Pressenti pour rejoindre une des directions du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Alain Beretz pourrait quitter la présidence de l’Université de Strasbourg quelques mois en avance. Des élections sont de toute façon prévues en décembre.
Le président de l’Université de Strasbourg (Unistra), Alain Beretz pourrait laisser sa place avec quelques mois d’avance. Il est en effet auditionné ce jeudi 1er septembre au ministère de l’Éducation nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour un poste à la tête de la direction de la Recherche et de l’Innovation.
Le ministère cherche un nouveau directeur pour mener un rapprochement entre cette direction et celle de la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (Dgesip). Jamais un ancien président d’université n’a occupé cette fonction. Le choix sera officialisé mercredi 7 septembre en conseil des ministres.
Président de l’université de Strasbourg depuis presque 8 ans, Alain Beretz devrait rejoindre un ministère (Photo Unistra)
L’information était publiée par le département Enseignement et Recherche de l’agence de presse spécialisée AEF le 25 août. Elle faisait du président de l’Unistra, professeur en pharmacologie, le favori parmi les trois candidats. Invité à la rentrée politique du président du Bas-Rhin Frédéric Bierry (LR) au Vaisseau mercredi 31 août, le premier vice-président de l’Unistra a confirmé à la tribune qu’il y avait de fortes chances que son actuel supérieur rejoigne un ministère de manière imminente.
@alain_beretz pourrait être nommé #DGRI, dans le cadre d’une réflexion sur un rapprochement DGRI-Dgesip, à lire sur #AEF (abonnés)
Michel Deneken prendrait la présidence par interim conformément aux statuts de l’Université. Des élections sont quoi qu’il arrive prévues en décembre, une date qui ne devrait pas changer compte tenu du délai. Élu une première fois en 2008, Alain Beretz arrive en effet à la fin de son deuxième mandat et ne peut se représenter. Une période durant laquelle il a pu mener à bien un projet qui lui tenait à cœur, la création d’un campus européen.
À ce stade, tout juste sait-on que certains universitaires ont demandé à Michel Denken, par ailleurs doyen à la faculté de Théologie catholique, d’être candidat mais que le principal intéressé n’a pas encore arrêté sa décision.
Événement rare dans le milieu de l’animation, un préavis de grève a été déposé pour lundi 5 septembre. En pleine rentrée, ce mouvement fait tâche mais les animateurs déplorent d’être en charge de plus en plus d’enfants. Ils dénoncent une qualité insuffisante de l’accueil périscolaire. Tour d’horizon à Strasbourg.
À Strasbourg, les animateurs en charge de l’accueil périscolaire des enfants peuvent être employés par des centres de loisirs ou des associations, mais aussi directement par la municipalité. Les contrats sont presque toujours précaires, les emplois du temps à trous, les volumes horaires faibles et le salaire horaire dépasse à peine le SMIC.
En témoigne Nicolas, animateur dans des écoles élémentaires à Illkirch-Graffenstaden depuis 6 ans :
« Je ne ferais pas un autre job, mais ce qu’il manque le plus dans ce métier, c’est une reconnaissance. Ce travail demande de vraies qualités professionnelles mais les CDI à 35h avec un vrai salaire, ça n’existe pas. Du coup, les employeurs ne parviennent pas à embaucher du personnel qualifié, nombre de collègues ne restent pas longtemps. »
Un tiers des salariés de l’animation sont en CDD. Ils sont souvent vacataires, travaillent au mieux le matin (7h30/8h30), à midi (12h/14h) et en soirée (15h30/18h) pour atteindre 26 heures par semaine, ou moins. Résultat à la fin du mois : même pas un SMIC et avec des horaires pareils, impossible de cumuler un second emploi.
Des professionnels ignorés
Pour cette troisième rentrée depuis la réforme des rythmes scolaires devait venir l’heure du bilan. Mais à la surprise des professionnels de l’animation, il n’en est plus question, le décret relatif à l’encadrement des activités périscolaire a été voté cet été. Hop. Le décret expérimental d’août 2014 est devenu pérenne le 2 août 2016 sans même que les professionnels de l’animation ne soient consultés.
Marie Baggio Clarac, secrétaire nationale du syndicat Sep-UNSA, espère encore pouvoir faire entendre la voix des animateurs :
« Les syndicats sont en train de rédiger un recours auprès du Conseil d’État. Nous avons le sentiment que les animateurs sont la variable d’ajustement du dispositif et servent à remplir des cases horaires. On prend des décisions sans concertation, ni véritable intérêt pour le projet pédagogique. »
Les animateurs ne plaisantent pas, pour leur combat, ils invoquent Star Wars et les Minions… Avec ça normalement…
Pour la première fois, la CFDT F3C, CFTC, EPA-FSU, SEP UNSA et UNSA Territoriaux (ouf) lancent aux animateurs un appel national à la grève le lundi 5 septembre.
Un décret publié discrètement
Le décret qui a ulcéré la profession prévoit le « desserrement des taux d’encadrement des accueils de loisirs périscolaires. » Autrement dit, chez les moins de 6 ans par exemple, un animateur aura en charge 14 enfants au lieu de 10 ! Chez les plus de 6 ans, un animateur pourra même encadrer jusqu’à 18 enfants. Pour faire bonne mesure, le texte prévoit d’inclure les intervenants ponctuels dans le calcul des taux d’encadrement : bénévoles, personnes sans diplôme ainsi qu’une réduction de la durée minimale journalière de fonctionnement d’un accueil à une heure (au lieu de deux).
L’objectif est évidemment de réduire les coûts de l’accueil périscolaire, qui fonctionne pourtant déjà avec des ressources réduites. Les professionnels, largement laissés en dehors de ces considérations, dénoncent une dégradation de la sécurité et de la qualité de leur travail.
Augmentation du nombre d’enfants inscrits en périscolaire
Depuis la réforme des rythmes scolaires, les enfants finissent une demi-heure plus tôt. Conséquence, les parents sont moins nombreux à venir chercher leurs enfants directement après la classe. Philippe Gueth, président de l’ASCEEB, l’association qui gère le périscolaire à l’école Branly, a vu le nombre d’enfants inscrits augmenter de 130 à 165 depuis la réforme :
« On a embauché plus de personnel, mais le problème c’est qu’on ne peut pas pousser les murs. Heureusement que tous les enfants inscrits ne viennent pas tous les soirs. »
À Strasbourg, 10 000 enfants du CP au CM2 participent aux ateliers éducatifs hebdomadaires, facultatifs, programmés les lundis, mardis, jeudis ou vendredis après la classe de 15h45 à 17h15. La Ville investit 1,6 million d’euros chaque année pour proposer 788 ateliers aux enfants des écoles élémentaires. Françoise Buffet, adjointe au maire se félicite de cette offre :
« Nous avons un bon taux de participation (ndlr : 68%) notamment grâce à la gratuité des activités. Nous ne sommes pas partis de rien, les enfants de certains quartiers difficiles bénéficiaient déjà d’activités périscolaires gratuites proposées par la ville avant la réforme. »
Les nouvelles activités pédagogiques, comme ici à Quimperlé, ne sont pas évidentes à gérer dès qu’il y a beaucoup d’enfants… (Photo Médiathèque de Quimperlé / FlickR / cc)
Strasbourg plutôt bonne élève
La Ville de Strasbourg a fait le choix de ne faire intervenir dans les écoles que des professionnels diplômés a minima du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) et ne recourt pas aux bénévoles, comme c’est parfois le cas dans les petites communes. Parmi les intervenants employés par Strasbourg se trouvent un certain nombre d’artistes qui animent 1 à 4 ateliers par semaine. Marie, illustratrice, anime deux ateliers par semaine :
« Le périscolaire, on n’en vit pas. Ça permet tout juste d’assurer un petit complément de revenu régulier. »
La mairie a également décidé d’appliquer des taux d’encadrement relativement importants lors de ces ateliers éducatifs avec un intervenant pour 15 enfants. Un ratio déjà bien suffisant pour certaines activités comme les ateliers gravure de Marie :
« Quinze enfants c’est déjà beaucoup. J’en avais 12 l’année dernière. En plus du projet culturel, il faut gérer un groupe et l’on peut se retrouver face à une ou plusieurs fortes têtes qui requièrent de l’attention. Le temps de la discipline peut rapidement prendre le pas sur celui de la pratique artistique. »
Un emploi du temps compliqué pour les enfants
La mise en place des nouveaux rythmes scolaires a créé un monstre administratif pour la gestion du périscolaire. Sans compter les parents, un enfant peut être pris en charge par cinq personnes différentes dans une journée s’il est déposé à l’école le matin à 7h45 et récupéré le soir à 18h15. Pour illustrer cet emploi du temps rocambolesque, prenons un exemple concret, à l’école Branly :
de 7h45 à 8h30 l’accueil périscolaire est assuré par la Ligue de l’enseignement
de 8h30 à 12h c’est l’Éducation nationale, et donc le professeur qui s’occupe de sa classe,
de 12h à 14h, le temps de restauration est organisé par la Ville, puis les enfants reviennent en classe à 14h,
ils retrouvent leur professeur jusqu’à 15h30.
