Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Serge Costa : « entraînement, recrutement et détection sont intimement liés »

Serge Costa : « entraînement, recrutement et détection sont intimement liés »

24 heures dans une journée, c’est bien peu pour Serge Costa. À la fois entraîneur des moins de 16 ans au Racing en duo avec Martin Djetou, il est également engagé au FC Vendenheim où il s’occupe des filles évoluant en U19 nationaux. Mais c’est surtout son activité de travail individuel avec des pros de toute l’Europe qui l’accapare le plus. Rencontre avec un homme qui donne l’impression d’être partout à la fois.

Ma première rencontre avec Serge date d’il y a presque 6 ans. Pendant la Coupe du monde 2010, tous les matins sur Radio Bienvenue Strasbourg, avait lieu La Coupe est pleine, talk bigarré où Stéphane Bossler donnait la possibilité à divers chroniqueurs de s’exprimer sur les matches du Mondial. On avait rapidement sympathisé et il nous avait ensuite rejoint au Mojito Football Club, émission diffusée sur RBS depuis septembre 2010 qui décortique chaque lundi soir l’actu footballistique mondiale.

« Sergio » est un passionné de foot, un vrai, avec qui il est toujours enrichissant d’échanger. Actuellement, il entraîne les moins de 16 ans du Racing, mais mène parallèlement d’autres activités liées au foot et à l’Alsace.

Paolo : peux-tu te présenter en quelques mots ?

Serge Costa : J’ai 28 ans, je suis originaire de Sarrebourg et je suis arrivé à Strasbourg en 2008. Avant cela, j’ai mené la première partie de mes études à Nancy et fait une année de stage au FC Metz, au service marketing. Petit à petit, j’ai rencontré certaines personnalités du football alsacien : Jean-Marc Kuentz, Thierry Brand, François Keller et Martin Djetou, notamment.

Tu entraînes les moins de 16 ans du Racing, en duo avec Martin Djetou. Comment a démarré l’aventure ?

Via Jean-Marc Kuentz, que je rencontre au Mojito FC sur Radio RBS en 2010, avec lequel j’ai beaucoup échangé depuis. Il me présente ensuite à Thierry Brand, qui me prend comme adjoint des 15 ans inter-région, pendant une année. L’année dernière, j’ai eu la charge de l’équipe U12, en remplacement d’un coach. Et cette année U16 avec Martin Djetou.

Serge Costa avec les jeunes du Racing (document remis).
Serge Costa avec les jeunes pousses du Racing, en 2014-15 (document remis).

« Martin Djetou est plus qu’un coach, c’est un grand frère »

Quand as-tu commencé à entraîner ?

Avant le Racing, j’ai fait 3 ans à l’AS Nancy où j’ai débuté à l’école de foot puis en soutien sur des équipes du centre de formation. J’ai eu la responsabilité d’une équipe sport-études au FC Sarrebourg et j’ai entraîné des 17 et des 19 ans Excellence au FC Sarrebourg.

Tu travailles avec Martin Djetou, ex grand défenseur du Racing, Monaco et Parme notamment. Comment ça se passe avec lui ?

C’est quelqu’un de très franc, qui est là pour les gamins, pour le football. C’est aussi une bible : il te parle d’Arrigo Sacchi, de Parme, de ses confrontations directes avec Batistuta, de Crespo, d’Inzaghi… Il faut savoir bien le solliciter et là tu apprends énormément. Tu sens qu’il ne triche pas. Quand il y a un souci, il va rester une heure avec un gamin pour discuter. En fait, il joue vraiment le rôle d’un grand frère. Il va plus loin que ce que plein de coachs font, bref, une super collaboration !

Qui prend les décisions dans votre duo ?

On prend toutes les décisions ensemble, on s’entend très bien et je ne me force pas. Et ça c’est un réel plaisir !

« Sur la saison, on est 2e du classement, sans pression »

Sur la saison en cours, où en êtes-vous avec les moins de 16 ans ?

On est deuxième, mais il n’y a vraiment aucune volonté de recherche de classement du club : il y a juste le souhait d’amener un max de joueurs vers les U17 nationaux et de les faire progresser tant individuellement que dans un collectif.

Comment as-tu commencé à vivre du foot ?

Chez Puma, en tant que responsable sponsoring, où je devais notamment détecter des jeunes. J’ai fait quelques mauvais choix, mais on a quand même fait signer Antoine Griezmann (que personne ne connaissait à l’époque) ou Kalidou Koulibaly (aujourd’hui au Napoli). Et puis le dernier dont je suis très fier c’est Thomas Lemar à Caen. Faire de la détection pour Puma, ça m’a aidé à forger un œil. Entraînement, recrutement, détection : si tu te poses les bonnes questions tout est intimement lié.

« Les filles de Vendenheim sont en train de nettement progresser »

En tant qu’entraîneur, tu œuvres aussi du côté du FC Vendenheim…

Les filles de Vendenheim en U19 nationaux, c’est en train de beaucoup progresser. Certaines m’impressionnent vraiment. On a 10 filles au pôle espoir féminin de Strasbourg, toutes en bac général, et parmi elles 3 ou 4 auront sans doute une mention très bien au bac ! En fait, j’ai plus un rôle de sélectionneur qu’un rôle d’entraîneur à Vendenheim. Je dois optimiser le potentiel de ces filles qui évoluent au pôle espoir Grand Est – où on retrouve beaucoup de filles de Vendenheim, ainsi que des joueuses de Franche-Comté et de Lorraine – mais aussi de celles qui sont au sport-études du lycée Jean Monnet à Strasbourg.

En quoi es-tu plus sélectionneur qu’entraîneur exactement ?

La semaine, je ne mène pas d’entraînement avec les filles du pôle. Je ne les vois que le week-end à l’occasion des matches. Du coup, pour renforcer les automatismes, on est obligé au mois d’août de faire des grosses prépas tactiques. Pour l’instant, ça marche : troisièmes la première année derrière le PSG et Juvisy, quatrièmes en 2014-15 et cette année on est en Tour élite, parmi les 12 meilleures équipes françaises. Mais ce n’est pas moi qui les forme, je les sélectionne pour le week-end. Donc c’est un autre fonctionnement qu’au Racing où tu vois les garçons tout le temps, en collaboration avec un staff complet.

Le pouvoir des statistiques

À côté de tes activités d’entraîneur, tu consacres le plus clair de ton temps à travailler individuellement avec des joueurs pro. Peux-tu nous en dire plus ?

Je travaille en collaboration avec Fabien Richard (spécialiste en individualisation de la préparation physique en football), avec des agents qui font appel à mes services pour optimiser le potentiel de leurs joueurs et avec des pros qui m’ont contacté directement. Par exemple, je collabore avec deux défenseurs centraux qui évoluent l’un en Espagne, l’autre en Allemagne ; l’idée, c’est de leur apporter un max d’infos sur leurs adversaires, susceptibles de les embêter dans leur propre zone.

C’est-à-dire quel dribble, les déplacements sans ballon, l’enchaînement préférentiel par zone, quel pied fort, etc. La nécessité pour eux est d’avoir toujours un temps d’avance. Cette saison je collabore avec 10 joueurs professionnels : il y a essentiellement des internationaux et des jeunes qui démarrent leur carrière en Ligue 1. L’année passée, ces derniers avaient pour but de rejoindre la Premier League, mais ils trouvaient qu’ils n’avaient pas assez de stats, qu’ils n’étaient pas assez décisifs. Donc ils ont fait appel à mes services.

Précisément, comment les as-tu aidés à être plus performants ?

En analysant leurs perfs individuelles d’une part et, d’autre part, en les aidants à mieux connaître leurs coéquipiers. Avec Idrissa Gueye à Lille l’an dernier, on a fait de la vidéo autour de grandes questions comme « tes partenaires qui sont-ils ? » et on a étudié le comportement en animation offensive de top players évoluant au même poste. Et ça a été une réussite parce qu’il a fini par marquer 4 buts.

À un moment donné, Idrissa, dans sa tête, ça allait trop vite. Le but de mon intervention était qu’il arrive à prendre la meilleure décision en une fraction de seconde, en fonction des partenaires et des adversaires. Avec Idrissa, on a aussi observé, entre autres, un international comme Blaise Matuidi en nous demandant : qu’a fait Matuidi pour progresser et comment exister dans l’animation offensive du Paris SG.

Quels sont les facteurs de réussite d’une telle méthode ?

Tout dépend de deux facteurs : la complicité et le relationnel d’une part, l’implication des joueurs sur la durée d’autre part. Certains vont être à fond au début puis après, pendant des mois, ils se laissent aller. Je n’ai pas la science infuse, mais dans un premier temps je dois faire prendre conscience au joueur que la réussite va de pair avec l’investissement et l’exigence qu’ils vont s’imposer. Et dans un second temps, je dois les pousser à se dépasser constamment.

Où puises-tu ton inspiration ?

Dans la vidéo et le visionnage de plusieurs séquences. Après les avoir regardées plus d’une dizaine de fois, tu les croises avec d’autres sur les meilleurs joueurs mondiaux. Je n’ai rien inventé, je vole plein de trucs à tout le monde. En particulier, je m’inspire de beaucoup de lectures lusophones. D’ailleurs, j’étais cet été au Portugal et ai beaucoup échangé avec un ancien adjoint de Rafael Benitez. J’étais aussi faire de l’observation au Sporting Lisbonne et on m’a ouvert les portes du centre de formation de Chelsea.

« Je reste discret pour protéger les joueurs »

Pourquoi es-tu si discret ? Difficile de trouver des infos sur toi et ton activité…

Je reste discret pour protéger les joueurs et notre activité. Et ce n’est que ma deuxième saison avec des pros en individuel, donc il n’y a pas lieu de s’enflammer. Ma réussite aujourd’hui, c’est que je bosse avec des joueurs ou des agents qui continuent de me solliciter sur la durée. C’est ça la reconnaissance. Ce boulot, ça me permet de progresser et de me remettre en question chaque jour. En outre, travailler auprès des pros permet de stimuler ma réflexion, et ensuite ce n’est que bénéfique pour les groupes dont j’ai la charge à Vendenheim et au Racing.

Autre sujet : la formation. Que penses-tu du niveau de la formation en France ?

C’est difficile pour moi d’évoquer la formation en France, parce que le système est plus fermé qu’ailleurs. En France, si t’as pas tes 100 matches pro dans les jambes, c’est plus compliqué d’exister. Par contre, je peux plus te parler de l’Espagne ou du Portugal, où on aime échanger et partager. Mis à part avec Jean-Marc Kuentz, avec qui on échangeait fréquemment avant son départ pour le Qatar, et avec l’ensemble des entraîneurs du Racing et du FC Vendenheim, je n’ai pas trop de relations.

« En Espagne, le football est une science humaine »

Parlons de l’Espagne et du Portugal alors…

J’ai eu la chance de collaborer l’été dernier avec des techniciens espagnols au centre de perfectionnement de la Manga (près de Valence), dirigé notamment par un ancien adjoint de Rafael Benitez. Là-bas, outre la passion et l’ensemble des principes qui organisent le jeu, ils ne considèrent pas juste le footballeur, mais valorisent l’homme. Pour eux, le football est une science humaine qui met en interactions plusieurs disciplines externes : psychologie, management des hommes, méthodes d’apprentissage, etc.

En Espagne ou au Portugal, ils font confiance à des universitaires : regarde Jardim, Mourinho, Villas-Boas ou Benitez. De vrais cerveaux ! Par ailleurs, au PSG actuellement, le responsable formation est un Espagnol : Carles Romagosa. C’est quelqu’un qui a travaillé en individuel avec des pros (www.soccerservices.net) et notamment Carles Puyol.

