Mettre pied à terre, s’arrêter, utiliser un passage protégé, passer par le trottoir : pour survivre dans la circulation, les cyclistes doivent très souvent redevenir piétons. Et aussi pour d’autres raisons…
Après rénovation, le bâtiment historique de la clinique des Diaconesses devrait accueillir une résidence étudiante, un hôtel-Spa et un hôtel hospitalier. Photo : Ji-Elle / Wikimedia Commons / cc
L’hôtel hospitalier, ou « hospitel », est une solution privée d’hébergement pour les patients de chirurgie ambulatoire. Venu des États-Unis, le concept fait des émules en France. À Strasbourg, l’Ircad veut tenter l’expérience dans ses futurs locaux de la clinique des Diaconesses.
Un hôtel privé dédié aux patients de l’hôpital civil et de l’IHU, l’institut hospitalo-universitaire de chirurgie guidée par l’image. C’est le nouveau projet du Pr Jacques Marescaux dans les locaux de l’actuelle clinique des Diaconesses, rachetée en 2013 par l’Ircad, l’institut privé de recherche contre les cancers de l’appareil digestifs qu’il dirige.
L’idée est simple : beaucoup de patients de chirurgie hospitalière doivent rester une nuit ou deux à proximité de l’hôpital, la veille de leur opération par exemple, ou dans les jours qui suivent pour leurs consultations de suivis. Pour autant, leur état ne nécessite pas d’hospitalisation et les lits à l’hôpital sont rares et chers. S’ils habitaient sur place, ces patients n’auraient pas besoin d’être hospitalisés. Pour désengorger l’hôpital, ils peuvent donc se contenter d’une chambre d’hôtel adaptée, à côté de leur lieu de soin.
Le concept de l’hospitel, ou hôtel hospitalier, est encore peu connu en France. Il en existe pour l’heure trois dans l’Hexagone. Le plus célèbre est celui de l’Hôtel-Dieu à Paris. L’établissement privé reçoit, à leur charge, les patients de chirurgie ambulatoire de l’hôpital. La solution des hôtels hospitaliers est née aux États-Unis. Tout le monde n’y a pas d’assurance maladie. L’hospitel permet aux patients de suivre leurs soins hospitaliers sans avoir à payer d’hospitalisation.
Un concept qui intéresse la France
Aujourd’hui, elle séduit en France. Ses promoteurs y voient plusieurs avantages : limiter le risque des maladies nosocomiales contractées à l’hôpital, et surtout faire faire des économies à la Sécurité sociale. Alors qu’une nuit d’hospitalisation peut lui coûter jusqu’à 1 500 euros, une chambre d’hôtel ne revient qu’à une soixantaine d’euros, pour le moment à la charge du patient.
Sur proposition du député socialiste Olivier Véran, le Parlement a voté en décembre 2014 l’expérimentation des hôtels hospitaliers pendant trois ans dans le cadre de la loi de finance de la sécurité sociale 2015. Le décret d’application de cette mesure doit être publié dans les semaines à venir. Il doit notamment déterminer le niveau de prise en charge des nuitées en hôtel hospitaliers par la sécurité sociale. En 2015, la DGOS a lancé un appel à projet dans toutes les régions françaises pour sélectionner des établissements tests.
Cette volonté politique affichée enthousiasme le Pr Jacques Marescaux quant à la pérennité de son projet à Strasbourg. Pourtant, s’il a multiplié les contacts jusqu’au plus haut de l’Etat pour faire mûrir celui-ci, l’Ircad ne s’est pas portée candidate pour l’expérimentation nationale.
À l’origine, le futur hospitel des Diaconesses a d’abord été pensé pour l’IHU voisin, qui doit sortir de terre cette année. Ce pôle d’excellence en chirurgie mini-invasive, associé à l’Ircad et en pointe sur les nouvelles technologies chirurgicales, devrait attirer des patients venus de très loin et qui auront besoin de loger sur place le temps de leurs soins. Le Pr Jacques Marescaux, à la tête des deux institutions, assure qu’au-delà de cette clientèle, l’hospitel des Diaconesses s’adressera à tous les patients de l’hôpital civil. Ce service pourrait donc y accompagner l’essor actuel de la chirurgie ambulatoire.
Un pari économique pour l’Ircad
La reconversion de la clinique des Diaconesses est un pari économique pour l’Ircad, comme celle des anciens Haras nationaux avant elle. La Ville a cédé en 2009 à l’Ircad le site des anciens haras nationaux, qui jouxtent la clinique des Diaconesses. L’institut privé en dispose pour une cinquantaine d’années par bail emphytéotique. Après avoir rénové le lieu, classé au titre des Monuments historiques, il y a ouvert en 2013 un hôtel de luxe, une brasserie et un biocluster.
L’Ircad a confié les deux commerces à des entrepreneurs privés mais garde une participation dans chacun d’entre eux. Il réinvestit les bénéfices qu’il en tire dans ses activités de recherche et dans son équipement technologique. C’est ce même calcul que fait le Pr Jacques Marescaux pour le site des Diaconesses, à ceci près que pour équilibrer l’opération d’achat de celui-ci, il a cette fois décidé d’en revendre une partie sous forme de logements. Aux Haras, la clientèle de l’hôtel se compose pour moitié des chirurgiens venus se former à l’Ircad.
L’institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif a ouvert au sein de l’hôpital civil en 1994. Photo : Ji-Elle / Wikimédia Commons / cc
L’Ircad est un institut de recherche et d’enseignement entièrement privé. Il tire l’essentiel de ses ressources de son activité d’enseignement, en formant chaque année des milliers de chirurgiens du monde entier aux nouvelles méthodes de chirurgie mini-invasive. Ses activités commerciales aux Haras ne représentent qu’une part minime de ses recettes, assure Jacques Marescaux.
Un projet flexible
Mais la question de savoir qui sera prêt à payer pour une chambre dans le privé reste entière. D’après le Pr Jacques Marescaux, le projet d’hôtel des Diaconesses restera donc flexible. Si le marché des patients n’est pas porteur, les 17 chambres de l’hospitel pourront se raccorder à l’hôtel-Spa voisin, que l’Ircad projette aussi d’installer dans le bâtiment historique de la clinique :
« Nous sommes à la recherche de nouveaux modèles économiques car aujourd’hui je suis convaincu que moins on s’appuie sur de l’argent public et mieux on se porte. Pour l’hospitel, nous tentons quelque chose de nouveau. Toute la question est de savoir qui va payer de l’hôpital, de la Sécurité sociale ou des mutuelles. Mais nous prévoyons le même design pour l’hôtel et l’hospitel. Nous pourrons donc agrandir l’hôtel si ça ne marche pas. Et si ça marche, nous pourrons faire l’inverse ».
Le plan de rénovation et de construction du site des Diaconnesses. Photo : CG / Rue89 Strasbourg / cc
Le projet de reconversion de la clinique des Diaconesses prévoit la démolition des bâtiments récents et la construction de deux bâtiments neufs de 88 logements. Dans le bâtiment de 1840, il prévoit, en plus de l’hospitel et de l’hôtel, l’installation de 7 logements privés et d’une résidence de 36 studios en location pour des étudiants en médecine et infirmières. L’Ircad a obtenu son permis de construire et de démolir le 26 février.
Les travaux pourront démarrer une fois que la clinique des Diaconesses aura déménagé à Port du Rhin, dans la clinique Rhéna, fruit de sa fusion avec les deux autres cliniques confessionnelles de Strasbourg, Sainte-Odile et Adassa. Ce départ est prévu pour le premier semestre 2017.
