Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Lochwiller : les ordonnateurs du forage reconnus exploitants par le tribunal administratif

Lochwiller : les ordonnateurs du forage reconnus exploitants par le tribunal administratif
Vu du ciel, d'importantes crevasses se forment à Lochwiller (capture d'écran)
Vu du ciel, d’importantes crevasses se forment à Lochwiller (capture d’écran)

Le tribunal administratif de Strasbourg a validé les arrêtés préfectoraux demandant aux époux Kandel de réaliser les travaux de colmatage de leur puits géothermique, soupçonné d’être à l’origine d’un soulèvement de terrain à Lochwiller.

Pour le tribunal administratif de Strasbourg, les époux Kandel sont bien devenus des « exploitants d’une mine » avec le forage géothermique qui devait leur permettre de chauffer leur maison à Lochwiller. Dans son jugement du mercredi 3 février, le tribunal valide les arrêtés préfectoraux demandant à la famille Kandel de réaliser des travaux de colmatage à leurs frais.

Le rapporteur public, magistrat chargé de proposer une solution au tribunal, avait pourtant eu un avis inverse lorsqu’il avait analysé la situation jeudi 21 janvier, en indiquant notamment que le forage n’exploitait pas un « gîte géothermique » et que ses conséquences ne pouvaient donc pas dépendre du code minier mais de la responsabilité civile générale.

En revanche, le tribunal administratif de Strasbourg a écarté de la procédure les entreprises Iden-Otec et Bohrbotrieb-Müller qui ont respectivement vendu le système de chauffage et réalisé le forage en 2008. Ces travaux sont soupçonnés d’être à l’origine d’une cascade d’événements qui auraient eu pour conséquence le gonflement du sous-sol argileux de Lochwiller et donc d’importants dégâts à la surface (voir la vidéo ci-dessous).

D’importantes crevasses dans le sol

Malgré plusieurs tentatives de colmatage et des travaux toujours en cours, il semble que la situation ne cesse de se dégrader à Lochwiller comme le montre une vidéo réalisée sur place avec un drone :

Dans un communiqué, la préfecture indique que sur « le chantier les opérateurs font face à d’importantes difficultés en raison de la géologie du sol mais aussi à des obstacles imprévus liés aux opérations de forage et colmatage initiaux. Devant cette situation et afin de réaliser le rebouchage du puits, une nouvelle technique va être déployée. Sa conception et sa mise en œuvre entraîneront une interruption provisoire du chantier ».

La procédure juridique continue…

L’indemnisation des habitants devrait continuer mais plusieurs familles envisagent désormais de déménager, devant la progression qui semble inexorable des fissures dans leurs murs et sur leurs sols. Toujours selon la préfecture, une étude géologique a été lancée en juillet 2015, « afin d’évaluer l’intensité attendue et les temps caractéristiques du phénomène de gonflement ».

De leur côté, les époux Kandel feront appel de la décision du tribunal administratif, refusant que l’ensemble de la responsabilité des travaux de forage repose sur leurs seules épaules. Cette procédure est attentivement suivie par toute la filière du chauffage par géothermie, puiqu’elle a vocation à servir de jurisprudence. Les travaux devraient néanmoins continuer, aux frais de l’État jusqu’à ce que la procédure juridique atteigne son terme.

« L’Affaire Makropoulos » à l’Opéra du Rhin : vanité moderne de Janácek

« L’Affaire Makropoulos » à l’Opéra du Rhin : vanité moderne de Janácek
"L'Affaire Makropoulos" à l'Opéra du Rhin ( Photo Alain Kaiser)
L’Affaire Makropoulos à l’Opéra du Rhin (Photo Alain Kaiser)

L’Opéra du Rhin présente L’Affaire Makropoulos de Leoš Janáček jusqu’au 18 février, d’après une comédie de Karel Čapek et sous la direction musicale de Marko Letonja. Cet opéra, créé en 1926 à Brno, c’est la vision de la « modernité » singulière de Janáček, où la rythmique musicale prime sur la mélodie et où la promesse de l’éternelle jeunesse est vanité.

L’Affaire Makropoulos est l’une des dernières œuvres de Leoš Janáček, avant sa mort en 1928. L’idée lui en est venue après avoir vu une pièce de Puccini et la comédie, du même titre, de l’auteur Karel Čapek. L’histoire emprunte au registre de la science-fiction pour décrire la course éperdue d’une femme, une diva, qui a déjà vécu 300 ans. Elle cherche à travers les documents d’un procès une lettre qui lui permettra de prolonger sa vie, – et sa jeunesse éblouissante-, de 300 années supplémentaires.

Sa longue existence l’ayant rendue indifférente à tout le sel de la vie, elle finit par se rendre compte que seule la mort pourra finalement lui offrir l’expérience qu’elle n’a pas encore vécue. Leoš Janáček, en adaptant la comédie de Karel Čapek pour l’opéra, passe d’une comédie de science-fiction à une tragédie moderne et singulière.

Emilia Marty, femme vampire

Il y a quelque chose du vampire chez l’héroïne de L’Affaire Makropoulos, Emilia Marty. Elle consume les personnes qui l’entourent par sa longévité et son indifférence, sa façon d’être au-delà de tous les atermoiements humains. Elle est désirée de tous, violemment, mais ne désire rien, si ce n’est le morceau de papier qui lui permettra de vivre encore plus longtemps. L’un de ses courtisans lui dira :

« Vous êtes excitante comme un appel au combat. »

Plusieurs d’entre eux désirent la tuer, posséder cette femme et son mystère. Sa liberté, -de ton et de mœurs-, son indépendance et son talent provoquent l’envie plus que l’admiration. Le texte de Janáček exprime avec précision ces rapports de pouvoir et de domination. On perçoit la victime chez cette femme que tout le monde veut posséder ou tuer, mais aussi une solitude immense dans sa façon d’embrasser son destin unique. Elle survit au milieu de « choses et d’ombres », ses enfants comme ses amants lui sont indifférents.

Janáček lui même, à la fin de sa vie, semble écrire qu’il n’y a finalement rien d’enviable dans le destin d’Emilia Marty, et que la vie sans la mort n’est qu’absurdité et vanité. Il n’y a pourtant rien d’enthousiasmant non plus dans les envies violentes et les agitations des autres protagonistes de la pièce. L’Affaire Makropoulos apparaît comme une œuvre crépusculaire, libérée dans sa musique et ses thèmes des traditions et des convenances, mais payant cette liberté par la proximité d’une mort inéluctable.

Les rouages du désir de "L'Affaire Makropoulos" (Photo Alain Kaiser)
Les rouages du désir dans « L’Affaire Makropoulos » (Photo Alain Kaiser)

Un opéra décomplexé

Une autre version de L’Affaire Makropoulos a été créée à l’Opéra du Rhin (ONR) en 2011 dans le cadre du cycle Janáček initié par Marc Clémeur, directeur de l’ONR. Il y avait alors Friedeman Layer à la baguette, une autre distribution (en partie) et une partition légèrement différente. Janáček ayant écrit cet ouvrage à la fin de sa vie, certains spécialistes s’accordent à dire que certaines « erreurs » y persistent et que l’œuvre ne peut pas être considérée comme totalement achevée.

Elle a donc fait l’objet de « corrections » par le chef d’orchestre Charles Mackerras, et c’est cette nouvelle version de la partition que propose Marko Letonja dans la reprise de la direction musicale. Selon ce dernier, dans un entretien accordé à l’Opéra du Rhin le 5 janvier 2016 :

« Cette nouvelle édition apporte surtout un plus grand confort pour le chef d’orchestre, pour les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg et pour les chanteurs. »

Nul doute en effet que cette partition demande une certaine virtuosité, rythmique en particulier, de la part des musiciens et des chanteurs, ensemble. Elle demande aussi une oreille éveillée et attentive de la part des spectateurs, pour suivre une composition souvent ardue. La musique accompagne en effet les paroles des chanteurs, sans mélodie, mais plutôt en suivant les inflexions et les intonations des personnages.