En fait, tu es en train de sous-entendre que la France est en retard…

Je ne peux pas forcément dire que c’est mieux à l’étranger, car je n’ai pas trop la possibilité de voir ce qui se fait dans le foot français. Actuellement, je travaille avec un garçon du Standard de Liège et il faudrait également aller voir de plus près ce qui se fait aux Pays Bas et en Belgique.

« Les Alsaciens méritent un club en Ligue 1 »

Revenons en Alsace et à Strasbourg. Est-ce que tu te sens quelque part supporter du Racing ?

C’est le club dans lequel je suis, donc je suis supporter des joueurs avec lesquels je travaille. Sinon, il est clair que le Racing devrait être en Ligue 1 et les Alsaciens méritent de voir le club à cette place. Une telle passion, tu ne la vois pas partout. Maintenant je n’ai jamais été vraiment supporter, de façon générale. J’adorais le Barça de Kluivert, Figo et Rivaldo, le Manchester United avec Tevez et Ronaldo, la Fiorentina de Batistuta, le Monaco de 1999-2000. Et petit j’aimais bien le PSG de Raï.

Tu as des souvenirs du passé liés au Racing ?

Je me rappelle de la victoire en Coupe de la Ligue face à Bordeaux, en 1997, avec Stéphane Collet qui met le dernier tir au but. Puis derrière les Glasgow Rangers et Liverpool qu’ils éliminent, le coup-franc de Valérien Ismaël contre l’Inter Milan de Ronaldo. Zitelli, Nouma, Baticle, Collet, Dacourt : quelle génération ! Sinon, je me rappelle avoir été voir Strasbourg-Metz en Coupe de la Ligue à la Meinau en 2000. A l’époque c’est le magazine Onze Mondial qui m’avait invité, tu pouvais envoyer un coupon et recevoir des places gratuites !

Oui, d’ailleurs j’avais été aussi voir ce match grâce à Onze Mondial !

0-0, après prolongations et victoire du Racing aux tirs aux buts. Et je me souviens que j’étais dans un quart de virage, mais pas le kop. Après, j’y allais parfois pour voir le PSG. Je me rappelle d’un match, 0-0, sous la neige. Avec Ronaldinho.

En 2003. 0-1 je crois…

Ah oui, 0-1 but d’Aloisio du genou. On avait économisé des deniers pour un match pourri comme ça. Et je me rappelle d’une fois quand Pauleta rate un pénalty, Lorik Cana prend vite un rouge et Strasbourg gagne (NB : il s’agit en fait de deux matches différents, respectivement un RCS-PSG 3-1 en 2005 et un RCS-PSG 0-0 en 2004). Et sinon j’ai des souvenirs de l’époque Renteria, saison 2007-08, j’aimais bien Renteria. Contre Auxerre et Monaco il avait fait un gros match, je crois.

Un mot de conclusion sur le foot en général ?

Comme je l’ai dit au Mojito FC il y a 2 semaines, le foot aujourd’hui il faudrait prendre les stades allemands, avec le jeu espagnol et les logos anglais, et là t’aurais la NBA du foot !

#fc vendenheim

Nuit Debout et la municipalité engagent un dialogue de sourds

Nuit Debout et la municipalité engagent un dialogue de sourds

L’adjoint au maire et président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, est venu, ce mardi 12 avril, à la rencontre de Nuit Debout. Une heure durant, les deux parties ont débattu, sans pour autant trouver un compromis quant à la pérennité des installations situées place de la République. Plus tard dans la soirée, le mouvement a voté pour maintenir l’occupation.

Robert Herrmann était déjà venu le matin place de la République, afin d’informer les partisans du mouvement « Nuit Debout » que l’occupation en journée des lieux, n’était pas satisfaisante.

Peu nombreux, les membres lui ont demandé de revenir le soir pour en parler lors de l’assemblée générale (AG) journalière, à 19 heures, où les décisions impliquant le groupe sont votées.
L’adjoint au maire (PS), s’est donc présenté devant les participants. L’une d’entre eux a résumé la situation, pour lancer le débat :

« D’un côté il est demandé qu’il n’y ait pas de campement en journée même si pour la nuit, il n’y a pas de problème, d’un autre, il y a une volonté de faire aussi quelque chose en journée. »

Les tonnelles et bâches installées Place de la République par Nuit Debout, source de la discorde entre la municipalité et le mouvement.
Les tonnelles et bâches installées Place de la République par Nuit Debout, source de la discorde entre la municipalité et le mouvement. (photo Pablo Desmares / Rue89 Strasbourg)

« La Place de la République n’est pas un camping »

Robert Herrmann a de son côté rétorqué que « la mairie ne laissera pas ce campement ». Pour justifier cette position, l’élu explique que certaines personnes se sont plaintes de l’utilisation des lieux :

« Les familles ne vont plus s’y balader avec leurs enfants. Certains ont été choqués de l’installation de latrines à côté d’un monument aux morts. Vous pouvez y rester la nuit, il n’y a aucun problème. Mais vous devez rendre cette place publique en journée . »

En face, c’est l’incompréhension. Certains se regardent avec un sourire en coin, d’autres grommellent. « En quoi ces installations pérennes gênent les autres ? » questionne l’un deux.
D’autres prennent la parole, chacun leur tour, pour solliciter l’avis de Robert Herrmann sur divers sujets, plus ou moins en rapport avec sa présence. La discussion tourne en rond et s’étire une heure avant que le président de l’Eurométropole ne repose ses conditions :

« Recentrons un peu le sujet. Le problème c’est l’occupation de la place. La République à laquelle vous faites référence dans votre discours a des règles et des lois. Et la Place de la République n’est pas un camping. »

Pendant une heure, Robert Herrmann a échangé avec les participants du mouvement Nuit Debout.
Entre les gouttes, Robert Herrmann a échangé une heure avec les participants du mouvement Nuit Debout. (photo Pablo Desmares / Rue89 Strasbourg)

La discussion tourne en rond

Pour tenter de trouver un compromis, certains participants ont soumis leurs propositions. L’un pense à « un petit semi-remorque pour y ranger le matériel afin de rendre la place dans un état nickel le matin ».
Une autre demande « si il est possible de laisser des chaises, des bancs et des tables pour se réunir et discuter, tout en retirant les bâches et les tonnelles ». Les propositions fusent mais aucune ne satisfait l’élu :

« À l’origine, le mouvement se faisait de nuit, aujourd’hui vous réclamez le droit d’occuper la place de jour. Mais les installations pérennes ne seront pas autorisées. »

Avant de partir, l’élu tente de faire un point. « Il n’y a pas de proposition concrète ». Le ton monte dans les rangs. Pour autant, Robert Herrmann prévient que « s’il n’y a pas de compromis, chacun prendra ses responsabilités, mais ça ne durera pas trois mois », sans toutefois fixer une date limite.

L’AG vote le maintien des installations en journée

Plus tard dans la soirée, vers 22h30, les participants à l’Assemblée générale votent de ne pas démonter les installations par eux-mêmes. Stéphane, un des membres, résume la position actée :

« On entend la préoccupation de la Ville sur l’esthétique, mais ce n’est pas celle du mouvement. Le but est d’installer des équipements plus légers et beaux. On va travailler sur l’image du mouvement de Nuit Debout, mais il ne faut pas oublier qu’il vient de la précarité des gens. Il ne faut pas les discriminer. »

Les bâches ont été démontées « à cause du risque de vent » et plusieurs membres sont défavorables à ce qu’elles soient remises. Mais il y aura de nouveau des activités ce week-end notamment autour de la convergence des luttes et de la précarité. Pour autant, il a été décidé de ne pas opposer de résistance physique si la police municipale devait démonter les installations.

L’air en Alsace toujours mauvais mais il s’est amélioré en 2015

L’air en Alsace toujours mauvais mais il s’est amélioré en 2015

L’air en Alsace reste encore trop souvent pollué par les particules et l’ozone, selon le bilan annuel de l’agence pour la surveillance de la qualité de l’air en Alsace (Aspa).

Pour l’Association pour la Surveillance et l’étude de la Pollution Atmosphérique en Alsace (Aspa), la qualité de l’air en Alsace reste préoccupante mais elle s’est améliorée en 2015. Dans son bilan annuel (PDF), l’Aspa indique :

En 2015, la qualité de l’air a été bonne pour près des deux tiers des journées en plaine et plus des trois quarts sur les reliefs. La qualité de l’air a été très bonne à bonne (indices 1 à 4) durant 62% des jours en plaine et 81% des jours dans les Vosges. Dans les trois grandes agglomérations alsaciennes, la qualité de l’air a été très bonne à bonne 59% des jours. Elle a été moyenne à médiocre (indices 5-7) 36% des jours. Enfin, l’indice 8 (mauvaise qualité de l’air) a été atteint ou dépassé 17 jours à Strasbourg, 14 à Colmar et 18 à Mulhouse ».

« Aucune station de mesure ne respecte la valeur cible »

En résumé, indique l’Aspa, la qualité de l’air « a été moins bonne qu’en 2014 mais meilleure qu’en 2013 ». En ce qui concerne l’ozone, l’année 2015 reste préoccupante puisque « aucune station de mesure ne respecte la valeur cible européenne pour la protection de la santé humaine (120 µg/msur 8 heures à ne pas dépasser plus de 25 jours dans l’année) :

« En 2015, l’Alsace a connu 10 journées de pics d’ozone. L’épisode majeur a été observé entre le 30 juin et le 3 juillet avec des dépassements du seuil de recommandation et d’information les 5 et 7 juillet au nord-est de l’Alsace. La concentration maximale, mesurée au nord-est de l’Alsace, est de 233 µg/mpendant 7 heures le 2 juillet. Le niveau d’alerte (240 μg/m3 sur 1 heure) a été atteint le 7 août avec 241 µg/m3 pendant 1 heure ».

Europe Ecologie demande plus d'actions contre la pollution à Strasbourg (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)
La qualité de l’air a été bonne pour les deux tiers des journées en plaine et plus des trois quarts sur les reliefs. (Photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Alerte au benzopyrène à Thann

La procédure d’information a été déclenchée 12 jours sur le Bas-Rhin et 11 jours sur le Haut-Rhin. Les plans ozone de l’Eurométropole de Strasbourg et de Mulhouse ont été activés pendant 4
jours.

Les moyennes annuelles de benzo(a)pyrène, un polluant reconnu pour être fortement cancérigène et produit par le chauffage au bois et le diesel, sont moins élevées qu’en 2013 et 2014 sauf à Thann, en vallée vosgienne. Des investigations sont en cours pour préciser l’origine de ce dépassement.

Les émissions de particules en suspension PM10, principalement émises par le chauffage résidentiel et le trafic routier, n’ont pas dépassé les moyennes annuelles et les concentrations restent en deçà de la valeur limite pour la santé humaine. Toutefois, le seuil d’alerte a été dépassé deux fois à Strasbourg le 1er janvier et le 19 mars.

Le secours de la météo, selon Strasbourg Respire

Le Dr Thomas Bourdrel, radiologue à Strasbourg et membre du collectif « Strasbourg respire« , y voit surtout des facteurs météorologiques :

« Effectivement, cette année 2015 aura été globalement meilleure que les précédentes. Mais pour les particules fines PM10, c’est surtout en raison d’un climat propice et d’un hiver peu froid. La politique de l’Eurométropole n’y est pour rien ».

De son côté, Emmanuel Rivière, directeur adjoint de l’ASPA, parle d’une « amélioration progressive » :

« Globalement, la qualité de l’air s’améliore progressivement en Alsace par rapport aux années précédentes. Mais j’émets des réserves sur deux points à surveiller. L’Alsace a connu une élévation du niveau d’ozone et dix journées de pics à cause de la vague caniculaire de cet été. Et le niveau de dioxyde d’azote a dépassé la limite de protection de la santé humaine à proximité des axes routiers de Strasbourg, boulevard Clemenceau et le long de l’A35 ».

