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Au Loto Bingo du clan des pantouflards, hop une 4e télévision !

Au Loto Bingo du clan des pantouflards, hop une 4e télévision !

Tous les week-end, des adeptes du Loto Bingo se réunissent dans des salles polyvalentes de villages alsaciens. Ils viennent pour l’adrénaline du jeu, l’ambiance bon enfant, et espèrent tous repartir avec un voyage ou une télévision. Grâce à ces soirées, des associations arrivent à financer une partie de leurs activités sportives ou culturelles.

« Gling gling gling » à l’annonce du chiffre 69, des bruits de grelots résonnent au centre socioculturel de Mundolsheim, au nord de Strasbourg. Une coutume du Loto Bingo qui vient briser un silence studieux.

Ce samedi 3 septembre, près de 350 personnes sont concentrées à déposer des jetons sur les numéros tirés au sort de leurs cartons colorés. Pas question de louper l’un des 27 lots que l’association Klampechlape (ce qui n’est pas loin de signifier « le clan des pantouflards » en alsacien) fait gagner ce soir.

27 lots pour une valeur de 5000 à 6000 euros sont à gagner (photo LL / Rue89 Strasbourg)
27 lots pour une valeur de 5000 à 6000 euros sont à gagner Photo : LL / Rue89 Strasbourg

5 000 à 6 000 euros de marchandises trônent sur scène : une machine à laver, un vélo, un salon de jardin, une tireuse à bière, une trottinette, un ordinateur portable, une tablette, un drone, un four à tarte flambée, une télévision, un robot mixeur, des enceintes bluetooth, une machine à café etc. Des lots achetés pour la majorité en promotion par Claude Fessler, président de l’association. Les  deux Loto Bingo annuels de l’association lui demandent une vigilance tout au long de l’année :

« Notre association vit notamment grâce aux Loto Bingo. Les joueurs sont fidèles mais exigeants. Il faut limiter les coûts pour rentrer dans ses frais et espérer récolter un petit peu d’argent au profit de l’association. »

Le Loto Bingo pas que pour les vieux

Laurent plonge sa main dans un imposant sachet de 2 kilogrammes de bonbons colorés posé sur la table. Salwael et ses amis se sont mis à leur aise, ils ont ramené une thermos de thé et une de café pour maintenir leur attention éveillée et des douceurs à grignoter. Ici, chacun peut amener nourriture et boisson, ce qui n’a pas empêché Salwael de craquer pour une part de tarte maison vendue à la buvette.

Depuis qu’elle a découvert le Loto Bingo, Salwael joue tous les deux mois environ. Elle s’est équipée d’une spatule aimantée pour attraper facilement les jetons, de ses propres cartons avec ses numéros fétiches : le 1 et le 90, et de ses jetons qu’elle range soigneusement dans une jolie trousse à fleurs :

« La première fois que j’ai entendu parler du Loto Bingo, je pensais que c’était pour les personnes âgées. Mais finalement, c’est assez jeune, familial, et convivial. J’aime l’adrénaline que l’on ressent quand de beaux lots sont en jeu. C’est sûr que je ne me déplace pas pour un panier garni. »

 Laurent vient pour la première fois au Loto Bingo (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Laurent vient pour la première fois au Loto Bingo Photo : LL / Rue89 Strasbourg

Le budget d’une soirée Loto Bingo

Pour la soirée, le budget de Salwael oscille entre 20 et 30€ : faire valider un carton coûte 4€. Ici, il faut en acquérir au moins quatre pour pouvoir entrer. Puis, il y a les à côtés, au fur et à mesure de la soirée le prix du carton baisse jusqu’à 1€, alors que le gros lot tiré au sort en dernier est toujours en jeu.

En fin de soirée, les pâtisseries sont bradées. Dans la salle, il n’y a pas de climatisation, entre deux thés, une bonne gorgée d’eau tout juste sortie du frigo est la bienvenue. Salwael a prévu ces petites dépenses supplémentaires qui peuvent être encore plus importantes lorsqu’un Loto Kardel est organisé.

Le Kardel, c’est un carton pour un tirage unique vendu le plus souvent autour de 5€. Il sert à gagner un lot exceptionnel, généralement le plus gros lot de la soirée. Il n’est pas obligatoire mais en moyenne deux tiers des joueurs l’achètent. Une pratique qui déplaît à Julien Munch, jeune membre de l’association et joueur depuis 5 ans :

« Je ne vais pas aux Lotos qui organisent un Loto Kardel. Il faut penser au porte-monnaie des gens, et donner à tout le monde la chance de gagner un voyage avec sa mise de départ. »

Personne ne gagne à tous les coups

Près de 30 bénévoles sont aux petits soins des joueurs. Le silence règne, trois pauses sont prévues pour discuter, se dégourdir les jambes et s’aérer. Pendant le jeu, les grands bavards se font rapidement rappeler à l’ordre, seuls les chuchotements sont tolérés. Chacun espère pouvoir crier Bingo avant son voisin, puis, un grand « Bi ! » rompt le silence. Fausse alerte. Un souffle sourd parcourt la salle avant de laisser à nouveau place à une tension muette.

Dans un premier temps, Claude Fessler reste discret sur les sommes qui circulent. Sa première crainte est d’attirer les voleurs. Il a confiance en son équipe de bénévoles, et le plan Vigipirate qui impose la fouille à l’entrée limite les risques de braquages, mais il est conscient que de manipuler tant de liquidités est un risque. Lorsque la salle est comble, une soirée comme celle-ci peut rapporter 3 000 à 4 000€ de bénéfices. Ce soir, Jérôme Muckensturm, en charge des inscriptions, espère juste atteindre l’équilibre :

« En général nous sommes complets. Je refuse même une centaine de personnes. Aujourd’hui, avec la rentrée, le beau temps tardif et les gens qui préfèrent organiser un barbecue, nous avons 330 personnes au lieu de 430. Vu que les dépenses sont fixes, cela peut être catastrophique. Ce soir, le Loto de Reichstett a été annulé par manque de monde. »

L'association Klampechlape a investit 900 euros dans une machine pour le tirage au sort des numéros, elle la loue à d'autres associations le reste de l'année (photo LL / Rue89 Strasbourg)
L’association Klampechlape a investit 900 euros dans une machine pour le tirage au sort des numéros, elle la loue à d’autres associations le reste de l’année Photo : LL / Rue89 Strasbourg

Un cadre juridique

Le Loto Bingo est une activité réglementée. En principe, tombolas et loteries sont interdites en France. Seules les loteries associatives ayant pour but de financer des activités culturelles, sportives ou des actes de bienfaisance peuvent être organisées trois fois par an maximum. Le prix des mises est plafonné à 20€.

Avec ce Loto, l’association espère pouvoir financer l’achat d’une vieille ferme à Aspach pour la transformer en relais pour les randonneurs. Les quinze membres de Klampechlape sont des anciens membres des Amis de la nature qui ont décidé de monter leur propre projet. Ils ont signé un compromis de vente à 33 000€ et comptent sur le Loto Bingo pour rembourser le crédit.

Mireille Delatte et sa belle-sœur Brigitte Fey, joueuses assidues au Loto Bingo depuis 15 ans (photo LL / Rue89 Strasbourg)

Mireille Delatte et sa belle-sœur Brigitte Fey, joueuses assidues au Loto Bingo depuis 15 ans Photo : LL / Rue89 Strasbourg

La stratégie du hasard

Mireille Delatte, une grande habituée du loto Bingo a déjà gagné quatre télévisions. Avec son mari, ils ont décidé de revendre la dernière, ça commençait à faire beaucoup à la maison. Aujourd’hui, la chance n’est pas de son côté, elle repartira bredouille.

« Vous avez vu, il ne m’en manquait qu’un ! Et bien sûr, c’est le 13. »

Le carton de Mireille Delatte (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Le carton de Mireille Delatte Photo : LL / Rue89 Strasbourg

Les numéros et le hasard laissent place à quelques superstitions. Les uns aiment choisir leurs cartons en fonction de leurs numéros fétiches, d’autres choisissent leur emplacement dans la salle, en bout de table ou devant la scène. Personne ne semble jamais gagner à la table située devant le bar. Des détails non négligeables pour les habitués.

Les non initiés, eux, se laissent surprendre par les nombreux codes du Loto Bingo. Il n’y a pas que le chiffre érotique qui fait réagir. On se laisse par exemple surprendre par un « Coin Coin » si le chiffre 80 est tiré au sort ou un « Pastis ! » pour le 51, bien entendu. Les chiffres des départements ont aussi leur petit succès, surtout pour les expatriés qui montrent ainsi leur appartenance à une région plus ou moins lointaine, comme la « Lorraine » qui résonne à l’appel du 57.

Patricia Didelot vérifie la validité des cartons gagnants. Elle est ici accompagnée du président de l'association Klampechlape, Claude Fessler (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Patricia Didelot vérifie la validité des cartons gagnants. Elle est ici accompagnée du président de l’association Klampechlape, Claude Fessler Photo : LL / Rue89 Strasbourg

« Bingo ! Bingo ! »

Double Bingo. Une clameur se lève. C’est une égalité. Le vainqueur est tiré au sort puis on reprend. Aucune protestation, c’est le destin qui choisit. Yannick, un des bénévoles qui tient le bar, souligne le fairplay des joueurs :

« Notre public est formidable. Personne ne hausse le ton. Il n’y pas de bagarres. Pas mal de personnes ramènent leurs assiettes et verres au bar. Ils consomment assez peu d’alcool car beaucoup repartent en voiture, du coup, il n’y pas de poivrots en fin de soirée. Quand la soirée est finie, les gens s’en vont rapidement. C’est très agréable à gérer. »

Une organisation bien huilée

À minuit et demi, c’est l’heure de vérité. L’heure de connaître la série de numéros qui vont permettre de gagner le gros lot, un bon pour un voyage de 700 euros. « Bingo ! » crie Jérôme, la trentaine. Les yeux de sa femme, Émilie, pétillent déjà à l’idée de leur prochain voyage :

« On joue tout le temps au Loto Bingo. On a déjà gagné un voyage en Italie et une croisière sur le Rhin. Il faut qu’on y réfléchisse mais on ira probablement en Grèce cette fois-ci. »

Jérôme et Émilie ont gagné le gros lot : un voyage (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Jérôme et Émilie ont gagné le gros lot : un voyage Photo : LL / Rue89 Strasbourg

Le gros lot gagné, la soirée se termine. Tout le monde se lève, les gagnants vont récupérer leurs lots. En quelques minutes la salle est vide. Les lots les plus lourds et les plus encombrants, salon de jardin ou machine à laver disparaissent en quelques minutes, emportés par un essaim de déménageurs terriblement efficaces.

