et depuis, les deux compères séduisent la France. Comment ? La recette est simple et en même temps très très délicate.

Nostalgie électronique

Leur musique est le parfait mélange de pop romantique en français et de musique électronique festive. Ayant rassemblé le meilleur des yéyé (France Gall est souvent reprise en concert, les mentions à Joe Dassin et son été indien foisonnent) et des années 80 (avec une chanson hommage à Pierre Bachelet, « 2016 »), on aurait pu imaginer un trop plein de naïveté et un côté rétro peut-être exagéré.

Mais les synthés, les beats et les arrangements électroniques sauvent le tout en rendant l’ensemble terriblement contemporain, et facilement addictif. Nostalgiques oui, mais surtout de l’instant présent.

Très jeunes, les deux compères savent pourtant depuis longtemps gérer leur groupe. Album sorti sur leur propre label, Kidderminster, clips toujours très ancrés dans leur esthétique mi-vintage mi-avant-garde, pochette réalisée par Vicky elle-même… Le groupe s’inscrit dans une dynamique DIY (« do it yourself »), à l’image de leurs références de toujours Adam Green et Kimya Dawson (dont on se souvient surtout pour la BO du film Juno).

Et s’ils sont maintenant passés à une formation scénique à 4, c’est bien sous l’impulsion de Vicky et Leo que tout se passe. Indépendance et liberté à peine revendiquées, mais pleinement choisies.

Sous la naïveté, une musique ancrée dans son époque

Il ne faut pas non plus se fier à l’apparente innocence de leurs paroles et de leur musique (« je suis carrément, carrément in love de toi »). Leur talent inné pour la punchline 100% honnête (« Je sais ce qu’ils veulent, et je joue le jeu, j’ai une putain de carrière devant moi ») doublé de leur indéniable capacité à brosser un tableau du présent (Signaux, sur l’ère Facebook) font d’eux un groupe à la fois ultra-actuel et assez insaisissable. Et surtout bien loin de l’image toute mignonne qu’on voudrait leur coller. Pour le vérifier, ce sera à la Laiterie Club, vendredi 5 mai, qu’il faudra aller.

Au Tramfest, les Strasbourgeois se rapprochent de l’Europe

Au Tramfest, les Strasbourgeois se rapprochent de l’Europe

Samedi 29 et dimanche 30 avril, des deux côtés du Rhin et à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle ligne de tram reliant Strasbourg à Kehl, Allemands et Français ont fêté l’Europe ensemble.

Samedi 29 et dimanche 30 avril, sur les deux rives du Rhin, de nombreuses festivités ont été organisées pour fêter le prolongement de la ligne D du tram de Strasbourg vers Kehl. Dès samedi matin les trams bondés ont fait l’aller-retour entre les villes désormais transfrontalières dans une ambiance de fête.

Parenthèse européenne

Samedi 29 avril, côté allemand, les concerts se font en français et en allemand. Sur le site on entend parler allemand, français, alsacien et une myriade d’autres langues. Une parenthèse européenne que les Strasbourgeois et Kehlois ont semblé apprécier.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : un week-end pour passer d’une rive à l’autre du Rhin et recommencer

Sur Rue89 Strasbourg : tous nos articles sur l’extension du tram vers Kehl

[/bordure]

À la Meinau, le Racing n’a pas su capitaliser sur l’affluence des années en amateur

À la Meinau, le Racing n’a pas su capitaliser sur l’affluence des années en amateur

À trois journées du terme du championnat, le Racing Club de Strasbourg occupe la tête du classement, un résultat largement au-delà des attentes formulées par les dirigeants et les supporters l’été dernier. Un bémol à cette saison enthousiasmante : l’affluence à la Meinau a tardé à atteindre les sommets que le bon classement aurait dû laisser entrevoir.

