Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Transformation de la ligne 15 de bus en « L1 », plus efficace, le 29 avril

Transformation de la ligne 15 de bus en « L1 », plus efficace, le 29 avril

Pas de révolution, mais des petites améliorations tout le long du trajet de la ligne 15, qui devient la « L1 » la première « ligne structurante » du réseau de bus de la CTS, le 29 avril.

Encore quelques jours et la bonne vielle ligne 15 ne sera plus qu’un souvenir. Bienvenue à bord de la « L1 » entre la Robertsau et Lingolsheim.

À mi-chemin entre les bus classiques et les bus à haut niveau de service (BHNS – la ligne G entre la gare et l’espace européen de l’entreprise) cette ligne bénéficie de quelques aménagements tout au long du parcours, qui reste inchangé.

Priorité aux feux, couloirs de bus

Ces bus seront prioritaires à 25 carrefours à feux. En plus de cela, ils bénéficient de nouveaux de couloirs spécifiques, le plus long étant le long de l’hôpital civil (quais Pasteur, Menachem Taffel et Fustel de Coulanges).

Des Strasbourgeois vont monter en L1 fin avril, et pour le moment il ne s’agit pas de football (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Des bus plus ponctuels

Quatre stations (Tanneries, Hôpital Civil, Etoile Bourse et Observatoire), sur la quarantaine le long de l’itinéraire, sont dotés de distributeurs à billets. Attention, un ticket acheté à bord coûte désormais 2 euros, contre 1,70 euros à une station ou 1,60 euros pour la version numérique, sur une carte.

Ces améliorations devraient faire gagner 4 à 5 minutes sur environ 1 heure de temps de trajet total. Surtout, ils devraient augmenter la ponctualité, espérée à 80%. Enfin, autre amélioration notable, les derniers bus partent plus tard le soir, à 00h30 du centre-ville, comme les tramways.

La ligne 15 sera la première à être transformée en "ligne structurante" (doc Eurométropole / CTS)
La ligne 15 sera la première à être transformée en « ligne structurante » (doc Eurométropole / CTS)

Le début de plusieurs changements

Le changement sera effectif le samedi 29 avril, en même temps que l’extension du tram D vers la gare de Kehl (un tram sur deux s’arrêtera au Port-du-Rhin) et le changement de trajet de la ligne 10, qui va désormais contourner les quais au sud de la grande-île, bientôt transformés en zone de rencontre, par la Krutenau.

D’après nos informations, les lignes 2, 4 et 6 seront les prochaines à connaitre une amélioration comparable. Huit millions d’euros jusqu’à 2020 sont provisionnés.

#ligne 15

Marc, banquier de gauche, cherche toujours un ennemi de la finance

Marc, banquier de gauche, cherche toujours un ennemi de la finance

Banquier à la retraite, Marc a toujours voté pour le candidat du Parti socialiste aux élections présidentielles. Encarté à 40 ans, il a déchiré sa carte du PS au début du mandat de François Hollande. Engagé contre la finance, il a fini par se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon.

La gauche, Marc est tombé dedans quand il était petit. À 67 ans, le retraité est très fier de ne jamais en être sorti. Son père, cadre à la Sécurité sociale, s’est toujours engagé comme syndicaliste au sein de FO (Force ouvrière). Sa mère, au foyer et grande lectrice, s’était forgée une solide culture politique. La politique s’invitait régulièrement à table :

« Historiquement, génétiquement, on vote à gauche dans ma famille. Mais attention ! On a toujours combattu les extrêmes, de gauche comme de droite. »

Né après la guerre, cet enfant des 30 Glorieuses se considère comme un privilégié :

« Petit, j’ai eu le confort à la maison. Mon père a pu construire une maison. On partait chaque année en vacances. J’ai été embauché juste avec le bac. Si un patron ne me plaisait pas, je pouvais trouver autre chose. J’ai eu une chance incroyable que mes enfants et mes petits enfants n’auront plus. Il faut arrêter le libéralisme à outrance. Il y a huit milliardaires qui gagnent autant que la moitié des gens de la planète. Il faut une répartition plus juste. À 67 ans, je me bats encore parce que je ne veux pas laisser ce monde là à mes petits enfants. »

Conforté dans ses convictions grâce aux gens de droite

Ses petits enfants, le colmarien vient les voit chaque semaine, à Strasbourg. À quelques pas de la gare, il s’agace d’entendre que certains mettent la droite et la gauche « dans le même sac ». Pour lui, la différence est très claire :

« À gauche, ce sont les valeurs humaines qui priment. À droite c’est d’abord des valeurs de fric. »

Directeur de banque à la retraite, Marc reconnaît avoir été une exception dans son milieu professionnel, où il était de bon ton d’être de droite. Fréquenter des gens de droite et s’imposer parfois la lecture de magazines comme Valeurs Actuelles, n’a fait que renforcer ses convictions. L’autre phénomène qui l’a conforté dans ses opinions politiques, c’est la montée du Front National en Alsace, à laquelle il a assisté, incrédule :

« J’ai honte de mes compatriotes alsaciens. Quand je marche dans les rues, je me dis qu’une personne sur quatre que je croise vote FN. Je n’arrive pas à comprendre, surtout au regard de l’histoire de l’Alsace… Je me demande comment les gens votent ! Je me dis qu’on pourrait faire passer un petit test au gens avant qu’ils mettent un bulletin dans l’urne, avec quelques questions, juste pour être sûr qu’ils ont au moins lu les professions de foi des candidats. »

Marc est un banquier... qui espère un candidat ennemi de la finance (Photo IN / Rue89 Strasbourg / cc)
Marc est un banquier… qui espère un candidat ennemi de la finance (Photo IM / Rue89 Strasbourg / cc)

Le banquier ennemi de la finance

À gauche toujours, mais jamais encarté, Marc a décidé d’adhérer au Parti socialiste vers ses 40 ans. Mais son engagement au sein du PS s’est rapidement limité au paiement de sa cotisation « pour soutenir la cause » :

« J’ai dû coller des affiches par obligation. J’ai assisté à une ou deux réunions aussi. On pouvait discuter mais les grandes orientations du Parti sont décidées à Paris et ce qu’on disait ne remontait pas. »

Lors de la précédente élection présidentielle, le retraité a mis un bulletin François Hollande dans l’urne, même s’il avait soutenu Arnaud Montebourg à l’élection primaire. Il se souvient de son enthousiasme à l’écoute du discours du Bourget, le 22 janvier 2012 :

« Hollande a dit “j’ai qu’un adversaire”, sans préciser lequel dans un premier temps. Je me suis alors dit que Sarkozy allait en prendre pour son grade ! Et là, il a lancé : “c’est la finance”. J’étais emballé, j’avais retrouvé mes valeurs. »

Sa carte du PS renvoyée en petits morceaux

Le 6 mai 2012, le colmarien a débouché une bouteille de crémant pour fêter la victoire du septième président de la Ve République. Mais la gueule de bois n’a pas tardé. François Hollande est revenu sur sa promesse de renégocier le traité de Lisbonne. Le militant a déchiré sa carte du PS et l’a renvoyée en petits morceaux dans une enveloppe à l’adresse de son bureau :

« Hollande a tout renié. On a vite compris que c’était les lobbys, les grands groupes industriels français qui dirigeaient. On était loin du “mon ennemi c’est la finance”. »

Passée la colère, Marc s’est cherché une nouvelle famille de convictions. Il s’est nourri des publications du collectif Roosevelt et s’est retrouvé un temps dans le parti Nouvelle Donne, mouvement politique lancé par Pierre Larrouturou, en 2013. Puis peu à peu, ce sont les idées de Jean-Luc Mélenchon qui l’ont séduit :