Une pollution de l’air encore largement mésestimée

Mais pour le Dr Thomas Bourdrel, l’Aspa ne voit qu’une partie de la pollution :

« Le problème, c’est que les nanoparticules ne sont pas prises en compte aujourd’hui dans les normes européennes auxquelles fait référence l’ASPA alors qu’elles représentent plus de 90% des particules fines émises avec les PM 2.5 par les nouveaux moteurs essence et les moteurs diesel. Plus les particules sont fines, plus elles pénètrent en profondeur dans nos bronches et leurs effets sur la santé sont importants. Ces nanoparticules sont trop légères pour être prises en compte par les instruments dont l’ASPA et les autres organisations sont dotées. Les instruments pour mesurer les nanoparticules existent mais coûtent cher. Donc aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de savoir si le niveau de ces nanoparticules se réduit, s’élève ou stagne. Si on en tenait compte, peut-être que ce bilan d’amélioration progressive serait différent ».

« Nuit debout » et la municipalité à la recherche d’un compromis

« Nuit debout » et la municipalité à la recherche d’un compromis

Après une rencontre ce matin, l’adjoint au maire Robert Herrmann se rendra à l’assemblée générale du mouvement Nuit Debout à 19h, ce mardi 12 avril pour demander à ce que les bâches et tonnelles soient démontées en journée place de la République.

Une semaine après la première réunion du mouvement « Nuit debout », la municipalité de Strasbourg a rencontré le mouvement. Robert Herrmann (PS), adjoint du quartier Centre-République et en charge de la sécurité, la salubrité et l’hygiène publique s’est rendu aux abords de la place de la République.

« Des protestations importantes »

Si aucun incident n’a été déploré depuis une semaine, la municipalité indique avoir reçu des « protestations importantes » quant à l’occupation en journée de la place. Elle demande donc aux membres de retirer les bâches, les palettes ou la tonnelle pendant la journée.

Né à Paris le 31 mars, le mouvement « Nuit debout », s’étend depuis à de nombreuses villes de France. Il propose à des citoyens de se réunir le soir pour prendre la parole et à peut-être structurer un mouvement politique souvent comparé aux « Indignés » espagnols. À Paris, de premières violences ont eu lieu en marge de la place de la République samedi 9 mars lors de la dizième soirée consécutive.

Pas de problème sur les installations de nuit

Après environ 45 minutes d’échanges calmes avec une dizaine de membres du mouvement, l’élu a résumé la situation :

« Qu’il y ait des bâches le soir et que vous vous réunissiez ne pose pas de problème. Que vous débattiez en journée où vous voulez, non-plus. Le débat est sur l’occupation avec des éléments fixes en journée. Maintenant est-ce qu’on trouve un compromis là-dessus ou non ? »

Robert Herrmann a rencontré les participants du mouvement Nuit Debout pour la première fois (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Robert Herrmann a rencontré les participants du mouvement Nuit Debout pour la première fois (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

En journée, une dizaine de personnes restent sur la place. Ils gardent le matériel laissé par les organisateurs et débattent de manière informelle. Plusieurs participants ont mis en avant que le mouvement se structure aussi en journée et pas seulement le soir. Samedi 9 avril, d’importantes manifestations festives et politiques se sont surtout tenues l’après-midi.

La question soumise à l’assemblée générale

La dizaine de personnes venue dialoguer se sont estimées non-représentatives du mouvement. Elles ont répondu que la question sera soumise lors de l’Assemblée générale, qui se tient tous les soirs à 19h. Robert Herrmann a promis de venir 30 minutes pour réitérer sa proposition. « Je vais me faire huer », a-t-il ajouté avec le sourire. Si l’Assemblée générale s’oppose au démontage des structures en journée (il faut une unanimité ou un vote à 75% après plusieurs séries de débat), l’adjoint au maire a ajouté que « chacun prendra ses responsabilités », autrement dit que la police municipale procédera à un démontage.

Avec l’extension du tram, il faudra attendre plus longtemps

Avec l’extension du tram, il faudra attendre plus longtemps

La cadence des tramways à Strasbourg sera réduite d’une à deux minutes en journée après la mise en service de l’extension de la ligne A vers Illkirch-Graffenstaden.

La Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) change ses horaires avec l’extension du tramway vers Illkrich. À partir du 23 avril, la ligne A s’arrêtera au centre d’Illkirch-Graffenstaden et non plus à Lixenbuhl (3 arrêts supplémentaires). La ligne E, qui part de la Robertsau, prolongera quant elle son chemin jusqu’au campus d’Illkirch. Mais revers de cette extension, le temps d’attente sera plus long de quelques minutes sur toutes les lignes.

Dans les fiches horaires à compter du 23 avril, le cadencement affiché en journée (7h à 20h) sur les 5 lignes est légèrement inférieur à celui indiqué actuellement :

    Tram A : 6 à 10 minutes contre 4 à 8 actuellement (6 à 10 lors des vacances scolaires) Tram B : 6 à 10 minutes contre 6 à 8 actuellement Tram C : 5 à 10 minutes conte 4 à 8 actuellement t (6 à 8 lors des vacances scolaires) Tram D : 6 à 10 contre 6 à 8 actuellement Tram E : 5 à 10 minutes contre 4 à 8 actuellement (6 à 8 en vacances scolaires) Tram F : 8 à 15 minutes contre 8 à 12 actuellement

La fréquence est aussi baissée de quelques minutes les samedis et dimanches. Par ailleurs, après 19h en semaine, le temps entre chaque rame passe à 11 minutes, notamment en bout de certaines lignes, avant de s’espacer de plus en plus au fil de la soirée.

Selon Alain Geisi, directeur général adjoint de la CTS, le temps d’attente en journée sera pourtant identique :

« En heure de pointe on passe à 6 minutes à la place de 5 sur la A, car un passage est sur une voie unique près du terminus. Mais le tram E va désormais jusqu’au campus d’Illkirch toute l’année, où plus de monde voyage (le tram E s’arrêtait avant à Baggersee et à Krimmeri tout l’été ndlr). Sur le reste du réseau, on sera à 7 minutes en moyenne en journée comme maintenant, et un peu moins aux horaires d’hyper-pointe vers 7h/7h30 le matin. Sauf pour la ligne F à 10 minutes, mais qui emprunte un tracé commun avec d’autres lignes. L’extension du tram impacte tout le réseau bus au sud qui a été restructuré. Il y aura aussi de meilleures correspondances avec les TER dont l’abonnement CTS permettra de circuler entre les gares de l’Eurométropole à la fin de l’année. »

Le nouveau réseau bus/tram au sud de Strasbourg

Le réseau CTS bus et tram est réaménagé à partir du 23 avril (plan schématique CTS)
Le réseau CTS bus et tram est réaménagé à partir du 23 avril. Cliquez dessus pour agrandir (plan schématique CTS)

Depuis plusieurs mois des usagers, élus ou l’ASTUS (l’Association des usagers des transports en commun de l’agglomération strasbourgeoise) disent avoir constaté une moins bonne fréquence sur le réseau. Interrogé par Catherine Zuber (LR) en conseil de l’Eurométropole, Roland Ries, maire de Strasbourg (PS) et vice-président de l’Eurométropole en charge des Transports avait répondu qu’il y a « un élément permanent, qui est d’adapter la fréquence en fonction de la demande des voyageurs » et aussi des travaux ponctuels. Selon Alain Geisi, la fréquence est identique.

Le temps d'attente augmentera d'une à 2 minutes en moyenne sur le réseau. (photo Stephen Coleburn/ Flickr /cc)
Le temps d’attente augmentera d’une à 2 minutes en moyenne sur le réseau. (photo Stephen Coleburn/ Flickr /cc)

Fin 2014, la CTS a commandé 12 nouvelles rames pour 41 millions d’euros notamment pour absorber les extensions du réseau vers Illkirch et Kehl en Allemagne (avril 2017). Les Strasbourgeois avaient pu voter en ligne pour… la forme de la cabine avant. Les premières seront en service en décembre. Huit d’entre elles servent au renouvellement du matériel. Il y aura donc 4 rames de plus en sur le réseau, qui seront accompagnées de quelques recrutements.

Le 26 mars, le conseil de l’Eurométropole a voté une délibération sur l’augmentation des tarif des abonnements, un an après celle des tickets à l’unité. Cette augmentation de prix a notamment pour but une « amélioration du service » et « d’attirer et fidéliser les usagers ». Avec plus d’attente, pas sûr que tout le monde suive la logique.

« Casse-Noisette » à l’Opéra du Rhin : féérie numérique en Australie

« Casse-Noisette » à l’Opéra du Rhin : féérie numérique en Australie

Après sa première à Mulhouse le 1er avril, Ivan Cavallari présente son Casse-Noisette à l’Opéra du Rhin du 11 au 15 avril. Entre relecture résolument moderne et tradition d’un ballet extrêmement populaire, ce Casse-Noisette est surprenant, drôle et virtuose.

Qui n’a jamais croisé le célèbre conte de Noël de Hoffmann transformé en ballet, à la musique mille fois reprise? De Fantasia à Maurice Béjart, Casse-Noisette, qui a été un triomphe dès sa toute première représentation en 1892 à St Petersbourg, est un ballet mythique et résolument féérique.

La probabilité qu’Ivan Cavallari n’ait jamais, en tant que danseur, interprété l’une des figures du célèbre ballet, était mince, mais cela a pourtant été le cas. Cette absence de contact préalable, ainsi qu’une seule représentation vue dans sa vie de danseur au Ballet du Bolchoï, lui ont donné la possibilité d’aborder cette œuvre avec une certaine liberté :

« Je n’ai jamais eu la chance de danser ce ballet. La musique était donc pour moi une page assez blanche, dans laquelle je pouvais utiliser ma fantaisie. »

Le "Casse-Noisette" d'Ivan Cavallari (Photo Jean-Luc Tanghe)
Le « Casse-Noisette » d’Ivan Cavallari avec le Ballet du Rhin (Photo Jean-Luc Tanghe)

Ivan Cavallari a créé sa première version du Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski lorsqu’il était encore à la tête du West Australian Ballet, en 2012, soit juste avant de venir prendre la direction artistique du Ballet de l’Opéra national du Rhin en 2013. Dès cette version, il a travaillé sur la dramaturgie avec Edoardo Sanchi, alors décorateur de la Scala de Milan, afin de transposer cette histoire rebattue de l’hiver à l’intraitable été australien, et de l’univers des contes à celui du présent – réseaux sociaux inclus – au cœur du tableau d’école.

Si l’on peut dire qu’Ivan Cavallari aborde ce ballet avec une vraie volonté de modernisation du livret, il le fait cependant dans un fort respect de la tradition, particulièrement en ce qui concerne la partition musicale et la technique spectaculaire des danseurs. Il fait ressortir du conte de Casse-Noisette ce qu’il tient pour le cœur de l’histoire : le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Virtuosité et humour

Tchaïkovski aurait longuement hésité avant d’écrire la musique de Casse-Noisette, et aurait été tout à fait stupéfait du succès de l’œuvre. Aujourd’hui cependant la qualité de cette musique tant reprise, par extraits divers, au cinéma, dans les chansons populaires comme à la télévision, est universellement reconnue. Des petits morceaux se succèdent les uns aux autres dans une partition puissante, mais féérique et légère. Si l’on ressent parfois les ténèbres des contes d’Hoffmann, on y retrouve surtout des mélodies aériennes, peuplées d’un imaginaire fantastique.

En proposer une lecture personnelle et chevronnée n’est pas chose aisée. C’est ainsi que la direction musicale de l’Orchestre symphonique de Mulhouse et de la Maîtrise de l’Opéra du Rhin est assurée par Patrick Davin, qui a récemment dirigé pour l’Opéra du Rhin le Pénélope de Gabriel Fauré. Ils proposent ensemble une interprétation de la composition enlevée, énergique et en accord avec le ton du spectacle voulu par Ivan Cavallari : entre virtuosité et humour. Avoir l’occasion d’entendre cette musique et ces airs si familiers en concert est une aubaine à ne pas manquer.