De sa traversée du désert parmi les amateurs, on a retenu les records d’affluence décrochés par le Racing, respectivement face à Schiltigheim en CFA 2 (10 883 spectateurs), Mulhouse en CFA (20 044) et Colomiers en National (26 723). Le retour en deuxième division aurait logiquement dû emprunter la même trame, encore motivé par l’émulation avec le grand manitou des affluences, le RC Lens. Mais les journées passent, les buts s’enfilent comme des perles et on attend toujours le Grand soir.

Élément révélateur : l’affluence moyenne à la Meinau était jusqu’à la rencontre face au Havre, le 28 avril, inférieure à celle de la saison dernière.

Certes les dernières rencontres ont enfin attiré du monde rue de l’Extenwoerth et c’est comme si l’imminence de la fin de saison réveillait les soutiens de la vingt-cinquième heure. L’équarrissage début mars du leader brestois a donné le ton et certainement convaincu les 17 514 présents et de nombreux sceptiques devant leur télévision. Suivront le simili derby contre Sochaux et la réception d’Ajaccio, devant enfin plus de 20 000 personnes.

La montée en première division ayant cessé d’apparaître comme une vaine utopie, on assiste ces derniers jours au même ballet qu’il y a un ou deux ans, à la recherche de billets quel qu’en soient le prix ou à la mise en place de files d’attente sur la billetterie en ligne. On paiera 25 ou 30€, mais qu’importe, pourvu qu’on vienne au secours de la victoire.

Les deux derniers rendez-vous mobilisent une foule qui semble enfin prendre le temps de s’intéresser à nouveau au Racing : après les 25 000 et quelques spectateurs attirés face au Havre, il est acquis que le match contre Bourg-en-Bresse se disputera dans un stade comble.

Le stade de la Meinau franchement clairsemé, fin novembre contre Laval. (Photo MK / Rue89 Strasbourg / cc)

Marques de désaffection

Dans la foulée du déplacement emblématique de Belfort fin mai et de la célébration du titre sous un crachin dunkerquois, on aurait pu s’attendre à ce que la ferveur survive à un été sans Racing. Il n’en a rien été, ou si peu.

Seulement 16 009 spectateurs pour la première contre Amiens, un samedi après-midi ensoleillé. Normal, les gens sont en vacances. 16 522 dans les sièges deux semaines plus tard contre Nîmes, ils ne sont toujours pas rentrés. Suivent deux rencontres disputées un lundi soir dans un stade à moitié vide.

Certes, la tribune Ouest fait désormais partie du paysage, le succès est indéniable mais ailleurs, l’œil est contraint de s’habituer à ces quarts-de-virage désespérément vides, à cette populaire sud cernée de barrières et interdite d’accès, à cette tribune Familles clairsemée.

L’hiver arrive. Même Gilbert Gress perdait ses pouvoirs de démiurge à l’arrivée du froid. Entre octobre et mars – période durant laquelle le port de collant de ski est indispensable –, la Meinau se transforme en glaçon et on se résout difficilement à quitter son foyer douillet pour passer deux heures dans le froid. On redécouvre même les joies du match reporté, à 20h05 ce soir de janvier contre Tours.

Un calendrier incohérent

Seule éclaircie, au propre comme au figuré, au mois de décembre contre Lens : 22 062 personnes assistent à la démonstration de réalisme strasbourgeois dans une atmosphère festive et chamarrée. Mais le soufflé retombe aussi sec, puisque 8 500 personnes font défection la semaine d’après contre Niort.

Passé ce constat, y a-t-il des éléments d’explication à cette relative désaffection populaire ?

Le calendrier a brillé par son incohérence. On a ainsi disputé autant de rencontres (quatre) aux mois d’août et de septembre cumulés qu’au cours du seul mois de février. Autre point : maintes rencontres ont été décalées au samedi après-midi ou au lundi soir, contraignant les supporters aux agendas les moins flexibles à renoncer au match.