« J’ai lu tous ses livres et son programme. C’est un humaniste. J’adhère à son projet de VIe République. Je me retrouve dans son combat contre la finance, les paradis fiscaux, dans son envie de remettre un genre de taxe Tobin. Mais je ne suis pas d’accord avec 100% de ses idées. Sur l’Europe, notamment, moi l’Alsacien et pro européen, je trouve qu’il est brutal quand Mélenchon dit qu’il va menacer Merkel de sortir de l’Europe pour la faire plier. Je n’y crois pas. Sur l’Europe, je suis plutôt Hamon. Mon autre point de divergence avec Mélenchon, c’est qu’il veut arrêter le Concordat. Il faut arrêter de financer les pasteurs, les prêtres, etc, en Alsace-Moselle, mais pour le reste, il y a plein de choses très bien dans le Concordat, comme le système de Sécurité sociale qui est le plus beau de France ! (C’est en fait une disposition du droit local alsacien mosellan, ndlr). Il ne faut pas supprimer ça, mais le généraliser. »

Jean-Luc Mélenchon aura donc sa voix au premier tour de l’élection présidentielle. Ni prophète, ni devin et ne croyant plus guère aux sondages, Marc assure pourtant que Marine Le Pen ne passera pas le second tour de l’élection :

« Il n’y a pas de réserve de voix pour le FN au second tour. »

Et si Marine Le Pen est au second tour, Marc précise qu’il votera pour un républicain, quel qu’il soit. L’homme de gauche a déjà voté une fois à droite, pour Chirac, au second tour, en 2002. Contre le père de la candidate FN :

« Je fais encore la différence entre le programme du FN et celui de Fillon ! »

Présidentielle : à l’approche du premier tour, l’étonnant silence des décideurs strasbourgeois

Présidentielle : à l’approche du premier tour, l’étonnant silence des décideurs strasbourgeois

Quelle drôle de campagne présidentielle où à Strasbourg les plus grands décideurs PS semblent… indécis entre Benoît Hamon, le candidat de leur parti, et Emmanuel Macron. Alors le silence prévaut.

L’Alsace n’a pas beaucoup d’élus socialistes. Mais le PS est toujours majoritaire à Strasbourg et son agglomération. Les six élus de gauche les plus en vue sont les deux députés Philippe Bies et Éric Elkouby, le sénateur Jacques Bigot, le maire de Strasbourg Roland Ries et son premier adjoint Alain Fontanel, ainsi que le président de . . .

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Contre « une aventure populiste », Roland Ries laisse entendre que le vote Macron est souhaitable

Contre « une aventure populiste », Roland Ries laisse entendre que le vote Macron est souhaitable

Le maire de Strasbourg avait jusqu’ici dit qu’il voterait pour Benoît Hamon. Un dernier communiqué laisse entendre, sans le dire, que Roland Ries préfère Emmanuel Macron au candidat du parti socialiste.

À trois jour du premier tour de l’élection présidentielle, le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) semble finalement pencher pour Emmanuel Macron ou du moins le laisse entendre fortement. Dans un communiqué, le maire appelle ses « concitoyens à prendre leurs responsabilités » :
« À trois jours du scrutin, il faut privilégier l’essentiel et assurer tout ce qui pourra préserver nos valeurs : l’Europe, la paix, la sécurité, la solidarité, la capacité à réformer et à faire avancer le pays vers une nouvelle croissance mieux partagée. »

Si l’on suit les sondages…

Qui porte le mieux ces valeurs ? Son texte ne donne aucun nom. Mais Roland Ries se dit défavorable à un second tour avec « deux propositions populistes, anti-européennes, anti-Otan, et particulièrement dangereuses pour notre économie » ou « entre une candidate d’extrême droite et un candidat de droite bousculé par les affaires ». Autrement dit, pas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ni entre François Fillon et Marine Le Pen. Le terme « privilégier l’essentiel » suppose que le candidat de son parti, loin du quatuor de tête dans les sondages, n’est pas à même de les défendre au second tour. Par élimination, il ne resterait plus que… Emmanuel Macron. Roland Ries dit calquer sa position sur le Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui attaque nommément les programmes de Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon dans sa propre déclaration. Sans mentionner sa préférence entre les deux ministres qu’il a côtoyé au gouvernement.

Loyal avec le résultat de la primaire jusque-là

Roland Ries avait été aperçu à un des premiers meeting d’Emmanuel Macron en juillet, mais depuis avait pris ses distances avec l’ancien Ministre de l’Économie, une fois qu’il a quitté le gouvernement et renoncé à participer à la primaire du PS et ses alliés. Après la primaire, où il avait soutenu Manuel Valls, l’édile avait tout de suite dit qu’il soutenait Benoît Hamon et réaffirmé ce vote par la suite, sans pour autant faire campagne activement.
Roland Ries va finalement voter pour Emmanuel Macron (Photo Pascal Bastien)

Comme son premier adjoint, Alain Fontanel

Sa décision intervient deux jours après celle de son premier adjoint, Alain Fontanel, qui a clairement dit voter pour le candidat d’ »En Marche », avec des arguments similaires. Les réactions dans une partie de sa municipalité, qui fait campagne pour Benoît Hamon, risquent d’être courroucées, bien que chacun peut interpréter ce texte là comme il l’entend. Le choix d’Alain Fontanel a par exemple été qualifié de « personnel et opportuniste » par un autre adjoint au maire, Mathieu Cahn. Tout en sous-entendus, toujours.

Gagnez des places pour « Une idée folle », réinventer l’école, mardi 25 avril au Star St-Ex

Gagnez des places pour « Une idée folle », réinventer l’école, mardi 25 avril au Star St-Ex

Les cinémas Star, le Club de la Presse et Rue89 Strasbourg proposent mardi 25 avril une soirée spéciale autour du documentaire « Une idée folle » sur les pédagogies alternatives, de Judith Grumbach. Vous pouvez gagner des invitations pour cette soirée.

L’éducation n’a guère été présente dans les débats politique précédent l’élection présidentielle. Le changement viendra peut-être de la base, comme le montre un documentaire très proche du réel que Rue89 Strasbourg vous propose de découvrir mardi 25 avril à 20h au Star Saint-Exupéry, en partenariat avec les cinémas Star et le Club de la Presse de Strasbourg.

Le pitch

Tourné dans neuf établissements scolaires – publics et privés, de la maternelle au collège, aux quatre coins de la France, Une Idée Folle pose la question du rôle de l’école au XXIe siècle, à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation. À quels défis les citoyens de demain vont-ils devoir faire face et comment les y préparer ? En cultivant l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiative ou encore la confiance en soi et l’esprit critique chez les élèves, en parallèle des savoirs fondamentaux, les enseignants de ces écoles font un rêve fou : celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure.

La soirée

Après le film, Isabelle Maradan, journaliste à Rue89 Strasbourg et spécialiste de l’éducation, vous propose d’échanger avec nos invités :

    Cécile Cozien enseigne aujourd’hui à l’école primaire privée « La Mosaïque » (d’inspiration Freinet) à Schiltigheim, après 30 ans d’expérience dans l’enseignement public, Jean-François Tavernier, enseignant en histoire-géographie au collège de Barr, est investi depuis plusieurs années dans les expérimentations et les innovations pédagogiques, Marc Weisser, ancien instituteur et maître-formateur, est aujourd’hui professeur à l’université de Haute-Alsace en Sciences de l’éducation et membre du Comité d’orientation scientifique et pédagogique de l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation) d’Alsace.