Les experts réunis à Metz samedi (Photo Région ACAL / Twitter)
Le processus pour trouver un nom à la grande région Alsace – Lorraine – Champagne – Ardenne arrive à son terme. Un collège d’une soixantaine « d’experts » et de volontaires s’est réuni plusieurs fois depuis fin février et vient d’aboutir à trois propositions : Rhin-Champagne (26 voix), Acalie (32) ou Nouvelle-Austrasie (36).
Ces trois noms sont proposés au vote de tous les habitants dès lundi. Mais ils ont surtout déchaîné les critiques durant tout le week-end, comme en témoignent de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.
Ainsi, Jean-Pierre Masseret, co-président du groupe socialiste au conseil régional, prévoit de ressortir les fourches :
Les 3 noms proposés pour désigner la nouvelle region frisent le ridicule j espère que c est une mauvaise blague.sinon on prend les fourches!
Du coup, Philippe Richert, président (LR) de la Région, a saisi lundi matin les 41 élus du bureau élargi du conseil régional et… magie : la dénomination « Grand Est » est ressortie du chapeau.
Le nom qui recueillera le plus de suffrages sera proposé au conseil régional puis au Conseil d’État. La consultation se déroulera principalement sur Internet (notrenouvelleregion.alsacechampagneardennelorraine.eu) mais des urnes seront également disponibles à Strasbourg, Metz et Châlons.
Pour Philippe Richert, président (LR) de la Région, il était important que ce nouveau nom soit issu d’une large consultation :
« Pour construire cette grande région, qui est un véritable défi, nous devons tous nous mobiliser et travailler ensemble. C’est pourquoi il est plus qu’important d’inclure les citoyens dans cette construction, dans le choix du nom qui sera une part de leur identité. Nous ne pouvons être seuls à faire ce choix, il doit être fait collectivement. »
La consultation se terminera le vendredi 1er avril 2016 à minuit.
Voici enfin le premier album de The Walk ! Le quartette strasbourgeois a su se faire désirer après deux EPs prometteurs et savoureux publiés en 2013 et 2014. Wrong Enemy, tout en magnétisme sauvage, sera présenté sur la scène de l’espace Django Reinhardt jeudi 17 mars.
The Walk nous avait déjà régalés de son rock métissé et habité avec ses deux premiers mini-albums, 1STEP et Frozen Hands, respectivement sortis en juillet 2013 et mai 2014. À Rue89 Strasbourg, le coup de cœur pour ces quatre Strasbourgeois avait été immédiat et c’est bien pour cela que nous vous en avions parlé à plusieurs reprises (lors de la sortie du premier EP et à l’occasion de la présentation de titres inédits au Mudd Club fin 2014 dans la perspective de ce premier album).
Un rock à entrées multiples
Wrong Enemy (Doc. remis)
Aujourd’hui, donc, place aux douze titres qui composent Wrong Enemy, premier format long des Strasbourgeois désormais disponible en numérique et sur support physique. On y retrouve une sincérité profonde, une urgence musicale doublée d’une radicalité verbale qui font de cette musique un rock à entrées multiples, à l’image de la puissance du morceau d’ouverture, Sit by the Fire, dont la fougue va crescendo cinq minutes durant jusqu’à un finale aux accents hard et progressif.
Rien à voir, en revanche, avec Stand The Truth, dont le tempo plus doux et contemplatif se teinte magnifiquement d’un accordéon « tangoïsant ». Words of Wisdom s’inscrit dans cette ligne plus atmosphérique et planante, esquissant un tableau au flou travaillé ouvrant sur de grands espaces à explorer.
Même sentiment de tous les possibles avec l’envoûtant Far from my Dreams. Attention toutefois à ne pas se laisser endormir par la beauté bucolique de ces paysages : l’orage gronde, les premières rafales de vents se lèvent, l’ouragan approche, le volcan va entrer en éruption.
Frozen Hands figurait déjà sur l’EP éponyme, tout en puissance rentrée et contenue avant l’explosion finale. Car The Walk, c’est un peu cela. Partir en balade sous des cieux cléments avant que l’horizon ne s’assombrisse. Pris dans la tempête, nous voici dans l’adversité, condamnés à faire face, ruser, lutter. Toujours sur la corde raide, entre inévitable chute et possible rédemption salvatrice. Peut-être le reflet de l’intériorité, de l’intime, de ces émotions enfouies qui finiront bien par affleurer.
Wrong Enemy exhale en tout cas un parfum de mélancolie auquel viennent se greffer de petites touches d’espoir. Car le monde n’est pas binaire et fragmenté. Il est en mouvement permanent, en construction.
Toute cette complexité, The Walk l’exprime à merveille, portée par la voix inclassable et vagabonde de Hervé Andrione, qui officie aussi aux guitares. Cette magie globale passe également par le vibrant tarhu de Nicolas Beck ainsi que la basse ardente de Claudio Dos Santos et la batterie toujours accrocheuse de Victor Binot.
La formule enchanteresse séduit pleinement sur album mais prend encore une autre dimension en live, bien plus percutante et organique. Car au-delà de la technique et de l’évidente maîtrise des Strasbourgeois, c’est désormais le ressenti qui prime. Physique et mental. Et ces émotions profondes, poignantes, palpitantes, sont fort heureusement incontrôlables !
Y aller
The Walk en concert le 17 mars à 20h à l’Espace Django Reinhardt, à Strasbourg (co-production Pelpass et The Walk). Egalement à l’affiche : Gamesdoglär et The Summer Rebellion. Entrée : 8 euros en pré-vente et 10 euros en caisse du soir.
Le groupe Out5ide, ce soir au Camionneur (Doc. remis)
Affiche rock samedi 12 mars au Camionneur à l’occasion d’une programmation articulée autour du label strasbourgeois Try & Dye. Les groupes alsaciens Out5ide et Undervoid présenteront chacun leurs nouvelles compositions.
Out5ide signe son retour après cinq années d’absence discographique. Voici donc Naked, quatrième album d’une formation née dans les années 90 mais qui s’est repensée et remodelée pour accoucher de dix nouveaux morceaux empreints d’un prog-rock en clair-obscur à l’efficacité mélodique addictive. La raison de cette renaissance ne passe pas uniquement par la nouvelle identité visuelle de la bande, Outside devenant Out5ide.
Le line-up du groupe a en effet évolué, la colonne vertébrale du projet restant la même (Philippe Rau à la guitare et Olivier Sapte à la batterie) mais avec désormais le bassiste Matthieu Heise, le chanteur-guitariste Laurent Hantz et Olivier Schaal aux claviers. Les compositions, à l’ADN progressif dans la veine de la filiation revendiquée par le groupe (Genesis, Yes, Pink Floyd voire Marillion), font aussi la part belle à un rock dynamique et furieux à l’image de l’efficace IN :
Les saillies rock prennent aussi le dessus sur 2 Late, tout en colère rentrée ne demandant qu’à exploser, ou sur le magistral My Rage of Glory. Naked est édité sur le label messin Musea, spécialisé dans le rock progressif et qui touche certains publics aux Etats-Unis, en Russie, en Ukraine, en Grande-Bretagne et en Asie.
Undervoid, du rock brut et habité
Autre affiche de la soirée, Undervoid. Ce jeune collectif alsacien (Arnaud Sumrada aux chant et guitare, Marc Berg à la guitare lead, Bill Ottomo à la basse, Alexandre Paris à la batterie) né il y a à peine plus d’un an, en janvier 2015, propose un rock aux contours assez bruts, chanté en français, sur fond de guitares bluesy et heavy recelant une belle énergie. Undervoid a récemment dévoilé un premier EP 2 titres, porté par ce clip :
Le second titre, A la belle, déploie lui aussi une puissance rock amplifiée par un chant habité qui ne demande qu’à s’énerver franchement. A découvrir en live pour en éprouver l’intensité !
