Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Tribune : Pour une politique ambitieuse de réduction des déchets à Strasbourg

Tribune : Pour une politique ambitieuse de réduction des déchets à Strasbourg

À l’occasion de la journée « zéro déchet » samedi 2 avril sur le campus de l’Université de Strasbourg, le nouveau collectif « Zéro Waste Strasbourg » fait part de ses propositions pour réduire les déchets et transformer « Strasbourg, reine des incinérateurs en panne » en « Strasbourg, capitale Zéro Déchet en Europe ». Une question d’autant plus prioritaire à Strasbourg que le mauvais état de l’incinérateur génère de nombreux surcoûts.

Refuser (ce dont nous n’avons pas besoin), réduire (ce dont nous avons besoin), réutiliser (réemploi, seconde main, partage, consigne), recycler et composter, revendiquer (faire la promotion du mode de vie Zéro Déchet). Les 5R sont les maîtres-mots pour sortir d’une société du gaspillage et du tout-jetable. En résumé, le meilleur déchet est celui qui n’existe pas !

Des villes, comme Milan, ont réduit drastiquement l’incinération des déchets avec une réelle politique incitative par exemple avec la collecte des déchets verts en porte-à-porte. À terme, ces efforts produisent une baisse non-négligeable du coût de la gestion des déchets.

Nous avons, certes, une responsabilité citoyenne dans la production des déchets, mais cette question doit aussi trouver un écho politique. Nous pensons que des compromis peuvent être trouvés pour améliorer la qualité de l’air de l’Eurométropole, tout en ayant une politique de réduction des déchets, qui aurait des impacts positifs sur l’environnement et l’emploi.

Régler le problème de l’incinérateur

La question de l’incinérateur de Strasbourg est complexe. Amianté, il ne fonctionne qu’en partie, ce qui oblige l’Eurométropole à détourner des déchets vers d’autres sites en Europe. En 2014, lors des arrêts de l’usine (grèves, incidents, amiante) 96 796 tonnes de déchets devant être incinérés ont été détournées vers d’autres incinérateurs ou décharges (sur un total annuel de 228 328 tonnes de déchets).

Le coût de ces détournements a été estimé à 100 000 euros par jour. Les coûts de réparation, et désamiantage, sont estimés à 75 millions d’euros. Les solutions à trouver pour l’incinérateur strasbourgeois sont une opportunité de construire une Eurométropole, leader du Zéro Déchet. Aucune hypothèse, y compris celle de la suppression pure et simple de l’incinérateur ne doit être écartée.

A Neudorf, Céline gère day by day, magasin qui propose des produits en vrac. Il a ouvert (photo Facebook)
A Neudorf, Céline Vélu gère Day by day, magasin qui propose des produits en vrac. Il a ouvert le 15 mars (photo Facebook)

La situation actuelle ne sera pas résolue dans l’immédiat. Chaque tonne de déchet coûte cher à la collectivité. C’est pourquoi il faut se mettre au zéro déchet maintenant et ne pas attendre le choix qui sera fait sur la question de l’incinérateur, qui est un gouffre financier pour l’Eurométropole et ses habitants. Il faudra encore ajouter les indemnisations de perte d’exploitation de Sénerval, prévues par la délégation de service public.

Dans le dernier rapport annuel sur la gestion des déchets sur Strasbourg on constate que 73% du budget de traitement des déchets est utilisé pour la mise en décharge et le contrat d’incinération alors que seulement 3 % du budget est utilisé pour le traitement des déchets verts (page 35). Ce ratio doit absolument être rééquilibré et réduit au profit d’un développement des frais de collecte à la source. afin d’avoir une gestion orientée vers le tri et la réutilisation.

Un coût pour la santé

A ces coûts financiers, viennent se greffer ceux sur la santé des habitants. Près d’un tiers des déchets destinés à l’incinération se retrouvent en sortie des fours d’incinérateurs sous la forme de mâchefers. Ces résidus constitués de la partie incombustible des déchets incinérés concentrent ainsi de nombreux polluants issus de la combustion. Les fumées que génère la combustion contiennent quand à elles une grande quantité de substances toxiques.

Elles font l’objet d’une filtration et d’un traitement à l’aide de produits chimiques pour diminuer la quantité de polluants émis dans l’atmosphère. Cette phase de traitement des fumées génère des déchets dangereux – environ 30 kg par tonne de déchets incinérée -, que l’on appelle REFIOM (Résidus d’Epuration des FUmées d’Incinération d’Ordures Ménagères) et qui doivent être envoyées en installation de traitement des déchets dangereux.

Au port de Strasbourg, Action Man veille sur les déchets (photo Yves Ouattara / Flickr / cc°
Au port de Strasbourg, Action Man veille sur les déchets (photo Yves Ouattara / Flickr / cc°

Une fois traitées, les fumées relâchées dans l’atmosphère contiennent encore près de 2000 molécules différentes dont une vingtaine seulement sont réglementées. À moyen et long termes, l’exposition à certaines de ces molécules dangereuses, comme les dioxines ou les métaux lourds, comporte des dangers pour la santé humaine : dégradation du système immunitaire, nerveux et endocrinien, troubles de la reproduction, maladies respiratoires,… Enfin l’incinération émet une grande quantité de CO2 qui contribue au réchauffement climatique, l’équivalent chaque année de 2,3 millions de voitures en fonctionnement. Nous avons d’ailleurs relevé que Robert Hermann a admis au dernier conseil de l’Eurométropole que la qualité de l’air s’était améliorée suite à la fermeture de l’incinérateur de Senerval (point 32 à la 29è minute).

S’inspirer d’autres villes européennes

Le collectif à également pour but d’être force de proposition nous travaillons actuellement sur un plan alternatif zéro déchet sur lequel les élus pourront s’appuyer, nous nous faisons actuellement appuyer patr la structure nationale de Zero Waste composée de spécialistes des déchets et de juristes. Une démarche similaire d’alternative à l’incinérateur d’Ivry appelé plan B’OM, où des habitants et des associations ont proposé un plan chiffré à 200 millions d’euros pour éviter un projet à 2 milliards d’euros.

Des exemples concrets de villes telles que Trévise et Capannori (Italie), Seattle (USA) ou Argentona (Espagne), montrent que la démarche Zero Waste n’est pas une utopie d’écologiste. Engagés et visionnaires, les dirigeants politiques de ces villes ont vu des opportunités là où d’autres voient des problèmes, et au travers d’un engagement transparent vis-à-vis de la population, ils ont fait de leur réussite, celle d’une communauté toute entière.

Phase de séparation mécanique entre revues, journaux, corps creux et corps plats
Phase de séparation mécanique entre revues, journaux, corps creux et corps plats au centre de tri Altem de Strasbourg (photo Coralie Favre / Rue89 Strasbourg / cc)

A Capannori, la mise en place d’un laboratoire d’analyse des déchets a conduit les habitants à prendre conscience de leurs habitudes de consommation et à les rendre plus vertueuses. Entre 2004 et 2013, la quantité totale de déchets produits par personne y a chuté de 39%. De façon encore plus frappante, la quantité de déchets non-triés est passée de 340 kg par habitant en 2006 à 146 kg en 2011, soit une diminution de 57%.

A Argentona, une approche graduelle a permis de très bons résultats : mise en place d’un ramassage en porte-à-porte des déchets organiques, augmentation du taux de recyclage, taxe incitative (payer selon sa propre production de déchets). Autre bénéfice collatéral : le système de collecte en porte-à-porte a stimulé l’emploi local. Ces exemples sont inspirants et concernent des villes de toutes tailles : Trévise compte environ 887 700 habitants, pour 483 194 dans l’Eurométropole. Cela montre parfaitement que la démarche Zero Waste est tout à fait applicable dans notre agglomération.

À Besançon, un quart de déchets en moins sans surcoût

Un dernier exemple plus proche pour réduire fortement le tonnage a destination de l’incinérateur (ordures ménagères résiduelles) : l’agglomération de Besançon a baissé de 28% ses déchets sans hausse des coûts en s’appuyant sur la redevance incitative. Une partie de la redevance-déchet est en fonction de ce que les personnes produisent comme déchets destinés à l’incinération, ce qui implique le citoyen dans le contenu de ses poubelles. Même une redevance incitative avec une faible part variable lance une dynamique forte de tri. ( ) page 4 pour la stabilité des prix page 19 pour la baisse de 28%

La situation actuelle ne sera pas résolue dans l’immédiat. Une démarche zéro déchet engendre une augmentation des coûts de collecte mais elle réduit dans de plus grandes proportions les coûts de traitement et permet de faire des économies grâce à la prévention. Les coûts peuvent être importants les premières années (nouveaux circuits de collecte, coût de fonctionnement pour des actions de prévention…), mais la démarche permet une maîtrise des coûts sur le long terme.

C’est également une politique qui crée des emplois non-délocalisables et en partie accessibles à l’insertion. En effet, pour traiter 100 000 tonnes par an de déchets, cela nécessite 10 équivalents temps plein (ETP) en décharge – 29 ETP en incinérateur et 66 ETP en centre de tri, ainsi que plusieurs centaines dans le secteur de la réparation et du réemploi.

