Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Une plateforme de téléconseils pédiatriques accueillie fraîchement par la profession

Une plateforme de téléconseils pédiatriques accueillie fraîchement par la profession

Un pédiatre de Strasbourg a lancé « Pédiatre Online », un site qui permet aux parents de poser des questions à des pédiatres, moyennant paiement. Même si le site a le soutien du conseil de l’ordre des médecins, il est accueilli avec réserve par certains pédiatres, qui craignent une concurrence déloyale.

On ne peut toujours pas faire diagnostiquer un gamin par téléphone, mais on s’en rapproche. Le Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre à Strasbourg, a mis en ligne une plate-forme de « téléconseil », Pédiatre Online, qui doit permettre aux parents angoissés d’obtenir quelques réponses basiques sur les symptômes de leurs enfants.

Le « téléconseil », c’est tout le dialogue à distance qui gravite autour de la consultation mais qui n’est pas une consultation. La différence est ténue, mais fondamentale. Autrement dit, un parent va pouvoir utiliser le service pour demander s’il doit s’inquiéter suite à l’apparition de rougeurs sur les fesses de bébé. Si c’est bénin, achetez une crème, c’est du conseil. Si c’est un symptôme pathologique, alors il faut… consulter votre pédiatre.

Un blog en ligne depuis 1996

Arnault Pfersdorff a choisi de lancer cette plate-forme de téléconseil en constatant que la réponse d’Internet aux questions des parents est mauvaise, voire anxiogène. Très souvent, les parents en quête d’infos sur Google se retrouvent sur des forums où les réponses apportées proviennent… de simples particuliers. Le pédiatre strasbourgeois avait un blog, Pediatre Online, lancé en 1996 et dans lequel il distille régulièrement des conseils aux parents. C’est ce blog qu’il a choisi de faire évoluer en plate-forme de téléconseil, en gardant le nom.

Concrètement, des pédiatres professionnels seront de garde, devant leur ordinateur, de 7h à 9h, de 12h à 14h et de 19h à 22h. Ils recevront les appels (3€ la minute) ou les tchats (15€ la session) des internautes et répondront aux questions, en restant dans les limites du téléconseil. Ils pourront le cas échéant prescrire des médicaments qui sont accessibles sans ordonnance. Leur objectif est de désengorger les cabinets des pédiatres et les salles d’attente des urgences pédiatriques.

Pour le Dr Pfersdorff, Pédiatre Online doit également pallier les déserts médicaux :

« Très souvent, on se pose des questions et pour obtenir une réponse il faut se déplacer. Dans certaines région, trouver un pédiatre peut prendre une heure, voire plus en dehors des heures d’ouverture des cabinets. Et si la réponse à apporter est simple, c’est du temps de perdu pour tout le monde, pour la famille comme pour les professionnels de santé. »

Doliprane, Advil, les deux ? La question que tout parent s'est posé un jour... (Photo Martin.Menu / FlickR / cc)
Doliprane, Advil, les deux ? La question que tout parent s’est posé un jour… (Photo Martin.Menu / FlickR / cc)

Gratuit si une consultation est nécessaire

L’internaute ne paie que si le conseil a été utile. Si une consultation est nécessaire, il est renvoyé vers son pédiatre et il n’est pas facturé. Un comité scientifique d’une dizaine de pédiatres a été créé par le site pour définir et préciser si nécessaire les limites de ce qui relève du conseil et de ce qui nécessite une consultation, et le site s’est assuré du soutien du conseil de l’ordre des médecins.

Mais les pédiatres restent méfiants. Président du groupement des pédiatres du Bas-Rhin, Yves Alembik, explique :

« Le conseil aux parents, on considère que ça fait partie de notre boulot et c’est gratuit. Alors certes, ces conseils ne sont pas immédiats mais au moins, on connaît la famille et les enfants. C’est toujours délicat de déterminer si des symptômes sont bénins au téléphone sur des sujets inconnus… Et puis faut-il une réponse clinique dès qu’un enfant a 38,5° de fièvre ? Au groupement, on n’est pas opposé à la démarche du Dr Pfersdorff, mais on reste vigilants et on rappelle que nos cabinets sont accessibles et que les gardes sont là pour répondre aux parents qui se posent des questions. »

Soupçons de concurrence déloyale

Même tonalité, fraîche, au syndicat national des pédiatres de France (SNPF). Sa présidente, Brigitte Virey, va surveiller les aspects liés à la concurrence :

« On voit apparaître des plate-formes paramédicales fréquemment, la dernière en date proposait des « second avis médicaux », très chers. Au moins celle du Dr Pfersdorff est lancée par un pédiatre, en lien avec le conseil de l’ordre… C’est rassurant mais on sera attentifs aux distorsions de concurrence qu’une telle plate-forme pourrait provoquer. On est conscients des problèmes d’accès aux pédiatres mais une plate-forme privée n’est peut-être pas l’unique solution. Le syndicat va devoir se pencher sérieusement sur cette question des consultations à distance. »

D’autres pédiatres, sous couvert d’anonymat, ont des avis plus tranchés encore :

« Au téléphone, les signes caractéristiques d’une rhinite sont les mêmes que ceux d’une bronchiolite. Sauf que l’un est bénin et que l’autre nécessite une prise en charge immédiate. Aujourd’hui, rien ne remplace le contact et l’oeil du médecin qui connaît son patient et ça, les plate-formes sur Internet l’occultent systématiquement. Et après, dans les cabinets, on se retrouve avec des patients qui ont des tableaux cliniques aggravés parce qu’ils ont été mal conseillés. Mais on est dans l’ère du tout, tout de suite… Ce site répond surtout à ça. »

Pédiatre depuis 1986, Arnault Pfersdorfff a mis en ligne un blog professionnel dès 1996 (Photo)
Pédiatre depuis 1986, Arnault Pfersdorfff a mis en ligne un blog professionnel dès 1996 (Photo)

Vers la téléconsultation en 2017

Le Dr Arnault Pfersdorff prévoit de payer ses médecins de garde de 25 à 40€ de l’heure et d’étendre les horaires en cas de succès. Ils sont une trentaine, souvent de jeunes retraités, à débuter l’expérience de Pediatre Online, via des contrats classiques de médecine libérale. À l’horizon 2017, le site pourrait utiliser les services d’une centaine de médecins répartis sur tout le territoire.

Le site prévoit d’évoluer en 2017 vers une plate-forme de téléconsultation, en défrichant les pistes permises par des évolutions juridiques et réglementaires et en ajoutant un module de visio-conférence. Mais selon, Arnault Pfersdorff, « les premiers tests ont montré que les patients ne savent pas filmer correctement et qu’à l’autre bout, on ne voit pas suffisamment bien pour porter un jugement. Il y a encore des progrès à faire. »

Les fondateurs de la plateforme ont investi environ 100 000€ pour financer leur première année de fonctionnement, abondés par une série d’aides publiques (dont celle de l’incubateur Semia de la Région, une bourse Tango & Scan de l’Eurométropole et un prêt de la BPI).

#Arnault Pfersdorff

Maladie de Lyme : le Gouvernement prévoit d’informer promeneurs et médecins

Maladie de Lyme : le Gouvernement prévoit d’informer promeneurs et médecins

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé jeudi un plan national de lutte contre la maladie de Lyme. L’objectif du gouvernement est d’améliorer la prise en charge mais se garde bien de prendre position dans le débat qui agite la communauté scientifique, entre partisans d’une épidémie et ceux qui redoutent un surdiagnostic.

Devant les associations de défense des victimes de la maladie de Lyme, Marisol Touraine, ministre de de la Santé, a présenté jeudi matin un « Plan national de lutte contre les maladies transmises par les tiques. »  L’objectif de la ministre est d’accroître la notoriété de ces pathologies, souvent difficilement détectables :

« Ce plan vise à éviter le sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés des malades de Lyme. Il permet de mieux comprendre la maladie, de soigner plus efficacement les patients et de mobiliser tous les outils disponibles pour prévenir la maladie. »

Des objectifs ambitieux, mais qui n’ont pas été chiffrés cependant. Concrètement, le plan prévoit une quinzaine de mesures devant prévenir, améliorer le diagnostic et accélérer la recherche. D’abord, l’Office national des forêts (ONF) est chargé d’installer des panneaux d’information pour les promeneurs à l’entrée des forêts, une application pour smartphones permettant de signaler la présence de tiques (on aura bientôt un « pack gouvernement » dans les portables, ici attentat, là des moustiques tigre, ici des tiques…), des actions d’information à destination de la population et un plan de formation des professionnels de santé.

Le tire-tiques, l'outil idoine. (Photo Wikimedia Commons / cc)
Le tire-tiques, l’outil idoine. (Photo Wikimedia Commons / cc)

De l’info pour les médecins

Sur la prise en charge, le plan prévoit de mettre à disposition des médecins un bilan standardisé décrivant la liste des examens permettant un diagnostic complet chez toute personne présentant des symptômes évocateurs, et la mise en place d’un protocole national de diagnostic et de soins (PNDS), élaboré en lien avec les associations. En 2017, des centres de prise en charge spécialisés devraient ouvrir dans les zones impactées, donc en Alsace.

En outre, le plan du Gouvernement prévoit d’améliorer la recherche, en regroupant les malades et en confiant le pilotage à l’Institut Pasteur.

La maladie de Lyme toucherait plus de 26 000 personnes supplémentaires chaque année. Mais elle présente des signes cliniques subjectifs (maux de tête, troubles de la mémoire) dans ses formes tardives, ce qui rend le diagnostic difficile à poser d’autant que les tests d’aide au diagnostic sont controversés. À Strasbourg, la pharmacienne Viviane Schaller a été condamnée pour avoir systématiquement fait réaliser deux tests sur les patients qui venaient dans son laboratoire d’analyses. Son procès en appel doit se tenir à Colmar en octobre.

Mais la communauté scientifique est très divisée sur son épidémiologie comme sur sa prise en charge. À Strasbourg, les Pr Christmann et Jaulhac, responsables du centre national de référence des Borrellia, le nom scientifique des maladies transmises par les tiques, sont plutôt sur une ligne conservatrice. Ils réfutent que les infections aient pris un caractère épidémique et considèrent les tests comme fiables, « lorsqu’ils sont bien employés. » Tous les deux sont allés défendre cette position le 20 septembre devant l’Académie de médecine.

« Face aux médecins divisés, il ne m’appartient pas de trancher », a indiqué la ministre jeudi matin.

Foire européenne : Nawel Rafik-Elmrini répond aux critiques

Foire européenne : Nawel Rafik-Elmrini répond aux critiques

Strasbourg Événements est visé par plusieurs critiques après une baisse de la fréquentation de la Foire européenne, malgré l’aide de la de GL Events. La présidente de la société para-publique, élue au conseil municipal de Strasbourg, Nawel Rafik-Elmrini avance sa version des faits.

Une publication sur les réseaux sociaux et la fuite d’un e-mail interne a relancé les questionnements sur la Foire européenne de Strasbourg. Une édition 2016 particulière, concentrée sur un petit espace, puisque qu’une partie des halls habituels a été détruite, notamment les Jardins des Délices et l’ancienne patinoire, pour faire place aux travaux du futur quartier d’affaires du Wacken.