Le concours

Après cinq ans d’études, des stages ou la vie en pause

Après cinq ans d’études, des stages ou la vie en pause

Après Sciences-Po, un master en relations internationales et plusieurs stages, Maëva pensait qu’elle trouverait un emploi à la hauteur de ses qualifications. Mais deux ans après le diplôme, elle cherche encore et refuse d’enquiller un énième stage. Elle raconte ici l’expérience d’une génération qui galère face à un marché de l’emploi parasité.

Après cinq ans d’études post-bac et trois stages longs, me voici arrivée sur un marché du travail… inexistant ! En faisant mes choix d’orientation et en intégrant l’université (l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg plus précisément), personne ne m’avait prévenue que les études, ça ne préparait pas à un métier, mais à un horizon infini de stages et autres emplois déguisés en services civiques, et que ceux qui décidaient d’abandonner l’espoir de trouver un job correspondant un tant soit peu à leur parcours pouvaient toujours se recycler en professeur remplaçant de l’Éducation nationale ou en livreur Deliveroo.

Premiers pas dans la recherche d’emploi, euh, de stage

J’ai réalisé un premier stage de six mois au sein d’une ambassade dans le cadre de ma deuxième année de Master (jusqu’ici, tout allait bien). Les personnes qui y travaillaient m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas m’aider pour trouver mon premier emploi car les postes vacants dans les services où ils avaient des contacts n’étaient ouverts qu’aux titulaires d’un concours de la fonction publique.

Deux mois avant la fin de mon stage, j’ai donc commencé à chercher des offres d’emploi. Après de longues heures passées sur indeed et consorts, l’angoisse s’est mise à monter : à côté de toutes les offres me paraissant intéressantes était écrit le mot « stage ». Parfois, le type de contrat n’était pas précisé dans l’intitulé, mais j’ai vite appris à modérer mes poussées soudaines d’espérance en allant vérifier tout en bas de l’annonce la présence inéluctable du mot « stage ».

Manifestation contre la prolifération des stages... en 2008 (Photo Damien Roué / FlickR / cc)
Manifestation contre la prolifération des stages… en 2008 (Photo Damien Roué / FlickR / cc)

Conventions bidons et université chilienne

Un peu effrayée par ce que j’avais vu, j’ai décidé de faire l’autruche et de me dire qu’après un deuxième stage, ce serait plus simple de trouver un vrai contrat de travail. J’ai donc répondu à quelques offres, et j’ai été assez vite retenue pour un stage dans un grand groupe français du CAC 40.

N’étant plus inscrite à l’université, je n’avais plus les moyens d’obtenir une convention de stage par la voie « classique ». J’ai alors fait quelques recherches sur internet et je suis vite tombée sur un site proposant des conventions de stage. J’ai d’abord demandé aux ressources humaines de cette entreprise s’ils acceptaient ce genre de conventions (« pas de problème », m’ont-ils répondu), avant de me résoudre à débourser les 500 euros demandés par l’organisme en échange de la convention « envoyée sous 48 heures ». J’ai également obtenu un certificat étudiant attestant de ma scolarisation officielle au… Chili ! C’est sympa le Chili, j’adorerais y aller quand j’aurai un emploi.

Cette convention a ensuite été signée par une entreprise dans laquelle l’État français détient près d’un tiers des actions. Une de mes amies a tenté d’utiliser le même organisme pour effectuer un deuxième stage après son Master, mais la librairie qui devait l’accueillir a refusé de signer cette convention en expliquant que ce n’était pas légal et que ça ne passerait pas les contrôles de l’administration. Plus on est gros et lié à l’État, plus on peut s’affranchir des lois ?

Dans le service, autant de stagiaires que d’employés

Un autre point m’a surpris lors de ce stage : le service dans lequel j’étais comptait plus de stagiaires que d’employés en CDD ou CDI ! L’expérience était certes formatrice, les missions intéressantes et la gratification mensuelle était fixée aux alentours de 1000 euros, soit au delà du seuil minimum de 554 euros. Il n’empêche que le service tournait grâce aux stagiaires, que cette situation n’était pas nouvelle et qu’elle n’était pas près de changer (aucun stagiaire ne s’est vu proposer de poste à l’issue du stage, et l’offre à laquelle j’avais répondu est régulièrement publiée).

En discutant avec d’autres jeunes fraîchement diplômés, j’en suis venue à la conclusion que cette situation n’est malheureusement pas un cas isolé : nombre de « stages » – ou pire encore, de « services civiques » – sont en réalité des emplois déguisés. C’est effectivement une stratégie gagnante pour les employeurs : après s’être acquittés d’une « gratification » dérisoire, le stagiaire peut être exploité à l’envi (les récupérations d’heures supplémentaires et les jours de congés étant réservés à l’élite détentrice d’un vrai contrat de travail), et remplacé à la vitesse de l’éclair par un autre jeune stagiaire, sans respecter le délai de carence normalement imposé par la loi.

Boom de l’emploi qualifié… réservés aux stagiaires

Il existe un vivier quasi-illimité de jeunes disposés à accepter des stages et services civiques, pour la simple et bonne raison qu’il n’existe pas assez d’offres d’emploi correspondant à leur formation.

Mais alors pourquoi existe-t-il autant d’offres de stages et de services civiques en rapport avec nos parcours universitaires ? La multiplication d’offres de formation en relations internationales / communication / culture / développement durable (liste non exhaustive mais représentative de mon cercle d’amis jeunes diplômés et en galère) a-t-elle contribué à créer une dynamique incitant les employeurs à ne plus créer de vrais postes mais à profiter du désespoir des milliers de jeunes laissés sur le carreau après avoir bûché pendant cinq ans en imaginant se préparer à leur futur emploi ?

Aujourd’hui, après cinq ans d’études et trois stages, l’angoisse se mêle à la colère et à un amer sentiment de s’être fait berner.

Combien de millions d’euros ?

Cela soulève également la question du gaspillage de l’argent public : combien de millions d’euros sont dépensés chaque année pour financer des filières d’enseignement qui ne correspondent pas aux besoins réels du marché du travail actuel ? Je ne compte plus le nombre d’amis diplômés qui, découragés après des mois de recherches infructueuses, renoncent à trouver un CDD ou un CDI correspondant à leur formation et acceptent n’importe quel boulot afin de pouvoir commencer à vivre une vie d’adulte indépendant.

La vie sur pause

Car même après quatorze mois de stages, soit quatorze mois passés à travailler à fond pour une gratification de misère, on n’a droit à rien, pas même au RSA parce qu’il faut attendre d’avoir 25 ans pour être officiellement considéré comme pauvre. Je refuse de signer pour un énième stage, mais en attendant j’ai mis ma vie sur pause et j’ai bien peur de devoir participer au grand gâchis qui consiste à accepter un emploi payé au SMIC pour lequel un BTS aurait été amplement suffisant. Choix qu’une de mes amies titulaire d’un Master en gestion de la culture et de deux stages longs s’est résolue à faire.

J’ai conscience d’avoir la chance de pouvoir encore m’appuyer sur mes parents, mais j’aimerais maintenant pouvoir leur montrer que je n’ai pas fait tout ça « pour rien » et que je suis capable de trouver un véritable emploi dans ma branche.

Un maraîcher strasbourgeois propose de distribuer fruits et légumes… en barque

Un maraîcher strasbourgeois propose de distribuer fruits et légumes… en barque

Strasbourg bientôt à l’avant-garde de la livraison alternative ? C’est en tout cas ce qu’espère Christophe Moeglin, via le projet qu’il a soumis à la Ville : parcourir en barque électrique les eaux de l’Ill pour ravitailler les Strasbourgeois en légumes et fruits de saison.