Citoyens modifiant ses habitudes de consommation, et élus en faveur d’une gestion ambitieuse des déchets : nous pouvons transformer notre territoire en nouveau pionnier du « Zero déchets » !

Simon Baumert
Carole Bridault
Marie Fabre
Zero Waste Strasbourg

#gaspillage

Hockey sur glace, au top du tableau mais toujours mineur à Strasbourg

Hockey sur glace, au top du tableau mais toujours mineur à Strasbourg

Vif, impressionnant, artistique et parfois un peu oublié… Le hockey sur glace se porte plutôt bien à Strasbourg mais malgré les bons résultats du club amateur et l’évolution de l’Etoile Noire en Ligue Magnus, ce sport reste dans l’ombre de la SIG et du Racing.

(suite…)

#Etoile Noire

Le Bishnoï, un festival de deux jours sur le tracé du GCO

Le Bishnoï, un festival de deux jours sur le tracé du GCO

Un festival de deux jours se déroulera en contrebas des jardins du château de Kolbsheim, sur le tracé de la future autoroute payante autour de Strasbourg.

Alors que les expropriations approchent (prévues pour juin 2016) les opposants au grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg intensifient l’opposition. Le week-end des 2 et 3 avril, c’est un festival de 2 jours qui se tient à Ernolsheim-Bruche, sur le tracé de la future autoroute payante.

Riverains ou Strasbourgeois dénoncent l’impact sur la nature et les terres agricoles de cette 2×2 voies, qui d’après leurs arguments ne réglerait pas les problèmes d’embouteillages et de pollution à Strasbourg, car la plupart des déplacements sont vers la capitale régionale, surtout les matins et soirs, et non à travers cette dernière.

Fin 2014, le maire de Kolbsheim Dany Karcher nous faisait visiter les lieux

Déclarer la zone « réserve du Bishnoï »

Le but de cette occupation festive et politique au pied du château de Kolbsheim (avec l’autorisation du châtelain) est de symboliquement déclarer la zone « réserve du Bishnoï » où les engins de chantiers seront interdits. Les Bishnoïs sont les membres d’un peuple indien qui défend la nature de manière pacifique.

C’est à cette communauté que Guillaume Bourlier récent membre du collectif GCO Non Merci et principal organisateur de la manifestation a voulu associer son opposition. Depuis quelques semaines, il constate un vrai mouvement à Ernolsheim où il habite :

« Il y aura 50 ou 60 bénévoles rien que de la commune. Pour Ernolsheim c’est énorme ! Le but est de faire une déclaration commune avec des opposants à l’aéroport Notre-Dame des Landes, à l’autoroute A31 en Lorraine et des Allemands de Rhénanie-Palatinat qui feront le déplacement. Le but est de se réapproprier la politique, pas seulement en votant tous les deux mois. »

Le long du canal de la Bruche le festival du Bishnoï se déroule sur un espace naturel où va passer la GCO (document organisateurs)
Le long du canal de la Bruche le festival du Bishnoï se déroule sur un espace naturel où va passer la GCO (document organisateurs)

Depuis mardi 29 mars, les organisateurs rencontrent quelques surprises poursuit Guillaume Bourlier :

« Un panneau du Département du Bas-Rhin indique “piste cyclable interdite” le long du canal, alors que c’est un itinéraire cyclable où d’autres véhicules peuvent passer. Et puis des piquets pour barbelés sont disposés pour enclaver des terrains privés, ce qui est interdit. »

Les organisateurs tablent sur un millier de personnes sur l’ensemble des deux jours.

Concerts et forums

Au programme : des animations, des concerts, ainsi que des ateliers et forums plus politiques (la pollution sur l’Eurométropole : état des lieux, rencontre d’opposants à différents projets en France et en Allemagne, accaparement des terres, comment organiser la lutte sur le terrain).

Les animations commencent à 13h30 le samedi et s’étirent jusqu’au dimanche vers 21h. Les participants pourront rester camper le samedi soir. Une petite restauration accompagnera les festivaliers.

Le programme du samedi…

(document organisateurs)
(document organisateurs)

… et du dimanche

(document organisateurs)
(document organisateurs)

Grèves jeudi, trafic SNCF « légèrement perturbé » en Alsace

Grèves jeudi, trafic SNCF « légèrement perturbé » en Alsace

Les cheminots alsaciens ne vont pas massivement arrêter de travailler jeudi pour défendre les droits des salariés du privé semble-t-il, puisque la SNCF table sur un trafic « légèrement perturbé » en cette journée de mobilisation contre la réforme du Code du travail.

Selon les prévisions de la SNCF, indiquées dans un communiqué, la compagnie prévoit du mercredi 30 mars à 19h au vendredi 1er avril à 8h :

    Strasbourg – Mulhouse – Bâle (TER200) : circulation normale Strasbourg – Metz/Nancy : circulation normale Strasbourg – Offenbourg : circulation normale Mulhouse – Müllheim : circulation normale Toutes les autres lignes régionales : environ 3 circulations sur 4 assurées

« Quelques perturbations » sur les grandes lignes

Sur les grandes lignes, la SNCF promet une circulation normale sur le TGV Est et seulement « quelques perturbations » sur le TGV Rhin-Rhône. Même le Strasbourg – Rennes / Nantes / Bordeaux n’est pas impacté. Puis :

    Zurich/Mulhouse – Paris Lyon : 4 TGV sur 5 Strasbourg – Lyon : 2 TGV sur 3 Strasbourg – Marseille : 2 TGV sur 3 Strasbourg – Montpellier : 1 TGV sur 2

Sur les Corail Intercités qui existent encore, la SNCF prévient que la liaison Bâle – Bruxelles n’est plus assurée, et que seulement 3 trains sur 4 circulent, entre Bâle et Strasbourg.

Se renseigner

La SNCF prévoit des informations mises à jour en gare par affichage, de tous les trains qui circulent, sur Internet (alsace.ter.sncf.com) et par téléphone au 0 800 77 98 67 pour le trafic du TER Alsace, et sur www.sncf.com pour les trains Grandes Lignes et au 0 805 90 36 35 (appels gratuits).

Des trains sans arrêt vers Metz dans la grande région

Des trains sans arrêt vers Metz dans la grande région

Le développement de l’offre pour les lignes des Trains Express régionaux (TER) du sud de l’Alsace (Strasbourg-Mulhouse-Bâle et Strasbourg-Sarrebourg-Metz) prend effet le 3 avril. Cette réorganisation ne s’appliquera pour les lignes TER du nord de Strasbourg (jusqu’à Niederbronn, Sarreguemines et Saverne) qu’à partir du 3 juillet car les TGV vers Paris continueront d’emprunter la ligne actuelle. Les principaux changements concernent la ligne vers Metz.

Les changements à venir pour la ligne Strasbourg-Sarrebourg-Metz :

    2 allers-retours sans arrêt vers Metz en 45 minutes (contre environ 1h30 selon le nombre d’arrêts) via le nouveau TGV vers Luxembourg (2h17) 4 allers-retours directs en TER 5 TER avec changement à Sarrebourg dans le sens Strasbourg-Metz 4 TER avec changement à Sarrebourg dans le sens Metz-Strasbourg

Il y aura donc moins d’allers-retours directs entre Strasbourg et Metz puisqu’on en compte 11 actuellement.

À ces changements vers la Lorraine s’ajoutent ceux au sud sur la ligne Strasbourg-Mulhouse-Bâle :

    3 TER s’ajouteront en semaine la desserte actuelle (départ de Strasbourg à 5h51 et 15h21 et départ de Bâle à 18h51) 4 TER (2 allers-retours) remplaceront les trains internationaux entre Strasbourg et Bâle : deux au départ de Strasbourg à 12h51 et 18h21 et deux au départ de Bâle à 13h21 et 16h21

Accident d’Eckwersheim : mise en service de la LGV le 3 juillet

Suite à l’accident du TGV d’essai à hauteur d’Eckwersheim en novembre 2015, les travaux de remise en état de la voie de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) et du pont sur le canal n’ont pas encore débuté. Mais Thomas Allary, le directeur territorial SNCF du réseau Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, a expliqué que la SNCF allait bientôt avoir accès au lieu de l’accident pour remettre en état la voie et le pont en deux temps :

    Le 3 juillet, une mise en service de l’infrastructure à deux voies sur 79 km et à voie unique sur les 27 derniers km entre Steinbourg à Vendenheim. Dans un second temps une mise en service complète de l’infrastructure, au plus tôt sept mois après l’autorisation de la justice

Autrement dit, le temps de trajet ne sera pas de suite d’1h46. D’après Sébastien Pavot, directeur commercial TGV EST, 80 % des TGV sur cette ligne ne devraient pas avoir un retard supérieur à cinq minutes.

Autre grand chantier au sens propre comme figuré, celui de la rénovation des gares et des rails. Dans la grande région ACAL, le total des investissements en 2016 se portera à 470 millions d’euros, dont 150 millions en Alsace.