Cinq immanquables au Festival du film fantastique de Strasbourg

Cinq immanquables au Festival du film fantastique de Strasbourg

Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) débute vendredi 16 septembre avec la projection du film Swiss Army Man. S’ensuivront plus de 130 projections de longs et courts-métrages, de classiques, d’inédits et même de films en réalité virtuelle. Faire son choix dans cet amas de titres peut paraître complexe aux plus avertis. L’élan qui vous mènera dans une salle ou une autre relève du choix personnel. Mais l’envie me prend de pointer du doigt l’une ou l’autre pépite.

D’ordinaire, j’aborde mes chroniques pour le blog Rives et Toiles sur Rue89 Strasbourg en essayant de mêler ma passion et le journalisme. Mais aujourd’hui, en tant que programmateur bénévole associé du Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS), je déroge à cette règle. En vous proposant l’une ou l’autre séance, j’agis avec le souci de défendre une oeuvre, un événement qui risquerait de passer inaperçu.

Et comme je ne voudrais pas faire pencher la balance vers l’un ou l’autre titre en compétition (pour le prix du public notamment), je m’attacherai là uniquement aux séances spéciales et aux films en rétrospective.

David Hemmings, forcément méconnaissable
David Hemmings, forcément méconnaissable

Les frissons de l’angoisse

Le festival a l’honneur de recevoir il maestro Dario Argento et de lui rendre hommage, par le biais d’une rétrospective de son oeuvre et d’une masterclass à l’issue de laquelle sera projeté Profondo Rosso (titre original). Ce sommet du giallo (sous-genre du thriller, proprement maniéré, très graphique et ancré dans l’Italie des années 60-70) suit l’enquête d’un pianiste résolu à élucider la mort violente d’une parapsychologue.

Argento y atteint des sommets de perversité cinématographique. Le spectateur se perd dans un dédale d’oeuvres d’art, de cuir et de sang, jusqu’à la terrifiante résolution de l’enquête.

Le film sera présenté dans une copie d’exception, restaurée par la cinémathèque de Rome. La projection, unique, se déroulant dans la foulée de l’entretien public mené par Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la cinémathèque française, les places devraient rapidement disparaitre.

Lo and Behold, reveries of the connected world

Puisqu’on parle de grands cinéastes, Werner Herzog, le génie aventureux du 7ème art à la voix caverneuse, revient sur grand écran avec une évocation des origines d’Internet. Et des prémices de la toile, il glisse vers son destin et vers des scénarios aussi apocalyptiques qu’intrigants.

Herzog réfute l’idée même de documentaire. Pour lui, il n’y a que des films (features films dans le texte). Tout se confond, fiction ou pseudo-réalité. Lo and Behold, c’est une multitude d’histoires, un kaléidoscope de témoignages, un long-métrage utopiste, philosophique et excitant.

Allez danse, machistador (Copyright United Artists)
Allez danse, machistador (Copyright United Artists)

La chasse – Cruising

Il y a deux ans, le FEFFS terrifiait Strasbourg avec une copie 35 mm de la version originale de l’Exorciste. Un autre film de William Friedkin aura cette fois les honneurs de la rétrospective M for Murder.

Dans Cruising, un Al Pacino à bouclettes traque un tueur en série dans les clubs gay SM du New York des années 80. Et il vire, comme qui dirait, « heavy leather ». Film scandale en son temps, très peu montré sur grand écran, il vient rappeler que Friedkin a toujours été un cinéaste en marge, un auteur avide de repousser les limites du 7ème art.

Bowie à la fraiche (Copyright Tamasa Distribution)
Bowie à la fraiche (Copyright Tamasa Distribution)

L’homme qui venait d’ailleurs

Il semblait indispensable de rendre hommage à David Bowie. L’année 2016 aura été fatale à plusieurs icônes et sans vouloir hiérarchiser les pertes, celle de Bowie demeure insondable. Alors la question s’est posée de montrer Les prédateurs de Tony Scott, ou encore Labyrinth, incursion de l’idole dans un cinéma plus mainstream.

Mais finalement, The man who fell to Earth (titre original) s’est imposé comme un titre plus riche, plus mélancolique. Bowie ne se contente pas d’y être Bowie. Il y dévoile un grand talent de comédien, au service d’un cinéaste outrageusement mésestimé, le brillant Nicholas Roeg.

Ambiance tamisée ... (Copyrighy Blumhouse)
Ambiance tamisée … (Copyrighy Blumhouse)

We are the flesh

Dans les couloirs de la Berlinale, l’écho de We are the flesh ne cessait d’enfler. Ce film choc, signé d’un jeune cinéaste mexicain, avait le soutien des nouveaux maîtres Alfonso Cuaron et Alejandro Inarritu. Tenemos la carne (titre original) est une oeuvre profondément transgressive, pornographique, violente, disons- le : dégueulasse. Mais la provocation n’est pas stérile. Et comme chez Pasolini, elle vient servir un fond politique.

Du fait de son caractère exceptionnel et choquant, le film sera proposé en séance de minuit.

#Werner Herzog#William Friedkin

Décès d’un adolescent à l’hôpital : 15 mois de sursis pour le Dr Moog

Décès d’un adolescent à l’hôpital : 15 mois de sursis pour le Dr Moog

Dans un arrêt rendu mercredi, la cour d’appel de Colmar a condamné le chirurgien strasbourgeois Raphaël Moog à 15 mois de prison avec sursis. Le Dr Moog était poursuivi pour le décès en 2008 d’un adolescent à l’hôpital, Maxime Walter. Cette peine n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer. Elle aggrave légèrement la peine qui avait été prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Strasbourg en avril 2015 et qui était de 12 mois de prison avec sursis.

C’est le parquet de Strasbourg qui avait fait appel du jugement. Lors de l’audience à Colmar en mai 2016, le parquet général avait requis contre le chirurgien deux ans de prison avec sursis et une interdiction d’exercer de 5 ans, également avec sursis.

Le Dr Raphaël Moog est défendu par Me Bernard Alexandre (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Le Dr Raphaël Moog est défendu par Me Bernard Alexandre (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Suites devant le conseil de l’ordre ?

Maxime Walter, 15 ans, est mort dans le service du Dr Raphaël Moog après une chute à VTT. Souffrant d’une importante hémorragie interne, il avait été abondamment transfusé. Le Dr Moog ayant opté pour un traitement qui devait comprimer la rate afin de sauver l’organe. Mais l’état de l’adolescent n’a pas cessé d’empirer. Lorsque le Dr Moog se décide finalement à lui enlever la rate, près de 24 heures après l’accident, il est trop tard.

Selon l’Agence France Presse, la famille de Maxime Walter « souhaitait obtenir une interdiction d’exercer contre le chirurgien pour adresser un message symbolique au corps médical ». Le père de Maxime, Thierry Walter, a indiqué à l’agence « vouloir poursuivre le combat de la famille pour la vérité avec un ultime recours devant l’Ordre national des médecins. »

Journées du patrimoine : et quid du « matrimoine » alors ?

Journées du patrimoine : et quid du « matrimoine » alors ?

Les Journées Européennes du Patrimoine (JEP) ont lieu ce week-end, les 17 et 18 septembre, ouvrant au grand public les lieux historiques et culturels. Pour la première fois à Strasbourg, Osez le Féminisme propose un parcours alternatif mettant en valeur l’apport des femmes, pour des « Journées du Matrimoine. »

Les noms de Dorette Muller, Catherine Kany ou Sophie Taeuber ne vous disent peut-être rien, et pourtant ces artistes alsaciennes font aussi partie de l’héritage culturel de l’Alsace. Sophie Taeuber est, avec son mari Jean Arp, à l’origine du ciné-dancing de l’Aubette à Strasbourg, ouvert aux visiteurs samedi 18 et dimanche 19 septembre lors des journées du patrimoine.

Pour la 33e édition des Journées européennes du patrimoine (JEP), les portes des monuments et édifices emblématiques de Strasbourg sont ouvertes au grand public, de la Grande-Île à la Neustadt, en passant par la Petite-France, autour du thème « Patrimoine et Citoyenneté » (voir ici le programme complet à Strasbourg). Mais cette année, les visiteurs pourront pour la première fois suivre un parcours spécifiquement destiné à faire découvrir les femmes qui ont marqué Strasbourg, grâce à une initiative d’Osez le féminisme.

L’héritage historique des femmes dans la vieille ville

Le parcours est disponible pendant les deux jours : départ samedi et dimanche à 14h pour un groupe et un horaire unique, au square Louise Weiss à la Petite France, pour une arrivée prévue place Broglie, 1h30 plus tard. Durant un parcours en 4 étapes, les visiteurs seront guidées par deux historiennes et militantes de l’association féministe.

Place Broglie seront évoquées les femmes dans la Révolution et la République Grzegorz Jereczek/FlickR/cc
Place Broglie seront évoquées les femmes dans la Révolution et la République. (Photo Grzegorz Jereczek/FlickR/cc)

Ce parcours au sein du « matrimoine » commence avec une présentation de la journaliste et femme politique Louise Weiss. Il amène ensuite les visiteurs place Gutenberg, pour parler du rôle des femmes imprimeurs et libraires. L’étape suivante s’arrête à la Cathédrale, où seront mises en avant des figures féminines du Moyen-âge, comme Catherine Zell, personnalité de la réforme protestante, ou Herrad de Landsberg, abbesse, poète et encyclopédiste. Le parcours s’achève place Broglie, pour découvrir celles qui ont joué un rôle dans la Révolution française puis la République.

