En direct. Après une intervention du déontologue, le conseil municipal de Strasbourg étudiera 27 points ce lundi 22 février. On y parlera de tourisme, mais surtout de plan local d’urbanisme. Un document de 3 000 pages qui donne les orientations pour les constructions dans les années à venir. À suivre en direct à partir de 15h.
Le conseil municipal de ce lundi 22 février s’ouvrira de manière inhabituelle. Le déontologue viendra présenter ses observations après un an de service. Dans son premier rapport d’activité, le professeur de droit public Patrick Wachsmann s’étonne que les élus ne répondent pas à ses recommandations, que peu de conseillers municipaux ne l’aient sollicité pour éviter tout conflit d’intérêt ou encore que tous les adjoints n’aient pas publié leur déclaration d’intérêts contrairement à leur engagement. S’en suivra d’éventuelles interventions des élus strasbourgeois.
Le déontologue Patrick Wachsmann n’a pas encore été saisi de plainte. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Gros morceau de ce conseil, l’avis sur le plan local d’urbanisme (PLU). Il s’agit d’un document de 3 000 pages, rédigé par les 28 communes de l’Eurométropole. Il doit donner une vision sur l’aménagement de l’espace pour une vingtaine d’années. La Ville de Strasbourg donne un avis favorable avec une dizaine de demandes de reclassement de terrains.
Un chiffre à retenir : le rythme de 3 000 nouveaux logements par an continue d’être l’objectif, soit 45 000 logements et plus de 50 000 habitants autour de 2030. Cette stratégie de « densification de la ville » a pour but d’impacter au minimum les terres agricoles et naturelles autour de l’agglomération.
La subvention au tourisme qui passe mal
Parmi les autres points à l’ordre du jour, le renouvellement de la subvention à l’office du tourisme (510 000 euros, soit -2%, sur un budget de 3,4 millions d’euros). Le sujet pourrait être plus polémique qu’il n’y parait car le Département du Bas-Rhin a arrêté de verser sa subvention habituelle (40 000 euros) au lendemain des élections départementales en mars. Pourtant, selon Éric Elkouby (PS), adjoint au maire en charge du tourisme, le département continue de prélever en partie la taxe de séjour, soit 300 000 euros, sur le territoire de l’Eurométropole.
Le premier adjoint Alain Fontanel (PS) a ajouté que « toutes les options, y compris juridiques » sont envisagées pour mettre fin à cette situation. Après un début apaisé, les relations entre Strasbourg et le Département pourraient de nouveau se tendre. Début février, c’est autour de la fin de l’aide à l’hébergement d’urgence que les élus strasbourgeois ont critiqué la majorité départementale de droite.
DOGS, Dudes of Groove Society, en ouverture de la Jam du Cam le 23 février (Doc. remis)
Du groove, du groove et encore du groove ! Voilà le mantra de DOGS, groupe colmarien coloré et remuant dont le premier et tout récent EP propose un funk savoureux. À découvrir sur la scène du Camionneur, à Strasbourg, le 23 février en ouverture de la traditionnelle Jam du Cam.
L’aventure est assez récente et entièrement artisanale. D’où le nom de baptême d’un premier EP qui, en cinq titres, pose les bases de l’univers sismique des DOGS, les Dudes of Groove Society. Xavier Stentz (batterie), Julien Afonso (chant), Adrian Monachello (basse) et Jérémy Fritsch (guitare) viennent de signer Homemade (mini-album à écouter ici), publié en décembre 2015, fait de compositions bondissantes qui titillent les sens et les mettent en action simultanément sur le dancefloor.
Et quand le rythme vous prend, cela peut être partout, sur une friche industrielle par exemple, devant hangars tagués, conteneurs rouillés et carcasses d’anciennes berlines. À l’image de ce premier clip simple et sans artifice, néanmoins musicalement efficace :
Bien avant ce premier clip, les DOGS – qui ne s’appellent pas encore ainsi – suivent une première résidence de création à Hattstatt, au Sweet Home Studio, afin d’enregistrer de premiers jets de compositions.
Au fil des mois et des rencontres – notamment avec Patrick Wetterer des groupes Enneri Blaka et Ernest, le trompettiste Alexis Fritsch ou Blandine Marie B., chanteuse du groupe de country-bluegrass The Youngstown – les DOGS travaillent et affinent leur style, s’essaient au live et présentent pour la première fois leurs morceaux sur la scène du Grillen de Colmar en mars 2015, à l’occasion du festival Orgie d’influences. Viennent ensuite d’autres dates comme le Jazz off de Colmar 2015 ou encore la programmation off de la Foire aux Vins de Colmar.
DOGS est aujourd’hui soutenu et suivi par le Centre de ressources Musiques actuelles (CRMA) de Colmar. Le groupe retournera en studio en juin prochain avec, à la clé, de nouvelles compositions qui verront le jour sur un autre album. Mais pour l’heure, après avoir notamment assuré le 4 février dernier la première partie d’Ebony Bones à la Laiterie, DOGS publiera dans une semaine le nouveau clip d’un nouvel extrait de Homemade :
DOGS ouvrira ce mardi 23 février la Jam du Cam hebdomadaire du Camionneur. Les Colmariens joueront aussi à Strasbourg le 3 mars au bar Ze Trou ainsi que le 16 avril à la Popartiserie. Ils seront également à l’affiche de la 20è édition du festival des Musiques Métisses de Colmar du 12 au 15 mai prochain au cercle St-Martin.
Y aller
DOGS en concert mardi 23 février à 20h au Camionneur, 14 rue Georges Wodli à Strasbourg dans le cadre de la Jam du Cam. Entrée : 3 euros.
La boucle 2 de 7,2 kilomètres autour des institutions européennes. (document Ville de Strasbourg)
J’avais déjà pu tester la Vitaboucle n°1, avec un sentiment mitigé puisque j’avais l’impression de sans cesse être stoppé dans mes élans. J’ai testé ici la Vitaboucle n°2, dite du Wacken, que j’ai trouvé bien plus intéressante.
Avant de me lancer, j’étudie le plan des Vitaboucle disponible sur le site de la Ville: c’est une Vitaboucle très européenne dans la mesure où elle sillonne le quartier des institutions. Conseil de l’Europe, Parlement, Palais des Droits de l’Homme… là je me dis que si j’étais un touriste ou simplement de passage à Strasbourg et je souhaiterais courir dans la ville ou la découvrir autrement, c’est par ici que j’aimerais passer ! Pensif et courant sous une agréable mais courte éclaircie de février, je décide de me lancer en l’entamant devant le bâtiment d’Arte.
Une dimension européenne
Rapidement je me rends compte que pouvoir courir dans ce lieu est une chance, un privilège de par sa dimension européenne. J’avance donc tranquillement, direction la piscine du Wacken puis arrive dans le parc le long de la commune de Schiltigheim. Là encore, endroit agréable à l’écart des bruits urbains: ce parc offre une belle opportunité pour prolonger les 7 kilomètres que composent cette Vitaboucle grâce à une belle piste de presque deux kilomètres le long de l’Ill.
De plus, le parc est aménagé d’une multitude d’agrès sportif (anneaux de suspension, parcours duel …) mais là, je passe mon tour, ce n’est pas mon « truc ». Le balisage est régulier, mais les balises sous formes d’autocollants posés sur les luminaires ou autres poteaux routiers auraient mérité d’être légèrement plus grandes ou de couleurs plus “flash”: quand je cours, disons que je n’aime pas trop chercher par où je dois passer.
Important d’avoir le parcours en tête pour ne pas à avoir chercher son chemin! Je sors de ce cadre agréable et adapté à la pratique du sport, et remonte l’avenue Pierre Mendes France où je m’engage dans une course avec un tram qui se dirige vers l’arrêt Rives de l’Aar: Tram de la CTS 1 – Arnaud 0 … on s’amuse comme on peut.
Vitaboucle Wacken: découvrir la ville autrement (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Quelques difficultés, des ralentissements !
Après cet arrêt, les premières difficultés commencent à apparaître: des feux tricolores, et par manque de chance, naturellement tous au rouge. Ça casse légèrement le rythme mais j’accepte volontiers ces contraintes urbaines. Toujours dans la catégorie des contraintes, l’approche de l’autoroute. En effet, la Vitaboucle longe l’A350, autoroute du Wacken.
Ce jour là le vent souffle et disperse les gaz d’échappement, mais je ne suis pas certain que par une météo chaude et sans vent, pour des raisons de pollution, ce tronçon soit très adapté à la pratique du sport. Dans le même état d’esprit le passage place de Haguenau n’est franchement pas adapté à la pratique du sport; ce n’est qu’un passage en attendant de rejoindre les quais de l’Ill, bien plus agréables à fouler.
Vitaboucle Wacken : quelques difficultés liées à la circulation (Photo Rue89 Strasbourg /AM)
Puis la douceur des quais de l’Ill
Cette zone en contrebas, à longer l’eau me coupe le temps d’un instant de l’agitation de la ville car ce tronçon est agréable, réservé, calme. Les touristes confortablement assis dans les bateaux mouches me saluent, je leur réponds poliment, mais crispé car aujourd’hui les jambes sont lourdes. Ce n’est pas bien grave parce que la boucle est bientôt bouclée: encore un passage à proximité de la place Brant, où j’aperçois des jeunes gens confortablement assis devant leur café ou leur mousse et je les envie.
J’attaque la dernière ligne droite de cette Vitaboucle en longeant le quai Rouget de Lisle. C’est tout droit, c’est large et mis à part un dernier boulevard à traverser, c’est propice pour prendre de la vitesse. Je termine le circuit en une bonne demie heure.
C’est clairement une Vitaboucle plus intéressante que la première de par son calme et de ces tronçons protégés de l’activité urbaine. C’est simple, elle se court à 90% le long des cours d’eau ou canal rendant les instants sportifs bien plus intéressants. Cependant, certaines parties restent difficile où la prudence reste de mise.
Le projet de jardin culturel participatif – Visuel cabinet d’architecture et d’urbanisme Georges Heintz & Associés
L’association Apollonia fait décidément bouger les lignes à la Robertsau. À la veille de présenter une saison riche et particulièrement passionnante, l’association annonce la création d’un jardin culturel et artistique sur l’ancien terrain de pétanque.
Après le déménagement du club de pétanque sur le nouveau terrain de l’ile des sports, à coté du Centre Européen de la Jeunesse, les rumeurs de projets immobiliers sur le terrain laissé vacant à l’entrée de la Robertsau circulaient dans le quartier. On y a même entendu parler de l’implantation d’un complexe hôtelier.
