Le festival Jazz au Cam revient du 27 septembre au 2 octobre avec une programmation qui consacre l’éclectisme et la découverte. À noter la participation de quelques pointures, rares dans des écrins aussi intimes que le Camionneur. Le tour en vidéos.
Six soirées de concerts, d’échanges et de partages au programme de cette deuxième et nouvelle édition du festival Jazz au Cam.
Simon Denizart Trio, en ouverture de Jazz au Cam le 27 septembre (Doc. remis)
À commencer, mardi 27 septembre, par un rendez-vous traditionnel du Camionneur : la Jam du Cam. Un principe simple : jammer en scène libre et ouverte pour favoriser le mélange et le métissage musical. En ouverture de cette première soirée, c’est le trio de Simon Denizart qui montera sur les planches. Autour du pianiste francilien installé à Montréal, deux instrumentistes canadiens : la contrebassiste Jeanne Corpataux et le batteur Simon Bellamare. Avec deux albums à son actif, le trio vient d’être sacré Révélation Jazz 2016/2017 par Radio Canada.
Le swing manouche du nouveau trio gitan
Place au swing manouche le mercredi 28 septembre avec le New Trio Gitan de l’illustre Christian Escoudé, énième mouture d’un groupe qui traverse les époques. Cette fois-ci, le guitariste s’adjoint les services du jeune prodige Antoine Boyer et retrouve son vieux complice Jean-Baptiste Laya. Pour s’en faire une idée, voici un extrait d’un concert du trio à Marciac en 2008, David Reinhardt faisait alors encore partie du groupe :
Skatalites’ style, batteur légendaire et acrobaties vocales
Amateurs de ska et des sonorités convoquant instantanément les Skatalites, réservez tambour battant votre soirée du jeudi 29 septembre. Ce soir-là, le Camionneur vibrera avec le Foolish Ska Jazz Orchestra, jeune combo lyonnais qui fera groover des standards de jazz à coups d’arrangements créatifs, joyeux et débridés.
Le vendredi 30 septembre, attention légende ! A 60 ans, Paco Sery est assurément l’un des meilleurs percussionnistes du monde. Et sa carrière n’est pas prêt de s’arrêter. Avec un CV long comme le bras (ou sa baguette de batteur), des collaborations avec Nina Simone, Bobby Mc Ferrin, Marvin Gaye, Wayne Shorter, Joe Zawinul, Manu Dibango, Nougaro, Higelin, Dee Dee Bridgewater, l’Ivoirien débarque avec sa bande pour mettre le feu au Camionneur. Car avec le Paco Sery Group, c’est avant tout la promesse d’une soirée au groove incendiaire.
Elle aussi allume les sens, mais grâce à son organe magique. Acrobate vocale au groove attachant et surtout multidirectionnel, Leïla Martial irradie de bonheur avec ses improvisations mariant swing, scat, chant, cris… A essayer (et adopter) le samedi 1er octobre.
Un ciné-concert signé OZMA
La seconde édition de Jazz au Cam s’achèvera le dimanche 2 octobre sur un ciné-concert du quartette strasbourgeois OZMA. Véritables défricheurs d’un jazz dont ils ne cessent de repousser les frontières pour mieux en extraire la substantifique moëlle, Tam de Villiers, Edouard Séro-Guillaume, Stéphane Scharlé et Julien Soro reviennent le temps d’une soirée à l’une de leurs nombreuses amours : le ciné-concert.
Les quatre virtuoses – dont le sixième et nouvel album sortira le 21 octobre – s’attelleront à conjuguer leur sensibilité à celle de Buster Keaton, visible dans Les Trois Âges, l’un des monuments cinématographiques du burlesque et du muet.
Depuis la rentrée, dans les écoles françaises, des exercices d’un type nouveau sont apparus. Pour faire face à la menace terroriste, les écoliers vont découvrir le « confinement » avec leur enseignant. Est-ce une façon de rassurer parents et associations de parents d’élèves ou un pas vers une « culture commune de la sécurité » comme l’Éducation Nationale nous l’explique ? Dans les salles de maîtres, on s’interroge.
C’est une habitude depuis des années dans toutes les écoles : trois fois par an, nous sortions en courant avec les élèves, s’entraînant à vider le bâtiment en un temps record, moins de trois minutes, dès que retentissait l’alarme incendie. Mais à partir de cette rentrée, changement de programme ! Au lieu de sortir, il faudra nous enfermer, baisser les volets, se glisser sous les tables… lorsque retentira la corne de brume, une à deux fois pas an nous dit-on.
Il nous faudra bien expliquer aux petits pourquoi l’on se cache. Et je souhaite bonne chance à mes collègues qui vont devoir détailler à un groupe d’écoliers qu’est-ce que le risque « attentat, intrusions »… Il n’est pas envisageable d’organiser ce genre d’exercice sans répondre à leurs questions. Après les attentats de novembre, c’est plus de deux heures qu’il avait fallu attribuer, entre questionnements et les émotions qui s’exprimaient.
Climat anxiogène, l’importance de la relation de confiance
Chaque matin, depuis des années, j’accueille une classe… plus ou moins rangée. Je salue le groupe, lance le grand bonjour qui appelle une réponse, je cherche le contact du regard de chaque enfant, j’observe les uns et les autres. Avoir le sourire me semble important, même si parfois on se force un peu.
Ce rendez-vous matinal ouvre la journée nouvelle avant le démarrage des tâches scolaires. Se rendre disponible pour écouter, pour regarder chaque enfant, plaisanter éventuellement, permet au fil des jours de construire la relation de confiance nécessaire entre la classe et la maîtresse.
Ras-su-rer, être présente et attentive, accueillir le groupe, est notre job chaque matin. C’est notre cœur de métier d’enseignant, depuis fort longtemps, tous ces petits gestes là et bien d’autres encore. Les parents ne le perçoivent pas forcément lorsqu’ils quittent leur enfant à la grille de l’école.
Une école ouverte depuis toujours. (Photo MC)
Une école ouverte sur le monde
Ces nouvelles instructions suffiront-elles à protéger des élèves en cas de menace avérée, dans une école qui historiquement est « ouverte sur le monde » ? Il n’y a ni portier, ni concierge, ni secrétaire dans les écoles élémentaires françaises. Il n’y a que le directeur qui puisse assurer un rôle d’accueil et encore, deux jours par semaine car dans les écoles de taille moyenne, il est chargé de classe à mi-temps.
Chaque jour, il y a la livraison des repas destinés à la cantine, ce qui implique l’intrusion d’un camion garé dans la cour, suivie de celle du boulanger . Il faut aussi compter avec les arrivées de colis postaux, les allées et venues de parents, qui peuvent chercher leur enfant en pleine journée pour un rendez-vous médical par exemple, mais également des visites de « tuteurs » enseignants venant évaluer le travail de jeunes collègues en formation…
Surveiller une école, mission impossible
Autrement dit, une école aujourd’hui , c’est un ballet quotidien d’entrées et de sorties qu’il est impossible à un enseignant de contrôler, en situation de cours .
Dans une période de diminution du personnel comme celle que nous traversons, qui verra quelque chose d’anormal si cela devait se produire ? Dans mon établissement, l’employée de vie scolaire qui secondait le directeur n’a pas été reconduite, c’est encore un emploi en moins par rapport aux années précédentes.
Installer des systèmes de sécurité tels qu’un visiophone ou de la vidéosurveillance ne pourrait avoir une utilité que si quelqu’un était chargé de surveiller l’ensemble de ces systèmes. Qui actionnera l’alarme en cas de nécessité ? A cette question, je ne trouve pas de réponse à donner actuellement.
En attendant, je crois que le sentiment d’être en sécurité que nous pouvons donner à nos élèves est primordial pour qu’ils puissent oser, tâtonner, expérimenter, se tromper, corriger et finalement apprendre. Mais qu’on ne se trompe pas sur nos capacités à l’assurer effectivement.
Photo : Région Grand Est, Service de l’Inventaire et du Patrimoine
Une trentaine de personnalités, dont l’animateur Stéphane Bern et l’actrice Charlotte de Turckheim, ont envoyé une lettre ouverte à la ministre de la Culture pour lui demandé que soit préservé le jardin du château de Kolbsheim, menacé par le tracé du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg.