Les horaires des grandes lignes du 3 avril au 2 juillet 2016

Edité par Jean-François Gérard

Grèves jeudi, pas de trams E, F, un tram A, B, C, D toutes les 20 minutes

Grèves jeudi, pas de trams E, F, un tram A, B, C, D toutes les 20 minutes

Jeudi, les syndicats et les partis de gauche entendent envoyer un message au gouvernement : non à la réforme du Code du travail. À Strasbourg, une manifestation doit partir de la place Kléber vers 14 heures. Cette mobilisation aura plusieurs conséquences sur les transports. La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) réduit son service de 6h du matin à 20h en soirée et prévoit un trafic bus et trams fortement perturbé par ce mouvement social.

L’après-midi, de fortes perturbations, voire un arrêt total du service de tram est à prévoir en raison de la manifestation qui s’élancera à 14h place Kléber.

Rien sur les lignes E et F du tram

Dans un communiqué, la CTS détaille ainsi ses prévisions :

    « Ligne A, ligne B, ligne C, ligne D : un tram toutes les 20 minutes. Les lignes E et F ne circulent pas. Ligne G : un bus toutes les 10 à 15 minutes environ. Ligne 2 : un bus toutes les 20 minutes environ. Ligne 4 : un bus toutes les 15 à 20 minutes entre Capucins et Hoenheim Gare. Desserte de Wolfisheim Stade, Poteries et Reichstett Mairie toutes les 30 à 40 minutes. Lignes 6 (Pont Phario – Marc Seguin) et 30 : un bus toutes les 15 à 20 minutes environ. Lignes 6a et 6b : un bus toutes les heures environ. Ligne 7 : un bus toutes les 30 minutes environ. Lignes 12, 13, 22, et 40 : un bus toutes les 40 minutes environ. Lignes 14/24 (Ancienne Douane – Kibitzenau) : un bus toutes les 20 minutes environ. Desserte de La Rochelle et Neuhof Stéphanie toutes les 35 à 40 minutes. Ligne 15 : un bus toutes les 15 minutes. Lignes 17 et 19 : un bus toutes les 25 minutes environ. Ligne 30 : un bus toutes les 30 minutes environ. Ligne 50 (Montagne Verte – Maison Rouge) : un bus toutes les 25 à 30 minutes environ. Desserte de Wacken et Schiltigheim Le Marais toutes les 50 à 60 minutes. Ligne 63 : un bus toutes les 45 minutes environ. Ligne 65 (terminus exceptionnel à Lipsheim Centre) : un bus toutes les 25 à 30 minutes environ. Ligne 70 : circule uniquement entre Parc des Sports et Robertsau Renaissance toutes les 40 minutes environ. Ligne 71 : un bus toutes les 40 minutes environ. Ligne 72 : deux bus par heure en heures de pointe et un bus par heure en heures creuses. Les lignes 21, 27, 31 et les navettes Robertsau et Entzheim circulent de 4h30 à 00h30 selon les fréquences habituelles. Les lignes de Nuit N1, N2 et N3 circulent de 23h30 à 5h30 selon les fréquences habituelles. Les lignes 10, 15a, 29, 62, 66 ainsi que les services Taxibus ne circulent pas. »

En cas de doute, la CTS propose à ses usagers d’appeler le 0800 73 73 15 (numéro vert appel gratuit depuis un téléphone fixe), ou de se connecter à leur site internet www.cts-strasbourg.eu.

Jeudi, nouvelle manifestation pour le retrait de la « loi travail »

Jeudi, nouvelle manifestation pour le retrait de la « loi travail »

Alors que la la ministre du Travail présente son projet de réforme du code du travail devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale ce mardi, une partie des syndicats restent opposés au texte et appellent à manifester jeudi, place Kléber à Strasbourg. La semaine va être critique pour Myriam El Khomri, qui va devoir convaincre une partie de la gauche et chercher le soutien des centristes de l’UDI au Parlement.

« Ni amendable ni négociable »

Malgré la suppression du plafonnement des indemnités aux prud’hommes sous la pression de la CFDT et d’autres syndicats, la CGT, FO et la FSU appellent toujours au retrait complet du texte, avec le soutien de la gauche de la gauche, des syndicats de lycéens UNL et FIDL et étudiants. Pour eux, ce texte ajoute trop de flexibilité dans le code du travail, au détriment des employés. Dans un communiqué, la CGT qualifie ce texte de « ni amendable, ni négociable ».

Le 9 mars, entre 224 000 et 500 000 personnes se sont retrouvées dans les rues des villes de France pour déclarer leur opposition à la première version du texte. Le 24 mars, la deuxième journée de mobilisation a rassemblé moins de monde.

 

Bienvenue sur votre nouveau Rue89 Strasbourg

Bienvenue sur votre nouveau Rue89 Strasbourg

Bienvenue sur votre nouveau site Rue89 Strasbourg ! Cette refonte graphique a été rendue possible par la réussite de notre opération de financement participatif en juin. C’est la première étape avant d’autres améliorations à votre média local préféré.

Il y a deux ans, Rue89 Strasbourg n’était pas peu fier de vous présenter la deuxième version de son site web. Et aujourd’hui, quasiment jour pour jour, voici donc la troisième version graphique de Rue89 Strasbourg.

Conçue par Upian pour Rue89 et adaptée à notre édition locale par Geoffrey Brossard, cette charte graphique se veut dédiée aux mobiles qui représentent désormais la moitié de nos quelques 10 000 visites quotidiennes. Nous avons choisi de concentrer nos efforts sur notre site web, plutôt que d’éditer une application qui aurait eu le même objectif principal mais qui aurait été beaucoup plus chère à développer et à maintenir sur les différentes plate-formes. Par ailleurs, un contenu, pour être partagé, doit être disponible sur le web.

Le gros du travail a donc été de rendre votre média local entièrement lisible sur les plus petits écrans, y compris lorsque nous publions des cartes, des vidéos ou des graphiques. Plus rapide à s’afficher, Rue89 Strasbourg est aussi compatible avec les nouveaux formats mobiles AMP de Google et Instant Articles de Facebook.

La Une a reçu quelques améliorations, avec l’apparition de deux menus : un premier qui s’active en cliquant sur l’icône avec trois traits en haut à gauche et un second en barre supérieure. Ces menus sont entièrement paramétrables, ce qui nous permettra de proposer des liens directs vers les dossiers chauds du moment. Trois rubriques font leur apparition officielle : économie, environnement et sports. Les articles reçoivent un « mot-clé principal », qui permettra de constituer plus facilement ces dossiers.

Les événements en partenariat avec le JDS

Nous avons renforcé notre agenda culturel, que nous ne réalisons plus nous-mêmes mais en partenariat avec le Journal Des Spectacles (JDS.fr), dont nous publions désormais les événements strasbourgeois directement sur Rue89 Strasbourg. Vous pouvez les retrouver sur la Une, au sommet de la rubrique culture et en liens dans tous nos futurs articles culturels.

Les blogs invités ont également bénéficié d’une importante mise à jour graphique, avec une vraie « home page » pour chacun d’entre eux.

Nous avons profité de cette refonte graphique pour régler quelques bugs et mettre à jour notre système de publication, ce qui n’était pas du luxe. La sécurité globale du site a été renforcée et les lecteurs ont désormais accès aux clés publiques PGP des journalistes, directement sur leurs profils, pour pouvoir leur écrire des messages cryptés.

Une mise à jour financée par les lecteurs

Cette importante mise à jour n’aurait pas été possible sans les quelques 865 contributeurs à notre opération de financement participatif (crowdfunding) en juin. Comme promis, ils sont tous mentionnés, soit par leur nom soit par leur pseudo, sur le mur des soutiens de Rue89 Strasbourg.

Qu’ils soient à nouveau remerciés d’autant que la refonte graphique mise en ligne aujourd’hui n’est que la première phase : nous entamons dès à présent la refonte des commentaires. Nous sommes peut-être les derniers, mais nous croyons encore aux vertus de l’interactivité avec l’audience pour enrichir, augmenter et partager l’information. Et nous avons quelques idées pour améliorer cet aspect que nous considérons comme essentiel, surtout pour un média local comme le nôtre.

Nous vous laissons parcourir les pages de votre nouveau site, il peut subsister de petits bugs. Si vous les signalez en commentaires, on promet de ne plus les ignorer.

Après le pont, Kehl se débrouillera avec le tram

Après le pont, Kehl se débrouillera avec le tram
Principal point de discorde, l'emplacement de la gare routière qui ne sera pas au niveau de la gare. (Photomontage Egis / mairie de Kehl)
Principal point de discorde, l’emplacement de la gare routière qui ne sera pas au niveau de la gare. (Photomontage Egis / mairie de Kehl)

L’extension du tram D vers Kehl est le grand projet de la ville allemande et va conditionner ses finances au moins jusqu’en 2020. Son coût n’est pas encore complètement financé. L’arrivée du tram doit servir de levier à la commune pour relever le défi de la pollution. À condition qu’elle réussisse la refonte du service de bus qui accompagne le projet.

Le pari est de taille pour Kehl. La commune allemande s’est engagée à payer 48,8 millions d’euros sur les 115 que coûte la construction de l’extension du tram D de l’arrêt Aristide Briand jusqu’à la mairie de Kehl. Un coût énorme pour cette ville de 35 000 habitants.

Ses dépenses ne s’arrêteront pas là. Pour l’exploitation de la partie allemande, Kehl devra ensuite sortir près de 800 000 euros par an. En bout de chaîne, l’amélioration du service de bus qui doit accompagner le projet demanderait encore un bon million chaque année.