L’ancien terrain du pétanque club de la Robertsau. (Photo EJ / BDLR)
C’était sans compter l’imagination et la force de persuasion de l’association Apollonia qui dans le cadre de son projet « Citizen-Lab » a proposé à la Ville de Strasbourg d’y créer un jardin participatif et culturel en collaboration avec l’exploitation maraîchère de la famille Hornecker. L’association vient de signer un bail temporaire il y a quelques jours avec la Ville de Strasbourg.
Un jardin participatif et culturel c’est quoi ? La réponse de Dimitri Konstantinidis, directeur de l’association Apollonia :
Pour l’association, il faut réfléchir avec les artistes au réaménagement du territoire, et cela ne peut se faire sans les habitants :
« Le Citizen-Lab est un outil d’implication des habitants, des artistes, des designers et des urbanistes dans le réaménagement du territoire.
L’un des projets qui découle de ce programme est la création d’un jardin-potager participatif. Nous proposons un partenariat avec la famille Hornecker, producteur de la Robertsau depuis trois générations, ainsi qu’avec l’association des maraîchers retraités pour l’implantation des potagers.
Par ailleurs, des artistes contemporains d’envergure internationale seront invités à participer à l’aménagement de l’espace. Dans un principe de collaboration et de transmission des savoirs, les jeunes participeront activement à la réalisation de ces œuvres, toujours dans une optique professionnalisante. »
Ce n’est pas encore un projet comme les jardins de Rosendal à Stockholm, mais cela s’en approche.
Le projet de jardin culturel participatif – Visuel cabinet d’architecture et d’urbanisme Georges Heintz & Associés
Les travaux devraient commencer assez rapidement dans les prochaines semaines.
Une belle manière d’accueillir les visiteurs ou les promeneurs en respectant l’histoire et l’âme du quartier. L’un des objectifs est également d’aider les jeunes, actuellement en service civique à l’association à se former pour décrocher un emploi.
Rien de tel qu’un petit cocktail dans un jacuzzi (Photo Château de l’Ill)
Face aux sursauts de l’hiver le corps s’engourdit et un peu de chaleur peut faire office de réconfort. SPA, hammams, saunas… Rue89 Strasbourg a sélectionné des lieux de bien-être où se ressourcer, à Strasbourg ou pas très loin.
Transpirer les orteils en éventail : sportif, nudistes, kitch ou orientaux, il y a le choix à Strasbourg et ses environs pour s’offrir une parenthèse de répit à haute température. Rue89 Strasbourg fait pour le tour des SPA, saunas et hammams des environs.
Nus aux bains municipaux
Ce sont les incontournables en la matière à Strasbourg, et ce serait dommage de ne pas en profiter avant qu’ils ne passent au privé : les Bains Municipaux, boulevard de la Victoire, offrent LE lieu de détente typiquement strasbourgeois. Vous avez le choix entre les bains romains d’un côté et l’espace sauna et hammam de l’autre. Une fois déshabillé, il faut assumer son plus simple appareil, puis se laisser guider par les agents zélés de l’établissement historique.
Côté bains romains, vous pourrez vous prélasser dans des bains chauds et froids dans un décor tout en mosaïques. Côté hammam et sauna, en immersion dans un décor désuet et presque soviétique, vous pourrez partager avec les habitués un caisson en bois de chaleur sèche jusqu’à 75°C, un étuve de vapeurs et des bains en marbre à 17°C, 35°C. Entre les moments de chaleur intense, des lits invitent au repos ou à la lecture.
Le sauna des bains municipaux (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Attention, en dehors des douches, aucun soin du corps n’est possible dans ces espaces, pour des raisons d’hygiène. L’entrée est à 16 euros en plein tarif, à 8 euros pour les étudiants. La nudité est obligatoire. L’établissement propose des plages horaires mixtes, et d’autres exclusivement pour les hommes ou les femmes. Draps et serviettes sont fournis.
Les Bains Municipaux de Strasbourg, 10 boulevard de la Victoire à Strasbourg. Tél. 03 88 25 17 58. 16 euros en plein tarif et 8 euros en tarif réduit.
Pour les pudiques
Hammam et Tradition ne prend que des réservations. (Photo: Hammam et Tradition)
Vous êtes pudique ? En centre-ville, Hammam et tradition rue Kageneck propose un décor feutré et moderne aux touches orientales. Pas de nudité dans ce hammam, il vous faudra porter un maillot de bain. Pour le reste, peignoirs, petite serviette et claquettes sont fournis. Le prix d’entrée pour simplement profiter des bains de vapeur et salles de repos est de 22 euros pour deux heures. Pour ajouter un soin, des esthéticiennes sont là. Entrée de prix à 35 euros pour le hammam et un gommage du corps. Attention, l’établissement ne reçoit que sur rendez-vous. Il propose des plages horaires réservées aux femmes ou aux hommes toute la semaine et mixtes le dimanche.
Hamman et Tradition. 2A rue Kageneck à Strasbourg. Tél. 03 88 36 93 10. À partir de 22 euros, uniquement sur rendez-vous.
Exclusivement réservé aux femmes, le Hammam juste pour elles reçoit à Neudorf. Ici aussi, l’accent est mis sur la tradition orientale et toute une gamme de rituels de soins est proposée. À côté des hammams et salles de repos, les clientes peuvent elles-mêmes faire leur gommage dans une salle dédiée. Maillot de bain et claquettes sont obligatoires. Draps et serviette pour les cheveux sont fournis. L’accès simple est au prix de 20 euros pour deux heures, uniquement sur rendez-vous (03 88 31 67 50). L’accès au hammam avec gommage au savon noir par une esthéticienne est à 29 euros.
Hamman Juste Pour Elles. 18 rue de l’ancienne école à Strasbourg (Neudorf). Tél : 03 88 31 67 50. À partir de 20 euros, uniquement sur rendez-vous.
Le Spa du Château de l’Ile. (Photo: Le Château de l’Ile)
Le Château de l’Île, à Ostwald, dispose aussi d’un petit espace de bien-être avec sauna, hammam et jaccuzi. Pensé en priorité pour les clients de l’hôtel et des soins de massage, ce spa peut aussi être accessible pour simplement profiter des chaleurs sèches et humides à raison de 15 euros les deux heures, sur réservation uniquement (03 88 66 85 46). Nudité ou non, le choix est laissé aux clients. Pour les soins, l’entrée de prix est à 50 euros pour un massage thaïlandais de 30 minutes.
Autre ambiance, à Hautepierre, la salle d’escalade Block’Out met à disposition un petit sauna et un petit hammam de 5 places chacun. Pour un forfait de 13 euros en tarif plein et 11 euros en tarif réduit, vous avez accès autant qu’il vous plait aux blocks d’escalade, à une salle de musculation et au petit espace de détente. Idéal pour combiner effort et réconfort mais sûrement pas la peine de s’y rendre juste pour buller.
Block’Out. 4 Rue Alexandre Dumas à Strasbourg (Hautepierre). Tél. 03 90 23 06 91. 13 euros en tarif plein et 11 euros en tarif réduit.
Les grands complexes
Plusieurs grands complexes de détente sont aussi à visiter à l’extérieur de Strasbourg. À Ribeauvillé, le Casino Resort Barrière propose un espace de balnéothérapie avec piscines d’eau chaude intérieures et extérieure ainsi qu’un grand hammam et un grand sauna où la nudité est obligatoire. Pensez à vous munir d’une serviette. Le complexe est accessible à partir de 14 euros pour deux heures en semaine – 15 euros le week-end – et jusqu’à 24 euros pour une journée entière. Pour plus de calme dans ce lieu souvent très fréquenté, préférez les nocturnes à partir de 19h pour 13,90 euros.
L’espace aquatique L’O à Obernai offre un vaste assortiment de saunas (de 70°C à 90°C), hammams (43°C), bains à toutes températures, et bains de pieds sur 700 m². Le lieu se fréquente en maillot de bain. L’entrée est à 15 euros pour l’espace de détente, et à 18 euros pour aussi avoir accès à la partie piscine.
L’O Espace Aquatique. 6 rue du maréchal de Lattre de Tassigny à Obernai. Tél. 03 88 50 32 78. À partir de 15 euros.
Impossible d’oublier les complexes de Baden Baden, en Allemagne. Dans celui de Caracalla, l’espace aquatique côtoie un étage de saunas. Après un passage au sauna à 90°C, on peut s’essayer au plaisir de marcher nu dans le parc extérieur, le corps paré un instant pour affronter la fraîcheur de l’hiver. Les tarifs s’étalent de 15 euros pour une heure et demi à 23 euros pour la journée entière. Il est possible de louer des draps de bain sur place en plus.
Thermes Caracalla. Römerpl. 1, à Baden-Baden, Allemagne. Tél.+49 (0)7221 275940. À partir de 15 euros.
Toute autre ambiance au Friedrichsbad voisin, dans son parcours en 17 étapes à travers ses bains et bains de vapeurs d’eau thermale dans un décor de la pure tradition des bains romains datant de 1877. Si vous êtes prêts à mettre la main au porte-monnaie, plusieurs temps de massage jalonnent le programme de cet établissement où se croisent les cultures thermales romaine et irlandaise. Comptez 25 euros pour 3 heures d’accès simple aux installations, puis 37 ou 49 euros en ajoutant des massages. Serviettes et chaussons sont fournis.
La Clairière, des soins bien-être en pleine nature. (Photo: La Clairière)
Pour les envies de luxe, l’hôtel Spa la Clairière à la Petite Pierre ouvre son espace de bien-être au public extérieur, avec bains de vapeurs, saunas (maximum 80°C), bains bouillonants, piscine extérieure chauffée, piscine intérieure et terrasse panoramique ouverte sur la forêt. Comptez 39 euros la journée en semaine et 57 euros le week-end. Peignoirs et chaussons sont mis à disposition.
La Clairière Bio & Spa Hotel. 63, route d’Ingwiller à La Petite Pierre (Parc Naturel Régional des Vosges du Nord). Tél. 03 88 71 75 00. 39 euros la semaine et 57 les week-end.
D’autres petits paradis dans les environs de Strasbourg ? Laissez vos adresses en commentaire.
