Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Vers une pénurie de choux à choucroute en Alsace

Vers une pénurie de choux à choucroute en Alsace
Capture d'écran de 20 Minutes
Capture d’écran de 20 Minutes

Le journaliste Gilles Varela de la rédaction strasbourgeoise de 20 Minutes s’inquiète : y aura-t-il encore de la choucroute à Noël ? La question se pose effectivement car les intempéries ont réduit de 15 à 20% la production alsacienne de choux à choucroute en 2016. Certains agriculteurs, comme Rémy Goettelmann à Meistratzheim, ont perdu jusqu’à 70% de leur production comme il l’explique à 20 Minutes :

« Je ne vais pouvoir produire que 30 tonnes par hectare alors qu’habituellement nous approchons les 90 tonnes. Nous n’arriverons pas à tirer un seul salaire et nous ne couvrirons même pas les charges. L’eau a stagné trois fois sur mes parcelles depuis avril. Nous sommes la troisième génération de producteur de choux et ce n’est jamais arrivé, je n’ai jamais vu ça. »

L’Alsace est la plus grande région productrice de choux à choucroute en France, avec 75 % de la production nationale. Conséquence : le prix du choux à choucroute devrait connaître une singulière remontée, au delà du maximal atteint en 2016, soit 80€ la tonne. Les agriculteurs doivent désormais monter des dossiers d’indemnisation…

Deux professeurs de Strasbourg vont débattre de la maladie de Lyme devant l’Académie de médecine

Deux professeurs de Strasbourg vont débattre de la maladie de Lyme devant l’Académie de médecine

La maladie de Lyme sera le sujet d’une session de la très sérieuse Académie de médecine, à Paris mardi 20 septembre. Deux professeurs des Hôpitaux de Strasbourg, centre national de référence, feront le déplacement, les Pr Daniel Christmann et Benoît Jaulhac. Ils seront face au Pr Christian Perronne, qui tente de faire évoluer le consensus autour de la détection et de la prise en charge de cette maladie infectieuse, transmise par les tiques.

La détection et le traitement de la maladie de Lyme va-t-elle bientôt évoluer en France ? Alors qu’aux États-Unis et au Canada, la prise en charge de cette maladie infectieuse a progressé au gré de la prévalence des infections, la France reste attachée aux conclusions de la conférence de consensus de 2006. Or c’est lors de cette conférence qu’a été mis en place le protocole de détection par un test ELISA, puis Western-Blot si le résultat est positif avec des seuils de détection adaptés aux maladies rares (voir nos précédents articles).

Fin juin, le gouvernement a présenté un plan de lutte national contre la maladie, suite aux demandes répétées d’associations de victimes et d’un appel d’une centaine de médecins relayé dans la presse. La question de la détection et du traitement de la maladie de Lyme est régulièrement posée par ces associations, qui assurent qu’elle est bien plus fréquente qu’elle n’est diagnostiquée. Une prise en charge tardive se traduit par de sérieuses complications, souvent après un parcours de soins cauchemardesque.

Deux pharmaciens strasbourgeois condamnés

À Strasbourg, Viviane Schaller, qui dirigeait un laboratoire d’analyses, a été condamnée en 2015 pour « escroquerie » à l’assurance maladie. Le tribunal correctionnel l’a déclarée coupable d’avoir abaissé le seuil de détection du test ELISA et réalisé des tests Western-Blot systématiques. Promoteur du Tic-Tox, présenté comme un remède contre les effets de la maladie de Lyme, Bernard Christophe a été condamné lors du même procès pour « exercice illégal de la profession de pharmacien ». Ils ont tous les deux fait appel de leur condamnation, un nouveau procès doit se tenir en octobre devant la Cour d’appel à Colmar.

C’est dans ce contexte tendu que l’Académie de médecine a choisi de tenir une session consacrée à la maladie de Lyme, mardi 20 septembre à Paris. L’initiative vient du Pr François Bricaire, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière :

« La maladie de Lyme est dans l’actualité, l’Académie de médecine a vocation à éclairer le débat par des arguments scientifiques. Les polémiques alimentées par des débordements ont toujours des effets néfastes en matière de santé publique. »

Une tique pleine de bactéries de type Borrellia (Photo université de l'Oregon / FlickR / cc)
Une tique pleine de bactéries de type Borrellia (Photo université de l’Oregon / FlickR / cc)

Le centre de référence à Strasbourg, tenant d’une ligne conservatrice

Deux professeurs des Hôpitaux universitaires de Strasbourg feront le déplacement. Le Pr Daniel Christmann, longtemps responsable du service des maladies infectieuses au Nouvel hôpital civil et principal rédacteur du consensus de 2006, rappellera « comment poser un diagnostic de maladie de Lyme ». Le Pr Benoît Jaulhac, responsable lui du laboratoire de bactériologie de Strasbourg, où est basé le centre national de référence des Borrellia, le nom de famille de la maladie de Lyme, traitera de la « performance des méthodes biologiques dans le diagnostic et le suivi de la maladie de Lyme ».

Les deux professeurs strasbourgeois considèrent que la détection d’une maladie de Lyme ne pose pas de difficultés particulières et que c’est l’utilisation des tests qui est inadaptée, pas les tests eux-mêmes. Les Pr Christmann et Jaulhac prescrivent un traitement antibiotique simple contre l’infection, et refusent de voir dans la maladie de Lyme une pathologie chronique.

Pour la première fois dans une enceinte scientifique, ils seront face au Pr Christian Péronne, responsable du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches, qui pense exactement l’inverse :

« Cette session est importante, car la littérature scientifique sur la maladie de Lyme a beaucoup évolué après des années d’obscurantisme. Sauf en France malheureusement, où on reste attaché à une fable qui devient chaque année plus ridicule. Il est urgent que les états d’esprit évoluent, les infectiologues sont en attente de positions officielles claires. Mais surtout, de nombreux patients sont en errance et ce ne sont pas trois semaines d’antibiotiques qui peuvent les soigner… »

La question divise les médecins, dont une partie sont aussi attachés à freiner les résistances aux antibiotiques, ce qui implique de moins les utiliser. Habituellement, les sessions de l’Académie de médecine donnent lieu à des compte-rendus, rédigés par les organisateurs. La désignation du centre national de référence des Borrellia doit être renouvelé dans les mois qui viennent, Strasbourg est à nouveau candidat. L’Alsace est la région de France la plus touchée par la maladie de Lyme.

 

#Benoît Jaulhac#Daniel Christmann#Pr Christian Péronne

Pour sa première saison, le nouveau Django Reinhardt démarre en douceur

Pour sa première saison, le nouveau Django Reinhardt démarre en douceur

Des concerts chaque samedi ou presque à Strasbourg, 15€ la place et avec une large part laissée aux artistes locaux. C’est à l’espace culturel Django Reinhardt, qui lancer sa première saison cet automne.

La nouvelle équipe du centre culturel Django Reinhardt à Strasbourg doit ancrer l’équipement culturel au quartier du Neuhof tout en s’assurant que les Strasbourgeois amateurs de musique, souvent des jeunes habitant le centre-ville, se déplacent. Un rude challenge mais pour y parvenir, le directeur de 33 ans, Pierre Chaput, prévoit une programmation resserrée, un concert par semaine, voire moins, étoffée par des événements plus divers, comme des projections, des rencontres et des expositions.

Pour chaque concert, Django Reinhardt cherche à associer une formation locale en première partie. Ainsi le rock brut de Vaudou Joséphine précédera une formation montante de la scène rock française, Radio Elvis, samedi 15 octobre.

Le samedi suivant (22 octobre), ce sera au rappeur ultra-local Kadaz d’assurer la première partie de Gang Starr Foundation, pour une soirée du festival Hip-hop won’t stop. Puis le 29 octobre, le centre culturel va mixer les genres, en laissant la scène successivement aux franchouillards Les Escrocs puis aux infatigables voyageurs de Karpatt. Un autre musicien bohème sera accueilli à Django Reinhardt le 18 novembre, l’israélien The Angelcy, une belle date pour un début.

La première partie de cette soirée sera assurée par le groupe strasbourgeois Joy And Glory, mené par Audrey Braun et dont Rue89 Strasbourg vous a déjà présenté la sensualité pop.

Le 26 novembre, la soirée est confiée au label strasbourgeois Deaf Rock Records, qui en a profité pour inviter Alpes, une formation pop-rock houleuse et sensuelle qui vient de boucler son premier album et Holy Two, une formation intimiste, à l’electro-pop sombre.

Ces concerts seront proposés au tarif de 15€ la place, achetée en caisse du soir (10€ en tarif réduit). L’objectif de Django Reinhardt est de remplir la salle en gardant des tarifs modérés, les concerts en salle flirtant le plus souvent avec les 25-30€. La jauge de la salle peut varier de 160 places assises à 350 debout, en fonction de l’affluence attendue. Ainsi, The Angelcy est prévu « assis », tandis que Gang Star Foundation est évidemment prévu en « debout ». Pour d’autres, l’équipe de Django choisira au dernier moment, comme la soirée avec Karpatt, en fonction des réservations.

Avec des prix pareils, Django Reinhardt n’équilibre pas les budgets des soirées. Mais l’association gérant la structure, BeCoze, peut compter sur une subvention de fonctionnement octroyée par la Ville de Strasbourg de près de 400 000€. En outre, un bar a été installé dans le hall d’accueil, et ses ventes devraient abonder les recettes.

Des drapeaux et une tente doivent rendre le lieu plus accueillant les soirs de concerts (Photo Bartosh Salmanski)
Des drapeaux et une tente doivent rendre le lieu plus accueillant les soirs de concerts (Photo Bartosh Salmanski)

Soirées « libres », cinéma et expositions

Django Reinhardt prévoit en outre trois soirées cinéma, des conférences et des soirées « quartier libre », où l’espace est laissé à la disposition d’une association, d’un groupe ou d’un artiste local. L’objectif est de permettre à tous ceux qui ne vont jamais aux concerts d’avoir une bonne raison d’aller à Django Reinhardt, et d’apprivoiser le lieu.

En outre, Django Reinhardt va accompagner des artistes dans leur processus de création. La première formation en résidence pendant trois semaine n’est pas inconnue puisqu’il s’agit des Weepers Circus. Le groupe strasbourgeois aux multiples albums prépare un nouveau spectacle et peaufine un livre-disque. Lorsqu’ils seront à Django, ils seront sollicités par les écoles du quartier pour des ateliers d’éveil musical, ainsi que par l’école de musique pour des master-classes.