Une idée qui est tombée du ciel ? Pas tout à fait… Fondateur d’une petite PME de distribution de produits locaux « Au petit marché d’Alsace« , l’idée de livrer en barque lui trotte dans la tête, depuis qu’il apporte en Citiz à ses clients les 40 variétés de fruits et légumes produits issus de son domaine de 11 hectares, mieux connu sous le nom de « l’ilot de la Meinau« , situé rue de la Fédération, à coté d’un embranchement de l’Ill.

Dans les serres de l’Ilot de la Meinau, Christophe Moeglin inspecte les plants de courgettes et de tomates. Le lieu est idéal pour la culture des cucurbitacées. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)

Le domaine près de l’eau, les clients aussi

Le Strasbourgeois est ainsi vite devenu convaincu du potentiel du lieu, idéal selon lui, pour proposer des livraisons par voie fluviale :

« Les champs de pommes de terre et de salades, qu’on cultive ici, touchent directement le Rhin Tortu,  j’ai donc pensé assez rapidement à une barque pour charger les  légumes et les fruits à peine cueillis et les acheminer vers le centre-ville. Ça me permet de réduire l’usage de la voiture et d’éviter les désagréments du trafic en centre-ville. »

Idéalement, Christophe Moeglin souhaite que sa barque soit équipée d’un moteur électrique, pour rejoindre les quartiers de la Petite-France, de la Krutenau et de la Robertsau où se situent la majorité de ses clients, des restaurateurs et commerçants. Mais s’il souhaite ainsi réduire son empreinte carbone, il ne pourrait pas se passer complètement de la voiture :

« J’ai également une clientèle plus éloignée du centre, je continuerai donc à livrer avec Citiz dans les quartiers comme Koenigshoffen ou l’Elsau. L’objectif de la barque, c’est aussi de créer des marchés flottants itinérants. »

Son bateau chargé d’asperges de saison, de mâche et de différentes sortes de fruits, le marchand pense pouvoir attirer le chaland en quête de produits frais et provoquer un rassemblement quotidien ou hebdomadaire aux abords de sa barque.

La difficile étape des Voies navigables

Il a soumis sa proposition à la Ville de Strasbourg, détaillant les endroits où sa barque s’arrêterait pour approvisionner les amateurs de produits de saison. Elle pourrait ainsi s’amarrer à proximité du pont du Corbeau, du collège Saint-Étienne, du Parlement Européen et de la place de l’Étoile, avant de regagner le quartier de la Meinau.

 

C’est sur cette barque , fabriquée par Patrick Understock, le dernier batelier professionnel alsacien situé à Muttersholtz, que Christophe Moeglin compte commencer ses distributions de fruits et légumes.  (Photo : le Batelier du Ried)

Soutenu par la Ville, en débat à VNF

À la municipalité, le projet de Christophe Moeglin a été accueilli positivement. Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg (PS), en charge notamment du tourisme et du commerce, estime que cette barque électrique rentre dans la vision des projets économiques, sociaux et environnementaux que la Ville souhaite développer :

« Pour nous, c’est important de voir des projets émerger qui encouragent les circuits courts et le retour à des usages populaires et quotidiens de l’eau. C’est en cohérence avec notre politique. Je travaille en coopération avec Jean-Baptiste Gernet (adjoint au maire en charge des voies navigables et des déplacements à l’Eurométropole, ndlr) on vient d’obtenir des Voies navigables de France (VNF) une proposition de plusieurs emplacements d’arrêt pour la barque. »

Mais tout n’est pas réglé pour autant. Car si les emplacements sont en passe d’être validés par les Voies navigables de France, le maraîcher doit encore s’assurer que sa barque soit en mesure de circuler sans encombre sur les eaux strasbourgeoises. Or VNF peut se montrer une administration tatillonne, surtout lorsqu’il s’agit de projets innovants :

« À Strasbourg, les bateaux touristiques de Batorama disposent d’un monopole de fait du trafic fluvial depuis quelques années. Ça devient du coup de plus en plus difficile pour un petit bateau privé de circuler sur ces eaux, mais je pense avoir suffisamment d’expérience en navigation pour mener à bien ma barque sans entraver la route des autres. C’est à VNF de trancher. »

#Christophe Moeglin

La NeoCast 3 annulée à cause du désistement de YouTubeurs

La NeoCast 3 annulée à cause du désistement de YouTubeurs

Initialement prévue les 22 et 23 avril au Zénith de Strasbourg, la convention des vidéastes, la NeoCast 3 n’aura pas lieu. En cause, le désistement d’une quinzaine de chaînes YouTube sur les 80 annoncées.

Katharina, co-organisatrice de la convention NeoCast, a précisé sur Facebook les raisons de l’annulation de la troisième édition, évoquée par Rue89 Strasbourg la semaine dernière :

« L’annulation de la NeoCast demandait quelques précisions. Nous avons annulé l’événement car plus de 15 chaînes se sont désistées les 3 dernières semaines, toutes pour de sérieuses raisons et nous promettant de venir l’année prochaine. Par voie de conséquence, toute l’orga est devenue difficile et nous n’aurions pas été en mesure de tenir nos promesses. »

Dans son post, Katharina laisse donc entendre qu’une prochaine édition de la NeoCast devrait avoir bien lieu, mais l’an prochain.

Un rendez-vous pour les rescapés

Pour ceux qui ont réservé des billets de train ou des chambres d’hôtel irremboursables, le YouTubeur Sébastien Mineo organise un événement de secours, intitulé sur Facebook « Les Rescapés de la  NeoCast 3« . L’organisation n’est pas arrêtée mais les participants votent pour choisir leurs activités et leurs lieux de rendez-vous, comme la visite du Pixel Muséum ou le Meltdown, un bar dédié au jeu vidéo. La participation à l’anniversaire du Shadok, qui fête ses deux ans ce même week-end est également évoquée.

Lille préférée à Strasbourg pour la candidature française à l’Agence européenne du médicament

Lille préférée à Strasbourg pour la candidature française à l’Agence européenne du médicament

Le gouvernement français a choisi Lille, plutôt que Strasbourg ou six autres candidats pour tenter de récupérer l’agence européenne du médicament. Elle va déménager de Londres suite au Brexit. D’autres pays sont en lice.

Strasbourg espérait accueillir l’Agence européenne du médicament (EMA pour European Medicine Agency en anglais), localisée à Londres depuis sa création en 1994. Suite au référendum britannique qui a acté la sortie de l’Union européenne, elle va devoir déménager, tout comme l’Agence bancaire européenne (ABE).

Mais près de 10 mois après le vote et quelques jours avant de céder sa place, le gouvernement français a tranché. Lille représentera la France. Cette décision intervient une semaine après les auditions des huit candidats (Lens-Liévin, Lille, Lyon, Montpellier, Nice, Paris Sud-Villejuif, Strasbourg et Toulouse). La capitale du Grand Est ne figurait pas dans les trois villes pré-selectionnées.

(photo Public domain via visual hunt)

Lille, « cœur de l’Europe »

Dans un communiqué, le gouvernement estime que la ville dirigée par Martine Aubry (PS) « est idéalement située au cœur de l’Europe » et que « la France dispose d’un écosystème de santé (recherche, innovation, industrie) exceptionnel, dont Lille est l’un des pôles majeurs ». Il met en avant la bonne desserte en train de Lille, depuis Bruxelles, Londres Paris et son aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Strasbourg espérait que la présence de la pharmacopée européenne, sous l’égide du Conseil de l’Europe (47 pays), dédiée au contrôle des composés entrant dans la composition des médicaments, son Université, les laboratoires pharmaceutiques de la vallée rhénane, en Allemagne et en Suisse (Roche, Novartis, Merck, Serono et Eli Lilly près de Strasbourg) ou la présence du Parlement européen fassent la différence. C’est d’ailleurs un Alsacien, Fernand Sauer, qui avait assuré la direction de l’agence les six premières années.