Le bébé et les jeunes parents sont entourés par le Dr Sébastien Courdier, gynécologue, Chantal Mathis, sage-femme coordinatrice de la Clinique Sainte Anne, Claire Henck, ergothérapeute APF et David Sogne, Sage-femme cadre de la Clinique Sainte Anne. (Photo Frédéric Maigrot / doc remis)
Changer les couches de son bébé ou se regarder dans une glace, facile ? Pas pour les mères handicapées, obligée d’appréhender leur environnement différemment des parents valides. La clinique Sainte-Anne de la Robertsau et l’Association des paralysés de France ont imaginé des aménagements pour leur faciliter les choses.
Savoir ce que la patiente peut faire, et ce qu’elle ne peut pas faire. Voici le genre de question que se pose depuis quelques mois David Sogne, sage-femme cadre à la clinique Sainte-Anne, au sujet de certaines des femmes qu’il est amené à suivre dans le cadre de leur grossesse. Depuis mars 2015, son service de maternité est adapté aux situations de handicap pour répondre au mieux aux besoins des futures mères.
Cette prise en compte des demandes médicales et des soucis du quotidien s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec l’antenne locale de l’Association des paralysés de France :
« Nous sommes informés tôt dans la grossesse des situations de handicap grâce à ce partenariat. Nous nous réunissons alors avec, notamment, des ergothérapeutes et des éducateurs. Ils connaissent la pathologie de la femme concernée et peuvent indiquer ce qu’elle peut faire, ou pas. Par exemple, une femme pourra se brosser les dents, mais aura besoin d’aide pour se lever de son lit afin d’aller aux toilettes ou de se mettre sur son fauteuil. »
Il s’agit alors pour lui de déterminer ce qui est du ressort de l’équipe médicale et ce qui relève de l’entourage (proches ou auxiliaires de vie) de la future mère. Auparavant, la prise en charge de femmes handicapées avait été très ponctuelle dans cette maternité.
David Sogne se souvient à peine d’une ou deux patientes en dix ans. Si les plateaux techniques d’accouchement, prévus pour des femmes allongées et réglables en hauteur, s’adaptent relativement facilement au handicap, ce n’est pas le cas des chambres : il suffit d’une salle de bain sans chaise de douche pour qu’il soit impossible de s’y laver.
« Quand on est assis, on ne voit pas les choses de la même manière »
Pour changer la donne, l’équipe médicale a elle-même dû changer de hauteur. Elle a visité la maternité de l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, précurseur en la matière. Cette consultation d’obstétrique pour femmes handicapées a ouvert ses portes en 2006 sous l’impulsion d’une sage-femme elle-même handicapée, Béatrice Idiard-Chamois. David Sogne se souvient :
« Quand on est assis, on ne voit pas les choses de la même manière. Lorsque nous avons visité l’Institut Montsouris, nous avons découvert la partie dédiée aux nourrissons. Des fauteuils roulants s’y trouvaient. Ils nous alors été demandé de nous y mettre pour découvrir le monde en fauteuil. Je peux vous assurer qu’à ce moment, quand un interrupteur est un peu haut, ou qu’il y a une patère haute pour les affaires, c’est difficile. Il peut encore s’y ajouter une petite difficulté : parfois, ces personnes ont du mal à lever les bras aussi haut que les valides. Cela m’a remué. Nous nous sommes dit que nous allions essayer d’adapter les choses aux fauteuils roulants. »
Adapter, c’est-à-dire pouvoir régler la hauteur de la table à langer pour permettre à la mère de voir son bébé en étant assise en fauteuil, installer des portes coulissantes aux placards, proposer une douche de plain-pied ou encore doter la chambre d’un miroir inclinable pour qu’il soit possible de s’y regarder quelle que soit sa position… Autant de dispositifs que ces femmes ont chez elles, mais ne trouvent pas toujours à l’hôpital. Une sage-femme est également diplômée en langue des signes.
La salle de bain, de plain pied et large, avec une table à langer à hauteur réglable permet à la jeune maman de manipuler son bébé (Photo Frédéric Maigrot / doc remis)
Pour compléter le dispositif, une équipe d’accompagnement d’une vingtaine de personnes entoure les femmes, dont l’accueil en maternité peut se prolonger au-delà des quelques jours habituels. Le temps de découvrir les soins à apporter à leur bébé. David Sogne souligne la nécessaire répartition des rôles dans le suivi de ces femmes :
« On fait bien que ce que l’on fait souvent et ce que l’on connaît bien. Nous, nous savons nous occuper du volet maternité. Nous savons adapter les choses au handicap, mais nous avons besoin de ressources, c’est-à-dire de gens qui savent faire et qui connaissent. La question du pluriel est importante. »
Un mécanisme allant du désir d’enfant jusqu’à ses sept ans
Ces professionnels, ce sont ceux de l’Association des paralysés de France (APF), spécialisée dans le handicap moteur avec ou sans trouble associé. C’est elle qui a impulsé le dispositif dédié au suivi des (futurs) parents handicapés du désir de grossesse aux sept ans de l’enfant. La maternité est l’une des pièces de ce jeune mécanisme.
François Amet, responsable régionale de l’offre de service à l’APF Alsace, relate la naissance de l’idée en 2013. Cette année-là, Béatrice Idiard-Chamois est invité pour une conférence à Colmar. L’occasion pour l’antenne locale de l’APF de prendre conscience qu’elle a déjà accompagné des femmes enceintes handicapées, mais sans aucun cadre formel. Décision est prise de chercher un partenaire maternité pour pallier ce manque. Le choix se porte sur la fondation Saint-Vincent-de-Paul, dont fait partie la clinique Sainte-Anne.
Suit la visite de l’équipe strasbourgeoise à l’Institut Montsouris… et une visite de l’équipe de Montsouris à Strasbourg. Une chambre est choisie, soigneusement inspectée et une liste des travaux d’aménagement nécessaires – et réalisables – est dressée. En novembre 2014, après un an et demi de préparation, le dispositif est sur pied. La maternité bénéficie d’un délai supplémentaire, jusqu’en mars 2015.
Un dispositif au stade expérimental
L’idée pour Françoise Amet est de procurer aux femmes un suivi de grossesse qui soit le plus ordinaire possible, tout en prêtant une grande attention aux risques et aux besoins liés au handicap. À sa connaissance, hormis l’Institut Montsouris, seule la ville de Bordeaux propose une offre semblable. Pour elle, il s’agit maintenant d’élargir le dispositif à l’un des départements voisins :
« Ce service fonctionne. La collaboration avec la maternité est extrêmement riche. Nous aimerions donc le développer. Nous y réfléchissons pour le Haut-Rhin, mais nous ne l’avons pas encore vraiment pensé à l’échelle de la grande région. »
Le dispositif n’en est pourtant qu’au stade expérimental. Aucune démarche d’agrément n’a été engagée et par là, aucun financement des instances de certifications – Agence régionale de santé par exemple – perçu. Les différents partenaires ont donc mis du leur, indique François Amet, qui précise que la fondation de France vient d’apporter une dotation de 11 000 euros pour l’achat de matériel de puériculture adapté. Deux autres demandes de dotation sont en cours.
La dernière mère handicapée suivie dans la maternité a donc suivi la totalité du dispositif. Elle s’’engage encore le suivi jusqu’aux sept ans de son fils. (Photo Frédéric Maigrot / doc remis)
Pour l’instant, quatre femmes ont été suivies, mais une seule a accouché à la clinique Sainte-Anne : elles ne sont pas obligées de suivre le parcours proposé dans sa globalité. Elles peuvent notamment opter pour une maternité, certes moins adaptée, mais plus proche de chez elles. Au contraire, si leur état de santé préconise lors de l’accouchement la présence d’un service de réanimation par exemple, les futures mères peuvent être orientées vers l’hôpital.
De son côté, la clinique a permis à deux femmes extérieures au partenariat de bénéficier de l’accueil en chambre adaptée. David Sogne estime qu’elle peut aussi être adéquate pour l’accueil de personnes se trouvant provisoirement en fauteuil, suite à une mauvaise chute par exemple.
Être papa comme les autres
François Amet rappelle que le dispositif ne se cantonne pas aux seules femmes :
« L’idée est également d’accompagner des papas pour les aider à lever les freins qu’ils imaginent avoir dans leur désir de parentalité. Ils se demandent souvent s’ils seront capables d’être papa comme les autres dans le cas où ils ne peuvent pas tenir leur enfant, ne peuvent pas l’emmener à la crèche ou encore jouer au foot avec lui… Nous leur proposons un accompagnement dans leur capacité à jouer pleinement leur rôle de père. Cela peut prendre la forme d’ateliers. »
Car pour les mères comme pour les pères, le dispositif d’accompagnement ne s’arrête pas aux portes de la maternité. Il est prévu jusqu’à ce que les enfants nés dans ce cadre arrivent à leurs sept ans. Le temps, selon Françoise Amet, de répondre aux questionnements des jeunes parents et de permettre aux liens mère/enfant et père/enfant d’être solide malgré les difficultés liées au handicap. Dans ce but, un nouveau partenaire devrait bientôt entrer dans la danse : le Centre ressources Petite enfance et handicap de Strasbourg.
La Fanfare des externes et des internes de Strasbourg n’a pas eu le droit de jouer au centre-ville (Photo FEIS)
Comment faire pour organiser un événement dans la rue ? Occuper l’espace public répond à de nombreuses règles. Les nombreuses demandes sont traitées par la Ville de Strasbourg. Parfois au prix de déceptions pour les petits organisateurs, qui doivent en plus éviter de provoquer une plainte.
Le samedi 17 octobre, les policiers débarquent subitement en plein après-midi sur la place Gutenberg. Depuis quelques minutes seulement, la Fanfare des Externes et des Internes de Santé de Strasbourg (FEIS) entonne ses morceaux favoris. La raison ? Une plainte du voisinage selon la police. Pour la fanfare qui joue occasionnellement à cet emplacement depuis six ans, c’est une première. Les policiers leur proposent d’aller jouer devant le centre commercial Rivétoile. La troupe s’exécute, mais l’endroit est calme. Les dons, qui servent à renouveler le matériel, sont biens maigres par rapport aux 100 à 200 euros de l’heure récoltés place Gutenberg.
L’association sollicite alors une autorisation officielle pour jouer et ne plus se faire chasser en cas de plainte. Dans un courrier, l’adjoint au maire en charge de la sécurité et du domaine public, Robert Herrmann (PS), répond que Strasbourg n’autorise « pas de percussions ni de d’instruments bruyants dans les rues ». Sans autorisation, la règle pour les fanfares et les musiciens est de se déplacer de 300 mètres toutes les 15 minutes.