Contactée par Rue89 Strasbourg, Nawel Rafik-Elmrini adjointe au maire et présidente de Strasbourg Événements répond aux critiques. Habituée à plaider puisqu’elle est avocate, elle estime que « tout débat est légitime », mais que sur la forme, un post sur Facebook « à caractère polémique » n’est pas approprié. « Philippe Bies m’aurait envoyé un SMS et je lui aurais donné des explications. »

L'élue strasbourgeoise et président de Strasbourg Événements Nawel Rafk-Elmrini, au conseil municipal en discussion avec le maire Roland Ries (photo Pascal Bastien)
L’élue strasbourgeoise et président de Strasbourg Événements Nawel Rafk-Elmrini, au conseil municipal en discussion avec le maire Roland Ries (photo Pascal Bastien)

Strasbourg Événements gérera le Wacken pour 20 ans

Les interrogations, qu’il a précisé hier, du député de Strasbourg et président de groupe PS au conseil municipal portent notamment sur une qualité qu’il juge moyenne des derniers événements de la société Strasbourg Événements, se faisant l’écho de certains acteurs du monde économique. L’entrée au capital à hauteur de 47% de la société privée lyonnaise GL Events en 2014, un leader mondial du secteur devait moderniser les pratiques.

La société d’économie mixte (c’est-à-dire à majorité publique mais avec de l’argent privé) Strasbourg Événements s’occupe gestion du Parc des expositions et du Palais de la musique et des Congrès (PMC). Cette délégation a été réattribuée en 2015 pour une durée de 20 ans, contre cinq en 2011. Une longueur justifiée par « le temps de rembourser les investissements », c’est-à-dire les travaux et la modernisation des installations au Wacken.

Sur le délai pour annoncer les chiffres

Un des des points d’interrogation est le temps qu’il a fallu à Strasbourg Événements pour publier des chiffres de fréquentation, en baisse. D’habitude communiqués quelques heures après la fermeture de la Foire européenne, ils ont été attendus une dizaine de jours cette année. La faute à une étude de satisfaction menée pour contrebalancer la mauvaise fréquentation selon Nawel Rafik-Elmrini :

« Nous avions associé la communication de la fréquentation à cette enquête dont le rendu a pris du retard. Elle montre que 83% des visiteurs sont acheteurs, que 81% de ceux qui sont venus, sont satisfaits de leur visite et que 90% des visiteurs ont l’intention de revenir. Il y a eu des mécontentements, je ne dis pas qu’ils n’existent pas, mais il y a aussi cette perception. »

Sur la baisse de fréquentation

Au-delà de ce couac technique, la baisse de fréquentation de 10% (174 397 visiteurs), alors que l’arrivée de GL Events, un des leader mondial du secteur devait redynamiser l’offre événementielle à Strasbourg, interroge. Le record au-delà de 200 000 visiteurs n’a plus été atteint depuis 2013. Nawel Rafik-Elmrini apporte plusieurs explications pour cette année :

« Toutes les foires connaissent une baisse du visitorat. Cette année, l’inauguration s’est déroulée le 2 septembre, soit après la rentrée scolaire. Les parents avaient d’autres chose à penser. L’an dernier, nous avions fait un événement de lancement autour du pays invité l’Inde, place Kléber. Nous n’avons pas pu en faire cette année car la préfecture a estimé que ce n’était pas prudent. Le premier week-end a été très difficile. Et puis nous ne vivons pas une période simple avec les attentats ou les interpellations. Le contexte angoissant de l’état d’urgence a eu une incidence sur la fréquentation des plus de 50 ans. »

Reste que le modèle même d’une grande foire généraliste avec un prix d’entrée élevé (7 euros) pose question. Pour savoir qui y trouve encore son compte, il faudra regarder en 2017 quels commerçants reviennent et qui claque la porte de l’événement économique de la rentrée à Strasbourg, qui prend une tendance institutionnelle.

« On a essayé de rajeunir l’événement avec plus de liens avec les blogs ou le Maker Fair. Cela a attiré des jeunes, mais n’a pas compensé la baisse des plus de 50 ans. Il y a en effet plus d’intérêt pour les foires et salons de passions, je pense notamment à celui du Manga à Paris, mais cela peut être complémentaire. La Foire reste un lieu de commerce. »

Sur les finances et l’arrivée de GL Events

Point d’accord entre Philippe Bies et Nawel Rafik-Elmirini : les finances sont au beau fixe depuis l’arrivée de l’actionnaire lyonnais. La présidente de la société donne les détails :

« GL Events est arrivé au capital le 1er septembre 2014. En 2013, le résultat financier avant impôts était de 200 000 euros. En 2015, il était d’un million d’euros. On compare habituellement les années paires et impaires entre elles car le salon Egast (pour les professionnels de la restauration) dope les chiffres. Sur la vente des espaces pour les salons et foires en 2017, l’objectif fixé est déjà déjà atteint. »

Voilà qui préfigure du débat qui attend les élus socialistes strasbourgeois lors d’une future réunion de groupe. Peut-être que Philippe Bies pourra faire un post Facebook pour dire s’il est convaincu ou non.

#attractivité économique

Expériences à écouter dans les parcours électro et gratuit de Musica

Expériences à écouter dans les parcours électro et gratuit de Musica

À quasiment mi-parcours de l’édition 2016 de Musica, festival de musique contemporaine à Strasbourg, quels sont les événements à ne pas manquer d’ici à la clôture ? Sélection non-exhaustive de rendez-vous électroniques et de concerts gratuits.

Pour bien entamer le week-end, Musica propose une rencontre avec le Mulhousien devenu Marseillais d’adoption eRikm. Vendredi 30 septembre, à 22h30, la salle de la Bourse à Strasbourg accueillera le projet ElectroA de ce guitariste improvisateur également virtuose des platines, compositeur et plasticien. Voilà presque vingt ans qu’il participe à des projets ou conçoit des œuvres spécifiques à travers une vision kaléidoscopique toute singulière.

Le lundi 3 octobre, toujours en la salle de la Bourse, Musica donne carte blanche à un autre festival, Exhibitronic, afin de populariser la musique électroacoustique française et belge via le studio belge Musiques & Recherches qui installe son acousmonium à Strasbourg. Résultat : un orchestre d’environ 70 hauts-parleurs élaboré en 1980 par Annette Vande Gorne, devenu tête de pont de la recherche électroacoustique du plat pays.

Cette soirée du 3 octobre sera donc l’occasion de découvrir, pour la première fois en France, la version intégrale de Déluges et autres péripéties – une pièce d’Annette Vande Gorne composée en 2015 – ainsi que la création mondiale en octophonie de Laurent Delforge, bassiste de rock psyché et de jazz, élève d’Annette Vande Gorne : Avant les tigres.

Autre rendez-vous : le mardi 4 octobre pour une heure d’un spectacle associant notes et création lumineuse. Voici donc Visual Exformation, œuvre lumineuse et chromatique interactive commandée au Suédois Jesper Nordin par le quatuor Diotima. La mise en scène est signée Cyril Teste.

Klang4 et Drum-Machines le 7 octobre

Klang4
Klang4, création mondiale le 7 octobre à la salle de la Bourse (Doc. remis)

Pour les amateurs de machines, il faut absolument réserver la soirée du vendredi 7 octobre. Dès 18h30, à la salle de la Bourse, Klang4 verra la rencontre entre deux piliers de l’ensemble Accroche Note – Françoise Kubler et Armand Angster – et le DJ strasbourgeois Pablo Valentino ainsi que le directeur d’Exhibitronic et compositeur Yérri-Gaspar Hummel. L’occasion d’un concert unique et assurément étonnant dont la toile sonore conduira au-delà des frontières connues.

Un peu plus tard, à 20h30, la cité de la musique et de la danse accueillera Drum-Machines, œuvre mixte de près d’une heure pour quatre percussions et électronique qui verra une collaboration originale entre les Percussions de Strasbourg et eRikm.

Manifestations gratuites

Pour se frotter à l’électroacoustique par curiosité, Musica propose encore un événement gratuit, le samedi 1er octobre à 15h à l’auditorium de France 3 Alsace. Un atelier-concert qui verra des collégiens de classes de 6è et 5è des collèges des Sept Arpents de Souffelweyersheim et Erasme de Hautepierre présenter le fruit d’un travail d’une année autour d’une œuvre inédite spécialement composée par Thierry Blondeau et Aurélien Marion-Gallois.

Enfin, en clôture de Musica 2016, le samedi 8 octobre, il sera possible de découvrir sur grand écran à l’UGC Ciné-Cité de l’Etoile la captation d’un opéra du compositeur autodidacte Philippe Boesmans.

Il s’agit d’une nouvelle production de Reigen, présentée en mai dernier à l’opéra de Stuttgart, mise en scène par Nicola Hümpel et dirigée, comme pour sa création en 1993, par le chef Sylvain Cambreling.

Déçus des Vitrines, des commerçants du centre lancent leur propre association

Déçus des Vitrines, des commerçants du centre lancent leur propre association

Alors que l’association des Vitrines de Strasbourg tient ce jeudi soir son assemblée générale, le mécontentement monte chez les commerçants du centre.  Sept d’entre eux viennent de créer une association alternative, Défis.

« Ma poissonnerie marchait très bien jusqu’à la fermeture du centre-ville pour le marché de Noël de l’an dernier « , constate Stéphane Coiffet, qui a repris la boutique de poissons de la rue des Sangliers il y a un an. « Après la catastrophe du marché de Noël nous avons appris que les parkings du centre-ville étaient devenus payants entre midi et deux le jour même où ça a été mis en place, par nos clients « , se souvient de son côté Anne Aubriot, qui a ouvert l’an dernier la chocolaterie Pascal Caffet, rue des Orfèvres. « Nous avons perdu la clientèle de la pause déjeuner. » Pour ces petits commerçants, le dialogue manque entre les responsables politiques et associatifs sur le devenir du centre-ville.

Avec cinq autres commerçants, ils ont fondé fin août l’association Défis, « Défense et Initiative pour Strasbourg ». À la manoeuvre, trois anciens membres du bureau des Vitrines de Strasbourg, l’association historique des commerçants, dirigée par Pierre Bardet. On retrouve Michel Pirot, propriétaire de la chocolaterie Galler, ruelle des Pelletiers et ex-président des Vitrines évincé de l’association lors de l’assemblée générale de 2014 après 18 mois à sa tête ; Yves Lequen, trésorier à la même époque et propriétaire de la boutique Kickers, rue des Francs bourgeois, et Christine Lehmann, ex-secrétaire des Vitrines, de la boutique Pôles, Grand’Rue. Marie Burel du restaurant la Petite Mairie, rue Brûlée et Anne Siegel, d’AS Communication, complètent l’équipe des fondateurs.