D’autres villes sur les rangs

L’EMA dispose d’un budget de plus de 200 millions d’euros et environ 850 employés. Strasbourg l’aurait imaginé dans son nouveau quartier Archipel.

À l’étranger, on compte de nombreux candidats tels Copenhague, Stockholm, Dublin, Milan et Barcelone. Le Royaume-Uni a enclenché la procédure de sortie de l’Union européenne fin mars. Les négociations vont durer plus de deux ans.

« Tout n’a pas été fait »

Pour le conseiller municipal d’opposition Éric Sénet (droite, non-encarté) qui avait posté un message sur sa page Facebook le lendemain du Brexit, les responsabilités sont en partie locales :

« Tout n’a pas été fait depuis le départ par Roland Ries et Robert Herrmann pour rendre le dossier strasbourgeois incontournable et incontestable. Roland Ries, en ne prenant pas tout de suite au sérieux ma proposition formulée en conseil municipal en juin 2016, a fragilisé le dossier. Pour des questions politiciennes, parce que l’idée émanait d’un élu de l’opposition, l’exécutif municipal a tardé à étudier cette candidature et surtout à constituer un dossier sérieux. »

Il regrette que la candidature ne s’appuyait pas sur l’entente franco-allemande et l’Eurodistrict. Mais l’Allemagne a aussi Bonn comme ville candidate. Il estime également qu’avec cet « affront » l’État montre qu’il n’a pas conscience de l’importance de Strasbourg sur la scène européenne.

Locaux disponibles

Roland Ries, Robert Herrmann et Catherine Trautmann qui « prennent acte » de la décision via un communiqué ont d’autres raisons à avancer :

« Lille pouvait proposer une disponibilité très rapide des locaux envisagés, ce qui a compté de façon déterminante dans le choix de Matignon. »

Certaines sources parlent d’une décision concernant la future ville hôte dès le conseil européen prévu en juin.

Gagnez des places pour assister au spectacle António e Cleópatra

Gagnez des places pour assister au spectacle António e Cleópatra

Le Maillon propose aux lecteurs de Rue89 Strasbourg de tenter leur chance pour découvrir le spectacle António e Cleópatra, mis en scène par Tiago Rodrigues, jeudi 4 Mai à 20h30.

Le pitch

Dites l’un de leur nom, l’autre suit immédiatement. Notre mémoire ne peut les évoquer l’un sans l’autre. Plutarque écrit qu’à partir d’eux, l’amour est devenu la capacité de voir le monde à travers la sensibilité d’une âme étrangère.

Ils mêlent l’amour et la politique et inventent une politique de l’amour. Ils sont une histoire d’amour historique. Ils sont une romance basée sur des faits réels fréquemment romancés. Shakespeare leur a érigé un monument verbal qui a transformé, en un réel plus vrai que nature, ce qui ne leur est jamais arrivé. Dans le film de Mankiewicz, qui a mené la 20th Century Fox à la faillite, Richard Burton et Elizabeth Taylor ont été ce couple artificiel et véritable qu’ils n’ont jamais et toujours été.

Dans ce spectacle que Tiago Rodrigues écrit et dirige, Sofia Dias et Vítor Roriz sont le duo hic-et-nunc de ce qu’ils ont été autrefois. Ils sont et ne sont pas Antoine et Cléopâtre. Ils sont Antoine qui voit le monde à travers les yeux de Cléopâtre. Et vice versa. Toujours, vice versa. Vice versa, comme une règle de l’amour. Vice versa, comme une règle du théâtre. Ce spectacle consiste à voir le monde à travers la sensibilité des âmes étrangères d’Antoine et Cléopâtre.

Le concours

Pour participez il vous suffit de remplir le formulaire si dessous.

Deux bureaux de vote à Strasbourg testent d’autres modes de scrutin pour le premier tour

Deux bureaux de vote à Strasbourg testent d’autres modes de scrutin pour le premier tour

Les 2 500 électeurs des deux bureaux de vote de la Bourse à Strasbourg pourront tester dimanche deux modes de scrutins alternatifs, en même temps qu’ils voteront de manière traditionnelle.

La notion de « vote utile » aura traversé la campagne présidentielle. Pour y remédier, des chercheurs proposent de tester d’autres modes de scrutins aux électeurs des deux bureaux de vote de la Bourse à Strasbourg. Cette expérience aura lieu en même temps que le premier tour, dans le même isoloir. Il s’agit d’un second vote, qui n’aura aucun impact sur le scrutin officiel.

Les volontaires pourront tester deux types de scrutins : le vote par approbation et le vote par note. Les deux sont réalisés en un seul tour. Dans le premier cas, l’électeur choisit de mettre 0, pour montrer son désaccord, ou 1 à un ou plusieurs des onze candidats. Le gagnant est celui qui a obtenu le plus de soutiens.

Pour le vote par note, quatre différentes échelles de notation seront testées, distribuées de façon aléatoire : de 0 à 3, de -1 à 2, de 0 à 2 ou de -1 à 1. Celui avec le plus grand nombre de points est élu.

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Trouver une alternative au scrutin uninominal (Photo Wikimedia commons/cc)

Trouver un mode de scrutin qui évite la stratégie

Pour la présidentielle de 2012, l’expérience avait déjà était menée avec une notation allant de 0 à 20. Les chercheurs ont été confrontés aux mêmes problèmes d’interprétation des notes que dans l’éducation. L’expérience est donc menée une seconde fois, mais avec une échelle de notation plus restreinte.

L’objectif des chercheurs est de trouver le type de bulletin qui entraîne le moins de biais, et qui limite au maximum l’effet de stratégie et de vote utile. En 2012, environ mille personnes avaient participé à l’expérience à Strasbourg. Les résultats de l’expérience seront diffusés après le second tour des élections législatives afin de ne pas perturber les véritables votes.

Dimanche, « 28 clits later », soirée goregrind à la Maison Bleue. Soirée quoi ?

Dimanche, « 28 clits later », soirée goregrind à la Maison Bleue. Soirée quoi ?

Monolythe le collectif organise dimanche à la Maison Bleue à Strasbourg « 28 clits later », un show entièrement dédié au « goregrind. » Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Pas de panique, Josh, leur président, explique tout sur ce genre musical détonnant !

Monolythe, créé en 2014 par une petite bande de potes, a pour objectif de promouvoir des groupes et des artistes méconnus du grand public. Après avoir organisé de multiples concerts évoluant dans tous les sous-genres du metal, ils proposent une soirée dimanche à la Maison Bleue entièrement dédiée au « goregrind. »

Goregrind

Lulu : Josh, tu es le président de Monolythe le collectif, explique nous qu’est-ce que le goregrind…

Josh : « Décrire le goregrind n’est pas forcément une chose facile. Le plus simple serait presque de dessiner un arbre généalogique ! Pour faire bref, papa punk a eu trois enfants assez turbulents :

    le hardcore, plein de convictions, qui n’a pas peur d’imposer ses idées, le grindcore, qui comme son frère n’a pas peur de l’ouvrir, mais qui va même plus loin en rejetant une société qui ne lui convient pas, le goregrind, lui c’est le rigolo, qui est certes moins engagé politiquement, mais qui aime faire la fête, et provoquer avec humour sur les sujets qui dérangent aujourd’hui : la mort, le sexe et la drogue.