Deux morceaux ont été ajoutés au spectacle par Ivan Cavallari : la Marche miniature et l’Ave Verum de Mozart, retranscrit par Tchaïkovski, d’après la version de Liszt. Ces morceaux contribuent encore à donner au spectacle ce ton de fantaisie légère et voyageuse, accompagnés par cet instrument de sonorité enfantine qu’est le célesta.

Pas de deux des solistes Yann Lainé et Anna Ishii devant la Maîtrise de l'Opéra du Rhin (Photo Jean-Luc Tanghe)
Pas de deux des solistes Yann Lainé et Anna Ishii devant la Maîtrise de l’Opéra du Rhin (Photo Jean-Luc Tanghe)

La tradition du ballet, à l’attention des jeunes

La chorégraphie inventée par Ivan Cavallari souhaite s’adresser directement aux plus jeunes, avec énergie mais sans morale, pour évoquer le passage de l’adolescence à l’âge adulte, mais aussi celui de la construction des identités. Il semble que sa volonté soit faite, puisque la salle de la première strasbourgeoise était peuplée de (très) jeunes personnes, qui ont semble-t-il apprécié la chose :

« Je voulais m’adresser aux adolescents, au sujet de ce passage de 16 à 20 ans pendant lequel l’on peut encore se cacher derrière une identité qui n’est pas la notre. Caché derrière internet on peut être quelqu’un d’autre. Ensuite vient la réalité, et avec elle la vérité. »

Le "Casse-Noisette" de Cavallari voyage d'un univers fantastique à l'autre (Photo Jean-Luc Tanghe)
Le « Casse-Noisette » de Cavallari voyage d’un univers fantastique à l’autre (Photo Jean-Luc Tanghe)

C’est sans doute aussi dans son envie de parler aux plus jeunes mais aussi de proposer une version moderne de Casse-Noisette qu’Ivan Cavallari inclut, dans une partition faisant appel à tous les codes du ballet classique, des gestes étonnants. Il semble par instants que les corps soient un peu malhabiles et patauds, comme ceux des adolescents en pleine croissance : ils se déforment par des mouvements d’épaules et des déhanchements à la fois drôles et déroutants. Portés par la technique impeccable des danseurs du Ballet du Rhin, ces gestes sont tendres et émouvants.

Deux couples de solistes éblouissants

Les rôles de Mme Drosselmeyer  – l’oncle Drosselmeyer du Casse-Noisette originel s’est transformé en professeur terrible et autoritaire -, et du principal du collège sont tenus à la perfection par Stéphanie Madec-Van Hoorde et Alexandre Van Hoorde. Leur interprétation des personnages n’a d’égale que leur incroyable virtuosité, toute en majesté et en puissance technique. Ils tiennent leur rôles d’adultes accomplis avec mesure et élégance. Le public strasbourgeois a apprécié, si l’on en croit les applaudissements nourris après chacune de leurs apparitions.

Yann Lainé et Anna Ishii dans "Casse-Noisette" (Photo Jean-Luc TANGHE)
Yann Lainé et Anna Ishii dans « Casse-Noisette » (Photo Jean-Luc Tanghe)

Les solistes Yann Lainé et Anne Ishii tiennent, quant à eux, les rôles de Peter et Clara, ces adolescents entre deux mondes. Cela se ressent dans la formation de leur duo de danseurs, qui s’affirme et s’affine au fur et à mesure du spectacle. Ils passent, petit à petit et par étapes, de l’attraction terrestre à un ballet aérien.

Casse-Noisette numérique

Servis par un décor et des costumes très narratifs, le corps de ballet explore l’univers du conte de Casse-Noisette avec une haute technicité – malgré quelques petits hics de coordination fugitifs – et des portés spectaculaires. Si l’univers australien est plein de références qui ne résonnent sans doute pas de la même façon à Strasbourg qu’en Australie, la transposition de l’histoire à l’ère du numérique permet des surprises astucieuses et audacieuses, en termes d’humour et de mouvements comme en termes de décor. Il en ressort une énergie ascendante, qui culmine lorsque le passage vers l’âge adulte s’initie entre Peter et Clara, par leur reconnaissance mutuelle.

Un spectacle à voir en famille, pour tous ceux qui aiment la danse. Et pour ceux qui auraient raté les représentations de Mulhouse et de Strasbourg, vous avez une dernière chance de vous rattraper en vous rendant à Colmar les 26 et 27 avril.

#Patrick Davin

Le grand mufti de Turquie soigne sa diaspora à Strasbourg

Le grand mufti de Turquie soigne sa diaspora à Strasbourg

Ils sont venus de tout le grand Est, voire de plus loin en France et de l’Allemagne voisine. Plus de 7 000 Turcs se sont rassemblés dimanche 10 avril au Zénith de Strasbourg autour du grand mufti de Turquie Mehmet Görmez pour commémorer la naissance du prophète Mahomet.

Plus de 7000 personnes se sont rassemblées au Zénith de Strasbourg pour écouter le grand mufti de Turquie. (Photo Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)
Plus de 7000 personnes se sont rassemblées au Zénith de Strasbourg pour écouter le grand mufti de Turquie. (Photo Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)

Cette année, la plus haute autorité de l’islam sunnite turc avait choisi Strasbourg et la France pour ce rendez-vous européen pour apporter un message de rassemblement aux musulmans turcs de l’Hexagone après les attentats qui ont endeuillé Paris :

« À tous nos jeunes, à leurs mamans et à leurs papas, il y a des personnes qui commettent des assassinats en réseau et ça n’a rien à voir avec l’Islam. Il ne faut pas baisser votre tête à cause de ces gens-là. »

Le président des Affaires religieuses turques Mehmet Görmez est venu appeler les musulmans à l'unité. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg/ cc)
Le président des Affaires religieuses turques Mehmet Görmez est venu appeler les musulmans à l’unité. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg/ cc)

Mehmet Görmez a condamné à plusieurs reprises dans son discours les “assassinats commis en réseau” en Turquie, en Europe et à travers le monde mais n’a pas prononcé une seule fois les mots « terrorisme », ni « Etat islamique » pour les qualifier.

Le grand mufti a refusé catégoriquement l’amalgame entre les assassins et l’Islam :

« À tous nos amis occidentaux, il ne faut pas refléter la responsabilité de ces assassinats sur les musulmans qui vivent à côté de vous. »

Il a appelé ses corréligionnaires à entretenir le sens perdu des valeurs du prophète, celles d’une « humanité fraternelle » et de la « compassion ».

La mixité hommes-femmes était de mise dans l'enceinte du Zénith dimanche, contrairement au mois d'octobre lors de la visite du président turc Erdogan. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)
La mixité hommes-femmes était de mise dans l’enceinte du Zénith dimanche, contrairement au mois d’octobre lors de la visite du président turc Erdogan. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)

Messages à destination de la diaspora turque

Le rendez-vous était aussi l’occasion de valoriser l’identité communautaire de la diaspora turque sunnite, appelée à « vivre en harmonie » avec sa société d’adoption :

« Notre premier devoir, où que nous vivions est de garder notre foi, notre langue et notre culture, pour qu’aucun de nos enfants, même dans des siècles, ne s’éloigne de notre grande religion. Nous sommes les enfants d’une civilisation qui a toujours vécu en paix avec les autres et nous avons le droit d’attendre des autres civilisations qu’elles vivent en paix avec nous. »

Interrogé sur la formation des imams en France, lors d’un rendez-vous avec la presse, le président des Affaires religieuses turques a déclaré que son institution est « encline à partager son expérience ». Mais « à la condition que le sujet ne soit pas posé comme un problème de sécurité mais comme une question de partage des savoirs ».

« J’ai déjà rencontré des professeurs de l’Université de Strasbourg et des personnes du ministère de l’Intérieur à ce sujet. La présence d’une autre religion dans un pays, si elle est considérée comme un problème de sécurité, c’est qu’il y a un souci quelque part. Je trouve que nos interlocuteurs auraient dû être au ministère de l’Education  et des Sciences plutôt qu’au ministère de l’Intérieur. »

L’association Ditib de Strasbourg, émanation de la présidence des Affaires religieuses turques en Europe, poursuit un projet de centre de formation des imams dans ses locaux à Hautepierre. Celui-ci est mis en suspens, suite au refus de reconnaissance de son diplôme par les autorités universitaires turques.

L’événement était organisé par le Ditib Strasbourg, avec le soutien de l’ambassade de Turquie. Les représentants des autres associations musulmanes de Strasbourg étaient présents. Les discours se sont tenus en langue turque et étaient traduits en simultanés en français via des casques audios pour les participants non-turcophones.

À la sortie de l’événement, les participants se sont vus distribuer des tracts en langue turque du Parti Égalité justice (PEJ), un mouvement politique musulman, en lice pour les élections législatives partielles fin mai.

À l’UGC, licenciés pour une poignée de dosettes de cafés

À l’UGC, licenciés pour une poignée de dosettes de cafés

Deux employés de l’UGC Ciné-Cité de Strasbourg ont été licenciés en mars pour « faute grave ». Le reproche ? Un écart de 20 dosettes, à eux deux, entre les cafés facturés et encaissés à des heures où le cinéma est peu fréquenté.

Jeudi 11 mars, Kelly et Mathieu reçoivent par courrier une convocation pour un entretien préalable à un licenciement de leur employeur, le cinéma UGC Ciné-Cité de Strasbourg. Tous deux ne « comprennent pas » de quoi il peut s’agir. Lorsqu’ils demandent les raisons de cette convocation au directeur adjoint, il répond que les motifs seront exposés leur de l’entretien, ce qui est un droit de l’employeur.

Le vendredi 18 mars, c’est le jour de l’entrevue, à tour de rôle. C’est là que les deux salariés apprennent qu’ils sont dans la même situation se souvient Mathieu :

« Lors de l’entretien, on m’a dit que j’étais le seul concerné et en sortant je croise Kelly. »

L’entrevue se déroule en présence du directeur adjoint et deux témoins, un salarié et un cadre. Kelly et Mathieu découvrent les faits reprochés. Un « écart » entre le nombre de capsules de café perforées et celles enregistrées en caisse lors de leur service au bar du cinéma : 13 pour Mathieu (vendredi 29 janvier) et 7 pour Kelly (samedi 30 janvier).

Pour la directrice de l’UGC Ciné-Cité, Laurence Algret, c’est une faute grave qui justifie un licenciement :

« On ne parle pas de vol de dosette, mais d’argent encaissé directement. Il n’y a aucune autre raison possible, ils étaient seuls sur leur poste. Pour moi, c’est prouvé, donc je ne vois pas de polémique. À partir du moment où la fraude est avérée, il y a une rupture de la confiance. On aimerait que ça n’arrive pas, mais c’est une décision à prendre. »

L’enquête interne a été diligentée du 29 janvier au 3 février par la direction. Pour Laurence Algret, « l’écart informatique entre ce qui est typé et encaissé » fait office de preuve. L’enquête n’a pas été réalisée en présence des employés. Le terme de vol n’est néanmoins pas employé dans la lettre de licenciement qui parle de « perte anormale » ou « d’incohérences ».

Pourtant à entendre les deux protagonistes, mais aussi d’autres employés, il y a pourtant d’autres raisons possibles. Les employés au bar ont par exemple bénéficié de 30 minutes de pause pendant laquelle l’agent de la sandwicherie alterne entre son poste et le comptoir à l’avant du cinéma. Ce jour-là, un deuxième comptage, en plus de celui des salariés, a été effectué par des responsables que les employés disent ne pas avoir vu. Surtout, n’importe quel employé peut accéder à la caisse non-sécurisée. « Même un client peut piocher dedans », décrit un employé.