Le Conseil Départemental se désengage du financement de l’hébergement d’urgence à hauteur de 640 000 € et près de 1 100 000 € pour le Fonds de Solidarité Logement pour l’année 2016. (Photo Marie Marty / Rue89 Strasbourg)
Suite aux coupes budgétaires du conseil départemental du Bas-Rhin, notamment dans l’hébergement d’urgence, annoncées le mois dernier, les syndicats de l’action sociale, CGT Mosaïque, FO et SUD appellent à manifester ce mardi 15 mars à 14h devant l’hôtel du Département à Strasbourg.
L’hébergement d’urgence, un désengagement de l’Etat
Le conseil départemental du Bas-Rhin, présidé depuis avril 2015 par Frédéric Bierry (LR), a choisi le 5 février de se désengager du financement de l’hébergement d’urgence à hauteur de 640 000 € et de près de 1 100 000 € pour le Fonds de Solidarité Logement pour l’année 2016. Plusieurs associations devraient voir leur budget baisser, parfois jusqu’à 150 000 € de budget.
Mais l’hébergement d’urgence reste une compétence de l’État qui s’est désengagé en réduisant ses dotations de 70 millions d’euros pour le département du Bas-Rhin sur un budget de plus d’un milliard d’euros.
Les syndicats qui appellent à manifester lundi prochain revendiquent :
Manifestation contre les coupes budgétaires départementales, mardi 15 mars à partir de 14h devant l’hôtel du Département, place Quartier Blanc à Strasbourg.
Diaporama. – Mercredi 9 mars à Strasbourg, entre 5 et 7 000 personnes ont défilé dans les rues de Strasbourg contre la réforme du code du travail, prévue par le gouvernement.
Entre 5 et 7 000 personnes selon les comptages ont défilé mercredi 9 mars à Strasbourg de la place Kléber à la place de la Bourse pour protester contre la réforme du code du travail envisagée par le gouvernement.
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La manifestation s’est déroulée dans le calme, au son des slogans appelant à la « grève générale ».
Le projet de loi de la ministre du travail Myriam El Khomri doit être présenté en conseil des ministres le 24 mars, une nouvelle journée d’action est prévue ce jour là si le projet n’est pas retiré avant.
Le reportage de Jean-Claude Meyer de La Feuille de Chou
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Conférence de presse autour du festival Premières au Club de la Presse, le 10 mars 2016 (Photo M. Bohner / Rue89 Strasbourg)
Le festival de la jeune mise en scène européenne, Premières, fêtait ses 10 ans en 2015, porté par le TNS, le Maillon et le Baadisches Staatstheater de Karlsruhe. Frédéric Simon, Stanislas Nordey et Jan Linders ont annoncé jeudi que Premières ne se tiendrait finalement pas en juin, mais que le festival reviendrait à Strasbourg en décembre 2016 paré de nouvelles ambitions.
Le premier message est clair, et c’est Stanislas Nordey, directeur du Théâtre National de Strasbourg (TNS), qui l’annonce : « le festival Premières sous sa forme actuelle disparaît, et ne se tiendra donc pas en juin ». La période de juin ne paraît plus forcément pertinente pour les deux théâtres français : c’est une période peu propice à la fréquentation des publics. C’est aussi le cas pour les professionnels, peu disponibles, alors que l’un des objectifs affichés du festival était de leur présenter des jeunes metteurs en scène dans l’espoir de programmations ultérieures.
De juin il s’agit donc de passer à décembre, un mois, selon Frédéric Simon, directeur du Maillon, « particulier dans l’imaginaire des européens. On y ressent cette angoisse du vivre-ensemble, du partage, de la ré-invention du monde. […] Ce mois est tombé sous la coupe du commerce, il faut se le réapproprier. » Pas de date précise fixée encore, mais le festival 2016 devrait se passer à Strasbourg aux alentours du 15 ou du 20 décembre, avec des navettes depuis Karlsruhe pour en profiter… et faire un tour au marché de Noël par la même occasion, peut-être.
Frédéric Simon, nouveau directeur du Théâtre du Maillon (Photo M. Bohner / Rue89 Strasbourg)
Un festival en deux temps
La mue du festival Premières passe aussi par une scission en deux temps. Il semblait peu pertinent aux trois structures de continuer à mêler un temps, festif et assez ramassé, de représentations, et un temps de recherche artistique plus long et en profondeur. Le Baadisches Staatstheater est particulièrement intéressé par l’aspect « découverte de jeunes metteurs en scène » du festival, afin de les intégrer dans des productions à venir, tandis que les deux maison strasbourgeoises semblent plus concentrées sur l’accompagnement à la formation, à la création et à l’insertion professionnelle des jeunes artistes.
Pour Frédéric Simon, il y avait au Maillon « un manque d’intégration entre un souci d’émergence et la saison elle-même. » En replaçant le festival en décembre à Strasbourg, il revient au cœur des saisons et de la production des créations des deux théâtres strasbourgeois. L’idée est qu’il se poursuive par un deuxième temps de représentations publiques à Karlsruhe, en juin 2017. Cela ne signifie pas que le temps de décembre ne sera pas en lien avec les publics, il s’agira plutôt de changer la nature de ces rencontres, en s’inspirant par exemple du travail que le TNS fait déjà avec l’Autre saison.
Stanislas Nordey, du TNS, et Jan Linders, du Baadisches Staatstheater (Photo M. Bohner / Rue89 Strasbourg)
Modéliser les parcours européens d’artistes singuliers
L’objectif du festival reste la découverte et la promotion de jeunes artistes, en allant au-delà des jeunes metteurs en scènes, – que plusieurs autres festivals en France soutiennent déjà-. La spécificité de la nouvelle forme de Premières sera d’aller chercher des artistes « qui ne tiennent pas dans les cadres des champs disciplinaires », comme l’explique Frédéric Simon. Aller repérer, dans un vivier principalement français, allemand et suisse, de jeunes artistes interdisciplinaires, et se poser la question de l’insertion professionnelle de ces artistes atypiques dans l’espace européen.
Jan Linders, directeur du Baadisches Staatstheater, l’affirme :
« Le Rhin est un fossé mais aussi un lien entre deux cultures du théâtre. En Allemagne la création se fait avec des troupes fixes, en interne, dans les théâtres, mais il y a peu d’accès à des tournées internationales. »
Certains artistes vont au-delà des frontières européennes, ils ont cette personnalité qui les rends inclassables et internationaux, comme Gisèle Vienne par exemple. Quelles opportunités rencontrent-ils ? Quels problèmes ?
Pour Frédéric Simon l’idée du festival est peut-être de « modéliser quelque chose d’européen entre les systèmes fixes et stables des théâtres d’Europe de l’Est et d’Allemagne et l’aspect plus mouvant et instable des artistes de l’Ouest de l’Europe. » La question de l’Europe et celle des frontières, intellectuelles et physiques, sont au cœur de la réflexion des trois structures.