Le goregrind le plus classique se reconnait facilement : des rythmiques simples et festives, un son de guitare très saturé et des voix gutturales. Les chanteurs utilisent aussi souvent des pitch shifter. Là encore, il y a beaucoup de sous genres, il n’y a pas vraiment de règles et chacun le détourne à sa sauce. On retrouve donc des groupes alliant le goregrind avec l’électro, le reggae, le death metal, la dance ou même le fitness… »

Goregrind
Josh, lorsqu’il évoluait dans le groupe Clitorape

Très bien alors maintenant qu’on en sait un peu plus, est-ce que tu peux me parler des différents groupes qui se produiront dimanche ?

« Sept groupes venus de six pays se produiront à La Maison Bleue. Les tchèques de Gutalax sont actuellement un des groupes les plus populaires de ce style. Le deuxième groupe tchèque, Spasm, vaut également le détour. Un des seuls groupes qui évolue sans guitare : juste un trio batterie, basse, chant, un string de Borat et on y va !

On aura également les italiens de Guineapig, les autrichiens de Squirtophobic et les allemands de UxLxCxM qui évoluent dans un goregrind plus classique mais pas moins efficace.

Dans les style les plus improbables, on aura également le trio lyonnais AxDxT, qui a repris le concept du boys band made in 90’s en y ajoutant une touche porno / gore, ainsi que les suisses de Nostalgicle, un abominable groupe de reprise de morceaux cultes allant de Céline Dion à Survivor en passant par Johnny. »

Goregrind
Gutalax (doc remis)

Quel public attendez-vous ? Une majorité de Strasbourgeois férus du genre ?

« Au niveau du public, ce sera la grande surprise ! Bien sûr il y aura des Strasbourgeois, aussi bien des passionnés de grind que des curieux. On compte également beaucoup sur le public allemand, toujours fidèle au rendez-vous sur ce genre d’événement. On a également vendu des places en Suisse, en Belgique et en Bretagne. Ça fait vraiment plaisir que des gens soient prêts à faire le déplacement ! »

Est-ce que tu as déjà une idée de l’ambiance qu’il y aura ?

« Je suis certain que ce sera un super bon moment ! Les concerts commençant à 17h, on a invité un food truck originaire de Saverne, « FreshBe », qui propose des supers burgers classiques, végétariens et vegans. Tout a été mis en œuvre pour que les gens présents passent le dimanche le plus délirant de leur vie !

Nous allons également garnir la salle d’objets gonflables en tous genres, de confettis et de paillettes : les accessoires communs à tous les groupes et indispensables pour une fête réussie ! Et puis bien sûr chaque groupe a son propre thème, son jeu de scène qui lui est propre. »

Aucun stress donc à l’approche de la date ?

« Non, pas vraiment, même s’il faut tout de même préciser que la soirée « 28 clits later » est un événement particulier. D’abord nous n’avons jamais organisé une série de concerts de cette ampleur et tout une soirée 100% goregrind en France, c’est quasiment du jamais vu. »

Goregrind
Spasm (doc remis)

Il est vrai que le goregrind ne semble pas très connu ni très apprécié en France, saurais-tu expliquer pourquoi ?

« Je dirais même que la France est un des pays qui aime le moins le goregrind. On le retrouve beaucoup plus en Europe de l’Est avec la République Tchèque en tête, en Asie pacifique ou en Amérique latine. Je pense que les raisons sont essentiellement culturelles. Les Français sont très attachés aux bonnes mœurs. On en revient à une question bien courante : Peut-on rire de tout ?

Ce qui est sûr, c’est que les publics allemands, tchèques ou polonais saisissent toujours l’aspect second degré et l’ambiance est toujours géniale ! »

Et pour ta part, quand as-tu découvert le goregrind et qu’est-ce qui t’a plu dans ce style ?

« Je l’ai découvert vers 2009-2010 avec des groupes comme Rompeprop ou Regurgitate. J’ai de suite apprécié le côté visuel, voir même théâtral de cette musique. Au-delà d’une musique, les groupes proposent un vrai spectacle avec souvent un super travail de mise en scène. »

Tu as toi-même fait partie d’un groupe de goregrind, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

J’ai en effet joué aux côtés de Clitorape pendant trois ans et cela m’a beaucoup apporté. C’est un style tellement spécifique, que tout le monde se connait non seulement en Europe, mais dans le monde entier. Les relations sont toutes excellentes et conséquemment l’organisation de concert en devient vraiment facile. On a donc énormément voyagé pour faire des concerts dans une dizaine de pays d’Europe, c’était une super expérience.

Comme tous les groupes, on n’a pas toujours joué dans des salles pleines et dans des supers conditions, mais je pense que le public a toujours su apprécier le côté décalé de notre musique. »

Goregrind
Le boysband AxDxT (doc remis)

Est-ce que vous avez déjà été embêté par des associations bien-pensantes ?

« Oui, c’est même devenu monnaie courante. Avec Clitorape, on a été interdit en France, en Suisse et également en Allemagne. En cause : toujours le nom. Si j’avais su en rigolant sur ce mauvais jeu de mot qu’il entraînerait autant de problèmes, j’y aurais réfléchi à deux fois ! La première fois, c’était à Lyon, et Rue89 Lyon s’était déjà penché sur la question. On a souvent été accusé de promouvoir le viol, d’être dégradant vis-à-vis des femmes… »

N’importe qui peut saisir le second degré quand on voit un concert où les gens (hommes comme femmes) dansent déguisés, en rigolant et en se respectant les uns les autres. Pour ma part, on pourra m’accuser de bien des vices, j’ai ma conscience pour moi. »

Est-ce que Monolythe a déjà d’autres soirées de prévues ?

« Oui, nous organisons le 30 avril un concert grindcore au Kawati. On est super content de recevoir les américains de Organ Dealer en tournée avec Department of Correction. La touche locale sera apportée par Violent Misery, des jeunes du coin qui ont une vraie envie de jouer ! Et nous avons déjà de belles surprises pour la rentrée, avec notamment les finlandais de Feastem qui viendront faire un tour à Strasbourg ! Nous dévoilerons bientôt plus d’informations ! »

Nacer, 19 ans : « je ne sais pas pour qui je voterai mais j’irai et ce sera contre Marine Le Pen »

Nacer, 19 ans : « je ne sais pas pour qui je voterai mais j’irai et ce sera contre Marine Le Pen »

Parcours de vote – Ces élections présidentielles seront l’occasion pour Nacer de voter pour la première fois. L’étudiant en BTS ne sait pas encore s’il est de droite ou de gauche ou d’ailleurs mais dans tous les cas, il votera contre Marine Le Pen si elle est présente au second tour.