La rue des Hallebardes un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)
La rue des Hallebardes un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)

« Le moral des commerçants du centre est au plus bas »

Pour Stéphane Coiffet, le constat était sans appel :

« Ni les Vitrines, ni la municipalité ne tiennent compte de l’avis des commerçants du centre-ville. Il y a un réel problème et il faut trouver des solutions. 100% des gens qui ont fait bouger les choses ont essayé. Si on ne fait rien, il ne se passera rien. »

Même son de cloche pour Anne Aubriot :

« J’ai assisté à différentes réunions à la mairie où j’ai vu évoluer d’autres associations. Je n’ai pas vu de prise en compte du commerce de manière pragmatique. »

Pour l’équipe, la situation est critique. Christine Lehmann résume :

« Aujourd’hui le moral des petits commerçants est au plus bas dans le centre-ville. Il faut savoir que certains travaillent plus de 50 heures par semaine et n’arrivent pas à se sortir un Smic. Nous subissons une réelle baisse de fréquentation et constatons que rien n’est fait pour rendre le centre-ville attractif pour les Strasbourgeois. »

Manque d’accessibilité au centre, manque de communication à l’égard des touristes étrangers sur les restrictions de sécurité après les attentats, manque de toilettes publics, manque d’imagination et de modernité pour attirer les touristes… Les récriminations de l’équipe vis à vis de la situation et les frustrations quant à l’action des responsables locaux pour améliorer la situation du commerce au centre sont nombreuses.

« Jouer collectif »

Pour tenter d’y remédier, les fondateurs de Défis veulent faire de leur nouvelle association un moteur qui fédère tous les acteurs du centre-ville. Associations de commerçants de quartier, médecins, avocats et autres professions libérales ou de service, et même habitants… Pour Michel Pirot, il est temps de « la jouer collectif » :

« Il y a des très belles associations de quartier qui font un travail remarquable dans leur périmètre, mais il manquait une association qui fédère tous les courants de commerçants du centre-ville. Nous  voulons relever tous les problèmes qui y handicapent le développement du commerce et des activités. Nous voulons faire de lui un pôle économique de premier plan face à toutes les agressions commerciales extérieures et les mutations de la société : contrainte de sécurité, de lutte contre la pollution de l’aire, cohabitation des piétons, des vélos, des voitures et des transports en commun… Par ailleurs, Défis est une émanation de commerçants du premier étage du centre-ville, mais nous n’oublions pas ceux qui sont aux étages au-dessus et qui partagent les mêmes problèmes. Ils sont les bienvenus dans l’association aussi. »

La Grand'rue un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger/Rue89 Strasbourg/ cc)
La Grand’rue un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger/Rue89 Strasbourg/ cc)

Un nouvel interlocuteur pour la Ville ?

Défis entend s’imposer comme un interlocuteur incontournable de la Ville :

« C’est faux de dire que la ville ne fait rien, mais il reste des tas de chantiers.  Notre association veut accompagner de manière positive ses efforts. La Ville ne peut pas tout régler seule mais elle a les moyens pour nous accompagner. Nous sommes demandeur d’actions beaucoup plus engagées envers le commerce de proximité. Et rien n’est possible sans concertation. »

Les fondateurs de Défis ont retenu trois dossiers brûlants sur lesquels ils veulent être une force de propositions : Noël 2016, la politique de mobilité du centre-ville avec la gestion des stationnements disponibles et la politique tarifaire, et l’adaptation des événements commerciaux du centre aux nouvelles contraintes de sécurité après les attentats.

Jumelages européens

Pour optimiser la recherche de solutions, Michel Pirot souhaite établir des jumelages entre Défis et des associations de commerçants des grandes capitales européennes. Grâce à ses réseaux, des premiers contacts sont déjà pris avec Bruxelles et Madrid, « deux villes qui ont elles-mêmes dû faire face directement à des attentats ».

Pour Stéphane Coiffet, l’urgence est aussi de mettre en place une plateforme de concertation entre les acteurs du centre :

« Au-delà de la politique, nous pourrions facilement mettre des outils à la disposition des artisans et des commerçants pour que chacun fasse partie des débats. Je souhaite par exemple que la date de la braderie soit décidée à la majorité. »

Après les Vitrines, une volonté de transparence

À les entendre, on en oublierait presque que les Vitrines de Strasbourg tiennent aujourd’hui ce rôle d’interlocuteur de la Ville pour les commerçants du centre, et que Pierre Bardet et ses deux secrétaires s’y consacrent à plein temps.

Michel Pirot balaie les confusions :

« Nous voulons aujourd’hui avancer. Nous voulons occuper un terrain resté vierge dans le centre et qui n’a rien à voir avec le fait de se mettre en avant dans de l’événementiel. Défis ne sera pas une association de type les Vitrines bis. Les fonctions que Christine Lehmann, Yves Lequen et moi-même y avons exercées nous servent désormais d’expérience pour la suite. »

Christine Lehmann et Michel Pirot, anciens des Vitrines. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)
Christine Lehmann et Michel Pirot, anciens des Vitrines. (Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc)

De leur passage aux Vitrines, les trois commerçants ont tiré des leçons. Michel Pirot détaille :

« Nous sommes déjà assaillis de gens qui veulent adhérer. Nous avons tenu une assemblée constitutive à 7 le 20 septembre. Nous sommes tous dans le comité de direction de l’association pour trois ans. D’ici la prochaine assemblée générale prévue en 2018, on va étoffer ce comité par cooptation d’adhérents et de membres soutiens pour avoir un groupe de base. Nous voulons distinguer clairement les adhérents, qui ont le droit de vote, les membres de soutien, qui pourront donner des avis consultatifs et les mécènes et les partenaires. Nous voulons garder notre indépendance et serons garants d’une totale transparence. Les adhérents doivent avoir tous les procès-verbaux des réunions du comité de direction. »

Le président promet d’adosser au comité de direction de Défis à un comité technique consultatif constitué d’experts : avocats du droit de la consommation, spécialiste de la pollution de l’air, experts en comptabilité et assurances, etc.

Des commerçants soulagés

Du côté des commerçants, la confirmation de la rumeur de l’arrivée de Défis suscite l’intérêt et même le soulagement. Isabelle Meyer, patronne du salon de thé Christian, rue Mercière confie :

« Je suis très sensible à une telle initiative. Pour moi les Vitrines étaient une association par défaut, c’est comme s’il n’y  avait rien. Je n’y suis d’ailleurs pas adhérente. Elle n’est là que pour prendre de l’argent aux commerçants. Je viens justement d’interpeller Alain Fontanel (premier adjoint au maire, ndlr) pour lui dire que préférerais traiter dorénavant en direct avec la Ville plutôt que de rester derrière cet intermédiaire. »

Plus loin, un bijoutier confie :

« Il faut absolument faire revenir les gens dans le centre-ville. Je suis adhérent des Vitrines mais je ne suis pas marié avec, s’il vient autre chose, pourquoi pas. »

Chez les commerçants rencontrés, le traumatisme de Noël 2015 et l’épisode de la grande braderie de cet été – qui a eu lieu dans un centre-ville complètement bouclé par la police et inaccessible en tramway – revient sur toutes les lèvres.

La rue des Orfèvres un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)
La rue des Orfèvres un mercredi après-midi. (Photo : Claire Gandanger / Rue89 Strasbourg / cc)
#Christine Lehmann

Nawel Rafik-Elmrini s’énerve contre Philippe Bies et son e-mail fuite dans la presse

Nawel Rafik-Elmrini s’énerve contre Philippe Bies et son e-mail fuite dans la presse

Un e-mail envoyé aux élus socialistes du conseil municipal de Strasbourg par Nawel Rafik Elmrini, adjointe au maire en charge des relations internationales, a été transmis aux médias. On y apprend que l’élue goûte peu les questions que se pose publiquement Philippe Bies, député et élu du même groupe, sur la baisse de la fréquentation de la Foire européenne, organisée par Strasbourg Événements.

Les relations entre les composantes de la majorité socialiste du conseil municipal de Strasbourg continuent de se tendre. Nouvel épisode après que Philippe Bies, député PS et conseiller municipal socialiste, ait posté ce statut sur Facebook :

« Est-ce que ça tourne vraiment rond à Strasbourg Événements depuis sa reprise par GL Events ? » Mais poser la question publiquement, ça ne se fait pas apparemment au sein de la majorité municipale. En 2014, le conseil municipal a ouvert le capital de Strasbourg Événements, la société d’économie mixte qui organise plusieurs grandes manifestations et salons strasbourgeois, dont la Foire européenne, à la société événementielle lyonnaise GL Events. Sa délégation de service public (DSP) a été réattribuée en 2015 pour 20 ans, contre cinq précédemment.

Post acrimonieux ? E-mail vengeur !

Adjointe au maire de Strasbourg en charge des relations internationales et des manifestations européennes, et donc présidente de Strasbourg Événement à ce titre, Nawel Rafik-Elmrini a répondu par e-mail à Philippe Bies, en mettant en copie les élus du groupe socialiste. Cet e-mail a continué à circuler et quelqu’un l’a transféré à plusieurs journalistes strasbourgeois de Rue89 Strasbourg et des DNA :

« Cette publication sur les réseaux (…) ne milite pas en faveur de l’unité de la majorité municipale mais offre aux strasbourgeois un spectacle désolant de nos divisions tout en s’attaquant à l’intérêt du territoire ! (…) S’il est légitime pour tout conseiller municipal de chercher à s’informer sur les activités des SEM, s’agissant de Strasbourg Événements, il aurait été plus utile, plus aisé de me saisir directement. En tout état de cause, je peux déjà rassurer le président de groupe en lui disant que Strasbourg Événements fonctionne bien ! Et la stratégie de la nouvelle gouvernance porte ses fruits au bénéfice du rayonnement de Strasbourg. »

Bon, d’accord, mais pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps des chiffres de fréquentation qui sont d’habitude publiés quelques heures après la fermeture de la Foire européenne ? On n’en saura pas plus. Peut-être qu’un élu socialiste pourrait poser la question… Non ?

Beaucoup de déception autour de GL Events pour Philippe Bies

Contacté pour préciser ses griefs, Philippe Bies explique que ce n’est pas la première fois qu’on lui fait remonter des déceptions autour des événements organisés à Strasbourg depuis l’arrivée de GL Events au sein de la société para-publique :

« Je ne veux pas rajouter d’huile sur le feu. Mon post n’était pas destiné personnellement à Nawel qui fait très bien son travail de présidente. Mais quand je vais à la Meinau, nous avons l’affluence des matches dès la mi-temps, pas des jours après. Plusieurs prestataires se plaignent de GL Events et cela va au-delà de la foire. Nous avons eu une explication lundi avec le maire qui m’a dit qu’il voulait qu’on ait ce débat, mais en interne. On l’aura en réunion de groupe ce qui donnera une occasion à Nawel de venir, puisqu’elle ne vient jamais. Au-delà des résultats financiers qui sont incontestables, il faudra se poser des questions lors de la ré-attribution de la DSP. Nous aurons donc ce débat et le maire pourra en tirer les conséquences. »

Comme la DSP vaut pour 20 ans, d’éventuelles améliorations doivent être faîtes en interne, bien qu’il soit toujours possible de « casser » ce type de contrat. Contactée, Nawel Rafik-Elmrini, a répondu jeudi 29 septembre aux critiques. Lisez ces arguments en cliquant sur cette phrase.

Cette future réunion qui s’annonce animée sera peut-être l’occasion pour Roland Ries de faire un petit rappel de sa doctrine sur l’utilisation des réseaux sociaux.