Stanislas Nordey croit qu’il faut continuer à soutenir la jeunesse, car elle est la clé :
« La jeune création aujourd’hui brise toutes sortes de frontières. Il faut lui donner du temps et des moyens. […] Il faut aussi affirmer l’explosion des frontières au moment où celles-ci ont tendance à se refermer. »
Un rendez-vous de la « petite Europe »
Le rendez-vous de décembre est fixé, il sera, selon Stanislas Nordey, un « point de jonction entre le passé et l’avenir. » L’idée est d’y faire revenir des artistes lancés par Premières il y a maintenant 11 ans, mais aussi des artistes fraîchement débarqués l’année dernière, pour faire un constat, un rapport d’étape sur le festival. Barbara Engelhardt, responsable artistique de la programmation du festival, y jouera un rôle central.
Si les équipes se donnent jusqu’en décembre pour continuer à repenser l’avenir du festival, il est clair qu’elles regardent avant tout dans la même direction : celle d’une « petite Europe », – dixit Frédéric Simon-, réunie autour du bassin rhénan, qui a un rôle à jouer dans l’avenir des jeunes artistes européens – et pour le public de cet espace transfrontalier.
Indépendante, coordinatrice de projets et rédactrice, je travaille dans le champs des droits humains, du développement et de la culture, au niveau international mais aussi en local à Strasbourg.
Le Dr Georges Federmann en séance avec Gilbert (Photo Seppia)
C’est un ovni que présente le réalisateur Swen de Pauw sur les écrans de cinéma : un film entièrement réalisé dans un bureau, celui du psychiatre Georges Federmann, bien connu à Strasbourg pour son engagement en faveur des plus démunis. Et que se passe-t-il dans ce bureau ? Rien, et pourtant tout ce qui est humain.
À quoi ressemblerait Jésus s’il se réincarnait aujourd’hui ? Peut-être à un psychiatre à l’écoute des exclus comme Georges Federmann. Depuis des dizaines d’années, le Dr Georges Yoram Federmann ne se trouve utile qu’entouré des misérables. Lorsque les quais de Strasbourg se couvrent de tentes pour abriter les SDF, il est là avec un collectif hérité du mouvement Don Quichotte. Lorsque des tsiganes ou des roms sont évacués, il place son mètre quatre-vingt dix entre eux et les forces de l’ordre, avec sa bonhomie et son demi-sourire permanent.
Et tous les jours, il accueille dans son cabinet près de l’avenue des Vosges à Strasbourg, sans rendez-vous, tous ceux que la détresse et les accidents de la vie ont brisés, ceux qui n’ont plus aucun papier ni argent, ceux qui n’ont pas la bonne couleur de peau, ceux dont aucun autre psychiatre ne veut. Lui les écoute, inlassablement depuis 30 ans et c’est là que Swen de Pauw a planté sa caméra, pendant 18 mois, offrant au spectateur du « Divan du monde » un point de vue exceptionnel, rare, sur ce qui s’échange entre un malade et un soignant.
« Alors, je vous mets quoi ? »
Cassés, déprimés, acculés… Diane, Gilbert, Karim ou Claudine s’accrochent, tentent d’identifier d’où vient leur mal-être, de mettre des mots sur leurs phobies. Le Dr Federmann ne peut que les aiguiller, c’est à eux de cheminer. Il va jusqu’à demander à ses patients quel médicament ils souhaitent et à quelle dose :
« J’accueille les patients à l’heure qui les arrange. Et la dose qui les soulage, c’est eux qui la connaissent et pas moi. »
Une position pour le moins atypique dans le monde médical. Mais à 60 ans et malgré son expérience, Georges Federmann confesse qu’il ne sait toujours pas si sa méthode est la bonne :
« La psychiatrie, est-ce que c’est de la médecine ou un art martial ? Tu peux être psy pendant 30 ans et être à côté de la plaque pendant tout ce temps, tu ne le sauras jamais. Mais il faut continuer. Pour que les patients vivent, pour que les sans-papiers ne soient pas expulsés, pour Véronique. »
Après le drame, le pardon… et l’angoisse
Véronique était sa compagne, militante engagée en faveur des étrangers, elle a été tuée par balle en novembre 2005 lorsqu’un patient a fait irruption dans le cabinet et a tiré sur elle. Georges Federmann est également atteint par quatre balles mais il s’en tire miraculeusement. Deux jours plus tard, il pardonne au meurtrier, placé en hôpital psychiatrique, et appelle ses amis et soutiens à faire de même.
Très vite, Georges Federmann reprend son travail, il ne change rien à ses habitudes et continue de recevoir au milieu des livres et des articles de presse. Il reprend la signature des certificats médicaux qui retardent d’une semaine, d’un mois, d’un an l’expulsion d’un sans-papier, peut-être suffisamment longtemps pour obtenir un titre de séjour. Mais depuis le drame, il se dit « à bout » et « pris d’une grande lassitude » :
« Chaque jour, à chaque fois qu’on sonne, je crains que ça ne recommence, que quelqu’un vienne finir le travail. Et ce qui me mine, c’est qu’aujourd’hui, je suis encore plus seul qu’il y a 30 ans. Même ceux qui acceptaient de me remplacer pendant mes congés refusent de recommencer. Comment ça se fait ? Pourquoi les médecins ne peuvent plus écouter ? Il est temps je crois de s’intéresser à l’héritage du nazisme dans la formation des médecins ».
Qui peut comprendre Karim ? (Photo Seppia)
Le Divan du Monde, de Georges Federmann : un témoignage sur 30 ans de pratique psychiatrique. (Editions Golias).
Un livre, pour témoigner et partager
D’origine juive, Georges Federmann identifie des héritages du nazisme là où d’autres ne voient que des pratiques autoritaires. Le documentaire de Swen de Pauw ne traite pas cet autre combat du Dr Federmann, concrétisé notamment par son travail pour redonner une identité aux 86 juifs victimes des expériences d’un médecin nazi à l’hôpital de Strasbourg pendant l’occupation allemande.
Le psychiatre développe cette thèse dans un livre, également appelé « Le divan du monde » (édition Golias), dans lequel il revient sur ses années de formation, et le temps qu’il lui a fallu pour se débarrasser d’une culture de compétition et de concurrence acharnée. Pour le Dr Federmann, il n’y a pas assez de compassion chez ses collègues.
Mais qui peut avoir autant de compassion que Georges Federmann ? Dans le film, qui ne s’intéresse qu’aux échanges entre le psychiatre et ses patients, il n’y a aucune mise en scène, si ce n’est les t-shirts bigarrés de Georges Federmann. En une heure et demie, le spectateur entre dans la vie intime de sept personnes et comprend immédiatement leur détresse. Puis, très vite, il comprend également celle du Dr Federmann, dont le métier est de tendre la main, en espérant que ses patients la saisissent pour éviter qu’ils ne sombrent tout à fait.
Il aura fallu des années, l’acharnement de Swen de Pauw, une rencontre avec le producteur strasbourgeois Seppia et l’envie du distributeur, Shellac, pour que ce film voie le jour. Ce sera peut-être pour la profession des psychiatres l’occasion de s’interroger sur leurs pratiques et leurs publics.
Les 11 mailles du projet originel (DR) – Les 8 mailles effectivement réalisées (Google map)
Au bout de la rue, la ville. – Construit entre 1968 et 1984, le quartier de Hautepierre est gagné sur les champs afin de loger, comme à l’Esplanade, au Polygone ou ailleurs, une population strasbourgeoise en pleine expansion. Imaginée idyllique et tranquille, la cité de Hautepierre se referme pourtant sur sa population, avant que les millions de l’ANRU n’en bouleversent l’organisation en profondeur. Balade autour de son nouvel axe structurant, l’avenue Racine.