Il ne plaisante pas, Nacer, 19 ans, quand il parle du vote, devant le centre socioculturel du Neuhof à Strasbourg. Pour lui, il s’agit non seulement d’un droit mais aussi d’un devoir. Une conception héritée de son éducation :

« Je suis Français et si je ne vote pas, c’est comme si je ne respectais pas la loi. Les gens se sont battus pour avoir le droit de voter. Ma mère n’est pas française et n’a pas le droit de vote, mais elle nous pousse à aller voter. Mon père et mon frère l’ont et ont toujours voté. »

De droite, de gauche ? Pas facile…

S’il ne conçoit pas de ne pas mettre de bulletin dans l’urne, il ne sait pas encore celui qu’il choisira. Sa seule certitude, c’est de ne pas donner sa voix à Marine Le Pen au premier tour et de voter contre elle, si elle est en lice au second. Quand on lui demande s’il est de droite ou de gauche, Nacer fait la moue. Pour sortir de son indécision, l’étudiant en BTS a prévu de lire les programmes. Il regarde de temps en temps des émissions politiques à la télévision :

« Lorsqu’on parle de politique en famille, c’est surtout en réaction à des propos de Marine Le Pen. Elle met tous les Arabes dans le même sac. Si elle est au 2ème tour des élections, je voterai contre elle, ça c’est sûr. Je suis français, donc je ne suis pas vraiment inquiet pour moi, mais pour nos familles, pour les immigrés, les étrangers. »

Nacer, engagé au Neuhof pour que le quartier dépasse les 20% de participation ! (Photo IM / Rue89 Strasbourg)
Nacer, engagé au Neuhof pour que le quartier dépasse les 20% de participation ! (Photo IM / Rue89 Strasbourg)

… mais il milite activement contre l’abstention

S’il ne milite dans aucun parti, Nacer est en revanche très impliqué dans la vie de la cité, celle du Neuhof, où il a grandi jusqu’à l’âge de 6 ans et où vit toujours sa famille élargie. Depuis un an, le Strasbourgeois mobilise des gens pour aller voter dans le cadre du « Challenge citoyen« . Initié par le centre socioculturel du Neuhof, ce dispositif a essaimé depuis dans d’autres quartiers prioritaires en France :

« Une majorité des habitants que je rencontre pour le challenge citoyen, disent que le quartier ne change pas, que la France ne va pas changer, qu’ils n’attendent rien et qu’ils n’iront pas voter. C’est sûr que si le taux de participation du quartier est de 20%, les élus ne vont pas nous calculer ! Si on veut que cela change, il faut bouger. Si l’élu voit que les gens votent dans les quartiers, il va faire quelque chose pour eux en retour. »

Habitant désormais Hautepierre, le jeune homme passe encore beaucoup de temps au Neuhof. Il se réjouit de la rénovation des logements, qui a embelli le quartier. Mais l’étudiant estime toutefois que cela ne suffit pas à le sortir de ses difficultés :

« Il faudrait faire de la lutte contre le chômage des jeunes une priorité pour que la situation évolue vraiment dans les quartiers prioritaires de la ville. Il faut une association qui propose des formations, des gens qui savent parler aux jeunes. Ici, au Neuhof, on voit les policiers plusieurs fois par semaine, parfois même plusieurs fois par jour. Ils ne savent pas parler avec les jeunes. S’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent, ils viennent vers les jeunes et ils leur parlent mal, les provoquent, pour ne pas rentrer les mains vides. Un président doit pouvoir faire en sorte que la police ne parle pas comme ça aux jeunes des quartiers. Un président honnête, qui ne se contenterait pas de belles promesses, peut montrer aux gens des quartiers qu’on est là pour eux et qu’on s’intéresse à eux. C’est pour cela aussi que j’incite les gens à aller voter. »

Léo, alimenté par une sonde gastrique depuis sa naissance, peut manger normalement

Léo, alimenté par une sonde gastrique depuis sa naissance, peut manger normalement

Grâce à une campagne de financement participatif, le petit Léo, 3 ans, a suivi en Autriche un stage de sevrage de sondes gastrique du 27 mars au 7 avril. Après une semaine, il peut enfin manger normalement.

Né en mars 2014, Léo souffre d’un handicap qui l’empêche de se nourrir normalement. Une gastrostomie lui permettait de s’alimenter par sonde gastrique, un système très contraignant. Et puis un jour, les parents de Léo ont entendu parler de NoTube, une clinique autrichienne qui accompagne les sevrages de sondes.

Grâce à un élan de solidarité sur les réseaux sociaux, ils ont pu payer 90% du voyage et des soins du jeune garçon, le reste a été apporté par le Kiwanis et La Lolita, une troupe d’improvisation de théâtre. La page Facebook « Pour que Léo parle, mange, marche. Comme tout le monde » documente son quotidien.

Léo s'accroche pour marcher et jouer avec sa sœur (Photo Déborah Liss)
Léo s’accroche pour marcher et jouer avec sa sœur (Photo Déborah Liss)

Une grossesse agitée et un accouchement compliqué sont responsables du handicap de Léo. Sa mère a été victime d’un infarctus utérin qui a ralenti la croissance sans que cela ait été dépisté. S’ensuivent alors plusieurs années d’allers et retours à l’hôpital : Léo ne parle pas, ne marche pas et ne peut donc pas se nourrir comme n’importe quel enfant.

Léo mange aujourd’hui comme un grand

La découverte de la clinique NoTube a été une lueur d’espoir pour la famille. Cependant, la procédure est seulement développée en Autriche et non prise en charge par la Sécurité sociale. Il a fallu compter sur la solidarité pour rendre le séjour possible.

Le stage du 27 mars au 7 avril s’est révélé intense : trois repas par jour, sous forme de pique-nique où Léo pouvait choisir ce qu’il voulait manger. Les parents du petit Léo ont aussi rencontré d’autres familles dans la même situation. La présence d’autres parents a par ailleurs permis à la famille de se sentir moins seule.

Léo est devenu plus indépendant et a même pris rapidement du poids. Il se nourrit aujourd’hui exclusivement par la bouche. Prochain stress pour la famille : l’entrée en maternelle.

Cinq brasseries alsaciennes ont rejoint le nouveau syndicat de brasseurs indépendants

Cinq brasseries alsaciennes ont rejoint le nouveau syndicat de brasseurs indépendants

Il y a neuf mois, une nouvelle association qui regroupe les brasseurs artisanaux et indépendants a vu le jour. En Alsace, ils sont cinq à avoir franchi le pas.

L’union fait-elle toujours la force ? Ce n’est pas l’avis de petits brasseurs, qui ont préféré fonder leur propre syndicat professionnel. Une entité qui s’ajoute aux Brasseurs de France, qui était la seule association représentative de la profession, depuis sa création en 1880.

Brasseurs de France est financé et administré en majorité par les grandes brasseries industrielles comme Heineken (marques Heineken, Pelforth, Desperados et Fischer) et Carlsberg (marques Kronenbourg, 1664, Grimbergen).

Le boom des micro-brasseries

Mais depuis les années 2000, il y a eu l’explosion des brasseries artisanales. Là où le nombre d’enseignes françaises était d’environ 50 à la fin des années 1990, on en compte environ un millier aujourd’hui.

En juin 2016, quelques brasseurs fondent le Syndicat National des Brasseurs Indépendant (SNBI), limités à ceux dont la production n’excède pas 400 000 hectolitres par an. Nos amis de Rue89 Lyon retracent en détail les raisons de ce divorce avec l’unique syndicat. Selon des membres du SNBI, les Brasseurs de France, à la demande des brasseries industrielles, s’occupent beaucoup des questions de fiscalité ou de lois sur la publicité d’alcool, ce qui ne serait pas la priorité des petites brasseries. La rédaction d’un décret en 2016 qui n’a changé qu’à la marge la recette de la bière (identique depuis 1992) a aussi créée des déceptions d’artisans.

Les Brasseurs de France estiment de leur côté avoir refondé leurs statuts pour donner une place plus importante aux petites brasseries dans le syndicat par rapport à leur taille (65% des voix contre 95% du financement). Brasseurs de France est présidé depuis 2014 par l’alsacien François Loos. Ancien ministre, toujours membre du conseil municipal de Strasbourg dans l’opposition (UDI), ancien ingénieur et directeur d’usine, le polytechnicien n’a néanmoins jamais brassé de bière, pas plus que le directeur actuel.