#Pierre Chaput

Amiante au parlement européen : relaxe générale

Amiante au parlement européen : relaxe générale

Jeudi matin, le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé l’ensemble des prévenus dans l’affaire de la pollution à l’amiante au Parlement européen (voir tous nos articles précédents). Ce délibéré n’est pas vraiment une surprise, le procureur Sébastien Hauger lui-même avait requis la relaxe lors de l’audience en mai pour l’architecte d’intérieur, Marie-Delphine Dochain, en charge de ce chantier de février 2013 au cours duquel un pilier contenant de l’amiante a été percé.

Joël Jund, représentant de la société Stenger plâtres & Staff, en présence de Marie-Delphine Bodain, architecte d'intérieur et maître d'oeuvre sur le chantier, et Me Valérie Bach, avocat de la défense en charge des intérêts civils, peu avant l'audience du vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)
Joël Jund, représentant de la société Stenger plâtres & Staff, en présence de Marie-Delphine Bodain, architecte d’intérieur et maître d’oeuvre sur le chantier, et Me Valérie Bach, avocat de la défense en charge des intérêts civils, peu avant l’audience du vendredi 27 mai 2016. (photo Auriane Poillet / Rue89 Strasbourg)

Plus d’une centaine de parties civiles

Elle était prévenue de « mise en danger d’autrui par violation d’une obligation de prudence et de sécurité imposée par la loi ou le règlement ». Le procureur avait cependant requis 20 000€ d’amende contre l’entreprise de plâtrerie Stenger et Staff et trois mois de prison avec sursis contre Patrick K. de la société Veritas, le coordinateur sécurité du chantier. Mais le tribunal a estimé que l’infraction n’était pas caractérisée. Les parties civiles ont été déclarées irrecevables ou ont été déboutées de leurs demandes.

Aucune indemnisation ne sera versée. Plus d’une centaine de personnes s’étaient constituées parties civiles. Le chantier avait duré deux semaines, ce qui laisse penser qu’entre 300 et 1 600 personnes avaient été exposées aux fibres cancérogènes.

En quatrième vitesse, le noir n’a jamais été si intense

En quatrième vitesse, le noir n’a jamais été si intense

Le cinéma Odyssée propose, en copie neuve et pour quelques semaines encore, le véritable chef-d’oeuvre de Robert Aldrich, un film noir des années 50 sur un privé, la femme qu’il a échoué à sauver et une encombrante boite de Pandore.

Ralph Meeker, petit acteur dans un grand film (Copyright D.R.)
Ralph Meeker, petit acteur dans un grand film (Copyright D.R.)

Aldrich, génial touche-à-tout

Il est aujourd’hui admis que le cinéaste Robert Aldrich ne bénéficie pas d’une place particulièrement enviable au panthéon hollywoodien. Cinéaste mercenaire, artisan à la solde des studios, il a pourtant signé une poignée de films superbes. Il s’est essayé au film de guerre, a navigué dans les eaux du polar. Sans doute restera-t-il dans les mémoires pour ses satires du monde du spectacle, comme Le grand couteau ou Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? Et bien sûr : pour Kiss me deadly (titre original d’En quatrième vitesse)…

Dès 1955, Robert Aldrich semble donner raison à l’axiome Kubrickien. « On ne peut faire de bons films qu’avec de mauvais livres. » Et avec quelques feuilles médiocres signées Mickey Spillane, père du détective Mike Hammer et accessoirement auteur de romans putassiers, il signe un superbe film noir tardif, une oeuvre ascétique, puissante et visionnaire.

Les comédiens du film (Copyright D.R.)
Les comédiens du film (Copyright D.R.)

Pervertir les arcanes du noir

En quatrième vitesse narre les aventures d’un détective qui remonte la piste d’une morte pour se frotter à ses anciens acolytes, dans des ruelles et au coeur d’une cité que l’on ne nommera pas. Le gros Bob (comme aimait à le nommer Claude Chabrol) semble, sur le papier, réaliser une oeuvre d’un écrasant classicisme. Mais son film présente une double singularité, s’enorgueillit d’une double fracture.

Chez Aldrich, le protagoniste, le privé, n’est pas un personnage romantique, un réceptacle de la mythologie urbaine post-grande dépression. Ralph Meeker interprète un petit salaud, qui baigne dans de troubles histoires d’adultère. Bien que les auteurs de l’adaptation cinématographique s’en défendent, on peut voir, dans cette sécheresse, l’héritage direct de l’univers de Mickey Spillane. La sensibilité crue de l’auteur de pulps transparait dans les liens qui unissent les personnages et dans une approche de la violence qui n’a plus rien de feutrée.

Les années 50 aux Etats-Unis, on filmait surtout de la SF

Ensuite, il parait bon de s’attarder sur l’époque à laquelle le film est tourné. Les années 50 ne correspondent pas, dans le cinéma américain, à l’âge d’or du polar mais bien à celui de la science-fiction. Le public comme les artistes sont tiraillés d’angoisses liées à l’avènement d’une science obscure, symbolisée notamment par la toute-puissance de la bombe atomique.

Tout un pan du cinéma de studio est alors nourri de cette obsession (L’homme qui rétrécit, La mouche noire, Le jour où la terre s’arrêta). En quatrième vitesse ne fait pas exception. Ce McGuffin (terme Hitchcockien désignant l’objet qui nourrit le récit, celui après lequel tout le monde court), cette valise mystérieuse qui est au cœur de la quête du personnage, représente un pouvoir qui dépasse l’individu lambda et qui peut, sans la moindre justification, anéantir son porteur.

Sous les attraits d’une série noire standardisée et fauchée, le film de Robert Aldrich apparait toujours, 60 ans après sa sortie, comme une œuvre résolument moderne et stimulante.

La bande annonce

#Robert Aldrich

Y aura-t-il une pénurie d’écoles à Strasbourg ?

Y aura-t-il une pénurie d’écoles à Strasbourg ?

L’urbanisation de Strasbourg met la ville et l’agglomération au défi d’accueillir toujours plus d’élèves dans ses écoles. Agrandissements des établissements, construction de nouveaux, modification de la carte scolaire, dérogations… Le point sur les moyens d’action dont elles disposent.

Les chantiers immobiliers se multiplient à Strasbourg et en périphérie. La Ville de Strasbourg autorise chaque année la construction de 3 000 nouveaux logements. L’ensemble des communes de l’Eurométropole prévoit de gagner 50 000 nouveaux habitants d’ici 2030. Accueillir tous les enfants de ces nouveaux foyers présente dès aujourd’hui un défi pour les écoles et les collectivités.

Quand les municipalités sont à l’origine des nouveaux projets urbains, elles peuvent anticiper la construction de nouveaux équipements scolaires et les faire financer par les recettes des opérations immobilières qui y sont prévues. C’est le principe des zones d’aménagements concertées (ZAC). Ainsi à Ostwald, le projet du nouveau quartier des Rives du Boehri intègre la construction d’une nouvelle école maternelle.

Celui de Jean Monnet à Eckbolsheim inclut l’extension des écoles élémentaire et maternelle. À Strasbourg, une nouvelle école maternelle est déjà en chantier dans le cadre de la construction de l’écoquartier Danube et devrait ouvrir d’ici 2 ans.

Pour le reste, quand les projets ne sont pas à leur initiative, il ne reste plus aux communes qu’à se débrouiller pour répondre aux besoins et financer de nouveaux équipements. Mais Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation, l’assure :

« À ce jour, nous n’avons pas de difficultés pour accueillir tous les enfants dans les écoles de Strasbourg. »

La tendance est à la réalisation de grosses écoles pour suivre l'urbanisation, ici l'école Saint-Jean à Strasbourg (Photo LG / Rue89 Strasbourg / cc)
La facilité consiste à créer de grosses écoles pour suivre l’urbanisation, ici l’école Saint-Jean à Strasbourg (Photo LG / Rue89 Strasbourg / cc)

70 classes en plus d’ici 6 ans

Mais elle prépare la suite. La Ville a affiné ses projections au printemps sur la base de tous les permis de construire accordés ou en cours d’instruction. Dans les six ans à venir, il y aura besoin de 70 classes supplémentaires à Strasbourg, ce qui équivaut à 7 nouvelles écoles.

Pour répondre à ce défi, la Ville va s’appuyer sur le soutien de l’Académie, qui lui a déjà accordé une dizaine d’ouvertures de classes supplémentaires par an depuis quatre ans. Elle n’a plus qu’à trouver de la place pour construire, et des crédits pour les agents…

Françoise Buffet se veut optimiste face au challenge :

« Ces chiffres sont à relativiser sur l’ensemble du périmètre de la ville qui compte 114 écoles maternelles et primaires. On peut déjà aisément éparpiller de nouvelles classes parmi celles-ci. »

Cette stratégie est déjà appliquée. À l’école Marguerite Perey à Cronenbourg, par exemple, une ouverture de classe cette année a permis d’absorber les nouvelles inscriptions des enfants venus des nouveaux immeubles de la zone du CNRS. Et des salles sont encore disponibles pour ouvrir de nouvelles classes. Même chose à l’école du Rhin dans le quartier Port du Rhin, dont les principaux projets d’urbanisation ne se concrétiseront pas pendant le mandat municipal actuel.

L’agrandissement des écoles en question

Mais ailleurs, la pression démographique est telle qu’il faut agrandir. La Ville est déjà impliquée dans l’extension de l’école du Hohberg, à cheval sur les quartiers Koenigshoffen et Montagne Verte. Elle accueille déjà plus de 430 élèves, c’était une promesse de campagne de Roland Ries en 2014. L’ambition a déjà de l’âge mais la Ville avance à tâtons. Le projet initial était de rénover l’école existante en y créant 9 classes supplémentaires. Insuffisant, vu les projections démographiques, il faudrait au moins 20 classes pour le quartier !

Il a ensuite été question de créer une nouvelle école dans la vaste cour de l’école existante. Mais l’idée de rassembler un millier d’enfants sur le même site n’a pas tenu lors de la concertation avec les enseignants et les parents d’élèves.

Cet été, les services de la Ville ont procédé à une étude du quartier rue par rue pour évaluer les besoins. La solution envisagée aujourd’hui est, d’après Françoise Buffet, de créer plusieurs « petites structures éparpillées dans le quartier ».