La fréquentation 2016 s'est établie à 174 397 visiteurs... Ce n'est pourtant pas si mal. (Photo Foire Européenne / Facebook)
La fréquentation 2016 s’est établie à 174 397 visiteurs… Ce n’est pourtant pas si mal. (Photo Foire Européenne / Facebook)

La Fabrique, l’endroit qu’ont rêvé les bricolos du dimanche

La Fabrique, l’endroit qu’ont rêvé les bricolos du dimanche

La Fabrique est un atelier de fabrication partagé à l’ouest de Strasbourg. Depuis un an, l’association met à disposition des bricoleurs occasionnels comme professionnels une quarantaine de machines-outils pour réaliser leurs projets.

La porte est grande ouverte et La Fabrique y tient. Située dans les anciennes glacières de la brasserie Grüber à Koenigshoffen à l’ouest de Strasbourg, le local a vocation à accueillir particuliers et professionnels. François Kormann, l’un des fondateurs de La Fabrique explique :

« Tout ceux qui ont envie ou besoin de réaliser un objet sont les bienvenus. »

Effectivement, on trouve tout à La Fabrique. La place : 500 m² pour les machines et 1 000 m² pour le stockage. Le matos : une quarantaine de machines-outils sont en libre accès. Cela va de l’imprimante 3D, aux différentes scies (circulaire, à rubans), des postes à souder ou encore de la machine à graver un circuit imprimé. Le matériel de protection est également fourni et parfois même certains composants électroniques que l’association recycle.

Mais surtout La Fabrique est un lieu où se partagent les compétences : pas question de rester dans son coin, les membres actifs de l’association sont là pour aider les bricoleurs à utiliser les machines ou améliorer leur projet.

Une quarantaine de machines-outils sont disponibles à La Fabrique (photo SC/Rue89Strasbourg)
François Kormann à la scie circulaire, une quarantaine de machines-outils sont disponibles à La Fabrique (photo SC / Rue89 Strasbourg)

Comment ça marche ?

Il faut d’abord cotiser 10€ par an pour adhérer à l’association. Ensuite, comme s’il s’agissait d’une salle de sport, il faut souscrire un abonnement pour utiliser les différentes machines : 10€ la journée ou 245€ l’année. Pour réserver une machine spécifique sur un créneau horaire, il faut ajouter 10€ par jour ou 955€ pour l’option annuelle.

Pour les apprentis bricoleurs, La Fabrique propose également des formations. Les inscriptions se font sur leur site internet et coûtent 10€ de l’heure, hors matériaux nécessaires. Pour le moment, trois cycles sont disponibles : découpe fine, initiation aux différents outils disponibles à La Fabrique et atelier bois. Mais d’ici à la fin de l’année, l’association devrait élargir sa gamme comme le détaille Manuel Simoës, membre actif à La Fabrique :

« On va proposer un atelier couture, métallurgie, programmation informatique, électronique embarquée et conception assistée par ordinateur (CAO) d’ici à la fin de l’année 2016. On est encore en train d’aménager les locaux nécessaires. Les formateurs sont déjà trouvés, et membres de notre association. »

Un espace est réservé aux travaux informatiques et/ou électroniques à La Fabrique (photo SC / Rue89 Strasbourg)
Un espace est réservé aux travaux informatiques et/ou électroniques à La Fabrique (photo SC / Rue89 Strasbourg)

Grandir encore

Il y a 3 ans, Julien Gagne et Goeffroy Weibel, deux anciens de l’association de bricolage de vélos Bretz’selle veulent créer leur propre atelier. Cette idée trottait déjà dans la tête de François Kormann depuis 20 ans. En mai 2013, les trois hommes se rencontrent et c’est là que naît l’idée de La Fabrique.

François Kormann se souvient :

« Nous sommes partis à la recherche de financements et nous sommes parvenus à rassembler 100 000€, un tiers de fonds propres et le reste en subventions et aides publiques. Et puis, nous avons pu bénéficier de dons précieux comme du matériel informatique, offerts par les collectivités. Des collèges et des lycées professionnels nous ont aussi donné des vieilles machines ou de vieux postes à souder. On les a réparés et ils sont comme neufs. »

Pour le moment, La Fabrique est ouverte aux bricoleurs deux jours par semaine (vendredi et samedi), ainsi qu’en soirée portes-ouvertes le jeudi. D’ici la fin de l’année, l’association espère embaucher son premier salarié, ce qui lui permettrait d’accueillir les abonnés quatre jours par semaine. Les fondateurs ont élaboré un dossier auprès du FSE (Fonds social européen) et de la CRESS (chambre régionale de l’économie sociale) pour obtenir des aides à la création de ce poste.

Des idées qui germent

En un an, une centaine de bricoleurs sont passés et se sont rencontrés à La Fabrique. Des échanges qui, parfois, les ont menés à pousser l’aventure au delà de la pièce unique. François Kormann s’en félicite :

« Sept projets d’entreprises sont nés ici. Strataggem a mis au point un phare qui en plus d’éclairer la route, géolocalise le vélo. Cycloponics travaille sur un « bunker comestible », un endroit sous terre où ils feront pousser des légumes. »

La Fabrique a ouvert en septembre 2015 dans l'espace Grüber à Koenigshoffen (photo SC / Rue89 Strasbourg)
La Fabrique a ouvert en septembre 2015 dans l’espace Grüber à Koenigshoffen (photo SC / Rue89 Strasbourg)

Créer du mouvement

Samedi 1er octobre, La Fabrique organise sa première braderie. L’association attend environ 300 personnes. Cette braderie sera aussi atypique que l’association puisqu’en plus, d’acheter, de vendre ou de troquer des objets, il sera possible de les tester et les réparer gratuitement. Manuel Simoës explique :

« Si vous achetez une veste trouée, une couturière vous aidera à la rapiécer. Pareil pour un grill pain qui ne s’allume plus, un atelier vous permettra de changer une pièce et lui donner une seconde vie. »

Pour les vendeurs, l’emplacement de 5 m² coûte 5€ (inscription sur leur site internet). L’installation sera possible à partir de 7h. Les ventes ne débuteront qu’à 9h.

On y trouve quoi ?

Au total, il y aura une trentaine de stands dont une dizaine occupés par des associations locales. Bretz’selle sera présent avec son atelier mobile pour réparer les deux roues et donnera des conseils. Alsace Digitale projettera sur un mur un jeu vidéo interactif où le corps des joueurs remplacera les touches de l’ordinateur ou le joystick. Des oscilloscopes seront à acheter sur le stand de Technistub. L’association mulhousienne exposera également des robots destructeurs. Les enfants sont les bienvenus, un espace leur sera consacré avec la création d’objets en carton ou du coloriage. Côté ambiance, les organisateurs promettent un coin canapé éclairé par les luminaires « récup » de l’artisan Sylvain Nommain.

Toute la journée, des bénévoles tiendront un coin restauration bien fourni (petits déjeuners, planchettes, flams, beignets africains). A partir de 18h, La Fabrique proposera une soirée musicale After Brad avec la complicité de Vincent Bodin, luthier strasbourgeois. Tout le monde est invité à ramener son instrument de musique (acoustique) pour une jam-session autour du barbecue.

#économie du partage#La fabrique

La Sers lance un appel à projets pour la Manufacture des tabacs

La Sers lance un appel à projets pour la Manufacture des tabacs

Plusieurs acteurs de l’économie sociale et solidaire sont déjà en lice pour occuper une partie de l’ancienne Manufacture des tabacs à Strasbourg. En cours de réhabilitation, le site pourrait prochainement être inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

La Société d’aménagement et d’équipement de la région de Strasbourg (Sers) va lancer à la fin de la semaine un appel à projets pour finaliser le programme de réhabilitation de la Manufacture des tabacs, en plein centre de la Krutenau. Elle en est propriétaire depuis l’année dernière. L’aménageur public et la Ville de Strasbourg ont déjà arrêté trois projets pour le site : l’installation du pôle de géosciences de l’Université, d’une annexe de la Haute école des Arts du Rhin – ex-Arts Déco, et d’une auberge de jeunesse. L’appel de vendredi concerne les espaces encore vacants après ces projets.

Plusieurs projets d’économie sociale et solidaire sont déjà dans starting blocks pour candidater, avec le soutien municipal. Parmi eux, une épicerie bio en circuits courts et un pôle d’entreprenariat créatif. Celui-ci est porté par Accro, l’association d’action pour le développement des organisations créé en 2014 avec le soutien de la Ville et de l’Université de Strasbourg. Son plan est déjà bien avancé. En 2014, l’Accro envisageait déjà d’acquérir 4 500 m² dans la Manufacture, d’y faire des travaux, de les aménager et de les équiper pour un montant total de plus de 10 millions d’euros. Somme qu’elle prévoyait de financer par des subventions de l’Eurométropole, de l’Union européenne, de l’Etat et de la Région.

Quelle place va-t-il rester pour de nouvelles initiatives ? Un collectif d’habitants de la Krutenau portait l’ambition de créer de l’habitat participatif. La collectivité et les élus leur ont déjà signifié cette année qu’ils fermaient la porte à cette possibilité. Certains d’entre eux pourraient désormais rebondir sur l’appel d’offres de vendredi pour faire des propositions concernant l’économie sociale et solidaire…

La manufacture a été construite dans les années 1840 (Imperial Tobacco)
La manufacture a été construite dans les années 1840 (Imperial Tobacco)

Première vente début 2017 pour l’Université

La Ville a déjà posé une condition non négociable pour tous ces projets : qu’ils soient autofinancés. La Sers a acquis en septembre 2015 le site de la manufacture pour 9,5 millions d’euros. A terme, elle le revendra par lots aux porteurs des différents projets validés. En attendant, cette première année de propriété lui a déjà coûté de l’argent en études et entretien de la cour de la Manufacture. Quelle plus-value tentera-t-elle de retirer de son opération ? Les négociations pourraient être âpres.

La première transaction devrait se faire dès le premier semestre 2017 avec l’Etat pour les locaux dévolus à l’Université. L’installation du pôle universitaire de géosciences est le volet le plus avancé de la transformation du site. L’ouverture des nouveaux locaux de l’Ecole nationale de l’eau et de l’environnement (Engees) et de l’Ecole et observatoire des sciences de la Terre (Eost) est prévue entre fin 2020 et début 2021.

L’université a déjà retenu quatre équipes d’architectes pour un concours sur ses espaces. Le projet définitif sera connu à la fin de l’année. Il doit consister dans la réhabilitation d’une partie de 9 000 m2 de bâtiments existants et dans la construction d’une extension de 700 m2 pour accueillir plus de 1 000 étudiants, 130 chercheurs et une cinquantaine de personnels administratifs. Les activités de recherche de l’Engees vont nécessiter d’installer des halles industrielles avec une cuve de 50m3 et des circuits de distribution d’eau.

En plus de l’achat par l’Etat de la moitié du site, l’université prévoit une enveloppe de 15 millions d’euros pour ces travaux, financés par le plan Campus.