Il suffit d’une plainte…
Julien, un des membres de la fanfare ne comprend pas :
« On nous a simplement rétorqué qu’une personne s’est plainte et on ne peut plus jouer. En dehors de cette-fois, la fanfare a toujours été appréciée par toutes les générations. Quand c’est pour animer des événements de la municipalité, comme l’inauguration du square Louise Weiss à la petite France, il n’y a pas de problème. »
Renaud de Maillard, directeur de la réglementation urbaine à Strasbourg, explique que toute occupation physique d’un lieu public, c’est-à-dire à partir d’une chaise et une table, nécessite une autorisation de la mairie, contrairement aux manifestations et rassemblements simplement déclarées en préfecture. Et les règles sont nombreuses :
« Selon l’événement, il faut vérifier le cadre réglementaire, un avis de la commission de sécurité, vérifier les règles d’hygiène, le respect des massifs s’il se déroule dans un espace vert, voire un arrêté qui concerne la circulation… En principe, l’occupation est payante, car la loi demande de valoriser l’espace public. À titre exceptionnel, on peut accorder la gratuité pour des événements caritatifs. La politique générale à Strasbourg est de favoriser les événements autant que possible, sans pour autant dire oui à tout pour des raisons de sécurité, de logistique, mais aussi pour que les événements ne se fassent pas concurrence entre eux. Et puis pour les grandes places du centre-ville – qui sont les plus demandées – on ne peut pas les occuper tous les jours car les riverains ont aussi un droit à se reposer. Toutes les règles, pour chaque situation sont renseignées sur le site strasbourg.eu. »
Au total, ce sont plus de 30 000 actes – tout type d’occupation confondues – qui sont délivrés chaque année.
La fanfare joue quand même et sans problème
La fanfare a choisi de braver l’interdit lors du marché de Noël. Un samedi après-midi, elle a pu passer trois heures place du Château, sous le regard bienveillant… de policiers, déjà bien occupés à sécuriser la grande-île. « Tant qu’il n’y a pas de plaintes, on n’intervient pas », auraient expliqué en substance les représentants des forces de l’ordre aux musiciens.
Rue du Jeu des enfants : « j’aime pas les enfants »
Une opération autofinancée par l’association et la débrouille entre commerçants. Pas de soucis pour l’autorisation à la Ville, même si la sécurisation du centre retarde l’envoi de l’autorisation à la veille des festivités.
Mais au cours de la troisième semaine d’animation, surprise : la Ville revient sur son feu vert suite à une plainte. Le président de l’association Michel Vigneron, gérant du restaurant le Bouchon brionnais, raconte :
« Tout se passait bien et un matin je reçois un appel : “Vigneron, c’est quoi ce bordel ?”. Nous avions pourtant sollicité tous les habitants de la rue la semaine avant et personne ne s’était manifesté lors des réunions d’information. Seule une personne est venue me voir directement. C’est une dame qui m’expliquait : « J’aime pas les enfants, j’aime pas Noël ». Avec cette deuxième personne qui s’est plainte, nous aurions pu en discuter, nous aurions trouvé une solution, par exemple en déplaçant un haut-parleur. La Ville nous a demandé de baisser le son en menaçant même de tout couper. Nous avions une autorisation jusqu’au 31 décembre mais par souci d’apaisement on a arrêté le jeudi 24. «
Le commerçant regrette un manque de soutien lorsqu’un conflit apparaît :
« Quand on présente le projet on est soutenu, que ce soit par les élus de quartier ou la direction de proximité, mais on dirait que plus haut dans la hiérarchie, les consignes sont différentes. On aimerait bien que ceux qui font bouger la ville soient soutenus même lorsqu’il y a une plainte isolée. »
Pour Renaud de Maillard, les plaintes sont pourtant rares et les règles permettent aussi de justifier les décisions :
« Par rapport à tout ce que l’on autorise, on reçoit peu de plaintes. Il faut ensuite distinguer celles qui sont justifiées de celles de ceux qui n’admettent rien. Si on est saisi, la police municipale ou nos services font le contrôle sur place, par exemple avec un capteur de son. Les règles permettent justement d’objectiver les plaintes et de maintenir ou non les autorisations. »
De la musique ? Bon, mais sans amplification…
C’est l’amer expérience qu’avait fait le café de l’opéra place Broglie en juin, après que ses concerts extérieurs soient interdits suite à des reproches venant de la résidence du gouverneur militaire. Beaucoup de participants s’étaient émus de la décision car la musique était douce et y avaient vu un traitement de faveur. Pour l’été prochain, la direction de la réglementation urbaine propose que les concerts soient autorisés, mais sans amplificateur, « car la place résonne particulièrement » justifie Renaud de Maillard.
Dans les services, tout le monde ne cautionne pas les critères selon lesquels les autorisations sont délivrées ou non. Sous couvert d’anonymat Luc (le prénom a été modifié) concède qu’il aimerait que les services soient plus encourageant avec ceux qui animent la ville :
« On bride souvent les organisateurs en anticipant d’éventuelles plaintes. On a par exemple arrêté des concerts les jeudis soir à la petite France pour une personne. Dans les semaines suivantes, au moins sept personnes nous ont demandées où étaient passées ces animations qu’elles aimaient. »
Le festival hip hop won’t stop a pu se tenir fin octobre dans le centre-ville (photo Drugstore)
Hip hop won’t stop, des concerts extérieurs autorisés
Organiser des événements, Philippe Pollaert, gérant du « Mudd Club », un bar de nuit de centre-ville, a l’habitude. Il avait notamment bataillé pour organiser avec l’association Genau La Zone à la tour Seegmuller, puis dans le centre à la brasserie désaffectée Schutzenberger. En 2015, il a pu organiser la première édition du festival Hip hop won’t stop du 29 au 31 octobre, qui comprenait quelques concerts sur les places Saint-Étienne et Mathias Merian le samedi.
Cette réussite prouve qu’il est possible d’organiser de nouveaux événements malgré un agenda officiel déjà chargé dans la grande-Ile. Philippe Pollaert apprécie que la Ville soit souvent preneuse de nouveaux événements, mais déplore les contraintes :
« Cela permet d’animer gratuitement les rues. Pour Hip-Hop Won’t Stop, on a bien veillé à ce que les concerts en extérieur ne finissent pas trop tard, à 19h, avec la suite de la programmation en intérieur. Ce qui peut être gênant, ce sont les autorisations qui parfois arrivent le matin-même et avec des surprises, comme d’arrêter une heure plus tôt que ce qui était demandé. Quand on programme, voire paye, un artiste pour ce dernier créneau, ça devient compliqué. Il faut passer sa journée au téléphone pour rectifier le tir, alors qu’on a souvent d’autres choses à gérer à ce moment-là. »
« Tout le monde m’a présenté ses excuses. On m’a dit que c’était un imbroglio administratif et que je pouvais continuer mon activité. La nouvelle autorisation courait jusqu’à décembre mais pour l’instant je n’ai pas de nouvelles. Je continue et je n’ai aucun problème. Mon travail est déclaré. »
Une querelle d’adjoints s’en était suivi, l’élu du quartier gare-centre Paul Meyer (PS) dont le territoire commençait sur le trottoir d’en face se disant près à accueillir Laurent Delahaye, avant même l’aval de l’adjoint à l’occupation de l’espace public Robert Herrmann. Certains y déduiront que malgré les règles, le pouvoir réglementaire est parfois arbitraire.
Le cité universitaire de la Robertsau, route de la Wantzenau à Strasbourg (Photo Anaïs Engler)
L’état de la cité universitaire de la Robertsau tranche avec celui de sa voisine, l’École européenne, inaugurée à la rentrée 2015. Même des choix de gestion curieux confortent cette impression.
Aux entrées des six bâtiments de la résidence universitaire de la Robertsau, les digicodes sont cassés depuis trois ans. Les sanitaires restent condamnés pendant des semaines. Et le matériel des cuisines communes se résume à une plaque vitrocéramique, un évier et une table sans chaise. La cité universitaire et ses 904 étudiants résidents voient leur situation se dégrader. De l’autre côté de la rue, l’École européenne croule sous les subventions.
« Nous n’avons pas été consultés mais juste informés le jour où ça s’est décidé. Même le directeur n’a pas eu le temps de nous prévenir à l’avance. »
Ces places représentent la moitié d’un des deux parkings jusqu’alors à la disposition des résidents. Ce demi-parking cédé a été rénové pour l’école contrairement à celui côté nord où les étudiants peuvent toujours se garer.
Quant à la partie restant aux étudiants, elle est pour l’instant inaccessible. Son marquage au sol est en attente depuis trois mois. Une barrière automatique a aussi été ajoutée sur l’autre parking. Jean-Luc Klingelschmidt, directeur de la cité universitaire de la Robertsau explique :
« Avant, les habitants du quartier alentours avaient pris leurs aises sur le parking de la résidence, c’est pour cela que nous avons mis en place une barrière. »
Le parking partagé entre la cité U et l’Ecole européenne (Photo : Anaïs Engler)
Les étudiants qui souhaitent y accéder doivent désormais verser 30 euros de frais de caution pour la location des télécommandes. Roland Momine observe :
« Du coup, beaucoup d’étudiants se garent en dehors des parkings. »
Entre l’Ill et les maisons de la Robertsau, à deux pas de l’école européenne, les six bâtiments de la cité universitaire de la Robertsau font figure d’exception (Capture d’écran Google Maps)
Pour Jean-Luc Klingelschmidt, il s’agit d’un hasard :
« C’est la façade la plus exposée donc celle qui avait besoin d’être refaite en premier. La rénovation du reste est prévue, mais il y a un ordre des priorités établi par le CROUS, pour l’ensemble des résidences de Strasbourg, à respecter. »
9 m² pour 186 euros par mois
Les étudiants habitent une chambre de 9 m² et partagent les sanitaires et la cuisine pour un loyer mensuel de 186 euros (Photo Anaïs Engler)
À l’intérieur du premier bâtiment, à chacun des quatre étages, quelques étudiants vont et viennent entre leurs chambres et la cuisine commune au bout du couloir. Ils louent une chambre meublée de 9 m² pour 186 euros par mois et partagent cuisine et sanitaires avec la trentaine de résidents de leur étage.