D’une manière générale, l’élue se méfie des grands groupes scolaires :

« L’idéal serait de construire de petites écoles avec des petits périmètres de rattachement, pour que les enfants puissent aller à pied à l’école, que les parents puissent se connaître… J’aimerais qu’on ne dépasse nulle part un format d’école à 400 ou 500 élèves. »

12 millions d’euros pour la Meinau et Koenigshoffen

Pour agrandir et créer des écoles, la Ville peut puiser dans un budget de 15 millions d’euros par an, avec lequel elle finance aussi les rénovations et les petits travaux. Sur cette somme, 12 millions d’euros sont déjà bloqués pour la création de deux nouvelles écoles à la Meinau et à Koenigshoffen d’ici 4 ans.

À la Meinau, la Ville a déjà une piste sérieuse de terrain pour ouvrir une grande et seule école. Le dossier de la future école de Koenigshoffen est moins avancé, concède Françoise Buffet :

« On ne sait pas encore s’il s’agira d’une seule école ou de plusieurs petites structures. La difficulté est toujours de trouver les terrains. »

Pour gérer les nouveaux besoins et répondre à la densification de certains quartiers, la Ville recourt aussi à la modification de la carte scolaire. En mars, le conseil municipal a ainsi voté le rattachement du site des Brasseries de Cronenbourg à l’école Gustave Doré, dans le même quartier, et celui de la zone artisanale des Forges, dans le quartier des Poteries à Hautepierre, à l’école Gustave Stoskopf.

Grosse pression aux Poteries

Mais justement, la pression est forte sur l’école maternelle et primaire Gustave Stoskopf qui compte déjà 550 élèves. L’école, classée en Réseau d’éducation prioritaire, doit absorber les enfants des nouveaux quartiers des Poteries et de Hautepierre, sans avoir les moyens d’ouvrir de nouvelles classes. Elle s’accroche pour maintenir un nombre maximal de 26 élèves par classe.

Elle a déjà dû rediriger des enfants vers les écoles voisines, dont Marcelle Cahn. Dans les mois qui viennent, 90 nouveaux logements sociaux doivent être livrés aux Parc des Forges et l’école n’est pas certaine de pouvoir absorber en cours d’année l’arrivée de nouveaux élèves. L’équipe enseignante attend qu’une décision soit prise pour agrandir l’établissement. Pour l’heure, Marcelle Cahn peut accueillir les demandes d’inscriptions nouvelles des dérogataires. Mais elle espère aussi son agrandissement, « repoussé chaque année », confie un enseignant. Aucun agrandissement en vue aux Poteries, affirme de son côté Françoise Buffet.

Délester grâce aux dérogations

Si les dérogations à la carte scolaire permettent parfois  un délestage entre les écoles, elles peuvent mettre les écoles concernées en difficulté. À Souffelweyersheim, par exemple, l’école maternelle Dannen Berger, surchargée, n’accueille plus les enfants dérogataires dans ses activités périscolaires. À Strasbourg, Françoise Buffet garde une règle stricte :

« Nous n’acceptons les dérogations que s’il y a de la place. Les enfants du quartier rattaché ont toujours la priorité. »

Les syndicats craignent que tous ces efforts ne suffisent pas et que le nombre d’élèves par classe atteigne la trentaine à certains endroits dans les prochaines années. C’est déjà le cas à l’école Saint-Jean, derrières les Halles à Strasbourg.

Catherine Le Duff, secrétaire départemental du syndicat d’enseignants Snuipp-FSU, prévient :

« Il n’y a ni les locaux ni les capacités périscolaires pour ouvrir autant de classes. Mais il faudra bien accueillir les enfants, au prix d’une dégradation de nos conditions de travail et évidemment des conditions d’apprentissage pour les enfants. »

L’Académie de Strasbourg a fermé près de 100 classes monolingues en février pour ouvrir près de 45 classes bilingues. La différence est réinjectée en juin et à la rentrée par des ouvertures de classes ou des créations de postes de remplaçants. Depuis 2012, L’État apporte une dotation de 25 postes supplémentaires chaque année au département, alors qu’il y en supprimait une centaine par an auparavant.

#école du Hohberg#école Stoskopf

Primark à Strasbourg se dévoile et ouvrira fin 2018

Primark à Strasbourg se dévoile et ouvrira fin 2018

La Ville a publié sur son site « Europtimist » des esquisses du futur magasin Primark, prévu pour être construit à l’angle de la rue du Noyer et du quai Kellermann à Strasbourg. Le magasin s’étendra sur 5 700 m² répartis sur 4 étages et la Ville s’attend à ce que Primark embauche 400 à 500 personnes pour achalander les rayons de cette enseigne irlandaise de vêtements, d’accessoires et d’objets de décoration.

Vue du futur magasin Primark depuis le quai Kléber (esquisse)
Vue du futur magasin Primark depuis le quai Kléber (esquisse Denu et Paradon architectes)

Selon la Ville de Strasbourg, le nouveau bâtiment sera composé en sous-sol d’un parking de 167 places, tandis que des logements avec jardins occuperont le dernier étage. Les travaux doivent commencer à l’automne pour une ouverture programmée fin 2018.

Vue depuis les Halles, quai Kellermann (esquisse)
Vue depuis les Halles, quai Kellermann (esquisse Denu et Paradon architectes)
Vue depuis la rue du Noyer (esquisse)
Vue depuis la rue du Noyer (esquisse Denu et Paradon architectes)

Les esquisses proviennent du cabinet d’architectes Denu et Paradon de Strasbourg, qui a déjà signé dans la capitale alsacienne la pharmacopée européenne, l’agora du Conseil de l’Europe, la place Kléber, la place de la Gare…

Les enseignes Primark les plus proches jusqu’à présent étaient à Karlsruhe et à Sarrebrück. En France, la marque est installée depuis décembre 2013 à Marseille et depuis février 2014 à Dijon, ainsi qu’à Lyon et à Paris dans des galeries commerciales. Le groupe prévoit d’installer des magasins dans la plupart des grandes villes françaises. Un magasin doit ouvrir à Metz en 2017.

Terrorisme : le Conseil d’État recadre la police à Mulhouse pour la 3e fois

Terrorisme : le Conseil d’État recadre la police à Mulhouse pour la 3e fois

Le Conseil d’État vient de mettre un terme à une procédure visant à exploiter les données du téléphone d’une jeune convertie à l’Islam de Mulhouse. Dans une ordonnance datée du 5 septembre, la plus haute juridiction administrative rappelle que les policiers doivent disposer d’éléments faisant état d’une menace contre la sécurité ou l’ordre publics pour enfreindre les libertés individuelles.

C’est le dernier épisode d’une longue histoire. Après une adolescence compliquée, Émelyne (son second prénom) s’est convertie à l’Islam à la suite de rencontres à Lyon. De retour à Mulhouse, elle s’implique comme bénévole au sein d’une association cultuelle de soutien scolaire, la très rigoriste Langue et Horizon, dirigée par Mounir Rabia. L’association enseigne l’Islam et assure le suivi scolaire d’enfants avec des cours par correspondance.

À 22 ans, Émelyne se couvre du jilbeb, ce long voile intégral prôné par les Salafistes ne laissant dépasser que les mains. Sa mère signale à la préfecture la radicalisation de sa fille. L’association est déjà dans le collimateur des renseignements territoriaux (ex-RG). En janvier 2015, peu après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, la préfecture du Haut-Rhin tente de fermer les locaux de Langue et Horizon. L’association se défend, et obtient gain de cause devant le tribunal administratif de Mulhouse en février dans une procédure de référé-liberté.

Elle voulait étudier l’Islam à Riyad…

Mais les policiers ne lâchent pas. En mars 2015, Émelyne s’est vue notifier une interdiction de quitter le territoire français. La police la soupçonnait de vouloir rejoindre le djihad en Syrie. Sa demande de passeport est bloquée. Devant le tribunal administratif de Paris, seul compétent pour les affaires traitant de l’interdiction de sortie du territoire, elle indique qu’elle voulait s’inscrire à l’université pour femmes Emira Noura à Riyad. Si elle confirme vouloir progresser dans sa connaissance de l’Islam, elle assure devant le tribunal en juillet qu’elle réfute le terrorisme.

Elle avait d’ailleurs dit la même chose aux policiers mulhousiens, mais ces derniers ne l’ont pas cru et ont rédigé des rapports faisant état de velléités pour Émelyne de « quitter le territoire national en vue de participer à des activités de nature terroriste ou de se rendre sur un théâtre étranger d’opération de groupement terroriste avec des risques d’atteinte à la sécurité publique, en cas de retour sur le territoire national. »

Le port d'un voile intégral islamique, un jilbeb, a été déclencheur dans la dénonciation pour radicalisation d'Emelyne (Photo Recoverling / FlickR / cc)
Le port d’un voile intégral islamique, un jilbeb, a été déclencheur dans la dénonciation pour radicalisation d’Emelyne (Photo Recoverling / FlickR / cc)

… et plus de piscine à Bâle

Résultat : Émelyne ne pouvait même plus aller à la piscine à Bâle. Le 7 juillet 2015, le tribunal administratif de Paris annule l’interdiction de quitter le territoire. Les juges trouvent les éléments apportés par la police mulhousienne insuffisants :

« La pratique religieuse rigoureuse de [Émelyne] et la circonstance, au demeurant non établie, qu’elle ferait preuve de prosélytisme, ne suffisent pas par elles-mêmes à justifier de sa proximité avec le terrorisme islamiste. »

Mais qu’importe pour les policiers, qui ont débarqué le 25 août 2016 au domicile d’Émelyne ainsi que de celui de son compagnon pour des perquisitions administratives. Ils saisissent les téléphones et demandent l’autorisation au tribunal administratif d’en exploiter les données, comme la toute nouvelle loi sur l’extension de l’état d’urgence, votée le 21 juillet, les y autorise. Refus du tribunal administratif de Strasbourg, qui trouve là encore le dossier des policiers trop légers. La préfecture du Haut-Rhin fait alors appel devant le Conseil d’État, lequel jugera finalement de laisser ces téléphones tranquilles.