Ensuite s’ouvrent à eux deux options. Ils peuvent se rendre dans l’un des ateliers éducatifs organisés par la Ville ou bien être pris directement en charge par l’ASCEEB (Association Sportive Culturelle Ecole Elémentaire Branly). S’ils se rendent aux ateliers éducatifs qui s’arrêtent à 17h15, ils peuvent ensuite rejoindre l’ASCEEB pour la dernière heure. Ouf.
Un nombre d’adultes référents conséquent pour des enfants âgés seulement de 6 à 11 ans. D’après les associations de parents d’élèves, cela provoque une fatigue accrue, Juliette Starasaelski, vice-présidente de la PEEP Alsace :
« Parmi les plus petits, certains enfants sont perdus. Ils ont trop d’interlocuteurs dans la même journée et la qualité des intervenants est parfois remise en cause car certaines structures ont du mal à recruter des personnes qualifiées. »
Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, confirme que la Ville a dû réviser son offre de marché à la baisse, non pas pour des raisons budgétaires, mais bien parce qu’il était compliqué de trouver un nombre important d’intervenants de qualité :
« Au départ nous voulions proposer deux activités d’une heure par semaine. Ce marché est resté infructueux car nous n’avions pas assez de monde. Donc nous avons décidé de ne proposer plus qu’une activité d’une heure trente par semaine. Là nous avons eu suffisamment de personnes qui répondaient à nos critères d’exigence. »
En 2016, la ville a retenu 373 personnes pour ses ateliers éducatifs sur environs 900 réponses reçues suite à l’appel d’offres.
Photo : credit: Hawkeye UK via Visual hunt / CC BY-SA
Après un an d’absence, la compagnie irlandaise relancera deux allers-retours par semaine à partir de mars 2017 entre Strasbourg et la capitale britannique.
La compagnie aérienne irlandaise a en effet annoncé via un communiqué de presse qu’à partir du 26 mars 2017, elle proposera deux allers-retours par semaine : un le dimanche et l’autre le mercredi, à destination de l’aéroport de Londres Stansted. Pas idéal pour un week-end londonien, mais mieux que rien.
Après un an de trève, les avions Ryanair voleront de nouveau entre Strasbourg et Londres fin mars 2017. (Photo credit: Hawkeye UK via Visual hunt / CC BY-SA)
Moins de vols que l’année dernière
La desserte sera moins fréquente que par le passé récent. Lors de son premier retour en 2013 (suite à la baisse des taxes aéroportuaires), la compagnie low-cost proposait 3 allers-retours puis jusqu’à 5 cette année à destination de l’aéroport London-Stansted (ainsi que 4 pour easyJet vers Gatwick). Du côté de Baden-Baden, la compagnie jaune et bleue proposera un aller-retour par jour à la même période. Même fréquence à Bâle-Mulhouse, où est également implantée la compagnie britannique easyJet.
Pour se faire pardonner d’avoir délaissé les Strasbourgeois pendant un an, Ryanair propose certains billets en avril et mai au départ de Strasbourg à 19,99€, s’ils sont réservés avant le 6 septembre à minuit. Mieux vaut être TRES prévoyant pour bénéficier des meilleurs tarifs de la compagnie à bas prix.
Six « Pokéstops » sont apparus en plein milieu de collèges et lycées à Strasbourg. Ces lieux virtuels sont prisés par les utilisateurs de Pokémon Go, un jeu sur téléphone mobile. À quelques jours de la rentrée, Piafabecs et Flagadoss se sont ajoutés aux problèmes des principaux et des proviseurs.
La carte de Strasbourg a une toute autre allure sur Pokeweb Go, un site qui recense les « Pokéstops », arènes et autres Pokémons. Si on en croit les utilisateurs de ce jeu sur téléphone portable, lancé au début de l’été en France et massivement adopté, on constate qu’un Flagadoss a été aperçu au lycée international tandis qu’un Soporifik est déjà apparu au collège Saint Étienne…
Ces établissements, comme quatre autres collèges et lycées de Strasbourg, sont des Pokestop, c’est-à-dire des lieux où les joueurs peuvent se recharger en pokeball (pour attraper les pokemon), potion (pour les soigner) et autres accessoires . On peut aussi y poser des appâts, qui attirent des Pokemon sauvages pendant 30 minutes.
Capture d’écran du jeu Pokémon Go
Toute personne pourrait légitimement ignorer ces renseignements qui ne prennent de sens que sur les écrans de téléphones, mais pas les responsables des établissements scolaires concernés. Déjà en état de vigilance, ils sont partagés sur la marche à suivre pour éviter les attroupements d’élèves et les intrusions de personnes extérieures dans leurs établissements.
Au lycée Marcel Rudloff, la proviseure adjointe Viviane Risch souhaite dès la rentrée réagir avec son équipe pédagogique pour éviter que le phénomène ne prenne trop d’ampleur :
« On va immédiatement mettre le holà. Nous avons 1 200 élèves et nous sommes en milieu urbain, donc il y en aura forcément un nombre important d’élèves concernés. Nous allons dès la rentrée rappeler le règlement intérieur, qui régit déjà l’utilisation de dispositifs électroniques et nous resterons très vigilants sur les accès à l’établissement. »
Pokémons marins aux Pontonniers
Au lycée International des Pontonniers, le secrétariat de direction s’inquiète. Ce beau lycée du centre-ville situé au bord de l’eau attire déjà les touristes, voilà maintenant qu’il génère des Pokémons marins ! La crainte qu’il y ait encore plus de monde qui tentent de rentrer dans la cour est réelle, bien qu’il soit possible de profiter des bienfaits du Pokestop en restant sur le trottoir.
De l’autre côté des quais, au collège Épiscopal Saint-Etienne, le proviseur par la voix de sa secrétaire rappelle qu’ils ont toujours dû gérer les intrusions :
« Vu les circonstances actuelles, nous sommes déjà très vigilants par rapport à la sécurité, Pokémons ou pas. »
Capture d’écran du jeu Pokémon Go
Elektek au collège Vauban, pas une bonne nouvelle
D’autres établissements sont vernis, ou jouent de malchance selon qu’on soit joueur ou en charge de la sécurité. Ainsi le collège Vauban est devenu un Pokéstop pendant l’été mais en plus un Elektek – un Pokémon plutôt rare qui attire encore plus de joueurs – y a déjà élu domicile. L’apparition de ces Pokémons a provoqué plusieurs mouvements de foules, avec des conséquences parfois dramatiques.
C’est pourquoi la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a elle-même pris la mesure de la menace et prévoit de demander à Niantic, l’éditeur de Pokémon Go, d’empêcher l’apparition de Pokémons rares dans les établissements scolaires. L’entourage de la ministre précise que les établissements ne sont pas en mesure d’empêcher une intrusion massive. Lors de sa conférence de presse de rentrée mardi, la ministre a rappelé aux responsables d’établissements que Niantic met à disposition un formulaire pour signaler les Pokéstops et Arènes indésirables dans les écoles, collèges et lycées…
Capture d’écran du jeu Pokémon Go
Au collège de la Robertsau, la principale, Dominique Caminade, a d’autres priorités pour la rentrée :
« Je vais attendre un peu de voir comment ça se passe avec les élèves. J’ai l’impression que le jeu concerne un public un peu plus âgé que les collégiens, mais si cela pose des problèmes, je vais faire une demande à l’éditeur pour supprimer le Pokéstop. »
« Ah, c’était pour ça ces rassemblements d’élèves »
Rachelle Marks, principale du collège Vauban, ne savait pas que son établissement était devenu un Pokéstop, mais chose inhabituelle avant la rentrée, elle a déjà remarqué des rassemblements d’élèves sur des marches devant l’établissement :
« Cette situation peut générer des accidents. Nous allons redoubler de vigilance et je vais prévenir les services du rectorat pour voir comment nous pouvons remédier à ce problème. »
Du côté du rectorat justement, la nouvelle rectrice, Sophie Béjean, s’est placée dans les pas de sa ministre et se dit « attentive à l’évolution de la situation » pour prévenir les abus :
« J’ai confiance dans nos équipes de direction. De tous temps, il y a eu des jeux, et ils ont toujours su gérer les réactions parfois imprévisibles des élèves. »
Capture d’écran du jeu Pokémon Go
Il reste qu’on a rarement vu un jeu aussi populaire, rassemblant des joueurs bien au-delà des élèves, et motivés par des conditions qui surviennent au même moment pour tous… Les conséquences de ces deux composantes ne cessent d’être découvertes depuis le lancement de Pokémon Go.