Sarah, étudiante de 18 ans qui se prépare à manger dans la cuisine commune de son étage (Photo Anaïs Engler)
Dans une des cuisines, Sarah, résidente depuis septembre, réchauffe rapidement des haricots verts qu’elle repartira manger dans sa chambre. Elle raconte :
« Mon emploi du temps est plutôt chargé entre les cours et le football que je pratique à haut niveau. Je ne suis ici que pour manger et dormir. »
La cuisine, sombre et en bout de couloir, est constituée d’une table usée sans chaise, de plaques vitrocéramiques sur un large plan de travail et d’un évier. Dans d’autres, on trouve parfois un four à micro-ondes. Mais personne ne s’en sert, doutant de sa propreté. La petite pièce est décorée d’affiches pour, pèle-mêle, rappeler aux résidents de jeter leurs ordures dans les poubelles, expliquer le tri sélectif et annoncer une représentation de la troupe de théâtre de la cité U.
Les activités organisées par les étudiants animent la résidence
Wilfrid, 22 ans, réside à la cité U depuis septembre 2015 (Photo Anaïs Engler)
La troupe de théâtre fait partie des activités organisées par le conseil des étudiants de la résidence. Charles-Antoine, étudiant en master de droit et arrivé de Tours à la rentrée dernière, raconte :
« C’est grâce à ces cours de théâtre que j’ai rencontré du monde et que je me suis fait des amis ici. »
Des soirées à thèmes, des projections de films, des soirées karaoké et des voyages sont aussi organisés par le conseil.
Les couloirs du bâtiment 1 de la résidence (Photo Anaïs Engler)
Dans le couloir, long et étroit, la lumière passe peu, surtout en ce mois de février. Parfois, des autocollants personnalisent les portes. Une femme de ménage nettoie les sanitaires, comme toutes les heures de la semaine, comme en témoigne les signatures sur la feuille de passage accrochée près des douches. Elle assure, avec un sourire :
« J’espère que les étudiants sont contents ici, mais je pense que oui. En tout cas, nous faisons notre possible. Mais en général, il n’y a pas beaucoup de problèmes. »
L’entrée du bâtiment 3 de la cité universitaire (Photo Anaïs Engler)
Une meilleure réputation qu’à Paul Appell
La cité universitaire de la Robertsau a meilleure réputation que la résidence Paul Appell de l’Esplanade, aussi réservée en priorité aux étudiants boursiers. Elle est réputée calme, située en dehors de la ville mais reliée au centre par ligne de bus 30. Le tram E est un peu plus loin, à 500 mètres. Louise, 28 ans, est arrivée du Cameroun il y quelques semaines pour suivre un master de droit. Filant à toute vitesse pour aller en cours, elle avoue souriante :
« Cet environnement est calme, bien et propre. C’est parfait pour étudier. »
Elie, 22 ans, attend que sa lessive se termine dans le nouvel espace commun du bâtiment 1 (Photo Anaïs Engler)
Depuis 2014, le bâtiment 1 a une cafétéria et une salle de spectacles toutes neuves. Mais ces installations ont surpris les résidents qui constatent que des réparations quotidiennes, comme le remplacement des sanitaires défectueux, ne sont pas effectuées par manque de budget. Cristina, étudiante espagnole de 25 ans et résidente depuis un an et demi, relève la dégradation des lieux :
« Nous signalons dès qu’il y a un problème matériel à l’étage, mais ensuite rien. On reste sans réponse et rien ne se passe. »
Les sanitaires ne sont pas réparés. Certains étages se retrouvent avec une seule douche fonctionnelle. Les cuisines sont condamnées dès qu’un évier est bouché, privant l’ensemble des résidents de l’étage pendant plusieurs jours. Cristina poursuit :
« On comprend que le budget diminue et qu’il faille agir en fonction de priorités. Mais construire une salle des spectacles qu’on utilise rarement plutôt que de réparer les douches, ce n’est pas logique. »
Les punaises de lit, un problème qui dure
L’avis de passage pour le traitement des punaises est placardé sur la chambre d’un résident (Photo Anaïs Engler)
Le problème le plus sérieux de la cité U, ce sont les punaises de lit. Ces insectes tenaces et irritants font des ravages dans la résidence. Une fois l’invasion signalée, les étudiants touchés doivent emballer leur affaires dans des sacs poubelle pour les mettre au congélateur pendant trois jours, et laver leur linge dans une laverie spéciale… Quand celle-ci n’est pas fermée. Dans la semaine, leurs chambres sont traitées aux insecticides par une entreprise privée. L’intervention dure huit heures et le soir venu les résidents concernés peuvent reprendre leurs quartiers.
Mais cela suffit rarement et l’opération se répète pendant plusieurs mois. Sylvie Koenig, directrice adjointe de la résidence, déplore :
« On ne sait pas pourquoi les punaises reviennent. Parfois ce sont les étudiants qui ne respectent pas le protocole ou qui ne nous le signalent pas. »
Quand toutes ces mesures échouent, la résidence remplace le lit en bois. Mais ce changement peut prendre jusqu’à six mois, laissant pour ce temps les étudiants sans autre d’alternative que de cohabiter avec les bêtes.
Juan, étudiant Erasmus de 21 ans, apprécie le calme et le prix du loyer de cette cité U (Photo Anaïs Engler)
C’est surtout sur le plan financier que les étudiants trouvent leur compte en venant habiter la résidence de la Robertsau. À Strasbourg, rares sont les logements disponibles en dessous de 200 euros par mois. Une rapide recherche sur le site d’annonces Le Bon Coin ne fait ressortir que quatre propositions pour ces critères de loyer, dont une pour une colocation dans un F1.
Julien, 24 ans et résident de la cité U depuis quatre ans, voit les avantages :
« Si je suis resté ici, c’est parce que c’était plus simple. Je n’avais pas à chercher autre chose. C’était moins cher. Il y avait mes amis et j’adore l’endroit, proche de la ville et des institutions européennes. »
Très léger ajustement sur le stationnement payant (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Après les vives réactions sur la fin du stationnement gratuit à la mi-journée, la municipalité mettra en place un mini-ajustement le 2 avril en rallongeant la durée autorisée. En attendant, aucun PV ne sera distribué d’ici là.
La durée autorisée de stationnement entre 12h et 14h va être rallongée de 30 minutes. Les automobilistes qui se gareront sur l’espace public entre 11h30 et 12h30 pourront stationner 2h30 et non deux heures comme le reste du temps dans les zones oranges et rouge (3h dans les zones vertes). Il faudra néanmoins bien s’acquitter de la totalité des deux heures et demi.
C’est le très léger ajustement qu’a décidé la municipalité strasbourgeoise sur le stationnement payant a annoncé le maire Roland Ries (PS) :
« Après concertation, certes tardive, avec la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) nous ajoutons un dispositif. Limiter à deux heures heures le temps de stationnement lors de la pause méridienne pouvait poser problème. Avec une durée maximale de 2h30, cela laisse assez de temps aux personnes qui viennent déjeuner en ville et qui en profitent pour faire en course. »
Depuis le 1er janvier 2016, le stationnement entre midi et 14h est (re)devenu payant à Strasbourg, comme dans la majorité des villes de France. Par ailleurs, le « pass résident » pour les habitants du centre-ville est passé de 10 à 15 euros par mois. Les deux mesures avaient suscité de vives réactions, notamment car elles n’avaient fait l’objet d’aucune communication auprès des personnes concernées. Roland Ries a d’ailleurs répété que son équipe « n’avait pas été bon[ne] dans la concertation, l’information et la communication » de cette décision, votée en décembre, lors du marché de Noël et des élections régionales.
Les trois zones de stationnement payant à Strasbourg. (document strasbourg.eu)
Pas de contrôles jusqu’au 2 avril
La nouvelle disposition sera effective le 2 avril. D’ici là, aucun contrôle entre 12h et 14h ne sera effectué, mais les horodateurs continuent d’accepter les payements à ces heures-là. Autrement dit, s’il on veut stationner de 13h à 15h, il faut tout de même régler 2h.
Le budget 2016 anticipe une hausse des recettes de stationnement 2,3 millions d’euros par rapport à 2015, soit un total de 10,868 millions (+26,9%). Le manque à gagner par le retardement de trois mois de la mesure sera compensé « par d’autres économies » a indiqué Roland Ries. L’impact est difficile à mesurer puisque les 2,3 millions prennent en compte l’augmentation du « pass résident » qui reste inchangée, la tarification au quart-d’heure depuis le 1er juillet 2015 (qui a augmenté le prix moyen à l’heure) et que le comportement des utilisateurs pourrait changer, notamment avec l’achat de pass à la journée.
La municipalité s’est toujours défendue d’avoir adopté cette mesure pour des raisons budgétaires, mais qu’elle servait surtout à libérer plus rapidement des places et qu’il s’agissait d’une mesure d’équité avec les autres parkings de la ville.
Les jeunes. Ici avant de camper dans la cabane de Kolbsheim (JFG / Rue89 Strasbourg / cc)
Les travaux du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) doivent commencer en 2017. Sur le terrain, les opposants convaincus de l’inutilité de cette autoroute payante, réfléchissent à la meilleure manière de préserver des terres agricoles et les espaces naturels du Kochesberg.
Le Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO) réuni foule d’opposants : pour différentes raisons, on retrouve les écologistes, mais aussi le MoDem, des cadres du PS local mais qui restent silencieux lors des votes, le Parti de gauche, le Parti communiste, l’association des usagers des transports urbains de Strasbourg (ASTUS) – où siègent d’anciens élus de droite -, des maires sans étiquette des villages sur le tracé, des associations de protection de la nature, ou encore des agriculteurs. « Mais entre ceux qui se disent contre et ceux qui agissent, il y a un monde », regrette Luc Huber, maire de Pfettisheim et porte-parole du collectif GCO Non Merci. Les plus motivés en tout cas ne désarment pas.
Lors de l’inauguration d’une cinquième cabane le 30 janvier, 250 personnes ont fait le déplacement. Le jeudi 4 février, la secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, s’est rendue à l’une des cabanes d’où elle a solennellement interpellé le gouvernement – gouvernement qu’elle a entre-temps rejoint.
Des occupations courtes mais régulières
Samedi 5 février, huit membres de l’association des Jeunes écologistes d’Alsace, pour certains venus à vélo, ont occupé la cabane de Kolbsheim et cinq d’entre eux sont même restés y dormir. C’est la cinquième « occupation temporaire » de ce type depuis 2014, explique Simon Baumert, co-animateur du groupe local d’EELV et à l’initiative de cette occupation, entrain d’installer des bâches isolantes :
« Ce sont des courtes occupations dans le temps. On évite de faire un seul grand événement et puis plus rien, et pour montrer qu’on est toujours vigilant sur ce sujet. On sent que la pression monte et s’il le faut, on augmentera ce type d’action. »
Ces constructions en bois symbolisent les futurs péages du GCO (le tarif de 3 à 5€ par passage est souvent évoqué) et doivent sensibiliser les passants. Le soir, autour du feu, les soutiens défilent. Deux maires des communes voisines, des riverains, un agriculteur… Sur la route, des voitures klaxonnent en signe d’encouragement.