France 3 Alsace cite une lettre ouverte adressée jeudi à la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, par une trentaine de personnalités, dont Stéphane Bern et Charlotte de Turckheim. Dans ce document, les signataires s’alarment de la construction prochaine du viaduc du Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg car il doit passer à proximité du jardin du château de Kolbsheim, un ensemble architectural inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1972.
Parterre central du jardin de Kolbsheim (Photo Région Grand Est, Service de l’Inventaire et du Patrimoine)
Ce jardin, situé entres les communes de Kolbsheim et Ernoslheim, appartient à la famille Grunelius, mais il est ouvert au public 7 mois par an, précise France 3 Alsace. Audrey Azoulay a réagi à ce sujet sur la chaîne régionale :
Audrey Azoulay attend l’avis de l’architecte des Bâtiments de France sur les recommandations quant aux ouvrages d’art prévus par Vinci pour le viaduc. La vue sur les Vosges, unique depuis cet endroit préservé, ouvert sept mois par an au public, en serait quelque peu gâchée.
Trois associations proposent aux Alsaciens de les aider à nettoyer les bords du plan d’eau de Plobsheim, où de nombreux poissons ont été retrouvés morts en septembre. Rendez-vous dimanche 25 septembre dans l’après-midi.
Avant cet événement, l’ONG de protection des fonds marins Sea Shepherd, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) d’Alsace et Avenir Vegan, avaient déjà prévu une vaste opération du nettoyage d’une partie des berges, les 5 kilomètres les plus pollués. Le plan d’eau de Plobsheim, aménagé au bord du Rhin, est un lieu plébiscité par les pêcheur ainsi que par les clubs de voile.
« l’un des site les plus pollués »
Cynthia Gangloff bénévole à Sea Shepherd Strasbourg, a commencé à organiser cet événement depuis le mois de mars :
« C’est l’un des endroits les plus pollués que l’on ait eu à visiter. C’est un site remarquable pour sa présence d’oiseaux, dans un espace naturel protégé (biotope). Le niveau de l’eau est assez bas donc les berges seront bien accessibles. Si on l’avait fait au printemps, cela aurait dérangé la faune locale, notamment certains oiseaux qui construisent leurs nids. »
(photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Bottes et gants nécessaires
Le rendez-vous est donné à partir de 13h, au sud du plan d’eau (voir carte) pour le nettoyage. Il est possible de rejoindre l’opération plus tard même s’il est conseillé d’arriver avant 13h30 pour avoir les indications. Le nettoyage devrait prendre entre 1h30 et deux heures.
Les disciples de Paul Watson débarquent à Strasbourg (affiche de l’événement)
Les organisateurs conseillent de venir muni d’une paire de gants étanches et de bottes. Des stands d’information seront installés sur le site. Ce moment citoyen sera suivi d’un échange convivial autour d’une collation et de discours de sensibilisation.
Parmi les intervenants : Serge Dumont, maître de conférences à l’université de Strasbourg, mais aussi plongeur-cinéaste, grand connaisseur de ces questions.
Alors que les murs du futur consulat de Turquie à Strasbourg sont sortis de terre, une enquête publique doit évaluer les impacts sur l’environnement de son système de climatisation. La Turquie a choisi de puiser de l’eau dans la nappe phréatique et de la rejeter dans le canal, ce qui inquiète les défenseurs de l’environnement.
En face du Parc de l’Orangerie, sur le bord du canal de la Marne au Rhin, les bâtiments du futur superconsulat de Turquie s’élèvent. Le complexe va abriter les missions consulaires de la Turquie à Strasbourg, la représentation permanente de l’Etat auprès du Conseil de l’Europe, la résidence du consul et un accueil des ressortissants turcs à partir de l’automne 2017. Mais un pan du chantier reste en suspens : la Turquie attend l’autorisation par le préfet d’effectuer des forages dans le sous-sol, afin d’alimenter cinq pompes à chaleur pour la climatisation des bâtiments. Ce projet de géothermie est soumis à enquête publique jusqu’au 30 septembre.
Préfecture, Parlement européen, Cour européenne des droits de l’Homme, Palais de la Musique et des Congrès… Avant le consulat de Turquie, bon nombre d’institutions de Strasbourg ont déjà installé des systèmes similaires. La géologie locale est idéale pour ça.
Le rejet de l’eau utilisée en question
Cette option de géothermie de surface est très différente de la géothermie profonde que pratique par exemple Fonroche. L’idée consiste à puiser de l’eau à quelques dizaines de mètres de profondeur dans la nappe alluviale du Rhin, pour en prendre un peu de chaleur et la multiplier grâce à un échangeur thermique électrique.
Toute la question est de savoir que devient l’eau une fois pompée. La plupart des institutions qui puisent de l’eau pour leur chauffage à Strasbourg la rejettent ensuite dans le cours d’eau le plus proche. D’autres la réinjectent à l’aide d’un deuxième forage directement dans la nappe. Le consulat avait initialement opté pour la première solution, la moins coûteuse. Il avait donc déposé en 2013 une demande d’autorisation pour un seul forage de captage et un système de rejet dans le canal de la Marne au Rhin.
La commission locale de l’eau croule sous les dossiers
Mais après consultation de la Commission locale de l’eau (CLE) en juin 2014, la préfecture a officiellement demandé au consulat de revoir sa copie il y a un an. La CLE rassemble des représentants du monde politique, administratif et de la société civile et veille au respect du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la nappe Ill-Rhin. La préfecture la consulte avant toutes ses décisions qui impactent la nappe locale, soit en moyenne 12 fois par an pour des projets de géothermie.
Devant l’explosion de ces projets de prélèvements d’eau, la CLE a décidé en 2015 de ne plus soutenir ceux qui rejettent dans les cours d’eau. Ses membres se sont accordés sur un principe : ce qui est pris à la nappe doit être restitué à la nappe. Et pour eux, hors de question de rejeter des eaux pompées dans un canal. Le débit y est trop lent. Une arrivée d’eau à une température différente modifierait trop l’écosystème.
La Turquie a donc dû modifier son projet en conséquence et se replier sur un forage de réinjection de l’eau pompée dans son sous-sol en aval du forage de captage. La CLE a concédé en septembre 2015 qu’elle pouvait cependant maintenir un système exceptionnel de rejet des eaux dans le canal pour les périodes de crue. Il doit fonctionner en appoint pour éviter le débordement du puits de forage et les inondations aux moments de l’année où la nappe est la plus haute.
Le consulat de Turquie en travaux (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
C’est donc la solution de rejet dans la nappe qui fait l’objet de l’enquête publique aujourd’hui, dernière étape avant la décision du préfet. Et elle ne fait pas l’unanimité autour d’elle.
Pollution thermique
La nappe alluviale du Rhin est à une température constante toute l’année d’environ 13°C. Les pompes à chaleur du consulat de Turquie modifieraient la température des eaux utilisées de 5°C, en plus ou en moins selon les saisons, avant de les réinjecter dans la nappe à un débit de 140 mètres-cubes par heure en période de pointe. La nappe se déplace à une vitesse de 1 km par an. Elle charrierait donc une sorte de bulle d’eau chaude ou d’eau froide, une sorte de pollution thermique pour les voisins qui souhaitent exploiter l’eau aussi.
Le cabinet Antéa assure avoir fait toutes les études d’impact nécessaires et pouvoir assurer que cela n’aurait pas de conséquences majeures sur l’environnement du consulat, et notamment sur l’exploitation des pompes à chaleur des institutions voisines comme la Pharmacopée ou la Cour européenne des droits de l’Homme.
Fuite en avant, selon Alsace Nature
Pour Jean Wencker, membre d’Alsace Nature et secrétaire de la CLE, la multiplication de ces systèmes de géothermie avec toutes les conséquences sur la nappe phréatique s’apparente à une fuite en avant :
« Ces pompes à chaleur prolifèrent depuis quelques années. Il est urgent qu’une réglementation soit élaborée pour mettre fin à cette débauche de projets géothermiques. D’autres moyens de chauffage existent. Un projet comme celui du consulat de Turquie provoque une pollution thermique jusqu’à 1 km. L’augmentation de la température de l’eau a des effets sur le prélèvement des eaux potables en aval : une eau potable à 18°C est beaucoup plus sensible aux pollutions du sous-sol et aux bactéries qu’une eau potable à 5°C degrés de moins. Plus l’eau est chaude et plus la pollution s’y diffuse. »
Des impacts sur la faune
Pour Jean Wencker, le compromis trouvé pour le consulat de tolérer un rejet d’eau chaude dans le canal de la Marne au Rhin lors de périodes exceptionnelles pose aussi problème.