Le parcours matrimoine traverse la Grande-Île
Le parcours matrimoine traverse la Grande-Île

Élaborée par l’équipe d’Osez le féminisme et des historiennes, la promenade culturelle est ouverte à tous, sur inscription par formulaire ou par e-mail (osezlefeminismebasrhin@gmail.com).

Pour organiser ce parcours, l’association voulait aussi essayer de lier des lieux ou thématiques à des artistes, comme Sophie Taeuber ou Lisa Krugell, qui auraient mené au Musée d’Art Moderne et Contemporain, où certaines de leurs œuvres sont exposées. Hélène, militante à Osez le féminisme 67, explique pourquoi l’association a renoncé :

« Il a été difficile de trouver des experts en la matière, des artistes ou étudiants en art pouvant commenter sur les artistes alsaciennes, moins connues que leurs homologues masculins. En revanche, la recherche auprès des historiens et des étudiants en histoire a payé, et c’est ainsi que s’est construite cette balade culturelle historique. »

Une étape à la Cathédrale pour parler des femmes au Moyen-âge David Baron/FlickR/cc
Une étape à la Cathédrale pour parler des femmes au Moyen-âge. (Photo David Baron/FlickR/cc)

Rendre les femmes visibles dans l’espace public

L’association Osez le féminisme avance que les lieux emblématiques mis en avant lors des journées du patrimoine depuis 1984 sont à 95% créés, dessinés, peints, sculptés par des hommes, alors que l’Histoire française regorge d’écrivaines, d’artistes, d’architectes, souvent absentes de l’espace public. Osez le féminisme 67 veut inverser la tendance en commençant par ce circuit.

L’objectif est d’ouvrir la discussion sur la place des femmes dans l’espace public, mais aussi dans les livres d’histoire. Née l’an dernier à Paris, l’initiative voulait éveiller les consciences et les mémoires. Le comité d’Île-de-France, à l’origine des premières journées du matrimoine à Paris, explique son combat, qu’il mène tout au long de l’année, au-delà de ces journées particulières :

« Notre héritage culturel est constitué de notre patrimoine (ce qui vient des pères), et de notre matrimoine (ce qui vient des mères). En réhabilitant la notion de matrimoine, le mot comme les femmes qui le composent, nous nous réapproprions l’héritage qu’on nous vole. »

L’antenne bas-rhinoise a alors repris le projet à son compte. Hélène explique que le but est d’engager une dynamique plus large :

« Ce parcours est une première étape, une façon de sensibiliser, pour parler de la place des femmes dans la ville et dans l’Histoire. On espère que cette première action « matrimoine » sera un point de départ pour l’an prochain. »

Car l’urbanisme reflète la place faite aux grandes figures historiques. En France, seuls 2% des noms de rues portent des patronymes féminins. À noter cependant, depuis 2008, sur les 100 noms de personnalités attribués à des espaces publics de Strasbourg, plus de la moitié ont été des noms de femmes.

Gagnez des places pour « The Open » au Star St-Ex

Gagnez des places pour « The Open » au Star St-Ex

Dans le cadre du festival du film fantastique, Rue89 Strasbourg et les cinémas Star vous propose de gagner 30×2 places pour la projection du film « The Open » le mardi 20 septembre à 20h au cinéma Star St-Ex, en présence de l’équipe du film.

Dans un monde dévasté, au milieu de la lande, des hommes continuent à jouer au tennis, sans balle ni raquette. The Open propose, avec humour et audace, une nouvelle vision du cinéma post-apocalyptique.

La bande annonce :

Pour participer il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous, le tirage au sort aura lieu le vendredi 16 septembre en fin de journée.

Iphigénie en Tauride au TNS : le pouvoir pacificateur de la parole, face à la fatalité de la violence

Iphigénie en Tauride au TNS : le pouvoir pacificateur de la parole, face à la fatalité de la violence

Jean-Pierre Vincent, ancien directeur du TNS, ouvre cette nouvelle saison avec la création de la pièce de Goethe Iphigénie en Tauride. Militant et pacifiste par le biais de la figure féminine d’Iphigénie, le spectacle plaide pour le pouvoir de la parole face à la fatalité de la violence. Happy end garanti.

Dans la tragédie grecque d’Euripide, Iphigénie est le jouet des dieux et des hommes, dans la droite lignée de sa famille maudite, les Atrides. Dans la pièce de Goethe, elle prend son envol et sort de la destinée écrite pour elle. Condamnée à mort par son père pour obtenir des faveurs divines, sauvée in extremis par ces mêmes puissances célestes, réfugiée en exil dans un pays dont elle refuse – avec succès – les pratiques cruelles, l’Iphigénie de Goethe sort de la plainte pour donner place à la revendication.

Un « théâtre des passions positives » que Jean-Pierre Vincent considère « audacieux et revigorant, aujourd’hui plus que jamais. » Un théâtre militant et pédagogue, flirtant savamment avec une forme délibérément désuète et un jeu absolument contemporain.

Jean-Pierre Vincent en répétition avec les acteurs de "Iphigénie en Tauride" (Photo Fernandez Jean-Louis)
Jean-Pierre Vincent avec les acteurs de « Iphigénie en Tauride » (Photo Fernandez Jean-Louis)

Un autre monde est possible

C’est ce que semble affirmer Jean-Pierre Vincent en proposant sa lecture de l’Iphigénie en Tauride de Goethe aujourd’hui. La langue de Goethe résonne avec force, portée par la puissance du « Sturm und Drang » mais aussi par l’éclairage positif que les Lumières portent sur le monde. C’est une réponse au cynisme et aux cycles de violence dont nous avons quelque peu perdu l’habitude. Et, d’une certaine façon, un appel à l’action.

Les dieux sont présents. Mais Goethe les replace dans un statut de « croyance », puisque c’est avant tout par la parole des humains qu’ils apparaissent, et que celle-ci peut être remise en cause. Le libre-arbitre des personnages s’impose au fur et à mesure de la pièce, activé par Iphigénie, pour sortir du diktat et de la fatalité.

Iphigénie incarne une certaine forme de liberté qui s’impose à elle de façon viscérale, telle une nature profonde et indomptable. « Sturm und Drang » donc. Iphigénie s’adresse à Diane, déesse dont elle garde le temple :

« J’ai honte de te l’avouer, ô déesse,

C’est avec une répugnance muette que je te sers,

Toi qui m’as pourtant sauvée! Ma vie

Devrait être librement vouée à ton service. »

Iphigénie, championne féministe

Iphigénie est à elle seule la championne de plusieurs « causes » : celle des femmes et de la liberté, mais aussi celle des exilés. C’est avec une grande attention que Goethe revient régulièrement sur la condition de l’étranger en exil qui, sans pouvoir obtenir de réponses, s’interroge en permanence sur ce chez-soi, symbole de souvenirs, de joies et de souffrances, qu’il a laissé de l’autre côté de la mer. Et sur la violence du désir du retour.

Cécile Garcia Fogel et Vincent Dissez en répétitions (Photo Fernandez Jean-Louis)
Cécile Garcia Fogel, Iphigénie, et Vincent Dissez, Oreste. (Photo Fernandez Jean-Louis)

Le théâtre à l’ancienne

Il y a quelque chose de franchement désuet dans le décor de ce Iphigénie en Tauride. Des toiles peintes au mur du lointain et au sol, la silhouette découpée d’un pin maritime, quelques éléments de ruines antiques clairement identifiables. Un décor fait à la main, sans effets numériques complexes, sans fards d’aucune sorte.

Cette simplicité affichée est en cohérence avec la pièce de Goethe, qui se déroule dans un temps ramassé et dans un lieu unique. Il n’y a que cinq protagonistes, et ceux-ci évoluent dans un espace-temps presque identique à celui de la pièce. Le spectateur est là pour recueillir l’histoire qu’on lui raconte.

Quelques éléments du décor viennent troubler cette apparente simplicité – et rappeler que nous sommes en 2016, par la même occasion. C’est le cas, par exemple, d’une chaise bleue, incongrue, qui par sa présence même étonne et interroge. Comme si Jean-Pierre Vincent et son équipe s’amusait à égarer le spectateur dans un jeu des 7 erreurs. Il y a une forme de malice pétillante dans cette chaise.

Iphigénie et son frère Oreste (Photo Fernandez Jean-Louis)
Iphigénie et son frère Oreste – pendant les répétitions (Photo Fernandez Jean-Louis)

Des acteurs majeurs

Le contraste est assez saisissant entre la désuétude du décor et l’engagement très contemporain du jeu des acteurs. Concentrée sur le texte, qui donne une matière première savoureuse et riche, la performance des comédiens fait honneur à la musicalité de la parole. Aucun élément psychologisant ici, mais une force profilée par les mots et leur résonance dans l’espace.

Cette concentration sur le texte, ainsi que des mouvements corporels inattendus, donnent des effets comiques surprenants. Le public rit souvent, parfois franchement, étonné d’être amusé au moment où cela arrive. Ces instants qui semblent un peu « volés » donnent à l’ensemble une légèreté bienvenue.

Iphigénie en Tauride est considérée comme une pièce écrite en hommage aux femmes. Elle fait aussi porter une responsabilité majeure sur la comédienne qui incarne le rôle-titre. Celle-ci passe quasiment toute la pièce sur scène, soumise à une quantité de texte impressionnante. Cécile Garcia Fogel assume ce tour de force avec brio, en proposant une Iphigénie subtile, proche et décalée. Les quatre hommes qui l’accompagnent dans sa traversée sont eux aussi admirables.