« Impossible de servir autant de café à cette heure-ci »

Par ailleurs, le nombre « totalement hallucinant », dixit un agent, de cafés servis sur ce créneau étonne. Un argument avancé par Kelly lors de son entretien qui a duré 8 minutes :

« Entre 12h et 14h, le créneau sur lequel on me reproche l’écart, il n’y a personne dans le cinéma. C’est impossible d’en servir autant à ce moment. Le nombre de capsules est vérifié toutes les deux heures. »

Ils ne le savent pas, mais leurs arguments ne convainquent guère la direction. Elle rétorque que d’éventuelles erreurs doivent être signalées dans une « feuille de perte » et que rien n’y figure. À la fin de l’entretien, le directeur adjoint signale juste que la décision, prise en accord avec le siège à Paris, leur sera adressée par courrier. Pour UGC Ciné-Cité, il s’agit d’une perte de chiffre d’affaires, considérée comme une faute grave, qui ne donne droit ni à un préavis, ni à une indemnité.

Un entretien le jour de congé maladie de la déléguée du personnel

L’entretien de Kelly était planifié un jour de congés maladie, veille d’une opération, mais elle est « quand même venue ». Elle avait demandé à ce que ce soit la déléguée du personnel qui l’accompagne, ce qui est un droit du salarié. « On a demandé aux Ressources humaines si c’était possible de le faire ce jour-là si l’employée était d’accord, ce qu’on nous a confirmé. C’est ensuite à elle d’avertir qui elle veut », justifie Laurence Algret.

La représentante a pourtant bien été contactée par la direction pour ne pas venir, au motif que l’entretien serait décalé en raison de l’arrêt maladie. C’est donc une autre salariée présente ce jour-là qui assiste aux deux entretiens.

Après l’entretien, les deux salariés continuent de travailler. Les managers restent souriants et demandent « si tout va bien ». Ce n’est que le jeudi 31 mars que les deux employés reçoivent leur lettre de licenciement. « On applique le droit du travail », justifie Laurence Algret pour expliquer que les salariés n’aient pas été informés directement malgré leurs demandes.

L'UGC Ciné Cité Etoile a fêté ses 10 ans fin 2015 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
L’UGC Ciné Cité Etoile de Strasbourg a fêté ses 15 ans fin 2015 (photo JFG / Rue89 Strasbourg)

Kelly et Mathieu étaient embauchés en CDI sur un contrat de 29h. Mathieu depuis 1 an et demi et Kelly depuis moins d’un an. Ils n’avaient jamais reçu de blâme, d’avertissement ou mise à pied (suspension de travail et de salaire). L’établissement compte une cinquantaine d’employés. Les deux concernés, comme d’autres salariés, ne comprennent pas cette décision. Sacrifiés pour l’exemple ? Moyen de pression sur le reste de l’équipe ? Volonté de réduire le nombre de CDI pour les remplacer par des CDD ? Les hypothèses divergent, mais aucune ne semble claire. Il y a même « davantage d’embauches en CDI récemment », ajoute une source syndicale, qui a préféré gardé l’anonymat sur l’ensemble du sujet.

Les deux protagonistes hésitent à engager un recours aux Prud’hommes pour licenciement abusif. Compte tenu de leur ancienneté limitée et de leur salaire, ils peuvent espérer « 2000 à 3000€ » d’indemnité et de dommages et intérêts, estime une autre source syndicale. Pour cela, il faut avancer les frais d’avocat, et une procédure peut durer un à deux an, ce qui ne permet pas de complètement « tourner la page ». Ils préféreraient un arrangement à l’amiable, ce qui est en partie une décision du siège et n’est pas la politique générale du groupe. Un entretien entre Mathieu et la directrice à ce sujet s’est mal passé et ce dernier a souhaité « ne pas en plus [s]e taire » sur son cas.

Pour des textos déplacés, ce n’était qu’une mise à pied

En janvier, un chef d’équipe avait été licencié. Pour toutes les personnes interrogées, ce sont les SMS déplacés envoyés à des équipières qui ont été l’objet de ce départ, qui en l’occurrence fait consensus. Les représentants du personnel avaient mis « des années » à recueillir des témoignages. Mais la première fois, il y a deux ans et demi, il avait reçu un avertissement, avant d’être licencié la seconde. Mais « le harcèlement sexuel n’a pas été le motif retenu dans la lettre », indique Laurence Algret.

Cet écart dans les sanctions fait néanmoins tiquer une source syndicale :

« Il y a un manque de transparence sur l’enquête et un aspect totalement arbitraire par rapport à cette précédente sanction. »

Plusieurs personnes s’inquiètent pour les répercussions en termes de cohésions de l’équipe.

En janvier 2015, Laurence Algret a remplacé l’ancien directeur du multiplexe, muté à Paris. Son arrivée s’est traduite par plusieurs avertissements, mais aussi « des changements positifs » rapportent deux syndicalistes. « Il y a avait beaucoup de passe-droit avant », concède l’un d’entre eux. Mais ce sont ses premiers licenciements.

Tribune : Starbucks à Strasbourg, moi professionnel du café, je trouve ça bien

Tribune : Starbucks à Strasbourg, moi professionnel du café, je trouve ça bien

Thomas Riegert, PDG des Cafés Reck, a réagi à l’arrivée de Starbucks sur Facebook. Voici une version augmentée de son analyse, car loin de fustiger l’irruption de cette firme américaine dans son pré carré, il explique pourquoi selon lui Starbucks rend service aux artisans torréfacteurs alsaciens.

Les réseaux sociaux s’enflamment avec l’arrivée de Starbucks à Strasbourg… Il aura fallu en fin de compte attendre 32 ans pour que la célèbre enseigne américaine arrive chez nous. Et je trouve ça bien ! Mais il est devenu fou dirons certains… Non et en plus je vais vous dire pourquoi.

C’est en 1984 que l’histoire démarre pour la petite sirène, Howard Schultz lors de son voyage de noces en Italie découvre les délicieux cappuccinos… Les américains ne buvaient que du café filtre et il adaptera le concept italien du bar à espressi pour d’abord conquérir la ville de Seattle, la Californie puis les États-Unis… et enfin le reste du monde.

Le succès, c’est le troisième lieu

Un vide béant existait dans beaucoup de pays car il n’y avait pas de « troisième lieu » comme Howard appelle ses salons. C’était bureau ou maison dans les relations humaines et ils n’avaient pas notre culture européenne du bistrot… Le plus grand développement des 19 000 stores Starbucks s’est fait dans des pays où il y avait ce manque d’un lieu intermédiaire.

On peut discuter de la force d’un logo, d’une image de cool attitude, d’un way of life du café américain, de 300 mugs gratuits, de café dégueulasse, de cafés surtorréfiés, carbonisés, de prix exorbitants, qu’ils ne payent pas d’impôts en France, que la centrale d’achat des cafés verts soit en Suisse, de ses relations avec Monsanto, que l’usine de torréfaction soit aux Pays-Bas, que les boissons contiennent 25 morceaux de sucres ou qu’ils refusent les femmes en Arabie Saoudite… Je suis d’accord avec vous tous.

Mais l’arrivée de Starbucks à Strasbourg était inéluctable mais aussi nécessaire. Et je vais vous dire pourquoi ils nous rendent service à nous artisans torréfacteurs alsaciens.

La famille Riegert découvre les cafés Starbucks à Londres.
Photo avec ma fille et mon fils dans un Starbucks de Londres. Ils n’ont pas réussi à le finir, mais ils ont réussi à poster sur Instagram leurs mines réjouies de côtoyer la petite sirène du gobelet.

Le sucre, le concurrent puis l’allié du café

Les jeunes consommateurs n’apprécient pas les saveurs amers et c’est avec le temps et l’âge que nous réduisons notre consommation de sucre. On commence à découvrir le café et ses saveurs avec ses amis pendant la scolarité et l’université.

Longtemps la boisson la plus accessible en prix dans nos milliers de bistrots en France était le café. Nous avons été concurrencés il y a une dizaine d’année par une autre marque américaine, Coca-Cola qui avec son changement de format de bouteille de 20 cl en 33 cl a fait qu’il y avait plus souvent un arbitrage par les jeunes entre un café et un coca. Le Coca-Cola plus volumineux permettant aux jeunes de rester plus longtemps à la table des bistrots, et donc l’entrée des nouveaux consommateurs sur le café était devenu plus tardive.

Pour bien comprendre les enjeux à ce jour, le café a connu les 60 dernières années trois vagues successives que l’on peut résumer de la manière suivante.

La première vague est celle de la consommation du café pour tous de 1950 à 1980 avec « des cafés à boire » la plus part du temps fournis par les colonies de chacun. Et malheureusement pour nous Français, la plupart de nos cafés provenaient de l’Ouest Africain avec des cafés dits Robustas.

Trois vagues de consommation du café

La seconde vague est celle « des cafés à apprécier », de 1980 à 2000 le consommateur a été sensibilisé sur la différence entre un Arabica et un Robusta avec notamment l’entrée tonitruante de Carte Noire qui brise les codes avec des Arabicas emballés dans des sachets noirs. Peu à peu, les industriels de la torréfaction vont indiquer un pays d’origine aux consommateurs et on se souvient tous de pays comme le Brésil ou la Colombie en producteur de cafés. Parallèlement, le mode de préparation en expresso va se développer dans le monde entier avec dans son sillage le fameux cappuccino des Italiens et prendre le pas sur le café filtre.

Quant à la troisième vague celle « des cafés à déguster », elle part du Panama début des années 2000 avec en toile de fond une révolte de planteurs qui n’arrivent plus à vivre de leur travail et qui n’en pouvaient plus d’être sous la pression d’un marché boursier très fortement influencé par de nombreux fonds spéculatifs et surtout par les dix plus gros industriels contrôlant déjà à l’époque près de 70% du marché du café dans le monde et pour qui le prix avaient plus d’importance que la qualité.

La qualité du café est tirée par le haut

Ces planteurs vont se remettre en cause et faire un important travail sur les différences organoleptiques de chaque variété botanique, améliorer et créer de nouvelles techniques post récoltes et apporter de la traçabilité à nous petits torréfacteurs. Cela portera ses fruits dans de nombreux autres pays. Le consommateur averti et informé sur ce qu’il consomme, a accepté de payer nettement plus les cafés de spécialités pour déguster des saveurs soignées provenant de très grandes origines et rémunérant bien les planteurs.

Aujourd’hui, Starbucks est malmené sur son marché américain, ils ont même du créer un nouveau concept que nous n’aurons pas à Strasbourg appelé la « Réserve » s’essayant aux cafés de planteurs, ils ont dû fermer de nombreux établissements parfois distants de 100 mètres pour redresser la barre… Mais aussi faire face à la très grande montée des ces nouveaux petits torréfacteurs… Et c’est ça la troisième vague du café : des torréfacteurs valorisant les planteurs, les cafés de terroirs, des torréfactions spécifiques, des microlots… Et c’est exactement ce que les Cafés Reck ont toujours fait et continueront de faire.

Donc bienvenue à Starbucks à Strasbourg et à tous ceux qui après avoir découvert le cappuccino de la place Kléber voudront goûter la différence dans nos bistrots alsaciens ou dans nos boutiques.

#cafés Reck#Thomas Riegert

Émerveillement total pour le hip hop métissé de Blockstop, en concert samedi

Émerveillement total pour le hip hop métissé de Blockstop, en concert samedi

Blockstop revient avec un nouvel album. Pétris d’un hip hop assaisonné à la black music, les Strasbourgeois publient leur premier format long qui sera dévoilé sur la scène de l’espace Django Reinhardt le samedi 16 avril.