Strasbourg va débloquer 500 000 euros pour installer des systèmes de sécurité dans ses écoles : visiophones, grillages, murs de protection… Selon France3 Alsace, la Ville de Strasbourg « souhaite agir très vite » et Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation, fait le tour des 114 écoles de la ville avec la police municipale pour « identifier les besoins en matière de sécurité. »
La Ville veut surtout sécuriser les accès aux écoles, ce qui implique, poursuite France3 Alsace, de bien connaître comment ils gèrent incessants flux d’entrées et de sorties, notamment lors des temps périscolaires. Jointe par France3 Alsace mardi, Françoise Buffet a indiqué qu’elle souhaitait que « les écoles restent des lieux ouverts sur les quartiers. » Elle transmettra au maire un diagnostic dans 15 jours.
L’opposition à la recherche des détails
Dans un communiqué, l’opposition municipale s’est félicitée de cette mesure, qu’elle juge néanmoins « tardive » et sous-dimensionnée :
« Le montant de 500 000€ nous apparaît particulièrement faible au regard de l’ampleur de la tâche. Cette somme a-t-elle été évaluée en fonction des études des besoins constatés sur le terrain ou a-t-elle été décidée lors d’une réunion en dégageant çà et là quelques lignes de crédit supplémentaires ? Ce budget servira-t-il uniquement à la réalisation d’aménagements ou sera-t-il également utilisé pour accroitre les effectifs de police municipale actuellement insuffisants compte-tenu de l’importance de la menace ? »
L’opposition demande également au maire de préciser ce qu’il entend par des mesures d’éloignement des véhicules devant les écoles :
« Comment se traduira concrètement cette interdiction ? À quelle distance les parents qui déposent leurs enfants en voiture devront-ils s’arrêter ? Les élèves pourront-ils encore se rendre sans danger jusqu’à l’entrée ? »
Rendez-vous au prochain conseil municipal, lundi 26 septembre, pour quelques explications.
La commission d’enquête publique a rendu un avis favorable et sans réserve à l’extension de trois arrêts du tramway dans la Robertsau au nord de Strasbourg, a fait savoir le premier adjoint au maire Alain Fontanel (PS) sur son profil Facebook.
Annoncé en décembre 2015 par la municipalité, le tracé prévoit de passer derrière l’école élémentaire Adler puis d’aller jusqu’au centre socio-culturel de l’Escale, à côté de l’école primaire de la Niederau.
Le tracé
Trois stations sont prévues après l’actuel terminus à Boecklin (doc Eurométropole)
Après avoir étudié le dossier et recueilli les contributions des habitants mobilisés sur le sujet, les enquêteurs estiment que le bilan coût/avantages est réaliste et donc que le projet est utile.
Avis de l’enquêteur public
Avis favorable des enquêteurs (Photo Alain Fontanel / FB)
Les trois commissaires ont émis cinq recommandations, notamment en termes de sécurisation des abords du tracé et d’aménagements pour les vélos et voitures.
Les 5 recommandations des commissaires
Cinq recommandations pour les travaux (Photo Alain Fontanel / FB)
Logiquement, le préfet du Bas-Rhin devrait suivre cet avis et prononcer une déclaration d’utilité publique (DUP), qui autorise les travaux et les procédures d’expropriation. Des recours sont néanmoins toujours possibles, certains élus d’opposition et collectifs s’étant montrés assez actifs sur le sujet. Dans une tribune, la présidente de l’association de quartier du Carsan, Christine Geiller Legros, avait critiqué la suppression de certaines lignes de bus et de ne l’avoir appris que 14 jours après le début de l’enquête.
Selon le calendrier prévu, les travaux d’extension doivent commencer au printemps 2017 pour une mise en service prévue au deuxième semestre 2019.
Le Dalaï-Lama sera à Strasbourg pour la quatrième fois, du 15 au 18 septembre. Il répond à l’invitation de l’association Mandalas-Strasbourg, formée par une communauté de quelques 30 000 bouddhistes alsaciens. Le chef spirituel tibétain a déjà rempli le Zenith et doit également faire salle comble au Palais de la musique et des congrès ainsi qu’à l’université.
Il faut croire que Tenzin Gyatso, le XIVe Dalaï-Lama apprécie Strasbourg, qu’il a visité en 1988, 1996 et 2001. Il reviendra du 15 au 18 septembre pour un séminaire d’enseignements religieux au Zenith, des conférences au Palais de la musique et des congrès et des rencontres. Dès jeudi, il sera reçu par le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui lui décernera le Prix de la tolérance Marcel Rudloff, avant de déjeuner avec des représentants des institutions européennes.
Peu après, il rencontrera « la jeunesse » (soigneusement sélectionnée) au Palais de la musique et des congrès. Le public peut s’inscrire pour participer à cette conférence (sur Strasbourg.eu), il devrait rester un petit millier de places (mise à jour : c’est complet)… Parce que les enseignements au Zenith, c’est complet, indique l’association Mandalas-Strasbourg, qui regroupe les quelques 30 000 bouddhistes d’Alsace et qui organise l’événement. Il devrait néanmoins rester quelques places pour la conférence de dimanche, ouverte aux bouddhistes et aux non-bouddhistes. Les inscriptions se font sur le site Mandalas-Strasbourg 2016.
Le 14e Dalai Lama, Tenzin Gyatso à Antwerp en 2006 (Photo Yancho Sabev / Wikimedia Commons / cc)
Le déplacement du chef spirituel tibétain ne devrait pas s’accompagner de mesures de sécurité drastiques. Les identités et les effets personnels seront contrôlés dans les espaces où le Dalaï-Lama doit intervenir mais il n’y aura pas de bouclages de zones publiques en ville, sauf à proximité de l’Hôtel de ville ou du Palais de la musique et des congrès lorsqu’il interviendra.
Le programme du Dalaï-Lama à Strasbourg
Jeudi 15 septembre
12h15 Réception à la Mairie de Strasbourg : signature du Livre d’or (sur invitation) suivie d’un déjeuner (privé)
13h45 Rencontre avec la jeunesse européenne au Palais de la Musique et des Congrès.
Vendredi 16 septembre
9h30 – 15h30 Corps, esprit, science, conversations à l’Université de Strasbourg (sur invitation et ouverte au public en retransmission live au sein de l’Université.)
Samedi 17 septembre
9h30 – 11h30 et 13h30 – 15h30 Enseignements sur le Commentaire de l’esprit d’Eveil de Nagarjuna au Zénith de Strasbourg
Dimanche 18 septembre
9h30 – 11h30 initiation de Tchenrézi au Zénith de Strasbourg
13h30 – 15h30 conférence publique au Zénith de Strasbourg
À la barre. – Il y a les grandes affaires et le tout-venant des prétoires. Au tribunal de grande instance de Strasbourg, fin août, un homme de 44 ans est jugé pour avoir frappé, ivre, ses parents de 78 et 79 ans à coups de canne, quelques jours auparavant à Haguenau. Dans la même matinée, deux Strasbourgeois comparaissaient pour trafic de cannabis à la cité de l’Ill.
La climatisation offre une fraîcheur à la limite du désagréable dans la salle d’audience provisoire n°1 du Tribunal de grande instance, quai Finkmatt à Strasbourg. Quand Yuksel S., 44 ans, apparaît dans le box des accusés, encadré par deux policiers et menotté, son visage est décomposé, ses yeux rougis, son nez contusionné.
À 3 heures du matin, il frappe père et mère avec une canne en bois
Devant un public clairsemé, le président Jean-Baptiste Poli décrit les faits. « Des cris dans l’escalier à 3 heures du matin » dans un immeuble de Haguenau, une voisine qui appelle les gendarmes, un homme « fortement alcoolisé » découvert dans l’appartement de ses parents, « couvert de sang ». « Son père, âgé de 78 ans, est à terre au fond du couloir, lui aussi couvert de sang », tandis que sa mère, 79 ans, est dans sa chambre avec des hématomes aux mains et à la cuisse. C’est avec la canne en bois dont son père s’aide pour se déplacer que Yuksel S. a frappé ses parents cette nuit-là.