« Aucun élément constituant une menace »

Tout au long de la procédure, son avocat, Me François Zind, a demandé à la police de fournir des preuves des intentions belliqueuses d’Émelyne :

« Les policiers ont fouillé dans ses fichiers, dans ses emails, dans ses propos, soit rapportés, soit publiés sur les réseaux sociaux… Et au final, tout ce qu’ils avaient c’était un refus de serrer la main à des hommes et des textes en langue arabe. Si ça suffit pour être suspect, alors on pourrait se poser des questions sur l’État de droit et sur nos libertés publiques. Et c’est ce qu’ont rappelé les tribunaux jusqu’au Conseil d’État. L’association Langue et Horizon, aussi rigoriste qu’elle soit, n’est ni une école clandestine, ni une fabrique à terroristes. »

Extrait de l'ordonnance du conseil d'Etat du 5 septembre (doc remis)
Extrait de l’ordonnance du conseil d’Etat du 5 septembre (doc remis)

Dans son ordonnance, le Conseil d’État rappelle que malgré quatre heures de perquisition, « aucun élément susceptible de constituer une menace pour la sécurité et l’ordre publics » n’a été trouvé. Le Conseil d’État a condamné l’État à verser 1 500€ aux plaignants, au titre des frais de procédure.

Au final, la décision du Conseil d’État vient rappeler qu’il y a une différence entre islamistes, même salafistes, et terroristes. Et que pour débusquer ces derniers, il faut un peu plus que des textes en arabe et une vague fascination pour la religion musulmane. Début août, le Conseil d’État avait autorisé l’exploitation d’un téléphone saisi dans le cadre de l’état d’urgence, à Nice, parce que le suspect avait affiché son intention de perpétrer des actes terroristes.

De la cire, de la mousse et de la fumée pour la nouvelle saison du TJP

De la cire, de la mousse et de la fumée pour la nouvelle saison du TJP

Renaud Herbin présente une saison 2016 / 2017 du TJP à Strasbourg en cohérence avec son chantier de rénovation entamé en 2012. Elle est à destination de tous les publics, des tout-petits aux adultes. Elle explore le rapport de l’humain à la matière – naturelle ou artificielle, liquide ou solide, marionnette élaborée ou élément brut.

D’emblée, le directeur du TJP Renaud Herbin mentionne qu’il est le seul à diriger un centre dramatique national en tant que marionnettiste. De ce constat découle le ciment de la saison 2016/2017 du TJP : le façonnement, par l’humain, de la matière / marionnette – et vice-versa. La cire, l’eau, les fluides liquides ou gazeux, l’image, les objets, les formes : tout est prétexte à création, pour sortir, selon l’artiste, du « dualisme, de l’opposition entre l’inerte et le vivant. »

Rappelant les conclusions du Congrès géologique international qui vient de se tenir au Cap, Renaud Herbin souligne l’entrée de la planète dans « l’anthropocène ». C’est le moment où l’humanité est devenue « une force géologique à part entière », qui façonne le monde, autant que celui-ci la façonne. Selon Renaud Herbin, le théâtre se doit de raisonner avec l’actualité :

« On ne peut plus considérer l’interprète humain comme seul en scène, il est en partage, en négociation avec l’inerte sur le plateau. […] Il y a là quelque chose à creuser dans la représentation du monde, qui repose aussi la question de l’animisme. »

"Les hautes herbes" (Photo Gwendoline Descamps)
« Les hautes herbes » (Photo Gwendoline Descamps)

Pour commencer, Renaud Herbin

Renaud Herbin se veut rassurant, et plaisante : « je vous rassure, je n’ai pas l’intention d’occuper toute la saison avec mes pièces ! » Il faut dire que celle-ci commence par un gros focus sur les créations du directeur du TJP. « L’occasion », dit-il, « de montrer l’actualité de [son] travail », après un passage au Festival d’Avignon cet été et une tournée qui va l’amener de Thionville à Ljubljana.

C’est donc lors d’un « week-end » partagé avec les artistes Bérangère Vantusso et Célia Houdart que Renaud Herbin va présenter Milieu. Un spectacle de marionnette à fil manipulée à distance, fragile à l’extrême dans un environnement mouvant.

"Wax (Photo Benoit Schupp)
« Wax » (Photo Benoit Schupp)

La présence de Renaud Herbin se poursuit par Wax, proposition en création actuellement et destinée à une longue tournée. A partir de 3 ans, le spectacle est un « éloge de la tâche, de ce qui déborde, qui est imprévisible », et produit quantités de « Mannele » en cire.

Rencontrer l’au-delà

La forme de la marionnette permet de recréer un monde en changeant d’échelle, de jouer avec les ordres de grandeurs, les perspectives et le temps. Tout peut se distendre à merci. Plusieurs des spectacles de la saison s’inspirent de l’écriture cinématographique pour faire passer la scène ailleurs, dans une autre dimension plus propice encore à raconter des histoires.

Ainsi Je n’ai pas peur active une scénographie simple mais ingénieuse pour parler d’une cavale initiatique :une rencontre entre deux enfants dans une maison abandonnée. Ce sont aussi des histoires de fantômes et de morts que l’on retrouve dans Tria Fata, Les ombres blanches et Poudre noire, parfois foutraques, parfois plus inquiétants, mais défiant le rapport à la matière et à la densité.

White, de l’écossais Andy Manley, est un événement à Strasbourg tant Renaud Herbin a « du lutter pour réussir à le faire venir ». Deux clowns blancs sont prêts à tout pour protéger leur monde immaculé et uniforme… Qui ne manquera pas de se faire attaquer par des couleurs intrusives.

L’au-delà fantomatique va jusqu’à l’évanescence totale avec Evaporated Landscape une expérience sans interprète  – si ce ne sont les bulles, la fumée, la mousse et la lumière, à partir de 6 ans.

Expérimenter : fluides et numérique

Danser le flamenco avec l’eau et la vapeur pour partenaires, ou manipuler l’impression sur tissu par voie corporelle : Aurélien Bory poursuit l’exploration de différents territoires avec Stéphanie Fuster, du TJP au Musée d’Art Moderne et Contemporain (attention performance à date unique au musée). Renaud Herbin évoque « comme une espèce de tableau magique »…

Les hautes herbes d’Arnaud Louski-Pane s’attaque aussi à la manipulation des fluides, plutôt sous format gazeux, pour créer des situations et des images surprenantes de poésie. Dans Fruits of labor ce sont les vibrations de la musique en live qui définiront les contours de la performance de la belge Miet Warlop. « Une artiste importante, qui dégage une telle liberté, presque de la folie » selon Renaud Herbin.

Le mouvement de l’air, accueilli avec le Maillon et les Migrateurs, élabore, dans la foulée d’Hakanaï présenté la saison dernière, des interactions entre les danseurs et les images par le biais des technologies numériques, à partir d’un logiciel un tantinet magique créé par Aurélien Mondot. Une « technologie pointue au service d’un univers sensible », dira Renaud Herbin. C’est un univers plus low tech mais aussi plus loufoque qu’Alessandro Sciarroni présente avec Joseph Kids – en lien avec le festival Extrapôle, Pôle Sud et le Maillon.

"Le mouvement de l'air" (Photo Romain Etienne)
« Le mouvement de l’air » (Photo Romain Etienne)

Comment l’on devient ce que l’on devient

Et si on se mettait à la place d’un enfant de 10 mois? La proposition de Sous un ciel bleu sans nuage est une expérience immersive, à envisager seul ou en famille, dès l’âge de… 10 mois donc. On pourrait aussi se mettre à tout faire du point de vue d’un architecte doublé d’un cambrioleur? C’est l’invitation de David Séchaux, artiste strasbourgeois, avec Archivolte.

"Leeghoofd" (Photo Clara Hermans)
« Leeghoofd » (Photo Clara Hermans)

Et si on se construisait à partir de tout ce qui nous tombe sous la main? Objets, associations d’idées, mots réels ou inventés, fantaisies dégénératives… Burlesques, drôles, inattendus :  ce sont les itinéraires proposés par Leeghofd (la « tête vide » ou « l’idiot » en néerlandais) et Quelles têtes? d’Yvan Corbineau et Elsa Hourcade.

Des chantiers ouverts

Pas de Giboulées cette saison, puisqu’il s’agit d’une biennale, mais des rencontres destinées aux professionnels et aux écoles d’art en juin, qui se termineront par un week-end d’ouverture au public. La saison 2016/2017 du TJP est parsemée d’occasions, pour les publics, de rentrer en lien et en partage d’expérience avec les artistes.

Les « week-ends », qui reviennent régulièrement pendant l’année, concentrent plusieurs spectacles et des moments de rencontre. Renaud Herbin les définit :

Ce sont des îlots, pour avoir le temps d’arpenter les propositions avec un invité. Des espaces poreux à l’actualité, pour décrypter et nommer le monde, à l’attention des adultes et des enfants.

L’occasion de retrouver Eve Ledig, une grande dame du TJP qui s’attaque à la question des sœurs avec Fratries, Carine Gualdaroni, très présente sur la saison, mais aussi Simon Delattre, en travail actuellement sur la grande scène du TJP pour la création à venir, Poudre noire, et le britannique Tim Spooner avec The voice of nature.

"MIO", création surprise et participative sous forme de parcours dans la ville... (Photo Maudreano)
« MIO« , création surprise et participative sous forme de parcours dans la ville… (Photo Maudreano)

Une séance d’essai pour les 15-20 ans la semaine prochaine

La présence d’artistes au long cours permets d’envisager des expérimentations communes avec les amateurs, petits et grands, mais aussi avec les professionnels. S’adressant aux familles, aux adolescents ou aux adultes, les chantiers COI (Corps-Objet-Image) permettent de pratiquer et de découvrir le théâtre, ponctuellement ou toutes le semaines selon les formules.

Il est à noter qu’une première séance d’essai ouverte aux adolescents de 15 à 20 ans a lieu jeudi 15 septembre, de 18h à 20h (pour toutes les informations sur les chantiers COI, cliquez ici).

Quizz : que savez-vous du GCO de Strasbourg ?

Quizz : que savez-vous du GCO de Strasbourg ?

Avant notre grande soirée d’information du 14 septembre à l’Odyssée, Rue89 Strasbourg vous propose de faire le point sur vos connaissances sur le Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO). Répondez aux questions de ce petit quizz sur le projet d’autoroute autour de Strasbourg.

Le GCO va passer dans le Kochersberg, comme ici près d'Offenheim (Photo PF / Rue89 Strasbourg)
Le GCO va passer dans le Kochersberg, comme ici près d’Offenheim (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Contre l’obsolescence de son réseau de bus, Strasbourg se dote de lignes structurantes

Contre l’obsolescence de son réseau de bus, Strasbourg se dote de lignes structurantes

Strasbourg aime bien claironner qu’elle est une agglomération leader dans le domaine des transports en commun. Ville et Eurométropole ont fait beaucoup pour le tramway (60 km) et les vélos (600 km de pistes cyclables). En revanche, les bus n’ont pas bénéficié des mêmes attentions : ils sont toujours lents, soumis aux aléas de la circulation, difficiles à aborder et peu pratiques finalement.