Elles s’appellent Anne, Brigitte, Catherine, Denise, Eléonore, Irène, Jacqueline et Karine. Françoise, Germaine et Hélène n’ont jamais vu le jour, laissées à l’état de projet suite à la mise en service en 1972 de l’A351, cette « autoroute de Hautepierre » qui sépare encore les faubourgs de Cronenbourg au nord et de Kœnigshoffen au sud. Athéna, elle, s’est ajoutée plus tard.
Aire urbaine entre Oberhausbergen et Cronenbourg, le quartier est dénommé d’après le relief d’un grand espace agricole, nous apprend le « Dictionnaire historique des rues de Strasbourg » (Le Verger, 2012), Hohen Stein, francisé en Haute Pierre, puis Hautepierre. « Cette appellation provient soit d’un réhaussement de pierres de bornage, soit du nom d’un propriétaire, Henri de Hohenstein, vidame de l’évêché en 1444, qui s’appropria cette zone frauduleusement. »
De A à K, des lettres attribuées par ordre alphabétique
Dès la conception des 250 hectares par Pierre Vivien, architecte mandaté par la SERS pour aménager quelque 8 000 logements et équipements, destinés à abriter 25 à 30 000 âmes (15 000 habitants aujourd’hui), Brigitte, Catherine, Éléonore, Jacqueline et Karine ont une vocation résidentielle. Les mailles restantes sont dévolues aux activités : Anne, coupée par l’autoroute, est un secteur où s’installent des entreprises, Irène abrite le centre commercial Auchan et son parking, tandis que la maille Denise est entièrement dédiée au centre hospitalier universitaire.
Construction de la cité de Hautepierre au tournant des années 1970 (DR)
À quoi correspondent ces prénoms ? Réponse avancée sur ArchiWiki : chaque maille aurait disposé pendant le chantier d’un nom de code, symbolisé par une lettre de l’alphabet (A, B, C, D, E, F, G, H, I, J et K), attribuée en forme d’escargot. « La lettre est par la suite complétée par un prénom féminin en vogue à l’époque, afin d’offrir un visage plus humain à un projet urbanistique. » Pour l’architecte-urbaniste, les mailles représentent des alvéoles de nids d’abeilles, ou villages, au sein de la ville.
Hautepierre au milieu des années 1970, des tours en construction au milieu des champs (en haut, auteur inconnu, cité par ArchiWiki ; en bas, Archives Strasbourg, 1976)
« Véritable oasis de tranquillité et de verdure »
Dans un exemplaire de la revue « Strasbourg, bilan 71-76 » éditée par la Ville, on peut lire à propos du quartier :
« Après la géométrie rectiligne de l’Esplanade, Hautepierre constitue une nouvelle manière d’aborder l’espace et la vie, bien dans l’air du temps. Moderne avec son tissu hexagonal, aérée, calme. À l’intérieur de chacune des mailles, véritable oasis de tranquillité et de verdure, on entend le silence, interrompu seulement par les cris joyeux des enfants qui vont à l’école maternelle sans traverser la moindre rue.
Car Hautepierre, c’est surtout des espaces verts : 18,8 m² très exactement par habitant, sans compter le parc des sports et les jardins du futur hôpital. Hautepierre, c’est encore le plus vaste ensemble sportif de l’est de la France (…). Dans la maille Irène, la communauté urbaine a entrepris la construction d’un centre de loisirs [ndlr, l’actuel théâtre] qui constitue le premier élément d’une « maison commune » qui regroupera des antennes des différentes administrations et des organismes sociaux. Véritable cœur de quartier, point de rencontres, lieu d’échange et d’animation, comme la place du marché dans les villes traditionnelles. »
Les passerelles entre les mailles ont sauté ; elles permettaient de ne pas couper le flux des voitures entres les mailles (DR)
Une avenue centrale, redéfinie en 2012
Si le marché est aujourd’hui très couru, tandis que la « maison commune » originelle est quasi-inconnue des habitants, le centre de Hautepierre, lui, est introuvable. Avec le processus de rénovation urbaine, qui a permis d’injecter près de 200 millions d’euros dans le quartier, la cité idyllique de Pierre Vivien a vécu, si tant est que le concept ait un jour réellement abouti. Les passerelles ont sauté (voir photo), les mailles (notamment la Jacqueline) ont été ouvertes, les barres les plus pourries démolies et les équipements repensés. Une avenue centrale, sillonnant entre les mailles, l’avenue Racine, a été redéfinie en 2012.
Les trois tronçons de l’avenue Racine, qui sillonne Hautepierre du nord-ouest au sud-est (Google maps)
Cette avenue démarre au nord par une jonction avec la partie résidentielle et cossue de la route d’Oberhausbergen. À droite, en venant du nord, des nouveaux logements et locaux d’activités encore vides, à gauche, le collège François-Truffaut et ses cubes rosés qui ont mal vieilli. Là, c’est la maille Karine qui commence, avec ses trois-quarts de logements sociaux CUS Habitat et Nouveau Logis de l’Est, ses maisons individuelles, ses aires de jeux.
Au nord de la Karine, maisons neuves et collège François-Truffaut (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Piscine rénovée d’ici 2017, avec vue sur le Zénith
Un peu plus au sud, aux abords de la nouvelle station de tram « Parc des sports », l’avenue coule le long de la Plaine des jeux, vide en hiver, hérissée de barbecues familiaux aux beaux jours. Plus loin, la piscine (1987) apparaît de l’extérieur un peu décrépite. Elle est fermée depuis l’été 2015 et jusqu’à l’été 2017, pour une rénovation en profondeur dans le cadre du plan piscine de l’Eurométropole. Le cercle orange du Zénith Europe, inauguré en 2007, surgit quant à lui derrière les pelouses…
Parc des sports et plaine des jeux à Hautepierre (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Ensuite, s’enfonçant entre les mailles Jacqueline, puis Catherine et Brigitte, l’avenue Racine entre dans le vif du sujet. Là, l’extension du tram mise en service en novembre 2013 sans tambour ni trompette, a pourtant largement transformé l’espace public. Alors que la Jacqueline, la Karine et la Catherine ont été remodelées de l’intérieur, leurs abords ont également beaucoup changé.
Le CSC le Galet devient la Maison de Hautepierre
D’abord, le centre-socioculturel le Galet a fait en partie peau neuve, intégré dans la Maison de Hautepierre (avec sa station de tram à 20 mètres), à l’intérieur de laquelle on trouve encore la médiathèque, la pharmacie, le Lieu d’accueil parents-enfants (LAPE), le multi-accueil (crèche) du quartier, etc. Ensuite, la résidentialisation a eu raison du fouillis de verdure et du stationnement anarchique dans les mailles. Les immeubles sont désormais entourés de clôtures, tandis que les numéros sont devenus hyper-visibles (photos ci-dessous).
Le CSC Le Galet, en 2013 et 2016 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Résidentialisation avenue Racine à Hautepierre : clôtures et numérotation des immeubles rendue visible (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Un peu plus au sud encore, la future mosquée de Hautepierre est en cours de construction, au nord de la maille Brigitte. Dans cette maille qui était connue comme la plus prospère, avec ses petites copropriétés privées, l’espace public semble délaissé. La « petite forêt » est jonchée de fientes de corbeaux, installés en masse dans les quelques arbres du jardin. La maison de l’enfance fait pâle figure, tandis que les installations ludiques et sportives sont grignotées par le chantier de la mosquée.