Alors que leur fils a encore 0,80 gramme d’alcool par litre de sang à 6 heures du matin (environ 2 grammes au moment des violences), ses parents portent plainte et assurent, témoignage de la voisine à l’appui, qu’il s’agit de « faits récurrents », que ce n’est pas la première fois que Yuksel S. se montre violent, verbalement ou physiquement, avec eux.
« Je voudrais me défaire de ce fléau du fond du cœur »
Au fil du récit et des brefs échanges entre accusé et président, il ressort que Yuksel S. et sa femme – « que [son mari] vient d’envoyer en Turquie pour faire une insémination artificielle » – vivent depuis 12 ans chez les parents de ce dernier. « C’est ma femme qui fait à manger et s’occupe de ma mère », plaide l’homme derrière la vitre. Alcoolique depuis le début des années 1990, déjà condamné 11 fois, le plus souvent pour conduite en état d’ivresse, Yuksel S., au bord des larmes, se défend comme il peut :
« Je me rappelle de rien… Je regrette ces faits. Je veux me faire soigner. Je voudrais me défaire de ce fléau du fond de mon cœur… J’en ai vraiment marre ! »
« Elle s’est enfuie dans la chambre, où vous la poursuivez ! »
Des remords qui n’attendrissent pas vraiment la cour. Avant d’écouter les réquisitions de la procureure adjointe Emmanuelle Barre et la défense de l’avocate commise d’office Caroline Bolla, le président hausse le ton :
« Vous avez frappé votre père à la tête, vous avez trainé votre mère au sol… Elle s’est enfuie dans la chambre, où vous la poursuivez ! Vous avez fait ce qu’il y a de plus ignoble, frapper vos parents âgés ! Vous êtes d’une violence extrême vis à vis de vos parents… Je comprends que vous ayez un trou noir. »
Tourneur-fraiseur depuis plusieurs mois dans la même entreprise, Yuksel S. assure qu’il va trouver un appartement pour sa femme et lui. Sa sœur, présente dans le public, accepterait de l’héberger dans l’intervalle. Honteux, en sanglots, l’homme écoute la plaidoirie de son avocate, qui ne parvient pas à lui éviter le maintien en détention. Yuksel S. écope de 12 mois, dont 6 avec sursis. Pendant 3 ans, il a « obligation de traitement » et interdiction de se rendre chez ses parents ou de « fréquenter les débits de boisson ». Défait et sans un mot, il quitte la salle d’audience n°1.
Le Palais de Justice historique, construit en 1898 par l’architecte Skjold Neckelmann. (Photo LJ / Rue89 Strasbourg)
Pas la première affaire de haschich pour Walid B.
Le dossier qui partage l’affiche avec celui du Haguenovien ce matin-là est une affaire de stupéfiants, ni d’importance, ni tout à fait anecdotique. Deux hommes comparaissent : l’un est en détention provisoire, Abdelhamid A., 32 ans, qui s’installe dans le box. L’autre, Walid B., 25 ans, comparaît libre, sous contrôle judiciaire.
Ce n’est pas la première fois que Walid B. est à la barre pour une histoire de haschich. Baskets blanches branchées, jeans à la coupe impeccable portés bas sur les hanches, t-shirt Chevignon bleu marine récent, le jeune homme se présente comme vendeur-cariste, célibataire et sans enfant. Dans le box, Abdelhamid A. a l’air plus fatigué, mais sa mise est toute aussi soignée : polo ajusté, crâne rasé de frais, barbe de trois jours parfaitement taillée. L’homme est quant à lui en couple et père de deux fillettes.
L’acheteur : « Un noir dans une voiture noire »
Les faits apparaissent décousus, parcellaires. Walid B. a été interpellé fin 2014 à la station de tram Homme-de-Fer. Il arrivait de la cité de l’Ill à la Robertsau, chargé d’un sac de sport Adidas où la police, prévenue par un informateur, a trouvé 4,585 kilos de résine de cannabis, soit l’équivalent de 20 à 45 000€ à la revente. Le jeune homme assure être « une mule », qui porte « pour la première fois » ce produit stupéfiant pour le compte d’un fournisseur et à destination d’un acheteur, tous les deux non-identifiés.
Du fournisseur, Walid B. dit ne connaître que le surnom, mais refuse de le divulguer par peur de représailles. « Il sait où j’habite », lance-t-il laconiquement. De l’acheteur, il ne propose qu’une description sommaire : « Un homme à la peau noire dans une Golf 4 noire », qu’il doit retrouver rue de Rothau, dans le quartier Gare. « Un grand noir dans une voiture noire », siffle le président, incrédule.
400€ promis pour « faire la mule »
Là où l’affaire se complique, c’est que l’enquête établit un lien (ténu) entre Walid B. et Abdelhamid A. : dans une nébuleuse de numéros de téléphone et d’appareils dédiés au trafic, achetés par « flottes » chez Lycamobile, un numéro apparaît sur le portable de Walid B. le jour de son arrestation et sur les listes d’appels de clients d’Abdelhamid A., mis sur écoute au printemps 2015. L’identification de ce numéro justifie que les deux affaires soient jugées ensemble.
« Vous connaissez la personne dans le box ? » demande le président à Walid B. « Non », répond le jeune homme à la barre, après un coup d’œil inexpressif sur sa gauche. « Quand vous a-t-on donné ces produits ? A qui deviez-vous les remettre ? » s’agace Jean-Baptiste Poli. « Chais pas », rétorque l’accusé, le plus en retrait possible de la scène. Bénéficiaire du RSA au moment de son arrestation, Walid B. explique qu’il avait besoin d’argent et qu’on lui avait promis 400€ ou une quantité de shit équivalente contre ce transport. « Moi, ce jour-là, je me suis retrouvé en prison… » commente-t-il seulement, amer. « Vous avez des doutes sur la personne qui vous a balancé ? » l’interroge le président. « Chais pas pourquoi on m’a fait ça… »
« Un appartement très coquet pour un titulaire du RSA »
Silence. Bruissement de paperasse. Le président se tourne vers le box clos. Soupçonné d’être le fournisseur de Walid B. et mis sur écoute, Abdelhamid A. est interpellé deux fois dans les mois qui suivent : il est d’abord pris en voiture avec 1800€ en liquide et un peu de cocaïne, puis avec 800 grammes de cannabis cachés dans un meuble à chaussures à son domicile, « très coquet pour un titulaire du RSA », juge le président en feuilletant les photos couleurs de l’appartement.
A propos du shit retrouvés chez lui ? « Je devais le garder pour quelqu’un ». De l’argent liquide dans sa voiture ? « Je l’avais gagné aux machines à sous en Allemagne… » De ses changements de numéros de portable toutes les trois semaines ? « Pour ma sécurité ». De son appartement tout confort ? « On me fait crédit ».
« Pour un père tranquille, vous avez une activité téléphonique intense », remarque encore le président, faisant passer à ses deux assesseures le tableau détaillé du réseau de numéros collectés. Les témoignages de deux de ses clients sont évoqués, sur lesquels le ministère public s’appuie pour dénoncer un trafic qui durerait depuis 15 ans et demander 4 ans de prison pour ce trafiquant.
« Quatre ans pour un petit vendeur de shit de la cité de l’Ill ? »
« Si le silence était un délit », embraie la procureure Emmanuelle Barre, les deux accusés ne mettraient pas le nez dehors avant longtemps, comprend-t-on à demi-mots. « Ils en disent le moins possible, comme toujours dans ces audiences de stup’, reprend-t-elle. Walid B. n’est pas clair et donne volontairement des renseignements inexploitables ! Sa défense n’est pas crédible, on se moque du monde ! » Et de rappeler que les quantités de cannabis en jeu sont importantes, cachant sans doute un plus gros trafic.
En réponse, l’avocate de Walid B., maître Gaëlle Bensoussan, plaide l’appartenance de son client « au monde d’en bas, celui qui prend tous les risques, le monde des démunis, des sans ressources », et martèle que le jeune homme, ex-gros consommateur de cannabis, est en train de reconstruire sa vie. Derrière elle, l’avocat d’Abdelhamid A., maître Michaël Wacquez, critique vertement les conclusions de l’enquête, « démonstration fantasmagorique » d’un lien entre les deux accusés. Il lance :
« Quatre ans pour un petit vendeur de shit de la cité de l’Ill ? Alors qu’il a une femme et deux petites filles dehors, qui n’ont pas vu leur père depuis des mois ? Quatre ans pour 800 grammes de cannabis et deux pauvres clients ? »
Pas sérieux, selon lui.