Mystère sur l’auberge de jeunesse

En ce qui concerne la HEAR, c’est la Ville qui sera à la manœuvre après avoir revendu les locaux annexes et la chaufferie de l’école, rue de la Manufacture des tabacs. L’école prévoit d’ouvrir ses nouveaux locaux à l’horizon 2020. Pour l’heure, elle s’en est tenue à « un travail très fin de réflexion sur les reports d’activités » dans ces futurs locaux, explique son directeur David Cascaro.

Le projet d’auberge de jeunesse reste le grand mystère du programme. Des habitants de la Krutenau ont déjà fait savoir au maire et aux élus qu’ils n’y sont pas favorables. Pour eux, le quartier est déjà un lieu de vie nocturne et ils craignent des nuisances supplémentaires. Alain Fontanel, premier adjoint (PS) au maire de Strasbourg, a promis qu’il s’agirait d’une auberge calme du type du Ciarus, situé derrière le tribunal d’instance. D’après les informations de Rue89 Strasbourg, aucun projet n’est encore arrêté quant à ce lieu, ni aucun périmètre du site affecté.

La manufacture en 2008, vue de la rue de la Krutenau. Au centre : le bâtiment des années 1950 et la cheminée (Photo Pascal Bastien)
La manufacture en 2008, vue de la rue de la Krutenau. Au centre : le bâtiment des années 1950 et la cheminée (Photo Pascal Bastien)

Le site bientôt inscrit à l’inventaire des Monuments historiques

En attendant que tous les occupants de la Manufacture soient connus, la Sers a déjà nommé en début d’année un architecte conseil, Antoine Oziol. Son rôle et de « veiller à la cohérence globale du bâtiment et surtout de son extérieur. » Il a réalisé en coopération avec la Direction régionale des affaires culturelles un cahier des charges de respect du patrimoine pour donner un cadre général des possibilités aux différents projets. Cet effort de la Sers anticipe la probable inscription de la Manufacture à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

L’association des habitants du quartier de la Krutenau avaient saisi les Monuments historiques en 2011 pour empêcher le site d’être transformé en logements de luxe par le promoteur Scharf Immobilier. Cinq ans plus tard, en juin 2016, la Commission régionale du patrimoine et des sites s’est enfin penchée sur la question : elle a voté à l’unanimité en faveur de l’inscription des façades, de la toiture et de la cheminée de la Manufacture ainsi que de son barreau Est, situé au fond de la cour. Le préfet n’a toutefois pas encore signé d’arrêté de protection définitif. S’il le fait, en plus d’Antoine Oziol, les travaux de la Manufacture seront placés sous la surveillance d’un architecte des bâtiments de France ou d’un conservateur des Monuments historiques.

Les travaux  de l’Université sont prévus pour en juin 2018. En attendant, le site sert occasionnellement de lieu de stockage pour les équipes de tournage de cinéma de la région.

Ce qu’il faut retenir de la mini-redistribution des postes d’adjoints

Ce qu’il faut retenir de la mini-redistribution des postes d’adjoints

Trois départs, quatre arrivées, une petite redistribution des compétences pour trois adjoints et deux conseillers municipaux… Le point sur le mini-remaniement à Strasbourg.

Le lendemain de l’élection de quatre nouveaux adjoints (pour remplacer les trois démissions du printemps) au conseil municipal, le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a procédé à une redistribution d’une partie des postes mardi 27 septembre. Pas de grand remaniement et chambardements politiques, mais des petits détails à retenir.

Les nouveaux : qui a quoi ?

Pour commencer, voici les pouvoirs que prendront les quatre nouveaux adjoints au maire :

    Françoise Bey, déjà adjointe entre 2008 et 2014, reprendra la compétence des droits des femmes, qu’occupait Mine Gunbay. Camille Gangloff récupère la compétence de Souad El-Maysour sur les médiathèques. Un domaine auquel la lutte contre l’illettrisme est ajouté. Jean-Baptiste Gernet occupera un nombre important de nouvelles délégations : les déplacements en vélo et à pied, les aménagements, les livraisons ou l’économie sociale et solidaire. En tant que conseiller eurométropolitain délégué, il s’occupait déjà des mobilités alternatives. Luc Gillmann sera exclusivement adjoint du quartier Montagne Verte, Elsau, Koenigshoffen. Il habite dans le quartier contrairement à son prédécesseur Éric Elkouby. Il conserve ses anciennes compétences de conseiller municipal comme la réussite éducative.

Parmi les nouvelles figures de l’exécutif strasbourgeois, toutes au Parti socialiste : deux nouveaux élus autour de 30 ans (Camille Gangloff et Jean-Baptiste Gernet) et deux personnes présentes depuis le mandat précédent. C’est donc bien quatre adjoints qui en remplacent trois. L’opposition a regretté une décision jugée « clanique » et voudrait moins d’adjoints par soucis d’économies. À l’exception de Luc Gillmann, tous ont déjà des fonctions déléguées auprès des 28 communes de l’Eurométropole.

Des anciennes compétences réparties entre plusieurs adjoints

La droite a peut-être tapé en partie juste quand on voit que les compétences de Mine Gunbay (droit des femmes, démocratie locale et conseil des résidents étrangers) et Souad El-Maysour (médiathèques et audiovisuel), qui estimaient n’avoir pas assez de travail et de moyens d’agir sont scindées en deux (voir plus bas pour les adjoints qui gagnent des compétences).

En revanche, Éric Elkouby semblait avoir beaucoup de responsabilités pour un seul homme : la prenante thématique du commerce et du tourisme, la plus secondaire du parc naturel urbain et celle d’adjoint de quartier, en plus de ses fonctions d’élu au Département et d’assistant parlementaire. Ses anciens pouvoirs municipaux sont répartis parmi trois adjoints et une conseillère municipale.

Plus de dépenses

Côté Finances, le mini-remaniement coûtera plus cher. Deux conseillers municipaux prennent des délégations, ce qui augmente leur rémunération d’environ 400 euros mensuels bruts à 900 euros. Et il y a donc un adjoint de plus, soit 2 375 euros bruts contre 900 euros pour un conseiller municipal avec des délégations, ce qui est réservé aux domaines qui demandent moins de temps. Un message qui peut faire grincer des dents à l’heure des économies de personnel dans les services (900 départs non remplacés vers 2020).

Roland Ries a justifié sa décision par la nécessité d’avoir désormais un adjoint à plein temps sur le secteur de Koenigshoffen, ce que n’était pas Éric Elkouby. Plusieurs dossiers, dont celui du tramway où une majorité de contributeurs à la consultation ont préféré le tracé par la gare que celui proposé par la municipalité via le Faubourg national vont y émailler la vie locale jusqu’à la fin du mandat.

Roland Ries et ses adjoints dans son bureau. De gauche à droite : Paul Meyer, Patrick Roger (conseiller municipal), François Bey, Camille Gangloff, Chantal Cutajar, Roland Ries, Christel Kohler et Jean-Baptiste Gernet (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Roland Ries et une partie de ses adjoints dans son bureau. De gauche à droite : Paul Meyer, Patrick Roger (conseiller municipal), Françoise Bey, Camille Gangloff, Chantal Cutajar, Roland Ries, Christel Kohler et Jean-Baptiste Gernet. Il manque Luc Gillmann. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Montée en puissance d’élus déjà en place

À cela, trois adjoints déjà en place et deux conseillers municipaux voient leurs compétences s’élargir :

    Chantal Cutajar, en plus des marchés public et de la déontologie s’occupera désormais de la démocratie locale ainsi que des conseils de quartiers, l’ancienne tâche de Mine Günbay et de l’aide aux victimes du terrorisme, une nouvelle compétence. Christel Kohler, déjà en charge de la nature en ville s’occupera aussi du parc naturel urbain (ex-compétence d’Éric Elkouby) et de celle du cinéma et l’audiovisuel (ex-compétence de Souad El-Maysour). Paul Meyer, déjà en charge du numérique, des questions d’économie sociale et du quartier gare, s’occupera de l’importante délégation du commerce et du tourisme qu’occupait Éric Elkouby. Conseiller municipal, Patrick Roger, président du centre socio-culturel du Neuhof et chef d’entreprise, s’occupera des relations avec le monde économique en plus de la Mission locale pour l’emploi. Le développement économique est davantage du ressort de la métropole. Conseillère municipale, Martine Jung, s’occupera spécifiquement du parc naturel urbain Ill-Bruche (voir plus bas).

Ces ajustements ne concernent aucun prétendant pressenti pour diriger la mairie après les futures élections de 2020, à savoir le premier adjoint Alain Fontanel, le député et conseiller municipal Philippe Bies ou encore le président de l’Eurométropole Robert Herrmann. Les attributions des trois hommes sont déjà nombreuses. Personne ne perd d’attribution.

La diversité recule

D’origines marocaines et turques, Souad El-Maysour et Mine Gunbay représentaient la diversité, mais surtout étaient issues du monde associatif et culturel. Les quatre nouveaux adjoints ont tous issus de la fonction publique ainsi que du monde politique et institutionnel, de même que Chantal Cutajar (maître de conférence en droit à l’université) et Christel Kohler (cadre à l’ASPA, association pour la protection de l’air) pourtant étiquetées « société civile ». La compétence du Conseil des résidents étrangers, qui appartenait à Mine Gunbay a également disparu. Le premier adjoint Alain Fontanel s’était rendu à la session de septembre.

Tous les postes d’adjoints sont pris

Le maximum de 19 adjoints thématiques, comme précédemment, est de nouveau atteint. A cela, s’ajoutent deux adjoints qui s’occupent seulement d’un quartier : Annick Neff (Neuhof) et le nouveau venu Luc Gillmann (Koenigshoffen, Elsau et Montagne Verte), ce maximum autorisé étant à six (soit 25 adjoints au total à condition que 6 adjoints de quartier n’aient pas d’autres responsabilités).

Ce remplissage n’est pas anodin pour la suite. Si le député et conseiller municipal Philippe Bies venait à ne pas être réélu en juin 2017, cela voudrait dire qu’il n’y a pas de poste d’adjoint directement disponible. On se rappelle qu’après la non-élection de Catherine Trautmann lors des élections européennes en mai 2014, Souad El-Maysour avait par exemple dû céder sa vice-présidence à l’Eurométropole pour l’ancienne maire de Strasbourg.

Peut-être est-ce au niveau des vices-présidences de l’Eurométropole qu’il faudra regarder si une porte de sortie est laissée à Philippe Bies. Le maximum de 20 postes est actuellement atteint. Mais avec l’arrivée de cinq nouvelles communes en janvier, tous les vices-présidents doivent être de nouveau réélus au début de l’année et il pourrait y avoir des changements à la marge.

Parmi les places qui intriguent le microcosme, celle de Françoise Bey, vice-présidente en charge des déchets, de nouveau adjointe au maire. La réduction des déchets et les négociations avec le groupe Séché, délégataire de l’incinérateur arrêté pour deux ans et demi est le dossier majeur de l’Eurométropole. Elle a reçu le soutien de Jeanne Barseghian (EELV) qui a pris la nouvelle délégation de la réduction et du réemploi des déchets. Pour le moment, aucun signe de changement n’a été annoncé officiellement. Françoise Bey est également élue au conseil départemental du Bas-Rhin. À moins que son fidèle soutien Mathieu Cahn, également adjoint à la Ville de Strasourg, soit prêt à lâcher sa place à ce moment-là.