Des applaudissements nourris ont accueillis les acteurs et toute l’équipe du spectacle lors de cette première strasbourgeoise. Cette soirée entame une série de représentations qui vont se poursuivre tout l’automne à travers la France, pour se terminer au Théâtre de la Ville à Paris à la fin de l’année.

CUT et les multiples cinéphilies

CUT et les multiples cinéphilies

La revue CUT, mensuel gratuit distribué dans les salles strasbourgeoises il y a près d’une décennie de cela, est devenu un objet éditorial curieux et rare, un ouvrage en perpétuelle évolution. Véritable phoenix de la presse cinéma, le magazine revient à présent vers ses lecteurs en compilant l’une de ses rubriques les plus populaires.

Cinéphilies, l’intégrale des chroniques éponymes parus dans la trop rare revue de cinéma CUT, sera disponible sur les étals des libraires à compter du 21 septembre. L’association Mon Œil propose une soirée de lancement, vendredi 16 septembre, au Troc’afé, pour se familiariser avec l’ouvrage et partager un verre avec ses auteurs.

Quand Kad crie, Ripley pleure.
Quand Kad crie, Ripley pleure.

Le changement, c’est tout le temps

CUT la revue est une initiative strasbourgeoise vieille d’une quinzaine d’années. À l’origine, Romain Sublon, instigateur et directeur de la publication, réunit un certain nombre de rédacteurs, de graphistes et d’illustrateurs pour un magazine distribué gratuitement dans les salles de cinéma de l’est de la France. Le titre grandit en notoriété, mais sa publication sur un rythme régulier représente un enjeu permanent. Il s’éteint ainsi, dans sa forme initiale, après une trentaine de numéros.

Le site internet poursuit l’aventure avec les mêmes plumes. Il devient une zone d’expérimentation pour ses auteurs. L’initiative fera également plusieurs détours radiophoniques. Mais Romain, maître à penser, cultive un goût certain pour les funérailles en grandes pompes. On annonce donc la fermeture du site, l’extinction des voix au micro.

Le titre ressuscite, bien sûr, se développe et s’embellit. CUT retrouve le papier, glacé cette fois, et il s’expose en librairie, en couleurs, avec de la BD et sans publicité. Il y aura trois numéros, pensés comme des one-shots, qui paraîtront à une année d’intervalle. Le tirage est modeste, le succès certain. Et en 2015, l’équipe publie un nouvel ouvrage, Une courte histoire du cinéma.

Qu’est-ce que CUT, au final ? Un livre, une revue, un magazine, une idée qui navigue entre pixels, ondes et papier bible ?

Illustration Adrià Fruitos (copyright)
(Illustration Adrià Fruitos)

Avis compilés des professionnels de la profession

Si CUT se révèle être une œuvre régulière, c’est parce que l’initiative polymorphe est sous-tendue d’un même ton et d’une grande idée. La revue, devenue une sorte de label, a toujours défendu une approche désinvolte et libertaire du cinéma. Le 7ème art s’envisage avec sérieux et sans pédanterie.

Les Cinéphilies, rubrique récurrente, somme d’interviews menées sur une période de 8 ans par Romain Sublon et Jenny Ulrich, traduit admirablement ce ton.

Toutes ces sollicitations, tous ces échanges avec des cinéastes sont ainsi compilés dans un nouvel ouvrage. Le principe est simple. Cinq films sont soumis à un réalisateur. Trois œuvres ont un rapport (plus ou moins direct) avec son travail. L’un de ses propres films est inséré dans la liste. Enfin, un même titre, Irréversible, revient pour tous. 300 artistes des plus divers réagissent ainsi à un total de 900 long-métrages ET au film choc de Gaspar Noé.

Le volume se veut une promenade ludique dans le terrain de jeu cinéphile de certains grands noms du 7ème art. Pour ceux qui ne seraient pas atteints de collectionnite aigüe et n’auraient donc pas conservé chaque fascicule édité par CUT depuis 2005, ce livre compilation soulagera l’attente jusqu’à la prochaine résurrection du titre.

#CUT

Mobilisation contre la « loi travail » : trafic CTS perturbé jeudi

Mobilisation contre la « loi travail » : trafic CTS perturbé jeudi

Suite à l’appel de la CGT, FO et Solidaires, une grève va fortement perturber le trafic des bus et tramways de la CTS jeudi 15 septembre.

La CGT, avec FO et Solidaires, appellent jeudi 15 septembre à une nouvelle journée de mobilisation contre la loi réformant le Code du travail, votée par le Parlement en juillet. Une action doit se dérouler au grand rond point de Soufflenheim tandis qu’une manifestation est prévue dans l’après-midi à Strasbourg.

Le mouvement de grève devrait être très suivi à la CTS, où la CGT est majoritaire et les tensions sociales déjà vives. Dans un tract diffusé à la presse, la CGT demande, outre l’abrogation de la loi travail, la « mise en place des 32 heures, un levier pour l’emploi et la croissance. » La CGT dénonce :

« Dans un contexte tendu au sein de la CTS où le management fait de plus en plus de dégâts et prend des proportions parfois dramatiques l’UGICT CGT (section syndicale composée d’agents de maîtrise) appelle tout le personnel d’encadrement à se mobiliser le 15 septembre pour dénoncer les méthodes de management agressif, les pratiques d’intimidation, le mal-être au travail, le sentiment de gâchis de ses compétences et la non reconnaissance du travail fourni. »

En conséquence, l’entreprise strasbourgeoise de transports en commun prévoit un trafic normal sur les lignes de trams A, B, C et D. En revanche, elle annule complètement le trafic des lignes E et F.

Prévisions de trafic bus

    Ligne G : un bus toutes les 8 à 10 minutes environ. Ligne 2 : un bus toutes les 10 à 15 minutes. Ligne 4 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Capucins et Hoenheim Gare. Desserte de Wolfisheim Stade, Poteries et Reichstett Mairie toutes les 20 à 30 minutes. Ligne 6 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Pont Phario et Marc Seguin. Desserte de Souffelweyersheim et Niederhausbergen toutes les 40 à 50 mn. Ligne 10 : un bus toutes les 20 mn (circuit Gare – Wilson – Corbeau –Gare uniquement) Lignes 12 : un bus toutes les 40 à 45 minutes. Ligne 13 : un bus toutes les 20 minutes. Lignes 14 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Ancienne Douane et Kibitzenau. Desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie toutes les 25 à 30 minutes. Ligne 15 : un bus toutes les 10 à 15 minutes. Ligne 15a : un bus toutes les 40 minutes. Lignes 17 : un bus toutes les 25 minutes. Lignes 19 : un bus toutes les 25 minutes. Lignes 22 : un bus toutes les 40 à 45 minutes. Lignes 24 : un bus toutes les 10 à 15 minutes entre Ancienne Douane et Kibitzenau. Desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie toutes les 25 à 30 minutes. Ligne 29 : ne circule pas. Ligne 30 : un bus toutes les 25 à 30 minutes. Ligne 40 : un bus toutes les 40 minutes. Ligne 50 : un bus toutes les 25 à 30 minutes entre Montagne Verte et Maison Ruoge. Desserte de Wacken et Schiltigheim Le Marais toutes les 50 à 60 minutes. Ligne 57 : un bus toutes les 15 minutes entre Kibitzenau et Illkirch Mairie. Desserte de Blaesheim et Geispolsheim toutes les 45 minutes. Ligne 62 : un bus toutes les 40 minutes. Ligne 63 : un bus toutes les 30 minutes. Ligne 67 : un bus toutes les 15 minutes entre Kibitzenau et Illkirch Mairie. Desserte de Plobsheim et Eschau toutes les 45 minutes. Ligne 70 : un bus toutes les 30 minutes. Ligne 71 : Circuit 4 communes (Arrêts Lampertheim Mairie, Lorraine et Bourgogne non desservis. Ligne 72 : Consultez la fiche horaires dédiée sur notre site web. Les lignes 21, 27, 31 et les navettes Robertsau, Entzheim, Holtzheim et Parlement Européen circulent selon les horaires et fréquences habituelles. Les lignes de Nuit N1, N2 et N3 circulent de 23h30 à 5h30 selon les fréquences habituelles. Les services Taxibus ne circulent pas.

L’Automobile Club s’implique en faveur du GCO

L’Automobile Club s’implique en faveur du GCO

L’Automobile Club de Strasbourg (ACA) a mis en ligne un mini-site appelé « Je veux mon GCO », afin de peser dans le débat public autour de l’autoroute de contournement de Strasbourg. Débat qui, selon l’ACA, n’a plus lieu d’être…

En 2012, la Chambre de commerce et d’industrie avait publié un blog intitulé « GCO tous gagnants ». Un an plus tard, une série de communes de l’Eurométropole et du Kochersberg avait également publié leur site en faveur de l’autoroute de contournement de Strasbourg, appelé cette fois « GCO consultation ». Le site affiche fièrement 73% de votes favorables au GCO, sur plus de 3 000 personnes participantes. Et mardi, c’est au tour de l’Automobile Club d’Alsace (ACA) de participer, avec un nouveau site cette fois appelé sobrement « Je veux mon GCO ».

Comme pour les autres sites en faveur du grand contournement ouest, l’objectif de l’ACA est double. D’abord, éviter que le net ne réponde qu’avec des sites hostiles au GCO, comme c’était le cas en 2008, où chaque requête sur Google avec le mot-clé « GCO » renvoyait vers le site du Collectif « GCO Non Merci« , à son ancienne adresse (gcovendenheim.free.fr).

Peser dans un débat… qui n’existe plus ?