Voilà peut-être la déclinaison musicale d’un kaléidoscope pris dans son acception étymologique. D’origine grecque, ce mot à tiroirs signifie littéralement «  regarder de belles images  ». Plus concrètement, ce tube inventé et breveté au XIXè siècle permet, grâce à un ingénieux jeu de miroirs, de réfléchir à l’infini le prisme de la lumière alors décomposée en de multiples couleurs. L’émerveillement est total et les combinaisons innombrables.

Un disque-mosaïque à l’identité métissée

Telle est la sensation émanant de Wake up in the Water, premier album long format de Blockstop à paraître le 15 avril (après deux EP’s publiés en 2010 et 2012, extraits à écouter sur Soundcloud et Bandcamp). En onze compositions ultra-rythmées et toutes aussi savoureuses les unes que les autres, ce disque-mosaïque ne se limite pas à une unique teinte.

Le septette, articulé autour de Mr. E, alias Eli Finberg, au chant et à l’écriture et Nicolas Schmidt à la batterie et aux compositions – avec Fabrice Toussaint au trombone, Jean-Yves Bender au saxophone, Alexandre Tissot aux claviers, Sébastien Kohler aux guitares et Denis Maire à la basse –, propose une balade en onze étapes  : une voie/voix principale (le hip hop) puis une foultitude de chemins de traverse à la tonalité jazzy ensuite mâtinée de soul, funk, blues-rock, électro, dancepop, swing manouche, reggae-dub, notes chaloupées ou discoïdes, synthés rétro-futuristes…

En somme, une identité métissée en phase avec l’époque ainsi qu’un propos qui va de pair. Illustration avec ce premier single, Dirty Hands, combiné à un premier clip tourné il y a quelques semaines à Strasbourg  :

Dirty Hands pointe le côté obscur des délinquants en col blanc qui exploitent et pressent les gueules noires d’aujourd’hui, mus par l’unique objectif du profit. Blockstop y dénonce les excès du capitalisme à outrance, fustigeant plus globalement les inégalités de notre monde.

Blockstop
le groupe strasbourgeois Blockstop (photo Bartosch Salmanski)

Le rap, la poésie et l’engagement

On retrouve cette fibre sociale engagée dans d’autres textes de Mr. E : For the Good of the Land par exemple, Whodunnit ? (qui s’attache à mettre en exergue certains médias manipulateurs et sans scrupule) ou encore Voiceless, titre porte-étendard des préoccupations de tous les sans-voix :

Porté par le flow puissant et les textes finement ciselés et toujours percutants de Mr. E, Blockstop trouve le juste milieu entre la création artistique poétique et l’engagement verbal sensé, profond et réfléchi. Et ce n’est pas un hasard si l’auteur des textes, MC new-yorkais ancré à Strasbourg depuis plus d’une décennie, impliqué dans divers projets artistiques (Art District, Caterva, Freez, Big Nowhere, Lingua Franca, Isma Hill ainsi que des ateliers d’écriture), voit en Casey et Oxmo Puccino des maîtres du rap hexagonal.

Biberonné au rap américain East Coast des années 80 et 90, il cite aussi Public Enemy, Mos Def, Notorious BIG, Pharcyde ainsi que The Roots (pour la diversité musicale et le constant renouvellement artistique). Le disque Wake up in the Water se pose d’une certaine manière en hommage à tout cela, avec son titre à entrées multiples symbolisant tant l’éveil et la prise de conscience que la survie sociale en gardant la tête hors de l’eau, sans cesse porté par une houle salvatrice qui préserve du naufrage total.

Le festival Extradanse de Pôle Sud conjugue la puissance et les femmes

Le festival Extradanse de Pôle Sud conjugue la puissance et les femmes

La seconde édition du Festival Extradanse de Pôle Sud, du 21 avril au 6 mai, programme toute une série de femmes chorégraphes, égéries et guerrières. Elles vont danser et, si tout se passe bien, vous aussi ! Joëlle Smadja, directrice de Pôle Sud, explique ses choix pour le festival et ses ambitions pour sa structure.

Du 21 avril au 6 mai, Strasbourg accueille à nouveau l’ambitieux festival Extradanse, avec cette année un programme essentiellement féminin, tourné vers des formes d’énergies chorégraphiques aussi variées que puissantes. Sept spectacles forts et incarnés abordent ce printemps avec la tête haute et des corps imposants qui semblent crier : « Regarde-moi, je suis là, j’existe et je fais face ».

Mais à Pôle Sud il ne s’agit pas que de regarder, et c’est ainsi que le festival se terminera, comme le veut la coutume, par un bal à déhanché radical. Une programmation en lignes de force.

Visuel du Festival Extradanse 2016 à Pôle Sud (Image Jordan Matter)
L’affiche du festival Extradanse 2016 à Pôle Sud (Image Jordan Matter)

Puissance et discrétion de la chorégraphie féminine

Sur 7 spectacles présentés dans le festival Extradanse cette année, 6 sont l’œuvre de femmes chorégraphes (le programme complet est sur le site dédié). Pourtant ce n’est pas ce qui a déterminé les choix de la directrice de Pôle Sud, Joëlle Smadja, pour sa programmation, puisqu’elle est plutôt partie de sujets qui lui semblaient revêtir une certaine urgence : les technologies numériques, les héritages de cultures différentes… Le constat de cette prépondérance féminine semble s’être imposé :

« Le festival Extradanse n’a pas été pensé comme étant dédié aux femmes chorégraphes. Cela a été une découverte pour moi, chemin faisant. Est-ce que c’est dans l’air du temps ou est-ce que ça relève de mon intérêt personnel ? Est-ce parce que les femmes chorégraphes ne sont pas encore assez visibles, malgré la multiplicité des objets très puissants qu’elles produisent ? »

La Société des auteurs compositeurs (SACD) produit une brochure intitulée « Où sont les femmes? », étudiant la (trop petite) place des femmes dans le monde de la chorégraphie en France, malgré leurs apports indéniables en termes de créativité. Un festival où les femmes sont à l’honneur, – sans être exclusif -, donne une visibilité importante à des créations essentielles, qui reflètent notre société avec des regards drôles, poétiques et sans concession.

"May B" de Maguy Marin (Document remis)
« May B » de Maguy Marin (Photo Didier Grappe)

La diversité comme ancrage

Le fait de programmer Maguy Marin avec une œuvre mythique des années 80, May B, est un hommage à sa créativité intemporelle. Le choix d’introduire le festival avec En souvenir de l’Indien, par la toute jeune chorégraphe Aude Lachaise, est une revendication de pluralité. Il y a des femmes, mais pas que – il y a des chorégraphes confirmés, mais pas que. Joëlle Smadja :

« Maguy Marin est une personne repère, tout comme Louise Lecavalier, qui a été longtemps l’égérie d’un grand ballet canadien. Elles sont toutes les deux de cette génération de femmes qui ont un peu plus de 50 ans aujourd’hui. Et puis il y a les plus jeunes, comme Nadia Beugré, qui est ivoirienne et qui travaille sur l’histoire des femmes de son pays, celles qui se sont battues pour la liberté. Il y a aussi la toute dernière venue, Aude Lachaise, qui raconte son histoire de femme artiste. Tous ces sujets m’ont intéressée, et c’est dans l’addition de ces sujets que nous avons vu sortir cette ligne de force féminine ».

Si la diversité est un choix, elle apparaît comme un besoin, une urgence pour Joëlle Smadja, tant dans la programmation du festival Extradanse que dans la saison de Pôle Sud en général. Il s’agit d’affirmer que les structures culturelles doivent être à l’image de notre société : plurielles et multiculturelles. Elle reprend :

« La diversité est essentielle dans la danse et dans les arts en général : c’est peut-être là notre privilège. Les artistes n’ont pas de frontières, et amènent chacun leur vision du monde. Les regards d’artistes israéliens, palestiniens, ivoiriens, et tant d’autres, donnent sur la société française des points de vue intéressants. Nous racontons aussi qu’on ne créée pas de la même manière quand on est installé en Suisse ou quand on est dans un pays africain. Donner de la place et un espace de parole à des artistes différents, jeunes ou confirmés, sur des esthétiques Hip Hop ou contemporaines, c’est montrer que cette diversité fait partie de notre ADN ».

Le spectacle "Hakanai", accueilli en collaboration avec le TJP (Photo Romain Etienne)
Le spectacle « Hakanai », accueilli en collaboration avec le TJP (Photo Romain Etienne)

Pôle Sud invite tout le monde à danser

Au delà de l’aspect convivial du festival, Pôle Sud donne à tous deux occasions de danser pendant le festival Extradanse. La première est disponible pour les femmes : Pôle Sud recherche des amateurs pour le spectacle Legacy de Nadia Beugré, qui jouera le 6 mai :

« Plus que des amateurs, nous cherchons des participantes. Il s’agit d’un vrai engagement physique, qui nécessitera 3 ou 4 jours de préparation. Cela constituera la base essentielle de la pièce, donc nous cherchons des amateurs qui feront plus que de la figuration ».

Et si une expérience moins exigeante mais tout aussi enivrante semble plus abordable, le petit bal décalé est désormais un classique pour clore le festival :

« Dans un festival il doit y avoir une notion de fête. Il y a quelque chose que, d’une façon ou d’une autre, nous partageons : tout le monde a dansé au moins une fois dans sa vie. Si on arrive à convaincre, la danse me paraît être un axe assez facile de socialisation… Pour le petit bal décalé, nous avons donc demandé à un artiste Ivoirien de la région, Abdoulaye Konaté, qui a longtemps été l’un des élèves de Nadia Beugré, d’animer un bal coupé décalé. Il y aura des artistes danseurs et des musiciens, et le public sera amené à apprendre quelques pas de coupé décalé. C’est une danse très agréable, qui permet de convoquer l’Afrique archaïque tout en étant totalement contemporaine, puisque c’est une danse très pratiquée aujourd’hui à Abidjan et ailleurs ».

Pour les amateurs de cette fameuse danse africaine, il n’y aura probablement pas besoin d’en dire beaucoup plus pour convaincre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, l’invitation est lancée pour un rendez-vous le 6 mai au Théâtre de Hautepierre, dans la foulée du spectacle Legacy.

Inviter Pôle Sud à la maison !

Pour en savoir plus sur la programmation du festival, l’équipe de Pôle Sud propose de venir prendre l’apéritif chez vous – et ils amènent la bouteille -. À vous de constituer un groupe de gens, amis, familles et autres connaissances, et de contacter l’équipe en ce sens. Ce sera aussi l’occasion d’en savoir plus sur l’autre festival, Extrapôle, fin mai et sur la récente reconnaissance de Pôle Sud comme centre de développement chorégraphique (CDC), un label national reconnu par le ministère de la Culture.

Samedi, première journée festive du mouvement « Nuit Debout »

Samedi, première journée festive du mouvement « Nuit Debout »

Le mouvement « Nuit Debout » de Strasbourg organise plusieurs activités ouvertes à tous samedi après-midi, place de la République, après quatre jours d’occupation non-stop. Au programme : informer, communiquer mais surtout mobiliser plus de monde.

Le mouvement « Nuit Debout » continue d’occuper la place de la République à Strasbourg depuis son lancement mardi soir et s’apprête à passer son premier week-end. La déclaration de manifestation publique auprès de la préfecture, qui était valable jusqu’à jeudi soir, a été renouvelée jusqu’au jeudi 14 avril. Et ce samedi, plusieurs activités sont organisées, après la manifestation contre la réforme du Code du travail dont le rendez-vous a été fixé Place Kléber à 10h30 à l’initiative des syndicats.