« Dans un canal, les eaux sont théoriquement immobiles. Un rejet thermique dedans aurait un gros impact sur la faune. Or c’est cette faune qui digère les pollutions et garantit la qualité de l’eau. La préfecture devra faire des prescriptions pour que les rejets du consulat aient le moins d’impact possible sur le canal de la Marne au Rhin. Il ne faudrait pas dépasser plus d’un mois ou deux de rejets dans les eaux superficielles par an. »
Il regrette que les conséquences n’aient pas été plus étudiées :
« Les études d’impact ne sont pas faites. Un inventaire de la faune des lieux aurait dû être établi. Pour moi, au nom du principe de précaution, il serait préférable de s’abstenir de mener un tel projet. »
L’enquêteur public recueille les observations des citoyens sur le projet de forages du consulat de Turquie jusqu’au 30 septembre. Après son avis, le préfet devrait prendre un arrêté d’ici trois mois. Ce n’est qu’alors que les travaux de forage pourraient commencer. Un projet d’ampleur comparable est en cours d’étude pour l’ancien hôtel de police de la rue de la Nuée bleue, qui doit être transformé en hôtel de luxe.
La rentrée à Strasbourg se fait sous le signe du fantastique. L’Opéra du Rhin n’est pas en reste, et livre une pièce énergique, juvénile et réjouissante, dans le plus pur style maison hantée. La mise en scène de Robert Carsen sert avec justesse l’œuvre de Benjamin Britten, que l’on découvre pour la première fois à l’Opéra du Rhin.
The Turn of The Screw, dont la création date de 1954, est un opéra fantastique et singulier à bien des égards. Il reprend une nouvelle d’épouvante de Henry James, au titre éponyme, qui évoque des enfants possédés, des fantômes et une gouvernante en proie à la folie. Cela lui donne l’occasion de mettre le chant des enfants au cœur de la pièce, ce qui est en soit un fait plutôt rare. Cette pièce permet aussi à Benjamin Britten d’accéder, par la partition musicale comme par le thème, à un public qu’il souhaite plus large et plus démocratisé. Gageons que cela soit le cas à l’Opéra du Rhin.
(Photo Klara Beck)
Un opéra de l’ambiguïté
Robert Carsen, le metteur en scène, et Patrick Davin, qui assure la direction musicale, s’accordent à dire que cet opéra est un chef d’œuvre d’ambiguïté. En effet, que ce soit dans la nouvelle de Henry James ou dans l’adaptation pour livret demandée à Myfanwy Piper par Benjamin Britten. On ne sait pas si les fantômes existent, ou si la gouvernante perd la raison, tout en tombant amoureuse du tuteur des enfants – qui lui interdit de le contacter. Il y avait donc un vrai défi dans la mise en scène, puisque les fantômes sont incarnés par des chanteurs : des corps, des voix. Dans un entretien avec Karine Bohnert, Robert Carsen dit à ce propos :
« Il y a dans cet opéra ce passage brillant où [la gouvernante] décrit, pleine d’admiration, la beauté du domaine : « Si seulement il était là », dit-elle, « et s’il voyait quel magnifique travail j’accomplis ici pour lui ». A cet instant, elle aperçoit quelqu’un qu’elle prend d’abord pour le tuteur avant de constater que ce n’est pas lui. C’est l’apparition de Quint. Les projections sont innombrables – « Je vois ce que je veux voir. »J’aimerais arriver à ce que les spectateurs tirent leurs propres conclusions. »
Un pari gagné, puisque malgré la présence des fantômes en chair et en sons, le doute reste présent tout au long du spectacle.
Les paysages fantomatiques de « The Turn of The Screw » (Photo Wilfried Hoesl)
Une partition éclectique
Pour qui ne connaît pas Benjamin Britten, la partition musicale est d’un exotisme étonnant. Puisant tantôt dans des rythmes jazzy, tantôt dans des mélodies enfantines, elle est d’une efficacité remarquable. Écrite pour un orchestre réduit, afin de pouvoir jouer partout – en particulier dans des espaces plus intimes que les grandes scènes d’opéra -, la musique puise néanmoins dans toutes les ressources que les instruments peuvent lui offrir, cloches et flûtes comprises. On y retrouve parfois les sonorités d’une boîte à musique à l’ancienne, usée et envoûtante, ou d’une berceuse un peu cassée.
(Photo Klara Beck)
La présence des deux enfants est à elle seule un événement. Il est apparemment rare de trouver des rôles de solistes pour des enfants dans le chant lyrique. Les enfants, joués en alternance selon les soirs par Philippe Tsouli et Lucien Meyer pour le rôle de Miles, et Odile Hinderer et Silvia Paysais, sont issus de la Maîtrise de l’Opéra du Rhin et du Aurelius Sängerknaben de Calw. Dans un entretien avec Marie-Odile Molina, Patrick Davin explique la complexité d’un tel projet :
« Beaucoup d’aspects entrent en jeu : la qualité de la voix, les capacités théâtrales, la manière de bouger, la capacité à se détacher de la musique et à être crédible. Une voix d’ange n’est pas suffisante. Il est important pour le chanteur d’avoir une certaine maturité car le sujet est extrêmement complexe. »
Ainsi les enfants sont mis à l’honneur, souvent seuls au moment de chanter quand les adultes expérimentent des superpositions subtiles et complexes de voix et de messages. Une certaine dissonance accompagne ces superpositions, en renforçant le côté « effroyable » de la pièce.
Comme au cinéma
The Turn of The Screw est fait d’une série incalculable de scènes différentes. Le décor évolue, vite, dans un enchaînement de scènes courtes. On dirait un storyboard, fait d’images simples et somptueuses, à la lumière léchée et très contrastée. Dès la première scène, l’opéra est placé sous l’égide du cinéma, tout en s’inscrivant dans une sorte de nostalgie des films des années 30, en noir et blanc avec femmes fatales. L’usage de la vidéo vient accompagner l’esprit fantomatique, au même titre que les mélodies lointaines mais récurrentes que l’on retrouve d’une scène à l’autre.
Même si chaque scène suggère un ailleurs, une porte de sortie, les personnages semblent enfermés dans un espace qui finit toujours par les encercler d’une façon oppressante. Ce sont des trouvailles scéniques simples, sobres et efficaces qui permettent au spectateur d’entrer dans la maison hantée et d’accompagner ses habitants.
Il faut rendre un hommage appuyé aux techniciens du plateau dont l’énergie est illimitée. Si les applaudissement durent assez longtemps, vous pourriez même apercevoir l’envers du décor…
Un opéra à découvrir
Si l’on parle des enfants, il faut aussi citer les chanteurs adultes, qui donnent de cette partition une interprétation remarquable : Heather Newhouse, Nikolai Schukoff, Anne Mason et Cheryl Barker. Tous ont été chaleureusement applaudis lors de cette première soirée à l’Opéra du Rhin, enchaînant des saluts à n’en plus finir. Il ne reste plus maintenant, pour respecter l’intention de Benjamin Britten, de le faire découvrir à un maximum de monde. Il y a peut-être un lien à faire avec le Festival européen du Film fantastique de Strasbourg (FEFFS) qui se tient en ce moment ?
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Le groupe pop-rock de Strasbourg Colt Silvers sort un nouvel album le 30 septembre. Mais pour sa promotion, les titres sont déjà en écoute à la station Langströss du tramway, grâce à un dispositif sur lequel les abonnés de la CTS sont invités à brancher leurs écouteurs.
Colt Silvers, groupe strasbourgeois de pop-rock, sort son 3e album le 30 septembre. Appelé Swords, il sera disponible sur toutes les plate-formes de téléchargement et de streaming, et même dans les bacs pour ceux qui ont toujours besoin de toucher quelque chose quand ils achètent de la musique.