Le financement de la construction de l’extension de la ligne de tram est déjà un défi en soit pour la municipalité, qui avait mis de côté 15,4 millions d’euros ces dernières années.

Des subventions sous conditions

Mais pour le reste, elle compte surtout sur l’Etat-région du Bade-Wurtemberg et sur l’Etat fédéral allemand. D’après ses prévisions idéales, ces deux financeurs pourraient abonder à 80% du coût du projet, sur présentation des factures. Mais cette part n’est qu’un seuil maximal et le montant de l’aide sera en fait aléatoire, comme l’admet Annette Lipowsky, directrice du cabinet du maire de Kehl :

« Nous espérons 26,2 millions de subventions : 20 % des coûts de construction de la part du Land du Bade-Wurtemberg et jusqu’à 60 % de la part de l’État allemand. Mais la participation de l’État fédéral dépendra en fait du nombre de projets allemands inscrits dans son programme de co-financement au moment où nous lui présenterons nos factures. Il aura une enveloppe définie à répartir entre tous ces projets. »

Dès le départ, Kehl a maximisé la partie allemande du projet d’extension du tram pour s’assurer qu’elle coûterait suffisamment pour être éligible à ces subventions. Pour ce faire, elle a choisi d’installer le terminus de la ligne non pas à la gare, qui centralise aujourd’hui tous les bus de l’agglomération, mais à la mairie, en centre-ville, d’où devra partir le futur service de bus.

Ainsi conçu, le projet global garantirait une mesure suffisante d’utilité aux yeux du Land du Bade-Wurtemberg, autre condition de soutien. Mais il a suscité la défiance de nombreux habitants à Kehl.

Pour l’heure, le projet définitif de connexion entre le tram et les bus de la ville n’est pas encore arrêté. Cela fait craindre à certains que le Land puisse encore revenir sur son diagnostic d’utilité, et donc sur son soutien au projet.

Le tram pourra faire demi-tour après la station Port du Rhin

Au-delà de la question du financement de la construction, reste encore à voir ce que va coûter l’exploitation du tram à la Ville. À terme, le tram D doit desservir trois stations côté allemand : la gare en juin 2017, puis la Realschule et la mairie fin 2017. Dès que le tram sera en service, le bus 21 qui relie pour le moment la station française Jean-Jaurès à la gare puis à la mairie de Kehl sera supprimé.

L'intérieur du tram reste ordinaire.
Le tram D reliera prochainement la gare de Kehl à la place Kléber en 25 minutes.

Comme c’est le cas pour la ligne de bus 21 aujourd’hui, la desserte de trois stations de tram allemandes sera à la charge de Kehl, qui devra abonder chaque année le déficit d’exploitation de la CTS.

Elle devra d’abord le payer entre la station française Port-du-Rhin et la gare de Kehl, puis entre le milieu du pont sur le Rhin et la mairie de Kehl quand ce terminus définitif entrera en fonctionnement.

Tous les trams de la ligne D ne circuleront pas jusqu’à Kehl. La plupart s’arrêteront à la station française Port-du-Rhin et feront demi-tour avant le pont transfrontalier, à raison d’un tram toutes les huit minutes.

Un tram toutes les douze minutes

Côté allemand, Kehl et l’Eurométropole se sont accordées dès 2012, sur une fréquence d’un tram toutes les 12 minutes. En 2013, Kehl et la CTS ont pourtant décidé d’augmenter les liaisons du bus 21 pour répondre à sa forte fréquentation et de passer d’un bus toutes les 12 minutes à un bus toutes les 9 minutes aux heures de pointe. Cette adaptation n’a pas remis en question la fréquence à venir du tram.

Pour défendre ce choix, les deux collectivités mettent en avant qu’un tram peut transporter beaucoup plus d’usagers qu’un bus. Mais le choix est surtout financier. Car même avec cette desserte minimale, la charge va être lourde pour la commune allemande et elle n’a pas encore trouvé la solution pour la financer.

Une fois le trajet complet en service, Kehl prévoit qu’elle devra trouver au moins 750 000 euros chaque année pour équilibrer l’exploitation du tram, et rembourser la CTS pour la mise à disposition d’une rame de tramway supplémentaire. C’est plus de trois fois son budget actuel pour le bus 21.

300 000 euros à trouver pour l’exploitation

Pour y faire face, Kehl prévoit de reporter sur le budget tram les dépenses qu’elle n’aura plus à payer d’ici là pour d’autres projets achevés. Mais il lui manque encore plus de 300 000 euros à trouver dans son plan de financement.

La municipalité espère les gagner grâce à la réorganisation de son système de distribution d’électricité. Plusieurs distributeurs d’électricité paient Kehl pour utiliser son réseau. Les derniers contrats de concession sont arrivés à termes en 2014 et la municipalité espère désormais réussir à négocier des contrats plus avantageux pour elle et affecter le surplus de recettes à l’exploitation du tram.

Ce pari fonctionnera-t-il ? La municipalité a pris plus deux ans de retard sur le sujet pour optimiser son appel d’offre, qui n’est toujours pas lancé.

Les autres investissements reportés

Même avec ces plans optimistes, La Ville va devoir revoir ses ambitions dans les prochaines années. Elle n’a aujourd’hui plus de marge pour s’engager dans de nouveaux projets. Ce sont les petits investissements courants qui devraient en pâtir. Pour y faire face, il faudrait que Kehl s’endette.

En avril, les élus vont se pencher sur le budget municipal des trois prochaines années et décider s’ils reportent des projets, augmentent les impôts, ou prennent une nouvelle ardoise. Une solution que le maire Toni Vertrano (chrétien démocrate) a déjà dit ne pas privilégier. La modernisation des trois piscines de la Ville ou encore de la médiathèque pourraient donc attendre après 2020.

Le défi de la circulation

Pour quels avantages Kehl a-t-elle donc accepté de s’engager dans ce projet transfrontalier ? Pour Annette Lipowsky, l’enjeu de l’arrivée du tram à Kehl est loin d’être symbolique et il y avait urgence à juguler la circulation automobile à la frontière :

« En semaine, 36 000 voitures passent sur le pont de Kehl chaque jour et 42 000 le samedi. 56 % de cette circulation est constituée de trajets courts. On avait vraiment besoin de trouver une autre façon de traverser la frontière. D’autant plus que les urbanistes prévoient dans les prochaines années une augmentation de 30% de la circulation, même avec la mise en place du tram. Avec les 18 000 nouveaux habitants dont l’installation est prévue au Port du Rhin, la situation deviendrait complètement ingérable sans le tram. Et tout cela entraîne une pollution atmosphérique et sonore très élevée. Il est nécessaire d’améliorer la qualité de vie des gens qui habitent là. »

Un service à la population transfrontalière

La Ville estime que 40 à 45% des clients des commerces du centre-ville de Kehl sont français. Cette part est encore bien supérieure pour les grandes surfaces allemandes situées après la gare de Kehl. Pour les commerçants, l’arrivée du tram depuis Strasbourg porte la promesse d’une nouvelle clientèle.

Pour Annette Lipowsky, il offrira aussi un confort à de nombreux habitants transfrontaliers au quotidien :

« Nous prévoyons 9 000 passagers du tram par jour jusqu’à la gare. Certaines entreprises à Kehl comptent plus de 30% d’employés alsaciens. En tout entre 7 000 et 8 000 Alsaciens travaillent à Kehl. 3 000 Français habitent à Kehl et travaillent pour leur majorité à Strasbourg. 200 enfants de Kehl sont scolarisés à Strasbourg, une centaines d’enfants strasbourgeois viennent à l’école à Kehl. »

Alors que le bus 21 s’arrête vers 22h, la prochaine circulation du tram jusqu’à plus de minuit devrait aussi permettre aux Kehlois un meilleur accès aux lieux culturels de Strasbourg. En 2015, le TNS a accueilli 1% de spectateurs allemands. Le tram rendra-t-il aussi Kehl attractive aux Strasbourgeois aisés ? Un élu vert allemand confie :

« À qui s’adresse le tram ? Les populations aisées ont plus de facilité à prendre le tramway que le bus. On le voit bien avec le bus 21, qui est toujours plein de pauvres qui viennent acheter leur tabac. La question est de voir si le tram permettra d’attirer d’autres couches sociales. »

Dans leurs négociations sur les conditions d’exploitation du tram, l’Eurométropole et Kehl achoppent encore sur la question des tarifs des tickets, difficile à harmoniser entre les deux pays. À Kehl, le ticket de transport, valable pour tout le réseau de bus jusqu’à Offenburg, coûte 3 euros, contre 1,70 euros à Strasbourg.

Des habitants de Kehl réfléchissent ensemble au futur réseau de bus, le 21 mars, lors d'un café citoyen. Leurs propositions seront présentées au conseil municipal en avril. (Photo CG/ Rue89 Strasbourg/ cc)
Des habitants de Kehl réfléchissent ensemble au futur réseau de bus, le 21 mars, lors d’un café citoyen. Leurs propositions seront présentées au conseil municipal en avril. (Photo CG/ Rue89 Strasbourg/ cc)

Derrière tout ça, l’arrivée du tram à Kehl doit redessiner le service de bus de la ville. Et c’est là tout l’enjeu qui préoccupe les habitants aujourd’hui. Les petites communes, majoritaires au sein du conseil municipal, ont dès le départ posé comme condition à leur soutien au projet de tram une amélioration du service de bus, qui les raccorde au centre de Kehl.