On a déjà mentionné l’hiver alsacien, ajoutons une grille des tarifs ressentie comme largement inadaptée. Evidemment, il fallait s’attendre à la disparition des prix open bar des années amateurs : fini le temps du billet offert pour chaque billet acheté – et revendu par certains supporters peu scrupuleux – ou du zonage approximatif permettant de débourser une dizaine d’euros pour se retrouver à proximité des tribunes présidentielles.

Des tarifs éloignés des cibles populaires

Mais le club n’y est pas allé de main morte. Impossible de prendre un abonnement en populaire debout, traditionnel « produit d’appel », ni en quart-de-virage. L’abonnement le moins cher correspond au nouveau Kop, comme si le club avait craint que cette grande tribune Ouest ne sonne creux. Il n’y a pas de tarif intermédiaire : le deuxième tarif le plus accessible, pour ceux qui souhaiteraient vivre les matchs assis et au calme, dépasse déjà les 200€. Et encore, on est expédié en tribune Familles non-fumeur à l’autre bout du stade.

En dépit de ces tarifs franchement dissuasifs, la campagne d’abonnements sera plutôt fructueuse avec 7 573 cartes vendues à la fin du mois d’août. Deuxième volet du coup de massue, les prix à l’unité sont également prohibitifs, à hauteur de 16€ en quart-de-virage, avec un supplément en caisse du soir. De quoi refroidir les achats impulsifs.

A y regarder de plus près, il semble que la direction commerciale du Racing se soit laissée emballer par les affluences irrationnelles des printemps 2015 et 2016, qui virent une foule toujours plus nombreuse se masser dans l’espoir de grimper sur le podium puis l’année d’après dans l’attente de l’officialisation de la montée.

Elle a omis de considérer l’impact psychologique du prix, le facteur météo, l’indécrottable versatilité du public, ce qui l’a conduit à quasiment brader les billets au travers de packs, faisant presque regretter aux abonnés d’avoir payé bonbon en août pour manquer la moitié des matchs décalés au samedi ou au lundi.

Alors que la première division fait tourner bien des têtes, il est souhaitable que le Racing tire les conclusions de cet exercice mitigé d’un point de vue affluence. Il reste à espérer que le public alsacien ne se détournera pas aussi vite de son club qu’il est revenu vers lui ce printemps.

À l’inauguration du tram franco-allemand, l’Europe aux abonnés absents

À l’inauguration du tram franco-allemand, l’Europe aux abonnés absents

Aucun représentant européen n’a participé à l’inauguration de l’extension de la ligne D du tram, qui devient transfrontalière en reliant Strasbourg à Kehl en Allemagne. Une occasion manquée d’incarner un symbole.

Pour l’inauguration officielle de l’extension du tram D vers Kehl, deux trams pleins d’invités ont pu traverser le Rhin vendredi 28 avril. Depuis samedi, c’est fait, le tramway de Strasbourg est officiellement transfrontalier. Son extension au Port-du-Rhin et son arrivée à Kehl sont dûment fêtés ce 

Lisez la suite pour 1€ seulement

    Jouez un rôle actif dans la préservation de la pluralité médiatique Plongez en illimité dans nos articles et enquêtes exclusives Participez librement à la discussion grâce aux « identités multiples »

Je m’abonne 

Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous

Lignes de Ville, une application pour (re)découvrir Strasbourg depuis sa place de tram

Lignes de Ville, une application pour (re)découvrir Strasbourg depuis sa place de tram

L’application Lignes de Ville, lancée le 29 avril à l’occasion de l’ouverture de la ligne rejoignant Strasbourg à Kehl, a pour objectif d’agrémenter les déplacements en tram. Le projet, issu de trois agences locales et soutenu par la CTS et l’Eurométropole, espère s’étendre sur tout le réseau de tram strasbourgeois.