Maille Brigitte, où se construit la nouvelle mosquée de Hautepierre (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Le promeneur est toujours avenue Racine quand il aborde par l’ouest la maille Denise où se dresse depuis 1978 l’hôpital de Hautepierre. Là aussi, les changements récents sont visibles, avec l’aménagement d’un immense parking en contrebas de l’esplanade de l’entrée principale, d’un silo à voiture à l’est du site et l’agrandissement de l’hôpital qui se profile au nord. Le centre Paul-Strauss, institut régional du cancer, situé depuis 1959 à immédiate proximité de l’Hôpital civil (quartier Bourse), devrait emménager là d’ici quelques années.
L’hôpital de Hautepierre, 2013 et 2016 (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Promotion immobilière et Ditib dans la maille Athéna
Et puis, en bout de course, l’avenue Racine se perd entre les mailles Eléonore et Athéna, la petite nouvelle, où des immeubles d’habitation sont en cours de construction. Là, l’entrelacs de voies de circulation, les travaux, l’éloignement relatif des immeubles en vis à vis rendent impossible l’identification d’un dernier numéro de rue…
Alors que Hautepierre s’efface au profit de Cronenbourg, autour des stations Ducs d’Alsace et Saint-Florent (direction le centre-ville), la densification à l’œuvre partout ailleurs à Strasbourg reprend ici ses droits. Tandis qu’à la station Cervantès (à côté du Auchan), l’immeuble du même nom peine à trouver des investisseurs pour sortir de terre, à la jonction entre Hautepierre et Cronenbourg la promotion immobilière bat son plein. A noter là, la création d’un hôtel-spa et le développement des installations de la Ditib Strasbourg.
Premier cliché d’un loup dans les Vosges pris en 2011 par un piège photographique (Photo ONCFS)
Depuis 2011, la présence du loup est avérée au sud du massif vosgien. Mais les éleveurs n’ont pas été préparés à ce retour et la cohabitation se passe mal : brebis dévorées en nombre, mesures de protection que les éleveurs jugent inadaptées ou chronophages… La situation se tend.
Depuis janvier, les éleveurs vosgiens ont dénombré 43 attaques de loups sur leurs troupeaux. L’année 2016 est bien partie pour battre le record de 65 attaques en 2015, qui avaient fait 143 victimes du prédateur parmi les élevages des Hautes Vosges. C’est donc peu dire que Jean-Yves Poirot, éleveur de La Bresse, envisage l’avenir avec pessimisme :
« Le loup est une espèce protégée mais c’est l’éleveur qui est une espèce en voie de disparition. J’ai 369 brebis, 30 bovins et une dizaine de chevaux et j’ai déjà perdu une quinzaine de bêtes. Et pourtant j’ai les chiens de protection, les clôtures électrifiées, les filets… J’ai même un aide-berger depuis 10 mois, dont j’attends toujours le remboursement du salaire par l’État soit dit en passant, et rien y fait. Il n’y a pas de cohabitation possible avec le loup. J’ai un permis de chasse et j’ai demandé un droit de tir à la préfecture, voilà la cohabitation ».
Le cas de Jean-Yves Poirot n’est pas isolé. Car l’irruption du loup dans les Vosges a bouleversé le quotidien des éleveurs. La population de ces canidés est estimée entre 2 et 4 individus mais en quelques mois, il est devenu impossible de laisser les brebis paître la nuit. En urgence, il a fallu barricader les enclos avec d’imposantes clôtures, électrifiées si possible, et se doter de chiens de protection, sensés veiller sur les troupeaux et s’opposer aux loups.
Alors que les exploitations sont économiquement fragiles, c’est tout le métier d’éleveur en montagne qui doit être réappris. Le loup avait disparu des forêts françaises au début du XXe siècle.
Les brebis dans des bunkers
Dans une vidéo, Bruno Lecomte, également éleveur de La Bresse, détaille ce qu’il appelle « les lourdes conséquences du retour du loup » :
« On avait des troupeaux qui parcouraient la montagne, on se retrouve avec des bêtes parquées dans des enclos. On avait des champs ouverts et des prairies, on se retrouve avec des clôtures partout, dont il faut parfois désherber le sol. Les éleveurs doivent maintenant gérer des meutes de chiens de protection, imposées par la réglementation mais qui posent de nombreux problèmes avec les randonneurs et demandent beaucoup de temps. Et tout ça ne sert à rien, le loup parvient quand même à prélever des bêtes. J’ai même vu un éleveur des Pyrénées enfermer ses brebis dans un réseau de bunkers durant la nuit ! »
Pour Stéphanie Morelle, administratrice du Groupement d’études et de protection des mammifères d’Alsace (Gepma) et chargée de mission sur les grands prédateurs pour le réseau France Nature Environnement (FNE), l’État a très mal géré le retour du loup :
« Au vu de la propagation du loup en France, il était évident depuis des années que le prédateur reviendrait s’installer durablement dans les Vosges. Mais au lieu de préparer les éleveurs à cette nouvelle situation, l’État préfère minimiser, voire nier sa présence pour économiser un peu d’argent en refusant d’indemniser les exploitants pour leurs pertes. Le Bas-Rhin par exemple n’est toujours pas éligible aux aides pour les éleveurs. Le résultat est que les troupeaux sont attaqués sans protection, ce qui provoque un stress et des traumatismes chez les éleveurs, qui doivent alors en urgence s’équiper en clôtures et en chiens… »
Un cliché pris par un piège photographique en juin 2012 à Avranville, Vosges (Photo ONCFS)
Pour les éleveurs : des chiens ou des fusils
Ces équipements sont subventionnés à 80% par l’État, voire à 100% dans les parcs nationaux. En 2015, le montant des aides au gardiennage a cru de 53% pour atteindre 18,6 millions d’euros pour la France, dont 2% sont allés dans les Vosges. Mais les éleveurs s’équipent aussi de fusils… Pour la première fois depuis sa réapparition, la population de loups en France a décru l’an dernier.
Pour Stéphanie Morelle, il n’y a pourtant pas d’alternative à une cohabitation entre les éleveurs et le loup :
« Dans les Alpes, les éleveurs s’arment et disent non au loup depuis 20 ans et qu’est-ce qu’il se passe ? Il est toujours là. Donc il faut réapprendre à vivre avec le loup, il n’y a pas d’alternative. Nos ancêtres savaient le faire, aujourd’hui on envoie des engins sur Mars, on devrait être capables de vivre avec le loup ! Il faut être clairs avec les éleveurs, oui ils seront en première ligne face au loup et oui, leur métier est devenu plus difficile. Pour autant, il existe des méthodes de gestion qui permettent de capitaliser sur la présence du loup, y compris pour le tourisme. »
Bruno Lecomte ne croit pas à ces solutions :
« Moi aussi je suis pour le loup qui régule la faune, chasse les sangliers, ne mange que les bêtes malades et jamais plus… Mais ce loup n’existe pas ! Les citadins ont toujours des tas d’idées sur ce que doit être notre métier mais ils méconnaissent la réalité : les éleveurs ne peuvent pas passer tout leur temps à côté de leurs troupeaux, et perdre chaque année 10% de leur cheptel à des fins écologiques. Et qu’on ne vienne pas me dire que le loup va attirer des promeneurs hein… »
Le fossé entre le monde paysan et la ville complique la gestion de ce délicat dossier. Et chaque attaque du loup vient envenimer la situation et tendre encore plus l’atmosphère entre les éleveurs et l’État, dont les subventions et la politique environnementale sont de plus en plus mal acceptées. Certains éleveurs, comme Bruno Lecomte, accusent même l’État d’avoir directement réintroduit les loups en France. Les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont tous reçu l’ordre impératif de se taire dès qu’il s’agit du loup et nos demandes d’informations auprès de la préfecture sont restées lettre morte.