La pétillante Sophie Marilley joue "Krista" dans "L"Affaire Makropoulos" (Photo Alain Kaiser)
La pétillante Sophie Marilley joue « Krista » dans L’Affaire Makropoulos (Photo Alain Kaiser)

Contrairement à ses œuvres précédentes, Janáček évite aussi ici tout lien avec la musique traditionnelle tchèque, et multiplie les entorses aux figures musicales imposées. Marko Letonja (dans le même entretien que précédemment) décrypte cette singularité de Janáček, sa modernité à lui :

« Janáček ne fait pas ces choix par méconnaissance de la tradition mais, au contraire, avec la volonté de rechercher de nouveaux timbres et de coller au mieux aux intentions dramatiques. […] On trouve [dans sa musique] une variété incroyable de rythmes, parfois très complexes – des triolets, des quintolets, des septolets – qui sont parfois superposés voir imbriqués. »

Les chanteurs en tout cas se montrent à la hauteur du défi de Janáček, et il faut louer la performance de la chanteuse Ángeles Blancas Gulín (vidéo ci-dessous), mais aussi de ses collègues Martin Bárta et Sophie Marilley en particulier.

Artifices de la scène

La mise en scène de Robert Carsen, réalisée par Laurie Feldman, sert le propos de Janáček avec subtilité. Par un habile jeu de miroirs et de lumières, ainsi que par une façon simple et puissante de placer la coulisse sur scène et la scène hors de la coulisse, la mise en scène accompagne le passage du temps et ses inlassables répétitions. Les artifices du théâtre sont dévoilés tels quels, la séduction qui en découle aussi.

En déshabillant et en rhabillant régulièrement Emilia Marty, en la coiffant de mille parures plus éclatantes et fausses les unes que les autres, Robert Carsen ne laisse rien au mystère.

Parures et artifices de "L"Affaire Makropoulos" ( Photo Alain Kaiser)
Parures et artifices de L’Affaire Makropoulos (Photo Alain Kaiser)

Ce secret dont tout le monde parle, cette magie du désir, il n’en reste rien. Il y a toujours cependant cette scène, ailleurs, avec ce public que l’on ne voit pas : l’inaccessible étoile. Ramassé et intense, L’Affaire Makropoulos tient sur un fil tendu entre une grande sécheresse humaine et formelle et une sorte de percée émotionnelle et musicale finale. Robert Carsen, dans un entretien avec Ian Burton le 28 février 2011, relate ce qui fait de L’Affaire Makropoulos une œuvre à part chez Janáček :

« L’Affaire Makropoulos […] ne vous ébranle pas jusqu’à la moelle comme le font les […] autres. C’est une œuvre inhabituelle : plus excentrique, plus élaborée, plus expressionniste. Elle n’est certainement pas réaliste ni naturaliste. Mais peut-être possède-t-elle ce noyau, d’une surprenante insensibilité au premier abord, parce qu’elle est comme son héroïne qui ne découvre qu’à la fin que son cœur bat, alors qu’il ne lui reste plus guère de temps. »

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#Marc Clémeur#Marko Letonja

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Vents violents : fermeture de plusieurs parcs à Strasbourg

Vents violents : fermeture de plusieurs parcs à Strasbourg
Le sol en terre de l'Orangerie abîme moins les genoux que du béton (photo JFG)
Le parc de l’Orangerie (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / cc)

Météo France annonce de fortes rafales de vents (90 à 100 km/h en plaine et jusqu’à 130 km/h sur les sommets vosgiens) dans le Bas-Rhin dans l’après-midi de ce lundi 8 février. Suite à cette alerte, les parcs strasbourgeois de Pourtalès, Orangerie, Contades, Schulmeister et Citadelle seront fermés à partir de 14 heures. Ils resteront fermés mardi 9 février et pourraient être rouverts mercredi, en fonction de l’amélioration des conditions météo. Les cimetières de Strasbourg sont également fermés aux mêmes horaires.

La préfecture du Bas-Rhin prévient dans un communiqué que ces vents violents peuvent avoir plusieurs conséquences, comme des coupures d’électricité et de téléphone, des toitures arrachées ainsi que des dégâts sur les structures légères ou provisoires. La préfecture rappelle aussi que « les conditions de circulation risquent d’être délicates, les véhicules peuvent être déportés, la circulation routière peut être perturbée, en particulier sur le réseau secondaire en zone forestière ».

En conséquence, la préfecture conseille d’éviter les activités extérieures et recommande de ne pas se promener en forêt ces jours-ci.

(Mis à jour mardi à 10h30)

#parc du contades

Réinstallé, le conseil des résidents étrangers peine à exister

Réinstallé, le conseil des résidents étrangers peine à exister
26 femmes et 24 hommes constituent le collège des habitants étrangers. (AF / Rue89 Strasbourg)
26 femmes et 24 hommes constituent le collège des habitants étrangers. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Quand une poignée d’associations lance le Conseil des résidents étrangers (CRE) à Strasbourg en 1992, l’objectif est clair : lutter pour obtenir le droit de vote aux élections locales. François Mitterrand l’avait promis dès 1981, François Hollande aussi… Malgré ces désespoirs et autres déboires, le CRE résiste et s’engage dans une nouvelle mandature. L’occasion de dresser un bilan sur son champ des possibles.

Qui dit nouvelle mandature, dit nouvelle organisation, moins formelle, moins verticale. Finies les séances plénières dans la salle du conseil municipal de Strasbourg avec un bureau élu. Ce matin du samedi 6 février, les membres du conseil des résidents étrangers (CRE) se réunissent autour de petites tables, au premier étage du centre administratif. Une façon de privilégier le dialogue, et surtout de rappeler à chacun qu’il fait partie d’une instance « de pression, censée interroger le maire, les adjoints et toutes les instances de la République », comme le rappelle le maire de Strasbourg, Roland Ries, en début de séance. Interpeller, car le CRE n’a pas un rôle décisionnaire, mais consultatif, comme toutes les autres branches de la démocratie participative.

Les cinquante personnes tirées au sort pour faire partie du CRE 2015-2018 sont presque toutes là, pour représenter les quelques 30 000 étrangers de Strasbourg, soit 14 % des habitants de la ville. Hommes-femmes à parité, originaires de tous les continents et venant des différents quartiers. Quelques responsables d’associations constituent deux autres collèges afin de nourrir les échanges. Certaines commissions de l’ancien mandat ont été gardées : culture, communication, logement, personnes âgées immigrées. Un groupe de travail « Droits des femmes » a fait son apparition.

C’est le débat parlementaire de la veille sur la déchéance de nationalité qui échauffe les esprits. Pierre Greib, de la Cimade, a concocté une motion qu’il soumet à ses collègues.

« Proposer en droit pénal et dans la Constitution une distinction de fait entre citoyens basée sur leur origine nous apparaît comme une discrimination contraire aux droits fondamentaux. »

Une motion contre la déchéance de nationalité a été votée à l'unanimité. (AF / Rue89 Strasbourg)
Une motion contre la déchéance de nationalité a été votée à l’unanimité. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Après quelques modifications, le texte entier est approuvé. Tous votent pour qu’il soit envoyé aux députés et aux médias afin de faire connaître la position du CRE sur la question. Un premier moyen de pression que les membres utiliseront de nouveau, espère Pierre Greib :

« Nous sommes tous conscients que notre pouvoir est limité et que notre force réside dans les propositions. Le CRE doit être pour ces personnes qui n’ont pas la nationalité française un espace de valorisation et de formation à la citoyenneté. »

Beaucoup d’énergie pour quoi ?

Au menu des autres discussions : la charte du CRE. Avec ses collègues de table, Tenile Mascolo Gil suggère la mise en place d’un groupe de veille, chargé de relayer les idées politiques du conseil sans attendre la tenue de plénières tous les trois-quatre mois. Cette Brésilienne a rejoint la commission « lutte contre les discriminations » au milieu du précédent mandat. Elle tenait absolument à continuer les projets commencés les mois passés :

« Même si je viens avant tout pour défendre le droit de vote, c’est nécessaire de questionner la société sur notre présence, et nous donner de la voix. Si le chemin a été long à chaque fois, que nous avons dû apprendre à travailler ensemble, nous avons réussi à mettre en place de belles réalisations, des expositions photos par exemple. Dans “La ville en visages”, nous avons montré des portraits de personnes qui travaillent à Strasbourg, dont le métier est important. Dans “D’ailleurs citoyennes”, l’idée était de casser les stéréotypes. Moi j’ai posé à côté d’une femme noire qui a la nationalité française, et dans la légende, on demandait : qui suis-je ?, sous-entendant, qui est la Française, la noire ou la blanche ? »

Un rapport, une commission…

Tous les anciens qui ont voulu retenter l’aventure ne sont pas aussi enthousiastes. Quand les nouvelles référentes du groupe « Personnes âgées immigrées » présentent leurs intentions, la voix de Nourredine Khlikhal s’élève :

« Mais nous avons déjà fait ce que vous annoncez. On va rester sur un carrefour et on tourne autour ? »

De 2012 à 2015, ce Marocain a participé à la rédaction d’un rapport sur les problèmes que rencontrent les personnes âgées immigrées, et leurs attentes. Une commande de Roland Ries, ce qui a demandé à sept apprentis-enquêteurs beaucoup d’investissement.