En demandant à ses visiteurs de laisser leur identité et leur coordonnées en échange d’un porte-clés et d’un autocollant, le site de l’ACA cherche à constituer une base de soutiens identifiés afin de s’en servir pour peser dans le débat public. Ce ne sera pas inutile devant les démonstrations de force et les manifestations publiques qui émaillent la campagne des opposants au GCO. Pourtant, le site de l’ACA affirme dans sa Foire aux questions que l’heure n’est plus au débat, que le GCO est une « certitude. » Mais sait-on jamais…

Sans surprise, l’ACA pense que le GCO diminuera le nombre de véhicules sur l’A35, en citant le rapport du CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable) de 2013 :

« Le trafic diminuera de 14% sur l’A35 entre les nœuds autoroutiers A4/A35 au nord et A352/A35 au sud. 20 à 26% des poids lourds n’emprunteront plus l’A35. »

Le site indique ensuite que le GCO « réduira la pollution atmosphérique » dans l’agglomération et rappelle qu’il « ne coûtera rien aux contribuables ». Tous ces arguments sont bien entendu vivement contestés par les opposants au GCO.

#automobile club

Jardiner en ville, un truc de vieux à Strasbourg

Jardiner en ville, un truc de vieux à Strasbourg

Jardiner bio à Strasbourg. – Le jardinage a le vent en poupe chez les 20-30 ans… qui n’ont pas de jardin. À Strasbourg, ce sont surtout les plus de 50 ans qui jardinent, autour de leur maison individuelle ou dans leur lotissement de jardins familiaux. Parfois, ces générations se rencontrent, mais jamais ne se comprennent. Ce choc générationnel, c’est Éric Charton, animateur du Club Relais jardin et compostage, qui en parle le mieux.

Il y a un an environ, j’obtenais avec bonheur un jardin familial. Après plusieurs tentatives frustrantes de jardinage au balcon, j’allais enfin pouvoir exprimer toute ma créativité dans le design de mon jardin et tester mes connaissances livresques sur près de 200 mètres carrés de terrain, rien qu’à moi. Empreinte de beaux idéaux et bien au fait des principes mis en valeur par la Ville de Strasbourg, propriétaire de mon lopin, je me suis attelée au défrichage et à la mise en terre de mes plants, après semis dans mon salon.

Mon jardin familial, en friche en 2015, cultivé en 2016 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Mon jardin familial, en friche en 2015, cultivé en 2016 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

La première année, bien que très courte, m’a enthousiasmée. Mais rapidement, j’ai pris conscience que les relations étaient légèrement tendues avec certains de mes voisins, jardiniers au long cours et adeptes de pratiques bien différentes de celles vers lesquelles je tendais. Mon entrain n’a pour autant pas faibli. Néanmoins, observant semaine après semaine les têtes blanchies autour de moi, peu enclines à me féliciter pour mon élevage de limaces, je n’ai pu que constater que jardiner, contrairement à ce que je croyais, est une activité largement réservée aux retraités, masculins de préférence et pas très écolos.

Grand écart entre générations… et pratiques

Étais-je témoin d’un grand écart entre l’engouement des jeunes pour le jardinage naturel et la réalité de ce qui se passe dans la majorité des jardins privés ou familiaux à Strasbourg ? « Oui », confirme Éric Charton, animateur du Club Relais jardin et compostage, missionné par l’Eurométropole (et financé par l’Ademe) pour conseiller les jardiniers dans l’agglomération, organiser des visites de jardins, créer un réseau de structures assurant la promotion du jardinage naturel et rédiger une lettre mensuelle, accessible à tous.

Eric Charton est l'animateur du Club Relais jardin et compostage dans l'Eurométropole (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Éric Charton est l’animateur du Club Relais jardin et compostage dans l’Eurométropole (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Rue89 Strasbourg : est-ce que jardiner, contrairement à ce que l’on s’imagine, à lire ou voir les reportages sur le jardinage urbain à travers le monde, c’est encore surtout un truc de vieux ?

Éric Charton : « Et bien… oui ! Je distingue trois catégories de jardiniers. Il y a d’abord les 20-35 ans : ceux-là n’ont pas de jardin, mais ont une grande envie de jardiner. Des femmes enceintes ou des pères avec leur bébé viennent me voir sur les salons, à la Foire Eco-Bio de Colmar ou à l’exposition fruitière d’Eschau (le week-end du 18 septembre), assistent à mes cours. Une jardinière leur suffit, ils ont la fibre environnementale, sans être forcément écolos… Parfois, ils ont accès au jardin de leurs parents, mais ne sont pas libres de jardiner comme ils veulent. Certains me disent : « Je t’envoie mon père » !

A l’opposé, on trouve les 55-80 ans. C’est mon public principal. Ceux-là ont tout, les connaissances et le terrain. Ils ont toujours fait du jardinage, et même s’ils ont arrêté à un moment, parce que c’était plus facile d’acheter les légumes au supermarché, ils savent faire. Et il ne leur faut pas grand-chose pour réveiller leurs souvenirs.

Et puis, il y a la génération sacrifiée, les 35-55 ans ! Leurs parents ne leur ont pas transmis le savoir. On a même veillé à ce qu’ils n’aient plus aucun lien avec la nature. Pour eux, le jardin est un lieu de loisirs : barbecue, table de ping-pong et chaise longue. C’est eux qu’aiment les commerçants : ils achètent des potagers en carrés et du broyat foncé, et attention, on n’a pas intérêt à les critiquer ! »

Rue89 Strasbourg : comment le Club que vous animez peut-il convaincre cette grande majorité de jardiniers installés à amener plus de naturalité dans leur jardin ?

Éric Charton : « 99% de ceux qui ont un jardin, autour de leur maison ou dans les lotissements de jardins familiaux [ndlr, 5 000 lopins à Strasbourg], ne font pas de jardinage naturel. Dans le Club que j’anime depuis 5 ans, tout mon travail consiste à leur expliquer que jardiner au naturel, ce n’est pas un style, mais un comportement. Parce que si je dis que c’est un style, la majorité des jardiniers qui en ont un autre n’y adhérera pas.

Mon but est de créer un réseau d’acteurs complètement différents, avec des communes, des commerçants, des associations, qui vont porter la bonne parole auprès de leur public, clients, administrés, etc. Au départ, il s’agissait de réduire la quantité de biodéchets verts, en compostant. Maintenant, j’explique qu’il ne faut pas que composter, mais qu’il faut surtout pailler !

Plantes aromatiques dans mon jardin : mélisse, menthe et verveine citronnée (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Plantes aromatiques dans mon jardin : mélisse, menthe et verveine citronnée – Paillage en chanvre (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

En gros, il y a deux styles : ceux qui plantent droit et ceux qui ne plantent pas droit. Pour que chaque jardinier amène plus de naturalité dans son style, il faut d’abord ne pas le stigmatiser. On a le droit de mettre des nains dans son jardin, de semer à la volée, par dessus son épaule ou tous les 3,5 centimètres !

L’idée, c’est de ne pas porter de jugement, mais d’amener de l’information, sur les méfaits des pesticides, comme le glyphosate par exemple. Quand on explique que ce produit sera complètement interdit en 2019, les jardiniers se demandent comment ils vont faire sans engrais de synthèse, sans désherbants sélectifs… Je leur propose des alternatives. Et puis, comme je ne suis plus vraiment jeune, que je suis rond, que je fais des blagues et que je suis un mec, ils adhèrent ! »

Rue89 Strasbourg : alors, comment permettre aux différents « styles » de cohabiter ? Peut-on envisager une évolution de fond ?

Éric Charton : « Celui qui plante droit plantera toujours droit. La cohabitation entre les différents styles est très complexe. Une fois qu’un jugement est posé, impossible de discuter.

Au fil des années, on est passé du jardin nourricier, qui avait cours jusque dans les années 1960, au jardin de loisir quasi mono-variétal (thuya, cyprès, gazon) et on revient aujourd’hui vers du nourricier, avec l’envie, le besoin même, de voir du vert, de manger du vert et de comprendre le vert.

Je suis contre le nivellement par le bas : semer, composter, point. Au contraire, je crois que c’est grâce au jardin qu’on va réapprendre ce qu’est le vivant, comme avant dans le jardin du curé ou de l’instituteur. Sauf que les enfants qu’on a aujourd’hui en face de nous… ce sont des adultes. »

Choux et courgettes, tomates, haricots et fraises - jardin 2016 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Choux et courgettes, tomates (avec mildiou !), haricots et fraises – jardin 2016 (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

#Club Relais jardin et compostage#Eric Charton

Jeudi, retour d’une manifestation contre la « loi travail »

Jeudi, retour d’une manifestation contre la « loi travail »

Le vote définitif de la loi réformant le Code du travail par le Parlement ainsi que la pause estivale n’ont pas découragé la CGT, FO, FSU et Solidaires d’appeler à la mobilisation.

Les syndicats appellent jeudi 15 septembre leurs militants et tous les opposants à cette loi à venir manifester un peu partout en France, comme ils l’ont fait régulièrement tout au long du processus parlementaire. À Strasbourg, le cortège partira de la place Kléber à 14h, pour emprunter les quais sud de la grande île, l’avenue de la Liberté, puis la place Broglie et terminer place Kléber vers 16 heures.

Le trajet de la manifestation du 15 septembre

Le retour du camion sono et de MyrrrriiiaaAAAaAaaammm

Puisque c’est toujours la CGT qui est l’ossature organisatrice de ces manifestations, ce sera le grand retour jeudi du Prolet Tanz Klub devant son public, avec son tube « Myriam, MyriiiaaAAaaamm »… Vous ne le connaissez pas ? Voici un extrait :

Le trafic des bus et trams de la CTS sera également fortement perturbé par cette journée d’action.

Quiz sur le GCO : on a noté vos réponses et c’est moyen

Quiz sur le GCO : on a noté vos réponses et c’est moyen

Notre quiz sur le Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg a été terminé près de 1 000 fois. Et 99% des internautes qui l’ont tenté savent au moins ce que les initiales GCO veulent dire. Pour un projet qui remonte aux années 1970, c’est quand même mieux. La deuxième des 16 questions qui obtient le meilleur taux de réponses correctes est celle du concessionnaire (94% de bonnes réponses). C’est bien la société Vinci qui construira, puis exploitera l’autoroute pendant 54 ans. Le projet d’interdiction des poids-lourds en transit sur l’A35 est quant à lui connu de 87% des participants.