Angles vifs, plafonds bas, grilles et béton : oui, c’est bien un théâtre. (Photo Archi-Wiki / cc)
Le cirque des Migrateurs, le Maillon et les Percussions de Strasbourg se partagent le théâtre de Hautepierre. Une situation qui ne convient pas aux occupants du lieu ni aux habitants du quartier, qui n’y mettent pas les pieds. À la Ville, on se dit conscient du problème et prêt à évoluer, d’autant que les situations des intervenants ont changé.
Jusqu’au 18 mars, Rue89 Strasbourg est en résidence au théâtre de Hautepierre. « Où ça ? » répondent certains habitants du quartier. Car la structure, pourtant située en face du centre commercial, est peu connue, mal identifiée. Et surtout, personne ne sait vraiment ce qui se passe là dedans.
Et c’est normal, si l’on peut dire. Car la Ville, gestionnaire principal du théâtre, ne fait que répartir son usage entre plusieurs structures : Les Migrateurs disposent de 165 jours par an pour des spectacles liés aux arts du cirque, le théâtre du Maillon d’une cinquantaine pour du spectacle vivant, les Percussions de Strasbourg y sont aussi présents et plus rarement, le TJP, Pôle Sud, Musica… Problème : cette organisation, qui n’attache pas une programmation au lieu, ne permet pas aux habitants d’identifier ce qu’il se passe dans le théâtre. Il revient à chaque structure de communiquer sur ses spectacles.
Le Maillon prêt à revenir à Hautepierre
Construit en 1978 pour décloisonner la culture et investir les nouveaux quartiers, le théâtre est incendié en 2003, après que Le Maillon se soit rapproché de son public en déménageant au Wacken en 1999. De cette retraite un peu piteuse, le théâtre de Hautepierre ne s’est jamais remis. Pour Le Maillon, cette salle est devenue une espèce d’annexe, parfaite pour accueillir des spectacles plus modestes ou plus risqués qu’au Wacken : 5 dates en 2013, autant en 2014…
Une situation qui ne satisfait pas le nouveau directeur du Maillon, Frédéric Simon :
« Ce théâtre est en plein coeur du quartier et il est fermé sur l’extérieur. Il faut y installer une autre ambiance. C’est pourquoi j’aimerais bien l’occuper tout un trimestre, y déplacer l’équipe ou en tout cas une bonne partie, monter un petit chapiteau de cirque sur la placette et créer une attente, capitaliser sur le bouche à oreille, mobiliser les corps intermédiaires de la République comme les enseignants… Là, oui, les gens se diront qu’il se passe quelque chose et si on peut rester suffisamment longtemps, ils se décideront à franchir la porte. »
Pour Frédéric Simon, pour que les habitants d’Hautepierre s’approprient le théâtre, il faut repenser son organisation :
« Quand vous ouvrez un lieu seulement de temps en temps, vous faites sentir aux autres qu’ils ne sont pas chez eux. Ce théâtre, il faut l’ouvrir à tous et en permanence pour que les habitants s’en sentent dépositaires. Ils doivent être en mesure de participer au rituel du spectacle, qui commence avant le jeu des acteurs et se poursuit ensuite. Quand dans une famille, quelqu’un raconte ce qu’il a vu au théâtre, c’est du théâtre. »
Le directeur du Maillon aimerait pouvoir utiliser le théâtre de Hautepierre comme d’une base, pour faire du théâtre un peu partout dans le quartier : dans les écoles, à la Poste, dans la galerie commerciale… En projet notamment, une longue aventure dans quelques écoles, sur toute l’année scolaire, durant laquelle les enfants seront « au théâtre » dans leurs classes, sans forcément s’en rendre compte…
L’ancienne bibliothèque doit accueillir le restaurant Table Et Culture (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Les Migrateurs essorés mais combatifs
De leur côté, Les Migrateurs sortent essorés d’une tentative de décrocher le label de pôle national des arts du cirque, qui leur échappe avec la constitution de la grande région et l’avance de Chalons-en-Champagne. Leur directeur artistique, Jean-Charles Herrmann, doit rebondir et proposer un nouveau projet. Son objectif est de convaincre la Ville de confier aux Migrateurs la gestion effective du théâtre de Hautepierre :
« Puisque c’est nous qui avons le plus de jours de présence, nous sommes les gestionnaires par défaut. On arrange déjà tout le monde sur les dates, mais on ne peut plus continuer à bricoler ainsi, avec des plannings impossibles à tenir ou à remplir. Maintenant, on va demander à la Ville de pouvoir construire une cohérence pour ce lieu, d’en faire la maison du cirque à Strasbourg et pour l’Alsace, en réseau avec toutes les structures entre Wissembourg et Saint-Louis ».
Jean Geofroy devant les quelque 300 partitions des Percussions de Strasbourg (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Chez les Percussions de Strasbourg, installés à côté du théâtre depuis sa construction, la question du lieu n’est pas prioritaire. L’ensemble de musique contemporaine doit survivre à un délicat renouvellement de génération. Jean Geoffroy, directeur artistique depuis un an, prévoit une saison prochaine très dense, pour « retrouver l’énergie des fondateurs » de l’ensemble :
« Jusqu’à présent, nos 50 jours d’occupation du théâtre nous ont suffit, parce qu’on a mis beaucoup d’énergie à reconstruire le groupe. Mais c’est presque achevé, nous aurons un noyau dur de six à huit musiciens qui interviendront en formations variables. Il nous faudra plus de créneaux, c’est évident. Hormis les spectacles, nous avons besoin de réaliser des captations des pièces par exemple. Avec son plateau de plein pied, c’est un outil formidable ».
Débuts d’une phase de diagnostic
Après avoir remplacé le Hall des Chars par l’Espace K à la gare, et relancé Django Reinhardt au Neuhof, la Ville du Strasbourg s’intéresse à l’avenir du théâtre de Hautepierre. Pour Alain Fontanel, une phase de diagnostic va débuter :
« L’histoire du théâtre de Hautepierre est symptomatique des ambitions et du renoncement de la culture dans les quartiers. Notre objectif primordial est d’apporter la culture dans le quartier, et de réaliser un renouvellement des publics. Pour autant, le théâtre de Hautepierre ne doit pas se transformer en une salle de quartier, c’est un théâtre pour toute la ville. Donc nous allons voir les projets artistiques présents et proposés, détecter avant l’été ce qui pose problème avec les intéressés pour une remise à plat peut-être à la rentrée ».
En toile de fond, la question des publics, qui se pose à tous les responsables culturels dont les actions sont subventionnées par la Ville. Accusé de n’avoir pas suffisamment tissé de lien avec le quartier, Jean-Charles Herrmann se défend :
« On a mis en place une tarification spécifique pour les résidents du quartiers. La part de ces billets est en progression constante, +20% sur la dernière saison. Donc ça prend, mais c’est extrêmement long. Pour installer des réflexes dans une population, il faut compter cinq ans, minimum ».
Pas sûr que les élus aient cette patience.
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Le rendez-vous de la manifestation est prévu place Kléber à 13h le 9 mars à Strasbourg. (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Alors que la mobilisation contre la réforme du code du travail enflait, le Parti communiste a sonné la chargé dès le 19 févier avec un appel à manifester mercredi 9 mars. Et cette fois, la contestation semble avoir pris : partout en France des manifestations similaires demanderont le retrait du projet de loi de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Elle devait présenter son texte en conseil des ministres ce mercredi, avant que cette date ne soit finalement repoussée au 24 mars.