Un réseau de bus à améliorer

Mais une fois le tram financé, que restera-t-il à la municipalité pour garantir un service de bus amélioré ? Son budget n’est pas encore arrêté, mais il risque de calmer les ambitions de Frank Gericke, du cabinet Modus Consult, en charge de définir le nouveau concept global de circulation de Kehl.

Son projet prévoit une refonte du réseau de bus, avec 4 nouvelles lignes au cœur de la ville et un départ au maximum toutes les 30 minutes pour chaque bus vers les communes périphériques, depuis la mairie.

L’expert évalue l’exploitation de ce futur réseau entre 2 millions d’euros par an, pour sa version la plus développée, et 1,1 million pour sa version minimale, avant déduction des recettes des tickets.

Harald Krapp, l’adjoint au maire de Kehl en charge des services techniques, a d’ores et déjà fait savoir en février qu’il tablait pour sa part sur une version minimale « bien inférieure à un million » et que l’enveloppe municipale prévue ne serait que de 600 000 euros par an, à partir de 2018.

Quoi qu’il en soit, pour réussir son pari, Kehl va devoir convaincre le maximum de gens d’abandonner leurs voitures pour les transports en commun et leur garantir des connexions efficaces.

Côté kehlois, la question est loin de faire l’unanimité et le maire continue de ménager les automobilistes dans son projet. Les plans de Frank Gericke pourraient être prochainement amendés. Suite aux nombreuses critiques des Kehlois, la municipalité a tiré au sort une quinzaine de citoyens qui ont travaillé sur son projet et formulé des propositions de modification sur les lignes de bus, la disposition et l’accès aux parkings, et les nouveaux sens de circulation dans la ville.

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg : À Kehl, fronde autour du tram vers Strasbourg

#Frank Gericke

Quand des lycéens visitent Auschwitz…

Quand des lycéens visitent Auschwitz…

Une classe de lycéens de Strasbourg a visité l’ancien camp de concentration d’Auschwitz. Les questions parfois un peu décalées des élèves ont surpris leurs professeurs.

(dessin Laurent Salles)
(dessin Laurent Salles)

Ind’hip’hop, le festival du rap indé à Strasbourg et Mulhouse

Ind’hip’hop, le festival du rap indé à Strasbourg et Mulhouse
The Pharcyde
The Pharcyde sera à l’espace Django Reinhardt le 6 avril (photo Delphine Migueres)

La 5è édition du festival Ind’hip’hop, organisée par l’association Pelpass, se déroule du 29 mars au 6 avril. Au programme : éclectisme et flow sans frime avec des têtes d’affiche internationales et françaises, des (quasi) exclusivités, et beaucoup de découvertes.

28 artistes originaires d’Europe, des États-Unis et d’Afrique du Sud (Dookoom), un solide et talentueux plateau alsacien et six salles pour permettre au festival Ind’hip’hop de vivre et s’exprimer durant neuf jours, essentiellement à Strasbourg mais aussi à Mulhouse pour une soirée (le 2 avril avec The Four Owls notamment). Rue89 Strasbourg vous propose sa sélection, sachant que le programme complet et l’agenda des concerts sont bien plus exhaustifs.

La légende américaine : The Pharcyde le 6 avril

C’est l’une des références emblématiques du rap West Coast alternatif de la toute fin des années 80 et surtout des années 90. Formé à Los Angeles, emmené par Imani, Bootie Brown, Slimkid3 et Fatlip, The Pharcyde marque durablement l’histoire du hip hop alternatif avec son premier album Bizarre Ride II the Pharcyde (1992), produit par J Swift, et dont le single Passin’ Me By devient un hit incontournable avec ses samples de Quincy Jones, Weather Report et Jimi Hendrix Experience.

Mais l’un des autres tours de force de The Pharcyde, c’est cet autre hit, Drop, extrait du deuxième album Labcabincalifornia (1995), et dont le clip réalisé par Spike Jonze (qui réussit la prouesse de synchroniser la bande son avec une vidéo montée à l’envers) est un modèle du genre passé à la postérité :

The Pharcyde sera sur la scène de l’espace Django Reinhardt le 6 avril pour l’une de ses quatre dates françaises.

Les inédits en France : Dirty Dike et Four Owls

Dirty Dike (le 29 mars au Molodoï) est l’un des MC’s les plus illustres d’outre-Manche. Son nom de scène parle pour lui et ses productions vont dans le même sens : affreuses, sales et bien méchantes. Bref, c’est certainement l’anglais le plus crade du moment, chantre du quinzième degré, véritable showman et malheureusement porté sur le gaspillage alimentaire :

Le même soir, le 29 mars, le Molodoï accueillera aussi le duo américain de Minneapolis Kill the Vultures (Crescent Moon et Anatomy) uniquement programmé sur cinq dates dans l’Hexagone.

Les quatre Londoniens de The Four Owls, quant à eux, ne mettront les pieds en France que pour la soirée délocalisée d’Ind’hip’hop à Mulhouse, le 2 avril au Noumatrouff. Ce supergroupe de 4 MC’s aux masques de hiboux – Fliptrix, Verb T, Leaf Dog et BVA – propose des beats typiques du New York des années 90, avec des influences émanant de RZA ou DJ Premier par exemple.

Les autres pointures du rap américain : Asher Roth et Pseudo Slang

Asher Roth, 31 ans, a commencé sa carrière de manière remarquée et remarquable, entrant immédiatement dans la cour des grands il y a dix ans avec un premier album au nom de baptême prémonitoire : Believe the Hype. Son premier single I Love College fait le buzz sur internet et restera à jamais lié à son auteur, étudiant au moment de sa sortie.

Asher Roth a notamment travaillé avec Pharrell Williams, The Roots ou encore Chris Brown. Il vient de publier un EP avec Nottz (avec qui il sera sur la scène du Molodoï le 3 avril), beatmaker et rappeur américain de renom qui a produit pour Kanye West, Snoop Dog, Busta Rhymes et J Dilla.

Le tandem Pseudo Slang (MC Sick et DJ Form), originaire de Chicago, enflammera quant à lui le Fat Black Pussycat le 5 avril avec ses beats parfaits.

Un rap français métissé et varié : Fixpen Sill et Demi Portion

Les deux compères de Fixpen Sill seront à l’affiche de la soirée d’ouverture du Molodoï le 29 mars. Un flow raffiné, une rime acerbe, des métaphores cinglantes, des instrus percutantes et denses et surtout une plume bien aiguisée. C’était la formule gagnante d’un premier EP publié en 2011 (Le Sens de la Formule) et on retrouve ces ingrédients sur le tout nouvel album des Nantais, Edelweiss :

Plateau entièrement francophone le 31 mars, toujours au Molodoï, avec notamment Demi Portion en tête d’affiche. Demi Portion, c’est ce Sétois qui n’a pas sa langue dans sa poche, ex membre des Demi Portions et du crew Les Grandes Gueules, auteur d’un premier album solo (Dragon Rash) en 2015, très bien accueilli par la critique. Son rap politique et engagé, porté par son flow à l’accent sudiste, l’avait aussi amené à collaborer avec Oxmo Puccino ou Disiz.

Une affiche régionale solide et bien relevée

Le rap made in Alsace n’est pas en reste à l’occasion de cette 5è édition du festival Ind’hip’hop. À commencer, le 31 mars au Molodoï, par le Strasbourgeois Kadaz, l’aiguiseur de tympans de La Mixture et du collectif Sans Pitié.

Le lendemain, 1er avril au Shadok, place au collectif strasbourgeois Freez (Eli Finberg, Arthur Vonfelt, Octave Moritz), orfèvre d’un hip hop groovy teinté de jazz et de funk.

Les autres régionaux de l’étape de ce millésime 2016 d’Ind’hip’hop s’appellent D-Bangerz, Artcore State of Mind et Goomar & Saligo (le 2 avril au Noumatrouff de Mulhouse) ainsi qu’Alameda Slim, programmé avec l’Américain Token en date isolée le mardi 12 avril au Fat Black Pussycat.

En trois minutes, les doctorants essaient de rendre la science compréhensible

En trois minutes, les doctorants essaient de rendre la science compréhensible
Ma thèses 180 sec
Jugurtha Kariche a séduit par son humour pour parler de tremblements de terre, mais a subi un long trou de mémoire. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Trois minutes pour présenter trois ans de travail. Avec « Ma thèse en 180 secondes » les doctorants des deux universités alsaciennes se prêtent à un difficile exercice pour rendre la science accessible au grand public.

« Aujourd’hui, on ne va parler ni d’extrémisme, ni de terrorisme ou d’hipsterisme, mais de séisme ! » La formule de Jugurtha Kariche, algérien et barbu, fait mouche. La salle rit et écoute. En 180 secondes, pas une de plus, il doit expliquer son sujet de thèse : comment les séismes se répondent et s’articulent avec les failles. Il prend l’exemple des dominos. Malheureusement, un trou de mémoire coupe ce bel élan deux minutes plus tard.