Mais pour les utilisateurs des lignes A et D du tram de Strasbourg, il est disponible depuis mercredi, à la station Grand’Rue – Langströss. Quatre prises incrustées dans le panneau publicitaires permettent de brancher des écouteurs. Le nouvel album est diffusé en continu, grâce à un dispositif électronique installé derrière la vitre de l’affiche.
L’album de Colt Silvers déjà en écoute… en attendant le tram (Photo DeafRock)
« Marquer le coup »
Pépite de DeafRock Records, le label voulait marquer le coup comme l’explique Léna Zinck, chargée de communication :
« On voulait une belle visibilité pour ce groupe important. On a vu que JC Decaux avait ce dispositif d’écoute, qui nous semblait pertinent pour la sortie d’un album de musique. Alors on a opté pour cette option. »
Le dispositif installé par le réseau de diffusion publicitaire JC Decaux intègre deux boutons pour modifier le volume. L’appareil est autonome, muni d’une batterie, il se recharge la nuit. L’album Swords, qui intègre également les travaux réalisés avec l’Orchestre philarmonique de Strasbourg, sera ainsi disponible à Langströss pendant trois semaines. DeafRock prévoit de mobiliser quelques bénévoles pour inciter les passants à brancher leurs casques dans le panneau.
Le système a déjà été utilisé à Paris, notamment pour la sortie d’un album des BB Brunes. Mais il s’agit d’une première à Strasbourg pour un album de musique. La précédente campagne spéciale dans les abris-bus avait été portée l’an dernier par Carola, avec la diffusion d’ambiances sonores différentes. JC Decaux indique que cette opération s’inscrit dans un « cadre partenarial » et refuse de dévoiler le coût de cette campagne de communication.
Swords est très attendu. Le précédent album, Red Panda, datait de 2013. Colt Silvers revient d’une tournée interminable d’une centaine de dates en Europe, aux États-Unis et en Asie. L’album a été coréalisé et mixé par Fab Dupont (The Dø, Santogold, Marc Ronson), précise le label strasbourgeois.
Premier single, 2 Hearts
« 2 Hearts, premier single extrait de l’album, raconte avec sérénité la déception amoureuse du perdant d’un triangle amoureux quand l’heure du choix est passée. Une histoire qui sent le vécu tout en gardant sa part de mystère. Porté par un clip captivant réalisé par Henri Gander, le titre brille de sonorités japonisantes. »
Enregistré entre le Waterfront studios à Hudson dans l’État de New-York et le studio DeafRock à Strasbourg, cet album a été mixé aux Flux studios à New York.
L’audience du recours de la préfecture du Haut-Rhin contre le projet de conditionner le Revenu de solidarité active (RSA) à sept heures de bénévolat devant le tribunal administratif de Strasbourg a été rapide mercredi. Le rapporteur public a demandé l’annulation de la délibération du Conseil départemental du Haut-Rhin. Son président, Éric Straumann (LR), s’est dit déterminé à mettre en place la disposition, quitte à être plus souple sur les modalités. La décision est attendue le 5 octobre.
Le président du Département du Haut-Rhin, Éric Straumann (LR), a fait le déplacement jusqu’au tribunal administratif de Strasbourg. Au cours d’une audience de 30 minutes où les principaux arguments ont été exposés, le rapporteur public, chargé de proposer une solution au tribunal, a demandé l’annulation de la mesure votée par le Département du Haut-Rhin en février. Elle prévoit que le Revenu de solidarité active (RSA) soit conditionné à 7 heures de bénévolat par semaine.
Pour le rapporteur public, la délibération est incompatible avec la loi française, qui fixe déjà des conditions d’attribution à cette prestation sociale. Son avis est souvent suivi par les juges administratifs, même si cela n’est pas obligatoire. Le délibéré de la décision a été programmé au 5 octobre.
Échanges sur la Constitution…
Avant d’étudier le fond de l’affaire, le Département du Haut-Rhin a demandé à ce que la question soit examinée par le Conseil Constitutionnel, au nom du principe de la « libre administration des collectivités territoriales ». Mais selon le rapporteur public, l’institution s’est déjà prononcée sur la question en juin 2011 et il n’est pas nécessaire de la solliciter à nouveau. Les sages avaient estimé, à la demande de la Seine-Saint-Denis et de l’Hérault, que l’augmentation de dépenses non-compensées par l’État ne constituent pas « un changement des circonstances » suffisant pour modifier la loi.
Pour l’avocat du Département du Haut-Rhin, Me Marc Levis, la situation a évolué depuis 2011. Il a notamment insisté sur les aspects financiers :
« [Ce litige] pose une question de constitutionnalité sur un dispositif qui porte en lui le germe d’un effondrement des collectivités territoriales de notre pays. »
… et les finances
Après l’exposé, le président du tribunal Pascal Devillers a demandé dans quelle mesure la situation du Haut-Rhin avait changée depuis 2011. Éric Straumann n’a pas vraiment répondu, puisqu’il s’est référé à 2004 :
« Lorsque la compétence a été transférée de l’État vers les Départements, cela représentait 50 millions d’euros par an [pour le Haut-Rhin]. Aujourd’hui, c’est 100 millions d’euros. Pour compenser ce reste à charge, il aurait fallu augmenter les impôts de 50%. »
Une réponse qui ne permet pas d’appréhender l’évolution depuis 2011. Il a aussi indiqué que le budget (d’environ 870 millions d’euros)de son département n’avait « presque » plus d’excédent, ce qui est un peu moins alarmant que les propos de son avocat.
Financièrement, l’État a pourtant laissé des marges de manœuvres aux Départements depuis la réforme territoriale en ne les obligeant plus à s’occuper du développement économique (une compétence renforcée pour les Régions) tout en leur laissant les moyens financiers correspondant. Un domaine dans lequel le Haut-Rhin comme le Bas-Rhin continuent de s’investir.
Forte exposition médiatique pour le colmarien Éric Straumann au sujet du RSA et du bénévolat (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le débat sur deux terrains
Ces échanges sont d’ailleurs emblématiques du différend. L’État place le débat sur le terrain du droit. Éric Straumann, par ailleurs député, le place le débat sur celui de la dépense publique et de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA vers un retour à l’emploi. Selon lui, le bénévolat serait un moyen de nouer des liens dans le monde associatif et de retrouver une activité. Il veut que les Départements français puissent organiser cette politique « et ne pas être qu’un guichet. Sinon, il n’y a plus besoin d’élus. »
Le rapporteur public a davantage suivi l’État, en rappelant que la justice administrative n’a pas à se prononcer sur la « pertinence » de la mesure, mais sur sa légalité. Or, selon le rapporteur public, le RSA est déjà un contrat, avec des critères et des obligations, comme celle de chercher un emploi. La loi française ne prévoit pas que les Départements puissent changer ces conditions, quand bien même ils doivent déterminer s’il y a une rupture de ce contrat, lorsque l’allocataire ne remplit pas ses devoirs.
Éric Straumann prêt à lâcher du lest
Après l’audience, Éric Straumann a déclaré à la presse être déterminé à faire voter un texte avant la fin de l’année qui précisera les modalités du bénévolat contre le RSA, quitte à l’adapter « selon le contexte juridique » :
« Souvent, les bénéficiaires du RSA sont des gens qui sont isolées professionnellement et socialement. […] On ne cherche pas du tout à les stigmatiser, simplement à réduire le nombre de bénéficiaires par tous les moyens possibles, parce que tout le monde reconnait que cette politique, au niveau national, est un échec. […] La disposition concernera je pense 80% des bénéficiaires. Certaines portions ne pourront pas s’engager, pour des raisons familiales par exemple. D’ailleurs, on ne va pas suspendre automatiquement [les droits], on va examiner en commission chaque situation individuelle. C’est aussi l’occasion d’instaurer un dialogue. »
Une forme d’assouplissement nouvelle qui figurait dans les éléments écrits transmis aux juges administratifs, qui a surpris la représentante de la préfecture :
« Le sens du texte est « donnant-donnant » de manière systématique. Le président du Conseil départemental n’a pas fait savoir, dans la presse ou par courrier, que l’interprétation du préfet est erronée. »
Autre piste évoquée, le bénévolat volontaire comme dans la Drôme peut constituer « une « étape » selon Éric Straumann. L’entrée en vigueur du dispositif dans le Haut-Rhin est en tout cas prévu pour le 1er janvier 2017.