La mainmise Jung/Elkouby continue à l’ouest

Christel Kohler s’occupe désormais des parcs naturels urbains partout sauf… dans l’ouest de Strasbourg. Conseillère municipale et conseillère départementale, Martine Jung épouse de l’ex-député Armand Jung s’occupera du parc naturel urbain sur le secteur Ill-Bruche. Roland Ries a expliqué que l’idée d’un parc dans ce secteur « pour protéger le quartier de l’urbanisation » était une idée du couple Jung dès la fin des années 2000. Une « protection » qui va continuer à l’heure où tous les quartiers construisent de nouveaux logements. Martine Jung est également élue au Département sur ce territoire avec Éric Elkouby, ancien adjoint de quartier devenu député d’une circonscription qui englobe ce secteur.

Rien pour les écolos

En mai, les écologistes se disaient « intéressés » par les compétences à reprendre à la mairie, où ils sont alliés avec le PS. Paient-ils leur non-soutien au PS lors de l’élection partielle en mai ? Le lien est difficile à établir : tous les élus démissionnaires étaient issus de la liste PS de 2014 et non celle des écologistes. Néanmoins, de nouvelles compétences sont créées et EELV n’en bénéficie pas, ce qui peut contribuer à marginaliser le parti dans les décisions.

Les soutiens de Roland Ries prennent des responsabilités

Roland Ries a insisté sur le fait qu’il lui fallait une équipe de « confiance » et de gens « prêts à travailler ». On y retrouvera Jean-Baptiste Gernet, son ancien attaché parlementaire et Paul Meyer, promu de conseiller municipal à adjoint en 2014, un autre jeune soutien loyal du maire. L’adjoint du quartier gare aura désormais deux élus en lien avec ses différentes thématiques : son ami Jean-Baptiste Gernet et Jean-Jacques Gsell, élu depuis 1983 et président de l’office du tourisme.

Christel Kohler et Chantal Cutajar (ancienne adjointe de droite puis candidate Modem à la mairie en 2008), toutes deux non-membre du PS sont arrivées à des responsabilités politiques locales grâce à Roland Ries ou ses proches, en se retrouvant sur liste PS en 2014.

Parmi les autres élus qui prennent du galon, Françoise Bey, Patrick Roger et Luc Gillmann sont plus difficiles à classer au sein de la politique strasbourgeois. Camille Gangloff est, elle, membre du bureau du parti socialiste du Bas-Rhin, dans lequel Mathieu Cahn, Philippe Bies ou Pernelle Richardot sont très investis. Ses marges de manœuvre risquent d’être limitées car les médiathèques sont davantage du ressort de la métropole et la politique se construit en lien avec celle de la Culture, un portefeuille que contrôle le premier adjoint Alain Fontanel.

Après 2 ans d’arrêt, le chantier du pôle d’administration public va reprendre

Après 2 ans d’arrêt, le chantier du pôle d’administration public va reprendre

Le conseil de l’Eurométropole va voter vendredi la reprise des travaux du futur pôle d’administration publique (PAPS-PCPI), sans attendre la conclusion des experts judiciaires. Pour le moment, c’est la collectivité qui paiera les 16,5 millions de surcoûts, en attendant les issues judiciaires.

Les travaux du PAPS-PCPI (Pôle d’administration publique et Strasbourg et pôle de compétence en propriété intellectuelle), dans l’enceinte de l’hôpital civil au centre de Strasbourg vont reprendre. Suite à des défauts de construction, le chantier du futur bâtiment de Sciences Po Strasbourg, mais aussi de l’IPAG (Institut de préparation à l’administration générale), du CEIPI (Centre d’études international de la propriété intellectuelle), de l’IEEPI (Institut européen des entreprises et de la propriété intellectuelle) et d’une antenne régionale de l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle) était gelé depuis juin 2014.

Le bâtiment sera consolidé et non détruit comme envisagé à un moment. L’Eurométropole, maître d’œuvre, va voter vendredi 30 septembre la reprise des travaux.

Rentrée 2019 espérée

Alors que la livraison était prévue pour cette année, l’ex-CUS vise désormais la rentrée 2019. Il faudra passer par des travaux de curage (de septembre 2016 à février 2017), c’est à dire tout vider, il y aura une remise en état du bâtiment (de mars à février 2017) et enfin les finitions reprendront pour un achèvement des travaux à l’été 2019.

En attendant, une partie des étudiants de Sciences Po, à l’étroit dans leurs locaux historiques et vieillissants avenue de la Forêt-Noire, se rend depuis cette rentrée dans les anciens locaux de l’Institut national des études territoriales (Inet), rue de la fonderie, près de la place Broglie. L’Inet a déménagé derrière l’UGC Ciné-Cité, avenue du Rhin.

Le chantier à l'abandon depuis juillet 2014 (Photo Marc Gruber)
Le chantier à l’abandon depuis juillet 2014 (Photo Marc Gruber)

Le bureau d’études liquidé, qui va vraiment payer les 16,5 millions ?

La consolidation aura un surcoût estimé à 16,5 millions d’euros, sur un chantier de 52,1 millions au total. Cette somme sera répartie entre les co-financeurs, c’est-à-dire l’État (3,9 millions d’euros), l’Eurométropole de Strasbourg, la Région Grand Est (5,1 millions chacun et 2 millions d’euros d’avance sur la TVA pour l’Eurométropole) et l’INPI (414 000 euros). Le Conseil départemental du Bas-Rhin, partenaire initial mais qui ne peut plus s’occuper des questions d’éducation, ne rajoute pas d’argent.

Les procédures judiciaires pour déterminer la responsabilité des fissures, grâce à l’enquête de deux experts indépendants (le premier, jugé trop proche de l’Eurométropole avait été récusé) sont toujours en cours. Le problème est que le bureau d’études mis en cause, RFR, a déposé le bilan le 30 septembre 2015, du moins la filiale française. RFR était aussi en difficulté sur les chantiers du stade de Limoges et à l’école de commerce de Toulouse. Si elle est condamnée, l’entreprise ne pourra rembourser les dégâts.

L’Eurométropole et ses alliés espèrent néanmoins que les assureurs et autres mandataires de l’entreprise, dont le cabinet d’architecte, soient sommés de rembourser ces frais additionnels. Les assureurs, faute de responsabilités définies avaient décidé au printemps 2016 d’arrêter de financer les études de réparation, explique la délibération du conseil de l’Eurométropole. C’est cette position qui a poussé la collectivité a reprendre les travaux et en avancer le coût, pour éviter d’attendre des années supplémentaires.

Pour promouvoir l’énergie solaire, Greenpeace fait appel à votre âme d’enfant samedi 8 octobre

Pour promouvoir l’énergie solaire, Greenpeace fait appel à votre âme d’enfant samedi 8 octobre

Greenpeace organise un gigantesque jeu « 1, 2, 3 soleil » samedi 8 octobre, place Broglie à Strasbourg, pour promouvoir l’énergie solaire.

Greenpeace invite les Strasbourgeois à participer à un grand jeu de cour d’école, samedi 8 octobre à 14h30 place Broglie. Pour promouvoir l’énergie solaire, l’organisation non-gouvernementale écologiste propose un « le plus grand 1, 2, 3 soleil jamais organisé », baptisé « 1, 2, 3 solaire ! »

L’organisation a invité Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, et Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie à Greenpeace France. Selon eux, le Grand Est a un « fort potentiel solaire » (qui l’eut cru ?), estimé à 38,8 Gigawatts, selon d’Agence de développement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce qui fait dire à Greenpeace que 80 % de la consommation électrique régionale pourrait être couverte par l’énergie solaire.

La production d’énergie solaire a atteint en France 5 292 Mégawatts, c’est bien mais pas top comme diraient les Nuls puisque ça ne représente que 1,4% de la production électrique nationale. Et surtout, 45% de cette énergie est produite dans les régions les plus méridionales de la France alors que les champions de la production d’énergie solaire en Europe sont la Bavière et le Bade-Wurtemberg.

La réforme de l’allocation de rentrée plonge des familles dans le désarroi

La réforme de l’allocation de rentrée plonge des familles dans le désarroi

En cette rentrée 2016, les parents des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ne reçoivent plus l’allocation de rentrée scolaire. Elle sera versée sur un compte bloqué. Une mauvaise nouvelle pour les parents qui ne peuvent pas compenser cette perte. Quant aux associations, elles déplorent une mise en œuvre effectuée dans la confusion générale.

La rentrée scolaire, c’est important pour Murielle, mulhousienne mère de trois enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Chaque année, elle profite de ce moment de complicité au supermarché, alors que le reste du temps, elle ne peut plus voir ses enfants que quelques heures par semaine.

Mais cette année, l’Etat lui a supprimé ce rituel. La loi de protection de l’enfant, votée en mars par le Parlement bloque les montants de l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) sur des comptes qui ne seront disponibles qu’à la majorité des enfants.

Le coût des fournitures scolaires est de plus en pus élevé (Photo Jean Perrin/FlickR/cc)
Le coût des fournitures scolaires est de plus en plus élevé (Photo Jean Perrin/FlickR/cc)

Un trou imprévu dans le budget des parents

Une décision incompréhensible pour Murielle :

« Je ne comprends pas pourquoi ils ont décidé ça… Sans l’allocation, je ne sais pas comment faire. J’ai toujours fait les courses de rentrée avec mes 3 enfants placés, je n’ai pas les moyens de les faire sans cette aide. »

L’ARS est versée chaque année en août sous conditions de ressources et peut aller de 363€ à 396€. Le coût de la rentrée est estimé par la Confédération Syndicale des Familles (CSF) à 362€ par enfant au collège en moyenne. Au lycée, cette somme monte à 400€, voire 600€ pour certaines filières technologiques et professionnelles.