Pas mal d’adhérents mais des petits volumes

Neuf mois plus tard, le SNBI revendique 188 adhérents, soit bien plus que Brasseurs de France (88 membres). Mais le syndicat historique représente toujours 95% de la production nationale. En Alsace, on ne compte que cinq brasseries membres du SNBI : Sainte Cru, Blessing, MarcaireG’Sundgo et Matten.

Non-syndiqué depuis le lancement de son activité en 2014, Thomas Blessing, co-fondateur de la brasserie du même nom, est devenu référent départemental pour le Bas-Rhin :

« Les intérêts des industriels ne sont pas toujours les mêmes que ceux des petites brasseries. Le syndicat des brasseurs indépendants a notamment pour projet de mettre au point un label pour garantir que la bière est brassée sur place et éviter de tromper sur la provenance. Ce qu’on appelle “la bière d’étiquette” est une pratique qui se développe en France et qui peut nous faire du tort. »

Les brasseurs indépendants lancent leur syndicat pour être mieux représenté (Photo Visual Hunt)

Un engouement alsacien timide

Pourquoi seulement cinq brasseries alsaciennes ? Il faut dire qu’en Alsace, le paysage est atypique. Plus de la moitié de la production nationale y est brassée, avec la présence des usines des deux géants de la bière (Kronenbourg à Obernai et Heineken à Schiltigheim), sans oublier Meteor et Licorne.

L’association régionale des Brasseurs d’Alsace permet désormais à toutes les brasseries domiciliées en Alsace « et même dans les environs » d’adhérer (des critères de taille ou d’ancienneté existaient par le passé). Ailleurs en France, il n’y a pas toujours d’association régionale, notamment quand la culture brassicole est récente.

Pour les petites brasseries, il est donc possible d’avoir la double, voire la triple adhésion (Brasseurs d’Alsace, de France et SNBI). Mais mis bout à bout tout cela prend du temps, surtout pour des petites structures artisanales gérées par une poignée de personnes. En France, la majorité des brasseurs (environ 750) ne sont pas syndiqués.

Des brasseries partout

Même s’il n’a pas adhéré alors qu’il serait éligible, le directeur de la brasserie Uberach et président des brasseurs d’Alsace depuis 2016, Éric Trossat voit plutôt d’un bon œil l’arrivée du SNBI :

« Sur le principe, c’est une bonne chose qu’il y ait plusieurs structures. Cela laisse le choix entre quelque chose de plus grand avec plus de moyens et une autre associations avec d’autres brasseurs à la situation plus similaire. Seul, on ne fédère jamais toute une profession. Et puis historiquement, les Brasseurs de France n’étaient pas faits pour s’adresser à autant de brasseries, comme on a aujourd’hui. C’est pour cela qu’ils souhaitent désormais s’appuyer sur des associations régionales. Le marché grandit en France et on part de tellement loin qu’il y a de la place pour tout le monde. »

Pour autant, les deux associations nationales et les brasseurs d’Alsace ont un rôle différent :

« Le syndicat national fait plutôt de la veille législative et informe ses adhérents sur les changements, là où les brasseurs d’Alsace ont surtout un rôle d’animation économique de la région. »

Il n’existe pas de déclinaison régionale du tout jeune SNBI. Néanmoins, les cinq brasseurs alsaciens auront l’occasion de se retrouver lors de la première assemblée générale le 21 avril.

Les brasseries artisanales ont déjà montré qu’elles savaient organiser leurs propres événements, comme avec « Les brasseurs font le printemps« , dont la deuxième édition s’est tenue à Neudorf fin mars

#brasseurs

Antoine, au centre, ne supporte plus « le populisme présentable » des politiciens

Antoine, au centre, ne supporte plus « le populisme présentable » des politiciens

Parcours de vote – Antoine, éphémère adhérent du Modem à ses débuts, aurait bien aimé que François Bayrou se présente à nouveau. Et malgré son ralliement à Emmanuel Macron, il hésite avec le vote blanc, entre deux métaphores sportives et quelques « paradoxes ».

Après sa formation en communication, Antoine (27 ans) a passé un an comme community manager dans un club de foot de Ligue 1 dans une ville de province :

« Depuis que j’ai eu la mauvaise idée de me dire de gauche dans cette ville de droite, j’ai appris à rester discret sur mes convictions politiques. »

Ensuite, Antoine a vécu un ans dans le Colorado, avant de revenir vivre à Strasbourg avec sa compagne américaine :

« On a vécu la victoire de Trump comme un cauchemar éveillé. Le risque d’un FN au second tour en France impose une urgence dont nous n’avons peut-être pas encore tout à fait conscience… »

À 17 ans, le rejoint le MoDem

En 2007, Antoine avait 17 ans et le Modem venait d’être créé.

« Je me suis encarté et j’ai fait campagne un an plus tard pour la candidate du parti qui se présentait aux municipales à Colmar. Mais au second tour, elle s’est ralliée au maire historique de la ville, Gilbert Meyer. Cette décision semblait normale à tout le monde, mais j’en ai ressenti une grande déception. Moins d’un an après, je quittais le parti et je ne me suis plus jamais encarté. J’ai désormais du mal à me reconnaître et à me placer sous une bannière. »

Autrefois encarté au Modem, Antoine hésite beaucoup à voter pour Emmanuel Macron.

Depuis, Antoine se dit « de centre-gauche ». Mais se reconnaît de nombreux paradoxes. Par exemple le fait d’avoir voté pour Alain Juppé aux deux tours de la primaire de la droite et du centre, « pour dégager Sarkozy ». Mais pas à celle du PS et de ses alliés (la Belle Alliance populaire) deux mois plus tard.

Politique ou sport, même combat

Et quand il parle de politique, il utilise souvent des métaphores sportives, en particulier celles qui se rapportent aux paris :

« C’est vrai que j’ai bien souvent eu le vote tactique. Je me souviens avoir plus souvent voté contre des candidats que pour des projets politiques. Mais cette campagne ressemble à un vaste mercato ! Le foot comme la politique posent la question de la fidélité, et malheureusement, je crois qu’on en trouve davantage dans le foot… »

Bref, Antoine est perdu. Emmanuel Macron et son « ambition opportuniste » ne l’inspirent pas tellement. François Bayrou a lui aussi renoncé à son destin présidentiel et a appelé à voter pour l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande… « Cette décision a tendance à me pousser vers Macron. Le soutien de Bayrou, c’est peut-être le garde-fou qu’il me manquait : avec lui, je sais que les mesures libérales qui seront prises ne détruiront pas les acquis sociaux et sociétaux. »
Mais à l’ancien banquier de chez Rothschild, Antoine aurait préféré le style du père du Modem :

« C’est un travailleur, un intellectuel qui connait ses dossiers, même si j’ai compris depuis longtemps que les politiques ne sont pas des experts, mais des tacticiens qui savent manager des équipes. Je trouve Bayrou attachant parce qu’humain : il a multiplié les bourdes de communication. C’est peut-être une déformation professionnelle, mais je ne supporte plus les discours léchés servis sur mesure pour les électeurs : c’est un populisme plus présentable que celui de l’extrême droite, mais qui est tout aussi dangereux. »

Malgré le ralliement du maire de Pau, Antoine n’est pas sûr de voter pour Emmanuel Macron au premier tour :

« Justement, je sais que je suis sa cible idéale : un jeune actif qui croit au travail et à l’entreprise. Je voterai peut-être blanc par protestation, tout en espérant que Macron sera au second tour. »

Un petit silence interrogatif… « Oui, je sais, c’est un paradoxe de plus. »