Lignes de Ville, d’abord développée sur la ligne D, est une application gratuite pour smartphones qui a été conçue dans l’objectif de faire découvrir Strasbourg aux usagers du tram. Mini-reportages, illustrations et contenus narratifs géolocalisés animent les trajets et permettent d’apprendre sur l’histoire de chaque arrêt, et derrière chaque station, sur l’histoire de chaque quartier traversé par la ligne. Lancée samedi à l’occasion du TramFest qui fêtera la prolongation de la ligne D vers Kehl en Allemagne :
« Chaque station de tram dissimule un ou plusieurs chapitre(s) à parcourir en quelques minutes. On participe au premier combat de boxe de Rachid à Landsberg, on explore le passé des Halles sur les pas de la petite fille au bretzel, on frémit à la lecture des inquiétantes légendes urbaines contées par Léo Henry à l’Hôpital de Hautepierre, on redécouvre l’Eurodistrict vu du ciel… »

Une application franco-allemande made in Strasbourg

L’application a été créée par l’agence digitale Data Projekt, la société de production Red Revolver et Obella Editions, elle est soutenue par la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) et l’Eurométropole de Strasbourg. Cependant, bien qu’elle soit portée uniquement par des acteurs locaux, l’application se dit « franco-allemande » car une partie de son contenu sera aussi disponible en allemand. D’autres éléments sont fournis par Arte, mais aussi par l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), et la filmothèque régionale MIRA.
Après la ligne D, c’est sur la ligne E que l’application compte s’étendre (docu remis)
#Obella Editions

Le tram de l’enfer

Le tram de l’enfer

Ce samedi 29 avril, le tramway transfrontalier effectue son grand retour entre Kehl et Strasbourg. Les usagers allemands risquent cependant d’être quelque peu décontenancés par l’ambiance d’entre-deux tours qui règne du côté français.

Dessin de Piet.
Dessin de Piet.

L’Elastic Bar : renouveau underground à la Krutenau

L’Elastic Bar : renouveau underground à la Krutenau

L’Elastic est un bar mythique de Strasbourg. Repris par deux associés il y a un peu plus de six mois, il affiche une programmation éblouissante autour de deux thèmes : l’art et l’underground !

L’Elastic, bar mythique de la Krutenau à Strasbourg, a rouvert ses portes le 15 septembre après deux mois de travaux et c’est Fabien qui en est aux commandes. Ancien chef de cuisine, il m’explique comment il en est venu à tenir ce bar :

« C’est par amour du lieu ! J’ai travaillé comme extra à l’Elastic de 2015 à 2016. Sur la fin, on a vraiment senti la situation péricliter, c’était vraiment dommage… J’ai dû prendre un peu les choses en main ; je m’occupais du personnel, gérais les artistes… Puis mon associé et moi avons été contactés par l’ancien propriétaire du fonds de commerce qui nous connaissait et qui savait quelles étaient nos compétences. Il voulait savoir si on pouvait l’aider à trouver une solution pour ce bar. On s’est regardés on s’est dit : allez, on le fait ! On ne pouvait tout simplement pas laisser l’Elastic à quelqu’un d’autre. On a une trop grande histoire d’amour avec ce bar. »

 

Elastic Bar

« Remettre l’Elastic sur le devant de la scène culturelle »

Si Fabien et son associé tenaient tant à reprendre ce bar, ce n’était pas pour y effectuer un renouveau total mais plutôt pour retrouver l’essence même de ce lieu : l’underground !