5 cabanes ont été construites sur le parcours. Deux autres seront inaugurées au printemps. (photo JFG / Rue89 Strasbourg / Flickr)
Une zone « interdite aux bulldozer » en avril
« Occuper le terrain n’a jamais été dans nos habitudes en Alsace. Mais quand on voit comment les Bretons qui cassent tout obtiennent gain de cause, on s’interroge », remarque Alain, la quarantaine, habitant d’Ernolsheim-sur-Bruche, passé soutenir les jeunes occupants. Il est venu présenter une autre occupation, qui se profile le week-end des 2 et 3 avril, le festival de la réserve du Bishnoï.
Contacté quelques jours plus tard, Guillaume Bourlier, habitant du même village et militant à l’initiative du festival, décrit :
« Cela se passera au niveau de la maison éclusière entre Kolbsheim et Ernolsheim. C’est sûrement le plus bel endroit sur le tracé. On organisera deux jours de concerts et de conférences-débats, avec des campements. Il faut sensibiliser sur ce qui va arriver ici en termes de pollution, de bruit. On appellera ça « la réserve du Bishnoï« , un personnage sympathique, mais têtu. On décrétera que c’est une zone sans bulldozer ni grue. Et s’il faut s’opposer de manière non-violente, mais pérenne, le jour où il y aura des travaux, pourquoi pas.”
Entre jeunes écologistes, on débat de la suite. On sait qu’être en permanence sur le terrain sera difficile. « Même les plus partants ont une famille. Le tracé fait 24 kilomètres et le calendrier n’est pas connu », commente Nicolas Falempin qui reste dormir à la cabane.
Les travaux doivent commencer en 2017
Le contrat de concession liant l’Etat au constructeur Vinci a été publié au Journal Officiel fin janvier. Le constructeur injectera 700 millions d’euros dans la construction de cette autoroute. En 2016, Vinci lancera les concours pour les ponts et travées, entamera les processus d’expropriations, avant que les travaux ne commencent, théoriquement en 2017. La mise en service de l’autoroute est prévu pour 2020. Les opposants espèrent néanmoins encore que leurs arguments seront audibles dans la population, alors que la question du GCO ne fait plus vraiment débat dans la sphère politique depuis sa résurrection en 2013.
« Nous avons toujours été constants sur la question. Je sais que certains sont contre, mais nous pensons que ce projet diminuera la pollution dans Strasbourg », a botté en touche Philippe Richert (LR), président de la Région Alsace, puis de la grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, lors des élections régionales. Un argument, longtemps l’apanage par Fabienne Keller (LR) à Strasbourg, et repris récemment par le maire Roland Ries (PS) et le président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS).
L’autoroute payante doit passer en contrebas de ces terres agricoles, jugées fertiles. (photo JFG / Rue89 Strasbourg / Flickr)
Le tandem strasbourgeois espère interdire les camions sur l’actuelle A35 qui serait, d’ici une dizaine d’années, transformée en boulevard urbain, avec feux tricolores et voies réservées aux transports en commun. Des travaux qui coûteraient au moins 150 millions d’euros et seraient « phasés » en plusieurs tranches.
Pour le maire sans étiquette de Kolbsheim, Dany Karcher, il est regrettable que les arguments des pro-GCO changent avec les années :
« D’abord, le GCO devait être contre les bouchons, puis pour créer de l’emploi. Maintenant c’est pour lutter contre la pollution. Il y a un problème d’accès à Strasbourg par la route, mais le GCO n’est pas la solution. Les embouteillages sont concentrés le matin et le soir, quand les gens de la campagne vont vers la ville [ndlr, 77 000 personnes habitent hors de l’agglomération, mais viennent y travailler, soit un tiers des emplois eurométopolitains]. Et même parmi ceux qui la traversent, qui va prendre un contournement payant quand la route qui passe au plus près de la ville est gratuite ? »
Les études de l’association pour la protection de l’air (Aspa), elles, prévoient moins de pollution sur les grands axes de la ville après la mise en service du GCO, mais plus de pollution de fond sur tout le Bas-Rhin. « Et les vents dominants sont vers Strasbourg », précise Dany Karcher. Avec ses collègues maires, ce dernier est en posture difficile : il est contre un projet qui impacterait sa commune, mais n’a aucun moyen légal de s’y opposer.
Les agriculteurs touchés, mais qui négocient déjà
Au total, 350 à 400 hectares de terres agricoles seront recouvertes par de béton. À la cabane de Kolbsheim, Thibaut Dimer, agriculteur de 26 ans, est préoccupé :
« Ici les exploitations sont divisées en parcelles. J’ai par exemple 100 îlots répartis sur 65 hectares. Si on m’enlève 30% de ma terre, ce sera autant de chiffre d’affaires en moins. Ça c’est un chiffre clair, alors que mon emprunt et sur 20 ans, tandis que pour les compensations et les remembrements, on est dans le brouillard. Même le tracé exact n’a pas été dévoilé, donc on ne sait pas comment on sera impacté ! Si on ne veut plus des agriculteurs, on importera d’ailleurs, mais il faut le dire. En dix ans, on a perdu l’équivalent de la surface d’un département. »
Si le combat se durcit sur le terrain, il faudra faire sans les représentants du syndicat majoritaire de la profession, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), même si certains se disent toujours farouchement opposés au projet. Dominique Daul, agriculteur et président de la section de Pfettisheim de la FDSEA, ne veut pas suivre les opposants dans une confrontation directe avec les engins de chantier :
« Si le projet ne se fait pas, c’est sûr que serait la meilleure solution. Pour une fois, nous sommes d’accord avec les écologistes. On peut regarder les différentes études : le GCO ne réglera pas le problème de la circulation vers Strasbourg. C’est un projet politique et imposé par la ville.
Mais nous ne voulons pas de double peine. Le projet semble acté et nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas négocier de compensations dès à présent, car les agriculteurs seront les premiers impactés. Au-delà des compensations légales, nous fixons des exigences plus élevées. Je sais qu’on va dire qu’on abandonne, mais nous avons trop à perdre pour aller dans des situations extrêmes avec des occupations sur le terrain de type « ZAD ». Nous avons été reçus par Vinci qui semble disposé à écouter nos propositions. Ils ne peuvent pas se permettre de se mettre à dos le monde agricole. »
Objectif des agriculteurs : obtenir un fonds pour moderniser les exploitations restantes, afin qu’elles deviennent plus rentables.
La suite devant les tribunaux ?
Le conflit pourrait s’exporter sur le terrain juridique. Alsace Nature, fédération des associations de protection de la nature dans la région, avec un pôle de juristes extérieurs, scrutent le contrat de concession et le cahier des charges, gardé sous clé par l’Etat depuis près de 18 mois. Le délai pour attaquer ce type de texte auprès du tribunal administratif est de deux mois.
Le contrat pourrait être en contradiction avec des directives sur la protection d’espèces protégées, comme le Grand hamster d’Alsace. Les opposants montent par ailleurs un collectif d’assistance juridique pour les futurs expropriés. Pour Luc Huber de GCO Non Merci, c’est la meilleure manière de retarder le projet :
« On n’a pas la puissance de lobbying de la CCI [ndlr, Chambre de commerce et d’industrie, qui avait fait campagne pour le GCO en 2012], mais on a plusieurs cartouches que l’on utilise les unes après les autres. »
La foule silencieuse côté place Broglie, tenue à distance de la résidence du préfet (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Environ 200 personnes ont participé à la manifestation organisée jeudi 11 février place Broglie. Ils contestent le désengagement du département du Bas-Rhin de l’aide aux structures d’hébergement d’urgence. Dans les rangs, on s’inquiète pour les emplois, mais surtout pour l’avenir des personnes les plus fragiles. À ce jour, aucune annonce rassurante n’est connue.
Loger des sans-abris est une obligation de l’État, mais jusqu’ici le conseil départemental – comme la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg – assurait un complément du financement d’une dizaine d’associations. Parfois de manière marginale, mais parfois significative (jusqu’à 30%), ce qui fait craindre des licenciements, voire des cessations d’activité, les ressources de ces structures étant principalement dépensées dans les salaires des personnel.
Énervés sur le fond comme la forme
Ce rassemblement se tenait en même temps qu’une rencontre entre le préfet du Bas-Rhin Stéphane Fratacci et le président du Département, Frédéric Bierry (LR), prévue à 17h30. Les deux protagonistes n’ont pas eu l’occasion d’entendre les manifestants, tant ils étaient silencieux – comme s’ils étaient sonnés – que tenus à distance de la résidence du préfet.
Qu’importe, les participants voulaient partager leur colère et leur désaccord avec cette décision votée vendredi 5 février. Sur le fond, mais aussi sur la forme. Les structures concernées n’ont été informées qu’à la toute fin janvier qu’elles n’auraient pas leur dotation pour l’année 2016.