Un écho national
Grâce à la forte exposition médiatique du sujet, le débat est porté au niveau national. Pas anodin, en pleine primaire de la droite, qui a de manière générale salué la disposition. Si la délibération devait être retoquée, le président haut-rhinois peut espérer un changement de la loi si son camp remporte la présidentielle et les législatives en 2017. Voire de prendre des responsabilités nationales sur ce sujet. C’est peut-être là aussi le but de la délibération.
À l’initiative d’habitants de Vendenheim concernés par le projet d’autoroute payante, les opposants au Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg organisent un nouveau week-end festif et politique. Rendez-vous en bordure de la forêt du Grittwald samedi 24 et dimanche 25 septembre.
Un deuxième week-end d’occupation sur le tracé du Grand Contournement Ouest (GCO) de Strasbourg se tiendra le 24 et 25 septembre. Comme en avril à Ernoslheim-Bruche, c’est une association créée en juin qui organise l’événement : « Les Fedinois contre le GCO ». Le rendez-vous est donné au club canin de Vendenheim, rue de la forêt, à proximité de la forêt du Grittwald et du stade de football.
Vendenheim doit accueillir l’extrémité nord de la future autoroute de 24 kilomètres. La commune sera traversée au nord par un viaduc et une tranchée couverte sur un axe est-ouest (voir carte ci-dessous)
Au programme : animations musicales, interventions, stands divers (informations sur le GCO, protection de la nature et des animaux ….), visite guidée de la forêt, démonstration de sjoelback, dressage de chiens et petite restauration. Des ballons gonflés à l’hélium permettront de visualiser la montée du remblai prévue au niveau de la route de Brumath.
Le festival du Grittwlad et le tracé du GCO
La commune est en lisière de l’actuel échangeur de l’A4 et l’A35, qui sera entièrement reconfiguré pour conduire les automobilistes « naturellement » vers l’autoroute payante. Les bretelles et la route retrancheront environ 10 hectares de la forêt du Grittwald (les orthographes Krittwald et Critwald existent aussi), un terrain qui appartient à l’État.
Pour Philippe Ployé, secrétaire général adjoint de l’association, plusieurs points cristallisent l’opposition locale :
« Dans la déclaration d’utilité publique de 2008, le viaduc devait être plus bas. Les promoteurs du projet disent que ce changement est à cause de la Ligne à grande vitesse (LGV) qui a été construite, mais ils ne pouvaient pas ignorer son existence. Ce projet remonte à 10 ou 15 ans. Aussi, le tracé passe à 150 mètres d’une annexe du collège de la Providence, alors qu’il a été démontré qu’à cette distance il y a des dangers pour la santé. Il faudrait être à 300 mètres. »
Affiche du festival (document organisateurs)
Avant que le GCO ne soit mis en oeuvre, l’association aimerait que d’autres solutions pour réduire le trafic sur l’A35 soient d’abord essayées, notamment :
un test de la taxe poids-lourds en région Grand Est « aujourd’hui mise en place au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique », souligne l’association,
l’utilisation de la 4ème voie ferrée entre Strasbourg et Vendenheim (prévue par le contrat de Plan Etat-Région 2015-2020),
mettre en place les « 10 mesures pour faire sauter les bouchons », qu’avaient élaborées Alsace Nature début 2015 (séparer les flux, davantage de transports en commun, ticket unique CTS/TER, relocaliser la production agricole, etc.).
Plan officiel de l’échangeur nord
L’entrée sur l’autoroute par le nord, sans gare de péage (document annexe du contrat de concession)
Les aménagements prévus constituent l’un des points du recours d’Alsace Nature contre le contrat entre l’État et la société Arcos (Vinci), car l’association environnementale estime que le contrat final diffère trop du projet qui a autorisé les travaux en 2008. D’après ses membres, la tranchée a été déplacée à moins de 80 mètres des habitations et le viaduc serait envisagé à 16 mètres de hauteur contre 12 lors de l’enquête publique de 2006. La commune de Vendenheim s’est jointe au recours déposé en juillet au tribunal administratif de Strasbourg.
Avec « À la conquête de l’est », Strasbourg et Kehl invitent les Strasbourgeois à s’approprier ces vastes hectares entre rive et Rhin, autrefois dédiés à l’activité industrielle et aujourd’hui rattrapés par l’urbanisation. Parcours en draisine sur la nouvelle ligne de tram, festival de camion-restaurants, expositions, animations… On fait le point.
C’était un désert, Strasbourg aimerait que ce soit un nouveau centre-ville. Le quartier du Port du Rhin, en pleine urbanisation à marche forcée, doit se vendre avant de faire vendre des appartements. La municipalité s’est donc associée à celle de Kehl pour proposer samedi 24 et dimanche 25 septembre un week-end festif de découverte qui doit rendre plus sexy le quartier. Exit les friches industrielles, les odeurs et les prostituées, voici le tram, les artistes et la nourriture mobile.
Les draisines à pédales pour parcourir les lignes du tramway (Photo Alain Fontanel / Facebook)
Près d’une quinzaine de rendez-vous sont proposés autour de l’ancien siège de Coop Alsace et pour s’y rendre, la bonne idée est d’emprunter les rails de la future ligne de tramway, fraîchement posés, à l’aide d’une draisine à pédale et à assistance électrique. Rendez-vous à l’emplacement du futur arrêt Citadelle, au bout de l’avenue Aristide Briand, près du gymnase du même nom. Les draisines sont accessibles aux groupes de 4 personnes, à partir de 6 ans. La Ville en profitera pour ouvrir au public le nouveau pont sur le Rhin, mais à pieds.
• Draisines, futur arrêt Citadelle, près du gymnase Aristide Briand. Samedi et dimanche : 10h-18h, inscriptions sur place, de 10h à 17h30
Plan du Street Bouche Festival à la Coop (doc remis)
Un festival de camions-restaurants écolo
Pour se restaurer, un festival dans le festival est prévu, le Street Bouche Music Festival. En résumé, il s’agit de lier musique et camions restaurants (food trucks). Chaque foodtruck participant devra décliner sa recette du « burger » et il sera possible de découvrir des producteurs locaux. Une aire de jeux pour les enfants est également prévue et un DJ set ambiancera les deux jours. L’ensemble de la manifestation doit également sensibiliser sur la production des déchets et leur recyclage. What else ?
Si les camions-restaurants, c’est pas votre truc, la Ville de Kehl organise un pique-nique franco-allemand en musique sur le chantier du tram, au pied du nouveau pont sur le Rhin, côté allemand. Les visiteurs sont invités à apporter leur pique-nique, des stands proposeront des produits régionaux.
• Dimanche à partir de 11h, au pied du nouveau pont sur le Rhin, côté allemand.
De nombreux rendez-vous ont été disséminés dans le Port du Rhin (doc EMS)
Animations et expositions
« Samedi, à la nuit tombée, les Strasbourgeois et les Kehlois ont rendez-vous avec une étrange tribu. Au bout de leur village, les Passeurs de lumières les attendent pour leur faire découvrir un
nouveau monde. Le feu traversera la rivière au son de gongs pour embraser le lustre céleste, illuminant la nouvelle ville… Percussions, chemin de feu, lustre à pampille et bien d’autres surprises ponctueront le trajet. »
• Les passeurs de lumière, future station de tram Citadelle au bout de l’avenue Aristide Briant, samedi à partir de 19h30
L’ancien siège de Coop Alsace abritera plusieurs expositions et animations, dont « voyage au temps de la Coop » et « la cave à vins et ses invités ». Des visites du patrimoine industriel de la Coop auront lieu toutes les 30 minutes. Le musée de la Coop ouvrira aussi ses portes ce week-end, pour les nostalgiques de ce réseau solidaire de distribution fondé en 1902. Parallèlement, une vingtaine d’artistes se chargeront de redécorer l’ancien siège de Coop Alsace.
• Samedi et dimanche : 10h-18h, ancien siège de Coop Alsace.