Du coup, la Ville et l’Eurométropole ont enfin décidé de rénover un peu ce mode de transport, constatant que les zones de pertinence du tramway atteignent leurs limites. Et pour cela, les collectivités ont décidé d’inclure un nouveau type de ligne de bus, entre le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) en service entre la gare centrale et Schiltigheim et le bus de ville, la « ligne structurante ». Ces lignes améliorées sont en service à Lyon depuis 2011.

8 millions d’euros pour le réseau de bus

Dans un communiqué, la collectivité indique :

« Pour que la vitesse d’exploitation et la régularité soient attractives, ces lignes structurantes circuleront en site propre, là où cela est nécessaire, et le confort sera amélioré. De 2016 à 2020, 8 millions d’euros seront consacrés à cette restructuration. A terme, plusieurs lignes, desservant l’ensemble de l’agglomération, devraient bénéficier de ces transformations pour créer le réseau de lignes structurantes de bus. »

La ligne 15 sera la première à être transformée en "ligne structurante" (doc Eurométropole / CTS)
La ligne 15 sera la première à être transformée en « ligne structurante » (doc Eurométropole / CTS)

La ligne 15, ligne qui a connu la plus forte croissance de fréquentation, indiquent les collectivités, sera la première à bénéficier de cette transformation. Elle changera de nom pour s’appeler L1. Le trajet de la ligne restera inchangé mais 25 carrefours seront équipés d’un dispositif permettant au bus de passer en priorité, 5 km de couloirs dédiés seront créés (soit 20% du trajet en site propre) et certaines stations seront équipés de distributeurs de billets et d’afficheurs du temps d’attente.

Selon les prévisions de l’Eurométropole et de la CTS, le le temps de parcours sera réduit de 4 à 5 minutes mais surtout, la régularité des bus devrait atteindre les 80%.

Détail des aménagements prévus

    Création de couloirs bus sur les quais au Sud de l’Hôpital Civil et rue de Lausanne, Création d’un couloir bus tout au long des quais Pasteur, Menachem Taffel et Fustel de Coulanges, Aménagement sur les quais au Sud de l’Hôpital Civil, Aménagement dans la rue de Lausanne, Création de couloirs bus sur la route de Schirmeck, Création de couloirs bus dans les deux sens sur le boulevard de la Marne et dans le sens Nord-Sud sur le boulevard Leblois.

Les places de parking vont faire les frais de ces aménagements. Plus de 50 places de stationnement (rue de Lausanne, boulevards de la Marne et Leblois, accotements des quais Pasteur et Taffel) seront supprimées. Les travaux ont déjà commencé route de Schirmeck, rue de Lausanne et quai Fustel de Coulanges. Ils se poursuivront en octobre par des aménagements sur les quais Pasteur, Ménachem Taffel et Fustel de Coulanges, puis par la création d’un couloir de bus, route de Schirmeck en janvier. La mise en service complète est prévue pour mars.

« Le périscolaire, on n’en vit pas »

« Le périscolaire, on n’en vit pas »

Ils sont artistes et animent des ateliers éducatifs, étudiants en quête d’un complément de revenu,  ou essayent de faire de l’animation périscolaire leur métier. Qui sont ces personnes qui remplacent les professeurs après l’école et qui sont en grève ce lundi ? Rencontre avec des passionnés très mal payés.

Nicolas travaille depuis 6 ans dans l’animation périscolaire de deux écoles élémentaires à Illkirch-Graffenstaden, au sud de Strasbourg, mais aussi pour des associations et des centres de loisirs. Il jongle entre l’accueil périscolaire, les colonies de vacances, les centres de loisirs et les formations BAFA… Il alterne CDD, contrats de vacataire et périodes de chômage :

« Nous vivons un vrai paradoxe. Nous sommes payés pour permettre aux enfants de développer leurs projets de vie, mais avec nos salaires, nous ne pouvons pas réaliser les nôtres. »

Il postule pour des missions d’animation à chaque rentrée, à chaque période de congés scolaires. Malgré tout, il peine à gagner 15 000 euros par an :

« Je me suis déjà retrouvé à faire des semaines de 50 heures, à cause des va-et-vient permanents, pour au final ne travailler que quelques heures effectives, et finir avec 317€ à la fin du mois. »

« Je rentre chez moi et je ne fais rien »

La principale difficulté d’un emploi dans l’animation périscolaire, c’est les horaires. Il faut aller travailler une heure le matin de 7h30 à 8h30, puis revenir à 11h30 pour la pause méridienne jusqu’à 14h, et enfin être là à 15h30 pour accueillir les enfants à la sortie des classes jusqu’à 18h.

« Le matin, je rentre chez moi après le premier accueil et je ne fais rien. Parfois je dors ou je bouquine, mais je n’ai pas le temps de faire autre chose. L’après-midi, je vais boire un café chez ma mère, j’ai de la chance, elle n’habite pas loin de là où je travaille. »

Nicolas, 30 ans, vit en colocation et est en train de passer le BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), un diplôme nécessaire dans l’animation pour pouvoir enfin accéder à des postes stables. Il a eu la plus grande difficulté pour trouver des financements. Ses employeurs n’avaient pas assez de moyens pour lui payer cette formation et lui, un salaire trop faible pour économiser plus de 4 000 euros :

« Pour ceux qui veulent faire carrière dans l’animation, c’est la course au BPJEPS. Je vais enfin pouvoir le passer en VAE (validation des acquis de l’expérience). J’ai persévéré car j’aime mon boulot. Je n’aurais jamais empilé des cartons pour le double de mon salaire. »

Vianney lors de la tournée Arachnima (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Vianney lors de la tournée Arachnima (photo LL / Rue89 Strasbourg)

En 6 ans, Nicolas n’a eu aucune proposition de CDI ou de formation. Aujourd’hui, il espère obtenir un poste de coordinateur d’activités périscolaires.

« L’animation apporte beaucoup de satisfaction personnelle »

C’est la deuxième rentrée pour Vianney. Cette année il s’est vu proposer un CDI à temps partiel à la Maison des jeux. En plus de cet emploi, il est animateur périscolaire à l’école Finkwiller tous les lundis, mardis, jeudis, et vendredis sur la pause méridienne. Les mercredis, c’est à l’école Louis Pasteur qu’on le retrouve, de 11h à 18h30. Au final, il parvient à cumuler une trentaine d’heures par semaine, une performance dans ce secteur :

« J’ai la chance d’avoir trouvé un appartement pas cher, à côté de la maison d’arrêt de l’Elsau. Je paie seulement 350€ par mois, eau et chauffage compris, et comme j’ai un faible revenu je perçois des allocations. J’arrive à gagner à peu près un SMIC par mois en cumulant mes deux emplois et une prime d’activité. »

Pour lui, l’animation c’était d’abord un job d’été. Il a animé des colonies de vacances de 18 à 23 ans. Après un Master Patrimoine touristique et culturel, il ne trouvait pas de travail, alors il a décidé de s’installer à Strasbourg et de travailler dans l’animation avant de partir pour un grand voyage. Ce n’est pas dans sa branche mais il considère cet emploi comme provisoire et enrichissant :

« L’animation est un métier très intéressant, je ne suis pas enfermé, et je suis en contact avec du public. On développe une sensibilité, un autre regard sur l’actualité car on se rend parfois au cœur des quartiers comme lors de la tournée Arachnima. On entend l’extrémisation de certains discours et en même temps ça permet de dédiaboliser ce qu’on lit dans les médias. »

Vianney doit être polyvalent. Avec les enfants, il fabrique des jeux en bois, des pions en pâte à modeler, il organise des grands jeux extérieurs. Il encadre les gestes quotidiens des enfants comme le déjeuner à la cantine. Il mène un travail d’équipe de réflexion et d’organisation de projets pédagogiques : organiser une visite à l’observatoire pour explorer le thème de l’espace par exemple.

Artiste dans le périscolaire

Marie, illustratrice, diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg (devenue la Haute école des arts du Rhin), fait partie des 147 intervenants qui proposent des activités culturelles et artistiques aux petits strasbourgeois inscrits à l’école élémentaire. Elle anime deux ateliers d’1h30 par semaine, cela lui permet comme à d’autres artistes d’assurer un petit complément de revenu récurrent :

« C’est une activité que j’aime pratiquer, mais qui demeure chronophage. L’atelier tombe au beau milieu de l’après-midi, donc c’est compliqué de faire autre chose. Je le fais car j’aime le contact avec les enfants et cela me permet de garder un pied dans la société. Ça me sort de mon isolement à l’atelier le reste de la semaine. »

Le périscolaire est une activité secondaire pour Marie comme pour tous les autres artistes et intervenants extérieurs. En effet, il n’est possible d’animer que quatre ateliers pour un maximum de 6h de travail hebdomadaire (à 32€ de l’heure pour les diplômés en Art, moins pour les autres).

Grille de rémunération indiqué dans l'appel à projet pour les intervenants-tes indivisuels et les animateurs-trices de la Ville de Strasbourg
Grille de rémunération indiqué dans l’appel à projet pour les intervenants-tes indivisuels et les animateurs-trices de la Ville de Strasbourg

Marie travaille pour la Ville de Strasbourg depuis 6 ans. Avant la réforme des rythmes scolaires, elle proposait déjà des ateliers artistiques et constate qu’à l’époque des CEL (contrat éducatif local) les conditions de travail étaient meilleures. La Ville de Strasbourg avait beaucoup moins d’enfants à gérer :

« À l’époque, il était rare qu’un intervenant s’occupe de plus de 10 enfants. La ville pouvait suivre de près les ateliers, et au besoin, financer des beaux projets comme l’impression d’un livre réalisé par des enfants en collaboration avec le musée Tomi Ungerer. »

Aujourd’hui, les moyens sont tout autres, certains animateurs manquent de place. Les ateliers se déroulent le plus souvent dans les centres sociaux culturels mais aussi dans les écoles. Les salles de classe ne sont pas toujours adaptées à une activité de peinture, par exemple, surtout lorsque le point d’eau se situe à l’autre bout du couloir.