« Avec le questionnaire que nous avons préparé, nous sommes allés à la rencontre des personnes concernées. Puis on se retrouvait une fois par semaine pour faire remonter les informations. Ça nous a pris beaucoup de soirées et des mois de travail, tout ça bénévolement. Je ne suis pas sûr que les élus auraient accepté de faire tout ça sans être payés. »

Que les membres veuillent retourner sur le terrain pour valider les hypothèses avancées dans le rapport le laisse pantois.

« Malheureusement, nous n’avons pas eu de retour sur le rapport, nous ne savons pas si les élus s’en sont emparés, et on va aller reposer des questions aux gens ? Nous avons déjà fourni des suggestions, maintenant il faut faire bouger les choses. Je ne regrette en rien ce que j’ai fait, car j’ai l’impression d’avoir contribué à quelque chose d’important. J’ai fait tout ce que je pouvais faire et j’ai beaucoup appris de la façon de penser des autres, mais il faut que ce rapport porte ses fruits, que des actes en sortent. Ce serait frustrant que ça n’aboutisse pas. »

La commission culture a déjà émis l'idée de proposer à l'office de tourisme d'établir des visites thématiques sur ce qu'ont apporté les étrangers dans l'histoire de la ville. (AF / Rue89 Strasbourg)
La commission culture a déjà émis l’idée de proposer à l’office de tourisme d’établir des visites thématiques sur ce qu’ont apporté les étrangers dans l’histoire de la ville. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Beaucoup de propositions, aucun engagement

Ce conseil a précédemment remporté quelques batailles concrètes pour limiter l’isolement des étrangers : l’édition d’un guide d’orientation pour les primo-arrivants, la présence d’un observateur du CRE lors de la commission d’attribution des logements sociaux, la mise en place d’un guichet unique pour faire une demande de logement à CUS Habitat, ou encore la possibilité de poser des paraboles sur des immeubles gérés par des bailleurs sociaux. Des membres de la commission culture se sont aussi déplacés à Paris pour visiter le Musée national de l’immigration, dans l’objectif de créer des espaces sur ce que les étrangers ont apporté à l’histoire de Strasbourg.

Mais l’intérêt accordé à des projets menés au long cours reste un mystère pour certains anciens membres. C’est une des raisons pour lesquelles Aranceli Valdez a quitté le CRE, après deux années comme référente de la commission « Égalités urbaines » et membre du bureau :

« Je voyais le CRE comme un lieu idéal pour réfléchir sur les politiques publiques vis-à-vis des étrangers, avec naïvement l’idée que ce que nous discutions aurait un effet de levier, mais je me suis rendu compte que c’était faux. »

Sa commission a notamment initié l’organisation d’une table-ronde en octobre 2013, avec pour thématique : « L’Égalité dans l’accès au logement : quelles politiques à Strasbourg ? »

« De cette table-ronde sont sorties beaucoup de propositions, mais aucun engagement n’a été pris par la suite. Aucun conseiller municipal ne nous a soutenus. C’est à se demander si le but n’était pas de remplir l’agenda avec un événement supplémentaire. Le CRE, c’est important parce qu’il regroupe les communautés, qui connaissent bien les problèmes des étrangers et c’est souvent elles qui ont les solutions, mais qui les écoute et quand vont être mises en place les mesures préconisées, c’est une autre question. »

 

Entre 2001 et 2008, le CRE a été dissout, avant d'être réinstitué sous le mandat de Roland Ries. (AF / Rue89 Strasbourg)
Entre 2001 et 2008, le CRE a été dissout, avant d’être réinstitué sous le mandat de Roland Ries. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Des champs d’actions très limités par la Ville

Les rênes du CRE tenues par la Ville, c’est l’autre raison qui a poussé Aranceli à abandonner son mandat :

« C’était très bureaucratique. Dans la commission par exemple, on voulait vraiment faciliter l’attribution des logements aux étrangers, parce qu’ils souffrent beaucoup de discriminations à ce niveau. Mais, dès qu’on essayait d’aller plus loin dans les démarches, il fallait l’accord de la chargée de mission, ou on nous disait, ah non, ce n’est pas de notre ressort, c’est national. Et si quelqu’un commençait à critiquer un peu une mesure mise en place par la Ville, ce n’était pas bien vu non plus. On ne peut pas seulement être une vitrine de la diversité. Si les élus locaux croient en nos droits, notamment à l’accès à l’emploi, au logement, malgré les circonstances nationales défavorables au droit de vote, ils doivent nous soutenir. On ne doit pas rester un instrument politique qu’un parti ou un autre brandit à l’approche des élections municipales. »

En effet, le CRE a connu de nombreux soubresauts et premier du nom en France, avant de faire des petits dans d’autres villes, il a essuyé bien des plâtres au gré des alternances à la tête du conseil municipal.

Créé sous la gauche, dissout sous la droite

En 1992, la volonté de créer une telle instance est venue de la Coordination des associations de résidents étrangers, décidée à mener le combat pour le droit de vote des étrangers. Ces composantes étaient même allés jusqu’à menacer la Ville que les étrangers se mettent en grève, ne paient plus leurs impôts locaux, charge à l’État de régler la dette. Simo Tarazi, de l’Association des travailleurs maghrébins de France, se souvient :

« Nous étions très politisés à l’époque, finalement nous avons négocié avec le maire d’alors, Catherine Trautmann (PS), qui a été d’accord pour créer une instance para-municipale. Nous, on voulait qu’elle soit représentative, avec un droit de saisine du conseil municipal, mais rappelant que la loi ne le permettait pas, elle nous a concédé un rôle consultatif. Peut-être était-ce aussi une façon de canaliser nos revendications. »

En 2001, la mairie est passée à droite et le CRE a été balayé, avant d’être réinstauré par Roland Ries en 2009. En juin, malgré un débat houleux autour de la question du droit de vote des étrangers, les membres du conseil municipal ont voté pour la poursuite du CRE. Un budget de 20 000€ a aussi été réaccordé. L’objet étant de couvrir la venue d’invités pour des manifestations organisées par le conseil, la tenue d’expositions, les éventuelles sorties-découverte.

Pour la Tunisienne Amani Friaa, qui, pendant ses études, a justement fait partie de cette commission entre 2009 et 2015, le CRE a besoin de plus d’autonomie.

« Pour faire connaître le CRE, ce qui était nécessaire, nous éditions un journal et nous animions une émission de radio tous les quinze jours, pour parler de sujets d’actualité et de la place des étrangers, mais pendant toutes les périodes d’élections, nous n’avions pas le droit de poursuivre nos activités par exemple. Notre rôle, en tant qu’entité entre les étrangers et la Ville, est primordial, mais nous n’avons pas assez de liberté. On le savait dès le départ qu’on était dépendant de la mairie, mais souvent on s’est sentis coincés. C’est dommage vu la somme de travail qu’on a tous fourni. »

Le droit de vote des étrangers, l’éternel combat

En Europe, 16 pays ont accordé le droit de vote aux étrangers. Le Premier ministre (PS) Manuel Valls, le 3 novembre, a quant à lui enterré d’un revers de main la promesse n° 50 du candidat François Hollande.

Pourtant cette revendication continue de planer parmi les membres du CRE. Et à la fin de la motion votée lors de la séance de samedi, les participants ne manquent pas de la rappeler. D’après Haydar Kaybaki, représentant de l’Astu (Actions citoyennes interculturelles), et membre du CRE depuis ses débuts, on ne peut plus éviter la question du droit de vote.