Des jeux pour enfants sont prévus, « écologiques et fonctionnant à l’énergie parentale », ainsi que des ateliers d’arts du cirque, un stand de sculpture de ballons et de maquillage pour enfants.
• Samedi et dimanche : 14h-18h, ancien siège de Coop Alsace.
Des bus et tramways spéciaux
La CTS a prévu un dispositif spécial pour se rendre au festival. Deux navettes feront des allers-retours jusqu’à l’arrêt de bus Dunkerque, situé après le pont d’Anvers, là où commence les animations du festival. La première navette partira de l’arrêt de tram Observatoire (lignes C, E), la seconde de l’arrêt Jean Jaurès (ligne D). D’une fréquence d’environ 30 minutes, ces navettes seront accessibles samedi de 10h à 23h30 et le dimanche de 10h à 19h. La ligne 21 a également été renforcée pendant ce week-end.
Suivez en direct l’audience au tribunal administratif de Strasbourg qui déterminera la légalité ou non du nouveau dispositif du RSA voté dans le Haut-Rhin. Il prévoit que seuls les allocataires qui effectuent sept heures de bénévolat par semaine pourront continuer à bénéficier de cette prestation. La préfecture conteste cette disposition.
En février, le Conseil départemental du Haut-Rhin, présidé par Éric Straumann (LR), a voté que les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) devraient donner sept heures de leur temps par semaine pour recevoir leur allocation à partir de janvier 2017. L’État attaque cette décision du Haut-Rhin devant le tribunal administratif de Strasbourg, qui écoutera les arguments des parties mercredi 21 septembre.
RSA contre 7h du bénévolat, légal ou pas ? (Photo CC via VisualHunt
Liberté de l’administration contre mêmes droits pour tous
Éric Straumann estime que le bénévolat un moyen de contrôle et que cela permet de garder un pied dans la vie active pour les personnes en rupture avec la société. Pour celui qui est aussi député de Colmar, c’est l’occasion de porter au niveau national le débat de la « libre administration des collectivités locales », prévue par la Constitution.
L’État français, par le biais de la préfecture du Haut-Rhin, a attaqué la délibération estimant que le RSA est un droit identique pour tous les Français. Ses conditions sont déjà fixées, à savoir l’obligation de chercher un emploi. Le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 61% depuis 2010, pour atteindre 20 000 bénéficiaires en 2016.
Direct à partir de 9h30
Suivez en direct l’audience prévue au tribunal administratif de Strasbourg à partir de 9h30. Si les arguments généraux sont connus, il sera intéressant de connaître la position du rapporteur public, un membre de la juridiction qui doit proposer une solution que les juges peuvent suivre ou non.
La municipalité envisage de rendre payant le stationnement d’une partie du quartier de l’Esplanade à Strasbourg, ce qui n’est pas du goût d’une partie des habitants.
C’est une réunion publique assez houleuse qui s’est tenue dans l’amphithéâtre 4 de l’institut Le Bel sur le campus de l’Esplanade lundi 19 septembre. L’objet ? Le projet de rendre payant le stationnement dans le quartier. Depuis plusieurs mois, il est devenu très difficile de trouver une place, ce qui a mené à diverses pétitions et interpellations d’élus.
Les explications sont multiples : moins de place de parking autour du campus de l’université, des parkings privés sous-utilisés, des parkings communs avec plus de résidents que de places (un habitant a parlé d’un secteur avec 1 400 commandes pour 600 places), un parking du centre commercial mal indiqué, le transfert des quartiers voisins, le manque d’arceaux à vélos qui décourage les cyclistes…
Les zones de stationnement payantes à Strasbourg
La répartition actuelle des zones payantes et non payantes. La partie sud de l’Esplanade pourrait devenir une zone verte. (doc Ville de Strasbourg)
En réponse à cette situation, la municipalité souhaite passer tout ou partie du quartier en stationnement payant. Un calendrier présenté lors de la réunion avançait la date de mars-avril 2017. L’objectif est de dissuader les personnes extérieures au quartier d’y venir garer leur véhicule.
Mais une partie des résidents digère mal de devoir aussi payer pour faire face à cette situation nouvelle. Surtout quand l’adjoint au maire en charge du quartier et des finances, Olivier Bitz (PS), explique qu’entre les horodateurs et les agents à payer, l’opération est « à peine amortie » financièrement. Mais elle permettrait aux résidents de trouver plus facilement une place.
Concrètement, le quartier serait placé en « zone verte » soit 0,5 euros de l’heure entre 9h et 19h dans la limite de 3h d’affilée. Les habitants, comme dans toute zone de stationnement payant, pourront bénéficier d’un « pass résidant » pour 15 euros par mois, soit 180 euros par an dans la limite d’un par foyer, ce qui handicape les familles avec plusieurs véhicules.
La partie sur fond rosé, au sud et à l’est du campus deviendrait payante. Mais le périmètre peut encore changer. Visuel projeté en réunion publique (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Trop cher pour les plus modestes
Une disposition qui a suscité des protestations de la majorité de l’assemblée d’une centaine de personnes pendant environ deux heures. Des riverains expliquent que cette somme en plus « c’est énorme ». « J’élève mon fils seul et c’est autant en moins dans la nourriture », a justifié une mère. « J’aimerais autant donner cette somme aux petits commerçants », a regretté un jeune homme. Une partie des tours de l’Esplanade est composée de logements sociaux, notamment dans la partie sud, où vivent des familles nombreuses ou des personnes retraitées.
L’adjointe au maire en charge de la circulation, Pernelle Richardot (PS), a certes affirmé « nous n’imposerons pas le stationnement payant si vous n’en voulez pas », l’ensemble de la séance a fortement ressemblé à une série de justifications de la future réglementation, aux côtés d’Olivier Bitz pour qui « il n’y a pas 36 solutions », rejetant ainsi la construction d’un parking en silo ou d’exonérer les résidents.
La partie sud de l’Esplanade pose le plus de problème de stationnement (photo JFG/ Rue89 Strasbourg)
Seule marge de manœuvre laissée entrouverte par l’adjoint de quartier, le périmètre de la zone qui serait passé ou non en payant. Si la partie sud, autour de la rue du Jura, concentre la majorité des frustrations, l’espace retenu pourrait être plus petit que celui présenté sur un visuel, qui englobait l’est jusqu’aux rue d’Ankara, Leicester et Oslo.
Le quartier de l’Esplanade risque en tout cas de recevoir une forte pression automobile dans les prochaines années avec l’arrivée de nombreux habitants dans les tours Black Swans et le quartier Danube, où peu d’espaces pour se garer ont été prévus.
Léo est un petit strasbourgeois de deux ans et demi, avec un handicap psychomoteur qui l’empêche de manger naturellement. Il est nourri grâce à une sonde. Mais une nouvelle méthode, développée en Autriche, pourrait lui apprendre à manger normalement. Julie Klein, la maman de Léo, compte sur la solidarité des internautes pour l’aider à financer ce traitement, qui changerait la vie de sa famille mais qui n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale.
En rencontrant les parents de Léo on pensait les trouver épuisés, fatigués par des années de rendez-vous médicaux et de démarches. Il n’en est rien. Ils sont solaires, et à l’image de leur fils, ils dégagent une énergie communicative. Léo et sa sœur Emma, 5 ans, jouent dans le jardin avec leur chien, qui lui aussi semble nous accueillir avec le sourire. La scène a tout d’une famille classique et heureuse, qui profite de son nouvel appartement de plain-pied dans un quartier rénové de Strasbourg. Sauf que depuis la naissance de leur fils, les parents de Léo se battent pour qu’il mange normalement.
Un long marathon médical
Après un problème pendant la grossesse, Léo est mis en hypothermie à sa naissance, pour préserver son cerveau. Son coma artificiel durera 72 heures. Cette douloureuse expérience l’a laissé avec des séquelles neurologiques. Il devra passer encore une semaine en soins intensifs au CHU de Hautepierre, et, à neuf mois, il y retournera à cause d’une bronchiolite.