En revanche, d’autres questions ont montré un niveau d’information que nous qualifierons de « moyen » des Strasbourgeois ou Alsaciens. En dehors des trois questions précédemment expliquées, aucune n’a réuni 80% de bonnes réponses.

Les terres du Kochesberg où doit passer le GCO (photo PF / Rue89 Strasbourg)
Les terres du Kochesberg où doit passer le GCO (photo PF / Rue89 Strasbourg)

57% ignorent que l’autoroute peut être élargie

Quelques exemples des résultats :

    57% des internautes ignorent que l’autoroute peut-être élargie d’une 2×2 voies à 2×3 voies (par l’extérieur et non plus l’intérieur comme prévu jusqu’à 2012, ce qui empiétrait sur de nouveaux espaces), 20% des internautes pensent que le GCO est gratuit, au moins pour les voitures, 63% des internautes se sont trompés sur le prix. Il faut dire qu’avec l’augmentation des prix aux heures de pointe (5,5€ TTC pour un automobiliste simple) et les abonnements, le « tarif kilométrique moyen appliqué » (TKMA) d’environ 3,50€ et l’indexation de cet indice sur les prix du BTP, le tarif final est encore très flou, 46% des internautes ne semblent pas savoir (ou ne pas croire) que l’A35 doit être transformée en boulevard urbain, avec des feux et des passages piétons. Cet investissement public sera très coûteux (150 à 200 millions d’euros) et étalé sur plusieurs années, s’il se fait après la mise en service de l’autoroute en 2020. Il pose aussi la question de la manière d’absorber les milliers de véhicules qui ont besoin d’aller à Strasbourg, en particulier le matin et pour repartir le soir, Seuls 22% des internautes savent qu’il n’y aura qu’une seule borne de péage (au milieu). C’est une question assez technique, qui change peu de choses au projet. C’est la question qui a piégé le plus de participants au quiz.

Notre soirée du mercredi 14 septembre au cinéma l’Odyssée sera l’occasion d’en apprendre plus, avec la participation d’Arcos, de partisans du projet et d’opposants.

La validité du contrat du GCO contestée devant le tribunal administratif

La validité du contrat du GCO contestée devant le tribunal administratif

Alsace Nature poursuit la guerilla judiciaire contre le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, une autoroute à péage prévue en 2020 pour que les camions ne transitent plus par l’A35. Cette fois, l’association environnementaliste attaque le contrat de concession, qu’elle juge trop différent par rapport aux éléments qui ont été validés lors de l’enquête publique de 2006.

Le 20 juillet, le tribunal administratif de Strasbourg a reçu un recours en contestation de la validité du contrat de concession du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg. Le contrat de concession de cette autoroute payante (A355) avait été signé entre le concessionnaire Vinci (via sa société Arcos) et l’État le 29 janvier 2016. Elle doit permettre aux poids-lourds de ne plus utiliser l’A35 lorsqu’ils passent par Strasbourg.

À la manœuvre : l’association Alsace Nature, qui a également déposé en juillet une plainte auprès de la Commission européenne sur deux aspects environnementaux (manque de protection de la faune et de la flore et absence d’évaluation des incidences). Selon l’association et son avocat Me François Zind, le contrat diffère trop du projet déclaré « d’utilité publique » le 23 janvier 2008, qui autorise des travaux pour une durée de 10 ans. Alsace Nature attaque le document sur plusieurs fronts.

Visuel du projet de viaduc de la Bruche entre Kolbsheim et Ernolsheim-Bruche (document Arcos)
Visuel du projet de viaduc de la Bruche entre Kolbsheim et Ernolsheim-Bruche (document Arcos)

Un projet qui diffère de celui soumis à enquête

Le projet soumis à une enquête publique en 2006, qui a reçu un avis favorable en 2007, prévoyait une autoroute 2×2 voies élargissable à 2×3 voies par l’intérieur (c’est-à-dire grâce à un large terre-plein central). Celui du contrat permet ce même élargissement d’une voie, mais par l’extérieur. Le contrat de concession actuel prévoit en effet que la bande d’arrêt d’urgence mesure 3 mètres et encore un mètre de berges.

Parmi les autres modifications, la plus significative relève celles des aires. Celle de services (station service, restauration, etc. de 18 hectares) est déplacée du sud, près d’Ittenheim, au nord du tracé, près de Griesheim-sur-Souffel. À cela, se sont ajoutés deux nouveaux espaces : une aire de stockage dédiée aux poids-lourd (6 hectares), ainsi qu’un pôle d’échange multimodal (covoiturage, TSPO, etc) à l’ouest de Strasbourg, au niveau de la RN4-A351. L’aire de stockage pourrait être regroupée avec l’aire de service pour diminuer son emprise, mais cela augmenterait tout de même la taille totale de l’aire.

Enfin, les plans ont changé du côté de Vendenheim. Le viaduc est envisagé à 16 mètres de hauteur, contre 12 dans le projet initial et la tranchée ouverte a été déplacée vers l’ouest, ce qui fait que certaines habitations se retrouvent à moins de 80 mètres de la route. La commune a d’ailleurs arboré des banderoles « Non au GCO ».

Le tracé du GCO (document Arcos)
Le tracé du GCO (document Arcos)

Les garanties financières en questions

Conséquences de ces changements, le projet coûte donc plus cher que celui prévu. L’enquête publique tablait sur 355 millions d’euros. Le contrat de concession prévoit lui 518 millions d’euros de travaux et même plus avec les frais financiers. L’accord initial porte sur 631,9 millions d’euros. Des frais qui pourraient diminuer avec de l’argent public européen, sans qu’il soit mentionné qu’un tel prêt contribue à baisser le futur prix des péages.

Et justement, l’association s’inquiète du financement du projet. S’appuyant sur des articles de presse, l’association met en avant que le plan de financement n’a été bouclé « qu’environ 15 jours avant la signature du contrat », soit trois mois après le choix du concessionnaire en octobre 2015 (pour mémoire, quatre entreprises ou groupements avaient candidaté).

Un des prêteurs, la filiale de Vinci domiciliée en Belgique, Vinci Finance international, a par la suite confirmé que son prêt (à un taux de 9%) était un montage « transitoire ». Pour Alsace Nature, la procédure de passation du marché est illégale, puisque Vinci a bénéficié de plus de temps pour boucler son financement que ses concurrents et peut même le revoir après la signature de celui-ci.

Dans ces conditions, Alsace Nature craint que ce qu’elle juge comme « un manque de garanties financières » pousse Vinci à négliger ses obligations environnementales. La « robustesse économique et financière » comptait à 25% dans les critères de sélection.

Pas assez pour l’environnement

Pour faire simple, l’association considère que les passages à faune, notamment pour les hamsters d’Alsace, sont inefficaces voire nocifs. Pour l’association, les « mesures d’évitement évoquées à l’annexe 12 du contrat de concession ne sont au mieux que des mesures de réduction de l’impact » écologique. En outre, Alsace Nature remarque qu’Arcos n’a demandé aucune dérogation pour pratiquer des mesures d’effarouchement ou réaliser des captures.

Quant aux mesures compensatoires, Alsace Nature ne croit pas aux élevages promis par Arcos pour remplacer les pertes de grands hamsters et autres mammifères. L’association ne considère pas ces mesures comme efficaces et demande que soient recréés des biotopes équivalents en surfaces à ceux qui seront détruits par le GCO.

En attendant la justice, des mobilisations sur le terrain

Les arguments de l’association sauront-ils convaincre les juges administratifs ? Pour le moment, aucune date d’audience n’est prévue. Comme il s’agit d’un contrat signé par l’État, il est possible que le tribunal strasbourgeois renvoie la requête au Conseil d’État, ce qui prolonge le recours, mais ne suspend les travaux. Des forages géotechniques doivent débuter en septembre.

Pendant ce temps, les opposants maintiennent la pression, avec un week-end d’occupation similaire à celui du Bishnoï à Ernolsheim en avril, prévu cette fois-ci à la forêt du Crittwald de Vendenheim les 24 et 25 septembre.

Contactée, la société Arcos n’a pas souhaité commenté le recours d’Alsace Nature, indiquant réserver ses arguments dans un « mémoire en réponse » qu’elle doit remettre au tribunal administratif vers la fin septembre.

Le Festival du film fantastique a toujours les dents qui poussent

Le Festival du film fantastique a toujours les dents qui poussent

Le Festival européen du film fantastique, du 16 au 25 septembre à Strasbourg, continue de s’insérer comme un rendez-vous majeur du film de genre sur ce continent. Petite revue de détail de cette manifestation aux mille rendez-vous.

Quelle est la bonne taille pour le Festival européen du film fantastique de Strasbourg (FEFFS) ? Avec cette 9e édition qui débute vendredi, le petit festival des films étranges des débuts a réussi à faire venir à Strasbourg Dario Argento (c’est lui, le type flippant sur la photo), un maître absolu du film noir. Les séances de master-class ainsi que les rétrospectives qui lui sont consacrées promettent de faire le plein, des passionnés du genre vont faire le déplacement de toute l’Europe pour le voir.

Bien qu’ayant pris la décision de renoncer à sa traditionnelle Zombie Walk, qui alignait chaque année 3 000 morts-vivants dans les rues de Strasbourg, le FEFFS continue de progresser en taille et en notoriété, pour s’inscrire comme un rendez-vous incontournable du film fantastique en Europe. Mais ce n’est pas gagné. Certes, le FEFFS est l’étape française de la compétition internationale des films de genre mais d’autres festivals, plus récents mais mieux financés, tentent de s’intercaler.