Et pourtant. Walid B., la « mule », écope de 30 mois, dont 18 avec sursis. Après 10 mois de préventive, il lui reste deux mois de prison à purger. Abdelhamid A., le fournisseur et donneur d’ordres présumé, reste quant à lui sous les verrous, purgeant une peine de 3 ans d’emprisonnement, dont 18 avec sursis et mise à l’épreuve. Il passera encore un an en prison avant de retrouver ses enfants.
Le maire de Strasbourg Roland Ries va nommer quatre nouveaux adjoints, pour remplacer les trois adjoints qui ont démissionné au printemps. Françoise Bey, Camille Gangloff, Jean-Baptiste Gernet et Luc Gillmann prennent du galon au sein de la municipalité strasbourgeoise à la rentrée.
Après un été de réflexion, le maire (PS) Roland Ries a, d’après nos informations, annoncé en réunion d’adjoints les personnalités qui remplaceront les trois anciens élus. Quatre conseillers municipaux, tous encartés au Parti socialiste, deviendront adjoints au maire à la rentrée :
Françoise Bey, future adjointe en charge au droit des femmes,
Camille Gangloff,
Jean-Baptiste Gernet,
Luc Gillmann, futur adjoint du quartier Koenigshoffen-Montagne Verte-Elsau
Rajeunissement
Deux nouveaux adjoints vont rajeunir l’exécutif municipal, mais leurs futures compétences ne sont pas encore connues : Camille Gangloff et Jean-Baptiste Gernet, ont été élus pour la première fois en mars 2014. Camille Gangloff, proche de la direction du Parti socialiste bas-rhinois où elle siège au bureau départemental, est conseillère eurométropolitaine déléguée à l’accueil des gens du voyage.
Jean-Baptiste Gernet, 28 ans, est conseiller communautaire en charge des mobilités. Ancien attaché parlementaire de Roland Ries, il est classé à la gauche du parti (il avait soutenu la motion B lors du vote sur la ligne politique future du PS en 2015 ou soutient Benoît Hamon dans l’optique de la présidentielle 2017).
Le conseil municipal de Strasbourg comptera quatre nouveaux adjoints, suite aux 3 démissions du printemps 2016 (photo Pascal Bastien / Rue89 Strasbourg)
… et continuité
Pour les deux autres nouveaux adjoints, dont les futures délégations sont en partie connues, le choix s’explique davantage par la continuité dans les équilibres politiques actuels.
Luc Gillmann était déjà conseiller municipal lors du mandat précédent, mais n’a jamais été adjoint. Il est notamment proche de Serge Oehler, adjoint aux Sports et des quartiers de Hautepierre et Cronenbourg, voisins de ceux dont il va devoir désormais s’occuper. C’est un élu assez discret.
Françoise Bey est aussi une proche de Serge Oehler (ils sont conseillers départementaux sur le même canton à l’ouest de Strasbourg). Elle prendra la mission du droit des femmes, un sujet sur lequel elle était déjà mobilisée par le passé. Vice-présidente à l’Eurométropole, sa délégation qui devait être secondaire – la gestion des déchets – a pris une ampleur stratégique considérable avec la découverte d’amiante dans l’incinérateur de Strasbourg. Il est désormais à l’arrêt pour deux ans et demi.
Des compétences à définir
Parmi les compétences non-réattribuées pour le moment, il reste celles du tourisme et des parcs naturels urbains (que détenaient Éric Elkouby), celle de la démocratie locale (que détenait Mine Günbay, en plus du droit des femmes) et celle des médiathèques (détenue par Souad El-Maysour). La réaffectation de ces portefeuilles pourrait aussi concerner les adjoints déjà en place.
Les alliés écologistes ne récupèrent aucune place, bien que certaines des délégations vacantes les intéressaient. Paient-ils leur soutien trop timide à Éric Elkouby à l’entre-deux tours de l’élection législative partielle ? Pas sûr, les trois élus démissionnaires provenaient tous de la liste PS. Au niveau de l’Eurométropole, l’élue communautaire Jeanne Barseghian (présidente du groupe EELV à Strasbourg) avait cependant obtenu la nouvelle délégation de la réduction et du réemploi des déchets en juin.
La traditionnelle Zombie Walk, qui ouvre chaque année le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, n’aura pas lieu cette année. Le défilé sanguinolent et brinquebalant qui devait avoir lieu samedi 17 septembre sera remplacé par un apéro zombie géant, place de l’Université, ont annoncé les organisateurs sur leur page Facebook.
Chaque année, des milliers de personnes se griment en morts-vivants pour errer dans les rues de Strasbourg depuis la place Kléber jusqu’à la place de l’Université. Mais face à la menace terroriste, les organisateurs ont dû renoncer cette année à ce défilé pour annoncer l’ouverture du Festival européen du film fantastique, dont la neuvième édition aura lieu du 16 au 25 septembre avec comme invité d’honneur Dario Argento.
– de 14h à 15h : une session maquillage par les étudiants de l’école Candice Mack et la fanfare El INSA Banda
– de 15h à 16h30 : élection de Ms et Mr Zombie et dj set.
– de 17h à 18h : le concert de The One Armed Man, quatuor alsacien grand gagnant du tremplin Sound of the Dead.
– de 18h à 19h : dj set.
Le mouvement du prédicateur turc musulman Fethullha Gülen est présent à Strasbourg depuis le début des années 1990. Désigné comme « ennemi d’État », ses relais strasbourgeois sont dans le collimateur des partisans d’Erdogan depuis la tentative de coup d’Etat en Turquie le 15 juillet.
En Turquie le 15 juillet, la tentative de coup d’Etat militaire a pris le peuple par surprise et l’a traumatisé. Dès les premières heures de cette crise majeure dans l’histoire de la Turquie moderne, le président Recep Tayyip Erdogan a accusé le prédicateur musulman Fethullha Gülen, exilé aux Etats-Unis, et son mouvement « Hizmet » (« service » en turc) (voir encadré) d’avoir fomenté le putsch. Le leader du mouvement dément.
Depuis, le pouvoir en place opère un « nettoyage » sans précédent de la société turque. Limogeage de militaires, juges, enseignants, fermeture d’écoles et d’universités, mise sous tutelle des médias et des entreprises… Plus d’une centaine de milliers de personnes ont perdu leur emploi, pour avoir été affiliés de près ou de loin au mouvement « Hizmet ». L’Etat d’urgence permet à la police de mettre en garde à vue pour 30 jours quiconque est suspecté d’être un traître au pays.
Le pouvoir en place en a appelé au soutien de la population : chacun peut dénoncer ses connaissances d’un simple coup de téléphone à un numéro dédié. Ces tensions ont atteint la communauté turque à Strasbourg comme ailleurs. Le numéro de la ligne à dénonciations y circule et la suspicion contre les sympathisants gülenistes divise les Strasbourgeois d’origine turque jusque dans les familles.
Un réseau d’associations dans l’agglomération
Le mouvement « Hizmet » s’est implanté à Schiltigheim au début des années 1990. Des immigrés turcs de la première génération y avaient alors acheté un immeuble pour lancer des activités éducatives et de soutien scolaire. Aujourd’hui, le lieu accueille l’association Le Dialogue, engagée dans l’organisation d’activités extrascolaires pour les enfants et dans leur initiation à l’Islam. Une soixantaine de familles prend part à ses actions.
L’association Plateforme de développement social et économique (APDSE) compte une soixantaine de membres dans la région Grand Est. Elle est engagée depuis 2010 dans le « dialogue interculturel, interreligieux et interconvictionnel » et participe aux associations de dialogue interreligieux locales, comme le GAIC, le groupe d’amitié islamo-chrétienne.
La fédération des entrepreneurs franco-turcs, la FEDIF, regroupe quant à elle une centaine d’entreprises du Grand Est et a des bureaux à Strasbourg, près des institutions européennes, depuis 2006. Le mouvement compte aussi le centre de soutien scolaire Etudes Plus. La figure de proue du réseau « Hizmet » à Strasbourg est l’école privée Selman Asan, ouverte en 2012 à Lingolsheim par les enfants de la génération de Schiltigheim. En tout, environ 200 familles graviteraient autour des associations gülenistes présentes dans l’agglomération.