Tel est le défi des 19 doctorants lors de cette finale régionale (format 22 régions) de la troisième édition de « Ma thèse en 180 secondes« . On y apprend que manger un Mars est parfois meilleur qu’une pomme, pourquoi tout le monde se souvient de « sa première fois », alors qu’on oublie d’autres événements plus récents, ou que les « ouvertures faciles » qui résistent, c’est peut-être bientôt fini avec des emballages qui réagissent à la température.

Adopte un mec pour expliquer la biologie

Reflet de notre époque, deux participants se sont inspirés du site de rencontres Adopte un mec pour appuyer leur démonstration. L’une pour les neurones qui secrètent les souvenirs (dont ceux de la première fois), l’autre pour le virus du SIDA, cette molécule qui ne s’attache pas aux autres et que les nouveaux traitement essayent justement de rendre enfin fidèle. Ce dernier, Mathieu Pires, a remporté le prix du public et la deuxième place du jury. Il a su tenir la métaphore tout au long de sa présentation.

Reportage de France 3 Alsace

Revers frustrant du format, les doctorants présentent l’intérêt de leur sujet, mais pas vraiment ce qu’ils ont pu trouver lors de leurs travaux. Les participants n’ont qu’une seule diapositive comme support et trois mots notés sur un ordinateur à côté de l’angoissant compte à rebours. Il faut avant tout convaincre par les mots, maîtriser son temps et son stress.

Quelle idée passent des jeunes doctorants en quelques minutes à des profanes ? Celle que la science, c’est aller toujours plus loin. Pour continuer dans le domaine des souvenirs, il a d’abord fallu comprendre que deux neurones différents se connectent pour former la mémoire. On a ensuite découvert que c’est un noyau reuniens qui les met en relation (la comparaison avec le site de rencontre est toute trouvée). Désormais, on essaie de comprendre pourquoi ce reuniens agit certaines fois et d’autres non. Du coup, Amélie Gressier étudie le comportement de rats dont le reuniens a été détruit.

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Un amphithéâtre bien rempli et attentif à l’Institut de Science et d’Ingénierie Supramoléculaires (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En 2014, la gagnante venait de Strasbourg… et fait du théâtre depuis

À Strasbourg, on connait bien « Ma thèse en 180 secondes », un concept inventé en Australie. Pour la première édition en 2014, Marie-Charlotte Morin avait remporté la finale nationale. Elle avait réussi à tenir en haleine des millions d’internautes en parlant de… cellules rectale des vers ! (la vidéo ici)

Une fois sa thèse terminée, la jeune femme a gardé le goût de la scène. Elle dirige une troupe de théâtre de vulgarisation scientifique. Sa première pièce « Tout le monde descend » qui explique et oppose aux obscurantismes la théorie de l’évolution de Charles Darwin sera au camionneur du 31 mars au 2 avril.

Un débouché bien loin de la recherche universitaire classique, qui réjouit le président de l’Université de Strasbourg, Alain Beretz :

« Ce type d’événements sert à faire connaître que trois ans de thèse ne débouchent par forcément sur de la recherche à l’Université. On distingue la formation “à la recherche” de la formation “par la recherche”. C’est ce qu’il faut développer. Dans d’autres pays, docteur est un statut et il y en a dans les entreprises ou l’administration. La thèse, c’est une rigueur, une technique de travail. On questionne toutes les données et on rencontre des échecs, mais constructifs, donc on n’a moins peur d’échouer à l’avenir. Savoir présenter des travaux complexes avec des mots simples à des non-spécialistes, ça leur servira toute leur vie. Il existe même le concept d’elevator pitch (argument éclair en français ndlr), savoir présenter un projet le temps d’un trajet en ascenseur. »

Ne pas continuer sa thèse par de la recherche universitaire, un propos qui trouve écho chez Nicolas Loy, dont les travaux portent sur un moyen pour que les chirurgiens soient moins exposés aux rayons X grâce à la réalité augmentée. Le doctorant de l’Icube, qui a comme champs d’application privilégiés l’ingénierie pour la santé, l’environnement et le développement durable, s’imagine davantage poursuivre dans des entreprises, voire des start-up :

« Je pense qu’on peut avoir plus d’impact sur la société avec de la recherche appliquée que fondamentale. »

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Les participants n’ont qu’une diapositive comme support. Il faut avant tout faire preuve d’aisance sur scène. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Peu de sciences sociales

Ils ne se connaissaient pas et après plusieurs séances de préparation avec le Jardin des Sciences, ils forment une petite équipe soudée. Ils prévoient de se revoir pour regarder la finale nationales sur internet. La plupart ont voulu se lancer « un challenge personnel », dixit David Nogueira qui travaille sur l’addiction à la cocaïne. »Tous les doctorants ont envie de parler de leur thèse », ajoute Marlena Betzner qui travaille sur de l’imagerie haute résolution sur les microbes. L’occasion est trop belle, avec le secret espoir de marcher dans les traces de Marie-Charlotte Morin. Le plus dur, c’est d’arrêter le jargon de spécialistes et d’aller à l’essentiel.

Mais malgré les efforts des candidats, il leur arrive de décrocher du sujet lors de quelques secondes d’inattention. Surtout que la majorité des sujets relève des sciences « dures » et rentrent vite dans des considérations complexes. Parmi les 19 participants, 15 avaient un sujet en lien avec la chimie ou la biologie. Polymères, bactéries, neurones, molécule, fibres, etc sont leur dada.

Sur scène (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Si on dépasse d’une seconde, c’est l’élimination. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Milan Koci, qui a parlé d’Économie en comparant les notions d’éthique, d’utilitarisme et de marxisme, s’est justement étonné d’être l’un des rares représentants des Sciences humaines. Une situation qu’Alain Beretz explique aussi par une réalité sociale : il y a moins de contrats doctoraux dans ces secteurs :

« Il n’y a pas de quota. Il y a peut-être une plus grande timidité dans les Sciences humaines, mais aussi beaucoup de doctorants dans ces domaines doivent travailler à côté et ont moins de temps libre pour se lancer dans un tel challenge. »

À la fin des deux heures de présentation, c’est Philippine Chambault de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS) qui l’emporte. Elle défendra l’Alsace à la finale nationale à Bordeaux le 31 mai. Elle étudie, en plaçant des balises sur des tortues, ce qui impacte ou non leurs migrations le long de l’Amérique du Sud. Moralité ? Une fois dans l’eau, la tortue est bien plus rapide que le lièvre.

Les vidéos seront en ligne sur le site utv.unistra.fr dans les prochains jours.

Aller plus loin

Sur France 3 Alsace : Strasbourg : 180 secondes pour expliquer une thèse (vidéo)
Sur Arrêts sur images : « Ma thèse en 180 secondes » : un an après, que sont devenus les chercheurs finalistes ? (en 2015)

#Jardin des sciences

Décorer les conteneurs, l’idée de Strasbourg pour doper le tri du verre

Décorer les conteneurs, l’idée de Strasbourg pour doper le tri du verre
Les nouveaux conteneurs doivent être incitatifs, selon leurs promoteurs (Photo : BW / Rue89 Strasbourg)
Les nouveaux conteneurs doivent être incitatifs, selon leurs promoteurs (Photo BW / Rue89 Strasbourg)

L’Eurométropole de Strasbourg a lancé un appel à projets « création urbaine sur conteneurs à verre », persuadée que si les collecteurs sont plus jolis, les gens trieront plus. Pas sûr.

En 2014, chaque habitant de l’Eurométropole a envoyé au recyclage 23,6 kg de bouteilles, bocaux et autres emballages en verre. Mais selon la commune, ce chiffre passe du simple au double : 23,3 kg/hab. de verre a été récupéré à Bischheim contre… 47,9 kg/hab. à Mundolsheim.

Car à Strasbourg comme ailleurs, le tri s’effectue moins en ville qu’à la campagne. L’habitat y est plus vertical et plus dense, laissant moins de place aux « points d’apport volontaire » comparé au nombre d’habitants : le maillage des conteneurs est moins dense. Sans compter que le service porte-à-porte des ordures ménagères, en vigueur à Strasbourg, n’incite pas au tri du verre.

Mille tonnes de verre triées en plus en 2018

En février 2014, le ministère de l’Écologie a mandaté Éco-Emballages, entreprise privée qui collecte une taxe sur les emballages pour encourager le tri et le recyclage, pour gérer un Plan de relance national du tri des déchets. But : atteindre 75% d’emballages triés. L’État reste modeste puisque ce taux est identique à celui qu’il s’était déjà fixé en 2012, sans succès (67 % de déchets triés cette année-là).

À Strasbourg, ce plan concerne surtout la collecte du verre, avec pour objectif de trier mille tonnes supplémentaires en 2018. Soit, par rapport aux 11 116 tonnes collectées en 2014, une hausse de 9%.