Dario Argento (doc remis)
Dario Argento, un type sympa en fait. (doc remis)

Le directeur du FEFFS, Daniel Cohen, le sait bien. Pour rester premier, il doit sans cesse progresser, en nombre de spectateurs, en nombre de films, en nombre d’invités, etc. Une course complexe à maintenir dans un budget contraint, fortement dépendant des subventions publiques (la Ville de Strasbourg verse 180 000€, la Région 17 000€ et le ministère de la Culture 8 000€) puisque l’équipe veut rester en priorité dans les cinémas du centre-ville, où les jauges sont faibles, et proposer des événements gratuits.

Cette année, le FEFFS va proposer 12 films en compétition officielle, 7 films dans la compétition crossovers, 7 « midnight movies », vraiment flippants, 6 séances spéciales, 3 films pendant la Nuit excentrique samedi 24 septembre, 9 films dans la rétrospective « M for murder », 7 films en noir et blanc de la collection « Universal monsters » et 6 films dans la rétrospective Dario Argento. Pfou.

Un numéro d’équilibriste annuel

Daniel Cohen détaille son numéro d’équilibriste annuel :

« Ça fait quelques années déjà qu’on sent un gros besoin de professionnalisation, on nous envoie parfois des contrats de cinq pages en anglais avec des centaines de clauses pour diffuser une oeuvre. Et cette année, on a 34 avant-premières ! Fort heureusement, nous pouvons nous appuyer sur une équipe de bénévoles sérieux et qui se renouvelle. Chaque année on essaie de grossir, mais on veut garder les aspects intimistes qui vont de pair avec le genre de films qu’on défend. Donc on progresse par étapes, par petites étapes… »

Outre les invités d’honneur prestigieux, cette stratégie s’accompagne de « coups » comme la diffusion des Dents de la mer dans une piscine. Les quelques chanceux qui se sont rués sur les places dès qu’elles étaient disponibles seront installés dans de grands fauteuils gonflables, poussés en plein milieu du grand bassin des Bains municipaux, tandis que sur un écran installé pour l’occasion, des pauvres types en mer se feront dévorer les uns après les autres… Génie.

« J’avais envie de faire quelque chose pour la Neustadt, confie Daniel Cohen. Ça me trottait dans la tête depuis un moment. Quand j’ai commencé à évoquer cette idée, tout le monde m’a regardé avec des gros yeux. Mais l’idée a fait son chemin… et on est arrivés à surmonter les défis techniques. Ce sera une super soirée. »

Aussi au musée alsacien, place Saint-Thomas et au Shadok…

Le FEFFS s’exportera aussi au Musée alsacien samedi. Lors de cette « Grüselnacht », le personnel va proposer un spectacle vivant et frissonnant, avec Coco Das Vegas en vamp intrigante, autour des premiers contes et légendes d’horreur alsaciens… Tout un programme.

Mais cette année, l’évolution la plus visible concernera le « village fantastique ». Déjà déménagé l’an dernier place Saint-Thomas, il bénéficiera d’une programmation étoffée à lui tout seul : dédicaces, rencontres, jeux… Le Festival s’est adjoint les compétences de la boutique Philibert et des membres de l’association ludique La Sauce Aux Jeux pour assurer une animation continue du village.

Le volet jeux vidéo continue de progresser également, avec une compétition qui amènera la chanteuse Juliette comme membre du jury et des démonstrations de jeux en réalité-virtuelle, qui oscillent bien souvent entre une production vidéo-ludique et une création cinématographique. L’ensemble de ces événements doivent se dérouler au Shadok, sur la presqu’île Malraux, en face de l’UGC.

Le film d’ouverture, Swiss Army Man

L’acteur qui a incarné Harry Potter, Daniel Radcliffe, en cadavre pétomane ? C’est bien le pitch de ce film qui, assure le FEFFS, a « le potentiel d’un film culte. »

Le film de clôture, The Mermaid

Dans cette histoire, le réalisateur de Shaolin Soccer revient avec une fable écologique déjantée, faisant intervenir des sirènes, des tritons et un millionnaire.

Revenus de Rio, des bénévoles alsaciens racontent leurs Jeux Olympiques

Revenus de Rio, des bénévoles alsaciens racontent leurs Jeux Olympiques

Il faut beaucoup de motivation pour être sélectionné parmi les bénévoles des Jeux olympiques. Revenus en Alsace après deux semaines à Rio, trois volontaires racontent leurs meilleurs moments et leurs petites galères.

Ils ont des étoiles dans les yeux dès qu’ils en parlent. Ils ont participé aux Jeux olympiques de Rio en tant que… bénévoles. Intégrer l’équipe des quelques 45 000 petites mains des Jeux Olympiques n’a rien d’une formalité. Quelques jours après la fin des épreuves, Jérôme Tschupp, Caroline Reys, Daniel Ackermann, trois Alsaciens, racontent leur expérience.

Une sélection sur plus d’un an

Leur candidature, ils l’ont envoyée fin 2014. L’idée vient d’un e-mail de la fédération de volley pour Caroline Reys, une annonce sur la page Facebook des JO pour Jérome Tschupp, et l’envie de viser plus haut après avoir participé à l’organisation des championnats du monde de pétanque à Marseille pour Daniel Ackermann.

L’intégralité du site est en anglais. La sélection commence par des tests de langue « difficile en anglais, plus facile dans les autres langues que j’avais mises, allemand et italien. » Pour Caroline Reys, écrivaine publique et élue au conseil municipal de Sélestat, ce mode de sélection fait un premier tri :

« Il faut une certaine maîtrise informatique, d’outils comme les tchats et les vidéos en ligne, ainsi qu’une bonne maîtrise de l’anglais. Cela se répercute sur le profil des volontaires, assez homogène : des personnes qui font fait des études, jeunes et qui ont voyagé dans leur vie. »

Caroline Reys avec d'autres bénévoles à l'épreuve de cyclisme, sur un spot paradisiaque. (doc. remis)
Caroline Reys avec d’autres bénévoles à l’épreuve de cyclisme, sur un spot paradisiaque. (doc. remis)

Des tests de comportement

Une fois les tests, voire les cours, de langue en ligne terminés, place aux tests de personnalité par questions à choix multiples (QCM). Les candidats se voient attribuer des points de « sympathie », notamment après qu’on leur demande comment ils réagiraient dans certaines situations : que dire à une personne si elle ne veut pas être assise à côté d’homosexuels ? Que faire si quelqu’un vient vous parler en espagnol mais que vous ne savez que dire « Holà », etc. ?

« J’ai dû avoir moins de points de sympathie que d’autres, puisque j’ai été plus tard affectée à l’organisation des courses, là où certains étaient avec la relation au public », se fait la réflexion a posteriori Caroline Reys.

À Rio, les bénévoles et membres du staff étaient répartis selon quatre catégories pour autant de couleur de t-shirt : l’organisation des compétitions (en jaune), l’accueil au public (en vert), les médecins et leurs aides (en rouge) et l’arbitrage (en bleu).

Jerome Tschupp a vu les mystérieuses eaux vertes de la fosse à plongeons au plus près (doc. remis)
Jerome Tschupp a vu les mystérieuses eaux vertes de la fosse à plongeons au plus près (doc. remis)

Une convocation qui se fait attendre

Dernière étape, des vidéoconférences à 10 ou 15 de différents pays, où il faut trouver un slogan et gérer des situations, le tout encore en anglais. À travers la webcam, il n’est alors pas toujours facile de prendre la parole au milieu d’anglophones. La sélection s’étend jusqu’à décembre 2015, où enfin ils apprennent qu’ils sont sélectionnés et donc leur domaine d’action (mais pas le site précis).

Ils peuvent alors bloquer leurs dates, mais doivent attendre une lettre définitive, où le lieu d’affectation est révélé. Et là, l’attente a été beaucoup plus longue que prévue : attendue le 13 décembre, le courrier est sans cesse repoussé : au 23 décembre, puis à janvier, au 29 février, à avril et ainsi de suite… Procédure habituelle ou manque de préparation spécifique à l’édition de Rio ? Comme c’était leur première fois, ils ne savent pas. Jérome Tschupp l’a reçue fin mai, Daniel Ackermann et Caroline Reys… fin juin.

Le bonheut une fois à Rio. Se prendre en photo avec les arceaux est un grand classique (doc. remis)
Le bonheur une fois à Rio. Se prendre en photo avec les arceaux est un grand classique (doc. remis)

Entre temps, le mari de Caroline Reys, chirurgien qui devait rejoindre l’équipe médicale, ne reçoit pas le fameux sésame. Déçu, il prévoit d’autres congés, mais reçoit son affectation au stade olympique quelques jours plus tard. Tant pis, « la tête n’y était plus » depuis que son épouse a reçu sa lettre et qu’il l’imaginait partir sans lui.

Pendant ce temps, les francophones échangent sur leurs expériences et leurs incertitudes, en particulier sur l’application de messagerie « Whatsapp » dans un groupe spécifique. Certains s’organisentpour réserver des logements ou même pour négocier un prix de groupe auprès de la Lufthansa, après qu’Air France ait refusé. Logement et frais de transport sont à la charge des bénévoles. Pour cette raison, certains prennent leur billet avant la confirmation officielle.