Chasse aux Gülenistes
Pour son volet officiel, la chasse aux Gülenistes « concerne uniquement la Turquie », affirmait le consul général de Turquie à Strasbourg fin juillet aux DNA. « Mais si on constate à un moment que quelqu’un habitant à Strasbourg a un lien direct avec cette organisation, par exemple du financement, il sera normal que la Turquie demande son extradition. Des investigations sont en cours et elles ont bien sûr un volet international. »
À Strasbourg, on ne compte pas d’agressions comme cela a pu être le cas ailleurs en France et notamment à Mulhouse. Mais au sein de la communauté, la pression est forte sur les sympathisants gülenistes. Sous couvert d’anonymat, l’un d’entre eux confie :
« Dans la communauté turque, chacun a son étiquette. Les gens sont classés avec le Mili Görüs (mosquée Eyyub Sultan), avec le Ditib (mosquée et faculté islamique de Hautepierre), avec les kémalistes, avec les gülénistes… Donc les gens proches du mouvement, ça se savait. Jusque-là, on avait des confrontations idéologiques, mais on n’avait pas peur. A partir de la tentative de coup d’Etat, on a commencé à craindre pour notre sécurité. »
Certains leaders pro-AKP de la communauté locale n’ont pas hésité à se lâcher sur les réseaux sociaux après les évènements de mi-juillet. Murat Yozgat, candidat du Parti Egalité Justice, lors des élections législatives partielles à Strasbourg en mai a publié en turc sur son compte Facebook dans un poste public :
« Que la peine de mort soit rétablie d’urgence. Que les membres du FETÖ [appellation d’Ankara pour le mouvement « Hizmet », ndlr] soient démasqués sans exception et pendus devant le peuple. Que cela serve d’exemple. »
Post publié sur Facebook par Murat Yozgat le 16 juillet 2016 à 10h25.
Ali Gedikoglu, le président de Cojep International dont le siège est à Strasbourg, n’a pas hésité à afficher la couleur sur Twitter :
« Où que vous les voyiez, crachez au visage de tous ceux qui éprouvent de la sympathie pour ces bâtards.. !!! »
Pubication d’Ali Gedikoglu sur Twitter le 16 juillet. traduction des commentaires : « je vais les tabasser » / « je connais trèèèès bien ceux qui baisent la main de Feto dans la région Alsace, parmi nos sympathisants du Milli Görüs. Auront-ils honte aujourd’hui par hasard » Ali Gedikoglu : « notre camp et notre ligne directrice a toujours été celle du Milli Görüs, et nous n’en avons jamais fléchi, Grâce à Dieu » / » Cher président Ali Gedikoglu, tu es unique en ton genre, ceux qui te connaissent le savent. »
« Il faut que les écoles de l’organisation terroriste FETÖ en France soient fermées. A partir de ce jour, les enfants étudiants dans ces écoles sont suspects. »
Publication d’Ali Gedikoglu sur Twitter, le 17 juillet.
Les supermarchés ProInter dans la tourmente
Sur les réseaux sociaux, des listes de noms de personnes et d’entreprises locales ont largement circulé. Un climat de délation propice aux règlements de comptes, commente un proche du mouvement « Hizmet » :
« Il y a des noms qu’on ne connaît même pas nous-mêmes et qui n’ont rien à voir avec « Hizmet » sur ces listes. On nous stigmatise. Certaines entreprises ont connu de véritables lynchages sur les réseaux sociaux. »
Les auteurs de ces campagnes de dénonciation voulaient pousser les personnes ciblées à se désolidariser officiellement du mouvement Gülen. Dans leur collimateur notamment, le groupe de supermarchés ProInter, à l’origine de la fondation de l’école Selman Asan. Parmi la communauté turque de l’agglomération, l’appel au boycott des cinq magasins orientaux a été très entendu.
L’association qui gère l’école privée de Lingolsheim a nommé son établissement du nom d’un des frères de la fratrie Asan, propriétaire de la chaîne de magasins halal, en hommage à ce bénévole très impliqué dans le projet jusqu’à son décès en 2011. Les locaux de l’établissement primaire-collège appartiennent à la famille Asan, qui a aussi donné de l’argent pour son fonctionnement.
Pour marquer ses distances avec le mouvement de Gülen, la famille Asan a demandé début août à l’école de ne plus utiliser le nom de Selman Asan. Ozgur Donmez, le directeur de l’école résume :
« Certains essaient d’importer les problèmes de la Turquie à Strasbourg. Il y a eu une grosse pression sur la famille Asan. En concertation avec elle, le conseil d’administration de l’école a accepté de changer le nom de l’établissement. Rien ne nous y obligeait légalement. Pour le moment l’école s’appelle toujours Selman Asan pour le Rectorat. Nous avons seulement caché ce nom sur nos pancartes et nous allons formaliser le changement auprès du Rectorat dans les jours qui viennent. »
Par esprit de conciliation l’école Selman Asan a barré son nom jusqu’à l’officialisation de sa nouvelle appellation. (Photo CG / Rue89 Strasbourg / cc)
L’école privée Selman Asan visée
Accusé notamment par l’agence de presse turque pro-gouvernementale Anadolu, dans un article en français, d’être un « collège de l’organisation terroriste sur le sol français », la direction de l’école a déposé plusieurs plaintes pour diffamation. Avant la rentrée, Ozgur Donmez a pris contact avec tous les parents d’élèves pour les rassurer. Sur une centaine d’élèves en juin, une quinzaine ont déjà été désinscrits en août :
« Des familles cèdent à la pression, exercée ici et de la part de leurs proches en Turquie. Ils ont peur d’être fichés, de ne plus pouvoir retourner en Turquie. Certains ont reçu des menaces physiques aussi. Mais aucun parent ne remet en cause notre philosophie éducative ni ne croit aux accusations contre le mouvement « Hizmet ». Aujourd’hui on en est là, et bien sûr on s’attend à enregistrer d’autres départs d’élèves d’ici la rentrée. Mais on va continuer malgré les difficultés. On ne va pas baisser les bras. Il y a des élèves et des parents qui continuent avec nous malgré la pression et on ne va pas les laisser tomber. »
Les deux tiers des élèves de l’école primaire et du collège Selman Asan sont d’origine turque et la majorité des effectifs sont issus de familles musulmanes. Pour autant, l’Islam et le fait religieux ne sont pas enseignés dans l’établissement :
« Nous privilégions les langues vivantes, l’anglais et l’allemand, et l’éducation aux valeurs universelles – le respect, la tolérance, le partage, l’empathie, la justesse, la politesse… pour inculquer aux enfants un socle de valeurs communes. Cet enseignement prend la forme d’actions tout au long de l’année, de projets transversaux. Et chaque classe a une heure par semaine dédiée à cette matière. C’est en cela qu’on peut faire le lien avec la philosophie du mouvement « Hizmet ». »
Pour l’heure, Ozgur Donmez assure qu’il n’a reçu aucune demande officielle de rendre les locaux de l’école à la famille Asan. Le Ditib Strasbourg, qui gère le lycée privé musulman Yunus Emre à Hautepierre, a étudié la possibilité de reprendre l’établissement de Lingolsheim, mais l’organisation a vite renoncé à cette idée, pour des raisons juridiques et financières, explique Murat Ercan, président du lycée :
« Tant que le bail entre l’association qui gère l’école et la famille Asan dure, les propriétaires ne peuvent pas faire partir l’association. Nous ne souhaitons pas entrer dans un conflit juridique avec cette association. Par ailleurs, il nous aurait fallu trouver des fonds pour financer le fonctionnement de l’école et nous ne les avons pas. »
La direction du groupe ProInter n’a pas souhaité répondre à nos questions. Légalement, le bail en cours reste valable pour au moins deux ans encore. D’ici là, l’établissement privé espère passer sous contrat avec l’Education nationale. Il est pour l’instant financé par les participations des familles aux frais de scolarité et surtout par les entreprises sympathisantes de la région. L’école s’attend à des désistements de ces donateurs lors des prochaines levées de fonds.
L’Institut de veille sanitaire (InVS) indique que 11 cas de contamination par le virus Zika ont été signalés dans le Bas-Rhin. Le département bénéficie d’un dispositif de surveillance renforcé.
Le bulletin du service épidémiologique de l’Institut de veille sanitaire (InVS) de jeudi fait le point sur les contaminations de virus tropicaux, comme la dengue, le chikungunya et zika, véhiculés par le moustique tigre (aedes albopictus). Résultat : la présence du moustique est détectée dans 30 départements, dont le Bas-Rhin.