Les lois de protection de l’enfance prévoient que les frais d’entretien et d’éducation des enfants placés en foyer restent à la charge de leurs parents. Une situation que détaille Fanny Basille, directrice du Foyer Charles Frey à Strasbourg :

« Certains parents tiennent beaucoup à acheter les fournitures scolaires eux-mêmes. Car pour eux, le rôle de parents consiste à accompagner autant que possible leurs enfants dans la scolarité. »

Une communication volontairement opaque et précipitée

Les structures ont été assaillies de réactions de parents paniqués. Murielle avait aussi contacté le foyer, pour se faire expliquer la nouvelle loi. Il lui a été répondu qu’ils ne pouvaient lui apporter aucune aide financière. Comme Murielle, les parents se posent beaucoup de questions pratiques, comme le rapporte l’Union Départementale des Associations Familiales (UDAF) :

« Je me demande les raisons de cette mesure. Qui va acheter les affaires scolaires du coup, et les vêtements ? Est-ce que je vais pouvoir accompagner mes enfants et l’éducateur dans ses achats ? Est-ce que le Service de Protection de l’enfance peut me confier une partie du budget si je m’engage à acheter des fournitures ? »

Laura Biteaud, du service accompagnement de l’UDAF, pointe le choc qu’a été l’information brute pour des familles qui pensaient toucher une somme toujours perçue :

« Il faut imaginer le travail éducatif et explicatif qui aurait dû accompagner ces notifications de non versement. Le travail pour nous a été de prévenir les familles que l’on suit au plus tôt, dès le mois de juillet. »

Cette précipitation a en fait été voulue par le gouvernement, qui espèrait ainsi éviter que les médias ne s’emparent de cette mesure plutôt impopulaire. Un courrier de la mission enfance famille du Conseil Départemental du Bas-Rhin, envoyé en juillet aux structures (foyers, Maisons d’enfance…) indique :

« La CNAF a indiqué qu’aucune communication large auprès des familles n’est prévue. Les familles seront informées via les notifications associées au non versement de l’ARS en août 2016. »

De l’argent nécessaire… évaporé

À cause de ce timing serré, certaines familles n’ont pas pu s’organiser en conséquence. Élodie comptait sur l’ARS pour ses deux filles :

« Je me suis mise dans une belle galère, car voyant mon aînée une fois par mois, là début août et début septembre, j’ai pris sur mon RSA. Les services sociaux viennent de m’apprendre la nouvelle… J’ai aussi acheté un sac pour la deuxième, le tout m’a coûté 150€, une chance que je n’avais pas encore acheté cahiers, stylos etc., car je n’ai aucun moyen de me faire rembourser cette somme. »

Surtout, l’allocation n’est pas remise aux foyers ni aux Maisons d’enfance, qui doivent alors puiser dans leur propre budget pour effectuer ces achats de rentrée.

« Tous les mois j’achète quelque chose pour mes enfants »

Même si Lucie Moreau, responsable de la mission enfance famille au Conseil Départemental, assure que « la CAF applique le cadre légal, les familles ont été informées, et nous avons anticipé au maximum. » Mais les conséquences sont bien réelles pour les familles touchées. Comme Céline, qui a appris au moment de la notification que ce temps fort de préparation de rentrée était fini pour sa famille :

« Je suis dégoûtée, je n’ai même pas pu faire plaisir à mes enfants, et le pire, c’est qu’ils ne disent rien aux gens. Alors on fait comment ? »

Isabelle, mère de famille nombreuse, travaille à temps partiel et a dû se débrouiller :

« J’ai quatre enfants placés sur sept, et je peux vous dire que tous les mois j’achète quelque chose pour mes enfants. J’avais mis de l’argent de côté pour les imprévus et les sorties, mais là, j’ai dû les dépenser pour les fournitures d’école et les vêtements. »

Certaines familles n'ont pas pu faire les courses de rentrée (Photo ActuaLitté/FlickR/cc)
Certaines familles n’ont pas pu faire les courses de rentrée (Photo ActuaLitté/FlickR/cc)

Les enfants « placés à la maison » doublement pénalisés

Tous les acteurs ont été pris dans un flot d’informations contradictoires qui n’a pas facilité la mise en œuvre. La loi parle de « placement », sans préciser les modalités. Surtout, la CAF n’a généralement pas connaissance de la situation des familles bénéficiaires de l’ARS et a dû, pour appliquer la nouvelle loi, se faire transmettre par le Conseil Départemental les listes des personnes dont il fallait suspendre le versement de l’allocation.

Or, les jeunes confiés à l’ASE peuvent l’être en internat, en accueil de jour, ou en placement à domicile, c’est-à-dire qu’ils sont suivis de très près par des éducateurs, mais restent chez leurs parents, et donc à leur charge.

D’après Fanny Basille, la position de la CAF du Bas-Rhin avait été de ne suspendre le versement de l’ARS que dans le cas de l’internat. Mais le Ministère a donné des consignes au courant de l’été pour viser toutes les familles, dans un mail relayé par la mission enfance famille.

Pour les associations familiales, c’est un scandale. Colin Riegger, secrétaire général de la CSF du Bas-Rhin, y voit une « grosse contradiction » : « les enfants sont complètement à la charge de leurs parents, mais on leur enlève de quoi payer les achats de rentrée ! » Pour ces personnes, pas de plan de secours avec le foyer qui subviendrait aux besoins de rentrée. Pour Patrick, deux enfants et allocataire du RSA : « on m’a aussi bloqué les ARS alors que j’ai mes enfants à charge à 100%, c’est dégueulasse. »

Le foyer Charles Frey à Strasbourg accueille des enfants en internat et en accueil de jour (Photo Paralacre/Wikimedia/cc)
Le foyer Charles Frey à Strasbourg accueille des enfants en internat et en accueil de jour (Photo Paralacre/Wikimedia/cc)

Une occasion en moins de maintenir la relation parents-enfants

Outre les difficultés matérielles, la fin de cette allocation pourrait participer d’une rupture du lien parent-enfant, d’après les associations et les professionnels. Brigitte est vraiment amère :

« Même pas 1 euro pour mes enfants placés, contrairement aux autres que j’ai à la maison. Ça fait des jaloux. On met l’argent sur un compte bloqué jusqu’à leur majorité, mais les gosses n’ont pas le droit de se rhabiller ou d’avoir un joli cartable… Je vais me plier en quatre pour faire plaisir à mes enfants du mieux que je peux. Déjà qu’on nous enlève nos enfants, maintenant ils nous enlèvent le seul plaisir qu’on a, de leur acheter des fournitures ? »

Laura Biteaud, du service accompagnement de l’UDAF, signale :

« La rentrée scolaire est un temps fort dans l’année, et on peut accompagner les parents au moment de faire les courses. Cela maintient la place des parents en tant que parents justement. Ce bon outil disparaît. »

Un contexte de stigmatisation et une efficacité remise en question

L’objectif de la loi est-il d’assurer que les sommes versées bénéficient exclusivement au jeune. Un éducateur signale :

« Il y a malheureusement des parents qui touchent l’ARS mais ne l’utilisent pas du tout pour les courses de rentrée. Certains gardent très peu de contacts avec leurs enfants mais touchent quand même ces allocations. »

Mais les associations contredisent ces critiques, comme veut le démontrer le secrétaire général de la CSF du Bas-Rhin :

« D’après l’enquête de la CNAF, on constate que l’ARS est peu dévoyée. Plus de 90% des sommes perçues sont utilisées dans les courses de rentrée scolaire. On sait que cet argent est nécessaire.

L’UDAF avance que 98% des parents d’enfants placés maintiennent le lien et donc les activités. Pour Colin Riegger, on cherche consciemment à s’en prendre à ce public particulier :

« Nous pensons qu’il y a un mouvement global qui vise à peu à peu supprimer toutes les allocations pour ces familles-là. »

Laura Biteaud pointe aussi ce que cette mesure suggère d’après elle :

« Il y a peut-être une peur que l’argent soit mal utilisé. Mais les familles lambda, dont les enfants ne sont pas placés, font ce qu’elles veulent avec l’ARS. Evidemment qu’il doit y en avoir qui profitent, mais ce n’est pas la majorité. »

Un compte bloqué… et opaque

Les professionnels s’inquiètent aussi de la mise en œuvre du pécule bloqué destiné au jeune majeur. Laura Biteaud soulève plusieurs problèmes :

« Il faudra accompagner le jeune dans l’utilisation de cette somme. Et surtout, cela pose un problème de données : qui aura accès à la liste des noms de ces jeunes placés ? Ce n’est pas anodin d’être sur ce genre de fichiers. On a l’impression qu’on est plus dans la sanction que l’éducation. Si on a peur de la manière dont une allocation est utilisée, il y a des mesures éducatives prévues, comme ce que nous faisons, avec comme objectif le retour à l’autonomie. Pour faire le choix de l’éducatif il faut visiblement beaucoup de courage. »

La directrice du foyer Charles Frey reste sceptique sur la provenance de l’argent :

« Il y a une volonté dans la loi de se soucier de l’avenir des enfants placés, qui ont souvent des difficultés à leur majorité. Mais il est illusoire de croire qu’on aura réglé cette question avec cette disposition. En plus, il est maladroit de prélever ce soutien ponctuel et futur sur l’ARS dont les enfants ont besoin tous les ans. »

Les représentants d’associations se demandent également quelle était l’urgence d’une mise en œuvre dès la rentrée 2016, avec toutes les difficultés qu’elle apporte, laissant entendre que les prochaines échéances électorales n’y seraient pas pour rien.

Terrorisme : deux jeunes Cannoises interpellées en Alsace

Terrorisme : deux jeunes Cannoises interpellées en Alsace

Le quotidien Nice Matin a révélé qu’une adolescente et une jeune femme originaires de Cannes ont été interpellées à la mi-septembre par les services antiterroristes en Alsace. Selon le journal, la première a fui d’un foyer où elle était placée. La seconde a été la compagne du djihadiste alsacien Oumar Diaw, avec qui elle aurait eu un enfant. L’État islamique a annoncé la mort de ce dernier dans un bombardement.

Selon Nice Matin, la jeune femme aurait rejoint des proches dans la région de Strasbourg, ce qui a alerté la police quant à un possible départ en Syrie. Elle a été placée en détention tandis que la jeune fugueuse a été renvoyée dans son foyer cannois. Cependant, aucun projet d’attentat ou de départ en Syrie n’a pu être établi par les policiers.

Le quotidien précise que ces enquêtes déroulent les réseaux du djihadiste français Rachid Kassim, chargé d’endoctriner de jeunes gens et de les exhorter à passer à l’acte, et passé par Strasbourg.

Vers le Port du Rhin, à pédales et en draisine

Vers le Port du Rhin, à pédales et en draisine

Les Strasbourgeois ont massivement profité de l’occasion qui leur était donnée de parcourir l’extension de la ligne de tram vers Kehl ce week-end, en utilisant des draisines à pédales, lors de l’opération À la conquête de l’Est.

StrasTV est allé promener ses caméras également, ce qui permet à ceux qui n’ont pu se rendre au Port du Rhin, ou qui n’ont pas eu la patience d’attendre qu’une place se libère, de s’y croire pendant quelques minutes.

Au conseil municipal, il va y avoir du sport

Au conseil municipal, il va y avoir du sport

Au conseil municipal de Strasbourg du lundi 26 septembre, 48 points sont à l’ordre du jour dont beaucoup de sport, avec de la SIG, du Racing et les Jeux olympiques.

C’est la rentrée sur les bancs du conseil municipal de Strasbourg. Pour cette première séance depuis juin, il sera d’abord question faire élire par leurs pairs les quatre nouveaux adjoints au maire de Strasbourg : Françoise Bey, Camille Gangloff, Jean-Baptiste Gernet et Luc Gillmann (tous PS). Ils remplacent les trois adjoints partis au printemps. La redistribution des compétences au sein des élus strasbourgeois se fera dès le lendemain. Ensuite, il y aura beaucoup de points techniques, a priori assez peu discutés.

La SIG, le Racing et les JO

Parmi les sujets qui sont régulièrement soulevés, figure celui du soutien financier aux clubs sportifs professionnels de la SIG et du Racing club de Strasbourg. La Ville de Strasbourg, l’Eurométropole et la Ville d’Illkirch-Graffenstaden ont vendu en juin leurs parts (51% au total) du club de basketball finaliste malheureux de la Coupe d’Europe de deuxième niveau (Eurocup) et du championnat de France de ProA, mais la municipalité maintient un soutien identique à l’année précédente, soit 1,097 million d’euros.

