Depuis janvier, les commerçants non-sédentaires se font entendre tous les samedis au marché de Hautepierre (Document remis)
Le marché de Hautepierre, qui s’étend de la place du Maillon à la place André Maurois, accueille chaque samedi 90 commerçants. Aujourd’hui, vingt-cinq d’entre eux pourraient ne pas en être en 2016. Alors que l’association des commerçants non-sédentaires de Strasbourg (ACNSS) dénonce des mesures abusives, la Ville répond que le règlement n’est pas à la carte.
Rien ne va plus entre la Ville de Strasbourg, qui a décidé de « remettre en ordre » le marché de Hautepierre, et l’association des commerçants non-sédentaires de Strasbourg (ACNSS). En cause : l’éviction d’une vingtaine de commerçants, fidèles au marché depuis 2008, qui n’ont pas renouvelé par écrit leur acte de candidature. Selon Azedine Achab, secrétaire de l’ANCSS, le problème est que les commerçants ont toujours payé leur droit de place, mais n’ont jamais été titularisés :
« C’est un véritable appel à l’affrontement. En septembre 2015, nous avons appris en réunion que la direction du service des foires et marchés changeait drastiquement ses règles. Sans acte de candidature écrit, ouste ! Mais il y a des jurisprudences, et elles sont en notre faveur. Le règlement des foires et marchés de 1979 et 2008 est clair : il faut fréquenter le marché pour obtenir un emplacement fixe. Au début, on est au deuxième tirage au sort [voir ci-contre, ndlr]. Puis, si on est assidu, surtout en hiver, on passe au premier. Ensuite, si un emplacement se libère, on est titularisé. »
Driss Mdihi, président de l’ANCSS, ne comprend pas non plus la décision communiquée par Renaud De Maillard, directeur de la réglementation urbaine à la Ville :
« Du moment qu’une place a été attribuée, on ne devrait pas avoir à écrire à la Ville. Les commerçants qui risquent l’expulsion sont inscrits sur le plan de marché depuis des années. Moi par exemple, si je veux une place Boulevard de la Marne, je dois faire acte de candidature, mais il faut aussi que je montre que je suis motivé en venant au tirage au sort… Mais pour M. De Maillard, non, la demande écrite suffit. De nouveaux commerçants qui ne sont jamais venus vont pouvoir tout de suite être titularisés, tandis qu’ici ceux qui sont là depuis des années auraient dû être prioritaires, comme notre association l’a toujours réclamé. »
Le droit de place en augmentation de 27% depuis deux ans
En prime, l’ACNSS a constaté, le premier samedi de janvier, une hausse du droit de place dont elle n’avait pas été informée : 26 cents de plus au mètre carré, par marché. Driss Mdihi évoque un accord conclu avec Robert Herrmann, président de l’Eurométropole, qui a la charge du service des foires et marchés :
« Robert Herrmann nous a expliqué que les droits de place devaient augmenter pour compenser les coûts générés par les marchés, comme le nettoyage. Nous avons accepté, à condition que la hausse des prix soit progressive et qu’il y ait un gel pendant deux ou trois ans, ce qui n’a pas été le cas. En 2014, le mètre-carré était de 0,95€. Il est passé à 1,10€ en 2015, puis à 1,21€ en 2016 : une augmentation de 27% en deux ans. »
De son côté, Renaud De Maillard justifie la hausse du droit de place et l’expulsion de commerçants par un trop-plein de déchets. Dans les DNA, il évoque « six tonnes de déchets », des « accès difficiles » et en somme « un marché dangereux. » Pour Driss Mdihi, il suffirait de mettre en place plus de moyens de contrôles et d’instaurer une politique du pollueur-payeur :
« On nous dit “trop de déchets”, mais l’ensemble des professionnels ne doit pas être pénalisé pour l’incivisme de quelques uns. Ici, les bennes sont ouvertes à 5 heures, et certains en profitent. Ailleurs, elles sont cadenassées jusqu’à 11 heures, et quelqu’un contrôle ce qui est jeté. La Ville doit faire en sorte que tout se déroule dans le respect des règles sanitaires. Et puis, si on leur montre les consignes et les bons comportements à adopter, les commerçants feront ce qu’il faut. »
Des places supposément prises « par la force »
Driss Mdihi rapporte que lors d’une réunion entre le service de réglementation urbaine et l’ANCSS le 26 janvier, Renaud de Maillard a affirmé que les 25 commerçants expulsables ont pris leurs places au marché « par la force ». Une déclaration qui étonne l’association, puisque la plupart fréquentent Hautepierre depuis près de huit ans.
En revanche, Serge Oehler, adjoint de quartier, estime que les expulsions sont justifiées par un manquement au règlement, qui s’applique à tous sans exception :
« Si la Ville commence à délivrer des passe-droits, on ne s’en sort pas. Tout le monde fait n’importe quoi sur ce marché, sans parler du vacarme que font les stands de fruits et légumes en s’installant à 3 heures du matin. La plupart des commerçants ont respecté la procédure et fait acte de candidature en temps et en heure. Comment la vingtaine de concernés, qui est là depuis des années, peut-elle prétendre qu’elle n’était pas au courant ? Ce marché dynamise le quartier, je suis à fond la caisse derrière eux, mais ils doivent tous respecter les règles. »
Le dialogue est rompu
L’ACNSS n’en est pas à sa première passe d’armes avec la Ville autour du marché de Hautepierre, le seul du quartier. De 2007 à 2008, le marché est délocalisé sur le parking du boulevard Dostoviesky pour des travaux, à l’initiative de la mairie. Alors qu’il réunissait entre 30 40 commerçants réguliers, la fréquentation monte à 150 commerçants. À l’inauguration en 2008, le service des foires et marchés doit gérer les anciens titulaires et les nouveaux arrivants : la situation est tendue. Le devenir du marché s’invite même dans la campagne électorale. En 2013, Fabienne Keller (LR), alors candidate à la mairie de Strasbourg, promettait aux commerçants de trouver une solution équitable.
Journaliste en formation, de passage chez Rue89 Strasbourg pour se faire les griffes. Intéressée par la politique, la culture et les sujets de société.
Vidéo – Sous pression, le président du Bas-Rhin Frédéric Bierry (LR) a invité la presse en urgence ce lundi 1er février. Il défend ses choix budgétaires pour 2016, notamment celui de couper l’aide à l’hébergement d’urgence et indique que sa collectivité perd près de 20% de son budget. Il va proposer au maire de Strasbourg et au président de l’Eurométropole (PS) de rencontrer avec lui le préfet après l’adoption du budget, pour que l’État s’engage davantage pour les sans-abris.
Frédéric Bierry (LR), président du Bas-Rhin, voulait présenter son budget 2016 tranquillement le 4 février, la veille du vote. Mais entre les premiers retours critiques d’associations, dont nous nous faisions l’écho dès ce lundi 1er février et le courrier du maire de Strasbourg Roland Ries (PS) et du président de l’Eurométropole Robert Herrmann (PS), le chef du Département a préféré prendre les devants.
Parmi les principales critiques, le désengagement du conseil départemental à hauteur de 640 000 euros dans l’hébergement d’urgence des personnes sans-abri. Bien que les travaux sur le budget aient été commencé dès le mois d’août, plusieurs associations n’ont appris que fin janvier qu’elles étaient concernées. Bien que le Conseil départemental ne soit pas le principal financeur de ces structures, les dépenses étant en majorité en ressources humaines, des licenciements et réductions de place d’accueil sont à craindre.
Frédéric Bierry : « L’État doit prendre ses responsabilités »
Frédéric Bierry confirme que le Département a souhaité se concentrer sur ses compétences obligatoires en raison de difficultés budgétaires. Il affirme qu’à la baisse de budget de fonctionnement de 70 millions, s’ajoutent 160 millions d’euros de dépenses sociales non-compensées par l’État. Autrement dit, 230 millions d’euros de différentiel en un an, soit 20% du budget total de la collectivité. Par ailleurs Frédéric Bierry, élu en avril 2015, ne veut pas augmenter la taxe foncière une deuxième année du suite.
Sur l’hébergement d’urgence, il se justifie :
« C’est une politique que je ne remets pas en cause, mais le logement est un compétence de l’État, il doit en assurer la charge. »
Plus étonnant, il a aussi ajouté : « Mon objectif est de tirer une sonnette d’alarme au niveau national ». Nul doute qu’une telle décision ne passe pas inaperçue, là où des coupes dans d’autres domaines auraient causé moins de remous. Appelant à « l’union plutôt qu’à la division », le président du Bas-Rhin va proposer à Roland Ries et Robert Herrmann de l’accompagner lors d’une rencontre avec le préfet du Bas-Rhin Stéphane Fratacci prévue le 11 février, soit après le vote de ce budget.
Un des seuls départements à avoir une politique du logement
Sur la défensive, le président du Bas-Rhin ajoute qu’il dirige « un des seuls départements à avoir une politique sur le logement » et que cela concerne 10% du budget d’investissement. Il indique qu’après avoir fait des économies sur le fonctionnement du Département (-56% ans en budget manifestations en 2 ans par exemple), il n’avait d’autre choix que de revoir certaines des politiques volontaires. Il réfute l’idée d’un traitement différencié pour Strasbourg, en expliquant que 50% du budget consacré à l’habitat le serait sur le territoire de l’Eurométropole.
Sur le financement de l’OLCA (Office pour la Langue et la Culture alsacienne), Frédéric Bierry répond qu’il y a des centaines d’emploi en perspective en Allemagne, citant Zalando et Europapark et qu’il soutient donc cette dépense. Il affirme que l’opposition PS n’a fait que deux propositions de budget, rendre payant les transports scolaires (qui seront éventuellement gérés par la Région à partir de septembre 2017) ou de vendre le château du Haut-Koenigsbourg, « qui sera bientôt bénéficiaire », dixit l’élu de Mutzig.
Photo : Raphaël Da Silva / Rue89 Strasbourg / Flickr
Au Conseil départemental du Bas-Rhin, les budgets tendus s’enchaînent. (photo Raphaël Da Silva / Rue89 Strasbourg / Flickr)
Le président du Bas-Rhin Frédéric Bierry (LR) va recevoir ce lundi 1er février un courrier inquiet du maire et du président de l’Eurométropole de Strasbourg. En cause, les désengagements drastiques et soudains à Strasbourg, prévus en particulier dans l’hébergement d’urgence. Le département du Bas-Rhin, en proie à de grandes difficultés budgétaires, rétorque qu’il se concentre sur ses obligations.
Le vote du budget de l’année 2016 du département du Bas-Rhin est prévu vendredi 5 février. Mais les associations d’aides sociales, interlocutrices entres autres du conseil départemental, n’ont appris que la dernière semaine de janvier dans quelle mesure elles seraient impactées. Certes, le débat d’orientations budgétaires de décembre présageait déjà d’un arrêt complet des nouveaux investissements pendant trois ans, mais les coupes de fonctionnement étaient encore assez floues.
Face aux retours paniqués d’associations strasbourgeoises, Roland Ries (PS), maire de Strasbourg et Robert Herrmann (PS), président de l’Eurométropole ont décidé vendredi 29 décembre d’écrire au président du Bas-Rhin, Frédéric Biérry (LR), dans l’espoir qu’il modifie ou reporte l’adoption de ce budget primitif 2016.
Fin 2014, déjà
Même lorsque Strasbourg était dirigée par la droite, entre 2001 et 2008, plusieurs frictions avaient émaillé les relations entre la municipalité de Strasbourg et le Département du Bas-Rhin. Si Robert Herrmann et Roland Ries (PS) rappellent souvent leurs bonnes relations avec Philippe Richert, président (LR) de la Région Alsace et désormais de la grande région Alsace Lorraine Champagne Ardenne, cela n’est le cas avec le Département. En 2014, le tandem strasbourgeois avaient fortement critiqué le désengagement massif du Département dans le contrat triennal, qui vise à renforcer les projets européens à Strasbourg. La somme allouée par le Département est passée de 29 millions d’euros à 3 millions d’euros sur 3 ans. Le Département avait déjà répondu que certains domaines (comme les transports ou l’éducation) ne seraient plus de son ressort et qu’une grande partie de ses dépenses sociales étaient déjà concentrées à Strasbourg.
Comme depuis plusieurs années, le Département connait des difficultés à présenter un budget équilibré. Ses dépenses obligatoires, notamment en termes de financement de prestations sociales, augmentent chaque année, il n’est pas maître de ses recettes (à l’exception d’une partie de la taxe foncière) et les moyens qui lui sont transférés baissent.
Un désengagement total de l’hébergement d’urgence
En novembre 2015, le département du Bas-Rhin, la Ville de Strasbourg, l’Eurométropole, la CAF, l’État et l’association régionale des organismes HLM avaient signé, en partenariat avec des associations, le Plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD) 2015-2021. Si le montant total était acté, le détail par année n’était pas précisé.
Dans la version 2016, le département ne dépense plus un centime dans l’hébergement d’urgence – une compétence de l’État – contre 640 000 euros en 2015. Une situation que les acteurs concernés semblent découvrir ces derniers jours. La majorité de ces structures dans le Bas-Rhin sont situées à Strasbourg (et à degré moindre Haguenau).
Ces structures reçoivent d’autres financements par d’autres collectivités ou par l’État, mais la grande majorité des frais (environ 90%) étant dépensés en salaires et le reste en factures incompressibles (électricité, eau), chaque baisse, même minime, fait craindre des licenciements. Comme les structures d’accueil sont parfois ouvertes 24h/24, des réductions d’effectifs engendreraient une réduction du nombre de places dites de « stabilisation« .
Sur le terrain, les besoins sont, eux, de plus en plus importants. Les services de la Ville de Strasbourg ont recensé 346 personnes sans adresse en 2015, soit trois fois plus qu’en 2011 (115 personnes). Un chiffre sûrement en-deçà de la réalité car certaines personnes sans domicile fixe disposent d’une adresse administrative auprès d’organisme, sont hébergés par des proches ou refusent l’aide proposée.
La subvention de 2015 du CCAS toujours pas payée
La situation est d’autant plus tendue que la subvention habituelle de 102 000 euros (sur un budget total de 4,3 millions d’euros) au Centre communal d’Action sociale (CCAS) n’a toujours pas été payée par le Département. La collectivité assure aujourd’hui avoir pris connaissance de la situation fin janvier seulement et qu’elle réglerait son dû.
Mais des baisses importantes de budget se retrouvent aussi dans le domaine de la jeunesse.
Conséquence : des associations pourraient se rapprocher à la hâte pour éviter des licenciements.
Moins 2 millions pour les jeunes majeurs
Autre baisse sensible qui inquiète les acteurs concernés, celle dans l’accompagnement aux jeunes majeurs, une compétence cette fois-ci obligatoire du Département. L’aide passe 8,7 millions d’euros à 6,7 millions (-23%). La délibération met en avant un nombre de contrats plus faible en 2015 et une offre moins onéreuse.
Pour certains acteurs proche du dossier, cela s’explique par des conditions durcies. L’aide n’est valable que 6 mois et il faut finir sa formation dans l’année (c’est-à-dire à 19 ans dans la majorité des cas) ou être handicapé pour bénéficier d’un renouvellement de 6 mois.
Marie-Dominique Dreyssé, vice-présidente (EELV) de l’Eurométropole en charge des solidarités, s’alarme de ces désengagements, mais aussi des conséquences financières du timing de l’annonce :
« Lorsqu’on apprend fin janvier 2016 aux associations qu’elle n’auront pas leur subvention pour toute l’année 2016, cela représente encore plus que le montant non-versé, car elles vont devoir financer des licenciements, ce qui a un coût. Si cela avait été annoncé en amont des solutions auraient pu être trouvées. »
« L’hébergement d’urgence ? C’est une compétence de l’État »
Frédéric Bierry présentera en détail ses choix budgétaires lors d’un déjeuner de presse jeudi 4 février, mais une collaboratrice prévient déjà :
« Marie-Dominique Dreyssé devrait adresser ses reproches à l’État. L’hébergement d’urgence est de sa responsabilité, tandis que notre aide était volontariste. Nous n’avons plus la clause de compétence générale depuis la réforme territoriale qui permettait d’agir dans tous les domaines. Nous avons 70 millions d’euros en moins cette année sur un budget de 1,1 milliard. Par ailleurs, le Département s’engage à hauteur de 14 millions d’euros sur le logement, pour justement diminuer les situations d’hébergement d’urgence. »
Le département compte aussi sur les Assises de l’engagement, débutées au mois de décembre pour 6 mois, pour que des solutions collectives moins coûteuses émergent, notamment en mutualisant des moyens entre associations.
Suzanne Kempf : « ce budget résulte aussi de choix »
Ces réponses sont trop simples pour Suzanne Kempf, présidente du groupe d’opposition PS au conseil départemental :
« Il est vrai que le département a des difficultés, mais ce budget résulte aussi de choix. Par exemple, on retrouve encore une subvention pour l’OLCA (Office pour la Langue et la Culture d’Alsace, structure présidée par le conseiller régional et maire de Truchtersheim « Les Républicains » Justin Vogel, ndlr), ce qui n’est pas une compétence obligatoire. L’aide est supprimée à des petites associations, qui par exemple tenaient une épicerie solidaire avec seulement 20 000 euros par an. On nous avait dit qu’on pourrait travailler à l’élaboration de ce budget, ça n’a pas été le cas. Quand on le voit, on comprend mieux pourquoi il n’a pas été présenté avant les élections régionales… »
Du 4 au 9 février, le Camionneur organise son premier festival de jazz, Jazz au Cam. Une édition au plateau éclectique et relevé et qui mise avant tout sur les passerelles entre les styles musicaux. Présentation.
Jazz au Cam, un festival de jazz supplémentaire à Strasbourg ? Oui, mais… Cette première édition, organisée du 4 au 9 février sur la scène du Camionneur grâce à l’activisme des deux co-programmateurs Jean-René Mourot et Adrien Geschickt, musiciens par ailleurs, a la particularité de se poser en plein hiver, histoire de réchauffer cœurs et esprits. Bien après LA référence que constitue Jazzdor à l’automne et bien avant Wolfi Jazz et Au Grès du Jazz, les deux festivals de Wolfisheim et La Petite Pierre respectivement organisés en juin et en août.
Si Jazz au Cam ne révolutionne rien (et ce n’est pas la ligne défendue ni recherchée), ce nouvel événement vient enrichir l’offre musicale déjà bien fournie à Strasbourg et environs. Avec cette volonté de montrer la diversité d’un jazz sans limite ni frontière, lié à tous les styles musicaux.
Une tête d’affiche : Laurent de Wilde le 4 février
Laurent de Wilde (Doc. remis)
Le pianiste français, formé à New York et grandi dans l’héritage de Duke Ellington, Gershwin, Herbie Hancock, Thelonious Monk ou encore Bills Evans, vient en power trio avec Jérôme Regard à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie. Une formule punchy qui peut laisser libre cours à un jazz mouvant que De Wilde pourra conduire comme bon lui semble sur des territoires musicaux moins conventionnels, mariant son jazz à d’autres sonorités comme il ne cesse de le faire sur ses productions, ses collaborations, ses expérimentations. En atteste son dernier album en date, Fly Superfly à l’automne 2014, qui met aux prises l’homme et les machines dans un projet mené avec le producteur Otisto 23.
La saveur des mélanges avec Tina Mweni & Namaste le 6 février
Nom de code : A life Experience. D’un côté, Tina Mweni, MC, danseuse et activiste d’un son hip hop qui portera cette jeune femme danoise originaire du Kenya sous les projecteurs de l’émission Denmark’s got Talent. De l’autre, Namaste, quartette énergique de Marseille qui marie jazz groovy et funky à la chaleur du dancefloor sur fond d’électro bien remuante !
Du metal au jazz-rock avec Alex Skolnick le 8 février
Alex Skolnick, c’est ce grand chevelu tatoué qui a fait les belles heures de Testament jusqu’au début des années 90. Icône de la scène heavy metal à la sauce californienne, le groupe californien tournera même avec des pointures comme Slayer et Megadeth. Mais Skolnick le guitariste réoriente son jeu vers un jazz teinté d’un rock à l’ADN toujours bien présent mais peut-être un peu plus sophistiqué.
En première partie, ce lundi 8 février : un autre Américain, le guitariste Jeff Aug, véritable génie des cordes et du picking, donnant l’impression d’une petite formation à lui tout seul. Tendance rock bluesy très savoureuse.
Une Jam du Cam spéciale le 9 février
Depuis plus de quatre ans, la Jam du Cam ouvre sa scène aux aficionados du live. Une scène libre, sur inscription, pour venir jouer et se faire plaisir en bouffant avec d’autres musiciens. A l’occasion de la première édition du festival Jazz au Cam, l’ouverture de soirée sera confiée au Quartet 211, groupe de jeunes musiciens du conservatoire de Strasbourg qui explorent le répertoire des années 50 et 60 avec un regard porté sur la musique contemporaine.
Y aller
Festival Jazz au Cam du 4 au 9 février au Camionneur, 14 rue Georges Wodli. Pass semaine à 50 euros pour six soirées de concerts. Programme complet, informations, tarifs et horaires sur le site internet du Camionneur et du festival Jazz au Cam.
Ancien maire délégué (UMP) de Strasbourg et grand amateur de promenades boisées, Robert Grossmann adresse une lettre ouverte à Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, sur l’état de la forêt du Rhin, qu’il juge dans un état déplorable.
Monsieur le Maire,
Je souhaite attirer votre attention sur l’état de la forêt de la Robertsau. Je tiens à saluer tout d’abord la remise en eau et la résurrection du Canal des Français qui était attendue par tous les Robertsauviens et tous les promeneurs du Parc de Pourtalès.
Pour l’instant l’eau s’approche de l’ancien étang derrière le château et l’on aimerait savoir si cet étang sera lui aussi restitué. Voilà une première question.
Mais c’est l’ensemble de cette forêt que je voudrais évoquer. Nous avons la chance d’avoir des forêts de proximité qui constituent notre poumon vert et un formidable capital loisir et santé pour tous nos concitoyens. La forêt de la Robertsau s’étend sur 493 ha, et on attend toujours son classement en réserve naturelle. Sur le site internet de la Ville on peut lire aussi : « pour le massif de la Robertsau, un plan d’aménagement demande à être réalisé. L’objectif est de garantir, sur le long terme, un fonctionnement de l’écosystème en équilibre dynamique avec son environnement, capable d’évoluer et de s’adapter naturellement. » Très bien, mais où en est-on au juste ?
Lorsqu’on s‘y promène on ne peut manquer d’être frappé par une sorte de déshérence, un vrai laisser aller. Tout au long des chemins et des sentiers de troncs jonchent le sol et pourrissent.
Ètat de déshérence
Il semble n’y avoir aucun entretien.
Du temps du maire Rudloff, en 1984, la Ville avait développé une belle politique de valorisation de nos forêts avec introduction de chevaux de traits pour le nettoyage et aussi un plan de remise en eaux vives des bras morts du Rhin. Les effets furent spectaculaires pour la revivification de la forêt avec une satisfaction immense de tous les promeneurs amoureux de la forêt.
Aujourd’hui, on a le sentiment que nettoyer les bois et curer tous ces canaux à eaux stagnantes entrelacés dans la forêt n’est plus à l’ordre du jour. Je me demande si ce laisser aller est volontaire et si la méthode actuelle de gestion de la forêt ne consiste pas, pour la municipalité, à la laisser pourrir sur pieds.
Pourtant cet aspect n’est pas constitutif d’un modèle originel de la forêt que pourraient souhaiter des fanatiques du retour à la préhistoire, mais plutôt d’un incroyable désordre peu engageant. Une forêt, à plus forte raison forêt de loisir, doit être entretenue.
Cet état de fait est particulièrement visible le long de cette belle promenade qui part près du gros blockhaus après le Fuchs am Buckel, par le Bunker Straessel puis le long du Steingiessen et de ses berges jusqu’au pont de la grande digue.
Je vous invite à vous y balader, à contempler l’état de la rivière. Je suis certain que comme moi vous serez frappé par la saleté et le laisser aller qui impactent ces sites. Au minimum, pourrait-on se débarrasser des détritus et ordures qui s’y accumulent ?
Parcours sportif à l’abandon
J’en profite pour évoquer aussi l’état d’abandon dans lequel se trouve, à proximité, le « parcours sportif » de la Robertsau, le premier installé à Strasbourg. Il est dans un état d’abandon décourageant. Non seulement son environnement est constitué de troncs d’arbres pourrissant à même le sol, par des traces d’anciens bras morts du Rhin où stagnent des mares d’eau croupissante, surtout, les installations sont, pour un bon tiers, hors d’usage ou carrément détruites. Je pense notamment aux agrès 6/8/10/14/16.
Bref, ce parcours sportif est dans un état indigne de notre ville.
Je vous remercie de prêter attention à mon courrier et je me permets de vous inviter à rendre cette forêt à nouveau attractive et à rénover le parcours sportif.
Robert Grossmann Ancien maire-délégué de Strasbourg
Oubliez les studios, chez Raphaël Koschig, on tourne dans le garage (Photo NM / Rue89 Strasbourg)
Sur YouTube, entre les podcasts et les chats mignons, on trouve des vidéastes qui veulent divertir et instruire. Raphaël Koschig, 28 ans, est l’un des rares Alsaciens à s’être fait une place sur la plateforme vidéo. Son créneau ? L’histoire insolite des mots. Mais quand travail et famille s’en mêlent, difficile de tenir le rythme…
Qu’est ce qu’un boustrophédon ? Quelles sont les véritables origines du mot « arobase » ? Qui sont « ces messieurs » sadiques et sortis de nulle part qui veulent plonger une souris verte dans l’huile bouillante ? Autant de questions que vous ne vous posez pas, mais auxquelles Raphaël Koschig, alias CodeMU, répond avec humour sur sa chaîne YouTube.
Cinéphile et amoureux des mots, créatif hyperactif, ce Strasbourgeois de 28 ans ne correspond pas à l’image qu’on appose généralement aux « youtubers », ces comédiens qui se taillent des réputations grâce à un humour geek.
Raphaël Koschig préfère le terme de « vidéaste » et reçoit de Google 20 à 30 dollars par mois pour ses vidéos qui totalisent 20 à 30 000 vues mensuelles. Donc en attendant la célébrité, il troque tous les matins sa casquette de vidéaste pour celle de facteur, afin d’assurer un revenu à toute sa petite famille, sa femme Joanna, leurs deux enfants, deux chats et deux lapins.
Aujourd’hui, une chose lui manque : le temps. Sa dernière vidéo, une analyse des paroles d’Il était une bergère, date de novembre 2015, et il planche depuis plus de quatre mois sur un nouvel épisode « ambitieux ». Il y a encore un an, avant qu’il ne fasse la tournée des boîtes aux lettres, Raphaël Koschig publiait deux à trois productions par mois. Au fil des années, il a investi environ 5 000 euros dans ses outils de vidéaste pour divers projets.
Un apprentissage en autodidacte
Après un bac scientifique, « parce que les techniques audiovisuelles sont très liées à la physique », Raphaël Koschig opte pour une licence en Arts du spectacle, spécialité cinéma… où il s’ennuie peu ou prou pendant trois ans. Dès l’âge de 14 ans, il s’est forgé une expérience en autodidacte, en voulant copier son frère aîné. Caméscope paternel au poing, il filme, tout et n’importe quoi, réalise des courts métrages, s’essaie au montage et aux effets spéciaux.
Rapidement, il démonte les idées reçues : non, celui qui collectionne les mots étranges ou à rallonge dans son « Panthéon de MU » ne dévore pas cinq romans et encyclopédies par jour. Raphaël Koschig s’en amuse :
« Tout le monde me dit que j’ai monté une chaîne YouTube littéraire, mais quand même, la littérature et la langue française, c’est pas la même chose. Et puis, je suis tout sauf un grand lecteur ! Quand je lis, je suis incapable de me concentrer. Ma collection de mots, je l’ai accumulée au fil des années : dans des bouquins de culture générale, au cours de jeux avec une amie quand j’étais ado. C’était à celui qui trouverait le mot le plus alambiqué ou le moins connu. J’en ai découvert aussi pas mal en me penchant avec ma femme sur les concours d’orthophonie, où on trouve des termes que strictement personne ne connaît avec des définitions incroyables. Le reste, c’est les mots croisés : découvrir des mots, ça m’interpelle et me fascine. »
Un ami a construit ce caisson de résonance pour les besoins du vidéaste et de sa femme, comédienne voix-off (Photo NM / Rue89 Strasbourg)
YouTube s’ouvre à la culture
En 2014, en recherche d’emploi, le vidéaste traîne sur YouTube et découvre que la révolution culturelle est en marche :
« Un nouveau type de chaînes cartonnait : des vidéos fouillées, pour instruire et divertir. J’ai découvert le boulot d’Axolot qui s’intéresse à des personnages, lieux ou histoires insolites, ou encore d’E-penser, qui donne dans la vulgarisation scientifique. »
Créer un univers personnel, être son propre patron, se faire un nom… Encouragé par sa femme, qui jouera la voix-off, narratrice de nombreux épisodes, Raphaël Koschig se lance en mai 2014 et devient CodeMU. « Mu » serait, selon lui, la racine du mot « mot » : émettre des borborygmes inaudibles, « comme un homme de Cro-Magnon ». Et en plus, c’est facile à retenir.
La langue française à toutes les sauces
Les retours sur ses premières vidéos sont positifs, les abonnés se multiplient (plus de 60 000 aujourd’hui), surtout quand Axolot et E-Penser partagent ses créations. Chose assez rare sur YouTube, il est même relativement épargné par les « haters » du web, et leurs « c nul » gratuits et peu constructifs.
En plus des épisodes « Code MU », où il construit une histoire autour de trois mots bizarroïdes, le vidéaste se lance dans d’autres formats. Dans la peau du Professeur Mu, il ouvre la porte d’un cabinet de curiosités et se penche sur l’histoire d’expressions du quotidien. Replongé par la paternité dans les comptines de son enfance, il réalise que les paroles sont souvent absurdes, sans queue ni tête, voire hyper-violentes : naît alors un nouveau segment, plus naturel et improvisé que les autres, « Les comptines de la défonce ».
Pour échanger avec ses fans, Raphaël lance aussi le concours « Invente un MU » : autour d’un thème donné, chacun propose un mot fictif de son cru. La première édition, qui portait sur la canicule, a engrangé plus de mille inventions, comme le « lucraniculeur », désignant quelqu’un qui utilise les fortes chaleurs dans un but lucratif.
Pour expliquer trois termes obscurs de l’archéologie, Raphaël Koschig a convoqué un expert (Capture d’écran YouTube)
De 10 à 80 heures passées sur chaque vidéo
Tous les épisodes sont filmés dans le garage ou au salon : un écran vert tendu, un bon appareil photo, trois torches à LED, deux ordinateurs pour le montage et le tour est joué. Pour une vidéo de 2 à 3 minutes, Raphaël Koschig passe entre 10 et 20 heures à faire des recherches, écrire, filmer, monter, éditer, en collaboration avec sa femme. Le dernier Code MU, qui portait sur l’archéologie et invitait Harrison Ford en personne (et son célèbre doubleur Richard Darbois), en a nécessité plus de 80. Pour le vidéaste, c’est un déclic :
« C’est en réalisant cet épisode que j’ai décidé de m’impliquer à fond dans des vidéos qui valent la peine d’être publiées. Maintenant que j’ai une petite communauté derrière moi, je veux montrer que je sais et veux réaliser de la fiction, axer plus sur la mise en scène. Au début, le leitmotiv de ma chaîne était découvrir l’origine des mots. Aujourd’hui, l’idée est de se divertir autour de la langue française, tout en apprenant quelques trucs. »
Boulot, dodo… moins de vidéos ?
Mais à partir de l’été 2015, le rythme de la chaîne ralentit considérablement. L’allocation chômage prend fin, et Raphaël Koschig dégote un poste de facteur. Le boulot idéal qui colle à son mode de vie et lui permettra de continuer son activité de vidéaste, songe-t-il… à tort.
« Je me suis dit : facteur, c’est parfait, tu es sportif, tu bosseras de 6 heures à midi… Mais pas du tout ! Depuis, mon activité a énormément baissé sur YouTube. Je rentre chez moi parfois en toute fin d’après midi, je suis claqué, je m’occupe des petits… Le soir, je travaille vite fait sur mes projets si je suis motivé, mais c’est difficile… et frustrant. J’ai plein d’idées qui chauffent dans la tête quand je fais mes tournées à vélo, et je ne peux pas les mettre en place. »
Raphaël Koschig a économisé pendant des années pour obtenir du matériel de qualité (Photo NM / Rue89 Strasbourg)
Qu’importe, l’amoureux des mots et de la vidéo ne se laisse pas abattre : sa chaîne évoluera tranquillement, mais sûrement. Il planche depuis des mois sur son nouveau Code MU, qui portera sur l’astronomie, et qui devrait même solliciter un membre de la NASA… Puisqu’il n’a plus le temps de publier régulièrement, il assume : ses vidéos seront rares, mais très travaillées.
Vivre de sa passion, sur YouTube ou ailleurs
Gagner suffisamment d’argent sur YouTube, Raphaël Koschig en rêve. Mais des rêves, ce fan de Quentin Tarantino et Robert Zemeckis en a à la pelle. Internet, c’est l’avenir, il en est certain. Alors pourquoi pas, quand son activité sur YouTube dépassera ses revenus de salarié, se lancer dans la production de fiction sur le web ? Le Strasbourgeois ne se ferme aucune porte, mais souhaite prendre son temps :
« Je pourrais me forcer à sortir des vidéos plus souvent, privilégier la quantité et attirer les abonnés. Mais je n’ai pas envie de me stresser, de faire subir cette pression à ma famille, ou de les mettre de côté. C’est plus facile pour les Youtubers vraiment connus : la plupart n’ont pas d’enfants et gagnent assez pour en vivre. Moi, je ne peux pas me le permettre. Le week-end, je me coupe totalement de ce monde, et je reste en famille. »
Avant de reconnaître qu’il serait aisé de céder à la tentation :
« C’est vicieux, mine de rien. Je me revois, tout excité, quand j’ai dépassé les mille abonnés, j’arrivais à peine à le croire. Maintenant, j’en ai 60 000 et je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’aimerais bien passer à 100 000. »
Journaliste en formation, de passage chez Rue89 Strasbourg pour se faire les griffes. Intéressée par la politique, la culture et les sujets de société.
De vraies loges VIP et plus de places. C’est le projet d’extension du Rhénus, la salle de SIG. Le club de basket de Strasbourg veut se doter d’une arena, qui serait un lieu de vie du Wacken même en dehors des jours de match. Reste à trouver un sponsor pour co-financer l’opération.
On en sait un peu plus sur le projet d’une nouvelle salle pour la SIG Basket. Lorsqu’en mai 2015, son président Martial Bellon affirmait pour la première fois l’ambition de se doter d’un nouvel équipement, l’idée portait soit sur un agrandissement de l’actuel Rhénus Sport, soit d’une nouvelle salle autre part à Strasbourg. Si les financeurs sont trouvés d’ici la fin de l’été, ce sera bel et bien un agrandissement du Rhénus au Wacken.
Strasbourg et Illkirch vendent leurs actions
La Ville de Strasbourg, l’Eurométropole de Strasbourg et la Ville d’Illkirch-Graffenstaden ont revendu leur parts dans le club de la SIG. Les actions, qui représentaient 51% du capital de l’entreprise, sont vendues à leur prix initial à Sig & Entreprises, un groupement d’une quarantaine d’entreprises qui possèdent chacune une action de 5 000€. La transaction représente très précisément un gain de 100 763 euros pour la Ville de Strasbourg, 82 394 euros pour l’Eurométropole et 20 732 euros pour Illkirch-Graffenstaden. Sig & Entreprises devient actionnaire majoritaire du club avec 87% des parts. Les supporters rassemblés dans Sig & Territoires détiennent 12% des actions restantes, tandis que 1% appartiennent aux propriétaires initiaux.
Avec des commerces, les alentours de la future « arena » de la SIG doit devenir un lieu de vie du futur quartier d’affaire du Wacken, où de nombreux logements seront construits. Mais la SIG n’en est pas encore là. Elle doit d’abord trouver un sponsor pour co-financer la structure, car elle a décidé de ne pas faire appel à la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, aux finances contraintes.
D’après des études de faisabilité, deux options sont possibles. Une extension pour passer de 6 200 à 8 007 places, une autre pour atteindre environ 10 000 places. L’intérêt de ces agrandissements serait aussi d’augmenter la capacité en places VIP, notamment avec la construction de véritables loges, un équipement qui n’existe pas dans la salle actuelle.
Avec ces équipements, le club espère continuer à augmenter son budget d’environ 6,5 millions d’euros à 9 millions, sans que la participation des collectivités territoriales augmente.
Le coût de l’agrandissement à 8007 places s’évalue entre 21 et 22 millions d’euros (HT), tandis que celle à 10 000 places serait de l’ordre de 25 millions euros. Quelle que soit l’option retenue, il faudra aussi compter 3,5 à 4 millions d’euros pour les 3 000m² d’espaces commerciaux destinés à la location. Ils se situeraient sur l’actuel parking VIP le long du canal de la Marne au Rhin.
Un sponsor pour donner le nom à la salle
À l’arrière du Rhénus, un stade d’entrainement serait construit, puisque l’actuelle salle du Tivoli sera détruite pour faire place au nouveau théâtre du Maillon. Un parking serait ajouté sur une partie du Hall Rhénus. Pour continuer à jouer pendant les travaux, un deuxième toit serait d’abord construit pour ajouter un niveau au-dessus des gradins, avant d’enlever l’actuel plafond.
Chaque association couvre un territoire de 180 000 à 200 000 habitants (document Eurométropole)
Beaucoup de Strasbourgeois ont adopté le réflexe de donner leurs vêtements lorsqu’ils sont usés, trop petits ou qu’on s’en lasse. Mais l’Eurométropole de Strasbourg (ex-CUS) s’est aperçue que plusieurs entreprises avaient mis en place leur propres bennes, quitte à rajouter quelques autocollants d’associations.
D’une part, leur occupation de l’espace public était illégale, et d’autre part, leur activité n’avait rien d’une action caritative, comme l’avait notamment soulevé Envoyé Spécial de France 2.
Chacun son secteur
Face à cette situation, l’Eurométropole a décidé de réglementer l’implantation de ces conteneurs, grâce à une délibération votée en commission permanente vendredi 29 janvier : seules des structures caritatives ou d’insertion sociale pourront bénéficier d’un emplacement sur le domaine public pour récupérer les dons des Strasbourgeois.
Parmi les 7 candidats, quatre ont été retenus, notamment en fonction de la dimension sociale et environnementale de leur projet : Emmaüs Mundolsheim, Vétis, Horizon Amitié et Le Relais Est. Chacun se répartit un secteur géographique de l’Eurométropole (voir carte ci-dessus).
Les opérateurs ont trois mois pour retirer leur benne si elle se trouve pas dans le secteur qui leur revient, sous peine d’une amende et d’un enlèvement en fourrière. Le nombre total de points pour déposer les vêtements devrait augmenter dans l’agglomération et donc le nombre de tonnes d’habits récupérés passer de 1 300 à 3 000, d’après une étude de l’organisme Eco-TLV, partenaire financier de l’opération. Cette convention d’occupation dure 4 ans.
Les choix de l’Eurométropole de Strasbourg pour le tracé du réseau de tramway vers le quartier de Koenigshoffen sont vivement critiqués par une partie des habitants de l’ouest et du quartier gare.
Le tramway vers Koenigshoffen, à l’ouest de Strasbourg, est-il maudit ? Après avoir provoqué un intense débat en 2012 sur la nature du matériel à utiliser, tram sur pneus ou tram fer, voici que le débat rebondit à propos du tracé. Dans une délibération votée en décembre, le conseil de l’Eurométropole réssuscite le tramway vers Koenigshoffen, qui était en rade depuis la réélection de Roland Ries comme maire de Strasbourg, mais dans une version ultra-réduite : une amorce jusqu’à l’allée des Comtes.
Le tracé vers Koenigshoffen tel qu’il est présenté par l’Eurométropole Photo : doc Eurométropole
C’est peu, mais c’est déjà suffisant pour provoquer des remontées acides chez des habitants de Koenigshoffen et ceux de la Gare. Car dans la délibération votée par le conseil de l’Eurométropole en décembre, il est indiqué :
« La desserte de l’ouest peut ainsi être réalisée par la réorientation de la ligne F en direction de Koenigshoffen, sans surcharger significativement le fonctionnement du nœud Homme de Fer. Les réflexions menées depuis 2013 montrent en outre la faisabilité et l’intérêt d’une connexion via les infrastructures existantes de la ligne B (facilités d’exploitation, coût d’investissement, préservation des aménagements réalisés sur la place de la Gare, etc.) »
L’ennui avec ce tracé est qu’il utilise la rue du Faubourg National, actuellement utilisée par un marché bihebdomadaire très prisé. Pour l’association des habitants du quartier gare (AHQG), ce tracé est inacceptable car il coupe en deux le quartier gare et le prive de son « centre naturel » comme l’explique Pierre Reibel, trésorier :
« Cette place est utilisée régulièrement par les habitants des deux parties du quartiers gare, pour justement se rencontrer lors des marchés et à l’occasion de manifestations que nous organisons. Nous en avons besoin. Nous avons tenté d’alerter la municipalité par des avis, des courriers, des rencontres avec les élus mais rien ne semble fonctionner. Alors pour la première fois en 25 ans d’existence, l’AHQG est à l’origine d’une pétition pour sauvegarder cet aspect du faubourg National. »
Une étude compare les variantes des tracés, et conclut que l’option d’extension du tram C génère plus de désagréments que l’autre Photo : doc Eurométropole
Intense mobilisation de l’association du quartier gare
Du coup, les membres de l’AHQG mobilisent sur leur site web, via leur journal de quartier et diffusent des tracts sur ledit marché contre le tracé du tramway envisagé par la municipalité, faisant à nouveau planer sur cette ligne une menace d’invalidation populaire.
Mais l’AHQG n’est pas seule. Elle est rejointe dans ce combat par le collectif « Pour un tram fer à Koenigshoffen », qui a déjà eu la peau du tram sur pneus. Pour Pierre Ozenne, porte-parole de ce collectif, argumente :
« Le tracé qu’on nous propose ne relie pas Koenigshoffen à la gare, et il pointe vers la place de l’Homme de Fer, actuellement saturée. Or la ligne B est appelée à être de plus en plus sollicitée en raison des programmes immobilier en cours de construction à Lingolsheim et Ostwald, si bien qu’il n’y aura tout simplement plus la place de faire passer les tramways de Koenigshoffen sur le tronçon qui traverse les quartiers de la gare ! Il serait bien plus utile de prolonger la ligne C, directement depuis la gare, en la faisant passer par les boulevards ce qui, au passage, permettrait de réaménager l’espace public de ces quartiers, largement délaissés depuis des années. »
Plus de nuisances en partant de la gare, selon une étude
Mais dans la délibération de décembre, les services techniques de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), devenue au passage maître d’ouvrage sur ce dossier, indiquent que la ligne C devrait saturer en raison de l’augmentation du trafic des passagers en provenance de la gare SNCF, et qu’elle ne sera donc pas en mesure d’absorber le trafic de Koenigshoffen, qu’il faudrait revoir intégralement la plate-forme actuelle et que ce serait dommage de réaliser à nouveau des travaux sur cette place, déjà souvent réaménagée ces dernières années.
L’administration s’appuie sur une étude réalisée par Transitec, que Rue89 Strasbourg s’est procurée. Dans cette étude, les auteurs analysent les impacts sur la circulation des deux tracés proposés et concluent qu’une extension de la ligne C générerait plus de désagréments qu’une extension à partir des lignes B / F.
La variante à partir de la ligne C pose plus de problèmes selon Transitec Photo : doc Eurométropole
Dans sa synthèse, Transitec résume :
« Les impacts négatifs de la variante 1 (extension de la ligne C) pour lesquels des solutions d’amélioration semblent difficiles à trouver sont : le fonctionnement du pôle d’échanges de la Gare Centrale ; l’aménagement du boulevard de Metz avec la « cohabitation » de la nouvelle ligne/tram, de la circulation générale, des vélos, des taxis, des cars de tourisme, des bus urbains comme interurbains. »
Mais le cabinet ajoute :
« Pour ce dernier item (la circulation des lignes urbaines et interurbaines), il convient de préciser que le problème se posera également sur le tronc commun des variantes 1 et 2 que constitue le boulevard de Nancy. »
Autrement dit, quelque soit le tracé, la cohabitation entre les différents modes de transports, surtout s’ils requièrent des sites propres, sera très complexe à mettre en œuvre sur les boulevards.
Les élus de quartiers espèrent beaucoup de la concertation
Les opposants à ce tracé ont donc raison de s’inquiéter et de penser que tout a déjà été décidé. Pourtant, une concertation publique doit avoir lieu et les élus de quartier assurent qu’elle proposera plusieurs tracés aux habitants. Adjoint au maire (PS) pour le quartier de Koenigshoffen, Éric Elkouby la promet « avant juin » :
« Je rencontre les habitants, les commerçants, les acteurs du quartier et je suis très heureux que notre quartier ait finalement son tramway. On n’a plus le temps pour des polémiques, le Collectif pour un tram fer nous a tout de même fait perdre trois ans avec un faux débat ! Aujourd’hui, il y va du futur de notre quartier, c’est un projet de réaménagement structurant qu’il nous faut. Il sera toujours temps ensuite pour voir si le tramway doit continuer sur la route des Romains ou remonter vers le nord. »
Adjoint au maire (PS) pour le quartier de la Gare, Paul Meyer renchérit :
« La parole des habitants sera entendue, je m’en porte garant, mais de tous les habitants et pas seulement ceux de l’AHQG. Je pense notamment aux 3 000 résidents du quartier prioritaire de la Laiterie, et qui peuvent aussi légitimement revendiquer que les places de la Porte-Blanche et Sainte-Aurélie soient refaites. Je crains que le débat ne soit mal posé : il faut se poser la question des flux et des temps de parcours quand on étudie des tracés. Et là dessus, l’AHQG ne propose rien. »
Outre l’AHQG et le Collectif pour un tram fer, une autre association s’immisce dans ce débat, l’association de défense de l’environnement et de la nature en Alsace (Adena), créée par des anciens d’Alsace Nature à la suite d’une fâcherie. Dans une lettre adressée au maire, l’Adena reprend en partie les propositions du Collectif :
« Étendre la ligne C depuis la gare plutôt que détourner la ligne F permettrait d’amorcer une boucle intérieure du tramway, via les boulevards. Cette boucle permettrait d’alléger la charge sur la place de l’Homme de Fer. »
Le budget projeté pour atteindre Koenigshoffen en tramway est de 36 millions d’euros. L’État devrait subventionner l’opération à hauteur de 3,3 millions d’euros, soit deux fois moins qu’initialement prévu (8,4 M€) mais pour un kilométrage prévu également divisé par deux.
(Mis à jour vendredi à 11h pour intégrer l’étude Transitec)
Occupation de l’une des cabanes anti-GCO par les jeunes écologistes (Photo Jeunes écologistes d’Alsace / Facebook )
Les opposants au Grand contournement autoroutier ouest (GCO) de Strasbourg restent mobilisés. Alors que la signature du contrat entre le concessionnaire (un groupement mandaté par Vinci) et l’État est imminente, une cinquième cabane anti-GCO sera inaugurée sur le futur parcours de l’autoroute payante. Le rendez-vous est fixé samedi 30 janvier à 10h30 sur la D31 au niveau du chemin de terre entre Pfettisheim et Pfulgriesheim.
Le collectif GCO-non merci, Alsace Nature et l’association des usagers des transports urbains de l’agglomération strasbourgeoise (ASTUS), soutenus par Europe Écologie Les Verts estiment qu’il est vital de préserver les terres agricoles fertiles et la biodiversité du Kochesberg, plutôt que de construire une nouvelle autoroute qui ne résoudrait. Alsace Nature a formulé 10 contre-propositions, notamment de favoriser les transports collectifs de personnes comme de marchandises.
Du côté des dirigeants strasbourgeois, alsaciens et de l’État, on pense au contraire que cette autoroute permettra de détourner une partie du trafic de l’A35 qui traverse Strasbourg, notamment en obligeant les camions à y circuler. La date du début des travaux n’est pas encore connue. S’ils n’ont pas démarré en 2018, la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet sera caduque. D’autres cabanes de protestation sont prévues.
Y Aller
Inauguration de la cinquième cabane anti-GCO, samedi 30 janvier à 10h30 sur la D31 au niveau du chemin de terre entre Pfettisheim et Pfulgriesheim
Derrière cette revendication, une centaine d’associations à travers toute la France (Capture d’écran Facebook)
Alors que le débat sur la possibilité d’étendre ou non la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux continue, une centaine d’associations rassemblées sous l’étendard « Nous ne céderons pas ! » appelle à manifester pour dire « non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats. » L’appel se veut unitaire. Sur leur site, une pétition interpellant le gouvernement a déjà recueilli près de 35 000 signatures.
Carte des manifestations contre l’état d’urgence (capture d’écran)
Des manifestations sont prévues un peu partout en France. À Strasbourg, rendez-vous est donné le samedi 30 janvier à 15 heures, place Kléber, à ceux souhaitant « défendre la liberté sans discrimination ».
Y aller
Rassemblement « Nous ne céderons pas ! », samedi 30 janvier à 15 heures, place Kléber à Strasbourg.
Journaliste en formation, de passage chez Rue89 Strasbourg pour se faire les griffes. Intéressée par la politique, la culture et les sujets de société.
Dans les établissements juifs, la grande difficulté est de gérer le rapport avec les garçons (AF/Rue89Strasbourg)
Au cours de leur carrière, les professeurs qui enseignent dans le privé doivent s’adapter à des pratiques et modes de pensée différents. Pas toujours facile pour ceux qui se disent « athées ». Deux d’entre eux livrent quelques anecdotes et réflexions issues de leurs expériences dans des établissements juifs et catholiques de Strasbourg, sous contrat avec l’État.
D’emblée, le directeur lui a demandé : « Êtes-vous prête à enseigner dans une école juive ? ». Caroline – les prénoms ont été changés – avait été prévenue, un nouvel univers l’attendait. Mais elle a répondu oui, contrairement à d’autres avant elles qui n’avaient pas accepté de se plier au règlement particulier de l’établissement. Elle admet aujourd’hui avec un sourire en coin avoir secrètement pensé : « Pourvu qu’ils ne tentent pas de me convertir ».
Alors jeune professeure, elle a ainsi découvert une école où les élèves sont exclusivement issus de la communauté israélite, les filles et garçons restent séparés en classe, les professeurs doivent veiller à ce que les garçons gardent leur kippa et les enseignantes, surtout, adopter un code vestimentaire distinct : cacher les jambes jusqu’au-dessous des genoux et les bras au-delà des coudes.
Pour respecter ce dernier des quatre commandements, la plupart des femmes portent une jupe. Caroline, quant à elle, comme ce n’était pas trop son truc, a opté pour la blouse. Marie, aussi passée par cet établissement, avait trouvé une autre combine, dont elle s’amuse encore aujourd’hui :
« Une année, j’enseignais à mi-temps entre une école catholique et cette école juive. Je remontais ma jupe devant les premiers élèves, car je trouvais ça austère, et en arrivant dans la deuxième école, je la descendais. Parfois, quand j’étais en retard et en pantalon, et que je n’avais donc pas eu le temps de récupérer ma blouse, je gardais mon manteau. »
Les profs, ces bêtes curieuses
Ici, la religion rythme la vie des élèves. Le matin, les enfants arrivent entre 6h30 et 7h pour une prière en hébreu, avant le début des cours à 8h. À 17h, place à une deuxième session de prière. Dans ce cadre bien réglé, Caroline, la professeure athée, est devenue un objet de curiosité :
« C’est malheureux à dire, mais j’ai senti que j’étais leur seule ouverture sur le monde et je crois qu’ils étaient contents voire excités de me retrouver à chaque fois. Certains élèves m’ont demandé ce que ça faisait de manger à McDo. J’ai toujours répondu avec franchise à leurs questions, mais je devais néanmoins faire attention à ne pas me mettre en porte-à-faux avec les interdits imposés par les parents. D’autres m’ont aussi demandé comment c’était d’entrer dans une église. Dans ces moments, c’était plus difficile, je bottais toujours en touche, disant que la religion n’était pas de mon ressort, comme le directeur m’avait conseillé de le faire. »
Caroline a vraiment senti les limites du communautarisme quand elle a dû aborder l’histoire des religions au programme des classes de 6e et de 5e :
« Je leur ai par exemple enseigné l’architecture des églises et des mosquées. À l’occasion des journées du patrimoine, je leur avais conseillé d’aller voir des monuments, non pour les endoctriner, mais pour qu’ils puissent visualiser ce qu’on avait appris en cours. Mais personne n’est allé dans ces lieux parce que c’est interdit par la Torah, c’est dommage parce que ça les coupe d’une partie de la culture. »
Besoin de confidentes
À la fin des cours, les lycéennes sollicitaient souvent ces professeurs pour trouver des réponses à des questionnements plus intimes, parfois liés à la sexualité, qu’elles n’osaient désamorcer en famille, car leur avenir était déjà tracé : avoir leurs premiers enfants entre 18 et 20 ans et poursuivre des études bien déterminées. Marie se souvient d’une élève effondrée en sanglots :
« Elle voulait aller en filière L, mais ses parents la poussaient à aller en S. Elle sentait qu’elle n’avait pas le niveau. Mais dans sa famille, ce n’était pas discutable, car elle devait devenir médecin ou avocate. Dans ces moments, je me devais de les inciter à dépasser le dogme, à ne pas laisser la communauté décider à leurs places, mais à penser par elles-mêmes. C’était mon job quand même de leur enseigner la liberté de pensée. »
Quand elles ont dû asseoir leur autorité devant une classe remplie de garçons, Caroline et Marie ont ressenti de plein fouet la place réduite de la femme parmi les juifs les plus pratiquants :
« Ce fut le plus difficile, nous devons reconnaître. Les garçons nous considéraient comme des êtres inférieurs et ne nous écoutaient pas. L’intervention du directeur était parfois nécessaire pour qu’il sermonne les élèves et qu’on arrive à se faire respecter. »
Quant à la crainte d’endoctrinement, à laquelle avait initialement songé Caroline, elle a vite été balayée :
« Personne n’a questionné mon appartenance à telle ou telle croyance, là-dessus, aucune indiscrétion n’est à relever, et personne ne m’a forcée à quoi que ce soit. De toute façon, même si les professeurs sont gentils, t’expliquent à quoi correspondent les fêtes religieuses, pour que tu ne sois pas trop perdu vu qu’il y en a beaucoup, la pratique de la religion est très exclusive. Toutes les cérémonies sont en hébreu et quand ils lisent la Torah, nous ne sommes pas censés écouter. Donc si tu n’es pas juif d’entrée, tu ne le deviendras pas là-bas. »
Dans les établissements catholiques, la religion est parfois intrusive (Photo AF / Rue89 Strasbourg)
Faire semblant de croire
Dans les écoles privées catholiques, Marie et Caroline pensaient se retrouver dans un environnement plus familier. Pourtant, si la religion y est beaucoup moins omniprésente, elles l’ont jugée parfois intrusive.
La veille de sa première rentrée dans le privé, Marie se réunit avec ses collègues pour planifier l’année scolaire à venir. À la fin de la discussion, tous se lèvent et se donnent la main avant de réciter, ensemble, la prière du Notre-Père. Prise de cours, la nouvelle recrue doit s’inventer un masque :
« J’ai marmonné quelques mots, parce que je ne connaissais pas les paroles. Intérieurement, j’ai souri. J’ai repensé à une amie musulmane qui avait enseigné ici auparavant et je me suis demandé comment elle avait réagi. »
« Êtes-vous mariée ? »
Pourtant, son entretien avec le directeur aurait pu lui mettre la puce à l’oreille. « Seriez-vous capables d’enseigner la religion dans votre cours de langues ? », lui avait-il demandé, alors que tous deux savaient très bien que ce n’était pas du ressort de sa mission. Caroline, elle, était ressortie choquée de cette première rencontre :
« Quelle religion pratiquez-vous ? Êtes-vous mariée ? Avez-vous des enfants ?, avait-il voulu savoir, sans jamais me questionner sur ma façon d’enseigner. »
Caroline s’était sentie obligée de répondre, le plus succinctement possible :
« Etait-ce de la curiosité mal placée ? Je crois que oui, car normalement, il n’avait pas le droit de me poser ces questions. Mais, je me suis dit, réponds, sinon, il va mal le prendre. »
À d’autres reprises, elle s’est agacée de l’insistance de certains collègues :
« Oh, mais si tu es baptisée, pourquoi tu n’es pas croyante ? »
En arrivant dans les établissements catholiques, toutes deux savaient bien que des croix trônaient dans les salles de classe, que des religieuses dispensaient parfois les cours de religion, que des cérémonies se tiendraient au cours de l’année à l’attention des élèves, mais elles pensaient pouvoir rester en-dehors de tout ça. Finalement, elles n’ont guère eu le choix :
« Au moment des fêtes surtout, on ne peut pas y déroger. Tu dois emmener les élèves aux cérémonies à la chapelle ou à la cathédrale, si c’est sur ton heure de cours. C’est compréhensible car on sait qu’on doit s’y attendre en étant dans le privé mais ce n’est pas tout à fait normal car nous sommes des employés de l’Éducation nationale, ce n’est pas l’école qui nous paie. Donc peut-être que le personnel éducatif devrait rester en dehors de tout ça. »
La religion, une façade ?
Les deux enseignantes admettent que derrière les grandes portes métalliques des écoles catholiques, le public s’est diversifié avec des enfants de toutes confessions, catholiques, athées ou encore musulmans. Marie se demande si le rapport à la religion ne devrait pas évoluer aussi :
« Lors d’une cérémonie pour commémorer un saint, nous nous sommes quand même retrouvés à chanter le magnificat en latin. Je me sentais ridicule, j’avais envie de rigoler comme les élèves. Je ne comprenais pas pourquoi on les forçait à faire des choses à contre-cœur. Mais c’est difficile de parler de ces sujets avec les collègues, surtout ceux qui enseignent la pastorale. Ils sont à fond dans leur truc. Moi je pense, vu la pluralité des élèves, qu’il faudrait solliciter des intervenants plus neutres, comme des sociologues. »
Pour elle, certaines écoles se sentent néanmoins « obligées » de véhiculer un cadre religieux pour ne pas être vues comme de simples alternatives à l’enseignement public que les parents remplissent à coups de frais de scolarité :
« J’ai le souvenir d’une réunion parents-profs programmée dans un lycée à 10h du matin. Finalement avant que la rencontre ne commence, les parents ont dû assister à une célébration pendant ¾ d’heure. Ils ne le savaient pas à l’avance. Moi, oui, alors je suis arrivée après la petite messe. »
Malgré leur contrat avec l’Etat, les établissements appliquent un règlement intérieur de leur choix (Photo AF/Rue89Strasbourg)
Avant de rejoindre le privé, Marie a passé une année difficile dans un collège public en zone d’éducation prioritaire. En changeant, elle pensait qu’elle pourrait mieux exercer son métier. Finalement, elle a troqué un lieu où elle luttait pour enseigner un savoir-être pour l’opposé, une usine à savoir :
« Nous devions faire des élèves des bêtes à concours. Les enfants ne manquaient de rien, donc humainement parlant, c’était moins gratifiant. Les chiffres de réussites au bac étaient les seuls objectifs. »
Caroline complète :
« On dit que le privé est une filière d’élite, mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois on se retrouve avec des classes de 33 et des élèves qui participent une fois tous les trois mois. »
Ces professeurs n’ont pas retrouvé de telles conditions dans tous les établissements. Elles ont d’ailleurs apprécié travailler dans des collèges et lycées plus petits, moins anonymes, dans la filière professionnelle aussi, où la convivialité, l’éthique et le bien-être des élèves comme celui des professeurs, quelles que soit leurs croyances, prévalent.
Le yoga comme thérapie
Quand elles racontent leurs nombreuses aventures à leur entourage, des rires s’échappent, de la curiosité aussi, de l’incompréhension parfois. « Comment tu fais ? Pourquoi tu continues dans le privé, si tu ne partages pas ces positions ? » Marie reconnaît, avec beaucoup d’humour, qu’elle se sent un brin schizophrène. Il lui a fallu apprendre à doser entre « s’écouter et mettre de l’eau dans son vin ».
S’écouter, c’est-à-dire, rester fidèle à sa manière d’être pour enseigner et ne pas aller à l’encontre de soi-même, ne pas se conformer seulement aux préceptes de l’établissement. Et aussi, apprendre à se taire, quand des choix pris ne la concernent pas directement. Pour gérer cette dualité, ajoute-t-elle, elle a trouvé une thérapie : le yoga !
Toutes deux se sont finalement habituées aux différents fonctionnements internes. Elles expliquent que leur rôle est avant tout d’enseigner, elles sont là pour remplir la mission de l’Education nationale, qui ne s’ingère en rien dans les politiques des chefs d’établissement. Elles ne se prétendent pas non plus des « infiltrées de la République » mais elles tiennent à ouvrir les esprits, à lutter contre les préjugés, ce qui constitue un défi même au sein des communautés.
Chaque jour que Dieu fait…
Ces expériences les ont enrichies à beaucoup d’égards, elles ont appris autant des pratiques que leur différence ont apporté aux élèves. Caroline s’est surtout étonnée des effets positifs que la foi peut avoir sur les relations entre les individus :
« C’était plaisant de voir combien, au sein de l’école juive, l’entraide régnait. Tous, professeurs et parents, faisaient le maximum pour que personne ne reste à l’écart des activités, et c’est très agréable. Je me souviens qu’une fois le directeur a décidé de payer la moitié des frais de scolarité d’enfants dont la mère était seule. Les parents vont jusqu’à mettre une cagnotte en place pour accorder un piano. Et puis, le personnel est toujours de bonne humeur. Chaque jour est prétexte à la fête. »
A contrario, elles ont pu aiguiser leur avis sur la place que devrait occuper la religion dans la vie des élèves. Marie, surtout, a beaucoup changé, elle qui jadis aurait presque banni la religion des établissements :
« Dans l’école juive, c’est trop communautariste. Les enfants vivent en vase clos et c’est regrettable. Mais les écoles catholiques, si elles enseignent bien les valeurs humaines qu’elles brandissent, de paix, de tolérance, d’union entre les gens, c’est un bon compromis, surtout car les élèves sont de confessions différentes. Dans l’établissement où j’enseigne cette année, le directeur a bien rappelé l’importance du cadre laïc de notre société, et qu’ici, nous devions apprendre à vivre ensemble, c’était notre rôle, ça m’a beaucoup plu. Finalement l’enseignement dans le public est extrême à sa façon. Dès qu’un signe religieux apparaît, c’est la hantise. Il faut tout de suite le cacher et surtout ne pas en parler. Peut-être faudrait-il justement chercher à expliquer, oser expliquer. »
La plupart du temps je suis derrière une caméra, et parfois je la troque contre un stylo pour écrire sur des sujets de société qui ont trait au Moyen-Orient ou à la Roumanie.
Un an après sa désignation, le déontologue bénévole de la Ville de Strasbourg a rendu son premier rapport. Le Pr Patrick Wachsmann s’étonne de l’écart entre les discours et certains actes. Il s’interroge sur l’intérêt de sa fonction s’il n’est toujours pas saisi de plainte ou que les élus ne donnent pas suite à ses recommandations.
Le Pr Patrick Wachsmann s’inquiète de la « sous-utilisation certaine » de son bureau. Un an après son intronisation, c’est l’une des interrogations du déontologue de la Ville de Strasbourg, inscrite dans son premier rapport d’observations annuelles. Le professeur de droit public à l’université de Strasbourg se dit « mitigé » sur son début d’expérience bénévole.
Qu’est-ce qu’un conflit d’intérêt ?
Le conflit d’intérêts n’est pas un délit. D’après la loi, c’est une « situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction. ». Chacun juge si cette situation est gênante. En revanche, un conflit d’intérêts peut permettre une prise illégale d’intérêts, c’est-à dire tirer parti, en termes de notoriété, financièrement, ou encore de favoritisme voire de corruption, ce qui est répressible.
Ses observations ressemblent fort à notre point d’étape réalisé fin octobre. Le déontologue n’a toujours reçu aucune plainte émanant d’un Strasbourgeois (y compris de l’administration), tandis qu’une « dizaine » de déclarations d’intérêts sur les 44 possibles lui ont été rendues. Les 7 conseillers écologistes ayant tous remis la leur, on devine que parmi les élus FN, de droite et même du PS, pourtant à l’initiative de la charte de déontologie, rares ont été les convaincus du bien-fondé de la démarche. Ce que le déontologue ne manque pas de dénoncer.
Quant à l’absence de plainte, il l’explique comme dans nos colonnes par un manque de connaissance de sa fonction. Peut-être aussi que l’issue inconnue des démarches a découragé les Strasbourgeois, en incapacité de faire leur autocritique sur le dispositif.
De plus, Patrick Wachsmann n’a été consulté que par 4 élus pour s’assurer que leur situation ne prête pas à la critique, alors que son rôle de conseil était l’une de ses fonctions principale. Une des demandes a nécessité une seconde entrevue. Au chômage technique, le déontologue a suspendu sa permanence hebdomadaire.
Peu de coopération de la part des élus
Le déontologue distingue la situation des 20 adjoints et du maire, qui sont déjà tenus de remplir une déclaration d’intérêts auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (Hatvp), de celle des 44 conseillers municipaux. Concernant les adjoints, il s’étonne de leur manque de coopération pour publier leur déclaration sur le site de la ville de Strasbourg, comme ils s’y étaient pourtant engagés :
« Il a fallu deux relances successives du Maire pour que ces déclarations puissent être publiées au courant du mois d’octobre [juste avant un colloque sur ce thème organisé à Strasbourg ndlr] – toutes n’ont pas été transmises directement, fût-ce en copie, au déontologue. À ce jour (12 janvier 2016), trois adjoints n’ont pas encore mis leur déclaration d’intérêts à la disposition des services de la Ville en charge de leur diffusion. Il paraît fâcheux qu’alors même qu’il s’agit de déclarations déjà rédigées à l’intention de la Haute Autorité et disponibles depuis peu sur le site de celle-ci, leur mise à la disposition du public strasbourgeois et leur transmission au déontologue, selon des modalités arrêtées par la Ville, s’avère si laborieuses. Aucun des arguments mis en avant devant la presse pour expliquer cette attitude ne résiste en effet à l’examen. Le Conseil d’État ne considère pas le droit au respect de la vie privée comme fondé ni à l’égard des responsables politiques et administratifs concernés ni à l’égard des personnes ayant une « vie commune avec le déclarant ». La discussion est donc close sur ce point : il faut rappeler que l’engagement politique, surtout lorsqu’est en cause un mandat électif, suppose une initiative de l’intéressé et que l’exercice de responsabilités publiques emporte une forte relativisation du droit de se prévaloir du secret de la vie privée (…). L’argument pris de la lourdeur des obligations déclaratives pesant sur les élus, quant à lui, apparaît un peu dérisoire en l’espèce. »
Optimiste, le déontologue espère recevoir les documents « très rapidement ».
Le déontologue dans son bureau. Le coffre sert à garder les déclarations d’intérêts (Photo JFG / Rue89 Strasbourg / Flickr / cc)
« Le crédit de nos institutions est en jeu «
Au sujet des conseillers municipaux, remplir une déclaration d’intérêt relève du volontariat, comme le stipulait la charte de déontologie votée par le PS, les écologistes, l’UDI et le FN (la droite demandait en vain une suspension de séance lors du vote). Comme il s’agit d’un document que seul le déontologue peut consulter, c’est le manque de volonté que regrette le professeur de droit public :
« Le déontologue ne peut que constater, avec regret, qu’un an après cette résolution, seule une dizaine de déclarations lui a été transmise, ce qui représente moins d’un quart des conseillers municipaux concernés. Cette situation lui apparaît peu justifiable. Elle ne peut que jeter le doute sur la sincérité de la volonté de donner à la déontologie un rôle majeur au sein du conseil municipal et sur l’authenticité du désir d’instaurer un climat de confiance avec le déontologue. (…) C’est, par conséquent, avec préoccupation que le déontologue constate que le volontariat auquel fait appel la délibération du 26 janvier 2015 modifiant la Charte de déontologie du Conseil municipal de Strasbourg ne s’est que très faiblement traduit en actes. On ne peut à la fois se plaindre de la désaffection que rencontrent les élus auprès de leurs concitoyens et refuser de mettre en œuvre des délibérations du conseil municipal destinées à renouer des liens de confiance. C’est le crédit de nos institutions qui est en jeu : rien ne le ruine davantage que l’accumulation de textes non suivis d’effets du fait de l’inertie de ceux-là mêmes à qui incombe leur mise en œuvre. »
Les recommandations n’intéressent guère
On apprend par ailleurs qu’il a a donné un avis « nettement et absolument défavorable » à la demande d’un élu d’être employé par la Ville ou l’une de ses entités assimilées. « On ne peut être à la fois intégré dans une hiérarchie administrative et investi de la responsabilité de définir les règles que devra suivre le service en cause et d’en assurer le contrôle », justifie, entre autres, le déontologue.
Il regrette aussi que ces deux notes de recommandations n’aient guère été suivies d’effets. L’une, au mois de juin, préconisait une déclaration motivée lorsqu’un élu reçoit un cadeau d’une valeur supérieure à 100€ et de le laisser au service du protocole. Six mois plus tard, aucune déclaration ne lui a été adressée même s’il n’est pas possible de savoir si la situation ne s’est pas présentée ou si la recommandation n’a pas été suivie. La seconde, suite à un arrêt du conseil d’État, préconisait de sortir de l’hémicycle strasbourgeois lorsqu’une structure dont on est membre est concerné par une décision. Cette note et cette recommandation n’ont suscité aucun retour de la part des élus, alors que le déontologue en avait fait la demande.
Un rapport en débat au prochain conseil municipal
Dans sa conclusion, le déontologue se demande si sa fonction dépassera « l’effet d’annonce » :
« En achevant ce premier rapport annuel, le déontologue ne peut qu’exprimer des sentiments mitigés. Il est clair que l’institution même d’un déontologue de la Ville de Strasbourg constitue un point extrêmement positif, dans la volonté de la municipalité d’être exemplaire dans la lutte contre les conflits d’intérêts et que cette création a été vécue très positivement par beaucoup de conseillers municipaux. Le risque existe néanmoins que l’institution s’épuise dans cet effet d’annonce (…). Le faible volume de l’activité au titre de cette première année est-il dû à la nouveauté de l’entreprise et à une diffusion encore insuffisante de son existence et de son champ ou à une réticence persistante de certains envers l’obligation de rendre compte au public de l’exercice de leurs responsabilités ? »
Lors du conseil municipal du lundi 25 janvier, le maire (PS) Roland Ries a promis un débat suite à ce rapport lors de la prochaine séance, le 22 février. Assez de temps pour que les récalcitrants remettent leur déclaration d’intérêts d’ici là. Le bureau du déontologue va peut-être de nouveau servir.
La présentation de la primaire citoyenne, à Paris (photo La Primaire / Flickr / cc)
Insatisfait des candidats à chaque élection ? Pour la présidentielle de 2017, un Alsacien s’est mis en tête d’organiser une « primaire citoyenne », pour désigner un candidat qui représenterait mieux les Français. Avec son acolyte, il présentera son projet jeudi 4 février à la Maison de associations de Strasbourg.
À la fin de l’année 2014, Thibauld Favre, développeur web originaire d’Obernai, a voulu répondre à un sentiment qui se répétait à chaque élection. Comment cela se fait qu’à chaque élection, on vote par dépit ?
« Le point commun de tous les candidats, c’est qu’ils sont membres d’un parti politique, alors que 87% des français disent ne plus avoir confiance dans les partis. Seules 375 000 personnes sont adhérentes d’un parti en France et eux seuls invitent les autres à se prononcer. En France, on est certes très déçu, mais quand même très politisé. Du coup, une majorité de gens a besoin de la politique, mais ne s’y retrouve pas. Je voulais faire changer les choses, sans faire une révolution. Et comme je suis bien incapable de présenter un programme, j’ai décidé mettre mes compétences pour créer un outil qui sert à tout le monde. »
C’est alors que vient l’idée avec son associé David Guez, avocat à Paris, d’organiser une « primaire citoyenne » pour l’élection présidentielle de 2017. Un projet sur lequel ils travaillent depuis le début de l’année 2015. David Guez s’occupe de l’organisation, tandis que Thibauld Favre gère la partie informatique depuis New York, d’où il enchaîne les allers-retours vers la France lors des différents les événements de la primaire citoyenne.
David Guez (à gauche) et Thibauld Favre (à droite) veulent réussir une primaire en dehors de tout cadre de parti politique. Ici à Bordeaux (photo La Primaire / Flickr / cc)
Une primaire, c’est quoi déjà ?
Une primaire, c’est un processus sélectif qui sert à déterminer le candidat pour une élection. Les primaires sont souvent internes aux partis politiques, mais le PS avait innové en 2011 en laissant tous les Français voter (pour 1 euro et en signant une charte d’adhésion aux valeurs de gauche) avant la présidentielle en 2012.
Une réunion de présentation à Lyon (photo La Primaire / Flickr / cc)
La primaire citoyenne, mode d’emploi
L’ambition de la primaire citoyenne est simple : que n’importe quel Français, en dehors de tout cadre d’un parti politique, puisse participer pour ensuite concourir à l’élection présidentielle. Pour cela, il faudra convaincre. D’abord, 500 soutiens jusqu’au mois de juin. Ensuite, pendant l’été, « La primaire » proposera aux candidats de se rencontrer, voire de se rapprocher, notamment ceux qui s’engagent sur un sujet précis sans avoir un programme d’ensemble.
Si après cela plus de 15 candidats demeurent, une étape de pré-selection par les citoyens sera réalisée afin de sélectionner parmi eux la dizaine de candidats les plus représentatifs. Chaque inscrit rencontrera 10 candidats tirés au sort (pour éviter qu’un parti infiltre l’élection et fasse gagner son candidat) et aura 10 points à distribuer librement. Par exemple, 10 pour 1 candidat et 0 pour les autres ou 6, 3 et 1 pour les trois premiers, etc.
De cela, une poignée de candidats « crédibles » devrait émerger. C’est en tout cas l’espoir des organisateurs qui s’engagent à ne pas être candidat, ni de favoriser l’un ou l’autre. Tous les détails seront présentés lors d’une réunion d’information jeudi 4 février à 19h à la Maison des associations à Strasbourg.
L’appli la primaire.org en 1 minute, avec une musique qui donne la pêche !
Entre septembre et décembre, ce sera le temps des débats dans une quinzaine de grandes villes. Le vote, dont le mode de scrutin reste à définir, se déroulera en décembre 2016, soit après la primaire de la droite et du centre de novembre.
Pour diminuer les coûts, les principales démarches, dont le vote, se dérouleront sur l’application (encore en développement) et le site laprimaire.org, mis en ligne depuis octobre. Thibauld Favre se charge de garantir l’intégrité de l’élection numérique, en s’inspirant de logiciels utilisés par le mouvement Podemos en Espagne.
Une fois le candidat de la société civile désigné par ses pairs, l’association s’engage à obtenir les 500 parrainages auprès des maires, condition obligatoire pour se présenter à l’élection présidentielle en France. Pour le moment, l’association vit grâce à des dons, plus de 40 000 euros à ce jour, et le travail d’une dizaine de bénévoles.
12 000 personnes prêtes à participer
Plus de 12 000 personnes se sont pré-enregistrées, le lancement du site et les élections régionales ayant accéléré les choses. Mais pour que la primaire aille jusqu’au bout de son ambition, Thibauld Favre explique qu’il faudra convaincre beaucoup plus de monde :
« Notre seule condition pour la tenue de la primaire, c’est qu’il y ait 100 000 votants. L’idéal se serait environ 500 000, soit plus que le nombre d’adhérents à des partis politiques en France. Beaucoup de personnes issues des expériences Nouvelle Donne et Nous Citoyens (deux petits partis de gauche alternative et de droite libérale ndlr) se sont tournés vers nous, ainsi que des chefs d’entreprise, mais les profils sont très variés. La seule chose qu’on défend, c’est un lien de confiance entre citoyens et candidats.«
Le projet de la primaire citoyenne a déjà été présenté en 2015 à Lyon, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Avec Strasbourg le 4 février, les autres villes prévues début 2016 sont Rennes, Lille et Marseille.
Y Aller
Présentation de la primaire citoyenne, jeudi 4 février à 19h à la Maison des associations, 1a place des orphelins à Strasbourg.
Pas de panique : votre écran ne diffusera pas soudainement de la neige (Photo NM / Rue89 Strasbourg /cc)
Nom de code : « Nuit Bleue ». Dans la nuit du 4 au 5 avril, les 25 chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT) passeront en haute-définition (HD), et plus exactement du format MPEG-2 à MPEG-4. Jusqu’ici, 4 chaînes disposent d’une diffusion dans les deux formats : TF1, France 2, M6 et Arte. Quinze ne sont diffusées qu’en définition standard, et six déjà en MPEG-4 uniquement. Un changement « salutaire » pour Nicolas Curien, membre du CSA :
« La haute définition est d’une qualité 4 fois supérieur au standard : sur un grand écran, on peut reconnaître un collègue dans les tribunes de Roland Garros ! »
Un changement en faveur des services mobiles
La généralisation de la haute définition est due au transfert d’un tiers de la bande hertzienne des 700 MHz, actuellement utilisée pour la diffusion télévisuelle, aux services mobiles, toujours plus en demande pour étendre les réseaux 4G. À la suite d’enchères fin novembre, ces fréquences ont été cédées par l’État aux quatre opérateurs mobiles français pour 2,8 millions d’euros. L’utilisation de la norme MPEG-4 permettra de diffuser la TNT sur une bande de fréquences plus étroite.
Pour ne pas se retrouver, perplexe, devant un écran noir au matin du 5 avril, il convient de s’assurer que son téléviseur soit compatible avec la norme MPEG-4, et le cas échéant, de se munir d’un adaptateur au plus vite. Si vous avez arraché il y a bien longtemps le petit autocollant « TNT HD » de votre poste, pas de panique : il y a d’autres moyens de le savoir. Le premier test est simple : allumer sa télévision, et zapper sur Arte. Si le sigle « HD » n’apparaît ni sur la chaîne 7 ni sur la 57, il est temps d’agir.
Mieux vaut avoir un poste récent et une box
Les principaux concernés seront les foyers qui reçoivent la télévision par antenne râteau (45,9% en Alsace). Sans exception, les postes achetés il y a moins de trois ans ont un décodeur MPEG-4 intégré, de même pour les modèles un peu moins récents (2008) qui mesurent plus de 66 centimètres en diagonale. Au delà… le doute n’est plus permis. Mais que les afficionados des vieux tubes cathodiques se rassurent : pas besoin de jeter votre poste. Une charte a d’ailleurs été signée entre l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et les grands distributeurs afin que les vendeurs ne tentent pas de refourguer un écran plat dernier cri à ceux qui viendront simplement acheter un adaptateur.
Les foyers qui reçoivent la TNT par le biais d’une box ou par l’ADSL pourront dormir sur leurs deux oreilles : ici aussi, le décodeur est intégré. En revanche, ceux qui utilisent le câble (22,5% en Alsace, au dessus des 9,4% nationaux) doivent contacter leur opérateur. Idem pour les abonnés au satellite… qui peuvent croiser les doigts : si un adaptateur pour les ondes hertziennes coûte entre 25 et 30 euros, la version satellite monte à 100 euros minimum.
1,2 million de foyers « à risque »
Une fois la question de comptabilité résolue et l’adaptateur acheté, le 5 avril, il vous suffira de relancer le programme de recherche et mémorisation des chaînes, et profiter à nouveau de la TNT en toute quiétude. Jean-Marc Salmon, directeur général adjoint de l’ANFR, est optimiste sur la propagation rapide de la HD dans les foyers français :
« Une grande campagne d’information a été lancée, des messages d’alertes apparaîtront sur les grandes chaînes… J’insiste sur l’importance d’agir rapidement : munissez-vous d’un décodeur avant que les magasins ne soient en rupture et qu’il ne reste plus que des modèles trop cher. On dénombre environ 1,2 millions de foyers à risque, c’est à dire des foyers qui n’ont qu’un poste, qui plus est incompatible. Il ne s’agit ni des plus jeunes, ni des plus aisés de nos concitoyens, alors des aides sont prévues par l’État. »
Sur demande, une aide d’un montant de 25 euros (le prix d’un adaptateur basique) peut être attribuée aux personnes exonérées de la redevance audiovisuelle. Quant aux foyers les plus vulnérables, personnes âgées ou handicapées, elles pourront bénéficier de l’intervention gratuite d’un facteur, qui installera leur décodeur.
Aller plus loin
Pour toute demande d’aides : www.recevoirlatnt.fr ou par téléphone au 0970 818 818.
Journaliste en formation, de passage chez Rue89 Strasbourg pour se faire les griffes. Intéressée par la politique, la culture et les sujets de société.
Grève dans l’éducation nationale, lors de la loi sur la réforme des université (LRU) en février 2009 (Photo Fahfahrine / FlickR / CC)
Entre le mécontentement des taxis et la grève de la Fonction publique et de l’Education nationale, la journée du 26 janvier s’annonce compliquée. Les organisations syndicales FO, CGT et Solidaires appellent les fonctionnaires à descendre dans la rue pour réclamer « des créations nettes de postes, dans les très nombreux secteurs qui en ont besoin » et surtout « une significative augmentation de la valeur du point d’indice » afin d’augmenter les salaires.
Les écoles fermées selon le SNUipp
À Strasbourg
Groupe scolaire du Hohberg: 21 classes
École maternelle Gustave Doré, 8 classes
École maternelle de la Niederau, 8 classes
École maternelle de la Canardière, 6 classes
École maternelle Oberlin, 6 classes
Dans le Bas-Rhin
École maternelle, La Claquette
EE Artolsheim
EE Rohan, Benfeld
EE Dannenberger , Souffelweyersheim
École de Ranrupt
École de Saulxures
École élémentaire, La Claquette
École maternelle, Villé
RPI Waltenheim, Wingersheim
École Tomi Ungerer, Wintzenbach
École Blaesheim
École élémentaire Kintzheim
École élémentaire Dettwiller
École élémentaire Bindernheim
École primaire,La pépinière, Eckwersheim
École élémentaire, Retschwiller
École maternelle, Metzgerhof, Haguenau
École maternelle centre , Hoenheim
École maternelle château d’eau, Erstein
À Strasbourg, le syndicat des professeurs des écoles SNUipp-FSU du Bas-Rhin prévoit déjà la fermeture de cinq écoles. Sur le département, 19 écoles élémentaires et maternelles devraient aussi fermer leurs portes selon le syndicat (voir-ci-contre).
Point d’indice gelé et pouvoir d’achat en berne
Plusieurs manifestations sont prévues à Paris et en région. À Strasbourg, syndicats, grévistes et soutiens se retrouveront à 10 heures, place de la Bourse.
Depuis 2010, les 5,6 millions d’agents de la fonction publique sont soumis à un régime de rigueur : les syndicats qui ont lancé l’appel dénoncent le gel du point d’indice, qui sert à calculer le salaire de base des fonctionnaires. Compte tenu de l’inflation, ces derniers auraient perdu, de 2000 à 2015, 14,10% de leur pouvoir d’achat, selon un communiqué de la CGT.
Les taxis strasbourgeois offrent la course
Ce mouvement national ne concerne pas les cheminots de la SNCF, aucun préavis n’a été déposé. En revanche, toujours très remontés contre la concurrence des services proposant des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) comme Uber, quelques milliers de taxis seront mobilisés le 26 janvier, principalement autour des aéroports parisiens. Plutôt que de faire grève, leurs confrères strasbourgeois offriront la course dans toute l’agglomération (trajets centre-ville-aéroport exceptés), de 7 à 18 heures. L’initiative lancée par l’Union régionale des syndicats d’artisans taxis du Bas-Rhin restera bien sûr à l’appréciation du chauffeur. Mieux vaut se renseigner avant.
Y aller
Rassemblement pour la défense du pouvoir d’achat des fonctionnaires, mardi 26 janvier à 10 heures, place de la Bourse (place du Maréchal de Lattre de Tassigny) à Strasbourg.
Journaliste en formation, de passage chez Rue89 Strasbourg pour se faire les griffes. Intéressée par la politique, la culture et les sujets de société.