Le job étudiant idéal

Jeanne, 20 ans, étudiante en Art du spectacle, passionnée de théâtre, s’occupe des enfants de l’école Branly quatre soirs par semaine durant 2h30. C’est sa deuxième rentrée là-bas, elle trouve son responsable plutôt arrangeant pour les horaires et adore les enfants :

« C’est un travail très léger. J’ai fait beaucoup de baby-sitting mais je n’ai pas le Brevet d’animateur. Je vois assez peu d’inconvénients à ce travail qui est plutôt facile à obtenir. D’après moi tout le monde peut le faire s’il aime les enfants, ce n’est pas monotone et ça permet de se faire un peu d’argent. »

Jeanne voit ce travail comme idéal pour une étudiante mais elle n’imagine pas faire carrière dans l’animation. Elle gagne 100 à 280€ par mois en fonction des vacances. C’est un complément puisque ses parents lui versent de l’argent pour qu’elle poursuive ses études. Cette année elle va passer le concours du Conservatoire, et si elle devait le rater, elle choisira probablement de conserver ce travail et d’en trouver un complémentaire les mercredis et les week-ends.

Au coeur de la nouvelle vie d’Antoine Deltour, dans la tourmente LuxLeaks

Au coeur de la nouvelle vie d’Antoine Deltour, dans la tourmente LuxLeaks

Aux côtés du lanceur d’alerte Antoine Deltour, la réalisatrice strasbourgeoise Julie Bruchert retranscrit de l’intérieur l’affaire LuxLeaks dans un documentaire à voir samedi sur Arte. Dans cette saga judiciaire où le droit et la morale s’affrontent sur fond d’optimisation fiscale via le Luxembourg, deux trentenaires se retrouvent.

Un lundi matin de décembre 2014, Julie Bruchert, réalisatrice strasbourgeoise et ancienne camarade en école de commerce d’Antoine Deltour, entend à la radio que son ami est inculpé au Luxembourg. Cette poursuite devant une cour pénale tombe comme un coup de massue. Les conséquences de ses révélations sur l’ampleur de la politique fiscale luxembourgeoise au détriment des États européens sont lourdes pour ce jeune papa trentenaire. Il risque 10 ans de prison.

Julie décide de reprendre contact avec Antoine pour prendre de ses nouvelles, puis, va germer l’idée de réaliser un documentaire sur lui :

« C’est l’histoire d’un mec qui a 30 ans et qui porte un truc trop lourd pour ses épaules. J’avais envie de rendre justice à la vie humaine qui est derrière la médiatisation. Pour Antoine, cela lui permettait de s’exprimer. C’était une sorte de soupape, voire même de psychanalyse. »

Antoine Deltour à la sortie des audiences (photo Garbriel Laurent / document remis)
Antoine Deltour à la sortie des audiences (photo Garbriel Laurent / document remis)

L’homme derrière le lanceur d’alerte

Durant plus d’une année Julie suit Antoine sur toutes les étapes importantes de l’affaire mais aussi dans sa famille, chez lui, avec ses avocats. Elle montre avec justesse le poids et les conséquences d’un tel procès sur la vie d’un homme. Antoine se confie sans retenue :

« On peut voir une évolution de mon état d’esprit à l’image. Au début, j’étais un peu paumé, parfois j’étais tremblant, puis au fur et à mesure, je gagne en assurance. J’appréhendais un petit peu de faire ce documentaire car je livre une part intime de moi-même. Je ne suis plus le personnage public, je ne peux pas être dans le contrôle. Il y a même une séquence tournée alors que nous avions bu quelques bières, des instants de vérité. En même temps, je pense être cohérent et sincère dans ce que je dis, donc ce n’est pas compromettant. Et nous avons convenu par précaution d’un droit de regard des avocats. »

Un pari risqué

Antoine et Julie ne se lancent pas dans ce projet sans risques. Cela fait 5 ans qu’ils s’étaient perdus de vue. Antoine joue gros en accordant sa confiance à Julie et en se lâchant  devant la caméra :

« Avec les journalistes, il devait toujours rester dans le contrôle de peur que ces propos ne soient retenus contre lui par la partie adverse. »

Julie, elle, a commencé à tourner son premier documentaire sans financement, ni garantie qu’Antoine ne revienne sur sa décision :

« Des amis intermittents du spectacle ont accepté de venir tourner avec moi sans savoir s’ils seraient payés. Mais il fallait lancer le projet vite. C’est seulement après que les discussions avec des producteurs ont été entamées, puis qu’Arte et des chaînes locales se sont montrées intéressées. »

Les réalisateurs Julie Bruchert et Gabriel Laurent (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Les réalisateurs Julie Bruchert et Gabriel Laurent (photo LL / Rue89 Strasbourg)

De réalisatrice à confidente

Au bout d’un certain temps, Julie ressent le besoin de continuer l’aventure avec quelqu’un. Elle fait appel à son ami et réalisateur Gabriel Laurent. Il accepte de coréaliser le film et apporte un second regard. Il suggère à Julie de se mettre en scène pour lever le mystère sur son identité et incarner à l’écran cette amie venue soutenir Antoine :

« C’est cohérent que j’apparaisse dans des moments d’échange avec Antoine. Nous étions parmi les personnes les plus présentes tout au long de l’affaire, parfois plus que le comité de soutien. À force, je connais les discours d’Antoine par cœur. Je pourrais presque les faire à sa place. »

Parlons simple, parlons bretzels

L’évasion fiscale, ce n’est pas le sujet le plus évident à illustrer. Les montages financiers sont complexes, les frontières avec la légalité floues, les chiffres faramineux échappent à l’entendement commun. Julie tenait pourtant à expliquer les mécanismes de l’optimisation fiscale. C’est à l’heure de l’apéro qu’est arrivée la bonne idée :

« C’est une de mes séquences préférée. On a essayé à plusieurs reprises de parler simplement de l’optimisation fiscale, avec des assiettes, des verres… Un jour, Antoine a eu l’idée des bretzels. C’est magique. Quelques bretzels, quelques sticks, quelques miettes, et on comprend tout ! »

Les réalisateurs devant leur banc de montage regardent Antoine sur le banc des accusés (photo LL / Rue89 Strasbourg)
Les réalisateurs devant leur banc de montage regardent Antoine sur le banc des accusés (photo LL / Rue89 Strasbourg)

Une vieille amitié renouée

Après des semaines de montage, montrer le film à Antoine a été un vrai soulagement. Julie était anxieuse de connaître sa réaction, mais elle a été rapidement rassurée, preuve qu’ils ont eu raison de se faire confiance :

« Il a trouvé que le film était très juste. Il a le sentiment qu’on montre la réalité même s’il y a des moments dont il n’avait pas gardé le même souvenir en les revoyant à l’écran. »

Il existe deux versions du documentaire avec des montages complètement différents. Un 52 minutes et un 36 minutes pour la diffusion sur Arte Reportage. La version courte est plus chronologique, la version d’une heure laisse davantage de place à la parole, à l’intimité et à la rigolade.

Vous avez les crayons, apprenez leur à s’en servir maintenant

Vous avez les crayons, apprenez leur à s’en servir maintenant

Ça y est, c’est fait ! Vous avez survécu aux rayons de rentrée, le matériel scolaire de vos enfants est acheté ! Vous pensiez votre tâche de parent consciencieux et bienveillant terminée. Fol que vous êtes, c’est maintenant que commence la tâche parentale la plus importante.

Comment aider votre enfant à reconnaître ses affaires, à les distinguer de celles de son voisin ? Cela peut paraître évident, mais j’en ai croisé des mamans affolées dès les lendemains de rentrée au CP, qui m’ont raconté que la trousse de leur enfant était vide le premier soir ! Au cours de la journée, il avait donné, partagé, distribué autour de lui… Car il était habitué au matériel collectif de la classe de maternelle, géré par la maîtresse. Devenir propriétaire de son matériel et en prendre soin est un vrai travail pour les enfants, et donc pour vous.

C’est à qui ? Rien ne ressemble plus à une règle d’écolier qu’une autre règle d’écolier. Aider votre jeune enfant en trouvant un moyen de rendre reconnaissable tout ce qui lui appartient est une bonnée idée. Quelques instants passés à coller une petite gommette rouge sur chaque objet, une étoile dorée ou une mini-gommette sur laquelle figurent les trois premières lettres de son prénom suffiront. VAL pour Valérie permettra à votre petite d’être sûre d’elle et d’aborder les premières tâches scolaires en étant rassurée.

Chez les tous petits, l'achat des fournitures scolaires n'est pas le plus difficile (Photo Maîtresse Charlotte / Rue89 Strasbourg / cc)
Chez les tout petits, l’achat des fournitures scolaires n’est pas le plus difficile (Photo Maîtresse Charlotte / Rue89 Strasbourg / cc)

Pas si évident d’ouvrir un cartable

Au fait, comment ça se manipule un cartable ? Lors de ma première rentrée au CP, j’ai vu pleurer un petit bonhomme nommé Julien parce qu’il ne parvenait pas à… ouvrir son beau cartable tout neuf. Que cela se déclipse ou que cela se « dézipe », c’est bien pour les petites mains à condition de l’avoir d’abord essayé tranquillement chez soi.

À quoi ça sert ? Comment ça fonctionne ? Prenez le temps de montrer le fonctionnement d’un taille-crayon à votre fils, ce sera pour lui un moyen de passer pour un expert aux yeux de ses nouveaux camarades. Bien des amitiés d’écoliers ont débuté par un coup de main. Lui permettre d’essayer sa nouvelle paire de ciseaux sur quelque vieille page de magazine permet de réactualiser les gestes appris à l’école maternelle. L’erreur la plus fréquente consiste à tourner les ciseaux au lieu de la feuille ce qui amène à déchiqueter le papier. Les maîtresses de cours préparatoire évoquent fréquemment en réunion les difficultés croissantes des enfants à manier les ciseaux.

Le bâton de colle, c’est très amusant, se visse et se dévisse. Prudence ! Bien des écoliers curieux ont été surpris de constater que entièrement sorti, les problèmes commencent… et en plus on en a plein les mains !

Soyez prêt à abandonner le matériel

Dans ma classe de CM1, il y eu Julie qui était bien ennuyée le premier matin d’avoir la majorité de son matériel, du paquet d’intercalaires au stylo à encre, encore sous blister « parce que c’est neuf. »

Un stylo à encre, cela s’essaie, pour ne pas dire cela s’apprivoise. De petits grattages en grandes arabesques, qui mèneront à l’écriture des majuscules, l’enfant en teste la résistance. Ce sont quelques instants qui se révéleront bien profitables par la suite. Quant aux premiers changements de cartouche, ils génèrent souvent un appel à l’aide…

Au gymnase, les classes se succèdent, le temps des vestiaires est court et les enfants ont souvent à âge égal, la même pointure. Pensez à inscrire au stylo à bille le prénom de votre enfant dans ses chaussures. Toutes ces petites choses contribueront à rassurer votre jeune écolier.