« On tient vraiment à garder l’identité underground de l’Elastic. On souhaite revenir aux fondamentaux, à savoir la promotion d’artistes, qu’ils soient, musiciens, photographes, plasticiens… On veut remettre l’Elastic sur le devant de la scène culturelle et artistique. Notre objectif, c’est de rendre l’Elastic aux artistes et au public. Pour cela, on a démultiplié les efforts ! On veut restituer le lieu en entier, le travailler de haut en bas ! »

Cela passe évidemment par la programmation. Depuis sa réouverture, les concerts s’y multiplient avec une énergie constante et une diversité qui se faisait rare à Strasbourg. Mais Fabien, qui a des paillettes plein les yeux en me parlant de son bar, veut faire bien plus encore que promouvoir la musique :

« On a plusieurs événements de prévus : une expo photo, une expo d’illustrations par le tatoueur Xav Le Pirate, … On a aussi organisé un Tattoo Flash avec l’équipe d’Asphalt Jungle. Le tattoo est pleinement implanté dans l’art, il est identifié comme tel. Mais ça reste tout de même un milieu particulier à faire découvrir à un plus large public. Reynald sera là pour accueillir tout le monde et parler de son travail. Il y aura également un concert de rock alternatif avec le groupe Dazed… »

Ouvert la nuit, bien vivant le jour

Mais le nouvel Elastic ne sera pas qu’un lieu ouvert la nuit :

« On a organisé un “electro vide-dressing” avec la terrasse en plus. Imagine, tu pourras écouter de la bonne musique et manger une gaufre avec ton jean acheté trois euros sous le bras ! On pense également faire des projections de vieux films et des soirées retrogaming. Je ne peux pas trop en dévoiler non plus ! Mais on a prévu de bons événements ! Il y a plein de concepts qui nous tiennent vraiment à cœur… »

En gentleman, Fabien accepte quand même de m’en dire un peu plus et de me révéler un autre de ses gros projets :

« Cet été, on a envie de faire plaisir aux Strasbourgeois qui restent ici. On va organiser le premier festival electro dans un bar ! Il commencera l’après-midi et durera jusqu’à la fermeture. Il y aura un large panel de DJs pendant quasiment une semaine. On passera de la drum and bass au hardtech, sans oublier la house… Il y aura la terrasse et on prévoit aussi une petite restauration. On pourra venir se faire son petit délire electro en short et en claquettes ! »

Elastic Bar
La déco très tattoo de l’Elastic (photo Lulu / Rue89 Strasbourg)

Ouvrir ses portes à tous les groupes

Fabien propose une programmation très variée. En avril, par exemple, le public a pu assister au concert d’une chanteuse américaine ainsi qu’à du « power manouche », de l’electro-pop, du rock alternatif… Ce qui a pour effet d’apporter un public hétéroclite dans ce bar.

Cette diversité s’explique par la volonté qu’a l’Elastic d’ouvrir ses portes à tous. En effet, selon le style musical proposé, certains groupes peinent à pouvoir jouer dans le centre de la ville, comme l’explique le barman :

« Je me rappelle d’une soirée hardcore vraiment géniale, c’était un bordel mémorable ! Les gens m’avaient remercié d’avoir remis ce style musical au goût du jour. Pas mal de groupes se plaignent de ne plus savoir où jouer, alors à l’Elastic on les accueille avec plaisir. Redonner une place à tous ces sons, c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse depuis le rock fifties jusqu’au thrash hardcore ! »

Elastic Bar
À l’Elastic, on boit des bières et on s’asseoit dessus. Ou l’inverse. (Photo Lulu / Rue89 Strasbourg)

Promouvoir les artistes locaux undergrounds est l’un des objectifs phares de l’Elastic. Étant moi-même une grande passionnée de cette thématique, je ne peux m’empêcher d’interroger Fabien sur ses propres motivations :

« J’adore rencontrer les gens. Je suis quelqu’un de passionné. J’aime programmer, je prends un pied énorme à rencontrer des artistes, quelles que soient d’ailleurs leurs performances. Je ne suis pas un artiste, je n’ai pas une oreille musicale. Tout ce que je sais faire, c’est la cuisine ! Et c’est peut-être pour ça que j’ai tant envie de découvrir et de faire découvrir ces gens qui ont de si belles passions. Ils ont un don, un savoir-faire et ils partagent mes valeurs. Et les accueillir à la maison, ça fait vraiment plaisir. »