Le grand atout du bénévolat ? Les rencontres cosmopolites selon les participants (doc. remis)
Le grand atout du bénévolat ? Les rencontres cosmopolites selon les participants (doc. remis)

À Rio, pas toujours dans le bon quartier

Après doutes et craintes, voici le temps des Jeux olympiques du 5 au 21 août. Les bénévoles sont attendus trois jours avant le début des épreuves. Le temps de recevoir leur panoplie complète (des chaussettes à la casquette) dans la cité de la Samba, quelques brèves instructions et de tester le temps de transport. Car Rio est une ville étendue sur 70 kilomètres et les sites sont disséminés, parfois loin de là où leur logement avait été réservé. Jérome Tschupp qui espérait participer au basket se retrouve au parc aquatique de Maria Lenk qui accueille le plongeon, la natation synchronisée et au water-polo :

« Même si les horaires étaient de 6 à 9 heures par jour, il y avait 4 heures aller-retour de trajet les bons jours, 5h30 les mauvais. Ce qui fait de longues journées. »

Comme Daniel Ackermann, placé au volley, il s’occupe de l’accueil du public. Son quotidien consiste à valider les tickets, surveiller l’extérieur et placer les spectateurs dans le stade parfois tout près du Prince du Monaco et du président du CIO. Des longs temps de trajet, Daniel Ackermann retient un aspect du positif :

« Les rencontres entre bénévoles ou avec les sportifs ne sont pas jamais courtes car les transports durent toujours 45 minutes à une heure. »

Les rencontres, bénévoles, supporter et athlètes, le bon plan pour se retrouver dans l'espace VIP au "club France" le soir (doc. remis)
Les rencontres, bénévoles, supporter et athlètes, le bon plan pour se retrouver dans l’espace VIP au « club France » le soir (doc. remis)

Des couacs mais des rencontres

Quelques couacs ont émaillé l’organisation : des manques de bouteilles d’eau, des installations pas visitées avant de devoir y indiquer le chemin ou plus gênant des bénévoles qui ont déserté leur poste, « tout le monde n’est pas fait pour le bénévolat », regrette Jérôme Tschupp. Mais globalement, »5 minutes avant le début des épreuves tout arrivait à être en ordre », relativise Caroline Reys.

Ces désagréments ne viennent pas entacher le cœur de l’expérience : des rencontres avec des volontaires du monde entier et de tous âges, dont beaucoup de Brésiliens, ce qui n’a pas toujours facilité la communication. Parmi les 45 000 bénévoles au départ, seuls 200 à 300 étaient français.

En dehors des sites olympiques, la maison qu’avait loué Jérôme Tschupp est un lieu où l’ambiance olympique a perduré, puisque 16 à 18 volontaires l’ont partagée. Caroline Reys a passé davantage de temps avec sa logeuse Airbnb, une jeune avocate brésilienne qui lui a fait visiter la ville. Daniel Ackermman, qui logeait seul, a surtout sympathisé avec Eli Gomes, un bénévole brésilien rencontré au volley avec qui il a passé l’essentiel de ses journées.

La coloc internationale de Jérome Tschupp entre bénévoles à Rio (doc. remis)
La coloc internationale de Jérôme Tschupp entre bénévoles à Rio (doc. remis)

Daniel Ackermann avec son ami brésilien rencontré sur place, Eli Gomes (doc. remis)
Daniel Ackermann avec son ami brésilien rencontré sur place, Eli Gomes (doc. remis)

Des temps de travail hétérogènes

En termes de disponibilité, tous ne sont pas autant sollicités. Caroline Reys, à l’organisation des courses cyclistes, n’a été sollicitée que 6 jours : deux pour les courses en ligne, deux pour les contre-la-montre et deux pour la partie vélo du triathlon :

« Pour les courses en ligne, je donnais des instructions au peloton. Au triathlon, je donnais les bidons lors de la partie cycliste. Ce n’est pas possible d’être davantage au cœur d’une course. »

Daniel a, lui, travaillé 13 jours sur 15 et Jérome 12 jours. Nos trois Alsaciens s’étaient rencontrés plusieurs fois avant mais se sont peu vus sur place.

Daniel Ackermann, au volley (doc. remis)
Daniel Ackermann, au volley (doc. remis)

Du temps pour voir les épreuves

Justement, le temps de bénévolat détermine le nombre de billets reçus pour voir des épreuves pendant le temps libre. Caroline en a eu deux, mais a pu voir cinq autres épreuves pour 130 euros « dont la finale d’escrime où la France a gagné. » Daniel n’a pas déboursé d’argent. Présent plus souvent, il a eu des billets tous les trois jours :

« À l’athlétisme, c’était des places dans les trois premiers rangs, juste devant la piste. Des places à 250 euros. La cérémonie de clôture, c’était aussi un spectacle exceptionnel. »

Entre les bénévoles et pour que chacun puisse voir son pays jouer, les échanges ou reventes sont fréquents. Au fil des jours, il est aussi possible de récupérer des invitations non-utilisées auprès des fédérations. Pour l’ambiance, voir un match du Brésil est le moyen de vivre au mieux la ferveur olympique.

JO ou pas, il y a toujours un moment pour la plage (doc. remis)
JO ou pas, il y a toujours un moment pour la plage (doc. remis)

Au club France on peut y rencontrer les médaillés le soir-même. Les athlètes y sont disponibles selon Caroline Reys (doc. remis)
Au club France on peut y rencontrer les médaillés le soir-même. Les athlètes y sont disponibles selon Caroline Reys (doc. remis)

Les grandes fêtes au « Club France »

Autre avantage des bénévoles, pouvoir côtoyer les athlètes dans les « maisons » des pays, dont le « Club France ». Les soirs de médaille, de grandes fêtes y sont organisées. Tous reviennent surpris par la disponibilité des athlètes, »même Teddy Riner ». La meilleure ambiance serait au stand Jamaïcain, même si Usain Bolt n’y a pas été aperçu.

Depuis Rio, les bénévoles n’ont pas eu le sentiment que les Brésiliens ne se passionnaient pas pour les Jeux olympiques. Mais ils sont conscients qu’ils étaient au cœur de l’événement, ce qui déforme le regard qu’ils peuvent avoir.

En attendant les cyclistes (doc. remis)
En attendant les cyclistes (doc. remis)

Escapade dans une favela

Malgré la ferveur dans les stades et à la plage de Copacabana, Caroline Reys et Jérome Tschupp ont aussi trouvé le temps d’aller dans les quartiers défavorisés, ceux qui n’ont pas bénéficié des Jeux. Jérome Tschupp raconte ce souvenir :

« On voulait donner quelque chose en retour au Brésil. Les Jeux ont aussi apporté des ennuis aux favelas, avec des expulsions. Avec l’ONG Humanitarian Sports dont je suis membre et en lien avec des associations sportives brésiliennes sur place, on a pu organiser trois moments de rencontre pour des dons de t-shirt ou de ballons pour favoriser la pratique du sport, grâce à nos différents sponsors. Des fonds ont été récoltés pour un jour construire un gymnase. L’accueil a été très bon. »

Les souvenirs

Ces deux semaines (Jérôme Tschupp est resté un mois et demi), qui ont nécessité un budget de 3 000 à 4 000 euros vont laisser des souvenirs éternels. Alors quand tout est fini, il y a quelques moments difficiles :

« Le plus dur c’était dans l’avion, au moment du retour, alors la France jouait sa finale de handball. Mais après, cela donne une énergie nouvelle pour la suite », estime Caroline Reys. « Je ne réalise que maintenant tout ce que j’ai vécu. J’ai dit à mon fils qui a une vingtaine d’années qu’il doit vivre un événement pareil dans sa vie », complète Daniel Ackermann.

Avec le recul, Jérôme Tschupp pense que c’est important de raconter son expérience :

« J’avais un peu de temps libre avant de terminer mes études, c’était le moment ou jamais. Par les temps actuels, cela faisait du bien de montrer qu’on peut vivre tous ensemble, même si on est différents. »

De là à repartir à Tokyo pour les prochains JO en 2020 ? « Pourquoi pas », répondent-ils, mais c’est trop tôt pour le dire. En attendant, les discussions entre nouveaux amis se poursuivent via Whatsapp et autres réseaux sociaux. Certains ont promis de se revoir.

"Avec des amis nous avons voulu faire une photo qui puisse montrer qu'on peut tous vivre ensemble qu'importe notre origine, c'est pourquoi nous avons tous échangés nos drapeaux : 2 Français, 1 Argentin, 2 Lituaniennes et 1 panaméen" Jérome Tschupp (doc remis)
« Avec des amis nous avons voulu faire une photo qui puisse montrer qu’on peut tous vivre ensemble qu’importe notre origine, c’est pourquoi nous avons tous échangés nos drapeaux : 2 Français, 1 Argentin, 2 Lituaniennes et 1 panaméen » Jérome Tschupp (doc remis)

#Brésil

Mobilisation pour sauver une maison alsacienne à Schiltigheim

Mobilisation pour sauver une maison alsacienne à Schiltigheim

Un collectif de riverains appelle à une mobilisation à Schiltigheim et sur Internet pour sauvegarder une maison alsacienne traditionnelle.

La maison du Dinghof, impasse d’Adelshoffen à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, a été construite en 1525. Un projet immobilier piloté par la municipalité de Schiltigheim prévoit de la déplacer afin de construire à la place un ensemble de 19 logements, sur deux étages et un verger. Mais ce projet ne convainc pas une partie des habitants de Schiltigheim, riverains ou autres attachés à la sauvegarde du patrimoine. Ils appellent à une manifestation, sur place, vendredi 9 septembre à 17h30.

Le Dinghof (document remis)
Le Dinghof, vue depuis l’impasse (document remis)

Le Dinghof (document remis)
La maison du Dinghof est dans un état critique… Pas sûr qu’elle supporte un démontage. (document remis)

Vestige du village d’Adelshoffen

Ces habitants, réunis en association, regrettent de n’avoir été informés de ce projet qu’en mai. Ils demandent la création d’un espace vert sur l’ensemble du terrain de 41 ares et la préservation de la maison alsacienne du XVIe siècle, « dernier vestige architectural de l’ancien village d’Adelshoffen », avec ses dépendances (cave, puits, grange, petit bâtiment à pan-de-bois)…

Selon l’association, « il se trouvait sans doute dès le Moyen-Âge un Dinghof, c’est-à-dire une cour colongère ou domaniale, dépendant du chapitre Saint-Thomas de Strasbourg. Y étaient perçues les redevances (essentiellement des produits de la terre). On y rendait aussi la justice. »

L’association demande en outre l’exploration archéologique de l’ensemble de l’îlot, afin de « mieux connaître l’évolution dans le temps de la cour colongère. Une telle exploration serait hautement souhaitable pour l’histoire de l’Alsace en général et de Schiltigheim en particulier. »

Le Dinghof (document remis)
L’ensemble architectural mériterait une très importante rénovation (document remis)