Une manière de procéder qui a énervé Simon, qui avait créé l’événement de la manifestation sur Facebook quand il a appris la veille que des amis préparaient un rassemblement pour le lendemain :
« Ce timing permet à Frédéric Bierry de créer un rapport de force pour négocier avec l’État. Mais ceux qui en paient les conséquences sont les plus fragiles et qui ne sont pour rien dans ce jeu de rôle. C’est dégueulasse. »
Beaucoup de slogans affichés autour du cou. (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
« Nous on a un toit sur la tête, mais ceux qu’on accueille ? »
Sur la place, on retrouve des travailleurs sociaux, des associations, des syndicats, des élus strasbourgeois du PS et écologistes, des sans-abris, des personnes logées ou de simples citoyens. On manifeste pour soi comme pour les plus touchés explique une salariée d’Horizon Amitié :
« On est là parce qu’on a peur pour nos emplois, c’est sûr. Mais nous, on retrouvera quelque chose et surtout on a un toit sur la tête. Ceux qu’on accueille, on ne sait pas où ils vont aller. Le 115 est déjà saturé. »
Waila Curry, déléguée syndical de la CGT Mosaïque (c’est-à-dire des structures sociales), tracte dans la foule. Avec Force ouvrière et SUD, le syndicat organise une réunion ouverte à tous pour décider des futures actions à mener le 7 mars à la maison des syndicats :
« Au niveau des employés, on est encore plus dans le flou. On ne sait pas exactement dans quelle mesure on va être impacté. Va-t-il y avoir des licenciements ou des fermetures de service et quand ? »
Avec des pancartes autour du cou, Camille, éducatrice en prévention spécialisée au Neuhof n’a appris la situation que la veille :
« C’est un mail d’une association qui m’a alerté sur cette décision. La demande que je traite le plus souvent dans mon travail c’est un hébergement. Je ne sais pas vers qui je vais renvoyer ces personnes si l’État ne prend pas le relais. C’est déjà la croix et la bannière pour trouver une place, même pour les plus motivés. »
Des travailleurs sociaux (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Parmi les associations les plus touchées en proportion, Regain, qui prend en charge des femmes et enfants. La structure de 15 salariés a accueilli une centaine de personnes en 2014 et voit disparaître 132 000 euros, soit 28% de son budget. Du côté du département, on regrette que l’association n’ait pas souhaité fusionner avec une autre structure comme on lui a proposé. Pour sa directrice Carole Ely cela était très brutal et n’aurait de toute façon pas réglé la situation ;
« Nous perdons 132 000 euros et on nous propose de fusionner avec le Home Protestant, une association qui perd aussi 50 000 euros. Ca fait plus de 180 000 euros en moins à nous deux, ce n’est pas en supprimant un des deux postes de directeur qu’on aurait pu trouver cette somme pour continuer. Ce serait bien, mais ce n’est pas le cas. Nous nous attendions à une petite baisse comme l’année dernière de 5%, mais jamais à un arrêt total. »
Frédéric Bierry reçoit les associations
Avant son entrevue avec le préfet, le président du Bas-Rhin a reçu la dizaine d’associations impactée dans l’après-midi. Geneviève Daune Anglard, présidente de Regain n’y pas vu d’annonce rassurante, ni chiffrée :
« Il ne revient pas pour sa position. Il nous a dit que pour certaines associations éligibles, il essaierai de les diriger vers des fonds structurels européens (FSE), avec des réunions régulières et un suivi par association pour les accompagner. J’avais l’impression d’être à Pole Emploi. »
Pour Daniel Baumgartner, Horizon Amitié peut vivre sur ses réserves, mais pas indéfiniment (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Même constat pour Daniel Baumgartner, directeur d’Horizon Amitiés, dans l’espoir de nouvelles rassurantes :
« On ne peut pas dire plus que ce qu’on sait aux employés. On va pouvoir un peu vivre sur nos réserves jusqu’au stade fatidique, mais s’il n’y a pas de compensation, on fermera des services. Le Département demande mutualiser et faire des économies, c’est ce qu’on fait depuis des l’années. À l’accueil de jour, on reçoit 50 personnes, avec quatre salariés, si j’en licencie deux, on ne pourra plus continuer. Ce sont deux mois d’intenses tractations qui s’annoncent. »
L’accueil de Koenigshoffen était par exemple passé de 5 à 4 salariés en 2013 explique Philippe Berrier, chef de ce service qui réparti 35 personnes dans différents appartements.
« C’est pour faire les gros bras avec l’État. Mais quand on donne 500 000 euros pour le musée Lalique ou 200 000 euros pour une piste de ski, qui ne sont pas des dépenses obligatoires, on peut trouver de l’argent pour les plus faibles. »
Le tram et la circulation bloqués une dizaine de minutes
Thierry Kuhn, président d’Emmaüs plaide pour un état d’urgence social (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Le Strasbourgeois Thierry Kuhn, président d’Emmaüs, pas directement impacté mais venu apporter son soutien aux manifestants, plaide pour un « état d’urgence social » :
« Au-delà du fond qui pose question, on ne peut pas se permettre de rentrer dans le débat si c’est la faute de l’État ou du Département. La France est la sixième puissance mondiale, on ne peut pas laisser des gens dehors. Il faut maintenant une vraie concertation avec tous les acteurs et les collectivités locales. Les solidarités, c’est un cercle logique. Les personnes que nous accueillons en insertion sociale à Emmaüs Mundolsheim sont parfois passées par l’hébergement d’urgence. »
Quelques minutes, le tram et la circulation bloqués par la foule (photo JFG / Rue89 Strasbourg)
Vers 17h30, les manifestants se sont approchés de la résidence de la préfecture, place du petit Broglie, mais l’accès était bloqué par des barrières et des policiers. Ils sont ensuite allés de l’autre côté de l’Opéra, vers la place de la République, mais cet accès était aussi barré. Encore nombreux, les participants ont bloqué une dizaine de minutes les tramways et la circulation, dans une ambiance apaisée, mais lourde.
Ni la préfecture, ni le département du Bas-Rhin n’ont donné suite à nos demandes pour savoir ce qui s’était dit lors de cette entrevue. Un communiqué de Frédéric Bierry sera publié vendredi.
Réconcilier sport et écologie, c’est possible (photo LH / Ozetik / cc)
Le plaisir du sport nous fait souvent oublier l’impact écologique et humain des baskets qu’on chausse et du survêtement qu’on porte, sans parler du déodorant dont on s’asperge volontiers. Pourtant, il existe des solutions simples pour faire du sport en toute écologie, en voici quelques unes.
« Cette année, je fais plus de sport », voici la résolution par excellence de début d’année ! Pourtant, derrière les bienfaits avérés du sport pour la santé se cache une industrie peu regardante sur les conditions de travail ni sur les ressources utilisées. Heureusement, certaines marques, comme Veja, Sebola ou Engel, commencent à proposer des alternatives tout aussi confortables pour se faire plaisir sans nuire à la planète.
Trouver la bonne tenue sportive
L’industrie textile, très polluante, est responsable de 17 à 20% de la pollution de l’eau dans le monde, elle emploie des ouvrières à très bas coût dans des conditions de travail désastreuses en Asie (notamment au Bengladesh comme l’avait révélé l’effondrement du Rana Plaza en 2013), et propose des vêtements neufs contenant des substances toxiques, potentiellement allergènes, cancérogènes et perturbatrices endocriniens (ethoxylates de nonylphénol et phtalates mis en lumière par l’association Greenpeace dans une étude réalisée sur le sujet).
Ligne Nature commercialise les vêtements de sport de la marque engagée et écologique Engel à Strasbourg (Engel / Ligne Nature)
La solution la plus simple et la plus économique est d’acheter d’occasion. Sur le Bon Coin, on trouve des annonces en Alsace pour des survêtements à 15€, des shorts de sport, des t-shirts de tennis à 10€, des tenues de yoga, et même des chaussettes de sport. Beaucoup ayant finalement décidé d’arrêter le sport, les reventes sont suffisamment nombreuses avec des vêtements et du matériel peu utilisés et en bon état.
Deux boutiques de vêtements éthiques à Strasbourg
Mais si on veut absolument une tenue neuve, la boutique strasbourgeoise Ligne Nature (18 rue Traversière à Strasbourg) propose des vêtements de sport biologiques fabriqués dans des conditions éthiques (coton issu du commerce équitable, et traçabilité de toutes les étapes de production) des marques Engel et Living Craft (t-shirt à partir de 65 €). La boutique Concept fibres et formes (17, rue Sainte Madeleine à Strasbourg) propose un modèle mixte de survêtement (à 34,30€) et des hauts de sport pour femmes, en matière biologique et certifiés commerce équitable.
Enfin, sur Internet, la marque Sebola vend des vêtements de sport en France à partir de coton biologique et de polyester recyclé (short à 36€) et la marque Switcher des vêtements de sport en PET recyclé (t-shirt de sport à 37€).
Le plus compliqué : trouver chaussure à son pied
Pour les baskets, Veja vient de sortir une basket de running écologique et éthique à 109€. On peut les trouver à Strasbourg dans le magasin Wanamana, 13 Rue du Dôme ou sur leur boutique online.
Pour le football, la marque Milemil propose des chaussures sur son site internet à crampons moulés et vissés fabriquées entièrement en France, à Romans sur Isère, à partir de 250€.
Les chaussures de football Milemil sont conçues et fabriquées en France (photo Milemil)
Dire adieu aux bouteilles en plastique et au déodorant
Pour éviter les bouteilles d’eau en plastique, investissez dans une gourde 100% inox. Elles sont un peu plus chères (32,90€) mais durent toute une vie.
La dernière étape consiste à faire son déodorant soi-même. En effet, les flacons du commerce contiennent des sels d’aluminium cancérigènes, du pétrole, des conservateurs potentiellement perturbateurs endocriniens (parabens, triclosan), et des ingrédients irritants et allergènes (parfums de synthèse, methylisothiazolinone). Sans parler du tube en plastique non recyclable.
Une solution très simple, naturelle, pas chère et hyper efficace pour un super déodorant écologique est le bicarbonate de soude. Déposez un peu de bicarbonate de soude sur votre index humide. Puis étalez-le sur vos aisselles humides. Le bicarbonate de soude va absorber la transpiration et son action antibactérienne prévient des mauvaises odeurs.
Le bicarbonate de soude est une alternative efficace au déodorant industriel (photo LH / Ozetik / cc)
Pour un déodorant encore plus efficace, optez pour l’huile essentielle de palmarosa, qu’on trouve en pharmacie à 5,50€. Elle tue les bactéries responsables des mauvaises odeurs et complète l’action du bicarbonate de soude. Déposez une goutte sur votre doigt puis passez votre doigt sur votre aisselle après le bicarbonate. Vous serez surpris de l’efficacité de ce produit !
Mompreneur écolo convaincue, j'ai fondé Ozetik dans le but de favoriser les pratiques écologiques et éthiques dans la vie quotidienne en proposant des alternatives aux produits de grande consommation qui peuvent être toxiques, polluants et fabriqués dans des conditions peu éthiques.
La situation de l’hébergement d’urgence est toujours extrêmement tendue à Strasbourg (Photo Benoit Theodore / Flickr / cc)
Un rassemblement contre le désengagement total du Département du Bas-Rhin de l’hébergement d’urgence est prévu ce jeudi 11 février à 16h. La manifestation se déroule place du petit Broglie, à côté de la résidence du préfet, qui doit rencontrer le président du Bas-Rhin Frédéric Bierry (LR) au même moment à ce sujet.
Pour son budget 2016, le département a coupé l’aide aux associations qui permettent l’hébergement d’urgence des personnes sans-abri, soit 640 000 euros (sur un budget total de 1,1 milliard d’euros). Les structures impactées ne l’ont appris que la dernière semaine de janvier. La majorité du budget de ces structures étant en salaires de personnel, des licenciements, des fermetures de places, voire des cessations d’activité sont à craindre, quand bien même elles reçoivent d’autres financements par ailleurs.
Rassemblement contre le désengagement du Bas-Rhin de l’hébergement d’urgence, jeudi 11 février à 16h, place du petit Broglie (derrière l’opéra) à Strasbourg
Pour le jeune homme, philosophie et strip-tease ne sont pas opposés. (Photo AF/Rue89 Strasbourg).
La coiffure soignée, le sourire charmeur et la démarche assurée. À 27 ans, Axel pourrait être comme n’importe quel jeune homme de son âge : finissant ses études, féru de sport, attentif à son apparence. Sauf que le Strasbourgeois manie Nietzche le jour et ses abdos le soir, en dansant sur un podium. Et il a même une théorie sur le lien entre ces deux aspects de sa vie.
Chaque matin, Axel se lève pour assister à des cours de philosophie à l’université de Strasbourg. Il écoute ses professeurs, prend des notes sur Nietzsche, décortique Ainsi parlait Zarathoustra, l’ouvrage du philosophe allemand qu’il ne quitte plus, et développe son mémoire sur une comparaison entre les évangiles et les écrits philosophiques.
Puis, vient la fin de la semaine. Jeudi, vendredi et samedi soirs, il troque ses manuscrits, recherches et dissertations contre un déguisement de pompier, de James Bond ou de policier. Axel devient Enzo Cortez et sur les pistes de danse des boites de nuit, il se déhanche et se déshabille. Chippendale, strip-tease et autres gogo, la mise à nu de l’esprit laisse place à celle du corps.
« C’est un retour à la terre, au désir, au Corps. La dichotomie entre le corps et l’âme est résolue par Nietzsche. C’est loin de la bienséance, de la bien-pensance. C’est stupide de penser que l’âme serait plus haute que le corps. »
L’allégorie de la caverne… après un master en droit
Pour le jeune homme, tout est enclin à être pensé avec philosophie. La « science du pourquoi », comme il l’appelle, le taraude depuis plusieurs années maintenant. Après sept ans en droit, un master dans ce domaine, le Strasbourgeois décide de se réorienter. Plusieurs questionnements rythment son quotidien, si bien qu’il exige désormais des réponses :
« Je me souviens d’un débat que j’ai eu avec un ami après le visionnage d’un film, nous en étions venu à l’Allégorie de la caverne de Platon. Je ne comprenais pas tout au début, je réfléchissais seul, m’informais très peu. »
Il dit avoir aiguisé son sens critique en écoutant l’émission les Grosses têtes sur RTL, ressent le besoin d’un encadrement scolaire après s’être plongé dans le Gorgias de Platon, un peu par hasard. Ses interrogations s’intensifient après une douloureuse rupture amoureuse. Et depuis, il voit au quotidien des situations à prendre avec philosophie.
Les week-end, Axel troque son statut d’étudiant contre celui de strip-teaseur. (Document remis/LePapillon/Rue89 Strasbourg)
« Une relance de ma vie »
Il s’habitue au monde de la nuit en sortant de plus en plus après sa séparation. Lui qui détestait les boites, enchaîne les soirées :
« Ça devient très vite lassant : tu viens, tu bois, tu danses. Un jour, j’ai rencontré un ami, qui était strip-teaseur, je l’ai accompagné une fois, deux fois, et j’ai découvert une nouvelle facette de cet environnement : celle du spectacle. On m’a charrié pour que j’essaie, je cherchais une relance dans ma vie après ma rupture. J’ai appris à danser et au bout de quelques mois, j’ai fait un essai. Ce n’était pas gagné au début, mais j’ai travaillé. Tout s’est enchaîné. »
À ses débuts, l’entourage d’Axel est dubitatif. Ses amis à la fac lui déconseillent de se lancer, de peur de rater ses études. Carolin, sa meilleure amie, s’en souvient :
« Honnêtement, je me suis demandé ce qu’il faisait. Je l’ai prévenu qu’il pourrait y avoir de lourdes conséquences, notamment, vis-à-vis de la faculté de droit et qu’il faudrait assurer. J’ai vu ensuite qu’il s’éclatait et je l’ai soutenu. Aujourd’hui, on en rigole ».
Presqu’à poil, mais aucune humiliation
La famille est plus compréhensive, elle a suivi tout le cheminement qui a mené à cette décision :
« Ça n’a pas choqué. Même si j’en parlais moins à mon père qu’à ma mère, qui est quelqu’un de très ouvert. Elle connaissait mes valeurs. Pour mon frère, qui a 4 ans de moins que moi, ça a été un peu plus étrange. Ce n’était pas le modèle qu’il s’attendait à suivre. Je l’ai emmené avec moi en show pour qu’il voit l’envers du décor, qu’il voit que je ne perdais pas mon honneur. »
Axel le revendique, pour lui, le strip-tease n’a rien de dégradant :
« Tout le monde pense que le strip-tease est une aliénation de soi-même. Je considère que danser sur un podium et gagner de l’argent, ce n’est pas moins de la prostitution que d’être ouvrier et de passer 8h derrière une machine pour en ressortir lessivé et méprisant vis-à-vis de son patron. »
Une réflexion qu’il fonde après avoir travaillé plusieurs étés à l’usine. Il en garde, dit-il, une « frustration énorme » : pas de liberté, aucune maîtrise de son corps, une fatigue intense, une usure et des contraintes d’emploi du temps et de hiérarchie. Il cite Karl Marx et ses écrits sur la lutte des classes pour se justifier. Avoue préférer être indépendant, peut-être « plus égoïste ».
Etudiant en philosophie, Axel décortique les ouvrages pour son mémoire. (AF/Rue89Strasbourg).
Qui a dit narcissisme ?
Sur le strip-tease, l’étudiant évoque une conception bien personnelle. Il parle de la philosophie du Beau, avec un B majuscule, de la mise en avant du Corps par les écrivains de la Grèce antique notamment :
« On a perdu cette conception dans notre société. Soit tu es beau, soit tu es intelligent. Les deux, c’est impensable. Je ne suis pas d’accord avec ce dualisme corps et âme. On parle de narcissisme mais qu’y-a-t-il de mal à aimer son corps et à se sentir bien dedans ? »
Le sien, Axel l’entretient « aussi bien que son esprit ». Deux heures de sport journalières, de la musculation, une alimentation très stricte. Le jeune homme a construit son programme seul et refuse toute aide extérieure. Pour lui, le sport est constituant « du caractère comme la musique l’est pour l’âme », cite-t-il Platon et son travail sur la gymnastique.
« Quand je fais un spectacle, il y a moi, la fille et le public »
En Nietzschéen convaincu, le jeune homme tente de prendre de la distance sur son activité de strip-teaseur, souvent décriée pour ses aspects superficiel et commercial :
« Évidemment, c’est un milieu où argent et vanité se mêlent. Ce serait hypocrite de nier l’arrière-plan commercial. Mais pour moi, l’argent n’est pas la valeur reine. La philosophie, l’Humain oui. Un show, ça reste quand même une relation entre deux personnes, ça ne doit pas être robotisé. Quand je fais un spectacle, il y a trois parties : moi, le public et la fille que je fais participer. Ça peut être pour un massage à l’huile ou pour arracher ma chemise. Il s’agit d’une relation homme-femme que je veux moins artificielle qu’un show millimétré. »
Sa conception de l’argent, le Strasbourgeois la décrit réaliste. Il ne veut pas « accumuler de la monnaie pour la monnaie » comme pourrait le soumettre Aristote. « Celui qui possède peu est d’autant moins possédé », cite-t-il à nouveau Nietzsche. Il se contente d’un quotidien d’étudiant, lui qui a vécu le début de ses études avec les « 250€ que lui donnait son père chaque mois ». Terre-à-terre, il admet tout de même ne pas être contre le système et pouvoir se permettre désormais plus de confort :
« Je suis née dans un monde capitaliste. Je dois vivre avec. De l’argent il en faut et je ne vais pas travailler gratuitement. Ce serait un manque de respect vis-à-vis des sacrifices et du travail que je fais toute la semaine. »
Axel multiplie les casquettes: il est étudiant en philosophie, chargé de TD en histoire du droit et strip-teaseur. (Rue89 Strasbourg/CC).
Des marches solitaires… comme Nietzsche
Pour la suite, Axel se voit continuer encore quelques années dans le monde de la nuit. Il refuse de se fixer une limite d’âge et compte bien arpenter un moment les routes du grand Est et d’ailleurs. Car « c’est presque ça qu’il préfère aux shows », confie-t-il. L’errance :
« C’est l’instinct qui parle beaucoup. J’aime errer au petit bonheur la chance, sans vraiment savoir où je vais. Pour les shows, on peut m’appeler le jour même et je pars dans une ville inconnue : Grand Est, Belgique, Luxembourg… Je fais aussi des marches solitaires. Nietzsche en était adepte. Lorsque tu ne te fixes pas de but, tu apprécies d’autant plus les étapes. Les routes inconnues sont les plus aimées ».
Du côté universitaire, il ne se voit pas arrêter les études sans obtenir un doctorat, « l’aboutissement de toutes ces années ». En droit, en philosophie, ou dans les deux domaines. Il n’a pas de plan de carrière, hésite toujours sur la profession qu’il aimerait exercer:
« Ce qui me plaît le plus, c’est d’avoir trouver une vie équilibrée, que ce soit le soin du corps, de ma personne ou de mon esprit. Après avoir subi mon quotidien et des décisions qui ne m’étaient pas personnelles, en droit ou en couple, je ne subis plus rien. C’est une certaine conception de la liberté. Une revanche sur ma médiocrité de l’époque, où je me laissais aller, une revanche sur ceux qui n’ont pas cru en moi et qui m’ont poussé à évoluer. Mon quotidien, pour moi, ce n’est pas atypique. Je fais simplement ce qui me plaît. Pour certains, c’est du kayak et de la pâtisserie, moi c’est de la philo et du strip-tease. »
Aller plus loin
Sur France Culture : « Philo à gogo» avec un reportage sonore
Journaliste en formation, de passage à Rue89 Strasbourg pour exercer sa plume lors d'un stage.
Intéressée par les sujets de société, la culture, l'environnement...