Pour tenter d’y parvenir, 50 conteneurs doivent être installés à la fin de l’année 2016, en plus des 622 actuellement présents sur l’Eurométropole. Et pour qu’ils soient utilisés, ils seront « habillés » par des artistes en création urbaine. Car pour les promoteurs de cette opération, Éco-Emballages, l’Eurométropole et l’Accro, association strasbourgeoise pour « l’économie créative », les conteneurs, cubes en tôle aux couleurs passées, sont couverts d’affiches et de graffitis et inviteraient davantage à passer son chemin qu’à y déposer le verre usagé. En demandant aux artistes de les habiller, ils espèrent en faire des objets attrayants, invitant le tout-un-chacun à s’en approcher et à les utiliser davantage.

« De l’humour, des clins d’œil, et des messages »

Un appel à projets avait été lancé en ce sens jusqu’au 24 mars. Les lauréats devraient être départagés courant avril. Il donne quelques pistes de travail aux artistes : messages d’information, références historiques ou encore partenariat avec des écoles. Aude Plassard, la directrice artistique d’Accro, décrit :

« De l’humour, des clins d’œil, et des messages peut-être un peu persuasifs, corrosifs ou rigolos peuvent être tout à fait attendus pour interloquer et, qui sait, appréhender le geste de tri autrement qu’aujourd’hui. Il s’agirait de ne plus considérer le déchet comme quelque chose de négatif, mais de l’interroger dans sa valeur ajoutée ».

D’après elle, cela permettra aussi de mieux faire connaître des pratiques artistiques. Après la tenue du jury en avril, il devrait y avoir cinq lauréats, chacun déclinant sa proposition sur dix conteneurs et se voyant remettre 2 400€. Les premiers conteneurs habillés devraient apparaître sur nos trottoirs avant l’été.

Ce plan de relance du tri strasbourgeois doit être complété par deux autres volets (lire ci-contre), pour un coût total de 447 000€, dont 370 000€ apportés par Éco-Emballages. La moitié doit être allouée aux conteneurs décorés. Parmi les dépenses couvertes, l’achat et l’habillage des conteneurs (environ 2 000 € pièce pour un conteneur en surface, 15 000€ pour un enterré), et l’engagement d’un designer pour assurer le suivi artistique du projet.

Centre-ville, Neudorf et Bischheim prioritaires

Tous les quartiers de Strasbourg et toutes les communes de l’Eurométropole ne profiteront pas de ces conteneurs supplémentaires. Les lieux de pose définitifs restent « en cours d’identification », mais une liste de 58 emplacements pressentis est délivrée en annexe de l’appel à projets. Parmi eux, 28 sont au centre-ville et autour de la gare, et 19 au Neudorf (Schluthfeld et Musau inclus). Le reste se partage entre Bischheim (5 emplacements), Lingolsheim (deux places), Cronenbourg (deux places également) et Koenigshoffen-Montagne Verte-Elsau (deux place en tout).

Les zones géographiques qui apparaissent les plus favorisées sont en fait, selon le service collecte et valorisation des déchets de l’Eurométropole, plus « difficiles » que les autres, du fait de la densité de l’habitat : par manque de place au sol, les conteneurs n’ont pas pu jusqu’à présent y être ajoutés en nombre suffisant. Alors qu’Éco-Emballages préconise une densité d’un conteneur pour 600 habitants, elle est dans l’Eurométropole d’à peine un conteneur pour 756 habitants en moyenne.

Pourquoi ne pas ajouter en priorité ces conteneurs dans les quartiers dits prioritaires aux yeux de la politique de la ville ? Bien que leur population ne soit pas forcément moins dense qu’ailleurs, leur habitat offre davantage d’espace et favorise une meilleure densité de conteneurs, avance Françoise Bey, vice-présidente de l’Eurométropole en charge de la collecte, de la gestion et de la valorisation des déchets.

Les principaux quartiers concernés : le centre-ville et le Neudorf, ainsi que la commune de Bishheim (Photo : BW / Rue89 Strasbourg).
Les principaux quartiers concernés à Strasbourg : le centre-ville et le Neudorf (Photo : BW / Rue89 Strasbourg).

Au-delà de l’environnement, l’économie

Si l’Eurométropole et Éco-Emballages souhaitent encourager le tri, ce n’est pas uniquement par souci de préserver l’environnement. Les refus de tri coûtent cher, tout comme l’incinération et le traitement qui la suit. Des coûts qui s’ajoutent à la facture des travaux et de l’arrêt d’une partie des lignes de Sénerval, l’usine d’incinération des ordures ménagères de Strasbourg, suite à la découverte d’amiante sur le site.

À l’échelle nationale, une tonne de verre triée permet d’économiser 130€ en traitement des déchets, indique Christophe Neumann, directeur régional d’Éco-Emballages. Un chiffre également valable pour Strasbourg. Autre intérêt selon Christophe Neumann, le renforcement d’une économie circulaire locale :

« Aujourd’hui, près de 90% des déchets triés sont recyclés en France. Le recyclage du plastique est à Colmar, mais aussi à Verdun et dans les Vosges. Les papiers-cartons peuvent être traités à Haguenau et à Kaysersberg. Le verre, c’est dans les Vosges. Il y a aussi du recyclage des métaux dans le Haut-Rhin. Donc quand je fais le geste de tri, je permets à une industrie locale de se développer ».

Passer du recyclage à la consigne

Pour les associations écologistes comme le collectif Zero Waste (zéro déchet) de Strasbourg et France Nature Environnement, l’idée d’habiller les conteneurs permet surtout de rappeler l’existence des déchets plutôt que de les cacher. Mais la décoration ne leur apparaît cependant pas être la priorité dans le cadre d’un plan de relance du tri.

Elles voudraient aller plus loin : plutôt que de n’encourager que la « grande boucle » de l’économie circulaire qu’est le recyclage, elles promeuvent le développement de sa « petite boucle », c’est-à-dire les consignes locales et le réemploi des déchets en verre. Soit, in fine, la réduction des déchets à la source. Car même le recyclage consomme de l’énergie et engendre des émissions de gaz à effet de serre, d’après elles.

De son côté, Marie Fabre, du collectif Zero Waste, considère que les deux « boucles » peuvent être alliées :

« Une bouteille de verre peut être réutilisée jusqu’à dix ou vingt fois. Quand elle est en fin de vie et que son réemploi a été bien valorisé, il est intéressant de pouvoir la recycler localement ».

Françoise Bey se considère en accord avec cette dernière assertion et, dans l’absolu, dit préférer la consigne au recyclage. Mais elle estime qu’il manque encore des directives nationales et une réflexion locale à ce sujet, notamment en termes de standardisation de format des bouteilles : leur variété limite les possibilités de réemploi. Elle considère également que, contrairement au seul tri, la consigne pourrait être un vecteur « social » pour ses usagers, du fait de l’argent qu’elle permet de récupérer.

Au conseil de l’Eurométropole, l’augmentation des abonnements CTS

Au conseil de l’Eurométropole, l’augmentation des abonnements CTS
Robert Herrmann (PS), président de l'Eurométropole, ici en conseil municiapl (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole, ici en conseil municiapl (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En direct – Hausse des abonnements CTS, reprise du fonctionnement de la patinoire par la collectivité et logements sociaux dans les communes qui en manquent, le premier conseil de l’Eurométropole de l’année s’annonce chargé.

Le conseil de l’Eurométropole ne s’était toujours par réuni en 2016. Il y avait bien eu deux séances de commission permanente à huis clos et en comité restreint, mais les 95 élus des 28 communes de Strasbourg et son agglomération vont enfin se réunir pour une séance publique ce jeudi 24 mars dans l’hémicycle du centre administratif.

La décision qui risque de causer le plus de débats est la hausse du tarif des abonnements de la Compagnie de transport de Strasbourg (CTS) de 1,40 euros par mois sur tous les abonnements à tarifs pleins, soit de 48,40 € à 49,80 € pour la catégorie 26-64 ans et de 24,20 € à 25,60 € pour les moins 25 ans et plus 65 ans. Pour les autres abonnements, l’augmentation sera de 70 centimes par mois. Les abonnements combinés CTS / Citiz et Velhop augmenteront, eux de 30€ par an. Cette décision s’appliquera le 1er juillet 2016. Le prix des ticket, augmenté de 10 centimes l’an dernier pour ceux en papier, reste identique.

4 communes manquent de logements sociaux, la patinoire gérée par l’Eurométropole

Autre gros pavé, celui des logements sociaux. Quatre communes ne sont pas dans les clous vis-à-vis de la loi SRU, à savoir 25% de logements à loyer modéré dans les communes de plus de 3 500 habitants (une promesse tenue du président Hollande) : La Wantzenau, Eckbolsheim, Reichstett et Vendenheim. Ces villes s’exposent à des amendes et à perdre leur droit de préemption (passer devant un acheteur lors de la vente d’un bâtiment). Une convention sur trois ans entre ces dernières, l’État et l’Eurométropole a pour objectif d’être dans les règles en 2025. L’Eurométropole accompagne au cas par cas ces communes avec des primes de quelques milliers d’euros par logement.

Enfin, la collectivité a décidé de reprendre la gestion de la patinoire. Depuis l’inauguration de l’Iceberg en 2005, ce sont des sociétés qui en géraient l’exploitation. Mais depuis le début de son contrat en 2011, la société Ellipse a cumulé 457 000€ de pertes, bien loin des prévisions optimistes de l’époque de la signature. Après des années à 120 000 entrées avant les années 2010, la fréquentation avoisine les 95 000 en 2014, en baisse par rapport à 2013. L’Eurométropole avait pourtant décidé fin 2014 la hausse des prix de 5,20€ à 5,40€, en vain. La société a demandé qu’on abrège ses pertes.