En France, le moustique a importé 88 cas de dengue, 3 cas de chikungunya et 267 cas de zika. Dans le Bas-Rhin, l’InVS a dénombré 3 cas confirmés de dengue et 11 cas de contamination par le virus zika.
Depuis l’an dernier, le Bas-Rhin est classé en « niveau 1 » en raison de l’implantation du moustique tigre, ce qui met en oeuvre une surveillance renforcée de toutes ces contaminations importées.
Le ministère de la Santé indique que « dans une très grande majorité des cas, la maladie due au virus zika provoque peu de symptômes ou même l’absence de symptôme. L’évolution est le plus souvent rapidement favorable avec une guérison spontanée en 2 à 7 jours. Lorsque des symptômes apparaissent, ils sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées et se manifestent dans les 3 à 12 jours qui suivent la piqûre par le moustique. »
La nouvelle identité visuelle de la Région Grand Est, qui regroupe les anciennes Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace, a été dévoilée dimanche matin.
Dimanche 28 août, Philippe Richert, président du conseil régional du Grand Est, a dévoilé le nouveau logo de la collectivité sur le stand de la Région à la Foire de Châlons-en-Champagne. Cette nouvelle identité graphique débarque neuf mois après la fusion des régions Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine.
Le logo de la Région Grand Est (document remis)
La création de cette nouvelle grande région s’était d’abord accompagnée d’une démarche démarche participative pour choisir son nom. Une soixantaine d’ »experts » avaient planché pendant plusieurs jours pour proposer trois noms (Acalie, Nouvelle Austrasie, Rhin-Champagne), qui au final n’ont pas convenu à Philippe Richert. Le président avait alors rajouté « Grand Est » à la liste des options possibles, avant de faire confirmer ce choix par un vote électronique.
Pas de « démarche participative » cette fois
Du coup, le conseil régional n’a pas réitéré de « démarche participative » pour sa nouvelle identité graphique. Le logo, assure un communiqué de la Région, est une « création interne n’occasionnant aucun surcoût pour le Conseil régional. »
Dans ce communiqué, la Région Grand Est rappelle qu’elle est la « première région transfrontalière avec quatre pays voisins (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse) ».
« Elle apparaît en lettres blanches sur un fond bleu. Il fait référence à la France et à l’Europe. Les trois barres de son « E », légèrement détachées comme les trois traits de couleurs qui soulignent Grand Est, symbolisent l’union des trois identités dont est constituée la nouvelle grande région. »
Samedi vers 12h45, un camion des pompiers est entré en collision avec une rame de tramway à Strasbourg dans le quartier de Neudorf, à proximité de l’arrêt Schlutfeld. Alors que les pompiers étaient en route pour une intervention, un premier camion est passé devant le tram en provenance de la route de l’Hôpital mais le tramway n’a pas eu le temps de freiner et il est entré en collision avec le second, qui porte la grande échelle.
Le choc a déporté la rame sur plus d’un mètre (Photo Alain Fontanel / Facebook)
Les dégâts sont impressionnants, comme en témoignent les photos mises en ligne par Alain Fontanel, président de la CTS et premier adjoint au maire de Strasbourg, sur Facebook. Mais il n’y a qu’une blessée à déplorer, une passagère du tramway de 28 ans qui a chuté. Elle a été transportée au CHU de Hautepierre. Le conducteur du tramway, bien que choqué, n’a pas été blessé.
La rame du tramway ayant déraillé sur plus d’un mètre, le dégagement prendra vraisemblablement plusieurs heures. La circulation sur la ligne A a été interrompue entre Etoile-Bourse et Couffignal, et entre Landsberg et Couffignal sur la ligne E jusque vers 21h. La CTS indique que des bus de substitution ont été mis en place entre Etoile Bourse et Couffignal.
Le conducteur n’a pas été blessé (Photo Alain Fontanel / Facebook)
Le rapport, commandé par le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de Systra , filiale de la SNCF et la RATP responsable des essais, met en cause la société.
Quatre erreurs
Les experts qui l’ont rédigé pointent quatre erreurs : le risque des essais sous-estimé, un manque de rigueur dans l’organisation, une chaîne de commandement diffuse et surtout de mauvaises pratiques.
Par ce dernier intitulé, le rapport dénonce que la venue de famille et d’amis sur les rames d’essais était une pratique connue, à tel point que des repas et des boissons étaient prévus à bord. Ainsi, une photo montre 7 personnes dans la cabine de pilotage, prévue pour quatre personnes seulement.
Parmi les autres critiques, celle que le chef de bord, qui doit décider de la vitesse, soit à l’arrière du train et non avec le conducteur à l’avant. De plus, les mécanismes pour limiter la vitesse sont désactivés lors des essais.
Des améliorations depuis
Le rapport reconnait que depuis l’accident, Systra a procédé à plusieurs améliorations : notamment des textes plus clairs et la suspension des essais à des vitesses plus rapides que celle prévue.
Un été au club-house. – Le club de rugby du CRIG au sud de Strasbourg est l’un des plus important du Grand Est, dans les dix premiers français, avec plus de 700 licenciés de 6 à 60 ans. L’équipe masculine prépare son ascension, quand l’équipe féminine s’approche déjà des étoiles. Au club-house, c’est la rentrée, et l’ambiance est à l’effervescence, à l’approche d’une nouvelle saison pleine d’espoirs.
Le 15 août est passé, les grosses chaleurs aussi, on chausse ses crampons : ça sent la reprise après l’été au club-house du Club Rugby d’Illkirch-Graffenstaden, ou CRIG, au sud de Strasbourg. Niché entre des constructions imposantes à venir et la tranquillité verte du canal, à proximité de l’arrêt Lixenbuhl, le CRIG est installé dans des installations flambant neuves, dignes, au dire de tous, « d’un grand club ». Deux terrains principaux, des tribunes, des vestiaires et des bureaux, et l’essentiel pour animer l’esprit du club de rugby : un bar et une cuisine super-équipée.
L’esprit lui-même vient de ses adhérents, qui se retrouvent à grands coups de bises et de claques viriles dans le dos après un été passé chacun de son côté. Les hommes, les femmes, les bénévoles, les salariés, l’équipe dirigeante – tout le monde est de retour et s’engage, avec une joie fébrile, dans une nouvelle saison pleine de promesses.
Le club-house, vide encore, attends le retour des joueuses pour le premier entrainement de la saison (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Coup de pression chez les filles
L’objectif est clair et unanime : il s’agit, pour le CRIG, de profiter de tous les atouts dont il dispose pour « viser toujours plus haut », dixit Frédéric « Fred » Maillot, président du CRIG depuis 3 ans. Après tout, « lorsqu’on va sur le terrain, c’est pour gagner ». On ne minaude donc pas sur les entraînements de reprise : pas de chichis, ce sera très physique pour faire passer les agapes des vacances.
Les « Miss » du CRIG, de retour à l’entrainement (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Pour les deux équipes séniors féminines, Manu, l’entraîneur, et les préparateurs physiques sont sans pitié : course, gainage, course, gainage, course, gainage, pendant pas loin de deux heures. Il faut dire que les « Miss » ont un niveau à maintenir, voire à dépasser : en fédérale 1, elles sont arrivées la saison dernière en demi-finale du championnat de France contre le Stade Français. Les filles du CRIG sont bien décidées à aller encore plus loin et à faire parler d’elles, malgré le peu de présence du rugby féminin dans les médias.
Viser la fédérale pour les gars
Quant aux équipes séniors masculines, qui plafonnent en division d’honneur, elles sont mises entre les mains d’un jeune directeur sportif et entraîneur prometteur de 24 ans, Ugo Taupier, avec un vrai potentiel de montée en fédérale. Lors de leur premier entrainement, tout le monde est là : l’équipe dirigeante, des collègues féminines et d’autres membres du club. Il s’agit de jauger à la fois de la forme des équipes et, sans doute un peu aussi, des manières du petit nouveau… Les filles jubilent un peu en voyant les gars peiner : « c’est pour toutes les fois où ils se moquent de nous ! »
L’équipe senior masculine en match (Document remis)
Le vendredi soir, repas chez Charles et Isabelle
Le vendredi soir, c’est l’entrainement des équipes seniors masculines, mais aussi le repas mitonné par Charles et Isabelle. Les joueurs trempés de sueur quittent le terrain petit à petit pour rejoindre leurs spectateurs (qui ont pris un peu d’avance) pour s’enquiller quelques bières, – ou de l’eau parfois.