Accueillir les familles avec enfants

Stéphane Litolff, un membre du mouvement qui s’est occupé en partie de l’organisation de la journée de samedi, explique :

« J’ai parlé avec plusieurs parents qui me disaient que ça ne les arrangeaient pas de venir le soir car ils devaient s’occuper de leurs enfants. Nous nous sommes donc mis d’accord sur l’organisation de plusieurs activités le samedi en pleine journée pour passer du bon temps et faire participer le plus grand nombre : familles, jeunes, retraités… C’est surtout l’occasion pour nous de communiquer, échanger, informer, sensibiliser et mobiliser car les gens ne savent pas encore exactement qui nous sommes, ni pourquoi nous sommes là. Le mouvement existe seulement depuis quelques jours ».

Après une répartition en commissions, et la rédaction d’une constitution collaborative, seule une dizaine de personnes étaient présentes en journée sur le site.

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La déclaration de manifestation publique auprès de la préfecture, a été renouvelée jusqu’au jeudi 14 avril. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg)

Organisation à la dernière minute

La journée de samedi va être rythmée en plusieurs temps :

    Sur les coups de 13h, en fonction de la durée de la manifestation contre la « loi travail », un « banquet citoyen » sera proposé avec un repas tiré du sac, Vers 14h, « sieste musicale », animée par le DJ Vladimir Spoutnik. Des casques devraient être distribués à chaque personne participante. Si le nombre de participants est trop important, le DJ diffusera la musique à l’aide d’une sonorisation plus classique. Vers 15h, le collectif #MaVoix, dont des membres préparent leur candidature à l’élection législative partielle de Strasbourg, animera un « forum démocratique » pour susciter des échanges, Vers 17h, des concerts animeront la place. À nouveau Vladimir Spoutnik à la manoeuvre mais aussi le groupe de rock strasbourgeois The Walk ont confirmé leur présence, Et à 19h aura lieu la traditionnelle et quotidienne Assemblée Générale. Les participants reviendront sur ce qu’il s’est dit et décidé la veille. Les quatre « commissions » établies : action, communication, logistique et démocratie feront leurs rapports et travailleront ensuite chacune de leur côté. Les autres participants pourront discuter, débattre, échanger sur les sujets qu’ils voudront.
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Le programme de samedi a été décidé lors de l’Assemblée Générale de jeudi soir. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg)

L’idée d’une journée plus festive samedi a été décidée à l’Assemblée Générale de jeudi soir. La programmation s’est donc faite à la dernière minute vendredi. Dimanche, seule l’assemblée générale quotidienne est prévue, à 19h.

Et pendant ce temps sur Twitter


Les 14 candidats, électeurs, dates… Le guide de survie de la législative partielle à Strasbourg

Les 14 candidats, électeurs, dates… Le guide de survie de la législative partielle à Strasbourg

Environ 65 000 Strasbourgeois sont à nouveau appelés aux urnes fin mai, pour choisir leur député. Qui vote, quand, comment et pourquoi ? Tout ce qu’il faut savoir sur l’élection législative partielle à Strasbourg est ici.

Pourquoi une élection maintenant ?

Le député Armand Jung (PS) a démissionné le 1er mars, pour raisons de santé. La loi exige qu’après une démission ou un décès, une élection intervient pour désigner un remplaçant (sauf si cela intervient moins d’un an avant la prochaine élection, auquel cas le suppléant reste en place). Elle doit intervenir sous trois mois. En revanche, lorsqu’un député est appelé au gouvernement, son suppléant siège jusqu’à son retour dans l’hémicycle.

Qui est candidat ?

Le dépôt de candidatures est clos. 14 personnes sont candidates. Par ordre alphabétique :

L’initiative d’une candidature issue par un mouvement citoyen hors des partis politiques traditionnels, portée par l’adjoint au maire Éric Schultz (ex-EELV) n’a pas aboutie sur une candidature.

Qui vote à Strasbourg ?

Les électeurs inscrits sur les listes de la première circonscription du Bas-Rhin. C’est la seule à ne pas sortir du périmètre de la ville de Strasbourg, qu’elle traverse d’est en ouest. Ses contours n’ont pas changé par rapport à 2012. Exactement 66 922 citoyens sont inscrits sur les listes électorales. Les quartiers autour de Contades et de l’Orangerie, et à degré moindre du centre, affichent régulièrement de forts taux de participation aux élections. A contrario, les quartiers ouest, notamment Hautepierre, ont été les plus abstentionnistes de Strasbourg (avec ceux du sud) lors des derniers scrutins.

Quand ?

Les deux tours se dérouleront les dimanches 22 et 29 mai 2016.

Quels sont les enjeux ?

Au niveau national, ils sont faibles. À un siège près, le parti socialiste (PS) a perdu sa majorité absolue début 2015, mais bénéficie d’autres soutiens comme le parti radical de gauche (PRG). La majorité est par ailleurs elle-même embourbée dans des divisions entre les députés frondeurs et ceux solidaires du gouvernement.

En mars, Rue89 Strasbourg vous expliquait les dessous locaux de cette élection. Depuis 1997, Armand Jung (PS), très implanté sur le terrain et peu visible à l’Assemblée Nationale, a toujours remporté les élections législatives sur sa circonscription.

Les enjeux de la législative partielle de Strasbourg sont davantage locaux que nationaux. (Photo phgaillard2001 / Flickr /cc)
Les enjeux de la législative partielle de Strasbourg sont davantage locaux que nationaux. (Photo phgaillard2001 / Flickr /cc)

Éric Elkouby, candidat du PS, fait figure d’héritier. Il était jusqu’ici son suppléant et attaché parlementaire. Éric Elkouby est aussi adjoint au maire de Strasbourg et conseiller départemental d’opposition. Sa page Facebook ouverte en janvier ne partage que des photos et articles attestant de sa présence à des événements locaux. Il n’y affiche aucune prise de position sur des sujets de politique nationale ou internationale.

Si Éric Elkouby devait s’incliner (le PS n’a remporté qu’une seule législative partielle pendant le quinquennat), cela pourrait diminuer son influence à l’ouest de Strasbourg, tissée grâce à Armand Jung au sein du PS bas-rhinois. À droite, il s’agit peut-être de la dernière chance du conseiller municipal Jean-Emmanuel Robert, délégué de la circonscription, mais qui a déjà perdu deux fois aux départementales et en 2012 en tant que suppléant. Les autres partis ont peu à perdre et espèrent créer une surprise.

Quel est le mode de scrutin ?

Comme lors des élections départementales de mars, les législatives sont un scrutin majoritaire à deux tours. En dehors des deux candidats arrivés en tête au premier tour, il faut rassembler les voix des 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour. Par exemple, si la participation est de 50%, il faut que trois candidats recueillent 25% des voix pour qu’il y ait une triangulaire. Les élections législatives sont souvent marquées par une forte abstention. Il est donc très probable d’avoir un deuxième tour avec seulement deux candidats.

Pour combien de temps ?

Le vainqueur de l’élection sera élu député à peine un an. En juin 2017, le siège de député sera remis en jeu lors des élection législatives générales, suite à l’élection présidentielle.

Cet article sera fréquemment mis à jour, notamment pour officialiser les candidatures et les dates de l’élection.

#Laurent Py

GL Events, actionnaire de Strasbourg Événements concerné par les « Panama Papers »

GL Events, actionnaire de Strasbourg Événements concerné par les « Panama Papers »

La société lyonnaise GL Events – devenue actionnaire à 47% en 2014 de Strasbourg Événements – a utilisé pendant 17 ans une société offshore basée dans les Iles Vierges britanniques pour développer son activité d’événementiel au Moyen-Orient, révèlent les « Panama Papers ».

La société lyonnaise GL Events, devenue actionnaire de Strasbourg Événements en 2014, est l’une des entreprises françaises concernées par les « Panama Papers ». Ces fichiers révélés par le journal Le Monde en partenariat avec 108 autres rédactions dans 76 pays expliquent qu’outre de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales, des milliers d’anonymes ont recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.

De 1997 à novembre 2014, l’entreprise GL Events utilisait la société offshore Eastern Exhibition Services Limited. GL Events en avait besoin car cette société avait une licence d’exploitation pour proposer des services aux Émirats arabes unis. Cette société a été créée en 1993 aux îles Vierges britanniques par un Anglais installé à Dubaï avant d’être rachetée quatre ans plus tard par GL Events.

Des actions gelées en 2011

Depuis 2011, les sociétés étrangères ont le droit de s’implanter dans des zones franches à Dubaï. GL Events n’a jamais caché l’existence de cette filiale qui lui a permis de gagner du temps. Mais l’entreprise assure s’en est « débarrassée dès qu’elle a pu » a répondu Erick Rostagnat, directeur financier du groupe, au Monde. Mais le 31 décembre 2010, les actions au porteur qu’avaient souscrits GL Events au fondateur par souci de discrétion sont devenues interdites aux Iles Vierges. Prévenue trop tard de changement de loi, GL Events voit ses actions gelées deux ans, ce qui explique ce délai de plus de trois ans pour se « débarrasser » de la société Eastern Exhibition Services Limited.

L’internationalisation de GL Events, débutée au Moyen-Orient, lui permet de revendiquer le statut de leader européen dans l’événementiel, avec presque un milliard d’euros de chiffre d’affaires et près de 4 000 employés dans le monde.

Actionnaire à 47% de Strasbourg Événements depuis 2014

Fin 2013, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg (devenue Eurométropole) adoptaient chacune une délibération qui permettait à l’entreprise lyonnaise d’événementiel GL Events de devenir actionnaire à hauteur de 47% de la société d’économie mixte (SEM) Strasbourg Événements. Depuis 24 ans, Strasbourg Événements gère le Parc des expositions et le Palais de la musique et des congrès, en tant que délégataire de service public. Un nouvel appel d’offre sera formulé en 2016.

En 2014, Strasbourg Événements a réalisé un chiffre d’affaires de 16 095 000 euros, pour un bénéfice net de 156 500 euros. La décision vantait un partenariat « innovant » qui permettait de faire face à la concurrence internationale.

Fin 2015, des travailleurs détachés

À la fin de l’été 2015, GL Events avait déjà suscité la polémique en faisant appel à travailleurs détachés pour installer l’Université d’été du parti socialiste à La Rochelle, via son sous-traitant Trepte Events. Ce système de « travailleurs détachés » permet d’embaucher des travailleurs européens au salaire du pays local, mais avec les charges sociales du pays d’origine (en l’occurrence, la Roumanie). Rien d’illégal avait répondu le PS, mais une fois l’information révélée par France Bleu, il avait rompu le contrat.

Une situation qui s’était reproduite fin 2015 lors de la COP21 . Un travailleur slovaque avaient même confié au 20h de France 2 gagner 70 euros pour 12h de travail, soit moins que le minimum légal français.

Les douanes se renforcent contre le terrorisme mais trouvent du tabac

Les douanes se renforcent contre le terrorisme mais trouvent du tabac

La direction régionale des douanes de Strasbourg a présenté jeudi matin le bilan de son activité pour 2015 : 1,3 tonne de tabac de contrebande en 2015, soit 10 fois plus que l’année dernière. Des renforts sont attendus dans le cadre de leur participation à la lutte contre le terrorisme.

Comme toutes les autres forces de sécurité, les douanes doivent « répondre au défi de la lutte contre le terrorisme ». Lors de la présentation de l’activité des douanes au siège à Strasbourg jeudi matin, la directrice Catherine Durringer, a insisté sur ce point et s’est félicitée de l’arrivée prochaine d’agents en renfort dans le Bas-Rhin :

« Une dizaine d’agents sont déjà arrivés pour venir renforcer les 190 effectifs des brigades de Strasbourg-Entzheim, Saverne et Haguenau après avoir suivi une formation dans des écoles spécialisées, dont l’Ecole Nationale des Douanes de la Rochelle. Nous sommes donc actuellement 200 effectifs dans le département. Mais nous ne savons pas encore exactement quand arriveront les dix autres agents attendus, peut-être avant l’été ».