« Elle est très forte en symbole surtout aujourd’hui. Si des jeunes voient que leurs parents sont ici depuis des années et qu’ils n’ont pas leur mot à dire, ils risquent de se détacher du pays. »

Nourredine Khlikhal siège pour la deuxième fois au CRE et espère obtenir le droit de vote aux élections locales d'ici 2017. (AF / Rue89 Strasbourg)
Nourredine Khlikhal siège pour la deuxième fois au CRE et espère obtenir le droit de vote aux élections locales d’ici 2017. (Photo AF / Rue89 Strasbourg)

Peut-être que l’échéance de 2017 va permettre de ranimer leurs esprits. C’est en tout cas ce qu’espère Nourredine Khlikhal, aussi revenu au conseil pour mener ce combat.

« Quand je suis arrivée en 2012, c’était ma priorité. J’ai terminé la mandature sans voir cette mesure aboutir. Il faut que les parlementaires agissent. Pour ma part, ça fait 27 ans que je travaille en France, que je paie des impôts locaux, aussi pour faire vivre la Ville. Et même si j’obtiens la nationalité française d’ici là, je continuerai à défendre l’idée, car c’est une discrimination. »

Comment éviter l’impasse ?

Les mots devront néanmoins être accompagnées d’une forte mobilisation, pour ne pas finir dans une impasse comme le dernier mandat, qui avait certes conduit à la création du Conseil français de la citoyenneté de résidence (CoFraCiR), le réseau des CRE de France, mais n’avait pas su peser suffisamment. 16 des 20 CRE ont été supprimés en 2014, quand les municipalités ont viré de bord. A Strasbourg, seule une manifestation s’était tenue place d’Austerlitz, mais n’avait réuni que quelques personnes, se désole Amani Faari :

« A force de voir les promesses non tenues, je pense que les gens n’y croient plus trop, pourtant il le faut. »

Le groupe de veille politique qui s’est constitué à la fin de la séance de samedi a bien l’intention de défendre le droit de vote. A voir s’il aura lui l’audace de faire « pression », comme l’a dit le maire, et mener la lutte malgré la démission actuelle des pouvoirs nationaux.

Il pourra toujours puiser dans la fougue politique et les idées ingénieuses que ses prédécesseurs ont eues dans les années 90. A commencer par le bus de la citoyenneté qui avait circulé dans les quartiers de Strasbourg pour finir sur la place Kléber et organiser un vote fictif par les étrangers du conseil municipal. Une initiative qui avait trouvé un retentissement national.

« Chaque rapport sera étudié attentivement »

Sans oublier l’Appel de Strasbourg, lancé depuis le Conseil de l’Europe en 1999, incitant fortement les Etats membres à inclure tous les résidents étrangers à la vie locale. Depuis juin, Mine Günbay, adjointe au maire en charge de la démocratie locale, concède que le CRE s’est institutionnalisé mais veut y voir des signes positifs :

« Cette instance est très précieuse. Par exemple, des membres du CRE ont rejoint la commission plénière égalités hommes-femmes. Ils nous ont sensibilisés aux discriminations que les femmes étrangères subissent pour accéder aux cours de Français langue étrangère. Sans eux, nous n’aurions pas eu ces réflexions. La réunion de ce samedi me donne aussi beaucoup d’espoirs, tous les groupes ont déjà lancé des projets et les présentent d’une façon très déterminée. »

Mine Günbay reconnaît que certains sont désabusés, trouvent que ça ne va pas assez vite, mais d’après elle, il faut accepter de dépasser l’urgence politique :

« Chaque rapport va être étudié attentivement et approfondi pendant cette mandature. Notre but n’est surtout pas de faire du CRE un objet folklorique ou communautariste. Ces membres ont beaucoup d’outils à leur disposition pour faire pression, à eux de savoir jusqu’où ils veulent aller et nous les aiderons sans condition. »

Pour Mine Günbay, comme pour Roland Ries, l’obtention du droit de vote reste un « impératif catégorique » pour intégrer les étrangers dans la vie commune. La semaine dernière, Benoît Hamon (PS) et 35 autres députés ont déposé un amendement visant à introduire ce droit dans la Constitution. Rendez-vous en 2017 pour voir si cet élan aura trouvé un écho.

Pourquoi la forêt de la Robertsau n’est pas entretenue

Pourquoi la forêt de la Robertsau n’est pas entretenue

Dans une tribune, l’ancien maire délégué de Strasbourg, Robert Grossmann, fustige l’état de la forêt de la Robertsau, au nord de la ville. Il juge qu’elle n’est pas assez entretenue. On a trouvé pourquoi.

(dessin Laurent Salles)
(dessin Laurent Salles)

Premier week-end et nouveau souffle à Django Reinhardt

Premier week-end et nouveau souffle à Django Reinhardt
L'espace culturel Django Reinhardt
L’espace culturel Django Reinhardt au Neuhof (photo Ville de Strasbourg)

Aujourd’hui et demain, l’espace culturel Django Reinhardt ouvre ses portes pour son week-end inaugural. Avec une programmation laissant entrevoir ce que deviendra ce lieu nouvellement géré par l’association BeCoze.

« De l’art, du lien, du sens ». Tel est le mantra de la nouvelle équipe de direction de l’espace culturel Django Reinhardt ancré dans le quartier du Neuhof depuis de nombreuses années. Une équipe nouvelle et jeune dont le projet avait été validé par la Ville de Strasbourg parmi plusieurs autres dossiers présentés. À sa tête, on trouve Pierre Chaput, que Rue89 Strasbourg avait interviewé au mois de décembre 2015. Le directeur de Django Reinhardt depuis le 1er janvier détaille ses ambitions à travers l’offre proposée en ce week-end inaugural :

« Ce samedi et ce dimanche, c’est en quelque sorte la vitrine de ce qu’on va mettre en place durant les six prochains mois. On met en valeur la scène locale via des groupes émergents mais aussi des groupes confirmés car c’est potentiellement leur lieu d’investissement et d’expression. Et puis on a la volonté d’ancrer ce lieu dans le quartier du Neuhof, avec ses acteurs. Cela passe par des concerts mais également par de la médiation, en amont et en aval, un travail avec des partenaires locaux. Par exemple, on ira encore à la rencontre de l’ensemble des acteurs associatifs, scolaires, éducatifs, sociaux, médicaux pour comprendre ce qu’ils font, comment ils interviennent dans la vie du quartier et pour savoir quelles pourraient être leurs attentes vis à vis de cet espace Django Reinhardt et bien sûr par rapport à notre projet. Nous sommes donc au début de six mois qui ont valeur de test. »

Pierre Chaput : "Il y a un besoin de structuration de la filière des musiques actuelles à Strasbourg" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Pierre Chaput, le nouveau directeur de l’espace Django Reinhardt (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

« Le samedi reflète tout le panel de la scène locale »

La programmation de Django Reinhardt, elle, est désormais assurée par Benoît Van Kote, qui officie notamment au Camionneur. C’est lui qui a monté l’affiche (programme complet à retrouver sur la page Facebook du week-end inaugural) de ce samedi 6 février, avec, entre 16h et 18h sur le parvis de la salle, la création d’une fresque de graff avec Stom500 doublée d’une déambulation sonore de percussions africaines avec la compagnie Sokan. Viendront, à partir de 18h30, une battle de danse hip hop organisée par Illusion Crew puis le concert de jazz manouche avec Dino Mehrstein et, à 20h45, Jamylla et les Bi-Bouches dont on a pu découvrir le clip sur le quartier du Neuhof il y a quelques semaines :

Également au programme, pour poursuivre la soirée, le hip hop de Mess Bass, un concert du groupe Weepers Circus et le blues-rock de Dirty Deep. Benoît Van Kote livre les clés de son choix :

« On veut vraiment montrer tout le panel de la scène locale qui est riche et foisonnante. Dino Mehrstein, c’est du jazz manouche, c’est l’ADN même de cette salle qui s’appelle Django Reinhardt. Avec Mess Bass, il y a une grosse actu, une sortie d’album, un rayonnement local et régional, et le but, c’est de faire encore progresser cet artiste, lui faire passer ce cap et l’emmener au-delà. Quant aux Weepers Circus et Dirty Deep, leur renommée est bien plus importante et ce qu’ils font reflète aussi très bien ce qu’est Strasbourg. Enfin, Jamylla a sorti un clip qui a de la gueule et le but, c’est de casser les clichés du quartier, de faire bouger le Neuhof. Et aussi titiller le chaland pour qu’il vienne pousser la porte de la salle et passe le seuil de cet espace. »

Un dimanche plus familial

La Truite à Fourrures
La Truite à Fourrures et ses contes afro-américains (Doc. remis)

Le dimanche 7 février, lui, sera plus familial avec, dès 14h, un atelier de jeux monté en partenariat avec la médiathèque du Neuhof, qui se trouve dans les mêmes locaux. Puis, à 15h30, place à des contes afro-américains intitulés « Frère Lapin et autres histoires » par le duo La Truite à Fourrures et enfin, à 16h30, ce sera la projection du documentaire « Patshiva Cie sur la route » tourné lors de la venue de la compagnie l’an dernier.