Pour les footballeurs du Racing, montés en deuxième division au printemps, c’est une hausse de 22%, soit de 539 159 euros à 690 000 euros. Une aide à chaque fois répartie entre une convention d’actions d’intérêt général (rencontres avec le public, des jeunes et associations de Strasbourg) et l’achat d’espaces publicitaires.

Echanges hors micro entre le maire Roland Ries (à droite) et son premier adjoint Alain Fontanel (à gauche) (Photo Pascal Bastien)
Echanges hors micro entre le maire Roland Ries (à droite) et son premier adjoint Alain Fontanel (à gauche) (Photo Pascal Bastien)

Ce n’est pas tout concernant le sport. Une aide financière de 5 000 euros sera versée aux cinq athlètes strasbourgeois (Céline Distel-Bonnet, Benjamin Compaore, Charlotte Lembach, Pierre-Hugues Herbert et Thibault Stoclin) qui ont participé aux Jeux olympiques de Rio. Toujours au sujet des Jeux olympiques, une motion de soutien à la candidature de Paris pour 2024 sera soumise au vote. Contrairement à l’exposition universelle de 2025, pour laquelle la capitale française est aussi candidate, il ne devrait pas y avoir d’événements à Strasbourg.

L’absence de repreneur du supermarché à l’Elsau

En fin de séance, ce sera au tour des interpellations. Notons celle de Jean-Emmanuel Robert (LR) sur l’absence de repreneur du supermarché Leclerc de l’Elsau. Un sujet sur lequel il a plusieurs fois questionné les dirigeants strasbourgeois depuis 2014. L’ancien adjoint de quartier Éric Elkouby a plusieurs fois promis des ouvertures imminentes mais les locaux restent désespérément vides.

Éric Elkouby, élu député en mai, a démissionné du conseil municipal depuis, quelqu’un d’autre devra répondre.

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La fin du plastique jetable dans les cantines ? Dans 4 ans peut-être

La fin du plastique jetable dans les cantines ? Dans 4 ans peut-être

Malgré un incinérateur en panne et un possible risque sanitaire lié au réchauffage, les repas des cantines scolaires de Strasbourg sont encore servis dans des barquettes en plastique jetables. L’objectif de la municipalité est de réduire leur existence au profit de l’inox, mais à tout petits pas.

Environ 10 500 repas sont servis tous les jours dans les écoles de Strasbourg. Des repas parfois bio (20% des aliments) et issus de l’agriculture locale, mais des repas chauffés dans des barquettes en plastique. Une situation qui a interpellée une mère de famille au printemps alors que son fils entrait en première année de maternelle :

« Il y a un objectif intéressant [sur le bio], mais en même temps ces efforts de bonne alimentation sont complètement inutiles si on fait courir un risque supérieur pour la santé de nos enfants. Plus les enfants sont jeunes, plus ils sont sensibles aux perturbateurs endocriniens. »

Les perturbateurs endocriniens, des molécules encore méconnues

Cette Strasbourgeoise est bien renseignée. Tous les plastiques relarguent en effet des substances chimiques lorsqu’ils sont chauffés. Les plus connus sont le bisphénol A et les phtalates, mais il en existe d’autres (PCB, polybromés, perfluorés, parabènes cadmium, etc). C’est ce qu’on appelle des perturbateurs endocriniens. Un concept connu depuis les années 1990 seulement et présent dans le débat public depuis quelques années.

Le contact avec ces molécules, en particulier via les aliments, peut engendrer des cancers, malformations ou la stérilité masculine. Les enfants sont les plus exposés. Mais le rapport de cause à effet est toujours difficile à établir, car les symptômes se manifestent « 20 à 40 ans » plus tard, selon le rapport « Perturbateurs Endocriniens (PEs) de l’environnement : mécanismes et risques potentiels en cancérologiede » de l’Académie de médecine de 2011. De plus, la dangerosité de « l’effet cocktail », c’est-à-dire le mélange de plusieurs perturbateurs, est encore mal identifiée.

Des barquettes aux normes… acceptables

Les plats des cantines strasbourgeoises sont élaborées par l’Alsacienne de Restauration, à Schiltigheim, et livrés « en liaison froide » dans les écoles, où ils sont réchauffés. D’après nos informations, les barquettes sont garanties par leur fabricant, l’entreprise française Rescaset, pour ne pas contenir de bisphénol A ni de phtalates. Cette garantie est valable tant que les fours ne dépassent pas 130 degrés. Dans les écoles de Strasbourg, les fours sont réglés à une température de 120 degrés maximum, afin que celle des aliments atteigne 63°C.

L’attestation de Rescaset est « établie sur la base des déclarations et certificats des fabricants des matières premières ». Ce qui fait dire à cette mère de famille, qui a préféré retirer son fils de la cantine par mesure de précaution, que « l’ère de la norme est un peu révolue » :

« On l’a vu avec le scandale du diesel des voitures de Wolkswagen, des produits peuvent être homologués, alors qu’en fait les règles ne sont pas respectées. Et puis lorsqu’on est en dessous du seuil d’une norme, cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun danger, mais seulement qu’il est considéré comme acceptable (comme pour la pollution de l’air, ndlr). »

Interdire de chauffer directement la nourriture dans des récipients en plastique dans les cantines publiques (écoles, hôpitaux, etc) apparaît comme la première recommandation des deux médecins, Henri Rochefort et Pierre Jouannet, auteurs du rapport de l’Académie de Médecine sur le sujet.

Dans les cantines des écoles de Strasbourg, le plastique c'est fantastique ! (Photo Marie Bisseriex/Rue89 Bordeaux)
Dans les cantines des écoles de Strasbourg, le plastique c’est fantastique ! (Photo Marie Bisseriex / Rue89 Bordeaux)

Des barquettes jetables produisent beaucoup de déchets

L’autre aspect qui pose problème est celui des déchets. Les barquettes dans lesquels les repas sont chauffés sont à usage unique. Elles sont jetées après chaque utilisation, et ce plastique n’est pas recyclé. L’objectif de la municipalité est pourtant de réduire ses déchets dans le cadre de l’appel à projet « Territoire zéro déchet », qu’elle a remporté comme de nombreuses villes en juin.

Un enjeu devenu stratégique, en termes de pollution mais aussi de finances publiques. Depuis le 1er septembre, l’incinérateur de Strasbourg est à l’arrêt pendant au moins 2 ans et demi pour cause de désamiantage. Lors de la première interruption totale en 2015, détourner les déchets strasbourgeois – de nouveau enterrés sous terre pour certains – a entraîné un coût estimé à 100 000 euros par jour.

Un nouveau marché public l’année prochaine

La restauration scolaire est confiée à des prestataires pour quatre ans. En 2013, cette mission avait été remportée par l’Alsacienne de Restauration (groupe Elior), comme le marché précédent. Comme pour tout marché public municipal, le cahier des charges est établi par la Ville de Strasbourg, qui peut influencer les propositions des candidats avec les critères qu’elle fixe.

La délibération sur les nouveaux objectifs de la collectivité est prévue pour le conseil municipal de novembre, avec l’appel à candidatures dans la foulée. L’attribution devrait se faire vers avril 2017. Les changements (ou non) dans les cantines seront effectifs à partir de la rentrée 2017.

Aux Sables d’Olonne, exit le plastique

Aux Sables d’Olonne, suite à une mobilisation des habitants, la municipalité a opté en 2015 pour une entreprise qui réchauffe sa nourriture dans des plats en inox. Selon Annie Comparat, adjointe au maire de cette ville vendéenne, en charge des affaires sociales, de la jeunesse et des écoles, cela n’a pas coûté plus cher à sa collectivité :

« Le marché arrivait à terme et, lors de l’appel d’offres, nous avons changé pour un prestataire, Convivio, car il nous proposait le même service soit avec des plats en inox, soit en plastique. C’était exactement le même prix et cela permettait de répondre favorablement à une demande de certaines familles. Dans les établissements, cela a nécessité de changer certains fours qui étaient trop petits. Cela demande aussi un peu plus de travail au personnel, car il y a plus de nettoyage et de manutention, mais ce sont des ajustements minimes. C’est un choix qu’on ne regrette pas, le risque zéro n’existe pas. »

La situation serait plus difficile à généraliser à Strasbourg, qui a pourtant reçu des fonds du ministère de l’Écologie et du développement durable pour mettre en place ses projets de réduction des déchets. Prudent, le responsable du service périscolaire et éducatif de Strasbourg, Régis Giunta, avance plusieurs arguments :

« Dans les écoles élémentaires avec un self, qui représentent un tiers des établissements, nous allons passer aux bacs en inox pour les entrées et les desserts lors du prochain marché. Mais cette technique ne peut se généraliser. Il y a des risques de brûlures des enfants comme du personnel. Le changement est possible dans les nouveaux restaurants scolaires, mais pas dans les anciens, trop petits et sans matériel pour nettoyer. Et comme les bacs sont des portions de 8, cela peut ne pas correspondre au nombre de repas commandés qui sont de quatre types (standard, végétarien, sans porc et halal). Pour les barquettes, nous souhaitons qu’il y ait des propositions avec des plastiques recyclables. C’est bien vers la fin des barquettes plastiques que nous voulons aller, mais comme il y a encore plusieurs contraintes organisationnelles, cela ne peut-être que progressif sur plusieurs cycles de marchés publics. »

Les arbitrages finaux doivent encore être tranchés par le maire et son équipe. Peut-être l’occasion de davantage mettre en œuvre les grandes ambitions affichées. Contre les bacs chauds, il existe des protections et une brûlure à moins de conséquences qu’un futur cancer.

Première épreuve pour le « territoire zéro déchet »

Le groupe écologiste compte aussi peser dans les discussions. Sa représentante, Jeanne Barseghian, a obtenu en juin la nouvelle délégation à l’Eurométropole, de la réduction et du réemploi des déchets. Une première manière de vraiment tester le volontarisme de Strasbourg sur cette question.

Pour Jeanne Barseghian, l’enjeu dépasse celui des déchets et du principe de précaution :

« C’est une question qui concerne aussi bien les services déchets, éducation et commande publique. Passer à l’inox peut demander au prestataire de s’adapter, mais il faut avoir un regard plus général. Même si cela peut entraîner un surcoût, c’est moins d’argent que l’on dépensera dans le détournement des déchets. Lors de notre réunion de travail, nous étions d’accord sur le fait que les barquettes actuelles, quel que soit le type de plat, doivent s’arrêter. Nous demanderons aussi au prestataire de proposer une valorisation des déchets organiques qui représentent 25% des déchets en général mais plus dans les cantines. En dehors de ces deux points qui sont de ma compétence, les écologistes plaideront pour que les repas végétariens, issus de l’agriculture locale et « bons pour la planète » soient plus fréquents, ainsi que d’expérimenter la cuisine sur site. »

Les alliés verts de la municipalité PS auront-ils assez de poids pour réorienter les choix de Strasbourg ? Réponse en novembre. L’Alsacienne de Restauration n’a pas souhaité répondre à nos questions, au motif que le marché de la restauration scolaire sera réattribué dans l’année.