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La directrice régionale des douanes de Strasbourg a constaté une « recrudescence » de la saisie des armes de guerre. (Photo : Marie-Charlotte Méoni)

Sur les 1 158 armes à feu saisies en France (+40% avec l’état d’urgence), 28 ont été retrouvées dans le Bas-Rhin. Catherine Durringer assure avoir constaté une « recrudescence » des armes de guerre mais n’a pas été en mesure de donner leur nombre exact sur le total, ni même de préciser l’apport des douanes à la lutte contre le terrorisme.

10 fois plus de tabac de contrebande

En revanche, Catherine Durringer s’est félicité des résultats de l’activité traditionnelle des brigades de douaniers du Bas-Rhin au cours de 2015. Un chiffre s’est détaché du reste : 1,3 tonne de tabacs de contrebande ont été interceptées, soit presque 10 fois plus qu’en 2014 où 183 kg avaient été saisis. À l’échelle nationale, 630 tonnes de tabacs de contrebande ont été saisies, soit une augmentation de 49% qualifiée de « record historique » par la directrice régionale des douanes.

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1,3 tonne de tabacs de contrebande ont été interceptées dans le Bas-Rhin, soit presque 10 fois plus qu’en 2014 où 183 kg avaient été saisis. (Photo : Marie-Charlotte Méoni)

En outre, en 2015 les douaniers ont mis la main sur :

    631 847 euros illicites, 3,7 kg d’héroïne, 11 kg de cocaïne interceptés sur 17 tonnes (2,5 fois plus) en France, 4,4 millions d’euros de droits et de taxes redressés pour la fraude fiscale sur les 377,4 millions (+ 5,7%) en France.

Catherine Durringer a souligné que se développe la culture « indoor » de cannabis, c’est-à-dire chez soi, à l’intérieur, grâce à des plants et du matériel d’éclairage acheté sur Internet. Selon elle, la moitié des 175 saisies effectuées en 2015 concernent des productions en intérieur. Le 1er avril 2015, 10,5 kg d’herbe et de feuilles de cannabis avaient été saisis suite au contrôle d’un véhicule sur une route départementale de Strasbourg. Le conducteur avait avoué détenir des plants de cannabis à son domicile où une cave aménagée était utilisée pour la culture de 39 plants.

Premier cas de contrefaçon de droit d’auteur dans le Bas-Rhin

Pour les chiffres de la contrefaçon, les jouets, jeux et vêtements arrivent en tête dans le Bas-Rhin. Sur les 15 245 articles de contrefaçon saisis dans le département figurent 5 123 jouets ainsi que 2 219 vêtements.

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Lunettes, parfums de luxe, montres… Des articles de contrefaçon assez « classiques » ont été présentés. (Photo : Marie-Charlotte Méoni)

Les douaniers ont également saisi :

    310 médicaments, 535 accessoires personnels, 174 chaussures, 440 téléphones mobiles, 30 CD, DVD et logiciels.
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Ce fauteuil design est la première saisie de contrefaçon de droit d’auteur signalée dans le Bas-Rhin. (Photo : Marie-Charlotte Méoni)

Mais c’est surtout la saisie d’une copie de la Aarnio Ball Chair, un fauteuil design, qui constitue une contrefaçon de droit d’auteur qui a interpellé les douanes car « c’est une première dans le département ».

Starbucks à Strasbourg, tapis rouge pour les rois du café cher payé

Starbucks à Strasbourg, tapis rouge pour les rois du café cher payé

Pour ses implantations en Alsace, Starbucks Coffee France a choisi un habitué de la franchise, le mulhousien Kamel Boulhadid du groupe BK. Mais il aura peu de marge de manoeuvre, tant la firme américaine a verrouillé son modèle économique : proposer des cafés hors de prix, avec un discours rôdé et un sourire obligé.

Pour inaugurer le salon Starbucks de Strasbourg, le maire (PS) Roland Ries est annoncé, ce qui n’est déjà pas donné à n’importe quelle ouverture de boutique, mais il sera flanqué en outre de son premier adjoint (PS), Alain Fontanel et du président (PS) de toute l’Eurométropole, Robert Herrmann ! Ce n’est pourtant pas l’immense gisement d’emplois qui attire ainsi les élus, le salon n’embauchera qu’une vingtaine de salariés.

Ce n’est pas non plus la perspective d’une activité rentable pour les comptes publics, puisque Starbucks a réussi depuis son implantation dans l’Hexagone en 2004 à ne payer aucun impôt en France, grâce à un ingénieux système de rétribution de la maison mère. Nul besoin de passer par le Panama pour cette optimisation fiscale, il suffit de déclarer des pertes en France, 4,2 millions d’euros en 2013 quand même, malgré un chiffre d’affaires de 84,5 millions d’euros, dues aux remboursements, aux commissions et aux achats.

Cette méthode est légale, elle est appelée le sandwich hollandais, mais elle commence à sérieusement agacer le fisc français et la Commission européenne qui a condamné Starbucks à payer en octobre 2015 des arriérés d’impôts aux Pays-Bas.

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Le Starbucks place Kléber est inauguré par le maire (PS) de Strasbourg Roland Ries, son premier adjoint Alain Fontanel et le président (PS) de l’Eurométropole Robert Herrmann. (Photo MCM / Rue89 Strasbourg)

Non, ce qui attire les élus de l’exécutif municipal, c’est l’aura d’une marque internationale qui a réussi, en quelques années, à installer un comptoir à café dans chaque coin des États-Unis, 19 000 dans le monde et entend bien faire la même chose en Europe. Déjà 90 salons existent en France, sur Facebook une page souhaitant un Starbucks à Strasbourg a réuni plus de 600 « fans ».

En Alsace, le groupe BK à la manoeuvre

Pour s’installer en Alsace, Starbucks France a choisi le groupe BK d’Illzach près de Mulhouse, qui déployait jusque là deux marques : Domino’s pizza et Resto Sushi’s. Pour convaincre, son dirigeant, Kamel Boulhadid, a mis en avant ses résultats : plus de 40 Domino’s Pizza ouverts en France en vingt ans et un groupe dont la holding, BK & A, termine l’année 2015 avec un résultat net de 1,4 million d’euros.

Kamel Boulhadid a aussi séduit en mettant en avant son expérience de « self made man ». À 22 ans, sans diplôme, il a créé son premier Domino’s pizza en carrelant lui-même un garage à Hésingue, selon la légende. Aujourd’hui, le groupe BK emploie plus de 1 000 salariés. L’homme est décrit comme généreux et travailleur. Il a cultivé autour de lui une culture d’entreprise autour de ces valeurs. Dans une vidéo de 2014, Kamel Boulhadid s’est même offert Aimé Jacquet qui dit de lui qu’il aurait fait un « magnifique entraîneur de football » :

Avec ça en France, toutes les portes sont ouvertes normalement… Pour les futurs Starbucks de l’Est (Alsace, Franche-Comté et Lorraine), le groupe BK a donc recruté une centaine de collaborateurs, Kamel Boulhadid l’a lui-même annoncé sur Facebook, mais sous la supervision du « district manager » de Starbucks France.

Un concept encadré à l’extrême

Car si Starbucks a d’abord commencé par implanter directement ses salons en France, son concept est extrêmement encadré pour que les franchisés diffusent exactement le même message d’amour du café. Ainsi employé au Starbucks de l’aéroport de Lyon, René Dugit vient de passer une nouvelle « certification », un examen qui détermine sa connaissance des cafés de la maison :

« Toutes nos tenues sont fournies par Starbucks de la tête aux pieds, le règlement recommande même de faire un usage modéré des parfums et déodorants, qui risqueraient d’altérer l’odeur de café diffusée dans les salons ».

Opéré en franchise par une filiale de SSP, le Starbucks de l’aéroport de Lyon préfigure des conditions de travail qui attendent les employés strasbourgeois. Délégué syndical CFDT, René Dugit estime que le principal problème concerne les horaires :

« Les Starbucks, surtout le nôtre, se caractérisent par une très large amplitude horaire, ce qui demande beaucoup de monde pour servir les clients dans un délai raisonnable. Or, comme il faut rémunérer la marque, l’entreprise est tentée de rogner sur les effectifs mobilisés. On a bataillé ferme avec la direction pour obtenir des plannings sur deux mois, afin que les employés aient une visibilité et qu’ils ne soient plus appelés au dernier moment parce que quelqu’un est malade ou absent. Mais ça arrive encore trop souvent ».

Priés de croire aux bienfaits du café

Formé en quelques jours dans d’autres magasins de la marque, les « baristas », les employés de base chez Starbucks, doivent en outre avaler le discours maison sur « l’art du café » et sur les bienfaits pour la planète et les paysans du monde des commandes de la firme américaine. Pour Starbucks, c’est clair, leur café est le meilleur du monde et en plus les producteurs lui disent merci. Sauf qu’en 2007, l‘ONG Oxfam a révélé que Starbucks oeuvrait pour empêcher l’Éthiopie de protéger ses variétés de cafés. Devant le scandale, le chiffre d’affaires de Starbucks égalant alors le PIB de l’Éthiopie, la firme américaine a reculé.

Dans ses salons, Starbucks cherche à vendre le « mariage parfait ». Vous prenez un cappucino, voici un cookie pour aller avec et pourquoi pas un mug ? Entre la taille du gobelet, le type de café, l’accompagnement et les additifs, le client a six choix à opérer avant de pouvoir déguster son café, ce qui a produit une scène mémorable de « You’ve got mail » :

Management à l’américaine

En 2011, Slate a publié une enquête sur les conditions des salariés de Starbucks en France. Malgré une image à la cool où chaque employé est appelé « partenaire », c’est bien un management à l’américaine qui est en vigueur dans les Starbucks, avec ses pauses non rémunérées, ses optimisations sur la santé des salariés et ses visites surprises incessantes. Gare au salarié qui perdrait son sourire forcé, il se verrait promptement rappelé à sa « mission » par le « shift supervisor ».

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Être salarié chez Starbucks, ce n’est pas être collègues mais « partenaires », une terminologie inventée par Howard Schultz, l’un des fondateurs de la marque qui crée une ambiguïté dans la hiérarchie. (Photo : Marie-Charlotte Méoni)

La CFDT se structure timidement chez Starbucks

Malgré l’image sympathique que Starbucks, ses employés ont dû se battre au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Québec pour faire reconnaître des droits élémentaires. En France, la section CFDT, créée en 2012, est devenue la première organisation syndicale de Starbucks. En octobre 2015, le syndicat affirme avoir obtenu une augmentation des salaires de 2,1%, la revalorisation d’une prime annuelle et plusieurs primes spéciales.

Mouhamed Touré, délégué syndical CFDT chez Starbucks France, reconnaît que la situation s’est améliorée :

« C’est toujours tendu mais il y a eu des progrès. Il n’y a plus de gros problèmes de sécurité ou de santé au travail. Mais on reste très sollicités pour des salaires très faibles. Un barista est payé 9,67€ brut de l’heure, soit le Smic, et 10,04€ de l’heure après 10 mois d’ancienneté. Les cadres sont mieux payés mais ce qui m’inquiète c’est que les salaires sont encore plus bas dans les franchises, qui est le modèle de développement de Starbucks en France désormais. J’ai peur que nos combats ne servent pas à ces salariés… »

Ce sera au groupe BK de faire ces choix. En occupant cet espace de l’Aubette, Kamel Boulhadid s’assure une belle visibilité. Mais le café à 5€ le gobelet parviendra-t-il à couvrir les frais de l’onéreux loyer de l’emplacement, qui a déjà changé trois fois d’enseigne depuis l’ouverture du centre commercial ? Surtout que le groupe BK va devoir dégager suffisamment de marge pour payer les 5 à 7% de royalties sur le chiffre d’affaires qu’exige Starbucks.

Ni Kamel Boulhadid ni Starbucks n’ont accepté de répondre à nos questions.

#Kamel Boulhadid