Un moment de complicité et d’accompagnement

Un dernier conseil pour finir. Expliquez à votre jeune apprenant qu’il est bon de fermer sa trousse, à chaque fois que l’on est amené à quitter sa classe : avant la récréation, avant la séance de sport, avant la pause méridienne… C’est une bonne habitude pour les années à venir. Certains enfants ne perdent jamais rien… ou presque.

Profitez de ces moments partagés pour lui montrer que vous avez confiance dans ses capacités à apprendre, à progresser, rappelez lui ses victoires passées. L’école n’est pas un lieu comme les autres, il est nécessaire de l’aborder avec un « projet d’apprendre », une forme de curiosité, c’est ce que les spécialistes constatent en observant les enfants dès l’école maternelle.

À l’école, les parents demandent souvent où se trouve « la caisse des objets perdus ». Les enfants, eux, préfèrent nettement ce qu’ils appellent la caisse des « objets retrouvés. »

Présidentielle : en Alsace, qui soutient qui à la primaire de la droite ?

Présidentielle : en Alsace, qui soutient qui à la primaire de la droite ?

La rentrée politique 2016 est celle de tous les dangers, avec en ligne de mire l’élection présidentielle. À droite, le parti « Les Républicains » va organiser sa première élection primaire, pour désigner son candidat. Quelle personnalité politique alsacienne soutient qui et surtout qu’est-ce que cela implique ?

« Comment tu la sens cette primaire ? » C’est la question sur toutes les lèvres lorsque les élus et militants de droite se retrouvent en cette rentrée 2016. Chacun y va de son pronostic, mais une certaine prudence règne, car c’est une grande première pour le parti « Les Républicains » (ex-UMP ; RPR ; etc.).

Depuis cet été, la présidentielle de 2017 écrase tous les sujets de discussion, dont les dossiers locaux. Mais avant cela, les militants et sympathisants de la droite et du centre sont invité à élire leur candidat dans une élection dite « primaire », dimanches 20 et 27 novembre. Sur la ligne de départ, ils seront 7 candidats.

Convictions et stratégie

Pour se présenter, les candidats ont besoin des parrainages de 2 500 adhérents, 250 élus dont 20 parlementaires (sénateurs, députés et députés européens, soit 247 personnes au total), ce qui pousse la majorité des élus alsaciens à se positionner en faveur d’un candidat. En Alsace, 342 bureaux de vote seront ouverts en novembre dont 54 dans les trois circonscriptions de Strasbourg et environs (Illkirch au sud, Schiltigheim Bischeim, Reichstett et Mundolsheim)

Les élus de droite ont donc choisi selon leurs affinités personnelles, mais aussi selon les sondages en se plaçant soit aux côtés d’un favori, soit d’un candidat moins coté mais qui permet d’avancer ses pions dans le cadre d’un futur soutien négocié ou d’une surprise. Ce n’est pas tellement qu’un « grand électeur » influence ou non l’issue finale du vote, mais cela permet de se placer au sein de sa famille politique, avec parfois le rêve de rejoindre ministère, mais aussi de rebattre les cartes au niveau local.

Pas sûr pour autant qu’il y ait de la place pour un élu alsacien dans un futur gouvernement de droite. Tous les candidats se disent favorable à un gouvernement resserré, soit une dizaine de ministres et autant de secrétaires d’État. Dans le Grand Est, Benoist Apparu, François Baroin voire la sarkozyste Valérie Debord semblent taillés pour la fonction, notamment si Nicolas Sarkozy l’emporte.

Peu de Sarkozystes

Bien accueilli par une partie importante des militants bas-rhinois en juillet à la fête champêtre du parti, Nicolas Sarkozy ne compte qu’un soutien de parlementaire alsacien, celui de René Darnesi, sénateur du Haut-Rhin. Un autre soutien a néanmoins détonné, celui de Philippe Richert, président de la nouvelle Région Grand Est. Philippe Richert avait déjà participé à un gouvernement de Nicolas Sarkozy, mais se revendique « centriste » et surtout a expliqué que la politique devait se pratiquer « autrement » après son élection en décembre 2015.

Lors d’un déjeuner de presse lundi 29 août, Philippe Richert s’est justifié :

« J’étais filloniste depuis le début, mais il ne sera pas au second tour. Chaque fois que j’ai rencontré Nicolas Sarkozy, j’ai toujours eu raison dans mes demandes. Mais quel que soit le vainqueur, il faudra le soutenir. Alain Juppé me convient aussi. Je sais que je ne suis pas majoritaire dans l’équipe mais Nicolas Sarkozy saura être à l’écoute. Il a géré des crises internationales comme la Géorgie en 2008, il a une expérience que n’a pas Alain Juppé. »

Parmi les arbitrages qu’il a remporté auprès de Nicolas Sarkozy, celui de ne plus avoir Nadine Morano après ses propos sur la « race blanche » sur sa liste aux régionales, dans un scrutin où il devait convaincre une partie des électeurs de gauche de voter pour lui. Et d’après lui, d’être un peu plus mesuré sur ses promesses de revenir au découpage de l’Alsace de 2015 :

« [Avant d’être candidat aux régionales] J’ai dit à l’époque à Nicolas Sarkozy, qu’il faut arrêter de promettre tout et n’importe quoi. Cela ne veut pas dire que l’on garde les délimitations indéfiniment, mais les intéressés auront leurs mots à dire. Si l’ensemble des parlementaires arrivent à se décider, alors on pourra procéder à des ajustements. »

À l'université d'été, un T-shirt à 15 euros made in Bangladesh (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
À l’université d’été, un T-shirt à 15 euros made in Bangladesh (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Quand on se rappelle des divisions de la droite alsacienne lors du référendum sur la collectivité unique en 2013 et la bataille pour la prise de leadership actuel, pas sûr que le Grand Est soit donc menacé à court terme si tout se passe comme Philippe Richert espère.

Sur son soutien à Nicolas Sarkozy, Philippe Richert a été rejoint par son vice-président à la Région, Jean Rottner (49 ans), fidèle sarkozyste. Le maire de Mulhouse se retrouve néanmoins pris en étau entre la défense de l’Alsace – il avait pris la tête de la contestation anti-fusion en 2014 – et la loyauté envers l’équipe régionale du Grand Est. Dans un entretien à l’Alsace où il prend position pour Nicolas Sarkozy et propose aux deux départements alsaciens de fusionner, il dit néanmoins :

« Depuis 1975, d’autres régions comme la Bretagne et le sud de la France ne cessent de progresser, alors que nous, on chute. Si on ne change rien, on va dans le mur ! »

Son président, actif en politique depuis les années 1980 et président de l’ex-Région Alsace depuis 2010 appréciera. On peut donc soutenir le même candidat et ne pas avoir le même horizon.

    René Darnesi, sénateur du Haut-Rhin Catherine Troendlé, sénatrice du Haut-Rhin Philippe Richert, président de la Région Grand Est Jean Rottner, maire de Mulhouse et vice-président de la Région Grand Est

Un seul député pour Alain Juppé, mais deux sénateurs

L’ancienne maire et actuelle sénatrice de Strasbourg Fabienne Keller a très vite pris parti pour Alain Juppé. Battue deux fois à la mairie de Strasbourg, cela peut être un nouveau tremplin vers des responsabilités nationales. Elle a été suivie par un autre sénateur, André Reichardt. En dehors de cela, une seul député, dans les premiers soutiens alors que la droite alsacienne s’est toujours revendiquée tournée vers le centre, n’hésitant pas à s’affranchir de la consigne de « ni-ni » de Nicolas Sarkozy, lorsqu’un second tour opposait le PS au Front national.

À noter que le maire UDI de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner, nous a indiqué avoir apporté un parrainage à l’ancien Premier ministre (1995-1997), ce qui est autorisé par son parti (voir plus bas), mais dont la position officielle est de ne pas prendre position. « C’est un parrainage à titre strictement personnel. C’est le candidat le plus proche de mes convictions personnelles et qui a le plus de chances de gagner d’après moi », a expliqué Jean-Marie Kutner à Rue89 Strasbourg.

    Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin André Reichardt, sénateur du Bas-Rhin Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin Yves Bur, maire de Lingolsheim et premier vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg Bernard Fischer, maire d’Obernai et premier vice-président du Bas-Rhin Jean-Marie Kutner, maire de Schiltigheim (UDI) Arlette Grosskost, député du Haut-Rhin, seule parlementaire alsacienne qui avait parrainé Hervé Mariton « pour la diversité des candidatures », mais ce dernier a été recalé par la Haute autorité de la primaire, certains des soutiens étant des doublons.

Pour ceux qui ne soutiennent pas un candidat présenté comme un favori, cela permet d’envisager (négocier ?) un éventuel nouveau soutien en cas de deuxième tour, voir d’être en position de force si leur candidat fétiche s’y qualifie ou même réalise un bon score.

Un gros bataillon de députés Filloniste

D’après un décompte du journal Le Monde l’ex-premier ministre de Nicolas Sarkozy a obtenu le plus de parrainages de parlementaires (74). En Alsace, il ne déroge pas à la règle avec 4 soutiens dans le Bas-Rhin (sur 7 possibles) et 1 dans le Haut-Rhin. Député de Paris, François Fillon avait tissé un large réseau auprès des députés, notamment en Alsace, lors de sa candidature à la présidence présidence à de l’UMP en 2012.

Il l’avait emporté en Alsace (60,38 %), mais son concurrent Jean-François Copé – vainqueur après un psychodrame qui a marqué la droite – l’avait malgré cela devancé de 18 voix dans le Bas-Rhin. Globalement, se sont des députés plutôt discrets qui soutiennent ce candidat, dont les propositions ont du mal à trouver un écho.

    Sophie Rohfritsch, député et maire de Lampertheim Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin Claude Sturni, député et maire d’Haguenau Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin Michel Sordi, député du Haut-Rhin Gilbert Meyer, maire de Colmar

Bruno Le Maire, parti pour durer

Plus jeune que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, Bruno Le Maire (47 ans) veut incarner un renouveau politique à droite, bien qu’il ait déjà été ministre de l’Agriculture (2009-2012). Fort d’un score intéressant lors de l’élection à la présidence du parti en 2014 (29,18%), il peut espérer un bon score. Parmi ses soutiens, tous ne l’imaginent pourtant pas au second tour ni l’emporter. Cependant, contrairement au perdant entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, l’avenir du député de l’Eure ne devrait pas s’arrêter en 2016, bien au contraire. S’il ne se qualifie pas au second tour, il pourrait au moins être courtisé lors de futures négociations. Un bon pari, peu risqué.