Pire, la collectivité estime que la société est « défaillante dans la gestion technique et quotidienne de l’équipement » et pense que ses services assureront un meilleur travail. À compter du 1er juillet, soit six mois plus tôt que la fin du contrat initial, c’est le service des piscines qui en assurera l’exploitation. La subvention attribuée à la société ne couvrira qu’une demi-année, soit 250 000 euros, mais 255 911 euros s’ajoutent, car la collectivité doit racheter le matériel, reprendre un salarié et rénover la patinoire.

D’importants travaux, qui étaient prévus en 2015, s’ajoutent à cela et commenceront le 17 mai 2016. Ils concernent notamment le remplacement de la rambarde olympique, la remise en état des sanitaires et installations techniques ou l’achat de nouveaux patins.Le budget des travaux d’entretien est de 200  000 euros et de 237 000 euros pour la rambarde.

À suivre en direct dès 10h

Flux vidéo fourni par la ville de Strasbourg

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Rue89 Strasbourg à Hautepierre : si loin, si proche

Rue89 Strasbourg à Hautepierre : si loin, si proche
Grâce aux Migrateurs, la rédaction de Rue89 Strasbourg a eu les bureaux les plus spacieux de son existence (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Grâce aux Migrateurs, la rédaction de Rue89 Strasbourg a eu les bureaux les plus spacieux de son existence (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Après un mois passé à Hautepierre, notre petite rédaction a retrouvé ses locaux habituels de La Plage Digitale. Nous sommes revenus avec la conviction, plus ancrée que jamais, que notre média local devait fournir plus d’efforts pour se brancher sur les quartiers populaires. Pourquoi ? Parce que les habitants ne nous connaissent pas et n’osent pas nous écrire. Mais aussi parce que ces quartiers reçoivent d’énormes sommes d’argent public sans déclencher la moindre enquête journalistique.

Lorsqu’une bâtisse de la Robertsau doit être rasée, c’est le ramdam municipal, mobilisation citoyenne, montée au créneau des associations de quartier, vigoureuses prises de position des élus. Lorsque la place Érasme est entièrement refaite à Hautepierre, en concertation pendant trois ans avec les habitants, qui en entend parler, qui s’en empare ? La remarque est de Mathieu Cahn, adjoint au maire de Strasbourg, lors de sa participation à la première « causerie » de Rue89 Strasbourg à Hautepierre, mardi 9 mars.

Autrement dit, ce qu’il se passe à Hautepierre reste à Hautepierre. Un mur invisible de l’information sépare la cité de ses quartiers populaires. Pourquoi ? Peut-être parce que les corps intermédiaires de la société en sont absents, ou en proportion trop faible. Enseignants, journalistes, cadres, fonctionnaires… n’habitent pas Hautepierre. Et les médias locaux, comme le nôtre, ont bien du mal à s’adresser aux habitants des quartiers populaires. Dans une de ses interventions lors de nos causeries, Frédéric Simon, directeur du Maillon, a détaillé ce processus qui sépare les habitants des quartiers du reste de notre société. Pour Frédéric Simon, l’action culturelle peut aider, à condition qu’elle soit massive, lente, longue.

Frédéric Simon, directeur du Maillon, a détaillé durant trois soirées ses réflexions sur ce qui fait société (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Frédéric Simon, directeur du Maillon, a détaillé durant trois soirées ses réflexions sur ce qui fait société (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Le lien avec les médias est inopérant

Du coup, le lien avec les médias ne se fait pas. Les journalistes n’y sont pas, ne reçoivent pas d’alertes et n’y développent aucun réseau fonctionnel. Mis à part les acteurs traditionnels, comme les éducateurs de rue, les centres socio-culturels et les élus, les habitants ont le sentiment que les journalistes participent à ce grand jeu qui se déroule sans eux. Lors d’une intervention au collège Érasme, un élève m’a demandé ce que je faisais de mes infos, il était évident pour lui qu’elles étaient destinées à la police.

Certes, en un mois de présence quotidienne sur place, nous n’avions pas pour ambition de changer ces rapports d’inintérêt, voire de défiance, qui peuvent exister vis à vis des médias à Hautepierre. Mais cette résidence nous a permis de nous confronter à cette réalité, d’en prendre la mesure et d’essayer de lutter contre ces mécanismes.

Et pour ça, on va s’appuyer et développer le réseau hérité du fantastique accueil que Rue89 Strasbourg a reçu à Hautepierre : Meriem, Josyanne, Saadia, Anne, Philippe, Ozer, Louis, Fatah, Paul, Valérie, Mireille, (j’en oublie)… Qu’ils soient ici tous remerciés pour avoir eu la patience de nous écouter, de passer outre notre naïveté et pour leur engagement quotidien.

Des équipes soudées et déterminées, mais oubliées

Car nous avons pu constater que si le travail des enseignants, par exemple, est difficile dans les établissements d’Hautepierre, les équipes en sont d’autant plus soudées et déterminées. Au gré de nos reportages, nous n’avons pas rencontré d’intervenants désabusés par la situation sociale à Hautepierre. Au contraire, les profs, les éducateurs, les associations que nous avons vus à l’œuvre, croient à leurs missions. Ils ont bien le sentiment d’être en première ligne sur un front républicain et que l’avenir de notre modèle social, c’est par eux qu’il passe.

Face à ça, le moins que l’on puisse faire, en tant que journalistes locaux, c’est de s’intéresser à eux. Pas seulement ce qu’ils font, mais dans quel environnement, avec quels soutiens, quels moyens et pour quels résultats. C’est notre promesse. Durant notre résidence, six articles ont été consacrés à Hautepierre. En quatre ans d’existence, nous n’en avons rédigés qu’une quinzaine liés à ce quartier de 15 000 habitants.

L'éducation aux médias a passionné les élèves du collège Erasme à Hautepierre (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
L’éducation aux médias a passionné les élèves du collège Erasme à Hautepierre (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Médias partout, journalistes nulle part

Nous reviendrons aussi régulièrement dans les établissements scolaires. Pendant un mois, nos journalistes sont intervenus devant sept classes des collèges Érasme, Truffaut et du lycée Marcel Rudloff. Avec à chaque fois ce même constat : les jeunes ont besoin d’aide pour faire le tri dans les informations qu’ils reçoivent, consciemment ou non. Mais leurs parents aussi.

Nous vivons dans une époque bénie pour l’accès à l’information, mais la viralité n’est pas l’alliée de la véracité et les réseaux sociaux n’ont pas pour ambition première la pluralité des sources. C’est pourquoi nous allons nouer un partenariat avec le collège Érasme, pour participer à un projet pédagogique global autour de l’éducation aux médias : liberté d’expression, différence entre rumeurs et informations, fabrique de l’info.

L’ensemble de cette opération a été financée sur nos fonds propres, ce qui représente en gros un millier d’euros pour nos repas sur place et les transports, sans compter évidemment nos sept interventions en milieu scolaire et les cinq soirées qui ont été réalisées bénévolement. L’opération a aussi été rendu possible grâce à la Ville de Strasbourg, qui a accepté de nous prêter gracieusement les locaux de l’ancienne bibliothèque de Hautepierre. Et évidemment, cette résidence n’aurait pas existé sans l’invitation et le soutien logistique et technique des Migrateurs, structure d’accompagnement des arts du cirque contemporain, basé au théâtre de Hautepierre.

Après les attentats de Bruxelles, il accroche un drapeau blanc à la cathédrale

Après les attentats de Bruxelles, il accroche un drapeau blanc à la cathédrale

Mercredi matin, les Strasbourgeois attentifs ont eu la surprise de constater qu’un drapeau blanc avait été accroché à la flèche de la cathédrale.

C’est un Strasbourgeois qui a escaladé l’édifice, depuis le sol et à mains nues, pour réagir face aux attentats à Bruxelles la veille. Il a filmé son ascension, réalisée en pleine nuit, grâce à une petite caméra. Dans la matinée, il a publié sur YouTube un montage vidéo de 2mn32 reprenant l’essentiel de son ascension. Les dernières images, au sommet de la flèche lorsqu’il accroche le drapeau en plein vent, sont particulièrement impressionnantes.

À 142 mètres, ça souffle

En commentaire de sa vidéo, l’escaladeur a publié ce message pour expliquer son geste :

« Même si la violence est toujours restée un outil privilégié dans le développement de nos civilisations, en tout temps, des voix se sont levées pour la paix. Souvent ces tentatives d’apaisement restèrent vaines et ignorées mais nous croyons toutefois qu’elles ont toujours participé à un certain équilibre. Ce geste, en soutient aux attentats de Bruxelles n’est pas une reddition mais un symbole pacifique en réponse à l’escalade de la violence. »

Reste que les forces de l’ordre ne l’entendront pas de cette oreille. Une telle ascension est interdite, surtout alors que des renforcements de mesures de sécurité sont annoncées par les pouvoirs publics. La précédente escalade filmée, en avril 2015, avait conduit à l’interpellation de l’auteur.

#escalade