A cause de ces problèmes moteurs, le petit garçon a vite eu des difficultés pour manger tout seul. Il souffre d’un reflux interne, et son allergie au lait de vache ne l’a pas aidé à apprivoiser la nourriture au début. Sa maman Julie, éducatrice spécialisée, explique :
« Le premier hiver a été très dur. On n’a pas réussi à diversifier sa nourriture. Il a été hospitalisé pour sa bronchiolite et on a forcé la diversification. Il était pesé matin et soir, tout comme sa nourriture. »
Ses parents doivent se résoudre à lui faire poser une sonde nasogastrique. Là encore, des complications et de nombreux rendez-vous médicaux se suivent, sans pouvoir compter sur un accompagnement encourageant du corps médical. Il faut retourner toutes les trois semaines pour faire changer la sonde à l’hôpital, et elle pose des problèmes, comme le raconte Julie :
« La sonde a renforcé son reflux. Et il fallait toujours faire très attention, à la crèche, qu’il ne se la fasse pas arracher par un enfant… On n’était pas très entendus par les médecins, mais on a décidé de l’enlever. Il a réussi à remanger un peu, mais c’était très compliqué. »
La famille de Léo est là pour le soutenir (Photo DL / Rue89 Strasbourg / cc)
Un combat quotidien
Pour essayer de se simplifier la vie, la famille se résout à la gastrostomie, une sonde posée cette fois directement dans l’estomac et qui s’ouvre dans la paroi de l’abdomen. L’intervention est lourde, les soins sont difficiles et il faut s’organiser méthodiquement au quotidien. Julie relate l’organisation autour des repas :
« Léo mange quand même un peu. Un pot pour bébé lui fait trois repas… À côté, on le nourrit en le « gavant », à travers la sonde. Mais elle lui donne des nausées, et même avec le gavage, il n’a pas les calories suffisantes. »
Le quotidien est bien difficile pour un enfant qui ne peut rien faire comme les autres. A cause de ses lésions neurologiques, Léo ne parle pas pour l’instant, et ne marche pas encore de manière autonome. Les rendez-vous médicaux jalonnent chaque semaine : Léo doit voir une kinésithérapeute trois fois par semaine, une psychomotricienne et une orthophoniste. Sa maman raconte comment toute la famille doit s’adapter :
« On a une parentalité pathologique. On utilise des termes comme gavage, débrancher… L’aînée connaît le nom du matériel médical spécifique, et elle a cru pendant longtemps que l’hôpital, c’était notre maison. D’ailleurs, elle est aussi touchée par tout ça, a parfois du mal à s’exprimer, alors elle voit aussi l’orthophoniste. Elle a fait des crises d’épilepsie aussi. A ce moment-là, elle était contente d’aller à l’hôpital, seule avec sa maman cette fois. »
Mais loin d’eux l’idée de se décourager, surtout que Léo déjoue pas mal de pronostics. Sa maman est plutôt fière :
« Il épate tout le monde ! Il devait avoir des retards de développement importants, mais finalement il s’en sort bien. Il marche quand on l’aide, et il aura bientôt un déambulateur. Il ne parle pas mais utilise des signes, sait se faire comprendre. Il dit aussi « Maman ! », quand il est en grande détresse ».
Des parents livrés à eux-mêmes
La famille redouble d’autant plus de volontarisme qu’elle doit combler le manque d’accompagnement du corps médical :
« On est clairement livrés à nous-mêmes. Les médecins ne nous suivent pas plus que ça. Ils attendent juste que Léo ait le déclic. On est censé lui laisser la sonde et attendre qu’il arrive à manger par lui-même. Une diététicienne le suit, mais elle vient seulement une fois par mois. On a mis six mois à obtenir des jus hypercaloriques, le temps qu’elle valide, qu’elle fasse remonter la demande, etc. Heureusement, on a trouvé de super kinés et orthophonistes, qui le prennent bien en charge. »
Si la première année avec Léo a été très difficile, nous confient ses parents, les initiatives de ces derniers mois leur ont donné confiance et espoir, à force de mieux connaître le handicap, les démarches médicales, et de frapper à toutes les portes.
L’espoir d’une nouvelle méthode, NoTube
Julie se tourne vers le web pour demander conseils et trouver des gens dans la même situation. Elle y trouve de nombreux groupes Facebook de parents d’enfants dans le même cas que Léo. On lui parle d’une méthode de sevrage, NoTube, pour redonner les moyens aux enfants de se nourrir par eux-mêmes et se débarrasser de la sonde. Problème : c’est un centre autrichien, basé à Graz, qui offre cette possibilité. Cet espoir a un coût : 8 440€ pour deux semaines de traitement, soit plus de 9 300€ pour que Léo et sa mère puissent se rendre en Autriche. L’assurance maladie ne prend pas la procédure en charge.
À Graz, Léo pourrait suivre un sevrage intensif, tout en étant hébergé avec sa famille. Le but est de faire retrouver à l’enfant le goût de manger, avec un suivi maximal et des techniques adaptées. Julie s’enthousiasme :
« Ils organisent des pique-niques ludiques, des jeux de peinture comestible… Et on apprend à l’enfant ce que c’est la faim. En plus, il y a un psychologue à disposition, et même des traducteurs français. Des gens viennent du monde entier pour suivre la cure. Le taux de réussite est de 90%, et 3 000 enfants ont déjà été soignés. On est encore suivi pendant 35 jours après la fin du séjour. »
Le traitement semble idéal, mais Léo n’a pas encore pu en bénéficier, car ses parents ne parviennent pas à dégager la somme nécessaire :
« On a acheté notre appartement il y a un an. On a sous-estimé les dépenses liées à l’état de santé de Léo. Tout notre argent y passe et maintenant, on est coincés. Si on avait su qu’il revenait si cher d’accompagner son enfant handicapé, on ne l’aurait pas acheté. »
Léo s’accroche pour marcher et jouer avec sa sœur (Photo DL / Rue89 Strasbourg / cc)
Une solidarité trouvée en ligne
Baisser les bras n’est pas envisageable pour Julie. Après avoir sonné à toutes les portes, et notamment les clubs de charité comme le Kiwanis, le Rotary, et le Lions, elle se tourne à nouveau vers là où elle a enfin trouvé de la solidarité : la communauté virtuelle. Cet été, elle a lancé un groupe sur Facebook pour relater l’histoire de son fils, et une cagnotte en ligne. Cela demande un certain investissement, mais cela vaut le coup, d’après Julie :
« Je n’arrête pas depuis des mois, j’entretiens la page Facebook, je contacte les médias… Heureusement que j’avais un peu de vacances, ça m’a permis d’avoir le temps de faire tout ça. »
Moins de deux mois après le lancement de la campagne, la moitié de la somme a déjà été récoltée :
« Le journal L’Alsace a parlé de nous, et ça a fait décoller la cagnotte de 2 000€ d’un coup. Ça fait du bien de se sentir soutenu. Des personnes âgées ont appelé le journal pour pouvoir nous parler et nous envoyer des chèques ! »
Forte de plus de 500 soutiens sur le réseau social, la famille se sent beaucoup moins seule qu’avant. Les réseaux sociaux ont été une vraie bouée de sauvetage pour Julie, une opportunité inespérée qui a fait décoller un élan de solidarité et ravivé ses espoirs :
« En tant que maman d’enfant handicapé, si je n’avais pas Facebook, je serais perdue. Ça aide beaucoup. J’aurais eu beaucoup moins d’informations sinon. »
Se battre pour envisager l’avenir sereinement
Julie est confiante pour sa capacité à récolter des fonds :
« On n’a pas le choix, il faut y croire ! On continue le combat, il faut bien que Léo puisse manger ! C’est pour ça qu’on essaye de parler de notre histoire, si jamais les gens peuvent nous aider, ça peut vraiment nous servir. Ça fait du bien de constater qu’il y a de la solidarité en France. »
Bien sûr, la suite sera aussi faite de démarches, surtout pour scolariser Léo, dans une école adaptée avec une auxiliaire de vie scolaire (AVS), et pour le rendre plus autonome. Mais sa mère fait preuve d’une sagesse et d’une détermination à toute épreuve :
« On a déjà trouvé une école, on commence les démarches pour l’AVS, et on sait qu’il faudra organiser la rééducation… Mais chaque chose en son temps. Pour l’instant, on se concentre sur le sevrage et son financement. Léo est bien accompagné pour progresser pour ce qui est de marcher et parler, mais il faut qu’il puisse manger normalement déjà, pour pouvoir aller à l’école, d’ailleurs. »
Construire sur l’épreuve, pour ceux qui suivent
Puis, quand Léo ira mieux, Julie veut elle aussi partager son expérience, comme d’autres l’ont aidé auparavant. La marraine de Julie a créé une association, « Le combat de Léo », dont les actions permettraient de financer les traitements et de parler de son handicap. Pour Julie, il est important de sortir les familles de l’isolement, de se soutenir mutuellement. Elle veut créer des groupes de paroles :
« Au détour des rendez-vous médicaux, on rencontre beaucoup de parents dans le même cas. Finalement, beaucoup se sentent isolés et manquent d’informations, de soutien. Mais en tant qu’éducatrice, je sais que tout se joue dans la petite enfance, et il est important que les mamans et les papas en sachent plus, pour accompagner au mieux leurs enfants. »
En attendant, le garçon tient le coup, grâce à son caractère joyeux et sa motivation. Il semble très déterminé, à en juger par la manière dont il s’avance vers le toboggan du jardin. Sans aide. C’est sa maman qui aura les mots pour le décrire :
« Il attire les regards, il est très souriant, il a envie de communiquer. On lui a demandé beaucoup d’efforts, mais il a énormément de courage. »
Le débat sur le Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg à L’Odyssée mercredi a permis de mieux cerner les points de vue des partisans et opposants. Retrouvez la quasi-intégralité des échanges en vidéo.