L’important, c’est d’être ensemble, de se retrouver en cette fin d’été pour se donner des nouvelles, de la famille, des absents aussi, parfois des blessés… Ceux qui ne sont pas là, puisque les autres, bien évidemment, malades ou blessés, n’auraient raté ça pour rien au monde.
On parle beaucoup de sport aussi, et pas seulement de rugby, d’autant que ce soir c’est le match de handball France-Allemagne. Il est retransmis en grand écran dans le bar, et le point de la victoire française est accueilli avec un rugissement de joie qui fait trembler les murs.
Les seniors masculins à l’entraînement du vendredi soir (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
Fêter, surtout si ça a « poudré »
Jérôme Gosset, Responsable presse du CRIG, assure la traduction. Quand on dit que « ça va poudrer », au rugby, ça veut dire :
« Poudrer signifie poser des poires, des marrons, des gnons, des bourre-pifs, bref, se bagarrer. »
Frédéric « Fred » Maillot explique les vibrations du club-house par la nature même du sport :
« On ne vient pas au rugby par hasard, cela correspond à un certain état d’esprit. On se retrouve entre copains, pour boire un coup et échanger après l’effort, après s’être mis un peu en danger car le rugby est un sport de combat. Cela fait partie de ce sport de décompresser, après, avec ses partenaires et ses adversaires, pour franchir ce palier psychologique de l’affrontement physique. Sans oublier bien sûr que le sportif doit primer sur le festif : nous avons des objectifs à remplir ! »
La grande tablée du vendredi soir après l’entraînement… Avec « Chacha », qui s’occupe des équipes seniors masculines. (Photo MB/ Rue89 Strasbourg)
Si l’ambiance est essentiellement jeune et testostéronée, on y trouve aussi des « Miss » du CRIG, ainsi que des enfants de joueurs qui passent la soirée là. « La présence des filles aurait été inimaginable il y a encore 15 ans », confie Matthieu « Tamos » Schreiber, responsable de la politique sportive du CRIG.
Aujourd’hui, malgré les blagues potaches, c’est comme si la mixité coulait de source pour la plupart des présents. L’ambiance est plutôt sage, mais on parle cependant d’une soirée « d’intégration » en septembre qui promets d’être beaucoup plus… On n’en saura pas plus. « Ce qui appartient au rugby reste au rugby », précisera Nicolas « Nico » Morel avec un sourire entendu.
La famille du club-house
Charles, qui s’occupe de la cuisine avec sa femme Isabelle, est bénévole. Il est là presque tous les jours, malgré son travail de boucher de 4h à 13h. Le club, il y est venu d’abord par le biais de son fils, qui y joue depuis 5 ans. Lui était plutôt « footeux », mais il a trouvé au CRIG une ambiance, une sorte de famille.
Il est fier de sa cuisine, où tout est « fait maison », des cordon-bleus aux brochettes. Il aime cette ambiance où « on se montre qu’on s’aime bien en se faisant la bise en arrivant. » Il ne quitte pas des yeux l’entraînement de reprise des équipes seniors masculines. Il trouve, plein d’espoir lui aussi, que « ça joue vite pour un début de saison. »
Charles et Jacky se sont activés au barbecue, sans oublier les légumes préparés par Isabelle, pour commencer la saison en pleine santé (Photo MB / Rue89 Strasbourg)
« Pas de surenchère d’ego »
Marie-Béatrice, l’une des deux salariées du bar, est elle aussi sous le charme de l’esprit du rugby :
Je n’ai jamais joué, mais j’aime bien regarder le rugby car c’est un sport d’équipe. La victoire est collective, il n’y a pas de surenchère d’ego. »
Pour elle, être au club, c’est bien plus que de servir des bières. Il s’agit « d’être présente, de répondre aux demandes des joueurs et des joueuses, d’apprendre à les connaître. »
L’un des crédo de l’équipe dirigeante, c’est que le bar soit ouvert tous les soirs d’entraînement. Le club se doit d’être un lieu, comme le rugby, « où on ne se croise pas : on se rencontre. » Et ça marche, puisque le club a vu arriver ses premiers « bébés CRIG », fruits d’amours rugbystiques entre des joueurs et des joueuses.
Les enfants, filles et garçons, ont beaucoup à apprendre du rugby (document remis)
« Tu seras un homme, mon fils »
Impossible de parler du club-house du CRIG sans parler de l’école de rugby. Labellisée FFR, elle transforme la structure en véritable « fourmilière » les samedis. Dans leurs petits maillots noirs, les filles et les garçons de l’école pullulent sur les terrains. Ils consomment plus de 300 goûters après l’entrainement.
Le CRIG développe aussi des collaborations autour du rugby avec les collèges et lycées environnants. Selon Nicolas « Nico » Morel, vice-président et responsable de l’école de rugby, c’est un outil « d’intégration ». Lui-même joue depuis tout petit, – il avait un papa rugbyman -, et ses deux enfants, fille et garçon, jouent aussi :
« Le rugby est un sport compliqué, très filial. Il y a beaucoup d’apprentissages liés à la passation entre jeunes et anciens. Plus on commence tôt plus on a de chances d’assimiler le jeu et ses subtilités. C’est particulièrement important en Alsace où on ne baigne pas dans une culture rugbystique. C’est pour ça que nous avons lancé le rugby dès 5 ans. »
Entrainement de l’école de rugby (Document remis)
Une relève à assurer, du côté des garçons mais aussi des filles
Il s’agit aussi de préparer la relève des équipes seniors actuelles, pour l’avenir du club. Celui-ci est passé de 80 licenciés à plus de 700 en quelques années.
Si les équipes sont mixtes jusqu’à 14 ans, les filles sont encore peu nombreuses. Les préjugés restent forts dans la tête de certains parents, selon les membres du CRIG. Eux-mêmes n’arrivent pas toujours à les intégrer lorsqu’ils parlent du fait que l’école de rugby est aussi une façon d’apprendre aux enfants à « devenir des hommes ». Mais ils se rattrapent vite et ajoutent, avec un sourire : « et des femmes, bien sur ! »
La relève du CRIG est en cours de formation (Document remis)
Apprendre le collectif
Lorsque l’on s’engage au club, en tant qu’enfant ou en tant qu’adulte, on y gagne aussi des expériences de vie en dehors du sport. Celles-ci contribuent, aux dires des dirigeants, à renforcer les valeurs du CRIG : courage, respect, intégrité, générosité.
Les moins de 12 ans participent à l’Osterputz [le nettoyage de printemps] d’Illkirch-Graffenstaden en avril, les moins de 18 ans participent à la braderie… Matthieu « Tamos » Schreiber le souligne :
« Il faut mettre en avant l’idée du collectif. Et rendre à la collectivité ce que la collectivité nous offre. Cela participe à la vie du club, et à l’insertion du club dans la collectivité en général. »
Et Frédéric « Fred » Maillot d’ajouter :
« Notre credo, c’est de faire en sorte que les membres soient acteurs du club, pas juste des consommateurs. »
La couleur du CRIG, c’est le noir bien sur (Document remis)
Des moyens qui donnent des ailes
Le nouvel équipement, inauguré par la ville d’Illkirch-Graffenstaden en 2014, a coûté plus de 5 millions d’euros. Il a été obtenu, entre autres, grâce à l’indécrottable volonté de Jacky Brossier, Secrétaire général et ancien président du CRIG. Il a aujourd’hui un « boulevard » à son nom : celui qui mène des vestiaires aux terrains, et aux haies d’honneur.
Le coup de jeune apporté au club est renforcé par l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante. Une bonne bande de copains qui se sont rencontrés sur le terrain, au CRIG bien sur. Ils ont décidé de « rendre au CRIG ce qui [leur] avait été donné ».
La haie d’honneur du CRIG (Document remis)
On y est, on y reste
Claire est membre de l’équipe senior féminine. Déjà présente à l’entraînement du jeudi, elle revient au club-house le vendredi soir. Pour voir l’entrainement des équipes masculine, pour prendre des nouvelles, pour dire bonjour. Elle consacre sa vie au rugby : presque tous les jours, elle est joueuse ou entraîneuse.
Pourtant, lorsque que cet emploi du temps chargé lui laisse une soirée de libre, ses pas la ramènent vers le club-house. C’est comme ça : « au rugby, quand on s’arrête, il y a toujours les copains qui restent. »
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.