Et la suite du projet ?

L’association BeCoze a reçu les clés de l’espace culturel Django Reinhardt le 1er janvier dernier et sa mission court désormais jusqu’en août 2019. Un bail de trois ans et demi qui doit tout d’abord se concentrer sur la fin de la saison en cours, jusqu’à l’été 2016. Pierre Chaput précise le détail du calendrier :

« On profite pour le moment d’une demi-saison test avec une dizaine de dates à caler d’ici au mois de juin. On travaille donc au coup par coup. Il y aura ensuite une saison intermédiaire (2016-2017) avec environ 25 dates et par la suite, on essaiera de trouver un rythme de croisière avec 30 à 35 dates sur une saison. »

Et Benoît Van Kote d’ajouter :

« On n’a pas vraiment de genre prédéfini ni de ligne artistique particulière. L’idée, c’est de partir de ce que l’on appelle les musiques du monde pour aller vers les musiques actuelles au sens large, sachant que ces étiquettes peuvent être dangereuses. Car aujourd’hui, les musiques du moment sont actuelles et elles sont toutes des musiques du monde. On veut surtout favoriser le plus possible les innovations et les mixités, culturelles et géographiques. »

C’est ainsi que la première date de concert, le 20 février prochain, verra monter sur scène l’African Salsa Orchestra, orchestre né en 2014 de la volonté du chanteur tromboniste béninois Michel Pinheiro pour une balade sonore et dansante de Cotonou à Cuba.

« Développer une pépinière musicale pour groupes locaux »

Avec ses 350 places en configuration debout et ses 160 sièges en version assise, l’espace culturel Django Reinhardt se veut un équipement complémentaire de ce qui existe déjà à Strasbourg et dans l’Eurométropole. Et pour réellement marquer l’ancrage dans le quartier du Neuhof, Pierre Chaput et son équipe veulent dépasser le cadre des concerts :

« Il faut donner du sens à cette expression : un espace culturel. On envisage par exemple des moments d’échange informels dans le quartier, autour de petits-déjeuners ou des apéros, et des moments plus formels, avec des tables rondes. Musicalement, on veut axer le travail sur la diffusion, la création, la structuration avec la mise sur pied d’une pépinière, a priori pour quatre groupes, afin de cibler les manques, les lacunes de ces formations, de partir de leurs besoins en matière de booking, de cadre juridique, de travail de scène, de coaching, pour ensuite éventuellement mutualiser les forces. On sera dans l’accompagnement (ndlr, les dossiers de candidature seront mis en ligne au printemps, au plus tard fin mai, pour ensuite lancer la sélection). Et l’idéal, en la matière, serait d’avoir un turn-over sur la saison, sur une période de 12 à 18 mois avec des « grands frères » qui seraient présents aux côtés de ces artistes. »

Evidemment, on pense à Abd al Malik, l’enfant du Neuhof. Selon Benoît Van Kote, il fait partie des noms, mais avec ses multiples projets et sollicitations artistiques, il reste compliqué à joindre et il est bien difficile d’avoir des retours de sa part.

Ciné-club, expositions, conférences

Autres projets de l’équipe de Django Reinhardt : des résidences d’avant-scène ou de création pour les groupes locaux. Et d’autres formats qui dépassent le cadre musical.

« Des rendez-vous du cinéma, sous la forme d’un ciné-club, avec un rythme mensuel dans l’idéal. On espère pouvoir lancer ça correctement dès le mois de septembre. Il y aura aussi des conférences, sur les esthétiques musicales ou des problématiques citoyennes. Ainsi que des expositions, sans doute autour du Lego, a priori au mois de mai. »

Y aller

Week-end inaugural de l’espace Django Reinhardt, ce samedi 6 février et ce dimanche 7 février à l’espace culturel Django Reinhardt, 4 impasse Kiefer à Strasbourg. Entrée libre.

Un webdocumentaire sur le Grand Hamster d’Alsace

Un webdocumentaire sur le Grand Hamster d’Alsace

À VOIR SUR

RUFUS-LE-CRICETUS.ALSACE (suite…)

À La Primaire, on rêve d’une solution numérique à la démocratie

À La Primaire, on rêve d’une solution numérique à la démocratie
Plus de 150 personnes étaient présentes pour voir comment rénover la démocratie (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Plus de 150 personnes étaient présentes pour voir comment rénover la démocratie (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Y aura-t-il un candidat issu de la société civile à Noël ? Les deux cofondateurs de LaPrimaire.org étaient jeudi soir à Strasbourg pour présenter leur plate-forme, encore balbutiante, mais dont la promesse est de faire émerger un candidat à l’élection présidentielle, crédible, en dehors des partis politiques. Un challenge.

Sur les 271 782 habitants de Strasbourg, seuls 109 sont inscrits à LaPrimaire.org, soit 0,04%. C’est peu mais il en faudrait plus pour décourager Thibauld Favre et David Guez, les deux cofondateurs de ce site qui ambitionne de propulser un candidat issu de la société civile à l’élection présidentielle de mai 2017. Devant 150 personnes jeudi soir à la Maison des Associations, ils ont répondu aux mille questions du public : est-ce qu’il y a un programme, est-ce que vous allez vous présenter, vous deviendrez un parti politique comme les autres, comment allez-vous échapper aux tentatives de récupérations, etc.

Après des mois de décembre et de janvier particulièrement remplis par des rencontres de ce type à Lyon, Nantes, Marseille, Bordeaux… David Guez commence à bien connaître le profil des participants :

« À chaque fois, l’audience est composée pour 2/3 de déçus de la politique, des anciens encartés dans un mouvement politique qui n’y ont pas trouvé leur compte ou qui ont tenté les mouvements comme Nouvelle Donne ou Nous Citoyens, et d’1/3 de curieux. »

Une salle déjà proche de la politique locale

Et effectivement, de nombreux Strasbourgeois parmi ceux qui se sont déplacés jeudi soir étaient des habitués de la politique locale ou au moins des observateurs attentifs. Certains élus étaient même présents tels Éric Senet, conseiller municipal (sans étiquette mais élu sur une liste « Les Républicains ») de Strasbourg ou Valérie Wackermann, conseillère municipale (PS) de Lingolsheim. Mais tous étaient très curieux. Une plate-forme sur Internet pourrait-elle vraiment apporter une solution à l’actuelle misère démocratique ?

Éric Senet en doute :

« J’ai rencontré Nicolas Sarkozy la semaine dernière, et j’ai bien vu à quel point il fallait être préparé pour se présenter à une élection présidentielle. »

Valérie Wackermann espère de son côté que LaPrimaire.org permettra de ramener une partie des citoyens vers la politique. Car elle partage le constat, terrible, sur lequel s’appuient Thibauld Favre et David Guez : 85% des Français n’ont plus confiance dans la politique pour régler leurs problèmes.

De nombreuses questions ont fusé en provenance du public (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
De nombreuses questions ont fusé en provenance du public (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Devant une assistance attentive, ils déroulent leurs concepts : une interface de tchat dotée d’un puissant algorithme, des systèmes de votes multiples, dit d’approbation à plusieurs étapes et qui devraient permettre de faire émerger une dizaine de candidats en septembre pour en soutenir un seul au final en novembre.