Ayant atteint les limites d’accueil de la grande salle de L’Odyssée, plusieurs personnes n’ont pas pu accéder mercredi 14 septembre à notre soirée sur le Grand contournement ouest (GCO). Mais qu’ils se rassurent, nous avons enregistré la majeure partie des échanges. On a eu un peu de mal à mettre en route notre caméra, ce qui explique que le début de la soirée manque.
Revoir le débat sur le GCO à L’Odyssée
Salle bondée, température élevée, climatisation saturée… mais des mots pesés. (Photo Jean-François Badias)
Ils étaient présents
Par ordre d’apparition :
Marc Bouron, président d’Arcos, société concessionnaire du GCO
Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature
Jean-Luc Heimburger, président de la CCI de Strasbourg
Luc Huber, maire de Pfettisheim
Robert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg
Jacques Fernique, conseiller municipal écologiste de Geispolsheim
Robert Herrmann, président de l’Eurométropole : « personne ne dit que le GCO va régler le problème des bouchons sur l’A35. » (Photo Jean-François Badias)
Ils l’ont dit
Luc Huber : « Transformer l’A35 en boulevard urbain ne réglera pas le problème des bouchons à Strasbourg. Si vous avez une baguette magique pour réduire le nombre de véhicules quotidiens de 150 000 à 30 000 alors faites le ! »
Robert Herrmann : « Je voulais inviter les anti-GCO à rêver : et si le GCO ne se faisait pas. Les gens iront s’installer à l’extérieur de la métropole et iront miter le territoire. Ce serait une catastrophe environnementale. »
Robert Herrmann : « Il faut siffler la fin de la récréation, faire le GCO, il est nécessaire. Sinon l’Alsace va s’effondrer. »
Robert Herrmann : « si l’étude TTK qui préconise des tracés alternatifs était une solution, franchement on est tous des cons alors… »
Jacques Fernique : « toute l’intervention de Justin Vogel [maire de Truchtersheim, ndlr] contre le GCO au conseil régional d’Alsace, pleine de suggestions pour préparer l’avenir, a été supprimée du compte-rendu officiel. On n’a jamais su pourquoi… »
Dans le public : « on assiste un détournement de moyens. Le GCO n’est pas construit pour faciliter l’accès à Strasbourg. »
Maurice Wintz : « il y a des solutions… En Allemagne, avec 600 000€, une ville a modifié les comportements de déplacement grâce à un accompagnement soutenu. »
Jean-Luc Heimburger aux écologistes : « Où étiez-vous quand il a fallu se mobiliser pour la taxe poids-lourds ? »
Marc Bouron : « il n’y a pas de financement public du GCO. Nous négocions simplement avec la banque européenne d’investissements, comme d’autres. »
Robert Herrmann : « nous allons créer un groupe de travail sur la requalification de l’A35, et confier son secrétariat à l’Adeus. »
Luc Huber : « Covoiturage intelligent, tramways, parkings-relais placés avant les bouchons… Il faut multiplier les solutions, il n’y a pas de solution miracle. »
Jean-Luc Heimburger : « Le GCO est peut-être une mauvaise réponse, mais c’est à l’heure actuelle la réponse la plus efficace qui existe. »
Jacques Fernique : « quand on discute, quand on sort des postures, on se rend compte qu’on peut régler les problèmes de circulation. Mais le GCO est un projet lourd qui plombe toute réflexion depuis 30 ans. »
Robert Herrmann : « je ne connais personne qui a dit qu’il n’y aurait plus de bouchon sur l’A35 grâce au GCO. »
Les Échos assurent que Philippe Richert, président de la Région Grand Est, a obtenu de l’État la gestion des liaison ferroviaires Intercités dans l’Est de la France. Selon le quotidien économique, un accord de principe a été formulé « il y a 15 jours par le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies quant à la nouvelle organisation du ferroviaire dans le Grand Est. L’annonce officielle sera faite le 29 septembre lors du congrès des régions de France, à Reims. »
Au final, toutes les liaisons ferroviaires de la grande région dépendront donc du conseil régional, sauf les TGV. Le Grand Est avait notamment indiqué qu’il souhaitait reprendre l’exploitation des lignes Intercités Paris – Belfort via Troyes, Bâle – Luxembourg et Hirson -Metz via Charleville- Mézières.
Le Coradia Liner d’Alstom doit équiper les prochains Intercités (doc Alstom)
Reims – Metz à 200 km/h
Toujours selon les Échos, l’État s’engagerait en contrepartie à financer une quinzaine de trains Coradia Liner bi-mode, qui peuvent atteindre des vitesses commerciales de 200 km/h, pour un montant compris entre 150 et 180 millions d’euros. Ces trains seront fabriqués à l’usine Alstom de Reichshoffen.
Il reste néanmoins à régler la part du déficit que continuera de prendre en charge l’État, actuellement de 44 millions d’euros. Les lignes Intercités sont lourdement déficitaires, elles ont accumulé une perte d’exploitation de 400 millions d’euros en 2015.
« C’est nous qui avons installé ce dispositif. Il s’agit d’un effaroucheur de pigeons de la marque Rat Down. »
Initialement, le centre commercial ne se souvenait plus d’avoir installé un tel appareillage…
Protéger un bâtiment classé
L’effaroucheur automatique est programmé pour fonctionner en dehors des horaires d’accueil du public, de 21h à 9h, au moment où le calme pourrait laisser place à l’installation de rongeurs et volatiles. Il a pour but de préserver le bâtiment classé à l’inventaire des monuments historiques, et notamment les corniches, des détériorations occasionnées par les fientes de pigeons. Carol Escudero précise :
« Cet appareil est en conformité. Il est également utilisé dans certaines grandes surfaces. Ce dispositif est inoffensif puisqu’il ne diffuse que des sons et non des ondes électromagnétiques comme le font nos portables, par exemple. »
Rock pigeon (CC Search / creativecommons)
Le fonctionnement de cet effaroucheur de pigeon est expliqué sur le site de la société Rat Down :
« L’effet des ultrasons et leurs conséquences sur les rongeurs sont reconnus par beaucoup de rapports scientifiques depuis de nombreuses années. Dans le cas des ondes ultrasoniques, on parle d’ondes qui ne sont pas audibles par l’homme ni par les animaux domestiques, mais qui sont très douloureuses pour les rongeurs, pigeons et moineaux. Dans le cas des vibrations sismiques, on parle de signaux basses fréquences qui poussent les souris et les rats à abandonner leurs terriers. Les deux systèmes provoquent un déséquilibre des fonctions biologiques des rongeurs, c’est-à-dire manger, dormir, se reproduire, se déplacer, etc. »
Reste que le dispositif a un effet collatéral : effaroucheur de jeunes à partir de 21 heures. Mais ça, l’Aubette peut vivre avec…