Des Socialistes dans la rue contre les Socialistes du gouvernement
Signe que les temps sont rudes pour le gouvernement, même une section du Parti socialiste de Strasbourg appelle à manifester aux côtés des organisations de gauche et des syndicats. Dans un communiqué, la section Victor Schoelcher du PS indique :
« La place des socialistes est aux côtés de ceux qui travaillent, ou qui voudraient pouvoir le faire, pour garantir leurs droits face aux syndicats patronaux et à leurs appétits. Le projet de loi El Khomri, ex Macron 2, détricote le droit du travail, c’est à dire la protection élémentaire de tout salarié vis à vis de ses employeurs, ce qui lui permet d’être un citoyen, y compris sur son lieu de travail. Le projet El Khomri ravale chaque salarié au rang de variable d’ajustement des objectifs managériaux. Il construit la société fondamentalement inégalitaire rêvée par le Medef ».
Et pan sur le gouvernement… socialiste. On trouvera donc une large mobilisation à gauche dans le cortège de mercredi, qui doit démarrer de la place Kléber à 13 heures, d’autant que plusieurs syndicats se sont joints au mouvement, dont la CGT et FO qui parlent eux de… grève générale.
Trajet de la manifestation
Perturbation dans les transports
Du coup, de nombreuses perturbations sont à prévoir, notamment dans les services publics et les transports. Plusieurs écoles seront ainsi privées d’accueil périscolaire mercredi à Strasbourg.
De son côté, la SNCF prévoit une très forte perturbation du trafic et annonce seulement un TER sur quatre en Alsace, sauf sur les lignes Mulhouse-Metzeral et Strasbourg-Offenburg où la circulation sera normale (détails au 0 800 77 98 67). Pour les TGV, la SNCF annonce 1 TGV sur 3 vers Lyon, Marseille et Bordeaux, 2 TGV sur 3 vers Paris, 3 TGV sur 4 vers l’aéroport Charles-de-Gaulle et Lille et une circulation normale des TGV internationaux. Quant aux TGV vers Rennes, Nantes et Montpellier, ils sont supprimés (détails au 0 805 90 36 35).
Une seconde mobilisation d’ampleur est d’ores et déjà prévue pour exiger le retrait du texte par le gouvernement le jeudi 24 mars.
Marie-Charlotte Méoni
Pierre France
Y aller
Manifestation contre la réforme du Code du travail, mercredi 9 mars à partir de 13h, place Kléber à Strasbourg.
La rédaction de Rue89 Strasbourg est composée de journalistes toutes et tous prêts à écouter les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois pour parler des sujets qui les intéressent. Notre existence et notre moral dépendent du nombre d’abonnements pris pour nous soutenir. 🙏⤵
Robert Herrmann était jusqu’à présent notoirement absent des réseaux sociaux, Facebook ne le mentionnait que comme « centre d’intérêt« . Robert Herrmann a souvent critiqué les réseaux sociaux lors de ses interventions en conseil municipal ou d’agglomération, montrant un certain agacement devant des discussions ou des prises de positions d’abord dévoilées sur Facebook plutôt que lors des instances publiques.
Un point sur lequel le rejoint Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, présent sur les réseaux sociaux depuis sa campagne électorale de 2008. Autre similarité avec le maire, Robert Herrmann n’entend pas utiliser directement les réseaux sociaux pour s’adresser aux habitants de l’Eurométropole ou prendre leurs avis. Comme également Philippe Richert, le président (LR) de la grande région, il délègue sa page et son compte Twitter à son équipe, chargée d’alimenter ces deux canaux en mettant en avant son agenda et ses actions dans une conception assez convenue de la communication politique.
Premier post sur la page Facebook
Heureux de vous retrouver sur ma page Facebook et sur Twitter dans quelques instants ! Ici nous allons pouvoir é...
Signe de cette prise de pouvoir de la communication, c'est aux médias que s'adresse le premier tweet de Robert Herrmann.
Pourtant, le président de l'Eurométropole dispose près de lui d'élus qui utilisent les réseaux sociaux d'une manière bien plus personnelle et qui savent en tirer parti pour se rapprocher des citoyens. Il les suit d'ailleurs sur Twitter, citons le député (PS) du Bas-Rhin Philippe Bies, le premier adjoint (PS) au maire de Strasbourg, Alain Fontanel mais aussi Jean Rottner, maire (LR) de Mulhouse.
Certes, s'exposer personnellement sur les réseaux sociaux est risqué pour les élus, qui doivent souvent gérer le mécontentement qui s'exprime parfois de manière très crue sur les réseaux sociaux. Souvent comptable des actions du gouvernement, Philippe Bies en sait quelque chose. Mais si ces outils ont une vertu, c'est bien celle de raccourcir le lien entre un acteur et un récepteur, comme le citoyen, ce qui permet au dirigeant d'avoir d'autres retours que ceux, trop souvent bienveillants, de ses collaborateurs. Et comme le dit Jean Rottner, ce "contact direct est une force".
Que fera Robert Herrmann de cette force ? Un moteur pour 2020 comme l'interroge Jean-Emmanuel Robert, conseiller municipal (LR) de Strasbourg, dans un commentaire ? L'intéressé n'a pas encore répondu.
Une élection législative va se dérouler au printemps au centre et dans l’ouest de Strasbourg pour désigner le successeur, pour un an, du député PS Armand Jung, démissionnaire pour raisons de santé. Voici le détail des derniers vote de cette circonscription de gauche.
Législative 2012
Dans une élection qui s’annonçait difficile pour la droite, suite à la victoire de François Hollande lors de l’élection présidentielle Armand Jung (PS) était opposé à Anne Hulné, peu connue. Le FN n’était pas arrivé au deuxième tour.
Municipales 2014
C’est l’un des scores les plus serrés entre droite et gauche sur cette circonscription. Sans surprise, les listes EELV (Alain Jund) et PS (Roland Ries) avaient fusionnées de leur côté, comme celles de L’UDI (François Loos) et de l’UMP (Fabienne Keller).
Européennes 2014
L’UMP et Modem/UDI avaient fait liste à part dans ce scrutin où plus de 20 listes avaient concourues dans l’Est (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Franche-Comté). La liste PS était menée par Édouard Martin, tandis que celle de l’UMP était conduite par Nadine Morano.
Départementales 2015
La 1ère circonscription du Bas-Rhin regroupe tout ou partie de cinq des six nouveaux cantons de Strasbourg (tous sauf le 6 au sud). Les conditions électorales faisaient qu’il était très difficile d’avoir des triangulaires (réunir 12,5% des inscrits).
Dans les cantons 2 et 3, qui regroupent les quartiers ouest (Hautepierre, Cronenbourg, Koenigshoffen, Elsau, Montagne Verte) le premier tour a débouché sur un duel PS/FN largement remporté par le PS au second tour.
Sur le canton 2, le seul à être d’entièrement sur la conscription, Éric Elkouby (en binôme avec Martine Jung), futur candidat du PS à la législative partielle était opposé à Jean-Emmanuel Robert (en binôme avec Mireille Abate), candidat à l’investiture de « Les Républicains » pour cette élection avec Elsa Schalk et Zaza Menad. Le tandem PS avait recueilli 29,7% des suffrages tandis que celui de droite avec 19,4% n’était pas arrivé au second tour, car devancé par le FN.
Régionales 2015
C’est la seule élection où la droite a devancé la gauche au premier tour depuis 2012. Scrutin atypique, car avec une possibilité crédible de victoire du Front national, la circonscription a voté de manière très semblable à celle du reste de Strasbourg : dès le premier tour massivement pour la liste de Philippe Richert (LR-UDI-Modem), le PS arrivant loin derrière et le FN sous les 20%.