Les bonnes blagues de Thibauld Favre

Ce dernier bénéficiera de 500 parrainages d’élus et d’une cagnotte, abondée par des dons, pour mener sa campagne. Face aux quelques 22 millions d’euros que vont dépenser chaque parti, n’est-ce pas perdu d’avance, demande une personne dans l’assistance ? Thibauld Favre, qui veut faire de la politique avec le sourire, a toujours une bonne blague :

« On n’aura sûrement jamais cette somme. Mais elle sera dépensée par les partis pour convaincre les gens de voter pour des candidats dont ils n’ont pas envie ! De notre côté, nous aurons un candidat nouveau et l’enthousiasme sera de notre côté. »

La première étape est de réunir 100 000 inscrits sur LaPrimaire.org, les deux cofondateurs estiment que si cette barrière est franchie, la plate-forme sera à l’abri des manipulations. Le site affichait un peu plus de 14 000 inscrits au moment de publier cet article. Officiellement, Thibauld Favre espère 500 000 inscriptions, ce qui dépassera le nombre total d’adhérents aux partis politiques, mais secrètement, cet ingénieur issu de l’univers des start-ups cible un million de personnes.

Plusieurs questions ont porté sur la sécurisation du processus de sélection des candidats (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Plusieurs questions ont porté sur la sécurisation du processus de sélection des candidats (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

Et après, demande quelqu’un dans le public, qu’allez-vous faire de cette plate-forme ? Thibauld Favre répond calmement :

« Même si nous sommes bénévoles, nous sommes là pour rester. Si nous parvenons au bout de l’élection présidentielle, nous proposerons le même système pour une alternative citoyenne lors des élections législatives. Et notre objectif est de se déployer partout en Europe pour que des candidats émergent de la plate-forme aux élections européennes de 2019. »

Déjà une première tentative de rachat

Beaucoup de questions ont tourné autour de la sécurisation et de la sincérité du processus de sélection. Les deux cofondateurs évoquent qu’à Lyon, ils ont reçu une offre de 500 000€ pour développer LaPrimaire.org à condition de modifier les règles actuelles. Ils ont refusé.

Dans l’assistance, beaucoup veulent y croire mais tout autant sont sceptiques. Catherine Siffermann fait partie des premiers :

« J’ai vu ça sur Facebook, je suis 100% fan. On râle beaucoup en politique, j’ai beaucoup râlé mais à un moment, il faut prendre les choses en main et c’est ce que propose cette plate-forme. J’ai bien l’intention de mener mon petit lobbying autour de moi pour que les gens s’inscrivent et fassent connaître ce site. On ne peut plus supporter ceux qui détournent l’engagement et les idées au profit de leurs carrières. »

Thibauld Favre ne se laisse pas abattre, mais il est dopé au Démocratol "convient à tout type de convictions" (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)
Thibauld Favre ne se laisse pas abattre, mais il est dopé au Démocratol « convient à tout type de convictions » (Photo PF / Rue89 Strasbourg / cc)

À l’issue de la réunion, les participants sont repartis avec une boite de Démocratol, ce médicament pour la politique, et au moins l’intention de s’inscrire. Une dizaine est restée pour évoquer avec les deux cofondateurs comment ils pourraient s’impliquer dans l’équipe de bénévoles de l’association. Mais les cofondateurs espèrent aussi qu’une bonne part des personnes intéressées participeront au financement de cette opération. Pour sa première phase, les organisateurs estiment avoir besoin de 100 000€. Au moment de rédiger cet article, ils avaient déjà reçu plus de 42 000€.

Gagnez des places pour l’avant-première de « Tempête » au Star St-Ex

Gagnez des places pour l’avant-première de « Tempête » au Star St-Ex

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En partenariat avec les cinémas Star, Rue89 Strasbourg vous propose de gagner 30×2 places pour l’avant-première de Tempête le nouveau film de Samuel Collardey en présence de celui ci ainsi que de l’acteur principal Dominique Leborne le mercredi 10 février à 20h15 au Star St-Exupéry.

À 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire,  un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils. Assez grands pour s’assumer, Maylis et Mattéo n’en sont pas moins deux adolescents qui font leurs propres expériences. L’une d’elles, malheureuse, va forcer Dom à faire un choix entre son métier au grand large et sa vie de famille.

La bande annonce

Le concours est clos

Un train spécial, tard dans la nuit, de Strasbourg pour le carnaval de Bâle

Un train spécial, tard dans la nuit, de Strasbourg pour le carnaval de Bâle
Le carnaval de Bâle est le plus grand carnaval de Suisse et rassemble entre 15000 et 20000 personnes déguisées.
Le carnaval de Bâle est le plus grand carnaval de Suisse et rassemble entre 15000 et 20000 personnes déguisées.

Le carnaval traditionnel de Bâle débutera lundi 15 février à 4 heures du matin. Le Morgenstreich, défilé de lanternes dans le centre ville, marquera le début des 3 jours de festivités dans la ville suisse.

Cette année encore la Région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine et la SNCF proposent des trains tard dans la nuit à direction de Bâle et à des tarifs préférentiels pour assister au lancement de l’un des plus anciens carnavals rhénans. Les départs se feront à partir de Strasbourg (1h40) et Mulhouse (2h20).

Les allers-retour dans la journée pour les groupes de une à cinq personnes seront au tarif forfaitaire de 34 euros au départ de Strasbourg et Sélestat et de 21 euros au départ de Colmar, Mulhouse et Saint Louis.

Y aller

Le Carnaval de Bâle aura lieu du lundi 15 février à 4 heures du matin jusqu’au jeudi 18 février, 4 heures dans les rues du centre ville.
Le premier train spécial de la SNCF partira de Strasbourg à 1h40 et s’arrêtera à Sélestat (2h00), Colmar (2h16) pour arriver à Bâle à 3h00. le deuxième quittera Mulhouse à 2h20, s’arrêtera à Saint Louis à 2h36 et arrivera à Bâle à 2h45.
Les billets sont en vente sur TER Alsace et aux bornes automatiques jusqu’au 15 février, en gares et en boutiques jusqu’au 14 février inclus.

À Kœnigshoffen, le quartier « romain » n’a pas cent ans

À Kœnigshoffen, le quartier « romain » n’a pas cent ans
Plan du n°1 rue du César-Julien, au coin de la route des Romains - 1930 (Archives Strasbourg) - Porte du n°1 aujourd'hui (Photo MM / Rue89 Strasbourg)
Plan du n°1 rue du César-Julien, au coin de la route des Romains, 1930 (Archives Strasbourg) – Porte du n°1 aujourd’hui (Photo MM / Rue89 Strasbourg)

Au bout de la rue, la ville. – C’est une incongruité. Alors que Kœnigshoffen-Est passe pour être le plus ancien quartier de Strasbourg, où s’établirent les premiers Romains au temps d’Argentoratum, Kœnigshoffen-ouest lui, où toutes les rues portent pourtant des noms issus de la Rome antique, n’a été construit qu’à partir des années 1930 ! Balade historique de part et d’autre de la rue du César-Julien, sur le plateau du Hohberg.

Pour y arriver, il faut passer la porte Blanche, puis rouler sous l’autoroute A35, et avaler, à vélo, en bus ou en auto (rarement à pied), la route des Romains aux deux-tiers. Après la station-service, la poste ou l’église Saint-Joseph à droite, la voie de chemin de fer de part et d’autre, et le petit centre commercial à gauche, alors que se dresse, presque au milieu de la route, l’étonnante petite bâtisse qui fait l’angle avec la rue Jean-Mantelin (toujours à gauche), c’est à droite que l’on bifurque après le feu, entrant dans le « quartier romain » (ou quartier des Romains) par celui « des empereurs ».

Quartier des Romains à Kœnigshoffen (Google map)
Quartier des Romains à Kœnigshoffen (Google map)

Maisons cossues aux « empereurs », barres HLM aux « poètes »

Car le quartier des Romains présente deux sous-ensembles : le secteur des empereurs romains au sud, avec les rues Constantin, du César-Julien, Valérien, Gallien, Trajan, Marc-Aurèle ou des Antonins, et le secteur des auteurs, poètes et orateurs latins au nord et à l’ouest : Tite-Live, Sénèque, Cicéron, Virgile, Tacite, Suétone ou Ovide.

Cette distinction est importante, car les deux ensembles urbains sont, quoique voisins et tous les deux à forte dominante résidentielle, complètement différents : les « empereurs » sont bordés de maisons mono-, bi- ou tri-familles des années 1930 à 1970, cossues et bien entretenues (un descriptif architectural très fourni sur ArchiWiki), tandis que les « poètes et orateurs » desservent les barres d’immeubles de la cité du Hohberg, construite entre 1962 et 1970.