Au niveau local, il a plaidé pour que Strasbourg devienne la capitale d’une future zone euro et d’encourager des coopérations entre les deux départements s’ils le souhaitaient. Entre ses positions et une campagne davantage sur le terrain qu’en meeting , il a su séduire des élus de différents types.

On remarque que les présidents de deux départements le soutiennent. Dans son discours de rentrée au Vaisseau, le bas-rhinois Frédéric Bierry, a dévoilé sa priorité politique :

« Ma priorité, c’est que nous étudions collectivement dès les prochaines semaines, et avant les présidentielles, toutes les options qui peuvent s’ouvrir à nous, sans tabous, pour que l’Alsace redevienne une réalité institutionnelle et politique. »

Dans son discours, l’élu de la vallée de la Bruche n’a pas cité une seule fois Philippe Richert, qu’il ne semble pas associer à ce projet. Pourtant, une réforme institutionnelle n’est pas la priorité de Bruno Le Maire. Souvent questionné sur le sujet, son homolgue Éric Straumann, se dit pour le principe d’une fusion « par la loi, comme en Corse », mais à condition de récupérer d’abord les pouvoirs d’une Région. C’est là qu’avec un Jean Rottner les avis divergent…

    Anne Sander, députée européenne Antoine Herth, député du Bas-Rhin Guy-Dominique Kennel, sénateur du Bas-Rhin Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin Éric Straumann, président du conseil départemental du Haut-Rhin

Deux soutiens à Jean-François Copé

Pas forcément populaire dans l’opinion, Jean-François Copé jouit pourtant d’un très bon sens relationnel auprès des députés, ce qui lui a permis d’obtenir des parrainages. Il a ainsi récolté deux soutiens parmi les sept députés bas-rhinois. Ironie de la situation, les deux hommes ne s’apprécient pas forcément et là encore c’est à cause de l’Alsace. À l’université d’été de « Les Républicains » le député de Strasbourg Nord, André Schneider, qui ne se représentera pas, s’est dit « choqué » que le président du parti Laurent Furst lance une pétition « Rendez-nous l’Alsace » et qu’il faudrait soutenir Philippe Richert « quel que soit le périmètre de la Région ».

Une partie de la droite alsacienne, dont Laurent Furst fait partie essaie justement de reprendre la main, en capitalisant sur l’image de l’alsacianisme et en attaquant Philippe Richert sur ce front. Au point d’inviter le sujet dans la primaire de la droite. Effet voulu ou non, ce type de déclarations braquent les projecteurs à nouveau sur la pétitions, passée inaperçue au début car lancée l’été et au moment des attentats à Nice. Le site affiche désormais plus de 9 000 signatures, dont celle de 150 maires (sur 900 communes) et de plusieurs élus des deux départements, mais peu d’élus influents.

    Laurent Furst, président de « Les Républicains » du Bas-Rhin et député-maire de Molsheim André Schneider, député de Strasbourg Nord

D’autres personnalités politiques sont officiellement candidats à la primaire. Jean-Frédéric Poisson, qui n’a pas besoin de parrainages car il préside le parti chrétien-démocrate (PCD), n’a pas de soutiens officiels connus en Alsace. Parmi les autres, ils sont selon les dernières informations à la recherche des derniers parrainages

Les thèmes inhabituels de Nathalie Kosciuzko-Morizet

Nathalie Kosciuzko-Morizet a plusieurs fois été vue aux côté de Fabienne Keller à Strasbourg. Proches politiquement (de centre droit, en faveur du mariage pour tous par exemple) les deux femmes sont toutes deux polytechniciennes.

La candidate malheureuse à la mairie de Paris lle fait souvent campagne sur des thèmes de fond assez délaissés par sa famille politique : le numérique, l’économie collaborative, l’Europe, l’Université, l’Écologie…

Une manière de se démarquer mais qui n’assure pas beaucoup de visibilité dans le climat politique actuel. En Alsace, on ne lui compte qu’un soutien de parlementaire.

    Jean-Louis Christ, sénateur du Haut-Rhin

Les élus UDI se positionnent peu

L’UDI a voté en juin de ne pas participer à la primaire et de décider selon le vainqueur si elle le soutiendra ou si elle présentera un autre candidat. Cela explique que le sénateur-maire de Gries, Claude Kern n’ait pas pris position, pas plus que le sénateur mulhousien Jean-Marie Bockel ainsi que le député haut-rhinois Francis Hillmeyer. Une candidature de l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron pourrait aussi bouleverser les plans si des convergences sont possibles. Son discours a en tout cas eu un écho certain au sein du parti de centre-droit.

Néanmoins, certains élus UDI ou Modem en France ont apporté un soutien public à des candidats. En plus de Jean-Marie Kutner, citons aussi en Alsace Laurent Burckel, 1er adjoint au maire à Saverne et conseiller régional.

L’Alsace éternelle, sujet de campagne pour certains

Pas de doute, tous les candidats seront questionnés sur leur position vis-à-vis du découpage des régions lors de leur passage en Alsace. Un problème qui semble plus important que les réformes économiques ou les enjeux sociétaux pour une partie de la classe politique alsacienne. Ou un moyen de surjouer les différences pour occuper l’attention, surtout à l’heure où plusieurs candidats promettent de réduire le nombre d’élus.

Le problème est qu’il sera difficile de contredire Philippe Richert, secoué au niveau local mais qui préside l’association des régions de France (ARF), de dire certaines choses en Alsace et l’inverse en Lorraine et Champage-Ardenne, d’expliquer aux Français que re-découper les régions va régler les problèmes de la France, ou de se mettre à dos les électeurs de droite alsaciens en ne tenant pas une promesse une fois à l’Élysée. Il faut donc s’attendre à des prises de position prudentes ou ambiguës.

Mais d’après les élus locaux alsaciens cela reste une question importante auprès de leur électorat traditionnel. Une situation qui a permis l’émergence du parti régionaliste Unser Land (11% en Alsace), ou détourné des électeurs vers l’abstention ou le Front national qui promet aussi de revenir sur la réforme. « Cette présidentielle est la la seule fenêtre de tir pour encore changer les choses », explique un militant du parti.

Ce papier sera mis à jour en fonction des derniers soutiens et éventuels ralliements. N’hésitez pas à nous les signaler en commentaire.

Avis positif avec 4 réserves pour le Plan local d’urbanisme

Avis positif avec 4 réserves pour le Plan local d’urbanisme

La Commission d’enquête publique a donné un avis favorable au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de l’Eurométropole de Strasbourg. Pour la première fois, ce document qui oriente les choix d’urbanisme, d’habitat et de transport pour une quinzaine d’années a été rédigé à l’échelle des 28 communes de l’ex-CUS.

Cet avis positif, issu de l’enquête réalisée au printemps, est assorti de 4 réserves, non pas sur l’ensemble de la stratégie d’urbanisation (en particulier la construction de 3 000 logements par ans), mais sur des points précis dans trois communes. L’Eurométropole n’est d’ailleurs pas obligée de lever ces réserves avant la rédaction finale et le vote prévu en décembre.

Le PLU, des choix sensés orienter Strasbourg pour 10 à 15 ans (Andrew and Annemarie via Visual hunt / Flickr / CC BY-SA)
Le PLU, des choix sensés orienter Strasbourg pour 10 à 15 ans (Andrew and Annemarie via Visual hunt / Flickr / CC BY-SA)

 

Réserves autour de la friche Fischer et en faveur de l’extension de la brasserie de Niederhausbergen

Parmi les quatre réserves, une concerne un axe routier à Souffelweyersheim entre les rues des Rossignol et des chemins de fer qui serait trop large. Deux concernent aussi les axes routiers est-ouest autour du projet de reconversion de la friche Fischer à Schilitgheim. Un projet dont l’enquête publique vient justement de commencer et s’étend jusqu’au 28 septembre. Dernier point, celui de l’impossibilité de l’extension de la brasserie La Mercière à Niederhausbergen. Le PLU anticipe la création de 27 000 emplois d’ici 2030 et selon les enquêteurs s’opposer à un agrandissement contredit l’objectif du même document.

C’est le seul sujet sur lequel le premier vice-président de l’Eurométropole Yves Bur (« Les Républicains », dans le cadre d’une coalition PS-EELV et maires de droite) en charge du PLU a indiqué clairement que la collectivité comptait changer ses plans. Lors d’un point presse, il a déclaré vouloir « sortir par le haut » de la situation et jouer « les médiateurs » entre le maire et le propriétaire de la brasserie la Mercière Franck Julich. Des déboires et un non-dialogue que Rue89 Strasbourg vous racontait dans une enquête sur la commune cet été.

Une situation qui pourrait avoir des répercussions quand on sait que le maire Jean-Luc Herzog est vice-président en charge… du commerce et l’artisanat et qu’une réélection de tous les vice-présidents sera nécessaire en janvier suite à l’intégration de cinq communes dans l’Eurométropole. En 2014, Jean-Luc Herzog avait été l’un des deux vice-présidents les plus mal élu.

Recommandations autour de la Robertsau

A cela, s’ajoutent 14 recommandations. À Strasbourg, elles demandent une meilleure information des habitants avant des projets d’urbanisation à la Robertsau (Mélanie) et à l’Esplanade (projet d’une nouvelle tour au dessus du centre commercial) et de revoir la planification de logements sociaux à la Robertsau. Globalement, les 7 commissaires ne semblent pas avoir été très sensibles aux sept erreurs pointées par l’opposition « Les Républicains ». Peut-être que si les élus avaient communiqué pendant l’enquête et non après, les contributions auraient été différentes.

Au total, 1157 observations ont été formulées. Cela peut sembler maigre par rapport à une agglomération de 500 000 habitants. Il faut dire que l’ensemble du dossier fait 3 000 pages, dont des plans et documents très techniques ce qui est assez indigeste et difficile à s’approprier pour le grand public.

Yves Bur va entamer un dernier tour de négociations avec les maires courant septembre pour entamer la rédaction finale à partir d’octobre, puis un vote en décembre. Mais le PLUi pourra ensuite être modifié à la marge tous les ans. L’ensemble du rapport, c’est-à-dire les contributions, et surtout les 14 recommandations et 4 réserves (dans le tome 5) sont désormais disponibles sur le site de la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg.