Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Jeanne Barseghian : « Nous n’avons pas assez protégé nos agentes face aux violences sexistes »

Jeanne Barseghian : « Nous n’avons pas assez protégé nos agentes face aux violences sexistes »
La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian (Les Écologistes) veut tirer les leçons des défaillances dans la gestion de l’affaire Hervé Polesi.

Après avoir pris connaissance du rapport dédié à la gestion de l’affaire Hervé Polesi, Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, annonce plusieurs mesures pour corriger les défaillances dans la prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles au sein de la collectivité.

Une lettre d’excuses aux victimes, un rapport commandé au cabinet de la militante féministe Caroline de Haas, des annonces… La maire de Strasbourg cherche à reprendre la main sur l’affaire Hervé Polesi. Il faut dire que la position devenait intenable pour Jeanne Barseghian (Les Écologistes). En pleine campagne pour les élections municipales, l’élue au discours féministe appuyé se doit de clarifier sa prise en compte des accusations de violences sexistes et sexuelles (VSS) par l’un de ses adjoints, au sein de la collectivité et de l’Université de Strasbourg.

Dans cet entretien à Rue89 Strasbourg, Jeanne Barseghian admet les erreurs commises dans ce dossier et précise les faits derrière les termes flous comme « propos inappropriés ». Il engage Jeanne Barseghian, candidate pour un nouveau mandat, à mettre en œuvre de nouvelles mesures pour éviter que des femmes ne se sentent pas protégées face à des VSS commises par un élu ou un agent de la collectivité.

Rue89 Strasbourg : quel a été votre sentiment à la lecture de ce rapport ? 

Jeanne Barseghian : Je ressens une détermination à tirer les enseignements de cette affaire et à mettre en œuvre l’ensemble des préconisations qui figurent dans le rapport. On doit pouvoir améliorer tous les dispositifs de signalement et d’accompagnement des victimes et finalement de sanctions des auteurs pour empêcher tout type d’impunité, à fortiori quand il s’agit d’un élu. C’est vrai qu’il est apparu nécessaire de renforcer nos dispositifs pour pouvoir protéger toutes les femmes au sein de notre collectivité.

Quel est votre sentiment en prenant conscience qu’en fin de mandat il y a encore des failles dans le dispositif de prise en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles au sein de la collectivité ? N’est-ce pas un peu tard pour agir ?

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Si nos articles ne remplacent aucune forme de justice, ils permettent en général que cessent ces violences ou que des dysfonctionnements dans la protection des victimes soient révélés. C’est pourquoi l’existence de médias engagés comme Rue89 Strasbourg est essentielle pour donner la parole à celles et ceux qui affrontent le silence et subissent l’opprobre lorsqu’ils dénoncent des viols et des agressions sexuelles.

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Les Jeunes Européens à Kehl contre les contrôles aux frontières

Les Jeunes Européens à Kehl contre les contrôles aux frontières
Le rassemblement s’inscrit dans le cadre de la campagne « Don’t touch my Schengen », lancée en 2016 par les Jeunes Fédéralistes Européens.

Les Jeunes Européens de Kehl et du Bade-Wurtemberg organisent un rassemblement dimanche 23 novembre à 14 h sur le parvis de la gare de Kehl contre les contrôles aux frontières dans l’espace Schengen.

De l’autre côté du Rhin, Les Jeunes Européens sont en colère. Selon eux, plus d’un tiers des États membres de l’espace Schengen ont réintroduit des contrôles aux frontières. « Ces contrôles perturbent durablement le quotidien des personnes vivant à Kehl et ailleurs le long de la frontière franco-allemande ou germano-suisse », précise l’organisation.

Des contrôles qui se renforcent et « violent désormais également le Code des frontières Schengen, qui limite la durée des contrôles aux frontières intérieures », ajoutent les organisateurs. Ils soulignent les effets symboliques et culturels de la réapparition des frontières : 

« La liberté de circulation, que les jeunes considèrent comme acquise et qui est un symbole de l’intégration et de l’identité européennes, est remise en question à grande échelle. »

Politique symbolique et coûteuse

Les organisateurs dénoncent également l’inefficacité de ces contrôles : 

« Selon le syndicat de police, les contrôles aux frontières intérieures sont inefficaces pour lutter contre la migration irrégulière, car les points de contrôle fixes sont faciles à contourner et une surveillance globale n’est pas possible. Il s’agit donc d’une politique symbolique coûteuse qui implique également une charge de travail nettement accrue pour la police, incapable de garantir la sécurité ailleurs. »

Selon une étude d’Allianz Trade de septembre 2024 citée par les Jeunes Européens, les contrôles aux frontières pourraient coûter à l’économie allemande 11,5 milliards d’euros par an.

Grandir sans frontières

« En tant que jeune génération, nous avons grandi sans frontières. Ici, l’une des réalisations fondamentales de l’UE et notre identité européenne sont attaquées », dénonce Sarah Reisinger, présidente des Jeunes Européens du Bade-Wurtemberg.

Le rassemblement s’inscrit dans le cadre de la campagne « Don’t touch my Schengen », lancée en 2016 par les Jeunes Fédéralistes Européens, qui militent pour la protection de la libre circulation en tant que droit fondamental des citoyens européens.

Vanessa Koehler suspend sa grève de la faim

Vanessa Koehler suspend sa grève de la faim
Vanessa a suspendu sa grève de la faim au début du week-end du 15 novembre.

Après avoir passé 19 jours sans s’alimenter, Vanessa Koehler a suspendu sa grève de la faim. Le co-secrétaire de la CGT Educ’action, Dominique Haquette, attend une réaction du ministère de l’Éducation nationale.

« La vie de Vanessa est en jeu », rappelle avec gravité le co-secrétaire académique de la CGT Éduc’action Dominique Haquette. Contactée par Rue89 Strasbourg dans la matinée du mardi 18 novembre, Vanessa Koehler venait de suspendre sa grève de la faim. Après avoir passé 19 jours sans s’alimenter, elle a recommencé à se nourrir depuis le 15 novembre. Pour rappel, la jeune femme de 25 ans figurait sur la liste complémentaire du concours de professeur des écoles en juillet 2025. À quelques pas de la titularisation, l’académie de Strasbourg ne lui a finalement proposé qu’un poste de contractuelle. Une proposition jugée aussi précaire qu’inacceptable par Vanessa Koehler.

Individualisation du combat

Malgré sa fatigue, Vanessa est restée déterminée et a laissé le syndicaliste cégétiste Dominique Haquette détailler l’état des négociations avec le rectorat de Strasbourg. Ce dernier espère obtenir du ministère de l’Éducation nationale une solution en prenant en compte la situation particulière de la jeune professeure :

« Nous avons pu leur dire que Vanessa se bat par rapport à sa situation particulière. Elle n’est pas le fer de lance de toutes les personnes sur liste complémentaire. Nous avons aussi rappelé que Vanessa était sur la liste complémentaire à Strasbourg et passait le concours en même temps à l’académie de Versailles. Les services académiques strasbourgeois lui ont dit que ce n’était pas la peine de poursuivre son concours à Versailles. Elle les a crus. Elle pensait qu’elle serait titularisée. C’est sur cette situation individuelle et inacceptable que nous avons envoyé une lettre au ministre pour qu’il trouve une solution extrêmement rapidement. »

« Il ne devrait pas y avoir de séquelles »

Selon nos informations, Vanessa ne devrait pas présenter de séquelles malgré la perte de 12% de son poids. Elle a également recommencé à marcher. Elle attend désormais une réponse de la part du ministère de l’Éducation nationale.

« On n’a pas peur  » : des lycéens bloquent Fustel de Coulanges et Les Pontonniers

« On n’a pas peur  » : des lycéens bloquent Fustel de Coulanges et Les Pontonniers
Des membres du collectif les Lascar devant le lycée Fustel le jeudi 20 novembre.

Jeudi 20 novembre, une centaine d’élèves a bloqué les lycéens des Pontonniers et de Fustel de Coulanges pour protester contre l’inaction du gouvernement face « aux génocides en cours ».

« Nous crions avec vous. » C’est l’inscription sur la banderole qu’ont déployée les membres du collectif des Lycéen·nes autonomes contre l’autorité répressive (Lascar), tantôt devant le lycée Fustel de Coulanges, tantôt devant Les Pontonniers. Jeudi 20 novembre 2025, ils sont une centaine à bloquer leurs deux lycées. « On dénonce l’inaction du gouvernement face à la guerre au Soudan, la crise humanitaire de Gaza, la reconstruction de Mayotte ou encore la situation au Kurdistan », évoque un lycéen mobilisé devant le lycée Fustel de Coulanges.

Devant leurs établissements, les lycéens mobilisés ne sont pas seuls. Il y a quelques professeurs, surtout là pour s’assurer de leur sécurité et des membres du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), venus en soutien.

« On se mobilise pour tous les pays colonisés, avance une lycéenne mobilisée devant Les Pontonniers. On a beaucoup d’empathie pour les humains que nous voyons derrière les images choquantes tous les jours. On est très en colère contre l’inaction du gouvernement sur les questions coloniales, et contre les policiers qui nous empêchent de le montrer », glisse-t-elle.

Cette élève avait été placée en garde à vue dans le cadre des blocages du 11 septembre, suite au mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre. Au moins cinq lycéens avaient été arrêtés, « après des courses-poursuites dans la ville », se souvient un jeune de Fustel. Il l’assure :

« On se fait gazer ou arrêter à chaque fois, mais ça ne nous dissuade pas, on continue pour montrer qu’on n’a pas peur. »

Un lycéen en garde à vue

Une quinzaine de policiers sont présents, jeudi 20 novembre. Après sommation, ils finissent par disperser les élèves. En fin de matinée, un membre des Lascar est arrêté et placé en garde à vue. Pour deux lycéens, âgés respectivement de 16 et 17 ans, la réponse des policiers est « excessive et disproportionnée » face à un mouvement « pacifique ». « On n’a jamais vu un camarade attaquer un policier, mais on ne peut pas dire l’inverse », argue l’un d’eux.

Ces Lascar sont révoltés et n’ont pas le sentiment d’être écoutés, ni par les adultes, ni par les autres jeunes moins politisés : « On se mobilise à cause d’une situation globale qui nous concerne tous, qui devrait tous être révoltés, alerte un autre lycéen sur place. On se doit d’informer les autres jeunes que ça les concerne aussi. »

Journée de la mémoire trans : manifestation dimanche 23 novembre à Strasbourg

Journée de la mémoire trans : manifestation dimanche 23 novembre à Strasbourg

Dans le cadre de la journée internationale de la mémoire transgenre, Support transgenre Strasbourg et l’organisation de solidarité trans appellent à manifester.

« On ne veut pas seulement se souvenir, mais aussi montrer notre colère », souffle Raphaëlle, porte-parole de l’Organisation de solidarité trans (OST) et ancienne secrétaire de la section strasbourgeoise. À l’occasion de la 27e journée internationale de la mémoire transgenre, les collectifs et associations de défense des droits des personnes transgenres appellent à manifester dimanche 23 novembre à partir de 15h, place d’Austerlitz jusqu’à la place de la République à Strasbourg.

En 2024, la manifestation avait rassemblé une centaine de personnes. « On a de plus en plus de soutiens », relève Raphaëlle. Si la journée du souvenir trans est un moment de recueillement pour les victimes de transphobie, « cette année, on a commencé à utiliser une autre terminologie : celle de la journée de colère trans. » 

Banderoles pour les victimes 

La porte-parole d’OST Strasbourg poursuit : « Il ne s’agit pas seulement de se souvenir de nos morts, mais d’exprimer notre colère contre les gens qui nous les ont arrachés, qui nous poussent au suicide… » Elle évoque sa colère de savoir les personnes trans victimes « de maltraitance médicales, d’agressions, de préjugés sur nos corps et nos vies. »

« À Strasbourg, nous déployons depuis plusieurs années une bannière avec les noms des personnes tuées ou forcées au suicide, explique Raphaëlle. Maintenant, il y en a deux », cingle-t-elle. « Depuis 2009, il y a eu 5 322 meurtres recensés dans le monde », note Raphaëlle, citant le rapport annuel sur les violences transphobes du « Trans murder monitoring project ». Et de rappeler : « proportionnellement c’est énorme : on est une toute petite portion de la population ».

Strasbourg dégringole dans le classement des villes cyclables

Strasbourg dégringole dans le classement des villes cyclables

La « capitale du vélo » Strasbourg est passée de la 5e place à la 13e dans le classement Copenhagenize Index de novembre 2025.

De la 5e, à la 13e place. En novembre 2025, le cabinet de conseil Copenhagenize a publié son palmarès des 30 villes « les plus favorables au vélo dans le monde ». Strasbourg chute de huit places par rapport au dernier classement de 2019. « Strasbourg était une ville cyclable pionnière et très regardée. Ces toutes dernières années, il y a peut-être eu une légère baisse des investissements dans le réseau », analyse Clotilde Imbert, directrice de Copenhagenize France.

(suite…)

Amaury de Saint-Quentin remplace Jacques Witkowski comme préfet du Bas-Rhin

Amaury de Saint-Quentin remplace Jacques Witkowski comme préfet du Bas-Rhin
Amaury de Saint-Quentin, nouveau préfet du Bas-Rhin.

Amaury de Saint-Quentin était préfet d’Ille-et-Vilaine depuis octobre 2024. Il a été nommé préfet du Bas-Rhin et du Grand Est mercredi 19 novembre, en remplacement de Jacques Witkowski, muté à Marseille pour lutter contre le narcotrafic.

Petit mercato dans le monde préfectoral. Jacques Witkowski occupait le poste de préfet du Bas-Rhin et de la région Grand Est depuis octobre 2024. Il a été nommé en urgence préfet de Marseille et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un poste vacant depuis le 20 octobre 2025. Cette situation commençait à devenir embarrassante pour l’État, alors que le frère d’un militant écologiste a été assassiné en pleine rue. Jacques Witkowski, qui vient de la gendarmerie, aura donc la mission de lutter contre le narcotrafic.

Il s’était notamment illustré à Strasbourg avec des courriers envoyés à des parents de mineurs interpellés pour des violences urbaines fin 2024. Alors que les jeunes concernés n’avaient même pas encore été jugés et étaient donc présumés innocents, il menaçait les familles de réexaminer leur droit de séjour en France, hors de tout cadre légal. Jacques Witkowski était proche du ministre de l’Intérieur d’alors, Bruno Retailleau (Les Républicains), selon nos informations.

Un nouveau préfet qui aime les drones

Le conseil des ministres du 19 novembre a finalement désigné Amaury de Saint-Quentin pour lui succéder comme préfet du Bas-Rhin et du Grand Est. Un profil particulier puisque cet homme de 64 ans a d’abord fait carrière en politique, et bien à droite. Il a eu différents postes au sein du RPR et de l’UMP, pour se retrouver par exemple au cabinet du Premier ministre Édouard Balladur en 1993, collaborateur de Nicolas Sarkozy ou trésorier de la campagne de Jacques Chirac en 2002.

En 2025, en tant que préfet d’Ille-et-Vilaine, Amaury de Saint-Quentin a déployé à Rennes un vaste dispositif de surveillance du trafic de drogue avec des drones. Tous les mois, des arrêtés d’autorisation de captation d’images ont été publiés pour des quartiers de la ville. Dénonçant une utilisation généralisée des drones, la Ligue des droits de l’Homme avait attaqué ces arrêtés, mais elle n’a pas été suivie par le tribunal administratif.

#Jacques Witkowski

Deux familles d’élèves abritées à l’école Schluthfeld

Deux familles d’élèves abritées à l’école Schluthfeld
Cinq enfants et quatre adultes ont été mis à l’abri.

Des parents d’élèves et des enseignants ont mis à l’abri sept élèves et leurs familles dans les locaux de l’école Schluthfeld à Strasbourg. Le collectif Pas d’enfants à la rue demande l’ouverture de gymnases sans attendre le déclenchement du plan grand froid de l’État.

Dans la soirée du mercredi 19 novembre, des parents et des personnels de l’école Schluthfeld ont réquisitionné une partie des locaux afin de permettre à sept enfants et quatre adultes de dormir au sec et au chaud. Dans un communiqué, le collectif se dit « déterminé à maintenir la mise à l’abri aussi longtemps qu’aucune autre solution ne sera proposée aux familles ».

Une partie des locaux de l’école sont utilisés pour abriter les enfants et leurs parents.Photo : doc remis

Le collectif a recensé cinq familles de l’école sans solution d’hébergement, soit « dix enfants scolarisés au Schluthfeld et deux petits de moins de 2 ans ». Ces familles dorment dans des voitures ou sous des tentes installées dans quelques espaces verts de la ville.

Des enfants sur les murs

Parents et personnels se joignent à l’appel du collectif Pas d’enfants à la rue, qui demande que les gymnases soient réquisitionnés dès à présent pour mettre à l’abri les familles. Les plans « grand froid » de l’État, qui prévoient l’utilisation des gymnases, dépendent de critères météorologiques stricts, comme des températures négatives sur plusieurs nuits consécutives… Pas d’enfants à la rue a collé des silhouettes d’enfants sur plusieurs façades de la ville à l’occasion de la journée internationale des droits des enfants, jeudi 20 novembre. Selon le collectif, 2 500 enfants dorment dehors en France.

#école du Schluthfeld

Affaire des cochons de l’IHU : une enquête démontre l’inaction des HUS et de l’ARS malgré les alertes

Affaire des cochons de l’IHU : une enquête démontre l’inaction des HUS et de l’ARS malgré les alertes
L’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Strasbourg a fait l’objet d’une inspection suite à l’affaire des cochons de mars 2025.

Rue89 Strasbourg a eu accès à une version non définitive du rapport des inspecteurs missionnés par le gouvernement après l’affaire des cochons de l’IHU. Le document pointe les responsabilités de l’Agence régionale de santé et des Hôpitaux de Strasbourg dans la déprogrammation de malades du cancer pendant que des scanners de cochons étaient maintenus.

Des cochons priorisés à des personnes atteintes d’un cancer. L’affaire, révélée par le journal Le Point, avait suscité une indignation nationale. En mars 2025, les examens d’une quarantaine de patients étaient annulés par l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg, faute de personnel, alors que des expérimentations étaient réalisées sur des cochons pour le compte d’entreprises. Pour faire la lumière sur cette affaire, les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur avaient commandé une inspection. Rue89 Strasbourg a eu accès aux conclusions provisoires de cette enquête.

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À Koenigshoffen, la Fête des solutions pour rencontrer des collectifs engagés

À Koenigshoffen, la Fête des solutions pour rencontrer des collectifs engagés
L’événement porté par le Labo des partenariats est gratuit.

Le Labo des partenariats organise le 22 novembre 2025 la quatrième édition de la Fête des solutions, à l’école du Hohberg à Strasbourg. Une journée pensée pour renforcer le lien social et réfléchir collectivement à des problématiques locales.

Né en 2017, le Labo des partenariats veut mobiliser largement pour imaginer et construire des projets collectifs « qui prennent soin des humains et de la nature ». Avec cette Fête des solutions, samedi 22 novembre, l’association propose un espace où les citoyens cherchent ensemble des réponses à des enjeux sociaux, économiques ou environnementaux.

Cécile Dupré La Tour, membre du Labo explique :

« Notre rôle est de faire le lien entre le plus de gens possible afin qu’ils partagent leurs idées et initiatives. Nous réfléchissons de manière collective aux secteurs sur lesquels il est urgent d’agir à Strasbourg. Des ateliers très interactifs sont proposés pour inspirer le public autour de l’économie circulaire. Les ateliers pour les plus jeunes servent à révéler ou confirmer des talents. »

Au fil des éditions, certaines rencontres ont déjà fait émerger de nouvelles initiatives citoyennes. La journée s’ouvrira d’ailleurs par une présentation de projets passés, comme Sikle, qui collecte et composte des déchets organiques ; Kabubu, association d’inclusion par le sport ; ou encore Boma les bonnes matières, bureau d’études spécialisé dans le réemploi des matériaux de construction.

Encourager le public à rejoindre des projets

Une trentaine d’ateliers rythmeront la journée, autour de quatre grandes thématiques : bien-vieillir, éducation, solidarité et économie circulaire. Le public pourra par exemple s’initier à la prise de parole en public avec le collectif Toi-même tu parles, apprendre à réparer son vélo, découvrir la justice restaurative ou les principes des colocations intergénérationnelles (voir le programme complet ici).

Un atelier de rencontres appelé « Faut qu’on parle! » proposera aux participants de remplir un questionnaire « clivant » avant d’être mis en relation avec une personne exprimant des opinions opposées. L’objectif est d’ouvrir un espace de dialogue apaisé et de retisser du débat citoyen. Côté conférences (inscriptions recommandés), plusieurs rendez-vous sont programmés en fin de matinée, notamment autour des « Femmes engagées de tous horizons et toutes générations », ou sur « Entreprendre en collectif : quelles trajectoires possibles ? ».

Ces ateliers veulent « encourager le public à rejoindre des projets que nous soutenons ou à lancer eux-mêmes des initiatives futures », conclut Cécile Dupré La Tour.

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À l’Aubette, Jean-Philippe Vetter mise tout sur « l’ordre républicain »

À l’Aubette, Jean-Philippe Vetter mise tout sur « l’ordre républicain »

Pour son grand meeting de campagne, le candidat Les Républicains (LR) Jean-Philippe Vetter a réuni plusieurs centaines de personnes à l’Aubette. Une soirée très chorégraphiée, ponctuée de soutiens appuyés, d’un discours sécuritaire et d’un appel final à Pierre Jakubowicz, son rival au centre-droit.

La fastueuse salle de l’Aubette est pleine à craquer mardi 18 novembre. À 19h30, les derniers arrivants scrutent les rares chaises encore libres, en vain. Ils se perchent sur les rebords de fenêtre, se tiennent debout, sur la pointe des pieds, comme à un concert où l’on aurait oublié les gradins. Mardi 18 novembre, Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) organise son premier grand meeting de campagne, en vue des élections municipales de mars 2026, entouré d’amis, de maires de droite et de plusieurs centaines de personnes. La mise en place relève du grand spectacle. Sous les voûtes massives, une scène centrale est baignée de lumières blanches et bleues. Les chaises encerclent l’estrade à la manière d’un ring de boxe. C’est dans cet écrin que les soutiens et les curieux patienteront une heure et demi avant d’entendre le candidat.

Des maires et des jeunes LR

Avant que Jean-Philippe Vetter ne prenne la parole, les Jeunes Républicains se succèdent, suivis des maires de Lingolsheim (Catherine Graef-Eckert), Obernai (Bernard Fischer), Illkirch-Graffenstaden (Thibaud Philipps) ou encore Saverne (Stéphane Leyenberger). Chacun assure qu’une politique de droite est ambitieuse, à l’écoute, sécuritaire et garante d’une dette saine. Des militants-experts ayant aidé à concevoir le programme montent ensuite sur scène, évoquant avec gravité les constats faits sur la culture, les transports, l’économie, les commerçants et les personnes âgées. Les Jeunes Républicains insistent eux aussi sur ce dernier point. Le discours est rodé, le public conquis, et les applaudissements fusent.

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Trois étudiants exclus de l’Université de Strasbourg pour des heurts avec l’UNI

Trois étudiants exclus de l’Université de Strasbourg pour des heurts avec l’UNI

Trois étudiants syndiqués ont été exclus de l’Université de Strasbourg pour avoir manifesté contre l’UNI lors de la campagne électorale universitaire de février 2025. Un rassemblement a eu lieu lundi 17 novembre devant la présidence de l’Unistra pour demander l’annulation de cette décision.

Lundi 17 novembre 2025 à midi, plusieurs syndicats étudiants et organismes politiques comme la Fédération syndicale étudiante (FSE), l’Alternative étudiante Strasbourg (AES), Révolution permanente ou encore le NPA – L’Anticapitaliste se sont réunis devant le bâtiment de la présidence de l’Université de Strasbourg.

Les manifestants ont dénoncé l’exclusion pour une année avec sursis de deux étudiantes et l’exclusion ferme pour une année d’un étudiant de l’Université de Strasbourg, pour avoir milité contre l’Union nationale inter-universitaire (UNI), un syndicat d’extrême droite, entre le 4 et le 6 février 2025, lors de la campagne électorale universitaire. Réunie le 22 septembre, la commission disciplinaire a rendu sa décision le 13 novembre.

« Une sanction contre l’antifascisme »

Pour Rayyan, secrétaire générale de la FSE, mégaphone à la main, cette décision est « une sanction contre l’antifascisme ». L’une des étudiantes sanctionnées, en troisième année de sociologie, estime :

« Cette sanction est disproportionnée, elle va à l’encontre des valeurs d’une université qui se dit héritière de la Résistance. L’université veut faire un exemple, nous étions déjà fichés pour nos engagements passés contre la réforme des retraites et pour la Palestine. »

Six étudiants étaient poursuivis par l’Université de Strasbourg devant une commission disciplinaire. Il leur était reproché des « faits graves ayant troublé le fonctionnement normal de l’établissement », d’avoir proféré des « menaces explicites de nature à créer un climat d’insécurité » et d’adopter « une posture militante incompatible avec les valeurs de l’Unistra ».

Dans sa décision, la commission disciplinaire estime que ces étudiants ont « contribué personnellement et activement aux troubles et tensions pendant la période électorale » et leur mobilisation a « dépassé le simple cadre de la liberté d’expression ». L’étudiant exclu un an ferme a été sanctionné pour « tentatives d’intimidation physique et verbale envers d’autres étudiants, injures publiques contre les membres de la communauté universitaire, menaces publiques créant un climat d’insécurité, violence physique envers un agent et un usager de l’université, dégradations et vols de bien appartenant à l’université ».

La commission estime que les deux autres étudiantes avaient organisé une manifestation à l’intérieur de l’Institut Lebel le 5 février 2025. Le cortège aurait ensuite pourchassé des étudiants de l’UNI jusqu’en dehors du campus. Un agent de sécurité qui tentait de séparer les deux groupes dit avoir été blessé et s’est fait voler sa radio. La commission relève que les étudiants sanctionnés ont aussi suivi ceux de l’UNI jusqu’au bâtiment de la présidence de l’université le 6 février.

Les étudiants sanctionnés ont deux mois pour déposer un recours devant le tribunal administratif de Strasbourg. En juin, des étudiants de l’UNI avaient été exclus de l’Université, après la fuite d’une vidéo de l’un d’eux faisant un salut nazi et la diffusion d’un jeu de cartes à caractère antisémite.

« Un gâchis monumental » : dans l’opacité et la précipitation, l’Icans prépare sa fin

« Un gâchis monumental » : dans l’opacité et la précipitation, l’Icans prépare sa fin
L’institut de cancérologie de Strasbourg, au crépuscule.

Fondateurs de l’institut de cancérologie de Strasbourg, le CHU de Strasbourg et le Centre Paul Strauss se séparent au 1er janvier 2026. Décrite comme un « gâchis monumental », la dissolution de l’Icans suscite des inquiétudes pour les patients et dans le monde de la recherche.

C’est l’histoire de deux partenaires qui n’ont jamais cessé de se faire la guerre. À quelques semaines de sa dissolution, l’Institut de cancérologie de Strasbourg (Icans) résonne encore comme le théâtre d’un conflit. D’un côté, le Centre de lutte contre le cancer Paul Strauss est accusé d’avoir provoqué un déficit de plus de neuf millions d’euros par an pour l’hôpital public strasbourgeois. De l’autre, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Strasbourg et ses fonctionnaires sont perçus comme incompatibles avec une structure privée. Comme l’affirme le représentant du personnel Force Ouvrière Philippe Sebastian, « dès le départ, on savait très bien que cela ne pouvait pas fonctionner. »

Des négociations confidentielles

Nommé directeur des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) en février 2024, Samir Henni a rapidement posé un ultimatum au directeur du Centre Paul Strauss et de l’Icans. Soit Xavier Pivot acceptait de négocier une gouvernance plus équilibrée, soit l’Institut de cancérologie finirait dissous au 1er janvier 2026. C’est la seconde option qui l’a emporté. Depuis, les directions du CHU et du Centre Paul Strauss (CPS), assistés de leurs avocats parisiens, négocient la fin de leur partenariat au cours de réunions confidentielles. Ces échanges doivent permettre de répartir les locaux, les personnels ainsi que les domaines d’activité.

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Rassemblement à Sciences Po contre la surveillance d’une chercheuse sur la Palestine

Rassemblement à Sciences Po contre la surveillance d’une chercheuse sur la Palestine
Une action de blocage de Sciences Po Strasbourg en février 2025.

Le collectif des étudiants mobilisés de Sciences Po appelle à un rassemblement mercredi 19 novembre à midi devant le Cardo. Ils dénoncent une atteinte à la liberté académique de leur directeur, qui s’est méfié de la venue d’une chercheuse à l’IEP.

Dans une tribune, les étudiants et étudiantes mobilisés de Sciences Po Strasbourg appellent à un rassemblement mercredi 19 novembre devant le bâtiment du Cardo, pour dénoncer le comportement de leur directeur, Emmanuel Droit.

Le 8 novembre 2025, le nouveau directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) Emmanuel Droit avait contacté le Réseau contre le racisme et l’antisémitisme (RAA) pour se renseigner sur Stéphanie Latte-Abdallah, directrice de recherche au CNRS. L’enseignante-chercheuse devait intervenir à l’IEP pour une conférence intitulée « Les sciences sociales dans les sociétés en Guerre : Gaza, Cisjordanie ». Prévue en septembre, elle a été reportée pour raisons médicales.

Comportement inquisiteur

Dans ces échanges révélés par Blast, Emmanuel Droit demandait au RAA :

« Que savez-vous à propos de Stéphanie Latte-Abdallah ? (…) Si jamais vous avez des infos sur cette chercheuse me permettant d’alerter la présidence de l’Unistra, je vous en serai reconnaissant. »

Selon le collectif étudiant, ces révélations révèlent le comportement inquisiteur d’Emmanuel Droit : Latte-Abdallah y est décrite « comme une militante pro-palestinienne, étant elle-même d’origine palestinienne […] n’ayant que le mot génocide à la bouche ». De son côté, Emmanuel Droit assure que ces messages « n’avaient vocation qu’à mesurer les éventuels risques sécuritaires posés par la conférence ».

Le rassemblement des étudiants s’inscrit dans le contexte de l’annulation au collège de France du colloque « Palestine et Europe » co-organisé par l’historien Henry Laurens. L’évènement avait été décrit par Le Point comme « un colloque propalestinien à haut risque » et « à tendance pro-Hamas ». Il s’est finalement déroulé les 13 et 14 novembre au Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep) de Paris.

La librairie Le Tigre vendue pour devenir un café-librairie

La librairie Le Tigre vendue pour devenir un café-librairie
Nicolas Deprez pourra garder une activité librairie au Tigre.

La librairie indépendante Le Tigre, quai des Bateliers à Strasbourg, va devenir un café-librairie. Son propriétaire, Nicolas Deprez, a vendu le fonds de commerce au dirigeant du parc animalier Sainte-Croix.

Le média spécialisé dans l’actualité du livre, Actualitté, a révélé que la librairie Le Tigre, installée au 36, quai des Bateliers à Strasbourg et spécialisée dans la bande dessinée avait été vendue. L’information a été confirmée à Rue89 Strasbourg par Nicolas Deprez qui fait état d’une situation économique dégradée :

« Depuis 2020, chaque année est pire que la précédente. Je n’arrivais plus à équilibrer les comptes et c’est pas mon truc de faire des Ulule… C’est devenu très compliqué. Sur un bouquin, une fois tout enlevé, il me reste 1%… En tant qu’indépendant, ce n’est pas tenable. »

C’est Laurent Singer, dirigeant du parc animalier Sainte-Croix près de Sarrebourg en Moselle, qui s’est porté acquéreur du fonds de commerce du Tigre pour 150 000€. Nicolas Deprez détaille :

« C’est un copain. Je lui ai fait part de mes difficultés et lui voulait développer un café avec des spécialités et des pâtisseries à Strasbourg. Donc après quelques échanges, il a proposé de racheter le fonds, d’y installer un café sur la partie en façade des locaux et de me garder en temps que salarié pour continuer à gérer la librairie dans l’arrière boutique. »

En bonne place sur le quai

Le Tigre étant idéalement placé sur le quai des Bateliers, piétonnisé depuis 2019, le nouveau commerce va demander une licence III et l’autorisation d’installer une terrasse. L’objectif étant d’ouvrir après quelques semaines de travaux au premier semestre 2026.

Cette transformation du Tigre marque un nouveau recul pour les librairies et les commerces indépendants à Strasbourg. Mais Nicolas Deprez reste combatif :

« Je perds environ 100 000€ dans cette affaire et ma société est liquidée mais au moins, je vais pouvoir continuer à proposer des bandes dessinées avec la même politique éditoriale. Donc même si ce sera dans un format réduit, la librairie continue et ça a beaucoup joué dans ma décision. J’ai d’ailleurs dit à Laurent qu’avec cette affaire, il continuait d’œuvrer pour la préservation d’espèces menacées… »

Deux parents au tribunal pour avoir refusé d’inscrire leur enfant à l’école

Deux parents au tribunal pour avoir refusé d’inscrire leur enfant à l’école
Julien et Gwendoline ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Strasbourg.

Deux parents ont comparu devant le tribunal de Strasbourg lundi 17 novembre pour ne pas avoir inscrit leur garçon en classe maternelle. Ils ont été relaxés, faute d’infraction constituée. Leur avocat dénonce un durcissement des conditions d’accession à l’école à la maison, en lien avec la loi de 2021 contre le séparatisme.

Les voix des enfants de Gwendoline et Julien résonnent depuis les bancs du tribunal correctionnel de Strasbourg. À l’intérieur de la salle d’audience, leurs parents comparaissaient lundi 17 novembre pour « refus d’inscrire un enfant d’âge scolaire dans un établissement d’enseignement malgré mise en demeure »

La convocation du couple fait suite à un signalement au procureur de la République du directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) du Bas-Rhin. À la rentrée 2024, après une première année d’école à la maison pour le jeune Logan, l’un des sept enfants du couple, les services académiques ne renouvellent pas leur autorisation. Le couple tente de contester la décision, avec un recours gracieux puis un recours contentieux et décide de ne pas inscrire l’enfant en classe maternelle à Drusenheim.

Projet pédagogique complet

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