Plan cadastral de 1886 (Archives Strasbourg, cité par ArchiWiki)
Plan cadastral de 1896 : il n’y a que des champs à la place du futur quartier des Romains. Parallèles à la route des Romains : les petites rues des Brasseurs et des Malteurs (Archives Strasbourg, cité par ArchiWiki)

Petit retour en arrière : là où s’étend aujourd’hui Kœnigshoffen, quartier de Strasbourg compris entre l’A35 à l’Est, la commune d’Eckbolsheim et de quartier des Poteries à l’ouest, la Montagne Verte au sud et l’A351 au nord (avec au-delà, Cronenbourg et Hautepierre), existait au temps des Romains une voie est-ouest menant à Saverne (ou Tres Tabernae). Cette voie, actuelle route des Romains, devient la « voie impériale 4 » sous l’empire allemand, puis la RN4. Tout autour, une première agglomération, un « faubourg civil » ou vicus canabarum, voit le jour, avec une nécropole, un port sur la Bruche et, sur la colline du Hohberg, un tumulus funéraire.

Rasé au Moyen Age, reconstruit après l’arrivée du chemin de fer

Au VIème siècle, le quartier accueille une cour mérovingienne, d’où le nom de « Kœnigshoffen », dans le secteur de Saint-Gall. Au Moyen-Age, la communauté villageoise vit d’artisanat (poterie, tuilerie), d’agriculture et d’élevage. Pendant la Guerre de Cent ans, le faubourg est rasé et sa population déplacée dans la nouvelle enceinte du faubourg National (1475).

En 1841, la première gare de Strasbourg construite à Kœnigshoffen est inaugurée, ce qui marque le renouveau du faubourg. Grâce au chemin de fer, se développe progressivement une activité industrielle et brassicole, dont il ne reste à Kœnigshoffen que des villas, des parcs et des habitations ouvrières…

Des logements pour les ouvriers et contremaîtres

Pour abriter les ouvriers et contremaîtres à l’ère industrielle, la rue des Brasseurs et la rue des Malteurs, deux petites rues parallèles à la route des Romains, sont aménagées de 1890 à 1895 et bordées de petites maisons de plain-pied, avec leurs jardinets orientés au sud. De même, la petite rue des Chartreux, où vivaient les ouvriers de la filature Dreyfus-Werth, installée dans le moulin de la chartreuse voisin, est ouverte en 1854. On distingue ces trois ruelles sur le plan cadastral de 1896 (voir plus haut).

Mais ce n’est qu’à partir de 1932-1933, qu’une cité-jardin est édifiée, à la suite de ces ruelles champêtres du XIXème. On y pénètre par la rue du César-Julien (ci-dessous), du nom de l’empereur qui remporta la bataille dite d’Argentoratum contre les Alamans au sud d’Oberhausbergen, en 357. Il est connu pour avoir renié le christianisme et tenté de restaurer le paganisme dans l’empire, d’où son surnom de Julien l’Apostat.

La rue César-Julien, au départ de la route des Romains, puis la place des Romains, au cœur du quartier (Carte postale in "Kœnigshoffen, un faubourg de Strasbourg" par Paul-Antoine Dantès / Photos MM)
La rue César-Julien, au départ de la route des Romains, puis la place des Romains, au cœur du quartier (Carte postale in « Kœnigshoffen, un faubourg de Strasbourg » par Paul-Antoine Dantès / Photos MM)

Les « Romains », quartier édifié sur le plateau fertile

Tandis qu’à gauche, le quartier des empereurs (ci-dessous) est édifié sur l’ancien lieu dit Henkels Breit ou « parcelle des étalons » (1830), à mi-hauteur de la rue s’ouvre la place des Romains, étendue d’herbe un peu austère, dont le dessin date des années 1906-1907, sur le lieu-dit Hohberg ou « tertre-haut ». Ce secteur, au nord de la route des Romains, est situé sur un plateau fertile aux terres de lœss, limons et sédiments, longtemps cultivé, par opposition au sud de la route, plus humide et herbeux (Mulbach, Schnokelhoch…).

Maisons cossues du quartier des empereurs (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Maisons cossues du quartier des empereurs (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
Rue Constantin dans le quartier des empereurs (Carte postale in "Kœnigshoffen, un faubourg de Strasbourg" par Paul-Antoine Dantès / Photo MM)
Rue Constantin, dans le quartier des empereurs (Carte postale in « Kœnigshoffen, un faubourg de Strasbourg » par Paul-Antoine Dantès / Photo MM)

À l’autre bout de la place des Romains (le carré d’herbe dans le coin en bas à gauche de la photo ci-dessous), la ville de Strasbourg construit en 1965 le groupe scolaire du Hohberg, bientôt rénové, puis le collège Twinger, du nom de Jacques Twinger de Königshoven (1346-1420), chroniqueur strasbourgeois et chanoine du Chapitre de Saint-Thomas.

Groupe scolaire du Hohberg, construit en 1965 (Doc. ArchiWiki / Photos MM)
Groupe scolaire du Hohberg, construit en 1965 (Doc. ArchiWiki / Photos MM)

La cité de 1047 logements, rénovée récemment

Plus loin, alors que la rue César-Julien devient rue Cicéron, le bâti change de structure et la population se fait plus jeune et plus modeste. La cité du Hohberg, construite en pleins champs dans les années 1960, est désormais enserrée par des bâtiments publics ou de service (l’église Saint-Jean-Bosco, le centre socio-culturel Camille-Claus, du nom d’un peintre dont l’atelier se situait à Kœnigshoffen, le pôle logistique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le lycée Marcel-Rudloff…) et par les immeubles du quartier des Poteries.

Cité du Hohberg en 1962, 1963 et 1970 (Photos Archives DNA, citées par ArchiWiki)
Cité du Hohberg en 1962, 1963 et 1970 (Photos Archives DNA, citées par ArchiWiki)

Le grand ensemble de plus de 1000 logements, initialement baptisé « Cité du Voisinage », a récemment été rénové par le bailleur social qui en a la charge, Habitation Moderne. Des immeubles sont en construction dans certaines des dents creuses du quartier.

La cité du Hohberg aujourd'hui, rénovée par le bailleur Habitation Moderne (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
La cité du Hohberg aujourd’hui, rénovée par le bailleur Habitation Moderne (Photos MM / Rue89 Strasbourg)
#Hohberg#route des romains

Délinquance : 250 kilos de cannabis saisis de plus en 2015

Délinquance : 250 kilos de cannabis saisis de plus en 2015
(Photo Mike Fitzsimon / Flickr / cc)
6 assignations à résidence ont été prononcées dans le cadre de l’état d’urgence. (Photo Mike Fitzsimon / Flickr / cc)

Le préfet du Bas-Rhin et le procureur de Strasbourg ont présenté mercredi les chiffres de la délinquance en 2015. Une fin d’année marquée par l’instauration de l’état d’urgence et des contrôles aux frontières, mais aussi par l’augmentation de saisies de drogues dans toute l’Alsace.

L’état d’urgence a donné lieu à 52 perquisitions administratives autorisées par le préfet et 6 assignations à résidence notifiées depuis sa mise en place dans la nuit du 13 au 14 novembre dernier. Pour autant, il n’est pas question de créer un parquet anti-terroriste à Strasbourg, mais « peut-être une antenne locale du parquet parisien », selon Michel Senthille, procureur de la République de Strasbourg.

C’est l’une des conclusions des chiffres de la délinquance de l’année 2015, présentés par Michel Senthille, procureur de la République, Stéphane Fratacci, préfet du Bas-Rhin et les représentants des forces de l’ordre. Suite au décret instaurant l’état d’urgence, qui devrait être reconduit au moins trois mois de plus, plus 378 militaires ont été appelés en renfort pour assurer une présence physique et permettre la tenue du Marché de Noël, mais aussi la remise en place des contrôles aux frontières.

À la frontière justement, 1 049 agents ont réalisé 130 000 contrôles sur les six dernières semaines de l’année 2015, qui ont engendré 870 refus d’entrée sur le territoire et 37 placements en garde à vue. Si ces contrôles aux frontières n’ont pas spécialement permis de découvrir des échanges frauduleux, ils permettent surtout de savoir qui franchi le Rhin quotidiennement. La collaboration entre les forces policières et judiciaires a permis 73 signalements de mineurs potentiellement « radicalisés » grâce à une cellule de veille et un numéro vert.

Des filières de trafic de drogue démantelées

Les forces de l’ordre ont aussi été très mobilisées par la lutte contre le trafic de drogue et ont augmenté le nombre de contrôles de 14%. Dans le Bas-Rhin, 320 kg de cannabis, 35 kg d’héroïne et 6 kg de cocaïne en plus d’une centaines de kilos de produits de coupe et des armes ont été saisi par les services de police pour un total de 1,6 millions euros. À titre de comparaison, la police judiciaire a saisi 900 kg de résine de cannabis, contre 643 en 2014, ainsi que 6,7 kg d’héroïne, 8,9 kg de cocaïne sur l’ensemble de l’ex-région Alsace. Ces chiffres laissent supposer que la circulation de drogue dans la région est bien plus importante.

Au cours de l’année, plusieurs filières de trafic de stupéfiants en provenance du Maroc et de l’Espagne ont été démantelé. La prise des « avoir criminel », c’est-à-dire l’argent, mais aussi des véhicules ou bijoux issus du trafic illégal a un effet plus dissuasif que l’incarcération seule. Le montant de ces saisies a triplé en un an.

Un peu moins de morts sur les routes

Concernant les chiffres de la sécurité routière, la préfecture dénombre 35 morts contre 49 dans le Bas-Rhin l’an dernier, « presque tous dus à l’alcool », dixit le préfet. Une tendance qui va à l’inverse des résultats nationaux, puisque la mortalité a augmenté de 2,4% (3 464 tués).

Autre point de satisfaction, une baisse « significative » du nombre de cas de violences commises au sein des familles, qui s’explique par une hausse du nombre de dénonciations. Cependant, les violences et atteintes aux personnes et aux biens se maintiennent (7 908 au total contre 7 713 l’an dernier), la majorité des cas se produisant sous l’emprise d’alcool et/ou de drogues. Parmi celles-ci, on dénombre 528 plaintes pour agression sexuelle. Par ailleurs, les services de police ont réalisé environ 2000 interventions pour tapage nocturne et ivresse publique confondus.

Manifestation samedi pour dire stop à l’état d’urgence

Manifestation samedi pour dire stop à l’état d’urgence
Le NPA se mobilise contre l'austériré (Photo Claude37/ flickR/ cc)
Le NPA fait partie des organisations qui mobilisent contre la poursuite de l’état d’urgence (Photo Claude37/ FlickR/ cc)

Le collectif « Stop État d’urgence Strasbourg », composé de treize associations et partis de gauche, dont le NPA et le PCF, appelle à manifester samedi 6 février à 15h, place Kléber à Strasbourg. Le mot d’ordre de cette manifestation est : « Non à l’état d’urgence et oui aux libertés », contre la prolongation éventuelle de l’état d’urgence, envisagée par le gouvernement, l’inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution de la République mais aussi contre les discriminations, l’Europe forteresse ou la pénalisation des luttes sociales.

Contrairement à la manifestation de la semaine dernière, qui avait réuni plus de 300 personnes place Kléber selon les organisateurs, celle-ci ne correspond pas à un mouvement national. Elle interviendra le lendemain du début de l’examen, par les députés, du projet de loi sur la déchéance de nationalité.

Y aller

Rassemblement « Non à l’état d’urgence et oui aux libertés » samedi 6 février à 15 heures, place Kléber à Strasbourg.

 

Aller plus loin

Sur Facebook : la page de la manifestation

Sur Rue89 : petit guide de survie en état d’urgence

Les droits et devoirs des cyclistes par… l’Automobile Club

Les droits et devoirs des cyclistes par… l’Automobile Club
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Pas toujours facile de respecter le code de la route…. (Photo EJ / Rue89 Strasbourg)

Les cyclistes sont de plus en plus nombreux à Strasbourg. Normal, car la Ville s’adapte à leur présence. Ont-ils pour autant tous les droits ? On a posé la question à l’ennemi, l’Automobile Club de Strasbourg.

Rouler à vélo en ville, c’est formidable, on peut aller partout, se garer n’importe où, profiter des aménagements piétons et des voies prévues pour les voitures. Mais si le vélo est bien le roi du centre-ville de Strasbourg, il y a quand même quelques règles à respecter. En voici quelques unes, rappelées par Marie-Stella De Jesus-Andre, responsable juridique de l’Automobile Club Association, un organisme qu’on ne peut pas soupçonner de favoritisme vis-à-vis des vélos.

1. – Un cycliste peut-il rouler dans une zone piétonne ?

Oui à condition de réduire son allure, et de rouler au pas soit environ 6km maximum.

2. – Un cycliste doit-il obligatoirement circuler sur une piste cyclable ?

Non. Un cycliste peut très bien rouler, s’il le souhaite, sur la route même s’il y a une piste cyclable à proximité, sauf obligation signalé par un panneau.

3. – Un cycliste peut-il traverser un passage piéton ?

Non mais… Un passage piéton est un espace réservé aux piétons et le cycliste devra mettre pied à terre s’il souhaite utiliser le passage. En revanche, il peut le traverser à vélo s’il y a une bande verte.

4. – Un cycliste est-il prioritaire lorsqu’il est sur un passage piéton ?

Ça dépend. Si c’est un passage piéton simple, le cycliste n’est pas prioritaire. S’il y a une bande verte, le cycliste à vélo est prioritaire et les voitures doivent s’arrêter pour le laisser passer.

5. – Un cycliste peut-il rouler sur un trottoir ?

Non. Les trottoirs sont réservés aux piétons. Un cycliste peut l’emprunter uniquement s’il pousse son vélo, pieds à terre. En revanche, pour des raisons de sécurité, les enfants de moins de 8 ans peuvent rouler avec leur vélo sur les trottoirs.

6. – Un cycliste peut-il rouler à contre-sens sur un piste cyclable ?

Non. Les cyclistes sont obligés de respecter les sens de circulation et de prendre la piste la plus à droite. Mais s’il n’y a qu’une seule piste, elle est destinée à être utilisée par les cyclistes dans les deux sens.

7. – La réglementation applicable aux cyclistes est-elle la même partout ?

Non. Il y a par exemple à Strasbourg des expérimentations (amendes minorées, tourne à droite aux feux, passages protégés spécifiques…).

 

Aller plus loin

Sur Rue89 Strasbourg :  tous nos articles sur le vélo

Sur Cadr67.fr : le site du comité action deux-roues du Bas-Rhin

Sur I Bike Strasbourg : blog sur la pratique du vélo à Strasbourg

Les candidatures pour le nouveau nom de la Région sont ouvertes

Les candidatures pour le nouveau nom de la Région sont ouvertes
La grande région Alsace Lorraine Champagne Ardennes doit aller de la Seine au Rhin (carte préfecture du Bas-Rhin)
La grande région Alsace Lorraine Champagne Ardennes doit aller de la Seine au Rhin (carte préfecture du Bas-Rhin)

Philippe Richert, président de la nouvelle région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine (ACAL), et le Conseil régional lancent un appel à candidatures pour trouver le nouveau nom de la région. N’importe quel habitant de la grande région peut participer. Les inscriptions sont ouvertes  du 1er au 9 février 2016 sur www.alsacechampagneardennelorraine.eu/notrenouvelleregion.

Les candidats sélectionnés lors du tirage au sort pourront participer à la réflexion, au coté du  Conseil économique social et environnemental régional (CESER), des médias et des agents territoriaux. Ils seront chargés de trouver trois noms potentiels pour l’ACAL. Ces trois propositions seront ensuite soumises au vote des citoyens courant mars, puis le choix final sera voté en session plénière du Conseil régional.

Votez pour un nom ou proposez le vôtre

En attendant, vous pouvez toujours tester votre petite idée…

Quel nom pour la future région de l’Est ?

ACAL – Alsace Champagne-Ardenne Lorraine
ALCA – Alsace Lorraine Champagne-Ardenne
Austrasie
Cœur d’Europe
Grand Est
Île d’Europe
L’Eurorégion
Quatre frontières
Région Est
Région Nord Est
Rhinardie
Terre d’Est
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